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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 11:34

http://a3.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc7/417285_10151033840198311_980109282_n.jpgLe verdict est tombé. Les trois filles du groupe Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de détention par la justice russe. Elles avaient chanté «Marie mère de Dieu, chasse Poutine» dans une cathédrale à Moscou en février dernier.

La condamnation des Pussy Riot place la Russie au centre de toutes les critiques

RUSSIE - Nadezhda Tolokonnikova, Yekaterina Samutsevich et Maria Alyokhina, 3 membres du groupe de punk Pussy Riot, condamnées vendredi à deux ans de camp.

REUTERS/Sergei Karpukhin

La Russie faisait face samedi à une volée de critiques après la condamnation la veille à deux ans de camp des trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot, une peine qui pourrait toutefois être adoucie en appel, selon certains observateurs. 

A l'étranger, la peine prononcée à l'encontre de Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, pour avoir chanté en février une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, a aussitôt été jugée sévèrement. 

De Washington à Berlin en passant par Paris ou Bruxelles, la sentence a été dénoncée comme étant "disproportionnée". Le département d'Etat américain s'est dit "préoccupé" par "l'impact négatif sur la liberté d'expression en Russie". Paris a également fustigé une sentence "particulièrement disproportionnée", notant toutefois que "la procédure n'est pas terminée, les voies de recours en Russie et à Strasbourg n'ayant pas été épuisées". 

Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel a critiqué une peine de prison "démesurée" qui "n'est pas en harmonie avec les valeurs européennes d'Etat de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s'est prononcée en tant que membre du Conseil de l'Europe". 

Londres a réagi à l'unisson des capitales européennes, estimant que "le verdict met en cause l'engagement de la Russie à protéger ces droits fondamentaux et les libertés". 

Moscou contre-attaque

Face à ce tollé, le ministère russe des Affaires étrangères a rétorqué samedi dans un communiqué que le code pénal en Allemagne prévoyait que "les délits effectués contre la religion et les opinions, y compris les actes de hooliganisme dans les lieux de prière, sont punis d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans ou d'une amende". 

"L'article 189 du code pénal d'Autriche prévoit pour les actes de hooliganisme dans les église, offensant la morale une condamnation de prison allant jusqu'à six mois ou une amende pouvant atteindre 360 jours de salaire", ajoute la diplomatie russe. 

"Deux ans, c'est vraiment beaucoup"

En Russie, les opinions sont partagées. "La peine qui divise la société: deux ans de camp", titre samedi le quotidien populaireMoskovski Komsomolets. 

Selon un sondage interactif effectué par la radio indépendante Echo de Moscou, 77% des auditeurs estiment qu'"il n'est pas possible d'être d'accord" avec la condamnation. 

"Deux ans, c'est vraiment beaucoup", écrit de son côtéKomsomolskaïa Pravda, qui entrevoit toutefois une issue plus favorable pour les jeunes femmes dans le futur: "On a le sentiment que le tribunal de Moscou, après le pourvoi en cassation des avocats ne laissera qu'un an (de camp) et rendra la liberté à ces sottes, pour retrouver leurs enfants et leurs proches", ajoute toutefois le journal.

LEXPRESS

La condamnation à deux ans de camp pour "hooliganisme" des jeunes femmes du groupe de rock russe Pussy Riot a suscité de vives critiques aux États-Unis et en Europe, où des manifestations ont eu lieu pour dénoncer leur procès.

Le département d'État américain a dénoncé un verdict "disproportionné" et s'est dit "préoccupé" par "l'impact négatif sur la liberté d'expression en Russie". Paris a également fustigé une sentence "particulièrement disproportionnée", notant toutefois que "la procédure n'est pas terminée, les voies de recours en Russie et à Strasbourg n'ayant pas été épuisées". La chancelière allemandeAngela Merkel a critiqué une peine de prison "démesurée" qui "n'est pas en harmonie avec les valeurs européennes d'État de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s'est prononcée en tant que membre du Conseil de l'Europe". "Une société civile dynamique et des citoyens engagés politiquement sont une condition nécessaire à la modernisation de la Russie, et pas une menace pour ce pays", a ajouté la chancelière, ancienne citoyenne de l'ex-RDA communiste.

Auparavant, la chef de la diplomatie de l'Union européenne,Catherine Ashton, s'était déclarée "profondément déçue" par le verdict qu'elle avait jugé "disproportionné". Cette affaire "est contraire aux obligations internationales de la Russie en matière de respect de la liberté d'expression", a estimé la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères dans un communiqué. Pour sa part, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe(OSCE) redoute une tendance dans plusieurs pays à limiter la liberté d'expression. "Les charges de hooliganisme et de haine religieuse ne doivent pas être utilisées pour limiter la liberté d'expression. Des déclarations, aussi provocantes, satiriques ou sensibles soient-elles, ne doivent pas être restreintes ou supprimées et, dans aucune circonstance, elles ne devraient amener à la prison", a estimé la représentante pour la liberté de la presse à l'OSCE, la Bosnienne Dunja Mijatovic.

Mobilisation internationale

Plusieurs manifestations de soutien au groupe Pussy Riot étaient organisées en Europe. À Paris, environ 200 personnes réunies près du musée Beaubourg ont accueilli par des huées l'annonce des attendus du verdict reconnaissant coupables de "hooliganisme" et d'"incitation à la haine religieuse" Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina. Quelques jeunes femmes avaient le visage masqué par des cagoules de couleur, comme étaient apparues les trois jeunes Russes dans la vidéo tournée en février qui leur a valu d'être poursuivies par la justice.

Les Pussy Riot ont été reconnues coupables d'avoir "violé l'ordre public" et "offensé les sentiments des croyants" pour avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou une "prière punk" demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir. Depuis l'interpellation des trois Russes, la mobilisation internationale, marquée par des appels de Madonna, du philosophe français Bernard-Henri Lévy ou de l'acteur et réalisateur américain John Malkovich, pétition à l'appui, n'a pas faibli. À Londres, une cinquantaine de personnes s'étaient donné rendez-vous au Royal Court Theatre, au coeur de la capitale, qui avait mis en scène une mini-pièce intitulée "Pussy Riots, The Final Verdict", où des actrices ont rejoué les plaidoiries des trois jeunes femmes lors du procès. À Bruxelles, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à proximité de l'ambassade russe. Certains manifestants arboraient des portraits de Vladimir Poutine, outrageusement maquillé et rebaptisé pour l'occasion "Vladimir Pussy". 

À Kiev, une militante du mouvement ukrainien Femen, Inna Chevtchenko, seins nus et armée d'une tronçonneuse, a scié une croix érigée à la mémoire de victimes de répressions staliniennes. Et à Sofia, le monument des soldats de l'Armée rouge a été la cible d'une action de manifestants qui ont décoré les soldats de la marque du groupe punk russe, une cagoule colorée. À Barcelone (Espagne), une cinquantaine de jeunes se sont rassemblés près de l'église de la Sagrada Familia pour réclamer "la liberté pour Pussy Riot". Et à Varsovie, une centaine de manifestants ont défilé quelques heures après la signature dans la capitale polonaise par le patriarche orthodoxe russe Kirill et le chef de l'Église catholique de Pologne Jozef Michalik d'un appel inédit à la réconciliation polono-russe.

LEPOINT

 

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION

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