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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 11:28

http://paris.indymedia.org/local/cache-vignettes/L500xH707/affiche-manif_reoccup-40886.jpg

Fourches, poutres, planchettes, clous et outils en main... Rendez-vous le 17 novembre dans la matinée.

Pour télécharger les affiches, tracts et pour consulter les informations qui restent à définir : http://zad.nadir.org/

Texte de l’appel :

La lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières années. Entre autres initiatives, un mouvement d’occupation s’est étendu sur les bâtis et bocages menacés. Il y un an, face aux menaces croissantes sur les différentes maisons, cabanes et potagers, des habitant.e.s de la ZAD et collectifs solidaires appelaient à une manifestation de réoccupation en cas d’expulsion.

Quand César patauge...

Depuis le mardi 16 octobre, l’offensive redoutée a commencé. Les 1800 hectares de la ZAD ont été envahis par 1200 policiers. Ceux-ci se sont attaqués petit à petit aux maisons et cabanes occupées qu’ils ont détruites et emportées minutieusement pièce par pièce hors de la zone, pour ne rien laisser qui puisse servir aux occupant.e.s. Les occupant.e.s et toutes celles et ceux qui les ont rejoint sur place ont résisté, barricadé, réoccupé. Ensemble, nous avons tout fait pour enrayer les machines de destructions et bloquer les mouvements policiers... Nous sommes toujours là !

Notre détermination a été renforcée par une grande vague de solidarité au 4 coins de l’hexagone et au-delà : manifestations quotidiennes à Nantes et dans diverses villes, ravitaillement et soutien matériel, actions sur les représentations du PS, de Vinci et consorts, constructeurs de l’aéroport et broyeurs de nos vies...

Si la plupart des maisons en durs ont déjà été expulsées, ainsi que quelques cabanes, de nombreux autres habitant.e.s demeurent, dispersé.e.s dans les bois, les champs, dans les arbres. De nouvelles constructions sont déjà lancées. Outre les occupant.e.s, des habitant.e.s "légaux" et paysan.ne.s sont toujours menacé.e.s de devoir dégager de la ZAD dans les mois à venir. Autant dire que cette tentative d’expulsion XXL est partie pour durer. Les gros malins de la Préfecture ont officiellement intitulé leur opération militaire : « César ». A nous de leur prouver que la résistance face à l’aéroport est effectivement « irréductible » et qu’eux seront finalement défaits et ridicules.

On ne lâche rien et on est toujours là !

Au delà de l’appel à rejoindre la zone et à poursuivre les actions solidaires dans les semaines à venir, nous confirmons aujourd’hui qu’une grande manifestation de réoccupation aura bien lieu le samedi 17 novembre 2012, au départ d’un des villages proches de la ZAD.

Après ce premier round d’expulsions, nous aspirons à un moment de mobilisation large, constructive et offensive, partagé par les différentes composantes de la lutte : occupant.e.s, agriculteur.rice.s, habitant.e.s du coin et d’ailleurs, associations et groupes solidaires.... L’objectif sera de reconstruire ensemble un lieu ouvert d’organisation sur les terres menacées. Nous voulons faire de ce lieu un carrefour pour les opposant.e.s, un point de départ pour de nouveaux habitats, une antenne pour organiser la résistance aux travaux à venir, autant ceux de l’aéroport que du barreau routier, première étape du projet censée débuter en janvier. Ils peuvent bien militariser la zone, ils ne nous empêcheront pas de nous y réinstaller.

Ayrault, Vinci et consorts - le message est clair - Dégagez des terres !

---- INFOS SUPPLEMENTAIRES ET PRATIQUES ----

- Cet appel à réoccupation a été lancé par le réseau Reclaim The Fields et des occupant.e.s de la ZAD qui avaient occupé des terres en friche avec plus d’un millier de personnes en mai 2012 pour y implanter la ferme maraîchère "Le Sabot" . Nous invitons aujourd’hui tous les groupes qui le souhaitent à relayer cette initiative et à rejoindre l’organisation du 17 novembre.

- Au-delà d’une manifestation, il s’agit avant tout d’une action collective qui gagnera en puissance avec une présence longue et active du plus grand nombre. Prévoyez d’être là pendant le week-end et plus si possible pour amorcer l’occupation, continuer les constructions, les défendre, et en faire émerger des idées pour la suite.

- Amenez des outils et matériaux divers et variés, des bleus de travail, du son, des créations loufoques, des radios portatives, des tartes à partager et une détermination sans faille.

- Il sera possible d’arriver dès la veille. Un espace de campement sera annoncé dans les jours précédant la manifestation.

- Vu l’énergie nécessaire à la résistance aux expulsions d’ici là et l’épuisement conséquent pour les occupant-e-s, la réussite de cette manifestation dépend de manière cruciale de l’implication des collectifs et individu-e-s solidaires partout ailleurs. Nous appelons à ce que s’organisent des réunions publiques, relais d’information et co-voiturages dans chaque bourg en vue du 17 novembre.

- Des affiches et tracts photocopiables sont disponibles sur le site ou en format papier sur nantes (B17) ou sur la ZAD (Vache-rit). Tout soutien financier est le bienvenu (par chèque à l’ordre de “Vivre sans aéroport”, La Primaudière 44130 NDDL ; par virement : 20041 01011 1162852D32 36)

Comme la situation change chaque jour, guettez régulièrement les infos sur le site : http://zad.nadir.org/

En vue du 17 novembre, on cherche des poutres, matériaux de construction et d’escalade, cuisines collectives, chapiteaux, musiciens, batukadas, cabanes en kit, outils, tracteurs....

Pour tout échange, coup de mains, relais, propositions : reclaimthezad**AT**riseup.net

--- POURQUOI ON LUTTE ? Sur la résistance à l’aéroport et son monde. ---

À Notre-Dame des Landes, décideurs et bétonneurs planchent sur un nouvel aéroport pour parfaire leurs rêves voraces de métropole et d’expansion économique. Cela fait maintenant 40 ans qu’ils veulent anéantir sous le béton 2000 hectares de terres agricoles et d’habitats au nord de Nantes, la ZAD, Zone d’Aménagement Différé devenue Zone A Défendre.

Mais depuis les prémices de ce projet, des résistances s’organisent. Cette lutte est au carrefour d’enjeux sur lesquels s’unir et penser des stratégies communes. À travers elle, nous combattons l’alimentation sous perfusion, la société industrielle et son réchauffement climatique, les politiques de développement économique et de contrôle du territoire, les métropoles et la normalisation des formes de vie, la privatisation du commun, le mythe de la croissance et l’illusion de participation démocratique...

Aujourd’hui comme hier, les opposant-e-s, loin de baisser les bras, poursuivent la lutte : manifestations, recours juridiques, liens avec d’autres luttes, grèves de la faim, diffusion de journaux, péages gratuits, opposition aux forages, sabotages, perturbations des études d’impact de Biotope et des fouilles archéologiques, occupations de bureaux et de chantiers, etc...

Au grand dam de l’État et de Vinci qui rachètent et détruisent pour vider la ZAD, la vie et l’activité s’y sont densifiées et diversifiées depuis plus de trois ans. De nombreuses maisons laissées à l’abandon ont été réhabilitées et occupées, des cabanes ont été construites au sol et dans les arbres, des collectifs occupent des terres pour y faire du maraîchage. Des espaces de réunion, boulangerie, bibliothèque, gîte étaient ouverts à tous et toutes. Plus d’une centaine de personnes occupaient en permanence la ZAD, soutenues par de nombreuses autres du coin et d’ailleurs qui s’y rencontraient et s’y organisaient. Cette présence sur le terrain permettait des réactions rapides face au processus entrepris par Vinci en vue des travaux. C’est ce vivier créatif et indocile qu’ils cherchent aujourd’hui à éradiquer en vue de pouvoir commencer les travaux.

Nous gardons en mémoire les victoires passées contre les projets mégalos, du nucléaire au militaire. Comme au Carnet, à Plogoff ou au Larzac, nous savons que cet aéroport peut encore être stoppé. Nous regardons de l’autre coté des Alpes où l’opposition à la construction de la Ligne à Grande Vitesse Lyon-Turin mobilise toute une vallée, où des dizaines de milliers de personnes empêchent les travaux. Ici aussi toute tentative de bétonnage des terres leur coûtera cher.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 11:27

[Défendons la ZAD contre Vinci et sa milice privée ! Les expulsions et destructions continuent!] FLASH INFO sur la situation du mercredi 31 octobre

La situation en direct ici :

zad.nadir.org/spip.php?article471

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0133.jpg


Je sais ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes

Je sais ce qui se passe à Notre-Dame des Landes. Et je ne l’oublierai pas, quelle que soit l’issue de cette lutte qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Malgré l’omertà des grands médias, qui réduisent le juste combat non violent des habitants des terres et des bocages contre les forces policières armées, à une brève ou à quelques images d’illisibles échauffourées quand ils ne le passe pas sous un silence complice, je sais heure par heure les destructions, ordonnées par l’État, de fermes, de cultures, de cabanes établies dans les arbres. Je sais l’usage des grenades lacrymogènes, des grenades explosives. Je sais les tirs de flashballs. Je n’oublierai pas. Je n’oublierai pas que le Président de la République et le Premier Ministre socialistes ne veulent pas entendre les habitants quand ces derniers sollicitent une simple écoute. Surdité absolue des sommets de l’État : on interpelle pas le Président puisque, dans notre pays, seule la police interpelle le citoyen, pour l’arrêter quand il proteste. Je sais maintenant que ceux qui gouvernent notre pays ne sont pas les hommes et les quelques femmes que les Français respectueux du suffrage universel ont élus, mais les capitaux investis au mépris du bien-être des individus, les multinationales insensibles à l’intérêt général et pour lesquelles le profit, sans cœur, ni âme, ni raison, est le seul moteur de l’action. L’État montre aujourd’hui que la police française est au service des bétonneurs, que la police française est l’agent fonctionnarisé des destructeurs de l’environnement pour leur unique profit. Elle n’a donc plus rien à voir avec la protection du citoyen. Doit-on dorénavant considérer la police française comme le bras armé d’une puissance d’occupation ? Dans ce cas, seule la révolte est légitime. Je n’oublierai pas l’opiniâtre résistance des gens simples qui défendent l’intégrité de ce territoire magnifique contre la voracité des profiteurs appuyée par l’État. Je sais ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, et je n’oublierai pas.

Juliette Keating, 31 octobre 2012

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 11:24

Une expulsion, deux incendies … Thanks for the future

« Le pacifisme ne se diffuse, que là ou l’insensible a déjà triomphé… »

Après que les artistes « conventionnés » du Projet 244 nous aient assiégés en nous coupant l’eau et l’électricité, que la police ait occupé physiquement notre lieu pour nous interdire de faire des concerts, que la mairie et les propriétaires (la SEMIVIT) se soient précipités puis enlisés dans une procédure d’expulsion beaucoup plus longue que prévue … la répression exercée contre les squats à Tours est encore montée d’un cran.

Dimanche 28 octobre vers 17 heures, un nuage de fumée est venu obscurcir le ciel au dessus du squat « Thanks For The Future ». Deux départs de feu simultanés et distincts d’un peu plus de 100 mètres, se sont déclenchés dans des locaux mitoyens de notre maison collective. Deux ateliers ont complètement été détruits, et une maison encore habitée, à été endommagée.

Peu après leur intervention, les pompiers nous ont déclaré qu’il n’y avait aucun doute concernant la nature « volontaire » des deux départs de feu. En effet, les locaux brûlés ne disposant pas d’électricité, et la distance ainsi que la configuration des lieux entre les deux départs de feu écartaient d’après eux, toutes possibilités d’accident.

La police qui n’est pourtant pas avare d’interventions dans ce genre de circonstances et surtout de lieux, a refusé de venir constater les faits malgré l’insistance et les appels réitérés des pompiers. Seule une association « le roulement à Bill » parmi les nombreux artistes présents ce jour là, semble avoir pris la mesure de ce que laissent présager de tels actes.

Depuis les rumeurs vont bon train… Ce dont on peut être sûr toutefois, c’est que la répression ne s’embarrasse plus d’aucune limite. Lorsque celle-ci use de formes légales, c’est uniquement pour masquer la violence de ce système qui ne tolère aucune forme d’échappatoire, aucune remise en question. Que ce soit à Lyon, à Rennes, ou plus récemment à Poitiers, ce genre d’histoires d’incendies volontaires dans le cadre de procédure d’expulsion, nous rappelle avec quelle sinistre détermination le Pouvoir nous impose et nous
dicte les conditions de vie auxquelles nous sommes impérieusement astreints.

Nous assiéger, nous expulser, ou brûler nos lieux de vie ne régleront en rien le problème que posent nos choix et notre façon d’habiter le monde. Nous continuerons d’ouvrir, de réquisitionner et de réclamer des lieux collectifs. Heureusement, toute joie (même s’il lui arrive parfois de s’enflammer…) finit par avoir ses débordements. À nous de renforcer les cercles de celle-ci.

Si le processus est lent, notre passion n’est pas négociable.

Thanks For The Future !

Rassemblement de solidarité le jeudi 8 novembre à 9h30
devant le Tribunal d’instance, rue Édouard Vaillant

Et soirée de projection : « Figures tragicomiques de l’urbanisme contemporain »
le samedi 3 novembre à 19h30 au 244 Rue Auguste Chervallier

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:38

CLICK L'IMAGE POUR QU'IL T'METTE BIEN!

http://www.seartwo.com/wp-content/uploads/2012/10/Prodige-Calvaire-cover-505x355.jpg

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:22

http://sphotos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/1093_4785502274786_1810768015_n.jpg

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:21

Bonjour,

Le Collectif Lesbiennes-Féministes-Ba-Ham à le plaisir de vous annoncer sa présence à Cineffable, festival international du film lesbien et féministe de Paris.

Venez nous retrouver à notre table de presse féministe contre les extrémismes religieux pour discuter et vous procurer diverses brochures féministes ainsi que nos 7 affiches couleurs "féministes athées infernales".

Cineffable : du mercredi 31 octobre au dimanche 4 novembre 2012 (à partir de 17h mercredi, 11h les jours suivants) Théâtre Ménilmontant - 15 rue du Retrait - Paris 20e - Metro Gambetta http://www.cineffable.fr/

A très bientôt ! L’équipe de CLFBH http://lesbiennesfeministesbaham.wordpress.com/


* Collectif Lesbiennes-Féministes-Ba-Ham, qui sommes-nous ?

Nous sommes des militantes féministes laïques. Toute femme, née femme, féministe et laïque peut faire partie du Collectif lesbiennes-féministes-ba-ham, quelques soient ses croyances, sa sexualité, sa nationalité, son origine sociale et géographique. Nous privilégions une gestion horizontale des groupes de lutte. Nous sommes indépendantes de toute organisation, parti, syndicat...

Nous ne revendiquons aucune nationalité ni communauté, ni quelconque autre fiction (race, couleur de peau, religion, culture, État...) inventée par les hommes.

Nous définissons notre lesbianisme féministe comme une attirance et un amour solidaire envers les femmes dans leur intégrité et le respect. Il s’agit pour nous d’une forme d’épanouissement en dehors du modèle patriarcal qui force les femmes à la haine d’elles-mêmes, à leur soumission aux hommes et aux institutions masculines.

Nous luttons contre l’invisibilisation et la haine des lesbiennes, violences qui ont pour but de les supprimer. La lesbophobie fait partie du continuum des violences faites aux femmes. Nous parlons des lesbiennes dans le but de visibiliser une oppression, pas pour diviser ou opposer les femmes entre-elles. CLFBH ne fait pas d’opposition entre des femmes qui seraient hétérosexuelles d’un côté et des femmes qui seraient lesbiennes de l’autre côté. On ne demande pas à une femme si elle est hétérosexuelle ou non avant de la marier de force.

* Comment ce collectif a été créé ?

L’idée de créer un collectif a germé en 2008, lorsque Ahmadi nejad déclara “en Iran il n’y a pas d’homosexuels !” (sic !). En 2010, des lesbiennes, des homosexuels et des trans ont voulu créer un mouvement international LGBT d’Iran. Très rapidement les lesbiennes féministes, qui d’ailleurs étaient à l’origine de ce mouvement, se sont rendues compte que ce n’étaient pas possible de lutter contre le patriarcat dans un mouvement mixte et ont tenu leur première rencontre internationale des lesbiennes d’Iran en novembre 2010 à Frankfort en Allemagne.

Puis l’idée a été reprise en 2012 pour créer en France un collectif de lesbiennes féministes qui lutte plus largement pour l’émancipation des femmes contre la misogynie des religions. En hommage aux luttes des femmes en Iran contre l’apartheid sexiste islamiste, nous avons nommée le collectif Collectif lesbiennes-féministes-ba-ham (CLFBH). "Lesbiennes-Féministes" ( لزبین فمینیست ) se prononce de la même manière en persan et en français. "Ba-ham" ( با هم ) signifie "ensemble" en persan.

* Nos positionnements politiques ?

En tant que féministes, notre objectif est de lutter contre l’oppression des femmes. Toute société qui institue la domination des hommes sur les femmes, ainsi que l’appropriation et le contrôle de la procréation, du corps et des productions des femmes, est une société patriarcale. Nous dénonçons donc : la culture du viol et des violences contre les femmes et les enfants, l’enrichissement de la société et de la famille patriarcale sur le travail des femmes, l’institution du mariage et de la famille, le contrôle du corps des femmes pour la reproduction, l’esclavage domestique, le système prostitutionnel.

Il faut cesser d’adhérer aux fables et fictions (pays, nation, communauté, culture, tradition, religion, institutions, mariage, famille, État, patrie, race, couleur de peau, partis politiques etc…) inventées par les hommes pour diviser les femmes. C’est à cette seule condition que nous pourrons nous unir dans le mouvement de libération des femmes pour enfin se débarrasser du patriarcat et de ses institutions qui organisent les violences contre les femmes.

Notre émancipation passe donc par la réappropriation et le respect de notre corps, par l’indépendance économique et politique, par la réappropriation de notre travail, la libération de la contrainte à l’hétérosexualité et à la procréation.

* Nos buts

Dénoncer et combattre les violences contre les femmes, la misogynie et la haine des lesbiennes.

Dénoncer les violences misogynes spécifiques aux sociétés sous la loi musulmane.

Combattre la montée des intégrismes religieux, et en particulier de l’islamisme, en France et partout dans le monde. Défendre la laïcité. Nous demandons aux féministes que le combat pour la laïcité et contre les intégrismes religieux fasse systématiquement partie des programmes de lutte contre le patriarcat. La laïcité est l’espace qui garantie à chaque individu-e la liberté de croire ou de ne pas croire, et où l’Etat ne revendique ni ne subventionne aucune religion. La religion doit être réduite à la sphère intime.

Promouvoir un féminisme athée qui combat toutes les religions et leur misogynie.

Tant que dans le monde il y a UNE femme qui est obligée de porter le voile, nous demandons votre soutien actif dans la lutte féministe contre le voile. (Il faut savoir que la revendication pro-voile en France est utilisée par le régime facho-islamiste d’Iran pour dire aux femmes qu’elles ont la chance de pouvoir se voiler en Iran et ainsi justifier sa répression contre le "mauvais héjab" (بد حجاب.).)

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:06

Une femme de 52 ans, en situation de détresse sociale, s'est immolée par le feu et a été gravement blessée lundi dans le bureau du député-maire PS d'Hazebrouck (Nord) Jean-Pierre Allossery, lui-même légèrement touché et "en état de choc". (c) Afp

Une femme de 52 ans, en situation de détresse sociale, s'est immolée par le feu et a été gravement blessée lundi dans le bureau du député-maire PS d'Hazebrouck (Nord) Jean-Pierre Allossery, lui-même légèrement touché et "en état de choc". (c) Afp

HAZEBROUCK (Nord) (AFP) - Une femme de 52 ans, en situation de détresse sociale, s'est immolée par le feu et a été gravement blessée lundi dans le bureau du député-maire PS d'Hazebrouck (Nord) Jean-Pierre Allossery, lui-même légèrement touché et "en état de choc".

"Ce matin, (la victime) a demandé une audience à M. Allossery dans le cadre de sa permanence. (...) Elle s'est présentée vers 11H00-11H05. Cinq minutes plus tard, elle aurait évoqué le besoin de boire et elle a pris dans son manteau une bouteille d'eau en plastique et elle s'est aspergée de ce liquide sur elle, qu'elle a enflammé", a expliqué le procureur de Dunkerque Philippe Muller.

Elle s'est ensuite jetée sur le maire, semble-t-il par réflexe, brûlant légèrement l'élu au cou et sur une main, selon M. Muller.

"M. Allossery n'a jamais eu de menaces de mort, même pas de menaces de violences. (...) Ce n'est pas M. Allossery qui était visé par ce passage à l'acte", a estimé le procureur, qui a évoqué "un appel à l'aide" de la part d'une personne "a priori en souffrance".

Le maire d'Hazebrouck a repoussé la victime vers le couloir, où un adjoint a tenté d'éteindre les flammes avant l'arrivée rapide des secours.

"C'est quelqu'un qu'on voit assez régulièrement à la permanence (tous les lundis matins, ndlr), c'est quelqu'un qui a de grosses difficultés, qui est suivie par les services sociaux de la ville depuis 2004", a déclaré le premier adjoint Didier Tiberghien.

La victime se trouvait lundi après-midi au centre des grands brûlés, et avait été placée sous coma artificiel, comme toujours en cas de brûlures aussi importantes.

Les secours ont fait état d'un "pronostic très réservé avec une brûlure profonde sur une grande surface", environ 70% du corps.

Joint par l'AFP, le maire, se disant "en état de choc", n'a pas souhaité s'étendre sur ce drame.

"C'est horrible", a déclaré M. Allossery.

"J'ai été brûlé un tout petit peu, ce n'est pas énorme. Je n'ai pas dû être hospitalisé. Mais c'est surtout la personne qui s'est immolée devant moi...", a-t-il indiqué.

Didier Tiberghien a témoigné avoir vu "une dame enflammée comme une torche qui sortait du bureau et qui m'appelait à l'aide +Aidez-moi monsieur, aidez-moi monsieur+".

Cette dame de 52 ans, qui a une fille et un fils qui vivait avec elle, s'était rendue à la permanence du maire lundi pour des problèmes de voisinage, a-t-il expliqué, encore "très choqué".

Connue des services de police, la victime, qui n'avait cependant aucun antécédent judiciaire, "entretenait des relations difficiles et conflictuelles avec le voisinage. C'étaient des problèmes a priori anodins, des problèmes de menaces, d'injures qui prenaient pour elle une dimension importante et peut-être disproportionnée par rapport à la réalité", selon le commandant Thierry Courier, chef de la circonscription de police d'Hazebrouck, lors d'un point-presse.

Une cinquantaine de mains courantes et de plaintes, avaient été déposées par la dame à l'encontre du voisinage qui s'était également plaint auprès de la police.

Le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête préliminaire pour recherche des causes des blessures graves.

journakeuf:Nouvelobs

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:46

L’histoire récente, celle des luttes anticolonialistes des années 1950-1960, puis celle des luttes du quotidien ou des prisons des années 1970 ont montré à quel point le droit en général et les procédures judiciaires en particulier étaient des espaces de lutte qu’il était nécessaire d’investir à un moment donné. Pourtant à entendre certains discours, on a l’impression que cette mémoire là s’est évanoui et n’a pas été transmise. Cet article propose quelques pistes à ce propos…

Depuis une quarantaine d’années, le nombre de prisonniers ne cesse de croître, justifiant, sans aucun vrai débat, la mise en chantier de nouvelles prisons, au nom de « l’humanisation » des conditions de détention. Le 1er avril dernier, la population carcérale s’élevait à 67 161 prisonniers. En février, l’assemblée nationale a voté la construction de 24 000 places supplémentaires. Presque dans le même temps, pour présenter son rapport annuel, Jean Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, déclarait lors d’une interview sur France Inter que si la Justice punissait comme il y a trente ans, il y aurait 30 000 détenus. Il a aussi indiqué que la population pénale avait doublé en quarante ans (ce qui n’est pas le cas de la population française). Les peines prononcées sont plus lourdes. Les libérations conditionnelles se réduisent. On incarcère davantage. On peut ainsi poser l’hypothèse que la répression s’est intensifiée, d’autant plus que le nombre de prisonniers n’est que la partie émergée de l’iceberg judiciaire. Ce chiffre ne prend pas en compte le nombre de procédures, les mesures de contrôle judiciaire, les amendes, les peines avec sursis, les travaux d’intérêt général, etc. C’est un effet de la politique de la « tolérance zéro » qu’il serait plus juste d’appeler « intolérance maximum » à l’égard des pauvres, des étrangers, des « déviants », de personnes investies sur des terrains très divers n’acceptent pas l’ordre établi, toutes ces personnes non conformes à un modèle et qui se retrouvent en première ligne de cette guerre sociale qui ne dit pas son nom (1). Cette situation n’a rien d’une fatalité. Elle est le produit d’une politique incarnée par des politiciens, des policiers, des juges, des experts de toutes sortes et autres criminologues, relayés par des journalistes. C’est un processus mais un processus n’est pas inéluctable. Il peut s’enrayer, dévier. C’est ce qui a pu se passer dans les années 1970 avec des militants du Comité d’action des prisonniers qui ont transformé en espace de lutte un certain nombre d’affaires judiciaires (2). Le CAP a sorti la stratégie judiciaire de l’arène des procès politiques pour l’installer sur le terrain social, et ses extensions dans la justice de « droit commun », la justice du quotidien. La stratégie judiciaire (3), c’est le titre d’un livre de l’avocat Jacques Vergès, publié en 1968, écrit à partir de son expérience de la défense des membres du FLN algérien mais aussi de celle de l’avocat communiste Marcel Willard qui avait été désigné par Dimitrov pour le procès de l’incendie du Reichtag, à Leipzig, en 1933. Willard était un des piliers du Secours rouge international, fondé à Moscou en 1922, pour soutenir, de par le monde, les emprisonnés communistes et leurs familles. A la fin des années 1920, le Secours rouge a créé l’Association juridique international. C’est dans ce cadre qu’a commencé à être pensée la défense, en terme politique, dans le cadre d’un procès. Cette association disparaît en 1939 avec l’interdiction du Parti communiste français. Après la Libération, le combat judiciaire ressurgit avec la succession des procès de militants des luttes de libération nationale (Madagascar, Côte d’Ivoire, Algérie), avec ses ruptures et ses continuités. Puis dans les années 70, dans le contexte très conflictuel de cette période, il sortira de son ghetto politique pour s’étendre à l’ensemble du champ social et de ses contradictions, à partir d’un mouvement, le CAP, qui avait affirmé dès son émergence, que tout prisonnier était politique. Dans cet article, nous allons aborder d’une part ce processus historique qui a posé d’une certaine manière les rapports entre l’institution judiciaire, l’accusé et l’avocat, notamment dans le contexte des luttes anticoloniales et d’autre part les outils, les méthodes qui permettent de mieux définir la défense libre, à la fin des années 1970 et qui ont posé de leur point de vue la question du rapport entre les pratiques de défense et les luttes sociales.

Instrumentaliser le procès à des fins de propagande En 1922, le Secours rouge international est fondé à Moscou afin de porter aide et assistance aux militants communistes emprisonnés de par le monde, notamment en ce qui concerne l’assistance juridique tout en réalisant un travail de propagande en partant de cette réalité là. L’avocat communiste français, Marcel Willard y joue un rôle très actif. Quelques années plus tard, le Secours rouge crée l’Association juridique internationale (AJI) afin de s’adresser directement aux professionnels du droit (avocats, professeurs…). L’objectif est d’enrôler le droit dans le combat politique (4). Le néologisme « innocentisme » n’existait pas encore mais il aurait pu apparaître dans les débats autour des questions de défense des militants emprisonnés. L’AJI se réfère ainsi à la « Lettre sur la défense » de Lénine, écrite en 1905, adressée à des emprisonnés de Moscou, membre du POSDR, le Parti social-démocrate de Russie dans laquelle il oscille entre le déni de toute légitimité de l’institution judiciaire et l’exploitation de tous les moyens d’expression offerts par la garantie des droits de la défense. Lénine insiste sur la nécessité d’instrumentaliser le tribunal à des fins de propagande politique. Sur ces bases, l’AJI va essayer de faire du droit, un instrument de lutte politique en partant d’un combat pour les droits de la défense, et en utilisant selon des contextes très différents les ressources offertes par les démocraties bourgeoises ou des régimes autoritaires. Les membres de l’AJI, dans les années 1930, sont confrontés à la question coloniale, dans la défense de militants indochinois. Ils dénoncent alors une justice de classe et une justice de race. De cette expérience de l’AJI, Willard va tirer un livre, La défense accuse, paru en 1938 et dont Vergès s’inspirera en partie quand il écrira la Stratégie judiciaire, en 1968. Le titre de ce livre annonce un basculement. Ca n’est plus l’accusation qui accuse, c’est la défense. C’est un renversement considérable dans la manière de concevoir une défense. Willard y définit le rôle de l’avocat comme celui d’un militant qui doit se mettre au service de ses camarades tout en mettant à leur service les ressources de son expérience judiciaire. Mais ce type de défense reste confiné dans le cadre de procédures incriminant des militants politiques. On avait déjà rencontré des situations où l’accusé devenait accusateur, comme lors du procès de l’anarchiste illégaliste Jacob, à Amiens, en 1905. Mais avec ce qui s’amorce dans la démarche de l’AJI, la défense est théorisée et pensée dans un cadre beaucoup plus collectif, avec des pratiques dans des contextes différents, avec des écrits qui peuvent circuler et toucher d’autres milieux. Durant cette période, Marcel Willard va former des avocats qu’on va retrouver dans tous les combats judiciaires liés à la question coloniale, notamment le procès des parlementaires malgaches, en octobre 1948, celui des dirigeants du RDA (Rassemblement démocratique africain) et les procès des indépendantistes algériens, à partir des années 1950.

Les avocats s’organisent en collectif

En Algérie, avant les opérations militaires de grande envergure, le gouvernement français privilégie la voie judiciaire. A partir de 1950, la police démantèle l’OS (Organisation spéciale) du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) avec l’arrestation de 363 militants dont 252 seront renvoyés devant des tribunaux correctionnels, sous l’accusation d’association de malfaiteurs, détention d’armes et d’atteinte à la sureté de l’Etat. En France, le contexte n’est pas du tout favorable. Les partis politiques locaux ne prennent pas en charge cette cause. Les militants incriminés sont criminalisés dans des procès de droit commun dont l’audience a lieu à huis clos (5). Les avocats vont ainsi jouer un rôle central dans cette situation où ils vont faire le lien entre les accusés emprisonnés, le mouvement auxquels ils appartiennent qui fixe les objectifs politiques de la défense et l’information plus large, notamment en métropole. De plus on est dans une situation bien précise où des personnes sont jugées par les institutions d’un Etat qu’elles ne reconnaissent pas. Par rapport à ce contexte, le MTLD choisit de se défendre. Les avocats s’organisent en collectif pour assumer une rotation entre la métropole et l’Algérie et pouvoir répondre tout le temps à une situation nouvelle. La relation avocat/client se reconfigure avec la mise en place d’un système de défense collective. Et même si les accusés ne reconnaissent pas les institutions françaises, leurs avocats plaident aussi par rapport à la procédure en déposant des conclusions visant à la nullité des débats, avec la dénonciations des méthodes policières (l’usage de la torture), le non respect des libertés publiques et l’illégitimité du colonialisme : « L’avocat engagé dans les procès de l’OS contribue à finaliser en termes juridiques un argumentaire politique construit hors des prétoires par le MTLD. Mais en même temps, les avocats tentent d’offrir aux stratégies organisationnelles une assise juridique en démontant les mécanismes de l’article 80 [celui qui crée les conditions de la justice d’exception pour ces procès]. Leur argumentation tourne de l’acception juridique du terme « entreprendre », différent selon eux de « tenter » et qui suppose un commencement d’exécution, restant à prouver dans le cas de l’OS. » (6). Cette bataille sur le sens des mots se retrouvera dans les pratiques de la défense libre. Du juridique, la défense peut alors revenir au discours politique en montrant les contradictions entre ces procédures issues des institutions de la Troisième république qui proclamait ouvertement son impérialisme et la Quatrième qui annonce dans le préambule de sa constitution que « la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs affaires » (article 18 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946). Dans ce contexte, la défense rentre dans un processus complexe dans lequel interviennent à des niveaux différents, les avocats engagés et les dirigeants politiques. Elle se focalise sur deux aspects : la publicité des débats par rapport au huis clos et la dénonciation de la pratique généralisée de la torture par rapport à la mise en avant des aveux des accusés. La position de ce collectif est traversée par des contradictions. Il est composé en partie d’avocats communistes. Or la position du PCF est plus qu’ambigüe sur la question de l’indépendance algérienne. De même ces avocats se retrouvent avec d’autres défenseurs, des avocats d’autres courants politiques mais aussi des avocats traditionnels, inscrits au barreau d’Alger.

Rupture ou connivence Aussi les contradictions vont s’envenimer au sein de ce collectif avec les procès du FLN, directement liés à l’état de guerre, après 1954, notamment avec l’arrivée de Jacques Vergès. En 1956, le parlement français vote les pleins pouvoirs à l’armée. Les députés communistes se joignent à ce vote. En 1957, la bataille d’Alger commence mettant aux prises les indépendantistes algériens avec la dixième division parachutiste commandée par le général Massu. Avocat depuis 1955 et membre du PCF, Vergès se rend en Algérie en 1957. Il se rend alors compte qu’il est en désaccord sur l’organisation de la défense des militants du FLN. Le premier collectif de défense du FLN avait pris fin avec l’arrestation de tous les avocats algériens au cours de la bataille d’Alger. Vergès repose les bases de la défense et en 1958, le FLN tranche en sa faveur. Entre temps, il avait quitté le PC (en ne reprenant pas sa carte). C’est la naissance du deuxième collectif (7). Le livre de Marcel Willard est son guide. En lisant ce livre, il se rend compte que le système de défense dépend avant tout du contexte. « A y réfléchir, dit-il, j’ai pensé qu’en fait, ce n’était pas le caractère politique de l’infraction qui détermine le style de défense ». Le critère de distinction, c’est l’attitude envers le tribunal. Celle-ci peut être de rupture ou de connivence. Il y a connivence entre l’accusé, son avocat, le procureur, le président, la chronique judiciaire quand la défense cherche à montrer que l’accusé a des circonstances atténuantes et qu’il n’est pas si mauvais que ça. Il y a rupture quand l’accusé exprime une contradiction qui ne peut relever de la justice. La logique de la répression veut que le fait criminel, c’est-à-dire l’infraction légale, soit isolée de son contexte. Pour juger une infraction, il faut l’isoler. La défense de rupture, selon Vergès, est une manière de désenclaver le procès, de l’ouvrir sur la vie. La défense de rupture, c’est ôter à la justice son mystère, faire apparaître son caractère de violence légale et faire en sorte que dans un procès s’affrontent deux violences, celle de la loi et celle de l’individu. Aussi, elle implique l’adhésion de l’accusé et nécessite un minimum d’organisation. D’où le concept dont la mise en pratique va se renforcer, celui d’équipe de défense. Le rôle de l’avocat passe un peu plus au second plan (8). En 1962, l’Algérie devient indépendante. Les militants indépendantistes sont libérés. Après s’être inscrit au barreau d’Alger, Jacques Vergès s’installe en Algérie. Il dirige la revue Révolution africaine. Il défend aussi des militants palestiniens. Il quitte l’Algérie assez vite, revient après le coup d’état de Boumediene, voyage beaucoup. En mars 1970, il disparaît et ne réapparaîtra à Paris qu’en décembre 1978 et il entre immédiatement en contact avec le CAP par l’intermédiaire de l’écrivain Georges Arnaud. En 1968, il avait publié la stratégie judiciaire. Le comité d’action des prisonniers va s’approprier la stratégie judiciaire et en faire un véritable outil de lutte par rapport à ses problématiques. Le CAP s’est constitué à la fin de l’année 1972, porté par d’anciens prisonniers de la Centrale de Melun qui y avaient mené des luttes exemplaires contre la prison. Leur objectif est de continuer la lutte contre la prison en menant de front à la fois des revendications immédiates mais aussi en construisant des perspectives sur du plus long terme, comme l’abolition de la prison. Pour cela ils entendent créer un grand rassemblement de prisonniers et d’anciens prisonniers autour d’une analyse de classe de la prison – cette analyse les amenant à affirmer que tout prisonnier est un prisonnier politique. Mais à l’intérieur du CAP a émergé un autre groupe de personnes qui n’avaient pas subi de longues années d’emprisonnement, qui étaient contre la prison et la justice mais qui n’avaient pas pour objectif de créer un mouvement de masse et qui estimaient qu’un seul prisonnier en lutte donnait l’occasion à l’ensemble d’un groupe extérieur de lutter contre la prison. Nous les appellerons le groupe des « activistes ». C’est leur stratégie qui a été mise en œuvre lors des grandes campagnes du CAP : le droit de lire en prison, la diffusion du journal, la campagne contre les Quartiers de haute sécurité. Pour Jean Lapeyrie qui en est une des figures, l’important, c’est de se battre pour gagner, autrement dit se fixer des objectifs réalisables, palpables tout en les inscrivant dans la perspective du mouvement. Dans cette optique, la stratégie devient fondamentale : il faut définir la situation, se fixer un but politique à atteindre et mettre en place une tactique, notamment en constituant un front de lutte à partir des contradictions du système. Lapeyrie découvre la stratégie judiciaire, le livre de Vergès, alors qu’il était écroué à Blois, en 1976, suite à la révocation d’un sursis. Là, son avocat, Christian Revon, lui amène le livre qui tout de suite fait écho à ce qu’il pensait intuitivement.

Un rapport de force inhérent à toute situation juridique La stratégie judiciaire passe ainsi sur le terrain du « droit commun ». « Notre présence sur le terrain du droit, dit J. Lapeyrie, a toujours eu pour principe que l’illégalité était en face. Notre système de valeur est simple : nous démontrons sur le terrain du droit, quand ça nous rend service, que ce sont les autres qui sont incapables de respecter aucune légalité ni aucun droit » (9). A partir de 1975, se mettent en place des boutiques de droit. Des militants du CAP comme Agnès Ouin et J. Lapeyrie s’investissent dans celle du 19éme arrondissement de Paris au côté du juriste Dominique Nocaudie et de l’avocat Christian Revon. Dans le numéro 45 du CAP, en octobre 1977, cette boutique de droit explique son positionnement : l’individu doit lutter dans le rapport de force qui est inhérent à toute situation juridique qu’il vit au jour le jour. C’est la base de l’expérience de la boutique du 19éme. Deux principes sont posés, d’une part la discussion collective et d’autre part l’autodéfense (par la suite ce terme sera abandonné au profit de « défense libre ») Ce sont les isolés, ceux qui ne peuvent faire admettre leur vérité, celle de l’insolvable, celle du mal logé, celle du voleur, celle du marginal qui fréquentent les boutiques. La demande est le plus souvent individuelle. La discussion collective a pour but de rompre l’isolement et de faire prendre conscience à tout le monde que son problème n’est pas unique. Chacun exprime sa façon de voir ce qui doit permettre à la personne de situer son problème dans son contexte social, psychologique, familial. L’aspect juridique intervient ensuite et il est lui aussi débattu avec la personne afin qu’elle le saisisse le mieux possible. Le but de cette discussion est la prise en main par la personne de son propre problème, avec l’aide d’un groupe. Par cet échange, le problème se trouve situé dans le rapport de force qui le sous-tend. Le vrai problème n’est pas juridique. Il est situé dans son contexte et il sert à analyser les mécanismes du rapport de force en jeu pour préciser les motivations et le but à atteindre, compte tenu des désirs de la personne et enfin envisager des solutions possibles. La défense de rupture s’impose lorsque le problème est insoluble par les moyens juridiques traditionnels. Elle se situe alors à un deuxième niveau. On peut parler d’attitude de rupture dans la démarche de la personne lorsque celle-ci cherche à renverser le sens des textes de loi, règles, usages, bienséances qui ne sont souvent que l’expression institutionnelle d’un rapport de force préétabli. Elle consiste ainsi à déplacer le débat du contexte juridique au contexte sociologique, psychologique, politique, etc. Comme nous le voyons, le concept de défense de rupture, forgé dans la violence de la répression des luttes anticoloniales en étant approprié par des juristes militants d’un quartier populaire de Paris est passé sur le terrain de la justice du quotidien. Ensuite cette stratégie n’est plus limitée à une audience mais prend en compte tout le processus de la procédure judiciaire dont une éventuelle audience n’est que l’aboutissement. C’est là que la question de l’accès au dossier devient centrale. « Que fait l’accusation ?, demande Dominique Nocaudie. Elle utilise des procédés vieux comme le monde : puisqu’elle n’a pas la preuve, elle s’auto-convainc en faisant procès verbal sur procès verbal, rapports sur rapports sur ce qui est reproché à quelqu’un. Si l’accusé a fait des aveux, c’en sera fini de lui. Les pièces de l’accusation deviendront évidences ». C’est là qu’il est primordial d’accéder au dossier afin de connaitre sur quoi se fonde véritablement l’accusation, c’est-à-dire de quoi est-on précisément accusé. Agnès Ouin va mener une lutte concrète sur cette question. En 1976, elle comparaît à Paris pour outrage à agent. En fait, elle avait résisté aux policiers qui, en toute illégalité, voulaient l’empêcher de vendre le CAP devant la prison de la Santé. Elle se défend sans avocat. Elle démonte l’accusation qui ne repose que sur la parole des policiers et elle revendique pour se défendre, l’accès à son dossier. Celui lui est refusé. La cour d’appel confirme ce refus. Elle se pourvoit alors en cour de cassation qui rend un arrêt mitigé en février 1978 : celle-ci reconnaît le droit à tout prévenu d’avoir connaissance de l’intégralité des pièces de la procédure. Mais les avocats conservent leur position d’intermédiaire puisque l’accès au dossier doit se faire par leur entremise. Toutefois, la cour reconnait que l’avocat peut être récusé ensuite par son client, une fois la consultation effectuée. La question de la place de l’avocat est à nouveau posée. Le CAP affirme que la défense doit être libre pour être efficace. En 1977, le CAP rappelle que : « L’accusé, l’inculpé, le prévenu sont toujours maitres de leur dossier, l’avocat n’est que leur instrument. C’est d’abord aux clients des avocats de ne pas se laisser déposséder de leurs pouvoirs par des professionnels ». De même Babette Auerbacher, juriste, « handicapée méchante » et pas encore avocate affirme qu’un inculpé doit assurer sa défense lui-même et être assisté par qui il veut. Mais il doit pour cela exiger le respect des droits de la défense avec un temps de parole équitable et la possibilité d’interroger lui-même les témoins.

La défense libre

En 1980, le CAP s’auto dissout. Jean Lapeyrie reprend le titre et lance une deuxième série du journal qui devient la revue de la stratégie judiciaire. Entre temps Babette Auerbacher est devenue avocate et travaille avec Jacques Vergès. Dominique Nocaudie fait aussi partie du groupe avec le juge Etienne Bloche, le seul magistrat qui ait écrit dans le CAP. La revue est un élément central de cette immersion de la stratégie judiciaire dans des affaires très communes. Ces exemples concrets permettent de comprendre le fonctionnement de l’institution judiciaire. Ils contribuent à démystifier le droit et à le replacer dans son contexte. Ils montrent aussi qu’il est possible de gagner en utilisant ces méthodes. Le terme de défense libre s’est substitué à celui de défense de rupture jugé trop galvaudé. Deux rencontres, les assises de la défense libre, vont approfondir ce concept : en 1980, celle de la Sainte Baume à côté d’Aix en Provence puis en 1983, celle de Ligoure, à côté de Limoges. Là les pratiques y sont discutées, analysées en présence de nombreux intéressés.

« La défense libre, dit Jean Lapeyrie, c’est la nécessité à laquelle est confrontée tout justiciable qui se retrouve seul face à l’ordre judiciaire dans une procédure. Face à un tribunal, l’alternative n’existe pas. Le seul choix auquel les justiciables sont soumis est d’accepter de perdre ou de vouloir gagner. La philosophie judiciaire est simpliste, la combattre est simple. Par contre et par ailleurs, les champs de bataille où ce combat se livre sont multiples, changeants et complexes. »

Le CAP n’existe plus, ni la Boutique de droit du 19éme, ni le Réseau défense libre, ni le Comité d’action prison-justice mais il reste cette boite à outils qu’ils ont construit dans la lutte, dans la confrontation parfois très dur avec le pouvoir mais avec des victoires certaines. Et cette boite à outils ne demande qu’à resservir, à évoluer. C’est sans doute un des enjeux de notre période où un certain nombre de personnes sont confrontées directement ou indirectement à la répression.

Christophe

1. Sur cette mise en place de cette politique de la « tolérance zéro », il est intéressant de consulter le livre du magistrat Serge Portelli, Le Sarkozysme sans Sarkozy, Grasset, 2008
2. Pour en savoir plus à propos du CAP, lire le livre de Christophe Soulié, Liberté sur paroles, contribution à l’histoire du comité d’action des prisonniers, Analis, 1995 – diffusé actuellement par L’Envolée, 43, rue Stalingrad, 93100 Montreuil
3. Jacques Vergès, La stratégie judiciaire, Minuit, 1968
4. Sur l’AJI, on peut consulter l’article " l’invention du droit comme arme politique.."XXème siecle, revue d’histoire 1/2005, n° 85, p. 31-43.
5. Elbaz Sharon. "L’avocat et sa cause en milieu colonial. La défense politique dans le procès de l’Organisation spéciale du mouvement pour le triomphe des libertés en Algérie (1950-1952),In Politix, vol 16, n° 62, 2ème trimestre 2003, pp. 65-91.
6. Elbaz Sharon, op cit 
7. La stratégie judiciaire hier et aujourd’hui, J. Vergès, J. Lapeyrie, S. Douailler et P. Vermeren in Les Révoltes logiques n°13, hiver 1981, pp 64-81
8. Par rapport aux pratiques de défense mise en œuvre par le deuxième collectif de défenseurs du FLN, on peut se reporter au livre d’Hervé Hamon et Patrick Rotman, Les porteurs de valise, Seuil, 1982
9. La stratégie judiciaire hier et aujourd’hui, op cit

 

Se défendre Un texte de Michel Foucault

 

Voici un texte écrit par Michel Foucault pour les premières assises de la défense libre, à La Sainte Baume, en 1980. Foucault en est le seul auteur mais il a été cosigné par Jean Lapeyrie, Dominique Nocaudie et les avocats du réseau défense libre, Henry Juramy, Christian Revon et Jacques Vergès.

1- Evitons d’abord le problème ressassé du réformisme et de l’anti-réformisme. Nous n’avons pas à prendre en charge les institutions qui ont besoin d’être transformée. Nous avons à nous défendre tant et si bien que les institutions soient contraintes de se réformer. L’initiative doit donc venir de nous, non pas sous forme de programme mais sous forme de mise en question et sous forme d’action.

2- Ce n’est pas parce qu’il y a des lois, ce n’est pas parce que j’ai des droits que je suis habilité à me défendre ; c’est dans la mesure où je me défends que mes droits existent et que la loi me respecte. C’est donc avant tout la dynamique de la défense qui peut donner aux lois et aux droits une valeur pour nous indispensable. Le droit n’est rien s’il ne prend vie dans la défense qui le provoque ; et seule la défense donne, valablement, force à la loi.

3-Dans l’expression « Se défendre », le pronom réfléchi est capital. Il s’agit en effet d’inscrire la vie, l’existence, la subjectivité et la réalité même de l’individu dans la pratique du droit. Se défendre ne veut pas dire s’auto défendre. L’auto-défense, c’est vouloir se faire justice soi-même, c’est-à-dire s’identifier à une instance de pouvoir et prolonger de son propre chef leurs actions. Se défendre, au contraire, c’est refuser de jouer le jeu des instances de pouvoir et se servir du droit pour limiter leurs actions. Ainsi entendue, la défense a valeur absolue. Elle ne saurait être limitée ou désarmée par le fait que la situation était pire autrefois ou pourrait être meilleure plus tard. On ne se défend qu’au présent : l’inacceptable n’est pas relatif.

4-Se défendre demande donc à la fois une activité, des instruments et une réflexion. Une activité : il ne s’agit pas de prendre en charge la veuve et l’orphelin mais de faire en sorte que les volontés existantes de se défendre puissent venir au jour. De la réflexion : se défendre est un travail qui demande analyse pratique et théorique. Il lui faut en effet la connaissance d’une réalité souvent complexe qu’aucun volontarisme ne peut dissoudre. Il lui faut ensuite un retour sur les actions entreprises, une mémoire qui les conserve, une information qui les communique et un point de vue qui les mettent en relation avec d’autres. Nous laisserons bien sûr à d’autres le soin de dénoncer les « intellectuels ». Des instruments : on ne va pas les trouver tout faits dans les lois, les droits et les institutions existantes mais dans une utilisation de ces données que la dynamique de la défense rendra novatrice.

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:17

La police est arrivée sur les lieux vers 7h30 mardi (Photo Eric Schultz)

L’expulsion a eu lieu ce mardi matin au squat du 2 route des Romains. Les occupants et les membres de l’imprimerie associative Papier Gâchette se sont mobilisés pendant plusieurs jours pour protester contre cette expulsion programmée. Dans le cadre de l’aménagement de l’entrée de Koenigshoffen, la Ville veut récupérer l’immeuble et le démolir. Depuis le 24 octobre, date de la visite de l’huissier, certains élus ont choisi leur camp.

 

Mardi, 7h30 heures, une quarantaine de policiers a débarqué au 2 route des Romains. Les forces de l’ordre étaient attendues depuis une semaine. En début de matinée, les policiers ont d’abord procédé à l’expulsion des occupants du squat. L’évacuation a d’abord eu lieu dans le calme mais il y a eu quelques bousculades et tirs de grenades lacrymogènes. La porte et les fenêtres du bâtiment ont été murés vers 8h30. Dehors, un rassemblement d’une petite centaine de personnes a assisté à l’opération, en scandant des slogans de soutien.

 

Vidéo : Jean-Claude Meyer / La Feuille de Chou

Hier, lundi il faisait -4 degrés devant les lieux. Ce qui ne décourageait pas la petite dizaine de personnes présente à l’extérieur de monter la garde. Emmitouflés dans de grosses écharpes, ils tenaient comme ce matin le pavé depuis six heures du matin, l’heure légale à partir de laquelle la police peut faire évacuer les lieux. Elle était attendue d’une minute à l’autre : un huissier ayant déposé l’avis d’expulsion le 24 octobre et jeudi 1er novembre, débute la « trêve hivernale », qui empêche toute expulsion…

Du coup, les « Gaulois », comme ils s’appellent eux-mêmes, ont choisi de se relayer : un groupe se charge de faire le guet, un autre se réchauffe. L’objectif est d’être en mesure de donner l’alerte à tous ceux qui ont laissé leurs coordonnées au groupe pour être prévenus par SMS et débarquer en même temps que les forces de l’ordre.

Sur les coups de 8h30 lundi, une camionnette est venue pour murer l’entrée. Après être restée garée devant l’immeuble un peu moins de deux heures, elle a rebroussé chemin. Les employés auraient eu pour consigne de revenir mardi, selon le blog du squat

Silence chez les squatteurs, vifs échanges entre élus

Du côté des courageux qui bravent le froid en attendent que « ça bouge », c’est silence radio :

« Aujourd’hui, on est directement menacés. L’heure n’est pas aux discours. Il faut juste qu’on agisse, et c’est ce qu’on fait en restant sur place. On ne veut pas se retrouver à la rue cet hiver. Avant de prendre une décision aussi grave que celle de nous expulser, les politiques devraient déjà se mettre d’accord entre eux. »

Allusion aux échanges acrimonieux entre plusieurs élus de la majorité municipale, dont Paul Meyer et le maire de Schiltigheim, Raphaël Nisand.

Echanges inhabituels entre élus socialistes sur Facebook (capture d'écran)

Eric Schultz, conseiller municipal EELV (Europe Ecologie Les Verts) soutient l’action des « Gaulois » et se risque à plus de précisions :

« Je n’ai pas accès au dossier, mais je me demande tout de même quelle mouche a piqué Raphael Nisand pour qu’il fasse capoter les négociations alors qu’il y a six mois à peine il soutenait ces gens. J’espère qu’il ne se sert pas de ce problème pour régler ses comptes. Le hasard est rare en politique. Ce n’est pas impossible que ce retournement de situation soit pour lui l’occasion de se venger après qu’il ait dû céder sa place aux élections législatives. Les occupants de ce bâtiment ne doivent pas être otages de mésententes politiques. »

Le conseiller municipal trouve la situation aberrante et assure qu’il sera aux côtés des occupants s’ils venaient à se faire expulser, histoire de « s’assurer que tout le monde soit bien traité ».

(Photo SB / Rue89 Strasbourg)

Raphaël Nisand confirme : Papier Gâchette et les squatteurs, « un problème de Strasbourgeois »

Quant à Raphael Nisand, le maire de Schiltigheim, il s’évertue à rappeler que cette histoire ne concerne ni sa ville, ni ses habitants :

« Avec Bischheim, Schiltigheim est la commune qui recense le plus de logements sociaux dans la CUS. Nous sommes déjà à 35%. Papier Gâchette est une association de squatteurs, j’ai en ma possession tous les jugements qui leur ont ordonné de quitter les lieux depuis 2007. Quand bien même on leur laisserait les locaux du centre de tri, ils ont à plusieurs reprises avancé qu’ils ne quitteraient pas la route des Romains. Ce sera donc une double perte. Les municipalités de (Robert) Grossmann et de (Philippe) Bies se sont déjà cassées les dents sur ce problème, je ne vois pas pourquoi nous devrions l’assumer, d’autant plus que cette imprimerie n’a aucun rapport avec Schiltigheim. »

L’élu socialiste en profite pour donner sa version au sujet de la vidéo de 2011 le montrant ravi de voir que le centre de tri « va continuer à servir » grâce à Papier Gâchette :

« Je me suis rendu ce jour-là sur le site du centre de tri sans savoir qu’il s’agissait de squatteurs. Le samedi qui précédait cette manifestation, j’ai lu dans les DNA que des artistes feraient une inauguration symbolique. J’étais à mille lieues d’imaginer leur situation juridique. Si cela avait été le cas, j’aurais évidemment refusé. »

Pour ceux qui laissent entendre que sa décision est l’expression de désaccords politiques avec Philippe Bies, sa réponse est claire :

« J’ai toujours mené mon mandat de maire en totale déconnexion d’autres enjeux. Il n’y a aucune considération de cet acabit. Si l’on suit cette logique, toutes mes décisions peuvent être vues par ce prisme, ce n’est pas sérieux. »

(Photo SB / Rue89 Strasbourg)

La Ville inflexible

La position de la ville de Strasbourg reste quant à elle inchangée, comme en attestent les propos de Patrick Pincet, le directeur de cabinet de Roland Ries  :

« Ces locaux sont occupés de manière illégale et il semblerait qu’une poignée d’irréductibles se soient joints à ce mouvement. Je ne suis pas persuadé qu’ils aient un grand rapport avec l’imprimerie associative. On peut faire un travail très sympathique, mais cela ne donne pas le droit de s’installer où on veut. Ces gens ne sont pas des victimes. Quand on a des avantages pendant si longtemps, il faut savoir accepter qu’ils prennent fin. »

Depuis le refus « tardif et brutal » du maire de Schiltigheim, la mairie a proposé un autre point de chute à Papier Gâchette, rue du Rempart. Seulement, les locaux ne seront disponibles qu’à partir du mois d’avril. D’ici là, la mairie s’engage à faire « son possible » pour trouver une solution provisoire. Lesmembres de Papier Gâchette doutent et préféreraient une solution concrète pour leur atelier et le matériel qu’ils y stockent avant de quitter le squat.

Lundi, la CUS a envoyé un courrier aux « Gaulois » pour leur rappeler les décisions prises à leur encontre. Dans l’immédiat, ni la mairie, ni le collectif ne semblent être prêts à faire de concessions alors que la trêve hivernale est imminente.

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 19:16

Depuis le 15 octobre, les quelques hectares de bocage au sud de Notre-Dame-des-Landes sont le théâtre d’une guerre bien singulière. La préfecture a déclenché les procédures d’expulsion des lieux occupés sur cette zone en lutte depuis 40 ans contre la construction du nouvel aéroport de Nantes. La démesure des forces engagées (500’000 euros, 1500 policiers, sans compter les pelleteuses, camions-bennes, etc. et les ouvriers attachés) n’a pourtant pas suffi à expédier une opération censée durer 48 heures. En effet, sur place, la réaction a été immédiate et organisée : de nouvelles barricades surgissent quand d’autres sont renforcées, toutes sont défendues et les habitants voient affluer les renforts des villes alentours par dizaines. Le conflit prend des allures de guerre irrégulière, où l’invincibilité et le surnombre apparent des forces de l’ordre est mis à mal par le terrain en faveur des opposants. Là où les cars ne connaissent que routes et barrières, nous nous frayons des chemins à travers le maïs et les haies, apparaissons et disparaissons à notre aise dans un espace qu’ils ne peuvent pas comprendre à partir de leurs outils. Les haies sont les murs derrière lesquels nous nous cachons, les bois deviennent les foules dans lesquelles on se disperse, les chemins de terre se transforment en ruelles jonchées d’arbres tronçonnés. Quand certains tiennent les barricades stratégiques, d’autres groupes mobiles peuvent perturber les déplacements et les interventions policières. La communication entre les groupes est bien rodée : une radio (107.7 fm) et des talkies relais diffusent les informations relatives à l’ennemi, les besoins de chaque lieu et les nécessités de renforts.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0711.jpg

Les présences là-bas peuvent véritablement varier selon les envies de chacun. Se prêter à ce jeu tactique dans la boue ou préparer des vivres pour tenir la durée du combat sont le plus évident. Il serait aussi possible d’empêcher les flics de dormir à coups de casseroles devant leurs hôtels, ou simplement se déplacer dans la zone pour faire masse et les empêcher de nous isoler. Qu’on ne s’y trompe pas, si toutes les hypothèses ont pu prévaloir par le passé sur les méthodes à utiliser pour combattre le projet, il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul front, et c’est celui, concret, qui s’est ouvert il y a deux semaines.

Cet appel s’adresse à tous ceux qui ne peuvent pas se faire à la destruction de cet espace par la construction d’un aéroport, à tous ceux qui ont passé des heures à fantasmer devant des films sur la possibilité du maquis, à tous ceux qui ont envie de se lancer dans un jeu de pistes où les enjeux (et les risques) sont bien réels. Pour venir, le mieux est d’arriver bien équipé : bottes, k-way, sac de couchage, un peu de nourriture, lampes de poche, carte IGN, des chaussettes de rechange, des tronçonneuses et des pioches, de quoi se masquer le visage (la police filme beaucoup), des masques à gaz, des lunettes de plongée et du Maalox contre les lacrymogènes etc. Venir se battre à la ZAD c’est aussi avoir en tête que la temporalité est souvent incertaine : entre les batailles et les mauvais coups, le temps s’effile, on cherche quoi faire. Y venir implique d’être déterminé à jouer sa propre partie tout en se tenant attentif à tout ce qui participe de la situation.

Les dernières nouvelles venant de là-bas sont bonnes. Trois des lieux expulsables à partir de demain (samedi 27 octobre) ont eu des délais supplémentaires. Jusqu’au 15 novembre pour les Rosiers et jusqu’au 27 décembre pour la Sécherie. Quant à la Saulce une grande Street-Party est organisée à partir de ce soir et pendant tout le week-end. Un campement légal sera monté à proximité avec de quoi dormir, manger et se retrouver. Cependant tous ceux qui disposent de barnums, chapiteaux, cantines, sonos puissantes ou tout autre aide logistique sont invités à nous rejoindre.

Qu’à partir de maintenant un maximum de personnes affluent à la ZAD

Tous les rendez-vous précis, les cartes, et les infos minute par minute ici

                                                    De la Maison de la Grève, vendredi 26 octobre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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