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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:20

Sénégal : affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à Dakar

Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l’université publique à Dakar les forces de l’ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d’un des leurs lors de la dispersion d’un rassemblement de l’opposition par la police, a constaté un journaliste de l’AFP.

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Les incidents ont éclaté lorsqu’un groupe d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.

Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l’État sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

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Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l’après-midi.

Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l’université tentaient de disperser de petits groupes d’étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.

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Leur presse (Agence Faut Payer), 1er février 2012.


Dernière minute : les étudiants prennent un policier en otage

Depuis ce matin, de violents affrontements éclatent entre policiers et étudiants. Après un calme qui aura duré peu de temps, ces derniers ont repris les manifestations. Ils ont brûlé un bus Dakar Dem Dikk et tiennent en otage un policier à l’intérieur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

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Leur presse (DakarActu.com), 1er février 2012.


(…) Selon le commissaire Harona Sy, les policiers ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes les étudiants, dont certains ont incendié un autobus. Les forces de l’ordre ont agi avec retenue, a-t-il affirmé.

(…) L’étudiant a été tué dans des circonstances indéterminées, lors de l’intervention de la police anti-émeutes. On ignore s’il a été renversé par un véhicule de la police ou piétiné lors de la bousculade qui a suivi .

Leur presse (AP), 1er février 2012.


Kalidou Diallo échappe au lynchage au domicile de la dame tuée à Podor

La scène s’est passée vers 13h30 à Podor, au domicile de Bana Ndiaye, tuée par des gendarmes il y a deux jours. Arrivé sur les lieux pour présenter ses condoléances à la famille éplorée, le ministre de l’Éducation, Kalidou Diallo, a été violemment pris à parti par le fils de la défunte, qui a manqué de peu de l’atteindre avec son bâton. Immobilisé de justesse, le jeune a été conduit à la gendarmerie, interrogé puis relâché. La scène a suscité un énorme tollé. Elle s’est déroulée sous les yeux du préfet et de tout ce que Podor compte comme autorités administratives.

Leur presse (DakarActu.com), 1er février 2012.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 12:16

Soif de justice à Cherbourg

On se souvient que, devant « l’ampleur de la menace, son caractère protéiforme et le caractère très étendu des lieux », monsieur Adolphe Colrat, préfet de la Manche, avait pris un « arrêté portant interdiction de [la] manifestation » prévue pour s’opposer, autant que faire se pouvait, au départ du dernier convoi ferroviaire de déchets nucléaires CASTOR entre La Hague (France) et Gorleben (Allemagne). Des centaines de policiers et gendarmes avaient été mobilisées et envoyées face à un demi millier de manifestants. Ainsi avait pu être fièrement déployée toute l’agressivité nécessaire au maintien de l’ordre.

Et si le train avait pu partir, ce fut avec plusieurs heures de retard.

Malgré les craintes si clairement exprimées par le soucieux préfet, aucun dangereux activiste protéiforme ne fut arrêté dans le bocage…

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Valeureuse action anti-anti-nucléaire, détail.

Des poursuites furent pourtant engagées, par le parquet de Cherbourg, contre six personnes interpellées dans les parages. Le procureur de la République, monsieur Éric Bouillard, avait aussitôt tenu à leur faire une réputation :

« Il s’agit de personnes qui sont plus dans la mouvance altermondialiste voire casseurs que dans la mouvance écologiste. »

Deux de ces « voire casseurs » comparaissaient hier au tribunal de Cherbourg — qui s’occupera des quatre autres le 7 février.

Le premier, un étudiant belge de 23 ans, est « accusé de s’être introduit sur la voie ferrée et d’avoir agité un fumigène en direction des CRS ». Il nie les faits qui lui sont reprochés, mais la justice n’est pas là pour l’écouter. Madame Sarah Huet, substitut du procureur de la République, a requis trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende afin de le punir bien comme il faut.

Il faudra compter un mois de prison avec sursis supplémentaire et 500 euros de plus, pour refus de prélèvement ADN.

Le second était une seconde, une militante parisienne de 65 ans, qui avait à répondre du « vol de neuf canettes de soda provenant d’un fourgon de ravitaillement CRS qui avait été ‘caillassé’ et ‘intégralement détruit par le feu’ au cours de la manifestation ». Elle a reconnu s’être emparée de quelques canettes, puisqu’elle avait « très soif » et que « les militants n’avaient pas de ravitaillement ». Bien que les sodas aient été restitués inentamés, madame Huet a requis 300 euros d’amende.

Il faut y ajouter un mois de prison avec sursis et 500 euros supplémentaires, pour refus de prélèvement ADN.

Les membres du collectif Valognes Stop Castor, qui appelaient à se rassembler devant le palais de justice, ont sans doute raison d’affirmer que « tout cela ne devrait donner lieu qu’à un grand éclat de rire »…

Si madame Huet, substituée au procureur, a dû reconnaître, dans le cas de la militante assoiffée, que « bien évidemment c’est le contexte qui nous conduit à poursuivre », elle a, au cours de son réquisitoire, cru bon de lancer :

« Caillasser deux CRS et brûler un fourgon, c’est ça un mouvement démocratique mais on est où là ? »

Elle devait probablement trouver cette remarque très intelligente, mais ce n’est qu’une bien grossière façon d’amalgamer un vol de canettes et l’incendie d’un fourgon.

Pour rester dans le même registre de langage que madame Huet, disons qu’on peut trouver le procédé assez moyen…

P.-S. : Verdict le 7 février, date fixée pour la comparution des quatre autres prévenu(e)s.

P.-P.-S. : Et si l’un(e) ou l’autre des six inculpé(e)s se sentait venir une petite soif en passant vers Trifouillis, je leur ouvrirai la porte de ma cave. Il n’y a pas de sodas, mais on se débrouillera.

L’escalier qui bibliothèque, 1er février 2012.


Déchets nucléaires allemands : la suite pénale

Le premier procès des antinucléaires du collectif « Stop Castor Valognes » s’est tenu hier à Cherbourg. Il a été aussi celui de l’industrie nucléaire. Le tribunal rendra sa décision le 7 février.

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Les combinaisons utilisées le 23 novembre étaient sorties de nouveau hier devant le tribunal de Cherbourg.

Le 23 novembre, plusieurs centaines de militants antinucléaires, unis derrière un énigmatique [sic] collectif « Stop Castor Valognes », sont parvenus à retarder le départ vers l’Allemagne d’un convoi de déchets nucléaires conditionnés à l’usine Areva La Hague. Six personnes ont été interpellées ce jour-là. Deux comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Cherbourg, les quatre autres seront jugées mardi prochain. Le parquet leur reproche des délits qui semblaient en décalage avec les enjeux de leur action. « Vous avez un train qui transporte des tonnes de déchets radioactifs et on nous parle d’un vol de cannettes », a ironisé Me Jérôme Bouquet-Elkaïm, avocat au barreau de Rennes, qui défendait les deux militants.

Pour « un débat démocratique »

L’une des personnes poursuivies, une retraitée parisienne, l’était pour le vol de neuf canettes de soda dans le seul fourgon de CRS qui ait été incendié. « Ces cannettes traînaient par terre. Nous avions soif. Je les ai ramassées. On n’a même pas eu le temps de les boire », a-t-elle expliqué. L’autre prévenu, un étudiant belge âgé de 23 ans, était accusé d’avoir tenu un fumigène sur la voie ferrée. Il a contesté. « Je n’étais pas sur la voie, mais à ses abords. » Pour l’avocat de la défense, « le dossier pénal est vide. Il n’y a pas de PV de constatation des faits, pas une photo pour identifier. » Même le fumigène, absent, relève de l’écran de fumée. « Qu’est-ce qui empêchait les gendarmes de le ramasser ? »

Pour l’avocat, cette action était inévitable parce que « le nucléaire n’a jamais fait l’objet d’un débat démocratique, alors que 70 % de la population est contre. La République, dans certains cas, ne fonctionne pas. C’est le cas du nucléaire, des OGM. Areva, c’est une métastase de notre République. »

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Sarah Huet, au nom du ministère public, a rappelé que la SNCF avait chiffré le coût de ses réparations à 500’000 €. « On n’est pas dans la contestation démocratique, mais dans le saccage. » Elle a requis trois mois de prison avec sursis et 500 € contre l’étudiant, 300 € d’amende contre la retraitée. Les deux prévenus étaient également jugés pour avoir refusé un prélèvement d’ADN, par « opposition à la criminalisation des militants ». Le parquet a requis un mois de prison avec sursis et 500 € d’amende. Le tribunal rendra sa décision le 7 février.

Europe Écologie-Les Verts, qui avait désapprouvé, comme Greenpeace, le mode d’action choisi par ces antinucléaires, leur a apporté son soutien, considérant que « le recours à la justice contre les militants devient le moyen d’en finir avec un débat public ». Le Crilan, mouvement historique en Cotentin, a également dénoncé « la criminalisation des luttes ».

Leur presse (Gilles Collas, Ouest-France), 1er février 2012.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 11:48
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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:29

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:25

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:17

Alors que l’État joue à la roulette russe pour se décider à déclencher son « plan grand froid » ( 2°, -3°, 0° ?…) et préfère investir dans la guerre et le sauvetage des banquiers criminels, nous vous annonçons l’ouverture d’un quatrième bâtiment, 12 chemin de Bitet, dans l’avenue saintExupéry à Toulouse. Vides depuis plus d’un an, ces logements de fonction appartenant à la municipalité, ont été réquisitionnés le 23 janvier, pour y accueillir 6 familles forcées de vivre à la rue.

La mairie nous a souhaité « une année chaleureuse et solidaire ». Merci, on va s’en charger nous-mêmes, mais du coup ce serait sympa de ne pas nous envoyer les flics et de nous indiquer tous les bâtiments encore vides.

La misère n’est pas une fatalité, elle est organisée par les gouvernements et la bourgeoisie. Toulouse ne lutte pas seule, à Tours, à Nantes, à Grenoble, à Marseille, à Paris ou à Dijonmais aussi en Europe et partout dans le monde, des galérien-ne-s s’unissent pour reprendre la ville et la partager. Il en va de notre responsabilité à tou-te-s si nous voulons en finir avec l’injustice, l’autorité et l’inégalité. Le peuple n’a besoin ni de chefs, ni de partis, ni de sauveurs. Pour nous émanciper, organisons-nous par nous-mêmes et pour nous-mêmes, par l’entraide et l’autogestion.

Nous avons besoin de nouvelles initiatives et de forces pour continuer. Nous recherchons tous types de soutiens humains et matériels (meubles, électroménager, ustensiles, chauffage, nourriture…) pour la nouvelle réquisition.

D’autre part, il est temps de faire le point sur la campagne « zéro enfants à la rue ! ». Il ne s’agissait pas de focaliser sur les enfants mais d’attaquer le problème par l’angle de l’urgence. Ce sont bien toutes les formes de misère qu’il faut combattre. C’est entre tou-te-s les galérien-ne-s qu’il faut s’allier. Où en est-on, où va-t-on, comment on s’organise pour la suite ? Retrouvons-nous vendredi 3 février à 18h au CREA, 70 allée des Demoiselles, pour en discuter.

Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple !

Centre social autogéré de Toulouse, 29 janvier 2012.

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:16

Comme le laissaient présager certains commentaires circulant sur Internet, de nouvelles violences urbaines ont eu lieu hier, en fin d’après-midi et durant une partie de la soirée, dans le quartier nord d’Amiens.

Dès 17 heures, un véhicule de police, visé par des tirs de projectiles, était pris pour cible près de la place du Colvert où doit se tenir le traditionnel marché aujourd’hui. Afin de disperser un groupe de jeunes particulièrement énervé mais qui n’avait rien à voir avec le caillassage, les fonctionnaires de police ont dû faire usage de gaz lacrymogène.

Les affrontements se sont poursuivis en début de soirée toujours à hauteur de la place du Colvert où des poubelles incendiées étaient renversées sur la chaussée.

Les CRS ont dispersé les jeunes et quadrillé la zone. Le calme est revenu aux alentours de 20h30 mais la tension restait palpable. Plusieurs camions de CRS ont d’ailleurs tourné dans le quartier pour sécuriser les lieux.

Mercredi, c’est un bus qui avait fait l’objet de jets de projectiles sur l’avenue de la Paix. Après avoir mis en place un système de sécurisation, les policiers s’étaient retrouvés face à une vingtaine d’individus et avaient essuyé des tirs de projectiles.

Comme hier, les policiers avaient dû répliquer avec des moyens lacrymogènes pour disperser le groupe.

Leur presse (Le Courrier picard, 29 janvier 2012)

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:13

Mort d’une gendarme en colère

Myriam Sakhri dénonçait des dérives racistes dans sa caserne lyonnaise. Le 24 septembre dernier, elle était retrouvée chez elle, une balle en plein cœur. Suicide, ont conclu les enquêteurs. Mais sa famille doute et veut comprendre.

Avant de se loger une balle de 9 mm en plein cœur, Myriam Sakhri a jeté sur une feuille un dernier message rageur à son supérieur hiérarchique. « Merci à G… le connard ». Puis la jeune gendarme de 32 ans s’est étendue sur son lit et a pressé la détente. Sa main devait un peu trembler car la douille ne s’est pas éjectée correctement. D’ailleurs, elle avait un peu bu ce 23 septembre 2011. Les enquêteurs ont retrouvé dans ses poches la note d’un bar où elle était allée passer la soirée avec ses copains pompiers. Personne n’a rien entendu dans la caserne Delfosse, à Lyon, où Myriam avait son appartement. Le coup de feu n’a pas fait plus de bruit qu’un volet qui claque, diront les experts. Son chien, un dalmatien récupéré à la SPA, n’a pas aboyé. Sinon, la voisine serait descendue taper à la porte, comme elle le faisait habituellement, quand Glasgow donnait un peu trop de la voix.

L’alerte a été donnée le lendemain matin. Ses collègues, inquiets de ne pas la voir, ont dû forcer une fenêtre pour entrer chez elle. Sa clef était restée dans la serrure. Suicide, ont-ils conclu rapidement. Suicide, a également assuré l’Inspection générale de la gendarmerie, qui a été saisie d’une enquête préliminaire par le procureur de Lyon. Les résultats de ces investigations ont été communiqués le 20 janvier dernier à la famille de la jeune femme, mais ses sœurs doutent encore de la thèse que la justice paraît retenir. Car, pour elles, comme pour les amis de Myriam, la mort de la jeune gendarme est la conséquence directe du bras de fer qui l’opposait depuis des semaines à ses supérieurs.

Elle n’avait qu’une idée : servir les autres

Belle brune aux traits fins et au regard profond, Myriam Sakhri aurait pourtant pu devenir une figure emblématique de la gendarmerie nationale. Des parents algériens, une enfance dans la banlieue lyonnaise aux côtés de ses sept sœurs… La jeune femme n’avait qu’une idée: servir les autres. À 16 ans, elle s’enrôle comme pompier volontaire. L’été, elle rejoint les casernes du Var pour lutter contre les feux qui dévorent la forêt. Plus tard, elle organise la collecte des vêtements pour les victimes du tremblement de terre à Haïti ou participe à des distributions de nourriture pour les SDF à Perrache. Sportive, elle encadre une équipe féminine de basket et s’entraîne pour le marathon.

Avec la gendarmerie, dans laquelle elle était entrée à 21 ans, elle disait avoir trouvé le métier idéal, celui qui lui permettait de se « sentir utile ». « Myriam était une excellente gendarme qui adorait sa profession, elle était humaine, courageuse et passionnée », témoigne Elisabeth Moulin, son amie depuis les débuts de Myriam sous l’uniforme. En juin 2010, « la beurette » est affectée au Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie nationale (Corg) de la caserne Delfosse, à Lyon. L’endroit est stratégique. C’est là que, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, aboutissent les appels d’urgence.

Rapidement pourtant, l’ambiance de son service se dégrade. C’est du moins ce que rapporte Myriam, qui s’ouvre à son entourage des difficultés liées au comportement de quelques-uns de ses collègues. Certains, parmi les gendarmes du Corg, n’hésiteraient pas à afficher un racisme « franchouillard ». À des étrangers qui peinent à s’exprimer, elle aurait entendu un des militaires répondre qu’on les aiderait le jour où ils sauraient parler français. « Tu restes une bougnoule comme eux », lui aurait répondu un autre, alors qu’elle se révoltait contre ces pratiques. Des dérives racistes que l’enquête des services d’inspection de la gendarmerie n’a pas établies.

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Note de la direction générale de la Gendarmerie nationale, 19 janvier 2012

Dans un premier temps, la gendarme tente de régler le conflit en interne. Elle cherche le soutien de sa hiérarchie, en particulier du colonel G., qui commande le groupement de gendarmerie. Mais celui-ci refuse de la croire, et même de l’écouter, d’après ce que Myriam a rapporté à ses proches. Du coup, l’ambiance de travail se détériore. La jeune femme se sent isolée. Elle encaisse des remarques désobligeantes; on lui impose, selon sa soeur, des horaires impossibles. Bref, alors qu’elle demandait de l’aide, elle a l’impression d’être ciblée, harcelée.

Que faire? Sur les conseils d’une amie, Myriam contacte un avocat parisien, William Bourdon, qui l’aide à rédiger une lettre à destination de sa hiérarchie. Puis elle s’adresse à une association d’aide aux militaires. L’ancien gendarme à la tête de ce syndicat officieux lui suggère de recueillir des témoignages parmi ses collègues afin de monter un dossier. Enfin, la jeune femme est sélectionnée pour devenir officier de police judiciaire, une qualification lui laissant espérer une réelle progression professionnelle. D’autant que, à la suite du courrier rédigé avec son avocat parisien, Myriam a finalement pu quitter le Corg. Elle est mutée dans une brigade de la banlieue lyonnaise tout en conservant son appartement dans la caserne.

Alors que sa situation paraît s’améliorer, la jeune femme commet une erreur lourde de conséquences. À la demande d’une amie de sa mère en quête d’une parente disparue, elle consulte les fichiers de la gendarmerie sans en avoir l’autorisation. La faute est modeste mais Myriam doit en répondre devant l’inspection interne, qui l’entend, le matin du 22 septembre, pendant cinq heures. À cette occasion, la jeune femme réitère les accusations contre certains de ses collègues. Plusieurs d’entre eux sont même auditionnés, à leur tour, par les gendarmes enquêteurs. Mais Myriam en est convaincue : la procédure qu’on diligente contre elle participe du harcèlement qu’elle dénonce depuis plusieurs semaines…

Déterminée à porter plainte pour harcèlement moral

À peine sortie de son audition, elle prend contact avec un avocat lyonnais, Sylvain Cormier. Celui-ci se souvient de cette rencontre imprévue : « Elle souhaitait se défendre de la faute professionnelle qui lui était reprochée et elle voulait attaquer la gendarmerie pour harcèlement moral. Nous avions décidé d’un plan d’action pour porter plainte dès la semaine suivante. » L’avocat la trouve résolue, prête à livrer bataille.

Le lendemain, la jeune femme lui annonce par téléphone qu’elle a commencé à recueillir des témoignages de ses compagnons de caserne. Elle joint ensuite sa sœur Farida et lui confirme vouloir porter plainte. Quelques heures plus tard, pourtant, Myriam met fin à ses jours. « La famille a l’intention de se porter partie civile et de demander l’ouverture d’une information judiciaire », indique Me Ilié Négrutiu, l’avocat des sœurs de la gendarme. Celles-ci auront peut-être de nouveaux éléments importants à verser au dossier. Car la mort de Myriam semble avoir ravivé les souvenirs. Un ancien collègue serait prêt à témoigner. « Tout ce qu’elle a dénoncé est bien réel, j’ai moi-même assisté à des scènes de discrimination raciste », assure-t-il à L’Express. Et de conclure : « On a voulu la faire craquer parce qu’elle disait la vérité. »

Leur presse (Laurent Chabrun et Chloé Henry, LExpress.fr), 28 janvier 2012.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:12

CONTRE LES FASCINATIONS DE TOUT ORDRE

Déclins et métamorphoses de l’empire

« L’ennemi est la figure de notre propre question. »

Depuis la débâcle d’un ordre qui ne trouve sa justification que dans son instinctive volonté de conservation, nous assistons à une modification des rapports des forces politiques, qui ne va qu’en s’accentuant. Cette nouvelle donne se constitue autant sur le terrain de la classe politique et ses rituelles prévisibles, que sur les rapports de forces au sein de nos sociétés, où la tradition réactionnaire se donne à voir d’une nouvelle manière, avec bien sûr, toujours les mêmes paradigmes de l’ordre civilisationnel. Elle ne fait que dévoiler aux yeux de tous son incapacité à légitimer clairement son autorité.

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C’est dans cette configuration que l’apparition de nouveaux groupes identitaires, tel que Vox Populi, oblige à se poser de nouvelles questions, qui soient à la hauteur de la situation. Ces groupes, et particulièrement à Tours, reçoivent l’appui tacite de la gauche institutionnelle : ils lui servent comme d’un repoussoir diabolique afin de mieux affirmer sa capacité à défendre l’unité de l’ordre républicain, comme outil d’une démocratie pacifiée. Du côté de la droite classique, ils incarnent la tentation à la violence qu’elle n’est pas capable d’afficher dans la rue, dans la mesure où sa police se doit d’affirmer une pseudo neutralité étatique : ses groupes sont potentiellement de futurs polices parallèles, des milices hors-contrôle qui serviraient à vaincre les probables désordres de la rue.

Nous sommes face à une intensification de la mise en place des dispositifs contre-insurrectionnels, dans lequel ces groupes identitaires ont aussi leur place. Ils pourront servir à toutes les forces sociales et politiques qui sont les partisans de l’ordre existant, soit qui l’assument aujourd’hui, soit qui l’assumeront demain.

Au vu d’une telle analyse, il ne suffit pas de prendre simplement acte d’un état de fait, mais d’y trouver les faiblesses où l’ennemi pourra être attaqué, et ainsi affaiblir ses positions.

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Du bon usage des forces en présence

« Tout ce qui maintient quelque chose contribue au travail de la police. »

Nous avons bien conscience qu’une réponse au fascisme passant par l’ironie et la dérision, la massification impuissante, le désir d’un affrontement physique direct ne saurait être satisfaisant. Nous connaissons la nécessité stratégique et politique de sortir de la binarité apparemment indépassable fasciste-antifasciste. Nous expérimentons donc nos possibilités dans les limites de notre force.

Le soutien le plus puissant du fascisme se trouve au sein même de cette société : ses flics et ses patrons, ses travailleurs sociaux et ses huissiers, ses centrales nucléaires et ses pôles emplois. Les cartes d’identités et la vidéosurveillance font déjà partis de notre habitat naturel. Comment soutirer à ce monde le désir d’ordre et d’obéissance, réelle base d’appui du devenir fasciste ?

Ce monde est une version consensuelle et acceptable de ce devenir, où le folklore visible des parades identitaires ne sont que le trop-plein d’un processus bien plus large et plus latent. Un épiphénomène à la mesure de la misère générale de notre époque…

L’argent et la dépossession qu’entraîne la marchandise, nous éloigne chaque jour un peu plus de notre puissance individuelle et collective. Face aux crises qui traversent depuis longtemps les sociétés capitalistes « avancées », les nouveaux visages du fascisme aspirent désespérément au retour d’une communauté autoritaire et mythique.

Le faux choix entre libéralisme existentielle et barbarie nous écarte de notre désir de commun et de joies à partager. Le défi est, maintenant pour nous, de se constituer en une force capable de vaincre à partir de ce désir, tout en le libérant. Une ligne de fuite mince et ténue comme un fil de rasoir…

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Replis, dépassements, et art des conséquences…

« Impossible de rêver le futur, le seul futur est celui de l’expectative d’un désastre. »

Le fascisme se veut une totalité, et à se titre, il capitalise l’ensemble des peurs individuelles pour refonder un nouveau moralisme. L’éternel fantasme du retour à la terre, à l’unité de la famille, à la grandeur de l’État… C’est en tant qu’idéologie, qu’il tente de constituer un corps homogène en donnant à la foule l’illusion d’une existence unique. Mais, paradoxalement, en tant qu’absolu de la destruction, il organise l’atomicité et le repli sur soi en projetant sur l’« Autre » la figuration du mal.

De même que la volonté de bâtir une Europe aux allures de forteresse, ou de la chasse aux sorcières à l’égard d’ennemis intérieurs qui lui échappent, le fascisme est une tentative de récupération des désirs de changement. Tout projet, aussi mortifère soit-il, semble dès lors justifiable, du moment qu’il se donne pour but de sauver et de restaurer ce qui peut encore l’être des paradigmes de l’Occident.

Cette rigidification du moralisme ambiant est fondée sur une constante anticipation du pire. Le désir et l’appréhension de la catastrophe civilisationnelle, conduit soit au déni, soit à des réactions endémiques. Ainsi l’époque produit elle-même ces incommensurables forces intérieures qui, en tant qu’esprit et néant, nostalgies et fureurs, poussent chaotiquement l’évolution du monde vers la métamorphose ou le déclin.

Le déracinement individuel qu’impliquent toutes frustrations et adaptations à la modernité « blanche-hétérosexuelle », nous amène à contester celle-ci, ou à en assumer malheureusement les conséquences, c’est-à-dire à se ranger du côté de ceux qui accompagnent docilement cette chute sans fin. Le réel défi que pose le fascisme n’est pas tant celui de son accession au pouvoir (certains oseraient dire qu’il y est déjà), mais bien plus, celui de l’accession à la conscience qu’un bouleversement global, comme réponse sur le plan de la singularité et de son action, est seul véritablement réaliste.

L’incessant déclin, que connaissent nos sociétés aux volontés impérialistes, provoque des réactions et des processus de rigidification, qu’aucune idéologie ne sera à même de résoudre. Aucun programme qui ne puisse nous ré-enchanter ; ce n’est pas une mince affaire pour notre temps : trouver des réponse à des questions devenues sans fond…

Alors que la plupart de nos contemporains se maintiennent dans l’assurance d’un bonheur feint, les dernières évidences qui soutenaient la métaphysique marchande occidentale s’écroulent une à une. Tant que l’Ordre sera synonyme d’équilibre, d’harmonie et de beauté, la fascination du fascisme exercera sur nous son emprise, possédés par la volonté d’un pouvoir sur ce qui ne peut être défini, et d’un savoir sur ce qui ne peut être nommé.

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Toute connaissance est connaissance de ce qui nous est inconnu.

« Je m’éloigne de ceux qui attendent du hasard, du rêve, d’une émeute, la possibilité d’échapper à l’insuffisance. Ils ressemblent trop à ceux qui s’en sont autrefois remis à dieu du souci de sauver leur existence manquée . »

APPENDICE(S)

(…) La relation qui s’établit entre rhétorique du parasite et violence promise apparaît dans son aveuglante clarté. « Parasite » a été, au XXe siècle, l’un des sésames les plus efficaces de toutes épurations, les bruyantes comme les silencieuses. La coagulation de sens qui s’opère dans l’emploi politique du terme en démultiplie les effets, et en fait dans la mêlée des discours, une redoutable machine de guerre. (…) La prolifération d’un discours du parasite et du parasitisme en demi-teinte, s’agence sur des dispositifs d’amputations « allégés » : le refoulement, l’expulsion, le rejet plutôt que la mise à mort ; plutôt que de parasites, on parlera « d’en situation irrégulière »,  d’illégaux, de clandestins ; la neutralité du langage administratif vient masquer la brutalité des pratiques de séparation avec l’indésirable, comme la suggestivité de l’expression empruntée à la biologie venait intensifier et exalter les pratiques d’épuration et de nettoyage mises en œuvre par les défenseurs de la pureté du sang.

(…) Là où se sont retirés, ont perdu leur substance stratégique et leur souffle historique, les grands modèles (politiques) de l’affrontement massif et direct (classe contre classe…), de la bataille ou de l’insurrection qui impose la décision, là où la figure de la résistance, orpheline de sa majuscule, est conduite à se redéployer sur un mode non-héroïque, moléculaire davantage que molaire, de nouvelles tactiques, de nouvelles intensités sont appelées à se nouer autour du parasite et du parasitisme — ceci dans l’horizon général d’un indispensable redéploiement général de l’entendement politique. (…) Le devenir-parasite engage les subjectivités individuelles mais en appellent aussi à la formation de collectifs. En fait si l’on regarde de prés, les formes de résistance, de conduites de défection, de diversion, de ralentissement ou d’entrave, qui se déploient sur le versant du parasitisme (vol, coulage, refus de travailler, mendicité…) font toujours revenir le sauvage au cœur même du monde civilisé, par quelque biais, elles passent toujours par des conduites d’ensauvagement.

Alain Brossat, Nous sommes tous des voleurs de poules roumains !

(…) L’immensité de l’effort à accomplir, la nécessité de remettre en question toutes les valeurs auxquelles nous sommes attachés, d’en revenir à une nouvelle barbarie pour rompre avec la barbarie polie et camouflée qui nous sert de civilisation, l’inconnu vers lequel nous nous dirigeons — car nous nous ne savons absolument pas ce que pourra être l’homme —, les violences terribles que provoquent l’inégalité de satisfaction des besoins, l’asservissement aux choses, le gouvernement par les choses, ainsi que la dialectique propre de la technique, enfin l’inertie, la fatigue, tout contribuerait à renvoyer à une échéance de rêves (ou de sang). La réalisation d’un tel mouvement, c’est la pression des besoins de représenter une force, une réserve de durer très grande. On peut dire que la rapidité de progression du mouvement est surprenante, mais de toute manière il faut du temps, l’essentiel n’est d’ailleurs pas d’arriver, mais de partir, le commencement de l’homme sera l’événement par excellence et nous ne pouvons pas dire que nous soyons à un tel préliminaire  peut-être l’entrevoyons-nous, peut-être faut-il commencer sans cesse, c’est-à-dire ne jamais se fier au mot commencement. En tous cas, personne ne doute que la phrase de Marx : « Le règne de la liberté commence avec la fin du règne des besoins et des fins extérieures » ne promet rien aux contemporains que la recherche d’une direction juste et la décision d’un avenir possible.

Il en résulte que les hommes d’aujourd’hui aussi ceux de plus tard, s’ils ne veulent s’exposer à vivre dans des rapports d’illusion, n’ont apparemment d’autre issue que de s’en tenir à la forme de besoins les plus simples : il leur faut convertir toutes les valeurs en besoins. Cela signifie que, dans les rapports collectifs, nous ne devons avoir d’autre existence que celle qui rend possible le mouvement par lequel serait porté au pouvoir l’homme du besoin.

(…) La « communication », telle qu’elle se dévoile dans les rapports humains privées et se retire dans les œuvres que nous appelons encore œuvres d’art, ne nous indique peut-être pas l’horizon d’un monde dégagé des rapports trompeurs, mais nous aide à récuser l’instance qui fonde ces rapports, nous forçant à gagner une position d’où il serait possible de n’avoir pas de part aux « valeurs ». (…) Nietzsche voulait transmuer toutes les valeurs, mais cette transvaluation (du moins, dans la partie la plus visible, trop connue, de ses écrits) semblait laisser inapte la notion de valeur. C’est sans doute la tâche de notre temps de s’avancer vers une affirmation tout autre. Tâche difficile, essentiellement risquée. C’est à cette tâche que le communisme nous rappelle avec une rigueur à laquelle il se dérobe souvent lui-même (…).

Maurice Blanchot, L’amitié, Sur une approche du communisme.

« Cruel, moi ?
Je ne suis pas cruel,
je suis logique ! »


Tours. Marche de la fierté : le face-à-face évité

“ La marche pour la fierté tourangelle ” organisée hier soir s’est déroulée sans heurts. La police a contenu le défilé et les contre-manifestants.

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L’association tourangelle d’extrême droite Vox Populi organisait hier soir une « marche de la fierté tourangelle » en centre-ville de Tours. Un défilé martial sur le thème de la préférence identitaire, avec tout le décorum et la mise en scène, un brin folkloriques, qui scandent les démonstrations du mouvement autonome : des jeunes gens et des moins jeunes en marche rangée, qui brandissent à bout de bras des oriflammes de la Touraine et des torches. Le tout au son du roulement de tambour.

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En réaction à cette marche, des militants d’extrême gauche, mais aussi des étudiants, des représentants des mouvements gays et lesbiens avaient prévu une contre-manifestation. La confrontation était redoutée dans les rues du centre-ville, mais elle n’eut pas lieu. D’abord parce que les forces de police ont canalisé de bout en bout les deux défilés, et fait en sorte que le face-à-face n’ait pas lieu. Ensuite parce que les responsables de Vox Populi ont retardé leur défilé de près d’une heure, affichant ainsi une volonté manifeste d’éviter tout affrontement. Les « antifascistes » se dispersaient quartier Plumereau dans la froidure du soir, vers 20 h, au moment où sur le parvis de la cathédrale, les 90 membres de Vox Populi — dont beaucoup de jeunes, notamment de jeunes filles — commençaient leur lente marche à pas cadencé vers la rue Nationale. Ce défilé s’arrêtait finalement rue Paul-Louis-Courier devant une plaque rappelant le passage à Tours de Jeanne d’Arc. Hormis quelques sifflets, ce défilé suscitait finalement surtout l’étonnement et la curiosité chez les passants.

Repères
Vingt-cinq policiers, dont vingt en tenue anti-émeutes, et une dizaine de policiers municipaux étaient mobilisés hier soir pour, dans un premier temps canaliser la contre-manifestation des « antifascistes », puis, ensuite, encadrer le défilé des identitaires en évitant tout « contact » avec les passants aux intersections sensibles. Le secrétaire général de la préfecture, Christian Pouget, suivait sur le terrain — et à vélo ! — la progression des manifestants des deux côtés et l’intervention des forces de l’ordre.

Leur presse (Pascal Landré, LaNouvelleRepublique.fr), 29 janvier 2012.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 12:10

Des militants neuchâtelois dénoncent les méthodes de la police bernoise

ANTI-WEF • Deux manifestants ayant participé à la mobilisation bernoise contre le Forum de Davos témoignent d’un dispositif policier musclé et disproportionné.

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Samedi dernier, huit membres du collectif anti-WEF Neuchâtel se sont rendus à la manifestation non autorisée de Berne. Étouffée dans l’œuf par un important dispositif policier, celle-ci n’a jamais eu lieu. Rémy Jeanloz et Noémie Treichel font partie des cent septante-deux personnes interpellées par la police et des cent cinquante-trois dénoncées pour émeute : « Les bottes nous ont fait taire avant même que nous ayons pu manifester. Il n’y a pas eu d’émeute ni de dégâts. Nous n’avons pas été autorisés à nous déplacer librement. La liberté d’expression et la démocratie sont en danger », dénoncent-ils.

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Témoignages choquants

Leurs témoignages sont accablants. Les contrôles d’identité ont commencé à la gare. Vers 13h45, les deux manifestants se trouvent à la Reithalle. C’est en sortant du centre alternatif, pour se rendre au lieu de rendez-vous à la Heiliggeistkirche, qu’ils ont été encerclés par la police anti-émeute. « On était une centaine, tandis que les policiers étaient au moins deux cents. On a attendu une heure, puis on a essayé de négocier pour retourner à la Reithalle. On nous a dit que ceux qui le souhaitaient pouvaient sortir de la manifestation. On a accepté. On s’est rendu un à un. Mais au lieu de nous relâcher, ils ont pris nos identités, nous ont fouillés, menottés, puis enfermés dans un fourgon. On nous a trompés. On ne savait pas ce qu’ils allaient faire de nous. On a finalement été emmené dans un parking où des cages avaient été installées. On nous a sortis du fourgon un à un, fouillés, tatoué un numéro sur le bras, photographiés avec une pancarte numérotée autour du cou, puis entassés dans ces cages. Certains se sont même urinés dessus, car pendant tout ce temps, il n’a pas été possible d’aller aux toilettes », relate Rémy Jeanloz.

Noémie et Rémy sont restés enfermés huit heures. La police semblait bien décidée à impressionner les manifestants : « Elle a fait aboyer des chiens devant les cages. Certains ont été gazés au poivre, et d’autres — comme dans notre cage — ont été menottés car on ne se tenait pas assez bien. Ils avaient des caméras pour nous filmer à l’intérieur. C’est très inquiétant. Que font-ils de ces images ? », s’interroge Rémy.

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Mesures d’intimidation

Les manifestants ont tous subi un interrogatoire avant d’être relâchés au compte-goutte. « On m’a libéré juste après le départ du dernier train. Comme on était interdit de périmètre dans Berne, j’ai passé la nuit à la gare, au froid. Ce n’est pas correct », explique Rémy.

Pour les représentants du collectif anti-WEF Neuchâtel, la police cherche clairement à discréditer les manifestants en les décrivant systématiquement comme des agitateurs. « Cette politique d’intimidation a pour but d’éviter que les médias reconnaissent le mouvement comme légitime. Ce que nous souhaitons, c’est avoir le droit d’exprimer notre opinion contre un forum qui fait selon nous partie du problème et pas de la solution », conclut Rémy Jeanloz. Selon la BernerZeitung, la facture de la police bernoise pour cette intervention musclée se monterait à un demi-million de francs.

Leur presse (Claude Grimm – LeCourrier.ch), 27 janvier 2012.

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