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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 15:42

Ce qui s’est passé le week-end des 5 et 6 novembre 2011 en dit long une fois de plus  sur la volonté des autorités locales (police et mairie socialiste) d’annihiler toute tentative de lutte sortant des cadres préétablis.

L’action, portée par une cinquantaine de personnes, avait pour but d’occuper une grande maison bourgeoise vide au 144 avenue de Nantes, pour un week-end, d’organiser des débats sur la vague de rénovation urbaine (gentrification) qui s’opère à Poitiers et au delà. C’était une action concrète dans la mesure où des personnes ont voulu investir une maison qui va être détruite pour construire le Viaduc des Rocs. C’est un ouvrage qui s’inscrit dans le projet  urbain « Cœur d’ Agglo »,  réalisé par un géant mondial du BTP, le groupe Vinci.

Face à cette envie de vouloir ouvrir un lieu vide, destiné à être démoli, appartenant à la mairie, les flics ont fait leur « sale » boulot . Grâce à des voisin.e.s apeuré.e.s par l’ouverture d’une maison vide, la police a débarqué assez rapidement (à moins que cette dernière n’ait déjà été mise au courant). Les occupant.e.s se sont barricadé.e.s pensant qu’il.le.s auraient la paix un petit moment, mais c’était sans compter sur la détermination policière : elle a procédé à la destruction de la barricade de fortune, et a démoli les carottes de forage du chantier. Dans la foulée, les policiers et gendarmes, avec à leur tête M. Papineau, ont procédés à l’expulsion massive des occupant.e.s.

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Ces derniers ont souhaité, vu le désavantage du rapport de force, sortir sans problème face aux forces de l’ordre, solidaires, en groupe et en rester là : être expulsé.e.s sans souci. Ce ne fut pas le cas, car telle est la règle de la guerre sociale en cours. Ce que le Directeur Départemental de la Sécurité Publique (DDSP) nomme devant les caméras de France 3 comme petite bousculade était en réalité un véritable coup de pression : deux personnes ont subi des décharges électriques de Taser de la part d’un gendarme. Ce qui a eu pour but de mettre au pas le reste du groupe ! S’ensuit un véritable délire policier : mettre  47 personnes en garde à vue !

La plupart des gardé.e.s à vue, inconnu.e.s des flics, leur ont tenu tête et ont tu leur identité, de sorte qu’il.le.s les ont relâché.e.s sans même savoir qui il.le.s étaient. D’ailleurs, autant dire qu’à 47 personnes, il y a eu des moments où les gardés à vue se sont sentis forts, loin de l’impuissance ressentie d’habitude : chants, mise en déroute d’identification personnelle et autre combine qui peuvent autant que faire se peut mettre un petit grain de sable dans la machine répressive. Mais il en a été autrement pour cinq personnes, connu.e.s de la justice et de la police pour leur participation aux luttes locales émancipatrices contre la mainmise totalitaire du capital. Il.le.s ont été gardé.e.s à vue plus longtemps, ont été présenté.e.s devant le procureur (qui leur a signifié leur mise en examen) puis devant le juge des libertés et détentions (qui les a placé.e.s sous contrôle judiciaire, il.le.s doivent pointer une fois par semaine jusqu’à leur procès).

Pendant ce temps, une cinquantaine de personnes attendaient devant le palais de justice qu’on libère leurs compagnons. La présence policière se faisait oppressante : les gens ont été filmé.e.s de loin et un commissaire a effectué un tour rapproché du groupe, caméra au poing.

Face à cela, seules deux banderoles permettaient de se protéger des objectifs indiscrets. Jusqu’à l’arrivée sur place du DDSP, qui a été manifestement fort ennuyé par la présence d’une banderole qui clamait « Flics hors de nos vies, hors de nos villes » et d’une autre disant « La police et la mairie nous dégagent. Vinci aménage ». Il a prestement dérobé la première et a tenté (aidé de ses sous-fifres) d’arracher la deuxième des mains des gens, qui l’ont victorieusement défendue.

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Au final, les cinq prévenu.e.s sont sorti.e.s du palais de justice, muni.e.s d’une invitation à venir le jeudi 8 décembre prochain, se défendre de l’accusation de « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens », ainsi que pour l’un des mis en examen « usurpation d’identité ». Il s’agit là encore de l’application de la loi Estrosi-Ciotti dite « antibande », le tout nouveau nouveau joujou législatif qui permet, depuis 2010, de rendre n’importe qui responsable de presque n’importe quoi, puisqu’il juge des intentions (dont on ne discute pas). Joujou précédemment utilisé contre sept personnes pour une manifestation nocturne de soutien aux migrant.e.s le 5 février dernier.

Nous prenons bonne note de cette volonté délibérée de casser des gens qui s’organisent. En réaction, nous ne pouvons qu’unir nos forces pour tenter de mettre en échec ces dispositifs répressifs ainsi que l’organisation humaine faite d’autorités et de hiérarchies, qui les rend nécessaires. Et bien sûr nous désirons que la solidarité avec les gens qui font face à la répression, ici ou ailleurs, se manifeste sous toutes les formes possibles.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 15 novembre 2011.


Squat : les « X » brouillent les pistes

Les interpellations de masse sont toujours difficiles à gérer. Samedi, une quarantaine de personnes ont été arrêtées par les policiers pour avoir investi une maison de l’avenue de Nantes (lire nos éditions précédentes). Une tentative de squat tuée dans l’œuf. Afin de reconnaître les différents interpellés avant leur identification formelle, les policiers les désignent sous le terme de X1, X2, X3 etc., en décrivant notamment leur habillement sur le PV. Afin de brouiller les pistes, les « X » qui refusaient de décliner leur identité face aux enquêteurs, se sont échangé leurs vêtements au cours de la garde à vue pour perturber les procédures d’identification. Elles se sont malgré tout poursuivies.

Leur presse (La Nouvelle République), 9 novembre 2011.

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 15:26

« La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers », de Didier Fassin : mais que fait la police ?

Il y a plusieurs polices. Peut-être y en a-t-il même autant que de policiers. Les uns attirent parfois le regard, comme les flics « ripoux » et les serviteurs trop zélés du pouvoir exécutif qui défraient la chronique ces jours-ci. D’autres restent le plus souvent dans l’ombre.

Les policiers de terrain, auxquels incombe le maintien de l’ordre, sont de ceux-là. Leur travail, fait de patrouilles et d’interpellations, paraît souvent trop banal pour mériter que l’on s’y arrête. Le jeu du chat policier et de la souris délinquante n’est-il pas, après tout, l’un des plus vieux au monde ? Il est malheureusement aussi un des plus protégés du regard des chercheurs. « Circulez, y’a rien à voir ! » : depuis plusieurs années, la police a fait de ce mot d’ordre sa politique à l’égard des sciences sociales. Elle oppose dorénavant un refus systématique aux demandes d’enquêtes sur son travail.

L’anthropologue Didier Fassin a pourtant réussi à surmonter les réticences des policiers et à se faire accepter dans un commissariat de la banlieue parisienne. Entre 2005 et 2007, il a pu suivre le quotidien des équipages de la brigade anticriminalité (BAC). Créée en 1971 pour faire du « flagrant délit », cette police en civil est devenue, depuis les années 1990, l’instrument principal de la « police des quartiers » et le bras armé de la politique sécuritaire qui associe immigration, banlieue et délinquance.

S’inscrivant dans une longue lignée de travaux anglo-saxons visant à prendre au sérieux l’autonomie politique et morale dont jouit le policier du coin de la rue, et à la suite de Dominique Monjardet, qui fut en France le pionnier de cette approche de la police « par le bas », Didier Fassin décrit patiemment le travail des policiers de la BAC.

Loin des clichés, celui-ci est essentiellement marqué par l’inaction et la frustration. « Les policiers, note-t-il, attendent de rares appels qui s’avèrent presque toujours vains, soit parce qu’il s’agit d’erreurs ou de plaisanteries, soit parce que les équipages arrivent trop tard ou font échouer leur affaire par leur maladresse, soit enfin parce qu’il n’y a pas matière à interpellation. »

L’anthropologue s’attache dès lors à décrire le fonctionnement du groupe des « baqueux », cet « État dans l’État policier » fonctionnant par cooptation et doté d’une large autonomie par rapport à la hiérarchie policière. Les brigadiers qui le composent, souvent des « immigrés de l’intérieur » — enfants de paysans ou de commerçants des petites agglomérations —, sont formés dans la crainte de la « jungle » dans laquelle ils sont appelés à travailler, des « zones urbaines sensibles » pour l’essentiel. Ils n’y habitent pas et les insignes brodés sur leurs blousons la représentent comme des alignements de barres d’immeubles saisis dans le viseur d’une arme…

Ces policiers, plus inspirés par l’idéologie du Front national et les faits d’armes de Vick Mackey, le flic corrompu de la série « The Shield », que par le service d’une communauté et le respect de la loi, se sont fabriqué, en guise d’idéal, une morale de substitution : « Faire régner l’ordre en rappelant qu’ils peuvent user de leur pouvoir à leur gré, telle est la mission que se donnent, par défaut, les membres de la BAC, dès lors qu’ils se rendent bien compte qu’ils n’arrêtent pas, comme ils l’avaient imaginé en choisissant leur unité, “des voleurs et des voyous”. »

Puisqu’il faut bien donner un sens à ces inutiles courses-poursuites contre les jeunes des quartiers, aux interpellations sans gloire d’étrangers et de « shiteux » pour satisfaire le besoin de chiffres de la hiérarchie, les policiers de la BAC se sont bricolé une morale faite avant tout de discriminations raciales, de vengeances organisées et du recours systématique à la violence psychologique contre ceux qu’ils interpellent. Une morale qu’un brigadier résume ainsi face à Didier Fassin : « Y nous aiment pas, les bâtards. Nous on les aime pas non plus. »

Au final, c’est un théâtre absurde et tragique qui émerge des notes prises par le chercheur dans ces véhicules banalisés lancés à la poursuite d’on ne sait finalement trop qui ou quoi. La police est par excellence le lieu de ce que les sciences sociales appellent les « prophéties auto-réalisatrices ». Il suffit en effet d’augmenter le nombre de policiers dans les quartiers pour y multiplier les interpellations, donc les faits de délinquance enregistrés. La police est, en somme, elle-même sa propre justification.

Mais l’anthropologue comme le citoyen peuvent-ils se satisfaire d’un tel vide de sens ? Un jour, un policier confie à Didier Fassin qu’il ne comprend pas pourquoi les jeunes des quartiers se mettent toujours à courir quand ils le voient arriver. Le chercheur, lui, a appris de ces mêmes jeunes la façon dont un corps peut mémoriser les humiliations passées et instinctivement s’en protéger. Aussi a-t-il la charité de ne pas rétorquer ceci : le fait que le policier, à son tour, se mette à courir, voilà un mystère encore bien plus épais à percer…

LA FORCE DE L’ORDRE. UNE ANTHROPOLOGIE DE LA POLICE DES QUARTIERS de Didier Fassin. Seuil, 393 p., 21 €.

Leur presse (Gilles Bastin, Le Monde des livres), 27 octobre 2011.

 

La charge contre la police d’un anthropologue immergé dans une brigade anticriminalité

L’anthropologue Didier Fassin a passé quinze mois en immersion dans une brigade anticriminalité (Bac), spécialiste du « saute-dessus » dans les banlieues sensibles : il en a fait un livre à charge contre la police mais lui parle d’un « travail d’obervation avec le souci de faire bouger les choses ».

« Discours racistes », « pratiques discriminatoires », « scènes d’humiliation », « contrôles d’identité abusifs » et au faciès, « culture du chiffre » : dans La Force de l’ordre (Éd. Seuil, parution cette semaine), se voulant une « anthropologie de la police des quartiers », il n’y va pas par quatre chemins pour décrire le quotidien d’une « Bac » qui œuvre apparemment en grande banlieue parisienne mais que l’auteur ne situe jamais.

On y croise des policiers roulant à près de 200 km/h quasiment pour le plaisir, des « blacks » contrôlés pour rien ou des peccadilles — le fils de l’auteur en ayant fait l’expérience, ce qu’il raconte — mais rarement comme auteurs d’infractions. Y sont décrits des comportements de « cow-boys », tutoiement de rigueur et insultes racistes, avec les jeunes des cités HLM.

Fassin, professeur de sciences sociales à Princeton (États-Unis) et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), se défend d’avoir livré une « charge » contre la police.

« C’est un travail d’observation », plaide-t-il. « Après avoir enquêté auprès des jeunes, j’ai voulu comprendre ce qui se passe du côté des institutions » et « ai eu la chance d’obtenir une autorisation pour suivre 15 mois une Bac » entre 2005, au moment des émeutes auxquelles il n’a pas assisté, et 2007.

« La loi vient après l’ordre »

Son récit confirme la césure police/population, singulièrement avec la jeunesse. Il montre, exemples à l’appui, « l’inefficacité » des Bac, selon lui, et de leur travail souvent effectué dans « l’illégalité » notamment pour ce qui est des contrôles.

Les dialogues, sous anonymat, sont saisissants : « C’est vrai que ces contrôles sont abusifs », raconte à l’auteur un commissaire « et je comprends qu’aux jeunes, ça leur pèse ». « Mais c’est une espèce de jeu. Moi, je suis le flic, je vais te contrôler. Toi tu es le présumé coupable, tu te fais contrôler. »

« Il faut bien admettre que ça ne sert à rien », admet encore le policier, selon des propos rapportés par Fassin, « sauf à perpétuer le climat malsain entre les policiers et les jeunes ».

Ces pratiques, selon lui, sont à mettre au crédit des lois et discours sécuritaires depuis les années 1990, ceux de Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy notamment. Mais aussi, « depuis un demi-siècle, des concentrations de populations et d’immigrés ».

« La loi vient après l’ordre », résume le chercheur. « On a demandé aux policiers d’être interventionnistes » et les Bac ont été créées « rien que pour cela ». Pour du « saute-dessus » comme disent les « baqueux » — ainsi qu’ils se nomment entre eux — dans le livre.

Quand on lui dit que le livre risque de choquer les policiers et ceux dont il a partagé le quotidien, Didier Fassin rétorque « espérer ouvrir le débat » pour que « tous s’y reconnaissent », policiers et citoyens. Pour « faire bouger les choses, au nom de la démocratie ».

La partie n’est pas gagnée à en croire ce qu’il dit des jeunes policiers des Bac : « La plupart ont (une) image de la banlieue comme dangereuse, des habitants comme leurs ennemis et de la situation dans laquelle ils se trouvent comme un état de guerre ».

« Et ce avant même d’être affectés dans ces circonscriptions où ils n’ont pas voulu aller et qu’ils cherchent à quitter au plus vite », écrit l’auteur.

Leur presse (Rémy Bellon, Agence Faut Payer), 24 octobre 2011.


Des policiers dans la « jungle urbaine »

Dans une étude sans précédent, Didier Fassin, professeur de sciences sociales, raconte les tensions entre forces de l’ordre et populations. Interview par Elsa Vigoureux.

Vous affirmez qu’il existe une police qui s’exerce de manière spécifique dans les quartiers ?

Depuis plusieurs décennies, une police des quartiers est née, dont le fer de lance est la BAC, brigade anti-criminalité. Son mode d’action dans ces territoires et à l’égard de leurs populations serait impensable ailleurs. La plupart des polices du monde ont évolué vers une répression ciblée sur les populations les plus vulnérables, les immigrés et les minorités, en développant des méthodes d’intervention spécifiques, de type paramilitaire, en marge de la légalité, créant ainsi de petits états d’exception. La France a ceci de particulier que la Police nationale n’est pas au service de la population, mais de l’État, en principe garant de neutralité. Or l’évolution récente tend plutôt à en faire le bras armé du gouvernement.

Vous dites que « la police des quartiers ne ressemble pas à ses habitants ». C’est-à-dire ?

Ces policiers sont des jeunes qui sortent de l’école. Issus de zones rurales et de petites villes, ils n’ont pas d’expérience personnelle des zones urbaines sensibles (ZUS), qu’on leur présente comme une « jungle » hostile. S’ils sont aussi d’origine modeste, ils ont en général passé leur jeunesse dans des milieux très différents. Les rares membres de la BAC qui ne considèrent pas les jeunes des cités comme des ennemis et ne les traitent pas de « bâtards » ont eux-mêmes vécu dans des cités.

Comment conçoivent-ils leur mission ?

Ils disent avoir choisi ce métier pour « attraper des voleurs et des voyous ». La réalité est tout autre : la criminalité a baissé ; les auteurs des délits les plus fréquents, comme les atteintes aux biens, sont difficiles à confondre, à moins de les prendre la main dans le sac. La profession est sous pression, les policiers doivent « faire du chiffre ». Et ils se rabattent sur des « délits faciles à faire » : arrêter ceux qu’ils appellent les « shiteux », et les sans-papiers. Ils sont loin de l’idée qu’ils se faisaient de leur métier.

Vous dites que les policiers, déçus par les magistrats, règlent des comptes dans la rue.

Bien que les faits prouvent le contraire, les policiers croient que les juges sont laxistes. Et ils ont tendance à faire justice eux-mêmes. En pratiquant sur des jeunes des contrôles d’identité illégaux, dans des conditions humiliantes. Ou en réalisant des interpellations arbitraires au sein d’un groupe. Le but, comme ils disent, est de leur « pourrir la vie ». Les publics les plus habituels des forces de l’ordre sont donc exposés à une double peine, judiciaire et policière.

Les études sur la police sont rares. Pourquoi ?

C’est devenu un interdit. Il existe une censure qui rend impossible l’obtention d’autorisations pour étudier l’activité policière. Je suis reconnaissant au commissaire de la circonscription où j’ai réalisé mon enquête, entre 2005 et 2007, de m’avoir laissé toute liberté alors que la pression du ministère était forte.

Pourquoi évoquez-vous l’expérience de votre fils et de ses amis, enfants français d’origine africaine, maltraités par des policiers de la BAC ?

Il faut y voir une implication personnelle, pas un témoignage. Ces faits correspondent à ce qui est vécu par une partie de la population, et totalement ignoré par le reste. C’est cette invisibilité que je tente de dépasser : cela se produit près de chez vous, et vous ne le savez pas. Pourtant, il s’agit de nous, parce que ce sont nos enfants, leurs amis et les parents de ces amis. Méconnaître cette réalité, c’est taire les injustices.

Pensez-vous qu’une guerre sourde est à l’œuvre entre la police et cette population ?

Il y a du côté des forces de l’ordre et des responsables politiques un imaginaire de la guerre : un vocabulaire pour désigner les ennemis de l’intérieur, des expéditions punitives pour sanctionner l’acte d’un individu, la mobilisation de technologies militaires lors de confrontations, des références à la guerre d’Algérie comme matrice des tensions actuelles. Une oppression que ressentent fortement les habitants des quartiers en tant que victimes. Lorsqu’un jeune meurt, renversé par un véhicule de police ou abattu dans un commissariat, un sentiment de révolte peut les submerger. C’est ainsi que des émeutes surviennent. Imaginaire de la guerre des uns et sentiment de révolte des autres me paraissent donc profondément distincts.

Interview de Didier Fassin, professeur de sciences sociales, auteur de « La Force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers » (Éd. Seuil), par Elsa Vigoureux.

Leur presse (Le Nouvel Observateur), 20 octobre 2011.

tiré de http://juralib.noblogs.org/
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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 15:21

Le jeudi 10 novembre, la mosquée de Montbéliard a été victime d’un incendie criminel, incendie revendiqué par un groupuscule ouvertement raciste. Tout comme lorsque des synagogues brûlaient dans les années 1930, derrière cet incendie c’est, bien au-delà d’une question religieuse, toute une partie de la population qui est ainsi visée et menacée en raison de ses origines. Peu après, dans la nuit du 10 au 11 novembre, bien des habitant(e)s de Planoise à Besançon ont eu la surprise de voir des tags FN dans plusieurs cages d’escaliers du quartier.

Ces provocations racistes et nationalistes dans notre région ne sont pas malheureusement pas des faits isolés. Ces dernières années, on a vu depuis les plus hauts sommets de l’Etat, dans la bouche de ministres comme Besson ou Hortefeux les pires déclarations xénophobes à l’encontre des immigrés, les politiques de chasse aux sans-papiers, des prises de position racistes à l’encontre des Roms et toute une propagande puante de nationalisme et de chauvinisme autour de « l’identité nationale ». Ailleurs en Europe, on voit à l’œuvre les mêmes politiques de chasse aux immigrés et de remises en cause du droit d’asile, en Hongrie des politiques de discriminations et de violences systématiques contre les Roms sont mise en place dans plusieurs villages, en Grèce c’est un parti ouvertement raciste et antisémite qui entre au gouvernement

Les divisions racistes et nationalistes sont non seulement une honte pour l’humanité, mais n’ont toujours servi que les puissants et les plus riches pour nous diviser et nous affaiblir face à la misère et à l’exploitation.

Que nous disions « mein Schatz » ou « Habibi » à ceux qui nous sont chers, que nous chantions des berceuses en chinois ou en peul à nos enfants, que nos ancêtres soient enterrés dans les montagnes d’Anatolie ou les plaines de Pologne, nous subissons les mêmes conditions de travail, les mêmes licenciements, les mêmes bas salaires et les mêmes politiques anti-sociales. Le chauvinisme, le nationalisme et le racisme ont toujours été des poisons mortels pour la classe ouvrière, divisant ses rangs alors qu’il est de plus en plus indispensable d’être unis pour faire face aux attaques du patronat et du gouvernement, et cherchant à nous faire croire que nous aurions quelque chose en commun avec ceux qui nous exploitent. Alors que nous subissons de façon de plus en plus violente les effets de la crise du capitalisme, le chômage, les politiques d’austérité, les bas salaires, les hausses des prix, etc. nous devons, travailleurs et chômeurs, être plus que jamais unis pour faire face aux patrons.

Ne nous laissons pas diviser par les racistes, les nationalistes et autres réactionnaires !

Quelques soient nos origines, c’est tous ensemble qu’il faut lutter pour refuser de payer leur crise et leurs dettes, pour faire face aux sales coups du patronat et pour construire un monde digne du 21ème siècle où chaque être humain pourra vivre décemment.

! ‫يا عمال العالم اتحدوا‬
Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !

Tract de l’Initiative Communiste-Ouvrière de Besançon, 12 novembre 2011.

 tiré dehttp://juralib.noblogs.org/ 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 16:20

:)

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 14:39

PAS D4PATRIE

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Published by coutoentrelesdents - dans AUTOCOLLANTS
15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 14:37

Le collectif de la rue des sorins à Montreuil
Le collectif Balzac à la Courneuve
Le collectif des résidents du foyer aftam a Epinay sur Seine
Nombreux artiste ont déja repondu present tel que Amadou et Mariam,Ziko Mauclaire,h-war,Lesfreresd elarue Karismatik,Exta Officiel,xv Blackara,Alassad Black Dess, Marmar Mayana,spiral prod,lester bilal, LLdouks, et beaucoup d'autres artistes
Ce jour-là vendredi 18 novembre a partir de 19H au 138, boulevard Chanzy terrain de sport andré Blain Montreuil Concert Gratuit, Caisse de solidarité.
Organisée par l'ensemble des soutiens des différents Collectif.
Si vous voulez faire partie de l'équipe de bénevole n'hésite pa a me contacter.

 

tiré de fb:http://www.facebook.com/event.php?eid=312754868751349

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 14:34

Les Tottenham Chronicles, c’est un recueil de textes qui viennent, pour la plupart d’entre eux, d’Angleterre. S’y trouvent aussi bien des témoignages à chaud que des analyses présentées avec un peu plus de recul.

Au sommaire :

Analyse critique d’une révolte 
– Les yeux grands ouverts à Londres (Occupied London collective) 
– Londres brûle – causes et conséquences des émeutes, une perspective anarchiste (Workers Solidarity Movement)

“On cible les richesses...” 
– Émeutes à Londres : combats sur Mare Street (Libcom) 
– Quand le silence s’ébruite (Restructuration-sans-fin) 
– Criminalité et récompenses (Max von Sudo) 
– Cinq postes de police attaqués à Nottingham (Joseph K)

Traque & répression 
– Vengeance de classe (Federico Campagna) 
– Pas de panique, ne parle pas (anonyme) 
– Camouflage digital (Le Réveil) 
– Remplir les comicos, remplir les tribunaux, remplir les prisons (Zanzara athée) 
– Nouvelles technologies + police + citoyenneté = répression 2.0 (Zanzara athée)

tiré de http://www.infokiosques.net

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 14:31

Val-de-Marne : un squat évacué

Un immeuble occupé par des jeunes à « tendance anarchiste » a été évacué sans incident par la police ce matin à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), a-t-on appris de source policière. Vers 07H30, les policiers de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) ont évacué cette ancienne école qui était squattée depuis « deux, trois ans » et qui posait des « problèmes d’ordre public », a précisé cette source.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1321355498.jpg

« L’immeuble était squatté par des jeunes à tendance anarchiste et on craignait que ça se passe mal. Mais il n’y a pas eu d’incident », a affirmé la source policière. La quinzaine de personnes qui se trouvaient dans l’immeuble au moment de l’évacuation ont été l’objet de brèves « vérifications d’identité » et ont toutes été relâchées, selon cette source. L’opération, menée conformément à une décision de justice, a duré une trentaine de minutes.

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 novembre 2011.

 

Le squat d’anarchistes évacué et muré

Onze personnes issues de la mouvance anarchiste ont été interpellées puis relâchées hier matin. Depuis février, ces jeunes occupaient une ancienne école privée tout près du RER.

On aperçoit à peine du mobilier, des restes de soirées arrosées et des tags au-dessus du mur en parpaing que deux entrepreneurs montent à la hâte. Quelques heures après l’évacuation du squat de l’ancienne école privée protestante Jeanne-d’Albret, place Moreau-David, à Fontenay, le quartier a retrouvé son calme.

Hier à l’aube, une cinquantaine de policiers prennent possession des lieux, tandis que leurs collègues sécurisent le quartier. Le squat où ont vécu une cinquantaine de jeunes depuis le 27 février n’en compte que 11 hier matin. Sans aucune rébellion, ils ont été interpellés et conduits au commissariat pour de simples vérifications d’identité. Cette évacuation fait suite à la décision du tribunal d’instance du 17 octobre afin que le propriétaire privé récupère cette ancienne école située juste en face de la gare du RER à Fontenay-sous-Bois. L’école, elle, était fermée depuis trois ans et le propriétaire était en négociation pour vendre ce terrain à la ville.

Fini les débats et les soirées à thème

Les jeunes squatteurs, tous âgés de 18 à 25 ans environ, ont été autorisés à récupérer leurs affaires personnelles avant que les entrées menant à cette grande bâtisse bourgeoise soient toutes fermées. Fini donc les débats et soirées à thèmes qui avaient lieu environ une fois par mois. Début septembre, évoquant l’éventualité d’une expulsion, l’un des jeunes squatteurs se désolait sur un blog : « On cherche à détruire le (peu!) d’autonomie que nous avons construit face à ce monde marchand en se réappropriant cette maison laissée à l’abandon. » Déjà, le 1er septembre, l’électricité avait été coupée dans la maison, ce qui avait entraîné la colère des squatteurs.

L’évacuation rassure les riverains. « Je n’osais plus passer devant pour aller au bois de Vincennes, surtout le soir, quand on voyait des véhicules passer autour tout doucement, parfois balançant des sacs par-dessus le mur », raconte Rose, en promenant ses deux petits chiens. « On y voyait souvent des banderoles et des tags, du genre “À bas le patronat”, et ils étaient très bruyants, c’était pénible, ajoute Michèle, retraitée. Il y avait toujours des poubelles qui traînaient, ça faisait sale. Je suis contente que le quartier retrouve le calme et qu’ils arrêtent de dégrader cette si belle demeure. »

« Il suffit de sonner au portail vert »
Le blog des squatteurs

« C’est la grande maison en brique rouge tout de suite à droite quand on sort du RER, il suffit de sonner au portail vert… » C’est avec ce simple message, largement présent sur Internet, que les squatteurs donnaient rendez-vous pour des soirées-débats organisées dans l’ancienne école privée, qu’ils ont surnommée la Buissonnière.

Dans un blog qui a été désactivé hier à midi, les squatteurs faisaient la promotion de leurs événements. Les thèmes variaient : « Révoltes antinucléaires et gestion de population » le 5 avril, « Les puces électroniques intelligentes » le 11 mai, « Contre la psychiatrie et la médicalisation du monde » le 16 juin ou encore « Contre la construction d’une ligne de train à grande vitesse entre Lyon et Turin » le 25 septembre. Chaque soirée était organisée autour de projections d’un ou deux films et d’un repas préparé collectivement, mais uniquement végétalien. « Ça buvait également beaucoup d’alcool et beaucoup fumaient du cannabis, souligne une voisine. Mais avec les riverains, ça n’a jamais dégénéré. »

La dernière soirée, celle du 25 septembre, s’était pourtant mal terminée. Excédés par le bruit, certains voisins avaient alerté la police qui avait interpellé trois personnes, jugées le 28 septembre pour « infraction à la législation des étrangers », « outrage et rébellion », « incitation à créer un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation […] de violences volontaires ». L’un des jeunes avait été placé en détention. Lors de cette intervention, les policiers avaient été caillassés. Quelques jours plus tard, des agents de la RATP s’étaient plaints d’avoir été agressés par une poignée de squatteurs.

Leur presse (Laure Parny, Le Parisien), 15 novembre 2011.

tiré de http://juralib.noblogs.org/

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:48

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