Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:56

Des milliers de chômeurs marchent à El Oued
« Nous sommes pour un dialogue sérieux »

Des militants du Comité des chômeurs sont venus de Ouargla, Laghouat, Ghardaïa, Adrar, Djelfa… pour participer à la manifestation.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/01.jpg

En dépit des manœuvres et autres moyens utilisés par les autorités quelques jours auparavant pour déjouer le mouvement de protestation des chômeurs, la marche pacifique de « l’instauration de l’État de droit » organisée hier à El Oued, a connu une réussite totale. C’est ce qu’ont déclaré les organisateurs et des militants des droits de l’homme. Ainsi, après le succès médiatique et politique de la manifestation des chômeurs à Ouargla et à Laghouat, c’est au tour d’El Oued d’en abriter la troisième.

Quelques milliers de personnes se sont rassemblées, hier, à la place Hamma Lakhdar, au centre-ville d’El Oued, où se trouve le Monument aux martyrs, pour revendiquer leur droit au travail et au développement et l’instauration de l’État de droit. Des représentants du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) et ceux de la Ligue algérienne des droits de l’homme, venus des wilayas de Ouargla, Ghardaïa, Laghouat, Adrar, Djelfa et El Bayadh, ont pris part à ce rassemblement qui a eu lieu suite à l’appel du CNDDC.

Les manifestants ne cessaient de scander : « Non à la hogra, non à la marginalisation, non à l’exclusion », « M. Sellal, où est notre droit au travail  ? », « Nous voulons des institutions justes et honnêtes », « Relâchez les personnes arrêtées ». Les représentants du CCNDC ont accusé les pouvoirs publics d’essayer de déstabiliser leur mouvement de revendication pacifique. Mais c’est « peine perdue », disent-ils. Et de préciser que le coordinateur du CNDDC de la wilaya de Sétif et celui de la wilaya de Laghouat ont été arrêtés, vendredi dernier, par les services de sécurité, et ce, selon eux, « pour semer la terreur parmi les jeunes ».

De plus, d’importants renforts sécuritaires avaient afflué vers la région d’El Oued. Concernant les « manœuvres » du pouvoir, le chef de la section du CNDDC d’El Oued, Rachid Aouine, qui avait été arrêté il y a trois jours, puis relâché, nous a déclaré que l’administration avait ordonné à des pseudo-représentants de la société de diffuser des communiqués pour contrer le CNDDC.

Et de préciser : « Le wali d’El Oued a tenu jeudi dernier une rencontre avec les associations des quartiers de la ville pour discuter des problèmes du développement de la commune du chef-lieu. Ce propos du wali qui a qualifié notre mouvement pacifique de désordre n’était qu’une action visant à nous déstabiliser. »

Concernant son arrestation, il a affirmé : « L’opération d’arrestation nous a beaucoup servis en renforçant les liens entre nous. » Par ailleurs, le coordinateur national du CNDDC, Tahar Belabès, nous a déclaré que son comité revendique un dialogue sérieux avec ceux qui décident réellement. Et d’ajouter : « Nous sommes en train de mobiliser les jeunes dans toutes les wilayas du pays pour que le pouvoir accepte de dialoguer avec nous et qu’il trouve des solutions sérieuses à nos problèmes. » Il a également indiqué que sa coordination voudrait être un partenaire incontournable, ajoutant que si le pouvoir continue de manœuvrer, « les choses nous échapperont et nos revendications seront d’ordre politique ». Et d’insister : « Le CNDDC exige l’ouverture immédiate d’un dialogue avec les représentants de la coordination, et ce, pour faire échouer toutes les manœuvres et manipulations. Nous savons que le pouvoir refuse toujours de nous voir comme interlocuteurs. Que l’on ne compte pas sur nous pour baisser les bras et nous décourager. » Par ailleurs, des membres du CNDDC ont indiqué dans leur discours que les portes du dialogue avec les responsables locaux sont toujours closes.

Selon les organisateurs de ce mouvement de protestation, une marche pacifique aura lieu le 9 avril prochain à Ghardaïa chapeautée par la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme pour dénoncer l’arrestation et la détention de 10 membres de cette ligue. Les mêmes représentants ont insisté sur le fait que les démonstrations se feront dans la rue jusqu’à ce que le pouvoir accepte de dialoguer avec les représentants du CNDDC.

Leur presse (Youcef Rezzag Salem, ElWatan.com, 31 mars 2013)

Posted in Les luttes de classes en Algérie | Tagged , | Leave a comment

[Poitiers] « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles »

Poitiers. Tags antimilitaristes à l’Armée de l’Air

La façade du bureau d’information de l’Armée de l’Air, avenue de la Libération à Poitiers, a été couvert d’inscriptions antimilitaristes dans la nuit de jeudi à vendredi. Une enquête est en cours pour tenter d’identifier les auteurs de ces tags. Selon la police, aucun autre établissement militaire n’a été visé.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/219.jpg

Toute la façade de l’immeuble a été maculée.

La même nuit, d’autres tags, hostiles ceux-là à l’aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes ont été peints sur des murs de l’hôtel-de-ville de Poitiers. Ils ont été effacés par les services municipaux.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (lanouvellerepublique.fr, 30 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:45

Villeneuve-sur-Lot : des affrontements entre police et lycéens à l’occasion du Père Cent

250 à 300 lycéens de Georges-Leygues ont essayé coûte que coûte pénétrer de dans l’enceinte de l’établissement

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0133.jpg

En fin de matinée, rue de Paris, les lycéens étaient moins belliqueux.

Ils avaient pourtant été prévenus. Les terminales du lycée Villeneuvois Georges-Leygues s’étaient déjà indignés, dans la semaine, de l’interdiction rectorale de fêter le Père Cent (les 100 jours avant le bac) à l’intérieur de l’établissement.

Ils ont donc poursuivi leur rébellion, jeudi matin, se présentant déguisés et bien décidés à franchir les grilles de l’établissement. « Certains étaient masqués et cagoulés, raconte le capitaine de police Tranchand, présent sur place avec une dizaine de policiers, et ils voulaient entrer pour commettre des dégradations. »

Autour de 9 heures, la foule de 250 à 300 lycéens joue ainsi au chat et à la souris avec les policiers, en essayant coûte que coûte et par tous les côtés de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement. N’arrivant pas à leurs fins, ils se décident à bloquer la circulation au niveau du boulodrome voisin. Une voiture appartenant au lycée a alors été prise pour cible et une de ses vitres a été brisée. Les auteurs n’ont pas pu être identifiés par le conducteur, qui n’a cependant pas été blessé.

« C’est alors qu’aux alentours de 9h25, ils ont décidé de passer en force et qu’une mêlée s’est formée », raconte le capitaine. Les forces de l’ordre ont alors décidé d’user de gaz lacrymogènes. « Ça les a calmés et ils se sont décidés, vers 10 heures, à improviser un défilé en centre-ville. Nous avons donc dû sensibiliser rapidement les commerçants de la bastide et maintenir une surveillance mais tout s’est bien déroulé. » Le rassemblement s’est ensuite effiloché en début d’après-midi, sous la surveillance des policiers.

Selon le proviseur du lycée, Guy Deconinck, joint jeudi après-midi, « le plus important, c’est que 70 % des élèves de seconde et de première ont assisté à leurs cours, il n’y a pas eu de dégradations dans l’établissement et surtout aucun blessé. »

Commentaires choisis

l’intrépide – 29/03/2013, à 23h16
Et la première “lâchée” de lacrymo dans les yeux alors qu’on ne forçait pas le passage, c’est normal ça ? Encore un proviseur qui ne veut que se décharger et ne prend pas ses responsabilités, c’est facile de se cacher derrière une circulaire de l’académie qui en plus n’explicite rien. Quand les membres de la direction sont passé dans nos classes, ont nous à clairement dit qu’ils ne voulaient pas du père cent (dans un dialogue de sourds) mais qu’ils ne nous interdisaient rien (cherchez la cohérence). J’ai honte quand je lis un article, ou plutôt un torchon pareil ! On voit bien que l’auteur de cet article n’était pas présent. Je ne dis pas que tout à été blanc de notre côté, mais il faut arrêter à un moment, on est à Villeneuve sur lot en mars 2013 avec des confettis, pas à Paris en mai 68 derrières des barricades…

Parent en colère – 29/03/2013, à 08h29
Indignée de tel propos qui ne sont pas le reflet de ce qui s’est vraiment déroulécourrier certes adressé par le Proviseur du Lycée Georges Leygues aux familles des élèves de Terminale mais il n’y est aucunement écrit que les Elèves déguisés auraient l’interdiction formelle de rentrer dans l’enceinte du lycée. En voici un extrait  “les élèves qui seraient porteurs de masques, cagoules, produits dangereux ou interdits (alcools) ou qui auraient un comportement violent et de nature à troubler les cours, ou a dégrader les locaux, seront passibles de sanctions et de dépôts de plaintes” PAS D’INTERDICTION RECTORALE comme écrit dans cet article alors que d’autres lycées de Villeneuve ont su maintenir dans leurs établissements la tradition lycéenne du Père Cent (lycées Couffignal, l’Oustal, Institution Ste Catherine) j’appelle cela le “principe de précaution” POURQUOI préférer nos Jeunes fêter le Père cent dans les rues de Villeneuve plutôt que de le maintenir dans l’enceinte du lycée ? il a bien été dit pour éviter les débordements traditionnels du Père Cent. Une boutade ! Alors que la très grande majorité souhaitait fêter le Père Cent dans une ambiance bon enfant et non rentrer pour dégrader !! «… user de gaz lacrymogènes. « Ça les a calmés et… » une élève en est partie en ambulance. Des faits, les Policiers ont déjeuné au self du lycée. Quel dommage pour nos Jeunes !!! Quels en seront leurs souvenirs ?!

Publié par des larbins de la maison Poulaga (SudOuest.fr, 29 mars 2013)

 

Villeneuve. Privés de « Père Cent », les lycéens manifestent

Face à face, hier, à l’heure de la reprise des cours, devant le lycée Georges-Leygues : d’un côté l’équipe de direction de l’établissement et de l’autre les élèves de terminale. En cause l’interdiction signifiée par les premiers aux seconds, d’organiser le « Père Cent » à l’intérieur du lycée. « C’est une tradition » expliquent les lycéens. « C’est pour des raisons de sécurité » précise le proviseur, « il y a eu des débordements l’an dernier ». Et si l’administration du lycée ne peut interdire un défilé en ville, « ils nous obligent à aller en cours » commentent en réponse les lycéens. Bref la situation est bloquée. L’accès au lycée était impossible hier après-midi. Et le jour du « Père Cent », c’est jeudi. D’ici là les « négociations » pourront-elles aboutir ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1019.jpg

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 27 mars 2013)

 

Villeneuve. Police et gaz lacrymogène pour repousser les lycéens « fêtards »
Incidents, hier, au lycée Georges-Leygues

La fête du « Père Cent » a débordé hier matin devant le lycée Georges-Leygues, quand des jeunes ont tenté de forcer le barrage de la police pour entrer dans l’établissement.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0325.jpg

Bien que circonscrits dans le temps et sur un lieu restreint, les événements qui ont émaillé la fête du « Père Cent », hier matin, devant le lycée Georges-Leygues, ne sont pas sans importance compte tenu du contexte dans lequel ils se sont déroulés et de leur aspect inédit. Vers 9h30, les policiers villeneuvois en faction devant les grilles de l’établissement ont dû en effet faire usage de leurs bombes lacrymogènes pour repousser des lycéens qui tentaient de forcer leur barrage pour pénétrer dans la cour. Un affrontement inédit en ces terres.

Une réponse « appropriée »

Cette entrée avait été préalablement refusée aux élèves qui participaient à ce rassemblement marquant les cent derniers jours avant le bac, alors que la direction du lycée en avait interdit l’organisation. D’où la présence des forces de l’ordre (la police municipale était également là), soutenues par du personnel scolaire pour prévenir tous débordements… lesquels eurent pourtant lieu. Sur les lieux avec une dizaine de fonctionnaires, Joël Croissant, commandant la circonscription de Villeneuve, expliquera après que ses hommes ont eu une réponse « appropriée ».

Les yeux pour pleurer…

Aux jeunes qui se plaignaient, yeux rougis, d’avoir été aspergés de gaz alors qu’ils n’avaient « rien fait de mal », le commandant rétorqua que certains policiers avaient été « bousculés » et qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’empêcher l’introduction dans l’établissement, « alors que d’autres tentaient même d’escalader les grilles ». Avant de préciser que les bombes lacrymo « n’ont pas été dirigées sur les visages mais en l’air », et que c’est en retombant que le gaz a provoqué ces désagréments.

Pour compléter le tableau, un véhicule du lycée a été vandalisé, avant que la troupe déguisée n’entame son défilé en ville, cette fois sans incidents… En attendant, de mémoire de policier, des lycéens « gazés » à Villeneuve, c’est du jamais vu. Et il va falloir à l’avenir trouver un consensus au risque de mettre cette « fête » en péril. D’aucuns n’auraient alors plus que leurs yeux pour pleurer…

« Les lycéens avaient été avertis »

Alors que certains lycéens faisaient part de leur « incompréhension » face à la tournure des événements, l’Inspection académique rappelait qu’ils avaient « tous été avertis » de l’interdiction d’organiser ce « Père Cent » dans l’enceinte du lycée. Directeur de cabinet, Franck Geindre assurait hier que cette tradition ne saurait devenir « une dérive qui perturbe le fonctionnement d’un établissement ». Et il considérait légitime l’action de la police « qui est intervenue sur la demande du chef d’établissement pour assurer l’ordre public ».

Commentaire choisi

mimikalbi – 29/03/2013 | 10h52
Mais bien sûr, les policiers ont aspergé en l’air… A qui vous voulez faire avaler ça ??? Certains flics prennent plaisir à utiliser leur matériel sur les manifestants et ce genre de comportement ne redore pas leur blason…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Bessy Selk, LaDepeche.fr, 29 mars 2013)

 

Le pourquoi du coup de sang au Père-Cent
Retour sur une fête sous tensions, jeudi matin.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0419.jpg

Les lycéens, rue de Paris, après les événements devant le lycée.

Après les affrontements qui ont eu lieu, jeudi matin, devant le lycée Georges-Leygues entre les terminales qui voulaient fêter le Père-Cent et les forces de l’ordre, des questions se sont posées.

Les lycéens avaient-ils été prévenus qu’ils ne pourraient pas entrer dans le lycée et cette interdiction était-elle justifiée ?

D’abord, et pour tous les établissements de l’académie, une circulaire du recteur indiquait que « les établissements devaient fonctionner normalement lors de cette journée dite du Père-Cent, explique Franck Gindre, chef de cabinet de la direction départementale de l’Éducation nationale. Les élèves étant passibles de sanctions. Une circulaire est venue en plus s’ajouter émanant de la directrice académique du département qui enjoignait à circonscrire cet événement festif pour éviter tout débordement qui pourrait porter atteinte au lycée, à son personnel et à la communauté éducative mais aussi aux riverains. »

Une semaine de médiation

La semaine dernière, le proviseur a donc reçu quelques élèves qui ne comprenaient pas qu’on leur refuse l’organisation du Père-Cent à l’intérieur du lycée. Guy Deconinck a également fait le tour des classes avec un policier pour s’en expliquer. « C’est à la lumière de ce qui s’est passé les années précédentes et à la vue de ce qui se disait sur les réseaux sociaux que j’ai décidé de proscrire la manifestion, expliquait-il, mercredi veille du Père-Cent. Le lycée est un lieu d’enseignement, les manifestations festives doivent se tenir en dehors de l’enceinte et du temps scolaire. » L’an dernier, le Père-Cent avait, en effet, franchi les portes du lycée pour perturber les cours. Des fêtards étaient même montés sur les bureaux et avaient commis de nombreuses dégradations. Le proviseur expliquait aussi regretter qu’au lieu de, peut-être, organiser quelque chose de plus bon enfant comme une flashmob par exemple, les lycéens préfèrent gaspiller œufs et farine à une période où les Restos du cœur notamment ont du mal à trouver des vivres.

Des arguments qui n’avaient déjà pas convaincu les lycéens qui ont organisé un mini-blocus, mardi avant la reprise des cours de 14 heures. « Le terrain de la médiation n’a pas été entendu par les élèves qui voulaient perturber les cours, ajoutait hier Franck Gindre. Le proviseur a donc demandé par écrit que des policiers soient présents pour contenir les élèves. »

Un seul jet de gaz en l’air

On connaît la suite. Vers 9h30, les élèves tentent de passer en force et obligent les policiers à faire usage de leurs gaz lacrymogènes. « Ils ont tenté une première entrée, gentiment à une vingtaine, raconte le commandant Joël Croissant, ils sont ensuite partis sur le boulodrome où la voiture a été dégradée et en revenant, ont réessayé de rentrer, cette fois, beaucoup plus nombreux. J’avais six policiers accrochés aux portes qui ont reculé de près d’un mètre, compressant les premiers rangs de la foule. En voyant qu’on n’allait pas pouvoir tenir, un officier est monté sur un muret pour lancer un seul jet de gaz en l’air. » Quelques élèves auraient alors été emmenés à l’infirmerie du lycée. « Ça s’est tout de suite calmé, termine le commandant, ils sont partis dans une balade très calme ensuite. »

Commentaires choisis

Alicia Domont – 30/03/2013, à 18h42
Sincèrement en tant qu’élève ayant participé au percent et bien je trouve que les articles que nous propose le sud ouest à ce sujet ne reflètent pas dutout la vérité ! […]Nous n’avons pas attaqués les policiers qui d’ailleurs se sont plutot défoulés sur nous plus qu’autre chose ! Et surtout le proviseur qui nous parle de vandaliser le lycée et de jeter des oeufs et de la farine sur les passants […] !!! Je trouve cela totalement consternant !

Brigitte G – 30/03/2013, à 17h49
franchement utilisé le gaz l’acrimo contre des jeunes qui voulaient uniquement s’amusaient et faire la fête pour le père cent mais franchement ou va t’on Messieurs les Policiers. […] Et Mr le principal du Lycée faire appel à la police mais franchement vous venez d’où ? Et vous prenez nos enfants pour qui ? […]

pk47 – 30/03/2013, à 13h55
Il n’y a pas eu un deuxième jet de lacrymo devant Sainte Catherine ? En tout cas celui devant le portail n’a pas été tiré en l’air mais sur les élèves, et je peux vous l’assurer, c’est très douloureux. Encore un cas où les médias font sourde oreille et ne préfère entendre qu’une seule version de l’histoire, mais bon c’est SO : on cherche pas a connaitre le fin mot de l’histoire si s’est déjà suffisant pour faire vendre. En tout cas, on voit bien les méthodes de la police, si je t’aime pas, je te gaze !

Mrpoulet – 30/03/2013, à 11h29
Facile de la part de SO de ne pas interrogé les élèves  On voit bien la partialité C’est ridicule vraiment  Laissez leur une tribune pour s’exprimer.
La médiation ? J’ai ris.

réactive – 30/03/2013, à 10h37
Depuis 3 articles, pas un seul élève interrogé, toujours le même point de vue ! Des commentaires d’élèves ne passent pas, bizarre
et pourquoi ne pas interroger les proviseurs des autres établissements de Villeneuve où le Père Cent s’est fait à l’intérieur ? 
[…] le proviseur n’a pas à être fier, l’équipe éducative de Georges Leygues n’a pas su gérer sereinement le père cent contrairement aux autres établissements qui ont aussi reçu les directives du rectorat. C’est un peu facile de la part des adultes de se dédouaner de leurs responsabilités.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Léa Aubrit, SudOuest.fr, 30 mars 2013)

 

Père-Cent : les lycéens cognaçais s’éclatent au centre-ville

Une infirmière sexy, la fée clochette, des sorcières, une bonne sœur maquillée jusqu’aux oreilles: il y a de drôles de personnages ce vendredi, au centre-ville de Cognac. Pour le Père-Cent, les lycéens de Beaulieu, de Jean-Monnet, de Louis-Delage courent dans tous les sens et interpellent les Cognaçais: “Une petite pièce contre un carambar, s’il vous plaît”, lance Peter Pan.

Place François-Ier, le faux Groucho Marx s’est fait piquer sa bombe de mousse à raser par un vrai policier.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0618.jpg

Les personnages de Walt Disney près de la place François-Ier ce vendredi matin.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0716.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0816.jpg

Publié par des larbins de la maison Poulaga (CharenteLibre.fr, 29 mars 2013)

 

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0518.jpgLe Père Cent donne des couleurs à Cognac

Les élèves des trois lycées de la ville sillonnent les rues, déguisés. Quelques incidents isolés sont à déplorer.

Surprise pour les badauds, dans la grisaille de ce vendredi : des lycéens ont investi les rues de Cognac pour fêter le “Père Cent”, à une date un peu décalée par rapport à leurs homologues d’autres cités. Les trois établissements, Jean-Monnet, Louis-Delage et Beaulieu sont de la partie. La police aussi, qui veille à ce qu’il n’y ait pas de débordements, et fouille les sacs pour vérifier qu’il n’y ait pas de denrées alimentaires susceptibles de servir de projectiles.

Au lycée privé Beaulieu, des lycéens facétieux ont importé un poulailler dans la cour, avec vingt pintades et deux poules achetées à la grande foire du 27 à Rouillac ! Un tableau représente également les profs sous les traits de Barbie et Ken, Titi et Grosminet, etc. Pour ce qu’on en a vu, ce rendez-vous se passe dans un bon esprit. Témoin cette fille du Père Noël de sortie en plein mois de mars pour quêter quelques subsides afin de fêter l’évènement ce soir, ou ce quatuor de nonnes un peu “trash”, réunies dans un bel effort vestimentaire. Marion, Anna, Émilie et Justine ont un surnom, “les toupines”…

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0916.jpg

Quelques “énergumènes”, comme les qualifie le commandant de police Frédéric de Vargas, ont hélas terni ce rendez-vous bon enfant, avec des jets d’œufs ou de farine. Des individus isolés s’en sont notamment pris à des passants. Mais, d’une manière générale, l’évènement est plutôt bien maîtrisé par les chefs d’établissement, avec une information aux parents, relève la police.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (SudOuest.fr, 29 mars 2013)

 

Agen. Père Cent : farine, poulpe et petit débordement

Les 100 jours du bac avaient lieu hier. Encadrés par la police municipale, les lycéens de De-Baudre et Palissy se sont affrontés sur la prairie du pont-canal. Avant de déborder un peu dans les rues adjacentes.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1118.jpg

Le Père Cent est toujours vivant. Le poulpe, lui, est mort. Explications : la traditionnelle journée de « pétage de plomb » des élèves terminales, à 100 jours du bac, a eu lieu hier à Agen. Une journée commencée hier sur le coup de 8h-8h30, au moment où les troupes lycéennes se sont ébranlées avant de s’affronter à coups d’armes non conventionnelles.

Les proviseurs des deux lycées concernés, Palissy et De-Baudre, avaient fait savoir dès le début de la semaine que cette journée n’était pas autorisée et que les cours avaient lieu normalement. Une manière de précaution après les débordements des dernières années qui avaient conduit notamment à des dégradations de façades et de voitures au centre-ville. Et pour encadrer les potaches et empêcher les rues de se transformer en champ de bataille, la police municipale avait pour mission d’escorter les forces en présence jusqu’à la prairie du pont-canal. Ce qui fut fait.

300 sur le pré

Aussi, un peu avant 10 heures, ils étaient 250 à 300 environ sur le pré. Plus personne en revanche 30 minutes plus tard, mais vrai champ de bataille, jonché de coquilles d’œufs, de sac plastiques et d’emballages divers. Et au vu des témoignages recueillis auprès des belligérants eux-mêmes, il semblerait que la victoire de De-Baudre ait été totale ! Le « technique » n’a en effet pas lésiné sur les moyens. Tandis que les scientifiques et littéraires de Palissy sont arrivés avec farine, œuf, vinaigre ou ketchup, l’infanterie de De-Baudre, elle, a sorti les armes de dissuasion massives : purin, bouses de vache, crottin de cheval, abats divers et variés, poissons avariés et… poulpe ! « On s’est préparé pendant les vacances », racontait hier, pas peu fier de lui, un des vainqueurs. « On a filtré le purin avant de le mettre en bouteille, puis on a fait le tour des bouchers, charcutiers et poissonniers pour récupérer ce qu’ils jetaient… » Au final, un petit débordement à signaler en fin de rassemblement (lire ci-dessous) : « C’est moins bien que l’an passé où on n’avait déploré aucun incident », commentait hier soir André Gounou, adjoint au maire en charge de la sécurité. « C’est embêtant pour les riverains de la rue Duvergé ou de la rue des Îles mais globalement, ça ne s’est pas mal déroulé. »

Vitre cassée et plainte déposée

L’affrontement a dégénéré vers 10h30. « Quand je suis rentré chez moi, je les ai vus se jeter des oranges : j’ai rentré la voiture et suis monté chez moi », raconte Daniel Lambert, 66 ans, retraité et riverain de la prairie du pont-canal. « Et là j’ai entendu les oranges bombarder ma porte de garage et casser une vitre. Je vais porter plainte : je ne suis pas contre le fait que les jeunes s’amusent. Mais quand même, il y a assez de place pour qu’ils ne viennent pas saccager nos maisons ! »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 23 mars 2013)

 

Saintes : les lycéens fêtent le Père Cent

Ils sont descendus dans la rue costumés et maquillés.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/193.jpg

Le Père Cent sur le cours National

Le Père Cent coïncide avec le printemps à Saintes. À cent jours des épreuves du baccalauréat, les lycéens de plusieurs établissements (Bernard-Palissy, Bellevue, etc.) ont rivalisé d’imagination pour se costumer. Ils battent le pavé, arrêtant gentiment les automobilistes et leur offrant des bonbons contre quelques pièces de monnaie.

Aucun incident n’est à déplorer ce mercredi à 12 heures. Pour autant, un appel à la prudence s’avère indispensable. Des lycéens parfois trop audacieux frôlent de près les voitures en se positionnant au milieu des files sur le pont Palissy.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/186.jpg

Ils ont sévi sur le marché Saint-Pierre. Qui les reconnaît ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/167.jpg

De joyeux lascars croisés place Blair

Publié par des larbins de la maison Poulaga (SudOuest.fr, 20 mars 2013)

 

Bordeaux : 100 élèves exclus trois jours du lycée

Une centaine d’élèves d’un lycée catholique, soupçonnés d’avoir participé au Père Cent ont été sanctionnés par la direction. Histoire.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0226.jpg

Dans les rues de Bordeaux, le 1er mars dernier, la tradition du Père Cent (100 jours du bac) a été respectée.

Le lycée Saint-Joseph de Tivoli a frappé fort. Après les agapes du Père Cent, la facture se révèle un peu lourde pour une centaine d’élèves de terminale qui a eu la mauvaise idée de s’absenter de l’établissement scolaire le 28 février. Bilan : trois jours d’exclusion. Pendant les vacances, ces futurs bacheliers ont reçu une lettre recommandée avec accusé de réception les informant de leur « mise à pied » en raison de leur participation au Père Cent.

Hier matin, Valérie, la mère d’une lycéenne en terminale à Tivoli, établissement privé catholique, se questionnait : « C’est très exagéré comme sanction. Où est l’aspect pédagogique ? La journée du vendredi 1er mars n’a pas été travaillée, la direction de Tivoli ayant programmé pile ce jour-là sa journée pédagogique. Cela prive ces élèves à deux mois du bac de 5 jours de cours ! »

« Excès de zèle »

Une autre mère s’insurge : « Ma fille a été exclue, alors qu’elle n’a pas participé au Père Cent. Elle était en sortie scolaire ce jeudi matin avec sa classe et s’est retrouvée coincée devant le lycée à midi, empêchée de passer par les jets de farine et d’œufs. Elle est donc rentrée à la maison, comme d’autres. Il y a un manque de rigueur dans le pointage des élèves sanctionnés. Certains étaient en voyage scolaire et ont reçu la lettre recommandée ! Je suis très déçue de Tivoli, cet excès de zèle n’est pas juste. »

Un courrier préalable à la journée du Père Cent avait été transmis à toutes les familles de terminales, signé par la direction du lycée et par l’association des parents d’élèves. Cette lettre circonstanciée, signalait que les participants au Père Cent seraient sanctionnés. Nathalie Daubigeau, président de l’Association des parents d’élèves commente : « En effet, nous avons approuvé ce courrier, mais nous n’avons pas été associés au choix de la sanction. Cette sentence a valeur d’exemple, elle servira aux générations futures. Mais elle est lourde, et il conviendra de lui donner du sens… »

Une première

Point positif dans l’affaire : une classe de terminale L a choisi de « fêter le Père Cent » en utilisant les œufs et la farine pour faire des crêpes qui ont été distribuées pendant les récréations. Mais il ne s’agit que d’une classe sur sept… Dominique Gérard, directeur de Tivoli assume totalement sa prise de position. « Nous avons tendu la perche aux élèves pour proposer une alternative à ce gâchis monstrueux qu’est la tradition du Père Cent. En pleine crise économique gaspiller ainsi des œufs et de la farine ! Cela est contraire à notre projet éducatif. Notre mission est d’aider à grandir, il y a un moment où il faut que cessent les débordements. Suite à cette mise à pied, nous allons réunir les élèves exclus jeudi matin. Cette sanction est une première à Tivoli. »

Au lycée Camille-Jullian une trentaine d’élèves en classe de terminale pris en flagrant délit d’agitation à la farine et aux œufs ont été invités par la direction à nettoyer les murs du lycée, constellés de vieux tags. Une alternative…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Isabelle Castéra, SudOuest.fr, 19 mars 2013)

 

Le trésor de guerre de Valin

À 100 jours de l’épreuve du bac, les lycéens de terminale fêtaient le Père Cent dans les rues de La Rochelle. Témoignages.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/207.jpg

Stop ou encore au Père Cent ? Le lycée Valin dit encore.

À chaque carrefour ou feu rouge stratégique, on retrouvait des lycéens déguisés hier matin. Bravant le froid du mois de mars, les futurs bacheliers alpaguaient les automobilistes pour glaner quelques euros. L’objectif : s’offrir une dernière soirée avec la cagnotte, avant d’entrer en révision.

Déjà, dans la nuit de mardi à mercredi, se jouait une course pour obtenir les meilleurs spots. Certains lycéens avaient même planté leur tente sur des ronds points pour occuper le terrain. Au croisement du quai Maubec et du quai Duperré, par exemple, un groupe d’élèves du lycée Valin avouait avoir pris le contrôle des lieux sur les coups de deux heures du matin, en dormant sur place dans une voiture. « Et encore, on n’a pas eu le choix, les meilleurs carrefours étaient déjà occupés quand on est arrivé », explique Camille, en terminale S.

Légende urbaine

Point stratégique ultime, le rond-point de Périgny, à la sortie de la quatre voies, était déjà pris d’assaut mardi en fin d’après midi.

« La légende urbaine raconte que des élèves de Valin auraient réussi à amasser un trésor de guerre de 760 euros l’année dernière à cet endroit », raconte Thibaud, déguisé en chirurgien. Tradition bien ancrée, la journée n’a pourtant pas été banalisée par les lycées de la ville, les absences en cours seront bien comptabilisées. « Les profs savent bien que personne ne vient en classe aujourd’hui. On les a même vus passer en voiture ce matin, ils rigolaient de nous voir déguisés », déclarent des élèves.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Clément Pougeoise, SudOuest.fr, 14 mars 2013)

 

Angoulême : ils avancent masqués pour le Père Cent !

Plus que cent jours avant le bac : ça se fête ! Les lycéens marquent le coup aujourd’hui dans les rues du centre-ville d’Angoulême.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1310.jpg

Grimés, déguisés et même masqués, ils arpentent le centre-ville. Un sac de farine dans une main, quelques œufs dans l’autre, ils “baptisent” allègrement leurs jeunes camarades de bahut.

Mais attention aux sanctions : “À Marguerite un mail a été envoyé à nos parents pour nous demander de ne pas y participer”, assure un élève. Promis jurés, les futurs bacheliers assurent la jouer tranquille. “Les dernières années il y avait eu des débordements, certains utilisaient de la mousse à raser ou de la crème dépilatoire. Nous, on se contente de farine et d’œufs”, promettent des lycéens de Guez-de-Balzac … qui préfèrent apparaître masqués sur la photo : “C’est pas la peine de risquer une sanction.”

Et ils risquent de remettre ça demain. “On fait le Père Cent aujourd’hui parce qu’on n’a pas le choix, les élèves de Saint-Paul ne seront pas là demain. Mais on défilera encore demain.”

Publié par des larbins de la maison Poulaga (CharenteLibre.fr, 7 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:44

Sur la fin du Tableau Noir

Le Tableau Noir n’est plus, après six mois, plus vécus comme six ans pour nous, c’est fini.

Les faits : expulsables à n’importe quel moment à partir du 16 mars nous avions déménagé la plupart de nos affaires et attendions l’arrivée de la police sous peu.

Première alerte le mardi 19 mars, 6h30. La moitié de l’équipe dormant dans notre nouveau lieu (plus de nouvelles sous peu), on arrive devant à 7h et constatons qu’il n’y a plus de policiers sur place… Pourtant 10 minutes auparavant il y avait un fourgon de gardes mobiles et des hommes devant en tenue de combat, flash balls à la main… Nous évacuons donc nos derniers objets personnels et on s’installe pour les attendre, une partie d’entre nous devant attablé avec du café, d’autre à l’intérieur du bâtiment.

Vers 15h une personne vient nous avertir : son amie qui bosse au tribunal l’a prévenue qu’ils allaient arriver en force “pour donner une leçon”. On apprend également d’une voisine que la sortie de derrière par laquelle on comptait filer au besoin était surveillée par les keufs le matin même vers 5h30… On prend collectivement la décision de quitter les lieux (à tort ou à raison, le débat reste ouvert) n’estimant pas utile un cassage de tronche en règle par les forces de l’ordre. En partant on laisse les lumières ainsi que les radios allumées dans l’espoir qu’en revenant, ils pensent qu’il y ait encore du monde à l’intérieur. Ayant “remarqué” le nombre impressionnant de civils et de RG qui nous mataient on a feint de parler avec du monde par les fenêtres, de leur donner des choses, etc. etc…

Le lendemain à 6h30 la cavalerie arrive : une trentaine de GiPN sont arrivés par les toits des immeubles avoisinants, une cinquantaine de CRS ont bloqué la rue Saint-Savournin aux voitures et aux piétons. Ils ont galéré pendant une vingtaine de minutes sur les portes puis finalement sont passés par une fenêtre au premier…

Maintenant il y a quatre vigiles et un chien postés dedans 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. On nous a rapporté le fait qu’ils ont muré plusieurs portes et fenêtres. On verra bien si les travaux débutent…

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0418.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0517.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0617.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0715.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0815.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0915.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1018.jpg

Le Tableau Noir, centre social autogéré, 29 mars 2013

 

À l’école saint Savournin, c’est jour d’expulsion pour Tableau Noir

Une bâche recouvre désormais la façade du 60 rue Saint-Savournin dans le quartier de la Plaine. En effet, les policiers sont attendus d’un moment à l’autre pour expulser le collectif du Tableau noir. Depuis octobre, une quinzaine de personnes occupent illégalement cette école élémentaire fermée depuis deux ans qui devrait être rénovée pour accueillir des élèves en septembre.

Pour autant, les “squatteurs” rejettent ce qualificatif. Ils avaient mis en place un certain nombre d’activités artistiques et présentaient le lieu comme un “centre social autogéré”. Le député-maire PS Patrick Mennucci avait bien essayé de trouver une solution “à l’amiable” avec le collectif, qui lui avait refusé l’entrée dans le bâtiment. Lors du dernier conseil municipal, Fin février, La Provence faisait état de tags en lien avec Tableau Noir près du domicile de l’élu. Selon Morgane Turc, adjointe d’arrondissement déléguée aux écoles, “le problème de cette école, ce ne sont pas réellement les squatteurs mais le report à répétition du début des travaux”.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0225.jpg

Bien que peu bavards avec les journalistes, les membres du Tableau Noir avaient ouvert leurs portes à LCM le mois dernier. – VOIR LA VIDÉO

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Clémentine Vaysse, MarsActu.fr, 19 mars 2013)

 

Des tags insultants près du domicile de Patrick Mennucci

En représailles à l’action qu’il mène pour faire évacuer un groupe anarchiste qui squatte depuis des mois l’école municipale en travaux de la rue Saint-Savournin à Marseille (1er), le maire PS de secteur, Patrick Mennucci, a eu droit à des tags insultants à proximité de son domicile du Vallon des Auffes (7e). Le maire a pourtant dûment saisi la justice.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaProvence.com, 24 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:42

“Forum, forum ?” Dès l’arrivée à l’aéroport de Tunis Carthage, les bénévoles du Forum social mondial attendent les participants au pied levé. Sac au dos et passeport à la main, les militants et journalistes sont aiguillés vers le stand de Tunisie Telecom pour retirer une carte SIM gratuite, contre une fiche de renseignements, photocopie du passeport en prime. Réaction d’un Malien derrière nous : “Ah c’est astucieux ! Impossible de disparaître dans la nature maintenant. Le GSM c’est commode mais la commodité a un coût, celui de la liberté…” (…)

À la nuit tombée, le cortège se rassemble progressivement sur le stade du Palais des sports d’El Menzah pour l’ouverture officielle du forum. Sur la grande scène, tel un chauffeur de salle, le coordinateur général tonne “Vive le Forum social !”. Il est aussitôt contré par le porte-voix d’un groupe d’anarchistes qui hurlent “Forum social, Forum du capital !”.Autour du récent mouvement anarchiste tunisien, né après la révolution, rejoint pour l’occasion par des Français et des Italiens, ils réclament une organisation différente pour cet évenement. Des expériences d’auto-gestion sont actuellement en cours dans le pays, principalement dans les zones rurales car liées aux enjeux des terres. Mathieu, militant français engagé dans l’univers des squats résume leur colère : “Plus de 3 millions d’euros d’investissement dans un pays où les gens galèrent pour joindre les deux bouts, une entrée et un hébergement payants et on ose appeler ça le Forum Social ?”. Dès mercredi, un camp devrait être installé aux abords du campus pour donner aussi une place à l’alternative de l’alternatif. (…)

Leur presse (Laure Siegel & Thomas Belet, LesInrocks.com, 27 mars 2013)

 

(…) Mourad Guanouni, membre de l’Uget a également appelé sur Mosaïque FM à un boycott du forum par les étudiants tunisiens, dénonçant la présence “d’au moins quatre organisations sionistes, ces dernières ayant été présentées sous des appellations différentes pour les camoufler (Arab 48 à la place d’Israël)”. (…)

Leur presse (Laure Siegel & Thomas Belet, LesInrocks.com, 29 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:42

Droit de réponse

Suite aux articles publiés le 23 mars dans Midi Libre, et le 26 mars dans Direct Montpellier, nous demandons un droit de réponse.

Envoyé à Midi-LibreDirect Montpellier et La Gazette. Qui le publiera ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1117.jpg

Tout d’abord le KaLaJ s’excuse pour les gènes occasionnelles liées a certains évènements et en profite pour clarifier certains points.

C’est un lieu d’habitation où résident quatre à six personnes en permanence, et qui peut héberger de manière temporaire un maximum de 4 personnes supplémentaires.

C’est également un lieu culturel et artistique en dehors des institutions.

Dans cette optique, des travaux de mise aux normes et de rénovations ont été effectués. D’autres seront fait au besoin.

Depuis l’ouverture, nos tentatives de dialogue avec le voisinage sont restées majoritairement sans réponses, mais restent d’actualité. Contrairement à ce qui a été dit, nous entretenons de très bonnes relations avec certains riverains lesquelles s’expriment par de menus services, redistribution de nourriture ou simplement une conversation autour d’un café… D’autres trouvent même “notre présence rassurante” de par les liens tissés avec toutes les populations de ce quartier hétéroclite.

Depuis un peu moins d’un an, il y a eu des évolutions dans la gestion du lieu, concernant notamment les nuisances sonores qui nous ont été de nombreuses fois reprochées. Le lieu est par exemple fermé à tout public en soirée et des règles de vies internes ont été instaurées dans la même démarche de respect des riverains.

Les différentes activités artistiques et ateliers, libres et ouverts à tous participent à la vie du quartier en rendant accessible échanges et savoirs.

Ces ateliers peuvent être sculpture et musique assistée par ordinateur, projections et expositions, débats et réunions, résidences d’artistes (…) dont la fréquentation et l’enthousiasme partagé démontre la nécessité d’un tel lieu.

Pourquoi céder au mélodrame lorsqu’il n’a pas lieu d’être ? Pourquoi monter une pétition au lieu d’une réelle rencontre et concertation ? Pourquoi devoir en passer par la presse alors que nous sommes voisins ? Nous sommes des gens comme vous, étudiants, chômeurs ou salariés mais désirons vivre de manières différentes prônant l’entre-aide et l’échange en dehors de cette illusion qui est notre société. De nombreux lieux alternatifs de ce type existent en France et dans le monde. Certains sont devenus des institutions et très intégrés aux quartiers et villes. Pourquoi pas ici ?

Le KaLaJ et ses habitants vous invitent à venir, à les rencontrer, à participer et à vous faire votre propre opinion en découvrant le lieu.

Le programme papier est disponible dans la ville, ou en ligne sur montpellier.squat.net.

Le KaLaJ, ses habitants, 27 mars 2013

 

Montpellier : ce squat artistique qui sème la zizanie dans le quartier de Figuerolles

Depuis novembre 2011, un squat artistique annoncé comme autogéré et militant, installé dans une maison de la rue Desmazes du quartier Figuerolles à Montpellier enchaîne projections, concerts et ateliers. Au grand dam des riverains.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1214.jpg

Rue Desmazes, le lieu, rebaptisé “Kalaj”, est immanquable.

Deux camps presque irréconcialiables. Des riverains habitant, pour certains, depuis quatre décennies une rue typique du quartier Figuerolles de Montpellier, font face depuis plus d’un an à des jeunes squatteurs qui ont investi une maison vide. Le lieu, rebaptisé “Kalaj”, est immanquable dans la rue Desmazes. Les couleurs flashy de la facade ne seraient qu’un moindre mal.

“Piratage” sur le réseau d’eau

Les riverains dénoncent, outre le bruit lié à des événements culturels régulièrement organisés (séances de cinéma, ateliers artistiques, concerts…), des branchements sauvages sur les canalisations d’eau. “Nous avons porté plainte l’été dernier pour nuisances sonores”, explique un représentant des riverains. “Mais le procureur de la République a classé l’affaire sans suite.”

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/157.jpg

Direct Matin, 26 mars 2013

Le nœud du problème : une succession non résolue

Le riverain dit quand même des squatteurs “qu’ils n’ont pas mauvais fond” et voit bien que le nœud de l’affaire relève, avant tout, d’un problème de succession non résolue. “On prévient les voisins avant chaque gros évènements”, se défend l’un des responsables du squat.  La Ville semble ne pas pouvoir agir concrètement, à part régulièrement faire intervenir les services de nettoiement pour enlever les tags de la facade. Propriété privée oblige.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Frédéric Mayet, MidiLibre.fr, 22 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:41

PSA proposerait aux syndicats d’augmenter la durée du travail dans ses usines

La direction de PSA envisage de proposer dès le mois de mai aux syndicats d’augmenter la durée du travail dans certaines usines, après la ­validation de son plan de restructuration, qui inclut la fermeture de l’usine d’Aulnay, écrit vendredi 29 marsLe Figaro.

“La direction souhaiterait augmenter le temps de travail dans la journée et, le cas échéant, supprimer le travail de nuit, qui coûte de 20 % à 30 % plus cher”, affirme une source interne au Figaro. Ces mesures pourraient être proposées dans l’usine de Poissy (Yvelines), spécialisée dans la construction de petites voitures (208, C3).

Confronté à la baisse des ventes sur son principal marché, le groupe a prévu de supprimer plus de 11’200 postes entre 2012 et 2014 en France. À la fin de mai 2012, les effectifs dans l’activité automobile du groupe s’élevaient à 67’112 postes. Ils devraient fondre en dessous de 56’000 d’ici à la mi-2014.

BAISSER LES COÛTS DE REVIENT PAR VOITURE

Selon Le Figaro, le dernier comité central d’entreprise portant sur le plan de restructuration devrait avoir lieu le 19 avril. Les départs pourraient commencer immédiatement après, imagine le groupe, tout en gardant à l’esprit les actions en justice menées par la CGT et SUD.

La direction a déjà fait part aux syndicats de manière informelle, selon le quotidien, de sa volonté de mener ces discussions. “Plutôt que d’alourdir le plan de restructuration, la direction va continuer à réduire les effectifs par des départs non remplacés et veut baisser les coûts de revient par voiture”, dit un syndicaliste au Figaro. Il s’agirait de baisser de 600 euros le coût de production d’une voiture en France, en augmentant la durée de travail des équipes de jour, d’une heure ou une heure et demie dans le cas de Poissy, et en ouvrant les usines le samedi.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 30 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:40

Pourquoi le mouvement des chômeurs est passé aux menaces

Après les violences de la semaine, Yahia Bounouar, journaliste indépendant qui suit le mouvement des chômeurs depuis plus d’un an, raconte de l’intérieur les évolutions qui conduisent la Coordination à hausser le ton face aux autorités.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0132.jpg

Jeudi 5 juillet 2012. Avec une trentaine de ses camarades venus de plusieurs wilayas du pays, Tahar Belabès organise un rassemblement sur la place du 1er Mai à Alger. Malgré le surprenant et imposant cordon sécuritaire, les manifestants s’installent sur la place et tiennent leur sit-in pendant près d’une heure. Ils seront ensuite interpellés et passeront la journée dans différents commissariats de police de la capitale. Cet événement marquera la véritable naissance de la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs. En effet, jusqu’à cette date, la CNDDC fonctionnait sous l’aile du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap).

Le rassemblement du 5 juillet est la première action organisée, contre l’avis du Snapap. Le scénario se répétera une seconde fois en février 2013. Fin janvier, le syndicat, avec d’autres organisations, décide d’un rassemblement devant le ministère du Travail pour le 25 février, évitant soigneusement le 24, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures en 1971. Aussitôt, Tahar Belabès annonce, au nom de la CNDDC, une marche entre Ouargla et Hassi Messaoud pour le 24 février. C’est un double défi, et il le sait. Le noyau de militants change dès lors de stratégie et de tactique. Alors qu’auparavant, il se contentait de communiquer sur internet et de s’appeler les uns les autres au téléphone réunissant quelques dizaines de militants, ils décident cette fois-ci de s’organiser.

Terrain

Une première réunion installe un groupe chargé de préparer la marche : sécurité, communication, affichage, logistique, etc. En parallèle, des réunions sont organisées dans chaque quartier de la ville qui désigne chacun un représentant pour les réunions de préparation. Un appel à la cotisation est lancé et chacun y va de son petit billet. Des tracts sont imprimés, des gilets pour les personnes chargées de la sécurité sont achetés, les slogans sont validés et les banderoles immédiatement préparées. Le 24 février 2013, c’est la surprise. Plusieurs milliers de jeunes marchent sur Hassi Messaoud. Ils seront bloqués au bout de 25 km au barrage fixe à la sortie de la ville et se disperseront dans le calme. Pas un seul geste de violence n’est signalé.

La CNDDC a relevé le défi. Le lendemain à Alger, le rassemblement devant le ministère ne regroupera, comme d’habitude, que deux à trois cents personnes. Le succès de la marche du 24 février amène avec lui, paradoxalement, son lot de pressions, de menaces et d’intimidations. Tahar Belabès et le noyau de militants qui l’entoure ne connaissent qu’une seule réponse : le terrain. Forts de l’expérience du 24 février, ils décident alors de lancer un appel à un rassemblement « Millioniya » pour le 14 mars sur la grande place face à l’APC, rebaptisée, symboliquement « place Tahrir ». Inquiets, paniqués pour certains, les dirigeants locaux et nationaux, plutôt que de prendre conscience de la colère des jeunes et d’ouvrir des discussions, versent immédiatement dans la manœuvre. Les jeunes sont accusés de faire dans la sécession, d’être manipulés par « une main étrangère » et par l’éternel épouvantail : « les islamistes ».

Propagande

Le samedi 9 mars, un quotidien arabophone proche du régime accuse même le leader du mouvement, Tahar Belabès, d’avoir préparé le rassemblement du 14 mars en Suisse alors que celui-ci ne dispose pas de passeport. « Ils le savent, dit-il, mais qu’importe, le démenti sera publié après le rassemblement, le but étant de casser la mobilisation. » C’est ce qui se passera effectivement, le démenti ne sera publié que le vendredi 15 mars. Le lundi 11 mars, la télévision offshore organise, avec des élus locaux et le wali, une émission en direct de Ouargla, en présence de quelques jeunes présentés comme des dissidents de la CNDDC au cours de laquelle est annoncée l’annulation du rassemblement.

Cette campagne de propagande et d’attaque aura l’effet inverse et amplifiera le mouvement de sympathie pour les jeunes de la CNDDC et notamment pour Tahar Belabès. Résultat, le 14 mars, des milliers de personnes répondent à l’appel des chômeurs. Le rassemblement est un succès. La presse nationale et internationale couvre l’événement. Le lendemain, en visite dans une autre ville du Sud, à Béchar, le Premier ministre emboîte le pas et reconnaît la légitimité des revendications des jeunes de Ouargla. Face à ce retournement, les comités de wilaya de la CNDDC s’enflamment. À Ménéa, Adrar, Metlili, Djelfa, Médéa, les rassemblements se multiplient. À Laghouat, les jeunes chômeurs appellent à un grand rassemblement pour le samedi 23 mars, ceux d’El Oued pour le 30, Batna pour le 4 avril.

Dialogue

Le lundi 18 mars, alors que les préparatifs pour Laghouat s’accélèrent, Tahar Belabès est contacté pour rencontrer de hauts responsables, dont le Premier ministre. Ne refusant pas le dialogue, il répond qu’il doit s’organiser et consulter sa base, constituer une délégation nationale et préparer une plate-forme de revendications. Pendant ce temps, un groupe d’une quarantaine de députés, envoyé par les autorités, organise une série de conférences dans les wilayas. Partout, ils seront chassés par les jeunes et leurs conférences seront annulées : à Laghouat d’abord, puis à Ghardaïa, à Metlili et enfin à Ouargla. Devant l’affront, ils mettront fin à leur mission. Le 23 mars, le second grand rassemblement à Laghouat est également un succès mais aussi et surtout une démonstration de la capacité des jeunes à s’organiser et à occuper pacifiquement l’espace public. C’est ce qui fait peur aux autorités.

À partir de cette date, alors que les militants s’attendaient à l’ouverture d’un dialogue de la part des autorités, ils sont surpris par la montée en puissance de la répression. À Ouargla, les gendarmes chargent violemment un rassemblement pacifique de quelques centaines de chômeurs. À Ghardaïa, le rassemblement vire à l’affrontement, et le 26 mars, 18 militants sont arrêtés et tabassés. Huit d’entre eux sont emprisonnés. Sur le terrain, ce sont les « agents » du régime qui poussent les jeunes à la violence. La CNDDC, qui appelaient au dialogue dans ses précédents communiqués, hausse le ton.

Diviser

Accusant les autorités « d’utiliser la violence pour discréditer un mouvement qui revendique ses droits de manière pacifique », la CNDDC menace de « sortir dans la rue dans différentes wilayas et fait porter aux autorités l’entière responsabilité des éventuels dérapages ». Tahar Belabès n’en croit pas ses yeux : « Le régime a utilisé toutes les cartes contre nous : régionalistes, sécessionnistes, main étrangère et maintenant il utilise la violence. Je me retrouve avec mes camarades à calmer les jeunes au moment où les représentants de l’État les poussent à la violence. C’est incroyable. À Ghardaïa, le régime tente de diviser les Mozabites et les Arabes, mais ça ne fonctionnera pas. Après le rassemblement d’El Oued, prévu le 30 mars, nous préparons un autre rassemblement “Millioniya” pacifique, à Ghardaïa, en solidarité avec nos camarades arrêtés. »

Entre ces jeunes, ces chômeurs, qui n’ont plus rien à perdre et qui viennent de donner une leçon magistrale à tous en réussissant, pacifiquement, à redonner aux luttes sociales et politiques de la dignité et de la vivacité et un régime qui semble totalement dépassé et incapable de réagir, le bras de fer est engagé.

Leur presse (Yahia Bounouar, ElWatan.com, 29 mars 2013)

 

Le comité des chômeurs ne baisse pas les bras
Une nouvelle marche pour se faire entendre

Après Ouargla et Laghouat, c’est à la place Maquam Echahid de Oued Souf qu’une manifestation est prévue aujourd’hui.

Deux semaines après le succès du rassemblement de Ouargla qui avait recentré le débat autour du chômage et battu en brèche les tentatives de division et de court-circuitage de la lutte des chômeurs du Sud, accusés de séparatistes répondant à des agendas extérieurs, la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC) est à la croisée des chemins aujourd’hui, le sit-in prévu à El Oued est une nouvelle mise en garde pour le gouvernement.

La violence de la répression policière et le brouillage des cartes ont décuplé la pression sur les épaules de Tahar Belabès qui lance une réorganisation des troupes et un recentrage des efforts sur l’essentiel pour contrecarrer les tentatives de déstabilisation du mouvement des chômeurs. Ainsi, au moment où la CNDDC, initiatrice du mouvement de protestation des chômeurs du Sud, s’apprêtait à nommer des délégués les représentant de chaque wilaya pour entamer des négociations avec le gouvernement et au lendemain des troubles de Ghardaïa, une rencontre à Alger a regroupé des chômeurs et des notables de Ouargla et Ghardaïa et les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture et des Ressources en eau. Une rencontre sous le sceau du secret, dont aucune image ou déclaration n’a filtré, hormis un communiqué succinct à l’APS faisant état « de la poursuite des rencontres périodiques pour cerner les aspects socioéconomiques relatifs à l’emploi ».

Rien ne semble donc avoir changé depuis le rassemblement de Ouargla, puisque le gouvernement continue ses réunions techniques où des décisions unilatérales sont communiquées aux mêmes interlocuteurs, des chômeurs et des notables triés sur le volet, sans cesse décriés par ceux qui occupent la rue et dont certains ont été renvoyés de la place « Tahrir » deux semaines plus tôt. Les différents communiqués de la CNDDC ont simultanément réagi aux événements via les réseaux sociaux, soulignant l’inadéquation des réponses du gouvernement : une main de fer qui réprime tant à Ouargla qu’à Ghardaïa, où des militants des droits de l’homme et des chômeurs sont violemment arrêtés, traduits devant les tribunaux et privés de leur liberté, et la langue de bois habituelle devant une assistance en mal de représentativité. Dénoncer la répression et les représentants sélectionnés par le gouvernement, communiquer à propos des prochains rendez-vous, tels sont les objectifs du moment, explique Tahar Belabès.

Entre-temps, le troisième rendez-vous annoncé par la CNDDC est en branle. Rien ne semble entamer la volonté de ces chômeurs décidés à aller jusqu’au bout de leur démarche en déplaçant leur manifestation pacifique à travers plusieurs wilayas. Ainsi, après Ouargla et Laghouat, c’est à la place Maqam Echahid de Oued Souf que la troisième « Milionya » se déroulera aujourd’hui. Rachid Aouine, un organisateur interpellé puis relâché en début de semaine par la police, a tenu à tranquilliser les esprits et confirmer, via les réseaux sociaux, le maintien de ce rassemblement que beaucoup donnaient pour annulé. De même que pour les précédents rendez-vous, les rumeurs vont bon train et tous les coups sont permis pour dissuader les marcheurs. Mais le rassemblement d’El Oued aura bien lieu et revêt même une importance vitale pour la CNDDC dont l’objectif de l’heure est de démontrer, si besoin est, sa cohésion, sa mobilisation et le maintien de ses revendications.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 30 mars 2013)

 

Ghardaïa : 17 personnes devant la justice

Les 17 militants des droits de l’homme et manifestants arrêtés, mardi, lors des affrontements avec les forces de l’ordre, ont finalement été présentés hier après-midi devant le tribunal de Ghardaïa.

La présentation des prévenus s’est poursuivie jusqu’à une heure tardive de la soirée en l’absence de la presse locale, dont les représentants ont été empêchés d’assister à l’audience. L’ambiance reste tendue après les violents affrontements de la veille entre policiers et jeunes de la ville de Ghardaïa, la vallée ayant renoué avec les émeutes après le tabassage en règle et l’arrestation de plusieurs militants des droits de l’homme et membres du Comité national des droits de chômeurs (CNDDC) qui ont tenté d’empêcher la tenue de la traditionnelle fête du tapis dans la capitale du M’zab, appelant les autorités locales à s’occuper plutôt des problèmes des jeunes chômeurs. Une nombreuse foule s’est rassemblée dès les premières heures d’hier pour dénoncer ces arrestations et réclamer la libération des détenus tant devant le siège de la sûreté de wilaya que le tribunal de Ghardaïa.

Selon un communiqué signé Abouna Brahim du bureau local de la Ligue des droits de l’homme de Ghardaïa, « alors que tout le monde s’attendait à une remise en liberté des détenus de la veille en guise de mesure d’apaisement, toutes les tentatives de s’enquérir sur leur état de santé se sont soldées par une fin de non-recevoir de la part des responsables de la sûreté de la wilaya et du parquet qui ont refusé d’accorder toute audience ou droit de visite aux familles ainsi qu’aux membres de la LAADH ». L’état de santé de Soufghalem Kacem, membre de l’Observatoire des droits de l’homme inquiète sa famille et ses amis qui tiennent à dénoncer la provocation des forces de l’ordre et leur intervention musclée, ce qui a choqué les manifestants et engendré de graves blessures chez plusieurs d’entre eux.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 28 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:39

Nouvelle affaire de lait frelaté en Chine

Cinq ans après le scandale de la mélamine, la Chine peine toujours à instaurer un contrôle rigoureux des produits alimentaires.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/206.jpg

Une fermière remplit un bidon de lait à Shenyang, en Chine, le 20 septembre 2008.

Cinq ans après l’affaire de la mélamine, les scandales alimentaires se répètent en Chine. Un haut responsable d’une société partenaire du groupe suisse Hero a ainsi été arrêté pour avoir frelaté du lait pour bébés, ont annoncé des responsables jeudi 28 mars. Près de 25 tonnes de poudre ont été saisies dans les entrepôts de Xile Lier, son entreprise installée à Suzhou, dans l’est de la Chine.

D’après la chaîne de télévision nationale chinoise CCTV, qui a révélé l’affaire, la société avait mélangé du lait en poudre importé avec du lait périmé, changé la date de péremption sur les boîtes et fait passer du lait pour des enfants plus âgés pour du lait destiné à des nourrissons, qui est plus onéreux.

La question du lait pour bébés est particulièrement sensible en Chine depuis l’affaire de la mélamine en 2008, une substance utilisée à la place de protéines dans le lait qui avait provoqué la mort d’au moins six enfants en bas âge et des maladies chroniques chez 300’000 autres.

EXPLOSION DE LA DEMANDE DE LAIT IMPORTÉ

Les autorités de la ville de Suzhou affirment que la fabrique de lait en poudre de Xile Lier est à l’arrêt depuis novembre. Mais ses produits, vendus sous le label Hero Nutradefence, n’ont pas été retirés des rayons des magasins en Chine. Aucun responsable de la société n’avait pu être joint jeudi pour un commentaire.

Depuis le scandale de la mélamine, la demande pour le lait en poudre pour bébés importé a explosé en Chine, provoquant même une pénurie à Hong Kong qui a dû limiter la quantité de boîtes que les voyageurs sont autorisés à sortir du territoire.

Le groupe Hero, dont le siège se trouve à Lenzburg, dans le canton suisse d’Aargau, a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 1,43 milliard de francs suisses (1,17 milliard d’euros). Dans un communiqué, la société a déclaré qu’elle “n’avait détecté aucun problème concernant la qualité et la sécurité de ses produits sur le marché chinois”. Le groupe “va continuer à surveiller étroitement ses sous-traitants de distribution pour s’assurer de la pureté des produits Hero vendus en Chine”, a affirmé la société.

Presse frelatée (LeMonde.fr, 29 mars 2013)

 

Le lait frelaté est toujours au menu des Chinois

Avec 600 vaches, Zhang Liang gère la plus importante ferme laitière de Taicang, dans la province chinoise du Jiangsu. Elle appartient à son oncle et il y emploie trente personnes. Tout le lait est vendu au groupe Guangming, l’un des trois géants nationaux des produits laitiers. Sa production, assure le jeune homme, est d’une qualité bien supérieure aux standards imposés par le gouvernement. “Pour nous, dit-il, c’est très simple de les atteindre, ils sont très bas.” Quatre ans après le scandale du lait à la mélamine, qui avait éclaté le 16 juillet 2008 – le bilan allait s’élever à 294’000 enfants malades, 54’000 hospitalisés et 6 morts –, mais n’avait pas fait de bruit dans les médias locaux jusqu’à la fin des Jeux olympiques de Pékin, les standards de qualité du lait chinois laissent toujours à désirer.

Le 27 juin, le groupe Guangming a dû rappeler des packs de lait, une solution de nettoyage alcaline ayant contaminé 300 briques lors d’une opération de maintenance dans une usine.Quelques jours plus tôt, le 13 juin, le plus important producteur de Chine, Yili, avait dû rappeler six mois de production de lait en poudre pour enfants contenant un taux anormal de mercure.

L’entreprise familiale de Zhang Liang, explique celui-ci, investit dans de la nourriture de qualité pour ses vaches : du grain importé qui offre ensuite une meilleure rentabilité. Le nombre important de bovins permet également de réaliser des économies d’échelle. La ferme vend le lait à Guangming selon un prix établi par l’entreprise, sans négociation, en fonction de la qualité du lait.

COUPÉ AVEC DE L’EAU

“Les fermiers sont vulnérables, car ils n’ont aucun moyen d’influer sur le prix”, confie le jeune producteur. Ce n’est pas un problème dans sa ferme, où les profits sont stables, mais les petites exploitations agricoles “ont beaucoup de mal à tenir l’équilibre, dit-il. Elles achètent de la nourriture de qualité médiocre, leurs équipements ne sont pas très avancés, leurs employés peu formés”. Ces exploitations produisent un lait de mauvaise qualité, qui leur est acheté à bas coût et qu’elles peuvent être tentées de couper avec de l’eau pour gagner sur la quantité.

Le gouvernement pourrait placer la barre plus haut, mais “il doit aussi penser à l’ensemble des fermiers du pays”, explique Zhang Liang. C’est ce qui s’est passé en juin 2010, lorsque la Chine a redéfini les normes du nombre de cellules somatiques tolérables par millilitre de lait cru. Jusqu’alors existaient quatre niveaux de qualité, échelonnés entre 500’000 et quatre millions de cellules par millilitre. Les discussions, deux après le scandale de la mélamine, s’orientaient vers un consensus sur un nouveau standard unique, soit un maximum de 500’000 cellules bactériennes par millilitre et un minimum de 2,95 grammes de protéines pour 100 grammes de lait, rapporte, sous le sceau de l’anonymat – il n’est pas autorisé à parler à la presse étrangère –, un responsable d’association régionale d’industrie laitière qui a assisté à trois sessions de négociations.

“Cela a changé à la dernière minute”, raconte-t-il. Au final, le nouveau standard adopté fut de 2 millions de cellules somatiques par millilitre – l’Union européenne n’en tolère que 400’000 et les États-Unis 750’000 –, et de seulement 2,8 grammes de protéines. Le même responsable soupçonne l’industrie d’avoir pesé de tout son poids : “Les entreprises ne peuvent pas formuler les normes, c’est le travail du gouvernement, mais elles peuvent influencer les autorités.” Il dit avoir questionné un officiel du ministère de la santé, qui lui a répondu qu’il s’agissait du “résultat de la coordination entre les treize agences concernées”.

100’000 VACHES IMPORTÉES EN 2011

Entre le lobbying de l’industrie et l’impossibilité pour l’État de laisser les fermiers les plus faibles sur le carreau, la Chine a du mal à faire face aux exigences de qualité, alors qu’il lui faut répondre à la demande chaque jour plus forte de ses nouveaux consommateurs. En 2011, le pays a dû importer près de 100’000 vaches laitières d’Uruguay, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

“De ce que j’en comprends, les standards ont régressé, donc les consommateurs ont des raisons d’être en colère”, commente Zheng Fengtian, vice-président de la faculté d’économie agricole et de développement rural de l’Université du Peuple, à Pékin. “La Chine compte 200 millions de petits fermiers, il est impossible de tous les contrôler. Certains ajoutent différentes substances à leur production pour augmenter leurs revenus”, dit le Pr Zheng.

À ses yeux, la Chine doit organiser des coopératives de grande échelle afin de pouvoir mieux contrôler la production. Dans cet esprit, Yili a ouvert le mois dernier une ferme de 5000 bovins pour 220 millions de yuans (28,2 millions d’euros) et Mengniu, numéro deux du secteur, promet d’investir 3,5 milliards de yuans dans huit à douze fermes de grande taille, d’ici à 2015. Mais ces installations ne représentent pas encore la majorité de la production.

Pour Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire en Chine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la volonté politique de changer existe chez les autorités chinoises, qui se sont lancées dans un colossal travail de révision des normes et mettent en place des cellules capables de gérer les crises.

Mais les services d’inspection pèchent toujours, notamment dans les régions plus reculées dépourvues de moyens. “Le contrôle public n’est pas fait de manière appropriée, ce qui laisse le secteur privé se développer sans encadrement”, constate-t-il. La difficulté consiste à former les inspecteurs sanitaires: “Il en faudrait entre 100’000 et 300’000, ce qui demande beaucoup de temps.” En attendant, beaucoup d’incidents détectés restent liés à des manipulations intentionnelles, observe M. Ben Embarek : “Les produits sont dilués, des conservateurs y sont ajoutés, toujours pour gagner de l’argent au détriment de la qualité. L’appât du gain est d’autant plus fort que la probabilité d’être appréhendé est faible et la connaissance des risques liés à ces fraudes limitée.”

Presse frelatée (Harold Thibault, Taicang, province du Jiangsu, Chine – LeMonde.fr, 16 juillet 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans ECOLOGIE
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:39

Gafsa : Des jeunes chômeurs en colère saccagent un bureau d’Ennahdha

La nuit du mercredi 27 mars a été très chaude à Mdhilla, cité minière du gouvernorat de Gafsa. En effet, des affrontements auraient opposé des jeunes chômeurs de la région et des forces de l’ordre, ces dernières ayant fait usage des bombes lacrymogènes pour calmer les jeunes en furie.

Selon nos informations, les jeunes ont attaqué le siège du parti Ennahdha, saccageant au passage mobilier et détruisant des documents.

Ces affrontements ont commencé lorsque des jeunes sans travail ont barré la route menant au site minier pour empêcher les travailleurs de s’y rendre. On dénombre des blessés et quelques arrestations du côté des manifestants.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Farouk, Directinfo, 28 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:32

Du doux confort de l’indignation

« Indignez-vous !« 

Ah, voilà bien deux mots qui vont résonner encore longtemps à nos oreilles. Après le succès mondial de l’ouvrage de Stéphane Hessel et son récent départ, le mot indignation n’est pas près de nous quitter. Tout le monde est désormais indigné, les motifs ne manquant pas : injustices, désinformation, WiiU… chacun trouve une bonne raison d’être outré et de crier sa colère.

Oui, mais alors pas trop fort. C’est qu’il ne faudrait pas déranger ma bonne dame.

Car depuis la fin des indignés, ces immenses rassemblements de jeunes gens venus clamer leur colère un peu partout dans le monde sous les symboles du pouvoir (bourses, places d’armes, pas de ma porte), il est de bon ton de s’indigner en ligne et pas plus, depuis le confort de son fauteuil, en faisant les gros yeux à son écran. Nul doute que celui-ci tremble.  Car entre les pétitions online rassemblant 687 signatures avant qu’une version identique ne soit créée sur un autre site et ne disperse les troupes, le militantisme se résumant à cliquer sur j’aime à chaque publication de son camp pour faire tourner la bonne parole ou les articles hurlant à l’injustice avant que leur propriétaire ne retourne pioncer, il y a quand même le choix.

Ainsi, hier, quelques lecteurs et lectrices me firent l’honneur de me faire suivre unarticle indigné, repris par de nombreux médias en ligne, faisant état d’un problème intéressant : le sexisme dans le jeu vidéo. Rassurez-vous, nous n’allons pas rentrer dans un autre article sur le sexisme de suite, ni parler de l’auteur qui a réussi l’exploit, une heure après avoir posté la bête, de réutiliser tous les arguments qu’elle reprochait à l’ennemi, donnant un excellent prétexte aux grognons de sa critique pour la passer sous le tapis quand bien même le contenu était fort intéressant, et plutôt nous concentrer sur cette formidable capacité d’indignation dont font preuve nos comparses, de préférence sur leurs heures de boulot parce que Facebook à la maison, ça n’a pas la même saveur.

Prenons un exemple simple : Frites Boy et ses joyeux compagnons.

1 million de likes contre un chiot, 2 millions est c’est un tigre nourri au yaourt qui est livré sur place après avoir été excité avec un bâton

Ne vous inquiétez pas : les marmots ont bien évidemment eu leur million de likes, parce que Facebook s’est mobilisé pour qu’une petite famille ait son chiot et non simplement une distribution de torgnoles comme je l’avais proposé en proposant sur kick-starter de financer une compagnie de mercenaires pour aller gifler des gens sur commande où qu’ils soient dans le monde. Non, je ne suis pas jaloux du tout de leur million de mobilisés, arrêtez avec ça. D’ailleurs, vous savez ce que ça représente, un million de likes ? Le nombre de personnes qui doivent se mobiliser, fut-ce en ligne justement, pour proposer des « Initiatives Citoyennes Européennes« , à savoir des propositions qui invitent si elles atteignent ce score, la Commission Européenne à faire une proposition de loi applicable à tous les pays de l’Union Européenne (et oui, l’aide humanitaire faisant partie des compétences de l’UE, on aurait pu larguer des chiots sur différents pays du tiers-monde, soulageant temporairement la famine locale).

Une proposition de loi qui peut changer la vie de 500 millions d’habitants, voire créer un exemple mondial ? Attendez, c’est quand même drôlement moins intéressant qu’un chiot pour Frites Boy. D’ailleurs, on pourrait supposer qu’une telle arme serait utilisée massivement par les millions de militants en ligne qui postent régulièrement des choses à base de « Qui osera partager ?« , mais non : à l’heure actuelle, malgré la horde des courageux indignés 2.0, seules 14 consultations de ce type sont en cours.

C’est peu, hein ? Je trouve aussi. Et bizarrement, je ne vois jamais de propositions de ce genre tourner : faudrait pas être concret.

Comme quoi, même avec des outils en ligne pour agir concrètement, nos indignés de Facebook et Twitter en restent surtout au vieux râlage, parce que s’il faut commencer à agir vraiment, pfouuulala. Ça va bien demander une journée de travail, et là, bon, hein. Autant faire, au mieux, 62 pétitions sans valeur juridique sur un même sujet : on pourra aller se coucher en se disant qu’on a participé à construire un avenir meilleur. Ou une flash-mob rigolote, genre un harlem-shake (ma compagnie de mercenaires aurait définitivement eu du travail), huhuhu.

Sauf que non.

Informer, c’est bien : cela peut amener des lignes à bouger, des choses à être prises en compte, mais agir, c’est pas mal non plus. Non parce que sinon, nous serions toujours sous une monarchie. Et les héros du web ont beau relayer les « révolutions arabes grâce à Facebook« , curieusement, tout le monde se souvient des gens qui se sont immolés ou pris des balles ; drôlement moins de ceux qui ont posté des articles à aimer sur leur mur. On se souvient tous que Mouammar Kadhafi a vu sa dictature s’arrêter grâce à un relais massif de gif de chatons, c’est connu. Le web a son rôle, le monde réel aussi. Et si l’un peut faire remuer l’autre, se contenter d’un pantouflage numérique n’est guère glorieux.

Dans leur genre, les Anonymous sont d’ailleurs très forts, n’hésitant pas à poster des vidéos où ils crient presque victoire et où ils expliquent qu’il faut continuer à les soutenir depuis chez soi sans quitter son fauteuil : tout va bien. Ouf ! Dire qu’à un moment, j’ai cru qu’il fallait se remuer pour changer les choses : merci de contribuer à faire avancer le débat les mecs. Inciter les gens à faire du rien, c’est tellement révolutionnaire. La prochaine fois, nous verrons comment renverser le capitalisme en préparant des cookies.

Revenons-en au fameux article sur le jeu vidéo dont nous parlions plus haut. Dedans, l’auteur s’indigne – à raison – sur le fait que dans quantité de jeux, les héroïnes sont habillées en puputes/nonnes-puputes/puputes-rabouines (oui, on peut biclasser) avec un soutien-gorge avoisinant le 95K, ce qui m’indigne aussi puisque du coup la plupart des jeux ressemblent à une galerie de mes ex, mais là n’est pas le sujet. Elle ajoute, là encore à raison, que quantité de communautés et entreprises du milieu se comportent comme des groupes d’adolescents prépubères en échangeant sur des forums qui sentent bon le vieux pet, la mauvaise bière et le calembour gras et en considérant la femelle comme une cible à se faire d’une manière ou d’une autre (même si en général, la plupart de leur haine s’en ira dans un mouchoir pendant que maman est partie racheter du Biactol chez Carrefour). Pour conclure, l’auteur propose des solutions comme se plaindre en ligne, râler en ligne, voire signaler ces abus( en ligne).

Ce qui serait chouette si le monde n’était pas vaguement plus compliqué (ce qui n’a pas empêché quantité de médias de s’emparer de l’affaire en analysant pas plus loin et se contentant de dire « C’est édifiant tout de même » : oui, de l’indignation, ça c’est du vrai travail de journaliste), puisqu’un sujet n’est jamais, mais alors jamais évoqué dans ledit article sur une industrie brassant des milliards de dollars : le pognon.

Un détail, probablement. Restons en à l’indignation, c’est plus simple que de mettre les mains dans le cambouis.

LXVI

Aaah, si Twitter avait existé en 1789… (cliquez pour lire en plus grand)

Lorsqu’un patron de l’industrie du jeu vidéo se lève le matin, il ne se dit pas « Tiens, si je faisais chier aujourd’hui ! » avant de regarder Twitter en se disant « Ho non ! Des gens ne sont pas contents : vite ! Je dois changer tout cela et faire des jeux où l’on pourrait croiser des personnages féminins qui ressemblent à autre chose qu’à Nabilla sous acides !« . En général, le patron se lève, va prendre sa douche de champagne (l’enfance de l’art), puis se dit « Tiens, qu’est-ce qui va me rapporter du pognon aujourd’hui ? » et si coller des filles en minijupes fait bondir ses ventes, il se moque un peu de savoir s’il va faire plaisir à tout le monde ou non. Ce qu’il veut savoir, c’est s’il va pouvoir se payer une maison à Malibu.

Du coup, savoir que pour une personne indignée par la nouvelle poitrine de son héroïne, il vend son bousin à deux autres, ça ne le touche pas vraiment à partir du moment où ça suffit à remplir le tableau Excel de Gégé de la compta.

Et s’indigner en ligne, à moins d’appels massifs au boycott (rarement suivis, surtout dans l’industrie du loisir), ça revient un peu à se donner bonne conscience. Un peu comme filer 5€ au Téléthon une fois par an avant de laisser des partis baisser les budgets de la recherche. C’est choupi, mais ça n’aide pas vraiment à faire avancer le fond de l’affaire.

Résumons : une partie du monde du jeu vidéo utilise l’image de la femme de manière dégradante pour faire du pognon (par un curieux hasard, souvent les jeux traditionnellement majoritairement aux mâles, sûrement une coïncidence qui n’a rien à voir avec des affaires de gros sous, du coup autant ne pas en parler). Alors on dit que bon, les mecs, ça serait sympa que vous arrêtiez, parce qu’attention, on va le dire sur Twitter.

Non.

Car de manière fort amusante, dans les solutions proposées par l’article en question, probablement nourri au militantisme 2.0, il n’est jamais question d’agir à part en « signalant ». Monter sa boîte et montrer que l’on peut faire des jeux vidéos autrement ? Faire des projets dans le monde réel ? Lutter sur le même terrain ? S’engager pour changer l’industrie et passer des messages moins glauques que « Et là, tu peux appuyer sur A pour faire bouger les roploplos de la fille » (joueur de Dead or Alive, tu t’es reconnu petit fripon) Mais enfin ! Ça demanderait de remettre en jeu sa vie personnelle et professionnelle… bin non alors ! Moi je suis pour que ça change, mais sans mouiller ma chemise alors !

Vous savez, c’est un peu l’histoire du type qui crève de faim et qui d’un coup, voit quelqu’un passer dans la foule qui dit :

« Cet homme meurt de faim ! Il faut faire quelque chose !
- Bin partagez votre pain ?
- AH NON ALORS C’EST LE MIEN ! C’EST A QUELQU’UN D’AUTRE DE LE FAIRE ! »

0

Si le capitaine d’industrie qui diffuse aujourd’hui un message pourri avait pensé pareil, jamais il ne serait arrivé là où il est. Et jamais il n’aurait diffusé son caca. Gueuler depuis les collines, c’est sympa, mais c’est rarement comme ça que l’on gagne la bataille, Web William Wallace.

Être indigné, c’est cool. Et sans risques, à part éventuellement celui de faire parler de soi. Mais à un moment, il faut y aller. Prenez un exemple débile : les séries policières américaines. Durant des années, on a servi la même soupe caricaturale. Un jour, un type en a marre et décide d’y aller : il propose sa propre série qui colle au terrain et montre les choses sous un autre jour pour démystifier les choses. Pouf, succès mondial, et d’autres séries – pas toutes, loin de là ! – essaient de le suivre depuis, parce qu’il a montré qu’on pouvait faire bien et autrement et a ouvert une voie. Ça s’appelait The Wire. Et ça a mieux fonctionné que plus de 30 ans de ralages de professionnels sur le n’importe quoi caricatural qui était produit.

Autant ne pas parler des exemples qui ont eu des résultats concrets : encore une fois, faudrait pas déranger.

Facebook et Twitter, ainsi qu’une certaine notion de communication ont permis de faire tourner rapidement des informations à une vitesse proprement incroyable, ce qui est très bien, même si du coup, on y retrouve aussi du n’importe quoi. Désormais, même un vieil enfumage sur le RSA peut se retrouver partagé plusieurs millions de fois avant que quelqu’un ne constate qu’il s’agit d’une sorte d’étron numérique que l’on se passait gaiement de main en main. Et les mêmes personnes qui ne répondent pas sur leur boîte mail aux spams du professeur N’Gomma qui leur propose de récupérer 8 millions de dollars à la banque de Bamako depuis le décès de feu son employeur sont les premiers à aimer la page « Bonjour, nous avons 5 Lamborghini mais il manque le filtre de protection sur le volant on ne peut donc pas les vendre. Cliquez sur j’aime et choisissez une couleur et recevez peut-être la vôtre si vous êtes notre gagnant tiré au hasard« . Parce que les réseaux sociaux sont devenus l’enfer du « J’aime » et du « Je partage » où finalement, l’important est de le faire, pas de s’inquiéter de savoir si c’est pertinent. Encore un détail.

J’ai bien milité aujourd’hui, pfou, je suis fatigué.

Alors définitivement, militantes & militantes 2.0, diffuser des choses, c’est vraiment très sympa (genre cet article, d’ailleurs si j’ai un million de likes, j’offre un cigare de ma collection à un lecteur tiré au hasard, évidemment). Continuez, il y en a besoin

Mais passer à l’action, ce serait pas mal non plus, particulièrement lorsque l’on voit tous les outils à disposition que vous n’utilisez pas pour des raisons vaguement suspectes. Vous avez des réseaux sociaux pour vous organiser et des outils pour agir. En rester au premier niveau, ça revient à suivre l’actualité : c’est bien mais ça ne changera pas le monde. En plus, râler, c’est un peu mon pré carré, alors barrez-vous de là.

Surtout qu’il faudrait vraiment une équipe de gros nases pour céder à une simple mobilisation Twitter comme de vulgaires pig…

Ho, monde de merde.

vu sur http://odieuxconnard.wordpress.com

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

A L’Assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.