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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:46

Article paru dans le Nouvel Observateur, n°683, daté du 12 décembre 1977. (Nous l’avons en version scanné pour ceux qui seraient intéressés)

Petits-fils désespérés de Mai 68, héritiers de l’anarchie, ils crient : « Oui, Baader était un camarade. »
Ils revendiquent la violence, par la parole et par les actes

Il n’a pas tout à fait vingt ans, manie le cocktail Molotov dans les manifestations, dit, scande : « Oui, Baader était un camarade », et se reconnait dans ces « autonomes » italiens qui, à coups de « P. 38 », partent à l’assaut du « compromis historique ». Gilles est l’un de ces « autonomes » français dont les militants de la Ligue communiste révolutionnaire disent :« Avec eux, a se règlera à coups de barre de fer. ».
Son existence, il la crache en rafales, avec l’agressivité des meurtris et — pour combien de temps ? – la rage de convaincre : une « communale » de la banlieue parisienne, puis l’école des enfants de pauvres. Ce C.E.T., morne, discipline, sans espoir mais miraculeusement secoue, au printemps de 1973, par une révolte joyeuse, si belle, si riche que ce ne pouvait être la sienne, celle des collégiens du rebut. On l’avait d’ailleurs appelée « la révolte des lycéens » pour que nul ne s’y trompe.
Un temps, Gilles, en mal de révolté, est resté militant d’un petit groupe maoiste, avatar éphémère d’un grand mouvement né dans les séminaires de la rue d’Ulm : pas pour lui, pas son monde. « Dans les organisations d’extrême gauche, dit-il, il n’y a que des bourgeois, petits ou grands ». Il a connu le chômage, celui des « jeunes nouveaux venus sur le marché de l’emploi », comme disent à la télévision ceux qui y parlent – jamais lui. Un jour, c’était l’année dernière, il trouve un travail sur une chaine métallurgique. Mais, lorsqu’il a éternué, la France ne s’est pas enrhumée : sa grève sauvage l’a remis, mauvaise tête, dans la file d’attente de l’Agence nationale pour l’Emploi avec quelques copains, ses complices. On lui propose une première place, au S.M.I.C. ; une deuxième, au S.M.I.C. ; une troisième, au S.M.I.C. Avant, il gagnait deux mille francs, et il a donc – « je ne suis pas un esclave ! » – refuse trois fois, c’est-à-dire une de trop : « Ils m’ont sucré les indemnités, ces salopards. »

Mauvais, très mauvais

Alors, dit Gilles, « moi, je rends coup pour coup à l’Etat ». Et quand l’un de ses copains de, « la bande des loub » (c’est ainsi qu’on les appelle, parmi les « autonomes » qui ne sont pas tous loubards) corrige : « Non, on n’attend plus qu’ils nous cognent, on cogne avant », acquiesce : « Bien ».
« Cogner », ce n’est pas du tout aller ouvrir le crâne des petits vieux dans leurs pavillons. Cogner, c’est prendre ce qu’on vous refuse ; les moyens de vivre, de bien vivre. C’est entrer par la sortie dans les cinémas, ceux des beaux quartiers. C’est aller diner non pas dans un « Wimpy » mais dans un vrai restaurant, et filer vite å la dernière gorgée de cognac (« faire baskets »), piquer les journaux, les bouquins, les fringues, pour soi, pour les copains, pour ceux et celles qu’on aime. C’est aussi, physiquement, « exprimer sa révolte ».
Vendredi 18 novembre, deux jours après l’extradition de Klaus Croissant, Gilles et sa bande sont aux premiers rangs de la manifestation. « Equipés », cela va sans dire, et mauvais, très mauvais : contre les vitrines trop rutilantes, les bagnoles, les flics, les banques surtout. Et contre le service d’ordre de la Ligue communiste, qui, après avoir tente de limiter les dégâts, relève plusieurs blessés sérieux. La Ligue, avec son « S.O. », son journal quotidien, son ancien candidat à la présidence de la République, ses futurs candidats aux législatives, son organisation bien rodée, bref, sa place conquise sur l’échiquier politique, condense tout le mépris des « autonomes », qui ne pardonnent pas cette « intégration » et accusent les « trotskards » de réver à « une bonne petite société de bureaucrates socialistes » : « Tout ce qu’ils savent faire, c’est se mettre à la remorque de l’Union de la Gauche. Après une saloperie comme Croissant, ils voulaient nous obliger å manifester dignement, à pleurer sur la méchanceté de l’État. Mais on le sait, que l’Etat est méchant ! Alors faut pas pleurer, ca sert à rien, faut répondre. » « Parce que “répondre”, ça sert à quelque chose ? » Là, Gilles s’est marre, un peu amèrement : « Raconte pas d’histoires ! Croissant, ils l’avaient expédié, et on n’allait pas le faire revenir. A la limite, Croissant, on n’en avait plus rien à foutre : c’était trop tard. Si on manifestait, pour montrer qu’on ne laissait pas passer ça sans réagir. Au prochain coup, ce ne sera plus le Molotov mais les flingues. Oui : les flingues. »
II est ce que vous voudrez, Gilles, mais pas idiot. II sait parfaitement que, s’il tire un jour, on tirera aussi de l’autre côte, et avec de plus gros calibres : « Peut-être que dans deux ans je serai mort, je sais. » Aucune importance. II a un regard étonne, ses copains aussi, et il dit : « La vie, je l’aime beaucoup ; mais les types de mon âge que je connais, ou bien ils sont déjà abrutis à dix-huit ans, ou bien on a fait d’eux des criminels, ou bien ils sont bouffis par l’héroine. Nous, on prêt à se battre, vivre le communisme tout de suite, et puis… de toute façon on n’a rien à perdre. Rien. » Et peut-être, pensent-ils, tout à gagner ; car l’espoir de voir le « mouvement » s’amplifier, de voir la révolte s’étendre et nourrir enfin une violence qui ne serait pas « militaire », comme celle de Baader, mais « politique », cet espoir, il l’a.

La gauche se tait

Heureusement, car si l’on espère encore convaincre, on ne commence pas forcement par tirer. « Tu sais courir ? » J’ai décline l’offre, et, en renversant deux chaises du bistrot nous étions, ils ont tous « fait baskets ». Difficile à dater, la naissance de l’« autonomie » en France. Peut-être l’assassinat, en 1972, devant les portes de Renault, de Pierre Overney, dont l’enterrement fut marqué à la fois par la dernière démonstration de force du gauchisme, la première action spectaculaire de noyaux clandestins – l’enlèvement de Robert Nogrette par la Nouvelle Résistance populaire – et la fin du grand rêve pacifique de Mai, brisé par le claquement d’une balle. « Ce jour-là, disent aujourd’hui les “autonomes” (ceux qui l’ont vécu et ceux auxquels on le raconte), nous n’avons ni su ni voulu répondre à la violence : nous avons reculé devant l’affrontement. » Le recul n’est plus de mise, désormais : les « autonomes » approuvent « l’exécution » du meurtrier de Pierre Overney, Jean-Antoine Tramoni, abattu en mars dernier par les Noyaux armes pour l’Autonomie populaire, les N.A.P.A.P. ( 1 ).
Une autre source de « autonomie », ce pourrait être Vive la Revolution (V.L.R.), ce courant du maoisme qui parlait du désir de chacun plus que de la prise d’un pouvoir dont on commençait à se méfier, appelait à « chasser les flics de nos têtes » et disait : « Tout, nous voulons tout, tout de suite », comme les « autonomes » disent maintenant : « Nous voulons vivre le communisme. » V.L.R. s’était dissous pour laisser vivre les communautés, les mouvements de femmes, d’homosexuels, de squatters, de prisonniers, de psychiatrises, les comités de quartier ou d’usine, tous les désespérés, les écologistes et bien d’autres. Pendant cinq ou six ans, tous ces décentralisés de la revolution ont cultivé leur jardin ou développé leurs expériences, et puis il y a eu Malville : manifestation non violente, insouciante. Pas pour la révolution, juste contre un supergénérateur, contre le nucléaire, contre un choix grave, impose sans débat. Résultat : un mort, des amputés. Le réformisme, décidément, n’est pas plus facile que la révolution. Une rage a surgi, inconnue en Mai, faite, déjà, de solidarité avec ces jeunes Allemands si peu à leur place dans leur pays et qu’un préfet trop zélé assimilait à des nazis avant de les expulser.
Baader et ses camarades trouves morts dans leurs cellules, suicide ou assassinat, c’était trop : ils étaient frères des jeunes rebelles français, enfants de la même révolte qui se cherche depuis les années 1960, fourvoyés surement mais, certainement, tombés victimes du même ennemi — l’État, celui de Giscard ou de Schmidt —, de la solidarité dans la répression et de l’exclusion de ceux « qui pensent autrement ». « Les dissidents, disent les ” autonomes”, existent aussi à l’Ouest » : manière de saluer ceux de l’Est tout en rappelant qu’on existe. Devant ces morts, la gauche, pour laquelle Baader était tout sauf un camarade, se taisait. L’extrême-gauche, mal à l’aise, se démarquait autant qu’elle protestait. Un communique dans « Liberation », signe de l’Organisation communiste libertaire (O.C.L.) – le seul groupe politique accepté dans l’« autonomie » appelle à une réunion tous ceux qui veulent réagir. Désormais, les « autonomes » ont leur dossier aux .Renseignements généraux.

Pour beurrer l’entrecôte

Et c’est parti. Parti pour une manifestation gare Saint-Lazare, pour l’occupation de « Libération » – meurtre symbolique de l’humanisme libéral porte par ce rameau-là de Mai -, pour une coordination régulière tous les lundis. Arrive ensuite la manifestation Croissant, le chahut au meeting de la Ligue des Droits de l’Homme, des assemblées générales, et même un journal : « l’Officiel de l’Autonomie » ! Dans la révolte brute, confusément, une volonté politique se dessine. Un militant de l’O.C.L. : « Jusqu’alors, l’initiative des apparitions publiques appartenait à la Ligue et aux autres organisations. Maintenant, nous pouvons prendre nos propres décisions. » Décisions ambitieuses ! Un membre du bureau politique de la Ligue ironise : « S’ils veulent fédérer les mouvements des femmes, des squatters, des psychiatrises, je leur souhaite du plaisir. »
Jeudi 24 novembre, six jours après la manifestation Croissant, amphithéâtre 34 de la faculté de Jussieu, assemblée générale convoquée dans « Libération » par « des copains et des copines du cortège autonome ». Ces « autonomes »-là, qui ont presque tous, au moins, un morceau de licence en poche, forment une autre bande. Une autre histoire. Celle de gens qui se sont connus, l’année dernière, en formant un comité de chômeurs dans un arrondissement de Paris. Parce qu’ils pensent que nous sommes entrés, pour très longtemps, dans l’ère du « chômage endémique de masse », ils réclamaient non plus le droit au travail mais « le droit au salaire ». Leur unité a vécu. Ils ont entre vingt et trente ans, souvent un passé de militant d’extrême gauche, une solide méfiance envers le léninisme, une longue expérience du désespoir et, aussi, des petits boulots provisoires qui beurrent les entrecôtes « réquisitionnés »
La violence, ils sont décidés à « l’assumer ». Parce que « ce super-besoin de violence, il est dans nos têtes et dans nos mains, un besoin de casser tout ce qui donne prise, toutes les tentacules, tous les symboles, tout le silence, aussi, de cet État ». Mais ils refusent « d’être coincés dans la double spirale du “P. 38″ et du “compromis historique” des organisations ». Ils craignent que la violence ne finisse – par résumer l’« autonomie », qui doit aussi être heureuse et faite d’escarmouches quotidiennes. Le mystère de l’incendie des panneaux d’affichage Decaux, par exemple, est une page de 1′« autonomie »…

Un double col-blanc

A Jussieu, donc, ce devait être un débat ce fut un happening. Deux heures quinze minutes de thérapie par le cri autour d’un fond de bouteille soixante-huitard et d’un thême : « Des espaces infinis s’ouvrent à l’autonomie. » Pendant que les acteurs-spectateurs prennent place, un Malin souriant écrit au tableau noir : « Programme du cours : Qu’est-ce que l’autonomie ? Comment être un(e) bon(ne) autonome ? Un(e) méchant(e) autonome ? Les deux à la lois ? »
Un long jeune homme, sur les murs, écrit à la craie : « À bas l’autonomie phallocratique ! Vive les pédés ! » Un tract, de bonne facture situationniste, circule : « Casseurs, attention ! Un nouveau danger nous guette. » Le danger, c’est réapparition de « leaders autonomes », leur « empressement à se constituer en positivité politique » et le « détritus néo-gauchiste trop heureux d’hériter de troupes qui ne demandent qu’a en déborder ». Pour « en découdre », mais en plus fin.
Un « leader » en herbe prend la parole « Tout le monde en parle, l’idée d’autonomie a pris. S’il y a tant de monde ici, aujourd’hui, c’est qu’il y a une demande politique. L’autonomie, c’est un certain nombre de pratiques. Il faut que nous en discutions, au fond, même si c’est difficile. » Silence, bruits divers. Un doux, à l’air de col-blanc fauché : « Tout raisonnement politique conduit immédiatement au boulot, donc au Goulag : c’est la même chose. Nous devons rompre avec tout le discours politique traditionnel. Nous ne devons pas parler politique. » Un grand, moustachu : « C’est ça, quand l’État t’auras envoyé une “offensive” dans la gueule, on en recausera. »
Du fond gauche : « Vive les pédés ! » Du fond droit, une jeune fille sérieuse : « J’ai lu l’appel dans “Libé” , je suis intéresse par l’autonomie si ce n’est pas que la violence. Je voudrais qu’on me renseigne. » Les bruits sont devenus hurlements. Les squatters du XIVe arrondissement, qui se sont fait expulser le matin même « dans la plus complète illégalité », demandent que l’AG. soit lev »e pour qu’on aille tous rejoindre une manifestation en cours.
Après plusieurs appels sans succès, ils partiront seuls. Le doux col-blanc revient à la charge : « Quand je suis dans le métro, je ne me sens pas dans mon élément, j’ aimerais qu’on m’aide à me sentir dans mon élément. C’est ça, pour moi, l’autonomie. » Le moustachu : « Oh ! la ferme ! » Un petit barraqué : « La manif syndicale du 1er décembre, on y va, oui on non ? » Tollé presque général : « Tu choisis encore les échéances fixées par les autres. Y’en a marre ! »
Dans un coin, les animateurs de la revue théorique « Camarades », proche des expériences « autonomes » italiennes, deux ans d’âge et de plaidoyers en faveur de l’unité des « autonomies » françaises, prennent leur mal en patience : ça avance, doucement. Un jeune homme très délibérément froufroutant explique qu’il ‘est « autonome depuis dix ans parce que pédéraste » mais qu’il ne peut pas se reconnaitre dans cette assemblée « marquée par le culte de la virilité ».
Pas faux du tout : il partira avec ses amis, comme avant lui les squatters. Dans une travée du milieu, un gaillard plutôt punk aboie,en gesticulant : superbe symbole de
l’incommunicabilité régnante. Devant le tableau noir, un de la bande des « loub » inonde l’amphi avec un extincteur : « On coule ! » Une voix : « Nous sommes des paumés. » Une dizaine de parapluies noirs s’ouvrent : grand spectacle. Les « autonomies » en mal d’unité sont para1ysés par la crainte que leur désir d’agir ensemble débouche sur un nouveau parti, sur de nouvelles subordinations d’hommes et d’intérêts.
Pourtant, la « coordination » parisienne du lundi – trente groupes de quartier, de squatters, de femmes, d’écologistes, d’étudiants, d’ouvriers ou d’employés -, on arrive à s’entendre : « Les A.G., c’est le défoulement. Ici, nous avons jusqu’à présent réussit a prendre toutes nos décisions à l’unanimité » Attendons de voir. Mais il est vrai que les organisations d’extrême gauche se portent de moins en moins bien que la plus solide d’entre elles, la Ligue, voit son « créneau » politique menacé par la rupture de l’Union de la Gauche et le durcissement du P.C.
L’autonomie a le vent en poupe, dans cette couche sociale montante qui a fait le succès de 1′« autonomie » italienne et échappe à tous les appareils : celle des jeunes chômeurs des villes, dont la résignation n’est pas la vertu première, et de ces étudiants de plus en plus nombreux à devoir travailler pour payer des études qui ne leur serviront – ils le savent – à rien. Quelle différence y-a-t-il entre un fils d’ouvrier scolarisé jusqu’à seize ans ou dix-huit ans, sans emploi, et un fils de petit commerçant ou d’employé étudiant et futur chômeur ?
Presque aucune. ils parlent et s’habillent de la même façon, écoutent la même musique, ont les même ennuis avec la police, le même désenchantement, les mêmes appartements loués à plusieurs, les mêmes petits boulots du tertiaire en perspective, La même volonté, surtout, de se défendre seuls, de « ne pas laisser leur révolte se noyer dans la théorie » ; de rendre, comme dit Gilles, « coup pou coup ».

Le jeune prolétariat

Entre ce pavillon de la banlieue nord, loué en commun par une dizaine de membres du « comité autonome » d’une grande banque nationalisé, et cet immeuble parisien squatterisé par des étudiants de Tolbiac et de Jussieu, le langage est commun. A tort ou à raison, les uns et les autres estiment appartenir à une seule et même classe, le « jeune prolétariat », et parlent avec une colère identique et profonde du prix des loyers, de l’horreur solitaire des chambres de bonne, des services d’ordre des concerts, du racisme anti-jeunes, du chômage, de la dévalorisation des diplômes techniques ou universitaires, des assassinats d’immigrés, des accidents du travail impunis, du nucléaire, des tabassages dans les commissariats : de ce qu’ils appellent « le terrorisme de l’État ».
Les premiers se sont liés l’année dernière, à l’occasion d’une longue grève très dure qui a paralysé leur banque. Les seconds pendant les mouvements d’étudiants de 1976. Tous se connaissent et tous disent calmement, sans forfanterie, comme une évidence, qu’il est « normal de casser une banque », qu’un policier à la détente trop rapide doit savoir à quoi il s’expose, qu’un journaliste « qui choisit son camp doit assumer les risques de son choix » ou qu’un patron responsable de la mort d’un de ses ouvriers « ne doit pas pouvoir s’en tirer avec une simple amende ». Loi du talion, logique de Zorro.
« Coup pour coup », disent les « autonomes ».

Bernard Guetta

(1) Christian Harbulot, vingt-six ans, étudiant en droit consideré par la police comme membre des N.A.P.A.P. et comme l’auteur de l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni — bien qu’il nie toute participation cette affaire — a été arrêté le 3 décembre.

JEUNES TOTOS FILENT SUR:http://goubligoubla.wordpress.com/

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