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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:58

A Toulouse, une gangrène s’est installée au 36 allée de Barcelone. Prétextant l’ouverture d’une maison de « l’identité toulousaine » dénommée l’Oustal, le Bloc identitaire profite de l’occasion pour ouvrir sa succursale et s’implanter dans notre ville. Organisation d’extrême droite puante, ouvertement raciste, xénophobe, homophobe et sexiste, le Bloc identitaire s’est illustré par l’organisation de la « marche des cochons » pour dénoncer la présence de produits halal dans les commerces mais aussi par les apéros saucissons-pinards pour défendre leur vision de la France laïque. Toute leur agitation n’a qu’un seul but : stigmatiser quotidiennement les étranger-e-s et les immigré-e-s et distiller son racisme et sa xénophobie sous la forme de l’anti-islam et de l’ultra-nationalisme.

Au-delà de leurs idées nauséabondes, le Bloc est aussi un groupuscule violent. Dans les différentes villes où ces locaux se sont implantés, on a vu un renouveau de l’extrême droite. Le fait d’avoir un lieu de rassemblement attire tous les hooligans, les néo-nazis et autres nationalistes de la région ce qui se traduit par une augmentation de la violence et des agressions. Depuis deux ans, ils multiplient les attaques. Attaque du groupe ZEP à la fête de la musique, attaque de bars, menaces sur des militant-e-s associatif, syndicaux et politiques… ces petites terreurs cherchent à gagner le terrain de la rue alors que Toulouse est et restera une ville antifasciste.

Toulouse est une terre de lutte, et nous travailleur-euse-s, chômeueuse-s, exploité-e-s depuis tant de générations, nous ne sommes pas dupes ! Nous avons appris que depuis toujours les groupuscules fascistes sont liés aux classes dominantes et nous continuerons à nous battre pour chasser les fascistes hors de nos vies. C’est pourquoi nous appelons toutes et tous à s’unir et à démontrer que Toulouse ne leur appartiendra jamais.

Manifestation/Rassemblement
Samedi 17 mars à 14h
Place Arnaud Bernard

A l’appel de : AGET-FSE, AL, CNT, Coup Pour Coup 31, Déchoukaj, Libertat, OCML-VP, Sud Etudiant, UAT

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:57
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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:53

Des primatologues de l’université de Zurich ont montré que les chimpanzés se comportaient comme des policiers pour maintenir la paix et l’ordre au sein de leur groupe, selon le site Physorg.

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Les médiateurs Digit et Cess - zoo Walter de Gossau (Suisse)

Quand une tierce partie intervient dans un conflit, on parle de « police », et cela est vrai également chez les chimpanzés. Ces forces de l’ordre un peu particulière sont des mâles ou des femelles qui tiennent une place importante dans le groupe parce qu’ils sont le plus en mesure de mettre fin au conflit avec succès.

Les chercheurs ont observé pendant plus de 600 heures réparties sur deux ans le comportement de quatre différents groupes de chimpanzés évoluant en captivité, notamment dans le zoo de Walter en Suisse où les animaux ont connu des bouleversements dans leur groupe :

« Nous avons eu la chance de pouvoir observer un groupe de chimpanzés dans lequel de nouvelles femelles ont récemment été introduites et dans lequel la hiérarchie des hommes a également été redéfinie. La stabilité du groupe a commencé à vaciller. Cela se produit également à l’état sauvage. »

Cette forme police a également été observée chez les orangs-outangs et les gorilles entre autres, mais les chimpanzés sont les seuls primates à ne pas intervenir de façon partiale et agressiverelève le site Live Science.

Selon le site Science Daily, cette police animale « peut être considérée comme une forme précoce de l’évolution du comportement moral ». En effet, les chercheurs montrent que les primates interviennent de façon plus impartiale si la querelle implique un grand nombre de chimpanzés parce que le risque de déséquilibre est plus important dans ce cas, et que le but de ces policiers à quatre pattes est de maintenir la cohésion.

Ces conclusions concernant les primates pourraient « faire la lumière sur les racines de la police chez les humains » selon MSN :

« L’intérêt pour ce qui concerne la communauté, qui est très développé chez les humains et constitue la base de notre comportement moral, est profondément enraciné. Il peut également être observé chez nos plus proches parents. »

Publié par des amis de la police (Slate.fr, 8 mars 2012)

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 18:08

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:58

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:43

Ce qui nous relie, par Pierre, Joan et Joachim

Les 6 et 7 mars 2012, le policier qui a tiré au flashball sur Pierre, le privant de l’usage d’un œil, passe en procès au TGI de Nantes. Joachim comparaîtra comme témoin à la demande de Pierre. Joan sera également présent.

Ce qui nous relie, c’est d’avoir perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball. Pierre lors de l’occupation du rectorat de Nantes pendant le mouvement contre la loi LRU qui met en place la destruction de l’enseignement public. Joan, l’année suivante à Toulouse, au cours du même mouvement, lors d’une autoréduction pour dénoncer la précarité étudiante. Joachim lors d’une manifestation contre l’expulsion d’un squat à Montreuil.

Ce qui nous relie, c’est notre volonté d’être solidaires face à la violence de la police.

Ce qui nous relie, c’est d’affirmer qu’il ne s’agissait pas de bavures. La police nous a ostensiblement visés à la tête.

En ce qui concerne Pierre, le policier se situait à une dizaine de mètres. Il était armé d’un flashball LBD 40, d’une grande précision. Pierre était statique. Le policier ne pouvait manquer sa cible. En ce qui concerne Joan, le policier a tiré sur lui alors que l’action était terminée et que les étudiants-grévistes s’éloignaient pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle. En ce qui concerne Joachim, les policiers ont tiré une dizaine de fois. Quatre manifestants ont été touchés au-dessus de l’épaule, à la nuque, au front, à la clavicule et à l’œil. Chaque tir aurait pu mutiler. Dans les trois cas, il y avait une volonté très claire, au plus haut niveau, de faire mal, d’en mutiler un pour terroriser tous les autres.

Ce qui nous relie, c’est de vouloir dire qu’il ne s’agit pas de cas isolés. Cela est arrivé à beaucoup d’autres. On ne compte plus les personnes mutilées ou tuées par la police.

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Ce qui nous relie, c’est l’arme avec laquelle nous avons été frappés : un flashball. Comment qualifier cette arme, maintenant très répandue dans la police, qu’elle use comme on use d’une matraque ? Une arme qui terrorise. Une arme avec laquelle la police a de nouveau le droit de tirer sur la population. Une arme avec laquelle elle tire à toute occasion : 2787 tirs de flashball pour l’année 2011. Un arme qui dit : « Rentrez chez vous et n’en sortez plus ».

Ce qui nous relie, c’est de vouloir rattacher la violence dont nous avons été la cible, à la violence quotidienne de la police : le harcèlement de certains quartiers, la traque des sans-papiers, les expulsions des gens de leurs logements, les délires anti-terroristes à l’encontre de nos amis, la criminalisation de tous ceux qui sortent du rang.

Ce qui nous relie, c’est d’avoir voulu, coûte que coûte, ne pas céder à la peur, retourner dans la rue, lutter.

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Nous serons ensemble le 6 et 7 mars 2012 au TGI de Nantes.


Communiqué de Pierre et de ses proches – Perdre l’usage d’un œil suite à un tir de flashball

Il y a quatre ans, Pierre a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball lors de l’occupation du rectorat de Nantes au cours du mouvement contre la loi LRU. Le policier qui lui a tiré dessus passe en procès le mardi 6 et mercredi 7 mars. C’est le premier procès mettant en cause un policier ayant mutilé une personne au flashball lors d’un mouvement social. Depuis, nombreuses sont les personnes qui ont été blessées par cette nouvelle arme introduit par Claude Guéant en 2005. Parmi eux, on compte beaucoup de jeunes des quartiers populaires, des enfants et des manifestants.

Quatre parmi eux seront au procès pour témoigner leur solidarité à Pierre et dire leur refus des violences de la police et de l’impunité dont elle bénéficie.

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Seront présents au procès le 6 et 7 mars au TGI de Nantes :

• Pierre, lycéen mutilé à l’œil lors de l’occupation du rectorat de Nantes dans le cadre du mouvement contre la loi LRU (comme plaignant),

• Joachim, mutilé à l’œil alors qu’il manifestait contre l’expulsion d’un squat à Montreuil, (comme témoin de la défense),

• Joan, étudiant mutilé à l’œil, lors d’une autoréduction à Toulouse dans le cadre du mouvement contre la loi LRU 2,

• Geoffrey, lycéen mutilé à l’œil, encore à Montreuil, alors qu’il occupait son lycée dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites.

Par leur présence commune à ce procès, ils veulent dire que ce qui est arrivé à Pierre, n’est pas un acte isolé, n’est pas une bavure. Pour chaque cas, on retrouve la même intention de faire mal, d’en mutiler un pour terroriser tous les autres. De la part du gouvernement cela se traduit par : « Il est temps de réprimer le mouvement ». De la part du préfet par : « Vous avez carte blanche ». De la part du policier, par un tir de flashball ajusté en plein visage. Si la justice relaxe le policer, c’est une carte blanche à tous les policiers pour continuer à mutiler impunément. Pierre et Geoffrey dans leurs lycées, Joan dans son université, Joachim dans son quartier luttaient pour un avenir fait de solidarités plutôt que de concurrence de tous contre tous. Il n’en faut pas plus aujourd’hui, pour être mutilé par la police. Qu’en sera-t-il demain ?

Rassemblement mercredi 7 mars à 14h devant le TGI de Nantes.

Pierre et ses proches.


Tir de flashball : Pierre et Joachim, gravement blessés, détaillent la violence policière

Tous deux ont été la cible d’un tir de flashball, cette arme aux effets potentiellement dévastateurs dont l’usage s’est répandu en France à partir de 1995 sous l’impulsion de Claude Guéant, alors directeur général de la police nationale. Grièvement blessés, ils gardent l’un et l’autre les marques de la violence subie. Ce ne sont pas des cas isolés, plus d’une vingtaine de personnes ont subi le même sort ces dernières années.

En novembre 2007, Pierre manifeste à Nantes contre la loi sur les universités quand il est touché au visage. Il a 16 ans et devient quasiment aveugle du côté droit. En juillet 2009, Joachim réside à Montreuil et se mobilise contre l’expulsion d’un squat dans sa ville. Visé lui aussi, à 37 ans, il perd un œil.

Les 6 et 7 mars 2012, le policier qui a tiré sur le jeune Nantais est appelé à la barre. À l’occasion de ce premier procès lié à l’usage du flashball lors d’une manifestation, Mediapart a rencontré Pierre et Joachim pour évoquer leur expérience de cette arme, symbole de la politique répressive de Nicolas Sarkozy, et les efforts pour surmonter la peur.

Qu’attendez-vous, Pierre, du procès du policier qui a tiré sur vous le 27 novembre 2007 ?

Pierre. Après plus de quatre ans de bataille judiciaire, le procès a été fixé les 6 et 7 mars 2012. Je ne me suis jamais fait d’illusion sur l’institution judiciaire, mais j’ai déposé plainte, avec ma famille, pour faire parler de l’affaire, pour qu’elle ne soit pas aussitôt enterrée, oubliée, et surtout pour calmer au moins temporairement la police, envoyer un message, dire “On ne peut pas mutiler impunément un lycéen, on ne peut pas tirer sur une manifestation”. Je n’ai jamais pensé que le tireur irait aux assises, même si un citoyen lambda tirant avec une arme d’épaule sur quelqu’un aurait pris immédiatement de la prison ferme, surtout en ces temps de durcissement législatif et sécuritaire.

Malheureusement, en quatre ans et demi, les cas se sont accumulés. Un exemple m’a particulièrement scandalisé : Geoffrey, à Montreuil, en 2010, qui s’est fait tirer dessus, il avait le même âge que moi et a été blessé dans les mêmes circonstances. Le cas de Joachim aussi, évidemment, est similaire, tout comme celui de Joan à Toulouse. À chaque fois que quelqu’un se fait tirer dessus au flashball, qu’il perd l’usage d’un œil, à chaque fois, c’est comme si on me blessait à nouveau, parce qu’on se rend compte qu’il y a un sentiment d’impunité dans cette police insolente qui continue à viser délibérément les visages.

Entendez-vous vous servir de ce procès comme tribune pour demander l’encadrement de l’usage du flashball ou son interdiction ?

Pierre. J’attends que le tireur soit déclaré coupable. Une relaxe du tireur serait perçue comme un chèque en blanc. Cela signifierait que l’État, la justice autorise les polices de France à tirer sur des manifestants et à blesser délibérément, à mutiler à vie des gens. Si le policier est déclaré coupable, le minimum serait que son port d’armes lui soit retiré, qu’il soit mis hors d’état de nuire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, il est en exercice, je l’ai revu armé dans des manifestations à Nantes. Plus généralement, j’espère que cela incitera la population à réfléchir sur les pratiques de la police, et la police à être contrainte de calmer ses ardeurs répressives et mortifères.

Je ne me place pas forcément dans l’optique de faire interdire le flashball, même si, à titre personnel, j’y suis favorable. Je souhaite que s’engage une réflexion plus large sur les violences policières, sur tout le contrôle sécuritaire, les tasers, les drones, toutes ces armes de plus en plus offensives de contrôle de la population.

Je souhaite que les victimes de violences policières en général entrent en contact et ripostent collectivement, car la police, elle, reste unie et solidaire. Les syndicats policiers savent défendre leurs droits, disons leurs droits à mutiler, ou à tuer, contrairement à nous qui sommes isolés, atomisés par la répression.

Joachim. Il faut faire le lien entre ce qui nous est arrivé et l’ensemble des violences policières, les personnes humiliées, tabassées, mutilées, tuées. Mais au quotidien, la police, c’est aussi les expulsions de logements, la traque des sans-papiers, le harcèlement des habitants de certains quartiers. La police est là pour maintenir un ordre profondément injuste et destructeur. Face à cette situation, évidemment, les gens se révoltent, manifestent, occupent. Dans ces situations la police n’hésite pas à tirer sur les gens. C’est de tout cela qu’il faut parler.

Comment vous préparez-vous en vue du procès ?

Pierre. J’ai demandé à Joachim de venir témoigner au procès car je veux, en plus de la parole juridique, une parole personnelle de quelqu’un qui partage la même expérience que moi. Je souhaite aussi faire passer un message politique. Si cela est arrivé à Joachim et à moi, ainsi qu’à d’autres, c’est qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé.

Comment ça s’est passé le 27 novembre 2007 ?

Pierre. Le 27 novembre 2007, à Nantes, le mouvement lycéen et étudiant dure depuis plusieurs semaines. C’est un mouvement assez vivace, avec l’université et les lycées du centre-ville bloqués, c’est un mouvement contre la loi LRU de privatisation des universités pour défendre notre droit à l’éducation. Au même moment, il y a des émeutes à Villiers-le-Bel. Ce jour-là, on part en manifestation, une grosse manifestation de quelques milliers de lycéens et d’étudiants. On se dirige vers le rectorat, lieu traditionnel de manifestations à Nantes. On entre dans le parc du rectorat.

Plusieurs unités de police se déploient rapidement : la Bac, la brigade anti-criminalité en civil, les gendarmes mobiles et les compagnies départementales d’intervention, les CDI, qui sont l’équivalent des CRS, à l’échelle départementale. Je repère tout de suite un policier cagoulé, qui a un flashball de couleur jaune, c’est un lanceur de balles, un nouveau type d’armes avec visée qu’on n’avait pas encore vu en manifestation jusque-là. D’habitude, on voyait le flashball le plus répandu, le plus traditionnel, le flashball super pro, sans viseur et moins précis.

Rapidement, la police a ordre de nous charger. Ça se passe très violemment. On ne comprend pas, la manifestation est pacifique, il y a des gens qui jonglent, qui jouent de la musique, qui chantent. Lors du procès, on montrera des photos illustrant cette atmosphère. D’un seul coup, les forces de l’ordre nous chargent par devant et sur les côtés, elles frappent aussitôt, la brigade anti-criminalité tire des gens de la manif et les frappe. Cela crée un contexte de peur. Dans un mouvement de panique, la manifestation se met à refluer et est évacuée du parc du rectorat en quelques minutes. Plusieurs personnes sont interpellées par la Bac et molestées.

Une fois qu’on est à l’extérieur de l’enceinte du rectorat, la police ferme la grille de l’entrée du parc, les manifestants sont sur la voie publique, il n’y a plus aucun enjeu de maintien de l’ordre. C’est à ce moment là que le policier tire. Il est dans le parc du rectorat, de l’autre côté de la grille, moi je suis à moins de 10 mètres sur la voie publique. Je sens un énorme choc sur ma tempe. J’ai le réflexe de me tourner, je vois le policier avec son arme orientée en direction de mon visage. Je comprends tout de suite ce qui s’est passé. Par la suite, j’apprendrai qu’il y a eu d’autres tirs de flashball sur d’autres manifestants, qui n’ont pas atteint le visage heureusement, par des agents de la Bac. Je me retourne, je vois ce policier qui m’a tiré dessus, j’ai le réflexe de mettre ma main sur mon visage, je vois que ça pisse le sang, je demande de l’aide, on me transporte un peu plus loin en attendant les secours. Voilà comment ça s’est passé.

Pourquoi évoquer Villiers-le-Bel ?

Pierre. À la fin du mois de novembre 2007, deux jeunes sont morts, ils ont été renversés par la police à Villiers-le-Bel. Des émeutes ont suivi. Environ 24 heures avant que je me fasse tirer dessus, la télé passait en boucle des images de policiers blessés dans ce quartier, dont un policier qui s’était fait tirer dans l’œil. Il avait l’œil bandé, Nicolas Sarkozy était à son chevet et disait que c’était inadmissible de s’attaquer aux forces de l’ordre de cette façon. Je ne peux pas dire qu’il y a un lien de cause à effet, mais il est frappant que peu après un policier ajustait son tir de flashball dans mon œil.

Et le 8 juillet 2009 à Montreuil ?

Joachim. Un lieu avait été ouvert dans une ancienne clinique dans le centre de Montreuil, qui était squatté depuis des mois et dans lequel étaient organisées de nombreuses activités ouvertes sur le quartier. De ce lieu il y avait eu une expulsion la veille. Pour répondre à cette situation, on voulait être présents dans la rue. On avait préparé un grand repas et on avait invité les habitants concernés à venir nous rejoindre. Au bout de deux ou trois heures, on a décidé de partir en manifestation. Calmement, on est partis en file indienne sur le trottoir et pn s’est réunis devant la clinique. Au même moment, les policiers sont arrivés, assez calmement. Ils se sont garés à côté de la clinique, ils sont sortis, ils se sont armés, beaucoup avaient des flashballs.

On s’est dit qu’on n’allait pas chercher les ennuis. Un mot d’ordre a été lancé par un manifestant, ‘On y va’, avec l’idée qu’on partait. On est tous partis, un peu en ordre dispersé, sur la place qui fait face à la clinique et sur laquelle il y a un marché, deux fois par semaine. On marchait et, à un moment, on a entendu un cri. La police venait d’interpeller quelqu’un. Je me suis retourné pour voir ce qui se passait. La police était face à nous et s’est adonnée, pour reprendre leurs mots, à une véritable partie de ball-trap.

Ils nous ont tiré dessus à de nombreuses reprises, cinq personnes ont été touchées, la plupart au-dessus de l’épaule : à la nuque, sur le front, sur la clavicule et moi en plein dans l’œil. Tout le monde ayant été touché au-dessus de l’épaule, ce qui est normalement interdit, on peut parler de préméditation.

Pouvez-vous mettre des mots sur cette violence que vous avez subie ?

Pierre. C’est très étrange. J’ai senti un énorme choc dans mon visage. Mais, au début, comme une douleur au-delà de la douleur, je n’ai pas eu vraiment mal. C’est venu ensuite. J’ai vu que je saignais abondamment, je ne voyais plus rien, on m’a mis à l’écart et j’ai été pris en charge par les pompiers.

Alors que j’étais complètement sonné, aveuglé, je me souviens que des policiers sont venus prendre mon identité pour préparer sans doute leur ligne de défense. Au lieu de me porter secours, ils ont fait dégager les gens qui m’entouraient, les copains, et je les entendais braquer les autres manifestants, demandant leur nom, leur adresse.

La douleur est venue plus tard à l’hôpital, je vomissais du sang. Le flashball est une arme cinétique, on ne sent pas tout de suite l’effet mais ça cause des dommages irréversibles à l’intérieur du corps. Pendant plusieurs jours, j’ai eu la moitié de la tête bleue, gonflée, et j’ai gardé l’œil rouge vif pendant plusieurs mois. J’ai eu peut-être de la chance dans mon malheur car la balle a tapé dans l’os. J’ai eu des micro-fractures, la balle a ricoché sur l’os. Dans un sens, c’est mon crâne qui a absorbé le choc, sinon j’aurai perdu mon œil en plus de la vue. Les conséquences, c’est que je ne vois plus d’un œil, ça a causé des lésions irréversibles sur la rétine. J’ai perdu l’usage d’un œil.

Encore aujourd’hui j’ai des douleurs à la tête, des céphalées. J’ai subi deux opérations dans les semaines qui ont suivi et un traitement qui a duré plusieurs mois. Si j’ai gardé mon œil, bien que quasiment aveugle, c’est que j’ai subi ces deux opérations qui m’ont accaparé pendant six mois, qui m’ont fait mal et qui m’ont mis groggy.

Joachim. Quand ça arrive, on est K.-O. Le choc est tel que tout le corps est sous le coup, au-delà de la douleur. On ne s’évanouit pas, mais la commotion provoque une montée d’adrénaline, tous les voyants passent au rouge. J’ai tout de suite senti que quelque chose était arrivé, quelque chose de très grave. Comme le flashball m’a crevé l’œil, cela a impliqué qu’on l’enlève, qu’on mette une bille à la place et une prothèse. Ce sont des opérations lourdes, difficiles.

J’ai le visage peut-être pas défiguré, mais je garde une forte trace physique. Cette dimension est présente dans le regard des autres et pour moi.

Il faut aussi parler de la peur qui rentre en toi après une telle mutilation. Une semaine après, je suis allé à la manif qui répondait à cet acte de violence. Mais c’est un combat de chaque jour pour maîtriser la peur qui est entrée en toi, pour arriver à faire face à des policiers armés de flashball sans se dire ‘Je rentre immédiatement’, pour prendre la parole et raconter. Après, il faudrait aussi parler de tous ceux qui, à travers nous, ont été touchés par la peur. En mutilant certains, on terrorise tous les autres.

Ce que vous dites, c’est que la police a atteint son objectif de semer la peur.

Pierre. Le flashball est un instrument de peur, comme l’a dit Joachim, un instrument de terrorisation. À Nantes, ça a marché. Quand j’étais encore à l’hôpital, une manifestation contre les violences policières a été organisée, cela m’a touché, 5000 personnes ont défilé avec une grande banderole. Mais est-ce que cela n’a pas été un baroud d’honneur, parce qu’ensuite le mouvement lycéen et étudiant s’est éteint. Je me suis fait tirer dessus, il y a eu une manifestation ritualisée, puis plus rien. Très concrètement, les parents ont interdit à leurs enfants de sortir, ‘Tu ne sors pas, tu vois ce que font les flics, ils tirent, si tu sors, tu vas te faire
shooter’.

Joachim. Pour ma part, je ne veux pas négliger l’importance de la réaction qui a suivi le soir du 8 juillet. D’abord celle des copains qui ont organisé la manifestation juste après et puis celle de tous ceux qui ont manifesté leur solidarité. Pour lutter contre la peur, les réponses collectives sont très importantes. Sinon, je pense que j’aurais beaucoup plus souffert au moins dans ma tête. Si personne ne se bouge, la seule chose que les gens lisent, c’est le communiqué de la préfecture qui explique d’une manière ou d’une autre que vous l’avez bien mérité. Ensuite, l’IGS, l’Inspection générale des services, mène une enquête qui sème le doute dans la tête de tout le monde. Enfin, si la justice n’enterre pas le dossier, les policiers seront relaxés. Donc, la solidarité est ici vitale.

Est-ce que ce type de violences ne créent pas de la révolte, de la défiance, en même temps qu’elle suscite de la peur ?

Joachim. Le flashball sert à réprimer toute tentative de retrouver prise sur les choses en sortant des cadres. Si l’on regarde dans quelles situations les personnes ont pris un tir de flashball, elles sont très différentes, très banales aussi, mais toutes semblent dire : ‘Ici, c’est chez nous’. Quel est le point commun entre occuper un lycée, ouvrir un squat, faire vivre son quartier en faisant un repas ou en jouant à la balle ? Dans beaucoup des cas, il y a cette dimension d’habiter, d’occuper le territoire, de se réapproprier un espace.

Le flashball est une arme qui dit aux gens ‘Rentrez chez vous’. Quand on ne peut pas payer, l’espace pour dormir, manger, se rencontrer, s’entraider, fabriquer des choses, se réduit à pas grand-chose. Alors, les gens forcément trouvent d’autres moyens. Mais très vite, on les criminalise, et s’ils résistent, on leur tire dessus.

Pierre. Les policiers aussi ont peur, une peur que le pouvoir construit dans leurs esprits pour qu’ils attaquent. Ils n’ont jamais été aussi violents, mais en même temps ils sont tétanisés, comme s’ils étaient dépassés et qu’ils ne savaient plus faire face à une foule. Ils ont peur, c’est pour cela qu’ils sortent leur flashball en permanence. Avec les fantasmes mensongers médiatico-politiques sur les anarcho-autonomes ou sur les banlieues, les responsables politiques les ont mis en garde, ‘Il y a un ennemi intérieur, il faut attaquer, sinon il vous attaquera’.

Cette paranoïa d’État aboutit à un usage encore plus violent, gratuit, décomplexé du flashball, et plus généralement de la violence physique et verbale contre tous ceux qui sortent du rang. Quand les lycéens prennent la rue, les policiers ont peur parce qu’ils savent qu’il n’y a pas de parcours déposé en préfecture et que le cortège se balade n’importe où.

La police craint tout ce qui est incontrôlable. Mais ce qui est incontrôlable peut aussi s’arrêter à tout moment. C’est ce qui est arrivé avec le mouvement à Nantes, avec cette logique d’atomisation. La police tire sur une personne, touche un corps, pour semer la peur dans tout le corps social, pour terroriser tout le monde. Il y a des interstices, sans doute, mais là, je vois malheureusement surtout de la peur. Dans la manifestation anti-répression, beaucoup de filles et de garçons étaient révoltés, mais cela a joué un rôle d’exutoire plutôt qu’autre chose, avec les pouvoirs locaux qui lançaient des appels au calme.

Joachim. La peur ou la révolte ? Ça fonctionne dans les deux sens. Lors de la manifestation qui a répondu aux tirs de flashball à Montreuil, les gens se sont casqués et portaient des lunettes, comme s’il y avait eu une prise de conscience que désormais il fallait se protéger, collectivement, de la police. Cela nous a obligés à prendre acte de la violence dont peut user la police contre nous. La rue, il faut savoir l’occuper. Ce sont des problématiques auxquelles il faut trouver des réponses qui ne soient pas celles du service d’ordre de la CGT.

En tirant sur vous, la police a exprimé brutalement la violence d’État, elle a mis à nu ce qu’en général elle s’efforce de cacher. Est-ce que ça témoigne d’un changement de doctrine dans les pratiques policières ?

Pierre. Je ne suis pas spécialiste de l’histoire du maintien de l’ordre, mais il semble qu’on est passé d’une police défensive, munie de gaz lacrymogène, à une police offensive, avec flashball et taser. La police est passée à l’attaque, elle tire sur les gens, elle marque les corps, elle cible les mineurs. Ce passage à l’offensive est lié à l’ère sécuritaire qui a commencé sous Jospin et qui s’est amplifiée sous Sarkozy.

Joachim. Comme le dit Pierre, la police est passée à l’offensive et les armes à létalité réduite ont un rôle très important dans cette nouvelle doctrine. Car du fait de leur létalité réduite, elles échappent en grande partie au cadre strict de la légitime défense qui encadre les armes létales. Elles sont utilisées de manière offensive. On le voit bien, les policiers se servent du flashball, comme on se sert d’une matraque.

Ces pratiques policières sont symptomatiques d’un état de la société, d’une politique à un moment où le consensus, le compromis historique liant la classe ouvrière au capital s’effondre. Le donnant-donnant cantonnant la contestation à l’intérieur d’un certain cadre en échange de l’État-providence ne fonctionne plus. Tout saute. Le pouvoir ne reconnaît plus la symbolique des manifestations, celles-ci sont délégitimées et tendanciellement criminalisées. Comme l’État n’a plus de marge de manœuvre sociale, il est de plus en plus réduit à sa fonction policière.

Ce qui vous est arrivé relève-t-il de la « bavure » policière ou le considérez-vous comme le résultat d’une politique répressive ?

Pierre. Je me méfie beaucoup du terme de bavure. Une bavure, c’est quoi ? Une tache d’encre ? Une bêtise ? Un acte isolé ? Quand des gens sont visés de manière délibérée au visage depuis quatre ans, que les cas se multiplient, on peut parler d’actions coordonnées, de violences policières, voire de crimes ou de meurtres policiers. Les mots sont importants, on est dans une guerre sémantique, et pour moi, le terme de bavure vise à relativiser ce qui s’est passé alors que, dans le même temps, les autorités parlent de prise d’otage pour désigner les grèves et les manifestations. Pour moi, ces tirs sont le résultat d’une politique concertée, qui va de pair avec une militarisation de l’État. On observe, depuis plusieurs années, une surenchère dans la technologie sécuritaire.

Joachim. Il n’y a aucun hasard dans ce qui s’est passé. Toutes ces situations induisent une forme de préméditation et d’intention visant à réprimer et à faire mal. En même temps, le flashball est une arme à bavure. L’institution policière pourrait se dire qu’il faut resserrer les règlements, modifier les armes, elle pourrait tout à fait s’approcher d’un risque zéro de bavures. Mais, non, elle continue, comme s’il y avait une intentionnalité basse, indirecte, mais bien présente et assumée. Une police que l’on sait pouvoir commettre facilement des bavures fait peur.

Qu’est-ce que ça a changé sur votre parcours militant ?

Joachim. On lutte pour que cela ne change rien. Si, en plus, on devait s’arrêter de faire ce qu’on faisait avant, c’est-à-dire militer, participer à des manifestations, si on devait renoncer à tout ça, alors ils auraient gagné. Tout le combat est de continuer comme avant. Mais ce n’est pas simple. Il faut du temps pour arriver à encaisser le coup. L’enjeu est aussi de continuer à faire de la politique sans être dans une confrontation directe avec la police.

Pierre. Certaines personnes m’ont dit : ‘Avec ce qui t’es arrivé, tu ne vas pas retourner en manif…’ Mais il n’a jamais été question de rester chez moi. Si je ne sors plus, si je ne dérange plus, ils auront gagné, donc j’essaie de continuer à résister à leur ordre, à mon échelle.

Est-ce que ça a modifié votre rapport à l’État ?

Joachim. L’enjeu pour moi est de me libérer de ce face-à-face avec la police, de continuer à faire ce que je faisais, comme participer à un collectif de chômeurs et précaires ou lutter autour de la restructuration du quartier où j’habite. Même si la police a vite fait de vous tomber dessus. Aujourd’hui quand on occupe un pôle emploi, la direction demande à tous les agents de faire valoir leur droit de réserve, ce qu’elle n’a pas le droit de faire, cela doit rester une initiative personnelle. Les agents partent et la police arrive. Alors que vous étiez venus discuter avec les agents, rencontrer les chômeurs, la police vous expulse. La réponse à la violence de la police, la société entière doit la porter. C’est un mouvement plus général qui doit dire : ‘Arrêtez-là, c’est fini, vous prenez trop de place, vous les policiers, vous êtes nuisibles, vous semez la peur, vous traquez les sans-papiers, vous expulser les gens, vous êtes une force destructrice, arrêtez-vous, dégagez !’

Est-ce que vous vous reconnaissez dans le terme de « victimes » ?

Pierre. Je n’aime pas cette terminologie victimaire. La justice nous renvoie à ce statut de victime ou de plaignant tout en nous accusant d’avoir jeté des projectiles. Les policiers nous chosifient. Quand ils nous visent, ils parlent de ‘neutraliser la cible’, comme si on était en guerre. Peut-être que je dirais cela : je suis une cible des violences policières.

Quels moyens avez-vous déployé pour vous approprier ce qui vous est arrivé ?

Pierre. Avoir un policier identifié à la barre est le résultat d’un rapport de force. Ça ne s’est pas fait tout seul. Il n’a pas suffi que la justice suive son cours. Quelques jours après ma mutilation, des policiers de l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, sont venus dans ma chambre d’hôpital pour faire leur enquête. Ils essayaient de me piéger, de voir si j’avais lancé des choses, alors que j’étais encore sonné. Ils essayaient de trouver des failles dans ma version, comme si j’étais l’agresseur, et ils me demandaient ‘Qu’est-ce qu’il a fait le collègue ?’

On a tout de suite compris que si on ne faisait pas le travail nous-mêmes, ça ne marcherait pas. Des proches se sont constitués, non pas en comité de soutien d’une victime qui s’appellerait Pierre, mais en groupe de travail, qui a rassemblé des données et qui a mené une sorte de contre-enquête citoyenne.

Notre objectif était de permettre ‘l’établissement de la vérité’ sur les faits, comme disent les juges. On savait que l’enquête de l’IGPN ne permettrait pas d’éclairer la vérité. On a lancé un appel à vidéo, cela nous a été très utile, car, comme par hasard, les deux caméras de la police qui étaient censées filmer la manifestation sont tombées en panne au moment des tirs. Les vidéos que l’on a récupérées ont été synchronisées et nous ont permis d’obtenir un timing précis, minute par minute, seconde par seconde. C’est grâce à ce travail que l’IGPN a été obligée de lâcher le tireur. Ensuite, le juge d’instruction a été contraint d’instruire l’affaire. On a dû organiser des conférences de presse et relancer la justice pour avoir une date de procès.

Il ne faut rien attendre de la justice, il faut faire le travail d’investigation soi-même dans la mesure du possible. Dernièrement, une petite fille qui s’appelle Daranka s’est fait tirer dessus dans la banlieue parisienne. À Mayotte, un petit garçon a perdu son œil pendant le mouvement social de l’automne dernier. Ils n’auront pas forcément le même éclairage médiatique qui permettra de faire éclore ces affaires. Qui parle d’eux ?

Comment la police et les médias ont communiqué sur vos affaires ?

Pierre. Dans mon cas, les médecins ne savaient pas encore ce que j’avais que déjà le préfet déclarait à la presse que j’étais touché à l’arcade et que je n’avais rien à l’œil. J’ai observé que le même scénario se répétait à chaque violence. Les autorités et les médias dominants minimisent à chaque fois les blessures des gens agressés par la police et ‘inventent’ en parallèle des policiers blessés. Sont toujours mis en balance les policiers blessés et les manifestants blessés pour faire croire que la police n’a fait que se défendre, pour légitimer la violence de la police.

C’est une guerre médiatique, une guerre dans l’opinion, les policiers l’ont compris. Les communiqués de la préfecture évoquent des ‘échauffourées’ entre lycéens et policiers. Mais, moi, je n’ai pas vu d’échauffourées, j’ai vu des policiers qui attaquaient une manifestation pacifique. On a aussi dit que j’avais été blessé par un caillou lancé par un autre manifestant.

Joachim. Tout se focalise d’abord sur l’identité de la personne qui s’est fait toucher. La police m’a aussitôt désigné comme un jeune squatteur, un anarchiste, etc., comme si, pour la police et pour l’opinion publique, il y avait une catégorie de gens sur laquelle on peut tirer légitimement.

En termes de stratégie judiciaire, vaut-il mieux viser la condamnation d’une seule personne ou souligner la responsabilité de la hiérarchie ?

Pierre. La stratégie des policiers vise à brouiller les pistes, à dire qu’il n’y a pas de tireur et à renvoyer la responsabilité sur la hiérarchie. À l’arrivée, il n’y a pas de coupable. Qui m’a tiré dessus ? Qui a tiré sur Joachim ? Ce sont des individus. Ils doivent être reconnus coupables. Sinon, ça se termine en non-lieu ou par une relaxe et l’opinion publique pense qu’il ne s’est rien passé. Et ça contribue aussi à décomplexer la violence des policiers qui se sentent toujours plus impunis, exonérés.

Joachim. Condamner un policier, c’est condamner la police. C’est toujours cela de gagné contre l’impunité policière. Les policiers ont le sentiment d’être en guerre, et ce sentiment est encouragé par les pouvoirs publics. Leur mission : rétablir l’ordre dans les zones de non-droit. À travers cette expression issue de la presse à scandale, ils se croient autorisés à agir de manière extra-judiciaire ou offensive, c’est la même chose. Ils se croient autorisés à tirer aux flashballs sur les habitants d’un quartier sans raison comme à Villiers-le-Bel, le jour où Alexandre et Bruno ont perdu un œil. Si la police veut devenir une armée, exigeons au minimum qu’elle rentre dans ses casernes.

Leur presse (Carine Fouteau, Mediapart.fr, 5 mars 2012)


Nantes : le procès du flashball débute aujourd’hui

Le 27 novembre 2007, un lycéen de 17 ans perdait un œil suite à un tir de flashball lors d’une manifestation.

Le procès du policier soupçonné d’avoir blessé un lycéen avec un flashball s’ouvre ce mardi. Le 27 novembre 2007, à  l’issue d’une manifestation contre la loi Pécresse, Pierre, un lycéen de 17 ans perdait un œil suite à un tir de flashball.

Les parents du lycéen avaient, à l’époque, déposé une plainte contre X.

À la suite de l’incident, le policier avait été mis en examen pour « violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ».

En mai 2010, le parquet de Nantes avait requis un non-lieu pour le policier à l’origine du tir de flashball.

Dans son réquisitoire définitif déposé le 25 mai 2010, le parquet avait estimé que le policier avait agi de façon non-disproportionnée et dans un état de « légitime défense ».

Le Collectif contre les violences policières, le Codelib (Comité de défense des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires) et l’intersyndicale CGT, FCPE, FSU, LDH, Solidaires, SEN et UNEF ont choisi de se rassembler en marge de ce procès. Ces organisations « attendent de ce procès qu’il permette d’expliquer comment un fonctionnaire de police, agissant au nom de la République, a pu en arriver à se servir d’une arme en « expérimentation » ayant la réputation de mutiler et causer de graves lésions, en particulier lors de tirs au visage. »

Le rassemblement est prévu mercredi à 14 heures devant le Palais de Justice de Nantes.

Le gomme-cogne, une arme critiquée après plusieurs blessures graves

La comparution ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nantes du policier soupçonné d’avoir grièvement blessé avec un gomme-cogne un lycéen qui participait à une manifestation en 2007 s’inscrit dans une polémique qui dure depuis dix ans.

Cette catégorie d’armes, comprenant notamment le Flash-Ball et le LBD40, est régulièrement critiquée depuis qu’elle a été étendue à la police de proximité en 2002 et a provoqué plusieurs blessures à la tête depuis 2005.

Le gomme-cogne ou lanceur de balles de défense est une arme dite sublétale de quatrième catégorie, comme le pistolet à impulsions électriques Taser utilisé par les policiers et les gendarmes.

Ces équipements tirent des balles en caoutchouc ou en mousse en principe non perforantes, de calibre variable selon les équipements (44 millimètres pour le Flash-Ball, arme à portée réduite et 40 millimètres pour le LBD40, précis jusqu’à 40 mètres).

En mai 2009, la Direction centrale de la sécurité publique avait rappelé la proscription de viser « au niveau du visage ou de la tête » et la nécessité d’une utilisation « proportionnée ».

Au cours de l’année 2010, les gomme-cogne et les pistolets à impulsion électrique avaient été utilisés à 2.787 reprises par les policiers et gendarmes qui en étaient dotés, selon le ministère de l’Intérieur.

- 2005 -
 - 7 juillet : Aux Mureaux (Yvelines) un garçon de 14 ans est sérieusement blessé à l’œil par le tir d’un policier qui le poursuit. Le policier indique s’être senti menacé quand l’adolescent s’est arrêté pour ramasser un objet au sol.

- 2006 -
 - Dans la nuit du 28 au 29 octobre, dans une cité HLM de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un adolescent de 16 ans est blessé à l’œil lors d’incidents avec la police venue au secours de pompiers caillassés lors d’une intervention.

- 2007 -
 - 27 novembre : Un lycéen de 16 ans perd l’usage d’un œil après avoir été touché à l’issue d’une manifestation contre la loi Pécresse à Nantes (Loire-Atlantique).

- 2009 -
 - 8 juillet : Le réalisateur Joachim Gatti, 34 ans, perd un œil après avoir été touché par un tir policier alors qu’il manifestait contre une expulsion de squatteurs à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le 19 août 2009, l’Inspection générale des services déclare que les policiers n’ont pas respecté les règles de tir.
 - 19 mars : Joan Celsis, un étudiant de 25 ans, est gravement blessé à l’oeil en marge d’une manifestation d’étudiants à Toulouse quand la police tente de déloger un groupe de manifestants d’un magasin Monoprix.
 - 1er mai : À la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Samir Aït-Amara, 18 ans, joue à une « chasse à l’homme » avec des jeunes de la cité lorsque, selon sa sœur, un policier sort d’une voiture et lui tire dessus à moins de trois mètres sans sommation. Il perd l’audition de l’oreille gauche.
 - 9 mai : À Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), deux hommes de 21 et 31 ans sont grièvement blessés à un oeil lors de violences entre des groupes de jeunes et la police, qui font cinq blessés légers côté policier. Appelée pour tapage nocturne, la police parle d’un « guet-apens », tandis que l’un des deux blessés affirme « qu’il mangeait un sandwich dans la rue quand des forces de l’ordre sont arrivées ».

- 2010 -
 - 14 octobre : Un élève de 16 ans du lycée Condorcet de Montreuil (Seine-Saint-Denis) est gravement blessé à un œil lors d’affrontements avec des policiers devant un autre établissement de la commune.
 - 12 décembre : Le résident d’un foyer de Marseille est victime d’un arrêt cardiaque par le tir au thorax par des policiers intervenant dans une rixe avec autre locataire. L’homme de 43 ans meurt le lendemain.

Cette succession d’incidents suscite de vives critiques sur le gomme-cogne, un député communiste demandant son retrait, tandis que les Verts déposent une proposition de loi pour les proscrire.

- 2011 -
 - 7 février : un adolescent de 17 ans est éborgné par un tir à Audincourt (Doubs). Une information judiciaire à l’encontre d’un policier est ouverte en janvier 2012.
 - 4 octobre : à Mayotte, un enfant de 9 ans perd un œil à la suite du tir d’un gendarme, qui est mis en examen.

Leur presse (Fabienne Beranger et AFP, 6 mars 2012)

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:39

Le 10 octobre 2009, des incidents se sont produits à Poitiers lors d’une manifestation anticarcérale. Ces incidents ont conduit à l’arrestation et à la condamnation immédiate de plusieurs personnes (dont 3 placées en mandat de dépôt). Le 17 octobre a eu lieu une manifestation de soutien aux condamnés rassemblant près de 1000 personnes. Ce jour-là, Alain Évillard n’a pu s’empêcher d’exprimer sa colère devant le monument de la Résistance du parc de Blossac. Il a crié : « Le procureur est un salaud, un Papon ! » Propos visant M. Pierre Sennès, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Poitiers.

Alain est poursuivi pour délit d’injures publiques envers un fonctionnaire public et doit passer en procès devant la 17e Chambre du Tribunal de grande instance de Paris le 5 avril à 13h30 (ce procès qui devait avoir lieu le 25 octobre a été reporté à la demande de son avocate, surchargée de travail durant cette période).

Comparer le procureur à Papon devant le monument de la Résistance n’est pas si aberrant que cela. En effet, ce procureur a obéi sans états d’âme aux ordres du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui était venu à Poitiers le 12 octobre, juste avant le procès, demander « que la justice sanctionne durement ». Sans doute pour satisfaire les fanatiques de l’ordre à tout prix, M. Sennès, en fonctionnaire zélé comme l’indique le communiqué commun du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France, a immédiatement déféré en comparution immédiate des personnes interpellées le 10 octobre sans ménagement et arbitrairement, quelques heures après les dégradations commises. Or ces inculpés n’y ont pas participé et n’ont d’ailleurs jamais été accusés de l’avoir fait. Le procureur a requis 18 mois dont 10 ferme pour chacun des prévenus, en ouvrant de plus une information judiciaire de « chef de participation à un attroupement armé ». Non seulement il a demandé des peines extravagantes mais, le 16 octobre, le Parquet a fait appel des condamnations déjà très disproportionnées qui lui paraissaient sans doute trop clémentes.

C’est ce qui a provoqué l’indignation d’Alain, qui ne peut tolérer l’injustice ni l’arbitraire. Le 17 octobre, il a eu le tort de dire tout haut ce que tous les manifestants pensaient mais n’osaient exprimer, intimidés qu’ils étaient par l’impressionnant dispositif policier.

Ce n’est pas seulement l’individu procureur qui est un « salaud », mais tous ceux qui, comme lui, servent un système condamnable. Les années qui se sont écoulées depuis nous ont permis de prendre du recul et de pouvoir juger les actions de la Police, du Parquet et de la Justice : arrestations ciblant des jeunes militants politiques et/ou alternatifs ; procès expéditifs et à charge, sans preuves ; peines et amendes disproportionnées ; incapacité d’avouer qu’on s’est trompé et que les condamnés sont innocents ; volonté de se « couvrir » mutuellement…

Aujourd’hui, la seule réponse du Pouvoir à l’indignation légitime face à l’injustice, c’est la répression, encore la répression, toujours plus de répression.

• Alain n’a fait qu’exercer son droit, voire son devoir de résistance à l’oppression et à l’arbitraire.

• Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exige la relaxe d’Alain.

• Crions nous aussi notre colère et notre solidarité. Résistons ensemble !

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN À ALAIN
MARDI 3 AVRIL À 18 HEURES PLACE DU PALAIS
VENEZ NOMBREUX !!!

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:36

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:31

Les Identitaires entraînent des échauffourées

Bayonne – Environ 80 personnes se sont rassemblées hier soir devant l’hôtel Amatcho de Bayonne où se tenait une réunion du Bloc identitaire (BI) dans une ambiance tendue après la visite de Nicolas Sarkozy (voir pages 2 à 4). Des échauffourées se sont produites entre policiers et manifestants antifascistes. Des jets de gaz lacrymogènes et des incendies de containers ont eu lieu. Au moins trois personnes auraient été blessées et il semblerait qu’il y ait également eu une arrestation.

Le Journal du Pays Basque, 2 mars 2012.


Rassemblement antifasciste : pas de bilan officiel

Le bilan du nombre d’arrestations et de blessés au cours des affrontements entre militants antifascistes et les forces de police, jeudi soir, à Bayonne, à l’occasion de la présentation de l’antenne locale du Bloc identitaire (BI), reste encore flou.

Alors que les premiers chiffres publiés (cf. notre édition d’hier) faisaient état d’une interpellation possible et de trois blessés, il semblerait que le bilan soit plus lourd. Les affrontements se sont en effet prolongés après le rassemblement, dans les rues du Petit Bayonne notamment, et place Saint-André.

“Je ne peux pas vous donner d’informations, décision de la hiérarchie”, indique-t-on au commissariat central de Bayonne, qui, contacté par téléphone, a refusé de nous transmettre son bilan des échauffourées.

Le groupe IparEH Antifaxista, organisateur du rassemblement, comptabilise, lui, les arrestations de trois personnes (une pendant le rassemblement, deux après : devant l’hôpital et place Saint-André), ainsi que quatre manifestants blessés, dont un par un tir de flashball. Il dénonce également “les provocations” des Identitaires qui auraient déposé des tracts devant l’appartement d’un antifasciste pendant la nuit, selon un membre du groupe.

Joint par téléphone, le Bloc identitaire, condamnant les agissements d’une “bande d’asociaux, de punks à chiens, crasseux, ridicules et malodorants”, déclare de son côté ne pas pouvoir fournir de bilan.

“Asociaux”

Jeudi, aux alentours de 19h30, 80 militants antifascistes environ s’étaient rassemblés au rond-point Saint-Léon de Bayonne dans le but de manifester contre la soirée de lancement de la branche locale du Bloc identitaire, qui se tenait non loin de là, à 20 heures, à l’hôtel Amatcho.

Le rassemblement, qui avait lieu quelques heures seulement après la visite de Nicolas Sarkozy à Bayonne, a rapidement tourné court laissant place à des affrontements entre antifascistes et forces de l’ordre venues en nombre.

Le Journal du Pays Basque, 3 mars 2012.


Bayonne : à l’assaut du Bloc Identitaire

Des « antifascistes » ont lancé jeudi des projectiles sur l’hôtel où était réuni le Bloc Identitaire. Trois personnes ont été interpellées.

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ll faut voir le voir pour le croire. La vidéo sur le blog des « antifascistes du Pays basque nord » offre un aperçu saisissant des affrontements qui ont opposé forces de l’ordre et militants antifascistes jeudi soir, à Bayonne, à proximité de l’hôtel Amatcho, au rond-point Saint-Léon. Ambiance rose fumigène, slogans criés, bannière « Euskal Herria Antifaxista », gaz lacrymogène, et coups échangés.

Un peu avant 20 heures, une dizaine d’individus appartenant au mouvement IPEH Antifaxista se sont regroupé devant l’hôtel où le parti politique le Bloc Identitaire organisait une réunion pour créer sa section Pays basque. Le groupe de manifestants a rapidement grossi. D’abord une trentaine, à s’organiser en deux groupes, puis une cinquantaine à sortir les cagoules. Le commissariat a alors déployé la Section d’intervention départementale (SID), preuve que l’ambiance était montée d’un cran.

Policier blessé

Selon la police, les manifestants ont jeté pierres et peinture sur la façade de l’établissement. Les forces de l’ordre les ont fait reculer. Plusieurs individus ont mis le feu à trois conteneurs poubelle. Un représentant des forces de l’ordre s’est retrouvé à terre, blessé suite aux affrontements. Un individu a alors été interpellé pour dégradation, violence contre personne dépositaire de l’autorité publique.

L’homme a été placé en garde à vue, puis laissé libre pour la poursuite de l’enquête. Né en 1981, il réside à Anglet, et il est sans emploi. Au total, la chaude soirée s’est soldée par trois interpellations. La police a identifié et interpellé le lendemain des faits un autre individu, qui avait jeté des pierres. Il fera l’objet d’une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) ce mois. Né en 1992, il est sans emploi et connu des services de police.

« Prise de guerre »

Un troisième individu a été interpellé le soir même par la Brigade anticriminalité dans le Petit Bayonne, place Paul-Bert, où il tentait de mettre le feu à des poubelles. Il était détenteur d’une cagoule et de plusieurs briquets. L’homme né en 1982 est sans domicile et sans emploi. Il a été présenté samedi devant le magistrat et placé sous contrôle judiciaire. Il sera jugé ce mois à l’audience correctionnelle.

Les membres du Bloc Identitaire n’ont pas participé aux affrontements. Alain de Peretti et Christophe Pacotte, coordinateurs régionaux du parti politique étaient dans l’hôtel, avec une dizaine d’adhérents.

« Ce sont des punks à chien, crassouilles hirsutes, dont le cerveau est limité par l’usage de stupéfiants », lance Christophe Pacotte. Et encore : « Des asociaux. On est tombé sur des fous. » Alain de Peretti confie que la bannière des manifestants trône désormais dans le local du Bloc Identitaire à Bordeaux. « Une prise de guerre. »

Car après notamment Bordeaux, ou Pau, le parti politique entend bien transformer son essai d’implantation d’une section locale. Le Bloc Identitaire est classé à l’extrême droite de l’échiquier politique. Alain de Peretti, qui a été élu du Front national, le décrit comme porteur d’« un combat pour les identités ». « Le Bloc Identitaire ne rentre pas dans les classifications simplificatrices du passé (fasciste – antifasciste). »

Alain de Peretti entend bien vendre le label identitaire en Pays basque. « C’est une région à forte identité. Nous voulons apporter des réponses locales, dans le cadre d’une philosophie générale », prône le coordinateur régional.

« Tout le monde est d’accord que la politique, c’est du grand guignol. Les vrais sujets ne sont pas évoqués. Nous souhaitons établir une démocratie locale, par des votations, comme dans le système suisse. Si l’on organisait une votation sur la Ligne à grande vitesse, cela résoudrait tous les problèmes. »

Leur presse (Emmanuelle Fère, SudOuest.fr, 5 mars 2012)F

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:25

12 septembre, 11h30, magasin U Express de Beaucaire (30), il y a du monde aux caisses. Vido remarque, rigolard, qu’avec 2,7 milliards d’euros de bénéfices reversés aux actionnaires, le groupe U pourrait se permettre d’embaucher plus de personnel. Quand le tour de Vido arrive, le gérant du magasin, visiblement énervé par ces propos, refuse d’encaisser et reprend la marchandise. Vido tente de récupérer son repas de midi, le gérant s’interpose, le panier tombe par terre et l’emballage de la barquette d’échine de porc explose ! Vido, blasé, sort du magasin, poursuivi par le gérant qui lui réclame le prix de la viande soit 5,95 euros et tente de le bloquer en lui demandant de le frapper. Abasourdi, Vido s’en va. Le gérant, abandonnant caisses, clients et magasin, lui emboîte le pas en téléphonant aux flics. Ils déboulent en moins de cinq minutes et embarquent Vido. Sa déposition enregistrée, on lui demande de se soumettre au relevé signalétique (empreintes digitales et photos). Vido refuse. Il ressort du commissariat muni d’une convocation au tribunal pour dégradation et refus de se soumettre au relevé signalétique « nécessaire à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police… »

Un gérant de magasin, probablement quelque esclave franchisé, épuisé par le stress,  pète un plomb tant il s’identifie au groupe commercial qui l’exploite. Les flics embarquent Vido d’office : son aspect et son accents barbares en font un client idéal. Le procureur, malgré l’absence de plainte du gérant (et pour cause…) renvoie Vido devant le tribunal. Une blague ? Non, on assiste juste, poussé au ridicule, à l’application d’une logique sécuritaire et policière, basée sur l’exploitation, le contrôle, la discrimination. Cette situation grotesque n’est pas un « bug » du système judiciaire. Les salles d’audiences du tribunal sont pleines de laissés pour comptes, de pauvres, d’immigrés, chair à justice de la machine à ficher et à punir. On se fout pas mal de savoir si les victimes de cet État sont « coupables » ou non. Les crimes et délits sont taillés sur mesure par un système social, économique et politique qui nous broie tous au quotidien et dont la Justice n’est que l’un des rouages.

La chasse aux pauvres, le contrôle au faciès, le fichage généralisé, ça suffit ! Ne nous laissons plus faire. Ne restons pas seuls face à la machine judiciaire. Soyons solidaires.

RDV au tribunal de Nîmes le vendredi 16 mars à 9h
Spectacle assuré !

Support by Kalimero sous le soleil (Collectif contre la répression)

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