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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 13:03

Une centaine de personnes ont manifesté ce lundi soir contre l’expulsion du squat des Greffes le matin même.

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Rendez-vous était donné devant la préfecture, avec peu de migrant-e-s, occupés à retrouver un logement pour une bonne part et qui ont peu envie d’être à nouveau face aux CRS. Les banderoles ["contre toutes les expulsions" et "l’insalubrité est un prétexte" (en référence à la manipulation de la mairie qui a contribué à l’expulsion en publiant un arrêté de péril)] investissent la chaussée et bloquent la circulation. Alors que ce genre de blocage est une pratique courante devant la pref et se passe toujours sans problème, cette fois-ci les nombreux CRS présents ont tenté, sans succès, de virer les gens en poussant et mettant quelques petits coups de tonfa. Tout le monde aura remarqué le changement…

Une proposition de partir en manif est lancée, pour aller gueuler devant la mairie et à tou-te-s les Dijonnais-es qu’on laissera pas mettre 300 personnes à la rue sans réagir. Pour faire diversion la préfecture propose de recevoir une délégation (pour parler de quoi ?!) et ça discute pour savoir s’il faut y aller ou pas, pour finalement partir direction la mairie avec une bonne partie des personnes présentes.

Arrivés devant l’hôtel de Vogüe, on tombe sur une scène du festival DIESE largement organisé par la mairie. On gueule « non non non aux expulsions », « gauche droite, même arnaque, solidarité avec les sans-papiers », on monte sur scène avec la banderole et on met la pression aux organisateurs pour avoir une prise de parole. Le chanteur se plaint qu’on « vole son concert » (le pauvre) mais finit de mauvaise grâce par lâcher le micro, pour qu’on explique au public plutôt réceptif que pendant que la mairie finance leur concert « sympa », elle participe aussi à faire virer 300 migrant-e-s pour la plupart demandeurs d’asile et qu’elle le revendique. Après ça on part sur la mairie tout à côté, le flic municipal en poste ferme les portes à la hâte, et les CRS débarquent en fourgons pour nous empêcher de faire le tour. Ils sont plus énervés que devant la préfecture, et moins sous les objectifs des caméras, et gazent directement dans les yeux et balancent violemment une personne par terre. On se replie donc sur le concert, suivis par les flics, et c’est la fin de la manif. La personne blessée en tombant doit être prise en charge par les pompiers, avec l’épaule luxée et fracturée.

Au micro, un mec de Radio Campus Dijon, qui retransmet le concert en direct, explique aux auditeurs la situation, et interroge le groupe sur ce qu’il pense de la cause des sans-papiers. « On essaie de pas mélanger la musique et la politique ». Ben voyons, et surtout on prend les subventions sans poser de questions…

Espérons que les Dijonnais-es seront plus rancuniers, et sauront se rappeler que la gauche c’est comme la droite, les concerts gratuits en plus.

Brassicanigra, 2 juillet 2012


 Dijon – Suite à l’expulsion des demandeurs d’asile
Manifestation à 18h30 ce lundi soir devant la Préfecture

Ce matin la préfecture a fait expulser les 300 demandeurs d’asile occupant le squat des « greffes » (bvd de la Marne) suite à un arrêté du Maire de Dijon « portant mise en demeure de quitter les lieux ».

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Une compagnie de crs avait été appelé pour cette opération et la rue était bouclée. Les demandeurs d’asile présents sur les lieux ont été embarqué dans des bus pour les Casernes Vaillant en devant laisser derrière eux la plupart de leurs affaires. Rappelons que théoriquement le lieu n’était pas expulsable avant le 15 juillet. Mais la Mairie et la Préfecture ont préféré prendre les devants dans une opération concertée et s’asseoir sur le dialogue qui était en cours avec les associations de soutien, dialogue dont le but était de trouver des solutions de  relogement pour tous les demandeurs d’asile hébergés dans le squat. Un rv entre les 24 associations de soutien et la Préfecture devait avoir lieu ce jeudi à 14H. Nous ne savons pour l’instant pas encore quel sort sera réservé aux demandeurs d’asile expulsé ce matin.

Dans un communiqué la Préfecture fait de nouveau prétexte de question de sécurité et de soit-disant « rixes » et « violences communautaires » pour justifier cette opération. Ce alors que dans un commpuniqué publié il y a 10 jours les demandeurs d’asile occupants des greffes mettaient en avant l’entente et l’attention à l’entraide et aux bons rapports avec le voisinage qui dominait dans le squat malgré des conditions d’attente et de vie angoissantes et précaires. Derrière les légitimations publiques de la Préfecture et de la Mairie, cette expulsion marque une nouvelle étape dans la politique brutale de répression des demandeurs d’asile qui se perpétue aujourd’hui en France.

Une manifestation de protestation et de solidarité est appelée en réaction par les membres d’un certain nombre d’associations  qui se sont retrouvées ce matin devant le bâtiment lors de l’expulsion.

Ne les laissons pas seuls dans cette situation !

La manifestation aura lieu ce soir à 18h30 devant la préfecture, merci de relayer très largement cette information dans les heures qui suivent.

Des soutiens rassemblés ce matin…

Mailing, 2 juillet 2012

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 13:02

ChèrEs GersoisEs,

Les occupants du Domaine des Quintarets (vulgairement appelés « squatteurs ») vous communiquent les nouvelles de leur situation et leur point de vue. Voilà un mois que le Château refait parler de lui après 5 ans de silence. Derrière une simple histoire de squat se déroule un combat : celui des « petits » contre les « gros », celui de ceux qui ont tout contre ceux qui n’ont rien.

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Après avoir escroqué employés et artisans du coin (qui n’ont jamais récupéré un centime même après poursuites judiciaires), les propriétaires reviennent. Ils claquent des doigts, obtiennent une ordonnance de la présidente du tribunal d’instance d’Auch qui les autorise à expulser nous et nos enfants sans possibilité de nous défendre. Dans le Pays de D’Artagnan, on est revenu au temps des lettres de cachet, qui permettent de faire incarcérer, d’interner ou de réduire à l’exil tout dissident au régime, sans procès. Nous demandons le retrait de l’ordonnance établie à notre encontre le 18 juin dernier, qu’une enquête soit ouverte sur les réseaux et les affaires financières de la famille Le Marie – Tranier et vous invitons à vous positionner partant du constat que ça nous concerne tous.

Nous ne sommes pas des voleurs de biens, ni des « squatteurs ». Nous sommes issus d’un mouvement social né il y a de nombreuses années dans plusieurs pays d’Europe. Si nécessité fait loi, nous ne réquisitionnons jamais des biens appartenant à des « petits propriétaires ». Bien au contraire, nous occupons toujours des lieux détenus par des escrocs, spéculateurs et qui mettent en lumière des dysfonctionnements. C’est le mécanisme propriété privée / publique qu’il nous faut remplacer par une propriété d’usage.

Notre mouvement est politique, il est né dans le désespoir d’une jeunesse pour qui l’avenir est synonyme de crise. Il porte l’espoir de ceux qui luttent et la volonté de ne plus se construire sur dogmes et mensonges, ça suffit ! Nous sommes la génération sacrifiée aux trente ans de gloire du capitalisme. Ce dernier arrive à son terme et c’est tant mieux car il a détruit toutes ces valeurs qui faisaient de nous des humains. Venant tous de familles ayant travaillé toute leur vie pour laisser quelque chose à leurs enfants, nous combattons pour la justice sociale. Nous nous sommes toujours retrouvés autour de valeurs telles que la Liberté, l’Égalité, la Fraternité… et nous prônons la réappropriation de nos vies, la reprise en main de notre avenir, la reconstruction des rapports sociaux et des liens qui unissaient les générations.

Ce mouvement social, présent partout en France, a permis l’hiver dernier à Toulouse de colmater la disparition programmée de la solidarité en répondant à plus de 40 % des demandes d’hébergement d’urgence.

Plus de 200 personnes dont au moins 50 enfants ont habité des lieux de vie réquisitionnés et autogérés. Des centaines de concerts et représentations dont l’accès est à prix libre, des dizaines d’ateliers d’entraide (plomberie, électricité, potagers, informatique, réflexions, scolarité, soins…) ont également vu le jour. Ces bâtiments appartenaient soit au domaine public, soit aux spéculateurs, exceptions faites de quelques SCI et surtout de la communauté Jésuite avec qui nous avons trouvé des terrains d’entente ou des accords moraux.

Aujourd’hui ce mouvement social arrive dans le Gers, après ces dernières années de destructions par le gouvernement Sarkozy. À Auch, préfecture du département, le seul lieu d’accueil pour les SDF est en liquidation judiciaire… Il n’y aura bientôt plus un seul endroit dans la ville pour se nourrir, se laver ou dormir… Comble du ridicule, à l’Isle-Bouzon, une petite association (La Paz) s’efforçant de redonner vie et utilité publique à un ensemble autrefois bâti par des personnes en difficulté est aujourd’hui la cible d’une guérilla populaire où on oppose les salariés du centre Canteloup (propriétaires actuels) aux nouveaux habitants des lieux. Le directeur de l’association a même fortement conseillé par courrier à ses salariés de ne pas communiquer avec les membres de la Paz, sans oublier les 2 véhicules brûlés…

On évite encore de saluer leurs initiatives pourtant sans ambiguïté et de pointer les responsables de cette situation absurde mais éloquente d’abandon de lieux et d’activités incontournables pour garantir une vie sociale saine et respectueuse les uns des autres. L’État est plus pressé de réclamer sa redevance TV quand on oublie de cocher la croix sur le formulaire… alors qu’ici et ailleurs quelques personnes concentrent des centaines de milliers d’€.

Ne nous laissons pas entraîner dans le repli sur soi et dans la peur qui nous conduisent déjà trop souvent aux déchaînements de violence, au chacun pour soi et moi d’abord… On reprend les rennes de nos vies et on partage les responsabilités. La meilleure façon de « détruire » ce monde c’est de faire ensemble, sinon on verra la victoire de l’extrême droite et surtout de la haine.

Nous avons sollicité les responsables politiques du Gers à nous aider à trouver une solution à la création de notre projet agricole et social. On remercie tous les coups de klaxon, tout le monde qui s’est déplacé pour nous aider et nous accompagner dans cette aventure et nous portons une attention particulière à M. Tourné, dont les attitudes montrent clairement qu’il connaît bien la situation, tout comme son absence de propositions sur la situation sociale révèle sa véritable éthique politique.

Nous continuerons à occuper des lieux laissés à l’abandon pour réaliser notre projet qui reste une solution directe, concrète et peu coûteuse à de nombreux problèmes sociaux. Comme disait l’autre le changement, c’est maintenant !

Les occupantEs du Domaine Autogéré des Quintarets
Association pour L’Entraide Sociale, l’Émancipation et le Développement Durable

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 13:00

Les manifestations antinucléaires à Tokyo : hortensias et mégaphones

(De Tokyo) Tous les vendredis depuis trois mois, mères de famille, fonctionnaires et activistes se regroupent de 18 heures à 20 heures devant la résidence du Premier ministre. Là, chacun prend sa pancarte et scande des speeches antinucléaires tandis que le reste des manifestants s’aligne tant bien que mal sur le trottoir pour former une chaîne humaine de plusieurs kilomètres.

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Organisé par la Coalition métropolitaine antinucléaire, l’appel à crier sous les fenêtres de Yoshihiko Noda contre le redémarrage de la centrale d’Oi a été diffusé sur Twitter et Facebook depuis mars 2012 et n’a cessé de rallier des voix.

Alors que le gouvernement a annoncé le 8 juin le redémarrage de deux des 54 réacteurs à l’arrêt dans l’archipel, la population essaie de se mobiliser pour empêcher cette décision.

Cependant, comme en témoignent de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux, la manifestation est encore perçue comme un acte violent, négatif et antipatriotique. Les organisateurs essaient de redorer le blason de l’action en garantissant une sécurité totale aux participants grâce à un service d’ordre musclé.

La vieille école

« Nous attendons au moins 100’000 personnes aujourd’hui. Alors j’espère que cette fois-ci la manifestation pourra envahir la rue de la Diète ! C’est vrai, on est toujours cantonnés sur le trottoir alors que le soir, il y a peu de voitures. »

Takehiko Yagi, un des membres permanents du campement antinucléaire qui squatte le carrefour du quartier des ministères depuis dix mois, prend un air rêveur. Depuis le 11 mars 2011, date anniversaire de la triple catastrophe, les manifestations antinucléaires japonaises se sont autoregulées pour ne pas perturber l’ordre public avec un service de sécurité drastique du côté des organisateurs.

« Les manifestations après la guerre n’étaient pas comme ça, dans mon temps on descendait dans la rue peu importe les conséquences. C’est depuis le milieu des années 70 que cela a changé avec l’anticommunisme ambiant, les actes terroristes de la Dekigun [l’Armée rouge japonaise, ndlr] et la repression policière. Maintenant, tout le monde est bien rangé, on met des camions avec de la musique et on danse, même la police n’a plus de bouclier… C’est une autre époque ! »

« Old school », monsieur Yagi fait partie de ceux qui se battaient contre le traité de securité nippo-americain et contre la guerre du Vietnam. Mais en quarante ans, il semble que la fracture entre le monde politique et la vie civile se soit agrandie au profit d’une démocratie de façade où plus personne n’ose manifester son opinion.

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Une manifestation rangée à Tokyo

Mégaphones et règles du manifestants

« Au Japon maintenant, on a peur des manifestants. Depuis le début, nous passons pour des terroristes aux yeux de la population. C’est pour changer cette image que nous devons respecter les règles et ne pas causer de problème », commente un des organisateurs.

Les règles sont drastiques. Sans autorisation de déborder sur la chaussée, les manifestants sont condamnés à marcher en rang serré sur le trottoir en laissant un couloir pour les piétons.

« Si on ne fait pas cela, il y aura des plaintes et plus personne ne viendra participer », soutient un manifestant qui se tient immobile depuis 18 heures. À côté de lui, une femme acquiesce en montrant son jeune enfant. Elle vient de Kashiwa, une banlieue contaminée de Tokyo depuis l’accident nucléaire de Fukushima :

« Je viens tous les vendredis avec mon fils. Beaucoup de mères viennent également car elles ont vu que les manifestations étaient sans danger. »

Encerclant le carrefour de la résidence du Premier ministre, des fourgons de police hurlent avec des haut-parleurs de laisser la voie libre aux voitures tandis que les manifestants affluent des bouches de métro. Devant un passage clouté barré par les forces de l’ordre, un homme d’une cinquantaine d’années en costume cravate commence à s’énerver :

« On ne peut même pas traverser librement pour aller de l’autre côté du trottoir et on nous oblige à aller faire la queue à perpet’, tout ça pour scinder la manifestation et dire ensuite qu’il n’y avait que 11’000 personnes alors qu’il y en avait 45’000 la semaine dernière ! »

Avant de se retourner pour crier aux policiers :

« Vous portez atteinte à loi sur la liberté de manifester. C’est un scandale !
 

— Veuillez circuler monsieur ! Ne restez pas sur le passage »

Les deux policiers restent stoïques en répétant inlassablement les instructions. Dans la foule, ceux qui ont assisté à la scène regardent l’homme d’un air amusé ou gêné, certains osent hocher la tête en approuvant. Depuis seize mois, c’est la première fois que j’assiste à une scène comme celle-ci. Un membre du service d’ordre interne arrive et essaie de calmer l’homme en colère en lui demandant de coopérer :

« Dans une manifestation, en général, on arrête les voitures, pas les gens ! Vous enfreignez la loi ! »

L’homme crie avant de rebrousser chemin d’un air dégouté. Shinya Sawaki, un jeune musicien, prend un air perplexe :

« C’est la première fois que je viens aux manifestations du vendredi. En fait, je n’étais pas venu manifester depuis ‘la révolte des amateurs’ en avril 2011. C’est vrai que c’est très différent comme ambiance, mais l’essentiel c’est que beaucoup de monde se rallie. »

La manifestation antinucléaire organisée par le collectif de rue « la révolte des amateurs » avait rassemblé spontanément 15’000 personnes alors qu’on n’en attendait pas plus de 5000. La fanfare bon enfant de début d’après-midi avait peu à peu fait place à des sound-systems rugissants, où alternaient rap, techno et rock alternatif au grand dam des services de police complètement dépassés par le déferlement de jeunes.

Sans aucun service d’ordre interne, cette première manifestation antinucléaire post-Fukushima n’avait pourtant provoqué aucun heurt. Paradoxalement, c’est quand les forces de l’ordre ont décuplé leurs moyens qu’on a commencé à avoir des arrestations (2 arrestations pour troubles de l’ordre public lors de la manifestation du 11 septembre).

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Manifestants

« Noda ! ! sors de là ! »

À la jonction des deux énormes files de manifestants, le QG de la Coalition métropolitaine antinucléaire s’est réuni sur une place étroite quadrillée par la police et les médias. Séparé de la résidence du Premier ministre de plusieurs mètres, les intervenants se passent le mégaphone pour lui crier tout le bien qu’ils en pensent [sic].

Sur les côtés, la foule des manifestants essaient tant bien que mal de trouver une place. Refoulés par deux services de sécurité différents, les quelque 60’000 personnes qui sont déjà présents à 19 heures commencent à investir tout le trottoir. À la nuit tombée, deux rangées sur la route ont été aménagées par des pylônes et fermées à l’avant par un barrage policier. La situation est exceptionnelle au Japon et on sent un vent de révolte monter. Alors que la circulation routière n’est toujours pas stoppée, une camionnette à l’effigie antinucléaire s’arrête en plein milieu de la route.

Quelques minutes plus tard, la foule amassée derrière enjambe les pylônes, encouragée par quelques « Libérer la rue ! ». Les plus téméraires avancent sur le barrage de police et restent imperturbablement à leur place malgré les injonctions de la police. Au pays de la discipline, on n’a jamais vu ça en 40 ans.

Alors que la foule avance sur la résidence en scandant en rythme « Contre le redémarrage ! », une rumeur des premières estimations circule. Entre 150’000 et 180’000 manifestants contre 17’000 selon la police, publie le journal Asahi qui pourtant n’a pas l’habitude de faire des commentaires.

Malgré l’excitation d’une telle nouvelle, les Japonais restent calmes. Ils se contentent de hurler vers la résidence leur mépris et leur colère face à un gouvernement qui veut encore faire croire au mythe de la sécurité nucléaire.

« Noda ! ! sors de là ! Si c’est pas toi qui te fais harakiri, c’est nous qui nous nous en chargerons ! » entend-on.

Coup de théâtre

La police recule de quelques mètres sous la pression de la foule et forme un nouveau barrage. Les manifestants ne sont plus qu’à quelques mètres de l’entrée. Les hauts-parleurs crient de ne plus avancer, le temps est suspendu. C’est à ce moment là, que Misao Redwolf, la tête de la Coalition, prend la parole.

« La coalition et tous les organisateurs vous demandent de vous disperser ! Ceci est un avertissement pour éviter tout accident {..} Nous reviendrons vendredi prochain mais aujourd’hui c’est terminé ! Merci d’être venus si nombreux ! »

Des protestations fusent, devant l’immobilisme de la foule, Misao revient encore une fois :

« La coalition a obtenu le droit de manifester jusqu’à 20 heures. Merci d’avoir tous repondu à notre appel, nous nous réunirons à nouveau vendredi ! Mais maintenant vous devez partir ! ! »

Le ton est suppliant, on sent que les organisateurs sont aussi complètement dépassés. Un membre du service d’ordre interne essaie de faire reculer le front avant et se butte à un manifestant.

« Je ne fais pas partie de votre Coalition ! Vous ne comprenez rien ! Je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous, vous vous croyez pour la police ou quoi ? »

Vingt minutes plus tard, personne n’a bougé. Pourtant la lassitude se marque sur les visages. Tour à tour, la police et le service d’ordre de la Coalition crient les mêmes phrases à l’infini. Les médias pour une fois tous présents font péter les flashs tandis que du haut d’un fourgon, un chef de police en civil filme les belligérants. Il n’y a pas si longtemps, on arrivait masqués dans les manifestations au Japon ; mais là personne ne se cache plus.

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Policiers donnant des instructions

« Le service d’ordre n’était pas suffisant ! »

« Kokkaigijidomae est derrière vous, et à droite vous avez la station de métro Tameikesanno », indique en boucle un policier avec son porte-voix. La situation est tellement dérisoire que les gens finissent par abdiquer en riant à moitié.

Que ce serait-il passé devant la résidence si les organisateurs n’étaient pas intervenus ? Personne ne peut le savoir. Certains avertissent sur Twitter qu’il faut venir la prochaine fois avec des masques et sans enfants par peur des représailles.

On annonce déjà pour vendredi 300’000 personnes.

Ce qui est certain, c’est que la manifestation du 29 avril aura marqué un tournant dans la lutte antinucléaire au Japon. Même les organisateurs sourient de toute leurs oreilles, après que la foule s’est dispersée :

« C’était incroyable, n’est-ce-pas ? Quel monde ! Le service d’ordre était insuffisant et nous étions dépassés mais nous espérons pouvoir organiser un autre rassemblement vendredi prochain ! »

Bancho, un des molosses du service d’ordre, éponge son front.

« Même si nous demandons une autorisation pour manifester sur la chaussée, nous ne l’aurons pas, donc on va continuer comme ça », ajoute Misao Redwolf.

La révolution des hortensias

La Coalition doit se réunir pour discuter de la tenue du prochain vendredi antinucléaire. Le processus de remise en marche des réacteurs a commencé depuis le 1er juillet dans la centrale d’Oi, construite à proximité d’une faille sismique active et en bord de mer. Sachiko Sato une paysanne de Fukushima qui a tout perdu déclare :

« Quoique le gouvernement fasse, nous allons continuer à nous battre. Les femmes se réunissent régulièrement à la Diète et ce jour trois femmes députés se sont jointes à nous. Ce sont les femmes qui vont changer le Japon ! En mémoire des atrocités de la guerre et de l’article 9 de la Constitution, nous continuerons à nous battre pacifiquement. »

Le mois de juin aura été marqué par la prise de position pronucléaire du gouvernement et par l’absence de programme énergétique. Il aura fait naître aussi plein d’hortensias. Ces fleurs de début d’été connues pour éclore en groupement et passer du bleu clair au violet foncé. Comme ces manifestations « made in Japan », sans heurts ni violences mais dont la couleur s’intensifie au fil des jours.

Publié sur un blog radioactif (Alissa Descotes Toyosaki, « Les fleurs du printemps nucléaire », 3 juillet 2011)


Voir aussi :

La Révolution des Hortensias est en route ! (manif du 22 juin 2012)

La Révolution des Hortensias (manif du 29 juin 2012)

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 12:59

Les manifestants de Shifang maintiennent la pression sur les autorités chinoises

Des centaines de personnes se sont rassemblées en dépit d’une forte présence policière, mercredi 4 juillet, dans la ville de Shifang, où les autorités ont annoncé mardi soir l’abandon définitif d’un projet d’usine polluante. Après deux jours d’affrontements entre des habitants et la police antiémeute et l’annonce d’une répression implacable contre ceux qui poursuivraient le mouvement, vingt et une personnes arrêtées sur vingt-sept ont été libérées.

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Des policiers devant des bâtiments officiels à Shifang, le 4 juillet 2012.

Ces arrestations ont déclenché un énorme sit-in mardi soir devant un bâtiment de l’administration par les habitants pour exiger la libération des détenus. Des photographies publiées sur les sites de micromessagerie montrent une foule importante assise sous des lampadaires. Six personnes sont toujours détenues par la police, indique l’autorité municipale dans un communiqué sur son site officiel de micromessagerie, Sina Weibo. Selon Chinese Human Rights Defenders, une organisation de défense des droits de l’homme, deux manifestants auraient été tués dans les affrontements, ce que nie le gouvernement.

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Le chef local du Parti communiste a souligné que cette usine de traitement de métaux lourds aurait apporté beaucoup d’emplois et de bénéfices économiques à sa ville, mais il a reconnu l’opposition de la population et l’échec du gouvernement à expliquer aux habitants les avantages du projet. Dès lundi, les autorités avaient reculé sur le projet de complexe métallurgique, dont la réalisation n’avait toutefois été que suspendue dans un premier temps.

Les dernières manifestations contre la pollution soulignent les préoccupations écologiques de nombreux Chinois. Durant l’été 2011, une usine fabriquant des panneaux solaires avait ainsi été provisoirement fermée à Haining après des manifestations, tandis que les habitants de Dalian (Nord-Est) avaient obtenu le déménagement d’un complexe pétrochimique qui devait être implanté dans leur ville.

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Presse polluée (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer et Reuters, 4 juillet 2012)

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:52

Les manifestants anti Frambois se dispersent peu à peu dans le quartier des Grottes

À Genève, des collectifs de soutien aux sans-papier manifestent pour la fermeture des centres de rétention. La police leur a barré la route.

Des collectifs de défense des sans-papier se sont donnés rendez-vous ce lundi à l’Aéroport de Genève pour réclamer la fermeture de Frambois. Environ 200 personnes ont participé à la manifestation qui devait gagner le centre de détention administrative genevois.

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Peine perdue. À hauteur du n° 66, route Montfleury, la police a dressé un barrage pour empêcher les manifestants de poursuivre le défilé. Les forces de l’ordre ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le défilé. En vain. Une manifestante a fait un malaise.

Après un long affrontement verbal, la police a encerclé les personnes présentes. Puis vers 15 heures, le groupe décidé de quitter les lieux pour se rendre dans le centre-ville.

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Route de Peney, les manifestants ont dressé une barricade à l’aide de divans trouvés au pied d’un locatif. Bloqués, les policiers sont sortis du véhicule, matraque en mains.

Après avoir pris le tram à Blandonnet, les manifestants se sont rendus aux Grottes. Ils y font une halte, dans une ambiance festive, sur la place. À 16h, ils se dirigent vers le parc des Cropettes.

Vers 16h30, la manifestation se disperse peu à peu. Certains se dirigent encore vers la buvette de l’Îlôt 13.

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Leur presse (Fedele Mendicino, TDG.ch, 2 juillet 2012)

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:51

Italie : communiqué du site de contre-information ANARCHAOS

Ordonnance de détention provisoire opération « Ardire » : Giuseppe arrêté pour avoir seulement géré un blog.

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Nous avons publié dans la section Download d’ANARCHAOS l’ordonnance de détention provisoire intégrale, le texte du GIP et la longue citation intégrale (200 pages) de la demande de la PM, de l’« Opération Ardire », déclenchée le matin du 13 juin avec à la clé la détention de huit compagnons en Italie, et l’ordre d’arrestation de deux personnes de plus en Allemagne et en Suisse.

Nous demandons aux compagnons qui gèrent des sites sur le mouvement qu’ils nous aident dans la propagation de l’info. Notre solidarité est inconditionnelle. Il n’est pas utile de rappeler notre mépris pour la paperasse judiciaire. Mais la connaître peut être utile pour se défendre. D’autant plus lorsque nous nous trouvons face au néant, au vide intégral, avec Alessandro et Sergio qui ont été arrêté pour des faits qui ont eu lieu lorsqu’ils étaient en prison et leur faute est d’avoir fait une semaine de grève de la faim (un comportement qui selon la ROS qui, d’après le code pénale, signifie déclencher des actions).

Parmis les arrêtés il y en a un, Giuseppe, dont la seule faute est d’avoir participé aux blogsCulmineIconoclastaParoleArmate. Il n’y a pas d’autres délits à lui reprocher (page 4 et 5, article D). C’est pour ça qu’il a été arrêté : « Il élaborait, écrivait, ou dans certains cas divulguait grâce aux blogs culmine, iconoclasta, parolearmate, des documents et des communiqués qui se rapportent aux activités criminelles des groupes de l’organisation anarchiste informelle » et même « délit aggravé à des fins terroristes ». Quelqu’un qui aurait publié des revendications sur le site même, quelqu’un qui aurait diffusé des informations gênantes pour le régime, pourra être arrêté dès maintenant. La procureur Manuela Comodi s’affirme, une fois de plus, dans l’avant-garde de la répression : à cette allure à la prochaine enquête elle sera à la tête de la Gestapo.

On s’en fout des braillements garantistes, mais comment face à cet évident abus des normes du régime libéral-bourgeois les radicaux réagissent, ceux qu’on appelle « démocrates sincères », les journalistes qui nous cassent les couilles tous les jours au sujet des violations des droits de l’homme dans les journaux, sur la répression des réseaux sur internet, etc … lorsque ça se passe en Chine, dans les pays arabes ou dans quelques régimes concurrents ou adversaires de celui dans lequel on vit ? Plutôt non, nous ne donnons aucune importance à leurs opinions. Mais en tant qu’anarchistes et révolutionnaires qui n’ont jamais mendié les droits que concède le régime, nous ne pouvons pas ne pas réagir, avec nos méthodes, face à une réduction objective de la liberté de la « presse » et de l’« opinion ».

Nous faisons un appel aux sites du mouvement pour coordonner ensemble une campagne, au moins virtuelle, pour Giuseppe et en général pour la liberté de publier des revendications et des documents gênants pour le régime.

Traduit de l’italien (Anarchaos, 28 juin 2012) par Contra Info

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:50

Le patron des renseignements généraux allemands, Heinz Fromm, mis en cause dans l’enquête sur des crimes racistes attribués à des néonazis, a démissionné lundi 2 juillet, a-t-on appris auprès du ministère de l’intérieur allemand.

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Heinz Fromm, le patron des RG allemands.

Un trio d’extrémistes, deux hommes aujourd’hui morts et une femme actuellement en détention, s’était baptisé « Clandestinité nationale-socialiste » (NSU) et est soupçonné d’avoir tué neuf étrangers, dont huit Turcs, entre 2000 et 2006, ainsi qu’une policière en 2007. Depuis la découverte de la NSU, en novembre 2011, les services de protection de la Constitution (Verfassungsschutz ou VS), les renseignements généraux allemands, sont sur la sellette et leur patron, Heinz Fromm, en a tiré les conséquences.

L’affaire a provoqué un vif émoi en Allemagne notamment car pendant des années les enquêteurs, VS en tête, n’ont pas suffisamment pris au sérieux la thèse des crimes racistes. Lors d’une cérémonie solennelle à Berlin, la chancelière Angela Merkel a publiquement demandé pardon aux familles des victimes, parfois accusées à tort dans ces meurtres.

DOSSIERS DÉTRUITS

La semaine passée, la polémique sur la façon dont l’enquête a été conduite a rebondi, la presse révélant que des informations importantes concernant la NSU avaient été détruites par les RG allemands. Selon la presse, peu après la découverte de la cellule néonazie, un des chefs d’unité des RG aurait détruit des dossiers démontrant que ce service d’enquête avait établi des contacts avec les milieux néonazis de Thuringe (Est), dont certains membres avaient des liens personnels avec le trio de la NSU.

Par ailleurs, ces dernières semaines, le parquet fédéral a tour à tour remis en liberté quatre suspects interpellés dans le cadre de l’enquête sur la cellule NSU, estimant dans la majeure partie des cas que les charges retenues contre eux n’étaient pas suffisamment établies.

Les autorités allemandes ont mis en garde, le 13 novembre, contre l’apparition d’une « nouvelle forme de terrorisme d’extrême droite » à la suite de la divulgation d’un film dans lequel des militants néonazis revendiquent l’assassinat de neuf immigrés entre 2000 et 2006.

Parmi ces commerçants, huit étaient d’origine turque et un d’origine grecque. Tous tenaient de petits commerces dans diverses villes d’Allemagne.

Les enquêteurs estiment que cette cellule d’Allemagne de l’Est, qui se qualifie de « mouvement clandestin national-socialiste », serait à l’origine du meurtre d’une policière en 2007, et aurait participé à l’organisation d’un attentat à la bombe perpétré en 2004 dans un quartier turc de Cologne.

Dans ce DVD de 15 minutes, destiné à être envoyé à des organisations culturelles islamiques et aux médias, le groupe revendiquait ses attaques en mettant en scène le personnage du dessin animé La Panthère rose tirant sur un policier allemand…

… et sur un représentant du groupe terroriste d’extrême gauche Fraction armée rouge (RAF), qui a tué plus de trente personnes en Allemagne entre 1970 et les années 1990. Le magazine allemand Der Spiegel titre son édition de cette semaine sur le spectre d’une nouvelle « Fraction armée brune » d’extrême droite.

Le film a été découvert dans un logement de Zwickau, dans l’est du pays, appartenant à une jeune femme de 36 ans, Beate Zschäpe, et utilisé par deux hommes liés à l’extrême droite. Beate Zschäpe a fait en partie exploser cette planque avant de se livrer.

La jeune femme risque une inculpation pour meurtre, tentative de meurtre, incendie criminel et appartenance à une organisation terroriste.

La semaine dernière, la police avait découvert les corps de deux hommes, Uwe Mundlos, 38 ans, et Uwe Böhnhardt, 34 ans, dans un mobile home d’Eisenach. Selon les enquêteurs, ils se seraient suicidés après l’échec du cambriolage d’une banque.

Selon le tabloïd Bild, les enquêteurs ont également découvert dans les décombres de faux papiers d’identité qui pourraient avoir été délivrés au groupe par les services de sécurité intérieure allemands dans les années 1990, en qualité d’informateurs.

Selon plusieurs journaux, un atelier de fabrication de bombes artisanales avait été découvert en 1998 dans un garage loué par Beate Zschäpe à Iéna, en Thuringe, mais le trio avait ensuite disparu. Plusieurs personnalités politiques ont mis en cause la compétence des services de renseignement, ne comprenant pas qu’on ait perdu la trace de dangereux suspects pendant une dizaine d’années.

L’arme découverte dans la maison incendiée, un pistolet de calibre 7,5 mm, de marque Ceska, aurait servi dans chaque meurtre commis par le groupe.

Le groupe est également accusé d’avoir commis une série de braquages de banques pour financer ses activités. Ici le 7 septembre à Arnstadt, dans le land de Thuringe, dans le centre du pays.

Le ministre de l’intérieur allemand, Hans-Peter Friedrich, a déclaré que tous les dossiers de meurtres non résolus depuis 1998 et ayant été reliés à la mouvance de l’extrême droite seraient à nouveau examinés à la lumière de cette cellule originaire d’Iéna.

Ces révélations ont provoqué une onde de choc en Allemagne. Lundi, Hans-Peter Friedrich reconnaissait dans le Bild qu’il était « très préoccupant de constater qu’aucun lien n’avait été établi [à temps] entre les milieux d’extrême droite de Thuringe et la série de meurtres commise dans toute l’Allemagne ».

Presse bien renseignée (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 2 juillet 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:48

Physicien de haut niveau, Adlène Hicheur a été condamné le 5 mai dernier à cinq ans de prison pour des activités terroristes. Mais il est sorti le 15 mai. Dans ce premier entretien qu’il a accordé, Hicheur dénonce la construction d’un dossier à charge par la DCRI. De l’inquisitoire, pas du judiciaire explique-t-il. Adlène Hicheur, “victime expiatoire d’une politique sécuritaire”, démonte ici le rouleau compresseur qui l’a écrasé.

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Adlène Hicheur est sorti de prison. Le 15 mai au matin, le conseiller d’insertion et de probation suggère que sa détention pourrait prendre fin “très prochainement”. Le soir même, il est dehors. Il aura passé plus de deux ans et demi à la maison d’arrêt de Fresnes, maintenu en détention provisoire toute la durée de l’instruction.

Physicien au Centre européen de recherche en nucléaire (Cern), ce physicien de haut niveau a été arrêté le 8 octobre 2009 au domicile de ses parents, à Vienne dans l’Isère. Les mots-clés fusent alors dans la presse : physicien, nucléaire, Al Qaida. Terrorisme. À l’issue de sa garde à vue, Adlène Hicheur est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ses activités sur Internet sont dans la ligne de mire des enquêteurs. Lui dénonce depuis le début un dossier vide, instrumentalisé à des fins politiques.

Il a accepté de répondre à Owni, d’évoquer sa détention, sa relation avec les enquêteurs puis les magistrats, mais aussi les curiosités de cette affaire, notamment l’identité de son mystérieux correspondant, un certain Phoenix Shadow. Les services antiterroristes en sont persuadés : derrière se cacherait un cadre d’Al Qaida au Maghreb (Aqmi), Moustapha Debchi, mais la preuve de cette équation n’a jamais été apportée.

Condamné le 5 mai à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, il est sorti à la faveur de remise de peine. Sans attendre, il a repris contact avec ses anciens collègues, pour éviter “de sombrer dans la dépression”. Ultime bataille, il tente de faire rectifier sa page Wikipedia : “Une vie ne peut pas se résumer à un fait divers”.

Quelle a été votre réaction à l’annonce du jugement ?

Aucune surprise. J’avais vu le déroulement de l’instruction, j’avais vu qu’on avait fait de moi une victime expiatoire d’une certaine politique. C’est le paradigme du bouc-émissaire : on prend une personne qu’on charge du point de vue symbolique et on l’immole rituellement devant la société. Je ne me faisais aucune illusion, je voulais seulement être jugé rapidement pour que la détention provisoire cesse, pour ma famille, pour moi.

Le système a tenu à aller jusqu’au bout parce qu’il fallait envoyer des messages forts à la société. Ce mode de gouvernance est très dangereux. J’appelle ça de l’aliénation sécuritaire. Ça tue le génie créatif, l’épanouissement intellectuel. Mieux vaut agiter des chimères que faire face à ses propres carences. Dans leur tribune les gens de Tarnac l’ont très bien dit : la peur est le sentiment le plus facile à instrumentaliser.

La peur, l’inconnu, l’ignorance : les trois se tiennent. Les apprentis sorciers sont incapables de résoudre des problèmes sur des sujets sérieux comme le chômage, mais ils sont les premiers à agiter la matraque. Mon cas met à nu leur prétention de respecter les gens qui travaillent. Je suis l’exemple typique de taulier au travail, de personne qui se lève tôt. Ma vie est brisée pour des éléments qui n’auraient jamais conduit à une incarcération dans un autre pays. Ça devrait mettre la puce à l’oreille à tout le monde, même des gens qui n’ont pas la même culture politique que moi. On commence par les uns et on va ensuite vers les autres. C’est exactement la logique d’un système totalitaire.

Le tribunal a aussi prononcé la confiscation des saisis d’argent liquide, environ 15.000 euros, et du matériel informatique.

La saisi de l’argent liquide c’est du vol institutionnalisé, la saisi de mon matériel informatique un assassinat intellectuel. J’avais des centaines d’heures de travail dessus ! Des idées, des articles, des cours, des données scientifiques…

Vous étiez poursuivi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, pour financement du terroriste et pour avoir diffusé de la propagande, ce que le procureur désignait sous l’expression “jihad médiatique”.

C’est vraiment de la surenchère. Je n’ai pas de site, pas de blog. Je n’ai intégré aucun projet médiatique contrairement à ce qui a été dit. J’ai interagi en tant que user (utilisateur) sur des forums, échangeant des opinions. C’est vraiment de la mauvaise foi de l’accusation ! Qu’est-ce qu’ils appellent jihad médiatique ? C’est un peu vague… Ce qui peut leur poser problème, c’est que des groupes, disons politico-militaires pour rester technique, fassent des reportages sur leurs activités et les publient. L’expression fourre-tout, d’après ce que j’ai compris, permet de toucher toute personne qui aurait accès à un moment ou à un autre à des publications de ces organes médiatiques.

Est-ce que traduire ce genre de publications en citant la source constitue du jihad médiatique ? C’est très vicieux de rechercher des actes positifs qui constituent des incriminations, surtout au vue des conséquences terribles ! N’importe quel journaliste peut être amené à faire ce genre de travail sans pour autant faire partie de l’organe médiatique ou approuver ce qu’il traduit. Pour en arriver là, il faut vraiment qu’il n’y ait rien dans le dossier. C’est grotesque et ridicule. Ils ont essayé de m’avoir a minima.

Vos défenseurs avaient dénoncé une instruction à charge, mais à la veille du procès, Me Baudouin, votre avocat, s’en remettait à l’indépendance de la Cour et au regard nouveau qu’elle poserait sur votre dossier.

La 14e chambre correctionnelle du TGI de Paris ne juge pas, elle condamne.

Il avait également pointé la façon dont la président, Mme Roubeyrotte, menait la séance.

Il n’y a pas eu de questions sur des points précis, pas de débat contradictoire. Ce n’était pas un procès mais un rouleau compresseur visant à asphyxier la défense. Plusieurs griefs étaient lus pendant 20 ou 30 minutes et je n’avais pas le temps de répondre. Pour moi, la condamnation n’a pas été prononcée par la justice mais par la police. La police me voulait, me voulait condamné.

Dans les institutions d’un État qui se respecte, il existe des contre-pouvoirs qui peuvent arrêter ce genre de bêtises. Le grand public retient des mots-clés : “musulman”, “physicien”, “Al Qaida”. Ça relève de la psychologie de masse.

Quelles relations aviez-vous avec le juge d’instruction, Christophe Teissier ?Dans un entretien accordé à Mediapart, vous évoquiez une audition “stérile et sans intérêt”.

Les mêmes éléments revenaient sans arrêt. Au début, j’étais naïf. Je pensais qu’au moins un ou deux magistrats constateraient le vide du dossier et décideraient d’arrêter. Petit à petit j’ai découvert la justice française, la chape de plomb qui vous tombe dessus. La mauvaise volonté se mêle à la mauvaise foi. Et là on comprend qu’on est entre de très mauvaises mains.

J’avais en tête que le magistrat n’était pas un flic, même si la réputation du pôle antiterroriste n’est plus à faire… J’avais espoir qu’on revienne à un peu de sagesse ou à défaut d’équité : quand il n’y a rien, il n’y a rien. Il a joué le rôle d’un flic main dans la main avec le procureur.

Comment se sont passés les interrogatoires pendant votre garde à vue ?

Mal. Le rapport voyous-braves gens était inversé : les voyous c’était eux ! Parfois, les insultes fusaient. Les policiers utilisaient mon frère, la santé de ma mère pour faire pression sur moi pendant ma garde à vue. Ils ressemblent à des psychopathes hystériques tout excités. Peut-être parce qu’ils sont toute l’année dans un bureau à se croiser les doigts… Dès qu’ils peuvent avoir un os à ronger, toutes les frustrations de leur quotidien – pas terrible d’ailleurs – se déchargent sur vous.

Les gens de Tarnac l’ont bien compris. Ils sont passés par la machine. Ils ont souffert de la même chose que moi : l’acharnement policier. Il en faut peu. Deux ou trois officiers se montent la tête, au bout d’un moment c’est comme si vous leur apparteniez, et ils s’acharnent, ils s’acharnent. Et puis, des carrières sont en jeu… Dans mon affaire, il y a eu au moins une promotion avérée : les grades changent entre les PV de début et de fin. Utiliser les moyens de l’État pour faire du mal à quelqu’un est d’une lâcheté sans nom.

Sous quelle forme avez-vous ressenti ce “déchargement” ?

Le ton, l’excitation. En garde à vue, on m’a dit : “vous allez perdre votre boulot, vous ne serez plus physicien, vous ne serez plus au Cern”. C’est d’un cynisme total ! Les gars sont assurés de leurs pleins pouvoirs. Il y avait un plaisir à me faire perdre un certain statut social, l’un des chenapans l’a exprimé ouvertement. Ça tranche avec le comportement des deux enquêteurs suisses qui sont venus m’interroger en septembre 2010. C’était des gens très posés, très carrés. Ils ont fait leur boulot sans tout ce cinéma.

Des détails très ténus sont montés en épingle : le plus choquant est sans doute les questions sur la pratique religieuse. Pourquoi on me demande si je prie ou si je jeûne dans le cadre d’une enquête judiciaire ? On évoque la vie et la culture familiales. Je réponds que nous sommes proches de la religion musulmane tout en étant ouvert. Ensuite les questions dévient sur des situations politiques, en Irak en Afghanistan. Jamais j’aurais pensé à ce moment-là que mes réponses seraient utilisées dans le réquisitoire. C’est de l’inquisitoire, pas du judiciaire.

Lorsque le procureur vous avait demandé si vous étiez salafiste, lors du procès, vous lui avez répondu qu’il faudrait une thèse de doctorat pour en parler.

Je trouve étonnant qu’un tribunal chargé de caractériser une infraction pénale parle de salafisme. On balance les slogans, des chimères, des sorcières. Je peux parler en détails des tendances et mouvances dans le monde musulman. J’ai beaucoup lu et c’est frustrant d’avoir affaire à des gens qui ne sont pas très au fait mais utilisent ça comme outil de guerre psychologique. C’est chasser toute rationalité à l’affaire pour garder l’irrationnel qui excite les cordes de l’opinion publique.

Il y a des raccourcis un peu simplistes du genre “salafisme = activité armée”. Les Frères musulmans ne sont pas salafistes mais ont des branches armées dans différents pays. Les Taliban n’ont rien à voir avec les salafistes. C’est beaucoup plus compliqué que le simplisme présenté au public.

Vous étiez interrogé par des agents de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ?

Par deux binômes d’agents de la DCRI. Un de jour, un de nuit. J’avais l’impression qu’ils avaient découvert un filon : le filon Internet. Avec Internet, il n’y a pas de filature, de planques avec le thermos… Sur Internet, les ingénieurs se bloquent sur l’IP et interceptent le flux. En parallèle, les policiers peuvent même jouer aux jeux vidéo dans un bureau à côté à Levallois.

Comment s’est passée votre détention à Fresnes ?

L’administration est stricte, zélée même. Les cours de promenade sont minuscules, 40m². Personne ne peut s’imaginer les affres de la détention : ce sont des familles brisées, des couples désunis, des épouses qui pleurent dans les parloirs, des mamans qui ne mangent plus. C’est contre-productif comme disait Me Baudouin. Plus une politique sécuritaire est coercitive, plus elle crée de la violence et de l’instabilité.

Dans quel quartier étiez-vous à Fresnes ?

Au début, j’étais à l’hôpital pénitentiaire en raison de mon état de santé. J’y suis resté quatre mois. Puis j’ai été transféré en 3e division du quartier principal.

Vos codétenus étaient des mis en examen ou des condamnés dans des affaires similaires ?

Après l’hôpital pénitentiaire, j’étais dans la 3e division Sud, au rez-de-chaussée avec tous les malades : 90% sont des cas psychiatriques, dont certains très graves. J’y suis resté presque un an. Je n’ai jamais vu autant de misère humaine de ma vie. J’avais le rôle de Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucous.

Ensuite j’ai été transféré au Nord, toujours au rez-de-chaussée. J’ai croisé différents types de profils, essentiellement du banditisme et un seul cas politique, c’était Ivan Colonna. Il était dans la cellule à côté.

Pas d’autres personnes impliquées dans des affaires terroristes ?

Dans les autres activités, comme le terrain de sport, j’ai croisé des Basques et d’autres Corses.

Quel genre de relations aviez-vous avec eux ?

Un esprit de camaraderie de prison. J’ai aussi ressenti beaucoup de compassion. Personne n’est dupe en prison, tout le monde connaît bien le système, ils savent décoder l’actualité. J’ai senti de la révolte aussi, des droits communs notamment. Le discours : “si vous aviez fait des études, vous ne seriez pas là” était faux. Eux se retrouvaient avec plus de droits que moi, qui ai pourtant fait beaucoup d’études !

Avez-vous fait appel à une solidarité confessionnelle pour “cantiner” ou autre ?

J’interagis avec les gens selon un seul critère : qu’ils soient réglos. J’ai partagé de bons moments avec des gens très différents de moi tant qu’ils sont agréables et pas nuisibles. On est tous dans le pétrin ! Quand quelqu’un manque d’un produit, on lui donne et vice versa. C’est quasiment automatique.

Tous les détenus n’ont pas de doctorat en physique des particules. Comment s’est passé votre détention de ce point de vue ?

J’ai lu quelques bouquins, dont La force de l’ordre de Didier Fassin sur la police anti-criminalité et Les veines ouvertes de l’Amérique latine qui m’a marqué. Des ouvrages scientifiques aussi pour m’entretenir. J’ai réussi à tenir les 20 premiers mois, à travailler, à être efficace. Ensuite, je fatiguais.

J’ai eu du mal à m’ajuster à la mentalité de la prison. L’administration pénitentiaire avait elle du mal à voir sous quel registre me gérer. L’aspect sécuritaire et disciplinaire des peines fait que les détenus particulièrement surveillés (DPS) et de la catégorie “mouvance” ont des fouilles régulières des cellules et une fouille à corps intégrale, ce qui est particulièrement humiliant et parfaitement illégal. Il y a une volonté politique de rendre la détention préventive la plus pénible possible pour user la personne. C’est ainsi à Fresnes en tout cas.

La notion du châtiment douloureux est très forte en France. Certains personnels de l’administration pénitentiaire font sentir qu’ils sont là pour être odieux. Les surveillants sont très jeunes, et tout dépend de leur caractère et de leur humeur. C’est un jeu : celui qui s’énerve perd la partie.

Dès les premiers jours de votre arrestation, des articles utilisaient les mots clés “terroriste”, “physicien”, “nucléaire” dans leur titre. Quand avez-vous appris cette médiatisation, très forte dès le début ?

Je suis passé en comparution médiatique immédiate. Le circuit passe par la police, le ministère de l’intérieur et la Présidence, puis redescend dans les médias qu’ils connaissent et choisissent. Mes parents sont venus à mon premier parloir, ils m’ont raconté verbalement. J’étais coupé du monde jusque-là.

Quand j’ai réalisé, j’étais dépressif. J’ai compris que s’ils avaient fait ce bruit-là, rien ne les arrêterait. J’ai réalisé l’ampleur de l’entourloupe : j’étais le pigeon providentiel.

La médiatisation d’une personne privée qui ne l’a pas choisie est d’une grande violence psychologique. L’instrumentalisation des médias est très puissante, même un “ange qui marche sur terre” se ferait détruire. Je suis frappé du sceau des parias, pour que je ne puisse pas me refaire, pour que je sois précaire le restant de mes jours. On verra, je ne suis pas prêt à baisser les bras, je veux me refaire, tant bien que mal.

Vous avez été présenté comme la figure du loup solitaire par certains responsables de la lutte antiterroriste.

Dans le passé, ils avaient au minimum des bandes de copains à qui on pouvait reprocher, ou pas – je ne sais pas – une certaine forme de prosélytisme. Il y avait des points d’ancrage pour donner l’illusion. Pas dans mon cas. Il y a un gars qui a étudié toute sa jeunesse, qui travaille, qui vit dans un environnement rural. Jamais j’aurais pensé qu’on arriverait à de tels extrêmes à partir de rien. C’est une dérive dans la dérive.

Ils ont été obligés de créer un profil artificiel pour justifier toute la mascarade. Il n’appartient pas à un groupe ? Il vit tout seul ? Ce sera le loup solitaire par exemple. La rhétorique ancienne ne pouvait pas fonctionner.

En s’appuyant sur votre utilisation d’Internet ?

Oui, mais le plus grave c’est l’idée qui se dégage de l’expression loup solitaire. On imagine quelqu’un qui vit reclus. C’est faux. Je travaillais dans le cadre de collaboration internationale, j’avais à faire à des centaines de personnes quasi-quotidiennement au Cern. Plusieurs milliers de physiciens de nationalités différentes travaillent ensemble. Aucun outil de sociabilité n’est aussi fort ! Il faut s’adapter à toutes les cultures, à tous les tempéraments, à toutes les personnalités.

Cette partie a été zappée dans les médias. La personne réelle disparaît au profil d’un clone, d’un hologramme, habillé de toutes les caractéristiques pour vendre la justice à l’opinion publique. Il y avait une feuille blanche, immaculée, avec un bon cursus scolaire et universitaire. C’était un défi de construire une intrigue à partir de mon vécu ! Personne dans mon entourage familial, professionnel, de mon voisinage ne voulait me “salir”. Alors ils sont allés chercher des internautes avec qui j’avais interagi il y a x années.

Pourquoi acceptez-vous de parler aujourd’hui ?

Je ne parle pas à tout le monde. Je considère que ça peut être productif ou positif, mais à dose homéopathique. S’il fallait tout dire, on pourrait noircir des pages.

Comment voyez-vous votre avenir maintenant ?

Difficile. Par nature, j’ai tendance à être prudent. Dans un premier temps, je n’accepte pas qu’on me démissionne de ma passion et de mon gagne-pain par “la force des mitraillettes” comme dirait Louis de Funès. Si je devais quitter le milieu scientifique ou la physique des particules, ce serait de mon propre chef. Utiliser le sécuritaire pour me faire basculer dans la précarité dépasse une procédure de sanction pénale – déjà injuste – pour me faire entrer dans un processus de désintégration morale. Je n’accepte pas que la force publique me coupe de ma passion pour laquelle j’ai sacrifié ma jeunesse. Il faut être réaliste et voir comment rebondir. Je prospecte, rien n’est défini. J’ignore si la campagne a influencé les employeurs, je veux d’abord briser cet embargo.

Vous avez été soutenus par votre milieu professionnel.

Oui, la solidarité est venue des scientifiques, mais il reste le milieu administratif. Je n’ai pas de visibilité dessus.

Et l’Algérie, dont vous avez également la nationalité ?

C’est un grand point d’interrogation. Il est trop tôt pour le dire.

C’est en Algérie que vivrait Phoenix Shadow, la personne avec qui vous correspondiez. Lors du procès, vous avez dit qu’on vous présentait un pseudo et un nom, comme une équation à deux inconnus, et qu’on vous demandait d’affirmer que l’un correspond à l’autre.

Dès le début de l’instruction, les avocats n’ont eu de cesse de demander d’où venait ce nom, Moustapha Debchi. À aucun moment, l’explication n’a été fournie. Pour mon cas, l’adresse IP renvoie à une connexion Internet etc. En face, un nom est balancé sans justification, sans preuve.

À aucun moment vous ne connaissiez l’identité de la personne derrière le pseudo Phoenix Shadow ?

Phoenix Shadow restait Phoenix Shadow, point à la ligne. Il n’y a pas eu de connaissance, de volonté de connaissance. C’était une interaction contingente à un moment donné utilisée des mois plus tard. Je pense qu’au début on voulait me coller à l’affaire des filières belgo-afghanes. Je l’ai senti pendant la garde à vue. Trop peu d’éléments existaient alors que le scénario aurait été terrible : un scientifique dans l’affaire des filières !

Puis, les questions ont évolué au fil de la garde à vue, en fonction de l’exploitation de mon disque dur. Les questions se sont réorientées vers Aqmi. Il n’y a vraiment que dans l’antiterrorisme que ça se passe ainsi. Normalement, quand une personne est placée en garde à vue, il faut lui signifier le chef de mise en garde à vue et remplir le cas d’espèce, ce qui lui est reproché. Moi, il n’y avait rien ! Le chef de mise en garde à vue était “présomption grave d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”, mais la suite était vide, blanche.

Presse terroriste (Pierre Alonso, Owni, 2 juillet 2012)

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:36

Les caméras protégées par des boucliers

Les caméras de vidéosurveillance ne devraient plus être la cible de dégradations. La ville a décidé de les équiper de protections, inspirées des boucliers des policiers.

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SARTROUVILLE, le 25 JUIN. La commune compte 70 caméras, qui seront toutes protégées du vandalisme.

Utiliser des boucliers de police pour protéger les caméras ? Astucieux. C’est en tout cas l’idée trouvée par la ville de Sartrouville pour protéger ses équipements de vidéosurveillance régulièrement attaqués. Outre l’usage d’armes à feu, la destruction des poteaux, les dégradations des armoires ou les jets de projectiles, ceux-ci subissent parfois l’assaut de voitures incendiées. En quelques mois, des plaques de plastique, fixées sous les appareils, ont donc pris place, dans le quartier des Indes, pour tenter d’enrayer cette violence.

« L’idée est venue, il y a deux ans, à la après deux destructions consécutives de caméras aux Indes suite à des tirs de chevrotine. En voyant l’état des globes cassés, on s’est dit qu’il fallait trouver quelque chose de vraiment solide », raconte Pierre Fond, maire (UMP) de la ville.

La destruction totale des machines évitée

Quelques réunions plus tard, c’est Jean-Michel Tisserand, directeur de la police municipale, qui trouve l’inspiration. « Si on prenait des boucliers qui résistent aux balles, les casseurs devraient changer leurs angles de tirs. Ce serait moins efficace pour eux », lance-t-il. Ni une ni deux, un métallier se met au travail. Il taille les boucliers plastique en deux et les cercle avant une fixation tout en haut des poteaux. « Le résultat a été spectaculaire puisque même si on a encore enregistré des tirs, les boucliers ont empêché une destruction totale des machines qu’on a pu, à chaque fois, réparer », note Pierre Fond.

Il faut dire que le coût des destructions d’un appareil, coûtant à lui seul environ 3000 €, peut vite grimper. À l’inverse, le prix de revient d’un bouclier de police — une centaine d’euros — semble en effet dérisoire.

« On essaie d’avoir un coup d’avance sur l’ultime invention des délinquants », remarque Raynald Godard, adjoint à la sécurité publique, qui aime bien tester de nouvelles idées. Ainsi, la ville a mis en place sur la place Nationale dans le quartier du Vieux-Pays, un coffrage blindé sur une caméra pivotant à 360 degrés. Là aussi, le test est concluant. Dans ce cas, le coût s’est monté à 15’000 à 20’000 € pour équiper le matériel.

Presse pare-balles (Laurent Mauron, LeParisien.fr, 29 juin 2012)


Pour mémoire (« Les Indes les boss ! », in Le Jura Libertaire old school le 30 juin 2009) :

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/02.gifLes caméras encore détruites à Sartrouville

Des projectiles ont été tirés dimanche soir sur trois caméras de vidéosurveillance à Sartrouville. Les prochains appareils installés seront blindés, pour résister aux balles.

Les caméras de la cité des Indes à Sartrouville (Yvelines) ont encore une fois été visées par des tirs d’arme à feu dans la nuit de dimanche à lundi. Vers 23 heures, avenue de l’Europe, un scooter s’arrête devant l’œil électronique, réparé il y a trois semaines. Les deux hommes juchés sur la machine ont pris le soin d’enfiler une cagoule.

L’un des deux met pied à terre et braque un pistolet de calibre 22 long rifle en direction de la caméra. Le premier objectif rend l’âme. Le scooter fait le tour de la cité et deux autres caméras sont détruites selon le même procédé. Dans le bureau de la police municipale, l’opérateur assiste impuissant à la scène. « Il n’a pas eu le temps de réagir entre la première et la dernière dégradation ; il ne s’est passé que quelques instants, précise le maire, Pierre Fond (UMP). Ces caméras appartiennent au Logement francilien. Les nôtres sont désormais blindées. »

Le scooter sera retrouvé incendié un peu plus loin afin d’éviter que les forces de l’ordre réalisent le moindre prélèvement qui permettrait de remonter jusqu’aux auteurs.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/03.gifAu mois d’avril dernier, une demi-douzaine de caméras avaient déjà été détruites par un duo à scooter armé d’un fusil. Les hommes du commissariat pensaient tenir une piste. Mais les nouvelles dégradations ont réduit leurs espoirs à néant. Ils vont aujourd’hui tout recommencer pour arrêter les coupables. « Ce n’est pas une affaire simple, précise une source proche de l’enquête. Il y a de nombreux suspects dans ce quartier et les raisons de casser les caméras ne manquent pas. »

Hier, l’édile ne cachait pas sa colère. « C’est insupportable, s’indigne-t-il. Nous avons commencé un mouvement de réappropriation de ce quartier qui est aux mains des délinquants. On les dérange et ils passent à l’action. » Le maire avance que les tirs sur les caméras sont le fait de délinquants « organisés et efficaces ». « Ils nous prennent de vitesse, mais on ne va pas laisser les choses comme ça. Je veux de l’action ! On va trouver une réponse pour les contrer parce qu’on le doit aux habitants du quartier. »

Dans un avenir proche, de nouvelles caméras, blindées cette fois-ci, devraient remplacer les anciens modèles.

Leur presse (Julien Constant, LeParisien.fr, 30 juin 2009)


Des coups de feu tirés sur les caméras

Onze caméras de vidéosurveillance ont été détruites à Sartrouville en l’espace d’une semaine. Dimanche soir, trois ont encore été la cible de tireurs qui circulaient à scooter.

Qui en veut au système de vidéosurveillance de Sartrouville ? Dimanche soir, trois caméras ont été détruites. En une semaine, pas moins de onze ont été dégradées, certaines deux fois de suite.

Aux environs de 22h25, dimanche, trois caméras de surveillance ont été atteintes par des tirs de fusil de chasse, sur la place Nationale, dans le quartier du Vieux-Pays.

Les auteurs de ces dégradations opéraient casqués depuis un scooter. Peu après les faits, la police a contrôlé deux individus à proximité, mais ils n’ont pas été placés en garde à vue.

Vendredi soir, une caméra située sur l’avenue de l’Europe avait été touchée, cette fois par une décharge de chevrotine. Le week-end dernier, c’était déjà la vidéosurveillance de la place Nationale qui avait été la cible des délinquants. Aussitôt remplacé, le matériel n’aura pas terminé la semaine.

D’après une source proche du dossier, il est difficile pour l’heure de se faire une idée sur les motivations des auteurs de ces dégradations. « On ne sait pas si c’est pour protéger un trafic ou simplement de la provoc. »

Pour Pierre Fond (UMP), le maire de Sartrouville, quel que soit le mobile, la réponse est claire : « On va remplacer le matériel détruit par du plus résistant. Il y a des modèles qui résistent aux balles. Il est impératif de le réinstaller. »

Pionnier en la matière, Sartrouville s’est doté depuis douze ans d’une cinquantaine de caméras de vidéosurveillance. « Nous allons rétablir notre système de sécurité, voire le renforcer, affirme l’édile, qui voit dans ces actes de vandalisme une justification de son action. Visiblement, si on les détruit, c’est que ces caméras gênent. C’est la preuve qu’elles servent. Et, de toute façon, il n’est pas question d’abandonner les habitants et ces territoires à des délinquants. »

Leur presse (Matthieu Suc, LeParisien.fr, 31 mars 2009)

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 14:47

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES

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