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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 20:54

Le 21 juin 2011, jour de Fête de la musique à Poitiers comme ailleurs en France, une chorale Brassens est allée chanter Hécatombe devant le commissariat local. Cette initiative, prise par l’assemblée Démocratie réelle 86, visait de même que dans d’autres villes à manifester une solidarité envers des personnes aux prises en France avec la police et la justice pour avoir interprété cette chanson.

Il y eut d’abord un Rennais, condamné en mai pour avoir chanté Hécatombe à sa fenêtre : 40 heures de travaux d’intérêt général plus 200 euros à verser aux policiers qui se trouvaient alors dans la rue. Puis une trentaine de personnes furent interpellées à Toulouse pour « outrage », ayant chanté le tube du moustachu devant le commissariat de cette ville en solidarité avec le mélomane rennais et afin de défendre la liberté d’expression. Deux personnes passèrent aussi en procès à Paris pour « violence à agent », lors de la dispersion brutale par la police d’un rassemblement de même nature (elles furent relaxées). Au même moment, la Cité de la musique, sous tutelle du ministre de la Culture, fêtait pourtant ce cher Georges et invitait à un « championnat du monde des Brassens »…

À Poitiers ce 21 juin (cf. compte rendu), la chorale fut bon enfant, mais des policiers ont lancé à fond les sirènes de plusieurs de leurs véhicules pour couvrir la chanson, recourant ainsi à un usage abusif de ces appareils réglementés. D’autres policiers ont filmé le subversif événement. Enfin, les policiers sont venus en nombre signifier à cette chorale que c’était une « provocation », qu’elle était « illégale » (le soir de la Fête de la musique…) et devait se disperser, sous peine d’« usage de la force ». Alors que la chorale s’éloignait, ses membres ont jeté des confettis vers ce commissariat si farceur avec la liberté d’expression. J.-C., 52 ans, a alors été brutalement attrapé par un policier qui l’a emmené au poste. Un rassemblement de soutien s’est vite constitué, et J.-C. a été libéré une heure et demie après, en ayant nié avoir commis le moindre « outrage » et après que les policiers lui ont signifié qu’il devait se tenir tranquille à l’avenir s’il voulait éviter des suites.

Mais voilà, ce 27 janvier 2012, J.-C. était convoqué au commissariat. Les quatre personnes qui l’y ont accompagné ont été surprises de trouver devant un comité d’accueil de cinq policiers. Et plus encore surprises de voir J.-C. en ressortir dix minutes après avec à la main une convocation à un PROCÈS, prévu le 4 mai 2012 ! Les termes de la convocation explosent les dernières barrières du grotesque : J.-C. est en effet poursuivi pour avoir « outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C., commandant de police, personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, en l’espèce en lui ayant projeté au visage une poignée de confettis ».

L’OPJ, sans doute un peu gêné, a confessé à J.-C. qu’il n’était pour rien dans cette poursuite… J.-C. n’a évidemment insulté ni menacé personne, ni par parole ni par écrit, mais tout est bon hélas, pour la police poitevine, quand il s’agit de harceler des gens qui sont engagés politiquement et qui défendent la liberté d’expression.

Rappelons que récemment six personnes ont été arrêtées pour diffusion d’un journal dont les exemplaires ont été saisis et détruits par la police (sans suite). Que deux personnes sont passées en procès pour avoir récupéré des produits alimentaires périmés dans une poubelle — elles ont expliqué leur geste par un tract (relaxe). Qu’un ancien président de maison de quartier, connu pour son militantisme, a été convoqué au sujet d’affiches dénonçant les expulsions d’étrangers avec lesquelles il n’avait rien à voir (pas de suite mais on ne sait jamais)…

Il semble qu’une étape de plus ait été franchie par la police poitevine dans le grotesque : l’outrage au jet de confettis ! On hésite entre le rire et la consternation.

Pour la liberté d’expression et contre le harcèlement policier à l’encontre des personnes qui la défendent.

Arrêt immédiat des poursuites contre J.-C. !

Démocratie réelle maintenant (Poitiers), Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 6 février 2012.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 16:43

http://www.bjames.fr/wp-content/uploads/2011/09/AFFICHE-B.JAMES-ACTE-DE-BARBARIE-724x1024.jpg

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 15:51

Salut,

Depuis quasiment deux mois déjà, on est investi-e-s avec pas mal de camarades libertaires sur une grosse lutte sur le logement à Saint-Denis. Début décembre, 2 squatts d’habitation ont été expulsés, mettant à la rue des familles avec enfants, des travailleurs et des travailleuses, dont certain-e-s sont sans-papiers. Nous nous battons avec elles et eux pour la régularisation des sans-papiers et le relogement de tou-te-s. Certain-e-s dorment depuis leur expulsion sur le parvis de la mairie (PCF) de Saint-Denis, qui a demandé et obtenu la possibilité de faire évacuer le campement. Face au grand froid qui arrive et à cette pression des institutions municipales et préfectorales qui travaillent main dans la main, ou presque, pour chasser les pauvres de la ville, nous avons décidé d’augmenter le rapport de force, de façon conjointe avec les expulsé-e-s.

Une manif partira samedi 4 février à 14h du campement des expulsé-e-s, devant la mairie de Saint-Denis (métro Basilique). Il faut vraiment qu’on soit un max de monde pour montrer notre détermination. Nous ne les laisserons pas virer les pauvres, et en particulier celles et ceux d’entre nous qui n’ont pas le faciès ou le nom assez blancs pour leurs critères, loin des centres, hors de la petite couronne parisienne !

Régularisation de tous les sans-papiers ! Relogement de tous les mal-logé-e-s !

(revendications du collectif des expulsé-e-s et de leurs soutiens)

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 15:44

Locataires HLM de Paris : le scandale des fichiers

Jeudi matin, sur son site Internet, la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) a rendu publique une mise en demeure de l’office public HLM de Paris, Paris Habitat, qui gère 120’000 logements, pour « atteinte à la vie privée de ses locataires ».

Le gendarme des libertés individuelles, qui demande à Paris Habitat de se mettre en conformité avec la loi, lui reproche une série de manquements suffisamment graves pour que cette mise en demeure, première étape de la procédure de sanction, soit rendue publique.

Une première dans l’histoire de la CNIL

Les reproches sont nombreux. En premier lieu, la CNIL fustige le contenu de certaines données enregistrées dans son énorme fichier pour la gestion locative, IKOS. Dans la zone « commentaires », sur tel ou tel locataire, on trouve des mentions très personnelles (« pas de nationalité française », « ancien SDF addiction boisson », ou encore « personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier »), mais aussi des données d’infraction (« violence conjugale »).

Plus grave encore, dans cette zone « commentaires », les fichiers font état de données de santé : « séropositif », « cancer », «personne cardiaque », « sous chimiothérapie », « alzeimer aveugle », « maladie de parkinson », « souffrant d’une pathologie respiratoire et chronique », « dépression hôpital psychiatrique », « fils cancer Mme malade des poumons », « cancer des intestins, opération du cerveau »). Ces informations extrêmement privées ne peuvent en aucun cas être collectées sur de tels fichiers.

Plusieurs plaintes de locataires

Enfin, la CNIL relève un manquement à l’obligation d’assurer la sécurité des données. Dans le fichier constitué par l’OPH, que la plupart des 1200 gardiens peuvent consulter, les enquêteurs de la CNIL ont déniché des données bien supérieures au strict nécessaire (problème d’électricité, etc.). On trouve ainsi pêle-mêle la situation familiale, la profession, la date de naissance, mais aussi le détail des comptes locatifs (loyers, charges, prélèvements), voire même… les relevés d’identité bancaire !

La CNIL avait été alertée par des plaintes d’associations de locataires, s’étonnant de l’accès, par certains gardiens de l’OPH Paris Habitat, de données relatives à leur vie privée.

Suite à cette mise en demeure, l’office public a deux mois pour se mettre en conformité avec la loi sur plusieurs points précis. Faute de quoi, elle encourt de lourdes amendes pécuniaires.

Leur presse (Odile Plichon, LeParisien.fr, 2 février 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 13:04

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:49

Communiqué de presse suite à la dépose de la plaque commémorative Ali ZIRI

Le collectif « Justice et Vérité pour Ali ZIRI », composé d’une trentaine d’associations, d’organisations politiques, syndicales et de citoyens, avec le soutien de personnalités diverses dont celles de M. Jacques Gaillot et M. Stéphane Hessel, a posé une plaque en hommage à M. Ali ZIRI, à Argenteuil le 14 janvier 2012. Sur cette plaque, on peut lire : « Ali ZIRI, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale ici-même ».

Il nous est reproché d’avoir utilisé les termes « suite à son interpellation » :

• Chacun pourra constater que M. Ali ZIRI est décédé après avoir été interpellé par des policiers nationaux rattachés au commissariat d’Argenteuil.

 • Chacun pourra constater que l’Institut Médico-Légal établit un lien entre la technique d’interpellation utilisée et le décès de M. Ali ZIRI.

Il nous est reproché d’avoir utilisé les termes « interpellation par la police nationale » :

• Chacun admettra qu’une interpellation ne peut être effectuée que par des membres de la police nationale, et aucunement par l’institution qu’est la police nationale. Il n’y a donc pas de mise en cause de la police nationale dans son entièreté.

Pour ces trois raisons, cette plaque n’est en rien diffamatoire et ne préjuge en rien de la décision de justice concernant les policiers impliqués.

Pour ces mêmes raisons, le collectif dénonce la dépose de cette plaque par la municipalité. Cette même municipalité, qui nous avait permis de découvrir cette plaque en présence de Monseigneur Jacques Gaillot et d’environ 500 personnes, qui nous avait expliqué jusqu’alors que le contenu de cette plaque n’était en rien diffamatoire, et qui au final opère une volte-face et cède aux injonctions de Claude Guéant.

Nous avons conscience que notre cause dérange, mais nous ne céderons pas, et c’est avec détermination, sans répondre aux provocations d’où qu’elles viennent, que le collectif entend faire toute la vérité et exiger justice pour la mémoire de M. Ali ZIRI.

Nous appelons à une conférence de presse le lundi 6 février à 14 h30 à l’endroit où se trouvait la plaque (Angle des rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne d’Arc) et à une mobilisation le samedi 11 février dans le parc de la Mairie d’Argenteuil à 14h00.

Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF), 1er février 2012.


Argenteuil. La plaque commémorative pour Ali Ziri retirée

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328100977.jpg

Argenteuil, hier matin. La plaque commémorative pour Ali Ziri a été retirée dans l’après-midi.

« Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, à la suite de son interpellation par la police nationale, ici même. » Ce texte inscrit sur une plaque posée le 14 janvier à l’angle du boulevard Jeanne-d’Arc et de la rue Antonin-Georges-Belin, à Argenteuil, par le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri était encore lisible hier matin.

Mais la plaque a été retirée vers 16 heures.

Et pour cause : lundi, le préfet, Pierre-Henry Maccioni a remis une injonction au maire, Philippe Doucet (PS), en ce sens. « C’est au regard des tensions que Philippe Doucet, garant de la tranquillité publique et prenant en compte les relations avec les services de l’État dans la gestion des affaires de la ville, concède la dépose de ladite plaque » explique-t-on en mairie. « Nous sommes intervenus car nous estimions que la rédaction du texte de la plaque ne respectait pas le principe de présomption d’innocence, précise la préfecture. Nous sommes donc satisfaits de la décision de la ville d’Argenteuil. »

Un sentiment partagé par les policiers. « La raison l’a emporté. Ce message laissait entendre qu’il y avait une relation de cause à effet entre le décès de M. Ziri et son interpellation, réagit Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat Alliance. Rien, aujourd’hui, dans la procédure, ne permet de dire que les policiers sont impliqués. Nous étions prêts à saisir la justice pour obtenir la dépose de la plaque. » « Tout le monde veut que la vérité se manifeste. L’affaire est en cours, ce n’est qu’à la justice de juger », renchérit Frédéric Jung, son homologue d’Unité SGP-FO. Le rassemblement des policiers prévu lundi est donc finalement annulé.

Un nouveau texte

Ali Ziri, retraité algérien, est mort deux jours après une interpellation par la police, à la suite d’un contrôle routier. Il se trouvait alors en voiture avec un ami, Arezki Kerfali. Les deux hommes, passablement éméchés, auraient tenté de résister, contraignant les policiers à faire usage de la force pour les maîtriser. Alors que la première autopsie avait conclu à une « fragilité cardiaque » et confirmé la « forte alcoolémie » du sexagénaire, une contre-expertise avait révélé la présence d’« hématomes de 12 à 17 cm » sur son corps. Mi-décembre, le parquet de Pontoise a requis un non-lieu à l’encontre des policiers mis en cause.

Hier, le collectif Vérité et justice n’a pas souhaité s’exprimer sur le retrait de la plaque. Ses membres avaient cependant prévu de se réunir dans la soirée. De son côté, la municipalité envisage « à l’issue de la procédure judiciaire en cours, de proposer au conseil municipal d’Argenteuil une délibération pour décider de la pose d’une plaque définitive en la mémoire du défunt ».

Leur presse (LeParisien.fr), 1er février 2012.


(…) Contacté par l’AFP, le syndicat Alliance, qui avait menacé la ville de poursuites judiciaires, s’est dit « très satisfait » de ce retrait. « C’est une victoire pour le droit au respect des fonctionnaires de police et pour la présomption d’innocence », a souligné Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat.

L’avocat de la famille d’Ali Ziri, Me Stéphane Maugendre, a dit « regretter » le retrait de la plaque. « L’objectif de la plaque n’était pas de jeter le discrédit sur la police. C’était de pousser les autorités à faire toute la lumière sur la mort de M. Ziri », a-t-il assuré. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er février 2012.

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:48

Toulouse. Un logement de plus réquisitionné par le CREA

Et de six. Un sixième bâtiment laissé vacant vient d’être réquisitionné à Toulouse. Une semaine après l’ouverture à six familles d’appartements inoccupés près du Grand-Rond par l’association Urgence pour un toit, c’est au tour du CREA (Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion) de prendre possession d’un nouveau bâtiment, situé près de l’avenue Saint-Exupéry, appartenant à la mairie de Toulouse.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328098906.jpg

« C’est le quatrième pour notre collectif » explique Mathieu Rigouste, membre du CREA. « La réquisition a eu lieu le 23 janvier dernier. Trois familles ont été installées le jour même. Une quatrième vient d’arriver et nous en attendons encore deux autres. » À terme, 25 personnes, pour la plupart des familles de travailleurs précaires, occuperont ces anciens logements de fonction de l’Éducation nationale.

« Nous avons prévenu la mairie. Ils souhaiteraient construire un centre social à la place de cet immeuble d’ici deux ans, mais nous n’en savons pas plus. » Lundi soir, une patrouille de policiers est venue constater l’occupation.

Sur place, les familles bénéficient du chauffage, de l’électricité et de l’eau chaude. « Des employés de chez EDF et GDF sont venus donner un coup de main sur leur temps libre, gratuitement. » Cette réquisition s’inscrit dans la campagne « Zéro enfant dans la rue », lancée par le CREA. Et le mouvement devrait prendre de l’ampleur. « Malgré la vingtaine de familles déjà hébergée, une quinzaine est encore à la rue » poursuit Mathieu. Le collectif doit se réunir vendredi soir dans ses locaux du 70 allées des Demoiselles pour décider des autres actions à mener.

L’adjointe au maire en charge de la politique de la ville, Claude Touchefeu, doit rencontrer le CREA aujourd’hui. Elle n’a pas souhaité s’exprimer avant.

Leur presse (Pierre Peyret, LaDepeche.fr), 1er février 2012.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:39
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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:32

Égypte : Première défaite pour les Frères musulmans !

Hier, mardi 31 janvier, une grosse manif était annoncée au Caire, des marches devaient partir de différents quartiers (Shoubra au Nord, Maspero-Tahrir dans le centre…) pour se rejoindre devant le Parlement, pour mettre la pression sur les député-es nouvellement élu-es pour faire appliquer le programme de la révolution : transfert des pouvoirs des militaires aux civils, procès des personnes impliquées dans la répression, reconnaissance des droits des « martyres », pas d’élections présidentielles ni de nouvelle constitution sous régime militaire.

Depuis quelques jours déjà, les Frères musulmans, sortis en grands vainqueurs (plus de 40% des voix) des élections législatives, commençaient à cristalliser une certaine tension contre eux, devant leur attitude gestionnaire et contre-révolutionnaire (voir post précédent).

À partir de 15h30, une petite foule commence à se rassembler à Maspero, on s’échauffe en entonnant des premiers slogans contre le régime militaire. Peu avant 16h, les manifestant-es sont rejoint-es par une première marche en provenance du campement voisin de la place Tahrir. On part alors en cortège, un drapeau égyptien de plus de 2 mètres de haut ouvrant la marche, suivi d’une banderole de plusieurs mètres explicitant la liste des revendications des manifestant-es. Le cortège est dynamique et bruyant, et grossit à vue d’œil. Après avoir emprunté la corniche, il se dirige vers la place Tahrir, où les quelques personnes restées sur place le rejoignent. Puis, étonnament, direction le quartier de Garden City, droit sur… l’ambassade américaine !! Là-même où, il y a quelques mois, une manifestation avait failli finir en affrontement contre des militaires armés !! mais aujourd’hui, curieusement, aucun militaire ne montre le bout de son nez, et les gen-tes passent devant l’ambassade sans même sembler s’en rendre compte. Un peu plus loin, quelques unités de police sont stationnées, mais un cordon de manifestant-es s’établit aussitôt pour empêcher toute confrontation physique : le but de la journée est clairement d’arriver devant le parlement, en évitant les affrontements avec les forces de l’ordre. On franchit ainsi dans le calme plusieurs barrages de police, jusqu’à arriver à proximite du Parlement. Là, la manifestation a considérablement grossi, et le cortège compte plusieurs milliers de personnes. Juste avant de tourner dans la rue Falaky, qui donne sur le Parlement, on voit un mec sur une civière arriver dans l’autre sens : quelque chose ne va pas. La police a-t-elle ouvert le feu ?? Rapidement, l’information circule : les Frères musulmans empêchent les manifestant-es d’accéder au Parlement !!

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Et en effet, quelques mètres plus loin, c’est à un affrontement bloc contre bloc que l’on va assister pendant des heures : quelques centaines de Frères musulmans bloquent la rue par laquelle arrivent des milliers de manifestant-es !! Ça pousse dans un sens, dans un autre, ça avance, ça recule, les insultes les plus crues sont lancées des deux côtés, les chaussures et les bouteilles d’eau volent, plusieurs personnes font des malaises et doivent être portées à bout de bras au-dessus de la foule compacte pour être évacuées.

Ce que ni Moubarak, ni l’armée, ni les intégristes de tous bords n’avaient réussi, les Frères l’ont fait : couper la population égyptienne en deux ! il n’est plus du tout question de faire « une seule main » alors, bien au contraire !

Pendant 2 heures, le rapport de force se maintient : si les manifestant-es sont beaucoup plus nombreux, l’étroitesse de la rue ne leur permet pas d’arriver à forcer le barrage des Frères ! Au bout d’un moment, des personnes commencent vraiment à se battre, alors que la ligne de front se brouille, la tension monte des 2 côtés, et l’on a du mal à voir comment tout ça va se finir…

Et puis d’un coup, sans qu’on sache pourquoi, les Frères musulmans abandonnent, et fuient ! Ont-ils compris que le rapport de force n’était pas en leur faveur ? ont-ils voulu éviter de véritables affrontements physiques ? avaient-ils l’ordre de ne barrer le passage que jusqu’à une certaine heure ? était-ce l’heure de la prière ? nul ne le sait, en tout cas, en quelques minutes, les manifestant-es envahissent les rues environnantes, alors que les Frères sont bel bien partis sans demander leur reste !

Dans la foule, l’énervement est palpable et partagé par tout le monde, jeunes, vieux, hommes, femmes, barbus et porteuses de niqab… tou-tes sont vraiment en colère contre ces Frères qui, une fois au pouvoir, se mettent aussi vite et de manière aussi flagrante du côté de la contre-révolution !!

Le soir, la télévision égyptienne annoncera 71 blessés dans cet affrontement, mais au-delà de ça, c’est la victoire symbolique des révolutionnaires sur les Frères musulmans, pourtant plébiscités lors des élections qu’il faut retenir !

Ce que ceux-ci ne semblent pas avoir compris, c’est que la plupart des gen-tes ont voté pour eux, pour qu’ils fassent appliquer les revendications de la Révolution, mais ne leur ont pas donné un blanc-seing et n’adhèrent pas forcément à l’ensemble de leur programme !

Aujourd’hui, une partie de la population égyptienne a montré que, quelles que soient les personnes au pouvoir, elle ne se laissera pas voler sa révolution, et continuera de se battre pour « du pain, la liberté, et la justice sociale » !

Indymedia Paris, 1er février 2012.


Rage continues in parliament street

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Thousands of protesters descended on the parliament today, calling for the continuation of the revolution, the execution of Field Marshal Tantawi, the prosecution of the SCAF generals, as well as social demands related to the renationalization of privatized factories, self management and setting a national minimum wage of at least LE1,200.

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The protesters also denounced the Muslim Brotherhood, accusing them of “selling out the revolution.” Mohamed Badie, the group’s “supreme guide” received the lion share of the demonstrators’ wrath. The Brothers mobilized hundreds of their supporters to form human chains in front of the parliament entrances, in front of the police troops. The Brothers chanted against the revolutionaries, asserting that “legitimacy now stems from the parliament, not from the (Tahrir) square.” Minor scuffles took place. Lawyer Malek Adly said the Brothers kidnapped a protesters and handed him over to the police.

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3arabawy, 31 janvier 2012.


Égypte : les islamistes empêchent des manifestants d’atteindre le Parlement

Des partisans des Frères musulmans, qui dominent l’Assemblée, ont empêché mardi plusieurs centaines de manifestants réclamant le départ des militaires au pouvoir de parvenir au siège du Parlement, selon des photographes de l’AFP.

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Des militants avaient appelé à une marche depuis la place Tahrir, épicentre de la révolte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak le 11 février 2011, jusqu’au siège du Parlement, pour presser la nouvelle Assemblée de réaliser les objectifs de la révolution : fin des procès de civils devant des tribunaux militaires, refonte du ministère de l’Intérieur, respect des libertés et de la justice sociale.

Alors qu’ils commençaient leur marche en direction du Parlement jouxtant la place Tahrir, les manifestants ont été bloqués par des militants des Frères musulmans.

« Nous ne tenons là comme des boucliers humains car si les manifestants vont plus loin, ils s’affronteront avec la police. Ils veulent entrer à l’Assemblée, que voulez-vous que je fasse », a déclaré à l’AFP un membre de la confrérie Hamdy Adbdelsamad.

Derrière lui, les manifestants scandaient des slogans contre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ de l’ancien président, mais aussi contre la confrérie.

« Badie, tu es en train de vendre la révolution », ont scandé les manifestants, en référence au guide suprême de la Confrérie, Mohammad Badie.

Les Frères musulmans ont, au travers de leur formation politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), raflé 47% des sièges aux premières élections législatives depuis la chute du président Moubarak.

L’ensemble des formations islamistes détient les trois quarts des sièges de l’Assemblée, dont la séance inaugurale s’est tenue le 23 janvier.

Après plusieurs heures, les manifestants ont renoncé à leur projet de parvenir à l’Assemblée et sont retournées manifester non loi, devant le siège de la télévision.

Ces derniers jours, la commémoration du premier anniversaire de la révolte anti-Moubarak lancée le 25 janvier 2011 s’est accompagnée d’une poussée de contestation contre le pouvoir militaire.

L’armée a promis de céder la place une fois un président démocratiquement élu, avant la fin juin, mais beaucoup l’accusent de perpétuer la politique répressive de l’ancien régime et de chercher à préserver les privilèges de l’institution militaire.

Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2012.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:26

http://feudeprairie.files.wordpress.com/2012/01/femmes-en-lutte-93.jpg?w=640&h=906

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