Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:22

La façade de l’immmeuble abritant la fédération du parti socialiste de la Corrèze à Tulle a été taguée dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris auprès du PS.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/02.jpeg

Les inscriptions “PS = Vinci = CRS”, “collabo” et “Non à l’Ayraultport” (référence au projet d’aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, cher au premier ministre Jean-Marc Ayrault, ndlr) ont été apposées à la bombe de peinture noire sur la façade du bâtiment.

Jean-Marc Seijo-Lopez, premier secrétaire fédéral du PS de la Corrèze, a déposé plainte cet après-midi au commissariat de Tulle : “c’est une vision de la politique qui n’est pas la nôtre. Nous condamnons cet acte de vandalisme”, a-t-il indiqué à un correspondant de l’AFP.

De son côté, le maire PS de Tulle, Bernard Combes, a regretté auprès de ce correspondant “qu’on n’ait pas trouvé des moyens d’expression autres”. “C’est déplorable et cela abîme la cité”, a déclaré le successeur de François Hollande à la mairie de Tulle.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 3 novembre 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:20

Grève de la faim en prison après la mort d’une détenue

Gourdana est morte hier à Fleury, vraisemblablement d’un problème cardiaque. Les détenues ont manifesté estimant qu’elles n’ont pas un accès convenable aux soins.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/022.jpg

FLEURY-MÉROGIS, HIER SOIR. Une majorité des 300 détenues de la prison n’ont pas voulu dîner en signe de protestation après le décès d’une prisonnière.

Ambiance de mutinerie à la maison d’arrêt des femmes. Hier, près de 80% des 300 détenues de la prison de Fleury ont refusé de dîner pour protester après la mort de Gourdana. Dans l’après-midi, une cinquantaine d’entre elles avaient refusé de rentrer de la cour de promenade. Les équipes régionales d’intervention et de sécurité de Paris avaient dû intervenir pour rétablir l’ordre.

Cette prisonnière de 34 ans, incarcérée depuis près d’un an, a été retrouvée morte dans sa cellule vers 7 heures. Une autopsie sera réalisée afin de connaître les causes du décès. L’enquête menée par la gendarmerie devra déterminer s’il n’y a eu aucune défaillance des médecins. Car la veille déjà, en fin d’après-midi, cette mère de famille s’était plainte de maux de ventre et de douleurs thoraciques. À 22 heures, la détenue qui partage la cellule avec Gourdana frappe à la porte pour alerter les surveillants de l’état de santé de son « amie ». Un médecin est appelé mais il ne se déplace pas. Dans la nuit, une deuxième fois les prisonnières demandent à voir un généraliste. Cette fois, un diagnostic est établi en parlant au téléphone avec Gourdana. Les deux détenues se couchent. Et le lendemain la victime est découverte dans son lit avec la peau déjà bleue. Les soins prodigués ne parviennent pas à la sauver.

« Cela arrive que les pompiers soient obligés de faire le travail des médecins », témoigne un surveillant qui confirme le déroulement des faits. « S’il y avait plus de moyens pour les surveillants et les médecins, on pourrait éviter ce genre de drame, avance Gérald Ferjul, délégué syndical Usap-Unsa. Ce qui s’est passé est triste. Cela nous choque tous. » Les médecins et les principaux protagonistes ont été entendus par les gendarmes. « Les conseils du généraliste semblaient avoir soulagé la détenue, commente une source proche du dossier. Pour le moment, rien ne permet de dire qu’il y a eu un problème du corps médical. » L’administration pénitentiaire n’a pas souhaité commenter l’enquête en cours.

Par ailleurs, un détenu a eu le doigt sectionné après avoir été mordu par un autre prisonnier jeudi à la maison d’arrêt des hommes. L’agresseur présumé, était libérable la semaine prochaine.

« Il est impossible de voir un médecin rapidement »
IVANA écrouée à Fleury

Comme quelques autres détenues de la maison d’arrêt des femmes de Fleury, Ivana [Le prénom a été modifié] possède un téléphone portable. Contactée hier soir, elle raconte les raisons de ce mouvement de protestation.

« On s’est parlé en promenade et on a toutes décidé de refuser de manger ce soir (NDLR : hier soir), indique cette femme, très remontée.

On veut marquer le coup. Pour vous, à l’extérieur, ça n’est peut-être rien, mais sachez que c’est un geste fort ici. On en a marre. Car, quand on est malade, il est impossible de voir un médecin rapidement. Une détenue ne peut pas rencontrer un généraliste avant trois jours. Et encore, il faut que ce soit grave. Là, c’est la même chose. Gourdana a appelé à l’aide pendant une journée. En vain », accuse cette femme qui dénonce également des « conditions de détention abominables ». « On mourait de froid jusqu’à la semaine dernière, quand ils ont enfin décidé de brancher le chauffage. »

La manifestation d’hier ne devrait pas s’arrêter là. « Les jours prochains, on refusera de rentrer de promenade pour que Gourdana ne soit pas oubliée. Et que l’on ne camoufle pas encore une fois la mort d’un ou une détenue. »

Presse carcérale (Florian Loisy & Louise Colcombet, LeParisien.fr, 3 novembre 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans PRISON
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:17

 

« L’Ennemi intérieur au Val Suse » ?

J’ai lu un article intitulé L’Ennemi intérieur en Val Suse, publié le 26 octobre en France, sur “Le Jura Libertaire”. Je suis un No Tav convaincu et je suis aussi convaincu, comme tous les No Tav, que l’extension de la lutte en France soit de grande importance pour son succès. Dans ce papier en revanche, sont énumérées une multitude de critiques au camping de Chiomonte, et surtout une série assez longue de mensonges. J’ai passé tout l’été (de même que tout l’été précédent) à Chiomonte et j’ai participé aux initiatives de lutte et de résistance contre la militarisation. Quand je ne suis pas en vallée, j’habite au centre social Askatasuna de Turin, mentionné à plusieurs reprises dans le document et décrit comme organisateur ou  « gérant » du camping.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/012.jpg

Sauf que L’Été No Tav n’a pas été organisé ni géré par mon centre social (avec lequel les signataires du texte identifient probablement, de manière imprécise, tout/e/s les camarades autonomes de Turin et de Val Suse) mais, pour la première fois, par la coordination des comités de la vallée qui se sont réunis pendant tout l’été dans les différents villages.

Dans le document il est affirmé qu’à cause des « autonomes de l’Askatasuna », la cuisine et le bar n’étaient pas autogérés, qu’on y mangeait de la viande et qu’un prix minimum à 1 euro avait été fixé. Toutefois, il n’en a pas été ainsi : la cuisine a été autogérée par les comités (animés par la population de la vallée) et ce par décision du comité de coordination, tandis que le bar a été géré dans un premier temps par le Komitato Giovani No Tav (Komité Jeunes No Tav) de la vallée et par la suite par tous les participants au camping, sur la base d’un planning autogéré et de référents choisis pendant les assemblées.

Tous ces choix, y compris celui de ne pas bannir la viande des repas et de demander la contribution d’un euro, ont été faits par le mouvement et non par une de ses composantes.

Je ne comprends pas pourquoi diffuser des informations mensongères sur des sujets apparemment peu approfondis.

Sur certains points vous avez raison : le mouvement par exemple, devra faire davantage d’efforts pour trouver des interprètes et permettre une meilleure traduction pendant les assemblées. Il est en effet évident que vous avez peu et mal compris ce qui s’est passé. Revenons par exemple sur les faits du 15 août dernier : pendant la nuit des feux, bien que l’assemblée du camping ait choisi une modalité de lutte tranquille pour la soirée, certains camarades ont commencé à endommager le mur du chantier en Val Clarea. Il n’y a alors eu aucune dramatisation de cette initiative, mais une confrontation très tranquille à l’issue de laquelle a été convenu que ce n’était pas la peine de lancer un affrontement avec la police ce soir-là afin de respecter la décision de l’assemblée. C’est pour cela qu’il a été expliqué à ceux qui voulaient réagir aux canons à eau, que dans cette situation-là, il était préférable d’avoir tous le même comportement.

Le mouvement No Tav s’est toujours approprié les modalités d’actions collectives, ce n’est pas une grande nouvelle ; mais il ne faut pas juste en avoir conscience lorsque ces modalités sont satisfaisantes, amusantes ou encore individuellement partagées. Chacun est libre de ne pas reconnaître le contexte collectif comme lieu décisionnel, sur la base de ses propres idées, mais il ne peut imposer cette attitude et ses idées à un mouvement populaire qui, pendant des années, a choisi l’assemblée comme forme la plus judicieuse pour permettre à toutes les instances de se confronter et produire une initiative collective. Les idéologies n’ont rien à voir, c’est une question de respect et de méthode. Le mouvement a fait ce choix de façon autodéterminée et ne peut se soumettre à aucune autorité extérieure, et à la vôtre non plus ; il ne suffit pas de se définir « anti-autoritaire » pour être considéré respectueux de l’autonomie et de la liberté des parcours de lutte … il est nécessaire de le démontrer dans les faits.

Je trouve pathétique que vous insultiez les No Tav qui vous ont invité à respecter les décisions de l’assemblée, en les appelants « policiers ». Bien loin d’illustrer votre « anti-autoritarisme », vous ne donnez la preuve que de votre incapacité à respecter les autres, je ne dis pas dans la discussion, mais ne serait-ce que dans l’offense. Au lieu de désigner certains No Tav comme « policiers », il aurait été plus pertinent de votre part d’éviter de fournir aux vrais policiers (italiens et français) des informations détaillées sur des présumées décisions que les camarades (rendus identifiables grâce à vos indications sur le nom de notre endroit occupé) auraient pris en matière de pratiques illégales à propos de la journée du 31 août et de son « organisation » présumée.  Cela, surtout dans un contexte comme celui de la Val Suse, caractérisé par le recours à outrance à la répression carcérale et à la militarisation du territoire. La résistance n’est pas un jeu et il faut se rendre compte de ce que l’on écrit, où et comment on le fait.

Le paradoxe réside dans le fait que ce que vous publiez sur internet à ce sujet est complètement faux. Vous nous « accusez » d’avoir déplacé l’initiative du 15 au 31 août … mais vous ne savez pas de quoi vous parlez. Je me contenterais de préciser (le reste est inadapté à ce moyen de communication) qu’une initiative en Clarea pour le 31 août a été proposée par le mouvement universitaire, puis reprise par la coordination, mais ce divers jours après le 15 août. Je n’arrive pas à comprendre la raison de ces inventions grossières. De même, les polémiques sur les horaires des assemblées me semblent stériles. Que faisiez-vous donc lorsque les assemblées étaient organisées et annoncées ? Dormiez-vous (agités) en rêvant à Lénine entrant dans votre tente ? Peut-être pensez-vous que le mouvement No Tav, ou les autonomes italiens qui vous préoccupent tant, ont eu peur de la puissance de rupture qu’auraient eu vos positions, si vous aviez participé aux assemblées ? Je vous assure, en toute honnêteté, que vous êtes en train de vous surévaluer.

Vous faites de même quant à vos actions : je trouve embarrassant que vous vous soyez auto-décrits comme l’avant-garde militaire prête à pourvoir aux déficiences des militants No Tav italiens. Je ne rentre pas dans les détails pour d’évidentes raisons, mais ceux qui connaissent les faits sauront se forger leur propre avis. Les révolutionnaires dans tous les cas, ne nécessitent pas l’utilisation de ces tons, ni de se vanter d’actions vraies ou romancées, car il est du devoir de tout/e/s militant/e/s d’agir contre l’oppresseur. Ici nous sommes tous camarades et il n’y a pas de héros. La/e militant/e n’agit pas par narcissisme ou pour des problèmes d’estime de soi et a appris de la rue qu’il faut se méfier de ceux qui font un usage emphatique des mots.

En effet, j’ai bien peur que vous préfériez l’image des choses à leur réalité. Car la réalité, et surtout celle du conflit, n’est possible que grâce à l’organisation, comme le reconnaissent même les anarchistes qui luttent dans l’objectif d’ébranler concrètement le système. Étiez-vous vraiment là le 31 août ? On dirait plutôt que vous avez vu un film, c’est peut-être pour cela que vous vous êtes souvenus des Tute Bianche. Cette nuit-là aucun canon à eau n’a été incendié, alors que vous déclarez en avoir vu brûler deux ; j’espère que vous n’en êtes pas réduits au point de confondre un  canon à eau avec quelques tessons de bouteilles. C’est ce dernier point qui a été discuté en assemblée (sans faire de noms et sans mettre en danger qui que ce soit) : si les choses se font bien et de manière organisée, c’est utile ; sinon cela risque seulement de devenir ridicule ou pire de causer des dégâts (surtout dans un bois). Mais visiblement cette fois encore vous n’avez pas compris, la faute aux traductions sans doute, ou peut-être étiez-vous trop fatigués après une marche trop longue pour vous ? (N’aviez-vous donc pas compris que la résistance NoTav n’est pas un dîner de gala ?).

Parmi toutes ces imprécisions et ces malentendus (puisque je ne veux pas pré-supposer de votre mauvais fois) apparaît de manière flagrante l’incompréhension la plus grave, qui concerne la nature même de la lutte en Val Suse. Vous vous êtes convaincus qu’en son sein se joue une lutte entre courants et factions, en particulier entre deux idéologies, celle “anarchiste” dont vous vous revendiquez, et celle “marxiste-léniniste” et “stalinienne” comme vous la définissez. En réalité, il s’agit d’un mouvement populaire tellement riche qu’en son sein évoluent des personnes dont l’appartenance politique, religieuse et culturelle est des plus variée. Les moments de confrontation ne manquent certes pas, mais toujours dans le respect d’un même principe : la vallée n’a besoin  ni d’idéologie, ni de petits professeurs pour la lui enseigner, qu’ils soient français ou italiens, “marxistes-léninistes” ou “antiautoritaires”. Pour comprendre ces dynamiques – il est bon que vous le sachiez – être présent durant l’été au camping de Chiomonte ne suffit pas, car le mouvement est bien plus étendu et complexe que ce que vous avez eu l’occasion de voir durant ces quelques journées ; mais qui sait dans quel état vous vous retrouveriez après avoir vu tout le reste !

En effet, à la lecture de votre document il semblerait qu’un mouvement populaire vous demande trop d’efforts. Peut-être la variété riche et multiforme des sujets sociaux, qui seuls peuvent remettre en cause – dans la pratique et non seulement en théorie – l’ordre établi, ne vous intéresse-t-elle pas. Vous semblez quelque peu coincés dans l’imaginaire du juste libertaire au cœur pur mortifié par le féroce communiste, ou du dangereux subversif français “contrôlé” et “géré” en Val Suse par le perfide autonome piémontais. Cette représentation des mouvements, ou de ce mouvement, peut éventuellement vous permettre de trouver votre place dans l’univers ; mais nous ne pouvons pas vous aider, car ces schémas-là nous les avons abandonnés depuis longtemps. Pour le reste, outre les vacances en Val Suse, offrez-vous également des vacances à l’intérieur du monde dans lequel nous vivons, France comprise. Vous ferez sans doute beaucoup plus peur à vos ennemis, et surtout vous apprendrez à dépasser vos métaphysiques identitaires. Car tel que l’écrivirent ceux qui ont réellement réussi à vaincre quelques autoritaires : « Die Mauer [ist] im Kopf » [« Le mur [est] dans la tête »]…

Un autonome turinois
Comité No TAV Paris, 4 novembre 2012

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:38
La femme de Manuel Valls

Après les ROMS, les SDF. D'après Le Canard enchaîné, le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a fait passer une consigne pour que la police évacue systématiquement les SDF qui restent rue de la Roquette, dans le quartier de Bastille à Paris. Ces SDF sont priés de se déplacer de quelques rues. Pour quel motif ? Leur présence devant le Franprix gênerait Manuel Valls et sa femme. Le cabinet du ministre a officiellement démenti. Mais des policiers interrogés par le Canard confirment. Et comme par hasard, depuis la publication de cette information, la chasse aux SDF aurait cessé.

C'est un quartier branché du XIe arrondissement de Paris : Bastille, ses bars, ses restaurants et la fameuse rue de la Roquette, si animée le soir. Selon Le Canard enchaîné, depuis quelques temps, une "scène singulière se répète quatre ou cinq fois par jour" dans cette rue : "à tour de rôle, les policiers du XIe arrondissement déboulent, font la tournée des SDF et leur ordonnent de déguerpir"... alors qu'ils sont des habitués des lieux depuis des années. Après de multiples explications alambiquées, les policiers finissent par dire que "c'est une décision du ministre de l'intérieur". Mais pourquoi ici et maintenant ?

L'hebdomadaire raconte : Manuel Valls "qui dort très rarement dans son douillet logement de fonction de la Place Beauvau, habite avec sa petite famille un bel appartement dans le XIe arrondissement, à deux pas de la rue de la Roquette. Une rue qui ne dort jamais, squattée jour et nuit par les fêtards et les sans-abri" au point d'agacer commerçants et habitants qui se plaignent régulièrement à la mairie. Sans que la situation ne change ? Qu'à cela ne tienne : une autre riveraine est récemment entrée en résistance. "Début octobre, la violoniste Anne Gravoin, une habitante du quartier qui a la particularité d'être l'épouse du ministre de l'Intérieur" s'est plaint d'après Le Canard. "Devant une épicerie Franprix de la rue de la Roquette, où elle était venue faire ses courses, Mme Valls a été importunée par un SDF émêché qui voulait lui taper quelques piécettes". Une bonne raison pour intervenir ? Oui, car en plus, "elle supporte assez mal la présence de femmes roms" (décidément). 

Résultat : le commissariat du XIe a reçu l'ordre d'intensifier les patrouilles dans le quartier et d'évacuer systématiquement les SDF de la rue de la Roquette, et plus particulièrement ceux qui stationnent devant le fameux Franprix. Ce qu'a confirmé la direction du supermarché au Canard enchaîné : "Il y a quinze jours, ils ont commencé par en embarquer plusieurs devant le magasin. Depuis, ils passent et repassent toute la journée pour les éloigner". Des patrouilles particulièrement efficaces puisqu'ils ont comme consignes de les repousser... "dans les rues voisines".

Valls dément, des policiers confirment

Joint par l'hebdomadaire, le cabinet de Valls assure que "le ministre n'a fait aucune demande privative" et qu'il n'y a "aucune consigne". Même démenti du côté de la préfecture de Paris. Et suite à la reprise de l'information par la presse (Liberation.frLCI.frLexpress.fr entre autres), Valls en a remis une couche dans un communiqué : selon lui, le quartier connaît "des problématiques d'insécurité et d'installations d'individus dans l'espace public", relayées par les riverains et les élus "depuis longtemps". "Dès lors que des demandes légitimes et récurrentes de riverains appellent les autorités à mettre en place des mesures de sécurité, le ministre de l'Intérieur, qui est aussi un citoyen, ne saurait en être exclu", conclut le communiqué. Ce ne serait donc pas un excès de zèle du premier flic de France.

Pourtant, certains policiers sont formels : ce serait bien à la suite des protestations de la femme du ministre que les patrouilles auraient été renforcées. "Histoire de faciliter le grand nettoyage, [les policiers] expliquent même avoir ressorti, pour l'occasion, un vieil arrêté de 2008 du préfet de police de Paris. Ce texte interdit la consommation d'alcool sur la voie publique dans le quartier dès 16 heures", ajoute Le Canard. Un brin gêné, un policier a avoué à l'hebdomadaire que cet arrêté avait été "un peu réactivé". Avec cette justification : "C'est parce que Mme Valls a été très choquée par les femmes qui mendient avec leurs bébés. C'était une réaction d'humanité". Comme c'est touchant...

Interrogés par Le Parisien le jour de la publication de l'information du Canard, trois SDF ont expliqué que les policiers "leur ont mis la misère pendant quinze jours" mais que "depuis deux ou trois jours, ils ont arrêté". Le temps que la presse se calme ?


*** Source
- Christophe Nobili, "Valls tire à la Roquette sur les SDF de Bastille", Le Canard enchaîné n°4800, 24.10.2012

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:31
ann Guégan | red. chef adjoint Rue89

  • Envoyer l'article par email
  • Imprimer
  • Réduire la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • print pdf
  • Imprimer
 



La vidéo sur Livestream
INTERVENTION DE NICHOLAS NEGROPONTE À LA CONFÉRENCE EMTECH

A partir de 1h00mn05s, en anglais

C’est une expérience qui rappelle le scénario du film « Les dieux sont tombés sur la tête », dans lequel une bouteille de Coca, jetée d’un avion, atterrit dans un village bushmen et chamboule le quotidien de ses habitants.

Sauf qu’avec l’opération menée par One Laptop Per Child (OLPC) auprès d’enfants éthiopiens analphabètes, ce sont nos certitudes occidentales sur l’apprentissage qui pourraient bien être bousculées.

L’ONG livre depuis 2005 du matériel informatique simple et robuste dans les pays pauvres, et indique avoir déjà distribué 2,5 millions d’ordinateurs portablesde type XO dans quarante pays – avec des résultats plutôt mitigés, comme l’établissait ReadWriteWeb il y a peu, considérant même cette initiative comme condamnée à terme.

Son fondateur a exposé sa démarche lors de la conférence EmTech, organisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge fin octobre.

Nicholas Negroponte et son équipe sont partis d’un constat : parmi les 100 millions d’enfants qui n’ont accès à aucune éducation, beaucoup se trouvent dans des zones isolées, dans lesquelles aucun adulte autour d’eux ne sait lire et ne peut donc les aider. Mais peuvent-ils apprendre tout seul ?


Des enfants éthiopiens avec les tablettes distribuées par One Laptop Per Child (Matt Keller/OLPC)

Pour le savoir, l’organisation a livré des tablettes pré-équipées à une quarantaine d’enfants dans deux villages éthiopiens, Wonchi et Wolonchete, à une centaine de kilomètres d’Addis Abeda.

Alimentées grâce à un panneau solaire, elles contenaient une collection de plusieurs centaines d’applications, de jeux, de livres, de dessins animés et de films (en anglais), mais n’étaient accompagnées d’aucune instruction, ni d’aucun manuel. Des données sur leur utilisation étaient enregistrées dans une carte SIM, changée chaque semaine.

« Je pensais que les enfants commenceraient par jouer avec les cartons », raconte Negroponte. Mais les cobayes ont très vite apprivoisé leur nouvel outil :

« Après quelques minutes, ils avaient déballé et mis en route les tablettes. Après une semaine, chaque enfant utilisait en moyenne 47 applications par jour. Après deux semaines, ils utilisaient les jeux destinés à l’apprentissage des lettres pour se mesurer les uns aux autres, et le village chantait les chansons sur l’alphabet. »

« Ils ont débloqué l’accès à la caméra »

Quelques mois plus tard, les tablettes étaient toujours fréquemment utilisées, et certains enfants commençaient à écrire des mots. Ils avaient tous personnalisé leur tablette, et même fait leur débuts de pirate informatique :

« Un imbécile chez nous avait bloqué l’accès à la caméra, alors ils ont “hacké” Android [le système d’exploitation installé sur la tablette, ndlr] pour l’activer à nouveau. »

Ce qui a ravi Negroponte :

« C’est exactement ce genre de créativité, de curiosité et de goût pour l’enquête que nous considérons indispensables à l’apprentissage. »

Ces résultats impressionnants doivent être confirmés par d’autres expériences du même type, mais ils pourraient changer la façon dont One Laptop Per Child conçoit son action. L’organisation s’appuie jusqu’ici sur les écoles existantes, sans toucher les enfants totalement privés de scolarité :

« Ça pourra leur prendre six mois, dix-huit mois, deux ans, mais est-ce qu’ils vont réussir à apprendre à lire, vraiment ?

S’ils peuvent apprendre à lire tout seul, ensuite ils peuvent apprendre en lisant. Pourrait-on leur donner un outil pour ça, sans avoir à construire des écoles, embaucher des professeurs, fournir des manuels ? »

Quand l’école tue la curiosité

Mais pour Negroponte, les pays développés ont aussi des leçons à tirer de cette expérience :

« Des enfants parviennent à apprendre à lire sans aller à l’école en Ethiopie, tandis qu’à New York, d’autres n’arrivent pas à ce niveau alors qu’ils vont à l’école. Que faut-il en conclure ? »

La facilité avec laquelle les jeunes, quelle que soit leur culture d’origine, s’approprient les tablettes, encourage selon lui à repenser les méthodes d’enseignement traditionnelles :

« Les enfants peuvent beaucoup apprendre par eux-mêmes, davantage que ce que nous imaginons. Les enfants sont naturellement curieux, et cette curiosité reste intacte si on ne la décourage pas, ce qui est souvent le cas à l’école.

Avoir accès à des bibliothèques contenant des manuels ou des encyclopédies est une bonne chose. Mais c’est peut-être moins important que de concevoir un monde dans lequel les idées se forment, se révèlent et se réinventent, au sein d’un apprentissage fondé sur l’action et la découverte. »

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans MEDIA
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:23
Renée Greusard | Journaliste Rue89

  • Envoyer l'article par email
  • Imprimer
  • Réduire la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • print pdf
  • Imprimer
 

L’EPS, l’éducation sportive et physique, est une des disciplines les plus haïes à l’école, surtout à partir du collège. Témoignages et remèdes.

Pour cet article, des torrents de témoignages me sont tombés dessus. Parfois drôles, parfois désespérants.


« L’élève humilié » (Pierre Merle/Puf)

« Saut de cheval en Terminale + gros cul = gêne. »

Ou :

« Moi, le mot “honte” s’est concentré dans l’espace piscine. »

En plus des témoignages récoltés, nous avons interviewé Fabien Ollier, professeur d’EPS à qui nous avions déjà consacré un article l’an dernier, et Pierre Merle. Sociologue de l’enseignement, il est l’auteur du livre « L’élève humilié. L’école : un espace de non-droit ? ».

Il note que « le sport n’est pas mal placé » dans les disciplines qui génèrent un sentiment d’humiliation, même si ce sont les maths qui reviennent le plus dans les témoignages « à cause du prestige de la discipline. »

1

Le corps des ados exhibé

« J’avais des gros seins pour mon âge »

 

A 35 ans, Emilie se souvient :

« J’ai carrément vécu le sport comme une humiliation au lycée. Je le ressentais comme tel parce que j’avais des gros seins pour mon âge, et des rondeurs et que ça se voyait plus en tenue de sport. »

Beaucoup parlent de leur puberté, de cette violence qu’il y a à devoir exhiber un corps qu’on ne possède pas encore et qui commence à susciter le désir.

Johanna raconte par exemple ce sale jour de printemps où tout le collège se réunissait pendant des heures pour regarder chaque élève effectuer d’« horribles enchaînements de gym ».

« Je me demandais s’il ne valait pas mieux que je me casse une jambe sur la route.

Tout le collège était assis dans les gradins – parmi eux, il y avait forcément des mecs que je kiffais un peu – et là, je me tapais la grosse honte à enchaîner, pataude et ridicule, des figures nulles avec un jogging pourri. »

La question du poids revient aussi souvent. Dans un article publié en 2002, Pierre Merle rapportait le témoignage de l’une de ses élèves. La scène se passe pendant un cours de saut en hauteur :

« J’avais une amie dont l’embonpoint la gênait énormément dans sa vie quotidienne. […] La barre était à un mètre, ce qui évidemment est peu, mais pour elle, c’était difficile.

Le professeur l’a obligée à sauter. Elle a obéi, a sauté, puis est tombée. Tout le monde riait et surtout le prof. Il l’a obligée à recommencer plusieurs fois prétextant se servir d’elle comme exemple de tout ce qu’il ne fallait pas faire, et plus largement ne pas être. Il disait que le sport, c’est la santé et qu’il était urgent de s’y mettre. »

Face à des sujets délicats, certains profs se comportent parfois comme Les Robins des bois dans ce sketch.

Le regard de Pierre Merle

Le sociologue confirme que le sentiment d’humiliation est plus particulièrement ancré chez les ados.

« C’est la population qui se sent le plus humiliée par ce qu’elle est dans une période où les identités sont en construction.

Les filles se sentent particulièrement humiliées pour des questions qui concernent le poids parce que les normes de beauté sont très strictes pour les femmes. »

Pour le sociologue, il faudrait que la question des humiliations soit abordée pendant la formation des futurs enseignants :

« En commençant à travailler sur ce sujet, j’ai été très surpris de me rendre compte qu’aucune recherche n’avait été faite là-dessus. Aucun ouvrage n’avait été écrit. Il faudrait contextualiser ces pratiques. »

2

Toujours choisi en dernier

Un enseignement « à base de performance et de notes »

 

Amaëlle s’est mise au sport tard. De l’école, elle regrette un enseignement « à base de performance et de notes » et elle se souvient du moment (horrible) de la constitution des équipes. Quand le prof demande aux deux meilleurs de la classe de devenir capitaines.

« Ils appellent un à un, à tour de rôle, les gens de la classe. À la fin, il reste toujours deux ou trois personnes, dont toi. »

Pauline, elle, souligne avec humour l’injustice de cette situation.

« Bon, c’est vrai qu’au cours précédent, tu t’es décalé à chaque fois que le ballon t’arrivait dessus... Mais voilà, tu as participé, merde ! »

Le regard de Pierre Merle et Fabien Ollier

Pierre Merle :

« L’activité sportive n’a pas pour objet d’être performant par rapport aux autres, mais d’être performant par rapport à soi. »

Pour Fabien Ollier, ces classements sont inadmissibles.

« On met les forts d’un côté, les faibles de l’autre, les moyens au milieu, faire un niveau 1, faire un niveau 2, etc... Il y a toute une symbolique humiliante ou en tout cas très dépréciative.

C’est comme si dans une classe de mathématiques, on mettait les bons devant, les moyens au milieu, et tout au fond les nuls. Et que régulièrement, en fonction des notes des élèves, on les déplaçait, on les reclassait. Je crois, que tout le monde crierait au scandale.

En EPS, ça ne choque plus personne. »

Il s’interroge sur l’essence même de cet enseignement.

« L’éducation physique et sportive est essentiellement sportive, c’est-à-dire que le contenu principal de l’EPS, c’est le dogme du sport de compétition au sein duquel on trouve un éthos de l’humiliation. »

3

Ces mouvements absurdes que l’on n’arrive pas à faire

Le corps réduit à un mouvement

 

Anne-Gaëlle se souvient bien de cette impuissance de son corps.

« Je me suis retrouvée avec un corps qui ne pouvait faire ni la roue, ni l’appui tendu renversé – ATR : en bon français, le piquet – toute l’année, et ça, pour M. Le Louët, c’était vraiment une énigme. J’étais une sorte de débile, sa cancre. »

Souvent les premiers de la classe sont décontenancés en EPS. Amaëlle :

« Au collège, j’étais un peu l’intello “typique”. Première de ma classe avec des lunettes et un appareil dentaire. Et nulle, mais alors nulle en sport, toujours dans les derniers – voire la dernière. »

Très bons élèves, ils ont souffert d’un enseignement qu’ils jugeaient absurde. Pierre, meilleur partout, était aussi nul en sport. Il se souvient :

« Franchement, j’en avais rien à foutre du sport. Je trouvais ça bête. »

Il a eu l’impression que les autres trouvaient dans cette matière une occasion de se venger par la moquerie.

« Ça inversait le rapport de force scolaire. On me traitait comme si j’étais handicapé. »

Il conclut enfin en riant :

« Le sport, c’est un apprentissage du fascisme. »

Le regard de Fabien Ollier

En écho à cette absurdité ressentie par les élèves, Fabien Ollier parle de son quotidien de prof de sport. Des grilles à remplir, des fiches, des tableaux par les profs mais aussi par les élèves et il déplore : 

« Vous ne pouvez pas imaginer le temps que passent les élèves à remplir des fiches, à observer (épier, dénoncer…) leurs copains, à compter le nombre de passes ou de coups de bras (en natation) qu’ils font. »

Il explique la logique de cet enseignement :

« Dans les instructions officielles, il est spécifié de manière très claire que l’éducation physique et sportive doit “permettre à chaque élève de développer et mobiliser ses ressources pour enrichir sa motricité, la rendre efficace et favoriser la réussite”. On oublie que le corps n’est pas que de la motricité.

Mais pour pouvoir rendre le corps évaluable, et passer son temps à donner des notes à des élèves, il faut le réduire à une machine, à un système, à du mouvement. »

Pour le professeur d’EPS, c’est une violence symbolique que de voir son corps réduit à un mouvement.

4

L’univers glauque des vestiaires à 8h du matin

Un environnement détestable

 

A tous ces éléments s’ajoute la question de l’environnement dans lequel les cours ont lieu. Chloé a 27 ans et elle ne comprend toujours pas ce qu’on a voulu lui transmettre.

« Coup de gueule contre les bahuts qui mettent des cours de sport de 8 h à 10 h. C’est vrai que pour bien commencer la journée, autant se crever et bien puer la sueur ! »

Le regard de Fabien Ollier

Pour Fabien Ollier, cet aspect n’est pas un caprice et fait partie de la crise de l’enseignement de l’EPS.

« Je le ressens aussi : cet univers glauque des vestiaires à 8 h du matin, des stades brumeux, des salles aux odeurs de sueur. Tout ça, ce sont autant de souvenirs corporels qui peuvent être en effet un peu traumatisants. »

5

Le rapport dégradant du prof à l’élève

« On m’a interdit de jouer au rugby parce que j’étais trop nulle »

 

Parfois les récits d’humiliations sont violents. Marie a 24 ans, elle n’a vraiment pas aimé le sport à l’école.

« Mes profs de sport me détestaient (tous). Et l’un d’entre eux m’a même interdit de jouer au rugby parce que j’étais trop nulle et que j’avais peur du ballon. »

Que ces rapports d’humiliation disent-il de la relation entre le prof et l’élève ?

Le regard de Pierre Merle et Fabien Ollier

Pour Pierre Merle, l’humiliation est en réalité une facilité pédagogique.

« La classe pose des problèmes de gestion de l’ordre et pour assurer cet ordre, l’humiliation est une pratique qui vient assez spontanément.

Mais le prof ne se rend pas compte qu’il est en train de casser sa relation pédagogique avec l’élève et qu’il va foutre le bordel. C’est un remède qui est pire que le mal. Si tout ceci n’est pas expliqué, les professeurs sont laissés à l’abandon. »

Fabien Ollier remarque aussi que les profs reproduisent tout simplement des schémas qu’ils ont vécus.

« Dans le sport, il y a un rapport entre entraîneur et entraîné qui est souvent de l’ordre de l’humiliation à l’égard des faibles et de ceux qui ne réussissent pas assez vite. [...] Or les professeurs d’éducation physique ont tous été à un moment ou un autre entraînés. »

6

Un traumatisme qui reste toute la vie ?

« C’était une vieille salope »

 

A entendre toutes ces histoires, il y a de quoi se demander à quel point elles sont néfastes. La réponse est mitigée. Si Emilie court aujourd’hui des marathons, Chloé ne veut toujours pas entendre parler du sport. Guillemette, elle, se rappelle encore :

« Un jour, dans une compétition de gymnastique, je suis restée bloquée dans une galipette arrière les fesses en l’air, la tête coincée. J’ai plus jamais osé faire de galipette arrière de ma vie. »

Et puis, il y a les profs qu’on hait à jamais. A l’époque, on aurait aimé leur jeter un sort comme dans cette vieille pub de Carambar.

A 35 ans, Simon se rappelle encore de sa prof en primaire, Mme S.

« C’était une vielle salope. Elle m’avait pris en grippe. Elle disait à tout le monde : “Si vous ne faites pas de sport, vous serez comme Simon”.

Ensuite, alors que tous les garçons faisaient des binômes avec les garçons, elle me mettait avec des filles parce que sinon “je n’allais pas y arriver.” Je m’étais promis que quand je serais grand, je retournerai la voir, pour lui casser la gueule. »

A 20 ans, Simon est retourné dans son école primaire. Il ne voulait plus casser la gueule de Mme S. mais il voulait lui parler, lui dire combien elle l’avait cassé. Il n’a pas pu. Elle était morte d’un cancer.

Le regard de Pierre Merle

Pierre Merle dit :

« Plus la personne est petite, plus les pratiques d’humiliations sont néfastes. C’est une rancœur qui reste toute la vie. »

Le sociologue ajoute :

« Ce sont des pratiques condamnables du point du point de vue des textes juridiques qui disent que “dans la communauté éducative, chacun se doit respect.”

Mais elles sont aussi condamnables du point de vue de la psychologie scolaire, de la sociologie des relations entre profs et élèves. Il n’y a rien qui puisse justifier ce type de pratiques.

Si ce n’est une société qui ne marche pas très bien. »

* Certains prénoms ont été changés

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:13
Deux agriculteurs américains témoignent des méfaits des OGM
Benjamin Sourice | Journaliste pigiste

Wendel Lutz et Wes Shoemyer à Paris le 30 octobre 2012 

« Les OGM détruiront votre modèle d’agriculture familiale s’ils sont adoptés ! »

C’est en substance le message que sont venus porter en France deux agriculteurs américains « repentis » des OGM. L’un, Wes Shoemyer, petite barbichette, grand sourire et chevalière frappée d’un symbole franc-maçon, dirige une exploitation de 1 200 hectares dans le Missouri, l’Etat abritant le siège de Monsanto.

Elu démocrate au sénat du Missouri, il est en lutte contre « l’accaparement monopolistique de l’agriculture par une poignée de firmes ».

A ses cotés, Wendel Lutz, la cinquantaine débonnaire du typique « mid-west farmer », l’air tragique en plus de l’homme en résistance.

Ils ont été invités à témoigner par Greenpeace afin de raconter « leur réalité ».

Solidement installé au fond de sa chaise, Wes Shoemyer raconte :

« Avant l’introduction des OGM, nous utilisions déjà l’herbicide Roundup pour brûler les mauvaises herbes, c’était miraculeux ! Entre 1996 et 2001, au moins 80% des agriculteurs ont adopté ce système des OGM. »

L’élu reproche aujourd’hui à Monsanto d’avoir mis en place une stratégie de capture du marché avec des prix attrayants, en particulier sur le Roundup, pour ensuite organiser l’envolée des prix.

Il est inquiet de voir « les agriculteurs payer de plus en plus cher, non plus pour financer la recherche ou améliorer leur production, mais pour s’acquitter d’un brevet contrôlé par une seule compagnie ».

Aux États-Unis, la technologie brevetée Roundup Ready de Monsanto est présente dans 94% des variétés de soja génétiquement modifié et 70% du maïs génétiquement modifié d’après le ministère de l’Agriculture.

Des mauvaises herbes résistantes au Roundup

Aux Etats-Unis, entre 2000 et 2011, la consommation annuelle de glyphosate, la substance active du Roundup est passée dans les champs de maïs de 1,8 million à 30 millions de tonnes dues à l’expansion massive des OGM. Une explosion de la consommation qui s’explique également par l’augmentation des doses pour tenter de contrôler certaines mauvaises herbes devenues tolérantes au Roundup, découvertes pour la première fois en 2000 dans le Delaware.

Une mauvaise surprise dure à digérer pour Wendel Lutz :

« C’est en 2011, que j’ai observé les premiers plants d’amarantes rugueuses résistants au glyphosate se développer dans mes champs.

C’est injuste qu’après seulement cinq ans d’exploitation des OGM mes champs aient été envahis, c’est à ce moment que j’ai décidé d’arrêter et d’alerter mes collègues ! »

Au moins 5 millions d’hectares de cultures, d’après l’industrie, seraient contaminés par ces « super adventices », capables de résister à plusieurs classes d’herbicides. L’organisation internationale chargée de leur contrôle(ISHRW), financée par les producteurs de pesticides, a déjà recensé23 espèces sauvages résistantes, un chiffre sous-estimé selon d’autres experts.

La fuite en avant vers toujours plus de pesticides

Wendel raconte :

« Certains de mes voisins qui ont le même problème préfèrent continuer en augmentant les doses ou en cumulant plusieurs molécules. C’est une fuite en avant avec le risque qu’à terme la plupart des mauvaises herbes deviennent résistantes à tous les herbicides. »

Une tendance que suit l’industrie. Sur 20 nouveaux OGM en cours d’évaluation auprès de la FDA, l’agence de régulation sanitaire américaine, 13 sont élaborés pour résister à de multiples herbicides. La firme Dow pense répondre à ce fléau en réintroduisant d’anciens herbicides comme le Dicamba ou le 2-4 D, ayant servi dans la composition de l’agent orange lors de la guerre du Vietnam et auquel des résistances de plantes sauvages ont déjà été observées.

Un retour aux semences conventionnelles ?


Etiquette d’un sac de semences OGM

Pour Wes, il est encore possible d’agir :

« Il faudrait revenir en arrière, vers des semences conventionnelles ; certaines compagnies en ont fait une spécialité. Malheureusement, il y a une vraie dépendance des agriculteurs vis-à-vis de ces technologies que les compagnies ont intérêt à entretenir et cela au détriment des bonnes pratiques culturales. »

Pour Wendel il faudrait « une impulsion économique, une plus grande demande pour du non-OGM, pour voir un changement d’orientation » dont l’étiquetage des OGM, actuellement en débat, pourrait être le socle.

En guise d’avertissement final, Wes Shoemyer lance :

« Si la France ou l’Union européenne adoptaient les OGM, cela aurait un impact majeur sur les campagnes. Si vous voulez de grandes fermes en monoculture, si vous souhaitez vider les zones rurales de leurs habitants, alors vous adoptez le modèle OGM. C’est cela l’expérience américaine : une agriculture sans agriculteur contrôlée par des entreprises multinationales ! »

sourve:rue89

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans ECOLOGIE
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 13:30
Gourdana, 34 ans, a été retrouvée morte dans sa cellule, ce vendredi 2 novembre au matin. Une autopsie doit être réalisée pour connaître les causes de la mort de cette mère de famille, détenue à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis plus d’un an. La veille de son décès, la victime s’était plaint de douleurs thoraciques. 
Elle pourrait avoir trouvé la mort à la suite de problèmes cardiaques. Le drame a provoqué la colère de ses codétenues qui refusent de remonter de promenade et de dîner.

LeParisien.fr

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 23:45

Cela fait maintenant trois semaines que l’État, Vinci, sa filiale AGO et les forces du désordre nous harcèlent jours et nuit en détruisant nos lieux de vies. De l’autre côté,la solidarité continue de s’amplifier, de nouvelles personnes affluent chaque jour, renforçant, de fait, notre présence sur la ZAD et la résistance à l’envahisseur et envers ce projet absurde et mégalo d’Ayraultport.

Les forces du désordre et les gros vilains qui gravitent autour commencent sérieusement à s’embourber pour notre plus grand plaisir…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/021.jpg

La cabane du Far-Ouezt

Occupation du Tertre

Jeudi, une nouvelle maison se vide de ses habitant.e.s. Des occupant.e.s super motivé.e.s s’empressent de réoccuper la maison le vendredi matin vers 11 heures.

6 de nos camarades montent directement sur le toit. Le reste occupe l’intérieur de la demeure laissée vacante.

Les flics se pointent une première fois dans l’après-midi pour évacuer les gens à l’intérieur de la maison et laissent sans explication logique nos camarades perché.e.s sur le toit et finissent par partir. Juste après le départ des Play-Mobiles tout le monde s’empresse, bien évidemment, de revenir sur les lieux.

Bilan, une nouvelle opération de répression policière pour rien sauf pour les contribuables qui continuent à casquer.

La deuxième fois, les condés se pointent le soir vers 19h30 en surprenant tout le monde. La boum anti-aéroport qui était prévue ne se fera pas. Vraiment pas fair-play ces Play-Mobiles ! Tout ce qui était dans la maison est perdu dont 4 pacs de bière ! Qu’ils s’étouffent avec !

Ils annoncent les trois sommations de rigueur en deux secondes chrono et chargent direct. Tout le monde se met à paniquer et s’enfuit dans les champs.

Cinq de nos camarades remontent sur le toit à la va vite. Une nacelle les récupère en 15 minutes. Nos potes sont dans la foulée conduit.e.s au poste.

L’occupation est terminée.

La maison est détruite dans la foulée sans désamiantage préalable, en mode gros bourrins, en dehors de toutes les procédures habituelles d’hygiène et de sécurité. Illégalité sur toute la ligne !

Une fois n’est pas coutume, l’État Ripoux-blicain, premier délinquant de France, montre le mauvais exemple.

Bilan répressif de la journée : 6 camarades interpellé.e.s. 4 sont relaché.e.s après vérification d’identité vers 23h30, un.e cinquième pote peu de temps après et le dernier de nos compagnons de lutte devait être libéré.e dans la matinée.

Jeudi, barricades entre les Planchettes et la Paquelais : les Play-Mobiles en mode masos se gazent tous seuls et se prennent une raclée en bonus.

Deux nouvelles barricades se sont dressées dans la nuit de mercredi à jeudi pour faire face à nos agresseurs sur la D281 grâce à l’énergie et à l’enthousiasme de nos camarades qui nous ont rejoint.e.s dans la lutte.

Le jeudi matin, plein de potes ultra-motivé.e.s, dont une majorité d’habitant.e.s de la région et des personnes d’un peu partout en France et en Europe fraîchement venu.e.s  nous rejoindre tiennent fermement les barricades jusqu’à l’arrivée des Play-Mobiles vers 11 heures.

En l’espace de 45 minutes, la barricade-sud est nettoyée par les forces du désordre avec l’appui technique des collabos de la DDE qui se pointe avec un camion-grue. Sous un tir fourni de lacrymos ces casseurs professionnels ripoux-blicains réussissent à détruire la barricade.

Une fois terminée leur sale besogne, toute cette équipe de bras cassés repart sans enlever la deuxième barricade située entre le chemin du Far-Ouezt et celui de la Chèvrerie.

Et hop ! Deux minutes après le départ des forces du désordre, la barricade est refaite.

Environ deux heures plus tard, les Play-Mobiles et les collabos de la DDE se repointent beaucoup plus nombreux avec une dizaine de camions en arrivant comme la première fois par la Paquelais.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/032.jpg

Maison dans les arbres détruite par les forces terroristes de l’État saucialiste

Ils lancent une tartine de tirs lacrymos mais comme dab, les éléments sont avec nous, et ils se prennent les fumées toxiques de leurs armes en pleine poire.

Un mur de 40 légionnaires se forme rapidement. Une partie des forces terroristes ripoux-blicaines passe par les champs pour nous prendre à revers.

Les armées de César passent la première barricade en mode gros bourrins en remontant jusqu’à la deuxième barricade au niveau de la route du Sabot/Far Ouezt.

Au moment même ou ils commencent à tronçonner, la grêle se pointe et les assaisonne copieusement les obligeant à arrêter leurs tronçonneuses.

Après moultes péripéties saisonnières ils arrivent finalement à franchir la deuxième barricade. Ils continuent à repousser les potes jusqu’au carrefour des Fosses-Noires et poursuivent leur incursion dans la ZAD à grands coups de lacrymos.

Le sort s’acharne, les éléments continuent à se déchainer sur les flics, et une fois n’est pas coutume, le vent blindé de gaz lacrymos les asphyxie.

Les Play-Mobiles aveuglés par leurs propres armes de répression (hi, hi, hi) se retrouvent pris à revers par nos camarades. Cachés par les haies, les potes arrivent presque au niveau du camion-pelleteuse qu’ils caillassent. Les sinistres légions lobotomisés du bulbe se précipitent en panique dans leurs camions et partent la matraque entre les jambes.

Et du coup, trois nouvelles barricades se reforment juste après la fuite pitoyable des forces armées terroristes saucialistes.

Aujourd’hui, tout plein de chouettes barricades descendent jusqu’à la Paquelais et remontent de l’autre côté jusqu’au carrefour des Fosses-Noires.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/041.jpg

Maison en argile de la Forêt de Rohanne

Les défaites des légions saucialistes se succèderont malgré une supériorité numérique et matérielle écrasante.

César, tu continues à patauger grave !!! La noyade est pour bientôt !

Vinci hors de nos vies !

Des habitant.e.s de la Zone d’Autonomie Définitive en résistance

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/051.jpg

Toutes les infos et plus encore sur le site de la ZAD : Zone À Défendre – Tritons crété-e-s contre béton armé

Bob 92 Zinn, 3 novembre 2012

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 10:52

Un train express régional (© TER)

Une affiche apposée en début de semaine sur les tableaux de service annonce un challenge "lutte anti-fraude" dans les TER de la région du 1er novembre au 31 décembre, avec pour récompense "10 cadeaux à choisir parmi un netbook, une console de jeux, un appareil photo numérique" et "40 chèques cadeaux d'une valeur de 30 euros".

Les gagnants sont ceux qui auront notamment découvert "le plus grand nombre de cartes et abonnements falsifiés ou utilisés par un tiers".

"C'est la première fois que ça arrive", ne décolère pas Didier Barra, délégué CGT des contrôleurs de la région Centre, commentant l'information révélée par le site Rue89 jeudi. "Ils ont déjà monté des challenges comme ça du côté du guichet, ça peut se comprendre, mais de là à organiser un challenge sur la fraude, on n'avait jamais vu ça, c'est n'importe quoi, on ne savait pas que la boîte pouvait aller jusque là", a-t-il déclaré à l'AFP.

La colère est d'autant plus grande, explique le syndicaliste, que les syndicats sortent d'un mouvement suite à des agressions des contrôleurs dans les TER. "Il y a un taux de fraude important mais l'entreprise se l'est créé elle-même: avec moins de personnel, les trains sont moins contrôlés, et avec le nouveau cadencement un agent seul ne peut pas contrôler tout le train tellement il est plein", assure M. Barra. La CGT appelle à "boycotter ce style de challenge". "Il est hors de question d'entrer dans ce jeu-là", a-t-il dit.

"Jusqu'où pourrait aller un contrôleur pour gagner le concours?", s'est pour sa part interrogé le président de la Fédération nationale des usagers des transports de la région Centre (FNAUT), Jean-François Hogu. La priorité, selon lui, est plutôt "d'avoir un accueil des contrôleurs sur les quais, ainsi qu'une information sur les trains", souvent surchargés.

Pour l'Association des usagers des chemins de fer de la région Ouest (AVUC), il s'agit d'un "énième délire dans le management de la SNCF".

Cette mesure "pousse-au-zèle" risque "d'accroître les tensions entre les usagers et les personnels de contrôle" et de provoquer des incidents, a affirmé Willy Colin, porte-parole de l'AVUC. "Donner des récompenses futiles pour glaner quelques centaines d'euros, c'est stupide", a-t-il poursuivi. "On dit à la SNCF, soyez sérieux, revenez à l'essentiel, à votre mission d'information et de sécurité" des usagers, a-t-il ajouté.

La direction régionale de la SNCF affirme de son côté qu'il ne s'agit pas d'une "prime au PV" mais d'un "challenge d'équipe" pour "sensibiliser aux falsifications d'abonnements et de billets qui sont de plus en plus efficaces".

"On n'est pas sur une prime au PV ou au développement du chiffre d'affaires, on est sur une émulation d'équipe, l'objectif n'est pas autre chose que de faire bien son métier et le contrôle fait partie des gestes du métier", selon la direction régionale.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION

A L’assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.