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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 09:56

Communiqué de presse  des occupant-e-s de la ZAD
À propos de l’agression d’un vigile par un groupe de 20 personnes près de la ZAD

Nous apprenons aujourd’hui par la presse qu’un vigile aurait été agressé dans la nuit du 12 au 13 novembre par un groupe d’une vingtaine de personnes, devant le lieu-dit la Pointe. Parce que ce lieu était récemment encore occupé et qu’il a été muré depuis le début de la vague d’expulsions le mardi 16 octobre, la Préfecture s’est empressée de dénoncer une action des opposants. Elle en a profité pour ressortir son sempirternel discours de dissociation entre opposants historiques et nouveaux venus présumés violents.

Nous voulons rappeler que sur le terrain cette dissociation n’existe pas et que c’est toutes et tous ensemble que nous luttons contre ce projet d’aéroport. Nous voulons également rappeler que jusqu’ici toutes les actions de solidarité effectuées en lien avec la lutte de la ZAD ont été revendiquées. Ça n’a pas été le cas pour l’action de cette nuit. Pour nous il est donc impossible de nous prononcer dessus en l’état.

L’hypothèse d’une manipulation est pour nous envisageable, cette action tombant parfaitement pour détourner l’attention de ce qui reste l’essentiel : la préparation de la manifestation de ré-occupation du 17 novembre, et d’une manière générale l’amplification de la lutte contre le projet d’aéroport.

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 13 novembre 2012


Notre-Dame des Landes : un vigile blessé dans la nuit

INFO LE FIGARO – La victime, prise à partie par une vingtaine d’inconnus dans la nuit de lundi à mardi, a été grièvement brûlée aux mains et aux bras. Sa voiture a été incendiée.

Un vigile a été grièvement blessé dans la nuit de lundi à mardi alors que ce dernier surveillait un ancien squat évacué par décision de la justice sur la commune de Fay de Bretagne (Loire-Atlantique), sur une zone de délaissement où située à proximité de l’endroit où devrait s’installer le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Vers 3h30, l’agent de gardiennage a été pris pour cible par une vingtaine d’inconnus cagoulés et armés de gourdins alors qu’il était posté, au volant de sa voiture, devant une maison récemment évacuée. Les agresseurs ont aspergé son véhicule de produit inflammable. « Ils ont discuté pour savoir s’ils le laissaient dedans avant de finalement le sortir et le rouer de coups », a précisé Michaël Doré, sous-préfet de la région Pays de la Loire. Le vigile est parvenu à s’enfuir, pieds nus, tandis que les inconnus ont incendié son véhicule.

La victime a été blessée aux mains et aux avant-bras et a été admise aux urgences du centre hospitalier de Nantes où elle s’est vue délivrer 5 jours d’ITT.

Les agresseurs ont pris la fuite avant l’arrivée du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig). L’enquête a été confiée à la Compagnie de Chateaubriand.

750 hectares à bitumer

Le projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes est au cœur de vives polémiques et de violentes manifestations.

Environ 500 personnes selon la police, 3.000 à 3.500 selon les organisateurs, se sont encore rassemblées samedi dernier à Rennes contre ce projet porté par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, réclamant le maintien des terres agricoles et dénonçant le bétonnage et un « projet obsolète ».

Le projet va couvrir « 1.650 hectares, avec une surface à bitumer de 750 hectares dans un premier temps », a assuré un organisateur. Situé à 30 km au nord de Nantes, le projet a été confié au groupe Vinci, qui chiffre son coût à 560 millions d’euros.

Gendarmes blessés en novembre

« En lançant les opérations d’expulsion des occupants de la zone, de destruction de leurs habitats et de leurs biens, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et actuel premier ministre, a choisi de mettre la force publique au service d’intérêts privés », avait fait valoir samedi Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, dans un communiqué.

Dès le 7 novembre dernier, six gendarmes ont été blessés sur le site dans des heurts avec des opposants au projet, selon un bilan de la préfecture de Loire-Atlantique. Les forces de l’ordre, qui intervenaient pour libérer une route des barricades qui y avaient été érigées, ont été attaquées par une « quarantaine d’assaillants particulièrement résolus ». Ils utilisaient « des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques ».

Publié par le barbouze de service (Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 13 novembre 2012 à 10h48, mis à jour à 16h07)


Christophe Cornevin : « fabricant d’épouvantails » (c’est Schneidermann qu’il le dit et c’est Libé qui publie, c’est dire si c’est vrai… lol !!),  lanceur d’alerte à Malibulldozer…

Marrant, le gus a pondu un bouquin sur les indics. La vidéo de présentation par notre « grand reporter au Figaro » ici :

Christophe Cornevin, auteur de « Les Indics ».

Troublant, il semble être spécialisé sur la nébuleuse-mouvance-anarcho-autonome-d’ultra-gauche-gnagnagna :

Christophe Cornevin, fidèle lèche-cul de la droite régimaire ;

Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi.

Comme quoi, il sait de quoi il parle…

Mais le clampin a plus d’une corde à son arc et il est finalement spécialisé en tout. Et ce « tout » comprend :

• la violence « ethnique » des « gangs africains » ;

• l’islamisme rampant qui va jusqu’à menacer les taules françaises.

Bref, c’est une ceinture noire du journalisme d’investigation sérieux.

Infozone, 14 novembre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 14:00

Communiqué de presse – 9 novembre 2012 > > Le 17 novembre , toutes et tous radicalement opposé-e-s à l'aéroport ! > > La radicalité de l'opposition c'est l'affirmation déterminée qu'il n'y > aura jamais d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le mouvement anti-aéroport > est au plus fort et prend de l'ampleur. Colère et solidarité s'expriment > ici comme ailleurs. Tous les rassemblements et actions menés depuis quatre > semaines contre Vinci et le PS sont, entre autres, partie prenante de la > lutte. > > Prises de court, préfecture et autorités locales tentent de diviser > « bon-ne-s » et « mauvais-e-s » opposant-e-s. Elles criminalisent une > partie de l'opposition, pour faire peur et dissuader d'autres personnes de > rejoindre le mouvement. Dans les faits, la réalité est bien différente : > ces manipulations grossières n'ont pas de prise et les soutiens se > multiplient. > > Le 17 novembre à 11h, c'est de Notre-Dame-des-Landes que le cortège > prendra son départ pour une manifestation de réoccupation unitaire et > populaire, réunissant des opposant-e-s d'horizons divers mais solidaires. > « On ne lâchera rien, on ne se laissera pas diviser ! » > > Le collectif de préparation du 17 novembre

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 16:42

DUBAMIX "Notre Dub Des Landes" Téléchargement gratuit :http://dubamix.net/ Musique composée en novembre 2012 pour soutenir les opposa...
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 12:04

Notre-Dame-des-Landes : six gendarmes blessés, trois arrestations

Trois opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique) ont été interpellés lors d’affrontements avec les forces de l’ordre mercredi matin, a-t-on appris auprès de la préfecture et de la gendarmerie. Six gendarmes ont été légèrement blessés lors de ces échauffourées.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/042.jpg

Les forces de l’ordre sont intervenues pour détruire des barrages établis depuis lundi sur la RD281, route secondaire qui traverse la zone d’aménagement du futur aéroport. “Cette intervention a été rapidement perturbée par un groupe d’une quarantaine d’assaillants particulièrement résolus, utilisant des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques”, a précisé la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué.

Des heurts ont régulièrement lieu depuis la mi-octobre entre les militants écologistes et les gendarmes mobiles qui interviennent pour les déloger des maisons désaffectées et des cabanes parfois construites dans des arbres et situées sur le terrain prévu pour accueillir le nouvel aéroport. Ces opérations policières doivent ouvrir la voie au lancement des travaux préparatoires prévus au début de l’année 2013.

Opposé à ce projet, Europe écologie-Les Verts (EELV) appelle à une grande manifestation de “réoccupation” le 17 novembre au matin sur le site. Implanté à 30 kilomètres au nord de Nantes, le nouvel aéroport, critiqué en raison de son inutilité et de son coût financier et écologique, doit voir le jour en 2017.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sipa, 7 novembre 2012)


Les locaux du PS touchés par une vague de vandalisme anti-”Ayraulport”

Une vingtaine de fédérations, section ou permanences d’élus socialistes ont été vandalisés ces trois dernières semaines par des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Cette vague de dégradations touche principalement les régions du grand Ouest et Paris.

La fédération du Maine-et-Loire, à Angers, a été la première touchée dans la nuit du 16 au 17 octobre. La façade a été la cible de jets d’oeufs et de peinture et l’inscription “Vinci-PS même combat, solidarité ZAD” a été taguée au sol, en référence à la zone d’aménagement différée où doit être construit l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, rebaptisée “zone à défendre” par ses détracteurs.

D’autres fédérations ont été prises pour cibles : Rennes (Ille-et-Vilaine) le 19 octobre et dans la nuit du 26 au 27, Dijon (Côte-d’Or) dans la nuit du 19 au 20, Limoges (Haute-Vienne) dans la nuit du 21 au 22, Besançon (Doubs) dans la nuit du 30 au 31, Tulle(Corrèze) dans la nuit du 2 au 3 novembre, Bordeaux (Gironde) et La Rochelle (Charente-Maritime) dans la nuit du 5 au 6.

Plusieurs sections ont également été vandalisées : Arles (Bouches-du-Rhône) dans la nuit du 24 au 25, Brest dans la nuit du 29 au 30 et Douarnenez (Finistère) dans la nuit du 5 au 6 novembre.

À Paris, la permanence de la députée Fanélie Carrey-Conte dans le XXe arrondissement a été frappée dans la nuit du 21 au 22 octobre, puis la fédération départementale dans la nuit du 30 au 31 et les sections des Ve et VIe dans la nuit du 2 au 3 novembre. Trois nouvelles dégradations ont été commises mercredi matin vers 10h30 contre la section du IIIe, la permanence du député Patrick Bloche dans le XIe et la fédération départementale, située dans le même arrondissement.

“Tremblez !”

D’après les témoignages recueillis par Sipa auprès des fédérations PS touchées, les auteurs de ces actes de vandalisme ont à chaque fois revendiqué leur opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. “La ZAD est partout. Tremblez !”, pouvait-on lire sur les murs de la fédération de Charente-Maritime, tandis que la section d’Arles était ornée d’un inébranlable “ZAD vaincra. Mon peuple survivra. On fait voler le PS en éclat”.

Le nom du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes de 1989 à 2012, apparaît souvent dans des inscriptions dénonçant “l’Ayraulport” de Notre-Dame-des-Landes, comme à Dijon, Tulle ou Douarnenez, quand il n’est pas directement traité de “vendu” comme à Bordeaux.

Ces graffitis s’accompagnent régulièrement de bris de vitrines et de jets de peinture. Le PS a systématiquement déposé plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

“Vandalisme politique”

“Trop c’est trop ! Ce sont des actes inadmissibles qui s’attaquent au fondement même de la démocratie. Le PS n’acceptera pas que certains puissent s’abriter derrière des pseudo-causes pour perpétrer des actes de vandalisme politique”, a déclaré à Sipa le porte-parole du PS, David Assouline. “Il doit y avoir une réaction énergique pour ne pas que cela se poursuive”, a-t-il ajouté.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui s’étend aussi sur trois communes voisines, est le théâtre d’affrontements fréquents entre les opposants au projet d’aéroport qui occupent le terrain et les forces de l’ordre chargées de les en déloger.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Sipa, 7 novembre 2012)


Une nouvelle section PS vandalisée à Paris

FAITS DIVERS – La section PS du 3e arrondissement de Paris a été vandalisée cette nuit. Ce serait la cinquième permanence du Parti socialiste visée en deux semaines.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/05.jpeg

Les membres de la section PS du 3e ont eu une bien étrange surprise en ouvrant les portes de leur local ce matin. Des inscriptions telles que “des légumes pas du bitume” avaient été marquées en couleur sur le trottoir, au 40 rue Charlot.

“C’est inquiétant”

Cet acte de vandalisme serait en rapport avec le projet d’aéroport de Notre-Dame-les-Landes près de Nantes. “Nous avons déjà eu des problèmes par le passé des dégradations. Mais c’est la première fois que les tags sont reliés à ce projet”, se désole Flore Bolter de la section PS.

Sur le sol, devant le local, on peut lire en rose “non à l’Ayrauport” et “PS gare à tes fesses” ou encore “des légumes pas du bitume” en vert. Des phrases loin d’être effrayantes mais qui agacent tout de même la section. “C’est quand même inquiétant. En terme de démocratie, s’attaquer à une section ce n’est pas un bon symbole”, considère Flore Bolter.

“Ce sont de véritables agressions”

Le maire de Paris a immédiatement réagi à la nouvelle. “J’apprends avec consternation les actes de vandalisme commis contre les locaux du Parti socialiste dans le 3e arrondissement de Paris (…). Ces actes sont de véritables agressions contre des lieux où se vit au quotidien la démocratie à Paris”, a écrit Bertand Delanoë qui a assuré sa “solidarité” aux élus et militants.

Du côté des Verts, Barbara Pompili, la coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale et dont le parti est opposé au projet d’aéroport, a indiqué que ces actes sont le fait d’”activistes d’extrême gauche qui sont dans la lutte pour la lutte”. Pendant l’émission “Questions d’Info” organisée par LCP/France Info/AFP/Le Monde, elle a ajouté qu’ils “sont minoritaires” dans le combat anti-aéroport auquel prennent part agriculteurs locaux et écologistes. “Dans cette lutte, il y a d’autres personnes “vraiment pas extrémistes, qui sont jetées dehors, notamment les agriculteurs, mais aussi tous les expropriés”, a indiqué l’élue.

Ce serait la cinquième section PS en deux semaines à être visée, selon Le Parisien. Les locaux des 20e et 11e arrondissements ont aussi été touchés les 22 et le 31 octobre et ceux 5e et 6e arrondissements ce samedi.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 7 novembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:56

JF est un prof de philo bien connu des services de police pour ses engagements politiques. Le 10 mai dernier, il a eu l’outrecuidance d’illustrer le propos de l’un de ses cours sur la question de l’État en faisant visionner à ses élèves un document vidéo sur l’expulsion brutale par la police, le 2 avril dernier, d’un campement de sans logis et mal logés mis en place depuis le 30 mars sur le parvis de Notre Dame à Poitiers.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/025.jpg

Juste après le bac il a été convoqué par son chef d’établissement qui l’a informé qu’il y aurait une plainte de parent(s) d’élève(s) auprès du rectorat. Il fut tout étonné d’apprendre que lors de la projection du document, il aurait fait des arrêts sur image et donné le nom des policiers qui expulsaient violemment le campement des sans-logis et mal-logés. Ses élèves auraient reconnu le père d’une élève et seraient allés « faire des remarques désobligeantes » à cette dernière.

Comme il fallait s’y attendre, l’enquête administrative a tourné court puisque deux élèves ont témoigné que, si le document avait bien été diffusé, c’était dans le cadre du cours et que l’enseignant n’avait ni fait des arrêts sur image ni donné les noms des policiers. D’ailleurs il n’aurait pas eu besoin de le faire puisque, le hasard faisant bien les choses, c’étaient ces deux élèves qui avaient reconnu le policier car ils étaient à l’époque, pour l’un le petit ami, et pour l’autre, l’ex-petit ami de sa fille. Il lui ont bien sûr dit qu’ils avaient vu son père sur la vidéo, ce qu’elle avait dû lui répéter.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La police visiblement insatisfaite de ce dénouement est en train de convoquer pour les auditionner, tous les élèves de cette classe (soit 32 !). Cerise sur le gâteau digne des meilleurs polars, comme la proviseur ne voulait pas fournir à la police la liste des élèves et l’adresse de leurs parents, elle a été saisie au Lycée lors d’une perquisition.

Les convocations qui se sont enchaînées n’ont fait apparaître aucun motif. Ce n’est que quand les élèves, enfin surtout leurs parents affolés, téléphonaient à l’Officier de Police Judiciaire qu’ils ont été informés que « des parents ont été choqués que soit projeté ce document à leurs enfants et ont porté plainte »… Certes mais pourquoi l’ont-ils fait ? Comment est qualifié le délit ? Personne ne le sait et rien de plus n’est précisé au début des auditions.

Ces dernières qui duraient près d’une heure et demie pour les premiers élèves convoqués, durent à la fin à peine 20 minutes. Ce qui témoigne peut-être de la lassitude des policiers. Les questions portent bien sûr sur le document incriminé. Y a-t-il eu des arrêts sur image ? Le prof a-t-il donné les noms des policiers ? Et sur le cours en question : quelle était sa teneur ? Comment ça s’est passé ? Mais elles vont bien au delà et peuvent figurer une nouvelle forme d’inspection pédagogique digne des républiques les plus bananières. Comment le prof se comporte-t-il en classe tout au long de l’année ? Quelle est sa pédagogie ? Quels sont ses engagements associatifs ? Une vraie enquête de moralité ! Le prof évalué par la police et noté par ses élèves, c’est dans l’air du temps ! Et puis quel Inspecteur Pédagogique Régional pourrait passer une cinquantaine d’heures (au bas mot) à évaluer un seul prof alors que la moyenne du temps entre deux inspections (qui ne durent que deux ou trois heures, rapport compris) est de 7 longues années.

Mais il y a plus. Pourquoi une telle débauche de moyens et un tel acharnement ? D’abord, il n’est pas anodin que ce soit un document vidéo sur l’expulsion du campement de sans-logis et mal-logés du 2 avril dernier qui soit à l’origine de l’affaire. Car si cette expulsion était légale, elle était loin d’être légitime. Comment arriver à justifier moralement de s’en prendre si violemment à des « gens en souffrance, au parcours de vie difficile », selon les propres mots du maire de Poitiers ? Comment arriver à continuer à avoir bonne conscience lorsqu’on a fait expulser, ou soi-même expulsé brutalement et violemment, des sans-logis et mal-logés qui avait des revendications, qui étaient elles, non seulement très légitimes mais aussi légales, puisqu’ils demandaient un logement décent pour tous, c’est à dire le respect de la loi ? Comment arriver à continuer de se regarder dans une glace quand on use de violence envers des gens qui résistent passivement, quand on leur arrache et confisque des biens de première nécessité et que l’on conduit six de ces personnes (cinq hommes et une femme) en garde à vue, dont cinq (les cinq hommes comme par hasard) ont été traînés au tribunal pour outrages et rébellion violente ? Et ce n’est pas tout. Peut-on garder sa bonne conscience quand deux de ces cinq personnes ont pris deux mois de prison ferme et qu’en tant que policier on se fait payer des dommages et intérêt (1200€ en tout ; 500€ pour le policier qui s’est offusqué de la diffusion de la vidéo en cours et qui a porté plainte contre JF…) et ce par des personnes notoirement fragiles et démunies ? Ne voudrait-on pas que personne ne le sache, surtout pas nos proches, et ne serions-nous pas honteux si un prof de philo diffuse cette forfaiture dans une classe dans laquelle certains élèves nous connaissent ? Ne serions-nous pas honteux au point de reporter la faute sur lui ?

Ne nous trompons pas de cible ce n’est pas de passer cette vidéo en classe qui est scandaleux mais bien d’avoir évacué de la sorte ce campement de sans-logis et mal-logés, d’avoir menti et de les avoir accusé injustement et pour finir d’avoir touché des dommages et intérêts indus.

Il y a une autre raison qui motive un tel acharnement. Le DAL86 écrivait en mai dernier, « la répression à Poitiers vient de passer un cap. Ce ne sont plus les personnes qui ont eu le toupet de relever la tête et qui se se sont engagées dans une lutte politique en particulier pour la défense de leurs droits, mais les militants de terrain qui les soutiennent, qui subissent dorénavant la répression. Ce ne sont pas des jeunes, des sans-logis et mal-logés, des pauvres qui sont ciblés mais des quinquagénaires, ayant un travail et connus pour leurs engagements associatifs et politiques au sein de la cité. »

Henri Queuille, président du conseil entre les deux guerres, n’avait-il pas raison de dire : « La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent. » ?

Les Flics (préfecture, police, justice et… mairie) veulent nous faire taire. Nous ne nous tairons pas ! On continue !

Flics hors de nos vies, hors de nos villes !

Rendez-vous vendredi prochain 9 novembre à partir de 9h devant le palais de justice pour exiger la relaxe des militants réprimés. Jean-Baptiste Eyraud, porte parole de la Fédération Droit au logement, Mgr Jacques Gaillot, différents comités DAL, ont déjà répondu présent.

DAL86, 7 novembre 2012

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:54

Cela fait maintenant plus de 3 Semaines que des Anarcho-Autonomes Ultras-Mon-Cul qui font pousser plein de vrais légumes sans pesticides et construisent des cabanes dans les arbres résistent aux agressions et ravages provoqués par un envahisseur capitaliste des plus béliqueux.

Ce matin [mercredi 7 novembre], vers 8 heures les talkies nous signalent la venue de 20 camions blindés de Play-Mobiles en provenance de Fay-de-Bretagne qui se dirigent rapidement vers les barrages nord.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/081.jpg

À peine arrivées, les forces du désordre se déploient rapidement et prononcent les trois sommations de rigueur en mode accéléré avant de foncer en mode gros bourrins sur le premier barrage qui est aussitôt repris.

Les tirs de lacrymos fusent accompagnés d’explosions de bombes assourdissantes.

Une quinzaine de camions bleu-marine, des véhicules de la DDE et une grue alignés le long de la D281 témoignent de la lourdeur du dispositif répressif mis en place par la Préfecture de Loire-Atlantique.

Le deuxième barrage tombe, les légions de César progressant à chaque charge d’une 50 de mètres. Petit à petit, ils arrivent au niveau du chemin du Sabot sous une épaisse fumée.

Le dispositif policier continue tout au long de l’assaut à se renforcer pour finalement former un mûr compact d’au moins 150 Play-Mobiles.

Les zadistes et sympathisant.e.s qui leurs font face sont moins nombreux et surtout beaucoup moins bien équipés. Tout le monde a en esprit la défense du Far-Ouezt jusqu’à là préservé des saccages perpétrés sur la ZAD depuis maintenant plus de 20 jours par les chiens de garde de Vinci et de sa filiale AGO.

Les tirs de Flash-balls sont limités par la présence continue de plusieurs journalistes qui peuvent témoigner à tout moment de violences policières. Les flics cherchent à nous blesser sans témoin et un de nos camarades est atteint par un tir tendu de flash-ball dans la jambe juste au dessus de la rotule.

Les dégénérés casqués n’hésitent pas à lancer de nombreux jets de gaz au dessus de nos épaules. Certaines cartouches de lacrymos nous tombant directement sur la tête. Plusieurs grenades assourdissantes explosent parfois tout près de nous..

Plusieurs fois d’affilé l’atmosphère est rendue irrespirable par les gaz. Protégées par l’épais écran de fumée, les forces terroristes de l’État saucialo-fasciste continuent leur progression sur la route.

Au niveau du chemin de la Chèvrerie, les Play-Mobiles prennent une nouvelle barricade grâce à leur appareillage guerrier sophistiqué et à leur supériorité numérique, forçant les zadistes et sympathisant.e.s à se replier derrière une nouvelle barricade proche de la maison du Far-Ouezt. L’hélico de la gendarme déboule avec son fracas rotatif, mais une fusée éclairante est lancée en sa direction et il fait demi-tour.

Au bout de trois heures de charges successives, les Play-Mobiles reprennent plus ou moins un contrôle très précaire de la route pour permettre aux collabos de la DDE de remblayer les trous dans la chaussée et d’embarquer ce qu’il reste des barricades à l’aide d’une grue dans des camions prévus à cet effet.

Sauf que… C’est un convoi de Play-Mobiles, de CRS et de machines stationnées sur une route bordée de haies de trois mètres de haut et de petits bois touffus. Les keufs n’ont aucune visibilité de ce qui se passe autour d’eux. Cachés dans les fourrés, les camarades transformés en guérilleros bocagers, les harcèlent de cailloux, d’œufs de peinture, de verres, de pétards, sur tous les points du convoi, du sud au nord.

Des collabos de la DDE et des véhicules de chantiers évitent de peu des bouteilles lancées sur la route, et les flics censés les protéger réagissent avec un temps de retard, à l’aveuglette, bombardent de lacrymos des champs où il n’y a que du maïs et des taupes.

Ces invertébrés laissent même, au cul du convoi, un véhicule de fonction du Conseil Général sans protection pensant qu’il n’y aura personne, mais des camarades jaillissent des fourrés, pètent une vitre avec une bouteille en verre vide et disparaissent la seconde qui suit.

S’engage alors un face à face surréaliste dans un champ qui relaie le D281 au Far-Ouezt tout proche. Un de nos camarades habillé en Gaulois se met à railler ces imbéciles de romains alignés le long du champ comme des quilles de jeu :

« Allez dire à Rome que son empire s’arrête ici ! »

« Je n’ai pas envie de vous tuer mais j’ai besoin de vos crânes pour boire de la bière ! »

« J’ai embrassé ma femme ce matin et mangé de la chair humaine, je suis fort et prèt à mourir ! »

« Au delà de cette limite (il plante son épée) je ne garantis plus votre sécurité ! »

Sous le chant d’une clarinette et le rythme d’une batucada les Play-Mobiles se gâsent tous seuls comme des cons à plusieurs reprises sous les risées et insultes. Un pique nique s’organise dans le champ face aux flic. Certains font bronzette au soleil. Le face à face dure jusqu’à 14 heures qui marque le départ des forces de répression de l’État saucialo-fasciste.

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Notre-Dame-des-Landes, ZAD, la barricade du chemin Bellish

Cet acharnement Ripoux-blicain contre les habitant.e.s des 2000 hectares de lande et de bocages qui composent la ZAD ne fait que renforcer notre détermination et nos convictions.

Le Premier Sinistre Jean-Marc Ayrault s’acharne encore et toujours sur son projet mégalo, bien plus soucieux de satisfaire l’appétit vorace des actionnaires de Vinci plutôt que de mettre en pratique une politique au service du bien-être commun de toutes et de tous.

Cette dernière attaque de la ZAD montre l’absurdité d’un système tout entier qui vacille, menacé par les outrances successives qu’il a lui-même engendré.

La résistance à ce projet d’Aéroport absurde et à la destruction totale de la ZAD avant bétonnage n’est pas prête de s’arrêter.

En poursuivant sur le chemin du tout répressif, l’État, par les actions scandaleuses de destruction de nos lieux nos de vie, jette aux yeux de l’opinion publique, qui s’interroge de plus en plus du bien-fondé de l’opération César, un spectacle révoltant, lamentable, injustifiable.

À l’heure du réchauffement climatique, de la catastrophe de Fukushima et d’une gestion dévastatrice de la crise économique tournée au service des seuls intérêts spéculatifs et financiers, rien ne peut justifier une opération policière disproportionnée pour réaliser un projet industriel et commercial déjà obsolète avant le début de sa mise en chantier.

À Athènes, à Barcelone, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, nous refusons de laisser nos vies entre les mains d’une oligarchie criminelle et sociopathe.

Les saucialos-fascistes pratiquent chez nous la politique de la terre brûlée, aveuglés par la seule flamme qui les anime. Celle de la préservation des intérêts du capital et des grands groupes privés comme Vinci alors que toute l’Europe est traversée par une crise sociale, écologique et politique sans précédant.

Les grands discours pseudos écolos de l’alliance socialos-verte ne changent rien à la mascarade électorale de mai qui a abouti à un nouveau monstre politique rose-vert après des années de sarkozysme tout aussi destructeur et nuisible. Monstre qui détruit tout sous nos yeux.

Le bilan de la journée reste, somme toute, assez modeste pour les Play-Mobiles et leurs version citadine, les CRS : 5 barricades pétées en presque 6 heures… Une présence policière hallucinante pour un résultat proche de zéro. De nouvelles barricades fleurissent au même endroit que les anciennes un peu partout le long de la route bloquée depuis 5 jours.

Il est hors de question de laisser une oligarchie irresponsable décider plus longtemps à notre place. Ce qui est bon pour les actionnaires de Vinci ne l’est pas pour nous.

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Nous voulons faire pousser nos légumes, apprendre à nous passer d’un système oppresseur en recherchant l’autonomie qui nous en émancipera.

La résistance continue de s’amplifier sur la ZAD grâce à la solidarité qui s’est mise en place,les actions contre le PS et Vinci, les initiatives citoyennes de désobéissance civile les plus diverses et la présence nombreuse de nouvelles/nouveaux camarades sur les barricades et pour la phase de reconstruction.

Tous les jours de nouvelles personnes solidaires soit nous rejoignent dans la lutte, soit viennent nous apporter réconfort moral.

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Nous voulons une vie riche, pas une vie de riches.

Le capitalisme crève, aidons-le !

Vinci dégage !

Des habitant.e.s de la Zone d’Autonomie Définitive

Bob 92 Zinn, 7 novembre 2012


[Le terrorisme d'État ne passera pas !] Un témoignage sur les expulsions dans la forêt de Rohanne

J’avais rejoint sept camarades en haut de la dernière cabane à expulser dans la forêt de Rohanne. C’était le 31 octobre. On s’amusait bien là-haut, peut-être grâce à l’anxiété, à la tension palpable, partagées. On faisait des blagues, on se distribuait les équipements dispos. On a bricolé un baudrier avec une longe. À regarder tout ça de haut pendant vingt minutes, on s’est sentiEs fortEs. à un moment en bas ça a chauffé, des hommes en plastique tout peinturlurés ont encerclé notre arbre et viré nos soutiens au sol, violemment. … Dans quelque temps, ca va être notre tour… Ils ont approché un manitou (un godet avec un bras télescopique de 16 m, je crois) et après quelques tergiversations, deux tortionnaires et un sauveteur (sic !) de haute montagne (re !) se sont embarqués dans le godet et ont été hissés à notre hauteur pendant que l’OPJ au sol nous sommait de descendre en disant « nous n’emploierons pas la force ». À cinq on fait la tortue (position solidaire, assis en rond, bras et jambes entremêlés), tandis que trois autres potes grimpent plus haut pour empêcher que l’arbre ne soit coupé. D’ailleurs il est toujours là. Le premier tortionnaire éventre la bâche à coups de couteau, l’autre attend en retrait, le sauveteur alpin communique avec le sol. Une fois entré, le type se pose, nous mate. “C’est un steack” il dit. Et puis il va au travail. Clé cervicale (il a essayé de m’arracher la tête), étranglement, doigts tordus … il m’a aussi un peu broyé le genou. C’était un moment bizarre, où j’ai vu comme la peur me disciplinait. Je veux dire, j’ai eu plusieurs fois conscience d’occasions de le frapper, même dur. mais la douleur qu’il me faisait, et son calme … le pouvoir et l’ appui de l’État et de la loi, dans ses mains à lui … j’ai pas osé, tant mieux peut-être. J’ai demandé aux copinEs de me lâcher. Pardon. Saucissonné, je résiste mollement, essayant juste de le freiner. Et ma tête me rappelle que je suis plus mou en tout cas qu’un godet de manitou. La mâchoire d’acier se referme pour une fois littéralement, dans mon dos. Je passe la descente avec un genou sur la nuque. De quel droit ? Tout ça là, d’où ? Au sol c’est les robocops qui me prennent en charge. Je passe trois heures menotté serré à un arbre à voir mes codescenduEs traînéEs là dans le même état que moi, yeux enfoncés, baffes et clés de partout, mâchoire d’acier et tête de brute. Et puis ensemble à essayer de nous foutre de la gueule des condés, à les mettre dans la merde éthique, attendre qu’iles aient peur du noir et des louves, que tout ça se casse de chez nous. Illes s’embourbent eux-mêmes, nous, on les emmerde. Nous on habite ici, on partira pas, mieux : on va s’installer, partout où l’État pose ses sales pattes, ses dangereux appétits, ses gros yeux. Faudra devenir moins peu, ce qui paraît en chemin, et aussi cesser de penser qu’i suffira de lancer des pierres [Oui mais aussi, c’est ça ! Pourquoi on les frappe pas ? « La question n’est pas de savoir pourquoi des gens jettent des pierres sur la police, mais pourquoi il y en a si peu ? » Je voudrais mieux pas aller en prison si je sais pas que des potes m’y trouveront. La citation est de Wilhelm Reich, CQFD vous êtes rien que des menteures, j’l’ai jamais eu mon lance pierre ergonomique ! (private joke)]. Mais bon, j’ai espoir. À bientôt !

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 6 novembre 2012

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:51

Dimanche matin [4 novembre], vers 5h15, des inconnus ont cassé les vitres du commissariat à Kuringen et y ont bouté le feu. Les dégâts sont considérables et le comico restera fermé pendant au moins une semaine. Au moins une salle a été ravagée par le feu, le reste du bâtiment a été endommagé par la fumée et l’eau.

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Brèves du désordre, 8 novembre 2012

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:43

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 12:48

Tarnac : quel rôle a vraiment joué le mystérieux espion anglais ?

Les dix personnes mises en examen dans l’affaire de Tarnac demandent à la justice de clarifier le rôle joué par un policier infiltré anglais, Mark Kennedy, dans la procédure engagée contre eux depuis 2008.

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Capture d’écran d’une interview de Mark Kennedy

Les rencontres entre cet agent britannique et les jeunes de Tarnac, avant leur arrestation pour des sabotages SNCF, semblent avoir nourri l’accusation. Elles constituent l’une des énigmes de l’affaire.

L’avocat William Bourdon, qui défend Julien Coupat et ses co-inculpés, vient de déposer une demande d’acte sur le bureau de la juge d’instruction Jeanne Duye. Il l’invite à verser au dossier la totalité des notes de renseignement concernant ses clients. Selon le document que Rue89 a consulté :

« Un certain nombre d’informations ou d’allégations présentes tout au long de la procédure émanent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), du fait de renseignements fournis par un policier “infiltré” anglais, monsieur Mark Kennedy. […] Il s’agit ici de démontrer que des éléments ont été délibérément dissimulés durant la procédure. »

« Un dossier à double fond »

La défense dénonce « un dossier à double fond », dans lequel le renseignement se serait substitué aux preuves judiciaires. Un argument déjà avancé par William Bourdon dans un autre dossier, celui des Français de Guantanamo. L’avocat parle de « recyclage » du renseignement dans la procédure judiciaire :

« Il y a une dérive des services de renseignement qui privilégient une recherche “underground” de la preuve, et non sa manifestation loyale.

L’utilisation de personnages comme Mark Kennedy est en soi une source de péril. Il ne peuvent qu’être dans la surenchère, et les services tendent une oreille complaisante à ces informations vues comme providentielles, même si elles peuvent être manipulées parce que produites hors de tout cadre judiciaire. »

William Bourdon « n’exclut pas l’audition de policiers de la DCRI ou de Mark Kennedy lui-même ». Le document, quant à lui, accuse le juge d’instruction en charge de l’affaire jusqu’en avril, Thierry Fragnoli, d’avoir caché des éléments utiles à ses clients.

À plusieurs reprises dans le dossier de Tarnac, les policiers accusent les mis en examen, sans préciser l’origine de leurs informations. Elles émanent « des Renseignements généraux », « de la DCRI » ou d’un « renseignement anonyme ».

Les avocats estiment que ces informations constituent des violations des droits de la défense, puisqu’ils ne peuvent pas « en contester la source, l’origine et le contenu ».

Et selon eux, une grande partie de ces informations non-sourcées proviennent du policier infiltré anglais Mark Kennedy, que les mis en examen ont croisé à plusieurs reprises :

• en février 2007 à Varsovie, en Pologne, lors d’une réunion de préparation du contre-sommet du G8 ;

• en janvier 2008 à New York, le policier a rencontré Julien Coupat et Yldune Lévy ;

• à l’été 2008, à Tarnac.

Le nom de Mark Kennedy n’apparaît nulle part dans le dossier, mais chacune de ces rencontres apparemment fortuites a trouvé un écho dans un rapport de la DCRI (rendu public par Mediapart). Il y est surtout question des voyages hors de France des jeunes de Tarnac et de leurs relations avec des activistes étrangers, sans allusion à d’éventuels délits. Les avocats écrivent :

« On s’étonnera que la totalité des éléments et informations censés accabler les mis en examen figurant dans le rapport de la DCRI relèvent de l’international. […]

Aucun élément ne figure donc sur l’activité politique des mis en cause sur le territoire français. Ces derniers ne s’en cachent pourtant pas, loin s’en faut, et ont pour la plupart eu une activité politique et publique fort prolixe dans les mouvements sociaux de ces dernières années. »

En creux dans la procédure

Plus étrange, les observations de Mark Kennedy auraient même abreuvé la procédure judiciaire dès le début : en avril 2008, quand les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) demandent l’ouverture d’une enquête préliminaire sur Julien Coupat et Yldune Lévy, ils s’appuient sur leur voyage à New York, déjà mentionné dans le rapport de la DCRI, pour établir l’existence d’une « structure clandestine anarcho-autonome ».

Présent à New York, Mark Kennedy surveillait des activistes américains en contact avec les Français de Tarnac. Pour le compte de qui ? Le FBI ? L’Angleterre ? Ce n’est pas clair. Quand le juge d’instruction Thierry Fragnoli demande des précisions aux autorités américaines sur cette rencontre, celles-ci renvoient la balle aux services britanniques. Qui écrivent :

« Les services de police du Royaume-Uni sont en mesure de déclarer que des informations sont disponibles attestant que Julien Coupat a assisté à une réunion à New York, USA, entre les 12 et 13 janvier 2008. […]

La source de ces informations confidentielles ne sera jamais divulguée et aucun rapport formel ne sera communiqué. C’est sur cette base que ces informations confidentielles sont fournies au Ministère Public français. »

Le signataire de cette note au magistrat français est le chef de la National Domestic Extremism Unit (NDEU), nouveau nom donné au service de police qui employait Mark Kennedy.

Le policier anglais, qui a voyagé dans 22 pays pour surveiller des activistes d’extrême gauche, a aussi donné des informations à des agents des Renseignements généraux et de la DST, selon plusieurs témoignages.

« X-UK »

Dans son livre Tarnac, magasin général, paru en avril, le journaliste David Dufresne s’interroge sur le rôle de Mark Kennedy, qu’il appelle « X-UK ».

« Au fil du temps, mes calepins s’étaient noircis d’un X-UK, au gré des détails, tous invérifiables et tous disparates – en apparence –, que m’avaient distillés les enquêteurs. X-UK, ça voulait dire “source anglaise inconnue”. Souvent y était accolée une date, tout aussi mystérieuse : 2012. Ce X-UK était la quintessence de ce qu’on appelle le renseignement. Rien n’est plus volatil que le renseignement. […]

Ses informations sur les déplacements à l’étranger de tel ou tel habitant du Goutailloux [la ferme de Tarnac] étaient l’un des socles des certitudes des policiers français – et leur talon d’Achille. Les prétendues ramifications internationales du “groupe Coupat”, c’était X-UK pour une bonne part. […]

Les avocats se tenaient prêts : si le rôle de Kennedy était aussi prépondérant que ce que les on-dit prétendaient, c’était toute la légalité de la procédure qui pouvait voler en éclat. L’infiltré partage avec le repenti cette même faiblesse : si la police peut recueillir toutes les infos qu’elle souhaite, elle ne peut pas les produire toutes en justice. La “judiciarisation” du renseignement a ses limites. »

Les prémonitions du journaliste se sont révélées exactes, la défense s’appuyant désormais sur ce facteur britannique pour enfoncer un coin supplémentaire dans l’enquête, déjà mise à mal depuis quatre ans.

Une séquence favorable à la défense

Après avoir contesté le procès-verbal de filature de Julien Coupat tout au long de l’instruction et déposé trois plaintes contre la police fin 2011 (pour faux et usage de faux, subornation de témoins et écoutes illégales), les avocats des mis en examen ouvrent un nouveau front avec cette dernière demande d’actes.

« Le contexte est aujourd’hui plus serein, les interlocuteurs ne sont plus les mêmes », commente William Bourdon :

« Il est temps que cette arborescence de manœuvres déloyales, articulées les unes aux autres, soit prise pour ce qu’elle est : un gigantesque stratagème contre nos clients, le contournement de l’action judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme. »

La demande d’acte intervient dans une séquence déjà favorable à la défense. Fin octobre, un relevé bancaire d’Yldune Levy montre un retrait de 40 euroseffectué avec sa carte bleue dans un distributeur automatique de billets à Paris, la nuit des sabotages. Alors que la jeune femme, selon les policiers, se trouvait en Seine-et-Marne.

Quelques jours plus tard, la chambre de l’instruction de Versailles ordonne l’audition des dix-huit policiers qui ont participé à la filature. Ils devront justifier de leur présence sur les lieux dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008.

De Scotland Yard à la Corrèze

Infiltré pendant sept ans au sein de la gauche radicale anglaise et européenne, le policier Mark Kennedy, qui se faisait appeler Mark Stone, a été démasqué par ses « camarades » en janvier 2011.

Le quotidien anglais The Guardian a publié des dizaines d’articles sur ses activités en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Islande, en Irlande, etc. De nombreuses enquêtes disciplinaires et parlementaires ont été lancées.

Dans son pays d’origine, le débat s’est focalisé sur les relations intimes qu’il a entretenues avec des militantes (qui le prenaient pour un des leurs). Ailleurs en Europe, c’est son franchissement aisé des frontières, son rôle d’agent provocateur et les délits qu’il a commis un peu partout qui posent problème. En France, pour l’instant, les passages avérés de Mark Kennedy sur le territoire n’ont eu aucune traduction juridique ni impact politique.

Presse affiliée à Coupat-Assous (Camille Polloni, Rue89.fr, 6 novembre 2012)

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 12:40

Échanger davantage sur l’islamisme radical, l’ultra-gauche et les mafias

ROME – Les 190 pays membres de l’organisation Interpol doivent approfondir les échanges d’information et leurs connaissances dans les domaines de l’islamisme radical, de l’ultra-gauche et dans la lutte contre les mafias, a estimé lundi le ministre français de l’Intérieur Manuel Valls.

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Samedi 2 juin 2012, à 9h30, dans la cour de l’hôtel de Beauvau, qui abrite le ministère, Manuel Valls, en complet gris, avec, de g. à dr., Bernard Boucault, Claude Baland, Jacques Mignaux, Jean Daubigny, directeur de cabinet et Patrick Calvar.

Il existe des processus de radicalisation dans de nombreux pays mais en France, il a pris des proportions inquiétantes, a déclaré M. Valls à des journalistes après une réunion ministérielle de l’organisation internationale de la police.

Le ministre français s’est montré également très préoccupé par de nouvelles formes de délinquance liées au trafic de drogue et sa globalisation à travers les mafias. (…)

Il a aussi préconisé davantage de coopération face aux formes de violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements d’anarchistes ou d’autonomes, en citant des groupes violents gravitant autour de projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin ou l’aéroport de Notre Dame des Landes en France.

Selon lui, il ne faut pas négliger non plus le phénomène de l’extrême droite identitaire qui, en France, face à la question de la place de l’islam appelle à la haine en occupant par exemple le chantier d’une mosquée et que l’on retrouve ailleurs dans les milieux des ultras des clubs de foot, en France, Italie ou Allemagne.

M. Valls a appelé à lutter contre ces fléaux en étant fermes, en agissant dans le respect de la loi et en s’appuyant sur nos valeurs. Car cette montée des populismes est le résultat, dans des sociétés meurtries, d’une crise économique, d’une crise des valeurs, de doutes sur les constructions nationales et européennes.

Presse criminelle (Agence Faut Payer, 5 novembre 2012)

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