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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:02

[Poitiers] B.A.C à poubelle !

Il est environ 23h le 28 décembre, nous nous trouvons sur le parking du nouveau Spar de Saint-Benoît. Ces poubelles ne nous ont jamais trahi sur l’abondance de nourriture, encore tout à fait consommable, qu’elles contiennent. Triste constat du consumérisme ambiant, mais grande réjouissance face à la semaine de survie qu’elles nous offrent.

Un seul détail nous échappe : ces poubelles sont privées. Alors, au même titre que de se servir dans les rayons sans payer, se servir dans les poubelles, c’est du vol. On ne voulait pas y croire, mais les flics, eux, ont bien profité de l’occasion. Une voiture de la BAC (Brigade Anti Criminalité) nous intercepte donc sur le parking nous ayant vu, de loin, garés près du local à poubelle. « Surveiller les zones économiques, ça fait partie de notre travail. » Nous n’avons pas nos papiers sur nous, mais ce n’est plus qu’un détail. Ils nous connaissent bien ce qui suffit largement pour nous emmener au poste après recherche d’éventuelles traces d’effraction de notre soi-disant introduction dans le local. La voiture est emmenée au commissariat, le chien à la SPA et nous deux en cellule.

Pas d’effraction. Mais ils ne nous lâcheront pas comme ça. C’est un beau délit qu’ils ont intercepté ce soir-là : vol en réunion avec ruse ! Les flics ne manquent pas de nous le mentionner : « votre physique le permet… ». On se serait donc faufilés, mais quelle ruse !

Après une quinzaine d’heures de garde à vue, nous sommes présentés au tribunal. Comparution immédiate, nous la refusons. Le procureur, M. Casassus-Builhe, demande notre placement en détention provisoire. Est-ce encore une ruse pour nous empêcher de réitérer cet abominable délit ? Après 20 minutes de délibéré, le juge nous laisse libre avec une convocation au tribunal le 23 janvier 2012 à 14h. Un peu plus et une poubelle nous emmenait à Vivonne !

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

Si comme nous vous trouvez cette répression totalement injustifiée, venez nous soutenir le 23 janvier 2012 à 14h au palais de justice à Poitiers.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les militants poursuivis et appelle à venir les soutenir.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 11 janvier 2012.


[Rennes] Guerre aux pauvres !
Action de soutien aux personnes arrêtées le 28 décembre à Poitiers lors d’une récup’.

Le 28 décembre, en soirée, deux personnes sont interpellées aux alentours de Poitiers alors qu’elles sont en train de repartir après avoir fait de la récup’ dans les poubelles d’un supermarché. Les agents de la BAC qui les arrêtent leur affirment que « surveiller les zones économiques, ça fait partie de leur travail ». Bien qu’il n’y ait aucune effraction, les deux sont accusé.e.s de vol en réunion avec ruse et directement embarqué.e.s au commissariat pour 15h de garde à vue. Ce n’est que de justesse qu’il.le.s échappent à la comparution immédiate et à la détention provisoire.

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

À toi le jeune qui galère, le moins jeune qui n’arrive toujours pas à boucler tes « fins de mois », le vieux qui continue à tirer la langue, ceux qui cherchent à bouffer, ainsi qu’à tous ceux qui ne supportent pas de voir le gaspillage quotidien de ce monde : remballez vos gaules, la flicaille vous a à l’œil.
Au nom de la propriété privée, il faudrait qu’on avale toutes leurs couleuvres, mais surtout pas leurs miettes ! Bouffer les produits balancés par les supermarchés, ces temples de la fausse abondance, c’est encore trop.

Tu fais les poubelles ? Tu n’es qu’un voleur.
Tu te nourris des restes ? On te menace de taule.

Être un parasite, c’est simple ça ne fait pas bon ménage avec « l’ordre ». Tous ces gens la tête dans la benne, en train de glaner, ça fait tâche dans nos « belles villes propres et lissées » !
Le pendant de l’oppulence des uns doit toujours être l’affamement et la répression des autres. Le pauvre est dangereux, même quand il cherche seulement de quoi vivre.

Pourtant s’ils croient nous dissuader de les déranger dans leur scandaleuse surconsommation en arrêtant les gens qui font les poubelles, ils se fourrent le doigt dans l’œil.

Ils veulent qu’on consomme, on continuera à récupérer et à se débrouiller par nos propres moyens. Parasites ou profiteurs selon eux, on se contente simplement de survivre et de venir prendre notre part du gâteau là où on la trouve, là où on trouve qu’il est inadmissible de balancer autant de bouffe quand d’autres crèvent de faim.
Tant qu’ils se vautreront dans la consommation, on continuera à s’ébattre dans ce qu’ils ne considèrent plus digne de leur infect banquet.

Le 23 janvier à 14h à Poitiers aura lieu le procès des deux personnes arrêtées le 28 décembre.
Parce qu’il est inadmissible de laisser la police et le pouvoir poursuivre leur chasse aux pauvres et leur entreprise de répression massive, nous appelons à :

Une action de soutien le 23 janvier à 14h, place du Colombier à Rennes.

Ramenez vos récups pour organiser un grand marché gratuit sur cette place.
Si la météo le permet nous partagerons une soupe 100% poubelle à la santé des Poitevins et à la barbe des poulets.

Indymedia Nantes, 13 janvier 2012.

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:46

Marie-Gouze--Olympe-de-Gouges.jpg

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:27

Alors qu’Alexandre Gabriac et sa clique des jeunes fascistes appelaient à manifester dans les rues de Lyon, près de 1 500 personnes ont répondu à l’appel antifasciste, dont un grand nombre de libertaire, pour rappeler que les rues de Lyon n’appartiendront jamais aux néo-nazi. 

Lire aussi : Opération Lyon Propre (#anonymousAntifa, hacking des sites fascistes pendant que se déroulait la manifestation)

La situa­tion est rela­ti­ve­ment tendue à Lyon en début d’après-midi. Alors que les anti­fas­cis­tes se ras­sem­blent par cen­tai­nes au cœur du quar­tier de la Guillotière (où Gabriac espé­rait ini­tia­le­ment faire abou­tir sa mani­fes­ta­tion) rien ne laisse pré­sa­ger l’ampleur de la mobi­li­sa­tion anti­fas­ciste, ni du nombre de fas­cis­tes qu’arri­ve­ront à ras­sem­bler, en face, les quel­ques nos­tal­gi­ques de Pétain ras­sem­blés pour l’occa­sion. On blague un peu en pen­sant à tout le mal qui pour­rait arri­ver au local des fas­cis­tes situé au cœur de la Guillotière et on lance les pre­miers slo­gans contre l’extrême droite.

Vers 14h30 le cor­tège s’élance en direc­tion de Bellecour, quel­ques élus et repré­sen­tants de partis, suivi d’un camion CGT, ouvrent la marche. Oh sur­prise, le camion sono ne nous abreuve pas des niai­se­ries habi­tuel­les, mais passe un peu de musi­que (les bérus, plus étonnant encore un chant de la CNT de 1936) et enchaine les slo­gans. Juste der­rière suit le cor­tège liber­taire, dense et entouré de ban­de­ro­les, loin d’être assez nom­breu­ses pour limi­ter la foule. Pas la peine de se comp­ter, la presse et la fli­caille s’en char­ge­ront, une chose est sûre, nous sommes nom­breux et déter­mi­nés cette après-midi à Lyon pour faire face à l’extrême droite. Quelques autres cor­tè­ges sont pré­sents, de partis (NPA ou les Verts) ou de syn­di­cats (SUD, CGT, FSU). Et sur­tout beau­coup de gens déter­mi­nés, sans étiquette par­ti­cu­lière, vien­nent appor­ter leurs forces, la mani­fes­ta­tion gagnera également en nombre tout au long de son par­cours.

Rapidement quel­ques fumi­gè­nes sont cra­qués et vien­nent ajou­ter à l’ambiance, mais dès l’arri­vée à Bellecour force est de cons­ta­ter que l’accès au Vieux Lyon, pour l’occa­sion offert à l’extrême droite par la pré­fec­ture, nous est défendu par des bar­riè­res anti-émeutes. La pré­sence poli­cière, bien visi­ble, n’est pour­tant pas collée à la mani­fes­ta­tion comme on en a sou­vent l’habi­tude. C’est que la ten­sion est pré­sente, et que l’actua­lité poli­cière aug­mente encore l’ani­mo­sité à leur encontre. La mort de Wissam et d’autres sont à l’esprit de beau­coup (des cama­ra­des de Clermont-Ferrand feront d’ailleurs en fin de mani­fes­ta­tion une inter­ven­tion à ce sujet).

Ce qui devait arri­ver arriva, et lors­que les bar­riè­res anti-émeutes se retrou­vent en vue du cor­tège, une partie de celui-ci tente d’y accé­der, mais rejoin­dra la mani­fes­ta­tion quel­ques minu­tes plus tard. Laquelle, après un pas­sage aux Terreaux, lon­gera les quais en sens inverse jusqu’à Bellecour, cher­chant régu­liè­re­ment les failles du dis­po­si­tif poli­cier. Lequel reçoit au pas­sage quel­ques pro­jec­ti­les (magni­fi­que jeté de sapin d’ailleurs). Les fachos ne sont pas visi­bles en face et la mani­fes­ta­tion finis­sant place Bellecour, la plu­part des par­ti­ci­pants se dis­per­sent avec l’assu­rance que les fachos n’auront pas occupé Lyon aujourd’hui, et avec pour cer­tains la décep­tion de ne pas avoir pu les empê­cher d’accé­der à St-Jean comme au reste de la ville.

Quelques infor­ma­tions nous par­vien­nent d’ailleurs au long du par­cours de la fai­blesse de la mobi­li­sa­tion fas­ciste. Entre les que­rel­les de cha­pel­les avec les iden­ti­tai­res, le GUD, ou bien 3e Voie (alorsplan­quée à Crémieu), Gabriac aura à peine réussi à ras­sem­bler deux cents per­son­nes pour l’écouter faire l’apo­lo­gie de Pétain en direct (« le plus grand mili­taire fran­çais » dixit). Dont de nom­breux grou­pes venus de loin, voire d’autres pays, puisqu’il aura même accueilli une délé­ga­tion de racis­tes hon­grois. Sa petite mani­fes­ta­tion a tout de fas­ciste : marche au pas, en rang, dra­peau et ser­vice d’ordre se voyant déjà en milice fas­ciste. Leur par­cours leur aura tou­te­fois laissé la sur­prise de longs murs recou­verts de slo­gans anti­fas­cis­tes : et non, nazis, vous ne serez jamais chez vous à Lyon !

Trois inter­pel­la­tions ont eu lieu à proxi­mité de Saint-Jean, trois anti­fas­cis­tes qui ont visi­ble­ment réussi à tra­ver­ser le pont. Nous sommes sans nou­vel­les d’eux à l’heure actuelle. Au moins une autre per­sonne a été arrêté lors des face à face avec la police devant les ponts de la Saône, on est également sans nou­velle de cette per­sonne. Les infor­ma­tions sur les arrê­tés sont les bien­ve­nues pour orga­ni­ser le sou­tien.

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Le parcours des fascistes... balisé !
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Les nationalistes à Saint-Jean semblent hésiter entre milice...
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et croisés...

Vos témoi­gna­ges / infor­ma­tion sur la jour­née sont les bien­ve­nus dans les com­plé­ments d’infos ci-des­sous.

Mise à jour diman­che 15/01 à 13h : Les qua­tres per­son­nes arrê­téEs hier ont été rela­chéEs. Nous igno­rons encore si des pour­sui­tes ont été enclen­chées contre eux ou non.

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:14

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:50

Démocratie, justice, sécurité, objectivité…

C’est par ces mots, neutres en apparence, que s’impose
l’idéologie du pouvoir, de plus en plus présente
dans tous les aspects de notre vie quotidienne.

En donnant la parole à ceux qui ne l’ont pas,
en dénonçant la mainmise de l’état et du patronat sur notre existence
(travail, santé, vie chère, violences policières, enfermements…)
et en relayant les luttes, Au Fond Près du Radiateur,
émission présente sur les ondes de FPP (106.3 FM) depuis 2005,
tente chaque semaine de donner un autre son de cloche.

Cette émission est un outil parmi d’autres
pour se réapproprier l’information,
la parole et l’analyse, monopolisées par la pensée dominante.

.

Contactez-nous : aufondpresduradiateur@no-log.org

ou : Au fond près du radiateur 1 rue de la solidarité 75019 Paris

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Published by coutoentrelesdents - dans MEDIA
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:46

Article paru dans le Nouvel Observateur, n°683, daté du 12 décembre 1977. (Nous l’avons en version scanné pour ceux qui seraient intéressés)

Petits-fils désespérés de Mai 68, héritiers de l’anarchie, ils crient : « Oui, Baader était un camarade. »
Ils revendiquent la violence, par la parole et par les actes

Il n’a pas tout à fait vingt ans, manie le cocktail Molotov dans les manifestations, dit, scande : « Oui, Baader était un camarade », et se reconnait dans ces « autonomes » italiens qui, à coups de « P. 38 », partent à l’assaut du « compromis historique ». Gilles est l’un de ces « autonomes » français dont les militants de la Ligue communiste révolutionnaire disent :« Avec eux, a se règlera à coups de barre de fer. ».
Son existence, il la crache en rafales, avec l’agressivité des meurtris et — pour combien de temps ? – la rage de convaincre : une « communale » de la banlieue parisienne, puis l’école des enfants de pauvres. Ce C.E.T., morne, discipline, sans espoir mais miraculeusement secoue, au printemps de 1973, par une révolte joyeuse, si belle, si riche que ce ne pouvait être la sienne, celle des collégiens du rebut. On l’avait d’ailleurs appelée « la révolte des lycéens » pour que nul ne s’y trompe.
Un temps, Gilles, en mal de révolté, est resté militant d’un petit groupe maoiste, avatar éphémère d’un grand mouvement né dans les séminaires de la rue d’Ulm : pas pour lui, pas son monde. « Dans les organisations d’extrême gauche, dit-il, il n’y a que des bourgeois, petits ou grands ». Il a connu le chômage, celui des « jeunes nouveaux venus sur le marché de l’emploi », comme disent à la télévision ceux qui y parlent – jamais lui. Un jour, c’était l’année dernière, il trouve un travail sur une chaine métallurgique. Mais, lorsqu’il a éternué, la France ne s’est pas enrhumée : sa grève sauvage l’a remis, mauvaise tête, dans la file d’attente de l’Agence nationale pour l’Emploi avec quelques copains, ses complices. On lui propose une première place, au S.M.I.C. ; une deuxième, au S.M.I.C. ; une troisième, au S.M.I.C. Avant, il gagnait deux mille francs, et il a donc – « je ne suis pas un esclave ! » – refuse trois fois, c’est-à-dire une de trop : « Ils m’ont sucré les indemnités, ces salopards. »

Mauvais, très mauvais

Alors, dit Gilles, « moi, je rends coup pour coup à l’Etat ». Et quand l’un de ses copains de, « la bande des loub » (c’est ainsi qu’on les appelle, parmi les « autonomes » qui ne sont pas tous loubards) corrige : « Non, on n’attend plus qu’ils nous cognent, on cogne avant », acquiesce : « Bien ».
« Cogner », ce n’est pas du tout aller ouvrir le crâne des petits vieux dans leurs pavillons. Cogner, c’est prendre ce qu’on vous refuse ; les moyens de vivre, de bien vivre. C’est entrer par la sortie dans les cinémas, ceux des beaux quartiers. C’est aller diner non pas dans un « Wimpy » mais dans un vrai restaurant, et filer vite å la dernière gorgée de cognac (« faire baskets »), piquer les journaux, les bouquins, les fringues, pour soi, pour les copains, pour ceux et celles qu’on aime. C’est aussi, physiquement, « exprimer sa révolte ».
Vendredi 18 novembre, deux jours après l’extradition de Klaus Croissant, Gilles et sa bande sont aux premiers rangs de la manifestation. « Equipés », cela va sans dire, et mauvais, très mauvais : contre les vitrines trop rutilantes, les bagnoles, les flics, les banques surtout. Et contre le service d’ordre de la Ligue communiste, qui, après avoir tente de limiter les dégâts, relève plusieurs blessés sérieux. La Ligue, avec son « S.O. », son journal quotidien, son ancien candidat à la présidence de la République, ses futurs candidats aux législatives, son organisation bien rodée, bref, sa place conquise sur l’échiquier politique, condense tout le mépris des « autonomes », qui ne pardonnent pas cette « intégration » et accusent les « trotskards » de réver à « une bonne petite société de bureaucrates socialistes » : « Tout ce qu’ils savent faire, c’est se mettre à la remorque de l’Union de la Gauche. Après une saloperie comme Croissant, ils voulaient nous obliger å manifester dignement, à pleurer sur la méchanceté de l’État. Mais on le sait, que l’Etat est méchant ! Alors faut pas pleurer, ca sert à rien, faut répondre. » « Parce que “répondre”, ça sert à quelque chose ? » Là, Gilles s’est marre, un peu amèrement : « Raconte pas d’histoires ! Croissant, ils l’avaient expédié, et on n’allait pas le faire revenir. A la limite, Croissant, on n’en avait plus rien à foutre : c’était trop tard. Si on manifestait, pour montrer qu’on ne laissait pas passer ça sans réagir. Au prochain coup, ce ne sera plus le Molotov mais les flingues. Oui : les flingues. »
II est ce que vous voudrez, Gilles, mais pas idiot. II sait parfaitement que, s’il tire un jour, on tirera aussi de l’autre côte, et avec de plus gros calibres : « Peut-être que dans deux ans je serai mort, je sais. » Aucune importance. II a un regard étonne, ses copains aussi, et il dit : « La vie, je l’aime beaucoup ; mais les types de mon âge que je connais, ou bien ils sont déjà abrutis à dix-huit ans, ou bien on a fait d’eux des criminels, ou bien ils sont bouffis par l’héroine. Nous, on prêt à se battre, vivre le communisme tout de suite, et puis… de toute façon on n’a rien à perdre. Rien. » Et peut-être, pensent-ils, tout à gagner ; car l’espoir de voir le « mouvement » s’amplifier, de voir la révolte s’étendre et nourrir enfin une violence qui ne serait pas « militaire », comme celle de Baader, mais « politique », cet espoir, il l’a.

La gauche se tait

Heureusement, car si l’on espère encore convaincre, on ne commence pas forcement par tirer. « Tu sais courir ? » J’ai décline l’offre, et, en renversant deux chaises du bistrot nous étions, ils ont tous « fait baskets ». Difficile à dater, la naissance de l’« autonomie » en France. Peut-être l’assassinat, en 1972, devant les portes de Renault, de Pierre Overney, dont l’enterrement fut marqué à la fois par la dernière démonstration de force du gauchisme, la première action spectaculaire de noyaux clandestins – l’enlèvement de Robert Nogrette par la Nouvelle Résistance populaire – et la fin du grand rêve pacifique de Mai, brisé par le claquement d’une balle. « Ce jour-là, disent aujourd’hui les “autonomes” (ceux qui l’ont vécu et ceux auxquels on le raconte), nous n’avons ni su ni voulu répondre à la violence : nous avons reculé devant l’affrontement. » Le recul n’est plus de mise, désormais : les « autonomes » approuvent « l’exécution » du meurtrier de Pierre Overney, Jean-Antoine Tramoni, abattu en mars dernier par les Noyaux armes pour l’Autonomie populaire, les N.A.P.A.P. ( 1 ).
Une autre source de « autonomie », ce pourrait être Vive la Revolution (V.L.R.), ce courant du maoisme qui parlait du désir de chacun plus que de la prise d’un pouvoir dont on commençait à se méfier, appelait à « chasser les flics de nos têtes » et disait : « Tout, nous voulons tout, tout de suite », comme les « autonomes » disent maintenant : « Nous voulons vivre le communisme. » V.L.R. s’était dissous pour laisser vivre les communautés, les mouvements de femmes, d’homosexuels, de squatters, de prisonniers, de psychiatrises, les comités de quartier ou d’usine, tous les désespérés, les écologistes et bien d’autres. Pendant cinq ou six ans, tous ces décentralisés de la revolution ont cultivé leur jardin ou développé leurs expériences, et puis il y a eu Malville : manifestation non violente, insouciante. Pas pour la révolution, juste contre un supergénérateur, contre le nucléaire, contre un choix grave, impose sans débat. Résultat : un mort, des amputés. Le réformisme, décidément, n’est pas plus facile que la révolution. Une rage a surgi, inconnue en Mai, faite, déjà, de solidarité avec ces jeunes Allemands si peu à leur place dans leur pays et qu’un préfet trop zélé assimilait à des nazis avant de les expulser.
Baader et ses camarades trouves morts dans leurs cellules, suicide ou assassinat, c’était trop : ils étaient frères des jeunes rebelles français, enfants de la même révolte qui se cherche depuis les années 1960, fourvoyés surement mais, certainement, tombés victimes du même ennemi — l’État, celui de Giscard ou de Schmidt —, de la solidarité dans la répression et de l’exclusion de ceux « qui pensent autrement ». « Les dissidents, disent les ” autonomes”, existent aussi à l’Ouest » : manière de saluer ceux de l’Est tout en rappelant qu’on existe. Devant ces morts, la gauche, pour laquelle Baader était tout sauf un camarade, se taisait. L’extrême-gauche, mal à l’aise, se démarquait autant qu’elle protestait. Un communique dans « Liberation », signe de l’Organisation communiste libertaire (O.C.L.) – le seul groupe politique accepté dans l’« autonomie » appelle à une réunion tous ceux qui veulent réagir. Désormais, les « autonomes » ont leur dossier aux .Renseignements généraux.

Pour beurrer l’entrecôte

Et c’est parti. Parti pour une manifestation gare Saint-Lazare, pour l’occupation de « Libération » – meurtre symbolique de l’humanisme libéral porte par ce rameau-là de Mai -, pour une coordination régulière tous les lundis. Arrive ensuite la manifestation Croissant, le chahut au meeting de la Ligue des Droits de l’Homme, des assemblées générales, et même un journal : « l’Officiel de l’Autonomie » ! Dans la révolte brute, confusément, une volonté politique se dessine. Un militant de l’O.C.L. : « Jusqu’alors, l’initiative des apparitions publiques appartenait à la Ligue et aux autres organisations. Maintenant, nous pouvons prendre nos propres décisions. » Décisions ambitieuses ! Un membre du bureau politique de la Ligue ironise : « S’ils veulent fédérer les mouvements des femmes, des squatters, des psychiatrises, je leur souhaite du plaisir. »
Jeudi 24 novembre, six jours après la manifestation Croissant, amphithéâtre 34 de la faculté de Jussieu, assemblée générale convoquée dans « Libération » par « des copains et des copines du cortège autonome ». Ces « autonomes »-là, qui ont presque tous, au moins, un morceau de licence en poche, forment une autre bande. Une autre histoire. Celle de gens qui se sont connus, l’année dernière, en formant un comité de chômeurs dans un arrondissement de Paris. Parce qu’ils pensent que nous sommes entrés, pour très longtemps, dans l’ère du « chômage endémique de masse », ils réclamaient non plus le droit au travail mais « le droit au salaire ». Leur unité a vécu. Ils ont entre vingt et trente ans, souvent un passé de militant d’extrême gauche, une solide méfiance envers le léninisme, une longue expérience du désespoir et, aussi, des petits boulots provisoires qui beurrent les entrecôtes « réquisitionnés »
La violence, ils sont décidés à « l’assumer ». Parce que « ce super-besoin de violence, il est dans nos têtes et dans nos mains, un besoin de casser tout ce qui donne prise, toutes les tentacules, tous les symboles, tout le silence, aussi, de cet État ». Mais ils refusent « d’être coincés dans la double spirale du “P. 38″ et du “compromis historique” des organisations ». Ils craignent que la violence ne finisse – par résumer l’« autonomie », qui doit aussi être heureuse et faite d’escarmouches quotidiennes. Le mystère de l’incendie des panneaux d’affichage Decaux, par exemple, est une page de 1′« autonomie »…

Un double col-blanc

A Jussieu, donc, ce devait être un débat ce fut un happening. Deux heures quinze minutes de thérapie par le cri autour d’un fond de bouteille soixante-huitard et d’un thême : « Des espaces infinis s’ouvrent à l’autonomie. » Pendant que les acteurs-spectateurs prennent place, un Malin souriant écrit au tableau noir : « Programme du cours : Qu’est-ce que l’autonomie ? Comment être un(e) bon(ne) autonome ? Un(e) méchant(e) autonome ? Les deux à la lois ? »
Un long jeune homme, sur les murs, écrit à la craie : « À bas l’autonomie phallocratique ! Vive les pédés ! » Un tract, de bonne facture situationniste, circule : « Casseurs, attention ! Un nouveau danger nous guette. » Le danger, c’est réapparition de « leaders autonomes », leur « empressement à se constituer en positivité politique » et le « détritus néo-gauchiste trop heureux d’hériter de troupes qui ne demandent qu’a en déborder ». Pour « en découdre », mais en plus fin.
Un « leader » en herbe prend la parole « Tout le monde en parle, l’idée d’autonomie a pris. S’il y a tant de monde ici, aujourd’hui, c’est qu’il y a une demande politique. L’autonomie, c’est un certain nombre de pratiques. Il faut que nous en discutions, au fond, même si c’est difficile. » Silence, bruits divers. Un doux, à l’air de col-blanc fauché : « Tout raisonnement politique conduit immédiatement au boulot, donc au Goulag : c’est la même chose. Nous devons rompre avec tout le discours politique traditionnel. Nous ne devons pas parler politique. » Un grand, moustachu : « C’est ça, quand l’État t’auras envoyé une “offensive” dans la gueule, on en recausera. »
Du fond gauche : « Vive les pédés ! » Du fond droit, une jeune fille sérieuse : « J’ai lu l’appel dans “Libé” , je suis intéresse par l’autonomie si ce n’est pas que la violence. Je voudrais qu’on me renseigne. » Les bruits sont devenus hurlements. Les squatters du XIVe arrondissement, qui se sont fait expulser le matin même « dans la plus complète illégalité », demandent que l’AG. soit lev »e pour qu’on aille tous rejoindre une manifestation en cours.
Après plusieurs appels sans succès, ils partiront seuls. Le doux col-blanc revient à la charge : « Quand je suis dans le métro, je ne me sens pas dans mon élément, j’ aimerais qu’on m’aide à me sentir dans mon élément. C’est ça, pour moi, l’autonomie. » Le moustachu : « Oh ! la ferme ! » Un petit barraqué : « La manif syndicale du 1er décembre, on y va, oui on non ? » Tollé presque général : « Tu choisis encore les échéances fixées par les autres. Y’en a marre ! »
Dans un coin, les animateurs de la revue théorique « Camarades », proche des expériences « autonomes » italiennes, deux ans d’âge et de plaidoyers en faveur de l’unité des « autonomies » françaises, prennent leur mal en patience : ça avance, doucement. Un jeune homme très délibérément froufroutant explique qu’il ‘est « autonome depuis dix ans parce que pédéraste » mais qu’il ne peut pas se reconnaitre dans cette assemblée « marquée par le culte de la virilité ».
Pas faux du tout : il partira avec ses amis, comme avant lui les squatters. Dans une travée du milieu, un gaillard plutôt punk aboie,en gesticulant : superbe symbole de
l’incommunicabilité régnante. Devant le tableau noir, un de la bande des « loub » inonde l’amphi avec un extincteur : « On coule ! » Une voix : « Nous sommes des paumés. » Une dizaine de parapluies noirs s’ouvrent : grand spectacle. Les « autonomies » en mal d’unité sont para1ysés par la crainte que leur désir d’agir ensemble débouche sur un nouveau parti, sur de nouvelles subordinations d’hommes et d’intérêts.
Pourtant, la « coordination » parisienne du lundi – trente groupes de quartier, de squatters, de femmes, d’écologistes, d’étudiants, d’ouvriers ou d’employés -, on arrive à s’entendre : « Les A.G., c’est le défoulement. Ici, nous avons jusqu’à présent réussit a prendre toutes nos décisions à l’unanimité » Attendons de voir. Mais il est vrai que les organisations d’extrême gauche se portent de moins en moins bien que la plus solide d’entre elles, la Ligue, voit son « créneau » politique menacé par la rupture de l’Union de la Gauche et le durcissement du P.C.
L’autonomie a le vent en poupe, dans cette couche sociale montante qui a fait le succès de 1′« autonomie » italienne et échappe à tous les appareils : celle des jeunes chômeurs des villes, dont la résignation n’est pas la vertu première, et de ces étudiants de plus en plus nombreux à devoir travailler pour payer des études qui ne leur serviront – ils le savent – à rien. Quelle différence y-a-t-il entre un fils d’ouvrier scolarisé jusqu’à seize ans ou dix-huit ans, sans emploi, et un fils de petit commerçant ou d’employé étudiant et futur chômeur ?
Presque aucune. ils parlent et s’habillent de la même façon, écoutent la même musique, ont les même ennuis avec la police, le même désenchantement, les mêmes appartements loués à plusieurs, les mêmes petits boulots du tertiaire en perspective, La même volonté, surtout, de se défendre seuls, de « ne pas laisser leur révolte se noyer dans la théorie » ; de rendre, comme dit Gilles, « coup pou coup ».

Le jeune prolétariat

Entre ce pavillon de la banlieue nord, loué en commun par une dizaine de membres du « comité autonome » d’une grande banque nationalisé, et cet immeuble parisien squatterisé par des étudiants de Tolbiac et de Jussieu, le langage est commun. A tort ou à raison, les uns et les autres estiment appartenir à une seule et même classe, le « jeune prolétariat », et parlent avec une colère identique et profonde du prix des loyers, de l’horreur solitaire des chambres de bonne, des services d’ordre des concerts, du racisme anti-jeunes, du chômage, de la dévalorisation des diplômes techniques ou universitaires, des assassinats d’immigrés, des accidents du travail impunis, du nucléaire, des tabassages dans les commissariats : de ce qu’ils appellent « le terrorisme de l’État ».
Les premiers se sont liés l’année dernière, à l’occasion d’une longue grève très dure qui a paralysé leur banque. Les seconds pendant les mouvements d’étudiants de 1976. Tous se connaissent et tous disent calmement, sans forfanterie, comme une évidence, qu’il est « normal de casser une banque », qu’un policier à la détente trop rapide doit savoir à quoi il s’expose, qu’un journaliste « qui choisit son camp doit assumer les risques de son choix » ou qu’un patron responsable de la mort d’un de ses ouvriers « ne doit pas pouvoir s’en tirer avec une simple amende ». Loi du talion, logique de Zorro.
« Coup pour coup », disent les « autonomes ».

Bernard Guetta

(1) Christian Harbulot, vingt-six ans, étudiant en droit consideré par la police comme membre des N.A.P.A.P. et comme l’auteur de l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni — bien qu’il nie toute participation cette affaire — a été arrêté le 3 décembre.

JEUNES TOTOS FILENT SUR:http://goubligoubla.wordpress.com/

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:40

Article paru dans le Nouvel Observateur, n°741, daté du 22 janvier 1979. (Nous l’avons en version scanné pour ceux qui seraient intéressés)

Ils sont tous deux des “autonomes”. Ils ont pris part, en toute connaissance de cause, à la manifestation qui a saccagé, samedi dernier, le quartier Saint-Lazare. Philippe, vingt-six ans, ancien élève d’un Institut universitaire de Technologie (I.U.T.) de province, est chômeur. Jacques, vingt-quatre ans, est employé de bureau dans un cabinet d’architecture. Nous leur avons demandé comment ils pouvaient justifier l’action insensée du samedi 13 janvier.

Le bilan est lourd : la peur chez les petits commerçants, des appels de la grande presse au renforcement des mesures répressives et de lourdes peines demandées par les plus hautes autorités de l’Etat contre vos quatre camarades qui seront jugés lundi. Est-ce cela, une action politique des “autonomes” ?

PHILIPPE. — Avec cette action, nous voulions nous attaquer à quatre cibles. D’abord, à la Direction générale des Impôts du boulevard Haussmann, prise comme symbole de l’agression gouvernementale que constitue la hausse vertigineuse des impôts. Ensuite, nous visions deux agences de travail intérimaire et une agence immobilière. Pourquoi ? Parce que les premières sont les pourvoyeurs de ce travail précaire que le patronat généralise actuellement et qui lui permet de diviser la classe ouvrière, d’ignorer ses droits acquis et d’organiser à son profit la mobilité d’une main-d’oeuvre licenciable sans difficulté du jour au lendemain. Quant aux agences immobilières, ce sont elles qui régissent le cycle expulsions-rénovations-inflation des loyers. Voilà ce que nous voulions.

Alors, pourquoi cette action de commando a-t-elle dérapé, lamentablement, dans un vandalisme aussi incompréhensible ?

JACQUES. — Eh bien, peut-être, justement, parce que nous n’avions pas voulu faire une action de commando mais, organiser une manifestation ouverte à tous ceux qui voulaient se joindre à nous. Nous avons donc passé la veille une petite annonce discrète dans “Libération” pour appeler à un rendez-vous secondaire à la fac de Jussieu. Une quarantaine de personnes se sont présentées, et nous sommes partis en métro rejoindre, à la gare Saint-Lazare, les divers collectifs organisés qui nous attendaient là. Malheureusement, nous nous sommes retrouvés moins nombreux que prévu, et nous avons démarré avec un quart d’heure de retard, à une centaine seulement, en commençant par défiler pacifiquement avec une banderole contre “la vie chère”. Six cents mètres plus bas, ,au début de la rue Caumartin, nous retrouvons le groupe qui nous attendait avec le matériel nécessaire (des “Molotov” et des barres de fer) pour détruire les objectifs fixés. Mais là, impossible d’agir vite et bien devant nous, un embouteillage monstre ; derrière nous, des automobilistes qui déjà, de rage, ne lâchent plus leur klaxon ;. sur les trottoirs, une foule compacte qui, elle, cherche les soldes et nous empêche donc — nous ne sommes pas des monstres sanguinaires — de lancer nos cocktails. Les copines (les femmes étaient nombreuses) s’en prennent, c’est leur problème, à un cinéma porno. Des mecs commencent à descendre des vitrines de luxe non programmées. D’autres, pas d’accord avec ces improvisations, abandonnent leur “matos” (1). Un concert de sirènes d’alarme se déclenche et accroît la confusion générale : la nôtre et celle des passants. En plus, patatras, le petit truc pas prévu du tout : deux bagnoles de flics, stationnées là pour surveiller une diffusion de tracts fascistes. Du coup, la charge est précipitée. Certains copains neutralisent les flics…

A coups de “Molotov”?

JACQUES. — Oui, sur les voitures. En fait, tout s’était passé très vite. Malgré la confusion nous avons atteint trois objectifs. Et le quatrième a été abandonné parce qu’il aurait fait courir des risques aux passants.
PHILIPPE. — Avec les casses imprévus, nous avons offert au pouvoir la possibilité de criminaliser notre action. Tant mieux pour lui. Mais, inconvénients tactiques ou pas, nous ne porterons pas de jugement moral sur des copains – travailleurs précaires condamnés aux petits boulots de survie, qu’ils soient étudiants ou ouvriers — qui ne peuvent se payer le magasin de luxe qu’a coups de barre de fer. Et après tout, nous n’avons pas été si mal compris : M. Le président de la République lui-même a donné en conseil des ministres une interprétation assez juste de ce que nous avons fait en y voyant un signe de cette “décomposition sociale” que nous appelons, nous, “rupture du consensus social”.

Donc, pas de regrets ?

JACQUES. — Si : pour les copains arrêtés. Mais nous sommes prêts à recommencer. Ou plutôt à continuer notre action, qui n’est pas seulement violente. On parle de nous après un coup comme Saint-Lazare. Mais on ne dit rien lorsque nous mettons hors d’état de nuire, en deux heures, quinze cents parcmètres, ou lorsque nous neutralisons plusieurs centaines de poinçonneuses automatiques dans le métro, et ‘luttons ainsi, directement et efficacement, pour la gratuité de tous les transports, en commun ou individuels. On ne parle pas non plus de nous quand nous défendons l’esthétique de notre environnement en faisant disparaître près de deux cents panneaux publicitaires Decaux à Paris et en province, ou quand nous pratiquons nous-mêmes l’autoréduction des prix dans les supermarchés, les restaurants et les immeubles squattérisés. Ce que nous appelons aussi l’”autodéfense du revenu”.

Vous êtes combien ?

PHILIPPE. — A Paris, deux cents militants, trois cents sympathisants, et des réseaux très étendus. Si, si ! Allez voir dans certaines facs ou aux tris postaux, dans les C.E.T., les banques, parmi les chômeurs et les immigrés dans ce fameux lumpen que nous appelons, nous, le “jeune prolétariat”.

Vous justifiez votre vandalisme de la semaine dernière. Est-ce que vous justifiez aussi le terrorisme de la « bande à Baader » ou des Brigades rouges ?

PHILIPPE. — Nous n’avons pas à justifier ou à ne pas justifier la R.A.F. (2). Mais l’autonomie n’a rien à voir avec ses méthodes car nous sommes contre la clandestinité, et les seules actions violentes que nous concevons sont des actions de masse, contre les biens et non pas contre les personnes.

C’est ce que pensent tous les “autonomes”?

JACQUES. — Aux frontières de l’autonomie, il existe des tentations de lutte armée clandestine. Mais pas à l’intérieur.

Et maintenant, quel avenir voyez-vous pour l’autonomie ?

PHILIPPE. — Un avenir brillant ; car la restructuration du capitalisme multiplie le nombre des travailleurs intérimaires et crée cette nouvelle classe ouvrière qui ne respecte plus ni l’outil ni le travail et n’est plus liée à l’organisation sociale du capital et peut, à la différence de l’ancienne, penser par elle-même sans avoir besoin debureaux politiques.

Propos recueillis par
BERNARD GUETTA

(1) Matos : matériel
(2) R.A.F. : Rote Armee Fraktion (la “bande à Baader”).

 

MERCI ET ALLEZ VOIR:http://goubligoubla.wordpress.com/

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:28

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:23
Quand Le Parisien désarme ses lecteurs face à la crise

par Jean Pérèsle 16 janvier 2012

Dans un contexte de crise économique et de mesures d’austérité dont les classes populaires sont les premières victimes, Le Parisien, dont le lectorat populaire est important par rapport aux autres quotidiens d’audience nationale, publie un dossier titré « Dites non à la crise ». À la lecture attentive du dossier, cette exigence de révolte se révèlera, malgré des formes trompeuses, être une invitation au conformisme et à la résignation.

L’imposant titre de la « Une » du Parisien du lundi 2 janvier 2012 :« Dites non à la crise » fait plutôt penser à un tract syndical, un appel à la grève ou à manifester. S’agit-il d’une (très) nouvelle politique éditoriale du quotidien ? Le Parisien pousserait-il à la subversion ? Pas vraiment. Le sous-titre est déjà beaucoup moins radical : « Non, tout ne va pas si mal. Il y a des raisons d’espérer. Nous sommes partis à la recherche de Français optimistes, ingénieux ou engagés qui agissent pour que les choses aillent mieux autour d’eux ». Ce n’est donc pas une action collective contre la crise, comme on aurait pu le croire à première vue, qui va donner des« raisons d’espérer », mais l’exemple encourageant de certains individus, « Français optimistes », dotés de certaines qualités, à la recherche desquels l’équipe du Parisien est partie.

La recherche a été fructueuse, ils en ont trouvé des « Français optimistes », et ils sont même nombreux. Ce qu’indique le gros titre de la 2ème page : « Ces Français qui avancent malgré la crise », et le sous-titre : « La sinistrose ne passera pas par eux. De nombreux Français ont décidé de combattre la crise à coup d’optimisme, de solidarité et de bonnes idées. Chaque jour, le portrait de l’un d’eux éclairera ce début d’année ». « Avancer malgré la crise » et « combattre la crise », ce n’est pas la même chose. On retrouve ici la différence, sinon la contradiction, déjà signalée plus haut, entre le titre et le sous-titre ; sauf qu’ici, le sous-titre est le plus radical. C’est que le journal joue délibérément sur deux registres de lutte : affronter la crise, la combattre (et ce combat ne peut être que collectif s’il veut être efficace) ou avancer malgré elle, tirer son épingle du jeu (solution individuelle). Il y a un monde entre ces deux registres, c’est pourquoi ils sont étroitement mêlés dans la prose confusionniste du quotidien. Confusionnisme qui tourne à l’avantage de la solution individuelle chère à l’idéologie libérale.

Pour étayer sa thèse, Le Parisien ne recourt pas à une démonstration formelle, mais à une approche sous divers angles d’attaque destinés à emporter l’adhésion du lecteur.

1) Vous n’avez pas à vous plaindre

Dans la petite colonne des « clés », sensées favoriser la compréhension de la situation grâce à des données chiffrées, on indique ainsi que « 65% des Français sont connectés à Internet, c’est nettement plus que la moyenne européenne (57%) », que« 99,7% de la population possède un téléphone mobile », que la France est « le deuxième pays européen en matière d’épargne ». Plus surprenantes a priori les informations sur le fait que cette même France « avec notamment le groupe Danone, est le leader mondial des exportations d’eaux minérales et gazéifiées », tandis que « Michelin est le numéro un mondial des pneumatiques » [1]. Enfin, dernière « clé » : les Français sont les champions de la vie associative, « 11,3 millions de Français travaillent bénévolement pour une association ».

Tout va donc pour le mieux : suréquipés en technologies de pointe, si riches qu’ils épargnent en quantité, vivant dans un pays exportateur et leader dans certains secteurs, les Français ont encore beaucoup de temps disponible pour du bénévolat.

2) Lisez des livres optimistes

Trois livres sont cités dans la bibliographie intitulée « Des livres pour avoir la pêche » :

Les trente glorieuses sont devant nous, de Karine Berger et Valérie Rabault, « Halte à la sinistrose ambiante ! La France reste un pays performant… » ; 
L’Art de vivre au maximum avec le minimum, de J.R. Geyer,« Comment se suffire dans une misère dorée… "le peu amène une satiété, écrit l’auteur, quand on sait la vivre en conscience" » ;
Manifeste de l’optimisme, de Thierry Saussez, « … ce monde dans lequel nous exagérons nos souffrances… ».

Quel que soit par ailleurs l’intérêt de ces ouvrages, la manière dont ils sont insérés dans ce dossier les désigne comme des outils, non pour affronter une crise réelle, mais pour se satisfaire d’une existence appauvrie dans une crise minimisée, sinon niée.

3) Écoutez l’expert économiste : il est optimiste

L’économiste Philippe Moati, professeur à l’université Paris-Diderot, n’a probablement pas signé « Le manifeste des économistes atterrés » [2]. Interrogé sur les « conséquences de la crise pour les ménages », il répond : « Pour l’instant, les conséquences sont loin d’être catastrophiques pour la plupart des ménages ». Même si ce n’est que « pour l’instant » que seulement « la plupart des ménages » sont encore loin de la catastrophe, il faut admettre que Philippe Moati voit les choses du bon côté. Sinon, il aurait pu dire, par exemple : « Les conséquences de la crise sont déjà catastrophiques pour un certain nombre de ménages ». Mais Philippe Moati n’est pas pessimiste, contrairement aux Français qu’il décrit ainsi : « La crise a un autre impact psychologique. Une enquête récente montre que 82% des Français pensent que leurs enfants auront une vie moins bonne que la leur. Une anticipation pessimiste. On a alors tendance à attribuer nos malheurs au monde de la finance et à la mondialisation. La crise porte cepessimisme à son paroxysme ».

Pourtant, notre économiste a lui-même attribué la crise, quelques lignes plus haut, à « l’affaire des subprimes et la tempête financière à l’échelle planétaire qui s’en est suivi » et à la « crise de la zone euro ». Serait-il « pessimiste » ? Non, juste maladroit. Cette apparente contradiction se résout dans ce que l’on pourrait appeler, en utilisant son langage, « l’optimisme » de Philippe Moati qui ajoute : « Il n’existe pas d’alternative au capitalisme. Il n’y a plus grand-chose dans le catalogue des utopies. Par contre un fonctionnement du capitalisme plus responsable est une nécessité pour l’humanité. ». Il pense que le capitalisme doit et donc peut être amélioré. A cet endroit, on aurait aimé lire le point de vue d’un « pessimiste ». Mais c’eût été gâcher la belle harmonie du dossier duParisien ; d’autant que ce dossier semble avoir été inspiré par l’économiste optimiste. À la question « Les consommateurs ont-ils modifié leurs comportements ? », il répond : « Tout à fait. On peut d’ailleurs dresser une typologie de nouveaux comportements dont celui du militant, de la personne capable d’adaptation, du profil plus solidaire ou d’une nouvelle race de créateurs façon Géo Trouvetou. » C’est cette typologie qui a été adoptée par le journal.

4) Soyez heureux, c’est dans la tête

L’autre expert du dossier, neurobiologiste celui-là, Jean-Pierre Ternaux du CNRS, est aussi coordonnateur de l’« Observatoire du bonheur » (un clic sur Internet permet de savoir que cet « Observatoire du bonheur » a été créé par la firme Coca-Cola en 2010 et qu’il est financé par elle). [3]. Un connaisseur. Il admet« qu’on vit une période difficile et que l’environnement maussade joue un rôle important dans notre ressenti individuel et collectif ». Voilà pour la crise, assez vite écartée : « Mais plus que la crise, c’est le manque de perspective qui mine l’homme. Il a besoin de se projeter pour avancer et d’aller de l’avant pour être heureux. » On ne saurait être plus précis. Et l’homme, c’est l’individu isolé, « Le bonheur est une construction individuelle, un cheminement personnel » et « l’on peut trouver le bonheur en toute chose, loin des biens matériels. Au fond, le bonheur, c’est dans la tête. » Voilà qui va certainement mettre du baume au cœur des licenciés de Continental, de la Comareg ou de Sea France, et des millions de chômeurs, d’autant que « toutes les études montrent qu’il n’y a aucune corrélation entre le niveau de rémunération et le sentiment d’être heureux dans l’existence ». Ouf ! Les smicards et les abonnés au RSA ont aussi leur chance. Mais le bonheur n’est pas indépendant de tout, puisque « Certaines personnes sont plus ou moins génétiquement programmées pour être heureuses ». Si vous avez quelque difficulté à boucler les fins de mois, n’accusez pas la crise ni les banques, ni les mesures d’austérité, regardez plutôt du côté de vos gènes.

Mais ne désespérez pas pour autant, savourez plus que jamais les petits plaisirs. La conclusion du neurobiologiste donne la mesure de ce bonheur résiduel : « En 2012, il faudra plus que jamais savourer un fruit, un baiser, une mélodie… ». Et pourquoi pas un Coca ? Ou les « 12 plaisirs » conseillés par Le Parisien ?

5) Suivez les conseils du Parisien

Prodigués sur un ton badin et illustrés par un géant (27 cm) à tête de smiley, on peut se demander si ces « Douze conseils pour aimer 2012 » ne relèvent pas de la moquerie (au sens de « on se moque du peuple ! »).

Voici : « Les plaisirs les plus doux souvent les moins chers », « Le smic augmente : c’est mieux que rien », « La méthode Coué, ça marche ! », « Soyez généreux avec autrui », « Profitez du retour des ponts du calendrier » « Ne ratez pas les J.O., le tour de France et la coupe d’Europe », « Faites honneur à la gastronomie française » « Reprenez le sport », « Ne vous privez pas d’aller voter », « Et pourquoi ne pas faire un bébé ? », « les métiers qui recrutent », « En profiter car la fin du monde, c’est pour décembre… ».

Ces conseils pour temps de crise, pour une joie de vivre à bon marché, s’adressent principalement aux pauvres, ou aux populations appauvries par une crise qui leur laisse quelque liberté : faire de bons repas, sourire, « cela libère les endocrines, les molécules du bonheur », faire du sport, suivre les événements sportifs à la télé, toutes choses qu’ils font d’ordinaire, on s’en doute, assez spontanément. Et, mis sans vergogne sur ce même plan des recettes faciles, se reproduire et chercher du travail. Sans oublier d’aller voter car « En démocratie, il n’y a pas de façon plus directe de s’exprimer et d’être acteur de son avenir ». Est-ce bien certain ? En fait, Le Parisien conseille aux Français touchés par la crise de ne rien faire du tout sinon de donner à la résignation à laquelle il les invite une forme agréable en élevant les petits plaisirs de la vie quotidienne au rang de projet, voire de lutte contre la « sinistrose ».

6) Imitez de beaux exemples

Les deux dernières pages du dossier présentent quatre expériences correspondant aux quatre attitudes qui « tournent le dos à la sinistrose ».

Les « Géo Trouvetou » sont simplement des entrepreneurs qui ont eu une bonne idée.

Les « adaptés » sont des « consommateurs malins » qui se débrouillent pour acheter à bon marché.

Les « militants », bien qu’ils soient représentés par une figurine à tête de smiley brandissant une pancarte « Tous ensemble ! » qui fut le cri de rassemblement des grévistes de 1995, n’ont rien de grévistes ni d’acteurs des luttes sociales. Ils « expérimentent des nouveaux modèles de consommation. Ils constituent des circuits alternatifs, comme les Amap… », un militantisme version douce représenté par une militante écologiste.

Les « solidaires » quant à eux « regroupent une partie de la population plutôt en difficulté et qui s’oriente vers le troc, le système D… ».

Quant aux images qui illustrent les acteurs de ces entreprises, elles reflètent également leur réussite et leur satisfaction. Toutes les photos du dossier représentent des personnages souriants, contents. Des figurines à tête de smiley, six dont une géante, complètent les illustrations. Ce sont en tout 18 personnages souriants qui regardent le lecteur, l’enveloppent dans une atmosphère sereine et joyeuse (par un effet photographique, un des personnages semble porter un auréole).

Quelle que soit la valeur que l’on accorde à ces types d’attitudes, force est de constater qu’ils ne sont pas nés avec la crise de 2008 ni celle de l’euro. Ces « Quatre façons de tourner le dos à la sinistrose », comme l’indique le titre général de ces deux pages, sont des comportements fort classiques. Les écologistes militants, les petits inventeurs, « Géo Trouvetou » si l’on veut, les associations caritatives, les débrouillards, ne sont pas nés de la dernière crise. Par contre, cette catégorisation des attitudes face à la crise fait l’impasse sur d’autres « attitudes » comme la lutte syndicale et politique, les grèves et les manifestations qui sont pourtant elles, délibérément dirigées contre cette crise-là, ses causes et ses effets.

7) Dites NON au Parisien

L’organisation du dossier du Parisien, la diversité des rubriques et des acteurs peut donner l’impression d’une approche pluraliste et nuancée. Mais il n’en est rien. C’est bien plutôt un ordre de bataille. Sous diverses facettes, c’est le même point de vue qui est sans cesse affirmé : la crise n’est pas si grave, la France se porte plutôt bien, il faut prendre la vie du bon côté. Malgré le titre général trompeur et racoleur, « Dites NON à la crise », Le Parisien invite finalement à la résignation. Une résignation qui ne dit pas son nom, qui se cache même sous des allures souriantes, optimistes, des témoins sympathiques et pleins d’énergie, qui est soutenue par des experts catégoriques, mais une résignation tout de même.

Un ou plusieurs témoignages ou analyses défendant un autre point de vue, voire un point de vue opposé, n’auraient pas été de trop dans un dossier digne de ce nom. Histoire de donner aux lecteurs matière à se faire une opinion ; les respecter en quelque sorte.

Notes

[1] On comprend plus loin le sens, sinon l’intérêt, de ces mentions quand un des « Français optimistes » trouve le moyen de gazéifier et commercialiser l’eau du robinet, et dans Le Parisien du lendemain (!), d’autres « optimistes » inventent une roue électrique. Mais ces innovations n’ont qu’un rapport de pure forme avec l’industrie de l’eau en bouteille ou du pneumatique et les groupes Danone et Michelin qui ne sont donc cités ici que pour flatter les exportations et la production « françaises », avec un peu de publicité en prime.

[2] Disponible ici.

[3] L’Observatoire du bonheur est dirigé par Michel Blay, directeur de recherche au CNRS. Il publie une revue, Les cahiers de l’Observatoire du bonheur, décerne chaque année à trois lauréats un prix de 15 000 euros pour des travaux sur le bonheur, et gère un site. L’intérêt de la firme pour la question du bonheur est développé dans le communiqué de presse du 13 octobre 2010 : « Coca-Cola et le bonheur, un engagement historique C’est parce que le bonheur s’inscrit de manière intrinsèque au cœur de l’ADN de Coca-Cola que la marque a souhaité impulser et soutenir la création de l’Observatoire du Bonheur. Dès sa naissance en 1886, Coca-Cola se révèle en effet comme une marque synonyme d’optimisme et de positivité. De la boisson « délicieuse et rafraîchissante » de 1929 à la proposition de prendre « la vie du côté Coca-Cola » en 2000, la marque invite tout un chacun à apprécier les petits instants de bonheur que la vie offre au quotidien. En 2010, Coca-Cola réaffirme son positionnement au travers d’une nouvelle plateforme de communication incarnée par une signature inédite : "Ouvre un Coca-Cola, ouvre du bonheur" »

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:14

AULNAY SOUS BOIS

« On n’est pas des animaux, on est des enfants de la France », répète toutes les deux minutes Jamel, un « enfant d’Aulnay ». La quarantaine bien entamée, il a grandi dans la cité « plutôt calme » de Balagny, à Aulnay-sous-Bois, où un jeune homme de 25 ans estdécédé hier soir vraisemblablement d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police dans un hall d’immeuble.

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Le 11 janvier, dans la cité de Balagny, à Aulnay-sous-Bois.

Ce matin, en apprenant la mort du «petit frère», Jamel a rappliqué aussi sec « pour comprendre ce qui s’est passé » et soutenir la famille.

Selon les premiers résultats de l’autopsie, le jeune homme souffrait d’une malformation cardiaque. D’après le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, le jeune homme a été « menotté » pendant le contrôle, mais « sans aucune violence ». Les policiers lui ont prodigué de premiers soins et ont appelé les pompiers, mais ces derniers n’ont pas réussi à le réanimer, selon des sources policières interrogées par l’AFP.

Une polaire bleue « Aulnay, une ville sport » sur le dos, Jamel est « révolté ». Selon lui, « le maire [Gérard Ségura, PS, ndlr] n’a même pas pris la peine de se déplacer dans la cité pour parler aux jeunes ou au moins pour rendre visite à la famille endeuillée ».

Un autre habitant de la cité, 24 ans, le visage blafard de ceux qui ont peu dormi : « Ah mais ça, si la victime avait eu un prénom bien français, genre Marcel ou Philippe, cela ne se serait pas passé comme cela. Sarko et Fillon seraient déjà là, la victime aurait eu droit à des funérailles en fanfare avec retransmission à la télévision. »

Si rien ne permet de conclure à la responsablilité de la police dans le décès, cet épisode renforce encore la tension entre jeunes et policiers.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326417946.jpg

Au pied de l’immeuble où se sont déroulés les faits, ils sont une quinzaine à refaire le film de la soirée. Hier soir, vers 20 heures, « les cow-boys de la BAC » ont débarqué pour un contrôle de stup. « En civil mais on les reconnaît avec leur Ford focus bleue. Faut les voir nous parler, je vous jure », raconte l’un d’eux.

« À partir du moment où t’es jeune, pour eux, t’es une racaille. Ils parlent mal, sans respect, comme si on était des chiens. Ils nous traitent de fils de pute. Quand on reste tranquille, posés sur le muret ou dans un hall, ils nous cherchent. Leur phrase favorite, c’est : alors vous nous provoquez pas aujourd’hui ? »

Imad, 25 ans, était très ami avec la victime : « On a passé la journée ensemble, il allait très bien, pas de vertige ou quoi que ce soit, il était en forme. » Emmitouflé dans une doudoune blanche et noire, le visage fermé, il est atterré des rumeurs qui circulent. « À la télé, ils disent qu’il a eu un malaise cardiaque parce qu’il a pris du viagra et qu’il avait une mauvaise santé, on salit sa mémoire. La vérité, ce n’est pas celle là. Les flics sont arrivés comme des ninjas, comme si c’était Bagdad ici. Au lieu de faire un contrôle tranquille, ils l’ont plaqué contre le sol, comme un malpropre. Il en est mort. »

(…)

Leur presse (Marie Piquemal, Libération, 11 janvier 2012)


(…) À Baligny, l’explication médicale de la mort du jeune homme n’a pas apaisé les esprits. « Il faut dire la vérité ! Abdel, c’est comme tout le monde ici, il est contrôlé en permanence par la BAC. Une fois, deux fois, trois fois par jour ! Alors, ne me faites pas croire qu’un simple contrôle aurait provoqué son problème de cœur ! », s’emporte Djamel, 43 ans, un ancien du quartier venu montrer son soutien à la famille. (…)

Leur presse (Arthur Frayer, lemonde.fr, 11 janvier 2012)


« Ça va péter. » Un habitant de la cité Balagny à Aulnay-sous-Bois a prévenu, plus tôt dans la journée ce mercredi, qu’il avait du mal à tenir les jeunes du quartier après la mort d’un des leurs, mardi soir, au cours d’une interpellation. Une soixantaine d’entre eux se sont réunis, en début de soirée, au centre de la cité, autour de laquelle se sont positionnée les forces de l’ordre.

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Une quinzaine de fourgons de CRS a pris place autour de la cité plongée dans le noir, le transformateur de l’éclairage public ayant brûlé la nuit précédente, selon notre journaliste sur place. Aucun incident n’est à signaler, seules quelques invectives émanent du groupe à l’adresse des policiers.

Leur presse (20minutes.fr, 11 janvier 2012)


Quatre personnes ont été interpellées après les incidents qui se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi, dans plusieurs cités d’Aulnay-sous-Bois, après la mort d’un jeune homme de 25 ans, au cours d’un contrôle de police mardi.

Des incidents (tirs d’engins pyrotechniques et feux de poubelles), bien que l’autopsie a établi qu’il n’avait subi aucune violence et qu’il souffrait d’une malformation cardiaque. Il y a eu « quatre interpellations après de gros pétards » qui ont sauté mais qui n’ont pas fait de blessés, a expliqué la préfecture.

Vers 23 heures, deux poubelles ont été incendiées, mais le feu a été très rapidement éteint par les pompiers. Mercredi soir, un calme précaire régnait dans la cité Balagny d’Aulnay-sous-Bois, composée de petits immeubles de brique rouge. Un important dispositif policier était en place, mais en retrait, alors que des groupes de jeunes sont restés rassemblés au pied de la cité jusque vers 1 heure du matin. (…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)


Des incidents se sont produits dans la nuit de mercredi à jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à la suite de la mort d’un jeune, mardi, au cours d’un contrôle de police. (…) la soirée a été marquée par des incendies dans plusieurs quartiers de la ville, à la cité Balagny, d’où le jeune homme était originaire, à la cité des Etangs et à la Rose-des-Vents.

Les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortier de feu d’artifices. Vers minuit, les policiers étaient encore nombreux à Aulnay, déblayant la chaussée des restes de poubelles brûlées.

(…)

Ce drame a alimenté tristesse et colère dans ce quartier de petits immeubles de brique d’ordinaire très calme, rebaptisé même par les plus jeunes « la cité de l’ennui ». « Les policiers mettent trop la pression aux jeunes, tout ça parce qu’ils sont dans les halls et qu’ils fument parfois un joint… Moi, je les ai déjà vu caler (NDLR : immobiliser) quelqu’un au sol, ils y vont fort », lâche une femme de 26 ans, « choquée » par la mort d’Abdel, « garçon calme et gentil », qui « travaillait de temps en temps ». Sur la placette centrale, des anciens sont réunis, la mine sombre. Certains ont vu la tentative de réanimation derrière « une rangée de 20 ou 30 policiers ». « Personne ne s’est soucié d’emmener la famille à l’hôpital », proteste l’un d’eux.

(…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)

Aulnay-sous-Bois : une marche dans le calme à la mémoire d’Abdelilah

Ils étaient environ 500. Des proches, des élus, des membres d’associations ou simplement des habitants de la cité d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, où le jeune Abdelilah, 25 ans, est décédé mardi soir d’une crise cardiaque lors d’une opération de police dans un hall d’immeuble.

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Ils ont marché dans le calme de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois jusqu’à la cité Balagny, où résidait la victime et où s’est déroulé le drame. « C’était un gars toujours souriant (…) on ne saura jamais ce qui s’est passé mais, s’il vous plaît, les gars, le calme, le calme », a répété au micro Mourad, cousin germain de la victime, devant le cortège arrêté au pied de l’immeuble où les faits se sont déroulés.

Dans ce quartier réputé plutôt calme, la situation était en effet tendue mardi et mercredi soir, avec un déploiement important de CRS. « Peut-être qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment, nous la famille on n’en veut à personne, on veut le retour au calme et qu’il repose en paix », a expliqué Rachid, demi-frère d’Abdelilah. Demandant aux médias, présents en petit nombre vendredi, de « ne pas raconter n’importe quoi » au sujet de son cousin, Mourad a rappelé qu’Abdelilah était « un mec tranquille, qui s’est toujours occupé de son père atteint de la maladie d’Alzheimer ».

(…) Les deux jeunes interpellés mardi soir en compagnie de la victime pour détention de stupéfiant ont été remis en liberté jeudi à l’issue de leur garde à vue. Le parquet de Bobigny a annoncé qu’il seront convoqués devant le tribunal « dans un délai rapproché ».

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.


(…) Durant deux nuits, des incendies ont mis à l’épreuve les forces de l’ordre.Ces incidents, peu nombreux et contenus, se sont toutefois étendus dans la nuit de mercredi à des quartiers voisins : à la Rose-des-Vents, aux Gros-Saule, à Europe et aux Beaudottes à Sevran où deux voitures ont brûlé. Le bilan se limite à plusieurs incendies, de voitures et de poubelles, qui se sont accompagnés de quelques arrestations. Deux personnes, avenue Paul-Cézanne, ont été interpellées alors qu’elles tentaient de siphonner l’essence d’un poids lourd avec une pompe électrique. Des bidons d’essence se trouvaient dans une Twingo volée. Quatre autres jeunes ont été arrêtés après des jets de mortier sur les forces de l’ordre, rue Eugène-Delacroix. Bien peu d’incidents, en somme, pour cette nuit placée sous très haute surveillance. En plus de l’hélicoptère, trois compagnies de CRS et une autre de gendarmes mobiles étaient réunies, soit plus de 300 hommes.

Cette présence a parfois soulevé des questions parmi la population. « Comment interpréter la venue d’autant de forces de l’ordre, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça n’ajoute pas aux tensions ? » s’interrogeaient des trentenaires, à pied d’œuvre en soirée pour dialoguer avec les jeunes de la ville. Hier soir, près de 80 personnes (médiateurs, élus, agents municipaux) étaient de nouveau mobilisées pour tourner dans les cités du nord d’Aulnay, instaurer le dialogue, désamorcer les frictions entre jeunes et forces de l’ordre, mais aussi rétablir l’éclairage public dans certains quartiers, plongés dans le noir durant les nuits précédentes.

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.

CLERMONT FERRAND

Stop bavure !

Dans la nuit de la Saint Sylvestre 2011, Wissam jeune clermontois trentenaire est interpellé de manière « musclée » et battu à mort (cotes cassées, traumatismes multiples…) par des policiers dans le quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. En effet plongé dans le coma, il décède 8 jours plus tard. Dans les quartiers nord de la cité auvergnate, la tension monte surtout après le déploiement de policiers et militaires (plus de 400 bleus, hélicos…) mis en place par la préfecture pour réprimer, interpellant nombre de jeunes des quartiers, jugés bien évidemment immédiatement pour l’exemple. Ah bien sûr, quelques bagnoles symbole de la propriété, de l’individualisme et du consumérisme béat ont cramé… On parle de la mort d’un homme où la résponsabalité policière est évidente et où les policiers mis en cause sont seulement en congés.

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Face à cette guerre sociale déclarée et instaurée notamment par la préfecture, l’entourage de Wissam accompagné de personnes solidaires éprises de justice et de liberté, le « comité justice et vérité pour Wissam » voit le jour… Faisant partie du comité, nous, anarchistes nous avons été très bien accueillis par les camarades de Wissam, tout se met en place pour le moment avec des pratiques auto-gestionnaires (mise en place d’un QG, prévisions d’actions, répartitions des rôles et des tâches…) de manière naturelle…

La vérité doit éclater pour Wissam, pour les interpellés, pour nous !

FLICS, PORCS, ASSASSINS ?

Que cessent ces exactions policières, véritables cow-boys, qui ne sont autres que le résultat d’une politique sécuritaire mise en place notamment par la préfecture donc le ministère de l’intérieur, donc du gouvernement, donc de la présidence assujettis aux intérêts capitalistes.

OUI LA RÉSISTANCE S’ORGANISE À LA BASE PAR LA BASE !

JUSTICE POUR WISSAM !

Samedi 14 janvier à 14h départ place du 1er-Mai à Clermont-Ferrand, tous à la marche pacifique et silencieuse !

Atheneo du Puy-de-Dôme, 13 janvier 2012.


La famille El-Yamni « veut rendre sa dignité à Wissam »

Wissam ne s’est pas réveillé de son coma. Et, hier soir, la famille El-Yamni était toujours plongée dans son cauchemar. Elle demande la justice. Elle réclame aussi le calme. Un calme qui caractérisait le fils, le frère qu’ils décrivent.

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Dans une maison écrasée par la douleur, une famille clermontoise se tient soudée. Comme l’était Wissam El-Yamni avec les siens. Porteur de cette chaleur humaine, dont la flamme brûlera toujours chez ses proches. Marwa, 28 ans, se tient au côté de son père, Mohamed, et raconte son grand frère.

L’enfance de Wissam. « On a grandi dans la ZUP [La Gauthière]. On a eu une enfance très joyeuse. Par rapport à d’autres familles qui avaient peu de moyens. Notre père et notre mère ont toujours travaillé. Ils nous ont inscrits dans le privé. Ils voulaient qu’on réussisse scolairement. Et, tous les étés, ils nous envoyaient en vacances au Maroc. »

Les plaisirs de Wissam. « C’était un touche-à-tout. Il a fait plein de sports. Du foot, de la boxe… Il était inscrit à l’ASM. Et il était en pleine santé. Il n’a jamais eu aucun problème de cœur. Il n’avait même pas de médecin traitant. »

Le travail de Wissam. « Il était chauffeur poids lourds. Il essayait de devenir cariste ou de ne faire que des livraisons sur Clermont-Ferrand. Pour être chez lui tous les soirs. Avec sa femme, ils voulaient avoir des enfants. »

Le couple de Wissam. « Ils se sont mariés en 2008. Ils avaient leur vie, leur appartement à La Gauthière. Mais ça restait un frère exemplaire. Il s’occupait énormément de sa petite sœur [la plus jeune de la famille, âgée de 11 ans]. »

Wissam le grand frère. « Il était très fusionnel avec sa sœur. Il venait le midi pour manger avec elle. C’était un clown. Il la faisait rire tout le temps. Elle l’appelait rien que pour entendre ses blagues. Il va tellement lui manquer. Tous les dimanches, quand on se retrouve pour le couscous de maman… Wissam va manquer à tout le monde. »

Wissam dans le coma. « On ne l’a appris que vers 17 heures. C’est inadmissible. Les policiers interpellent un homme et ils ne savent même pas qui c’est. Ils n’ont découvert son identité que vers 16 heures. Jusque-là, c’était une personne X sur un lit d’hôpital. Ma mère et son épouse sont restées tout le temps à son chevet. Nous étions là tous les jours. Elles restaient dormir tous les soirs à l’hôpital. C’était comme un cauchemar. On essayait de se réveiller et on essayait de le réveiller. »

La marche pour Wissam. « Nous sommes très, très fiers des personnes présentes à la première marche. J’espère que celle de samedi [demain] sera pareille. La famille sera présente. Wissam était une personne calme. Il n’aimait pas les débordements. Dès que ça criait, il disait qu’il reviendrait quand ça sera apaisé. Il n’est jamais allé chercher le conflit. C’est pour ça qu’il faut lui rendre hommage dans le calme. »

Justice pour Wissam. « Si nous avons confiance en la justice ? Je n’en sais rien. En ce moment, nous n’avons confiance en personne. On a rencontré la police des polices, le commissaire, le procureur, le préfet, le maire… La seule personne qui peut nous apporter des réponses, c’est la juge d’instruction. Nous attendons de la rencontrer. Nous espérons qu’elle va rendre justice à Wissam. Mettre des gens en cellule, c’est normal. Mais les mettre sur un lit d’hôpital, ça ne l’est pas. »

Les troubles depuis la mort de Wissam. « On demande le retour au calme. Que ceux qui veulent se battre pour Wissam le fassent pacifiquement, qu’ils viennent à la marche. Et que ceux qui ont vu ce qui s’est passé le soir du réveillon aillent témoigner. Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent. La justice les entendra et elle les protégera. Notre famille, la seule chose qu’elle veut, c’est la justice. On multipliera les actions et les actes symboliques jusqu’à ce que justice soit faite. »

Leur presse (Bertrand Yvernault, LaMontagne.fr), 13 janvier 2012.


La famille de Wissam El-Yamni reçue par une juge à Clermont-Ferrand

Le jeune homme est mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand. Les résultats de l’autopsie ne sont pas encore connus.

La famille de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand, a été reçue vendredi matin par la juge d’instruction chargée du dossier, a indiqué son avocat, précisant que les résultats de l’autopsie n’étaient pas encore connus.

Pendant près d’une heure trente, le frère et la sœur de la victime se sont entretenus avec la juge Fabienne Hernandez, en charge de l’information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé Me Jean-François Canis.

« Ils lui ont fait part de leur étonnement sur la procédure » et notamment le fait qu’ils n’aient été prévenus que le lendemain après-midi de l’hospitalisation de leur frère, a ajouté l’avocat. La juge n’a toutefois pas communiqué les résultats de l’autopsie, « même pas de pré-rapport », a encore dit Me Canis, qui en attend les conclusions par écrit « la semaine prochaine ».

Le père, le frère et la sœur de ce chauffeur routier de 30 ans, décédé lundi, neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque, se sont constitués parties civiles.

(…) Le collectif de soutien à Wissam El-Yamni organise samedi à 14H00 une manifestation dans le centre de Clermont-Ferrand.

Une autre manifestation qui devait être organisée parallèlement à 14H30 devant la préfecture du Puy-de-Dôme par le Bloc Identitaire Auvergne a été interdite, a indiqué la préfecture dans un communiqué vendredi en fin d’après-midi.

L’arrêté d’interdiction est motivé par le « risque de trouble à l’ordre public ».

Le Bloc Identitaire entendait dénoncer le fait que « les forces de police soient une fois de plus accusées voire condamnées avant toute conclusion d’enquête ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier 2012.

Plus de 2.000 manifestants réclament « justice pour Wissam » à Clermont-Ferrand

Plus de 2.000 manifestants ont défilé samedi après-midi à Clermont-Ferrand, pour réclamer « justice » et « vérité » dans l’affaire Wissam El-Yamni, dont la mort après son interpellation a suscité plusieurs nuits de tension cette semaine et un fort ressentiment envers la police.

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Les plus virulents des manifestants ont scandé « Police assassins » devant la préfecture, sur laquelle a été accrochée une banderole disant : « pas de justice, pas de paix ».

D’autres banderoles dans le défilé mettaient en cause les deux policiers ayant procédé à l’interpellation controversée : « Pour Wissam, la justice doit punir ses assassins » ou « prison pour les meurtriers de Wissam ».

« Mon fils a été assassiné par la police, je veux la justice », a déclaré entre deux sanglots le père de Wissam El-Yamni devant la foule avant d’entrer dans le bâtiment pour y être reçu par le préfet, François Lamy.

Jean-Louis Borie, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a dénoncé devant les manifestants « les contrôles au faciès » dans les quartiers populaires comme La Gauthière, d’où venait ce chauffeur routier de 30 ans. Des voitures y ont été brûlées pendant plusieurs nuits cette semaine.

« Respect de la dignité. Vérité et justice pour Wissam », pouvait-on lire plus sobrement sur la banderole de tête. Les manifestants étaient plus de 2.000, selon l’AFP, au plus fort de la manifestation, en grande partie dispersée en fin d’après-midi. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 janvier 2012.

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION

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