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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:59

par Franz Peultierle 17 avril 2013

N° 24 de notre sélection bimestrielle d’articles de critique des médias parus sur le Web et disponibles gratuitement. Présentation thématique des articles publiés en février et mars 2013. 

Il y a eu, ou il devrait y avoir, un « choc de simplification » (de l’État), puis un « choc de moralisation » (de la vie politique). Et dans les médias ? Il y a des chocs de sexisme, des chocs de malhonnêteté, des chocs photographiques, des chocs de propositions et d’autres chocs divers…

Chocs de sexisme

- Femen partout, féminisme nulle part (monde-diplomatique.fr, 12/03) – « L’intérêt pour les Femen s’avère parfaitement compatible avec l’antiféminisme le plus grossier. […] Même méfiance quand on voit Charlie Hebdo, bastion de l’humour de corps de garde, dont les dessins répètent semaine après semaine que la pire infamie au monde consiste à se faire sodomiser, c’est-à-dire à se retrouver dans une posture « féminine » (15), collaborer avec les Femen pour un numéro spécial (6 mars 2013). En couverture, le dessin de Luz reprend un visuel du groupe qui montre ses militantes brandissant une paire de testicules. Le cliché des féministes hystériques et « coupeuses de couilles », couplé à l’esthétique publicitaire : une bonne synthèse du produit Femen. Dans l’entretien qu’elle accorde à l’hebdomadaire satirique, Chevchenko déclare vouloir une société « où les femmes ont plus de pouvoirs que les hommes ». Bien bien bien. »

- Aldo Naouri, le viol et le magazine « ELLE » (Acontrario, 15/04) – « Le 29 mars 2013, le site internet du magazine ELLE a publié un entretien avec Aldo Naouri, pédiatre et écrivain. Lors de cet entretien, qui a eu lieu dans le cadre de la promotion de son dernier livre et a été mené par Valérie Toranian et Dorothée Werner, Aldo Naouri a tenu des propos inacceptables au sujet du viol, et plus particulièrement du viol conjugal. »

- Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier (Ca fait genre, 16/03) – Article de MarLard sur le sexisme dans la communauté « geek ». Une partie est consacrée à la presse spécialisée dans les jeux vidéo, qui contribue de façon non négligeable à propager ce sexisme.

Chocs photographiques

- Photo non contractuelle (Le dernier des blogs, 28/03) – « Dans le contexte, associé au titre « La laïcité mise à rude épreuve », l’image convoque tous les fantasmes d’invasion et de rapport de force : ce n’est plus une femme voilée que l’on tente de licencier, ce sont quatre femmes aux silhouettes fantomatiques inquiétantes, vêtues de leur uniforme religieux, qui nous inquiètent par leur multiplication. On peut presque se demander si elles ne sont pas censées être le futur des deux gamines méditerranéennes vêtues à l’occidentale qu’elles encerclent. »

- Le fiasco du loltoshop de l’Origine du monde (Culture visuelle, 09/02) « Si la démission de Jean-Jacques Fernier de la présidence de l’Institut Courbet semble la moindre des choses après une méprise aussi grossière, Paris-Match va-t-il s’excuser d’avoir trompé ses lecteurs ? Un tel aveu n’est pas dans la culture de l’hebdomadaire, qui a l’habitude des scoops pour rire et des nouvelles fantasques. En matière d’histoire de l’art, mieux vaut se souvenir que son avis est aussi léger qu’une plume …de perroquet. »

- Premier prix de la photo la plus utilisée par la presse en ligne pour illustrer tout, n’importe quoi et surtout n’importe quoi (Klaire fait grr, 11/02) – Vous avez forcément déjà vu cette photo dans un article sur Internet.

Chocs de malhonnêteté

- Ceux qui cassent la presse (Guy Birenbaum, Huffington Post, 07/03) - « Pourtant, je vais finir par ne plus ouvrir un journal papier, tant le virage pris par ces médias dans un "grand sauve qui peut", pour vendre quelques exemplaires de plus, confine, chaque jour davantage, au pathétique, au cynique, à l’escroquerie, même. C’est que comme l’écrit finement Pierre-Louis Rozynès, nous sommes désormais face à "une presse qui a cessé d’exister mais qui continue de paraître". »

- Le pillage dans le journalisme web, ce foutage de gueule ultra rentable (Gaelle-Marie Zimmermann, A contrario.net, 18/03) - « Concrètement, le ou la journaliste qui procède au pillage n’avait pas du tout envisagé de traiter ce sujet et ne se penche dessus que parce que quelqu’un d’autre vient de publier un article qui en parle. L’article buzze, une communauté y réagit, le contenu se propage de façon virale, ça mousse sur le web et ça génère de la page vue, bref il est impératif de prendre le train en marche et de récupérer une part de trafic (et de fric), donc il faut absolument publier sur ce sujet. Problème : on n’a pas le temps, on n’a pas d’angle, et on n’a aucune expertise dans le domaine concerné. Qu’à cela ne tienne : on va faire une synthèse de l’article initial (super bien documenté), on va l’agrémenter de longues citations, on va en gros résumer le propos, on titrera de façon efficace, et avec un lien vers la source, ça donnera « de la visibilité » à l’auteur(e), qui sera forcément content(e) vu qu’il ou elle a bossé comme un(e) dingue sur ce sujet qui le/la passionne et que son objectif, très louable, est de diffuser son message. »

- La Pige, on solde : 3ème démarque ! (Lyon Piges, 01/02) - « J’ai reçu hier un mail pour une proposition de collaboration pour un site qui a pignon sur rue. J’ai rappelé la rédac chef, qui m’a résumé l’offre en quelques mots : il s’agissait de rendre quelques articles par semaine (4000 signes environ) pour les sites Internet neufmois.fr etcafedesmamans.com. Il fallait des références, dégager du temps, et bien sûr rendre des articles originaux et bien écrits. Pas de problème a priori. Le tarif ? 20 euros. »

- Cher Jean-Michel Aphatie (Christophe Conte, lesinrocks.com, 01/04) - « Oui, Jean-Minou, je te le dis avec tendresse, tu viens de passer pour une nouille. Tu auras beau agiter les bras, prétendre comme tu le fais depuis une semaine, à grands coups de “rira bien qui rira le dernier”, que TA vérité surgira au bout du tunnel judiciaire où l’ancien ministre du Budget a été contraint de s’engager, rien n’y fera. »

- Une vague de racisme déferle sur France 2 (Télérama.fr, 25/03) – « Tous les jours, le même refrain. Entonné par un chœur œcuménique où vocalisent aussi bien l’historien Pascal Blanchard que David Pujadas, le sondologue Pascal Perrineau que la philosophe Chantal Delsol – sans compter Le zapping de Canal+ en perroquet. De plateau en plateau, tout ce petit monde s’en va répétant deux vérités chiffrées donc incontestées : « 70% des Français jugent qu’il y a trop d’étrangers en France » ; « 74 % des Français estiment que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs de la France. » Consternation ! Touts ces gens commettent la même erreur de débutant : remplacer les « sondés » par des « Français ». [...] Dire « 74 % des Français pensent que… » au lieu de « 74 % des sondés pensent que… » n’est pas seulement une erreur, c’est une faute. Une faute d’autant plus grave qu’il est permis de se poser de sérieuses questions sur ces « sondés », au vu des conditions de production dudit « sondage », dont la perversité a été brillamment mise en lumière par Alain Garrigou dans Le sondage de trop (sur son blog intitulé « Régime d’opinion »). »

- Le Grand 8 et le petit plagiat (Youtube, 19/02) – Le 18 février, un chroniqueur du Grand 8 (émission diffusée sur D8) frime en montrant que le générique de TF1 est un dérivé de la musique des Dents de la mer. Il donne même le détail des retouches apportées au thème de John Williams. Les chroniqueurs admirent son sens de l’observation auditive. Le lendemain, Serge Llado, chroniqueur occasionnel chez Laurent Ruquier, relève que le chroniqueur de D8 a plagié presque phrase par phrase une chronique qu’il avait réalisée six ans auparavant.

- Dieu est mort, vive PPDA ! (Télérama.fr, 12/04) – « Voilà bien la principale qualité de PPDA : l’insolence, fruit de sa totale insoumission à quelque puissance que ce soit (politique, financière, lyonnaise ou bétonnière). Au terme d’un montage d’archives « de quelques grands moments d’interviews » avec VGE, Mitterrand, Chirac et Sarkozy, Laurent Delahousse célèbre aussi cette vertu si peu répandue chez les journalistes. « Euh, l’insolence, elle est forcément nécessaire ? Il n’y a jamais eu de connivence ? » PPDA dégaine : « L’insolence, c’est ce qui nous reste comme arme. » Il y aussi le pardon. Magnanime, le journaliste rédempteur absout Nicolas Sarkozy de l’avoir fait virer de TF1 pour son incroyable irrévérence (il l’avait comparé à un « petit garçon »). »

- D’Une Leçon De Maintien De Laurent Joffrin (Et De Ses Lointaines Suites) (Vive le feu, 21/02) – « Le 11 juillet 2011, deux mois après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, Laurent Joffrin, directeur du Nouvel Observateur, se fend, comme souvent, d’un éditorial en forme de cours de maintien. D’après lui : « un étrange malentendu s’est installé à la faveur de l’affaire DSK » dans « une partie de l’opinion », qui souhaiterait, après la révélation de ladite affaire, « imposer à la vie publique une totale transparence qui permettrait seule au citoyen de juger en connaissance de cause ses représentants » [...] Ce matin encore, un hebdomadaire français – et non des moindres – consacre sa couverture – puis un dossier de huit pages où le glauque le dispute au sordide – au récit que fait une « juriste » de la « liaison » qu’elle a entretenue « pendant sept mois », en 2012, avec Dominique Strauss-Kahn, promu par elle (qui ne semble pas du tout avoir pris, sur un tel sujet, l’avis de Nafissatou Diallo) « poète de l’abjection et de la saleté ». »

Choc de proposition

- Distribuons l’aide à la presse directement aux journalistes !(Jacques Rosselin, 15/02) – « Pour tous, le versement d’un revenu minimum serait une révolution : il les rendrait soudain indépendants de leur support de diffusion. Ils pourraient, en toute liberté, travailler des mois sur une enquête et la proposer aux éditeurs qu’elle intéresse, moyennant un supplément de revenus. L’assurance de ce revenu minimum permettrait aux journalistes, détachés de leur média, de former des groupes de travail, par affinité et compétences, au gré de leurs enquêtes puis de les proposer à l’éditeur de leur choix. »

Chocs divers

- Pourquoi les journalistes parlent bizarrement... affaire à suivre(20minutes.fr, 24/02) – « Mais pourquoi certains journalistes télé et radio s’expriment-ils avec ces intonations trop marquées, ce phrasé peu naturel, ces respirations et reprises de souffle artificielles ? Pour comprendre d’où sourdent ces voix si mécaniques, 20 Minutes a interrogé les formateurs des spécialités télé et radio des écoles de journalisme, eux-mêmes souvent journalistes. »

- Kindia 2015 : Canal+ en Guinée, révolution d’image en cours(Capharnaüm Tremens, 01/04) – « L’initiative Kindia 2015 en partenariat avec l’UNICEF et d’autres ONG, en fournit une démonstration plus flagrante encore. En s’aventurant, pour une aventure humanitaire projetée sur cinq ans d’engagement de la chaîne à Kidia, en Guinée, Canal + prend une initiative visant – bien que, paradoxalement, par une échappée au lointain – à modifier sa « relation-clients ». »

SURhttp://www.acrimed.org

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:46

Aux assises du Rhône, l'avocate générale a requis des peines de 18 à 22 ans de réclusion criminelle à l'encontre des deux auteurs de la spectaculaire évasion à l'explosif de la centrale de Moulins en 2009, Christophe Khider et Omar Top El Hadj. Le verdict est attendu pour le 19 avril.

  • France 3 Auvergne avec AFP
  • Publié le 16/04/2013 | 17:07, mis à jour le 16/04/2013 | 17:13
L'avocat général a requis de 18 à 22 ans de réclusion pour les deux auteurs de la spectaculaire évasion de la centrale de Moulins en 2009. Christophe Khider et Omar Top El Hadj avait eu recours aux explosifs, armes et prises d'otages pour s'enfuir de la prison. © JEFF PACHOUD / AFP
© JEFF PACHOUD / AFP L'avocat général a requis de 18 à 22 ans de réclusion pour les deux auteurs de la spectaculaire évasion de la centrale de Moulins en 2009. Christophe Khider et Omar Top El Hadj avait eu recours aux explosifs, armes et prises d'otages pour s'enfuir de la prison.
Des peines de 18 à 22 ans de réclusion criminelle ont été requises mardi devant les assises du Rhône à l'encontre des deux auteurs de la spectaculaire évasion à l'explosif de la centrale de Moulins en 2009.
 
"Ils ont fait le choix de s'évader plutôt que de rester en détention, de se construire une autre vie pour la sortie", a lancé dans son réquisitoire l'avocate générale, Jacqueline Dufournet.
Elle a toutefois reconnu qu'"il n'y avait pas (eu) mort d'hommes" dans ce dossier, alors que les deux détenus armés avaient pris en otage pendant quelques heures deux surveillants de la centrale.
 
Mme Dufournet a réclamé la plus lourde peine, 20 à 22 ans de réclusion, à l'encontre de Christophe Khider, 41 ans, souvent décrit comme le meneur de cette évasion et qui a déjà à son actif plusieurs tentatives.
 
A l'encontre de son complice, Omar Top El Hadj, 34 ans, l'avocate générale a réclamé de 18 à 20 ans de réclusion. "La société ne peut accepter qu'il n'y ait pas une répression sévère de ces actes d'évasion", a justifié Mme Dufournet, en allusion à l'évasion spectaculaire à l'explosif de Redoine Faïd, samedi, de la prison de Sequedin (Nord).
 
Poursuivant son allusion au dangereux braqueur toujours en cavale, elle a toutefois estimé que "ce n'est pas parce qu'un individu s'évade qu'il faut que tous les autres en subissent les conséquences, parce que les conséquences sont trop lourdes pour eux".
 
Le 15 février 2009, lors d'un parloir-famille, Christophe Khider et Omar Top El Hadj avaient pris en otage deux surveillants sous la menace d'une arme après avoir fait sauter deux portes blindées à l'aide d'explosifs apportés par la compagne d'un troisième détenu.
 
Par ailleurs,  le second avocat général de ce procès, Philippe Renzi, a réclamé, "sans faire de distinction", 9 ans d'emprisonnement à l'encontre des trois autres accusés. Il s'agit de la compagne de Khider, de sa complice qui a introduit armes et explosifs dans la centrale, et d'un autre détenu, ex-compagnon de cette dernière.
"On a une véritable bande organisée (...) parce qu'ils savaient exactement ce qu'ils avaient à faire", a estimé M. Renzi.
 
Le verdict est attendu le 19 avril.
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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:46

raison de se révolter

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:02
Déçus du FN, ils prônent la lutte armée et les meurtres racistes

Dans le Sud, de Montpellier à Marseille, depuis quelques semaines, les appels aux meurtres racistes se multiplient, les groupuscules nationalistes d’ultra droite recrutent et des individus organisés appellent à une lutte armée contre ceux qui ne sont pas assez "blancs" à leur goût. Ce constat, Mlactu l’a fait en se plongeant dans une réalité accessible à tous : nous n’avons pas infiltré, nous n’avons pris personne en traitre, nous avons juste pris le temps nécessaire pour découvrir cette haine devenu ordinaire, et cette organisation extrémiste, avec références néo-nazis et organisation para-militaire, en train de se mettre en place aujourd’hui et qui prépare son premier rassemblement fin avril, dans l’Hérault. Au lendemain de la publication de cet article, les déçus du FN persistent, signent et menacent. Mlactu a d'ailleurs choisi de déposer plainte.

 

 

Ils se définissent comme « des hommes et des femmes prêts au combat », doivent jurer « d’être un soldat brave et fidèle, prêt à faire le sacrifice de ma vie pour la France », se présentent comme des anciens du SAC, le Service d’Action Civique, d’anciens militaires ou policiers à la retraite. Ils ont des grades : chef national, chef de région, chef de département, instructeur, chef de section ou chef de rang. Ils ont un uniforme : pantalon et une veste de treillis noirs, béret noir, paire de rangers et tenue de camouflage. Ce sont les membres du FDF (Front de Défense de la France), mouvement encore inconnu il y a quelques semaines et qui va tenir son premier rassemblement dans l’Hérault à la fin du mois d’avril. Multipliant les références néo-nazis, il veut se structurer comme un véritable groupe para-militaire.

Un ancien chanteur à la retraite comme « chef national honoraire »

Emmené par un chanteur à la retraite, Robert Dufay, alias Jerry Rock (ou encore André Mickaël), chef national honoraire du FDF, ce groupuscule aurait prêté à sourire s’il se limitait à la Marseillaise chantée par l’intéressée sur une vidéo, à ses humeurs audios d’une durée de trente à quarante secondes enregistrées par ses soins (« Si on te dit ‘Nique ta mère’, tu dois fermer ta gueule. Mais toi, si tu dis ‘casse-toi sale arabe’, tu es condamnable. Je n’y comprends rien. Où est la justice dans ce pays ? Les racailles détruisent nos églises ! Les racailles envahissent nos églises ! ») et vues par vingt à trente personnes au maximum.

Sauf que du délire d’une personne sur internet, en fin d’année dernière, est en train de naître, aujourd’hui, un véritable groupuscule organisé et qui ne se contente pas de simples propos racistes. En janvier, le chanteur est remisé au rôle de « chef national honoraire », et Marceau Allouis prend la tête du mouvement. Les propos se durcissent et le groupe se structure.

Ils prônent ouvertement la lutte armée

Sur les réseaux sociaux, en public, certains militants ne se cachent plus. Ou se cachent mal. Les appels à la haine se multiplient. Et ceux à la lutte armée également.

(NB. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la bataille de Camerone, cliquez ici)

Certains posent d’ailleurs les armes (factice ?) à la main quand d’autres débattent du type d’arme à acquérir.

 

Une organisation para-militaire ?

FDF met en place une hiérarchie, des grades, comme dans une armée, avec des fonctions bien définies, dont celle d'instructeur qui doit "former les combattants lors des entraînements".

La tenue est également précisée, avec « béret noir » sur la tête :

 

Hilter et Mein Kampf en exemple

Depuis quelques temps, le groupe prend contact avec d’autres mouvements nationalistes ou identitaires. Le FDF reconnait d’ailleurs collaborer avec la Ligue du Midi, Troisième voie et l’UFN (Union France Nationaliste). Ces liens se retrouvent également sur Facebook, dans des échanges de points de vue très musclés.

 

L’UFN propose également à l’achat la version française de Mein Kampf, ce qui n’est pas interdit en France. Mais surtout, les références affichées par les membres de FDF sont très claires :

 

Quelle portée réelle pour ce groupuscule d’ultra droite ?

Le positionnement moins extrémiste qu’auparavant du Front National, dont l’objectif est aujourd’hui clairement d’être au pouvoir, laisse le champ libre à ces groupuscules nationalistes d’ultra droite auxquels adhèrent les déçus de Marine Le Pen, jugée trop soft. La situation politique et économique du pays leur facilite également la tâche puisque les extrémismes et nationalismes exacerbés se nourrissent des difficultés personnelles et individuelles pour se développer, de la peur de l’autre, des autres, quand l’avenir semble plus sombre que le présent.

Aujourd’hui, les membres actifs de FDF ne sont pas très nombreux, c’est une certitude. En revanche, au fil des discussions que nous avons pu lire, et même si recruter de nouveaux adeptes n’est pas forcément simple pour eux, ils affichent clairement leur ambition et leur objectif : profiter du désenchantement économique et politique, être prêt lorsque la crise sera encore plus forte.

M.O.

A lire également sur le même sujet :

Déçus du FN : les extrémistes dévoilés par Mlactu persistent, signent et menacent

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Toute l’info du Sud, de Montpellier à Marseille, est sur Mlactu.fr

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:56

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Le 28 et 29 mars dernier avait lieu un colloque international organisé par le CNRS. Son intitulé : La police, entre fiction et non-fiction. Dans le cadre de ce colloque avait lieu une table ronde avec David Dufresne, Gilbert Thiel et le policier/scénariste de la série Engrenages. Une semaine avant le colloque, tous les participants recevaient ces matériaux préliminaires pour la bonne tenue de la discussion.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:55

Togo – Lomé le 15 avril 2013 – Au quatrième jour de la grève des travailleurs relayée par les élèves, on annonce deux morts et d’importantes casses à Dapaong.

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La victime de 12 ans

La grève entamée par la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) pour revendiquer de meilleures rémunérations et relayée par les élèves vient d’enregistrer au moins deux martyrs. Il s’agit d’une jeune fille de 14 ans et de Signadaré Anselme, âgé de seulement 12 ans. Le jeune collégien qui aurait reçu une déflagration d’une grenade serait ensuite ensanglanté par un caillou qu’il a reçut en plein visage de la part d’un élément des forces de sécurité.

En effet, suite à la mesure gouvernementale de fermeture des établissements scolaires, intervenue tardivement dans la soirée du dimanche 14 avril, les élèves ont envahi les rues à Lomé comme dans certaines villes de l’intérieur pour réclamer les cours. Selon le Gouvernement, la décision de fermer les écoles visaient à s’assurer du retour au calme avant la reprise des cours dans les établissements publics comme privés.

Pour protester contre la position des enseignants en grève de considérer comme effectués, les cours pendant les jours du mouvement social, les élèves ont démarré des manifestations. Ils ont durant les trois premiers jours fortement perturbé la circulation notamment à Lomé et Dapaong dans la région septentrionale. Le décès du jeune collégien a fait dégénérer la situation. Le poste de police a été incendié de même que la voiture du maire de la ville.

Des militaires du camp Niprouma ont été déployés en renfort aux forces de sécurité qui ont été vite débordées. Selon des informations recueillies par kaoci.com, les militaires ont fait usage de balle en caoutchouc, mais les manifestants ont réussi à incendier un camion des transports de troupes, utilisé par les militaires. Les échauffourées ont pris fin aux environs de 16 heures, mais la tension était toujours perceptible dans la ville, où des militants du parti de Faure Gnassingbé ont été agressés.

Ce lundi, du fait de manœuvres déployées depuis quatre jours par des tenants du pouvoir pour empêcher la tenue d’une assemblée générale de la STT, la tension est montée d’un cran. Finalement les travailleurs ont décidé d’un sursoir à la grève durant 48 heures. Pour l’instant, le gouvernement qui refuse d’engager des discussions avec les responsables de la STT, a décidé de fermer les écoles. Une mesure qui a contribué à jeter le l’huile sur le feu.

Des milliers d’écoliers en pris d’assaut les rues à Lomé. Ils sont allés vers les ministères en charge des secteurs de l’éducation, sans pourvoir rencontrer les ministres. Pendant ce temps, c’est la désolation dans les centres de santé. Le corps médical a radicalisé le mouvement. À peine le service minimum est assuré. Plusieurs voix s’élèvent pour demander au gouvernement d’entamer des négociations avec la STT.

Leur presse (Koaci.com, 15 avril 2013)

 

Togo : toutes les écoles fermées après la mort d’un élève lors d’une manifestation

LOME, 15 avr 2013 – Un élève de 12 ans a été tué par balle lundi dans le nord du Togo par un gendarme lors d’une manifestation qui a dégénéré, alors qu’un vaste mouvement de contestation a poussé le gouvernement togolais à décider dans la soirée de la fermeture “temporaire” de tous les établissements scolaires du pays.

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Lomé, 10 avril

“Un élève de la classe de 6e a été tué par balle lors des tirs de sommation d’un gendarme au moment où des élèves saccageaient la mairie et le commissariat” de Dapaong (nord), suite à une manifestation en soutien à une grève des enseignants du service public, a indiqué le ministre togolais de la Sécurité, le colonel Damehane Yark, précisant que la victime était âgée de 12 ans.

Selon M. Yark, “dans une autre localité du Nord, le ministre de l’Eau Bissoune Nabagou a été agressé et blessé au front par des élèves” au cours d’une autre manifestation qui a dégénéré.

Par ailleurs, “un élément des forces de défense a été grièvement blessé à tête et évacué d’urgence à Lomé”, lors d’une autre manifestation, selon le gouvernement.

La mobilisation des élèves togolais, qui ont aussi défilé par milliers dans les rues de Lomé jeudi et vendredi, fait suite à une grève de trois jours des fonctionnaires de l’Éducation et de la Santé, la semaine dernière, pour exiger notamment une hausse de 100% des salaires.

Selon le gouvernement, la fermeture des établissements scolaires a été en raison des “manifestations de rues des élèves des écoles primaires et secondaires dans plusieurs localités du pays.”

“Ces mouvements accompagnés dans certaines villes de violences, d’actes de vandalisme et parfois des heurts avec des forces de sécurité ont occasionné de graves conséquences notamment un mort, des blessés dans les rangs des forces de sécurité et parmi les manifestants, ainsi que des destructions de biens publics et privés”, indique le communiqué du gouvernement.

La fédération Synergie des travailleurs du Togo (STT), qui regroupe tous les syndicats du secteur public, regroupé, a décidé lundi de cesser la grève mardi et mercredi, afin de négocier une sortie de crise avec le gouvernement, mais elle menace d’en lancer une autre si les autorités ne réagissent pas.

De nombreuses manifestations de l’opposition togolaise, réunie au sein du collectif “Sauvons Le Togo”, ont été organisées ces derniers mois, dont certaines ont été dispersées au gaz lacrymogène, dans les rues de la capitale togolaise. Les manifestants réclament notamment des réformes électorales et le départ du président.

La crise économique et le déclin de la production de coton, ainsi que la stagnation de l’industrie du phosphate ont accru la grogne populaire dans ce pays ouest-africain de six millions d’habitants.

Le Togo a été dirigé d’une main de fer par le général Gnassingbé Eyadéma de 1967 à sa mort en 2005. Porté au pouvoir par l’armée, son fils Faure Gnassingbé lui a succédé en 2005. Il a remporté en 2005 puis 2010 l’élection présidentielle dont les résultats ont été contestés par l’opposition.

Leur presse (Agence Faut Payer, 16 avril 2013)

 

La CSTT soutient désormais la STT

Les revendications sociales des travailleurs viennent de prendre une autre tournure avec la désolidarisation de la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT) des autres centrales syndicales qui discutent avec le gouvernement.

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Lomé, 12 avril

L’annonce a été faite vendredi en assemblée par les responsables de cette centrale qui reproche à la coordination des six (6) centrales syndicales d’« empêcher l’élan et l’évolution normale de la lutte des centrales syndicales ».

Selon Sébastien Têvi Ayikoué, secrétaire général de la CSTT, « il y a un problème de direction des centrales syndicales. Nous sommes mal à l’aise de voir ceux qui n’ont pas notre niveau nous diriger et nous imposer leur volonté. On ne peut pas aller ensemble. Nous ne poursuivons pas les mêmes objectifs. Nous n’allons jamais fuir nos responsabilités ».

Mieux encore, la CSTT soutient désormais la lutte engagée par La Synergie des Travailleurs du Togo (STT) qui donne depuis quelques semaines du fil à retordre au gouvernement.

Pour « mieux » accompagner la lutte, la CSTT compte lancer son propre mot d’ordre de grève pour faire définitivement bouger les lignes.

Les responsables de cette syndicale qui se dit « la plus représentative de toutes les centrales », font désormais de la participation des responsables de la STT aux négociations, car soutiennent-ils, ce mouvement a suffisamment démontré qu’il est « incontournable » dans la résolution de cette crise.

Tout en souhaitant être un « interlocuteur privilégié » dans les discussions, la CSTT recommande aux travailleurs de tous les secteurs, public ou privé de ne plus considérer la coordination des 6 centrales comme leur représentant dans les discussions prochaines.

« La CSTT demande aux Institutions nationales de la République, au Patronat, aux Organisations nationales de défense des droits de l’homme, aux associations, aux organisations internationales, au BIT et autres partenaires de s’adresser directement à elle à partir de cet instant, lorsqu’il s’agit des problèmes du monde du travail auxquels ils voudront bien l’associer ».

Leur presse (Focus Infos via Togosite.com, 15 avril 2013)

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:50

Une trentaine de fourgons de police, un hélicoptère de la garde civile et presque autant d’agents que de manifestants. Mardi 9 avril à 19 heures, la Plateforme des victimes des hypothèques (PAH) avait convoqué, devant le siège du Parti populaire (PP, conservateur), un “escrache”, un rassemblement visant à identifier et à dénoncer les députés qui s’opposent au vote de l’initiative législative populaire contre les expulsions immobilières. Ce projet de loi, rédigé par la PAH et fort de 1,4 million de signatures, est en discussion au Parlement. Mais le PP, qui dispose de la majorité absolue, a présenté cinquante amendements. La PAH défend trois revendications : moratoire sur les expulsions immobilières, possibilité de rendre le bien hypothéqué pour effacer la totalité de la dette et création de logements sociaux destinés à la location.

Depuis mars, la PAH a organisé contre des députés du PP une quinzaine d’”escraches”, terme emprunté aux militants des droits de l’homme argentins qui, dans les années 1990, identifiaient les anciens tortionnaires de la dictature et manifestaient devant leur domicile ou leur lieu de travail.

Le 7 avril, plusieurs dizaines de manifestants se sont postés devant le pavillon de la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, aux cris de “Soraya, ta maison qui te la paie ?” ou “Ce ne sont pas des expulsions, ce sont des assassinats.”

“VICTIMES DES HYPOTHÈQUES”

Plusieurs personnes ont raconté leur histoire : un père de famille handicapé menacé d’expulsion avec sa fille de 6 ans, ou un professeur intérimaire au chômage à cause des mesures d’austérité, incapable de payer les traites de son logement. “Nous avions invité les députés à assister aux assemblées générales de la PAH pour qu’ils entendent ces témoignages, mais, comme aucun n’est venu, nous allons chez eux”, explique Aida Quinatoa, porte-parole de la PAH à Madrid.

Mardi 9 avril, faute de pouvoir accéder au siège du PP, deux cents militants ont tenu une assemblée sur la place Alonso Martinez, à 200 mètres. Assis par terre, ils ont écouté de nombreux témoignages de”victimes des hypothèques” : chômeurs trompés par des clauses abusives, personnes âgées cautions de leurs enfants risquant de perdre leur logement. “Si tu me vires de chez moi, je dormirai devant ta porte”, pouvait-on lire sur certaines pancartes.

Accusés d’actes “antidémocratiques” par le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, de “persécution” par le député Esteban Gonzalez Pons, qui a évoqué les intimidations autrefois pratiquées par le groupe séparatiste basque ETA, les “escraches” sont sur la sellette.

FORTE PRESSION SOCIALE

Fin mars, le ministère de l’intérieur a demandé à la police de procéder à l’identification et éventuellement à arrêter les manifestants qui “harcèlent” des députés. Mardi, le procureur général de l’État a dit étudier les moyens légaux pour empêcher ces rassemblements. La pression sociale autour de la question des expulsions, dans un pays où 83 % de la population est propriétaire, est forte, et menace de déborder le gouvernement. Près de 420’000 procédures de saisie immobilière ont été dictées par la justice depuis 2007. Plusieurs cas de suicide ont ému les Espagnols. Les “escraches” sont soutenus par 78 % de la population, selon un sondage d’El Pais.

En Andalousie, cette pression a conduit le gouvernement régional (coalition entre socialistes et écolo-communistes) à approuver, mardi, un décret-loi pour assurer le respect de la fonction sociale du logement. Ce texte prévoit l’expropriation des logements appartenant aux banques dans les cas d’expulsion de personnes en risque d’exclusion sociale, et des amendes pour les établissements bancaires qui ne mettent pas en location leurs immeubles vides.

Le PP se dit prêt à mener une réforme de la loi hypothécaire pour les cas extrêmes. Mais sans généraliser. Il subit la pression des banques, qui détiennent près de 640 milliards d’euros de crédits immobiliers à des particuliers et craignent qu’un relâchement ne fasse exploser les impayés.

Jeudi, la PAH organise un nouvel “escrache”. La cible ne sera connue qu’à la dernière minute.

Leur presse (Sandrine Morel à Madrid, LeMonde.fr, 10 avril 2013)

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:49

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:46

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:44

« On ne peut traverser le pont d’Avignon sans rencontrer deux moines, deux ânes et deux putains. » Ce célèbre adage médiéval témoigne de la vitalité du « plus vieux métier du monde » dans la cité des papes. Mais bien d’autres villes de France peuvent se targuer d’une telle réputation. S’il est certain que l’Église et l’État exploitaient les bordels et prostituées déclarées, rien n’atteste qu’ils géraient la totalité des 3000 bordels parisiens du 15e siècle, et des 40 000 prostituées parisiennes du 18e siècle, pour la plupart clandestines.

BIBLIOGRAPHIE :
  • Jacques Rossiaud, La prostitution Médiévale, édition Flammarion 1988
  • Brigitte RochelandetHistoire de la prostitution du Moyen Age au XX° siècle, édition Cabédita 2007
  • Séverine Fargette travaille sur le thème « Violence, justice et société en France au Moyen Age ». Elle prépare une thèse sur le conflit entre armagnacs et bourguignons (1407-1420).
  • Erica-Marie Benabou, « La prostitution et la police des mœurs au XVIIIe siècle »
  • Charles Jérôme Lecour« La Prostitution à Paris et à Londres »
  • Alexandre Parent du ChâteletDe la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration : ouvrage appuyé de documents statistiques puisés dans les archives de la Préfecture de police
  • Jean-Marc BerlièreLa police des mœurs sous la IIIe République. Limites et réalités d’une « Police Républicaine »
Les causes anthropologiques

L’Église contrôle la sexualité pour garantir des héritiers légitimes

Le Moyen-âge s’étend sur près d’un millénaire, de 476 (chute de Rome) à 1453 (fin de la guerre de Cent-Ans). Compte tenu du rôle de l’Église dans la prostitution, il est utile de marquer son début en France avec la conversion chrétienne (496) de Clovis, roi des Francs. Ce baptême marque en effet le début du lien entre le clergé et la monarchie française, dorénavant le souverain règne au nom de Dieu et seuls ses descendants légitimes (fils conçus dans le mariage) peuvent accéder au trône. La légitimité passe par la foi catholique et par les liens sacrés du mariage (seul garant de la reconnaissance de paternité). On remarquera qu’au Vatican, l’âge du mariage est aujourd’hui encore de 14 ans pour les filles, il était de 12 ans jusqu’au début du XXe siècle. Fort de l’autorité divine, le clergé catholique se donne comme mission sociale de réglementer la sexualité (virginité & chasteté). Cette réglementation se colore à la fois du rôle sexuel pervers attribué à la femme dans la chute biblique de l’homme (la pomme d’Ève) et d’une application confrontée aux débauches et contingences de l’époque (la paternité n’est plus garantie). Inutile de dire que la prostitution n’a officiellement pas droit de cité.

En croisade contre le sexe

Durant ce millénaire, pas moins de 25 conciles, dont quatre des conciles du Latran, vont en effet exiger la chasteté avant le mariagecondamner le plaisir sexuel et interdire les positions qui ne servent pas uniquement à la procréation. Toutefois, malgré les nombreux interdits et exigences de l’Église, tous les actes sexuels illicites se pratiquent, et pas toujours en cachette, loin de là! Ainsi en est-il de la prostitution, une pratique hautement dénigrée par l’Église, et pourtant répandue à travers toute la France, y compris par les bons offices des religieux et religieuses, avec le soutien dévoué de la noblesse…

Pour prévenir les viols collectifs

Le terme « viol » n’apparaît qu’au XVIII° siècle. Avant on parle d’efforcement ou de défloration si le viol a lieu sur une femme vierge. Le viol est très courant à l’époque médiévale, cependant peu de plaintes sont à noter : peur des représailles, honte sur la famille… Ces viols sont le fait des jeunes hommes. En bande, ces jeunes citadins « chassent la garce ». On les appelle les « hommes joyeux ». L’affirmation de la virilité entraîne fréquemment un déchaînement de violence et se traduit par des viols collectifs commis sur des femmes isolées et faibles, réputées communes. Soucieuses d’éviter ces dérapages, les autorités encouragent l’essor d’une prostitution officielle. La prostitution est un phénomène de sécurité publique et donne satisfaction aux pulsions les plus enfouies. Comme certains le disent, la prostitution est un mal nécessaire. Les prostituées ont une responsabilité sociale : défendre l’honneur des femmes « d’estat » (femme de vertu) et lutter contre l’adultère. Le prostibulum peut être alors considéré comme une institution de paix où les jeunes tempèrent leur agressivité.

Femmes sans maris, femmes sans honneur

Les femmes victimes de ses viols sont rarement des fillettes car l’homme sera réprimé très sévèrement, ni des femmes de milieu aisée car cela peut être parfois considéré comme un crime. Le plus souvent, les victimes sont des femmes célibataires, des veuves ou des épouses délaissées, des femmes qualifiées de déshonnêtes car elles n’ont plus de marisSeul le statut d’épouse ou de mère est valorisé et reconnu. Ces femmes sont souvent issues de milieux démunis, servante ou épouse d’ouvrier car la sanction sera faible voire inexistante. Par conséquence, La femme est diffamée par le viol, elle y perd son honneur (la Fame Publica). Ainsi, une femme célibataire aura des difficultés à trouver un époux et une femme sera vraisemblablement abandonnée par son mari.
Une nécessité sociale de la chrétienté

Un mal nauséabond pour prévenir la fornication et l’adultère

À partir de la fin du XIIIe siècle, et ce, jusqu’au XVe, le métier est vu plutôt comme une pratique immuable. La tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal nécessaire. Les Pères de l’Église en témoignent, d’Augustin d’Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu’à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison :

« Cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais. »

 La prostitution est d’ailleurs tellement naturelle que, pour plusieurs théologiens, il est préférable qu’une femme y pousse son mari plutôt que de consentir à certains rapports sexuels considérés, eux, comme de graves péchés. Dans une perspective du moindre mal, ces femmes sont sacrifiées pour un bien supérieur, l’ordre public. Souvent, en effet, c’est la permanence des viols par bandes organisées qui amène les municipalités à se poser la question d’organiser la prostitution afin de canaliser l’agressivité sexuelle des hommes.

Les bordels de l’Église, un mal naturel pour éviter le péché

Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêques, abbés et pape), organisent progressivement la prostitution,déjà à partir du XIIe siècle, et surtout à partir du XIVe siècle, en tirant un profit financier. On trouve même des bordels possédés par des monastères ou des chapitres. La prostitution est toujours considérée comme naturelle, comme un moindre mal. Au cœur des cités méridionales, les maisons de fillettes, les châteaux gaillards et autres maisons lupanardes deviennent des institutions municipales, entretenues et inspectées par les consuls. On précisera que la majorité sexuelle est toujours de 12 ans au Vatican (elle était de 11 ans en France en 1832). En Italie du Nord, les autorités expliquent même que le recrutement de prostituées attirantes permettra de convaincre les jeunes gens de se détourner de l’homosexualité. Les villes et les bourgs ouvrent ainsi officiellement des maisons municipales de prostitution ou bien désignent les quartiers de la cité, généralement ses faubourgs, où la prostitution sera tolérée.

Vidéo : la prostitution des mères célibataires, et les bordels de l’Église

Dieu vous le rendra

Une richesse pour le clergé et les municipalités

Les municipalités profitent de ce commerce et s’enrichissent en prélevant des taxes sur les maisons publiques ou en mettant les fillettes à l’amende. On constate souvent, en dépouillant les registres de comptes, que les loyers et les rentes tirés des maisons de prostitution sont traités au même titre que les autres revenus, y compris dans les registres des abbayes. Au XIIIe siècle, les canonistes admettent d’ailleurs la recevabilité des profits tirés de la prostitution à condition que la fille exerce par nécessité, et non par vice et plaisir. Les propriétaires des maisons, parfois des notables, n’ignorent rien des activités de leurs locataires, et encaissent sans vergogne les bénéfices. C’est le cas des familles Villeneuve et Baronnat à Lyon, de l’évêque de Langres ou de l’abbé de Saint-Etienne à Dijon.

Plus lucratif que les dons des fidèles

D’ailleurs, Voltaire rapportait que l’évêque de Genève administrait tous les bordiaux de ces terres. Dominique Dallayrac va même jusqu’à avancer que la prostitution amena plus de richesse au clergé que tous leur fidèles réunis. St-Thomas d’Aquin raconte également que des moines perpignanais organisaient une collecte de fond pour ouvrir un nouveau bordel, dont ils vantaient le mérite; « oeuvre sainte, pie et méritoire ». D’ailleurs, La chose ira encore plus loin, car en 1510, le pape Jules II fit construire un bordel strictement réservé aux chrétiens.

La Chapelle Sixtine financée grâce à la taxe sur la prostitution

Pour renflouer les finances du Vatican et payer les corporations travaillant sur la chapelle qui portera son nom, le pape Sixte IV (1414 – 1484) eut l’idée géniale de taxer toutes les prostituées et les prêtres concubinaires dans les Etats Pontificaux, y compris Rome. Cette taxe rapporta au Vatican 30.000 ducats par an. Une véritable fortune. Selon les données statistiques de 1477, il y avait 6.300 prostituées reconnues officiellement et des nombreux célibataires. Le projet avait été lancé en 1046 par le Pape Clément II, Suidger de Morsleben et Hornburg (1005-1048) d’origine allemande, qui avait obligé toutes les prostituées romaines à verser un impôt au saint-siège sur chaque rencontre avec un nouveau client.

S.S. Sixte IV, un pape pédéraste, incestueux et proxénète

Afin de profiter de cette manne financière, le pape Sixte VI (1414 – 1484) acquis lui-même une maison close devenant un proxénète. Jusqu’à son élection, Sixte IV jouissait d’une bonne réputation. Sous son pontificat, il fit l’objet de jugements controversés dus à l’emprise que ses neveux prirent sur lui. De fait, il nomma cardinal de nombreux jeunes gens, célèbres par leur beauté, parmi lesquels son neveu Raphaël Riario – cardinal à 17 ans, accusé d’être son amant. On prétendit aussi que le goût du pape pour les garçons était notoire. Le théologien Balaeus (xvie siècle) assure de manière peu vraisemblable que Sixte IV aurait donné aux cardinaux « l’autorisation de pratiquer la sodomie pendant les périodes de grandes chaleurs ». C’est ce que l’on appelait alors le « vice italien ». Aujourd’hui encore, la majorité sexuelle au Vatican est de 12 ans.

La vie sexuelle des papes
Meurtres, prostitution, pédérastie
Tiré de « L’Écho des Cantons » no. 7, septembre 2000.

Le palais papal, un lieu maudit

C’est un pape aux mœurs corrompues, Léon III (du 26 décembre 795 au 12 juin 816) qui couronna à Rome au mois de décembre de l’an 800, l’empereur Charlemagne (742-814). Étant réputé pour aimer la bonne chère, le vin et surtout les plaisirs charnels, Léon III échappa à une tentative d’assassinat complotée par deux prêtres désireux de débarrasser Rome et l’Église de ce pape dépravé. Étienne IV (du 22 juin 816 au 24 janvier 817) ne fut pape que quelque mois, mais son successeur, Pascal 1er (du 25 janvier 817 au 11 février 824) mena une vie de débauche qui, pendant les sept années de son pontificat, fit de la ville sainte et du palais papal des lieux maudits où libre cours sexuel était donné a toutes formes de perversions inimaginables.

Le lupanar privé du pape

Venu a Rome pour se faire sacrer empereur, Lothaire (795-855), petit-fils de Charlemagne, fut scandalise par tout ce désordre et fit des remontrances très sévères a Pascal. Le saint-père promit a Lothaire de reformer ses mœurs mais des que celui-ci eut le dos tourné, Pascal Ier emprisonna deux humbles prêtres pour avoir dénoncé ses comportements pervers. Comme sentence exemplaire on leur arracha la langue et les yeux avant de les décapiter. Plus tard, le pontificat de Léon IV (du 10 avril 847 au 12 juillet 855) sembla être au-dessus de tout soupçon jusqu’au jour où certains chroniqueurs de l’époque affirmèrent que le pontife avait installé dans sa propre maison un couvent de religieuses afin de s’adonner avec celles-ci a des plaisirs sexuels  » très torrides « .

La légende de la papesse Jeanne

C’est a partir de la fin de la papauté de Léon IV que naquit plusieurs légendes a connotations sexuelles qui fortifièrent l’histoire de la papesse Jeanne. Il est très peu probable qu’une femme ait succédé a Léon IV sur le trône de la chrétienté, vers l’an 856, comme le veut la légende qui prit naissance au milieu du 13ème siècle, et racontée par l’entremise des chants des troubadours et des ménestrels.

Un pape gay en prison, assassiné par ses « mignons »

Celle-ci fut vraisemblablement inspirée par l’histoire malheureuse d’un pape dévergondé du nom de Jean VIII (du 14 décembre 872 au 16 décembre 882). Jean VIII fut reconnu comme étant un pape débauché qui fut jeté plusieurs fois en prison parce qu’il ne s’occupait pas de ses charges pontificales. Ce pape homosexuel, qui aimait les jeunes garç0ns, connut une fin tragique aux mains des membres de la famille de l’un de ses  »mignons  » qui, trouvant que le poison qu’ils lui avaient administre n’agissait pas assez vite, lui fracassèrent le crane a coup de marteau.

Un pape drag-queen

Les soeurs de la perpétuelle indulgence - solidays 2011

D’autres sources mentionnent qu’au milieu du 9ième siècle, un prêtre anglais du nom de John, un homosexuel reconnu, avait gagne la faveur des cardinaux de Rome, a un point tel qu’il a failli être élu pape a la mort de Léon IV en l’an 855. C’est probablement a la mémoire de ce John aux allures très efféminées, communément appelé Jeanne par ses intimes, que naquit la légende de la papesse qu’on disait d’origine anglaise. Les troubadours et les ménestrels du 13ieme siècle ajoutèrent a cette histoire, en signe de dérisions et de moqueries, que John aurait pu accoucher d’un enfant le jour même de son couronnement car rien dans son comportement sexuel n’indiquait « … qu’il est un homme … ». Ainsi fut fomenté dans la confusion et par les esprits tordus la légende de la célébré papesse Jeanne.

Rome, ville du vice et de la débauche

Le calme revint a Rome sous le pontificat de Jean IX (du mois de janvier 898 a janvier 900) mais ce fut de courte durée car lorsque Benoît IV prit le trône de Saint-Pierre (du mois de février 900 au mois de juillet 903) la corruption redevint maîtresse dans la  »Cite éternelle » pendant, hélas, de très nombreuses décennies. Afin d’illustrer avec plus de précisions cette ambiance qui régnait a Rome pendant tout le 10ème siècle, citons ce roi d’Angleterre, Edgar dit le Pacifique (944-975) qui, s’adressant a ses évêques, donna une description peu flatteuse de ce qu’il avait vu lors d’un de ses voyages dans la ville des papes.
 » On ne voit a Rome que débauches, dissolution, ivrogneries et impuretés … les maisons des prêtres sont devenues les retraites honteuses des prostituées, des bateleurs, jongleurs, équilibristes, acrobates, etc… et des sodomites (homosexuels) … on joue nuit et jour dans la demeure du pape … les chants bachiques (chansons a boire), les danses lascives et les débauches de Messaline ont remplacé jeûnes et prières. C‘est ainsi que ces prêtres infâmes dissipent les patrimoines des pauvres, les aumônes des princes ou plutôt, le prix du sang du Christ. » - Edgar dit le Pacifique (944-975), roi d’Angleterre
Messaline est l’épouse de l’empereur romain Claude (10-54), elle était reconnue pour se livrer a de la débauche de toutes sortes et même a la prostitution. Se sentant bafoué, son mari la fit assassiner lorsqu’il apprit qu’elle s’était mariée avec son jeune amant Silius.

Jean XII : le pornocrate

Jean XII est assurément un des papes ayant le plus choqué ses contemporains. Plusieurs fois d’ailleurs, des chroniqueurs l’ont qualifié « d’antéchrist siégeant dans le temple de Dieu ». Né Octavien, il accède à la papauté à l’age de 18 ans sous le nom de Jean XII. Le jeune pape est perçu comme un être grossier qui s’adonne à la débauche, transformant le palais du Latran en un véritable bordel. Déposé par un synode d’évêques qui le déclare coupable de sacrilège, de meurtre, d’adultère et d’inceste en 963, Jean XII parvient cependant à reprendre l’avantage sur Léon VIII, élu à sa place. Une légende raconte qu’il est mort d’une crise d’apoplexie en plain acte sexuel avec une femme mariée.

La famille maudite des Borgia
Borgia est le nom italianisé de la famille Borja, originaire du Royaume de Valence (Espagne), qui a eu une grande importance politique dans l’Italie du XVe siècle. Elle a fourni deux papes, ainsi que plusieurs autres personnages, dont quelques-uns ont acquis une fâcheuse renommée. La famille Borgia subi une réputation sinistre qui aurait été forgée par ses ennemis politiques. Les Borgia furent accusés d’empoisonnement, de fratricides, d’incestes… Ils furent les symboles de la décadence de l’Église à la fin du Moyen Âge.

Enfants illégitimes, bordels et inceste

C’était une puissante famille italo-espagnole de la Renaissance, dont sont issus des personnages célèbres qui étaient des champions de la « chasteté héréditaire ». Quelques exemples : un cardinal qui eut trois enfants, un pape qui en comptait neuf, et une duchesse qui accoucha de huit hommes différents dont, probablement, le pape et le cardinal déjà mentionnés, qui étaient, en plus, son père et son frère. Tristement célèbres. On les appelle Borja en Espagne, Borgia en Italie. Un nom qui, dans la Botte, jouit d’une très mauvaise réputation, non sans raison : le cardinal César (1475-1507), une fois abandonné l’habit de pourpre, devint un homme politique et un militaire au cynisme proverbial, qui inspira Le Prince de Machiavel. Son père Rodrigo (1431-1503), alias le pape Alexandre VI, réduisit Rome à une ville-bordel que Luther compara ensuite à Sodome ; enfin, la duchesse Lucrèce (1480-1519), intrigante et peut-être incestueuse, passa à la postérité comme un archétype de féminité négative.

Le pape du diable

Pope Alexander Vi.jpgAlfonso Borgia est intronisé pape sous le nom de Calixte III de 1455 à 1458. Il a un fils illégitime, François Borgia, cardinal-archevêque de Cosenza. Son neveu, Roderic Llançol i de Borja, le rejoint en Italie où il prend le nom de Rodrigo Borgia. Il est pape sous le nom d’Alexandre VI de 1492 à 1503. Un des témoins les plus crédibles de la conduite scandaleuse du pape Alexandre Borgia est Jean Burckhardt (ou Burchard), de Strasbourg. Ce prélat, maître des cérémonies de la cour pontificale, tint de 1483 à 1508, un journal très précis relatant jour par jour, parfois même heure par heure, tous les événements se passant au Vatican.

Au moins 6 enfants illégitimes

En 1470, alors qu’il a déjà été ordonné prêtre, Rodrigo Borgia fait la connaissance de Vannozza Giovanna Cattanei, jeune patricienne romaine, qui lui donnera ses quatre enfants préférés (Jean ou Joan, César, Lucrèce, et Geoffroi ou Jofre). En 1489, nouvelle liaison avec la jeune et jolie Giulia Farnèse qui n’a que 15 ans, dont la demeure était directement reliée à Saint Pierre. Rodrigo Borgia a alors 58 ans. De leur union naîtra une fille, Laura, qui sera présentée comme l’enfant légitime d’Orso Orsini, époux officiel de Giulia Farnèse. Il avait déjà eu un fils Pedro-Luis de Borja légitimé par Sixte IV. Une troisième amante, disait-on, était peut-être sa propre fille Lucrèce (1480 – 1519). Elle est célèbre pour sa beauté autant que pour ses mœurs dissolues : un fils né de ses amours incestueuses avec son frère César, quelques bâtards, une activité d’empoisonneuse, etc.

Viol sodomite et danses orgiaques de 50 prostituées

Les orgies étaient pour Alexandre VI, une distraction à plein temps, sans discrétion aucune, sans discrimination de classe ni tabou de parentèle. Francesco Guicciardini rapporte un épisode au cours duquel le pape attire au Château Saint-Ange le jeune et beau Astorre Manfredi, seigneur de Faenza, qu’il viole et fait jeter dans le Tibre. Mais il pourrait également s’agir de César Borgia qui tenait prisonniers les deux frères Manfredi. Les scandales continuent au Saint-Siège, et ce malgré les remontrances du frère dominicain Jérôme Savonarole :

«Arrive ici, Eglise infâme, écoute ce que te dit le Seigneur […]. Ta luxure a fait de toi une fille de joie défigurée. Tu es pire qu’une bête: tu es un monstre abominable»

Sans scrupules, ni remords, Alexandre VI fait face : Savonarole est arrêté, torturé et meurt sur le bûcher le 23 mai 1498. Selon Jean Burckhart, témoin muet, mais indigné, la débauche du pape Alexandre et de sa progéniture atteint son paroxysme en cette nuit orgiaque du 31 octobre 1501 avec l’évocation de la danse de cinquante prostituées entièrement nues et d’un concours arbitré par César et Lucrèce pour évaluer et récompenser les prouesses de virilité des assistants. Les dépêches envoyées aux cours d’Europe par leurs ambassadeurs et figurant dans de nombreuses archives diplomatiques confirment l’incroyable témoignage du Père Burckhardt. On comprend dès lors pourquoi tant de récits faisant référence à des pactes avec le Diable ont pu circuler à la mort d’Alexandre VI.

Les types de prostitution

Les historiens, scientifiques et sociologues Lombroso et Ferrero (1896) ont classifié la prostitution médiévale en quatre catégories :

Les plaisirs charnels du Christ

La prostitution sacrée issue du culte antique de la femme, avec, au début du Ve siècle, les nicolaïtes, femmes qui, attendu l’incarnation du Christ, prônaient que Jésus fait homme avait dû éprouver lui-même les voluptés du corps. Unies aux gnostiques, elles ont essaimé jusqu’au XIIe siècle, en plusieurs sectes vouées au contentement de la chair. En 1373, réapparaît en France une de ces sectes, anciennement les Picards devenus les Turlupins dont le plaisir était de forniquer en public. Dans le catholicisme, les femmes stériles et les maris impuissants ont longtemps prié les Saints Paterne, Guerlichon ou Guignolet, dignes héritiers du dieu Priape, dieu de la virilité, de la fertilité et de l’amour physique. Même réprouvées par l’Église, ces pratiques se sont poursuivies qu’à la Révolution.

Garnir la couche de son hôte avec ses serfs

Le second type de prostitution est appelé prostitution hospitalière : elle découle des coutumes ancestrales de l’hospitalité qui consistaient à « garnir la couche » de son hôte. Plus rarement pratiquée chez les paysans, elle était largement répandue chez les nobles et de nombreuses soubrettes et paysannes, tenues en servage, se prostituaient ainsi contre leur gré.

Une épouse en CDD

Le troisième type est la prostitution concubinaire. Le concubinage n’a jamais été, dans la France catholique, béni religieusement. C’est le versement d’une pension d’entretien qui servait de contrat nuptial que seuls un divorce ou la mort pouvaient rompre.

Enfin, on trouve, sous quatre formes, la prostitution civile :

• Les bordels privés de la noblesse et du clergé : L’abbé, l’abbesse, l’évêque, le baron, le seigneur féodal accueillent chez eux l’équivalent d’un bordel généralement payé par leurs fidèles ou leurs vassaux; les deux sexes y sont couramment représentés;

• Les paysannes au service sexuel des curés : Dans les monastères, les bons pères réquisitionnent régulièrement les paysannes des alentours qu’ils convainquent de se taire de peur des foudres divines;

• Les nonnes-putains pour un dieu proxénète : Plusieurs mères supérieures des couvents persuadent leurs religieuses de se prostituer pour amasser, au nom de leur divin époux auquel elles ont de toute façon livré à tout jamais leur corps vertueux, quelques compléments à la dîme;

• Femmes-objets pour payer les impôts : Au Moyen-âge, le royaume de France est loin d’être consolidé et les guerres entre prétendants à la royauté livrent la paysannerie à des impôts ruineux, dont la taille. Plusieurs fuient la campagne pour la ville où la misère qui sévit contraint filles et jeunes femmes orphelines, abandonnées ou vendues, veuves et épouses désespérées à livrer leur corps en pâture. La prostitution foisonne avec ses classes de prostituées.

Le statut des prostituées

Durant la période médiévale, la quasi-totalité des prostitués est constituée de femmes. La prostitution masculine fleurit aussi, mais seulement dans la clandestinité en raison de la sévère condamnation de l’homosexualité par l’Église. Cette dernière entretient à l’égard des femmes un double discours qui explique, en grande partie, l’ambivalence de ses prises de position. La femme est certes synonyme de tentation et de luxure, mais curieusement elle occupe un rôle social plus égalitaire que celui qui va redevenir le sien à la Renaissance.

La prostitution civile revêt quatre motifs, explicatifs des divers statuts et mécanismes différents de répression :

  • La luxure qui découle de la prostitution sacrée. Ses adeptes sont considérés comme des hérétiques et châtiés par l’Église et le pouvoir;
  • La pauvreté, lot des femmes démunies. Cette forme est plus ou moins tolérée par l’Église selon la sévérité de ses cardinaux du moment et réglementée par le pouvoir seigneurial ou royal selon ses humeurs et pénitences;
  • Le concubinage, lot de femmes devenues courtisanes, protégées par leurs concubins et par les apparences d’une vie de rentière; certaines prostituées de haut rang peuvent s’afficher dans la cour des gens de la noblesse. On peut d’ailleurs difficilement d’apparence les différencier d’autres femmes de leur entourage, même si la plupart du monde connaît leur identité;
  • Le commerce dont l’exercice est orchestré par des sources diversifiées : clergé, noblesse, bourgeoisie, tenanciers ou tenancières. Le clergé va, de temps à autre, procéder à de sévères répressions dans ses rangs, la noblesse graduellement se défaire de ses propres bordels pour choisir le concubinage ou la fréquentation plus ou moins discrète des maisons de débauche.
  • Les filles légères « prostitution libérale » : Ces filles travaillent pour leur propre compte, elles vont d’hôtel en hôtel ou possèdent leur propre chambre. Ces femmes deviennent petit à petit des courtisanes : prostituée de luxe, maîtresse de riches marchands ou notables. Les courtisanes deviennent réellement importantes à la fin du XV°.
Carrière d’une fille de joie

Mères célibataires, vierges violées, veuves ou répudiées

Les prostituées le sont pour des raisons financières, parce qu’elles sont sans ressources pour une raison ou une autre : tel est le cas pour les étrangères à la ville, les migrantes venant de la campagne, les filles exclues du système matrimonial parce qu’elles ont été violées, parce qu’elles sont des servantes enceintes et chassées, parce qu’elles sont veuves ou abandonnées. Mais il existe aussi une prostitution moins miséreuse, de femmes qui reçoivent discrètement chez elles des hommes de bonne condition, et que le voisinage tolère plus ou moins bien. La plupart des prostituées le sont, comme de nos jours, par utilité ou obligation. Dans ce contexte, la très grande majorité des prostituées est cantonnée dans les basses classes de la société, même si quelques-unes d’entre elles, devenues maîtresses de gens importants, parviennent à y échapper.

Ne pas ressembler à une épouse légitime

Faire commerce de ses charmes est longtemps vu comme une profession comme une autre. Les «putassières » demeurent cependant facilement identifiables. Il leur est, en effet, interdit de porter vêtements ou accessoires démontrant le luxe. Broches, fourrures et autres vêtements peuvent leur être sommairement confisqués.

L’abbesse encaisse un tiers des gains pour un toit

Les filles de joie racolent à peu près partout : bains publics, boisés, buissons, ruelle ou rue réservées à leur pratique, cour des nantis et autres endroits insolites. Cependant, les lieux dédiés aux habitués sont les bordels municipaux, que l’on appelle à cette époque «bourdeaux» ou «bon hostel». Ils sont souvent administrés par une maquerelle, souvent une femme mariée, appelée «abbesse», douce vengeance contre le clergé. Cette dernière encaisse le tiers des gains de ses filles en échange de leur pension. Il est donc très aisé de trouver remède à une envie pressante…

La contraception naturelle

Les pratiques sexuelles, pour ce que l’on peut en savoir, semblent être communément orales, anales, manuelles et interfémorales, les femmes fuyant le rapport vaginal pour des raisons contraceptives.

Fin de carrière : abbesse, mariage ou couvent

La fin de « carrière » est estimée autour de la trentaine, mais aucune source ne permet d’affirmer cet âge. Dès lors que les filles ne peuvent plus se prostituer, plusieurs choix de vie s’offrent à elles :

  • Devenir à leur tour tenancière – abbesse
  • Retraite dans le repentir « fondation Sainte Marie Madeleine
  • Le plus souvent, c’est le mariage qui les fait sortir de leur condition. En effet, épouser une fille de joie est considéré comme une œuvre pieuse par l’Eglise.
La répression du vice

Mais toléré au nom de la morale conjugale schizophrène

Le rôle joué par l’Église et particulièrement ambigu. D’une part, et ce, depuis Saint-Au­gustin, elle voit la prostitution comme un mal inévitable qu’on ne peut enlever d’une société sous peine d’avoir d’autres maux. D’autre part, par son obligation morale, elle réprime à l’aide de ses tribunaux ecclésiastiques non pas les prostituées, mais les tenanciers et autres entremetteurs au nom de la morale conjugale.

Les putains des soldats de Dieu

En ces temps de guerres et de croisades, notons que les soldats et les croisés ne font pas exception à la tentation : un cortège de femmes suit l’armée, même celle de Dieu, lavandières comme prostituées. Les phases de défaites correspondent à un redressement des mœurs et vice-versa. Il faut comprendre que, lorsque les troupes commencent à perdre, les autorités le mettent sur le dos de leur honteuse débauche. Cependant, lorsqu’elles gagnent, les interdictions sont levées, et ainsi de suite, de victoires en défaites. Chose certaine, il y a du travail pour ces filles de joie qui vont parfois jusqu’à planter leur tente parmi celles des soldats. Leur réputation est cependant mauvaise, Jeanne d’Arc, par exemple, chassa les ribaudes qui suivaient son armée.

Esclaves rasées pour laver leurs péchés

Entre 1254 et 1269, Louis IX décide quand même d’éradiquer toute prostitution. Des lois qui permettent alors aux autorités d’incarcérer les demoiselles de joie sont mises en vigueur. Les prostituées qui sont capturées sont cependant envoyées dans des prisons toutes spéciales, où les conditions de vie sont misérables. Confiées à la garde de religieuses acariâtres et sadiques qui se croient désignées pour conjurer le vice, elles ont la tête rasée pour les humilier et on les fait travailler en quasi esclavage souvent jusqu’à une mort prématurée.

Les Sœurs Madeleine (film entier) : couvents-prisons pour mères célibataires, prostituées, séductrices, fornicatrices et adultères, en 1964 en Irlande.

  • 1254 : Ordonnance de Louis IX interdisant la prostitution, les personnes prostituées sont expulsées des villes et tous leurs biens sont saisis, jusqu’aux vêtements; et les proxénètes sont punis par des amendes équivalentes à une année de loyer.
  • 1256 : Nouvelle ordonnance de Louis IX qui revient sur l’interdiction stricte de la prostitution. La personne prostituée n’est plus que reléguée hors des murs des cités et loin des lieux de culte.
  • En 1269, Saint Louis, qui s’apprête à embarquer pour la huitième croisade, demande à nouveau d’extirper le mal du royaume. À nouveau, la clandestinité des prostituées et le désordre créé font fléchir le roi qui fait ouvrir des centres de reclassement pour les femmes publiques à Paris. Le pragmatisme fait d’ailleurs que les filles publiques sont non seulement admises, mais subsidiées pendant la huitième croisade. Les livres de comptes royaux font état de 13000 prostituées à payer pour le suivre à la guerre…

L’inefficacité de la répression est patente. A la fin du Moyen Age, filles publiques, secrètes ou vagabondes pullulent dans les rues des villes, investissent étuves et hôtels princiers. Le temps où ces femmes, jugées impures, étaient interdites de mariage, semble désormais dépassé ; mais à bien y réfléchir, les ordonnances de Saint Louis étaient déjà en leur temps parfaitement irréalistes.

Prisons pour prostituées, fornicatrices, adultères, pauvresses et célibataires

Du XVIIe au XIXe siècle, la période moderne est marquée par la volonté de lutter contre la prostitution. Parfois les mesures visent son éradication, par l’emprisonnement ou le bannissement. Mais beaucoup de ces mesures sont assez vite oubliées ou pas du tout appliquées. Certains comportements sont nouveaux : des asiles s’ouvrent pour les femmes repenties, que vont bientôt rejoindre celles que l’on considère comme risquant de tomber dans la prostitution parce que pauvres et célibataires. Des ordonnances précisaient même de n’admettre que les jolies filles, les laides « n’ayant pas à craindre pour leur honneur ». L’Angleterre, puis l’Espagne, créent de tels établissements. En 1658, Louis XIV ordonne d’emprisonner à la Salpêtrière (Hôpital Général) toutes les femmes coupables de prostitution, fornication ou adultère, jusqu’à ce que les prêtres ou les religieuses responsables estiment qu’elles se sont repenties et ont changé.

La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes

A son ouverture, en 1656, la Salpêtrière de Paris s’impose comme le plus grand établissement d’enfermement de femmes à l’époque moderne. Elle est chargée d’accueillir les femmes, jeunes filles et enfants mais aussi des couples sans ressources. En 1666, dix ans après l’édit d’établissement, la Salpêtrière accueillait 2322 pauvres. En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la « maison de force », pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents. La Salpêtrière comporta donc : un hospice et une prison pour les femmes.

Les pauvres mendiants qui ne se seront pas rendus à la Pitié dans les délais prévus y seront amenés de force par les officiers de police. La loi interdit la mendicité « à peine du fouet contre les contrevenants, pour la première fois ; pour la seconde, des galères contre les hommes et garçons, et du bannissement contre les femmes et filles ».

Pour changer la morale et les mœurs des femmes égarées

Dès le règlement du 20 avril 1684, une nouvelle catégorie de la population parisienne est à enfermer : les femmes débauchées. Et c’est à la Salpêtrière qu’elles devront être « enfermées ». Comme la mendicité, la débauche et la prostitution sont combattues avec acharnement pendant tout le XVIIe siècle. Outre la déportation dans les colonies, l’Hôpital général devient le principal mode de mise à l’écart des prostituées jusqu’à la fin du XVIIIesiècle. Les prostituées étaient déjà mises en cause dans le 101e article de l’ordonnance de 1560 promulguée par François II puisque cette ordonnance interdisait tout simplement la prostitution. Cette mesure aurait été prise suite à la progression rapide de la syphilis. Et c’est tout naturellement qu’on s’est attaqué à ce qui ne pouvait être qu’à la base de ce développement : la prostitution. Sous couvert de santé publique on épurait ainsi les rues de Paris d’un autre fléau, la « débauche publique et scandaleuse ». Les mesures d’internement contre les débauchés se multiplient dans ce siècle de moralisation de la société. Des maisons de force avaient déjà été créées et aménagées pour les débauchées. Ces établissements étaient ouverts, théoriquement, aux seules volontaires, et avaient pour objectif de changer la morale et les mœurs de ces femmes égarées. Le roi prévient que « les femmes d’une débauche et prostitution publique et scandaleuse, ou qui en prostituent d’autres, seront renfermées dans un lieu particulier destiné pour cet effet dans la maison de la Salpêtrière ». Les débauchées pourront y être enfermées sur décision de justice. Après l’ordonnance du roi du 20 avril 1684, un inspecteur est chargé de la police des mœurs. Il est chargé, jour et nuit, de les arrêter et de les conduire au dépôt Saint-Martin, passage obligé des futures condamnées. Le lendemain, les femmes arrêtées comparaissent à l’audience du grand Châtelet. Les femmes condamnées, escortées par des archers, sont alors emmenées en charrette, dont les planches sont recouvertes de paille, à travers les rues de Paris, à la vue de tous, jusqu’à la Salpêtrière.

Pour réprimer la libération des femmes

Avec le XVIIIème siècle, une grande liberté des mœurs oblige la société à réagir. La police va être une grande pourvoyeuse de nos hôpitaux : se moquer du roi, de la religion, contrevenir à l’ordre public, désobéir à l’autorité paternelle, manquer à l’honneur familial, se débarrasser de sa fille ou de sa femme, être protestante, hérétique, révoltée ou troubler l’ordre public sont très souvent des fautes méritant l’incarcération des femmes à la Salpêtrière. C’est de plus en plus un bagne pour les femmes avec des travaux forcés et de sévères châtiments. Pourtant dans le même temps apparaît une timide humanisation avec l’arrivée de Tenon à la Salpêtrière en 1748. Il va y améliorer l’hospitalisation de ses malades. Quant aux folles, elles arrivent à la Salpêtrière pour y achever, souvent enchaînées, le reste de leur vie.

La déportation des filles de honte

Les fillettes abandonnées à la naissance étaient recueillies, élevées, éduquées, placées pour un travail et mariées par l’institution après enquête sur le conjoint (« les noces des orphelines »). Colbert trouva bon de peupler nos nouvelles colonies d’Amérique avec quelques-uns de ces jeunes orphelins et orphelines en les mariant « à la chaîne » (60 couples dans une matinée) lors de grandes cérémonies à l’église Saint-Louis de la Salpêtrière. Cette pratique s’est poursuivie sous la Régence. L’Angleterre commence à déporter aux Antilles les filles des maisons fermées : elles sont 400 après la fermeture des maisons de Londres en 1650 ; on estime à 10 000 celles qui rejoignent de force l’Amérique de 1700 à 1780. L’aristocratie européenne semble particulièrement violente dans sa façon de vivre la sexualité et, contrairement au Moyen Âge, on a pour ces siècles des récits de brutalité dans les établissements où orgies, coups, flagellation, débauche de mineurs sont courants. La société dans son ensemble est caractérisée par la violence sexuelle et, dans les campagnes comme dans les villes, des bandes organisées attaquent les femmes isolées pour des viols collectifs accompagnés de sévices.

Un métier commun

3000 bordels parisiens

Force est de constater que, malgré les interdictions et les principes moraux, tous les niveaux des autorités civiles et religieuses comptabilisent les revenus des bordels qu’ils gèrent sans scrupule, à titre de revenus standards, comme les taxes ou les dons. À la fin de Moyen-âge, au temps du poète et brigand François Villon (1431-1463?), Paris compte plus de 3000 bordels. Pendant très longtemps, on prétexte que la prostitution est un exutoire pour éviter le viol et l’adultère. C’est pourquoi elle est alors tolérée et pourquoi l’Église tente de réhabiliter les pécheresses repentantes.

13% des femmes se prostituent

À la veille de la Révolution française, on évalue à 30 000 les simples prostituées de Paris et à 10 000 les prostituées de luxe ; à Londres, elles seraient 50 000, ce qui est une preuve de l’échec des mesures de répression. A la fin du XVIIIe siècle, on évalue à 40 000 le nombre de personnes prostituées à Paris (13 % de la population féminine). Pour mesurer l’ampleur du phénomène, la plupart des historiens contemporains soulignent que si la proportion de prostituées était la même aujourd’hui (environ 13 % des femmes), on aurait pour Paris intra-muros une population de plus de 100 000 prostituées.

Un quart de parisiens clients : des recettes juteuses pour l’État

La IIIe République est l’âge d’or des maisons closes qui font partie intégrante de la vie sociale. L’État, et notamment le fisc profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices. À Paris, ils sont environ 200 établissements officiels, sous le contrôle de la police et des médecins, ainsi que d’innombrables bordels clandestins qui comptent alors 15 000 prostituées. De 1870 à 1900 environ, il y a 155 000 femmes officiellement déclarées comme prostituées, mais la police en a arrêté pendant la même période 725 000 autres pour prostitution clandestine (soit 30 000 par an). En 1953, les estimations les plus basses sont de 40 000 prostituées à Paris (les plus hautes parlent de 70 000), tandis que les bordels clandestins (les clandés) se multiplient (500 à Paris). La police estime à 40 000 clients par jour la fréquentation des diverses maisons, ce qui équivaudrait à dire que le quart des hommes parisiens avait des relations avec les prostituées.

 

tiré de http://matricien.org

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