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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 13:44

La Plaine. Un Charivari festif s’est transformé en vandalisme militant
Casser ces caméras qui ne sauraient voir

Un long tube d’acier creux garni d’une corde à nœud coulant qui entoure, 6 métres plus haut, une couteuse caméra de vidéo-surveillance municipale (sur le Cours-Julien (6e)). Ceux qui manipulent le tube, des troubadours de carnaval portant des masques rigolos, tirent ensemble sur la corde jusqu’à ce que la caméra céde. Un peu d’alcool, une allumette, Big Brother vient de perdre un œil.

Samedi après-midi [16 juin], lors d’un charivari sur le secteur, sept caméras de vidéo-surveillance ont été endommagées, dont deux sévèrement par des casseurs militants. Le lien entre ces vandales et les organisateurs du défilé festif (déclaré en préfecture) n’est pas établi. Les deux personnes interpellées lors des échauffourées de fin de manif n’ont pas été inquiétées pour vandalisme.

L’exploitation des vidéos est en cours même si un policier reconnaît que « les gars étaient très malins ». Une banderole opaque dressée par exemple par des complices pour camoufler les actions aux caméras, celle des médias comme des vidéo-surveillance.

Ces dernières ayant été pour la plupart préalablement coiffées de sacs opaques toujours avec la technique du tube d’acier, les images des militants sont rares. « On y voit des types masqués qui cassent nos caméras » résume un policier. « Ils ont bien fait le boulot. » On y voit aussi ces mêmes troubadours danser autour d’un pylône pour mieux masquer ceux qui, accroupis, coupent les cables de transmission d’image (puis coulent du béton dessus).

Quant à la capacité de réaction en temps réel que sont censées donner ces caméras à la police, tant vantée par les autorités, les troubadours en rigolent encore. Les fameuses Vidéo-Patrouilles ne sont ni plus ni moins qu’une escroquerie intellectuelle. « Sil n’y a pas les effectifs sur le terrain, regrette un policier, on se contente de voir l’intervention qu’on va rater. » Lorsque les premiers policiers, à Noailles, arrivaient pour disperser la sauterie, tout nos joyeux ambulants jetaient leur matériel en un tas qu’ils embrasaient d’un coup, avant de se disperser cachés par un écran de fumée.

Leur presse (La Marseillaise, 19 juin 2012)

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 12:41

Ouvrez grands les yeux et les oreilles, et oubliez les crapules de TF1, les réacs du Figaro ou les publicitaires de Libé ! Car, dans chaque ville, dans chaque région, des journaux, radios, maisons d’édition et sites web diffusent autre chose que la soupe libérale, people et sécuritaire. Nous, médias libres d’information comme de contre-information, indépendants économiquement, développons des points de vue aiguisés et subversifs sur le monde et les luttes sociales.

À quoi tient notre existence  ? Des bouts de ficelle par-ci, des coups de main par là, beaucoup d’huile de coude et très peu d’oseille… Ce catalogue est donc une invitation à nous découvrir, nous lire, nous cliquer, nous diffuser, nous écouter… ou nous imiter !

Nos médias libres sont divers et divergents. Mais nous sommes solidaires. Nous avons décidé, lors des rencontres de septembre 2011 à Forcalquier, de soutenir toute démarche de production d’information autonome, collective et militante. Nous refusons de répondre aux standards du commerce et de l’industrie pour partager des idées. Et nous voulons les partager le plus largement possible.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334057781.png

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 12:15

Antifa BXL, les Jeunes FGTB et la JOC appellent à se rassembler ce mercredi 27 juin à 16.30 à la Place Poelaert contre la répression et le fascisme !

L’appel

Ce mercredi 27 juin à 16h30, nous appelons à un rassemblement contre les violences policières suite aux événements répressifs de la manifestation antifasciste du dimanche 17 juin.

Pour rappel, alors que le groupe de militants antifascistes essayait de rejoindre pacifiquement le cortège de la manifestation raciste du Parti Populaire et de la milice fasciste Nation, la police a chargé les manifestants avec une violence et une agressivité inouïe. Résultat du « travail de protection du citoyen » opéré par la police bruxelloise : de nombreux blessés légers mais surtout deux blessés évacués en urgence.

La présence massive de caméras et de journalistes (dont l’un d’entre eux a été menacé et passé à tabac avec les manifestants) garantit à cet évènement une visibilité médiatique. Nous appelons au rassemblement car de nombreuses victimes de brutalités policières n’ont pas notre « chance ». En effet, la complaisance des autorités et de la justice garantit une quasi impunité aux policiers. Il faut aujourd’hui rétablir un véritable contrôle démocratique sur les forces de l’ordre. Il est nécessaire que ce rassemblement soit le plus massif possible pour exprimer notre solidarité avec tous ceux et toutes celles, qui n’ont pas la possibilité de faire entendre leur voix et de se défendre dans le système institué.

Nous exigeons de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, qu’elle dénonce le comportement de sa police, les images sont suffisamment explicites pour qu’elle se positionne clairement. Le bourgmestre Freddy Thielemans, pourrait quant à lui nous expliquer comment sa police reste inerte face à une milice organisée qui appelle à la haine et à la violence raciste dans les rues de sa commune ? Alors qu’elle réprime brutalement les militants antifascistes ?

Le capitalisme frappe les travailleurs de plein fouet en créant le chômage, le désespoir et la pauvreté qui explosent partout. Il est évident qu’avec la crise, le nombre et l’intensité des mouvements sociaux augmentent. Plus le gouvernement sèmera la misère dans les quartiers, plus il lui sera nécessaire de déployer ses forces de l’ordre dans les rues pour canaliser ce qu’il aura récolté.

Combien de temps validerez-vous par votre silence et votre immobilisme la criminalisation de ceux qui sont victimes du système et qui se mobilisent pour un avenir meilleur pour tous ?

Nous ne voulons pas de cette société là !

Nous refusons cette misère et la répression qui l’accompagne !

Soyons nombreux ce mercredi ! Non à la répression d’Etat, halte à l’impunité !

Rendez-vous mercredi 27 juin à 16h30 Place Poelart

Nous invitons tous les participant-es à venir muni d’une protection pour la tête (casque de mobylette, de chantier, de vélo…) pour se prémunir symboliquement des violences.

Antifa BXL

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 21:04

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 16:20

Le 13 mai , les fractions les plus radicales de l’extrême droite défilaient dans la rue sous le double prétexte de commémorer la mort de Sebastien Deyzieu, militant néofasciste mort le 9 mai 1994 suite à une manifestation en tombant connement du haut d’un immeuble pour fuir la maréchaussée (ce qui en fait le champion faf en titre du saut en parachute – catégorie sans parachute) et de rendre hommage à Jeanne d’Arc pour son 600° anniversaire (pas étonnant pour d’autres fanatiques entendant des voix).

Nous avons laissé passer dix jours pour en parler histoire de pouvoir en tirer les conclusions “à froid”, étudier les comptes-rendus publiés et éviter ainsi de dire tout un tas de connerie (comme c’est le cas sur le site du groupe fantôme fort douteux “partisan idf”, qui a prouvé son incapacité totale à organiser quoi que ce soit face à cette marche). On constate néanmoins une absence de riposte antifasciste de rue vraiment dommage appelant à une réaction dynamique. L’intérêt pour nous révolutionnaires n’est pas de jouer à se faire peur ou de tordre la réalité pour la faire coller à nos théories: nous partons au contraire de la réalité pour développer nos idées. Et à ce sujet la marche de cette année est très révélatrice quant aux tendances de fond. Il nous faut l’observer de près pour adapter notre antifascisme et pour connaitre notre ennemi puisque les groupes présents représentaient les militants d’extrême droite les plus “violents” sur le terrain.

Le premier constat est qu’il y a du nouveau du côté des fascistes, avec des groupes progressant et d’autres perdant de la force. Le défilé était composé de l’organisation “solidariste” 3° Voie, de l’Oeuvre Française/Jeunesses Nationalistes, des Nationalistes Autonomes et du GUD, avec pour le côté Kultur une quinzaine de nazis néo-païens de Terre & Peuple et une dizaine de membres de la “nouvelle droite populaire”. Le Renouveau Français, en perte de vitesse, au créneau idéologique pétainiste/catholique traditionaliste cannibalisé par les JN, s’était constitué cette année en cortège indépendant. Il affichait péniblement une petite cinquantaine de membres portant des drapeaux régionaux dont… Ceux de la Corse ou du Pays Basque (on hésite entre le rire et les larmes).

Grosso modo l’aspect idéologique de cette année était aussi bordélique que par le passé avec deux nouvelles tendance. Primo le rattachement opportuniste de 3° Voie et du GUD Paris au FN avec un certain support pendant la campagne, et secondo les pétainistes récemment exclus (ou non) du FN en roue libre, se vautrant dans le folklore et la provocation avec de nombreux slogans et interventions clairement antisémites, anticommunistes, racialistes. Voyons au cas par cas.

Tout d’abord 3° Voie, l’organisation à vocation “solidariste”, “syndicaliste”, “nationaliste-révolutionnaire” de Serge Batskin Ayoub, se voulant sociale. Ils se revendiquent des SA, de Primo de Rivera, Sorel, Blanqui, Mussolini et Ledesma Ramos; dans les faits on a idéologiquement une sorte de gloubi glouba poujadiste défendant les petits patrons contre le “mondialisme apatride” et la “finance”, bref un discours extrêmement conformiste, collant parfaitement avec le système. Un élu UMP de la droite populaire ou un fan de Montebourg pourrait tenir le même discours économique. Alors ce cortège? C’était à 95% des skinheads nazis (“boneheads”). On y retrouvait tous les groupuscules locaux de cette mouvance (Picard Crew, Lemovice et le Front des Patriotes, loups de Turone, et le seul un peu sérieux, Artam) avec bien évidemment l’absence de certains (lyonnais, lillois) suite aux embrouilles récentes. C’était le publique du concert nazi du soir donc un gros cortège de 200 skins environs incluant les belges de Nation au ridicule folklore para-gauchiste (peu crédible parmi tous ces fafs clichés) et les habitués du C9M. Si c’était le principal cortège il n’en demeure pas moins que l’on voit les limites de l’organisation de Serge Ayoub: après avoir réactivé ses réseaux skinheads comme les JNR (qui fermaient la marche) lui assurant immédiatement un bon nombre de militants il se retrouve maintenant coincé. On l’imagine mal faire du syndicalisme sérieux en s’infiltrant comme prévu avec des gugusses étiquetés “nazis” et vêtus comme des sapins de Noël. Voilà 3° Voie dans une drôle de posture où l’orga commence à patiner après avoir atteint son point maximal de développement. Elle sera contrainte soit de lancer de nouveaux projets (non, vendre son journal au défilé du FN n’en était pas un) soit de péricliter: à surveiller de près donc. Pour l’instant ils font ce qu’ils savent faire de mieux soit boire des bières, porter des harringtons, organiser des concerts de RAC et gueuler à la tribune. A ce sujet 3° Voie a clairement l’intention de récupérer le défilé au détriment des autres orgas, qui l’ont assez mal pris.

Comme les nationalistes autonomes. Leur compte-rendu victimaire montre les limites de leur mouvement. Après avoir connu un développement factice via une multiplication des sites webs reprenant l’imagerie d’extrême gauche à leur profit (ce qui était un coup assez rude dans la guerre de position qu’on leur oppose) les voilà en plein essoufflement. Les vidéos de collage d’autocollants et les déplacements en Allemagne ne suffisent décidément pas. Leur cortège d’une centaine de personnes incluait les néonazis allemands et italiens du “Anti Capitalist Network” et toujours beaucoup de lorrains assortis de quelques provençaux; leurs groupes locaux doivent être ciblés pour lancer une réponse antifasciste énergique. Si ils ne sont pas morts avant, tant leur folklore a déplu aux gros bras de 3° Voie qui les ont molestés et insultés… Décidément, ce n’est pas la joie pour eux. Dur dur d’être un “anticapitaliste” soutenant les petits patrons français contre les travailleurs!

Passons rapidement sur le GUD… Écartelé entre un rejet viscéral du FN pour les quelques lyonnais (enfin, ceux ne défilant pas avec les JN tant la double/triple étiquette est une constante à l’extrême droite) et un suivisme aveugle pour les parisiens, ils ont ramené une petite trentaine de “militants” dont même quelques étudiants. Le GUD cuvée 2012 étant constitué de baltringues se faisant à la fois cogner par les antifascistes parisiens et par leurs “copains” fafs, ils n’ont même pas réussi à occuper leur créneau traditionnel, celui de la violence politique débridée. Cela se paye par une très mauvaise santé du groupe à peine compensée par l’attrait que le folklore GUD exerce encore sur certains jeunes bourgeois fafs.

Enfin, la nouveauté de cette année, l’Oeuvre Française et les Jeunesses Nationalistes. Ils estiment que leur cortège comptait “au bas mot cent personnes”. Bon, à raison de dix rangées de cinq porteurs de drapeau, nous on en compte 50, plus quelques autres éléments, soit une soixantaine de militant(e)s en étant larges. Mythomanie se passant de commentaires. Ce cortège était un peu particulier puisque traditionnellement l’OF ne participait pas (plus) aux “cérémonies” du 9 mai. Maintenant sous la direction d’Yvan Benedetti l’OF cherche à s’étendre en recrutant… De jeunes lyonnais. C’est original pour un groupe faf. Leur cortège venait donc très largement de la ville de Lug avec une grosse teneur skin/hooligan et quelques vieux de l’OF. Il ne faut pas y voir un développement incroyable de la structure pétainiste sectaire mais cela prouve la capacité de recrutement des fascistes à Lyon. Quelques parisiens et sudistes étaient également de la partie. L’OF est peut être le groupe néofasciste le plus dangereux en France sur le long terme, puisqu’il vise clairement à recruter des cadres pour leur futur état, dans et hors du FN. Il est composé de gens “en place” dans la société (notamment dans l’armée). Les JN ne sont là que pour faire nombre et servir de vivier de recrutement… Tout cela déplait bien sûr à 3° Voie qui leur a laissé un minimum d’espace d’expression.

Conclusion, contrairement à ce qui a été dit ailleurs, nous voyons une reformation continuelle et profonde de l’extrême droite, avec la mort de groupes et l’apparition d’autres. Cette instabilité est la preuve à la fois d’une faiblesse idéologique patente, de limites empêchant encore son développement, et de risques sur le long terme qu’elle trouve la “bonne” forme pour s’étendre en gagnant le soutien de la bourgeoisie. Ses différentes fractions sont en concurrence pour être le jour venu les mieux placées dans la contre-révolution; si nous ne constatons pas de progrès majeur de ces forces, elles continuent pourtant de détourner une partie de la jeunesse d’une vraie théorie de renversement du Système au profit de thèmes réactionnaires. La radicalité apparente de tous ces groupes (avec de nombreux slogans se voulant “anticapitalistes”) cache mal un combat surtout tourné contre les forces progressistes, bref un rôle non-assumé de chiens de garde de la classe dominante, comme celui qu’occupent leurs homologues grecs, américains, tchèques ou espagnols en “cassant” les mouvements sociaux au côté des flics. Espérons qu’ils se bouffent entre eux; en attendant nous devons garder à l’esprit que leur rôle est de liquider la seule alternative radicale au capitalisme, à savoir, nous. L’extrême droite est un auxiliaire objectif des classes dominantes apeurées par la crise. Nous devons donc poursuivre la guerre de position idéologique à la fois contre les réformistes et contre l’extrême droite en continuant de démonter leurs positions complètement idéalistes au niveau de la culture et de l’économie. Cela sera fait, notamment sur ce blog… Sans pour autant abandonner la rue car c’est en liant les deux qu’on écrasera le fascisme. Aucun terrain ne doit leur être abandonné, nous reprendrons tout!

D. (merci aux camarades de l’UPAC pour les photos)

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 16:06

http://a6.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/s720x720/428480_474170399267190_234628510_n.jpg

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:56

L’organisation qui vient !

Ecrit par le Comité Inaudible – Agent rigolo du Syndicat Réel
Sous quelque angle qu’on le prenne, l’idéalisme est sans issue.
Chez tous ceux qui ne veulent qu’espérer, il entretient cette illusion que leurs idées et désirs particuliers occupent une centralité déterminante dans la transformation sociale.
Ceux qui prétendent détenir des solutions n’en finissent plus de s’aveugler sur le démenti cuisant que leur offre l’image du pourrissement groupusculaire qui résume, à peu près à lui seul, l’histoire du gauchisme.
La seule « culture militante » qui se transmet encore est celle des diverses scissions qui ont traversés l’histoire de tel ou tel courant, entrecoupés de divers action d’éclat mythifié de tel ou tel leader charismatique qu’on évoque avec respect et nostalgie.
C’est une chose simple mais pourtant inaudible que les idées ont toujours été, historiquement, un facteur de division, et les luttes réelles les seules révélatrices efficaces des penchants et des aspirations réels de chacun.
« Groupusculaire sera le genre humain » est l’imbécilité d’un militantisme idéaliste qui en est arrivé, sous des airs d’apparente « rénovation », à faire du surplace depuis presque plus d’un siècle.
L’illusion de l’innovation n’en finit pas de se recycler.
Des anarchistes aux léninistes, c’est toujours le même sectarisme qui prend des poses de cadors ou des airs de vierges, les mêmes gourous qui ne font qu’échanger des étiquettes pour mieux camper sur leurs positions et s’agripper à leurs petits leaderships miteux.
Ceux qui font encore dans le commerce juteux de la théorie radicale donnent l’impression de n’avoir plus d’autre intention que de continuer, ad vitam eternam, de se branler dans leurs écrits, qu’ils se tendent comme des miroirs complaisants.
On commence pourtant à se rendre compte un peu partout qu’il serait grand temps d’arrêter de se branler.
Rien de ce qui se présente n’est, de loin, à la hauteur de la situation.
Dans son absence de représentation même, le prolétariat reste encore une réalité plus tangible que toutes les élucubrations des guignols qui se chamaillent pour annoncer sa disparition.
Rien ne manque au triomphe de la bourgeoisie. Ni la karchërisation médiatique de toute représentation du prolétariat par le monopole de l’apparence qu’elle s’octroie.
Ni la spectacularisation outrancière et forcenée du nihilisme frustrée d’une « classe-moyenne » imbécile et désœuvrée, dont la mauvaise conscience de classe squat le box-office de la contestation admise depuis déjà trop longtemps.
La misère de la critique bourgeoise n’en finit plus de croître, elle est même déjà partout.
Mais elle peut encore se propager d’avantage.
Devant l’évidence de leur embourgeoisement, il y a ceux qui s’aveuglent et ceux qui assument, ceux qui cherchent la théorie adéquate pour leur servir d’alibi et ceux qui transforment leur pratique, ceux qui pondent une énième revue d’ultra-gauche chiante à mourir et ceux qui s’organisent.
Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent.
CECI EST UN APPEL !
C’est-à-dire qu’il s’adresse à tous. Nous devrons prendre la peine de démontrer, d’argumenter, de convaincre. Nous irons à l’évidence parce que, pour le prolétariat, l’urgence d’une transformation sociale est une évidence sensible qu’il tire de sa situation d’exploitation économique et de soumission politique.
Mais ce qui frappe pour l’heure, ce ne sont pas les arrogances de la bourgeoisie, c’est plutôt la faiblesse de la contre-attaque.
Comme une colossale paralysie. Une paralysie de masse du prolétariat qui se laisse tantôt convaincre qu’il n’existe plus, tantôt qui se laisse dire « quoi faire » et « comment le faire ».
Dans la dernière décennie nous avons vu le léninisme et l’anarchisme reprendre le monologue ennuyeux de leur arrogance sectaires dans des bouches encore lycéennes.
Il n’a pas fallu cinq ans aux flics, aux bourgeois, aux diverses petits-chefs et à la drogue pour avoir raison du bref « mouvement autonome » qu’on jurait avoir vu réapparaître après le « mouvement anti- CPE ».
A l’heure qu’il est, du Front de gauche à l’ultra-gauche-au-front-dégarni, la bourgeoisie et sa fausse critique décrivent le même horizon absent. La même perspective d’imposer sa vision de classe et de gérer la contestation.
Ceux qui s’opposent aux partis politiques formels ne sont en définitive qu’un autre parti politique, informel ou « imaginaire », où ce sont encore et toujours les fractions intellectuelles contestatrices de la petite-bourgeoisie défroquée qui tiennent les bureaucraties, fussent elles « invisibles ».
Partout c‘est la même vieille idée du « parti », les mêmes jeux de pouvoirs, les mêmes vieilles âneries affinitaires, les mêmes chantages affectifs et les mêmes histoires de cul.
C’est à force de voir la bourgeoisie comme un sujet qui nous fait face, au lieu de l’éprouver comme un rapport social qui nous tient, que l’on reproduit les classes dans la lutte de classe. Que l’on reproduit, sous couvert d’alternative, un entre-soi de jeunes blancs intellos de la petite-bourgeoisie. Et qu’on se borne à y vivre une petite expérience romantico-affinitaire post- estudiantine avant d’aller se reclasser.
S’organiser cela veut dire : partir de sa situation, et non la récuser. Y tisser les solidarités nécessaires, matérielles, politiques qui ne se résument pas à de l’affinitaire, à une réduction binaire « je t’aime / je t’aime pas ».
C’est ce que fait n’importe quelle grève. C’est ce que fait n’importe quel collectif ! N’importe quel syndicat de métier ou union locale.
Lorsqu’ils nous voient nous désintéresser des pénibles théories radicales universitaires — spectacle, biopouvoir, empire, « zone d’autonomie temporaire » et autres élucubrations — les intellectuels bourgeois nous regardent d’un œil hautain. « Les pauvres, semblent ils dire, ils ressassent toujours les mêmes choses, ils se ferment à tout élargissement théorique. Ils sont archaïques ».
Mais nous croyons exactement le contraire : ce sont eux qui répètent toujours les mêmes choses, en parlant le langage de la fausse nouveauté, dont l’innovation apparente ne réside que dans le choix du vocabulaire ampoulé qu’ils s’acharnent à élaborer pour décrire une situation à laquelle ils sont étrangers.
Personne n’est dupe du mépris voilé avec lequel ils parlent de la « disparition des classes » sans jamais se mettre en jeu.
Leur volonté de dépasser la « vieille lutte de classe » n’est qu’une façon de rester entre- eux et de fuir ceux qui sont déjà là et avec qui, par-dessus tout, ils redouteraient de vivre.
Et finalement ce sont eux qui répugnent à admettre la signification politique de la lutte de classe, qui se servent de leurs privilèges et de leur capital culturel pour cacher la misère de leur expérience sensible, la vacuité de leur vécu absent, évaporé dans l’ennui feutré de leur confort bourgeois ; pour cacher cette indigence derrière de pitoyables effets de styles romantiques et une phraséologie guerrière qui ne trompe personne.
NOUS AVONS CONNU, nous connaissons encore, la tentation du romantisme.
Les groupes affinitaires, les petites émeutes, les road- trip, les squats de potes qui ne servent à rien d’autre qu’à organiser des concerts pour des caisses de soutiens, les manifs sauvages, les textes de charabias qu’on se fait circuler entre nous ; la succession de tout cela.
Courir partout en quête d’intensité.
N’éprouver au coup par coup sa puissance qu’au prix de retourner à chaque fois à une impuissance de fond. Payer chaque campagne au prix fort. La laisser consommer toute l’énergie dont nous disposons. Puis aborder la suivante, chaque fois plus essoufflés, plus épuisés, plus désolés.
Et peu à peu, à force de sectarisme, de marginalisation et d’élucubrations théoriques, devenir incapables de simplement percevoir ce qui est pourtant supposé être à l’origine de notre engagement.
Le romantisme révolutionnaire, l’organisation affinitaire et partisane, est notre premier réflexe de classe. La réponse conforme à notre situation matérielle et sa forme de conscience. Se regrouper sur des bases d’idées et d’affinités communes, donc au final de classe sociale, est ce à quoi nous a habitué le système capitaliste.
L’idéaliste se regroupe contre la société de classe. Mais il ne fait que la prolonger. Son autoritarisme et son dogmatisme hautain viennent vite faire fuir le peu de prolétaires qui s’y étaient un instant trompés.
L’idéaliste veut être au centre de tout. Partout, il apporte sa grille de lecture, l’optimisme de ses certitudes apprises.
Incontestablement, l’idéaliste se démène. Mais jamais il ne se donne les moyens de faire ce qu’il pense. Comment faire pour dépasser concrètement son impuissance, pour commencer à établir sans attendre une contre-société communiste.
Rien de ce qui se propose dans l’inflation illimitée des idéologies philosophico- politiques n’est à même de nous mener au delà du désastre.
Aussi bien nous commençons par nous déclarer autonomes vis-à-vis d’elles.
Nous ne théorisons rien, nous nous constituons en force matérielle autonome au sein de la lutte de classe.
Nous situons le point de renversement, la sortie du désert, la fin du Capitalisme dans l’intensité des liens de solidarité et de lutte que nous serons capables de développer entre prolétaires.
Contre les tenants du libéralisme, nous refusons d’envisager nos problèmes comme une addition de problèmes individuels.
Au contraire, nous partons de la certitude que ces problèmes sont en lien avec une construction du monde, et que leur dépassement viendra d’une mise en commun de moyens effectifs de construire une contre- société.
A toute préoccupation idéologique, à tout souci de pureté théorique, nous substituons l’élaboration collective d’une stratégie.
N’est mauvais que ce qui nuit à l’accroissement de notre puissance.
La perspective de former un collectif ne nous effraie pas ; celle de passer pour un syndicat nous réjouit plutôt.
Signé :
La B.I.C.R.A.V.E :
Branche Internationale du Communisme Réel et de l’Autonomie Véritablement Emancipatrice

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:44
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Published by coutoentrelesdents - dans TOTO
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:42

A la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. Tout comme l’homme primitif, l’homme civilisé est forcé de se mesurer avec la nature pour satisfaire ses besoins, conserver et reproduire sa vie; cette contrainte existe pour l’homme dans toutes les formes de la société et sous tous les types de production. Avec son développement, cet empire de la nécessité naturelle s’élargit parce que les besoins se multiplient; mais, en même temps, se développe le processus productif pour les satisfaire. Dans ce domaine, la liberté ne peut consister qu’en ceci : les producteurs associés – l’homme socialisé – règlent de manière rationnelle leurs échanges organiques avec la nature et les soumettent à leur contrôle commun au lieu d’être dominés par la puissance aveugle de ces échanges ; et ils les accomplissent en dépensant le moins d’énergie possible, dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais l’empire de la nécessité n’en subsiste pas moins. C’est au-delà que commence l’épanouissement de la puissance humaine qui est sa propre fin, le véritable règne de la liberté qui, cependant, ne peut fleurir qu’en se fondant sur ce règne de la nécessité. La réduction de la journée de travail est la condition fondamentale de cette libération.

Karl MarxLe Capital, livre III (Le processus d’ensemble du capital), conclusion.

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:34
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A L’assaut Du Ciel!

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