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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:13

La police des polices, au cœur d’un scandale judiciaire

Un scandale sans précédent ébranle la Préfecture de police de Paris. Selon une enquête menée parLe Monde, l’Inspection générale des services (IGS), la « police des polices », a sciemment truqué, en 2007, une procédure portant sur un éventuel trafic de titres de séjour au service des affaires réservées. Cela afin de nuire, à l’approche de l’élection présidentielle, à Yannick Blanc, alors directeur de la police générale, à son adjoint Bruno Triquenaux et à Christian Massard, un policier affecté à la sécurité de l’ex-ministre de l’intérieur Daniel Vaillant. Trois hommes jugés trop éloignés du pouvoir sarkozyste, et très proches du Parti socialiste pour deux d’entre eux.

Au total, quatre fonctionnaires ont été injustement mis en examen, M. Blanc ayant « seulement » été placé en garde à vue. Tous les cinq ont été suspendus à la suite de cette affaire montée de toutes pièces – un « chantier », dans le jargon policier. Ils ont été innocentés en janvier 2011 par la cour d’appel de Paris. Et, désormais, la justice enquête sur… l’enquête de l’IGS. Quatre juges d’instruction parisiens mènent six enquêtes distinctes sur la « police des polices », par ailleurs épinglée dans l’affaire des fadettes duMonde. L’institution policière, déjà mise en cause dans les affaires Neyret et Carlton, est durablement déstabilisée.

Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, pilier du système sarkozyste, est visé par l’une des procédures. Il a été interrogé le 15 décembre 2011 en qualité de témoin assisté, un statut hybride entre celui de témoin simple et de mis en examen. Tout comme un autre préfet, ancien patron des renseignements généraux, Pascal Mailhos. Ils ont tous deux été les signataires des arrêtés de suspension visant les fonctionnaires injustement accusés. Il leur est notamment reproché de s’être appuyés sur des éléments judiciaires dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance. Ils ont soutenu que des éléments concrets visant les agents des affaires réservées avaient été obtenus par l’IGS.

Ces derniers n’ont pas fait mystère, lors de leurs interrogatoires, des multiples services qui leur étaient demandés en tant que fonctionnaires délivrant des titres de séjour, et même des relations qu’ils entretenaient avec des demandeurs, allant parfois jusqu’à s’offrir mutuellement des présents. Sans jamais, comme l’a assuré la cour d’appel, avoir franchi la ligne jaune.

En toute discrétion, les magistrats, menant eux-mêmes les investigations, ont mis au jour de nombreuses irrégularités : plusieurs procès-verbaux ont été truqués, des retranscriptions d’écoutes téléphoniques caviardées, des déclarations déformées, sans parler des pressions sur des témoins… Jusqu’au patron de l’IGS, Claude Bard, qui ira tirer des chèques sur son compte personnel pour défrayer un « expert » venu de nulle part. Ils ont auditionné des témoins évoquant la « censure » à l’IGS, et la mainmise de la hiérarchie sur toutes les procédures. Au final, une incroyable série d’anomalies, d’autant plus choquantes qu’elles émanent du service censé contrôler la légalité des actes des policiers.

Les procédures ont été lancées par les multiples plaintes déposées par Me David Lepidi, l’avocat des fonctionnaires mis en cause à tort. Elles visent notamment des faits de « faux en écritures publiques » – un crime passible de la cour d’assises –, « violation du secret de l’instruction », « dénonciation calomnieuse » et autres « violences volontaires ». Par ailleurs, Me Lepidi a saisi par courrier le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas de la juge Michèle Ganascia, qui a procédé aux mises en examen injustifiées des quatre fonctionnaires sur la base de l’enquête tronquée de l’IGS.

Outre l’institution policière, l’affaire pourrait aussi se révéler embarrassante pour Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’intérieur puis président de la République. Dans une note du 1er mars 2010 destinée à la justice, Yannick Blanc expliquait qu’il ne faisait aucun doute que « seul le biais politique » permettait de comprendre pourquoi l’IGS s’était « ingéniée, contre toute vraisemblance, à [l’impliquer] et à impliquer Daniel Vaillant, via son officier de sécurité, dans une affaire de corruption et de trafic d’influence parfaitement imaginaire ».

Lui aussi visé par la manipulation, le maire (PS) du 18e arrondissement de Paris et député Daniel Vaillant a résumé son sentiment dans un courrier adressé le 31 mars 2011 à l’ex-procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal : « En prononçant directement des non-lieux au bénéfice de tous les fonctionnaires mis en cause, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ramené cette affaire à sa dimension réelle, celle d’un montage policier destiné à complaire au pouvoir politique dans le contexte de l’élection présidentielle de 2007. »

Leur presse (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Le Monde, 11 janvier 2012)

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:09

À propos de la manifestation devant le centre de rétention de Vincennes du 14 janvier

Le samedi 14 janvier 2012, environ 150 personnes se sont retrouvées à Vincennes pour aller manifester contre les centres de rétention. La veille, six personnes sans-papiers avaient été condamnées en appel à des peines allant de 6 à 30 mois de prison ferme suite à la révolte, qui, le 22 juin 2008, a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes. Au-delà du verdict, cette manifestation voulait une nouvelle fois crier sa solidarité avec les enfermés.

Malgré les tentatives des policiers pour nous empêcher de nous approcher du centre, nous avons réussi à arriver suffisamment près, à deux endroits différents, pour que les retenus entendent nos cris et nos pétards. Ils nous ont répondu en criant et en sifflant.

Au moment de partir, nous nous sommes retrouvés encerclés par les flics, leurs matraques et leurs gazeuses alors que des slogans contre les centres de rétention continuaient à résonner. À ce moment-là, la tactique policière a été de repérer plusieurs d’entre nous à l’intérieur de la nasse. Nous nous sommes alors resserrés pour que les personnes ciblées ne soient pas prises. En dépit de nos efforts, des civils armés de matraque télescopique sont entrés à trois reprises dans la nasse.

Trois personnes ont été isolées. Elles ont été placées en garde à vue. Les premiers chefs d’inculpation sont « participation à un attroupement armé, violences sur agents et dégradations de biens privés ». Le reste du groupe, 99 personnes, a été embarqué dans deux cars et emmené dans le nouveau commissariat (TGP ?), rue de l’Évangile dans le 18e arrondissement. Tout au long du transfert nous avons discuté collectivement pour imposer aux policiers de sortir ensemble et de ne donner qu’oralement nos identités. Nous avons ensuite été parqués dans une cour entourée de barbelés. Ce commissariat, qui abrite la direction de la police ferroviaire, a déjà servi pour des opérations de contrôle d’identité massives (rafles, manifestation…).

Après cinq heures aux mains de la police, nous avons été libérés. Les trois personnes placées en garde-à-vue ont été déférées et passeront peut-être en comparution immédiate au TGI de Paris (métro Cité), lundi 16 janvier à 13h30. Si c’est le cas, un appel sera publié en fin de matinée.

Malgré la volonté de l’État d’isoler ces lieux et ceux qui y sont enfermés, le nombre et la détermination des manifestants ont permis de faire exister notre solidarité.

CONTINUONS LA LUTTE CONTRE LES CENTRES DE RÉTENTION ! LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION ! LIBERTÉ POUR TOUS AVEC OU SANS PAPIERS !

Tout le monde peut appeler les retenus directement sur les cabines téléphoniques : Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50. Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42. Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12.

Indymedia Paris, 15 janvier 2012.

 

 


Suite à la manifestation au centre de rétention de Vincennes

Ce samedi 14 janvier plus de 200 personnes ont tenté d’aller crier leur solidarité aux sans-papiers prisonniers au centre de rétention de Vincennes.

Elles ont été bloquées et encerclées par la police dès qu’elles ont été suffisamment près de la prison pour que leurs cris de solidarité soient entendus et que leurs feux d’artifice soient vus. Des retenus ont toutefois dit qu’ils avaient pu entendre la manifestation et en avaient été très contents.

Alors qu’ils étaient pris dans une nasse, les manifestants ont dû subir les assauts de plusieurs policiers en civil qui, aidés par leurs collègues en uniforme, venaient prélever certains d’entre eux pour les isoler du groupe. Quatre personnes ont été ainsi isolées.

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Finalement, tous ceux qui n’ont pas réussi à s’enfuir ont subi un contrôle d’identité de plus de quatre heures dans les locaux de police de la rue de l’Évangile, des locaux réservés aux arrestations massives. Comme à chaque fois, les policiers ont décidé de placer trois personnes en garde à vue sous divers prétextes comme ils savent toujours en trouver. Il s’agit comme toujours de faire peur et de dissuader quiconque d’exprimer trop fort sa volonté de voir les centres de rétention disparaître.

Les camarades en garde à vue sont actuellement enfermés dans le commissariat du 12e arrondissement. Vous pouvez demander de leurs nouvelles au : 01 44 87 50 12.

Avec toutes celles et ceux qui, parce que sans papiers, sont traqués, raflés, emprisonnés et expulsés et avec toutes celles et ceux qui luttent à leurs côtés pour la liberté de circulation et d’installation, contre les frontières et leurs prisons : solidarité !

Mailing, 15 janvier 2012 – 10h10.


Histoire d’une balade au CRA de Vincennes

À 16h c’était l’heure du rendez-vous à la station RER de Joinville-le-Pont pour un départ en manif sur le CRA de Vincennes. À ce moment-là on est bien 80 au jugé. Quelques flics qui se répartissent entre 2-3 bagnoles et bavassent paisiblement en nous regardant. Pas de CRS en vue…

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On démarre direction la D4 banderole en tête, vers le Centre de rétention. Au niveau de la route de la Pyramide, qui remonte vers l’hippodrome et le CRA, on rencontre notre premier camion de CRS qui se déploient vite fait bien fait, pensant qu’à cinq on peut bloquer une chaussée rien que par la dissuasion. Manque de bol, même scénario qu’il y a deux ans, on aime pas qu’on nous dise où il faut aller, on prend la tangente, on poursuit sur l’avenue des Canadiens au pas de course, à grands renforts de slogans et les flics sont débordés, écartés, dépassés ; un cycliste frénétique fait des allers-retours le long de la manif tandis que trois de ses copains affolés courent vers l’avant pour rejoindre la bretelle qui mène sur l’autoroute, la même où la manif de 2008 avait fini en joyeux bordel entre les voitures stoppées sur l’autoroute.

Seulement cette fois-ci on remonte l’avenue de Gravelle qui longe le CRA, et on se retrouve rapidement refoulés par quatre cars de robocops qui vomissent leurs occupants ; Des grenades assourdissantes sont tirées pour nous signifier qu’on ira pas plus loin que le pont au-dessus de l’autoroute. Côté flics on a un cames-COP qui filme, le même qui a sûrement permis aux flics de profiler plus tard, devant le centre.

Quelques slogans pour se faire entendre des détenus (et se faire détester des flics à qui on le rend bien) plus tard, on repart dans l’autre sens, suivis par un cordon bleu nimbé d’un fumigène rose du plus bel effet sur fond de soleil déclinant.

Retour sur la route de la Pyramide, direction l’Hippodrome et le CRA. À l’Hippodrome c’était jour de courses, les camions repartent avec leurs chargements équestres et l’aristocratie hippique quitte les lieux en sens inverse de notre défilé qui a grossi les rangs avec ceux qui avaient raté le début et ont rallié le CRA. On doit pas être loin de la centaine.

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Devant le CRA on aperçoit l’armada de gardes mobiles qui défend la forteresse derrière une double rangée de barrières. Les grilles de l’Hippodrome sont surveillées par les vigiles qui les ferment rapidement. Le chemin vers le CRA ressemblant à une fourmilière de flics, on se déplace vers le parking de l’Hippodrome en même temps que des gardes mobiles qui, ayant compris qu’on allait pas rester à crier sagement face à eux, commencent à courir entre les voitures pour verrouiller la route de la Ferme en face de nous. Un face à face musclé s’engage, un garde mobile se prend un coup de savate sous la banderole, des coups de matraque fusent, des crachats, insultes et bousculades y répondent de notre côté, un caillou vole.

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À 17h une poignée de gardes mobiles finissent de verrouiller la route de la Ferme d’un côté tandis qu’un mouvement rapide s’engage pour s’extraire par l’autre côté où les bataillons du CRA se déploient à leur tour pour nous couper toute retraite. La manœuvre réussit pour une poignée qui s’échappe, les gazeuses rentrent en action, asphyxiant tout le monde : une centaine de manifestants reste coincée, encerclée par un nombre impressionnant de gardes mobiles (facilement 100 à 150). On continue les slogans un temps, on jauge la situation…

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Finalement un groupe de civils entourant le chef des opérations commence à scruter les manifestants, très visiblement à la recherche d’individus ciblés d’après la vidéo tournée auparavant et des observations des flics durant la manif. Le manège dure un quart d’heure et c’est le même scénario qu’à Stalingrad lors du G8 : ils vont à la pêche en fonçant dans le tas avec quelques gardes mobiles, distribuant des petits coups de matraques et des coups de poings jusqu’à ce qu’ils aient attrapés ceux qu’ils ont ciblés. Le manège se répète un peu plus tard, un copain est attrapé par dessus le capot d’une voiture, tiré vers l’arrière et emporté. Il se débat, tentant de s’échapper vers le toit de la camionnette où ils essaient de l’embarquer. Le troisième coup, le copain est pas mal rudoyé à son tour. Apparemment ils ont ce qu’ils veulent : ils arrêtent leurs petites incursions.

Finalement un cordon bleu vient nous séparer en deux groupes, en coupant à la bousculade. Les slogans se poursuivent, on perd pas l’entrain même si l’ambiance est plus tendue. À 18h on nous embarque un par un dans les deux paniers à salade (la phrase du jour d’un des gardes mobiles : « voulez-vous bien me suivre ? »). Les bus démarrent vers 19h, au cours du trajet on refait la déco aux marqueurs.

Porte d’Aubervilliers, à 19h30, on commence à se demander où on va.

19h45 : on s’engage avec les bus dans une zone ferroviaire, au 2 rue de l’Évangile dans le 18e arr., estampillée SNCF à l’entrée ; des véhicules de police garés le long d’entrepôts de fret, sur notre gauche et sur notre droite un bâtiment assez hallucinant, tout droit sorti de l’imaginaire carcéral : un long bâtiment de 100m de long surmonté, à 10m au-dessus, d’un large toit comme ceux qui abritent les quais de gare, le tout entouré d’une grille surmontée d’un barbelé en lames de rasoir. Dans la cour, une vingtaine de policiers arnachés de leurs tenues anti-émeutes attendent les bus et forment une haie d’honneur jusqu’à la porte du comico. Du second bus on voit les copains refuser tout d’abord de sortir puis sortie en chaîne au bout d’un certain temps (20h20 à peu près). Ils sont fouillés, interrogés chacun leur tour, un certain nombre de portables confisqués, puis les militants parqués plus loin derrière des barrières. On apprend également que ceux qui avaient été extraits de la manif devant le CRA sont en garde à vue. Mais l’ambiance est toujours bonne, on rit, on plaisante, on scande, on tape sur les parois et on discute.

Notre tour arrive au bout d’un temps considérablement long où la température du bus s’est nettement accrue et rend l’air étouffant. Il est près de 21h quand on nous gare dans la cour pour suivre le même scénario que l’autre bus. À la sortie on nous demande nos noms et prénoms et si on est majeurs, sans vérification des pièces d’identité. Nouveau profilage d’un flic genre pète-sec qui s’énerve facilement. Visiblement ils recherchent celui qui a mis un coup de tatane au flic asiatique qui s’est aussi pris des crachats en pleine gueule. Un copain est emmené à part et prend un crachat dans la gueule (la loi du talion n’a pas été abrogée faut croire).

Finalement, vers 21h50 les flics ont l’air de se rendre compte que 5 heures ça commence à faire beaucoup pour un contrôle d’identité. Le reste du second groupe qui n’a pas encore été interrogé et fouillé rejoint les autres derrière les barrières. La cour résonne de nos « Liberté, Liberté… ». On nous fait mine de sortir enfin vers 22h15, en traversant à nouveau un long double rang de policiers armurés. Au passage le flic asiatique chope un copain et le tire en arrière pour lui mettre un bon coup de pied (toujours le talion). On rattrape vite le copain, on gueule, ça bouscule mais on sort en criant de plus belle, avec l’envie d’en découdre une nouvelle fois.

22h20 : on est tous dehors sauf nos trois amis en garde à vue et nos amis sans-papiers qui nous ont confirmé qu’ils nous entendaient de l’intérieur.

Une fin de journée qui nous fera pas passer l’envie de continuer à manifester et crier :

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons !!

Feu, feu aux Centres de Rétention !

Mailing, 15 janvier 2012.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:59

Interpellation mouvementée à Clermont-Ferrand : « Il a été maintenu artificiellement en vie »

Dans un entretien exclusif au Progrès, un policier de Clermont-Ferrand explique que l’homme qui a été déclaré mort ce lundi, après une interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre à Clermont-Ferrand, a été maintenu artificiellement en vie.

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Pour ce policier, Wissam El Yamni a appelé lui-même la police avec son téléphone portable en signalant un homme blessé qui n’existait pas « afin d’attirer les flics dans un traquenard ». Agé de 30 ans, était sous l’emprise de l’alcool, du cannabis et de la cocaïne lors de son interpellation dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, près d’un centre commercial du quartier de la Gauthière. D’après les forces de l’ordre, il s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

(…)

Depuis la Saint-Sylvestre, une tension palpable est perceptible à Clermont-Ferrand, avec plusieurs dizaines de voitures brûlées ce week-end et une marche silencieuse de plus de 500 personnes samedi. Les participants, des jeunes gens issus des quartiers populaires de la ville pour l’essentiel, se sont rendus devant le commissariat derrière une banderole sur laquelle était inscrit « Personne au-dessus des lois, stop bavure, on est tous avec toi Wissam ».

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Lundi, le calme était revenu dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Mais les violences, qui se sont limitées les nuits dernières à des feux de voitures, sans affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, pourraient prendre de l’ampleur après l’annonce du décès de Wissam El-Yamni.

Une habitante du quartier de La Gauthière a dit avoir été témoin lors de la nuit du réveillon des violences exercées à l’encontre du jeune homme, alors qu’elle fumait ue cigarette à sa fenêtre. « Deux personnes l’ont plaqué au sol et lui ont donné des coups au torse et à la tête », assure-t-elle.

Trois jeunes de 18 à 20 ans ont comparu lundi pour des jets de pierre dans la nuit de samedi à dimanche, qu’ils nient tous les trois. Le premier a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme, le deuxième a été relaxé et le troisième, également poursuivi pour rébellion, condamné à un an de prison ferme, une peine-plancher liée à son « état de récidive ».

Une information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation, et ne sont pas suspendus à ce stade de l’enquête. « La qualification pénale va changer » et deviendra « violences ayant entraîné la mort », a ajouté l’avocat de la famille, qui va « demander à ce qu’un maximum de témoins soient entendus par les magistrats instructeurs ».

Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 10 janvier 2012.


Clermont-Ferrand : Les proches de Wissam réclament « justice »

« Il faut que justice soit faite. » Dans le quartier sensible de La Gauthière, à Clermont-Ferrand, les proches de Wissam El-Yamni témoignaient ce mardi de leur douleur au lendemain de sa mort après une interpellation controversée, sollicitant les dons des habitants pour soutenir sa famille.

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« Aujourd’hui, on est en deuil, mais aussi en colère. Et on a la haine », disait ce mardi matin un ami de ce chauffeur routier de 30 ans, réuni avec d’autres autour d’un thé au lait, à la terrasse du restaurant de kebab du centre commercial planté au milieu des immeubles d’une dizaine d’étages. Sur la table, une boîte destinée à recueillir de l’argent pour la famille de cet homme « marié, souriant, aimé de tous » dit un de ses amis, disant que sa mort a frappé de stupeur « toute la communauté » musulmane du quartier.

« Ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie »

« C’était notre frère. Sa mort, ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie », disent ces jeunes adultes, qui tiennent à rester anonymes et réclament « justice ». Certes, admet l’un d’eux, Wissan « avait fumé, peut-être bu une bière, peut-être lancé une pierre sur les policiers. Mais eux, ils auraient dû l’arrêter et le menotter », dit un collègue chauffeur routier, qui ne sait si Wissan El Yamni sera enterré en France ou au Maroc.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce trentenaire sans antécédents médicaux est suspecté d’avoir jeté une pierre sur les forces de l’ordre, qui l’ont décrit comme très agité. Il a été plaqué au sol et a fait un malaise cardiaque. Il présentait des fractures et des lésions au cou. C’est du moins cette version que retiennent ces hommes, visage fermé, dont la colère, même vis-à-vis des journalistes, coupables de déformer leurs propos, ne cesse de monter à mesure qu’ils expriment leurs sentiments. Pour eux, nul doute que les policiers ont continué « à le frapper » après l’avoir maîtrisé.

« Guéant, c’est le ministre que des flics »

Les propos du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, interprétés comme une prise de position en faveur des policiers, résonnent comme « une provocation » ici. « Guéant, c’est le ministre que des flics », dit l’un des hommes. « Même si on s’habille bien, on reste des Arabes », s’emporte un autre habitant de ce quartier de la Gauthière où, comme aux Vergnes, le chômage touche un peu plus de 40% des 18-25 ans, deux fois plus que la moyenne, souligne la mairie. Les tensions, les voitures brûlées, la présence chaque nuit depuis cinq jours des CRS en tenue d’intervention, ont exacerbé les passions.

Sur le marché, certains habitants n’hésitent pas à évoquer leur « peur ». (…)

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Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.


Clermont : « ce n’était pas des petits coups »

TEMOIGNAGE E1 — Laure a assisté, depuis son appartement, à l’arrestation musclée de Wissam El-Yamni.

C’est l’une des rares témoins de la scène. Laure habite le quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand, non loin de là où a été interpellé Wissam El-Yamni, la nuit de la Saint-Sylvestre. Elle a vu, depuis la fenêtre de son appartement au quatrième étage d’un immeuble qui surplombe le centre commercial, comment s’est déroulée l’arrestation. Sa description est loin de confirmer le récit des policiers.

« Ils ont sauté sur lui »

Laure a raconté au micro d’Europe 1 que le jeune homme de 30 ans a été arrêté devant les vitrines des magasins et placé à l’arrière d’une voiture banalisée. La voiture aurait ensuite été se garer 300 mètres plus loin avant de s’arrêter à nouveau sur un parking à l’écart. C’est là que l’interpellation aurait dégénéré.

« Le jeune est sorti de la voiture. Il s’est mis à courir, même pas deux mètres. Deux messieurs sont sortis de la voiture — deux policiers –, ils ont sauté sur lui, l’ont plaqué au sol, l’ont tapé : ils lui ont donné des coups au niveau de la tête et au niveau du thorax », a-t-elle détaillé.

« Et ce n’était pas des petits coups qu’ils donnaient »

 Laure a assuré, à deux reprises devant la police des polices, que les fonctionnaires qui ont interpellé Wissam El-Yamni « y allaient violemment avec des coups de pieds. Et celui qui était vers la tête a fini avec des coups de poings. Ca a duré cinq-dix minutes », a précisé Laure. Des propos appuyés par ceux d’une de ses voisines. (…)

Leur presse (Europe1), 10 janvier 2012.


Mort à Clermont-Ferrand : Deux policiers mis « hors service », selon Claude Guéant

FAITS-DIVERS – Ils avaient participé à l’interpellation le 31 décembre d’un homme décédé lundi…

Claude Guéant, qui a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’interpellation qui aurait conduit à la mort de Wissam El-Yamni, a annoncé ce mardi sur BFM TV que deux fonctionnaires avaient été mis « hors service, en congés ».

A l’heure actuelle, « les éléments disponibles ne sont pas suffisants pour prendre une position d’équité », a ajouté le ministre de l’Intérieur qui avait déclaré lundi soir que « s’il y a eu une interpellation difficile, ça n’est pas le fait des policiers. » (…)

Leur presse (20Minutes.fr), 10 janvier 2012.


La suspension des policiers réclamée à Clermont-Ferrand dans l’affaire El Yamni

Des voix se sont élevées mardi pour réclamer la suspension des deux policiers mis en cause dans l’affaire El Yamni, du nom de cet homme décédé après son interpellation controversée dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.

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La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et la CGT estiment ainsi que « suspendre » les deux policiers, à ce jour simplement mis « en congés », permettrait de ramener le calme, même si la nuit de lundi à mardi a été moins agitée que les précédentes, avec cinq voitures brûlées et 17 interpellations.

« Les jeunes peuvent avoir l’impression qu’il y a deux poids deux mesures », avec d’un côté des jeunes brûleurs de voitures jugés en comparution immédiate, et de l’autre des fonctionnaires toujours en fonction, a expliqué à l’AFP Me Jean-Louis Borie du barreau de Clermont-Ferrand, avocat de la LDH.

Pour la CGT Puy-de-Dôme également, « des mesures conservatoires doivent être prises à l’encontre des agents incriminés, montrant ainsi la détermination des pouvoirs publics dans la recherche de la vérité ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204202.jpgSynergie, second syndicat d’officiers de police, a quant à lui apporté son « soutien » aux deux policiers, exhortant « la cohorte des petits inquisiteurs de salons à s’abstenir de lyncher médiatiquement les policiers » incriminés, tandis que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a indiqué qu’ils avaient été mis « en congés ».

« Il me semble que c’est la mesure conservatoire minimum qui pouvait être requise », a réagi le maire socialiste de Clermont-Ferrand, Serge Godard, interrogé par l’AFP.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204178.jpgSur une possible suspension, M. Guéant a précisé que « les éléments disponibles sur ce qui s’est passé réellement ne sont pas suffisants pour prendre une position qui soit une position d’équité ».

« Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les policiers ont été appelés par quelqu’un sur les lieux où paraît-il se trouvait un blessé. Ils ont été accueillis par ce monsieur à coups de pierre, il a donné des coups de pied dans la voiture, il a frappé les policiers qui ont eu beaucoup de mal à le maîtriser », a rappelé le ministre de l’Intérieur.

« L’origine de l’interpellation difficile, ce n’est pas la police qui l’a créée. Ceci dit, les enquêtes diront ce qui s’est passé », a-t-il martelé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326203525.jpgAprès une course-poursuite, M. El Yamni avait été plaqué au sol. Il était tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport au commissariat et présentait des fractures et des lésions au cou.

L’information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ouverte vendredi a été requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet. La peine encourue est de vingt ans de réclusion criminelle.

Les deux fonctionnaires ne sont pas mis en examen à ce stade. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) mène aussi une enquête.

La LDH va quant à elle chercher à se constituer partie civile.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204230.jpgMe Borie a dénoncé le « dispositif de guerre » mis en place par le préfet, avec 400 fonctionnaires de police et de gendarmerie mobilisés, appuyés par un hélicoptère muni d’une torche éclairante, pour un bilan de cinq voitures brûlées dans la nuit de lundi à mardi. Le dispositif pourrait être reconduit.

Le parquet a par ailleurs précisé que les pompiers avaient été appelés en amont depuis le téléphone de Wissam El-Yamni, déclenchant leur intervention pour sauver un blessé imaginaire, dans ce qui pourrait être un guet-appens tendu aux forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.

Au Jura Lib’ et à Cette Semaine…

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Salut. Tout d’abord je déballerai pas les « vérités » qui se font jour sur ce qui s’est passé le 31 décembre dans le quartier de la Gauthière à Clermont. C’est ce que veut la famille et l’avocat. [« Wissan el-Yamni (...) portait des traces de violences "assez incompatibles avec les gestes classiques d’une interpellation policière", selon l’avocat de sa famille, Jean-François Canis. » (Libération du 11 janvier)] En tout cas, c’est affreux… Seuls deux flics mis en examen, mais pas suspendus à l’heure où j’écris.

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La manif de samedi dernier fut très « digne ». On a fini par un sit-in devant le comico, les flics étaient barricadés à l’intérieur. A la fin, les charognards politiques (les Verts) causaient avec les RG… Depuis des jours, c’est une guerre totale, une guerre sociale. Même un avocat bien connu du coin a parlé dans les médias de guerre lancée par la pref, c’est vous dire… J’entends encore un hélico survoler par dessus chez moi, alors que j’habite assez loin quand même. Hier, ça a duré jusqu’à 4 heures du mat’. Pour info, Clermont est une ville de gôche, avec même des élu-e-s NPA et LO. Pacifié. Première fois que ça arrive. Beaucoup s’en plaignent… Certain-e-s un peu moins…

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Alors voilà. La Gauthière, on y fait le tour en 10 minutes même pas. Les « émeutes » commencent jamais comme ça. 400 CRS dans ce quartier, c’est indescriptible, avec en plus deux hélicos et coupure de l’électricité (j’ai pas vu moi-même, je raconte le témoignage d’un pote et d’autres…). Les voitures qui crament sont « ciblées » apparemment. Genre celles des fachos. Des voitures ont été vraisemblablement cramées par les flics (c’étaient celles qui étaient pas dans le noir, en pleine lumière, donc pas le genre à brûler quand y’a un hélico et des CRS…). Ce soir j’y suis allé. J’ai vu que les charognards bis ont envoyé leurs « jeunes » (NPA, PCF). J’ai vu deux personnes de SUD dire qu’il faudrait contacter les syndicats. Allez demander aux jeunes du quartier pour voir… Je suis reparti après quelques discussions et infos prises, ce qu’on peut, une méfiance logique règne. Y’avait pas de flics, ni d’hélicos. En rentrant, un pote me dit qu’il a vu 14 fourgons de CRS filer à toute vitesse vers le quartier. On y retourne, rien, ils sont pas là. Juste ce putain d’hélico. On suppose que ça a dû péter plus loin… Bref pour faire simple, c’est une guerre déclarée. Pour le détail, un nouvel hôtel de police vient d’ouvrir, et la pancarte indiquait « Ici, l’État investit pour votre avenir »…

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Je finirai sur les tags et les banderoles (pas de photos, logique on va pas se faire prendre pour des RG non plus). En tout cas, si y’en a qui disent après que c’est de la haine gratuite et pas consciente, qu’illes retournent voter et dormir.

Quelques tags vu dans le quartier : « CRSS=Porcs », « Wissam 09/01/2012 on oublie pas », « Nique la BAC et la Canine »…

Quelques banderoles déployées sur les toits : « Homicide volontaire en bande organisée », « On ne laissera jamais le fascisme passer », « Guéant reconnais-le, la police a tué », « Ministère de la Justice, Zone de non-droit », « Police, Nazi, Assassin ».

Que se Vayan todos. Guerre Sociale. Vive le feu.

Couuriel du 11 janvier 2012 – 0h27.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:56

Des sucettes à l’eau

Ils n’ont pas réussi leur défi. Des étudiants des Beaux-Arts comptaient coller 48 peintures, dessins et affiches perso sur les abribus et sucettes Decaux de la rue Saint-Jean. Une action antipub et anti-consommation dans le but de se réapproprier l’espace urbain comme lieu d’exposition le premier samedi de soldes.

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Mais, parvenus au Point Central sous une pluie battante, un fourgon, une voiture et deux agents de la brigade anticriminalité (BAC) arrivés à la Starsky et Hutch sur la voie du tram ont stoppé nette la manifestation artistique.

Une interruption musclée qui a fait tomber à l’eau la fête bon enfant. Les forces de l’ordre ont vérifié l‘identité des jeunes artistes alignés contre le mur et traités comme des bandits. Idem pour le photographe du journal sommé de montrer carte de presse et pièce d’identité.

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A la poubelle

Si les étudiants sont restés calmes, la grogne est vite montée chez usagers du tram — bloqué — qui s’impatientaient sous l’abribus. « Vous en avez pour longtemps ? Je prends mon service à 16 h au CHU. Je n’y serai jamais », trépigne une dame. « Dix minutes… ou une heure », réplique l’agent. « Vous pourriez au moins garer vos véhicules ailleurs, c’est incroyable », s’agace un piéton aussitôt remballé par un : « Ne nous empêchez pas de faire notre travail ». Le ton monte. « Vous feriez mieux d’être présents sur les agressions en ville le samedi soir ! »

Après avoir relevé chaque identité, les policiers ont récupéré la trentaine d’affiches non-scotchées et les ont jetées en boule dans une poubelle sous les yeux des étudiants, médusés. « Maintenant, amusez-vous », ont-ils lancé aux jeunes avant de remonter dans les trois véhicules.

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« De l’art éphémère »

L’action avait pourtant démarré dans le calme et la bonne humeur pour la vingtaine d’étudiants.

Ils s’étaient donné rendez-vous à 14h15 en haut de la rue Saint-Jean avec leur gros scotch et affiches roulées sous le bras. Fiers et heureux. Certains avaient travaillé dessus pendant trois semaines.

Organisés, ils devaient couvrir les 48 sucettes de l’artère jusqu’à la cathédrale, filmés par Malik. « C’est la première fois qu’on expose au grand jour », se réjouissait Simon, en 3e année. « Avant, on collait la nuit mais au petit matin, nos œuvres avaient disparu avant d’être vues. »

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Un premier groupe de quatre avait ouvert sans forcer l’abribus de la place Maginot, pour y scotcher « Vous entrez en zone de réaction » peint en lettres noires, refermé la vitre et descendu l’artère noire de monde. Incognito.

Direction la sucette à l’angle de la rue Notre-Dame. De nombreux passants s’arrêtaient, regardaient s’afficher une magnifique peinture avec des oiseaux, félicitaient les jeunes artistes. Une maman expliquait à sa fille : « Tu vois, ils cachent la pub, c’est pour lutter contre la société de consommation. C’est de l’art éphémère ».

Beaucoup trop éphémère.

Leur presse (Corinne Baret-Idatte, EstRepublicain.fr), 8 janvier 2012.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:51

Tabassé par un policier au commissariat du troisième arrondissement de Paris pour avoir sifflé L’Internationale. C’est ce qu’affirme Denis Godard, 47 ans, qui a déposé plainte vendredi dernier pour violences volontaires aggravées, rapporte ce lundi le site internet Médiapart. Il souffre d’une fracture du plancher de l’orbite (l’os situé sous l’œil) avec douze jours d’interruption temporaire du travail (ITT). La préfecture de police de Paris a indiqué ce lundi que l’inspection générale des services (IGS) avait été saisie.

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Le même jour, vers 5 heures du matin, Denis Godard a été interpellé en état d’ébriété rue Beaubourg à Paris, par des policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il se trouvait avec deux de ses collègues. « Nous avions consommé de l’alcool, nous cherchions un taxi et Denis a accroché un scooter avec sa sacoche, on l’a relevé, mais les policiers n’ont rien voulu savoir et ont embarqué Denis », explique à Mediapart l’une de ses collègues.

« Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude »

Au commissariat du troisième arrondissement, Denis Godard aurait été placé sur un banc dans un couloir bordé de cellules. « Je me suis mis à siffler l’Internationale, ce qui m’est passé par la tête », raconte-t-il au site Internet. « Un policier m’a dit qu’il fallait que j’arrête car « J’emmerdais tout le monde, ceux qui travaillaient et ceux qui dormaient ». »

Mais il persiste. Selon son témoignage, le policier aurait alors fermé la porte donnant sur le hall du commissariat, les isolant tous les deux, et l’aurait frappé au visage, une seule fois et la main ouverte. « Je lui ai dit qu’il n’avait qu’à continuer comme ça, car les choses se verraient. Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude », ajoute la victime présumée.

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Après quelques heures en cellule de dégrisement, Denis Godard est passé devant un officier de police judiciaire, qui a pris sa plainte. Son coquard « commençait à enfler ». Examiné le lendemain aux urgences médico-judiciaires de l’Hôtel Dieu, les médecins ont diagnostiqué une fracture du plancher orbital. Denis Godard pourrait devoir subir une opération chirurgicale, car un nerf innervant la moitié du visage serait touché, souligne Mediapart.

Leur presse (Bérénice Dubuc, 20Minutes.fr), 9 janvier 2012.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:49

Lausanne. Les flics foutent un GROS merdier au squat de la Montgolfière

À 8h30 ce matin, les flics sont entrés de force dans le squat de la Montgolfière, situé à l’Avenue Louis-Ruchonnet depuis le 20 novembre 2011 face au refus des habitants de leur ouvrir la porte. Le prétexte : un mandat de condamnation, et un autre, de perquisition/identification suite à une plainte de la propriétaire. Cinq personnes ont été arrêtées, retenues en garde à vue jusqu’à 14h30.

Quatre habitants sont alors montés sur le toit et ne sont redescendus qu’aux alentours de midi. Entre-temps, des amis sont venus apporter leur soutien, en gambadant autour de la dite « maison aux volets bleus » (cf. médias bourgeois).

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Les flics se sont surpassés dans la destruction de ce lieu de vie et d’activités en arrachant notamment les portes d’entrée, en défonçant/retournant/jetant des canapés, des bancs, etc., ou encore en déracinant des plantes. Des mezzanines des chambres à coucher ont été abattues, des liquides douteux maculent les matelas et finalement le sol de chaque étage est encombré de débris.

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Au sous-sol, les flics ont sorti deux guitares de leur housse pour les briser, de la peinture et d’autres liquides sucrés ont été déversés sur du matériel audio. En bref, il ne s’agissait pas pour les flics de perquisitionner des objets potentiellement illégaux, mais bel et bien de détruire l’intérieur de la maison.

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SOLIDARITÉ AVEC LE SQUAT DE LA MONGOLFIÈRE !

Le Réveil, 10 janvier 2012.


Lausanne : des squatters réfugiés sur le toit

Les occupants d’une maison du centre-ville, vouée à la démolition, sont montés sur le toit ce matin. Ils craignaient leur évacuation par la police.

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D’habitude paisible, l’avenue André-Schnetzler est occupée ce mardi matin par la police, ainsi que par la grande échelle des pompiers. Plusieurs jeunes étaient perchés sur le toit d’une maison destinée à la démolition. Selon Anne Plessz-Glatz, porte-parole de la police municipale, les agents n’étaient intervenus dans ce squat que pour signifier aux occupants un mandat de comparution. La situation a dérapé.

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Squattée depuis novembre dernier par plusieurs jeunes – une dizaine, estime la police – la petite maison aux volets bleus est dans l’attente de sa destruction pour un nouveau projet immobilier. « Son propriétaire a porté plainte pour occupation illégale », précise Anne Plessz-Glatz. De leur côté, les squatters se sont institués en Collectif Turbo-Mongol et invitaient les passants à une tasse de thé. Un concert était prévu le 21 janvier.

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Suite à la plainte, les squatters devaient se présenter devant la police judiciaire. A l’arrivée des agents, ils se sont barricadés et ont grimpé sur le toit. « La police veut nous évacuer ! » tel était le message adressé aux médias. Pour l’heure, le dialogue est donc rompu. Ou presque, car cinq ou six jeunes ont été interpellés afin d’être identifiés. Quant à ceux restant sur le toit, la police compte les convaincre de redescendre calmement grâce à la présence d’un médiateur.

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Vers 11 h 30, les palabres ont finalement porté leurs fruits. Les occupants du toit ont accepté de quitter de leur perchoir sans autre incident. « Tous les occupants de la maison ont pu être identifiés », précise la police lausannoise.

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Leur presse (Alain Détraz, 24Heures.ch), 10 janvier 2012.


Dix occupants déférés devant la justice

La police de Lausanne est intervenue mardi matin dans un squat de l’avenue Ruchonnet à la demande d’un procureur. Les occupants ont été identifiés et seront déférés notamment pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274781.jpgHuit inspecteurs se sont présentés à la porte du squat de l’avenue Ruchonnet. Ils devaient identifier les occupants des lieux, leur notifier un mandat de comparution et effectuer une perquisition des lieux, suite à la plainte du propriétaire pour violation de domicile, a communiqué la police de Lausanne mardi.

Les squatters ont commencé par se barricader dans la maison. Puis ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. En milieu de matinée, six d’entre eux ont été amenés à l’hôtel de police pour y être identifiés et auditionnés.

Quatre personnes, réfugiées sur le toit, ont accepté après deux heures de négociations, de descendre à tour de rôle pour être identifiées. Les dix occupants seront dénoncés pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires, selon leur degré d’implication.

Leur presse (ats), 10 janvier 2012.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:46

« AUTONOMIE NE FUT JAMAIS LE NOM D’UNE ORGANISATION : il faudrait toujours se référer aux autonomies, celles des ouvriers, des étudiants, des femmes, des homosexuels, des prisonniers, des enfants, de quiconque aurait choisi la voie de la lutte contre le travail et contre l’État, de la sécession avec le fantasme de la société civile et de la subversion de la vie ensemble avec d’autres. »

Tout commence à l’automne 69, les ouvriers de la FIAT Mirafiori occupent leurs ateliers, sabotent les machines et défilent, masqués de rouge, dans leur usine en s’attaquant à leurs contremaîtres, contre l’avis des syndicats.
S’ensuit une décennie de bouillonnement social, d’une classe qui se définit en négatif par rapport à une autre, une opposition frontale à tous les engrenages de la domination, de l’exploitation, du patriarcat.
Une explosion sociale, une ligne de fracture, un refus de ce monde que le Mouvement articulera à travers différentes pratiques : refus du travail, expropriations, auto­réductions et grèves de loyers, sabotages et émeutes, affirmant de manière claire le refus de reproduire les conditions existantes.

Présentation du livre « Autonomie », (éditions La Fabrique, 2011)
en présence de l’auteur Marcello Tarì
+ repas en fin de soirée à prix libre
Samedi 21 janvier à 19h
au 194 rue des Pyrénées

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:35

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:29

Violence : trois policiers municipaux suspendus

La Chapelle-Saint-Luc – Olivier Girardin annonce une mesure de précaution « sans préjuger de la responsabilité des agents ».

Deux agents expérimentés de la police municipale ainsi qu’un stagiaire ont été suspendus par le maire de La Chapelle-Saint-Luc. Une décision qui fait suite à une enquête administrative interne menée ces derniers jours.

Les faits remontent au 21 décembre dernier lorsque les agents municipaux se lancent à la poursuite d’un exhibitionniste qui sévirait rue Gaston-Berger.

La victime, une factrice, vient de lancer un appel d’alerte. Sur place, les policiers font face à Rachid Djemli dont l’allure correspond au signalement. À la vue de la patrouille, l’homme s’enfuit. « Je n’aurais jamais dû, j’ai eu peur », plaidera-t-il quelques jours plus tard.

Une course-poursuite s’engage alors au cœur du quartier. Dans la rue Claude-Debussy, Rachid Djemli grimpe quatre étages d’un immeuble avant de se rendre. Il est menotté. « L’un des policiers me dit “Tu m’as bien fait courir” avant de m’attraper par les menottes et de me balancer dans l’escalier. »

L’homme s’effondre, plusieurs vertèbres fracturées. Placé en garde à vue, il est rapidement orienté vers le centre hospitalier de Troyes puis transféré au CHU de Reims.

Le 3 janvier, un médecin légiste établit 90 jours d’ITT (interruption totale temporaire de travail) au vu des radiographies, « sous réserve de complications ». Jeudi, son avocat entendait « saisir le procureur de la République ».

Depuis, Olivier Girardin a décidé de suspendre les trois agents. « Au regard de l’ensemble des éléments dont je dispose et sans préjuger de leur responsabilité, j’ai décidé de les suspendre à titre conservatoire. » Une mesure de précaution sur laquelle le maire ne s’étendra pas. Et ceci « dans l’attente des suites que donnera ou non le procureur de la République ».

Alex Perrin qui analyse et dissocie deux affaires. L’exhibition sexuelle, tout d’abord, point de départ de l’intervention des agents. « L’enquête est toujours en cours mais des éléments objectifs plaident pour la responsabilité de cet homme. »

Les violences policières, ensuite, pour lesquelles le procureur de la République reste « en attente de la plainte dont il est fait état. Pour l’instant, je n’ai pas encore été saisi. » Seule certitude, « sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, j’ai reçu les éléments transmis par le maire. »

Si une plainte devait atterrir sur le bureau du procureur, et donc croiser les éléments fournis par le maire, « je ferais naturellement diligenter une enquête » concluait, hier, Alex Perrin.

Leur presse (Céline Tillier, L’Est-Éclair), 7 janvier 2012.

Nice : les policiers poursuivis pour viol acquittés

La cour d’assises des Alpes-Maritimes a déclaré « non coupables » les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée à Nice, ainsi que la quatrième qui comparaissait pour non assistance.

Un immense soulagement a rompu une tension extrême dans la salle des assises des Alpes-Maritimes. Les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée ont été acquittés après seulement deux heures de délibéré, ainsi qu’un quatrième qui était poursuivi pour non assistance. « Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier, a commenté le président Thierry Fusina. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing » a-t-il lancé aux accusés. Un commentaire que certains ont pu interpréter comme le signe d’un acquittement au bénéfice du doute.

Mais pour les quatre policiers, leurs familles et leurs proches collègues, l’heure était aux embrassades après quatre jours d’audience pénibles, au cours desquels leur relation sexuelle avec une prostituée dans leur fourgon sérigraphié a été passée au crible de la machine judiciaire. L’avocat général avait pointé à propos de leurs déclarations « une cohérence qui s’effrite par moments », avant de réclamer de huit à dix ans de prison pour les trois accusés de viol.

La défense s’était employée à souligner certains mensonges de la plaignante, et ses incohérences. « Vous connaissez beaucoup de violeurs qui refuseraient de payer 20 euros [comme la plaignante leur a demandé lorsqu’ils l’ont raccompagnée] pour échapper à des poursuites » avait lancé Me Gilles Simeoni, l’avocat de l’un des gardiens de la paix. Sans doute un argument qui a pesé dans la balance lors du délibéré. « Je regrette que ces actes se soient passés » a conclu le président, tandis que « l’ami de cœur » de la prostituée marmonnait : « c’est pas fini ». Le parquet pourrait faire appel.

Leur presse (Michel Bernouin, Metro), 15 décembre 2011.


Un viol, sinon rien

Selon toute apparence, les grands médias nationaux, pourtant aussi friands que les autres en matière de faits divers un peu glauques et de démêlées procédurières de haut vol, ont très largement anticipé la trêve des confiseurs et ont préféré se priver d’une goûteuse friandise un peu faisandée.

Seul, en effet, Nice-Matin, quotidien au rayonnement azuréen, semble avoir suivi, aux assises des Alpes-Maritimes, le procès où comparaissaient quatre gardiens de la paix. Trois d’entre eux étaient accusés de « viol par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » ; au quatrième on reprochait son « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne ». Face à eux, la plaignante : une jeune femme de 27 ans, que la presse présentait, au moment des faits — fin février 2010 —, comme une prostituée exerçant son activité à Nice « sans autre but que de nourrir son enfant ».

On a pu apprendre, au soir du 15 décembre, que les quatre accusés avaient été acquittés.

Le parquet pourrait faire appel, mais on ignore encore ce que le parquet en a à cirer…

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Allégorie du triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Les faits se sont produits pendant la nuit du 23 au 24 février 2010. Comme dans toutes les affaires passant aux assises, il est probable qu’aucun récit absolument véridique n’en sera jamais fait. On peut, cependant, tenter de retrouver les contours qu’en traçait la presse avant le procès, en regroupant ce qui était clairement établi, ce qui avait été constaté et ce qui avait été avoué.

Vers deux heures du matin, une patrouille de quatre agents du service de sécurité de proximité de la ville de Nice, arrête son fourgon non-banalisé — il paraît que l’on dit « sérigraphié » — à la « hauteur d’une jeune femme qui racolait, un verre de boisson alcoolisée à la main » (article du 12 décembre 2011). On peut lire, dans un article du 2 mars 2010, que selon le procureur, monsieur Éric de Montgolfier, les policiers auraient voulu « la protéger d’un rôdeur qu’ils avaient repéré ». Ils n’ont cependant pas averti le commandement de leur « intervention ».

Toujours est-il que la jeune femme est montée dans le véhicule de police.

Trois des gardiens de la paix ont alors eu des relations sexuelles avec elle, et le quatrième, le plus jeune, a attendu, sans intervenir, à l’extérieur.

Après le départ des policiers, la jeune femme appelle le « 17 » afin de porter plainte.

« Immédiatement un équipage de police secours vient entendre sa version des faits. Les présumés agresseurs sont identifiés. Leur ronde de nuit est écourtée. La version fournie par la jeune prostituée semble suffisamment crédible pour que l’on saisisse sur le champ les tenues des quatre fonctionnaires incriminés. » (article du 2 mars 2010)

« Le parquet de Nice fait aussitôt saisir le véhicule pour perquisition. L’Inspection générale de la police nationale est chargée de l’enquête et les quatre hommes sont suspendus de leurs fonctions. L’un d’eux sera même radié de la police. » (article du 12 décembre 2011)

Malgré ma volonté initiale de m’en tenir aux seuls faits avérés, je ne puis résister au plaisir de citer cette opinion, qui conclut l’article du 2 mars 2010 :

« S’il n’est pas question de “cautionner de tels dérapages”, plusieurs fonctionnaires niçois pointaient hier du doigt la jeunesse de l’équipage incriminé. Le plus âgé des quatre policiers a 38 ans. »

À croire qu’on a la maturité un peu tardive, dans la police niçoise…

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Flouté, l'un des « jeunes » accusés, avec son avocat. (Photo dans Nice-Matin.)

C’est sans doute pour soutenir le moral de cet « équipage » de jeunots que « de nombreux policiers en civil » étaient venus à l’ouverture du procès de leurs anciens collègues…

Le premier jour a été consacré à l’évocation des personnalités respectives des quatre accusés que l’article du 13 décembre décrit comme « quatre sportifs dont deux de stature athlétique, rigoureux dans leur tenue ».

Le matin, ils « ont été présentés comme des fonctionnaires sans tache, exemplaires, jusqu’à cette nuit-là, des policiers qui rêvaient d’exercer leur métier ». Les deux experts convoqués, un psychiatre et un psychologue, leur ont délivré un certificat de « normalité », dépourvu de traces de « pathologies et perversité ».

L’après-midi, les « témoins de moralité » ont défilé à la barre pour portraiturer chacun en bon mari, bon père, bon beau-père, bon compagnon, bon frère, bon beau-frère…

C’est au cours de l’audience du mardi que le récit de la plaignante sera entendu :

« Reprenant les faits chronologiquement, la jeune femme a expliqué sa première réaction face à des policiers qui lui reprochaient, selon elle, une consommation d’alcool sur la voie publique : “J’ai d’abord pris çà sur le ton de la plaisanterie, mais j’ai compris qu’ils allaient m’arrêter. (…) J’étais coincée dans un véhicule avec quatre policiers, puis on m’a emmenée dans un coin sombre. Que pouvais-je faire ? Ils m’ont dit c’est toi la professionnelle, tu sais ce qu’il faut faire. Alors j’ai fait une passe… J’ai obéi aux ordres, pour m’en sortir avec un moindre mal.” » (article du 14 décembre)

Cette jeune femme, que l’on nous dit « fluette », est en face d’un escadron d’avocats de la défense, dans leurs rôles, et d’un président de cour d’assises, dans le sien, qui bien souvent consiste à jouer tous les rôles en même temps. C’est d’ailleurs lui qui introduit la thématique attendue dans une affaire de viol :

« Par votre attitude auriez-vous laissé entendre que vous étiez consentante ? »

Demande-t-il.

Et l’un des avocats reprendra :

« Avez-vous eu un rôle exclusivement passif, avez-vous obéi à des instructions ou bien avez-vous pris des initiatives ? »

C’est le jeu : le moindre geste vaguement interprétable comme le début de l’amorce d’un consentement fera tomber l’accusation de viol…

Aussi s’interrogera-t-on bien davantage sur ces signes d’acquiescement que sur les contraintes éventuellement ressenties par la jeune femme.

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La plaignante, avec l'une de ses avocates. (L'image était non floutée dans Nice-Matin.)

Le lendemain, la parole est à ces messieurs, qui insisteront sur le caractère consenti de la baise en groupe qui a eu lieu dans le fourgon, et aussi sur la demande d’une contribution de 20 € qui a été faite aux trois actifs à l’issue d’icelle. Le compte-rendu (article du 15 décembre) laisse supposer qu’un délicat parfum de virilisme décomplexé a envahi le prétoire.

Le chef de patrouille — désigné par la plaignante comme ayant entraîné les autres :

« Je n’ai donné aucune consigne à mes collègues : je veux bien être le chef de patrouille mais pas celui des ébats ! Elle nous a chauffés, oui, on ne jouait pas aux cartes ! »

« Aviez-vous l’intention de payer ses charmes ? », questionne le président. « Non, pas du tout, réplique le policier déjà révoqué. Pour les 20 € qu’elle a réclamés à la fin, on n’a pas pris les choses au sérieux. »

Le chauffeur du fourgon :

« Elle était très avenante. Elle nous a dit qu’elle pouvait être très gentille et a été particulièrement active… »

Question clé du président : « Pourquoi ferait-elle ça ? » Réponse surréaliste du policier, qui fait sourire, d’un air entendu, l’avocat général Éric Camous : « Peut-être pour se mettre bien avec nous… Ça arrive avec des commerçants : ils ne veulent pas qu’on les paye. Que voulez-vous qu’on fasse ? »

Le doyen de la bande :

« (…) pour lui, c’est bien la prostituée qui les a “allumés” : “Je pense qu’elle voulait récupérer un peu d’argent après sa soirée perdue. Mais on n’a pas relevé : elle nous a même donné des lingettes après, c’était irréel…” »

Et le benjamin abstinent :

« Si j’avais perçu chez elle la moindre hésitation… »

Au fond, nos trois messieurs ne sont pas si mécontents d’eux-mêmes, et Me Véronique Wilhem, avocate de la jeune femme, dans sa plaidoirie, évoque leur satisfaction :

« Ils sont tous persuadés que la victime a pris du plaisir… »

Il semble bien, en effet, que les trois principaux prévenus aient eu à cœur non seulement de prouver leur droit de prendre leur plaisir en insistant sur l’accord de leur partenaire, mais encore de rassurer sur leur virilité en affirmant qu’ils lui en avaient donné, du plaisir…

(Mais ils oublient un peu vite, je crois, que la simulation de la jouissance est un bon moyen, et largement utilisé dans la profession, pour hâter les choses lorsque le meussieu tarde à se décongestionner…)

Me Véronique Wilhem ajoute :

« Mais non, dans ce camion, elle n’était plus rien, elle n’était même plus bonne à être payée : quand elle demande les 20 €, tout le monde rit… » (article du 16 décembre)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326064363.jpg

Le triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Que la plaignante ne soit plus rien, les avocats de la défense s’y emploieront avec le bel esprit que l’on déploie habituellement en cour d’assises…

Et malgré les réquisitions de l’avocat général — dix ans pour le chef de patrouille, huit ans pour les deux autres participants et un an pour le non-participant —, la cour et les jurés ont prononcé l’acquittement des prévenus.

Ce commentaire du président de la cour, monsieur Thierry Fusina, n’a pas été relevé dansNice-Matin :

« Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing. » (Metro, 15 décembre)

Étrange déclaration, car on peut supposer qu’un magistrat de son rang pèse ses mots, et n’utilise pas celui de « victime » à tort et à travers.

Elle pourrait servir de point de départ à une interrogation sur ce qu’a eu à subir cette « victime » — qui, aux yeux de la cour, n’aurait pas menti —, si cela n’est pas un viol…

Mais pour cela, il aurait peut-être fallu s’intéresser à ce qui a été dit lors de ce procès…

P.-S. : Notons tout de même une autre source d’intérêt : le discours qu’on y a entendu, pour autant que l’on puisse en juger d’après quelques articles de presse, semble avoir été largement à la « hauteur » du fameux « troussage de domestique » ricané par un célèbre ancien journaliste semi-gâteux.

L’escalier qui bibliothèque, 19 décembre 2011.


Un viol, sinon rien (suite)

Un nouvel article de l’azuréen Nice-Matin, que je surveillais d’un œil noir depuis la fin de la semaine dernière, m’apprend que « les policiers acquittés pour le viol d’une prostituée seront rejugés ».

(…)

Ainsi donc :

« Le parquet général d’Aix-en-Provence ayant fait appel du verdict, le dossier sera de nouveau évoqué. Sans doute devant les assises des Bouches-du-Rhône d’ici la fin 2012. »

Et l’article rappelle :

« En rendant jeudi le verdict au bout de deux heures de délibéré, le président de la cour, Thierry Fusina, a eu ce commentaire : “La plaignante n’avait pas menti mais elle avait une vision des choses qui lui appartenait (N.D.L.R. : en clair, elle n’a pas fait de fausse déclaration). Il y avait en outre un doute par rapport aux circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés.” »

De ce deuxième procès, en fonction de la hiérarchie des informations du moment — et/ou du calendrier militant des collectifs dénonçant les violences faites aux femmes —, on parlera.

Ou pas.

Mais je pense qu’un silence prolongé finirait par devenir embarrassant…

L’escalier qui bibliothèque, 22 décembre 2011.

 

La police viole, tue et mutile en toute impunité !

La Fontaine le disait au XVIe siècle, mais la morale de l’histoire est toujours valable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

Dans la nuit du 23 au 24 février 2010, une jeune mère célibataire de 26 ans, prostituée occasionnelle et dont la famille ignore la situation, fait la rencontre malheureuse de quatre fonctionnaires de police du GSP (Groupe de Sécurité et de Proximité) à Nice. Les quatre policiers malintentionnés l’obligent alors à monter à l’arrière de leur fourgon, sous prétexte d’ébriété sur la voie publique. Trois d’entre eux, sous le regard du quatrième, la forcent à avoir des rapports sexuels.

Le 15 décembre 2011, les quatre policiers sont jugés devant la Cour d’Assises de Nice. Trois d’entre eux comparaissent pour viol aggravé par personne ayant autorité et encouraient huit à dix années de prison, et le quatrième pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit, encourait un an de prison.

Mais après plus de deux heures de délibérés, tous sont acquittés et la plaignante quitte la salle en larme, sans dire un mot.

Bilan de l’histoire :

Qui s’affronte dans cette affaire ? D’un côté, une prostituée, dont le statut social est méprisé et clairement en bas de l’échelle ; de l’autre, quatre « gardiens de l’ordre public », garants de notre sécurité… et bien entendu, protégés par leur hiérarchie.

Les quatre compères ont déjà un dossier chargé et n’en sont pas à leur première bavure : en bons flics qui se respectent ils ont commencés par de menus larçins et avaient déjà à maintes reprises profité de leur autorité et de leur uniforme pour s’exonérer des frais de bouche dans des bars et restaurants, pour mentir impunément afin de justifier des mauvaises notes au stage de gardien de la paix (nous faisons là allusion au chef de patrouille en personne), etc.

Mais rassurons-nous ! Ces ordures sont non seulement protégées par leurs confrères de la police qui les couvrent dès la plainte de la jeune femme, quelques heures après les faits, (ils sont avertis par radio et ne sont pas séparés, pouvant concerter leurs versions des faits), mais également par l’IGPN, mais cela n’étonne plus personne… En effet, lors de l’enquête, les accusés avaient d’abord tout nié en bloc, puis, voyant les preuves s’accumuler dangereusement (analyse de vêtements), avaient dû se résoudre à reconnaître qu’il y avait eu rapport… mais consenti. Ce consentement serait prouvé par plusieurs faits ; la victime les aurait obligés à mettre un préservatif (seule contre tous elle a réussi à les obliger à porter une protection), la victime leur a fait une fellation (la fellation est reconnue comme un acte qui peut être forcé) et enfin la victime leur a demandé de l’argent après le viol, ce dernier point ne pouvait être une preuve pour remettre en cause le viol mais montre à quel point l’agression sexuelle est vécue comme un traumatisme.

Notons une chose encore : le chef de patrouille a été révoqué, mais seulement à cause d’un dossier déjà chargé. Les trois autres ont été suspendus de leurs fonctions pour une durée de trois mois à un an… mais seulement pour avoir eu des relations sexuelles durant leur service.

Nulle question de viol…

Comme l’avocate de la plaignante, Me A. Fatovich l’a soulevé, il est évident que cette affaire montre que la parole d’une prostituée n’a aucune valeur dans un tribunal. Peut-on même parler de viol quant il s’agit d’une prostituée ? Les jurés ont répondu que non. En effet, la défense des quatre accusés se base sur l’argument fallacieux et pourtant ô combien de fois usité du «  Elle m’avait chauffé, j’ai pas pu me retenir ». Alors, si nous avons bien compris, ce sont eux les victimes de la maléfique et vénale créature du diable qu’est la Femme ? On nous aurait donc menti ? Il n’existerait pas de violeurs, mais seulement des proies répondant à l’appel inexorable et diabolique de la Femme charnelle et avide de sexe ?

Cette affaire remet bien le statut de la fille de joie à sa place ; après tout, ce n’est qu’une machine à sexe, comment pourrait-elle ressentir quelque chose ? Comment pourrait-elle avoir son mot à dire ? Son corps lui appartient-il encore ? Ces questions sont visiblement aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

On avait pourtant dit : quand une femme dit non, c’est non !

Sexe ou viol, la différence c’est le consentement !

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme et Homophobie (contact)

Indymedia Nantes, 6 janvier 2012.


Objet : Demandes d’excuses publiques

CRAS/H
Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (Nantes)
spazialtri@autoproduzioni.net

À l’attention de Michel Bernouin et du Journal METRO

À NANTES, le 06/01/2012

Monsieur Michel Bernouin,

Nous venons de lire l’article Métro du 15/12/2011 à propos du viol d’une prostituée par quatre policiers à Nice en février 2010.

Nous ne savons si vous êtes l’auteur de cet ignoble article ou celui qui en a autorisé la monstrueuse publication. Il est rempli de mensonges et nie complètement le statut de victime, face à agresseurs qui sont des représentants de l’ordre protégés par leur hiérarchie.

Les policiers mis en cause ont déjà commis nombres de honteuses bavures : utilisation malhonnête de leur pouvoir afin de bénéficier de frais de bouches gratuits dans des bars et restaurants, mensonges pour justifier des mauvaises notes…

Vous ne dites à aucun moment que les policiers ont été couverts par leurs collègues lors de la plainte de la victime, en les prévenant par radio. Ils ont ainsi eu le temps de concerter leurs versions des faits. Ils ont d’ailleurs d’abord tout nié en bloc puis les preuves s’accumulant, ont du reconnaître les faits. Vous dites que la victime a menti, alors que sa version des faits n’a jamais changé.

De plus, le statut social de prostituée est, selon vous, une des preuves qu’elle n’a pas pu subir un viol. Pourtant, nous rappelons que la jeune femme n’avait pas consenti à ces relations sexuelles, et que son statut social n’a pas à servir de prétexte pour remettre en question sa parole. Qu’elle leur ait demandé de l’argent après les faits ne peut pas être interprété comme une preuve de consentement, mais montre au contraire à quel point le viol est vécu comme un traumatisme.

Il est par ailleurs impensable que, seule femme face à quatre hommes forts de leur autorité policière, elle ait pu les « forcer » à avoir des relations sexuelles. Si ces derniers ont ensuite prétendu qu’elle les avait « chauffés » et qu’ils n’ont « pas eu le choix », c’est pour se placer en victime alors qu’ils étaient en réalité les agresseurs dans ces rapports non-consentis. Agresseurs dont vous prenez clairement la défense dans votre article.

Le viol a été reconnu malgré l’acquittement. Et ce n’est en aucun cas un soulagement. C’est un recul sans nom pour le féminisme et pour les victimes d’agression sexuelle. C’est la remise en cause de la parole de la victime, de son statut, et cela fait passer les agresseurs pour des martyrs.

C’est une vision misogyne, patriarcale et arriérée de la société et de la femme et il est honteux que votre journal à grand tirage en face l’apologie.

Nous demandons des excuses publiques de la part de votre journal et la reconnaissance d’un viol comme une agression extrêmement grave dont l’acquittement par un tribunal ne peut être reconnu comme un soulagement.

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (NANTES)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 21:53

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES

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