Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:43

…on pourrait aussi lire des livres pour écrire le monde…

Un jour, il y a quelques années, plusieurs personnes vivant ensemble dans un lieu collectif ont décidé de mettre en commun leurs bouquins, pour les partager et échanger leurs lectures entre eux et avec leurs amis. Avec le temps, les livres se multiplient. Des voisins passent voir et en refilent des tonnes.

Parfois, on trouve une valise abandonnée au milieu d’un trottoir, et elle n’est pas remplie de dynamite, mais de bouquins (encore mieux!) que quelqu’un avait bien rangé là-dedans avant de saluer ce monde. Parfois les bibliothèques officielles jettent leurs livres moins lus, et on les sauve du pilon.

C’est comme ça que peut naître une bibliothèque de quartier. Et c’est un peu comme ça que la bibliothèque du Malandrin a commencé à exister. On peut y avoir accès sans présenter des papiers d’identité, ou sans avoir besoin d’une carte d’abonnement… Pour y découvrir des récits fantastiques, des critiques du rapport marchand capitaliste, des aventures formidables, des mémoires oubliées, des idées dangereuses !

La bibliothèque sort dans la rue tous les samedis après-midi pour tisser des liens et pour partager des expériences dans le quartier. Soit les gens vont à la bibliothèque soit c’est la bibliothèque qui va à leur rencontre. Quand les livres se promènent, ils peuvent en rencontrer de nouveaux, changer de compagnie et trouver d’autres gens qui les écoutent.

Désacraliser l’idée de bibliothèque officielle et fermée nous permet de ne pas les voir comme un triste objet de consommation, mais comme un moyen pour socialiser, partager des réflexions, penser et agir ensemble.

Pour qu’on ne soit pas perdus face à des rayons anonymes, mais qu’on puisse se retrouver pour discuter (quelles que soient nos connaissances) avec d’autres personnes qui ont lu, qui auraient envie de lire ou d’apprendre à (re)lire le monde qui nous entoure.

La bibliothèque du Malandrin est ouverte à toutes et à tous.Chacun-e peut prendre part à cette expérience. On peut y emprunter des livres et en ramener, on peut y chercher des idées et en apporter.

Les samedis à partir de 16h, bibliothèque de rue devant le 194 rue des Pyrénées. Permanences tous les samedis de 15h à 19h au 14 rue Émile Landrin.

contact

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:35

Tatsuo-Ski.jpg

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:28

Dernière sommation

Voilà bien longtemps que nous avons cessé de croire et d’espèrer avec le Parti Socialiste et plus généralement en la « Gôche ». Elle n’aura été sur le marché des élections qu’une possibilité à peine plus « soft » de gestion des populations et rien d’autre. À vrai dire, elle a même permis et légitimer les pires avancées répressives tout en promouvant le cynisme et le fatalisme comme valeur en soi.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329238640.jpg

Marisol Touraine, en expulsant le « Canal 68 » avec le refus de tout dialogue, dans le déni total de la situation, propre à tous les sociopathes attachés au pouvoir, révèle encore une fois la vrai nature du P.S. : une marchandise électorale de plus.

Nous n’avons donc pas besoin des services de M.S.T. Qui s’est permise d’expulser ce squat juste avant Noël : la cohésion par l’habituelle répression !

De gauche ou de droite, ce sont bien les mêmes patrouilles de police qui traquent et chassent les immigré-es, expulsent les squatteur-es, répriment les manifestant-es. Notre cohésion, c’est dans la lutte contre toutes les oppressions et dans le refus de toute médiation que nous l’avons trouvé.

La gauche n’est pas simplement complice des forces de domination qui ravagent méthodiquement ce monde, mais leur caution, leur bonne conscience, l’expression d’une opposition conciliable faite pour nous désarmer… Bref, la deuxième face d’une même pièce et d’un dispositif global de neutralisation et de gestion des antagonismes sociaux au sein des « démocraties libérales ».

Ce qui se révèle aujourd’hui, de la même façon qu’en 1981, c’est que l’alternance droite-gauche est une fausse alternative : la véritable se situe dans la rue, par l’appropriation de l’espace urbain, rural, par l’occupation des terres, des logements, par la réquisition des moyens de subsister, d’exister et de vivre sans avoir à le payer comptant.

C’est donc dans la perspective d’une autonomie collective face à l’État, au capitalisme, et à tous ses gestionnaires-experts que luttons dorénavant.

Avec ou sans papiers, solidarité !
Feu aux camp de rétention !
Que brûle l’État et les patrons !

Communiqué – 14 février 2012.


Des parpaings et un tag chez Marisol Touraine

Hier matin, l’entourage de Marisol Touraine a découvert qu’un acte de vandalisme avait été commis à la permanence de Montbazon.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329223776.jpg

La permanence de la présidente du conseil général à Montbazon a été la cible d’une opération qui n’a pas été revendiquée pour l’instant.

Le message est mystérieux, le mur en parpaings manifestement monté à la hâte… C’est une opération mystérieuse qui a été menée, au cours du week-end, à la permanence de la députée et conseillère générale, Marisol Touraine, à Montbazon. Hier soir, cet acte de vandalisme n’avait pas été revendiqué et la gendarmerie avait ouvert une enquête.

En fait, c’est dans la matinée que l’entourage de la présidente du conseil général a découvert le pot-aux-roses. La porte du local a été barrée d’un mur de parpaings. Sur la façade, un message énigmatique est apposé : « Mur pour mur », peut-on y lire au-dessus d’un rond barré d’une flèche.

Immédiatement, les regards se sont tournés vers les parents d’élèves en colère dans le dossier des collèges. Mais une telle opération ne paraît pas de nature à s’inscrire dans les actions menées ces dernières semaines. « Nous avons écrit à Marisol Touraine, explique Nathalie Duplais, du collectif des parents d’élèves d’Azay-sur-Cher. Nous attendons des réponses. Mais nous n’avons jamais envisagé ce type d’actions… » Alors, cette opération est-elle l’œuvre d’un groupe précis ou d’un individu isolé ? La gendarmerie de Montbazon, la brigade de recherches de Tours et les techniciens en investigations criminelles de la gendarmerie ont débuté leurs recherches tous azimuts.

Marisol Touraine, elle, a donné son sentiment sur cet acte de vandalisme : « Je regrette que des gens préfèrent s’exprimer par des actes agressifs plutôt que par le dialogue. Il semble que certains propos aient été tenus récemment qui laissent entendre qu’on ne me lâchera pas sur certains dossiers. En tout cas, ce n’est pas très courageux mais je suis sereine. Cela fait partie de la vie politique. »

C’est la première fois que Marisol Touraine est visée par ce type d’opération. Pour l’instant, le message reste mystérieux.

Leur presse (Caroline Devos, NR, 14 février 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:25

Les anars français formés à la violence en Grèce : histoire d’une intox

La police française est formelle : les plus radicaux des activistes français iraient se former à la violence de rue dans une Grèce en crise… Démontage d’une intox.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329303723.jpg

Un réseau “préterroriste” et “international” menace l’Europe. C’est ce que décrit un rapport classé confidentiel défense, rédigé par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en juin 2008. D’après ce document, titré “Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne”, des gauchistes et des anarchistes français, nés à la politique avec les manifestations anti-CPE de 2006, se seraient depuis convertis à l’action violente en fréquentant les réunions et les manifs de Barcelone, de Milan ou d’Athènes. Surtout d’Athènes où, depuis qu’un policier a abattu le jeune Alexis Grigoropoulos (15 ans) le 6 décembre 2008, le puissant mais dispersé mouvement anarchiste affronte régulièrement la police à coups de pierres et de cocktails Molotov.

http://www.ina.fr/video/3787732001002/emeutes-en-grece.fr.html

C’est au cours des émeutes qui suivent la mort de l’adolescent qu’un incident particulier alerte les policiers de la DCRI. Le 19 décembre 2008, un groupe de vingt cagoulés force l’entrée de l’Institut français d’Athènes, casse des vitres et lance un cocktail Molotov qui explose dans le hall. Avant de repartir, ils taguent sur la façade des slogans qui s’adressent à la France : “Étincelle à Athènes, incendie à Paris, c’est l’insurrection” (en français). “Liberté pour les combattants emprisonnés par l’État français” (en grec). Il est question des neuf Français de Tarnac, arrêtés un mois plus tôt lors d’une procédure antiterroriste à grand spectacle, accusés de sabotage sur une voie SNCF.

L’ultragauche, une menace terroriste pour la France ?

Ce n’est pas le premier geste de solidarité des anarchistes grecs avec les mis en examen français. Le 3 décembre, avant le début des émeutes grecques, un engin incendiaire artisanal abîmait la façade de l’Agence France Presse à Athènes. Un groupe considéré comme terroriste en Grèce, la Conspiration des cellules de feu, revendiquait l’attentat au nom de “la solidarité avec les camarades français”. Depuis, en juillet 2011, sept membres de cette Conspiration ont été condamnés à des peines allant jusqu’à trente-sept ans de prison. Ils n’ont tué personne mais ont revendiqué plusieurs actions violentes, commel’envoi en novembre 2010 de colis piégés à Angela Merkel, Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy et des ambassades européennes.

Cependant, depuis les attentats des Cellules de feu en Grèce, aucune bombe n’a explosé en France. Mais le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, laisse entendre que c’est seulement une question de temps. En juillet 2010, dans Le Figaro, il affirme que les “mouvements contestataires” français “vivaces et se regroup(a)nt au gré des circonstances (…) ont suivi de très près les émeutes en Grèce, accompagnées d’assassinats politiques”. Cela signifie-t-il que des Français ont pris part aux émeutes grecques ? Qu’ils ont contribué aux assassinats politiques ? Squarcini ne le précise pas. Mais des ultragauchistes français anonymes lui répondent dans une lettre ouverte ironiquement signée du “comité central de l’ultragauche ultra-organisée”.

“En Grèce, écrivent-ils, ce ne sont pas des anarchistes qui ont tenté de prendre d’assaut le Parlement mais des grévistes conséquents.”

Dans le journal alternatif Article 11, on lit ceci : “Sur l’affirmation que lesdits mouvements ‘ont suivi de très près les émeutes en Grèce, accompagnées d’assassinats politiques’ – si toi aussi tu t’intéresses à la révolte grecque, envoie-moi un mail à cette adresse : j’aitrouvéunP38parterre.qu’spazialtri@autoproduzioni.net

Quatre mois après l’avertissement de Squarcini, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux à l’époque, fait monter l’ultragauche sur le podium des trois menaces terroristes qui pèseraient sur la France. Sur France 2, il déclare : “Il y a tout d’abord l’ETA”, l’organisation séparatiste basque, puis ensuite “ceux qui viennent de l’ultragauche”, en précisant : “Regardez ce qui s’est passé à Athènes avec le colis (piégé) destiné au président de la République français”. Puis il conclut en citant “l’islamisme radical”, “une menace forte”.

Le gouvernement s’en est persuadé : la Grèce agit comme foyer de contagion. Comme l’Algérie des années 1990, comme l’Irak ou l’Afghanistan des années 2000, elle mijoterait un chaudron d’activistes violents et prêts au combat au-delà de leurs frontières. Il est vrai qu’en Grèce, même si elle est loin de se généraliser, la lutte armée n’est plus un tabou. En 2010, elle fait six morts, dont deux assassinats délibérés : le chef de la sécurité du ministère de l’Intérieur tué en ouvrant un colis piégé ; un journaliste abattu par balles. Les quatre autres décès sont accidentels : trois employés de banque dans un incendie provoqué par des cocktails Molotov et un adolescent de 15 ans qui a trouvé dans une poubelle un sac contenant une bombe. Cette violence révolutionnaire grecque pourrait-elle s’exporter en France ? Aujourd’hui, comme Squarcini et Hortefeux, les polices européennes s’en inquiètent.

Chaque année, l’Office européen de police, Europol, rend un rapport sur l’état de la menace terroriste. En 2011, sans surprise, il désigne la Grèce. Derrière la vague de colis piégés attribués à la Conspiration des cellules de feu, Europol observe une “coordination internationale accrue” et prédit une extension de la violence grecque à toute l’Europe : “L’augmentation des arrestations en Grèce va déboucher sur des procès importants qui pourraient déclencher des attaques de soutien à travers l’Europe. C’est pourquoi l’on peut s’attendre à ce que la violence anarchiste continue à se développer en Europe.”

Selon son rapport de 2009, un réseau transeuropéen s’est déjà organisé pour étendre l’anarchie.

“Des liens établis existent entre anarchistes français, grecs et italiens, comme le démontre une affaire dans laquelle un citoyen grec, conduisant une voiture immatriculée en France, avec des personnes de nationalités belge, grecque et italienne à bord, a été arrêté alors qu’il taggait les murs du palais de Justice de Bruxelles.”

Certes, rien à voir avec la Conspiration des cellules de feu. Mais une conspiration des cellules du tag fait déjà fantasmer. En avril 2010, France Info diffuse un reportage intitulé “L’ultragauche à l’école grecque”. Le reporter revient d’Athènes où les manifestants accueillent de jeunes Français qui les soutiennent. L’animateur le lance ainsi : “Vous rentrez d’Athènes où des militants de la mouvance anarchiste proposent de former leurs homologues français aux méthodes, aux techniques de la guérilla urbaine.”

Dans le sujet, le reporter ne fait parler aucun “élève” ni aucun “formateur” mais introduit les notions de “filières grecques” et de “camps d’entraînement” qui rappellent l’univers djihadiste. Il termine en nous interpellant : “Vous vous souvenez, au moment de l’affaire de Tarnac, on se demandait ce que pouvait bien faire Julien Coupat à Thessalonique. Eh bien, on se pose moins la question aujourd’hui.”

Reposons-nous la question quand même. Les anarchistes français vont-ils vraiment se former à la guérilla en Grèce ? Fin novembre, nous débarquons à Athènes dans le quartier mi-popu mi-bobo d’Exarchia aux murs couverts d’affiches politiques. C’est le fief historique du mouvement anarchiste. Dans un lieu occupé, dans un café ou dans un potager urbain autogéré, des adeptes de la bataille de rue discutent sans fin avec des universitaires postsituationnistes. A Exarchia, les insurgés européens viennent parler, organiser des manifs, imprimer des journaux, préparer des banderoles, parfois des cocktails Molotov. Sur la place, des jeunes habillés en noir, leur couleur politique, vont et viennent, boivent des bières et discutent. Ce soir, cinquante personnes écoutent un concert de solidarité avec les “prisonniers politiques”. Du gros son avec Assassin de la police, reprise de NTM par un groupe grec.

Ici pas de police

Sur un scooter à l’arrêt, Jeanne (1), une Franco-Grecque anarchiste de 35 ans, les cheveux noirs et un piercing à la lèvre. Elle aime se définir comme un “pilier de la place” et nous explique le métabolisme d’Exarchia. La place représente un village fortifié, un refuge politique où l’anarchiste boit sa bière en paix. Ici, pas de distributeur de billets, pas d’agences immobilières et, surtout, pas de police.

“La police reste à l’extérieur. S’ils passent par la place et s’arrêtent un peu trop longtemps au feu rouge, ils peuvent vite recevoir des pierres.”

Comment faut-il s’y prendre pour rejoindre un camp d’entraînement ? Jeanne fait un geste de la main comme si elle éloignait une mouche : “Ici on apprend à faire des cocktails Molotov à 12 ou 13 ans mais on n’est pas organisés. Il n’existe pas de formations. C’est un fantasme des flics : ils ont tenu les mêmes propos sur les Italiens qui venaient ici que sur les Français : comme si on avait quelque chose à leur apprendre.”

Deux jours plus tard, au même endroit, une autre militante nous a fixé un rendez-vous. Réfléchie, posée, sans signe vestimentaire marqué, cette étudiante grecque passe inaperçue au milieu des groupes de jeunes en noir et de punks à chiens. Elle participe à des revues, des groupes de réflexion et des manifs. Elle s’étonne de l’importance que les juges étrangers accordent au “voyage en Grèce”. “Pendant une manif, un Italien a été blessé. Il ne voulait surtout pas que cela se sache : il craignait que les services de renseignement italiens apprennent sa présence à Athènes.”

En Italie, mais aussi en France, les services secrets accordent une attention particulière aux jeunes anars passés par la Grèce ou en lien avec des activistes grecs. Devant les tribunaux, ces liens sont présentés comme des éléments à charge. A Paris, Jérôme (1), militant anticapitaliste de 30 ans interrogé par la police dans une affaire de dégradation, s’étonne lui aussi de cette chasse aux amis des Grecs. Derrière l’épouvantail des filières grecques et des camps d’entraînement à la guérilla urbaine, il diagnostique surtout “la construction policière d’un ennemi intérieur”. “Ces dernières années, je suis allé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, dans plein de pays. Mais dès qu’on met le pied en Grèce, la police isole ce voyage des autres pour le considérer comme une particularité dangereuse. La Grèce n’est pourtant pas le seul pays qui connaisse des émeutes et des bombes… En Corse, au Pays basque, il y a aussi des actions violentes et des assassinats.”

A Paris, Léo (1), un autonome de 26 ans, raconte ses trois voyages en Grèce. Ce jeune homme calme à l’allure ordinaire, jean, pull-over, milite dans l’aide aux migrants. Depuis 2009, il est parti trois fois en Grèce en “vacances militantes” pour rencontrer d’autres autonomes en lutte contre les centres de rétention pour étrangers. Mais dans les squats d’Athènes, on ne l’a pas accueilli à bras ouverts.

“Ils avaient l’habitude de voir des Français et estimaient que certains venaient un peu en touristes : ils faisaient la teuf sans respecter ceux qui dormaient, ne lavaient pas leur vaisselle. Comme j’étais tout seul, ils ont quand même accepté de m’héberger mais ils étaient assez froids.”

Léo participe à des amphis anarchistes où 300 à 400 personnes débattent de solidarité avec les prisonniers politiques. Il assiste aussi à des manifestations au cours desquelles les militants démolissent “le mobilier urbain qui organise le contrôle de la ville, les banques, les agences immobilières”, explique le jeune homme. Ces comportements d’émeutier, il n’a guère eu besoin de se rendre en Grèce pour les apprendre et les pratiquer. “Ce serait naïf de considérer qu’on va sur les bancs de l’école grecque parce qu’en France on ne sait pas jeter une pierre, se défendre face à des flics ou casser une banque avec un piolet, qu’il nous faudrait donc des cours avec un peuple élu, les Grecs, des professionnels de la lutte et des formateurs… Je n’ai rien vu de tel.”

Que pense-t-il des affirmations de la DCRI sur une filière grecque “préterroriste” ? “D’après Squarcini, les anarchistes français, méchants et violents par essence, ont envie de buter des gens et vont en Grèce pour apprendre à le faire. Tu ne vas pas me dire qu’il est assez stupide pour croire à ces balivernes. Le mythe de l’anar terroriste sert à nous discréditer pour mieux nous détruire.”

« Ce qui se passe en Grèce est spectaculaire »

Mathilde (1), jeune anarchiste française de 25 ans, fait partie de ces jeunes que France Info soupçonnait de venir apprendre en Grèce la guérilla urbaine. Depuis 2007, elle passe plusieurs semaines par an dans le pays, attirée par l’ambiance politique qui y règne. Elle participe à des manifs quand il y en a, s’insère dans des groupes, traîne dans les bars, lit des livres et vit ainsi en Grèce une partie de l’année. Au départ de Paris, elle multiplie les précautions pour ne pas attirer l’attention de la police : elle paie en liquide ses billets d’avion et décolle si elle peut d’un pays voisin. Dans un café d’Exarchia, elle nous présente ses amis révolutionnaires grecs.

“Les policiers jouent sur le passé des gens ou leur avenir supposé parce qu’ils n’ont rien sur le présent. Ce qui se passe en Grèce est spectaculaire, ils l’agitent donc comme une menace. Alors que la révolte ici est tout à fait populaire et le rapport à la violence politique différent de celui que nous connaissons en France.”

Mathilde assume sa participation à des manifestations considérées comme violentes. Elle y oppose “la violence de l’Etat”, bien supérieure selon elle et contraire à la volonté du peuple grec. Les formations à la guérilla urbaine ? Les camps d’entraînement ? Mathilde et ses amis grecs, lanceurs occasionnels de cocktails Molotov, en rigolent. “Pour savoir s’il faut bloquer la rue en renversant une poubelle au milieu ou ériger une barricade, il suffit de parler entre nous.”

Selon Jérôme, le jeune anar français, les policiers fantasment les anarchistes sur un mode parano pervers : “On peut mettre au défi n’importe quel agent de la DCRI : qu’ils nous montrent ces camps d’entraînement, ces sessions de formation. Evidemment qu’ils en seraient absolument incapables. Mais les flics ne peuvent envisager les rapports humains autrement que sous l’angle du réseau, de la filière, de la conspiration. Ils sont incapables d’y penser en termes d’amitié, de sympathie. Ils n’ont d’ailleurs aucun intérêt à le faire, sinon ils ne pourraient pas justifier d’être payés à faire des rapports.”

Nous contactons la police grecque pour savoir si elle partageait les inquiétudes des services français. Apparemment non. Athanassios Kokallakis, son porte-parole, répond de manière laconique : “La police grecque n’a aucune information sur l’arrivée d’anarchistes français en Grèce pour la ‘formation’ à des actes terroristes.” Plus largement, le porte-parole ne dispose “d’aucun élément relatif à la façon dont les anarchistes européens cherchent à se structurer au niveau international”.

Banlieue d’Athènes, dans le petit bâtiment de sept étages de l’université du Pirée. La chercheuse grecque Mary Bossis donne des cours sur la sécurité internationale. Elle est affirmative : malgré “deux ou trois explosions par jour dans le pays”, la police n’a jamais arrêté un anarchiste étranger dans une affaire grecque. “Les anarchistes grecs, poursuit-elle, n’entraînent personne, pour la simple et bonne raison qu’ils ne s’entraînent pas eux-mêmes.” La chercheuse a bien constaté “des voyages à travers l’Europe”, la “participation d’étrangers à des manifestations”, des “signes de solidarité” au-delà des frontières, mais aucune trace d’entraînement méthodique à la guérilla urbaine. “Sans doute des étrangers ont jeté ici des cocktails Molotov, mais ce n’est pas du terrorisme.”

La seule “piste sérieuse de conspiration terroriste”, selon Mary Bossis, pourrait se trouver plutôt du côté de l’Italie, où depuis déjà dix ans les Italiens de la Fédération anarchiste informelle envoient par la poste des lettres piégées à des banques, des ambassades et des chefs d’Etat. Dans leurs courriers de revendication, ces terroristes italiens et la Conspiration de cellules de feu affichent un soutien mutuel.

“Il est possible qu’ils aient appris ensemble à fabriquer ces lettres piégées, explique Mary Bossis. C’est le seul exemple qu’on ait d’un possible réseau anarchiste organisé pour des actions terroristes.”

Nous demandons à la DCRI de nous expliquer ce décalage entre les alertes policières sur un “réseau préterroriste international” et ce que nous observons sur place. Le service français refuse de nous répondre : il ne “communique pas sur le sujet”. Mais, à Paris, un policier retraité du renseignement français accepte de nous parler anonymement. On le comprend : depuis la création de la DCRI en 2008, fusion des Renseignements généraux (RG) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST), toutes les activités du renseignement sont classées secret défense et les fonctionnaires encourent de lourdes sanctions disciplinaires et pénales s’ils parlent à des journalistes.

Les « fiches S »

Dans son travail d’officier de renseignement, il a toujours vu passer cette idée de filière grecque. “On appelait ça ‘l’arc anarchiste méditerranéen’ : Espagne, Italie et Grèce.” Il nous explique qu’avant 2008 la seule manière de repérer des Français partis dans ces pays, c’était les “fiches S” établies par les RG. La lettre S signifie “individu susceptible de porter atteinte à la sûreté de l’Etat”. Si les RG repèrent un militant “anarcho-autonome” qu’ils jugent dangereux, ils demandent son inscription au fichier des personnes recherchées(FPR).

Difficile de savoir combien il existe de fiches S concernant des anarchistes en France, mais le chiffre est vraisemblablement proche de 500. Dans tout l’espace Schengen, si un policier contrôle un Français titulaire d’une telle fiche, il a pour instruction de ne pas attirer son attention, de lui demander discrètement d’où il vient et où il va, de relever l’identité de ceux qui l’accompagnent. “On savait qu’un Français se trouvait en Grèce seulement grâce aux contrôles de routine de la police locale, ou bien si des individus sur écoute avaient évoqué ce voyage dans une conversation, explique l’ancien policier. Ça représentait en tout cinq ou six personnes par an.”

Jamais des policiers français ne suivaient les anars voyageurs jusqu’en Grèce. Ignorant tout de leurs activités sur place et de leurs éventuelles “formations”, ils ne pouvaient que les supposer. Le policier antiterroriste n’a “aucun souvenir de Français contrôlés en Grèce parce qu’ils venaient de participer à une action violente ou à toute autre activité politique”. Il se souvient qu’avant la création de la DCRI, les officiers du renseignement prêtaient attention à ces voyages mais n’en faisaient pas toute une histoire.

“L’anar français va peut-être voir deux ou trois potes, termine l’ancien agent, il va solidifier des liens, discuter, éventuellement participer à des actions avec les autres. Pas se former. Ça ne présentait pas un danger. La DCRI d’aujourd’hui a complètement dérapé. Ils voient des terroristes partout. Pour eux, si le mec part en Grèce, il va dans un camp d’entraînement, comme les djihadistes au Pakistan.”

D’où vient cette angoisse policière ? Cette théorie qui suppose qu’un lanceur de pavés français peut revenir de Grèce conditionné pour tuer ? “La DCRI craint qu’au contact d’étrangers plus extrêmes, nos Français se radicalisent, explique-t-il. Cette hantise vient d’une théorie : celle de la détection précoce.”

C’est Alain Bauer, expert en sécurité et proche conseiller du président de la République, qui en a développé le concept. Le policier doit identifier à l’avance tout ce qui pourrait faire basculer un individu dans le terrorisme et du coup intervenir préventivement. Problème : avant l’action, s’il y en a une, on ne trouve souvent que des amitiés, des rencontres en manifs, des dialogues en amphi. Cela peut noircir beaucoup de pages dans un dossier de renseignement. Mais, comme le signale notre policier, “ce n’est pas ça qui permet aux juges de monter un bon dossier judiciaire”.

1. les prénoms ont été changés

Leur presse (Camille Polloni, lesinrocks.com, 7 février 2012)


[Pour mémoire] Sur la rédactrice qui présente dans son article Alain Bauer comme un « expert en sécurité » (sic), on pourra relire : « Lettre ouverte à la camarade Polloni »

Il y a un an, cette journaliste avait aussi déjà repris quelques tuyaux des flics en balançant dans la dite « affaire de la dépanneuse » les vrais prénoms de personnes souhaitant gardant l’anonymat : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/57636/date/2011-01-19/article/lultragauche-nouvelle-menace-pour-la-police-antiterroriste

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 7 février 2012.


La Grèce en crise, terrain de jeu solidaire pour anarcho-touristes

(D’Athènes) Depuis dix-huit mois, la colère des Grecs contre des mesures gouvernementales qui ne font qu’empirer une situation déjà catastrophique attire un nouveau genre de visiteurs : l’anarcho-tourisme. Rencontres.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329315023.jpg

Un manifestant tente de frapper deux policiers grecs, le 10 février 2012 à Athènes, Grèce

« On n’est pas des branleurs pseudo-anarchistes qui se permettent de rejeter le système capitaliste grâce à l’argent de papa. »

L’espagnol Morja, l’Allemande Chris et les Américains Ximo et Gil se sont rencontrés en arrivant à Athènes, il y a quelques semaines. Ils font partie de ces militants trentenaires et quarantenaires qui se déplacent au gré des crises dans le monde.

Certains sont allés en Egypte et en Tunisie au printemps ; d’autres ont suivi les « Indignés », des Etats-Unis à l’Espagne en passant par le Brésil.

Anarchistes revendiqués, ils ne sont pas encartés. A part Morja, ils ont tous un passé de militants au sein d’une extrême gauche « trop molle », selon Gil. Ils rêvent d’un anarcho-syndicalisme solidaire et mondial, pour une « Action directe pacifique et désarmée ».

Des pros du système D

Chez eux, ils vivent dans des squats, des fermes ou « un peu partout ». Ils travaillent au lance-pierre pour payer les billets d’avions : manutention, restauration, chantiers ou « petits trafics ».

Ils activent leurs réseaux pour se loger sur place. En Grèce, la propriété foncière n’est pas réservée aux classes aisées : il n’est pas rare que des familles même pauvres possèdent un appartement en ville.

L’hiver particulièrement froid, le prix de l’électricité largement gonflé… beaucoup de gens n’ont plus les moyens de se chauffer et vont habiter chez un parent. L’appartement où nos anarchistes sans frontières logent, en plein centre avec vue sur l’Acropole, est l’une de ces habitations désertées appartenant à « la cousine d’un ami à Berlin », précise Chris.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329315181.jpg

La rue d'Athènes où vivent les anarchistes rencontrés

Combien de temps resteront-ils ? « Pas de plan », sourit Chris, dont le budget permet de tenir jusqu’à la mi-mars. Les garçons sont journaliers sur un chantier.

« Mes convictions m’obligent à venir ici »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329315261.jpg

Un homme avec une pancarte « j'ai faim », rue Panepistimiou à Athènes en Grèce

« Professionnels des émeutes » auto-proclamés, ils viennent « par solidarité et pour partager un savoir-faire », explique Ximo.

Dimanche soir, Gil et Ximo appelaient au calme les manifestants paniqués par la police échaudée, Morja distribuait des bouteilles d’eau et Chris de la pommade contre les gaz lacrymogènes.

Est-ce qu’ils se sentent légitimes à militer dans un contexte qu’ils possèdent mal, et se fixent-ils des limites ? Ximo : « Ce n’est ni une crise grecque, ni une crise européenne : ce qui se déroule actuellement ici est la résultante d’un système mondial qui dégénère. Mes convictions m’obligent à venir ici. »

Chris ajoute : « La limite concerne l’après-crise. Que rêver pour la Grèce ? Ça appartient aux Grecs. J’aide au combat, maintenant. »

Un voyage très préparé

Activistes confirmés, ils préviennent les moins expérimentés contre le romantisme de l’action protestataire.

Morja évoque deux Espagnols qui se sont fait piéger « en débutants » : après des provocations, les policiers ont glissé des explosifs dans leurs sacs pour pouvoir les inculper. Ils passent bientôt devant le tribunal.

« Les révolutions, les protestations de grande ampleur incitent parfois des anarchistes fougueux à venir “pour en être”. Or ça ne s’organise pas au hasard. »

Eux préparent leurs voyages des semaines à l’avance, en discutant avec des Grecs de l’étranger qui les mettent en contact avec des militants locaux.

De la chair à saucisse pour la police

Le mépris du gouvernement pour une population à terre écœure Yorgos, 56 ans, un ancien du groupe anarchiste Lutte révolutionnaire. Il ne voit pas d’un bon œil cet « anarco-tourisme » : « L’effet de mode “nous sommes tous Grecs” – bien sur que non – amène des arrivages de chair à saucisse aux forces de l’ordre et aux voyous. La Grèce est corrompue, il y a des règles implicites, surtout en situation de crise. »

Oreste, manifestant grec de 36 ans, apprécie la distribution d’eau et de pommade mais doute de la transmission de savoir-faire, évoquée par Ximo : « Les scènes de guérillas urbaines comme dimanche sont impressionnantes pour ces étrangers, mais régulières à Athènes depuis un an. On sait les gérer. »

Il reconnaît cependant que le fait qu’ils soient étrangers autorise plus d’activisme : « Pour les Grecs qui ont encore un emploi, faire grève est difficile, bien que ce soit autorisé par la loi : dans le privé, on te vire le lendemain, et le dégraissage dans le public n’encourage pas à faire valoir tes droits. Là, ces militants étrangers qui viennent gonfler nos rangs au piquet sont utiles. »

Leur presse (Léa Lescure, rue89.com, 14 février 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:24

Vendredi 17 février à 19h30 au café des Lauriers, 98 rue des Couronnes, 75020 Paris, m° Couronnes

Discussion sur la campagne actuelle de chasse aux « fraudeurs » et sur les possibilités de réponses collectives face à ces attaques.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329318411.jpg

Texte d’appel à la soirée :

RSAstes socle ou chapeau, chômeurs de fraîche ou longue date, salariés en pause ou en arrêt maladie, intermittents, intérimaires, mères ou pères isolées, précaires, étudiant avec ou sans allocation logement, employé au quart de smic, avec ou sans papier… Nous sommes des centaines de milliers rien qu’à Paris à avoir à faire aux institutions sociales. Et partout, que ce soit à la CAF, à Pôle emploi, à la sécu ou ailleurs nous sommes tous présumés coupables de fraude. Tout allocataire est pour l’institution sociale un fraudeur en puissance et contraint à se soumettre à toutes formes de contrôle s’il veut continuer à toucher ses maigres allocations de survie. Des panneaux d’affichage dans chaque antenne CAF intimident les nouveaux arrivants avec la description des amendes et peines de prison qu’ils pourraient encourir en cas de fraude.

La chasse aux fraudeurs fait évidemment partie des discours de campagne présidentielle : «  Frauder c’est voler » annoncent les spots publicitaires ministériels. Le gouvernement  publicise les chiffres de LA fraude et organise la confusion : la fraude patronale et la fraude aux allocations sont mises dans le même panier. On se félicité de la mise en place d’un arsenal de lutte contre la fraude et on enjoint tout le monde, toutes classes sociales confondues, à participer à cette guerre pour défendre l’intérêt commun, pour perpétuer l’ordre social. Ainsi celui qui « triche » aux allocations triche au détriment de la société-même. Les patrons et leurs salariés, Bettencourt et son facteur ou sa femme de ménage auraient le même intérêt. Il s’agit bien là de nier toute nécessité d’organisation d’ « en bas », de faire croire à la fin de la lutte des classes.

Cette campagne de chasse aux fraudeurs permet aussi aux gouvernants de montrer que des actions concrètes sont menées contre la « crise », de rassurer les classes moyennes angoissées par la dégradation de leurs conditions de vie : on construit ainsi le modèle d’un mauvais pauvre qui serait individuellement responsable de la misère organisée de cette société. On pourra bien parler de moraliser les banques et la finance mais la domination capitaliste reste une évidence intouchable elle.

La chasse aux fraudeurs est un appel à la délation, un appel à la démarcation : Montre-moi que tu es un bon pauvre, fais-toi contrôler, fais du zèle, montre ta bonne foi au prix de ta liberté et de ta dignité, cours, cours plus vite que ton collègue de taf, démarque-toi des chômeurs fainéants et l’institution tamponnera ta bonne foi, la disponibilité à accepter tout et n’importe quoi mérite une marque de reconnaissance tout de même !

La chasse aux fraudeurs est également un instrument de peur. Ça marche tellement bien que beaucoup de potentiels allocataires ne demandent même  pas ce à quoi ils ont droit. Ça marche tellement bien que nous sommes trop  nombreux à nous soumettre à des contrôles, à des humiliations, à des refus, sans se battre. À la CAF comme dans l’emploi, la culpabilisation, la peur de se faire radier ou virer –jusqu’à se faire criminaliser– neutralise toute forme de protestation, voire de révolte.

Ces modalités de stigmatisation et de division font évidemment fond sur la défense de la valeur travail. C’est en ce nom, « le travail, c’est la liberté », que le gouvernement prétend redonner leur dignité aux RSAstes en annonçant, en novembre dernier, le lancement dans plusieurs départements d’une expérimentation de travail obligatoire de 7 heures par semaine en échange du maintien de l’allocation. Et c’est encore au nom de la valeur travail que le candidat de la majorité a proposait il y a quelques jours la formation obligatoire et le travail obligatoire pour les chômeurs. Évidemment en cette période de campagne, toute la gauche s’est offusquée de cette proposition mais n’oublions pas qu’en 1998 en plein mouvement des chômeurs, le socialiste Lionel Jospin alors premier ministre de la cohabitation déclarait qu’il voulait « une société de travail pas d’assistance ». Alors chers assistés, il va bien falloir nous organiser contre ces attaques actuelles et à venir.
Défendons-nous.

À tous ceux qui ont déjà fait des faux dossiers pour accéder à un logement, ceux qui auto réduisent leurs horaires de travail en prenant des arrêts maladie, celles qui tout en ayant un compagnon se déclarent  « mère isolée » pour garder leur indépendance et leurs revenus, ceux qui ne déclarent pas quelques heures de travail au black pour garder leur RSA en totalité etc., etc.,
Pas de honte qui tienne.
Je me débrouille, tu te débrouilles, embrouillons-les !

Des collectifs de chômeurs et précaires existent déjà de-ci de-là. Hier plusieurs Pôle emploi étaient occupés en France et des chômeurs se barricadaient dans une agence de Rennes tout en exigeant la fin des radiations. Mais pour ne pas nous laisser écraser définitivement il est temps que toutes ces questions sortent plus largement au grand jour, qu’elle ne restent pas de l’ordre du privé, il est temps que des collectifs fleurissent, partout.
Rencontrons-nous !

Contact

Un guide internet et papier des contrôles domiciliaires de la CAF est disponible ici.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:23

La ville appartient au peuple !
Nous ne partirons pas et nous continuerons à réquisitionner !

Ca y est, c’est parti. La préfecture vient d’engager une procédure pour faire expulser les 40 personnes qui habitent au Centre Social Autogéré du CREA, 70 allée des Demoiselles à Toulouse. Elle a donc décidé de nous remettre toutes et tous à la rue mais aussi d’écraser ce large mouvement d’entraide et de solidarité auquel vous avez peut-être pris part. Depuis bientôt un an, nous avons réquisitionné ce bâtiment laissé vide par l’Etat pour y accueillir des familles à la rue et des précaires ainsi que toutes sortes d’activités libres et gratuites, ouvertes à toutes et tous (alphabétisation, soutien scolaire, cinéma, concerts, boxe et autodéfense, ateliers d’arts plastiques, de musique, soutien juridique…). Des centaines de personnes ont utilisé ce lieu et continuent à le développer.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329298629.jpgDepuis septembre, la campagne de réquisition «  zéro enfants à la rue ! » initiée par le CREA est devenue un petit mouvement social, elle a permis de libérer 4 bâtiments et d’abriter une vingtaine de familles forcées de vivre à la rue par l’Etat et le capitalisme. Tout ça en refusant les subventions, sans coûter rien à personne et en nous organisant par nous-mêmes entre exploitéEs, aliénéEs, oppriméEs, indignéEs ou enragéEs de tous horizons.

Ce lieu nous protège, il nous donne de la force et de la joie, il nous permet de nous rencontrer, de nous entraider, de transformer collectivement les innombrables humiliations que nous inflige cette société en de multiples résistances. Il nous permet d’inventer ici et maintenant les bases d’une société basée sur l’égalité et la liberté, concrètes et réelles.

Les riches et les puissants détruisent la planète, ils pillent les ressources et mènent la guerre partout pour leurs intérêts, ils nous asservissent, ils nous trainent dans la misère et les prisons pour sauver leurs banques criminelles, ils organisent la précarité et le manque de logements pour spéculer, faire monter les loyers et baisser les salaires, ils nous insultent dans leurs télés et leurs journaux pendant qu’ils massacrent les peuples du monde qui ont commencé à se soulever.

Peuple de Toulouse, camarades d’ailleurs, l’heure est venue d’organiser la résistance ! Montrons aux riches et aux puissants qu’ils ne peuvent pas tout nous prendre et que nous sommes capables de défendre ce que nous aimons !

Le CREA et la campagne de réquisition continuent et continueront à libérer des bâtiments pour accueillir des personnes laissées à la rue et ouvrir des lieux de vie populaire. La répression ne nous paralysera pas. Continuez à nous rejoindre (réunion de la campagne de réquisition, un vendredi sur deux, au CREA).

A Toulouse et ailleurs, toutes vos initiatives pour bloquer la procédure et faire reculer la préfecture sont les bienvenues : écrivez votre refus de l’expulsion à la préfecture, apportez-nous des lettres de soutien. Créez des affiches ou récupérez les nôtres, diffusons des tracts et affichons incessamment dans toute la ville et ailleurs. Nous appelons dès à présent à lancer des occupations, réquisitions, manifestations, rassemblements, information, blocages et tout types d’actions directes qui vous sembleront pertinentes pour stopper l’oppresseur !

Rejoignez-nous, organisons-nous pour contre-attaquer.

Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple !

Des membres du CREA , de la campagne « zéro enfant à la rue » et leurs soutiens, 15 février 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:20

[Saint-Denis] Une SDF s’immole par le feu

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Une femme en demande de logement a tenté de s’immoler par le feu mercredi après-midi dans le hall de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Le pronostic vital de cette femme âgée d’une quarantaine d’années est réservé. Elle a été brûlée à 80% et transférée dans un centre pour grands brûlés à Lesquin (Nord).

Selon une source proche de l’enquête, elle s’est aspergée d’essence vers 15 heures puis a allumé un briquet. Le personnel d’accueil et de sécurité de la mairie ainsi qu’un habitant sont rapidement intervenus. « Cette dame avait des problèmes de logement, elle était hébergée par le 115 et avait demandé un logement stable », a indiqué la mairie en précisant qu’elle « s’était  adressée sur un ton violent aux agents d’accueil » avant de commettre cet acte.

Ce n’est pas la première que la mairie de Saint-Denis est le théâtre d’un tel drame. Déjà en mars 2011, un SDF de 45 ans s’était aspergé d’essence et avait mis le feu, à l’accueil de la mairie, également pour réclamer un logement. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 15 février 2012)


Pour rappel (liste non exhaustive) :

Une victime de l’arbitraire s’immole devant le Palais d’Injustice de Paris (février 2011)

Un esclave de France Telecom s’immole à Mérignac (avril 2011)

Une prof s’immole dans un lycée de Béziers (octobre 2011)

Une femme tente de s’immoler devant l’Elysée (octobre 2011)

Et :

Un SDF tente de s’immoler devant la mairie (Saint-Priest, 2 février 2012)

Un travailleur handicapé de Carrefour tente de s’immoler après une réunion du « Comité d’hygiène et sécurité » (Chambourcy, 10 février 2012)

Une mère tente de s’immoler parce que l’Etat lui vole ses enfants (Carcassonne, 10 février 2012)

[Et à Carcassonne] Une mère tente de s’immoler parce que l’Etat lui vole ses enfants

Immolation d’une Suissesse dans l’Aude : On en sait plus

Une mère de famille à qui on avait retiré la garde de sa fille a tenté de s’immoler par le feu, ce vendredi près de Carcassonne.

C’est un drame qui a eu lieu ce vendredi près de Carcassonne. « Cela s’est déroulé très vite. Franchement, je n’aurais jamais pensé qu’elle allait faire cela en public. Devant nous » raconte une femme présente au moment de la scène. « Elle », c’est une mère de famille de 47 ans qui était en cavale avec son mari. Elle a alors tenté de s’immoler en pleine rue. Pourquoi ? On leur avait retiré la garde de leur fillette. Elle ne l’a pas supporté. Elle s’est mis le feu après s’être apparemment aspergé le bas du corps avec de l’essence. Elle a été secourue et ses jours ne sont pas en danger, a indiqué à la presse le procureur de Carcassonne, Antoine Leroy.

La veille, sa fille de neuf ans et demi lui avait à nouveau été retirée et placée dans une famille d’accueil par les services du conseil général. La mère s’était enfuie de Suisse le 24 décembre avec sa fille. Elle avait profité d’une visite de son enfant pour Noël. La fillette, comme sa demi-sœur plus âgée, avait été retirée au couple en octobre 2011 parce que son père était soupçonné d’abus sexuels. Celui-ci a rejoint sa compagne et sa fille dans leur cavale. Après différentes étapes, ils ont fini par trouver refuge dans l’Aude, près de Carcassonne. La fillette y a même été scolarisée. Mais les parents, dont ni l’identité ni le milieu social n’ont été révélés, ont été repérés. Les autorités françaises avaient été contactées par leurs homologues suisses peu après la disparition du couple et de leur enfant, après qu’ils eurent été localisés au-delà de la frontière grâce à leur téléphone portable.

Un « geste dramatique, de détresse »

La mère a « compris que sa cavale prenait fin » et en se présentant vendredi devant les services sociaux où elle avait rendez-vous, elle a commis un « geste dramatique, de détresse » et tenté de s’immoler, non sans avoir auparavant prévenu par téléphone un journal régional et la police de ce qu’elle s’apprêtait à faire, a rapporté le procureur de Carcassonne. Le directeur du centre médico-social a pu éteindre le feu avec un extincteur et une couverture. Brûlée, la femme a été hospitalisée. Quant à l’enfant, elle a été placée dans une famille d’accueil et sera rapatriée « dans les jours qui viennent », a dit le procureur, comme le prévoit une convention entre la Suisse et la France. Le père, lui, n’a pas été interpellé, aucune poursuite pénale ne le visant ; c’est sa compagne qui est considérée comme l’instigatrice de l’enlèvement de l’enfant.

Leur presse (France Soir, 10 février 2012)

[Et à Saint-Priest] Un SDF tente de s’immoler devant la mairie

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Un SDF tente de s’immoler devant la mairie de Saint-Priest

L’homme avait demandé un logement à la mairie de Saint-Priest, dans le Rhône, fin décembre. Il a été secouru alors qu’il tentait d’allumer son briquet.

Un sans-abri a tenté de s’immoler par le feu sur le parvis de la mairie de sa commune, à Saint-Priest dans la banlieue lyonnaise, jeudi en fin d’après-midi, a-t-on appris vendredi auprès des pompiers.

L’homme, âgé de 33 ans, s’est aspergé de produit inflammable puis en a ingurgité, vers 18h30, sur la place située devant le bâtiment, a précisé cette source confirmant une information du Progrès.

Actuellement en instance de divorce, l’homme, qui vivait en France depuis deux ans, était marié à une femme de Saint-Priest. « Il avait formulé une demande de logement à la mairie le 22 décembre 2011 et était suivi par les services sociaux de la ville. Ces derniers jours, il refusait toute proposition de nuit en foyer ou à l’hôtel et dormait dans sa voiture », a précisé le service communication de la ville. (lexpress.fr)

Il est anormal de la part d’une mairie de faire autant attendre un demandeur de logement. Heureusement que l’immolation de cet homme a était stoppée, cependant cela arrangera-il son sort ?

Leur presse (Edito Web Magazine, 3 février 2012)

[Et ailleurs] Et la presse de faire diversion

Ces Mohamed Bouazizi que Alger ne veut pas voir

Depuis deux ans, on ne compte plus le nombre d’Algériens qui se transforment en torches humaines pour crier leur désarroi. Un phénomène passé sous silence par les autorités du pays.

(…)

Leur presse (Courrier International, 3 février 2012)


« L’immolation est, pour les Tibétains, le seul moyen de s’exprimer »

L’intégralité du débat avec Katia Buffetrille, ethnologue et tibétologue, coauteure de l’ouvrage « Le Tibet est-il Chinois ? »

(…)

Leur presse (LeMonde.fr, 9 février 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:15

Amnesty International a demandé, mercredi 15 février, des « restrictions plus rigoureuses » sur l’utilisation du Taser par la police aux Etats-Unis. L’organisation de défense des droits de l’homme a « appelé à nouveau à des restrictions plus rigoureuses sur l’utilisation de cette arme par la police », après la mort, lundi, en Alabama d’un homme qui a cessé de respirer peu après avoir été touché deux fois et a été déclaré mort deux heures plus tard.

L’homme, Johnnie Kamahi Warren, qui n’était pas armé et apparemment en état d’ébriété, a été touché deux fois par un Taser utilisé par un policier à Dothan.

Selon les chiffres collectés par Amnesty, au moins cinq cents personnes sont mortes aux Etats-Unis depuis 2001 après avoir été touchées par des Taser lors de leur arrestation ou leur incarcération, dont quatre-vint-douze en Californie. « Sur les centaines de décès qui ont suivi l’utilisation du Taser par la police aux Etats-Unis, des dizaines se sont révélés être liés à une utilisation sans nécessité du taser », a indiqué Susan Lee, directrice des Amériques d’Amnesty International. « C’est inacceptable, des directives plus strictes pour leur utilisation sont impératives », dit-elle.

Des directives strictes au niveau national devraient remplacer les milliers de règles différentes suivies en ce moment par les Etats ou les collectivités locales, estime Amnesty.

Leur presse (LeMonde.fr, 16 février 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:06

Avant tout, il s’agit de clarifier le fait que les événements du 12 février sont impossibles à retranscrire par mots. Les luttes dans les rues d’Athènes et des autres villes grecques ont atteint un certain degrés de révolte, et la colère du peuple éclatant simultanément, fait de la retranscription des innombrable actes d’insurrection de chacun, une tache impossible à réaliser. Néanmoins, nous tenterons de détacher ici le plus important, tel que nous l’avons vécu depuis les barricades d’Athènes et comme les ont transmis nos compagnons depuis les tranchées contrainformatives.

NOUS DEVONS DÉTRUIRE L’EXISTANT

Athènes : Les députés votent “oui, à tout” alors que la ville s’enflamme

Peu après minuit, s’acheva la comédie bourgeoise au Parlement grec. 199 des députés ont voté “oui, à tout”, acceptant le nouvel accord avec la Troïka, et condamnant, de nouveau, le peuple à la misère. La maudite Presse du régime, propageait ses calomnies contre les anarchistes et les insurgés, pendant que Alexis Tsipras, président de la Coalition de la Gauche “Radicale” dénonçait “les forces para-étatiques qui mirent feu à la ville”. Alors que les sbires du pouvoir, comprenant les marionnettes gauchistes de la démocratie, dénonçaient les luttes de la rue, la fumée noire de plus de 40 bâtiments incendiés montait jusqu’au ciel, envoyant un message de résistance et d’insoumission au monde entier.

Syntagma: La foule recelait de tout

Selon les estimations, autour de 500 000 personnes sortirent dans les rues athéniennes la nuit du dimanche 12 février. Néanmoins, il s’agissait d’une foule bigarrée, au sein de laquelle se côtoyaient des patriotes gauchistes ou d’extrême-droite, de nombreux stalinistes du PAME, des groupuscule trotskistes, beaucoup de personnes d’âge moyen sans appartenances politique particulières, des groupes d’ultras d’équipe de football, divers syndicat et assemblées populaires, beaucoup d’immigrants, de jeunes insurgés et des groupes anarchistes d’action directe dispersés dans la place. La foule siégeait face au Parlement, criant ” Police, Cochon, Assassin” mais la majorité d’entre eux n’apparaissaient pas animés d’une envie d’attaquer les forces anti-émeutes ni d’envahir le bordel de la démocratie.

Les rues ardentes d’Athènes :

Apres 19 heures, au croisement de la rue Panepistimiou et Voucourestiou, s’élevait une grande barricade. Le sol était jonché de pièces de la bataille qui s’était déroulé peu avant et les vitrines des magasins des deux cotés de la rue, détruites. Beaucoup de manifestant se dirigeait de nouveau vers Syntagma, d’autre vers le quartier de Kolonaki tandis que d’autres restaient derrière la barricade vers Propileos. Quelques 200 mètres plus bas, dans la même rue, ou environ 500 ou 600 anarchistes, autonomes, jeunes insurgés et prolétaires luttaient farouchement contre les brigades anti-émeute qui bloquaient l’accès à Syntagma. Les explosions de molotovs renforcés avec de la dynamite, ainsi que les grenades assourdissante, s’entendaient de tout côté. Les rues étaient pleines de morceaux de marbre et blanchies par les lacrymogènes. Peu à peu, les informations passèrent de bouches à oreille et se décomptèrent les nombreux affrontements, les incendies et les saccages dans les rues du centre, de la place Syntagma à Omonia, et de la rue Solonos à Monastiraki. Cependant, avoir une image complète de l’émeute à ce moment-là est impossible.

L’occupation de la Faculté de Droit et la jeunesse sauvage métropolitaine

“Appel urgent:. Nous avons besoin de plus de personnes pour garder la rue Akadimias  de la police et assurer le retour en sécurité de ceux qui luttent à Propileos”. Ce fut l’un des messages transmis par les mégaphones de la Faculté de droit squatté dimanche soir. Les brigades anti-émeute attaquaient continuellement les insurgés qui restaient dans la rue Akadimias et après une demi-heure, ils réussirent à les faire retrancher jusqu’aux abord de la faculté. Durant plus de 2 heures, les porcs ont lancé des gaz lacrymogènes, des grenades choc, des balles en caoutchouc et des pierres contre nous, qui défendions par tous les moyens possibles, l’occupation. Quelques 200 enragés, enfants de la jeunesse sauvage, levaient leurs têtes encapuchonnées, défiant réellement l’autorité de la police. Ceux la condamnés de “minorité violente” par les réformistes et les divers réactionnaires. Cette “minorité”, qui met le feu aux fondations de la civilisation capitaliste, réussi à maintenir ouvert le plus important centre de lutte, dans les moments les plus critiques de la journée, offrant alors refuges aux manifestants poursuivis. Entre les gens qui passaient par la rue, se trouvait de nombreux manifestants anciens, portant des masques anti gaz, incitant les jeunes à résister et lutter. Malgré la répression féroce, il parut évident que les manifestants refusaient de laisser les rues, et nous eurent l’impression qu’il y avait une acceptation routinière par la foule, de ce qui se passait: les alarmes qui sonnaient, les propriété détruites, les magasins saccagés, les affrontements et les bâtiments en feu… L’occupation de la Faculté de Droit s’acheva finalement le lundi matin, le 13 février, malgré les dernières communications expliquant la volonté des occupants de continuer. Néanmoins, l’occupation de la Faculté a été, durant ces jours ci, du 9 au 13 février, un bastion du soulèvement du 12, et partie intégrante de la lutte.

Le jour d’après et la nécessité d’étendre la révolte au niveau mondial

Le matin du lundi 13 février, et après des heures d’effort, les pompiers réussirent à éteindre finalement les flammes de la liberté. Au total 79 manifestants furent arrêtés à Athènes et plus de 50 souffrant de lésions occasionnés par les charges policières furent hospitalisés. Le lundi après-midi, quelque 150 solidaires se rendirent aux tribunaux de Evelpidon pour témoigner du soutient aux personnes arrêtés et exiger leur libération, pendant que les personnes arrêtées le premier jours de la grève générale, le 10 février, étaient mis en liberté sous caution.

La situation actuelle à Athènes, parait être revenue à une normalité extrêmement fragile, maintenant que peuple semble avoir atteint ses limites de tolérance. Le régime capitaliste en Grèce, mais aussi dans le reste de l’Europe et par le monde, sait que les flammes qui se levèrent dans les rues grecques le 12 février peuvent allumer la mèche dans d’autre endroits. Nous avons l’obligation de faire réalité ce cauchemar, car si cette révolte ne s’étend pas au delà des frontières étatiques, nous n’atteindrons pas la victoire.

Dans des moment comme ceux ci, quand l’Histoire se rend aux mains de ceux qui l’ont écrite avec leur sueur et leur sang, la solidarité internationale et réciproque est plus importante que jamais. Se solidariser avec la lutte en Grèce signifie mettre le feu aux infrastructures de l’Etat et du Capital, qui se situe au pas de ta porte.

Pour étendre la révolte !
Solidarité internationale et explosive entre tous les opprimés !
Mort aux États et au Capital !

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:27

Mardi soir 31 janvier , des agents municipaux du Service de la Tranquillité Publique (non, ce n’est pas une blague, c’est bien la dénomination de ce service) ont procédé à l’évacuation d’un squat 98, rue de Vincennes (dans l’ancien hôtel de la Tourelle). Trois personnes ont été jetées à la rue, alors que nous sommes en période de trêve hivernale, avec une température négative. Ces personnes avaient des preuves de présence de plus de 48 heures qui auraient dû les protéger ; c’était normalement à la justice, elle seule, de devoir intervenir, mais la mairie elle, se moque du droit.

La police nationale a laissé faire, et n’a procédé à aucune interpellation. Ces agents municipaux, appartiennent à la direction de la tranquillité publique. Il ne s’agit pas de la police municipale de la ville. Et pour cause, il n’y en a pas. Seuls quatre agents municipaux ont ce statut, ce qui ne permet pas de nommer un directeur de la police municipale. En terme d’affichage, la maire peut donc se targuer de ne pas avoir de police municipale à Montreuil. Ça fait très "gôche" dans le discours. Mais c’est un trompe-l’œil, un mensonge.

Un groupe organisé au service des intérêts politiques de la maire : une milice quoi !*

En réalité, le directeur de la tranquillité publique (qui n’est pas un personnage tranquille...) a constitué un groupe d’agents (au statut souvent précaire, ça évite d’avoir à convaincre) qui se charge ainsi, au gré des oukases de la maire, d’un certain nombre d’inavouables besognes. Tout ça dans un cadre déontologique digne des temps préhistoriques. On tape d’abord, on gaze, on insulte, et on ne discute de toute façon pas. Ah oui, ils disposent de quelques "instruments de persuasion" qui ne sont normalement autorisés qu’aux seuls policiers municipaux.

Imaginons le tableau : le directeur de la tranquillité publique, son chargé de mission (rompu à ce genre de mission, déjà sous l’ancien mandat...), et sa petite troupe, virant violemment trois squatteurs, sous le regard de la police nationale. Ça se passe bien à Montreuil, pas à Nice...

La maire persiste donc à utiliser ce "moyen" illégal de règlements de situations qui l’insupportent. En employant à des postes clés des gens non formés, non assermentés. Et je ne parle pas des simples agents. Ni le directeur de la tranquillité publique, ni son chargé de mission n’ont de toute façon les diplômes suffisants pour diriger une police municipale...

Le droit, la morale, le respect des règles, c’est pour les autres, ça sert à faire la belle sur les plateaux télés, dans les journaux ou à la sauterie grenobloise. A Montreuil, on profite du mauvais côté de la force..

 

http://chroniquesmontreuilloises.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT

A L’assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.