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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:53

Discussion non-mixte sur le contrôle des corps des femmes par la médecine

Le vendredi 12 avril à 19h chez Violette, discussion non-mixte 19 place Vanhoenacker à Lille

Nous sommes un collectif féministe qui s’est regroupé autour d’une critique de la gynécologie institutionnelle. Motivées par notre envie de dénoncer les examens abusifs dont nous avons été plusieurs à faire les frais, nous avons décidé d’enquêter sur la manière dont la gynécologie contrôle nos corps. En partant de nos expériences individuelles, en particulier celle du papillomavirus, nous avons constaté que les médecins sont bien souvent ignorants sur ce sujet. Cela ne les empêche pourtant pas d’affirmer des vérités contradictoires, d’être intrusifs à tout point de vue, de porter des jugements sur notre sexualité. C’est donc à partir de l’exemple du papillomavirus que nous aborderons les questions suivantes : • Les campagnes de préventions massives et l’injonction au contrôle gynécologique régulier. • Les examens de dépistage abusifs voir intrusifs et les limites de leur efficacité. • Le vaccin et la culpabilisation des femmes.

La Brique

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:52

Coup de filet contre le trafic d’otages érythréens en Égypte

Deux hommes et une femme ont été incarcérés en Suède, dans une affaire de chantage au meurtre visant un réfugié érythréen retenu en otage en Égypte. C’est une première dans le monde depuis l’apparition des prises d’otages collectives d’Érythréens dans le désert du Sinaï il y a quelques années. Et le début d’une enquête qui pourrait remonter jusqu’à la hiérarchie militaire érythréenne.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/19.jpg

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT DE L’EEPA (EUROPE EXTERNAL POLICY ADVISORS, OCTOBRE 2012)

Disons que le garçon s’appelait Yonas. Sa véritable identité ne doit pas être révélée, sa famille ignorant ce qui est advenu de lui. Il avait dix-neuf ans et comme des milliers de jeunes Érythréens, chaque année depuis dix ans, il avait fui son pays à pied début 2012, espérant échapper à la dictature du président Issayas Afeworki.

Kidnappé dès son arrivée au Soudan, il avait été livré avec neuf autres otages à « Abou Sultan », le chef de l’une des familles mafieuses qui sévissent dans le désert du Sinaï, en Égypte. Détenu pendant près d’un an, il est mort fin janvier après deux jours de crucifixion — la punition ultime infligée à leurs prisonniers par les gangsters bédouins qui règnent en maîtres sur la région. Jamais il n’est parvenu à réunir les 33’000 dollars exigés par ses kidnappeurs pour sa libération.

« On l’a décroché et il a expiré. Un réfugié qui était incarcéré avec lui me l’a annoncé il y a deux semaines. Lui était le seul survivant du groupe de dix », raconte à RFI la journaliste érythréenne Meron Estefanos, qui était en contact téléphonique avec lui, depuis la Suède où elle vit.

Trois arrestations en Suède

Depuis cinq ans qu’elle est en contact quotidien avec les fugitifs de son pays natal, Meron Estefanos avait fini par croire que « tout le monde se fiche des Érythréens et de ce qu’ils endurent ». Cette fois, après le martyre de Yonas, c’est différent. Deux hommes et une femme ont été arrêtés le 20 février à Solna, une banlieue de Stockholm. Ils étaient les intermédiaires à qui Meron, que Yonas avait fait passer pour sa cousine, devait remettre l’argent de la rançon. Selon le procureur en chef Krister Petersson, ils ont été inculpés « d’extorsion » et de « conspiration en vue de commettre un assassinat ».

L’enquête de la police suédoise a duré plusieurs semaines, comptant sur la discrétion de Meron Estefanos. « Les complices des kidnappeurs m’envoyaient des textos plusieurs fois par jour, raconte-t-elle à RFI. Ils se faisaient de plus en plus menaçants. J’ai eu beau insister auprès d’eux, à partir du 24 janvier, je n’ai plus eu de contact avec Yonas. Je savais que la police écoutait, mais que quelque chose de terrible lui était arrivé. » Épuisé par les sévices, il avait fait croire que sa « cousine » avait collecté la rançon, pour gagner du temps.

Un réseau haut placé

Le procureur a affirmé que de nombreux cas similaires ont été signalés en Suède ces dernières années. Pourtant, au sein de la diaspora, étroitement surveillée par les puissantes ambassades d’Érythrée et leurs réseaux de mouchards, il est rare que les familles se plaignent. Incarcérations, expulsions, enrôlements de force dans l’armée, menaces : les représailles contre les parents restés au pays sont systématiques.

D’autant que la complicité de hauts gradés de l’armée érythréenne dans ce trafic sont probables. Dans son dernier rapport, en juillet 2012, le Monitoring Group de l’ONU sur la Somalie a d’ailleurs désigné le général Tekle Kiflai « Manjus », commandant des gardes-frontière, comme l’un des bénéficiaires de ce business lucratif. L’agence de presse suédoise TT cite même le cas de sept familles résidant en Suède, ayant dû payer 7000 dollars à « un officier supérieur de l’armée érythréenne » l’année dernière. Le militaire menaçait de vendre ses otages à des trafiquants au Soudan si les rançons n’étaient pas payées dans les 24 heures.

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TÉLÉCHARGER LE RAPPORT D’AMNESTY INTERNATIONAL (AVRIL 2013)

En effet, l’histoire de Yonas n’est pas unique. Sur les 1000 à 3000 Érythréens qui parviennent à passer clandestinement la frontière chaque mois, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), nombreux sont ceux qui sont capturés par des soldats soudanais avant d’avoir pu atteindre le camp de Shegerab, près de Kassala. Les évadés sont alors vendus à des bandes criminelles issues de la communauté Rachaïda, qui les revendent à leur tour à leurs « cousins » bédouins du Sinaï. La livraison des otages est assurée jusqu’en Égypte dans des camions transportant également toutes sortes de contrebande, notamment des armes à destination de la bande de Gaza.

Chambres de torture

Une fois incarcérés dans les villas du Sinaï, les otages sont torturés pendant qu’ils appellent leurs familles et les supplient de réunir l’argent exigé. « Chaque gang a sa méthode, explique Meron Estefanos. On coule du plastique fondu sur leur dos, puis on les oblige à rester debout contre un mur pour que leurs plaies s’infectent. Ou bien on les électrocute, on les viole ou on les force à se violer entre eux. » Selon les témoignages qu’elle a collecté, les villas où sont détenus les Érythréens ont d’ailleurs été construites dans le seul but de servir de camp de torture. Des anneaux pour accrocher les chaînes et des arceaux pour pendre les détenus sont moulés à même le béton des chambres d’incarcération.

Chaque clan a son réseau de « collecteurs » de rançons. L’argent est versé soit en liquide, soit par Western Union. Les numéros de téléphone des intermédiaires sont suisses, suédois, britanniques, israéliens, égyptiens, ou proviennent de la bande de Gaza et même d’Érythrée. Il faut alors livrer un sac plein d’argent, en plein jour, à Asmara, au cœur de la capitale d’un régime contrôlant pourtant tous les aspects de la vie des citoyens qui ne l’ont pas encore fui.

Presse esclavagiste (Léonard Vincent, RFI, 27 février 2013)

Plus d’informations sur l’Érythrée, en français, sur le blog d’information de Léonard Vincent

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:51

Un rapport accuse le renseignement intérieur d’entraver la justice

Un rapport que La Croix a pu consulter dénonce des dysfonctionnements de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Rédigé par des officiers du renseignement intérieur, il a été remis confidentiellement aux députés du groupe de travail parlementaire sur l’exil fiscal constitué en janvier 2013.

C’est un document d’une sévérité inédite rédigé par un collectif d’officiers de la DCRI, ce « FBI à la française » issu, en 2008, de la fusion entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux (RG) voulue par Nicolas Sarkozy. Rédigé sur 14 pages en style parfois télégraphique, ce véritable audit du service de renseignement, mais aussi de nombreuses autres directions de la police compétentes en matière de délinquance financière, a été remis le 16 février dernier aux parlementaires du groupe de travail sur les exilés fiscaux dirigé par le député socialiste Yann Galut.

banque suisse UBS

Cette note très précise, que La Croix a pu consulter, encourage les élus à interroger, si possible dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire, les anciens et actuels patrons ou responsables de la DCRI (dont Bernard Squarcini, Gilles Gray, Éric Bellemin-Comte…), notamment celles et ceux qui étaient et sont encore chargés du renseignement économique et financier, ainsi que ses chefs du « département sécurité » ou du « groupe action » de la sous-direction chargée du renseignement économique.

Car les auteurs de la note se livrent à un véritable réquisitoire, révélant d’une part la surveillance étroite opérée par le renseignement intérieur sur l’organisation de la fraude fiscale internationale, notamment celle qui fut organisée en France par la banque suisse UBS, et dénonçant d’autre part la non-transmission à la justice des informations considérables recueillies lors de cette surveillance.

« Pourquoi, après avoir découvert cette infraction pénale (NDLR : celle commise par UBS), la sous-direction K (renseignement économique et financier) de la DCRI ne l’a-t-elle pas dénoncée au procureur de la République (…) ? Pourquoi la sous-direction K a-t-elle axé son travail de surveillance sur les cadres de l’UBS qui dénonçaient le système de fraude plutôt que sur ceux (qui étaient) à l’origine du système ? », peut-on lire dans ce document confidentiel.

service interministériel d’intelligence économique

Plus grave encore, les rédacteurs de la note pointent du doigt « les services extérieurs à la DCRI qui ont travaillé sur le dossier Tracfin (1) » concernant l’organisation de l’évasion fiscale massive de la France vers la Suisse, notamment le service interministériel d’intelligence économique. Selon l’un de ces officiers, « la presque totalité des cadres de la DCRI et de ces autres services de police ou de renseignement, toujours en responsabilité, sont ceux qui ont servi avec zèle le président de la République précédent ».

Résultat, selon eux, « le faible nombre de dénonciations qui émanent des services de renseignement spécialisés dans le domaine économique et financier, notamment ceux de la DCRI, nous incite à réfléchir sur la mission de ces services dont l’inefficacité pénale est injustifiable ». Dès lors, le verdict de ces professionnels est radical : « Ces services se nourrissent des délits qu’ils ne souhaitent pas voir apparaître ou révéler à l’autorité judiciaire pour ne pas amoindrir leur influence, quand le besoin s’en fait sentir. »

une entrave majeure à la justice

Enfin, la note des officiers du renseignement intérieur remise aux élus affirme que le fonctionnement actuel de leur service représente une entrave majeure à la justice. « Il conviendrait de ne plus abusivement protéger le recueil de renseignements économiques et financiers par le “secret défense”, car ce type de renseignements ne menace pas la défense ou la sécurité nationale », écrivent-ils.

Avant de conclure : « Généraliser la classification des activités et des informations recueillies par la DCRI empêche la justice d’avoir à connaître des informations dont elle a rapidement besoin pour ses enquêtes. »

Publié par un agent de déstabilisation de la Cinquième Colonne anarcho-autonome d’Al-Qaida (Antoine Peillon, LaCroix.com, 4 avril 2013)

 

Offshore Leaks : les chiffres effarants de l’évasion fiscale

Mise en une par la crise chypriote et l’affaire Cahuzac, l’évasion fiscale est maintenant en ligne de mire d’une opération mondiale de transparence, Offshore Leaks. Les chiffres à retenir.

Après Wikileaks, Offshore Leaks. L’ICIJ, consortium international de journalistes d’investigation, a communiqué à différents journaux, dont Le Monde en France, 200 gigabits de données sur des comptes ou des intérêts offshore détenus par des entreprises et des particuliers. Des documents et des informations issues principalement des Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal placé par l’OCDE dans sa liste grise des pays non-coopératifs.

Un tiers des ressources financières mondiales dissimulé

Que représente l’évasion fiscale dans le monde ? Selon le FMI, les fonds concernés se monteraient à 5500 milliards d’euros, soit près de trois fois le PIB de la France. 50% des transactions mondiales transiteraient par des paradis fiscaux, qui compteraient 4000 banques et 2 millions de sociétés écrans.

Mais pour l’ONG Tax Justice Network, les sommes en jeu seraient encore plus importantes, atteignant 16’344 à 25’000 milliards d’euros, soit le PIB des États-Unis plus celui du Japon, ou 10 fois celui de la France. Cela représente un tiers des ressources financières mondiales, et une somme qui pourrait générer entre 148 et 218 milliards d’euros de recettes fiscales par an dans les caisses des États du monde entier. Soit plus que l’aide publique au développement fournie par les pays de l’OCDE, en baisse notoire à 100 milliards d’euros en 2012.

L’économiste James Henry, auteur en 2012 d’une étude sur l’économie offshore présentée sur le site du Guardian, a calculé que les 10 banques les plus importantes du monde en matière de gestion de patrimoine privé, des expertes de l’optimisation fiscale dont Goldman Sachs, le Crédit suisse et UBS, sont passées de 1800 milliards d’euros gérés en 2005 à 4800 milliards d’euros en 2010. Une spectaculaire accélération de leur activité.

James Henry a également calculé pour cette même étude que, si une dizaine de millions de personnes ont placé des biens dans les paradis fiscaux, la moitié des sommes, soit à peu près 8000 milliards d’euros, était entre les mains d’un tout petit nombre de 92’000 super-riches, soit 0.001% de la population mondiale. Alors que les citoyens ordinaires des pays endettés doivent payer les pots cassés de l’austérité.

Et la France ?

Pour la France, les avoirs dissimulés à l’étranger ont été évalués à 600 milliards d’euros par le journaliste Antoine Peillon, dans son livre paru en 2012, Ces 600 milliards qui manquent à la France (Seuil).

De son côté, en juillet 2012, la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale a estimé entre 30 et 60 milliards d’euros son coût annuel pour les finances publiques. Mais pour le syndicat Solidaire-Finances Publiques, qui a établi un nouveau rapport début 2013 par extrapolation des résultats du contrôle fiscal, la fraude plombe les caisses de l’État à hauteur de 60 à 80 milliards d’euros chaque année. À comparer avec le déficit public de la France qui s’est élevé à 98 milliards d’euros en 2012.

Réagissant à Offshore Leaks, la Commission européenne estime quant à elle le coût de l’évasion fiscale en Europe à plus de 1000 milliards d’euros par an.

Leur presse (L’Expansion.com, 4 avril 2013)

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:51

Près de 4.000 Roms ont dû quitter leur lieu de vie depuis janvier, selon une étude

Près de 4.000 Roms ont dû quitter leur lieu de vie depuis le 1er janvier, dont un millier après une agression contre leur campement ou un incendie, selon une étude transmise vendredi à l’AFP qui déplore une “radicalisation du rejet” de ces populations.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/062.jpg

TÉLÉCHARGER L’ÉTUDE

Cela correspond à un cinquième des quelque 20.000 Roms, principalement originaires de Roumanie ou Bulgarie, qui vivent en France.

Vingt-huit campements, abritant 2.873 personnes, ont été évacués par les forces de l’ordre au premier trimestre, selon un recensement réalisé par Philippe Goossens de l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH), en recoupant les témoignages d’associations et les articles de presse.

Ce chiffre est en forte hausse par rapport au trimestre précédent (1.582 personnes), mais inférieur à l’été dernier marqué par 40 sites démantelés (4.630 personnes).

En revanche, il y a une nette augmentation des lieux de vie évacués suite à un incendie ou une agression: dix sites depuis janvier (1.007 personnes concernées), contre trois au dernier trimestre 2012, un au 3e trimestre, souligne M. Goossens.

En hiver, il y a davantage de feux dans ces camps, en raison des moyens de chauffage artisanaux employés. Mais, le nombre de sinistres reste plus élevé cette année qu’au premier trimestre 2012 (6 incendies, 777 personnes délogées).

À la fin août, le gouvernement avait adopté une circulaire pour encourager la recherche de solutions de relogements. Sur les 40 évacuations, “une solution partielle de relogement a été proposée 15 fois”, selon le rapport de l’AEDH.

Mais “les propositions de relogement sont temporaires (deux à trois jours) dans des hébergements d’urgence (…) et elles ne sont adressées qu’à une partie de la population du lieu de vie”, écrit son auteur, qui en conclut : “La mise en application de la circulaire reste très rare et hétérogène”.

Pour lui, “les autorités continuent d’appliquer une politique intolérante et dangereuse vis-à-vis des Roms” et “ce discours attise des réactions d’intolérance de plus en plus fréquentes et qui se traduisent par la montée de la violence de la part des riverains et la radicalisation du rejet.”

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 5 avril 2013)

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:50

En ces temps de « crise internationale », la propagande capitaliste relayée par les mass-médias nous martèlent sans cesse de discours en faveur de la protection du système économique actuel.

Que se soit de gauche comme de droite, les libéraux mettent en place des plans d’austérité préconisant le renflouement des banques, la privatisation, le non-remplacement des fonctionnaires etc. qui à court, comme à long terme, provoquent des inégalités sociales et économiques, la montée du chômage, de l’intolérance, du racisme…

Face aux opposants de cette dictature économique, se met en place dans les pays européens des mesures de répression plus ou moins violente mais jamais relayées par les mass-médias.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/affiche-grece.jpg

C’est dans cette perspective, que nous vous proposons une alternative d’information à travers une soirée débat où il sera possible d’échanger avec des militants antifascistes grecs sur les formes réelles que prend la répression en Grèce : affrontements brutaux entre police et manifestants, arrestations abusives, torture des militants durant les gardes à vue/emprisonnement, étroite relation entre police et Aube dorée, milices qui pratiquent la chasse aux immigrés…

Si l’idée de cette soirée vous intéresse, nous vous donnons rendez-vous, le lundi 8 avril à partir de 20H30 au CCAN, 69 rue mon désert à Nancy.

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Published by coutoentrelesdents - dans SOUTIEN
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 19:25

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:30

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:24

  


Le thème de la souffrance amoureuse traverse la littérature. Pourtant, la réflexion politique et sociale sur ce phénomène essentiel de la vie quotidienne semble inexistante. La sociologue Eva Illouz se penche sur les mutations des relations amoureuses et sexuelles à l’ère de la modernité marchande. Elle insiste sur les aspects les plus récents. En revanche elle a tendance à éluder la répression sexuelle ainsi que les contraintes sociales qui perdurent malgré l’émergence de nouvelles formes d’aliénations. Mais les manuels de développement personnel ne sont pas plus émancipateurs que la morale religieuse. 

                                               


Une sociologie de l’amour moderne


Eva Illouz évoque les différentes formes de souffrances. Trouver l’amour et les difficultés pour rencontrer une nouvelle personne alimente la souffrance, surtout avec la multiplication d’échecs. Lorsque la relation s’instaure, la souffrance prend « la forme de l’ennui, de l’angoisse ou de la colère, de disputes et de conflits douloureux, et aboutissent à la déconfiture, au doute sur soi-même, à la dépression engendrée par les ruptures ou les divorces », constate Eva Illouz. La psychologie insiste sur la responsabilité personnelle de chacun dans l’échec amoureux, considéré comme inévitable. Au contraire, « les vicissitudes et les malheurs de nos vies amoureuses sont le produit de nos institutions », souligne Eva Illouz. Les féministes estiment que la conception romantique de l’amour permet d’imposer une oppression patriarcale. Le féminisme postmoderne estime même que le pouvoir devient le socle des relations humaines et amoureuses. Pourtant, l’amour renvoie également au désir et au plaisir, et pas uniquement au pouvoir. 
La réflexion critique ne doit pas se limiter à la sphère économique et sociale. Les problèmes de la vie quotidienne doivent également faire l’objet d’une analyse. «Mon but est de traiter l’amour comme Marx traita des marchandises : il s’agira de montrer que l’amour est produit par des rapports sociaux concrets ; que l’amour circule sur un marché fait d’acteurs en situation de concurrence, et inégaux ; et de soutenir que certaines personnes disposent d’une plus grande capacité à définir les conditions dans lesquelles elles sont aimés que d’autres », présente Eva Illouz. 


La sociologue montre bien l’analogie entre l’amour et la logique marchande dans la modernité néolibérale. L’émotionnel s’articule avec l’économique. En revanche, l’auteur occulte les normes morales qui évoluent mais perdurent. 
Progressivement, le mariage avec une personne n’est plus une décision imposée, mais devient un choix individuel. Pourtant « cette forme culturelle occidentale de modernité a provoqué des formes de misère affective, de destructions sans précédents des univers de vie traditionnels », souligne Eva Illouz. 
L’individu moderne semble tiraillé entre des injonctions contradictoires. L’institution du couple et du mariage s’opposent à l’amour romantique et passionné pourtant présenté comme un idéal. La colère, la frustration et la désillusion proviennent de ses contradictions sociales. Les expériences et les souffrances individuelles semblent en réalité collectives car liées aux normes et aux contraintes sociales. 


                 Miss Tic

 

L’évolution historique de la morale et de l’amour


L’amour n’est pas uniquement un sentiment désintéressé, irrépressible et passionné. Dans l’époque moderne, l’amour apparaît surtout comme un choix. Le partenaire est évalué et choisit selon des critères rationnels. Mais ce choix semble surtout déterminé par un environnement culturel et par les représentations dominantes.

Les romans de Jane Austen permettent d’observer les déterminants du choix amoureux dans les sociétés du XIXème siècle. La conformité du partenaire avec ses propres valeurs morales prime sur le désir sexuel. La femme doit se soumettre à un code moral et à un contrôle patriarcal. L’amour semble alors lié à l’attachement et à l’habitude, et non pas à l’attirance instantanée. « L’amour n’est pas ici vécu comme une rupture ou un bouleversement dans la vie quotidienne. Il se développe plutôt avec le temps, l’intimité, la connaissance progressive et l’étroite fréquentation des familles de chacun, au quotidien », précise Eva Illouz. La dimension morale organise la vie affective. La séduction provient de la capacité à se conformer à des codes et à des normes. Cet aspect moral se traduit par l’intériorisation de valeurs mais surtout par des pratiques sociales. Le processus de séduction s’inscrit dans le cadre précis de la famille et du voisinage. Le jugement des proches et le contrôle de l’environnement social semblent déterminant. Des règles et des rituels sociaux encadrent la séduction. Les sentiments amoureux se conforment aux intérêts économiques et l’endogamie sociale doit être préservée. Le respect des promesses et l’engagement semblent déterminants. 


Dans la modernité, le marché des rencontres devient dérégulé. L’amour est désencastré des codes sociaux pour devenir un choix individuel. Le sex-appeal codifie l’attractivité sexuelle. La séduction s’apparente alors à l’intériorisation d’un «ensemble de codes corporels, linguistiques et vestimentaires très consciemment manipulés et adaptés dans le but de susciter le désir sexuel de l’autre », résume Eva Illouz. L’amour se conforme à la logique consumériste. Le cinéma, les magazines, la publicité diffusent des normes érotiques. La jeunesse et la beauté façonnent l’imaginaire érotique de la société de consommation.

En revanche, Eva Illouz exagère fortement la rupture de la modernité. La sociologue estime que le plaisir sexuel devient central. Mais, dans le monde réel, les valeurs morales et les contraintes sociales évoluent sans pour autant disparaître. Peu de femmes osent affirmer qu’elles aiment le plaisir sexuel. En revanche, la sociologue souligne à juste titre l’importance croissante de l’attrait physique dans le sentiment amoureux. Une standardisation du look caractérise la séduction. Le marché de la rencontre amoureuse semble désormais régi par la compétition. Mais la sociologue considère que la valorisation du plaisir sexuel dans les médias organise désormais la vie sociale.

En réalité, ses représentations médiatiques alimentent la frustration. La misère sexuelle prime sur la jouissance dans la vie quotidienne. Mais l’amour s’apparente désormais à un grand marché rythmé par la concurrence. « La rencontre avec des partenaires potentiels est donc structurées dans et par un marché ouvert au sein duquel les gens se rencontrent et s’unissent en fonction de leur « goût », et rivalisent les uns avec les autres pour accéder aux partenaires les plus désirables», résume Eva Illouz. Une hiérarchie sexuelle se construit à partir de l’attrait physique et du capital érotique des individus. Des « capitalistes sexuels » tirent une fierté du grand nombre de leurs conquêtes. Le capital sexuel peut ensuite être réinvestit dans le champ professionnel puisqu’il révèle la bonne présentation de soi et la capacité à se mettre en valeur. 


              

 

Le patriarcat et le marché amoureux


La liberté amoureuse se développe mais reste dans le cadre du patriarcat. La morale traditionnelle impose l’abstinence et le contrôle sexuel. L’engagement et le mariage déterminent la vie sociale. Les obligations familiales doivent être respectées. 
Dans les sociétés traditionnelles, le nombre de conquêtes féminines reflète le statut social de l’homme. Dans la modernité, la multiplication des partenaires est une condition pour accéder à un statut social élevé. Les séducteurs expriment leur capacité à triompher de la concurrence sur le marché sexuel. « Les hommes affirment leur pouvoir social sur les femmes et sur d’autres hommes en exerçant une domination sexuelle sur de nombreuses femmes », explique Eva Illouz. 
Les femmes restent attachées à une relation exclusive et monogame, conforme à la famille patriarcale. Les femmes subissent la contrainte normative et biologique de la grossesse. Les femmes doivent choisir des hommes plus âgés, plus cultivés et plus aisés pour se conformer à l’ordre social. Le marché de l’amour se rétrécit pour les femmes qui, de leur côté, deviennent plus cultivées et autonomes financièrement. Le choix d’hommes semble alors très limité. La phobie de l’engagement semble alors liée aux limites dans le choix amoureux. 
Le désir sexuel se conforme à la logique marchande. La rareté devient plus attirante. Une femme distante et désintéressée devient alors plus attirante qu’une femme amoureuse. 


Dans le choix amoureux, la rationalisation, l’évaluation, le calcul prime sur les sentiments et l’émotion. La  décision de l’engagement amoureux n’est plus intuitive mais repose sur un calcul rationnel. Cette évaluation diminue alors le désir de l’engagement par rapport au choix intuitif. 
Pourtant, l’analyse d’Eva Illouz repose sur un postulat largement erroné. Pour la sociologue, les difficultés de l’engagement proviennent d’une abondance de partenaires amoureux. En réalité, la misère affective et sexuelle semble plus largement répandue que l’abondance. Les choix amoureux, pour la plupart des gens, ne sont pas aussi importants que le prétend la sociologue. Surtout, la phobie de l’engagement peut provenir d’une crainte légitime face à l’embrigadement du couple. Cette conception de l’amour semble sclérosée dans ce carcan de la monogamie. Mais l’attachement des hommes à une « sexualité de rencontres » n’est pas tant lié au désir et au plaisir. Au contraire, les hommes acceptent plus facilement les relations sexuelles car elles renforcent leur statut social de séducteur. Mais la phobie de l’engagement devient alors plus importante chez les hommes qui peuvent ainsi bénéficier d’une domination affective sur les femmes. 

 

                       

L’amour et la reconnaissance sociale


L’amour participe à une demande de reconnaissance. « L’amour romantique rehausse l’image de soi à travers le regard de l’autre », décrit Eva Illouz. L’amour permet d’affirmer sa singularité et sa propre valeur. Cette demande de reconnaissance fonde l’identité personnelle. 
Le désir de rencontre repose sur l’affirmation du moi. « Le fait de "se sentir bien avec soi-même" est devenu à la fois la cause et l’objectif de la rencontre amoureuse », explique Eva Illouz. L’assurance devient indispensable à la rencontre, et la rencontre renforce l’assurance. Les compliments ne correspondent pas à l’intensité de l’amour mais à une évaluation de la valeur sociale. Les femmes aiment les compliments pour obtenir une reconnaissance sociale. Selon le philosophe Axel Honneth, « l’image de soi […] dépend de la possibilité d’être continuellement validée par les autres ». La valeur sociale d’un individu s’établit à travers ses relations avec les autres. 
Le désir « est évalué à l’aune de critères multiples et fluctuants, tels que l’attrait physique, l’alchimie émotionnelle, la "compatibilité" des goûts et le caractère », décrit Eva Illouz. Le choix amoureux ne correspond plus à des codes sociaux. La "désirabilité" dépend de choix subjectifs et individuels. L’amour devient plus incertain. « La conséquence est que les hommes et les femmes peuvent difficilement prédire s’ils attireront un partenaire potentiel et/ou entretiendront son désir », souligne Eva Illouz. La reconnaissance en amour n’est jamais acquise. Les différents signaux envoyés pour renforcer la valeur du moi sont souvent contradictoires. La "peur du rejet" explique souvent la timidité et menace l’édifice de la valeur personnelle. Contrairement au contexte des sociétés traditionnelles, la souffrance amoureuse ne renforce pas la valeur individuelle, mais affaiblit l’estime de soi. 
Le modèle du couple et de l’engagement, valorisé par Eva Illouz, impose l’amour comme une relation de pouvoir. Un équilibre affectif doit être trouvé et la femme qui déclare son amour devient inférieure. Dans le cadre de la propriété sexuelle, les relations amoureuses sont régies par la logique du calcul économique. 
L’amour de soi remplace prime sur l’amour des autres pour se conformer à la norme de l’autonomie. Le besoin de reconnaissance, notamment chez les femmes, est considéré comme lié à cet amour de soi. Les échecs amoureux ne sont pas considérés comme le résultat de logiques sociales, mais de défaillances psychologiques. 
La sécurité, l’engagement et la ritualisation de la recherche du partenaire disparaissent dans la modernité. 


            

 

L’amour face à la rationalité marchande


Le sociologue Max Weber oppose la rationalité moderne aux émotions. Pourtant, les deux ne s’opposent pas. Au contraire, la rationalité restructure nos émotions. Le désir amoureux n’est alors plus porté par la passion et l’érotisme.
L’amour enchanté fait irruption dans le quotidien pour le bouleverser. Il est inexplicable, irrationnel et se produit dès la première rencontre. La spontanéité du désir prime sur le calcul et le savoir rationnel. Le désenchantement amoureux est détruit par l’action rationnelle, routinière et méthodique, qui prédomine dans la modernité. Toute forme d’intensité émotionnelle disparaît. L’abandon de soi et le ravissement sont remplacés par la science, le contractualisme et la technologie. 
La science et la psychologie contribuent à une rationalisation de l’amour. Le désir devient alors un sentiment excessif. « Le modèle de santé mentale qui pénétra massivement les relations intimes exigeait que l’amour soit aligné sur des définitions du bien être et du bonheur qui rejetaient en définitive la souffrance, et commandaient que l’on maximise ses intérêts », résume Eva Illouz. Ses intérêts personnels priment sur le désir de l’autre. La souffrance ne correspond plus à la norme émotionnelle. Les scientifiques vont même jusqu’à réduire l’amour à une chimie cérébrale. Selon Max Weber les explications scientifiques ne permettent pas de mieux comprendre le réel, La science semble même éloigner de l’expérience directement vécue. 
Le féminisme impose une conception contractuelle et libérale de l’amour. « Parce que le féminisme, aux côtés de la psychologie clinique et de la culture de consommation, a été l’agent culturel le plus puissant de la formation et du changement des relations hommes/femmes, il peut et doit être analysé comme ses deux autres formations culturelles », explique Eva Illouz. Pour des féministes, le désir érotique doit être encadré par des règles procédurales neutres et par des normes dans le discours et la conduite. La symétrie doit primer sur la liberté de sentiment au nom des nouvelles normes d’un équilibre du pouvoir. Les féministes s’attachent à encadrer et réguler le désir sexuel selon ses nouvelles normes. Dans les règlements des universités et des entreprises, « le lieu de travail prévaut sur les relations érotiques » observe Eva Illouz. Le consentement est exigé à chaque étape, pour la moindre caresse. Les rencontres érotiques sont codifiées comme une décision politique. La spontanéité et le désir sont alors éradiqués. Les sentiments sont évalués, quantifiés et comparés. « La norme d’équité introduit de nouvelles manières d’évaluer, de mesurer et de comparer les actes de chaque membre du couple dans la vie quotidienne », souligne Eva Illouz. Même les émotions font l’objet de calculs mesquins. Cette logique rationnelle et contractuelle transforme alors la nature du désir.


Internet impose une technologie du choix inspirée par la logique du marché. Les critères de sélection du partenaire se multiplient. La rationalisation prime sur l’émotion. « De tels critères ne sont pas seulement liés au statut social et à l’éducation, mais aussi à l’apparence physique, à la sexualité et, peut-être avant tout, au style émotionnel de l’autre », observe Eva Illouz. La psychologie impose que les deux personnes du couple partagent les mêmes goûts et le même mode de vie. Les sites de rencontres promettent des émotions amoureuses, mais à travers des méthodes rationnelles dans la sélection du partenaire. Un profil précis doit être définit. Le flux de rencontre doit être géré, car il est beaucoup plus important que dans la "vrai vie". Les utilisateurs peuvent voir l’ensemble de leurs partenaires potentiels. Ses sites permettent donc de visualiser précisément l’offre et la demande. Une comparaison consciente est régie par des règles précises. Les partenaires potentiels deviennent mesurables, comparables, quantifiables. La compétition prime sur l’instinct. Le consumérisme permet de développer l’esprit de calcul et la maximisation des résultats devient un objectif. « Internet s’est de plus en plus organisé comme un marché, où il est possible de comparer les "valeurs" attachées aux personnes et d’opter pour la "meilleure affaire" » », résume Eva Illouz. 
Cette rationalisation de l’amour détruit l’érotisme, le désir sexuel et la passion amoureuse. Des normes comme « le procéduralisme, la réflexivité scientifique, le contractualisme et la rationalité consumériste ont interférés avec les modalités traditionnelles d’érotisation des relations hétérosexuelles », souligne Eva Illouz. L’expérience érotique et sexuelle devrait au contraire apparaitre comme une activité épanouissante avec des sensations très agréables. Le désir, le plaisir et la jouissance s’opposent à la froide logique rationnelle. L’amour, plutôt qu’un contrôle permanent, suppose un abandon au plaisir et à la sensualité. 


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Un imaginaire amoureux atrophié 


Adorno observe que l’imagination devient un moteur du capitalisme, mais demeure cantonnée à une sphère délimitée. « La diffamation, ou plutôt la relégation de l’imagination dans un domaine spécialisé délimité par la division du travail, est un phénomène originaire de la régression de l’esprit bourgeois », souligne Adorno. Les imaginaires fabriqués par la culture de masse déterminent le désir amoureux.
Dans le domaine de l’amour, l’imagination et la créativité peuvent permettre d’intensifier l’expérience vécue. Les médias diffusent une certaine conception de la vie et du bonheur personnel. La société de consommation impose des émotions et des fantasmes. Le capitalisme contrôle et oriente les désirs. Dans ce contexte, un nouvel imaginaire amoureux émerge. « L’imagination est donc une pratique sociale et culturelle qui constitue une partie significative de ce que nous appelons la subjectivité - le désir et l’acte de volonté. Elle façonne la vie émotionnelle et a un impact sur la perception qu’a le sujet de la vie quotidienne », souligne Eva Illouz. 
Les médias et la fiction diffusent un imaginaire et des émotions auxquelles s’identifier. Cet imaginaire impose une certaine conception de l’amour. Selon Eva Illouz, « la forme narrative de nos émotions, et notamment de nos émotions amoureuses, est fournie par les histoires que diffusent les médias et la société de consommation ». L’amour, dans la modernité, se caractérise par une distance très forte entre la réalité et des attentes. L’imagination et les fantasmes alimentent alors la désillusion. 
Cette déception provient de l’échec dans la vie quotidienne. Dans le couple la sécurité prime sur l’aventure et la passion. Le couple repose sur la rationalisation et sur la routinisation de la vie quotidienne. « Les vies familiales modernes sont prévisibles à l’extrême, et leur prévisibilité est agencée par un vaste ensemble d’institutions organisant la vie quotidienne : les livraisons à domiciles (nourriture, journaux, shopping sur catalogue) ; la télévision et ses programmes à heures fixes ; la sociabilité, pour l’essentiel planifiée à l’avance ; le loisir standardisé et les heures de repos », décrit Eva Illouz. 
Les sites de rencontres sur internet diffusent un nouvel imaginaire. L’amour est associé au tchat et à la webcam. La relation affective se construit à distance, par écran interposé. « L’intimité n’est pas fondée sur l’expérience ou centrée sur le corps, mais découle d’un savoir psychologique et des modalités de la mise en relation avec l’autre », analyse Eva Illouz. L’intuition et les gestes du corps ne sont plus le moteur du désir. L’évaluation d’autrui repose sur une accumulation d’attributs. 

Eva Illouz se contente d’une analyse, d’un constat certes éclairant, mais sans dessiner la moindre perspective révolutionnaire. Loin d’une libération sexuelle, la sociologue apparaît comme une social-démocrate de l’amour. Les relations affectives doivent être encadrées, régulées, pour éviter le moindre débordement affectif et sexuel. « L’une des principales thèses de ce livre est d’une grande simplicité : les hommes disposent aujourd’hui d’un choix sexuel et émotionnel bien plus grand que les femmes, et c’est-ce déséquilibre qui crée une domination affective », affirme Eva Illouz. Évidemment, dans la réalité, c’est le constat d’une généralisation de la misère affective et sexuelle qui s’impose. 
La sociologue décrit bien les nouvelles règles de la séduction et la généralisation de l’évaluation marchande dans la sphère amoureuse. Elle souligne également le triomphe de la rationalité qui détruit toute forme de passion. Mais Eva Illouz s’enferme dans la défense de l’engagement amoureux et du petit couple bourgeois étriqué. Elle ne remet surtout pas en cause la répression sexuelle et la cause fondamentale du désastre amoureux : la propriété sexuelle à travers le couple.  Contre la grisaille marchande et la morale sexuelle, son constat devrait au contraire plaider en faveur d’une révolution poétique et orgastique. 

Source: Eva Illouz,  Pourquoi l’amour fait mal. L’expérience amoureuse dans la modernité (traduit par Frédéric Joly), Le Seuil, 2012

 

Articles liés :

Wilhelm reich et la révolution sexuelle

La psychanalyse contre l'ordre moral

Le freudo-marxisme de Wilhelm Reich

Aliénation marchande et libération sexuelle

Contrôle des corps et misère sexuelle

Les Liaisons dangereuses et l'amour libertin

 

Pour aller plus loin :

Eva Illouz, "La fabrique de l'âme standard", publié dans Le Monde diplomatique en novembre 2011

Emissions autour du livre d'Eva Illouz sur France Culture

"Eva Illouz : pourquoi nos émotions nous gouvernent", propos receuillis par Sandrine Tolotti, publié sur Books le 24 novembre 2012

"Eva Illouz : La souffrance amoureuse a es causes sociales", receuilli par Elodie Maurot, publié dans La Croix le 29 novembre 2011

tiré de http://zones-subversives.over-blog.com

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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:11

 

 

Publié le 4 avril

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Le Sénat examine aujourd’hui le projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. Nos organisations enjoignent toutes les Sénatrices et tous les Sénateurs, de la majorité, à rester insensibles aux propos violents de la mouvance anti-égalité et à soutenir avec pugnacité ce projet de loi. Ainsi, nos organisations ne comprendraient pas des désaffections sur les bancs de la majorité.

L’homo­pho­bie, la les­bo­pho­bie et le racisme s’affi­chent sans com­plexe dans les rues de Lyon. Ainsi, la semaine der­nière, les grou­pus­cu­les d’extrême droite ont sou­tenu deux ras­sem­ble­ments (27 mars et 28 mars) avec fumi­gè­nes et propos hai­neux, blo­quant les rues de Lyon, dans une ambiance par­ti­cu­liè­re­ment délé­tère. Ils remet­tent le cou­vert ce soir, sur la place de la République (Lyon 1er). Une ques­tion se pose : ces mani­fes­ta­tions étaient-elles décla­rées en Préfecture du Rhône comme l’exige la loi ? Si tel n’était pas le cas, pour­quoi les forces de l’ordre ne sont-elles pas inter­ve­nues pour dis­per­ser les mani­fes­tants ?

Nous tenons à expri­mer notre malaise gran­dis­sant devant la tour­nure que prend le mou­ve­ment d’oppo­si­tion à l’Egalité. La com­mu­ni­ca­tion, de plus en plus radi­cale et guer­rière des lea­ders de la « manif pour tous », légi­time le recours aux actions et métho­des des grou­pus­cu­les d’extrême droite (GUD, Bloc iden­ti­taire, Jeunesses Nationalistes), par­ti­cu­liè­re­ment actifs sur Lyon et par­tout en France. Comment ne pou­vons-nous pas être hor­rifi-é-e-s par ces mani­fes­tants qui font le salut nazi en chan­tant la Marseillaise devant les CRS lors de la der­nière « manif pour tous » à Paris le 24 mars ?

Ces forces d’extrême droite retrou­vent, avec ce projet de loi, un pré­texte ines­péré pour se refaire une santé. Cette haine décom­plexée démon­tre l’alliance objec­tive de toutes les forces anti-démo­cra­ti­ques contre une partie de la popu­la­tion. Elle doit être dénon­cée et com­bat­tue en tant que telle.

Ainsi, le silence assour­dis­sant, de toutes les forces démo­cra­ti­ques, qui pèse actuel­le­ment sur notre ville comme une chape de plomb, revient à cau­tion­ner la hainevéhi­cu­lée par la montée du « prin­temps fran­çais », hon­teux écho d’une droite revan­charde, rétro­grade, chau­vine, patriar­cale, natio­na­liste et vio­lente.

Face à ces agis­se­ments, l’exi­gence d’Egalité doit être ampli­fiée par le gou­ver­ne­ment et menée à son terme avec fer­meté et convic­tion. Ainsi nos orga­ni­sa­tions déplo­rent la déci­sion du chef de l’Etat de ren­voyer l’ouver­ture de la PMA aux cou­ples les­biens à l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE). Il s’agis­sait pour­tant d’un enga­ge­ment de cam­pa­gne et figu­rait dans les pro­gram­mes de toutes les for­ma­tions poli­ti­ques de la majo­rité actuelle. L’ouver­ture de la PMA à toutes les femmes est une mesure indis­pen­sa­ble pour aller au bout de l’égalité. Cette reven­di­ca­tion sera un thème fort de la 18e marche des Fiertés LGBT, le 15 juin pro­chain.

com­mu­ni­qué de presse Collectif uni­taire pour l’Egalité - Lyon - 4/4/2013 
Lesbian and Gay Pride 
Planning Familial 
Collectif Lesbien Lyonnais

 

 

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Published by coutoentrelesdents
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:08

Collectif Archives Autonomies
Salut,

Après sept mois d'existence sur la plateforme de blogs Wordpress.com, le
collectif Archives Autonomies a désormais son propre site internet dont voici
l'adresse : archivesautonomies.org.

Un petit rappel de notre projet :

>
> Notre collectif se donne pour objectif de diffuser des documents sur
> l’histoire de la gauche radicale et/ou extraparlementaire en vue de rendre
> possible toute réappropriation de ces productions écrites, orales,
> audiovisuelles et graphiques par des individus ou des collectifs intéressés
> par des pratiques et des discours de rupture avec l’existant.
>
> À ce titre, nous collectons des sources (revues, journaux, feuilles, tracts,
> affiches, ouvrages ou extraits d’ouvrages, vidéos, films, sons) sous des
> formats divers (retranscriptions écrites, entretiens, témoignages, documents
> scannés en texte ou en pdf, etc.)
>
> Si nous privilégions une période relativement récente à savoir la seconde
> moitié du XXe siècle, et donc les luttes politiques et sociales ainsi que les
> groupes révolutionnaires actifs de la fin des années 1960 à la fin des années
> 1990, notre projet ne saurait être réellement limité par ces bornes
> chronologiques.
>
> Notre démarche entend se montrer complémentaire d’autres projets similaires
> tel que les Archives Getaway ou le Collectif Smolny
> et non entrer en concurrence avec eux.
>
> À cela s’ajoute deux aspects importants qu’il convient de bien garder en
> mémoire lorsque vous parcourez les pages de ce site :
>
> * Le contenu n’est en rien la propriété du collectif. Tous les textes et
> autres documents de toute sorte qui y sont mis à votre disposition sont
> librement diffusables et reproductibles. Nous vous invitons d’ailleurs à vous
> les approprier de la manière que vous jugerez nécessaire. Toutefois, ils ne
> sauraient être utilisés à des fins commerciales quelles qu‘elles soient. Nous
> vous invitons aussi à mentionner, si vous le souhaitez, leur origine afin que
> les individus ou collectifs intéréssés par notre projet puisse entrer en
> contact avec nous.
> * Ce site se veut aussi ouvert aux contributions sur l’histoire de la
> "gauche radicale" tant sur ses écrits/courants/positions théoriques que sur
> ces pratiques. Ces contributions peuvent être de plusieurs types : dons
> d’archives numérisées ou papiers, ouvrages, textes, entretiens, etc. (Pour ce
> qui concerne cet aspect, nous vous invitons à entrer directement en contact
> avec nous)
>
Pour en savoir un tout petit peu plus, on vous invite à aller voir qui nous
sommes sur notre site ->http://archivesautonomies.org/spip.php?article3
On profite aussi de ce changement d'adresse pour lancer un petit appel ! On est
à la recherche de traducteur-rice-s (italien ou allemand vers le français) et de
relecteur-rice-s pour les textes, articles de revues et extraits d'ouvrages
qu'on a scanné et qu'on souhaite mettre en ligne. Nous invitons ceux qui serait
intéressés par cette démarche à se mettre en relation avec nous.

Fraternellement,
Le Collectif Archives Autonomies

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