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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:57

GUY

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:25

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:20

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Published by coutoentrelesdents - dans TATOUAGES
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:15

Sarkozy célèbre Jeanne d’Arc, « résistante » et symbole de « l’unité nationale »

Nicolas Sarkozy a célébré vendredi la mémoire de Jeanne d’Arc, érigée en symbole de la « résistance » de la France dans l’épreuve et de son « unité nationale », en lançant en Lorraine les festivités du 600e anniversaire de sa naissance à Domrémy (Vosges).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325860380.jpg

L'original, en mai 2008.

« En tant que chef de l’État, je me devais de rendre aujourd’hui, ici, sur sa terre de naissance, cet hommage solennel que la France rend à ceux auxquels elle doit sa liberté et sa grandeur », a déclaré M. Sarkozy lors d’un discours à Vaucouleurs, où elle a lancé sa campagne victorieuse contre les Anglais en 1429.

« Jeanne n’appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan. Jeanne c’est la France dans ce que la France a de plus singulier et de plus universel car Jeanne est sans doute la Française la plus connue, la plus respectée, la plus aimée dans le monde entier », a-t-il ajouté, « Jeanne c’est la France dans ce qu’elle a de plus noble et de plus humble. »

« Puissions-nous aussi continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s’en servir pour diviser. Diviser au nom de Jeanne d’Arc, c’est trahir la mémoire de Jeanne d’Arc », a lancé le chef de l’État en direction du Front national.

La présidente du Front national et candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, doit commémorer à son tour samedi, à Paris, avec son père Jean-Marie, le souvenir de celle qui a « bouté les Anglais hors de France ».

Depuis de nombreuses années déjà, le FN a fait de Jeanne d’Arc, comme avant lui l’Action française, l’un des symboles de sa geste anti-immigration et l’occasion d’un défilé chaque 1er mai.

Leur presse (Agence Faut Payer, 6 janvier 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:14

Chronique de l’arbitraire : Quand diffuser de l’information devient potentiellement criminel

Ce mercredi 4 janvier au soir, la police politique de Poitiers était sur les dents. Un  petit nombre de personnes distribuait des tracts (soutien aux inculpées de Labège) et un canard local (L’Épine Noire) devant les marches du Théâtre-Cinéma de la place d’Armes au centre-ville. Pourquoi une distribution à cet endroit ? Parce qu’il y avait la  projection du film-documentaireTous au Larzac  avec un débat organisé par les Alternatifs, écologistes et autres. Autant dire qu’il y avait un grand nombre de poitevin-es et des environs qui sont venues pour y assister. L’idée était donc d’informer sur la situation des camarades de Toulouse et de faire connaitre l’Épine Noire… Pas d’entrave à la circulation, pas de papiers par terre (le public était évidemment intéressé par ce que nous distribuions), pas de violence en réunion, pas d’alcool, pas d’armes par destination, que de bonnes intentions.

Nous ne sommes pas rentrés pour la diffusion du film, on aurait peut être dû, vu ce qui s’est passé ensuite. À peine le dernier spectateur entré dans le cinéma, la Bac et la police nationale avec pas moins de six bagnoles sont venues interpeller six personnes dans des rues adjacentes au Théâtre-Cinéma. Les gardiens de l’ordre ont contrôlé les identités vraiment pour la forme, vu que nos tronches leur sont familières. Puis, ils ont confisqué les journaux ainsi que de simples couteaux. Mais ce n’est pas fini : la police nous amène quand même au commissariat.

Au commissariat, rien de très alléchant, à part peut-être de voir le directeur de la police, Jean-Francois Papineau, et ses collègues avec, entre les mains, l’Épine Noire (c’eût été de belles photos pour le prochain numero). Les six personnes embarquées sont sorties, certaines ramenées jusqu’à leur domicile pour  vérification d’adresse. Une personne est sortie avec une convocation au commissariat pour port d’armes, reconvoquée aujourd’hui elle ressort avec un rappel à la loi et ils en ont profité pour prendre ses empreintes et lui tirer le portrait. D’autres personnes, vraisembablement, seront prochainement convoquées pour l’Épine Noire.

La venue du président de la République dans la région, aujourd’hui 5 janvier, à l’occasion des  vœux à l’Éducation nationale, est sans doute une des raisons de leur intervention. D’autres suggèrent que c’est la distribution fortuite du canard à un RG qui allait assister au débat sur le Larzac, qui a mis la puce à l’oreille de nos amis les bleus. Les pandores n’auraient-ils pas eu vent d’un article sur le successeur de notre cher Tomasini (P..on), Yves Dassonville qui, après avoir chassé le syndicat (« voyou », disait-il) USTKE en Kanaky entame une nouvelle campagne en terre pictave contre d’autres voyous. Encore un petit effort Dassonville et l’Épine Noire verra croître son audience comme l’USTKE a su résister aux assauts colonialistes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324808655.png

Cet acte est grave, car il s’agit plus que d’une énième provocation policière pictave à l’encontre de certains individus présumés anarchistes, terroristes, délinquants, voleurs, voyous, et mille autres qualificatifs qui ne sonnent finalement pas plus mal que « PAPON », « baqueux », « éducastreur », « parti de l’ordre » ou « serviteur de l’État ». En effet la police a saisi tous les exemplaires de l’Épine noire qui restaient sur chacun d’entre nous [Ça n'est  pas la première fois que les flics confisquent du matériel militant]. Il s’agit là d’une atteinte manifeste au droit d’expression et de diffusion d’écrits politiques. Et ça nous ne saurions le tolérer pas plus que le reste. Comme quoi leur démocratie est à géométrie variable…

Bref, en tout cas comme ça l’est souvent rappelé, Poitiers reste une ville où le pouvoir teste le degré de résistance, teste des méthodes relevant de la contre-subversion. C’est une confirmation d’un rapport que la police  entretient avec un certain groupe de personnes supposées appartenir à un mouvement politique qui est particulièrement dans le viseur actuellement à Poitiers et ailleurs. Tout est à surveiller comme du lait sur le feu. C’est une véritable chasse aux sorcières qui est à l’œuvre, le spectre des lois scélérates n’est pas loin.

Nous invitons toutes celles et ceux, individuellement ou collectivement à donner leur point de vue sur cette question s’ils le souhaitent.

Qu’ils sachent que ces méthodes qui souhaitent mettre à bas toute contestation du pouvoir, du capital et de ses chiens de garde ne nous décourageront pas. Au contraire cela nous donne encore envie de continuer de nous battre contre ce monde autoritaire et marchand.

L’Épine Noire, 5 janvier 2012.

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Published by coutoentrelesdents - dans MEDIA
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:07

Aujourd'hui, au lycée, un professeur s'approche d'une élève en jean et baskets :
- "Je connais deux sortes de personnes qui s'habillent comme vous, Mademoiselle : les hommes, et les lesbiennes, et si je ne m'abuse, vous n'êtes pas un homme."
La jeune fille, choquée, lui répond sans hésiter :
- "Je connais deux sortes de personnes qui font ce genre de remarques : les homophobes, et les crétins. Et si je ne m'abuse, l'homophobie est interdite au lycée."


#viedemeuf

A.D.
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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:54

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http://www.icollector.com/images/1593/18472/18472_0568_2_lg.jpg

http://images.wikia.com/dune/images/b/b6/God_Emperor_of_Dune_Cover_Art.jpg

http://www.arrakis.co.uk/jpg/heretic1l.jpg

http://farm2.staticflickr.com/1205/5149944200_650b7e2ee9_z.jpg

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:46

Mobilisation antifasciste à Dresde du 13 au 18 Février, avec une manifestation le 18.

L’appel annuel:

Depuis une dizaine d’années a lieu à Dresden la plus grosse manifestation néofasciste en Europe.
A cette occasion, environ 6000 néofascistes réclament vengeance et dédommagement pour la destruction de la ville qu’ils considèrent comme un „holocauste des bombes alliées“. Ils se sont à chaque fois un peu plus rapprochés de la synagogue de Dresden. La municipalité a tenté à maintes reprises d’empêcher l’organisation d’une contre-manifestation. Des milliers des personnes se sont tout de même mobilisées pour bloquer les nazis.
A notre tour, mobilisons nous pour contrer cette manifestation néofasciste et faire qu’ils n’aient plus leur place dans nos rues. 
Non au révisionnisme! 
Non à la guerre! A bas le fascisme!

http://www.dresden-nazifrei.com/

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:43

http://feudeprairie.files.wordpress.com/2011/12/bonne-annc3a9e-1.png?w=640&h=393Le collectif Feu de Prairie souhaite une bonne année à tou(te)s les révolté(e)s, aux travailleurs et aux travailleuses, aux chômeurs et aux chômeuses, aux RMIstes, aux gens en galère, à ceux et celles qui croient à un avenir meilleur, qui militent, qui ne laissent rien passer, aux mères de famille qui se battent pour raccrocher les deux bouts, aux jeunes en difficulté, à ceux qui ont rompu avec le système scolaire, aux basques, corses, kanaks, trucs, kurdes et irlandais en prison en France pour des raisons politiques, à tous les révolutionnaires en prison d’ailleurs, aux syndicalistes de classe, aux gens dans les boîtes qui se font emmerder par leurs chefs, aux retraité(e)s laissé(e)s dans la misère, aux sans papiers dans les squats, aux femmes qui ne se laissent plus insulter, aux étudiant(e)s libertaires qui ne raccrocheront pas quand ils trouveront un taff, aux clubs de sport populaires, à ceux/celles qui se réapproprient les murs des villes, aux paysan(ne)s et ouvriers/ouvrières agricoles, aux ultras antifascistes, à ceux et celles qui ne votent plus, à ceux et celles qui votent sans y croire, aux teufeurs et aux teufeuses, aux écologistes radicaux, aux rappeurs et rappeuses conscient(e)s,… Et à tous les autres qu’on oublie, à tous les anonymes qui méritent une autre société, à qui ce blog est dédié.

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:40

 

GO CHECK

http://lecridudodo.blogspot.com/

 Contre le chomâge... et contre le travail !

Après avoir récemment perdu mon travail, je suis rentré dans le rang de ce qu’on appelle communément les chomeurs et précaires. Je n’ai pas envie d’écrire un texte théorique contre le travail ou des textes intellos conceptuels. Je me limiterai à ce long billet d’humeur et de quelques réflexions.

Ce titre d’article résume à peu près tout ce que je pense concernant la problématique du chômage et du travail.

En gros : ni l’un, ni l’autre, non merci.

Pour l’expliquer, je commencerai par une anecdote : pas plus tard qu’il y a quelques jours, j’allais à une manifestation "contre le chomage". Et là, le mégaphone de la CGT retentit. Plusieurs trucs assez insupportables et un notamment deux phrases qui me frappent comme un courrier de "trop perçu de la C.A.F en votre faveur". Le mec se lance dans une diatribe sur les patrons et les capitalistes (jusqu’ici, tout va bien) en expliquant que "ces gens là, qui ne travaillent pas sont des parasites, et que le travail, c’est ça la dignité dans la vie" puis nous explique que "les chomeurs doivent lutter pour un travail et un salaire décents" (il a l’air de savoir de quoi il parle).

La première escroquerie consiste à prétendre que la division de classe ne repose que sur le travail. Ce qui est faux, et les chomeurs et chomeuses en sont la preuve vivante. Non seulement il y a des pauvres qui ne travaillent pas (et survivent tant bien que mal, la fameuse "armée de réserve du capital") mais il y a des patrons, des propriétaires et des capitalistes qui travaillent. Même si du point de vue strictement "ouvriériste" ou travailliste, ils ne produisent rien ou pas grand chose, la plupart des cadres de la société d’exploitation dans laquelle nous vivons travaillent effectivement. Dans des bureaux, dans des bourses, en supervisant des chantiers, en faisant des réunions, en se déplaçant, en faisant leurs calculs, en faisant de la politique, etc, bref à des postes de gestionnaires la plupart du temps et généralement moins manuels, mais du travail quand même. En fait, c’est une minorité de rentiers qui ne travaillent pas du tout. La plupart des capitalistes d’aujourd’hui travaillent. Certains sont même salariés (il y a des patrons salariés par les actionnaires ou grands patrons, et qui ne sont donc pas complètement propriétaires, ou seulement d’une partie) même si ils ont des salaires gras et ne foutent pas grand chose, etc. Bref, si la plupart des pauvres travaillent dur pour gagner juste de quoi survivre ou un tout petit peu plus, ça ne veut pas dire que tout repose sur la seule problématique "salarié-e-s/patrons" (même si ça reste une problématique importante).

C’est bien sur le pouvoir décisionnel, la propriété privée (qu’elle soit "libéralisée" ou d’Etat) et les moyens de la défendre qui sanctionnent aussi la constitution d’une classe dominante. Si il y a bien un secteur dans la société où il n’est jamais question de "démocratie" ou de liberté (même "pour de faux"), c’est bien celui du travail. De l’entreprise. Du salariat, bref de l’économie. L’économie est privation par définition. Elle partage celà avec la prison. Tourner un film documentaire dans le monde de l’entreprise est au moins aussi improbable que de filmer le quotidien d’une prison. L’économie est l’antithèse de la décision raisonnée et prise collectivement. Pour celui ou celle qui n’a que sa force de travail à vendre, à aucun moment il n’est question de choix sur l’organisation du travail.

Ensuite, je suis peut être pas très vieux, mais je sais pas ce que c’est qu’un "travail décent" ou un "salaire décent". Jusqu’ici même quand presque tout le monde était contant autour de moi dans son boulot (ou plutôt feignait d’y être contant, comme on fait tous ou presque en général hors période de grève, de gros ras le bol ou de pétage de plombs) je ne l’étais pas et n’ai jamais su "faire semblant" bien longtemps. Je n’ai jamais gardé un boulot plus de 6 mois (licenciement économique, "plan social" ou non-renouvelement de C.D.D) et ayant laissé tombé les études sans diplôme, j’ai du dire adieu à la bourse et j’ai depuis enchainé les boulots qui passaient. Je n’ai jamais aimé le travail. Même si j’ai ressenti (comme la plupart des gens j’imagine) très tôt la nécessité de bosser (au départ pour arrondir les fins de mois pendant les études, combler les découverts, ou mettre de l’argent de coté) à certains moments et ai tenté de trouver des tafs qui me "plaisaient" ou plus supportables, je n’ai jamais rien trouvé qui ne soit pas épuisant au final et mieux payé que le S.M.I.C. Les planques existent, j’y ai évidemment pensé, et je finirai sans doutes par le faire, mais je sais que je me lasserai vite. En fait, qu’il s’agisse de travail "salarié" ou de travail à l’école, je n’ai jamais aimé le travail. Ce n’est ni l’effort, ni le fait de faire des choses avec d’autres gens qui me dérange, bien au contraire, mais ce qui fait la base du travail dans nos sociétés : la contrainte, et le fait d’être instrumentalisé, utilisé. De me sentir étranger à moi même, en un mot : aliéné. La base de l’exploitation capitaliste, ce n’est pas une question de propriété privée libérale ou d’Etat, ni seulement une question de rapport salarié (employeur/employé-e), mais aussi et surtout un rapport coercitif, de contrainte. On ne travaille ni parce qu’on le désire, ni parce qu’on aime ce qu’on fait, ni parce qu’on en a envie, ni parce que ça nous est vraiment utile (ce qu’on produit, ce qu’on fabrique, qu’on fait, dit ou vend, etc...) mais parce qu’il le faut. Parce que "c’est comme ça".

Voilà la seule raison d’être du travail en tant qu’aliénation et contrainte : c’est comme ça. La raison d’être du travail dans nos société : c’est la prison. Si on pousse le raisonnement un tout petit peu plus loin, on comprend vite à quoi servent les flics et les tribunaux. Si ils n’étaient pas là : qui obligeraient les gens à travailler et fermer leur gueule au juste ? Certainement pas la C.G.T et son S.O. Pendant cette même manif, je dis à un copain à coté de moi que je trouve ridicule et insultant de rabacher à des chomeurs qu’il leur faut un "travail décent" et que c’est "ça le sens de leur lutte" et même de leur vie donc, et en fait. A près tout, quelle différence de fond ça fait avec le discours de Pôle Emploi ? "Ta lutte, gamin, c’est de trouver un boulot, et de le garder, le reste, c’est de la littérature". En somme : aucune différence, sinon sur les détails. Le copain me répond que "c’est ça que veulent la plupart des chomeurs". Genre, un boulot. Je ne lui en veux pas personnellement de me dire ça. Il ne fait que reproduire le discours dominant sur le sujet. En quoi le fait que la plupart des chomeurs "demandent" du travail constitue une preuve à quoi que ce soit ? Moi aussi je suis inscrit comme demandeur d’emploi, moi aussi je serai encore amené à écrire des C.Vs et faire des entretiens d’embauche. Est-ce que ça m’empêche de détester le travail ? Est-ce que c’est ça que je veux vraiment ? Bien sur que non. Mais la question se pose quand même : il est qui pour dire ça ? Moi je suis chômeur. Et je n’ai pas envie de travailler. Même si j’y serai encore contraint, ou que je m’y résoudrais et espère que ça ne sera pas trop dur et bien payé : ce n’est pas ça que je désire vraiment dans ma vie. Je ne rêve pas "d’un salaire décent" avant de m’endormir. Je veux être libre et ne produire que ce dont j’ai besoin. D’ici là, je veux avoir de quoi bouffer et vivre "dignement" comme on dit, et bien sur m’amuser et jouir de la vie. Pas bosser. Non. Certainement pas. Et si je le fais quand même, ce sera parce que j’y suis contraint. Parce que j’ai trop désespérément besoin de cet argent qui est nécessaire à ma survie. Même si je fais un boulot qui me plait. Pour autant : est-ce que j’ai envie d’en faire ma seule revendication politique ? Même à court terme ? C’est hors de question.

Ce discours sur "les chômeurs qui ne demandent qu’à travailler" est un discours esclavagiste, qui ne conçoit pas les chômeurs ou chômeuses comme des êtres humains avec des désires propres, des problèmes, des intérêts de classe et même des contradictions et des antagonismes, mais comme des robots prêts à l’emploi. Des humains-machines. C’est cet individu qui n’est plus autre chose qu’un travailleur, qui dans une société qui repose sur le travail, n’a plus de sens à sa vie sans son emploi, cet humain désespérément moderne que décrit Hannah Arendt dans "La condition de l’homme moderne". Ce discours relayé jusque dans les syndicats et les organisations de gauche n’est que le pendant du discours libéral : c’est toujours le discours du pouvoir. D’un coté la droite dit "le chomage est un problème individuel, une question de choix et de volonté", et de l’autre la gauche dit "c’est un problème strictement collectif, avec des raisons économiques déterminées. Les gens ne demandent qu’à travailler". Pourtant, les deux contiennent une part de vérité, mais les deux sont absolument faux énoncés tels quels. Dans les deux cas, le travail comme valeur sociale fondamentale n’est pas remis en cause, et reste présenté comme le sens même de la vie ou plutôt de l’existence. Mais dans quel but ?

En même temps, si "les gens ne demandent qu’à travailler" pourquoi il y a tant de fraude aux allocs ? Pourquoi les gens ratent leurs RDV du pôle emploi délibérément ? Pourquoi les gens font grève ? Pourquoi il y a temps d’absentéisme au travail ? Etc, etc.

"Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. [Pourquoi ?] Parce que le travail dans lequel l’individu s’aliène, est un travail de sacrifice de soi, de mortification" Et ce n’est pas moi qui le dit. C’est le jeune Marx dans ses manuscrits de 1844.

De tout temps des résistances au travail et contre le travail ont existé. Et le travail a toujours été fuit comme la peste. Parce que le travail n’est pas la base de la vie. Ce n’est pas vrai. C’est encore plus faux dans la société dans laquelle nous vivons et selon ce qu’on met derrière ce mot. Il ne peut pas être utilisé aujourd’hui comme ne représentant que "l’ensemble de l’activité productive humaine". Parce qu’utiliser le terme "travail" de manière strictement positive c’est assimiler le fait de créer, de réaliser et de produire entre producteurs librement associés à n’importe quelle forme d’esclavage salarié, de tortures, d’abrutissements, de mutilations et d’aliénations. C’est mélanger les deux dans un terme flou qui masque l’oppression dans un signifié implicite qui voudrait seulement dire "faire un truc". C’est faire comme si depuis plus de 200 ans, ce terme n’était pas utilisé pour décrire l’humiliation et la contrainte quotidienne que représente l’obligation de se vendre pour gagner le droit de survivre. D’autant plus que 131 ans après l’écriture du "Droit à la paresse", où Paul Lafargue (en 1880) expliquait déjà que 3h par jour de travail seraient amplement suffisant à satisfaire les besoins vitaux de la société pour chaque individu (si on supprimait la plus-value et donc la propriété privée et le capitalisme), il est d’autant plus vrai aujourd’hui que le niveau atteint par la technique rend quasiment le travail humain virtuellement obsolète. Ce n’est pas un hasard si la classe dominante partout dans le monde vente les louanges du travail en tant que "valeur sociale". La nécessité historique du travail forcé en tant qu’activité humaine touche à sa fin. Ou plutôt n’en finit plus de toucher à sa fin. Même la gauche et l’extrême gauche ont abandonné depuis longtemps leur identité "progressiste" dans cette stratégie qui voulait qu’à travers la réduction du temps de travail on en arrive à supprimer l’exploitation salariée. Elle en est même, au contraire, aujourd’hui à vanter la "création d’emploi". Et on justifie la nécessité du travail en inventant des emplois au nom de l’écologie, de la construction d’autoroute, dans une usine de pneu ou pour faire du street marketing au moment même où pour la première fois dans l’histoire de l’humanité se profile la possibilité d’abolir le travail en tant que corvée et activité séparée de la vie.

Vous ne savez pas quoi faire de votre vie ? Ne vous inquiétez pas, le gouvernement va vous créer un emploi ! Des milliers d’années de philosophie retournées comme un gant de bain sale. La question n’est plus "qui suis-je ? Où vais-je ?" mais "à quoi vais-je servir ?" ou plutôt "qui vais-je servir ?". L’utilitarisme capitaliste touche ici à ce qu’il a de plus absurde.

La condition de chômeur est ce bug dans la "matrice" de l’idéologie dominante : il veut forcement travailler, ou alors c’est un feignant et un parasite. Dans tout les cas, c’est un être triste et servile. Sans désir et forcément malheureux (au moins jusqu’à l’entretiens d’embauche concluant).

Et peut être qu’elle commence là, la lutte "contre le chômage" des chômeurs et précaires : par rejeter cette classification biaisée, rejeter la culpabilisation qui va avec, oser s’imaginer heureux sans travail (même temporairement), et s’organiser en conséquence.

Non pas juste "pour demander du travail et un salaire décents" ou un "salaire social garanti" (par qui ? par l'Etat ? dirigé par qui ?), mais, avec les salarié-e-s, avec tout-e-s les autres exploité-e-s, pour lutter contre l’aliénation du travail et le système du salariat. Lutter contre la propriété privée en l’attaquant en son coeur : en refusant de payer partout où c’est possible. En organisant l’entraide localement, sabotant ainsi l’intégration forcée au travail et à tout le système d’exploitation capitaliste. Faire en sorte que "ne pas avoir de travail" ou "perdre son boulot" ne soit plus une fatalité qui conduit immédiatement à courir après le suivant ou à se culpabiliser. Multiplier les bouffes de quartier, les cantines collectives et les espaces communautaires et activités gratuites, les lieux d’échanges gratuits, les permanences d’informations pratiques, collectiviser les allocations et autres prestations sociales, organiser des auto-réductions, s’organiser pour empêcher les expulsions locatives, ouvrir des lieux d’habitations, des squats, des centres sociaux autogérés, créer des co-opératives agricoles ou autres pour permettre à ceux et celles qui le désirent de produire pour survivre (mais sans hiérarchie, sans patrons), même si ce ne sont que des solutions temporaires, tout en continuant de lutter pour précipiter la chute de ce monde.

Tout ce qui peut renforcer l’autonomie individuelle et collective, sans aller dans le sens d’un projet "alternativiste", mais dans une perspective clairement révolutionnaire ou insurrectionnelle, ne peut que nous rendre plus forts et plus fortes et accélérer l’histoire. Moins nous sommes affairé-e-s à survivre dans nos petites bulles individuelles ou notre petit milieux, et plus nous avons de temps pour faire autre chose. Pour vivre, pour lutter, etc. Toutes ces propositions sembleront cruellement routinières à certaines personnes qui crieront au déjà-vu, et pourtant si peu appliquées. Elles ne suffisent évidement pas, mais sont des pistes lancées. Une chose est sure : à moi, ça me parle plus qu’une manif balisée par les syndicats-poubelles et pacifiée par les flics pour demander un boulot de merde payé des miettes.

Contre le chômage, et contre le travail, ses profiteurs et ses idéologues :

Détruire le salariat, depuis l’intérieur... ou l’extérieur.

Un ennemi débonnaire du travail et de l’Etat.

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A L’assaut Du Ciel!

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