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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:31
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Michael Clancy

« Un peu de parano ne fait pas de mal », dixit le FBI

Michael Clancy est “l’un des plus hauts responsables du FBI” selon l’AFP. Récemment auditionné par le Sénat américain, ce “Deputy Assistant Director of the Counterterrorism Division” vient de déclarer à l’AFP que maintenir “un peu de paranoïa ne fait pas de mal” pour mobiliser les Américains et “faire trébucher” les terroristes.

“Nous ne sommes pas la police de la pensée, nous n’avons pas de raison de surveiller un concert de militants de la suprématie blanche, c’est une assemblée légale”, a-t-il expliqué : “nous n’enquêtons pas sur les idéologies mais seulement sur les gens qui passent à l’étape supérieure” :

“Dans un grand pays comme le nôtre, qui compte plus de 300 millions d’habitants, et où coexistent des idéologies et des croyances différentes, il est presque impossible de deviner à quel moment quelqu’un va tout à coup commettre un acte épouvantable”.

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Ce pour quoi le FBI n’hésite pas à infiltrer des cellules potentiellement terroristes, et même à pousser certains de ses membres à passer à l’action, quitte à leur fournir les explosifs, et les cibles, de leurs attentats.

Cette “opération Tripwire” — “opération croche-pied”, en VF — réserve aussi quelques surprises, à l’image de ce quatuor arrêté pour avoir acheté les stocks d’acétone, un produit très recherché par les apprentis terroristes, dans trois magasins collaborant avec le FBI :

En fait, “ils ne cherchaient pas à fabriquer une bombe, ils faisaient de la marijuana synthétique”, se souvient M. Clancy, “c’est une grande ‘success story’, même si cela n’a pas été l’affaire terroriste du siècle”.

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LIRE LE DOSSIER

En septembre 2011, une enquête très fouillée des journalistes américains de Mother Jones,“Terrorists for the FBI”, révélait ainsi que la majeure partie des projets d’attentats initiés aux USA depuis 2001 avaient été organisés avec l’appui du FBI, via l’un de leurs 15’000 informateurs, payés pour infiltrer les communautés musulmanes aux USA (voir “Pourquoi le FBI aide-t-il les terroristes ?”).

L’enquête de Mother Jones a depuis reçu le prix du data journalisme 2012, décerné par le Global Editors Network (GEN, qui réunit plus de 900 rédacteurs en chef de 80 pays) et l’European Journalism Centre (EJC).

Le “scoop” de l’AFP permet de mieux comprendre ce pour quoi, et comment, le FBI cherche ainsi à pousser les “loups solitaires” à commettre des attentats :

“Au commencement, il y a quelqu’un qui nous dit “je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui peut-être veut faire exploser quelque chose”. Il y a ensuite un agent infiltré qui surveille le suspect, jusqu’à lui fournir les ultimes composants d’une bombe.”

En réponse à ceux qui accusent le FBI de “piéger des amateurs qui ne seraient peut-être pas allés jusqu’au bout sans son aide”, Michael Clancy répond que le FBI a “toujours respecté la loi”, afin de garantir les “droits et libertés” garanties par la Constitution américaine :

“La personne qui finalement appuie sur le déclencheur d’une bombe inerte nous a dit clairement, sans l’ombre d’un doute, qu’elle veut faire exploser quelque chose. L’aurait-elle fait avec ou sans nous ? Ce n’est pas un risque que nous voulons prendre”.

Étrangement, le “scoop” de l’AFP omet toute référence au terrorisme islamiste, se bornant à évoquer la propension du FBI à ne pas s’inquiéter outre-mesure de la menace posée par les “militants de la suprématie blanche”, au motif qu’il s’agirait d’une “assemblée légale” (aux USA, on a le droit de se proclamer raciste, ou bien nazi).

Or, si le témoignage (vidéo, à la 41e minute) de Michael Clancy sur la menace terroriste intérieure (“domestic extremism”) devant le Sénat américain, le 19 septembre 2012, ne fait lui non plus aucune référence à la menace islamiste, il n’en pointe pas moins du doigt l’extrêmisme anarchiste, les suprémacistes blancs, les milices paramilitaires, les “éco-terroristes” ainsi que les “criminels en col blanc” qui, membres du “Sovereign citizen movement” qui, refusant de reconnaître les lois locales, fédérales et étatiques, “exploitent la crise de l’immobilier”.

Le FBI a de quoi rendre parano les suprémacistes, les racistes, les anarchistes, les “éco-terroristes”, sans oublier les islamistes, potentiellement infiltrables, voire infiltrés. Normal, c’est son boulot. Mais de là à armer les apprentis terroristes, et à les pousser à passer à l’acte, il y a un pas, qui ne grandit pas les USA.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/39.jpgLe funeste Patriot Act, texte liberticide de 132 pages préparé bien avant le 11 septembre 2001, mais opportunément adopté juste après les attentats, est une autre illustration des dérives que permettent la lutte anti-terroriste aux États-Unis.

Entre 2006 et 2009, le NYMag, auteur du graphique ci-contre, a ainsi récensé 1618 perquisitions “coup d’oeil” (“sneek and peek”, en l’absence des personnes perquisitionnées) dans des affaires de drogue, 122 pour fraudes, et seulement 15 pour terrorisme, soit 0,92%… (voir “10 ans après, à quoi ont servi les lois antiterroristes ?”).

Le 26 mai 2011, quelques heures avant l’expiration du Patriot Act, le Congrès américain décida sa reconduction, jusqu’en juin 2015, comme le rapportait alors l’AFP :

“Trois mesures sont considérées comme cruciales par l’administration et les services antiterroristes dans le Patriot Act : la “surveillance mobile” des communications de suspects utilisant plusieurs lignes téléphoniques, le principe du “loup solitaire” qui permet d’enquêter sur une personne paraissant mener des activités terroristes pour son propre compte, la possibilité pour les autorités d’accéder à “toute donnée tangible” concernant un suspect, comme des courriers électroniques.”

Pierre Desproges s’amusait à répéter que « Ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi ». Page 291 de Tarnac, magasin général, le journaliste David Dufresne relevait de son côté cette blague qui circule à la SDAT (Sous-direction anti-terroriste) :

« Le terrorisme, il y a plus de gens qui en vivent que de gens qui en meurent. »

L’antiterrorisme a bon dos.

Leur presse (Jean-Marc Manach, BugBrother, 20 novembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans TERRORISME
21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:29

Un banquier australien, qui s’était introduit dans une villa de Sydney pour accrocher une fausse bombe au cou d’une adolescente lors d’une tentative manquée d’extorsion de fonds, a été condamné mardi à 13 ans et six mois de prison ferme, dont dix incompressibles. Ce fait divers hors norme, survenu début août 2011, avait fait les gros titres de la presse internationale.

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Paul Peters, 52 ans et père de trois enfants, était entré par effraction dans une demeure cossue de Sydney, un masque sur le visage, et avait attaché de force “une bombe” au cou de la jeune fille de la maison, Madeleine Pulver, âgée alors de 18 ans et qui révisait des examens. Le malfaiteur avait disparu après avoir laissé une note indiquant que de puissants explosifs sophistiqués se trouvaient à l’intérieur de l’engin. Il réclamait une rançon contre le désamorçage de la bombe.

Des équipes de démineurs, des policiers et des ambulanciers étaient restés aux côtés de Madeleine pendant une dizaine d’heures jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’il s’agissait d’une fausse bombe. Le quinquagénaire souffrait à l’époque de troubles psychiatriques, après une séparation et la perte du droit de garde de ses enfants.

Selon le juge, Paul Peters s’est pris pour “le vengeur”, le personnage principal du roman qu’il était en train d’écrire. Il a indiqué aux médecins qu’il marchait à travers la banlieue chic de Sydney, cherchant à “revivre des scènes de (son) livre” et qu’il avait fini par croire qu’il en était le héros, John Chan.

Accrocher cette “bombe” au cou de l’adolescente était “une vengeance double : une pour moi, une pour John”, a-t-il déclaré aux médecins. Le juge a précisé que l’état psychologique du condamné au moment de ses actes avait été pris en compte, mais de manière “minimale”.

Presse folle à lier (Agence Faut Payer, 20 novembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:23

Photo prise le 22 juin 2008, de bâtiments du Centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes qui ont été détruits dans un incendie. Photo prise le 22 juin 2008, de bâtiments du Centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes qui ont été détruits dans un incendie. | AFP/RESF

 

Sept étrangers retenus au centre de rétention administrative (CRA) du bois de Vincennes, à Paris, se sont évadés dans la nuit de mardi à mercredi 21 novembre.

Ces immigrés, dont la nationalité, l'âge et le sexe n'ont pas été précisés, sont parvenus à forcer une porte arrière du centre de rétention administrative.

 

En juin 2008, une cinquantaine de personnes étaient parvenues à s'échapper de ce CRA à la suite d'un incendie. Fermé plusieurs mois, ce centre de rétention administrative avait alors subi d'importants travaux de rénovation.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 12:05

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 12:02

Texte paru dans la revue Meeting en janvier 2009, et qui est toujours d’actualité.

Silence sur Gaza…

On a beaucoup parlé de l’élection d’Obama, on a beaucoup plus parlé des émeutes en Grèce mais nous ne disons pas un mot de la guerre à Gaza pourquoi ?

Est-ce parce que ça ne nous concerne pas ? Parce que ça n’a aucun intérêt « du point de vue de la révolution ». On peut le dire mais je pense qu’on sent bien que ce n’est pas la vérité, que l’importance de ce rebond de la guerre de Palestine nous gêne ou peut être pire nous angoisse.

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Cette nouvelle guerre nous angoisse parce que les prolétaires de Gaza se font massacrer et n’ont aucune possibilité d’échapper au piège dans lequel ils sont, ils ne peuvent que « choisir » de mourir sous les bombes israéliennes ou au combat avec le Hamas, ils ne peuvent même pas déserter la bataille ils sont enfermés dans un champ de tir, ils ne peuvent pas s’insurger contre leur propre camp qui les tient en otages. C’est la tragédie absolue il n’y a rien à espérer, Obama laisse Bush endosser l’affaire il n’y a que notre clown national qui en profite pour faire son show pitresque.

Cette horreur nous, nous terrorise parce que nous y voyons quelque chose qui pourrait se répandre dans le monde avec la crise catastrophique du capital (encore à venir), les fractions capitalistes de tous ordres étatiques ou non pourraient bien se jeter les unes contre les autres sans qu’une issue communiste ne s’ouvre.

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Attention ceci n’est pas une analyse, tout ce que je pense me fait dire que cette catastrophe est impossible qu’elle nie la contradiction des classes, que Gaza n’est strictement pas représentatif de la situation dans le reste du monde ; mais pourtant dans sa spécificité de ghetto à prolétaires surnuméraires Gaza est aussi paradigmatique de la restructuration en abîme du capital et c’est pour cela, qu’au fond, on n’ose pas y penser on détourne les yeux, car nous y verrions un avenir inenvisageable.

BL

Dans le contexte, il faut absolument lire : “A fair amount of killing” et aussi « Moyen Orient 1945-2002 Histoire d’une lutte de classe » (si on a plus de temps…).

 

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Published by coutoentrelesdents - dans COLONIALISME
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:59

Le rapport du Conseil de Stabilité Financière publié ce dimanche évalue à 67.000 milliards de dollars la taille des actifs du monde bancaire « de l’ombre ». C’est aux États-Unis, dans la zone euro et au Royaume Uni qu’il se concentre.

Fin octobre, à Toronto, la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, s’était emportée contre le développement du monde bancaire de l’ombre (« shadow banking »). Ce dimanche, le Conseil de Stabilité Financière (CSF), l’organe érigé par le forum du G20 en charge de la stabilité financière mondiale, a livré les chiffres 2011. Ils sont édifiants.

La taille du « shadow banking » échappant à toute régulation est de 67.000 milliards de dollars (52.500 milliards d’euros) selon son rapport consacré à 25 pays (90% des actifs financiers mondiaux). Ce sont 5.000 à 6.000 milliards de plus qu’en 2010. Ce secteur « parallèle » représente à lui seul la moitié de la taille des actifs totaux des banques. Rapportée au Produit Intérieur Brut du pays, la banque de l’ombre prospère à Hong-Kong (520%), aux Pays-Bas (490%), au Royaume-Uni (370%), à Singapour (260%) et en Suisse (210%). Mais, en terme absolu, les États-Unis restent en première position puisque la part de ce secteur parallèle représente 23.000 milliards d’actifs en 2011, suivi de la zone euro (22.000 milliards) et du Royaume-Uni (9.000 milliards).

Qui sont les acteurs de ce secteur ? Pour le Conseil, il s’agit « d’intermédiaires de crédit impliquant des entités et des activités en dehors du système bancaire régulier ». Cela recouvre notamment les fonds d’investissements, les fonds monétaires, les sociétés de financement et les entités spécialisées dans les titres qui fournissent des crédits ou des garanties de crédits, ou encore des entreprises d’assurance ou de réassurance qui émettent ou garantissent des produits de crédit.

La crise des « subprimes » de 2007, et la crise financière qui a immédiatement suivi, avaient pourtant déclenché l’ire des responsables politiques pour qui le forum du G20 devait s’efforcer de mettre fin aux activités illicites et mieux encadrer les activités bancaires. Restent que les banques se montrent réticentes à leurs initiatives et le retard s’accumule. En outre, à terme, les régulateurs financiers craignent que les nouvelles exigences légales qui seront appliquées aux banques poussent ces dernières vers un secteur qui échappe encore au contrôle des régulateurs. Ce dimanche, mandaté par le forum du G20, le CSF a mis sur la table pour consultation ses propositions visant à mieux encadrer ce monde bancaire parallèle. Ce n’est qu’en septembre 2013 qu’il publiera ses recommandations pour mieux surveiller et réguler les entités systémiques de ce secteur. D’ici là, le secteur a encore de beaux jours devant lui.

Presse capitaliste (Richard Hiault, LesEchos.fr, 18 novembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:57
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Published by coutoentrelesdents - dans AUTOGESTION
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:56

Égypte : Affrontement entre population et forces de répression

Des heurts ont éclaté lundi au Caire entre des centaines de manifestants égyptiens et les forces de sécurité, un an après des affrontements qui avaient fait 42 morts dans la capitale égyptienne, plusieurs mois après le renversement du régime d’Hosni Moubarak.

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Des manifestants ont démoli un mur de béton qui avait été construit l’année dernière par la police égyptienne pour empêcher les manifestants de la place Tahrir, dans le centre du Caire, de marcher vers le siège des forces de sécurité. Les manifestants ont également tiré des feux d’artifice contre les gardiens de ces immeubles, incitant ces derniers à répliquer avec des pierres.

L’année dernière, des affrontements meurtriers connus sous le nom de « Mohammed Mahmoud », en référence à la rue où ils ont lieu, avaient été déclenchés par une forte répression policière contre un « sit-in » de manifestants blessés. Les violences avaient duré plusieurs jours et blessé des centaines de personnes.

La rue Mohammed Mahmoud est devenue un symbole du soulèvement contre le régime et un musée en plein air. Les murs sont couverts de graffitis, de slogans et d’images de la révolution.

Selon un responsable médical, au moins 60 manifestants et 10 policiers ont été blessés dans les affrontements de lundi.

Des manifestants portaient une bannière où l’on pouvait lire « Les Frères musulmans ne sont pas autorisés », tandis que d’autres scandaient « Le peuple veut renverser le régime », en référence au président islamiste Mohamed Morsi. Les Frères musulmans avaient évité les affrontements de rue avec les militaires l’an dernier afin de se concentrer sur la campagne et les élections.

Un manifestant, Abdullah Waleed, a déclaré que la manifestation visait à faire ouvrir les rues du centre-ville qui sont bloquées depuis un an.

« Alors que nous détruisions les blocs de ciment, les forces de sécurité nous ont tiré dessus », a-t-il dit. « J’ai été blessé par des balles de plomb. »

Leur presse (Métro, 20 novembre 2012) via Solidarité ouvrière


(…) Les manifestants ont installé des hôpitaux de campagne près de la place Tahrir afin de soigner les blessés. Une source médicale présente dans l’un de ces hôpitaux a fait état d’au moins “une centaine de blessés”. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 novembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:51

Il est autour de 1h du matin ce vendredi 16 novembre 2012 quand une voiture de la police de proximité s’arrête au niveau du 150 avenue Daumesnil (Paris 12ème). Nous sommes alors deux sur le trottoir juste devant la permanence du Parti Socialiste. Et sur les murs de celle-ci, quelques inscriptions au marqueur et une série d’affiches sont apposées là pour soutenir la lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Trois flics débarqués du véhicule entreprennent de nous interpeller et font un inventaire (avec photographies) des « dégradations », avant de crachoter dans leur talkie-walkie : Delta, Oscar, Mike...

On nous embarque. Motif invoqué : « Outrage à personne dépositaire de l’autorité publique » (Article 433-5 du Code Pénal). Il semblerait que l’inscription « Ayrault-porc, nous serons ta Bérézina » relevée sur la façade soit à l’origine de l’inculpation. Et il semblerait même que les policiers nous ont pris en flagrant délit de l’avoir fait. Pourtant, personne n’écrivait sur ce mur lorsqu’ils sont arrivés. Et nous nous trouvions juste là, en pleine contemplation de l’œuvre.

Alors que je suis déjà menotté dans la voiture, la radio de celle-ci annonce que nous allons être transférés dans les locaux du Service d’Investigation Transversale, situés rue Riquet dans le 19ème. Ça me rappelle quelque chose :http://paris.indymedia.org/spip.php?article7092

Et voilà que les deux voitures de police qui nous emmènent sont lancées à toute blinde sur les avenues de Paris, manquant à chaque intersection de tuer un cycliste pour être certains de ne pas dépasser les délais légaux imposés par la procédure. Précisons qu’arrivés à mi parcours, les flics de la première voiture se rendent compte qu’ils ont oublié les marqueurs sur le rebord de fenêtre de la permanence socialiste. Retour – très - rapide avenue Daumesnil : ce serait bête d’oublier les pièces à conviction...

Arrestation + 30 minutes : transfert au SSIT (Paris 19ème)

1h15, on est placés en garde-à-vue. Un flic présent dans le hall m’écrabouille la mâchoire parce que j’ai osé ne pas me taire quand il m’a demandé de la boucler. Mise en condition. On nous place bientôt en cellule : retrouvailles avec les clapiers qui puent la pisse. D’autres gars sont déjà là, accusés de cambriolage. Forcément, c’est aussi une des spécialités du SIT d’enquêter sur ce type d’affaires, en plus des violences urbaines, des phénomènes de bandes, du racolage et de certaines affaires sensibles incombant à la Direction de la Police Urbaine de Proximité (DPUP).

Bientôt, nous retrouvons l’OPJ sorti d’un vieux film anglais qui sévit toujours à cette adresse. Nous avons chacun une avocate qui nous assiste pendant l’audience. Nous n’avons rien à déclarer, l’OPJ s’ennuie. Mais il reste flegmatique, placide, pose ses questions de routine et imprime son PV qu’il nous demande de signer. Pas envie de signer, on retourne en cellule. Plus tard, on nous demande aimablement si nous souhaitons donner notre ADN. Que dalle, on refuse. Un nouveau chef d’inculpation apparaît dans notre procédure : « refus de se soumettre à un prélèvement biologique » (Article 706 du Code Pénal).

Arrestation + 11 heures : transfert au 27 boulevard Bourdon (Paris 4ème)

Alors qu’on est enroulés dans les couvertures dégueulasses de la taule Riquet pour résister au froid, quatre flics en civil viennent nous tirer de nos cellules pour nous emmener dans les autres locaux du SIT près de Bastille. Dans la voiture, la flique assise entre nous deux, Alison, écrit des sms à son collègue Olivier concernant des clés de bagnole, tandis que ses collègues nous demandent la raison de notre interpellation. Un autre nous précède en moto.

Toujours menottés, on nous sort de la voiture et on nous fait entrer par la petite porte arrière du commissariat située rue de l’Arsenal, puis on nous colle dans deux cellules juxtaposées du poste de police. Un flic d’accueil nous explique gentiment comment utiliser le robinet et le wc turc qu’il y a dans chaque cellule. En tout cas les cellules sont plus propres et moins glauques qu’à Riquet. Mais une taule reste une taule.

Quelques temps après, entretien avec nos avocates respectives et nouvelle audition, cette fois-ci avec Alison et en présence des avocats encore une fois. Elle nous demande d’expliquer notre version des faits, à savoir quand et comment nous nous sommes trouvés devant la permanence du PS et si oui et de quelle manière nous en avons gribouillé les murs. Autant dire qu’on n’a pas grand chose à déclarer. Elle nous interroge aussi sur nos raisons de refuser de tourner le coton-tige dans notre bouche. Elle nous sort l’argument classique du « si c’était ta fille qui s’était faite violer, tu serais contente qu’on retrouve le violeur avec son ADN ». Que dire ? Évoquer la question du totalitarisme, du contrôle total de la population au nom de la prévention du crime ? Je me tais, c’est mieux. Mais à la rigueur on s’en fout, c’est la suite qui est croustillante. Et j’y viens.

Dans l’après-midi, coup d’éclat. On nous notifie une supplétive de garde-à-vue : dix nouveaux chefs d’inculpation s’ajoutent à ceux d’outrage et de refus d’ADN. Quelqu’un quelque part a suggéré aux braves agents du SIT de nous interroger sur dix autres faits de dégradations commis à l’encontre de différents locaux du Parti Socialiste entre le 28 octobre et le 10 novembre ! Que de faits d’armes à notre actif !

Arrestation + 17 heures : prolongation de la GAV de 24 heures

L’enquête a pris soudainement une autre dimension. Mon camarade de galère est emmené à son domicile pour une perquisition. Et après 19 heures, alors qu’il a été ramené en cellule et que le procureur a décidé du prolongement de notre garde-à-vue, le SIT prend congé de nous pour une longue nuit de silence. Toutes les cellules sont occupées et la nuit apporte de nouveaux voisins, certains interpellés pour bagarre, d’autres pour état d’ivresse. Les loquets des autres cellules claquent, des gens passent et repassent dans le couloir, puis finalement le sommeil finit par venir.

Arrestation + 32 heures : seconde perquisition

Je suis réveillé vers 9 heures du matin par Nicolas, Grégoire, Jerome et Ken, quatre flics du SIT qui viennent m’emmener en perquisition à mon domicile. Pas de mandat, puisqu’on est dans le cadre d’une enquête de flagrance. « Flagrance », ça veut dire que la police fait ce qu’elle veut dans un délais de 7 jours suivant l’arrestation en flagrant délit. Ils ont trouvé ma vraie adresse (que je ne leur avais pas donné) et foncent à travers la capitale ensommeillée pour aller fouiller mon appart. En cours de route, je leur fait remarquer qu’il font le boulot d’une police politique et leur demande ce qui peut bien motiver une perquisition si ce n’est la recherche d’éléments sur mon appartenance politique, éléments qui intéresseraient bien la DCRI ou la SDIG, mais n’ont pas grand chose à faire dans une enquête sur des « dégradations légères ». Ils me répondent qu’ils sont à la recherche « d’éléments préparatoires » (en gros, d’indices permettant d’attester que les inscriptions auraient été préparées chez moi). Quand je leur demande quels types d’éléments peuvent être pris en considération, le silence me répond, éloquent. Mais au demeurant, l’équipe de flics qui m’accompagne est bien sympa. Trop à mon goût.

Ils sonnent, réveillent ma copine qui ne s’y attendait pas trop (elle dormait). Ils font intrusion dans notre appart avec leurs grosses godasses et commencent à fouiller le salon après m’avoir permis de faire un brin de toilette. Tout les intéresse. Ils ouvrent toutes les boites, portes, tiroirs, s’étonnant du rangement. L’un d’eux s’arrête sur le bouquin « La force de l’ordre » de Didier Fassin, tandis qu’un autre prend des photos d’affiches politiques sur mes murs. Autant dire qu’ils sont satisfaits de trouver sur la table des tracts et affiches en rapport avec la ZAD : sans doute les éléments préparatoires qu’ils cherchaient. Ils en profitent pour prendre des documents personnels permettant de retracer mon parcours politique et l’ensemble de mon matériel informatique (trois pc contenant 4 disques durs, plus 2 disques durs externes, plusieurs clés USB, un camescope...). Puis, alors que je crois la perquisition terminée, ils partent fouiller le véhicule d’une copine dont j’avais emprunté la clé et qui avait été localisée par l’un de leur collègue la veille (si ça ce n’est pas de l’espionnage digne d’une police politique !). Dans le coffre, ils trouvent deux bombes de peinture blanche et jaune et un flacon de peinture rouge : d’autres « éléments préparatoires ». Ils prennent la voiture en photo et on s’en retourne boulevard Bourdon. Autant dire que la gardienne de l’immeuble n’était pas du tout étonnée de me voir passer menotté et entouré de quatre flics.

Arrestation + 38 heures : avec les flics informaticiens de la BEFTI

Après la pause de midi et alors qu’on s’assoupit dans les cellules, on me fait monter au troisième étage du commissariat, où deux flics de la Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologie de l’Information (BEFTI) sont venus en renfort du SIT. Là, tout le matériel informatique saisi dans nos appartement est passé au crible à l’aide du logiciel EnCase Forensic for Law Enforcement et d’appareils de blocage en écriture. Tous les fichiers, y compris préalablement supprimés, sont extraits et analysés à partir de mots clés en rapport avec les faits de dégradation : « parti socialiste », « zad  »... Toutes nos photographies et documents personnels passent sous les yeux des techniciens-flics, qui démontent et analysent nos ordinateurs pendant plusieurs heures. Ce qui les intéresse est gravé sur un CD rom et ajouté aux scellés.

Arrestation + 40 heures : ultime audition

La dernière audition porte sur les faits commis à l’encontre des différents locaux du PS au cours du dernier mois. On nous demande de commenter. On n’a évidemment rien à dire, puisqu’on n’y était pas. Et puis Jérôme, le flic qui m’interroge et fait preuve d’une évidente sympathie pour nous (mais sert quand même le pouvoir), tente d’en savoir plus sur mes idées politiques, feignant la discussion informelle « hors audition ». Il tente quelques incises, parlant d’acratie (absence de pouvoir), d’anomie (absence de règles), d’anarchisme de droite, citant Kropotkine et un poète anarchiste, attendant de moi que je donne mon avis. Mais hélas pour lui, le contexte n’invite pas à la discussion. Je n’ai rien à déclarer. Derrière le gars sympa (et semblant sincère) se cache un flic, ne jamais l’oublier.

Arrestation + 44 heures : fin de la GAV et transfert au dépôt du Palais de Justice

Vers 20 heures on nous notifie la fin de notre garde-à-vue et notre transfert dans les quatre heures vers le dépôt du Palais de Justice de la Cité. On nous dit que notre matériel informatique nous sera rendu dans les trois jours, excepté les peintures, quelques documents et nos portables, qui restent sous scellé (un service spécialisé sera chargé de déterminer où étaient nos portables les soirs des 28 et 31 octobre, 1er, 4, 7 et 10 novembre).

Alors que nous dormons, vers 1 heure du matin une équipe de flics de la police de proximité vient nous chercher pour nous amener à Cité. Dans le fourgon, l’une des flique fait par à sa collègue de sa déception d’être avec nous au lieu d’intervenir sur une bagarre, exprimant son envie de « cogner sur quelqu’un  » : la finesse des équipes de nuit...

Peu après, nous sommes placés en cellule dans le dépôt du Palais de Justice, une grosse prison avec plus d’une soixantaine de cellules alignées sur deux étages, avec des coursives comme à Fresnes. Tout est clean depuis que le dépôt a été rénové en 2010 et après que le Conseil de l’Ordre des avocats avait dénoncé son insalubrité en 2009. Mais l’endroit reste affreusement glauque.

Arrestation + 57 heures : transfert vers la cage des déférés

Après avoir été réveillé dans la nuit pour une nouvelle tentative de prélèvement biologique, nous sommes réveillé vers 9 heures du matin pour être emmenés un par un avec un quinzaine d’autres personnes à travers la « souricière » (couloirs souterrains ressemblant à la ligne Maginot) jusqu’au Palais de Justice, menottés et accompagnés chacun d’un gendarme. Placés ensuite dans une cage collective sous la bonne garde d’un groupe de gendarmes, nous attendons un entretien avec l’assistance sociale censée établir nos garanties de représentation (si nous sommes socialement intégrés), puis avec notre avocat et enfin avec le procureur qui doit décider de notre sort.

Arrestation + 62 heures : passage devant le procureur et remise en liberté

Peu avant quinze heures, on passe devant ledit procureur après avoir poireauté près de cinq heures dans la cage des déférés (autant dire qu’on a eu le temps de faire connaissance avec tous nos compagnons d’infortune : escrocs, bagarreur/euses, utilisateur/trices de faux papiers). L’entrevue avec le procureur dure cinq minutes, juste le temps de se voir remettre une convocation en justice pour le 16 janvier 2013 à 9h00 devant la 24ème chambre du TGI et une fiche de sortie du dépôt.

Retour au dépôt, remise de nos fouilles. On peut enfin sortir, après 62 heures enfermés pour des dégradations légères !! Précisons qu’entre temps l’inculpation pour outrage a disparu des chefs d’inculpation et que le tribunal ne semble pas retenir (pour l’instant) les faits commis sur les autres permanence PS au cours du mois passé. Heureux de savoir que l’ensemble de mes données personnelles sont passées entre les mains des flics...pour rien !

Que cherchaient vraiment les flics du SIT ? En quoi l’accumulation d’éléments relatifs à nos appartenances politiques et une perquisition à notre domicile permettent-elles de déterminer notre participation à des dégradations ?

Ça suinte le procès de mauvaises intentions...

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 12:41

 

Dès 9h du matin, des milliers de manifestant-e-s ont convergé vers le bourg de Notre-Dame-des-Landes. Vers 11h, c’est un cortège immense qui s’est élancé en direction de la zone à défendre dans un chouette bazar. Immense, mais aussi plein de gens d’horizons divers : venus de la région ou de l’autre bout de la France ou de l’Europe ; jeunes ou plus âgé-e-s ; familles ou groupes en luttes ; comités locaux ou individu-e-s… Un cortège aux ambiances variées aussi entre battukadas, chorales improvisées ou non, ballade tranquille et bandes de clowns, parsemé d’un drapeau aux couleurs de la lutte : un cercle rouge entourant un avion barré. Une joyeuse bande accompagnée de tracteurs et de camions chargés d’éléments de charpentes, de divers matériaux de constructions, de chapiteaux, de marabouts. Selon nos comptages, on dénombrait environ 40’000 manifestant-e-s accompagné-e-s de plus de 400 tracteurs. Cette grande manifestation populaire a encore une fois démontré l’échec de la campagne des autorités pour diviser l’opposition à l’aéroport et à son monde.

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La tête de la manif

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Le convoi de matériel quitte le bourg

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Le convoi de tracteurs

Vers 13h, le début du cortège est arrivé sur le site de réoccupation alors que la fin de la manif n’était pas encore partie du bourg ! Pendant qu’un campement d’accueil se montait dans un champ, le défrichage a commencé sur le terrain choisi pour accueillir le nouveau lieu d’organisation : un bois de châtaigners parsemé de clairières en cours d’expropriation. On était plein à faire la chaîne pour acheminer les matériaux de construction déchargés des tracteurs au bout du chemin boueux. Les charpentes des structures de base a été montées très rapidement. Pendant ce temps, dans le champ, de nombreux groupes en luttes témoignaient des luttes qu’illes mènent ici et ailleurs contre l’aménagement du territoire et le monde qui va avec.

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La chaîne qui décharge les constructions

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Des planches qui voyagent

À la fin de la journée, les murs de la cabane de discussion et la cuisine collective sont érigés. On construit aussi sanitaires, dortoirs, atelier et mobilier, et autres petites structures. De nombreuses autres cabanes amenées lors de la journée seront montées dans les jours qui viennent.

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Le chantier de construction

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La cabane de discussion en fin de journée

On était des dizaines de milliers pour occuper ce nouveau lieu d’organisation de la lutte contre l’aéroport et son monde. Ça fait une belle force collective pour intensifier la lutte d’ici dans la perspectives des travaux qui s’annoncent. Cette force collective, on souhaite aussi qu’elle donne de l’énergie à tou-te-s celleux qui sont venu-e-s de plus loin pour lutter contre les projets et autres merdes qu’illes se prennent sur la geule.

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Une pancarte de la manif

Par ici la lute continue dans le temps qui viennent : ce week-end et la semaine prochaine pour continuer la reconstruction sur le terrain occupé aujourd’hui, dans la forêt de Rohanne et ailleurs ; le week-end prochain pour la manifestation mensuelle contre l’aéroport et son monde à Nantes samedi 24 ; et dans les mois qui viennent pour empêcher la destruction de la forêt de Rohanne et les premiers traveaux du barreau routier prévus dans les mois qui viennent – des rendez-vous qui seront relayés sur le site web zad.nadir.org.

Alors qu’ils pensaient vider la zone, le mouvement contre l’aéroport et son monde prend de l’ampleur. Une lutte collective qui ne fait que commencer.

Les occupant–e-s de la ZAD, 17 novembre 2012


Prise de parole à l’arrivée de la manif de réoccup : « Ici comme ailleurs, défendons nos rêves et cultivons nos révoltes pour qu’elles deviennent leur cauchemar ! »

Ami-e-s d’ici, ami-e-s d’ailleurs,

Nous, expulsé-e-s ou expulsables, habitant-e-s qui résistent au projet d’aéroport et à son monde, nous tenons à vous remercier.

Merci d’être venu-e-s, de Vigneux ou de Turin, de Rennes ou de Bruxelles, pour participer à cette lutte, pour reconstruire aujourd’hui ensemble les bases matérielles nécessaires à la poursuite de la résistance sur le terrain.

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Merci de vous être réappropriés ce combat, en organisant des rassemblements, des collages, des moments de rencontres sur les marchés de vos villes et de vos villages, en créant des comités locaux…

Vous avez su exprimer notre colère contre les aménageurs par un foisonnement de gestes solidaires : du péage gratuit au défilé de tracteur, du sabotage au concert de soutien, de la prise d’antenne sauvage aux messages qui nous parviennent depuis plusieurs semaines maintenant !

Vous avez participé à cet immense élan de solidarité, solidarité mot qui aujourd’hui prend tout son sens et qui s’est répandu comme une traînée de poudre bien au-de-là du bocage.

C’est vous, anonymes, animés par d’inébranlables convictions qui faites la lutte. Vous qui ne cherchez ni la gloire superflue sous le crépitement des flashs et des caméras, ni les privilèges et le confort d’un siège de député ou de ministre. Vous qui êtes là parmi nous, humblement, et qui avez décidé d’agir plutôt que de subir. La parole des politiques ne doit pas étouffer celle des habitants pour s’y substituer. Cette lutte c’est la nôtre, c’est la vôtre, parce que c’est avec vous que nous obtiendrons l’arrêt immédiat du projet et que nos pourrons faire plier les décideurs, ici comme ailleurs.

Nous avons toujours dit, « un territoire se défend avec celles et ceux qui l’habitent ». Et ces dernières semaines ont prouvé que les habitant-e-s de la zone se défendent ! Une armada policière débarque et le balais infernal des machines emporte dans sa danse macabre, maisons et cabanes, vieux chênes et salamandres… La tristesse et la colère nous gagnent face à Vinci et à l’État socialiste écologiste qui défigurent sous nos yeux ce paysage si familier. Ils ravagent la nature et cherchent à effacer nos souvenirs. Qu’ils nous jettent à la rue à coups de matraque ou nous poussent au déménagement par les pressions, c’est toujours la même violence et le même arbitraire qui nous écrasent. Il est légitime que l’on retourne cette violence contre ceux qui nous l’infligent.

Face à l’État, tous nos gestes de résistances peuvent paraître dérisoires, mais ils sont ô combien justes et nécessaires. Rassemblements, manifs, défense des lieux vie, ouverture collective de maisons, occupation forestière, ravitaillement, blocage de routes, reconstruction, assemblées… Nous avons voulu montrer que nous ne sommes pas de simples meubles qu’on déménage, que nous pouvons nous organiser, résister, dire non !

Ces semaines ne sont qu’un début ! La lutte ne fait que commencer : défense du Rosier, réoccupation de la forêt de Rohanne pour s’opposer à son abattage, blocage des travaux du barreau routier, procès et expulsion à venir des habitant-e-s en bail précaire et des paysans. Il y encore tant à faire. Hollande, Ayrault et les cadres de Vinci doivent comprendre qu’il n’y aura pas de retour à la normale jusqu’à l’arrêt immédiat du projet d’aéroport. Qu’ils prennent garde, car plus la lutte se renforce sur le terrain et plus elle se répand !

Notre rêve, c’est que tous les ami-e-s d’ici et d’ailleurs ramènent chez eux un peu de la détermination qui est née dans ce bocage. Que cette lutte nourrie par celle du Val di Susa comme par celles de Plogoff et du Larzac, renforce en retour d’autres combats.

Nos révoltes ne se limitent pas à Notre-Dame-des-Landes et à son aéroport. Pendant que les caméras et l’attention se focalisent ici, ils continuent d’expulser et de bétonner ailleurs, tous les jours, en silence… L’État oppresse, enferme, réprime partout, tout le temps. Il est confortable de fermer les yeux, facile de se résigner, mais indispensable de se révolter. Partout, pour contrer tous les Césars qui veulent aménager nos vies et nos territoires, continuons de construire des foyers de résistance irréductible.

Ici comme ailleurs, défendons nos rêves et cultivons nos révoltes pour qu’elles deviennent leur cauchemar  !

Les occupant-e-s de la ZAD, 18 novembre 2012


Notre-Dame-des-Landes : Ayrault, prends ZAD dans ta gueule !

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« Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » zadiste

« Pour nous, c’est 2000 hectares de liberté et de création, de légumes et de plantes, de fromages et de pain, d’animaux et d’humains, de musique et d’art.
Pour eux c’est un aéroport de plus…
De quoi avez-vous le plus besoin ? » zadiste

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40’000 personnes en soutien à la lutte sur la ZAD

Alors que nous subissons, depuis maintenant un mois, les destructions de nos lieux de vies par les forces armées ripoux-blicaines saucialistes, la résistance au projet mégalo d’Ayrautporc continue de monter en puissance sur la ZAD.

Samedi, quelques 40’000 personnes ont défilé toute la journée de Notre-Dame-des-Landes au Rosier dans une atmosphère festive et conviviale pour signifier au gouvernement leur totale solidarité avec la lutte et leur refus de voir un nouvel aéroport rayer de la carte 2000 hectares de nature uniquement pour satisfaire l’appétit vorace des rapaces de la finance. Un cortège très compact de plus de 5 kilomètres a traversé la Zone à Défendre tout au long de la journée.

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Les partis politiques faiblement présents (EELV, Parti de Gauche, etc.) sont presque passés inaperçus dans la foule immense. Leurs étendards se sont vus, dans le cortège, repeints de boue par des clowns activistes zadistes soucieux-ses de rejeter avec force toute tentative de récupération politique.

La préfecture de Police atteinte du syndrome récurant de Pinocchio annonçait le chiffre fantaisiste de 13’500 personnes présentes à cette manifestation dans l’après-midi… Pourtant aucun flic en uniforme n’a été signalé tout au long de la journée sur la ZAD (hormis la présence de plusieurs flics en civils).

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De nouvelles cabanes et maisons poussent un peu partout. La reconstruction a commencé.

Grâce à la solidarité qui s’articule partout sur la ZAD depuis plusieurs semaines, de nombreux chantiers collectifs ont commencé et déjà de nouvelles maisons s’apprêtent à accueillir tous les zadistes et sympatisant-e-s qui se sont retrouvé-e-s sans toit après les premières opérations de saccage initiées le 16 octobre 2012 par les forces terroristes de l’État français.

Dès la nuit tombée, les tracteurs de la Confédération Paysanne sont venus en nombre (400 tracteurs) acheminer le matériel nécessaire à la reconstruction sur les chantiers (portes, fenêtres, planches, etc.), alors que la manif. n’était pas encore terminée.

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Le toit du Rosier

Le Rosier en danger de destruction imminente

Le Rosier est, depuis le 16 novembre 16 heures, sous la menace des vandales de l’État saucialiste. Mais désormais le rapport de force a bien changé. Certes, le pouvoir dispose d’une armée de robocops lobotomisés du bulbe surarmés, de moyens financiers illimités (tant que les contribuables acceptent de casquer) et des machines de destruction de la DDE (grues, pelleteuses, manitous, camions de gravas).

En face, la résistance, sans arme, dispose d’un fort appuis populaire et d’une aide logistique qui ne cesse de grandir sans compter la présence sur place de nouveaux-elles résistant-e-s qui nous ont rejoint-e-s dans la lutte au cours de la manif de réoccupation et au fil de ses dernières semaines.

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Tous les chemins et routes qui mènent au Rosier sont bloqués par plusieurs barricades et de nombreux-ses activistes sont posté-e-s sur tous les coins stratégiques autour de la maison.

Désobéissance civile

Cette mobilisation exceptionnelle, et la solidarité qui en découle, montre que la lutte légitime que mènent (depuis des années pour certains) les habitant-e-s et occupant-e-s de la ZAD reçoit un écho favorable dans les classes populaires.

La désobéissance civile bat son plein et les actions contre Vinci et le PS se multiplient. Ce qui est injuste ne peut être accepté sous le prétexte fallacieux qu’il s’articule autour de lois iniques votées pour défendre les intérêts d’une oligarchie qui méprise ses populations.

Des solidarités autour de la lutte se sont crées dans toute la France et encore au-delà. Des collectifs s’organisent et planifient des actions partout où Vinci et son chien de garde Saucialiste sont présents. Les actes de résistance et de sabotage décentralisées se multiplient partout afin de faire courber l’échine du gouvernement et de son donneur d’ordre Vinci qu’il protège à grand coup de deniers publics.

Nous luttons ensemble, unis contre la destruction planifiée, par Vinci et l’État saucialiste, d’une terre que nous aimons et que nous protégeons et continuerons à protéger jusqu’à l’abandon du projet d’aéroport et de tout projet destructeur pour l’environnement sur la ZAD.

De plus, une fois le projet abandonné, les habitant-e-s de la ZAD resteront sur place. Des expériences, des échanges de compétences nous ont permis d’apprendre les uns des autres. Depuis le Rosier en 2007, c’est tout un village autogéré qui s’est créé sur la ZAD. L’autogestion étant le but à atteindre.

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Les destructions massives de nos lieux de vies et des jardins collectifs qui les entourent n’ont fait que renforcer notre détermination à faire capoter ce projet destructeur. Le gouvernement a certainement imaginé qu’en pratiquant la politique de la terre brûlée, qu’en détruisant tout sur son passage il parviendrait à briser la lutte et son monde.

La très forte mobilisation de ce week-end montre bien que le gouvernement continue de s’enfoncer avec son opération César à la con. Il a tout essayé, nous a traité de terroristes, d’ultra-violents… Il n’a réussi qu’à révéler les propres limites de son pouvoir, limites qui le conduiront tôt ou tard à sa perte.

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Une lutte globale contre le capitalisme

Dans le monde entier se multiplient des résistances au capitalisme et à sa soif de profit.

Dans toute l’Europe les populations se battent contre les politiques d’austérité dictées par Bruxelles, la BCE et le FMI. Tous les gouvernements portés au pouvoir par les urnes, qu’ils soient conservateurs ou sociaux-démocrates, continuent de servir la soupe aux marchés financiers et aux intérêts privés, trahissant de fait les intérêts de leurs populations.

Au Japon c’est un peuple tout entier, toujours lourdement frappé par les rejets radioactifs engendrés par la catastrophe de Fukushima, qui se dresse sur le chemin des nucléocrates assassins (Areva, Vinci, EDF, TEPCO, etc).

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Sur le continent américain les résistances se multiplient face aux exploitations de pétrole lourd, sables bitumineux, gaz de schistes et autres. La construction des pipelines XXL, qui passeront bientôt du nord du Canada au golf du Mexique, rencontre une opposition acharnée des populations indigènes et des activistes environnementaux. Du projet « Grand-Nord » au Canada aux mines d’uranium au Nouveau-Mexique (dont Areva est le principal bénéficiaire), la résistance est partout.

Au Brésil, les populations locales se battent contre les grands barrages hydroélectriques sur le fleuve Xingu, contre les mines à ciel ouvert et contre la déforestation de la forêt amazonienne.

Au Mexique les communautés indigènes d’Atenco ont définitivement fait capoter un projet d’aéroport semblable au nôtre ! Cela grâce à leur détermination inébranlable conservée malgré une longue et rude lutte et des nombreuses brutalités policières qui en ont découlé.

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Notre-Dame-des-Landes fait partie de cette lutte globale qui s’intensifie partout pour combattre pied-à-pied un système politique ultra-libéral mondial destructeur.

La nature n’est pas à vendre !
L’humain n’est pas une marchandise !
La terre appartient à toutes et tous. C’est notre bien commun…
Vinci dégage ! Résistance et sabotage !

Des habitant-e-s en résistance – le dimanche 18 novembre

Dernière info :
Dimanche soir, déjà 40 camions de « Play-Mobiles » sont annoncés sur la zone certainement pour détruire le Rosier. Nous les attendons de pied ferme. La répression policière à Notre-Dame-des-Landes va, sans l’ombre d’un doute, s’accentuer mais nous ne lâcherons RIEN !!!

Toutes les infos et bien plus encore sont disponibles sur le site de la ZAD Zone À Défendre – Tritons crété-e-s contre béton armé.

Bob 92 Zinn, 19 novembre 2012

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