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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:40

« Liberté de conscience » et mon cul par dessus !
Pour une société sans classe, sans race, sans genre !

Les déversements de haine homophobes qui se sont produits lors des manifestations du 17 et 18 novembre dernier dévoilent le vrai visage d’une société violemment hétéronormée. Les présences décomplexées de partis d’extrême-droite dans les cortèges, et la multiplication de conférences anti-mariage et anti-adoption reflètent les discriminations quotidiennes et les clichés intégrés à l’encontre des dites « minorités  sexuelles », autrement dit dont le genre dérange…

Face à ces attaques continues, il est urgent pour nous d’affirmer que le modèle de société  défendu derrière « un papa, une maman, on ment pas aux enfants » n’est pas le nôtre. Face au visage nationaliste de la famille, nous affirmons notre solidarité envers celles et ceux stigmatisé.e.s par cette vague homophobe, et nos volontés de partager une autre vision du monde. Pas plus tolérant, juste différent ! Nous ne défendons pas le mariage, encore moins la famille, mais affirmons la liberté de disposer de son  propre corps, et de mener sa vie comme nous l’entendons, dans la légitimité de la diversité sexuelle. Nous refusons cette société qui s’érige depuis toujours sur le partage sexiste des rôles sociaux, et sur une morale castratrice d’autonomie affective et sociale pour tous et toutes. L’hétéronormativité est un système d’oppression tout comme le capitalisme. Il continue de se maintenir sur l’exploitation de minorités qu’elle désigne comme ennemi.e.s intérieur.e.s et responsables d’appoint des crises sociales quand sa stabilité vacille. L’homophobie, comme la transphobie rejoignent  d’autres formes de discriminations sociales : islamophobie, misogynie, politiques anti-migratoires, chasses aux roms… La peur de ce qui est différent l’emporte encore sur la possibilité de changements sociaux réels. La guerre entre les peuples se maintient, celle des classes ne  bouge pas. Reconnaître ces violences inhérentes au capitalisme, c’est refuser de les perpétuer, et les combattre aux côté des opprimé.e.s en créant des dynamiques de luttes émancipatrices.

Si les mouvements de lutte pour les droits civiques nécessitent encore d’être menés (égalité des droits sociaux, accès aux centres IVG, accès à la PMA pour tou.te.s, dépénalisation du travail du sexe…), notre désir de faire apparaître une autre société n’en reste pas moins le  moteur de nos actions militantes.

Nos désirs font désordre, et c’est tant mieux, car c’est le système capitaliste et l’ordre patriarcal que nous voulons détruire. Face à la violence de l’ordre hétéro-normé, nos libertés sexuelles ne se laisseront pas mater. Pas de comptes à demander aux sociaux-traîtres socialistes, ils restent complices de ceux qui crient « les pédés au bûcher » ou « la rue, la France, nous appartient ! La France aux  Français ! » Rien à attendre d’aucun gouvernement !

Contre l’ordre moral et social, nos jouissances nous rassemblent, sachons les défendre ! Brisons leurs lois oppressives et répressives, et fermons la gueule des fachos, et de celles et ceux qui se sentent menacé.e.s par nos libertés. Imposons la justice sociale, sans nous laisser berner par des promesses de lois qui ne proposent même pas une égalité totale des droits, et qui continuent d’être discriminantes.

Appel à l’auto-défense féministe et antifasciste !
Que crève le système hétéropatriarcal, capitaliste et colonialiste !

Tract rédigé collectivement à Strasbourg pour remettre le combat contre l’homophobie dans une visée féministe et anticapitaliste – reçu le 8 décembre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:39

NDDL – Appel aux rencontres inter-comités locaux des 15 et 16 décembre et retour sur l’assemblée du 18 novembre (malgré la relance des opérations d’expulsions depuis vendredi 23, cet appel à des rencontres reste toujours valable, d’autant plus même… En attendant et dans l’immédiat, bienvenue sur place pour défendre les cabanes construites depuis le 17 novembre et les autres…)

Dans la continuité de la grande manifestation de réoccupation du 17 novembre, une rencontre large de tous les comités locaux contre l’aéroport de Notre Dame des Landes est appelée les 15 et 16 décembre sur la ZAD. L’idée de telles rencontres a été validée lors de l’assemblée qui s’est tenu brièvement dimanche 18 au matin sur le site, en présence de 400 personnes, dont des membres de quelques dizaines de comités locaux restés sur place et venus des quatre coins de l’hexagone.

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Après plus d’un mois de résistance aux expulsions et suite à une mobilisation d’une ampleur sans précédent, il s’agira de penser ensemble les prochaines étapes du mouvement, les actions et manifestations à venir, sur la zad et partout en france. Pour que 2013 soit l’année du crash définitif du projet d’aéroport !

Une liste de coordination pour les 15 et 16 décembre et pour la suite du mouvement a été créée : nddl-mouvement@lists.riseup.net

Si vous souhaitez y être abonné, envoyez un mailAttention il ne s’agit pas d’une liste de diffusion d’info sur la zad et la lutte contre l’aéroport mais d’une liste d’organisation entre comités locaux !!!

Le contenu et l’ordre du jour de ces rencontres sera élaboré avec les différentes composantes de la lutte sur place et avec les apports et idées des comités locaux.

L’aide des comités locaux pour l’organisation logistique de ces rencontres sera fort bienvenue. D’autres infos devraient être envoyées rapidement à ce sujet.

En attendant, vous trouverez ci-dessous un rapide compte-rendu de quelques idées qui ressortaient de l’assemblée du 18 novembre au matin. La plupart de ces projets n’ont été qu’esquissés lors de cette ag :

• Panorama : il y a d’abord eu un tour de parole enthousiasmant des actions réalisées par des comités locaux venus de Corse, de Belgique, de Poitiers, d’Aveyron, de Toulouse, de Pays basque, de Marseille, de Châteaubriant et de plein d’autres localités. Les initiatives prises ces dernières semaines allaient du péage gratuit au parking tout aussi gratuit en passant par l’occupation d’aéroport, le théâtre de rue, le ravitaillement aux occupants, la redécoration des murs et enseignes, les discussions, l’édition d’affiches, les manifs, le harcèlement des aérocrates, le relais sur la zad… On en passe et des meilleures, en imaginant que vous savez déjà un peu ce qu’il en est (sinon plus d’infos sur zad.nadir.org).

• Coordination : création d’une liste (nddl_mouvement@lists.riseup.net) de coordination du mouvement et des comités locaux. Cette liste pourrait à terme remplacer la liste qui avait servi à l’organisation de la manifestation du 17 nov. (à décider par l’ag d’organisation du 17). Un groupe, plus tard dans la journée a travaillé sur un projet de bulletin d’infos des comités locaux. Ce projet sera soumis lors de la rencontre des 15 et 16 décembre.

• Journée d’actions décentralisée : il a été proposée d’appeler à une journée d’actions décentralisées en lien avec la zad, Vinci, la lutte contre l’aéroport et son monde — une journée dont l’un des objectifs soit de faire le lien entre ce qui se combat ici et ailleurs. Le 8 décembre a d’abord été mentionné parce qu’il s’agit déjà d’une journée d’action “contre les grands projets inutiles”. D’autres avançaient qu’il serait mieux de se donner quelques semaines de plus pour la préparer. Finalement aucune décision claire de date n’a été prise. Donc si aucun comité ne lance un appel cette journée d’action, celle-ci n’aura sûrement lieu qu’après les rencontres des 15 et 16 décembre. Cela n’empêche évidemment en rien que tout un tas d’action se fassent le 8 décembre. On a réfléchi à comment rendre plus accessible à tous et toutes les infos sur qui faire pression.

• Appel anticipé à une grande manifestation de blocage du chantier : pour la manifestation du 17 novembre, nous appelions publiquement et par avance à venir réoccuper en masse, quelques semaines après, en cas d’expulsion. Dans le même état d’esprit, en cas de démarrage du chantier du barreau routier, il a été proposé d’appeler par avance — avec une date flottante — à venir bloquer en masse les travaux. Le chantier du barreau routier devrait démarrer autour de mars prochain selon les prévisions de Vinci et consorts.

• Presidio : inspiré par ce type d’initiatives dans le Val de Suza (“presidio”), ont été évoquées des formes d’occupation et de construction sur le chantier du barreau routier un peu de temps avant le démarrage des travaux.

• Manifestation pour cultiver sur la zone du barreau routier : l’idée d’une manifestation pour relancer des semis et cultures sur des terrains appartenant à Vinci sur la barreau routier a été évoquée lors de cette ag.

• Défense de la forêt de Rohanne : la destruction de la forêt de Rohanne est un des objectifs à court terme des porteurs du projet. Si ils réussissent à la raser cela va être la mort d’un espace crucial sur la zad. Des chantiers de reconstruction de cabanes ont commencé toute la semaine après la manifestation du 17. Penser la défense de la forêt de Rohanne, l’extension des cabanes dans les arbres et le soutien à ceux/celles qui l’habitent apparaissaient comme un des enjeux principaux dans les semaines à venir. Outre un appel immédiat à venir sur place, des manifestations et actions pourraient être appelées très rapidement dès l’arrivée des tronçonneuses de Vinci.

• Point de ravitaillement : diverses villes avaient mis en place des points de ravitaillement pour la zad pendant la période des expulsions et pour la préparation du 17 novembre. Ces points de ravitaillement ont permis plein de rencontres. La multiplication de points de ravitaillement de ce type, identifiés sur une carte, pourraient aller dans le sens de densifier la circulation entre les différents comités et la zad.

• Utilisation du lieu reconstruit : différents modules — cantine, atelier, dortoirs, bloc sanitaire, salle de réunion — se sont construits à partir de la manifestation du 17 pour constituer un espace d’organisation de la lutte. Il a été dit que l’utilisation et le sens de cet espace devrait aussi être l’affaire des comités locaux et des divers participant-e-s à la manifestation.

• Relais des comités locaux sur le lieu de reconstruction : il a été discuté de possibles relais des comités locaux sur le lieu réoccupé pour un week-end, une semaine un temps donné afin d’y proposer des projets, ateliers, cantines, actions…

• Manifestation du 3 décembre à Lyon – Val de Susa et liens avec d’autres luttes : une manif contre le TAV dans le Val de Susa aura lieu à Lyon le 3 décembre lors d’une rencontre entre Hollande et Monti pour conclure le plan de financement du projet. Des personnes du comité d’organisation sont venues pour présenter la manifestation et appeler à y venir nombreux faire lien entre la lutte NO TAV, Notre Dame des Landes et plein d’autres résistances à leurs projets d’aménagement du territoire. On a pas mal parlé de comment la force qu’a pris la lutte à NDDL devrait rejaillir sur d’autres résistances locales.

ZAD

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:38

Les familles des martyrs dénoncent le fonctionnement de la justice militaire

Le fonctionnement de la justice militaire a été critiqué par les familles des martyrs de la révolution qui ont appelé à juger les responsables de la mort de leurs enfants.

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Détournement : L’Indic

Lors d’un rassemblement de protestation organisé, vendredi après-midi devant le tribunal militaire permanent de Tunis, les familles des martyrs ont demandé de trancher la question des martyrs. L’avocate de la défense, Me Leila Haddad a indiqué que les familles affligées « ne réclament pas des réparations financières mais recherchent l’établissement de la vérité ».

Environ 80% des dossiers ont été classés par la justice militaire pour absence de preuves incriminant des présumés coupables, a-t-elle indiqué.

« Seule une volonté politique est capable de dévoiler la vérité à travers l’ouverture des archives du ministère de l’Intérieur, mais il y a une volonté de la dissimuler», a-t-elle déploré.

Certaines déclarations des familles des martyrs accusent les snipers du corps de l’armée d’être impliqués dans le meurtre de leurs enfants. D’autres dénoncent la « partialité » de la justice militaire qui « se range aux côtés des militaires ». Le père du martyr Amine Grami, Hassen Grami a appelé à la suppression des tribunaux militaires et à la création de tribunaux civils chargés de l’examen des dossiers des martyrs et blessés de la révolution.

« L’armée peut-elle être en même temps juge et partie », déplore-t-il. Quelques 321 martyrs tunisiens sont tombés lors des évènements de la révolution de janvier 2011.

Publié par des larbins de la “justice” militaire qui protège les assassins (TAP, 8 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:37
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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:35

Les salaires baissent dans l’OCDE et montent dans les BRICS

En matière d’évolution salariale, la différence est frappante entre les pays développés et les pays émergents.

Les salaires ont baissé dans les pays développés l’an dernier, année de crise économique, alors qu’ils ont continué à grimper fortement dans les pays émergents, selon l’Organisation internationale du travail, qui dénonce le fait que le travail soit de moins en moins rémunérateur.

Les salaires ont baissé de 0,5% en 2011 dans les pays développés, alors qu’ils ont augmenté dans les pays émergents, tels qu’en Asie (+5%), selon le rapport 2012/2013 de l’évolution des salaires dans le monde publié vendredi 7 décembre par l’OIT.

Globalement, tous pays confondus, les salaires ont augmenté de 1,2% en 2011, à comparer avec +2,2% en 2010 et +3% en 2007.

La part des salaires dans la richesse ne cesse de diminuer

Parallèlement à cette croissance ralentie, l’OIT dénonce aussi le fait que “les salariés reçoivent une plus petite part du gâteau”, en stigmatisant le fait que la part des salaires dans la richesse nationale ne cesse de diminuer, partout dans le monde.

“Pour le dire simplement, davantage du gâteau national est allé aux profits et moins aux salariés”, ajoutent les auteurs de ce rapport, publié tous les deux ans.

Même en Chine, où les salaires ont été multipliés par trois en dix ans, la part du PIB qui revient aux salariés a baissé.

Dans les pays développés, la part des salaires dans le revenu national est tombée de 75% dans les années 70 à 65% ces dernières années.

Dans un groupe de 16 pays émergents et en développement, cette part a aussi diminué, passant de 62% du PIB au début des années 1990 à 58% dans les dernières années.

La productivité augmente plus vite que les salaires

En conséquence, l’OIT relève que le risque de troubles sociaux augmente, du fait du mécontentement populaire.

Pour l’OIT, il est essentiel que les salaires augmentent sur le même rythme que la productivité. “C’est une question d’équité et de croissance économique durable”.

Or, les derniers chiffres montrent que la productivité a augmenté beaucoup plus vite que les salaires dans le monde.

Dans les pays développés, la productivité du travail a augmenté deux fois plus vite que les salaires depuis 1999. Exception notable, la Grèce, où les salaires augmentaient plus vite que la productivité avant la crise. Depuis, la crise de 2009, les salaires ont chuté de 15% durant les années 2010 et en 2011, dans ce pays.

Aux États-Unis, la productivité horaire du travail a augmenté de 85% depuis 1980, alors que les salaires n’ont augmenté que de 35%.

En Allemagne, la productivité a augmenté de 25% environ depuis 20 ans, alors que les salaires sont restés stables.

“Sur le plan social et politique, on ne peut qu’en déduire que les salariés et leurs familles ne reçoivent pas la juste part qu’ils méritent”, a déclaré Guy Ryder.

L’OIT en faveur des salaires minimum

Enfin, l’OIT lance un appel dans ce rapport à la fixation de salaires minima, une mesure indispensable pour enrayer la pauvreté au travail.

“Les salaires minimaux contribuent à protéger les salariés faiblement rémunérés et à prévenir une chute de leur pouvoir d’achat”, a déclaré Guy Ryder.

Selon ce rapport, “des centaines de millions de salariés dans les pays en développement gagnent moins de 2 dollars par jour. Aux Etats-Unis, les travailleurs pauvres représentent 7% de la population salariée, et en Europe, 8%.

Le rapport rappelle encore les différences “considérables” de niveaux de salaire d’un pays à l’autre. Aux Philippines, un ouvrier touche 1,40 dollar de l’heure, contre environ 5,50 dollars au Brésil, 13 dollars en Grèce, 23,30 dollars aux États-Unis et presque 35 dollars au Danemark.

En Grèce, le salaire minimum a été amputé de 22%, à la demande des créanciers publics pour débloquer les fonds de sauvetage.

Presse esclavagiste (Challenges.fr avec l’Agence Faut Payer, 7 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans ECONOMIE
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:34

Nucléaire. 300’000 enfants en zone contaminée à Fukushima

2 millions de personnes vivent dans des régions très contaminées par l’explosion de Fukushima. Une situation que dénonce le Japonais Kazuhiko Kobayashi, en tournée en Europe. Il a fait étape à Strasbourg.

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Kazuhiko Kobayashi était en conférence à Strasbourg.

Ébranlé par la catastrophe de Fukushima, Kazuhiko Kobayashi, 66 ans, qui avait travaillé de 1968 à 1997 dans des entreprises privées en Allemagne, a décidé de revenir en Europe pour témoigner du vécu des habitants touchés par les irradiations et contaminations.

Où sont les personnes qui vivaient dans la zone aujourd’hui interdite de 20 km autour de la centrale ?

Les plus riches ont quitté la région. Les autres, la majorité, vivent toujours dans la région de Fukushima, au-delà des 20 km. Le gouvernement dit que c’est sans danger. C’est faux. Les taux de radioactivité sont très élevés, jusqu’à 300 km de la centrale. La limite internationalement reconnue de 1 millisievert par an a été rehaussée à 20 millisieverts par an. Un médecin corrompu, nommé vice-président de la faculté de médecine, a affirmé que 100 millisieverts par an ne présentent aucun risque. Ceci pour que le gouvernement ne soit pas obligé de dédommager les habitants qui ont tout perdu et qui tombent malades.

Voit-on apparaître des pathologies liées à la radioactivité ?

Une étude menée sur 4000 enfants a montré, en octobre dernier, que 40 % d’entre eux ont déjà des problèmes de thyroïde. Le gouvernement refuse de reconnaître que cela est causé par la radioactivité. La plupart des médecins ignorent tout des pathologies induites par la radioactivité, ils ne savent pas ce qui s’est passé après Tchernobyl. Si je fais cette tournée en Europe, à mes frais, c’est pour aider les gens qui souffrent, pour récolter des fonds destinés à créer une clinique privée, à l’initiative d’associations de citoyens et de médecins non corrompus, afin d’examiner, conseiller et soigner les gens. 300’000 enfants vivent en zone contaminée.

Qu’en est-il de l’alimentation ?

La région de Fukushima est une zone agricole où vivent beaucoup de petits paysans qui ne peuvent plus vendre leurs produits. Ils demandent à être indemnisés. Le gouvernement ne veut pas payer et dit que ces aliments ne sont pas dangereux. Les gens des villes n’achètent plus de légumes de Fukushima mais des produits qui viennent d’autres régions. Alors les produits de Fukushima sont achetés à bas prix et envoyés vers le sud du pays en camions puis reconditionnés et réétiquetés avec la mention « Japon du sud ». Cette fraude se pratique dans tout le pays, le gouvernement le sait et ferme les yeux.

Comment réagit la population ?

Les Japonais sont des gens obéissants. Pour qu’ils manifestent dans les rues, il faut qu’ils soient vraiment en colère. Depuis Fukushima, les manifestations se succèdent. Il y a eu jusqu’à 200’000 personnes dans les rues de Tokyo en juin et juillet derniers. Mais peu de médias en parlent au Japon.

Que savez-vous du réacteur endommagé l’an dernier ?

Le 4e réacteur de Fukushima peut s’écrouler ou exploser au moindre séisme. Le gouvernement et l’exploitant Tepco essaient de le faire réparer. C’est très dangereux car très radioactif. Les robots utilisés ne marchent pas toujours. Des travailleurs précaires sont amenés à travailler en zone radioactive par séquences de 15 minutes. Après quelques semaines, ils sont licenciés et repartent sans suivi médical. Quand ils mourront, on ne connaîtra pas les causes de leur mort.

Le Japon a-t-il définitivement renoncé au nucléaire ?

En raison de la forte sismicité, le Japon est absolument inadapté à l’implantation de centrales nucléaires. Mais les grandes puissances économiques ont intérêt à exploiter le nucléaire au Japon. Le gouvernement ne veut pas reconnaître sa responsabilité dans la catastrophe de Fukushima et contourne la question en disant que, face à la Chine qui monte en puissance, le Japon doit disposer de l’arme nucléaire, et donc de centrales. C’est la propagande qui se développe aujourd’hui. Il y a de nombreuses techniques dangereuses. Mais le nucléaire est la plus dangereuse : en cas d’accident, les dégâts se perpétuent sur de nombreuses générations. Et les populations ne peuvent pas fuir les zones contaminées.

Presse contaminée (propos recueillis par Élisabeth Schulthess, LePays.fr, 7 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans ECOLOGIE
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:32

Toulouse/Minimes. Un jeune homme se tue en s’immolant par le feu

Certains habitants des immeubles du quartier de Bourbaki ont assisté à une scène d’horreur, très tôt, hier matin. Un homme, la proie des flammes, s’est extrait d’une voiture en feu. Il a poussé quelques cris avant de s’effondrer, mort calciné.

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Les experts de la police au travail, hier matin, sur les lieux.

Il était aux environs de 6h30 lorsque les sapeurs-pompiers sont arrivés sur les lieux pour une Fiat en feu encastrée contre le mur de l’immeuble, au numéro 12 de la rue. En éteignant le sinistre, ils ont fait, à seulement quelques mètres de là, la macabre découverte : un corps calciné dont on ne savait dire, dans un premier temps, s’il s’agissait de celui d’un homme ou d’une femme. « Une habitante a vu le feu et elle a appelé les pompiers, relatait, hier, un habitué du quartier. Elle l’a vu faire quelques pas en criant puis il est tombé. »

Aux lances des pompiers a succédé, tôt, hier matin, le balai des policiers [sic - NdJL] qui ont rapidement établi un périmètre de sécurité. Les experts du laboratoire interrégional de la police scientifique ont procédé, sur place, aux relevés d’indices. Toutes les pistes, qu’elles soient volontaires, criminelles ou accidentelles ont été envisagées même si, rapidement, la probabilité de l’intervention d’un tiers a été écartée.

Si, dans un premier temps, on a pu penser que la victime avait eu l’intention d’incendier ce véhicule volontairement avant d’être surprise par l’embrasement, cette hypothèse n’était plus privilégiée hier soir.

Les enquêteurs se sont vite penchés sur l’identification du corps. Hier, en fin de journée, ils avaient identifié un jeune homme de 33 ans dont un membre de la famille réside dans l’immeuble. Il serait en effet le propriétaire de la voiture. Désespéré, il se serait assis dans le véhicule et aurait voulu mettre fin à ses jours en s’immolant. Dans un geste de survie, alors qu’il était déjà embrasé, il serait parvenu à sortir du brasier mais l’importance de ses blessures était telle qu’il est mort avant même l’arrivée des sapeurs-pompiers et du SAMU.

Hier, à Bourbaki, les habitants étaient sous le choc des événements de la matinée. En fin d’après-midi, la thèse de l’acte suicidaire s’est répandue comme une traînée de poudre. « C’était un brave garçon, il était mal dans sa peau », exprimait, ému, un ami.

L’autopsie du corps du jeune homme devrait avoir lieu aujourd’hui.

Presse combustible (Claire Lagadic, LaDepeche.fr, 7 décembre 2012)


Vieux-Thann : un homme s’immole par le feu dans la cour de son entreprise

Geste tragique ce jeudi matin sur un parking d’une entreprise rue Gutenberg, à Vieux-Thann. Un homme de 47 ans s’est immolé par le feu vers 9 h. L’homme, dont le pronostic vital était dans un premier temps réservé, a été transporté par l’hélicoptère du Samu 68 à l’hôpital des grands brûlés à Metz. Ses brûlures sont très graves.

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Vers 9 h, un quadragénaire originaire de Cernay, dans un geste désespéré, s’est subitement aspergé d’un produit inflammable et y a mis le feu. L’employé se trouvait sur le parking de son entreprise spécialisée dans le négoce de textile, située à Vieux-Thann.

Ses collègues de travail ont immédiatement éteint les flammes avec un extincteur à poudre. Un employé d’une entreprise voisine, a aperçu une lueur rougeâtre depuis une baie vitrée. Paul Meyer, également pompier volontaire, s’est immédiatement porté à son secours, avant d’être rejoint par ses colègues sapeurs-pompiers de Vieux-Thann et de Thann.

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“Au départ, je pensais qu’il s’agissait d’une voiture en flammes, mais quand j’ai entendu des hurlements, j’ai vite compris ce qui se passait”, commente Paul Meyer.

Le médecin colonel Pierre Stockel, l’infirmier pompier Antoine Mengus de Thann se sont rendus sur place pour les premiers soins avant l’arrivée de l’équipe médicale du Samu de Mulhouse qui a ensuite dépêché sur place l’hélicoptère du Samu.

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Les gendarmes de Thann, la brigade de recherche, la police municipale ainsi que l’adjoint à la sécurité Michel Jolly se sont rendus sur les lieux. La sous-préfète de Thann Anne Laparre-Lacassagne s’est aussitôt déplacée. Une cellule psychologique a été immédiatement mise en place.

Presse combustible (Arnaud Viry, LAlsace.fr, 6 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 11:28

Ce n’est qu’une toute petite phrase mais elle m’a interpellée.

Dans le beau film de Sébastien Lifshitz sur les vieux couples homosexuels, « Les Invisibles » (dont Rue89 est partenaire), Thérèse, une des interviewées, née en 1927, dit en parlant de ses règles :

« Il y avait tout cet attirail, il fallait mettre une ceinture en caoutchouc. »

J’ai 28 ans et bien naïvement, je crois que je n’avais presque jamais réfléchi au fait qu’on avait du se débrouiller autrement avant le tampon, la « cup »et tous nos moyens de protection périodique actuels.

Thérèse, qu’on connaît aussi pour sa participation au projet des Babayagas(maison de retraite alternative) à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a donc suscité ma curiosité.

Jointe au téléphone, pleine de bagou et toujours aussi sympathique elle s’est souvenu de sa panique quand elle avait eu ses premières règles :

« J’ai découvert ma culotte pleine de sang. J’étais paniquée mais mes amies m’ont dit : “Mais non Thérèse, tu as juste tes règles !” Alors, je suis rentrée chez moi. Ma mère était un peu dans l’embarras, mais elle m’a tout expliqué. »

Les pouvoirs maléfiques de la femme indisposée

Thérèse explique que le sang menstruel était (déjà) considéré comme sale et tabou à l’époque. Contrairement au sang « ordinaire », le sang des règles dégoute souvent. Pourquoi ? C’est une vieille histoire.

Dans leur passionnant texte sur les règles « Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle époque », Jean-Yves le Naour et Catherine Valenti rappellent :

« Depuis l’Antiquité au moins, traditions et superstitions ont tenté de canaliser ce phénomène [les règles, ndlr]. Car la femme indisposée fait peur, et on lui attribue sinon des pouvoirs maléfiques, en tout cas une forte capacité de nuire. »

Ces croyances s’expliquent notamment par une connaissance tardive du cycle menstruel. C’est seulement, expliquent les chercheurs, « au milieu du XIXesiècle, que l’on découvre le phénomène de l’ovulation et que l’on commence à lui assigner un rôle dans l’apparition des règles ».

« On considérait que son ventre était un cimetière »

Les religions ont ausi participé à alimenter cette image négative du sang menstruel. Comme le rappelle Thérèse, une femme qui avait ses règles était surtout considérée comme malade. Elle n’avait pas réussi à tomber enceinte :

« On considérait qu’elle n’avait pu retenir le sperme de son mari. Son ventre était un cimetière. »

La voilà alors soupçonnée des pires maux. Elle pouvait faire mourir un essaim entier d’abeilles dans les ruches ou encore pourrir la viande, « notamment la chair du cochon ».

Thérèse se rappelle :

« On n’avait pas le droit d’entrer dans une salle où étaient préparées les confitures. Si on touchait à une mayonnaise, on risquait de la faire tourner. »

Et il y avait des scientifiques pour légitimer ces croyances. Ils pensaient le sang menstruel plein de ménotoxines. Des substances si toxiques qu’elles pouvaient rendre une femme réglée capable de faire faner les fleurs.

En attendant, il fallait bien que ces sorcières se protègent. Comment faisaient-elles alors ?

1

Elles bidouillaient des chiffons

 

Le saviez-vous ? Il existe un Musée de la menstruation et de la santé des femmes (Museum of menstruation and women’s health). C’est un musée virtuel : un site internet fouillis mais très bien documenté sur le sujet. Il est tenu par Harry Finley, un artiste passionné par les règles des femmes.

Quand le site a été lancé en 1994, il était directeur artistique d’un magazine, et à force de tomber sur des publicités pour des serviettes et des tampons, il a trouvé la question du tabou intéressante. Par mail, il m’avoue non sans malice :

« Je me suis aussi intéressé à ça parce qu’un homme ne doit surtout jamais s’y intéresser. »

« C’est tout à fait dégoûtant de saigner dans sa chemise »

Au fil de ces multiples lectures, Harry Finley est tombé sur un livre allemand. « Die unpäßliche Frau » (« la femme indisposée ») qui indique que « la plupart des femmes, semble-t-il, fabriquaient elles-mêmes leurs protections périodiques avec des tissus ».

Une amie à qui je parlais de cet article en préparation s’est souvenue de ce qui lui racontait sa grand mère, sur sa jeunesse dans la Vienne :

« A son époque, les femmes utilisaient les linges, comme des sortes de culottes, qu’elles mettaient la journée, pour absorber. C’étaient des linges spécifiques qu’elles n’utilisaient que pour ça. »

Parfois, les femmes faisaient même bouillir leurs linges dans des marmites pour bien les laver. Etendre tous ces tissus ensuite allait de pair avec un certain manque d’intimité.

« Les voisins du village, ceux qui s’y intéressaient en tout cas, pouvaient savoir quand une habitante avait ses règles, grâce ou à cause des nombreuses lessives de linges blancs qui séchaient sur les fils dans les jardins. »

Dans le sens contraire, certains voisins curieux surveillaient les draps des jeunes mariées pour savoir si elles étaient enceintes...

Thérèse, elle, a soupiré quand nous avons parlé des linges : « Tous ces jours de lessive ! »

2

Elles laissaient couler

 

Toujours dans cet ouvrage allemand, Harry Finley a lu le passage suivant (et surprenant) :

« Dans les zones rurales, certaines ne portaient ni protection, ni sous-vêtements. Quand elles avaient leurs règles, elles laissaient couler une traînée de sang derrière elles. »

Harry Finley cite aussi cette médecin allemande qui écrit en 1899 :

« C’est tout à fait dégoûtant de saigner dans sa chemise [sous-vêtements à l’époque, ndlr], puis de la porter de quatre à huit jours. Cela peut même causer des infections. »

De ses lectures, le directeur du musée virtuel formule donc une hypothèse : les femmes qui se protégeaient était minoritaires. En effet, au cours de ses lectures, il a aussi appris que changer de sous-vêtements et les laver était jugé malsain, on pensait que cela pouvait bloquer le sang ou au contraire augmenter son flux.

3

Elles portaient des ceintures
en caoutchouc

 

Selon Harry Finley, c’est probablement avec l’avènement de la théorie des germes de Pasteur à la fin du XIXe siècle que commencent à apparaître des moyens plus organisés de protection, des moyens désormais recommandés par les médecins.

C’est la naissance de la ceinture en caoutchouc, ancêtre de la serviette hygénique. Les femmes la passent autour de la taille et la ceinture tient entre leurs jambes une serviette éponge.


Une des premières ceintures sanitaires (Museum of menstruation/DR)

Petit à petit le modèles s’améliore.


Une ceinture sanitaire au XIXème siècle (Museum of menstruation/DR)

Pour finalement devenir ce produit commercialisé jusque dans les années 70.


Une ceinture sanitaire (Museum of menstruation/DR)

Thérèse raconte la ceinture en caoutchouc. Celle qu’on appelait aussi « la cravate à auguste » et que, dit-elle, « les femmes de toutes les conditions sociales utilisaient ».

« C’était une bande assez large de peut-être trois centimètres, on y accrochait la serviette avec des épingles à nourrice au centre, puis on mettait un slip par dessus ça. »

Elle dit que ça n’était pas si inconfortable que cela peut le paraître.


Une vieille publicité pour une ceinture sanitaire (Museum of menstruation/DR)

4

Elles n’ont pas adopté
tout de suite le tampon

 

Avec tout l’attirail que représentaient les ceintures sanitaires, on pourrait imaginer l’arrivée du tampon comme une délivrance. Thérèse infirme : « On disait que le tampon pouvait faire disparaître sa virginité. »

Sur son site, la marque Tampax raconte l’histoire de son produit et rappelle qu’au début du XXe siècle, il était encore en phase expérimentale :

« Pendant plus d’un siècle, des médecins ont utilisé des bouchons improvisés faits de coton pour absorber les sécrétions causées par la chirurgie et pour appliquer des produits antiseptiques dans le vagin, ou bien pour arrêter l’hémorragie. »

C’est en réalité le docteur Earle Cleveland Haas, un médecin généraliste, qui a consacré sa vie à inventer le tampon :

« Dès 1929, il a tenté d’inventer un produit qui puisse être fabriqué et mis sur le marché expressément pour absorber le flux menstruel. [...]

Une visite en Californie lui a permis de trouver une solution. Une amie a mentionné à Haas qu’elle insérait un morceau d’éponge à l’intérieur de son vagin pour absorber le flux menstruel. Il a immédiatement pensé à un matériau, le coton comprimé, qui pouvait fonctionner de façon semblable. »

Le premier tampon avec applicateur est vendu en 1936, mais il a fallu beaucoup plus de temps pour que le produit devienne banal sur le marché. Pour Thérèse, qui a aujourd’hui 85 ans, l’invention date d’ailleurs plutôt d’il y a trente ou quarante ans, et elle n’en a presque jamais porté.

« Quand les tampons sont apparus, j’étais déjà ménopausée. »

La forme du tampon qu’on connaît aujourd’hui n’est cependant pas la seule que les fabricants aient essayé de commercialiser. En 1973, Kotex diffusait cette publicité pour un tampon à introduire à l’aide d’une tige, parce que c’était « plus doux et plus facile ».


Une vieille publicité pour un tampon à tige (Museum of menstruation/DR)

5

Et maintenant ?

 

En 1995, le Village Voice faisait un calcul impressionnant. Selon l’hebdomadaire américain, une femme utilise 11 400 tampons dans sa vie. Une consommation massive et polémique parfois. On reproche aux tampons de favoriser lesmycoses et aussi d’introduire dans le corps des femmes des substances chimiques.

Sinon, en 2012, une femme qui dit avoir ses règles gêne toujours un peu, le sang des règles est toujours sale, et par conséquent, dans les publicités, il est toujours... bleu.

 

Renée Greusard | Journaliste rue89

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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:49

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 23:17

Tel est pris qui presse écrite

Arrivé à Nantes, je me dirige alors vers Notre-Dame-des-Landes, afin de m’établir temporairement sur le lieu de vie des opposant-e-s à l’aéroport.

Vers vingt heures, j’arrive à la Vacherie. Lieu convivial ou vienne se reposer les plus fatigués. Ce lieu permet également de stocker des vêtements, de la nourriture, des médicaments… Il y a aussi une cantine qui fournit en permanence des repas chaud (délicieux au passage). Dès mon arrivée, on me propose un café et du tabac. On prend le temps de m’expliquer la géographie du lieu, les endroits où je peux dormir, bref, au bout d’un quart d’heure je suis briffé. Je reprends mon sac et décide de faire le tour du « propriétaire ». Au fur et à mesure de ma visite, bien qu’il fasse nuit, je ne peux que me rendre compte de la vie qui règne sur le site, partout des gens, qui construisent, rigolent, chantent, organisent, aménagent. Certains sont frais et dispos, d’autres sont usés et fatigués. Certains sont propres, d’autres sont des blocs de boue. Il se fait tard, je vais me coucher.

Je crois que c’est le lendemain que je réalise la beauté du lieu. À l’aurore, sur un lever du jour humide et timide, de beaux champs s’offrent à moi, le sol est composé d’une terre glaiseuse tantôt jaune ou verte qui sous un soleil ras offre des couleurs magnifiques, la forêt, quant à elle, semble inviter à la promenade et celui qui s’y aventure pourra découvrir une diversité d’oiseaux, de reptiles, de lichens, de champignons à faire pâlir n’importe quel amoureux des beaux endroits. Je continue ma balade matinale. C’est au détour d’un chemin que je croise une pancarte qui me rappelle ce qui va se passer ici. Avec des mots rudes tels que « béton », « avion », « parking » je me souviens que tout est amené à être rasé, que l’air frais sera remplacé par des odeurs des carburants, des plateaux repas, des annonces d’horaires de vol.

Je vais à la rencontre des personnes qui construisent les cabanes. Sur place, des créteux, des agriculteurs, des draideux, des militants politiques, des habitants.

Ici on apprend. Faire une charpente avec du bois de récupération c’est tout un art. Faire du torchis aussi. Durant deux jours je regarde les constructions s’avancer, on apprend aussi à reconnaître les plantes, on apprend à se soigner autrement, à vivre ensemble, à avoir une bonne fatigue. Les gens qui occupent le futur site de l’aéroport savent se prendre en main, cultiver, fabriquer, vivre, partager, je n’ai pas vu de clichés, les baba-cool feignants n’existent pas, les extrême gauchistes non plus, les agriculteurs chauvins ne sont qu’une légende. Je n’y ai vu que des gens déterminés à vivre autrement, et ils le font ! En total accord avec leurs idées respectives, chacun et chacune y trouve son compte.

Un soir la police accentue les contrôles à l’entrée du site, pose des herses sur le sol pour empêcher les voitures de passer avec du matériel. Plusieurs habitants décident alors de réagir. Il faut que les gendarmes quittent leur point de contrôle. Un fossé bête et méchant sépare ce qui se passe sur le site de la mission des forces de l’ordre. D’un côté une vie, de l’autre un ordre. C’est alors qu’une centaine de personnes caillasse et charge les gendarmes qui n’ont d’autre choix que de reculer. Sans haine, mais avec fermeté, le carrefour est libéré. Ceux qui ne sont pas d’accord avec ce mode d’action « radical » le font savoir, mais restent solidaire. On est bien loin des manifs lycéennes où la moindre action qui n’est pas partagée par tous crée le cliché du « bon » et du « mauvais » manifestant.

Après l’échauffourée, la route est nettoyée par les activistes pour permettre aux riverains de passer. Tout le monde se rentre, demain il faut continuer de construire.

Le lendemain, je discute avec un agriculteur des événements de la veille :

« Tu sais, avec ce que la police et la gendarmerie nous a fait, devenir un peu plus radical est dans l’ordre des choses, je crois que même le plus pacifiste d’entre nous peut facilement avoir envie de se défendre. Je me suis fait gazer l’autre coup, ça fait mal ! On est chez nous ici. (…) Je déteste pas les flics, c’est juste qu’entre la légitimité d’une lutte et la légalité il y a un fossé qui n’est pas reconnu, et eux, avec nos impôts comme salaires, ils se permettent les pires choses, sans réfléchir. Ce qu’ils font n’a pas de sens ! Comment prétendent-ils nous protéger alors qu’ils nous frappent ? Sérieusement, moi je me remettrais en cause. Je serais ravi de discuter avec eux mais j’ai plus en plus de mal à les considérer comme des êtres humains aptes à raisonner.

Quant à François Hollande, je ne vois pas ce qu’il y a de socialiste dans sa politique. Comme le Parti communiste d’ailleurs, eux aussi soutiennent le projet de l’aéroport. Ce sont des traitres… »

Je dois déjà repartir, assez étonné de ce que j’ai pu voir sur place, à mille lieues de ce que je pouvais imaginer. Je suis arrivé en tant que journaliste rempli de préjugés, je repars avec un gout bizarre dans la bouche et une folle envie de revenir, mais sans crayon ni calepin, et encore moins avec un appareil photo. Au passage je devais prendre des photos pour illustrer mon article, je les ai regardées en rentrant, ce n’était pas des photos de presse, c’était des photos souvenirs de gens qui sourient, qui construisent, bref, des photos de potes.

À tous les journalistes qui continuent à écrire de loin, sans forcément savoir vraiment ce qui se passe, allez donc passer un peu de temps sur place, touchez du doigt la créativité du lieu, rencontrez ces gens soit-disant « dangereux », je vous mets au défi de faire votre papier sans avoir chaud au cœur, sans prendre parti, et sans avoir envie de revenir.

Désormais, moi aussi, je ne lâcherai rien.

Zone À Défendre, 6 décembre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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