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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:46

Tensions autour d’une ferme en cours de démolition à Notre-Dame-des-Landes

En ce moment, au lieu-dit la Gaité, sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une ancienne ferme squattée est en cours de démolition. Un cordon de gendarmes mobiles encadre les bâtiments et fait face aux opposants à l’aéroport. Les opérations de désamiantage ont commencé d’abord dans le calme. Vers midi, les opposants ont dirigé un troupeau de vaches vers les forces de l’ordre. Elles ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes. Un champ à proximité est actuellement entièrement plongé sous les gaz pour repousser les résistants dont le nombre grossit.

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Futur aéroport : les opposants repoussés par les gaz lacrymogènes

Sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les opposants à la démolition d’une ferme au lieu-dit la Gaîté sont actuellement repoussés par les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. Un champ à proximité est totalement plongé sous les gaz.

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Leur presse (Ouest-France.fr, 23 octobre 2012)


Notre-Dame-des-Landes : La destruction de nos lieux de vie s’accélère

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Il ne reste que des ruines de la maison mitoyenne à la Sécherie. © Auto-média de la ZAD

Plus de 500’000 euros déjà dépensés

Une semaine de saccages de nos maisons et jardins aurait coûté au moins 500’000 euros selon Presse Océan. Le quotidien nantais écrivait ce matin “les autorités ne lésinent pas sur les moyens. Déplacements d’escadrons venant de différentes régions, hélicoptère à visée nocturne en soutien logistique mais aussi surveillance discrète de bâtiments publics ou de locaux d’entreprises appelés à travailler sur le chantier de l’aéroport : inévitablement, la facture flambe”.

En fait si on compte l’hôtel et le resto aux frais de la princesse pour les forces du désordre ça risque de rallonger la note… L’article poursuit en ces termes : “Elle flirterait même “avec le million d’euros si d’aventure on comptabilise la prise en charge du traitement des CRS et des gendarmes.”"

L’État saucialiste aurait en effet, mobilisé 1200 flics pour mener à bien son opération César et non 500 comme l’annoncent depuis plusieurs jours la plupart des journaux bourgeois.

Vinci, sa filiale AGO (aéroport Grand Ouest), propriétaire de la plupart des terrains, la sous traitance collabo (entreprises de démolition, etc.) et l’État saucialiste, ont réussi à détruire une bonne partie de nos maisons, jardins collectifs, cabanes et autres infrastructures sur la ZAD avec le pognon des contribuables.

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La Gaîté entourée par les gardes mobiles. © Auto-média de la ZAD

La maison de la Gaîté en cours de désamiantage avant destruction !

La politique de la terre brûlée continue sur la zone, les images de destruction se multipliant.

En ce moment même, la maison de la Gaîté est en cours de désamiantage avant destruction. Le toit avait été partiellement détruit lors de l’assaut donné par le GIGN mardi dernier afin de déloger deux potes qui s’y étaient installés question d’emmerder les forces du désordre le plus longtemps possible.

Même pas fichus de passer par une échelle, ces gros bourrins, à peu près aussi agiles que des éléphants dans un magasin de porcelaines, avaient en effet tronçonné la toiture pour finalement attraper le dernier habitant qui restait tranquillement assis depuis plus d’une heure sur le toit sans que l’élite de la gendarmerie nationale n’ait réussi à l’attraper.

Le jardin collectif, avait lui-aussi été ravagé la semaine dernière ne laissant plus aux casseurs de Vinci qu’à terminer leur sale besogne en rasant ce qui reste de la maison, réoccupée juste après le départ des forces du désordre, ainsi que le free-shop rouvert par nos soins.

Des gaz, encore des gaz

Des potes sur place ainsi qu’une Batucada Militante, Rhythms of Resistance, sont encerclés par les flics qui sont en train de les gazer en ce moment même. Aux dernières nouvelles, le hangar qui abrite le free-shop a été détruit.

Maison mitoyenne à la Sécherie, il ne reste plus qu’une partie des murs

Les vandales à la botte de Vinci sont parvenus à détruire la maison mitoyenne à la Sécherie hier soir. Les Gardes Mobiles ont bloqué les habitant-e-s à l’intérieur de la maison toute la journée, assistant impuissant-e-s au saccage du jardin, des massifs de fleur, des arbres fruitiers et de la moitié du corps de ferme. Le centre de la ZAD et la route des Fosses-Noires est resté inaccessible jusqu’à tard dans la soirée.

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Il ne reste plus rien de la maison. © Auto-média de la ZAD

La maison de Coin totalement rasée !

Les flics n’ayant pas apprécié la réoccupation de la maison pendant le week-end, la réaction de l’appareil répressif d’État ne s’est pas fait attendre. Il ne reste plus rien de la maison du Coin, totalement rasée hier. La route des Fosses-Noires n’est plus reconnaissable.

On entendait le bruit des murs qui s’écroulaient à plusieurs kilomètres à la ronde. Craquements lourds qui glaçaient le sang. Tout le centre ZAD disparaît sous nos yeux.

Appel à reconstruction au Pré-Faillit, à la Pré-Faillite et au Squat à puces !

De l’autre côté de la ZAD, dans la partie sous juridiction de Saint-Nazaire, trois maisons ont été détruites dimanche dans la journée, ne laissant à la place qu’un champ de ruines, images hélas, de plus en plus répandues.

Un appel à reconstruction a été lancé sur la radio de la ZAD, radio Klaxon, 107.7, moins connue sous le nom de Radio Trafic (le propriétaire étant Vinci).

Et encore un nom à la con : Opération César

Le Préfet de police de Loire-Atlantique, tout fier du nom de code ridicule que les fins stratèges à la botte de Vinci et AGO ont utilisé comme nom de code pour cette vaste opération de répression policière, doit penser qu’en détruisant les structures en dur sur la ZAD et leurs jardins collectifs, cela empêchera sans l’ombre d’un doute les dangereux-ses pousseurs et pousse-uses de légumes (sans pesticides s’il vous plaît) et autres armes potagères, de continuer à rester sur la Zone À Défendre.

Qu’il ne se fasse pas trop d’illusion à ce sujet. Bien que nous soyons déjà pour une bonne partie d’entre nous sans toit, que nos potagers aient été écrasés par des pelleteuses ou gazés par des flics (les légumes du jardin collectif du Sabot ne sont plus consommables vu les nombreux tirs de lacrymos qui les ont contaminés), notre détermination à sauver les quelques 2000 hectares de lande et de bocages de l’avidité du grand bétonneur en chef Vinci reste intacte.

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Un massif de fleur en sursis à la Sécherie (devrait être détruit le 27 octobre avec le reste de la maison). © Auto-média de la ZAD

Arrestations

5 de nos camarades de lutte ont été arrêtés par la police hier. Un seul a été relâché depuis. Les 4 autres potes seraient toujours en garde à vue.

Résistance

Face à la destruction et répression d’État en cours, nous continuerons à résister et à rester mobilisé-e-s jusqu’au retrait total du projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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Un nouveau barrage pour protéger ce qui n’a pas encore été détruit. © Auto-média de la ZAD

Nous sommes ici chez nous ! Nous ne partirons pas !

Vinci dégage !

Notes : Toutes les infos, appels à solidarité et plus encore, sont sur le site de la ZAD, Zone À Défendre – Tritons crété-e-s contre béton armé.

Ce dont nous avons besoin :
 

Urgent ! : Ventoline
Malox – Générique Xolam
Sérum physiologique
rallonges électriques, multiprises
ampoules
casseroles
Bidons pour l’eau
Gaz butane et propane
lampes frontales
Piles AA, AAA, LR20
Radios portables
marteaux, haches, clous (30, 50 et 100 mm), vis
Cordes et sangles propy 08/012
Talkies
Baudriers d’escalade
Briquets, réchauds
camping gaz
Huile, vinaigre, épices
fromage
confiture, miel

Tout ce matériel est à déposer dans les locaux de nos ami-e-s de l’ACIPA à la Vache Rit.

Merci beaucoup pour les montagnes de vêtements et la nourriture en abondance qui nous sont déjà parvenus.

Merci à toutes et tous pour votre solidarité.

Bob 92 Zinn, 23 octobre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:11

L’AÉROPORT NE PASSERA PAS !
ON NE SE LAISSERA PAS AMÉNAGER !

Depuis mardi 16 octobre, une vaste opération militaro-policière est menée par le gouvernement soi-disant écolo-socialiste contre les habitants de Notre Dame des Landes. Plus de 500 policiers, appuyés par un hélicoptère et des bulldozers, gazent, matraquent, interpellent et détruisent maisons et maraîchages.

L’Union Départementale de la C.N.T. Moselle ainsi que des individus conscient de l’inanité du projet d’ayrault-porc et du caractère illégitime de la répression qui s’abat sur les résistant·es, se sont organisé·es par solidarité.

Aujourd’hui, lundi 22 octobre, une trentaine de militant·es se sont donc attaqué·es aux intérêts financiers de Vinci (constructeur de l’aéroport) en permettant aux automobilistes garé·es Place Mazelle à Metz de sortir sans payer durant plus d’une heure.

Nous ne laisseront pas faire ce gouvernement qui n’a rien à envier au précédent. Ni les capitalistes de Vinci qui s’engraissent des deniers publics pendant que le peuple est sommé de rembourser leur crise.

FLICS, ÉTAT, VINCI, CASSEZ-VOUS DE LA Z.A.D.

UD CNT 57, 22 octobre 2012

Comme un avant-goût de maintenance aéronautique…

En ce samedi matin à Dijon, le PS et Vinci ont eu une petite idée des saloperies qu’ils tentent d’imposer au bocage de Notre-Dame-des-Landes. L’huile de vidange, c’est désagréable à nettoyer, et justement, il y en avait plein leurs murs. Tellement qu’ils ont dû reporter leur conseil, les socialos. Sur la façade du local PS, elle a craché : « Vinci, dégage ! PS : On t’oublie pas ! Mort à Vinci » Quant aux jolis bureaux de Vinci, ils ont été redécorés d’un « Prends ZAD’ans ta gueule ! ». C’est le Bien Public, torchon local, qui nous apprend tout ça, photo à l’appui. Il y en avait deux, mais celle des locaux de Vinci a « mystérieusement » disparu :

Dijon : des tags anti-Vinci visent la fédération du Parti socialiste

Ce samedi matin, la fédération du Parti socialiste s’est réveillée taggée à l’huile de vidange. Le siège de la société Vinci a lui aussi été visé.

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Suite à la dégradation des locaux, le conseil fédéral du Parti socialiste a été décalé de quelques heures.

« Vinci, dégage, PS on t’oublie pas ! » et « Mort à Vinci ! » Dans la nuit de vendredi à samedi, ces tags à l’huile de vidange visant explicitement la société Vinci, ont été découverts sur les murs de la fédération du Parti socialiste, rue Henri-Baudot, à Dijon. Le siège de la société Vinci, boulevard Churchill, toujours à Dijon, a lui aussi été taggé avec cette fois la mystérieuse inscription « Prends ZAD’ ans ta gueule ! » Une enquête de police été ouverte afin de retrouver le(s) auteur(s) du méfait.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (BienPublic.com, 21 octobre 2012)

Ailleurs dans la ville, on a pu apercevoir des tags « Ici ou ailleurs, Vinci dégage ! » (sur des barrières de chantier place Wilson), ainsi que des pochoirs « Vinci dégage ! » (sur les murs de la Bourse du Travail). Il se murmure que le message s’étend peu à peu, de bâtiment en bâtiment. On espère qu’il prenne d’assaut le béton, d’ici à Nantes en passant par Moscou.

Solidarité avec les résistances sur place et ailleurs contre l’aéroport et le monde qu’il transporte. Ce n’est qu’un début.

Indymedia Paris, 21 octobre 2012

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:11

Comprendre la crise et son système … pour mieux en sortir !

Depuis cinq trente quarante ans, on nous bassine avec LA crise. Pourtant, on ne sait toujours pas ce que c’est.

Paradoxalement, c’est l’ensemble de ce monde qui devient inintelligible au moment même où la majorité de la population vit concrètement des difficultés croissantes… Il faut dire que la bourgeoisie aux commandes de cette société met tout en œuvre afin de rendre SA crise la plus incompréhensible possible aux yeux de ceux qu’elle exploite.

Des politiciens aux experts en passant par les gangsters du MEDEF, chacun y va de ses mensonges plus ou moins confus et contradictoires, de ses recettes clientélistes pour sortir de la crise :

• nous aurions trop profité durant des années, nous nous serions trop endettés ;

• les chômeurs seraient des feignants ;

• il y aurait trop d’immigrés-qui-volent-le-travail-des-Français, de profiteurs, d’assistés, de fonctionnaires.

En gros : la crise, ce serait de notre faute.

La classe capitaliste nous somme, en revanche, de rester aveugles sur cette magistrale arnaque qui consiste à nous déposséder en permanence des fruits de notre travail et de notre avenir en nous noyant sous la marchandise et les occupations abêtissantes.

À la marge du système et de ses relais médiatiques, l’extrême-droite, fidèle à elle-même, désigne des boucs-émissaires : les juifs, les immigrés, les sans-papiers, une poignée de banquiers malfaisants, etc. À l’extrême-gauche, le discours majoritaire est souvent empreint d’une nostalgie du « bon » État-providence, d’un capitalisme « régulé » ou moins « libéral ».

Comprendre la crise, c’est rejeter ces impasses xénophobes et ces illusions réformistes, c’est comprendre la société capitaliste qui la sécrète.

Le mardi 6 novembre 2012 à 19h30, 
au Centre International de Culture Populaire (21 ter, rue Voltaire, Paris 11e, métro Nation ou Rue des Boulets), des travailleurs, chômeurs, étudiants organisent une conférence publique (entrée libre) :

Loren Goldner
activiste internationaliste américain, théoricien révolutionnaire,
après plusieurs conférences en Europe, présentera son analyse de la crise capitaliste.

Les Amis de Loren Goldner
Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:09
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TÉLÉCHARGER L’AFFICHE AU FORMAT PDF

Liste de discussion du réeau Résistons Ensemble, 23 octobre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 12:57

Une trentaine de personne – dont une majorité de femmes et d’enfants – occupaient depuis près d’une semaine l’immeuble situé au 31 rue des bois, dans le 19e arrondissement.

L’occupation était démontrée, connue du voisinage et nous avions des documents pour le prouver : contrat et facture EDF de plus d’une semaine, photos datées prises dans le bâtiment.

Cet immeuble, vide depuis plus d’un an, appartient à la SIEMP (Société d’économie mixte de la ville de Paris), censée éradiquer l’insalubrité à Paris. Elle rénove effectivement de nombreux taudis, mais c’est pour faire à la place des logements sociaux extrêmement chers auxquels nous n’avons pas accès.

Les forces de l’ordre, assistées des pompiers, sont rentrées par effraction et ont mis plus de 3h pour déloger l’un d’entre-nous qui s’était réfugié sur le toit.

Nous étions une centaine, habitants et voisins, rassemblés devant le lieu. La police a essayé de diviser, ciblant en priorité les jeunes du quartier. Une manifestation s’est ensuite organisée jusqu’à la place des fêtes.

Merci à tous les voisins qui ont fait preuve de solidarité et à tous les habitants du quartier qui ont résisté avec nous lors de l’expulsion.

D’autre part, l’immeuble occupé du 260 rue des Pyrénées ou vivent à nouveau une quarantaine de personnes est toujours expulsable. La rue des bois n’est que l’arbre qui cache la forêt, la lutte continue.

Des habitant.e.s et soutiens du 38 rue des bois

 

PS : une assemblée est prévue demain à 19h pour discuter de l’expulsion et des suites au 260 rue des Pyrénées

 

Pour contacter l’assemblée : mallogesacharnes@riseup.net ou 07 53 36 42 23

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 19:44

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alice

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 19:43

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. »

Le droit à la paresse de Paul Lafargue reste, plus d’un siècle après sa publication, un classique de la critique du travail et de l’exploitation...

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 19:33

Nous publions ci-dessous, sous le sceau de l’anonymat et sans préciser les noms et les lieux, un témoignage dont nous avons vérifié l’authenticité. Il montre comment certains journalistes sont amenés à travailler et à se prêter aux mises en scène d’une police soucieuse de donner d’elle-même une « bonne image ». (Acrimed)

Un dossier sur les flics doit paraître dans notre quotidien régional. Je dois participer en réalisant un petit "angle" sur le sujet. On me demande également de me charger des illustrations de ce dossier. L’idée est d’avoir une photo des policiers en situation dans des zones qui craignent. Pas évident, parce que déjà, pour obtenir une autorisation chez les flics, c’est le bin’s total. J’appelle quand même. Et là, miracle ! Le capitaine chargé de la communication me dit : "C’est d’accord, appelez le commandant Durand [1de ma part et voyez ça avec lui". "Hourra !" me dis-je alors. J’appelle le commandant. Il me dit "Ok". J’appelle dans la foulée Bertrand, le photographe, qui me dit "Ok". Seule condition qu’on nous donne : ne pas photographier les visages, ne prendre les flics que de dos.

Rendez-vous est pris à 15h, devant une barre d’immeuble réputée pour ses trafics de drogue. "Faites attention, ça craint, attendez-nous pour sortir", conseille le commandant Durand. "Et ne montrez pas vos appareils photo, on pourrait vous les piquer". Bref, on s’apprête à aller en zone de guerre.

15h. Nous voilà sur place. Et là, on va assister à une scène des plus loufoques. Du pur comique, ou, devrais-je dire, du grotesque. Huit policiers sont devant la barre, armés jusqu’aux dents : boucliers, flash-ball, casques... Pendant dix minutes, ils vont nous faire une démonstration de leurs interventions type dans ce genre d’immeuble. Pour de faux, bien sûr. Nous, on prend des photos d’eux qui avancent pas à pas sous les consignes du chef : "Regardez bien en haut, qu’il n’y ait pas de projectiles !" On se croirait dans un film. Mais les photos, on les a. On est contents. Emmanuelle, la chef, va être contente. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous repartons, les policiers repartent. Non sans nous avoir conseillé d’être prudents : "Ils vous ont repérés, faites attention en retournant à votre véhicule !"

Trois heures plus tard, me voici à l’hôtel de police. Et là, badaboum : on me tombe sur le dos comme je ne l’aurais pas imaginé... "Mais qu’est-ce que c’est que ça ! me lance le capitaine de la com’. J’ai eu le commandant Durand, il paraît que vous avez demandé à faire des photos en situation, avec les casques et les boucliers ! Ça ne va pas du tout ! Ce n’est pas du tout cette image qu’on veut donner !" Un chef de la police, le directeur adjoint Étienne Martin, me tombe dessus dans la foulée : "Pas question de publier ces photos qui montrent un état de siège !" On me menace même, si je publie de lesdites photos, de me faire interdire, à l’avenir, dans l’hôtel de police... Je passe les détails.

Le résultat, c’est qu’on rappelle Bernard, qu’on lui fixe un nouveau rendez-vous dans l’heure qui suit, pour réaliser de nouveaux clichés. Il est dans un bon jour, il accepte, il y va. Et il me raconte la situation grotesque dans laquelle il se retrouve : les policiers - les mêmes que deux heures plus tôt - sont censés marcher devant la barre d’immeuble, tranquillement, sans casques ni boucliers, bien sûr. Seulement, ils flippent, ils sont mal à l’aise, ils se dépêchent, ils ont peur. Car ça ne se fait plus, ce genre de choses ! Alors l’un d’eux, qui n’apparaîtra pas sur la photo, suit le groupe armé d’un flash-ball. On ne sait jamais ! La photo, dans le journal, n’aura rien laissant penser à un état de siège dans les quartiers chauds. Surtout pas de répression ! Mais qu’est-ce qu’on sera loin, mais loin, de la réalité...

Notes

[1] Les noms et prénoms ont été changés.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 19:29

SYRIE – Sur l’une des lignes de front, les insurgés s’escriment à charger un mortier “Made in Syria”. Le canon est alimenté par une batterie de voiture et enclenché par une manette de PlayStation relié à un long câble. Usant de nombreuses d’astuces, les rebelles syriens en manque de munitions et d’armements les bricolent désormais eux-mêmes pour faire face à la puissance de feu des avions de combat et des chars des troupes du président Bachar el Assad.

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Rebel arms maker Abu al-Fadhel shows off a row of homemade weapons including a hand-grenade, a portable rocket-launcher, and various rockets with explosive warheads at a location in Aleppo province on October 17, 2012. Lightly-armed Syrian rebels who face the warplanes, artillery and tanks of President Bashar al-Assad’s forces have turned to making their own weapons to fill major gaps in their armouries.

Grenades, lances-roquettes et projectiles de différentes portées, le tout est produit localement. Mais le risque que ces armes artisanales s’enrayent est grand. C’est le cas d’un mortier sur lequel s’affairent les rebelles sur un front de la vieille ville d’Alep (nord), déchirée depuis trois mois par de violents combats. Peint en gris, le mortier est posé à l’arrière d’un camion. Après avoir nettoyé les deux tubes reliés à une manette et à une batterie de voiture, ils les chargent d’obus également fabriqué localement.

À l’abri, un peu plus loin, le combattant Abou Hourriya déclenche le tir. Le projectile s’élance puis une explosion retentit à l’atterrissage de l’engin. Mais si le premier essai est réussi, le canon s’enraye au second tir.

“Notre révolution est pauvre. Elle dure depuis 20 mois et notre peuple est écrasé par les pires armes : des avions MiG, des hélicoptères, des missiles, des chars et de l’artillerie”, regrette Abou Hourriya. “Des rebelles ont démonté un mortier pris au régime et ils ont étudié comment il était fait”, raconte-t-il. “Le canon que nous avons saisi avait un tube. Nous en avons fabriqué à deux tubes, et même à quatre”.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0220.jpgVOIR LA VIDÉO

Catapultes et grenades artisanales

Sur un autre front de la province, un rebelle, Moustafa, se saisit d’une petite bombe et la pose sur un imposant lance-pierres, dont le cadre en métal est lesté par des pierres. Il installe le projectile sur la catapulte improvisée et tire. Mais au lieu de se lancer vers les troupes régulières, la bombe traverse la cour et retombe, explosant dans un nuage de poussière. Heureusement, l’engin, léger, ne fait aucun blessé. Après quelques nouveaux essais, en remplaçant cette fois les bombes par des pierres, Moustafa, peu satisfait de son arme, décide finalement de lancer ses bombes à la main.

Partout en Syrie, les rebelles charrient des caisses de grenades artisanales, comme Thaër, rencontré dans le quartier de Sakhour à Alep. Il brandit fièrement une grenade fabriquée à partir d’une petite bonbonne de gaz dont sort une mèche. Une arme qui peut être un danger aussi pour celui qui la tient, surtout quand les tirs d’artillerie pleuvent, venus de l’autre côté de la ligne de front.

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Abou Fadel, ancien ingénieur en explosifs de l’armée dans les années 1970 qui a aujourd’hui rejoint la rébellion, est fier de sa production : des roquettes dont la portée peut couvrir plusieurs kilomètres.

Quant à Abou Fadel, un ancien chercheur scientifique, le visage caché sous un keffieh, il est fier de ses créations : des roquettes dont la portée peut couvrir plusieurs kilomètres. Pour les lancer, les rebelles visent des positions militaires grâce à Google Earth et à une boussole, assure-t-il. Ingénieur en explosif de l’armée syrienne dans les années 1970, il a aujourd’hui rejoint la rébellion et ses armes sont utilisées sur les champs de bataille d’Alep et d’Idleb (nord-ouest) mais aussi à Homs (centre) selon lui.

“Je n’ai pas seulement choisi de fabriquer des roquettes ou des armes. J’ai décidé de combattre le tyran qui écrase son peuple, qui tue nos enfants et force nos femmes à l’exode”, dit-il. “Mon propre fils est mort en martyr au cours d’une bataille”, souligne Abou Fadel, alors qu’un avion de l’armée de l’air tournoie au-dessus du secteur. S’il a décidé d’aider les rebelles à s’armer, c’est “parce que nous manquons d’aide occidentale et étrangère”. Entamée modestement, sa production est aujourd’hui quasiment industrielle, dit-il. “Seul, je fabriquerai une roquette par jour, mais maintenant avec une chaîne de fabrication et des techniciens, sous en faisons des centaines”.

Leur presse (Aude Lorriaux, LeHuffPost/Agence Faut Payer, 19 octobre 2012)

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 14:54

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A L’assaut Du Ciel!

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