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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:43

fringues

Feu de Prairie prend de l’avance et vous présente ses conseils mode pour se préparer à un été très chaud!

Plus sérieusement, il est nécessaire de s’intéresser aux différentes façons de s’habiller lors d’actions politiques pour assurer sa sécurité et sa protection tout en permettant une mobilité maximale. Cela fait partie des questions plus globales entourant les tactiques de manifestation et de résistance à la répression, que nous abordons régulièrement sur ce site. Nous avions déjà parlé par exemple des modes de communication que les militants emploient pour l’agitation et la propagande; il pourra être question une prochaine fois des différentes tactiques employées dans les manifestations anticapitalistes radicales.

Comme d’habitude notre but n’est pas d’être exhaustif mais de donner quelques conseils aux gens nous lisant et s’interrogeant sur des photos de manifs qu’ils ont pu voir, ou se préparant à participer. Et au vu de l’embrasement de l’Europe, des révoltes spontanées qui agitent les classes populaires ici et ailleurs, il nous semble important de nous préparer collectivement au mieux… Alors, quelques idées d’habillement pour les militant(e)s d’aujourd’hui.

Se protéger en manifestation: les bases. Tout d’abord, cela peut sembler important mais il est primordial de réfléchir cinq minutes à sa tenue avant de sortir de chez soi. Est ce que je prends un sac? Si oui, que mettre dedans? Je viens en tong ou en rangers? Bien sûr, cela dépend des évènements: une manifestation anti-G8 partant pour l’affrontement ne se déroule pas comme une démonstration syndicale plan-plan bercée par la Rue Kétanou (ou autre musique « revendicative »), un piquet de grève n’est pas un black bloc, etc. Éviter le folklore, ne pas se faire repérer à trois kilomètres est évident, et c’est une bonne habitude à prendre. Dans le cadre d’une manifestation visant à se faire entendre et non d’une action de confrontation, il est aussi important de réfléchir à son apparence pour ne pas se couper radicalement des gens voyant passer le cortège. Les habits doivent être aussi sobres que possible pour limiter les possibilités d’interpellation par la maréchaussée. Porter un chapeau rose est peut être très divertissant mais vous êtes une cible de choix. Un jean et un sweet casual sont bien plus difficiles à décrire. Pensez y. Ensuite: porter une écharpe et, si possible, prendre du sérum physiologique. L’écharpe permet de se masquer ou de limiter l’effet des lacrymogènes.

La tête. Des lunettes de soleil cheap couplées à une casquette et/ou à une capuche peuvent également rendre l’identification difficile mais n’assurent pas un anonymat total (notamment par reconnaissance biométrique). Les lunettes plastiques noire seront préférées (elles résistent mieux aux chocs éventuels), voire les lunettes de piscine en cas de répression probable (elles protègent les yeux des gaz). Des casquettes renforcées sont trouvables dans le commerce. La question des casques se pose aussi: très présents dans les manifestations d’Europe du sud (Italie, Grèce…) ils ont une symbolique forte et donnent un aspect agressif. Ils sont souvent visés par la police tout comme les autres types de protection, car symbolisant une certaine volonté d’en découdre. A garder pour les actions particulièrement tendues, la défense d’un lieu, un piquet de grève risqué ou la protection collective d’une manifestation/ un service d’ordre. Les casques de chantier ou de scooter laissent une bonne visibilité, couplés à une écharpe ils permettent d’être protégé et relativement anonyme. Dans le cadre d’une attitude plus défensive, les casques de moto sont mieux adaptés, finalement assez proches de ceux des CRS…

Le haut. Tous les gouts sont dans la nature. Toute veste assez solide pour amortir les coups est tout de même préférable. De même, ayez à l’esprit qu’un col ou n’importe quoi peut permettre à quelqu’un de vous agripper. Les lacrymos peuvent pourrir les fringues, inutile de sortir vos plus beaux atours… La plupart des habits existants sont déclinés en simili-cuir ou en synthétique, ce qui est intéressant pour ceux/celles qui sont vegans parmi nous.

Le bas. Tout le monde porte des jeans, non? Des chaussures fermées et assez serrées sont conseillées.

Les autres protections. Les boucliers: apparus avec les premières manifestations étudiantes violentes des années ’60 et largement employés par la mouvance autonome, ils reviennent à la mode. Ils ne sont utiles que si leur usage est décidé collectivement et nécessitent une certaine cohésion de groupe pour être employés efficacement. Les book blocs renouvellent cela en transformant les livres en protection: c’est incontestablement très fort symboliquement, et cela peut être mis en place assez simplement. Mais un bête morceau de plexi avec une poignée fait aussi l’affaire. A noter que l’extrême droite emploie parfois des boucliers pour protéger ses cortèges des projectiles (Suède, Grèce, USA…) lancés par les manifestants. Cela marque une différence claire avec les manifestations révolutionnaires cherchant à se protéger de la police: les néofascistes fonctionnant comme des auxiliaires officieux des flics, ils n’ont pas besoin de réfléchir à cela… Les drapeaux: un bon manche de bois d’un mètre à un mètre cinquante donne un outil de dissuasion redoutable. Plus petit encore, le morceau de tissu n’est qu’un prétexte pour avoir un gourdin. Pourtant, ça marche, donc pourquoi s’en priver? Et puis, ça nous change agréablement des hampes syndicales en plastique. Des gants ont aussi leur utilité pour limiter les traces et les blessures mais réduisent l’habilité manuelle. Toutes ces protections doivent être pensées dans un cadre mixte, elles ne doivent pas devenir l’apanage d’une minorité « combattante » projetant une image de guerrier viril: tout le monde peut les employer.

Le sac. Carte d’identité (même si il est plutôt conseillé de l’avoir directement sur soi), eau, pansements, vêtements de rechange éventuels, et rien de fragile bien sûr. Un petit sac à dos est moins encombrant.

Les choses à éviter. L’alcool et la drogue – aucune exception à ce sujet. C’est un suicide politique, et un excellent prétexte à la répression. Les lances pierres et autres armes de jets non-improvisées (c’est une arme d’un point de vue légal). A part pour une action bien précise, c’est également à éviter car difficilement défendable en cas d’arrestation. Les protections trop importantes (type protections de genoux et d’avant-bras pour sport de glisse): risquées aussi, il convient de faire attention. Les cagoules: donnant un aspect « terroriste » et tombant sous le coup de la loi (le port d’un masque étant interdit), mieux vaut les éviter pour les manifestations en France. En Allemagne ou dans les pays d’Europe du nord plus généralement, la question se pose différemment.

C’est intéressant tout ça, mais si on n’est pas équipé? On peut trouver des solutions économiques comme les marchés Emmaüs ou le Secours populaire. Les friperies, les sites d’enchère en ligne, et les vides-grenier permettent aussi de trouver des objets sympas et utiles à des prix très raisonnables. Inutile de se ruiner pour se protéger, donc… Mais n’oublions jamais que la meilleure protection reste la cohésion de groupe, la confiance que l’on peut avoir dans ceux/celles qui marchent à nos côtés, et la solidarité face à la répression.

Cette liste n’est pas exhaustive et sera surement complétée, modifiée, corrigée ou précisée suivant les retours que l’on recevra. Bonne lecture et bon shopping!

D.

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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