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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 10:32

Voici un article de la très bonne revue politique Article 11, qui décrit la situation dans le sud de la péninsule italienne, avec des classes populaires prises entre un État incapable et corrompu, et une mafia toujours bien présente.

La route est bordée d’oliviers, d’orangers et de fenouil sauvage. Un superbe paysage de campagne calabraise gorgé de soleil, à peine scarifié par quelques lointaines éoliennes. Peu avant d’arriver, Silvio – un ami d’origine sicilienne – prévient : « À partir de maintenant, tout ce que vous voyez est contrôlé par la mafia. » Sous les oliviers, le fumier.

La route mène au centre de rétention local, qui a été bloqué un temps en 2010 lors de la révolte des travailleurs immigrés de Rosarno – ville située à une centaine de kilomètres de là1. Aux abords, les migrants se font plus nombreux. Des hommes, jeunes pour la plupart, qui marchent le long de la route. Ils n’ont pas accès aux transports locaux – tous privatisés. Une banale manifestation de racisme ordinaire, d’après nos compagnons italiens. Comble de l’hypocrisie, ce sont ces migrants privés de droits et surexploités qui maintiennent à flot l’agriculture intensive du coin.

Un aéroport fait face au centre – « pratique » pour les expulsions… Umberto, la quarantaine, attend dans le café qui le jouxte. Les présentations faites, il raconte. Dans la région, il est le seul employé de Libera Terra. L’organisation fait partie du réseau Libera, qui regroupe plus de 1 200 associations ou collectifs italiens luttant contre la mafia de diverses manières. Libera Terra se consacre à la gestion des terres confisquées à la mafia. Six coopératives ont déjà vu le jour, et la septième s’organise progressivement, sur les 100 hectares de terres que l’association vient de récupérer dans les environs.

Le projet va à contre-pied des pratiques agricoles de la région. Il s’agit de proposer une production bio basée sur des circuits courts, afin de garder la main sur la transformation et – à terme – la commercialisation sous un label éthique. Le contexte s’y prête : jusqu’ici, il n’existait pas de production agricole pour le marché local dans la région, les camions de l’agro-industrie faisant des aller-retours à Naples. D’autres producteurs pourront ensuite rejoindre le projet s’ils respectent le cahier des charges de l’association : agriculture bio et pas de contrôle mafieux. Pour l’instant, les réactions de la population locale balancent entre rejet apeuré et attentisme dubitatif.

La Pieuvre

« Avant, dans le sud de l’Italie, on disait qu’il n’y avait pas de mafia. Maintenant, tout le monde prétend qu’elle est morte », remarque Silvio, dubitatif. À ses yeux, toutes les activités économiques alentour (agriculture, tourisme, bâtiment…) sont contrôlées plus ou moins directement par la mafia locale, la ’Ndrangheta. Et de montrer du doigt ce petit village Potemkine scintillant, non loin, dans le soleil rosé de la fin d’après-midi. Toutes les activités de cette station balnéaire sont entre les mains du clan mafieux local, la famille Arena. Les touristes l’engraissent sans avoir la moindre idée de l’envers du décor – ou sans vouloir y prêter attention.

Jusque dans les années 1980, la ’Ndrangheta, branche mafieuse d’origine rurale, s’était spécialisée dans les enlèvements. L’organisation tirerait désormais les deux tiers de ses revenus du trafic de cocaïne, en association avec des cartels mexicains et colombiens. Depuis l’affaiblissement de la Cosa Nostra sicilienne, la ’Ndrangheta est considérée comme l’organisation criminelle la plus prospère de la péninsule, avec un « chiffre d’affaire » estimé à 44 milliards de dollars en 20082. Soit plus ou moins le PIB de la Slovénie. Discrète, elle a su diversifier ses activités, plaçant ses billes dans des entreprises, s’adonnant au blanchiment d’argent, au trafic d’armes ou de déchets toxiques.

Plus loin s’étend un champ couvert d’éoliennes. D’après Umberto et Silvio, leurs pales seraient au centre d’un gigantesque scandale de détournement de fonds de l’Union européenne, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. De fait, les énergies renouvelables sont un investissement logique pour toute organisation disposant de quelques fonds, particulièrement en Italie – troisième acteur européen en matière d’énergie éolienne. Une grande opération de “nettoyage”, opportunément nommée “Autant en emporte le vent”, a d’ailleurs eu lieu en Sicile, mettant à jour de complexes montages financiers autour de la construction de parcs éoliens. Détourner les grasses subventions de l’UE s’avère rentable.

Revue Article 11 – Numéro 10

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 10:31

Au risque de sombrer dans la caricature insurrectionaliste, je me réjouis de l’évasion du braqueur Redouane Faïd depuis plusieurs semaines. Même si l’aura romantique de ce criminel doit être relativisée. Il reste plus préoccupé par une débrouille individuelle que par une libération collective. Pourtant, je partage ses goûts cinématographiques et sa critique explosive de la prison et de l’enfermement. Il est bien plus efficace que Christiane Taubira, ministre de la Justice, pour donner de l’air aux prisonniers. Surtout, ce braqueur renouvelle la question de l’écrivain et auteur de théâtre Bertolt Brecht : "Qu’est-ce qui est le plus moral, créer une banque ou l’attaquer ? "

En dehors de ce fait divers, l’actualité se caractérise par le règne de la médiocrité militante, des slogans remâchés, des mots d’ordre en lambeaux, des manifs sinistres. Les organisations politiques et syndicales s’attachent à morceler les luttes. Les bureaucrates veulent pouvoir contrôler "leur" petite contestation insignifiante. Des mouvements émergent, mais restent séparés et limités.

L’ANI (Accord national interprofessionel) apparaît comme une nouvelle offensive du capital. Cet accord signé par le Medef et des syndicats comme la CFDT vise à renforcer encore plus le pouvoir du patron dans l’entreprise. Les salariés vont devoir travailler dans la peur permanente du licenciement, encore plus facilité. Mais les manifestations isolées contre l’ANI, loin de construire un véritable rapport de forceavec le pouvoir socialiste, apparaissent comme un simulacre de contestation. Tout comme la mascarade du Front de gauche qui manifeste pour une VIème République pour mieux préserver la pouvoir socialiste et ses mesures d’austérité.

Un mouvement de jeunes espagnols exilés émerge en France et à Montpellier. Mais "No nos vamos nos echan" reste cantonné dans le discours de l’extrême gauche qui pleurniche pour avoir un CDI et pour aménager les conditions de l’exploitation capitaliste. Pourtant, ses jeunes s’organisent et construisent un mouvement collectif plutôt que de rester dans l’isolement et la résignation. Surtout, ils n’attendent rien des partis et des syndicats.

A Montpellier, les universités connaissent également un frémissement. Mais les syndicalistes se contentent de dénoncer la Loi Fioraso qui n’est qu’une nouvelle mouture du processus de libéralisation des facs et de la société. Les étudiants se lassent rapidement des Assemblées générales (AG) verrouillées par les bureaucraties syndicales. Les militants ne proposent que des interventions techniques sur la loi pour mieux prendre les décisions entre eux. Les personnes réunies en AG ne peuvent alors pas de élaborer une réflexion collective et décider de leur propres moyens d’action. Ensuite, lorsqu’une manifestation sauvage permet une première action, les syndicalistes s’empressent de la guider vers le Rectorat pour pouvoir utiliser les manifestants dans leurs manœuvres politiciennes et leur négociation dans les coulisses des institutions. De quoi dégoûter de lutter.

Surtout, ses différents mouvements refusent de converger pour construire une lutte globale contre l’austérité. Les différentes mesures du gouvernement dessinent un projet cohérent d’offensive capitaliste.

Ce numéro revient sur l’histoire du mouvement ouvrier. Des courants révolutionnaires peuvent alimenter la pensée critique d’aujourd’hui. Loin de se contenter de quelques réformes, le mouvement ouvrier porte également une perspective de rupture avec l’Etat et le capitalisme. L’anarchisme peut permettre de renouveler les pratiques de lutte et contribuer à un projet de société alternatif. Lemarxisme critique, proche du communisme de conseils, s’attache à l’auto-émancipation du prolétariat contre toutes les avant-gardes. L’opéraïsme, dans l’Italie des années 1960, actualise cette perspective. Mais aujourd’hui, la classe ouvrière traditionnelle perd sa conscience de classe et sa centralité tandis qu’émergent des mouvements de chômeurs et précaires. Le refus du travail peut également être actualisé dans le contexte actuel d’une extrême gauche nostalgique du plein emploi.

Certains despotes n'ont pas passé l'hiver. Tout comme Thatcher avant lui, Hugo Chavez a muselé les luttes sociales. La critique de ce caudillo semble indispensable alors que la majorité des organisations du mouvement social en France lui ont rendu hommage après son décès. Mais l’actualité se caractérise surtout par une politique d’austérité partout en Europe, même si la contestation perdure.

Le projet Marseille 2013 révèle l’imposture de la culture. L’art devient un rouleau compresseur pour virer les classes populaires des centres urbains au profit de bobos électeurs du PS. La culture rap porte davantage la révolte des quartiers populaires, mais subit également une récupération marchande. Walter Benjaminobserve bien l’ambigüité de la culture. Sa critique d’une industrialisation de l’art, alors standardisé et aseptisé, reste pertinente. Tout comme son attachement au plaisir émancipateur de la créativité. Les manifestes littéraires et artistiquesexpriment un souffle libertaire qui valorise également la créativité. Leur élan poétique s’inscrit surtout dans une rupture avec l’ordre existant.

Les débats médiocres autour du « mariage pour tous » ont célébré l’acceptation des normes sociales. Mais, aucun groupe politique n’entame une véritable réflexion sur l’amour. Cette question, pourtant centrale dans la vie quotidienne, reste considérée comme futile et peu sérieuse par les milieux anarcho-gauchistes. Pourtant, la logique marchande, avec sa froide rationalité, colonise tous les aspects de la vie jusqu’à l’amour moderne. Face au modèle du petit couple conformiste, des réflexions existent. L’amour libertin attaque la morale sexuelle pour remettre en cause l’ordre social et le pouvoir autoritaire de l’Ancien régime. Aujourd’hui, lalibération amoureuse reste toujours une utopie à expérimenter. Pour changer l'amour, enfermé dans le carcan bourgeois, il faut transformer le monde. Mais réinventer l'amour permet également de renverser la civilisation marchande.

Sommaire de Zones subversives n° 9 :

Actualité des luttes :

Chavez et le spectacle bolivarien

Combattre l'austérité en Grèce et en Europe

Mouvement ouvrier révolutionnaire :
L'anarchisme, une pensée critique dans les luttes

Le marxisme critique de Karl Korsch

L'opéraïsme dans l'Italie des années 1960

Refus du travail, paresse et oisiveté

Critique de la culture et dépassement de l'art :

Le rap en France, entre plaisir et récupération

Walter Benjamin, l'art et l'émancipation

Le manifeste, entre révolte et sensibilité poétique

Libération érotique et amoureuse :

Les Liaisons dangereuses et l'amour libertin

L'amour dans la modernité marchande

Réinventer l'amour pour passionner la vie

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 10:26

Hénin-Beaumont : De la police municipale… aux bancs de la correctionnelle

Depuis longtemps, des rumeurs laissaient entrevoir l’inquiétante sortie de route de deux fonctionnaires de la police municipale d’Hénin-Beaumont. Des dérives désormais avérées puisqu’un brigadier et un brigadier-chef comparaîtront en octobre devant le tribunal de Béthune pour répondre de comportement en total décalage avec l’éthique de leur fonction. Plongée au cœur de pratiques fort heureusement désormais révolues… [Révolues, mon cul ! - NdJL]

C’est un retour sur des années sombres où, dixit certains fonctionnaires municipaux, l’ambiance était pour le moins délétère au sein du poste de police municipale : « Des clans s’étaient créés avec beaucoup de tension au quotidien et parfois même des bagarres dont certaines ont terminé au poste », confie un observateur privilégié de ces turpitudes. Une dérive de certains policiers qui a trouvé son point de non-retour un soir d’avril 2011 à l’occasion d’une ronde des correspondants de nuit, rue Gustave-Delory. Une patrouille qui avise deux individus en train de fouiner à l’intérieur de la déchetterie, vraisemblablement un couple de Roms, qui prennent la fuite en les apercevant.

Une patrouille de trois policiers municipaux est alors demandée en renfort qui, dès son arrivée, interpelle le couple venant de sortir une série d’objets de la déchetterie. La femme est ceinturée et son mari menotté et plaqué au sol. Dans sa poche, 180 euros que les policiers expliquent dans un premier temps avoir remis à leur place après constatation. Sauf qu’à partir de là, les choses dérapent, des palabres commencent haut et fort alors que les correspondants de nuit sont soigneusement tenus à l’écart de la scène. Mais entendent clairement le couple de Roms supplier… Le mari répète « money, money ! » tandis que sa compagne implore « 10 euros pour mon bébé ».

Au bout de cet épisode confus, l’un des trois policiers informe les correspondants de nuit qu’un de ses collègues, un brigadier, venait de tenter de s’approprier les 180 euros du couple en bonne entente avec son brigadier-chef et ne leur avait réintégré la somme que parce que, lui-même, ne pouvait décemment cautionner cette pratique. Une tentative d’extorsion que le brigadier reconnaîtra finalement devant ses collègues, dans une ambiance de tension extrême… et qui montera même crescendo puisqu’avant de laisser le couple de Roms quitter les lieux, le brigadier-chef prendra la liberté de déchirer devant eux le permis de conduire du mari en laissant entendre que « de toute façon, c’était un faux ! »

Une affaire suffisamment grave pour qu’elle revienne rapidement aux oreilles du maire d’Hénin-Beaumont. D’autant que les fonctionnaires incriminés, dans un premier temps, avaient déclaré pour toute défense à leurs camarades qu’ils comptaient, avec l’argent saisi… faire un don au CCAS ! Du côté d’Eugène Binaisse, c’est en toute discrétion que le maire prend alors les mesures qui s’imposent : « Lorsque ces faits m’ont été rapportés, je les ai jugés suffisamment importants pour saisir le procureur de la République, au moins pour avoir son avis. On a pris des mesures de suspension conservatoires concernant les fonctionnaires mis en cause mais, depuis, on n’a plus eu de nouvelles de l’instruction ! » Une affaire tout de suite été prise très au sérieux qui a amené tous les policiers municipaux à être entendus par les policiers lensois. Et là, la boîte de Pandore ouverte, en ressort le détail de pratiques ahurissantes, remontant à quelques années, et qui, jusqu’alors, n’avaient jamais été officiellement remontées à l’administration municipale. Sont détaillées des pratiques incroyables de vol de marchandises à l’occasion d’un contrôle nocturne sur la zone Delta 3 et de revente régulière de marchandises, « tombées du camion », à l’arrière du véhicule du brigadier incriminé : parfums, jeans, chocolats, gâteaux et même cartes à puces pour décodeurs TV, tout cela bien évidemment vendu à vil prix.

Et les micmacs entre collègues ne s’arrêtent pas là puisque le brigadier en question, toujours sous couvert de son brigadier-chef, avait eu la bonne idée de créer fictivement une association de la police municipale d’Hénin n’ayant jamais eu d’existence réelle, mais en direction de laquelle le fonctionnaire sollicitait entre autres une enseigne de grande distribution du secteur pour recueillir des lots aussitôt revendus à des cafetiers… Une petite entreprise qui ne semblait pas connaître la crise et prospérait grâce à l’omerta générale.

« Ce sont des choses qui nous échappaient totalement, explique le premier magistrat. Toutes ces pratiques, on en a entendu parler tardivement, la plupart des faits se sont déroulés avant 2009. On avait besoin d’un peu de renouvellement au niveau du chef de poste, c’est chose faite depuis l’arrivée de M. Fachaux [sic - NdJL]. Il ne faut pas que les policiers municipaux soient considérés comme des cow-boys qui en veulent au petit peuple ! » L’adjoint à la sécurité, Marcel Germe l’admet, « pendant la période où les agents ont été entendus, c’était peu tendu au poste, mais aujourd’hui tout semble rentré dans l’ordre. Ils attendent tous le jugement avec impatience pour être libérés car ça leur pèse ! »

Une affaire dont l’audiencement a été reporté deux fois et qui pose des problèmes au DRH de la Ville. En effet, sitôt suspendus de manière conservatoire, les deux policiers se sont mis en arrêt maladie, ce qui a repoussé d’autant la procédure. L’un d’entre eux a repris et purgé sa suspension de 4 mois (durée maximale sauf s’il y a eu sanction pénale) puisqu’il n’y avait à son retour encore aucune décision prise par le procureur. Il a donc été réintégré mais pas au poste de police, « ce qui aurait créé un schisme ! » L’autre policier vient lui de terminer son arrêt maladie et, la procédure légale étant engagée, sa suspension est prolongée jusqu’au procès.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Pascal Wallart, lavoixdunord.fr, 3 mai 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:40
Solidarité
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Published by coutoentrelesdents
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:39

[18 juin 2012]
Dans la peau d’un maton

En moyenne tu as 30 piges après avoir loupé ton entrée chez la police pourtant dévoué pour la patrie chômeur de longue durée tu postules pour la trentième fois à un concours bingo tu es pris enfin à ta plus grande surprise trois semaines de stage et te voilà surveillant trois semaines pour confirmer ton intégration à la pénitentiaire on t’a appris comment régler les problèmes que la société n’a pu régler, trousseau de clés à la ceinture te voilà plongé dans l’univers carcéral, tu ne peux plus reculer, tu voulais servir la société te voilà servi, chaque cellule que tu ouvres te confronte à un drame un écorché vif une personne pas un numéro d’écrou pourtant on t’avait dit de laisser tes convictions de côté pour exercer un boulot formaté comme un robot sans âme.

Brisé ta femme ne peut comprendre ton désarroi donc le fossé se creuse certains de tes collègues prennent plaisir à humilier déshumaniser parlent des détenus comme du bétail des microbes le cul entre deux chaises entre ta morale et ton boulot.

7 heures du matin à l’ouverture d’une cellule tu trouves un détenu pendu à sa fenêtre un choc tu réalises que tout ce qu’on t’avait appris était faux que les numéros d’écrou sont des êtres humains bel et bien vivants à partir de ce jour tu te fais la promesse de faire ton taf avec considération envers ceux que tu gardes.

Deuxième cas de figure plus contestable :

La cinquantaine, vie de famille pitoyable inexistante femme et enfants t’ont quitté trouve refuge dans l’alcool le FN tu es adhérent le travail de surveillant pénitentiaire est le boulot idéal pour exercer et déverser ta haine sur les autres cinquième tentative de suicide tu excelles dans les fouilles qui te procurent jubilation souiller détruire le bien de ceux qui ont déjà plus rien, mais pour toi c’est déjà trop, tu organises des passages à tabac impunité totale couvert par tes supérieurs qui ne veulent pas que tout ça s’ébruite je compte plus les décès causés direct ou indirectement par des agents.

Troisième cas :

Parents étrangers mais tu es né ici donc Français chômeur chômeuse depuis toujours discrimination à l’embauche tu es victime, tu vois une annonce à la TV pour devenir surveillant pénitentiaire tu postules pour devenir fonctionnaire du système qui te discriminait jadis, mais tu crois dur comme fer que en les intégrant tu vas faire évoluer changer les mentalités qui existent depuis toujours.

Tu portes l’uniforme comme on porte un treillis.

Tes premiers pas de maton sont mal vus mal vécus par tes proches et ta famille, tu es vu comme un traître un vendu tu es accusé de pactiser avec le diable, tu te fais insulter par les détenus de porte-clés, ton intention en entrant dans la pénitentiaire était bonne mais tu as sous-estimé l’ampleur des dégâts.

Incompris sous tension tu rends les coups que l’on te donne.

Une fois de plus tes origines te ramènent à ce que tu es vraiment un fils d’immigrés quel que soit ton déguisement LOL.

Impro : Mardi gras n’a lieu que une fois par an, fonctionnaire quelle que soit ta fonction parle-nous sur un autre ton y a pas de sous-métier OK OK donc pas de sous-homme menotté ou pas respecte-moi.

Texte volontairement à charge caricature de ma réalité… Vis nos vies et tu changeras vite d’avis.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuitsur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON LUTTES
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 13:16
L'Alerte Rouge, Monsieur M & Kifrao (West Section), La Vermine, La Plume & Dj Kekra (Dernier Rempart), 1000Check, Olinsha et Scratchy Djo !!! En soutien aux Zadistes et contre Vinci et son monde, solidarité !!!
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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:13
HOMMAGE A ABDELHAKIM AJIMI
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Published by coutoentrelesdents - dans HOMMAGE
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:00

Selon l’auteur Naomi Klein, l’utilisation systémique du choc et de la peur par les élites au pouvoir pour ébranler les communautés vulnérables est très évidente dans la Grèce d'aujourd'hui. De la montée du racisme à la vente du pétrole et des ressources en gaz naturel du pays, beaucoup de ce qui va façonner le futur immédiat de la Grèce sont des conséquences prévisibles de la politique d’austérité, explique Naomi Klein dans un entretien avec EnetEnglish.

Naomi Klein est l’auteur du controversé best-seller du New-York Times "La Doctrine du Choc" (ou la stratégie du choc), auquel on a décerné la qualification de « récit majeur de notre temps ».

Le livre explique que les intérêts commerciaux et les grandes puissances exploitent le choc, qu’il soit sous la forme d’un désastre naturel, d’un problème économique ou des turbulences politiques, comme une opportunité de restructurer de manière aggressive les économies des pays vulnérables.

Elle avance le fait que parce que les politiques ultra-capitalistes sont désagréables à la majorité des citoyens, on ne peut pas les mettre en place sans un choc, allant de l’hypermédiatisation d’un fait divers à la torture policière qui écrase la résistance populaire. Dans une interview accordée à EnetEnglish, Naomi Klein explique comment elle croit que la doctrine du choc s’applique aujourd’hui à la Grèce.

Comment les événements en Grèce se rapprochent de vos arguments dans la stratégie du choc ?

Pour moi, c'est un exemple classique de ce que j'ai écrit. C'est navrant de voir les mêmes astuces et les mêmes tactiques utilisées si brutalement. Et il y a eu une énorme résistance en Grèce. Il est particulièrement affligeant de voir la répression violente des mouvements sociaux qui résistaient à l'austérité. Et cela dure depuis si longtemps maintenant. Les gens sont usés.

J'ai suivi récemment la braderie des ressources naturelles pour l'exploitation minière et le forage. C'est la prochaine frontière de la manière dont cela va se jouer - la ruée vers le pétrole et le gaz dans la mer Egée. Et cela va aussi affecter Chypre. Il s'agit d'un tout autre niveau d'utilisation de l'austérité et de la dette pour forcer les pays à vendre leurs droits d'exploitation minière et de forage pour des prix de vente à bas coût.

Lorsque vous ajoutez la crise climatique en plus de tout cela, c'est une culpabilité d'avoir une crise économique utilisée comme levier pour extraire plus de combustibles fossiles, en particulier parce que la Grèce elle-même est très vulnérable au climat. Et je pense que c'est possible, comme la ruée vers le pétrole et le gaz s'intensifie, qu'il y ait plus de résistance parce que c'est une énorme menace pour l'économie de la Grèce.

A quel point le changement climatique est-il prégnant dans votre argumentation ?

Je suis en train de travailler sur un livre et un film à propos du changement climatique. C’est la raison pour laquelle j’ai poussé ma réflexion vers cette frange de la doctrine du choc à laquelle on accorde beaucoup moins d’attention. Les gens, et c’est compréhensible, sont beaucoup plus concentrés sur la réduction de leur retraites, les licenciements, qui ont définitivement des conséquence beaucoup plus immédiates. Bien que dans le cas de la mine d’or [de Skouries], il y a une menace immédiate pour la sûreté, le bien-être des gens et pour leur économie, c’est pourquoi les habitants sont très actifs là-bas.

Ce que je trouve coupable et profondément immoral, c’est que la montée du fascisme, dans ce contexte, était entièrement prévisible.Nous savons comment ces choses là arrivent. Et c’est supposé être la leçon que nous tirons de la Seconde Guerre Mondiale : si on impose des sanctions punitives et humiliantes à un pays, cela fait le lit du fascisme C’est ce contre quoi Keynes nous mettait en garde quand il écrivait « les conséquences économiques de la paix, concernant le traité de Versailles. Pour moi, c’est vraiment incroyable que nous laissions ainsi l’histoire se répéter de cette façon.

Les Grecs ont cette peur particulière qui est actuellement exploitée, la peur de devenir un pays en voie de développement, un pays du tiers-monde. Et je pense qu’en Grèce, il y a toujours eu cette sensation d’être attaché à l’Europe par un fil. Et la menace, c’est de voir ce fil se couper.

La peur joue à deux niveaux : la première c’est qu’ils ne peuvent pas quitter la zone euro parce que ça reviendrait à renoncer au statut de pays développé. Ensuite à propos des attaques perpétrées à l’encontre des migrants et des politiques anti-immigrés.

Dans la Doctrine du Choc, vous expliquez comment des pays à qui le FMI avait prêté de l’argent s’étaient vu dire qu’ils avaient des économies malades, des économies cancéreuses. Mais avec la Grèce, il est question d’une « contagion ». Qu’impliquent ces changements de métaphores ?

L’image du « cancer » était déjà très violente. Quand vous diagnostiquez qu’un pays a un cancer, vous justifiez tous les traitements qu’on peut lui administrer sous prétexte de lui sauver la vie. C’est l’idée principale dans cette métaphore du cancer. Une fois que vous l’avez diagnostiqué, vous, le médecin, ne pouvez être tenu responsable pour les effets négatifs du traitement.

Parler de contagion signifie bien sur que ça aurait du rester enfermé, et qu’on aurait du se protéger d’une rébellion qui incubait et se répandait à Chypre, au Portugal et en Espagne, particulièrement.

Quand on a cette peur de la contagion, quand les investisseurs ont peur d’une région entière, ça veut dire que cette région a le pouvoir de constituer un bloc qui pourrait agir avec une main forte.

C’est ce que j’ai écrit dans le livre à propos de l’Amérique Latine dans les années 1980, avec le « choc de la dette ».La situation était telle qu’il aurait été presque impossible pour des pays pris individuellement de se dresser contre le FMI. Mais si l’Amérique Latine, prise comme un bloc, s’était organisée et s’était dressée contre le pouvoir du FMI, là, elle aurait eu le pouvoir de renverser la balance, de les briser. Et là on aurait pu avoir des négociations. C’est pour ça que je crois que je pense que cela constitue une réponse à l’idée de contagion : vos adversaires ont peur de ça. Que vous vous organisiez en un bloc à même de provoquer des négociations.

Les pays d’Europe du Sud devraient donc se réunir et tenir des négociations avec la Troïka ?

C’est ce que je pense, oui. Cela s’appelle le cartel des débiteurs. Mais ça n’est jamais arrivé. Autant que je sache, ça n’a même jamais été tenté.

L’ancien vice-premier ministre Theodoros Pangelos a déclaré « nous l’avons mangé ensemble » - comme si chaque Grec était complice de la situation de crise. A contrario, Alexis Tsipras, à la tête du principal parti d’opposition Syriza, a pointé du doigt Angela Merkel et ses sbires. Comment la façon dont la crise est née affecte-t-elle la manière dont nous essayons de la résoudre ?

Si on accepte le présupposé que chacun est en partie responsable de la crise, on crée un contexte dans lequel la punition collective est acceptable. C’est tout le danger de cette fausse équivalence.

On assiste à un effort concerté à créer une équivalence, qui est fausse entre un individu qui a une petite dette de consommateur et une banque qui se mobilise. C’est une comparaison scandaleuse.

Mais malheureusement c’est la façon dont sont discutées les politiques économiques dans nos cultures, avec ce genre d’équivalence : entre la dette d’une famille et la dette d’un Etat. «Géreriez-vous votre foyer comme ça ? » C’est une comparaison ridicule parce que gérer un foyer ça n’a rien à voir avec gérer un Etat. « Nous l’avons tous mangé ensemble », ça veut dire que maintenant on doit tous se serrer la ceinture. Mais bien sûr, nous savons que tout le monde ne se mettra pas à la diète imposée…

Le journaliste qui a publié les noms de la liste Lagarde, Kostas Vaxevanis, a déclaré dans une interview au Guardian que les Grecs devaient lire la presse étrangère afin de savoir ce qui se passaient dans leur propre pays . Quel est le rôle de la presse face à la doctrine du choc ?

L’information est une forme de résistance au choc. L’état de choc, qui est si facile à exploiter est un état de confusion. C’est un manque d’explication sur ce qui se passe, la panique qui s’installe, les choses changent très très vite. Et dans ces moments précisément, nous avons besoin des médias plus que jamais. C’est la manière collective de nous redonner du sens. De nous raconter nous-mêmes, de rester orientés sur notre histoire – si, bien sûr, nous avons de bons médias.

Ce n’est pas parce que quelque chose de mal arrive que ça signifie qu’on a affaire à un choc. Un choc arrive quand on perd le fil. Quand on n'arrive plus à comprendre où on se situe dans l’espace-temps. Quand on ne sait plus quelle est notre histoire. Et ça nous rend beaucoup plus vulnérable vis à vis de quelqu’un qui arrive et qui nous dit « voilà ce qui se passe. »

Cette situation ne peut pas arriver sans la complicité des médias. Des médias ayant la volonté de travailler avec les élites et de diffuser la peur. C’est la peur qui alimente ce système, la peur de s’effondrer, la peur de sortir de l’Europe, la peur de devenir un pays en voie de développement. Les politiciens n’ont pas la capacité de répandre cette peur tous seuls. Ils ont besoin de commentateurs. Ils ont besoin que cette peur soit la star des talk-shows.

Les journalistes doivent savoir que rien de tout cela ne peut arriver sans eux. Nous ne somme pas que des observateurs. Dans ces moments où tout prête à la peur et à la désorientation, à la perte de sens, nous sommes acteurs et nous avons le choix. Allons-nous aider les gens à ne pas perdre l’équilibre ou allons-nous être les outils des élites ?

Que ce soit la peur des immigrés ou de n’importe quelle supposée calamité à venir qui empêche les gens de voir la calamité qui est, les désastres sont déjà là. Il y a une dépression. Mais en disant constamment aux gens que le pire reste à venir, on les aveugle sur la situation, ils ne voient plus les attaques scandaleuses et masochistes qui sont infligées aujourd’hui au pays.

La situation aujourd’hui trouve sa source dans la crise financière de 2008. Et tous les journalistes qui n’ont pas posé cette question, la question des origines, au début, on nourrit tout ce battage médiatique qui allait durer éternellement et qui n’allait jamais aborder cette question.

Nous en sommes là. Nous créons le contexte pour qu’un crash économique s’installe et nous devenons les outils des élites quant à la manière de répondre à ce crash.

source : EnetEnglish / Traduction Okeanews

SOURCE : OKEANEWS

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:45
1 mai
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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:45

Du Son Contre La Prison est un événement organisé par un collectif informel anti-carcéral.

Le concert aura lieu le samedi 4 mai 2013 à partir de 20 heures à Ursa Minor à Saint-Étienne avec :

SINGE DES RUES
PREMIÈRE LIGNE
LES ÉVADÉS
et des mix

Il sera retransmis en direct sur plusieurs radios associatives afin que les prisonniers et prisonnières puissent le suivre de 21 heures à minuit.

Envie que ça nique la censure, que ça existe en dehors du bon vouloir de l’administration pénitentiaire et de son contrôle, envie de gueuler notre haine de ces murs et notre solidarité aux prisonnier.es…

Concert retransmis en direct sur Radio Dio 89.5FM à Saint-Étienne et sur une vingtaine d’autres radios associatives locales, afin d’être entendu dans les prisons.

plus d’infos

Faites tourner l’info dans votre ville !

Où ?
Ursa Minor – Site Mosser
11 rue de l’Égalerie
quartier Bellevue
St-Étienne

Entrée : 5euros + adhésion prix libre

Contact

Radios qui retransmettent le concert et prisons couvertes :

ARRAS – Radio PFM 99.9FM (MA Arras)

BESANÇON – Radio BIP 96.9FM (MA Besançon)

BRUXELLES – Radio Panik 105.4FM et Radio Air Libre 87.7FM (Prisons de Forest et
Saint-Gilles, Berkendael)

COMPIÈGNE – Radio Graf’Hit 94.9FM (MA Compiègne)

GRENOBLE – Radio Kaleidoscope – 97FM (MA Varces, Centre Semi-Liberté St-Bruno)

GENÈVE – Radio Usine (web radio, ne couvre aucune prison)

LILLE – Radio Campus 106.6FM (MA Séquedin, MA Douai, CP Annœulin ?)

LYON – Radio Canut 102.2FM (MA Corbas, EPM Meyzieu)

MARSEILLE – Radio Galère 88.4FM (MA Les Baumettes, Tarascon, Luynes, Centrale
d’Arles, EPM Marseille)

MONTPELLIER – Radio FM + 91FM (CSL Montpellier, MA Nîmes)

PARIS – Fréquence Paris Plurielle 106.3FM (MA Bois d’Arcy, Nanterre, Fresnes,
Fleury-Merogis, La Santé, Villepinte, Versailles, Osny, Centrale de Poissy)

RODEZ – Radio Temps 95.5FM (MA Rodez)

ROUEN – Radio HDR 99.1FM (MA Bonne Nouvelle)

SAINT-ÉTIENNE – Radio Dio 98.5FM (MA La Talaudière)

SAINT-GIRONS – Radio La Locale 97.3FM (MA Seysses)

SUD – Radio Zinzine – MA Luynes (88.1FM), MA Digne-les-Bains (95.6FM), MA Gap
(106.3FM)

TOULOUSE – Canal Sud 92.2FM (MA Seysses, Montauban, CD Muret, CRA Cornebarrieu)

TOURS – Radio Béton 93.6FM (MA Tours)

VALENCE – Radio Méga 99.2FM (MA Valence)

ZAD de Notre-Dame-des-Landes – Radio Klaxon

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT PRISON MUSIQUES

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