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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 12:33

« [Mohamed Merah] a un double visage. Il pouvait subitement changer de comportement. Il pouvait boire une bière et partir, deux minutes plus tard, en courant pour aller faire sa prière. »

Sans le savoir, Aïcha confirme les déclarations que nous avions recueillies en fin de matinée auprès de « proches » du jeune homme. (…) Mais pour Aïcha, c’est le frère de Mohamed, Abdelkader, qui est « le cerveau ». « C’est lui qui lui a bourré le crâne. C’est lui qui partait souvent à l’étranger, en Égypte. »

Le Télégramme, 21 mars 2012 à 23h50


Selon nos informations, le nom d’Abdelkader Merah, grand-frère du tueur présumé, apparaît en effet dans le dossier de la « Filière de Toulouse ». En 2009, des peines de six mois à six ans de prison avaient été prononcées par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de six personnes accusées d’avoir mis en place une filière de recrutement et d’acheminement de volontaires à la guerre sainte en Irak. « À l’époque, Abdelkader Merah est passé entre les mailles du filet, confirme notre source. Mais il était très proche de ces gens-là. Il était surveillé par la DST. »

20 Minutes, 21 mars 2012


C’était le bureau de recrutement pour le djihad islamique. Le coup de filet effectué cette semaine par la sous-direction antiterroriste à Toulouse, en Ariège et en région parisienne a abouti hier à la mise en examen de six personnes. (…)

De lourds soupçons pèsent au contraire sur les six hommes mis en examen et habitant dans la région Midi-Pyrénées. Olivier Corel, un Français né en Syrie, qui habite à Artigat, dans l’Ariège, est suspecté d’être à la tête du réseau toulousain. Il est considéré par les policiers comme le chef idéologique des jeunes interpellés mercredi. Il avait visiblement une forte influence sur les autres membres du réseau, âgés de 25 à 30 ans. (…)

La filière toulousaine, elle, fonctionnait depuis plusieurs mois, et aurait recruté une dizaine d’apprentis djihadistes, dont certains auraient rallié la Syrie en bus. « Il y avait une première phase d’endoctrinement, explique un enquêteur. Puis, les jeunes étaient envoyés en Égypte, pour des séjours de plus en plus longs. » Une phase de préparation, plus dure, était ensuite organisée : stages sportifs, conditionnement à base de vidéos de combats de djihad. Les candidats djihadistes devaient compléter leur « formation » en Égypte, dans une école du Caire, avant d’atteindre l’Irak, via la Syrie.

La Dépêche du Midi, 18 février 2007


Parmi les huit hommes mis en examen, le cerveau du groupe, cheikh Olivier Qorel, 60 ans, Français d’origine syrienne, habitant Artigat, un village de l’Ariège. C’est lui qui convainc Sabri Essid, un compagnon de Barnouin, d’aller rejoindre ce dernier en Syrie, via la Bulgarie et la Turquie. « Tu retrouveras ta copine au paradis, mais avant vends ta voiture et règle tes dettes » lui enjoint Qorel.

Le Figaro, 28 mars 2007


Seconde étape, fin octobre 2007. Sur les six individus arrêtés à Toulouse et dans le Lot, deux sont mis en examen. L’un d’eux, désigné comme le « formateur » au combat est écroué, toujours dans le cadre de l’enquête des juges Coirre et Trévidic, sur les supposées filières irakiennes. Enfin, troisième volet de l’opération commencée en février 2007, l’interpellation, le 20 février 2008, à Toulouse de deux frères  ayant fait des voyages religieux en Égypte [sans aucun doute Mohamed Merah et son frère Abdelkader Merah  NdJL], et d’une femme. Après 96 heures de garde à vue, l’un de ces Toulousains est mis en examen pour association de malfaiteurs.

La Dépêche du Midi, 20 mars 2008


Des peines de 6 mois à 6 ans de prison ferme ont été prononcées hier par la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de huit jeunes de la région toulousaine pour avoir mis en place une filière de recrutement et d’acheminement de volontaires à la guerre sainte ou « djihad » en Irak. C’est moins que les deux à huit ans réclamés par l’accusation pour qui cette filière « incarne une nouvelle forme de terrorisme qui met en place les conditions permettant aux candidats djihadistes de basculer dans l’opérationnel ». Le Toulousain Sabri Essid, 24 ans, et l’Albigeois Thomas Barnouin, 28 ans, interpellés le 13 février 2007 à leur retour forcé de Syrie, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs à visée terroriste et condamnés à 5 ans de prison dont un an avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de 3 ans et de l’obligation de se soumettre à un stage de citoyenneté d’une semaine. Leurs co prévenus, un Marocain et cinq Français convertis à l’islam, ont été condamnés pour leur avoir fourni un soutien logistique ou financier. Fabien Clain, considéré par l’accusation comme l’un des organisateurs, a été condamné à cinq ans ferme. Arrivé libre au tribunal, il en est reparti les menottes aux poignets. Son avocat Me Grégory Saint-Michel a aussitôt annoncé son intention de faire appel. Six ans ont été prononcés contre Mohamed Megherbi, qui s’était défendu sans avocat. Anouar el Madhi a écopé de 30 mois dont 24 avec sursis assortis de 5 ans d’interdiction de séjour sur le sol national. Contre Miloud Chachou, qui pourrait avoir disparu en Irak, 5 ans ferme ont été prononcés avec maintien du mandat d’arrêt. Les armes et la documentation islamiste radicale qui avaient été découvertes et placées sous scellés demeurent confisquées.

Les avocats regrettent, pour leur part, « la position très conservatrice du tribunal devant une accusation mal étayée ».

[On peut déduire, par élimination, qu’Olivier Corel, dont le nom n’apparaît pas dans la liste des condamnés ci-dessus, n’a donc écopé que de six mois de prison, ce qui est — on en conviendra — particulièrement clément quant à celui qui est supposé être le « chef idéologique » ayant « une forte influence sur les autres membres du réseau » ! — NdJL]

La Dépêche du Midi, 10 juillet 2009


D’habitude, les Corel ne sortent pas de leur hameau isolé. À Artigat, dans l’Ariège, on ne les voit presque jamais. Ni au bar ni à la supérette. Dans ce village où l’on a pendu Martin Guerre, un étranger éveille vite le soupçon. Mais pas les Corel. Un couple très discret. Jusqu’au raid lancé cet hiver, à l’aube, par une armée d’agents cagoulés, de gendarmes et chiens renifleurs. Un coup de filet mené conjointement à Toulouse, Bruxelles et en Île-de-France. Corel, lui, est placé sous contrôle judiciaire et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Que lui reproche-t-on ? Les enquêteurs le considèrent comme le chef d’une filière d’acheminement de djihadistes de la France vers l’Irak. Sous son influence, trois Français seraient partis en guerre contre l’Amérique. Deux d’entre eux ont été arrêtés en Syrie, au moment où ils s’apprêtaient à franchir la frontière irakienne. Le dernier a disparu. Dans des testaments, ils disaient vouloir « mourir en martyr ». Grand, élancé, la barbe blanche, Olivier Corel est une sorte d’émir échoué dans l’arrière-pays ariégeois. Comme son épouse, il est né en Syrie. À Talkalakh, il y a soixante et un ans. À l’époque il s’appelait encore Abdullah. Devenu français, il dirige depuis quinze ans un groupe de néoruraux musulmans. Zone de recrutement : la région toulousaine. (…) Ce sont de jeunes maghrébins réislamisés, ou des « Gaulois » convertis, souvent ex-petits délinquants « sauvés » par la religion. Sabri, mais aussi Thomas, Imad, Mohamed [Merah ? — NdJL], Stéphane, passent des heures à consulter des sites internet où des djihadistes français racontent leur expérience en Irak. Ils rêvent d’aventure, de sacrifice. À Artigat, ils tombent sous le charme d’Olivier Corel, le salafiste. Ce dernier fait office d’imam. Les exhorte-t-il à la guerre sainte au cours de ses prêches ? Tous ne sont pas des candidats au départ. Certains membres de la communauté pratiquent la poterie ou vendent des fripes sur les marchés. La face inoffensive du groupe ? Une voisine se souvient en tout cas des « cris de joie des mômes le 11 septembre ». Elle poursuit : « Vers la fin, on a senti une radicalisation. Plein de gens débarquaient avec des tenues repérables à cent lieues. » Le hameau devient un centre de pèlerinage, surtout les jours d’Aïd. Les parents retirent leurs enfants de l’école, trop laïque à leur goût. Les femmes arborent « le tchador ». Les gendarmes connaissent bien la communauté. Les RG de Foix également. Tous les services défilent. Dans les bois alentour, des chasseurs tombent sur des « guetteurs avec des jumelles ». Les téléphones sont sur écoute. « Il y a des kilomètres de littérature sur chacun de ces gars-là », indique un enquêteur. La police les observe comme des poissons rouges dans un bocal. (…)

L’Irak sert de moteur, de force d’attraction à ces nouveaux fanatiques. Depuis 2003, une soixantaine d’entre eux y sont partis. Une dizaine y ont trouvé la mort, dont au moins deux lors d’attaques suicides. D’autres ont carrément disparu. D’autres, enfin, sont parvenus à rentrer au pays. Aujourd’hui, une trentaine d’entre eux sont incarcérés dans les prisons de l’Hexagone. Pour tous, une seule plaque tournante, la Syrie.

Le Nouvel Observateur, 22 juin 2007

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 12:03

Fragnoli, la justice façon « Kill Bill »

Le juge antiterroriste Thierry Fragnoli constitue le clou de la galerie de portraits — entrecoupés d’extraits de procès-verbaux et d’impressions personnelles — dressés par David Dufresne, qui signe une œuvre originale sur le bazar de « l’opération » contre ces supposés « anarcho-autonomes » saboteurs de TGV. Au chapitre 37 deTarnac, magasin général (1), le magistrat jusqu’au-boutiste se livre pour la première fois à ce journaliste très insistant. Cinéphile, Thierry Fragnoli conseille d’abord à Dufresne de voir Kill Bill de Quentin Tarantino : « Vous devez regarder ça si vous voulez me comprendre. » De quoi se demander si le puissant moteur de ce juge solitaire arc-bouté sur la thèse du « complot terroriste » serait une vengeance personnelle… Avec des armes juridiques bien entendu, contrairement à l’héroïne Uma Thurman qui liquide à l’arme blanche ses anciens complices du « Détachement international des vipères assassines » pour venger la perte sanglante de son bébé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332139952.jpg

Mais Thierry Fragnoli, 40 ans, sportif, « vif, direct et joueur » selon l’auteur, lui dit que c’est « la morale » du film qui lui plaît : « Tout se paye un jour… De manière moins violente — heureusement —, c’est un peu le fond de mon boulot : rattraper ceux qui partent en courant et leur présenter la facture. » Quand David Dufresne le titille « sur ses motivations profondes », le juge Fragnoli se gausse : « C’est comme si on demandait à un escargot pourquoi il ne sort que quand il pleut… C’est comme ça, parce que ça lui plaît plus que la sauce au beurre et à l’ail. »

En revanche, sa réplique favorite dans son film culte sent le guerrier invincible. Il s’approprie la phrase du maître japonais ayant forgé le sabre pour la vengeresse : « Je le dis sans vanité, c’est le plus beau sabre de ma carrière. Si en chemin vous rencontriez Dieu, il serait taillé en pièces. » Seul contre tous ou presque, le guerrier Fragnoli, qui se veut maître du temps, croise le fer avec Julien Coupat, qu’il tient pour le chef terroriste de cette prétendue « cellule invisible », et ses pugnaces avocats qui pilonnent son dossier. Si Coupat a traité en privé Fragnoli de « nazi républicain », le juge dit de Coupat qu’il se prenait pour « le Jean Moulin de l’anarchie ».

Il existe une sorte de lutte des classes entre le gosse de riches Coupat et le juge prolo. Dufresne se demande si l’obstination du magistrat ne relève pas « d’une revanche sociale ». Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur), en militant au PSU à 18 ans puis collant les affiches du PS à 23 ans. Le voilà instituteur puis conseiller d’orientation. À 33 ans, il devient magistrat, juge des enfants à Meaux (Seine-et-Marne), substitut du procureur puis juge d’instruction à Créteil (Val-de-Marne), enfin propulsé à Paris dans le sanctuaire de l’antiterrorisme.

Ce petit juge déçu de la gauche, laïc et jacobin, instruit dans l’ombre sur les Kurdes du PKK puis hérite de ce dossier déjà étiqueté terroriste. Submergé par « le tsunami médiatique » comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés. De plus en plus isolé avec ses enquêteurs, il s’accroche désespérément pour trouver les preuves qui manquent. Il a tellement investi sur ce dossier qu’il ne peut se résoudre à s’en dessaisir pour le ramener à une affaire de droit commun.

Le juge Fragnoli, qui ne manque ni d’humour ni d’obsession, a illustré sa carte de vœux pour l’année 2011 d’une rame de TGV assortie d’une phrase de Michel Audiard sur les « emmerdeurs » en France. Il tendait à ses mis en examen pour signer leurs auditions un stylo publicitaire marqué « J’aime la SNCF ». Selon David Dufresne, Thierry Fragnoli « imagine bien un film sur l’affaire avec Brad Pitt dans son rôle ».


Quand le juge de Tarnac interloque

Les frasques du juge antiterroriste Thierry Fragnoli, qui instruit à la hussarde le dossier dit de Tarnac, vont-elles entraîner son dessaisissement ? Libération a appris que les avocats de Julien Coupat, mis en examen pour « organisation d’une association de malfaiteurs terroristes », déposent aujourd’hui une « requête en récusation », auprès du premier président de la cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli. Des « propos subjectifs » qu’il a tenus à des journalistes trahiraient un « parti pris en faveur de la culpabilité ».

Le dernier épisode désopilant du magistrat, révélé mercredi par le Canard enchaîné, vient « conforter » à leurs yeux le côté va-t-en-guerre et revanchard du juge contre les mis en examen. Fragnoli a envoyé un mail à des journalistes, depuis son adresse professionnelle, pour couper l’herbe sous le pied du Canard qui venait de l’appeler au sujet d’une sacoche bourrée de documents confidentiels oubliée par un des enquêteurs lors d’une perquisition. Le 23 février, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, le juge a débarqué avec une trentaine de policiers de l’antiterrorisme (SDAT) chez un forgeron suspecté d’avoir fabriqué les crochets ayant servi à saboter une ligne TGV fin 2008. Charles R. a été embarqué en garde à vue (puis relâché sans mise en examen), mais ses proches ont récupéré une sacoche avec les noms et numéros de portable des enquêteurs, les photos et adresses en Normandie de personnes  surveillées, et un PV de garde à vue en blanc estampillé par la SDAT, pas du tout réglementaire.

Après le coup de fil du Canard lundi, le juge Fragnoli s’est empressé d’alerter par écrit certains journalistes moins corrosifs du Nouvel Observateur, de l’Express et d’Europe 1, qu’il appelle « amis de la presse libre ». Précisant, entre parenthèses : « Je veux dire celle qui n’est pas affiliée à Coupat/Assous. » Cette allusion à Jérémie Assous, l’un des défenseurs de Julien Coupat, démontre, selon la requête de Thierry Lévy, Louis-Marie de Roux et Me Assous lui-même, « l’existence d’une animosité personnelle de M. Fragnoli à l’égard de l’un des mis en examen et de l’un de ses avocats, mais également un mépris total de la part du magistrat des obligations de sa fonction ».

Dans ce mail ayant pour objet « scoop Coupat/Canard », le juge alerte et informe des journalistes non-collabos — si l’on comprend bien — sur la perte de ces « documents policiers » qui n’ont « aucun intérê t» : « Bon alors avant que vous me demandiez ce que j’en pense — en OFF — depuis mes vacances (je pars tout à l’heure 2 semaines en Espagne)… » Du jamais-vu. Que des juges parlent en « off » (de façon confidentielle) à des journalistes, la presse ne va pas s’en plaindre. Mais quelle mouche a piqué le juge Fragnoli pour cumuler ainsi les imprudences ? Pour un de ses confrères, « ce mélange confondant d’aveuglement et de naïveté montre qu’il a pété une durite. Il a été blessé par cette affaire. Là, ça dérape, on est sorti du débat terro-pas terro [-risme, ndlr]. »

Depuis plus de trois ans, le débat fait rage autour de ce dossier censé illustrer « la menace de la mouvance anarcho-autonome » ou de « l’ultra-gauche ». Les policiers du renseignement (RG, DCRI) et de la PJ, ainsi que la ministre de l’Intérieur d’alors, Michèle Alliot-Marie, l’ont survendu en terrorisme, là où d’autres ne voient qu’une simple affaire de droit commun, une dégradation de voie ferrée comme il en existe 4000 chaque année. À force de s’enferrer dans la qualification de terrorisme pour ne pas laisser à d’autres « son » dossier, Fragnoli a peut-être dérapé avec ce mail. Un haut magistrat « n’en revient pas », un autre prédit « une sanction disciplinaire », mais « pas pour violation du secret », et la chancellerie ne « souhaite pas faire de commentaires ».

Dans leur requête, Mes Lévy, Roux et Assous — auxquels s’associe MeWilliam Bourdon pour Yldune Lévy, autre mise en cause —, visent également « les entretiens nombreux » que le journaliste David Dufresne a eus avec le juge entre 2009 et 2011(lire ci-contre), lesquels révèlent son « point de vue » et ses « émotions ». L’auteur y écrit que le juge « exultait » lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.

Son « excitation » est comparée à celle « d’un orpailleur dans un champ de ruines, des perches pour pépites » alors que le dossier manque d’éléments bétons : « Il était persuadé de tenir enfin la preuve matérielle qui allait clouer le bec à tout le monde […]. Il serait réhabilité. À son entourage, il affirma qu’il était désormais persuadé qu’il ne prononcerait pas de non-lieu. » Pour les avocats, « en acceptant de se livrer ainsi, M. Fragnoli a cessé d’être un magistrat impartial qui doit, selon la loi, instruire à charge et à décharge. Il s’est publiquement comporté comme un chasseur poursuivant son gibier. » (…)

Publié par Tourancheau-la-journaflic (Libération, 16 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 12:01

Rennes. Les gendarmes interviennent au centre éducatif fermé de Gévezé

Une dizaine de gendarmes sont intervenus la nuit dernière pour rétablir l’ordre dans le centre éducatif fermé de Gévezé près de Rennes. Plusieurs mineurs s’étaient rebellés pour protester contre certaines conditions de vie dans la structure. Les gendarmes ont interpellé le meneur de la révolte alors qu’il essayait de prendre la fuite. Il a été placé en garde à vue et sera présenté aux magistrats demain. Le centre de Gevezé est une alternative à la prison pour des mineurs condamnés par la justice pour des crimes ou des délits graves.

Leur presse (Ouest-France.fr, 18 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:59

Toulouse : Vigipirate au niveau écarlate, ça signifie quoi ?

Après la fusillade devant une école juive, le président de la République a activé, pour la région Midi-Pyrénées, le niveau maximum du plan Vigipirate. Il comprend des mesures de sécurités contraignantes réservées à la lutte contre une menace précise et imminente.

Le niveau d’alerte « Écarlate » du plan Vigipirate, que le président Nicolas Sarkozy a activé ce lundi en Midi-Pyrénées, est une première en France. C’est le niveau le plus élevé, destiné à prévenir un risque d’attentats majeurs, avec des mesures de sécurité particulièrement contraignantes.

« Écarlate » est le dernier niveau du plan Vigipirate, avant l’application des mesures d’exception prévues par la Constitution de 1958 (article 16, état d’urgence). Il comprend notamment des visites et contrôles d’accès aux trains grandes lignes, restrictions ou interdictions de circulation dans les tunnels, l’arrêt du trafic aérien civil, la limitation ou arrêt de la distribution de l’eau du robinet et la mise en place d’un réseau de substitution.

À ce niveau maximal, le plan Vigipirate peut également impliquer d’autres mesures telles que la suspension des transports urbains, particulièrement souterrains, dans toutes ou une partie des villes de France, ou la suspension de toute activité scolaire.

Le niveau « rouge » de Vigipirate actif depuis 2005

Selon le ministère de l’Intérieur, ce niveau « écarlate » vise à « prévenir le risque d’attentats majeurs (simultanés ou non), mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, des mesures particulièrement contraignantes pouvant être mises en œuvre, protéger les institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale ».

Mais selon des experts, le niveau « Écarlate » est si contraignant qu’il doit être réservé à prévenir une menace précise et imminente. (…)

Leur presse (lexpress.fr avec l’Agence Faut Payer, 19 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:58

Suite au procès du policier tireur de LBD à Nantes, qui avait mutilé à l’œil Pierre, voici le communiqué et l’appel à un rassemblement pour le délibéré le 3 avril, écrit par le Collectif de soutien.

La réponse de Pierre à Murmures a déjà été publiée, le texte du collectif de soutien est un complément à tout ce qu’il a déjà mis en lumière.


Communiqué du Collectif contre les Violences Policières

Les 6 et 7 mars s’est déroulé à Nantes, le premier procès du LBD, Lanceur de Balles de Défense, (le plus connu étant celui commercialisé sous le nom de flashball). L’enjeu politique et juridique est donc crucial. Une relaxe ou un non-lieu, reviendrait à donner carte blanche aux forces de l’ordre pour maintenir l’ordre public.

Mathieu Léglise y était accusé de violences volontaires ayant entraîné une ITT de plus de 8 jours avec les circonstances aggravantes de l’utilisation d’une arme sur mineur et de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique.

« LBD » une arme qui mutile et un tireur volontaire

En 2007 le LBD est une arme en expérimentation. Seulement trente armes de ce genre sont délivrées en France, sur la base de réponse à des appels d’offre. Sur les trois postes créés à Nantes, notre protagoniste se porte volontaire pour être habilité à utiliser cette arme destructrice lors « d’opération de maintien de l’ordre ». Un hasard ?

Notons par ailleurs son discours guerrier où les manifestant-e-s sont considéré-e-s comme des « cibles » à « neutraliser », ou à « tirer » si « l’opportunité » (selon ses propres termes) se présente.

Cela aura aussi été l’occasion, pour les parties civiles, d’apprendre que ce tireur zélé avaitdéjà utilisé son LBD à 9 reprises lors des fêtes de l’Erdre de septembre 2007. Il avait alors « touché » sur chaque tir, neutralisé ses « cibles » et « rétablit l’ordre ». Suite à ces violences policières, une victime touchée à la main avait porté plainte contre notre serial-tireur, plainte classée sans suite par un procureur au moins aussi courageux que Yann Richard [Yann Richard est le procureur qui était en charge du procès. Il est resté silencieux pendant toute l'audience et a finalement plaidé l'exonération de peine à la fin du procès, lors des plaidoiries.].

Également troublant, notons que le lendemain du 27 novembre 2007, un fonctionnaire de la même compagnie (Compagnie départementale d’intervention), cagoulé, arborant un LBD jaune (tout comme Léglise le 27) a fait feu sur des lycéens non-violents de St Jean Baptiste de la Salle en visant à hauteur de tête. Coïncidence ?

Il faut également rappeler que nous avons ici affaire à un excellent tireur, capable de toucher à 20 m une petite cible (une douille de 10 cm), comme ce fut le cas lors de la reconstitution. L’argument fallacieux de la défense consistant à dire que le tireur avait manqué la zone visée (thorax), ne tient donc pas. Mathieu Léglise a délibérément visé le visage de Pierre. Dès lors, pourquoi ne pas qualifier son geste de tentative d’homicide, exécutée par une personne armée qui réagit comme un militaire en temps de guerre ?

Irrégularités et mensonges

Autant lors de la procédure que durant l’audience, les obstructions à la justice furent trop nombreuses et inacceptables. En effet, quid des PV de tirs ? Quid des vidéos (obligation incombant aux forces de l’ordre) prises au moment du tir ? Mensonges, dissimulation de preuves … la police fait tout son possible pour cacher la vérité sur cette affaire.

Lors de l’audience, l’attitude décomplexée de la défense montre bien qu’on ne recule devant rien pour innocenter un policier : allégations mensongères, contradictions, incohérences, irrégularités procédurales… Première malhonnêteté : la défense a décidé audernier moment d’axer son argumentation sur le doute (imaginaire) qui existerait sur l’identité de la victime touchée par Mathieu Léglise.

Comble de l’insolence, l’avocat de la défense alla même jusqu’à attribuer la blessure de Pierre à un simple « coup de coude ».

L’après-midi même du mardi 6 mars, son client, après avoir décrit sa « cible » précisément, identifia formellement une personne totalement différente. Flagrant délit de mensonge !

Le ridicule et la mauvaise foi ne tuant visiblement pas, Me Liénard (avocat de Mathieu Léglise) s’est même permis de qualifier le témoignage de Pierre de « crédibilité zéro ». Sans commentaires. Maître Liénard, dont il faut rappeler qu’il est un militant fidèle et acharné de la cause policière : défense de policiers coupables de violences en service, écriture de guides juridiques à l’attention des policiers à la gâchette facile (dont son dernier livre « Force à la Loi »), formation juridique du Groupe d’Intervention de la Police Nationale, promotion de la militarisation de la police (et notamment l’armement des policiers municipaux) et. Cette liste, loin d’être exhaustive, est indispensable pour mieux cerner cet avocat, véritable militant dévoué à sa cause et dont les thèses sont abondamment repris par la droite dite dure ou extrême.

Un tireur soutenu par ses collègues

Lors de cette audience, il a non seulement fallu supporter les élucubrations mensongères de la défense mais également la prise d’otage de la Justice par les forces de l’ordre. Ce procès aura été l’occasion d’une véritable démonstration de force : Gendarmes mobiles, CRS et policiers nationaux quadrillant l’extérieur et l’intérieur du palais de justice … Notons d’ailleurs que les policiers postés à l’entrée filtraient allègrement l’accès à la salle d’audience pour les soutiens de Pierre (y compris sa famille), alors que les collègues venus soutenir l’accusé circulaient librement. Un des témoins, appartenant à la BAC, aura bénéficié d’un intolérable traitement de faveur de la part de ses collègues, lui permettant d’aller et venir librement, de se tenir informé de l’évolution de l’audience alors que les autres témoins étaient isolés.

Médias locaux et collaboration

Nous tenons par ailleurs à saluer la prise de position de la presse locale. En plus d’être les seuls témoins d’une pluie de projectiles, imaginaires là encore, étant donnée l’absence totale de preuves matérielles, servant la défense de l’accusé, ils n’ont cessé de faire de leurs articles une tribune pour les mensonges des syndicats policiers, du procureur et de l’avocat de la défense, quand ne fut accordée à Pierre et à ses soutiens qu’une modeste ligne. Cela s’inscrit dans la lignée des articles honteux publiés dans la foulée du 27 novembre. En effet, quand Pierre était encore à l’hôpital, ils s’évertuaient déjà à relayer sans vergogne les fausses informations diffusées par les autorités locales (Préfecture, responsables policiers, responsables de syndicats de police…) affirmant la non-gravité de la blessure, ou faisant indûment de Pierre un lanceur de projectiles…

Quelles conclusions tirer de cette affaire ?

Nous, manifestant-e-s, nous trouvons face à des policiers surarmés qui n’hésitent pas à tirer pour mutiler, tuer, en visant délibérément le visage. Le cas de Mathieu Léglise est significatif, puisqu’il nous montre bien que la hiérarchie dote en toute connaissance de cause ce genre d’individus dangereux de ces armes qui ont déjà tué. Cela témoigne d’une volonté de détruire ce qui est désigné comme un ennemi intérieur, de détruire toute contestation à l’ordre établi. Joan à Toulouse, Joachim et Geoffrey à Montreuil, Nassuir à Mayotte, Mosefa à Marseille …la liste est longue.

Ils nous ont déclaré la guerre, comme le démontrent les termes employés par Léglise. À nous de réagir collectivement : la peur doit changer de camp !

Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes présentes à l’audience ainsi qu’au rassemblement du mercredi

Nous vous appelons à venir nombreux lors du rendu du verdict :
 

le 3 avril à 14h30 devant le tribunal pour Rassemblement / Manifestation

Nous ne tolérerons pas une relaxe. Faisons-nous entendre !
Pas de Justice, Pas de Paix !

Collectif contre les Violences Policières

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:56
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Published by coutoentrelesdents - dans MEDIA
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:54

Ce samedi 17 mars autour de 14h15, une quinzaine de personnes se sont rassemblées aux 4 stations de péage de la ville de la Brillane (04) afin d’effectuer une action de « péages gratuits » pour soutenir et se solidariser avec les personnes luttant, à la ZAD (Zone À Défendre) et ailleurs, contre le projet de construction de l’aéroport international de Notre-Dame des Landes, proche de Nantes.

Après que les caméras de vidéo-surveillance ainsi que les barrières de péages aient été momentanément mises en veille, il a été permis durant une heure, par libre choix, aux automobilistes de s’affranchir — ou pas — d’enrichir Vinci ; et de s’informer, par la voie oral, des tracts et banderoles, sur le projet d’aéroport. Ce fut aussi l’occasion de dénoncer les différents projets et agissements de la multinationale Vinci (premier groupe mondial de construction-concession) spéculateur, entre autre, sur une grande partie du réseau autoroutier français et investisseur dans la fusion nucléaire d’ITER.

Les automobilistes, pro ou anti-projet, étaient pour une bonne partie réceptifs à l’action et l’information. Des réactions très diverses… Certains se targuant d’un « C’est pour quand le prochain passage gratuit ? », « On vous soutient, on est avec vous » ; et d’autre d’un « Ca serait pratique un aéroport près d’ici, c’est rapide et efficace en Corse… profiter du paysage c’est bon pour ceux qui ne travaillent pas ou ceux qui touchent le RSA ! ».

Pendant ce temps d’action, nous avons été informé que Vinci venait de licencier 800 employés par une trop « habituelle » restructuration économique. Les quelques euros, net d’impôt, glanés par les caisses de solidarité aux péages, ne recréeront pas d’emplois mais serviront néanmoins aux occupants la ZAD et aux opposantes à la construction de l’aéroport à Notre-Dame des Landes.

La première patrouille de gendarmerie n’aura mis seulement que quelques minutes à intervenir sur les lieux à une vitesse de décollage aérien, frôlant certainement les 120 km. Les gendarmes sortirent main à l’arme, prêt à dégainer au besoin, croyant intervenir sur une action de braquage des caissettes automatiques de l’autoroute. Une seconde patrouille, ainsi que deux véhicules de l’aménagement autoroutier de Vinci arriveront par la suite, ce qui ne nous empêchera aucunement de mener, sous la forme et le temps voulu, l’action à son terme.

Ainsi, aucune arrestation ni violence n’a eu lieu, fait assez rare dans ces durs temps de répression hexagonale. Ceci peut-être dû, selon les dires d’un gendarme, à une impossibilité de ne pouvoir joindre des policiers plus haut-placés pour prendre une potentielle décision d’intervention — dur dur les forces publiques en plein week-end !

Nous tenons à réaffirmer notre solidarité aux personnes luttant contre la construction de cet aéroport et que nous continuerons à lutter contre Vinci et ses projets à visées d’économie mortifère, à Nantes, comme ailleurs.

Nous appelons enfin aux personnes le désirant et le pouvant de se rendre à la manifestation en faveur de l’arrêt du projet d’aéroport le samedi 24 mars à Nantes ainsi que de continuer des actions décentralisées.

Des Vinciophobes de la Brillane

Sitiographie : http://zad.nadir.org http://stopvinci.noblogs.org/


Texte du flyer distribué lors de l’action :

« L’autoroute que vous venez d’emprunter est gérée par le groupe VINCI, un des leaders mondiaux des travaux publics et de l’aménagement de l’espace.

Parmi toutes les nuisances occasionnées par ce groupe, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au Nord-Ouest de Nantes, est fortement contesté, depuis longtemps, par une partie des habitants de cette région de bocages (2000 hectares de terres agricoles), ainsi que par diverses associations écologistes, partis politiques ou syndicats. Ce projet de destruction d’un site naturel exceptionnel financé par les ressources publiques est cependant soutenu entre autres par J.M. Ayrault, maire de Nantes, membre du P.S. Une des raisons évoquées pour mener à bien cette ultime bétonnage de la nature est le soit-disant nécessaire « désengorgement » d’un premier aéroport, situé au sud de Nantes, ce qui est mensonger car cet aéroport est en partie sous-exploité. La spécialité de Vinci est de spéculer sur nos déplacements sur le territoire. Leurs méthodes : expulser les gens des quartiers et des campagnes afin de bétonner et aseptiser nos espaces et nos vies, ainsi ils nous vendent le mythe du progrès.

Vinci voit ce type de projet comme une vitrine pour son image de marque, ses actionnaires et ses profits boursiers. Mais leur but propre est de concrétiser les projets de l’Etat de quadrillage et de contrôle de la société via la maitrise de l’espace, de nos espaces.

L’action qui est menée aujourd’hui rejoint de nombreuses autres actions menées durant ce week-end pour signifier aux groupes capitalistes, et aux politiciens qui les soutiennent, qu’il n’est pas question de les laisser prospérer davantage, mais plutôt de les mettre hors d’état de nuire. »

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:53

COLLECTIF VÉRITÉ & JUSTICE POUR JAMAL
Appel à soutien – Mars 2012

Jamal Ghermaoui, 23 ans (Ayr), a été tué à le 3 octobre 2011 à la maison d’arrêt de Nanterre, par des surveillants pénitenciers. Les différentes versions de l’administration carcérale, prétendant toutes au suicide, ne convainquent personne à la cité du Luth, le quartier de Jamal.

Comme souvent lorsque des crimes sont commis ou mettent en cause les forces répressives, la justice se porte garante du corps impliqué et met les meurtriers à l’abri de véritables poursuites. C’est d’avantage le cas lorsque les victimes de ces crimes sont des prisonniers, le plus souvent des hommes arabes et noirs, frappés, tués, en toute impunité, à l’abri des regards.

Convaincus que Jamal a bel et bien été tué, sa famille et ses proches se battent depuis cinq mois, dans le but de rétablir la vérité et d’obtenir justice. C’est ainsi que s’est créé le Collectif Vérité et Justice pour Jamal, qui souhaite désormais se constituer sous forme d’association, pour poursuivre le combat sur la durée.

Malgré une plainte déposée « contre X » par le conseil de la famille Ghermaoui, pour « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner », la procédure est au point mort. Plus de cinq mois après le meurtre de Jamal, aucune enquête n’a encore été diligentée. L’expérience nous montre pourtant que seule la mobilisation collective pourra les contraindre à ouvrir et mener sérieusement cette enquête.

Face au déni de justice qui se profile, nous organisons prochainement une journée à la mémoire de Jamal et sommes en cours de préparation de plusieurs évènements et mobilisations. Dans ce long et nécessaire combat, l’aide du plus grand nombre est la bienvenue, qu’elle soit financière, matérielle ou humaine.

La récolte de fonds nous permettrait de financer la confection de t-shirts, tracts, affiches, autocollants et  banderoles, ainsi que les frais de justice à la charge de la famille de Jamal et de ses proches. En plus de cette aide financière, les compétences de graphistes, vidéastes, graffeurs, etc. sont également les bienvenues.

Pour que cesse l’impunité des crimes d’État.

Collectif Vérité & Justice pour Jamal (Contact – Infos)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:52


Pourquoi Mohamed Merah n’a-t-il pas été inquiété, alors que d’autres sont emprisonnés pour un simple mail ?

Le Télégramme rapporte le témoignage d’une ancienne voisine de Mohamed Merah, Malika. Selon elle, « Mohamed avait demandé au frère de cette jeune femme de venir chez lui, dans l’appartement où il est aujourd’hui retranché, prétextant un problème informatique. Une fois chez lui, l’adolescent n’avait pas pu repartir. Mohamed l’avait séquestré. Il voulait lui montrer des vidéos d’Al Qaïda, avec des décapitations, etc. (…)

La sœur de l’adolescent avait ensuite rencontré Mohamed, pour lui dire de ne jamais recommencer ça. Mohamed l’avait alors violemment agressée. Elle avait même dû être hospitalisée plusieurs jours. Mohamed était ensuite venu sous les fenêtres de l’appartement familial de la victime. Il était en treillis militaire, armé d’un sabre et hurlait qu’il était d’Al Qaïda… Pourquoi la police et la justice n’ont donné aucune suite ? Une plainte avait été déposée. »

Leur presse (LeMonde.fr, 21 mars 2012)


Pourquoi a-t-on attendu cinq jours pour obtenir les adresses IP des potentiels suspects de l’assassinat du 11 mars, alors qu’il suffit de quelques heures, voire quelques minutes, pour les identifier ?

L’identification du terroriste au scooter a été très rapide, selon certains. La chronologie que nous avons reconstituée montre qu’elle aurait pu intervenir plus rapidement. En cause, le délai très long avec lequel les adresses IP en relation avec le premier assassinat ont été demandées et obtenues. Des sources policières confirment l’existence, dans cette affaire, d’un délai inhabituel pour une opération de cette nature. (…)

Lundi 12 mars. Un motard abattu d’une balle dans la tempe à Toulouse. C’est ainsi que La Dépêche évoque, à 3h49, un faits divers ayant eu lieu la veille, sans préciser que la victime est un militaire. Le 13, le journal se demande s’il s’agit d’un vol ou d’une affaire de cœur, mais précise cette fois qu’il s’agissait d’un officier parachutiste considéré comme “un excellent élément”.

Plus important : La Dépêche évoque le fait que la victime avait posté une petite annoncesur LeBonCoin.fr fin février afin de vendre sa moto, et qu’il aurait reçu, quelques minutes avant d’être abattu, “un coup de fil” à ce sujet (…)

L’article, publié le 13 à 7h46, laisse entendre que la police avait fait de cette petite annonce l’une de ses “priorités” dès le lundi 12, au lendemain du meurtre. Contacté par OWNI, LeBonCoin.fr a déclaré ne pas être “autorisé” à nous dire quand les services de police judiciaire lui avait demandé la liste des ordinateurs ayant consulté la petite annonce en question, ni quand le site les leur avait transmis.

D’ordinaire, nous confirme une source policière, ce genre d’opérations ne prend que quelques minutes. Un autre source, proche de ceux qui répondent à ce type de réquisitions judiciaires, indique de son côté qu’elles sont traitées “en 48h maximum”.

Or, selon nos informations, ce n’est que le vendredi 16 mars, soit cinq jours après le premier meurtre, et trois jours après que la piste, considérée comme l’une des “priorités” des enquêteurs, ait été évoquée dans la presse, que la liste des 576 adresses IP a été transmise aux fournisseurs d’accès à l’internet (FAI).

Leur presse (OWNI, 21 mars 2012)

Cela paraît un délai anormalement long à plusieurs spécialistes, selon qui les policiers peuvent obtenir ces adresses IP en quelques heures seulement.

Leur presse (Mediapart, 21 mars 2012)

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:48

Soutien aux inculpés de Toulouse

C’était hier…

En 2002, le projet de construction, par la loi Perben, d’Établissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) s’était heurtée à une vive opposition de collectifs d’éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) ainsi que des opposants aux lois sécuritaires en général et à la destruction du droit des mineurs (abaissement à dix ans de la responsabilité pénale) en particulier. De nombreuses actions eurent lieu dans les villes où était prévue la construction d’un EPM.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331903342.jpg

Mais aujourd’hui…

La réalité des conditions de vie dans ces lieux n’a pas tardé à donner raison à leurs opposants : suractivité (des journées de 12 heures partagées entre des activités scolaires et d’animation imposées), temps collectifs fréquents imposés qui provoquent des tensions entre jeunes, et avec les surveillants (éducateurs et matons), éloignement de la famille aggravé souvent par des transferts punitifs dans d’autres régions, « unités strictes » correspondant au mitard des prisons d’adultes.

En conséquence, en 2008, soit un an après l’ouverture de ces établissements, on dénombrait déjà, pour 160 mômes incarcérés, 72 tentatives de suicide : dans les démocraties modernes, on ne pend plus les enfants mais on réunit toutes les conditions pour qu’ils le fassent eux-même. Les ERIS (matons cagoulés) sont intervenus plusieurs fois pour mater des début de révoltes collectives, comme celle qui eut lieu à l’EPM de Lavaur en mai dernier.

Tout est rassemblé ici pour que les mômes pètent les plombs, et d’ailleurs même les matons pourtant aguerris aux pires modes de détention, ne tiennent pas  et demandent leur mutation au bout de 6 mois.

Une drôle de grève…

Au printemps dernier, les éducateurs de la PJJ travaillant en EPM se sont mis en grève. Leurs revendications : hausse des salaires, reconnaissance de la pénibilité de leur travail, formation au suicide, condamnations des violences des jeunes incarcérés… Aucun rejet de l’enfermement des mineurs : ce qui n’a rien d’étonnant vu que, face à l’opposition des éducateurs en 2002, la PJJ en avait recruté des nouveaux, qu’elle avait formé en six mois. Difficile dans ces conditions de se solidariser avec leur lutte corporatiste, identique à celle des matons, qui fut largement relayée par les médias tandis que l’existence même des EPM n’était plus publiquement remise en cause.

Aujourd’hui comme hier, agir contre les EPM…

En juillet, à Labège, près de Toulouse, un groupe de personnes entre dans les locaux de la direction régionale de la PJJ, déverse sur les bureaux du lisier et redécore les murs avec des slogans condamnant les EPM, et en solidarité avec les jeunes mutins de Lavaur. En novembre, à Toulouse six personnes soupçonnées d’avoir participé à cette action sont arrêtées. Quatre seront incarcérées, une placée sous contrôle judiciaire et la dernière sous le statut de témoin assisté. Cette action, qu’elle ait été commise ou non par eux s’inscrit dans la lutte contre les EPM dont nous sommes solidaires.

Concert de soutien aux inculpés,
Au Croulag, Peyrelevade (19),
Samedi 31 Mars, 21h

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