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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 11:28

Afrique du Sud : un mort dans les manifestations d’ouvriers agricoles

De nouvelles violences ont fait un mort mercredi en Afrique du Sud durant des manifestations d’ouvriers agricoles en grève, amenant le gouvernement à intervenir pour demander une renégociation des salaires trop faibles payés par les riches exploitations fruitières et viticoles de l’arrière-pays du Cap.

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Des cagettes de fruits sont brûlées lors de manifestations d’ouvriers agricoles sud-africains, le 14 novembre près de Cape Town.

La ministre du travail par intérim Angie Motshekga a annoncé mercredi que le gouvernement allait abroger le salaire minimum de 70 rands par jour et négocier un nouveau niveau de rémunération dans les quinze jours.

Plusieurs milliers de travailleurs agricoles du sud-ouest du pays réclament depuis une dizaine de jours un doublement de leur rémunération à 150 rands (13,50 euros) par jour.

La plupart, métis ou noirs, gagnent entre 69 et 75 rands par jour, des salaires parmi les plus bas du pays associés à des conditions de travail et de logement souvent abusives, qui ont été dénoncées en 2011 par Human Rights Watch.

Les dirigeants des entreprises agricoles de la région sont généralement blancs, et pour l’heure, ils refusent d’aller au-delà d’un simple coup de pouce, qui porteraient les salaires minimums à 80 rands par jour (7,20 euros).

Les heurts étaient jusqu’à présent principalement à De Doorns, localité qui exporte du raisin de table. Mais le mouvement s’est étendu depuis mardi à l’appel notamment de la confédération syndicale Cosatu, alliée du pouvoir.

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Un jeune homme assis près d’une barricade lors de manifestations d’ouvriers agricoles, le 14 novembre 2012 à De Doorns en Afrique du Sud.

La situation s’est embrasée mercredi, gagnant en particulier la capitale sud-africaine du fruit Ceres et le village voisin de Wolseley, où un homme de 28 ans est mort lors d’affrontements avec la police, tandis que cinq autres manifestants étaient blessés.

La police a précisé avoir fait usage de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc.

“La police ne nous a rien demandé, ils nous ont juste tiré dessus, et les gens sont en colère maintenant (…) il y a un mort et un type qui a pris une balle dans la jambe. La police doit s’expliquer maintenant, car on n’avait pas de problème avec elle. On était seulement en train de se rendre sur les exploitations pour faire grève pour notre argent”, a témoigné Bongani Mtomzale, 20 ans, employé à la cueillette du raisin.

Wolseley offrait un visage désolé dans l’après-midi : multiples barrages de police, pick-ups calcinés, vitrines brisées, tandis qu’une usine de conditionnement se consumait aux abords du village.

Seize localités de la région ont été secouées par les troubles, selon le gouvernement. Des exploitations ont été incendiées.

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Des pneus brûlent lors d’une manifestation d’ouvriers agricoles, le 14 novembre 2012 à De Doorns en Afrique du Sud.

“Les gens ont faim”

L’Afrique du Sud traverse une crise sociale, sans précédent depuis la fin de l’apartheid en 1994, dont la mine de Marikana (nord) est devenue le symbole depuis que la police y a abattu 34 grévistes le 16 août. Des dizaines de milliers de mineurs ont cessé le travail dans tout le pays pour réclamer de meilleurs salaires.

“Marikana débarque dans les fermes !!!”, a annoncé lundi le Cosatu, en appelant les travailleurs agricoles à la grève.

L’Alliance démocratique (DA), principal parti de l’opposition, a dénoncé une tentative de déstabilisation de la province du Cap occidental, la seule qu’elle contrôle. Elle a demandé l’intervention de l’armée.

S’étonnant que des manifestants aient été acheminés par cars entiers, les employeurs d’Agri-SA ont prévenu que le mouvement risquait d’avoir “un impact négatif direct sur la sécurité alimentaire, l’emploi et le commerce extérieur”, la branche, qui emploie quelque 700.000 personnes, étant très exportatrice.

Le gouvernement avait tardé à réagir au conflit minier, mais il semble adopter une tactique différente à l’égard des travailleurs agricoles.

Le Cosatu a en conséquence annoncé la suspension de la grève, prévenant toutefois que “si le nouveau (salaire) minimum n’est pas acceptable, les travailleurs reprendront leur grève le 4 décembre”.

“Le problème c’est que les fermiers ne veulent pas payer un salaire qui permette de vivre”, a expliqué Thobinkosi Nyembe, 51 ans, père de six enfants et employé dans une vigne depuis 1976.

“Les gens ont faim”, a-t-il insisté, estimant que “le mouvement ne s’arrêtera jamais si ce qu’ils donnent n’est pas 150 (rands) par jour”.

Presse esclavagiste (Justine Gerardy, Agence Faut Payer, 14 novembre 2012)


Les inquiétudes des travailleurs agricoles tournent à la violence

La police Sud Africaine affirme qu’une personne est décédée et 5 autres ont été blessé alors que les manifestions des travailleurs agricoles demandant une hausse de salaire se transforment en violence sporadique.

« Nous pouvons confirmer la mort d’un homme de 28 ans à Woseley et cinq autres personnes blessées » selon les déclarations mercredi d’un agent de la police locale Lybey Swartz

Les circonstances de cette mort sont toujours en cours d’investigation, dit elle.

Ce décès est suite à la propagation de la violence qui sévit dans le cœur des terres agricoles dans la région du « Western Cape » suscitant des appels à déployer l’armée.

À divers endroits, la police a utilisé des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants.

Des magasins ont été saccagés, des champs ont été brûlés, des véhicules ont été incendiés, des pierres ont été lancées et la route principale entre Johannesburg et Cape Town a été bloquée.

Plusieurs milliers d’ouvriers agricoles sont en grève depuis plus d’une semaine, réclament une hausse de leurs salaires pour qu’ils soient doublés à 150 rands (13,10 €) par jour.

À Ceres, la principale ville de la région fruitière du pays, la police a signalé que les événements avaient dégénéré nettement depuis quelques jours.

« Il y a de la violence, les gens sont en grève, les émeutes deviennent de plus en plus grandes » déclare l’officier Nicollene Dyantjie.

La Première ministre et leader de l’opposition régionale, Helen Zille a appelé le gouvernement de l’ANC à déployer les forces armées sud africaines et a exigé du président Jacob Zuma d’intervenir.

Plus de cinquante personnes ont été tuées dans les conflits de travail en Afrique du Sud, ces derniers mois, et notamment dans le secteur minier particulièrement touché.

Le tournant de ces grèves mortelles dans le secteur de l’agriculture inquiètent les décideurs et les entreprises.

Critiqué pour sa mauvaise gestion des crises précédentes, ce mercredi le gouvernement d’Afrique du Sud a tenté de calmer la situation, en soutenant les revendications salariales des ouvriers agricoles en grève.

Décrivant les salaires actuels comme « pas assez » le ministère de l’agriculture a réuni un haut responsable du gouvernement pour discuter de l’augmentation du salaire minimum dans ce secteur.

« Ils n’ont pas de conditions de vie décentes, ils n’ont pas d’eau potable à boire, c’est un problème très basique » dit Palesa Mokomela, porte-parole du ministère de l’agriculture.

Traduit de la presse esclavagiste (SkyNews.com.au, 15 novembre 2012) par nos soins

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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