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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:08

Un policier tué lors d’affrontements à Port-Saïd

Le secrétaire d’État américain John Kerry a demandé au Caire de redoubler ses efforts pour rétablir la stabilité politique, alors que 253 personnes ont été blessés pendant ces nouveaux heurts.

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Un policier a été tué et un officier supérieur de l’armée a été blessé dimanche 3 mars à Port-Saïd, dans le nord-est de l’Égypte, où des affrontements ont opposé les habitants à la police, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Le policier et l’officier militaire, blessé à une jambe, ont tous deux été touchés par des coups de feu tirés par des inconnus devant le siège du gouvernorat de Port-Saïd, selon un communiqué de l’armée. Pendant la journée, des affrontements à Port-Saïd entre des habitants et la police ont fait 253 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé, après la décision du ministère de l’Intérieur de déplacer 39 prisonniers attendant un jugement.

Le verdict, qui doit être prononcé samedi, concerne la deuxième partie des accusés dans le procès des violences qui ont fait 74 morts après un match de football dans la ville de Port-Saïd en février 2012. En janvier, 21 personnes, en majorité des supporteurs de football de Port-Saïd, avaient été condamnées à la peine capitale dans un premier volet de cette affaire, ce qui avait provoqué des affrontements dans lesquels au moins 40 personnes avaient été tuées.

Dimanche, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov contre un poste de police de Port-Saïd, une ville longeant le canal de Suez où une grève générale est entrée dans sa troisième semaine. La police a répondu par des tirs de gaz lacrymogène, selon un responsable de la sécurité. Le ministère de l’Intérieur avait annoncé plus tôt dans un communiqué avoir décidé de déplacer des prisonniers à l’extérieur de Port-Saïd, à commencer par les 39 accusés dans l’affaire du match de football, afin d’éviter de nouvelles violences.

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VOIR LA VIDÉO

Samedi, des manifestants avaient mis le feu à un poste de police dans la ville et empêché les pompiers de l’éteindre. Les habitants de Port-Saïd et d’autres cités sur le canal de Suez se plaignent depuis longtemps d’être marginalisés. (…)

Presse contre-révolutionnaire (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 4 mars 2013)

 

Égypte : deux policiers tués et des centaines de blessés à Port-Saïd

En Égypte, deux policiers ont été tués et plus de 400 personnes blessées dans des accrochages entre policiers et manifestants à Port-Saïd. Parmi les blessés figure un officier supérieur de l’armée. Des violences dues notamment au déplacement dimanche 3 mars à l’aube d’une quarantaine de prisonniers de la prison de Port-Saïd vers Le Caire. Des détenus accusés du meurtre, lors d’un match de football il y a un an, de 74 supporters du club cairote d’Al-Ahly.

Les habitants de Port-Saïd ont très mal pris ce qu’ils ont perçu comme une « déportation ». Depuis le 26 janvier et la condamnation à mort de 21 de ses habitants, Port-Saïd est dans un état quasi insurrectionnel. Ce jour-là, deux policiers avaient été tués dans la prison de Port-Saïd assiégée par les habitants. Au cours des deux jours suivants, 43 habitants de Port-Saïd avaient été tués par balles et un millier d’autres blessés. Même si l’enquête n’a toujours pas commencé, les habitants de Port-Saïd sont convaincus qu’ils ont été victimes de la vengeance de la police.

Seul l’envoi de l’armée avait permis de restaurer le calme dans la ville. Mais celle-ci a décrété la désobéissance civile depuis une quinzaine de jours. Une désobéissance qui affecte les administrations, les usines, les commerces et les écoles. Des habitants ont même décrété « l’indépendance » de Port-Saïd qu’ils ont doté d’un nouveau drapeau.

Tout se passait sans violence jusqu’à samedi quand un véhicule de la police a foncé sur des manifestants faisant cinq blessés.

Un accrochage entre l’armée et la police

Deux policiers ont donc été tués et plus de 400 personnes blessées, dimanche, à Port-Saïd, dont un officier supérieur de l’armée. Selon un communiqué de l’armée, l’officier a été blessé par balle après que des coups de feu ont été tirés par des personnes non identifiées contre les militaires. Mais selon plusieurs témoins à Port-Saïd, il s’agirait d’un accrochage entre l’armée et la police. Les militaires ont tenté de s’interposer entre la police et les manifestants, dont 18 ont été blessés par cartouches. Le ton est monté, une balle a touché l’officier à la jambe, les militaires ont riposté.

Les relations entre les militaires et la police sont tendues depuis le 28 janvier 2011, quand l’ex-président Hosni Moubarak avait demandé à l’armée de prendre en main le maintien de l’ordre. Une tension qui avait même poussé le ministre de la Défense et celui de l’Intérieur à tenir une réunion de réconciliation au terme de laquelle ils avaient posé, main dans la main, devant les caméras.

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Depuis une semaine, et notamment à Port-Saïd, des milliers de personnes ont rédigé des procurations accordant au général Abdel Fattah el-Sissi la direction du pays. Le chef d’une armée que l’on dit ne pas être dans les meilleurs termes avec les Frères musulmans.

Et des accrochages ont eu lieu dimanche 3 mars, place Tahrir, après une attaque de la police contre les manifestants qui y campent depuis des mois. Les violences se sont aussi poursuivies à Mansoura dans le Delta du Nil.

Presse contre-révolutionnaire (Alexandre Buccianti, correspondant de RFI.fr au Caire, 4 mars 2013)

 

Désobéissance civile en Égypte : Unis contre un État qui ne les écoute pas

Le mouvement s’intensifie à Port-Saïd, sacrifiée sur l’autel de la paix sociale. Les promesses de prospérité ne suffisent pas à calmer les esprits. Reportage.

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Samedi [23 février], la ville de Port-Saïd était paralysée par sa septième journée consécutive de désobéissance civile. Depuis la condamnation à mort de 21 supporters de son club local de football, le club Masri, le 26 janvier dernier pour un massacre qui remonte à l’an dernier, les habitants de la ville se sentent victimes de la justice. Cette même justice qui n’a pas vengé leurs propres martyrs, au nombre de 43, tués par la police dans la foulée de ce verdict.

La journée, qui se finira par un large rassemblement sur la fraîchement nommée « Place des martyrs », a débuté par le blocage de la principale voie d’accès à la ville. Camions, autobus et voitures privées piaffent face au barrage. Certains passagers se décident à traverser à pied. Jusqu’à ce que, au terme d’une négociation d’une heure, l’armée obtienne que les manifestants réouvrent la route.

La ville semble sur le pied de guerre. Les rues sont vides, les taxis sont vides et les magasins clos. Le déploiement des tanks est impressionnant et quadrille toute la ville, en particulier devant les bâtiments officiels et les sociétés gouvernementales, comme celles de l’électricité et de l’eau, où les soldats sont en faction derrière des barricades de sacs de sable.

La police est, en revanche, absente, et les commissariats sont fermés, comme les administrations. Des chansons de la guerre de 1956 filtrent de temps à autre des rares voitures ou des appartements. L’école internationale a couvert son portail de bannières noires en signe de deuil. La cour primaire a suspendu ses travaux.

Les jeunes supporters Ultras du club Masri patrouillent pour vérifier l’état des actions de désobéissance civile et motiver le plus grand nombre de personnes à rejoindre le mouvement. La porte du bâtiment des douanes portuaires a été bloquée ainsi que les postes de douane d’Al-Nasr et d’Al-Rouswa.

Vers midi, les employés du Canal de Suez forment une marche, hérissée des drapeaux bleus du Canal, qui sillonne la ville en clamant sa solidarité avec les revendications des habitants. « Nous ne laisserons pas sacrifier le sang de nos enfants. L’injustice est temporaire, la justice doit parler », entend-on. Ces employés ont déjà prévenu qu’ils intensifieraient leur action si le gouvernement persiste à faire la sourde oreille.

Pourtant, la présidence vient de promettre de consacrer 400 millions de L.E. des revenus du Canal au développement des villes du Canal de Suez, et de refaire de Port-Saïd une zone franche. Mais cela ne suffit pas aux Port-Saïdis.

La zone industrielle entre deux eaux

Au sud de la ville, la zone industrielle est en activité sous condition : les usines privées ont passé un accord avec les manifestants pour se joindre ponctuellement aux grèves, comme elles l’ont fait mardi 19 février.

Témoignant des problèmes rencontrés par sa génération, Mohamad Negm, 30 ans, ouvrier, explique : « Pour se faire embaucher sur le port de l’est ou par la Société du Canal, il faut payer 20’000 L.E. Comment voulez-vous trouver une somme pareille ? » D’ailleurs, « les employés des sociétés de gaz et du pétrole sont recrutés dans d’autres gouvernorats », précise-t-il.

Mohamad doit continuer de travailler, mais il voulait d’abord avoir l’assentiment des familles des martyrs, parce qu’il est totalement d’accord avec l’appel à la désobéissance civile. « Nous sommes tous d’accord, affirme-t-il, ça fait plus d’un mois que plus de 40 personnes ont été tuées dans des violences, et il n’y a eu ni excuse du président Morsi, ni commission d’enquête ouverte ».

Selon Ahmad, 35 ans, ouvrier, « la vie est déjà tellement difficile. Presque tout le monde est au chômage ici. Ce n’est pas la désobéissance civile qui perturbe la vie des citoyens, c’est l’économie qui s’écroule ».

Le centre assiégé

Sur la rue Mohamad Ali, les manifestants tiennent un sit-in devant le commissariat sous le slogan « Le peuple est au service du peuple ». Ils rédigent et collectent, le plus sérieusement du monde, des procès-verbaux des citoyens contre le président et les Frères musulmans.

« Nous ne sommes pas des voyous comme le dit le régime. Nous sommes des héros de l’histoire de l’Égypte. Nous voulons les droits de nos enfants et les excuses publiques de la présidence, pour restaurer la dignité de Port-Saïd », dit Magdi Al-Khayat, 50 ans, propriétaire de boutique. Arabi, 28 ans, renchérit : « Essam Al-Eriane et sa clique mentent effrontément en déclarant que notre grève est organisée par des voyous payés 100 L.E. par jour ».

Au marché central, quelques propriétaires de magasin rompent la grève, dans un effort désespéré pour gagner quelques livres. Mais vers 3h, des Ultras du club Masri viennent les forcer à la désobéissance civile. Quitte à jeter à terre le contenu du magasin d’un propriétaire récalcitrant. Les dissidents baissent finalement leur rideau sans un mot.

Entre-temps, les marches ont convergé vers la place du gouvernorat de Port-Saïd, re-nommée « Place des martyrs » par les désobéissants. Ils sont quelques centaines en cette fin d’après-midi. Un sit-in est maintenu jour et nuit sur cette place, avec une dizaine de tentes plantées dans le petit jardin du bâtiment du gouvernorat et deux galeries de photos : une pour les morts et une pour les 21 condamnés à mort.

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Les femmes sont, pour la première fois depuis le début de la grève, remarquablement nombreuses. Ce sont elles qui lancent sans relâche les slogans hostiles au régime. « La voix des femmes est une révolution », scandent-elles, convaincues que les Frères n’ont aucun respect pour les femmes.

Nadia, 17 ans, montrant la photo d’un condamné à mort qui a tout juste 18 ans, s’insurge : « Nous, nous respectons la justice. S’il y a un seul coupable dans ces condamnés, nous le tuerons de nos propres mains. Mais ce verdict ne cherchait qu’à acheter les Ultras ahlawis ».

La même foule qui a ignoré l’état d’urgence et le couvre-feu instaurés par le président Morsi le mois dernier, semble aujourd’hui d’accord pour continuer sa lutte « quitte à mourir de faim ». Convaincus que le régime ne s’intéressera ni à punir les criminels, ni à rétablir les droits des martyrs, les habitants ont déjà assuré qu’ils boycotteront les législatives.

Presse contre-révolutionnaire (Ola Hamdi, Port-Saïd, Hebdo.Ahram.org.eg, 27 février 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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