Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:26

banlieue

Encore un grand moment d’histoire populaire ressorti par nos camarades du Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel (l’article est en lien sur l’image): le Comité des Mal-Logés. Une lutte plus que jamais d’actualité, à mettre en parallèle avec la réflexion sur le droit au logement et l’urbanisme, la guerre aux pauvres menée dans les centres-villes, le mouvement des squats…

Le Comité des mal-logés créé en mars 1987, prend pour modèle les luttes pour le droit au logement engagées entre 1972 et 1973, par le Secours rouge et les militants de la Gauche prolétarienne : aides légales aux mal-logés, occupations illégales et autres activités placées sous le double signe de la solidarité sociale et de leur politisation. Guy Dardel, un des fondateurs de ce comité, avait d’ailleurs été un jeune militant de la Gauche prolétarienne ; puis fondateur du groupe Prolétaires pour le Communisme (PPLC), avant de créer le comité des mal-logés, avec d’autres militants de la mouvance « Autonome ». Le comité s’autodissout en 1994. Nous publions ici leur brochure datée de juillet 1991, intitulée : L’EXPERIENCE du CML

« Et aussi longtemps que subsistera le mode de production capitaliste, ce sera folie de vouloir résoudre isolément la question du logement ou tout autre question sociale concernant le sort de l’ouvrier. La solution résidé dans l’abolition de ce mode de production, dans l’appropriation par la classe ouvrière elle-même de tous les moyens de production et d’existence. »

Friedrich ENGELS |1872

Nous dédions cette brochure à :

Mr BINET, membre du Comité des Mal-logés, ancien routier, privé d’emploi, qui s’est laissé mourir en 1988, à 50 ans, dans sa chambre du 55 rue Compans plutôt que d’aller mendier des aides au bureau d’aide sociale.

Mr Mohamed KELIFATI, membre du Comité des Mal-logés, mort en 1991, à 80 ans, dans une chambre sordide, après avoir été expulsé pour la dernière fois du 13 rue du Tunnel. Il avait à cette occasion déclaré à France Culture : « Le jour où ils me relogeront ce sera au cimetière. »

Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:23
Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:35

Depuis qu’ils se sont pris un peu de gaz lacrymogène dans les yeux (et oui, ça pique), certains à l’extrême droite pensent que l’heure de la révolution (nationaliste) est venue. Ainsi Pierre-Louis Mériguet, le porte-parole de Vox Populi, avec un lyrisme peu commun, les yeux encore humides, s’émeut quand  »le polo à col relevé côtoie un bandana noué sur le nez, car l’un comme l’autre a pris place du même côté de la barricade » et pronostique sans rire : « le printemps français est là, il bouillonne dans les veines et enflamme le coeur d’une France décidée à ne plus rester silencieuse. »

Cette candeur face à la violence policière (pourtant en l’occurrence ici plutôt mesurée, comparée à celle qui s’exerce dans les quartiers populaires ou lors des mouvements sociaux) a poussé la fachosphère a forcé un peu le trait. Dans un article bien illustré, le site Debunkers revient sur tous les délires qui entoure la « répression » de la manif du 24 mars, article que nous reproduisons ci-dessous :

 

« A la manif anti-mariage pour tous, la police gaze les enfants, écrase  une femme » : nombreux bobards mais  vraie tentative  de coup de force

Après les incidents de la manif anti-mariage pour tous du dimanche  24 mars à Paris,  quasiment toutes les droites, cataloguées « classiques » ou « extrêmes », entonnent le même refrain: la police aurait fait preuve d’une brutalité terrible ! (voir par ex cette pétition  « Le gouvernement bafoue les libertés et la dignité des Français » ).   Ce serait donc la dictature Hollande, avec ses hordes de CRS et gendarmes.  Et de demander pas moins que  la démission du Préfet de Police, de Manuel Valls, du Premier Ministre, de F. Hollande, comme ici sur Twitter :

Présidente du Parti Chrétien-Démocrate (Compte officiel) Ancien ministre

Usage des gaz lacrymogènes sur des familles , d’enfants (Lancelot 14ans) d’élus,de moi même,démissions préfet police et M VALLS obligatoires

A l’appui de cette campagne, outre « l’évanouissement » de Christine Boutin qui fait la risée du Web,  des « témoignages » colportés  sur la facho/droito-sphère, toujours aussi anonymes et invérifiables, souvent bidonnés de façon flagrante. Exemples :

GUD 3GUD 4

 

Bizarre : alors qu’on nous parle de « sauvagerie policière »,  il ne circule aucune photo de manifestant ensanglanté, aucune photo d’ambulance, … comme cela arrive parfois lors de manifestations de gens d’un bord très différent.

Mais alors que  de nombreux bobards sont diffusés, il est un fait  évident :  parmi les droites qui manifestaient non loin de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale, on rêvait beaucoup à une réédition -modernisée – du « 6 février 1934″, au cours duquel les partis fascistes avaient tenté de prendre de force l’Assemblée et l’Elysée…

 

Mercredi 27 mars, 21 h 30 : cet article des Debunkers,  déjà fort copieux, pourrait bien recevoir de nouveaux compléments…

___________________________

Bobard 1 :  « une femme sciemment renversée par un véhicule de la police »

Il s’agit d’une vidéo postée sur Youtube , amplement  « twittée » par la fachosphère. On y voit de nombreux fourgons de police dans le haut des Champs Elysées, des gens qui circulent, plus  ou moins énervés, des secouristes de la Croix-Rouge qui s’affairent autour d’une jeune femme allongée sur la chaussée.    La plaque d’un fourgon de la police est filmée en gros plan, sur fond de cris « Relevez le numéro! ».

 Un manifestant s’écrie devant la caméra, tenue selon toute probabilité par un autre manifestant :  » Ils l’ont sciemment écrasée !  Nous l’avons vu ! ».  Il ne dit  pas « Je l’ai vu ! » : est-ce l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… ?

La caméra s’approche ensuite  de la « femme écrasée« . On ne voit pas la moindre blessure, pas la moindre trace de sang, pas de vêtement abîmé. La jeune femme est tout à fait  consciente, un secouriste lui masse la cheville qui paraît douloureuse.

Un internaute , Raymond Courbet, commente sur Youtube :  C’est un concours de circonstances.. J’y étais… La nana a couru et s’est faite une entorse. Les pompiers ont voulu l’emmener faire des radios, et c’est à ce moment là qu’elle s’est relevée et est repartie avec deux de ses copines.

Alors,  simple petite entorse ou non ? Banale chute ?  En tout cas, on peut être certain qu’au cas où cette jeune femme aurait été volontairement renversée par un véhicule de la police, les organisateurs de la manif – très doués pour faire du ramdam médiatique – n’auraient pas manqué de pousser encore plus fort le buzz.

Autre commentaire sous cette vidéo,  qui donne un aperçu de l’esprit de certains participants à cette manif,  signéTheOnikobushi :    « La police est aux ordre des juifs,comme la majorité de la population,eliminez ces 1% et le reste (gay,africains,meteques,moutons du système) sera rendu beaucoup plus facile »

 

Bobard 2 :  « Un policier gaze une poussette, il est suspendu. Enquête de l’IGPN en cours »

GUD 8 policier suspenduLà, c’est un site très connu de  la réac-sphère, « Le Salon Beige » qui fait la « révélation ».

Sauf que … on lit en petit la source : « D’un lecteur ».   Sauf que…  pas la moindre ligne au sujet de ce « policier suspendu » dans des médias comme Le Figaro. Et  même remarque que précédemment :  s’il y avait un quelconque début  de réalité à cette histoire, on serait déjà submergé de réactions indignées des organisateurs et de l’UMP.

 

Bobard 3 :  « Les images de la manif prises par l’hélicoptère de la police  confisquées »

 C’est encore le « Salon Beige » qui fournit le « scoop »:  « D’après les informations recueillies depuis hier soir, via différentes sources, après son atterrissage, les forces de l’ordre ont confisqué les images recueillies. A partir de ces images, la police a estimé la participation réelle du rassemblement à 1,8 millions de personnes. »

Ainsi, la police (qui estime officiellement les manifestants au nombre  de 300 000)  se censurerait elle-même ?  Une fois de plus, « les sources » sont parfaitement invérifiables.    Sauf que… le JT du soir de France3, lundi 25 mars, diffuse ces images -soit disant confisquées-  prises par l’hélicoptère de la police !  (à partir de 3’50 »).

Et France3 de se livrer à cette démonstration implacable : le parcours de la manifestation s’étirait sur 3,5kilomètres,  sur une chaussée de 50 mètres de largeur, occupant donc un espace total de 175 000 mètres carrés.  Le premier chiffre annoncé par les organisateurs, (1,4 million de manifestants) est tout bonnement impossible : cela signifierait 6 personnes entassées  par mètre carré ! De plus, les images prises par hélicoptère montrent  des rangs distendus dans la manif…

Un journaliste du Monde, Samuel Laurent,  a fait un autre calcul, plus favorable aux manifestants, car  estimant la largeur de la chaussée à 70 mètres. En tenant compte de ces mêmes 1,4 million manifestants revendiqués par Frigide Barjot et Cie, on aboutit alors à 4 personnes par mètre-carré. Un chiffre tout aussi impossible.

Banale querelle de chiffres, comme après toutes les manifestations ? Pas vraiment. Car les droites voudraient faire passer l’idée d’un vaste mouvement représentatif de tout le pays, alors que tous les sondages indiquent une très ample approbation du droit au  mariage pour tous, alors que la loi Taubira a obtenu un un premier vote très majoritaire à l’Assemblée. Car les droites voudraient faire croire à une opposition de toute la population et à la légitimité de leur tentative de coup de force sur les Champs Elysées, voir les suites de notre article.

 

Bobard 4 : « Nous étions 1, 8 million. La preuve : cette  photo secrète de la police »

Puisque le « Salon Beige » et d’autres voudraient nous faire avaler ce bobard d’images de la police confisquées… par la police et poussent l’inflation de 1,4 million à 1,8 million de personnes, il faut bien qu’ils nous trouvent une preuve.

Plus exactement, il faut bien qu’ils fabriquent une « preuve ». Sur Facebook, une page assez lue, « Non au PS », nous la fournit :  c’est une « photo secrète  confisquée par la police » .

Sauf que…  il s’agit d’une très grossière substitution de photo (rapidement débusquée par les Debunkers et de nombreux internautes) : les soit-disant 1,8 million de manifestants de 2013 sont en fait les supporters de foot de la Coupe du Monde de 1998 !

Mise à jour 28 mars, 8hoo . Voici les « photos secrètes de la police confisquées par la police »,  publiées sur le site de … la Préfecture de Police de Paris.

 

  •  Bobard 4 bis,  et mise à jour 29/03,  17h15.   « Chiffre secret de la DCRI : 1,7 million » ,  « Chiffre secret de la DCRI : 1,950 million », etc…

Gud DCRI 1

Alors que « Frigide Barjot » avait annoncé un chiffre de 1,4 million (impossible, comme le constatent les journalistes),  l’inflation continue dans la facho/droito -sphère.  On nous y « révèle »  une « source secrète de la DCRI« , un « rapport secret de la DCRI » .

« Chiffre du rapport secret de la DCRI » qui connaît cependant pas  mal de variantes.   1,7 million- 1,8 -  1,9 million, etc :  c’est à croire que lafacho/droito- sphère  a en mains plusieurs et différents« rapport secret de la DCRI » .   Des sites UMP officiels suivent le mouvement, comme celui de Jean-Pierre Brenas, leader UMP de Clermont-Ferrand

La palme revient sans doute à ce pseudo-media « Altermedia » ( les vrais eux,  ne peuvent se permettre de trop bidonner) . Là, on atteint le chiffre de 1,950 million. Espérant être plus crédible, Altermedia nous ressort la fable des « photos de l’hélico de la police confisquées par la police » -pourtant publiées sur le site de la Préfecture de Police qui a aussi fourni les vidéos  à la presse –    en ajoutant des précisions « techniques » au bobard.  Hé oui,  ce chiffre provient d’un engin digne des films de James Bond dont serait  doté l’hélico policier :  « un système optique de comptage  fabriqué par Thalès » . Même que la DCRI a annoncé son calcul « dans les réseaux militaires« , nous précise-t-on. C’est nouveau, l’armée qui s’intéresse aux manifs civiles ! Là encore, inutile de demander à « Altermedia » comme aux autres,   le moindre début de commencement de source vérifiable.

Intox anecdotique ?  Pas tant que ça.  Dans les droites, on fait courir le bruit de gradés de la police, de militaires soit-disant révoltés par la « dictature Hollande »,  on parle de « guerre civile » comme à présent la médiatique représentante des anti-mariage pour tous,  Frigide Barjot.  Comme d’autres qui lancent des appels à l’insurrection, ainsi que des appels aux militaires et policiers à faire un coup d’état. (voir suites de cet article).

En même temps, des lettres de menaces de mort – pas si amateur que ça dans leur contenu et procédé, sont envoyées à des juges, à des journalistes, au rabbin Gilles Bernheim, …  Lettre signées « « Interaction des forces de l’ordre ». 

 Dans la médiatisation de ces lettres, médiatisation  faite par les expéditeurs eux-mêmes, on devine leur volonté de faire croire à un soulèvement militaire et policier en gestation, leur volonté d’encourager d’autres individus et groupes ultras de l’extrême-droite à les imiter et à passer à l’action violente. 

Selon la préfecture de police de Paris, les critiques émises contre son comptage initial « mettent encore une fois directement en cause la neutralité des méthodes de travail des fonctionnaires de la préfecture de police », des« allégations (…) inacceptables », juge-t-elle, précisant qu’elle « tient l’intégralité de ces enregistrements (vidéo) à disposition des journalistes intéressés ».   Voir Le Monde et nombreux autres journaux : « Manif pour tous » : la police confirme son chiffre de 300 000 personnes

 

 

 L’extrême-droite à la manoeuvre …..

Bobard 5 : « Des enfants gazés »…  en réalité, l’extrême-droite qui cherche la baston

Des enfants bien étranges, en réalité ! Des types de 25 ans, cheveux bien courts, qui font des saluts nazis, et qui cherchent la baston avec les CRS…

fascist-salute

protester-kicks-police2

Ci-dessus, un homme porte un tissu jaune dans le dos : c’est le drapeau du Bloc Identitaire, extrême-droite

http://americablog.com/wp-content/uploads/2013/03/white-supremacist-flag.jpg

Ces photos sont issues d’une vidéo réalisée par des journalistes états-uniens. Elles ont été publiées sur un site des USA, qui titre son article : En France, à l’occasion du mariage gay, des émeutiers de droite et intégristes font des saluts fascistes, puis s’en prennent à la police.

Ces images, comme toutes les autres qu’on peut voir ailleurs, témoignent des mêmes faits : des réactions policières très mesurées.  Aucun tir de grenades lacrymogènes ni de flash-ball (autrement plus violents et dangereux, que la police emploie parfois quand il s’agit d’ouvriers en grève ou d’opposant à un aéroport à Nantes) mais des sprays,  d’un  produit dont nous ne connaissons pas la composition,  contre ceux qui s’obstinent à aller au contact,  …, pas d’acharnement ni de tabassage contre des manifestants, et des coups de matraque – qui ne semblent pas si appuyés que ça-  contre les plus excités ….

Certes, il circule aussi des photos d’enfants ou de femmes aux yeux rougis, aux abords de ces affrontements provoqués volontairement par les groupes d’extrême-droite. Le Nouvel Obs indique une autre vidéo, où un homme lance tout bonnement aux autres manifestants : « On va mettre les enfants devant ».

 

  •  Des groupes d’extrême-droite revendiquent être à l’origine des incidents

Les sites de la presse ont publié des messages de revendication diffusés via Twitter ou Facebook,  envoyés par des groupes d’extrême-droite à la violence bien connue, plus ou moins à la  marge du Front National. Des messages indiquant clairement leur volonté de provoquer des troubles sur les Champs Elysées.  Chez les Debunkers aussi,  nous avons fait des captures d’écran… :

exclusif-le-gud-a-poils

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le GUD, « Groupe Union Droit », essentiellement implanté à Paris et à Lyon, voir ci-contre  comment ils posent pour faire leur publicité sur l’internet.

Devant les micros, Le Pen (fille) nie toute relation avec le GUD. Pourtant ses leaders ont  bel et bien été accueillis à la « Convention présidentielle Marine Le Pen » en février 2012 à Lille (voir ici Le Monde) .  Et plus récemment, cet automne,  lors de la soirée du FN pour célébrer les 40 ans du parti,  le GUD était de nouveau de la fête (voir le site REFLEXes).

 

Le GUD entretient aussi des relations très étroites, quand ce n’est pas un pur et simple changement d’étiquetage de ses membres,  avec les « Jeunesses Nationalistes ». Interviewé par BFM-TV, Alexandre Gabriac le leader des Jeuness Nationalistes revendique sa participation dans le déclenchement des incidents. : « Ce n’était pas à Valls, à Taubira ou au préfet de décider si nous pouvions manifester ou non, et où nous pouvions manifester. Nous, nous voulions imposer l’adage qui veut que nous soyons maîtres chez nous. Par conséquent nous avons tenté de passer ».

Les Jeunesses Nationalistes, filiale de l’Oeuvre Française, se disent ouvertement inspirées par le fascisme et par Pétain, ne cachent  ni leur antisémitisme, ni leur haine anti-arabe,  contre tous ceux qui leur semblent non-conforme. Ce groupe, comme d’autres, rêve d’importer en France les méthodes ultra-violentes des néonazis grecs d’Aube Dorée.

Le Front National avait été contraint de se séparer d’ Alexandre Gabriac et de quelques uns de ses amis, en raison de leur habitude  de faire des saluts fascistes trop visibles. Un exemple parmi d’autres, avec la photo ci-contre :  Gabriac en pleine action en 2012, lors d’un rassemblement en hommage à Mussolini en Italie.    (voir aussi raslfront-isere ici et ici )

Ci-dessus, capture d’écran du reportage de BFM : de gauche à droite, autocollant des Jeunesses Nationalistes, blouson  « Lonsdale » ( marque prisée par les néofascistes car elle rappelle les initiales du parti d’Hitler- LonNSDAPle), et à droite autocollant du GUD.
ImageArnaud D…,  militant lyonnais de Génération Identitaire (càd. le Bloc Identitaire)  faisant le malin devant les CRS.  Nous vous en dirons prochainement plus sur lui.

Que les autres mouvances d’extrême-droite présentes lors de cette manif du 24 mars nous pardonnent de ne pas les citer en détail, la place nous manque. Renouveau Français, Bloc Identitaire, Ligue du Midi, Ligue du Sud, etc….,  sans oublier le Front National bien sûr. Liste à laquelle il faudrait ajouter une kyrielle de groupes catho-intégristes, qui ne cachent pas leurs amitiés avec les précédents.

Nous rendrons juste un hommage à Samuel Lafont, délégué national UMP, ancien dirigeant de l’UNI, « syndicat » étudiant très très à droite et courroie de transmission de l’UMP.   Samuel Lafont que les Debunkers avaient déjà pris en flagrant délit de trucage : Montage photo anti-mariage pour tous : encore 1 de chopé !   Voici l’un des ses « twitts » du 24 mars , publié par Le Monde :

Le barrage des forces de l’ordre ne tiendra pas longtemps !   pic.twitter.com/gXMQ3FdVWe
 Pour finir cette  revue sommaire des agissements des ultras de  l’extrême-droite lors de ce 24 mars, voici une vidéo: Charge du GUD sur les Champs-Elysées . C’est le GUD lui-même qui l’a publiée et titrée ainsi  (révélation du Nouvel Obs)

 

 

…. et la droite se met à la remorque de l’extrême-droite

  • Un mouvement où les droites se radicalisent

Mediapart dans un article (payant)  titré Dans la «manif pour tous», le «peuple de droite» et l’extrême droite analyse le contexte de cette manif du 24 mars. Il est évident que cette nouvelle manifestation a été marquée par une radicalisation, des organisateurs comme des manifestants. .

On a vu  moins de pancartes s’inquiétant du sort des petits nenfants, « Un papa, une maman, … » etc, mais sont apparus beaucoup plus nombreux des slogans s’en prenant au gouvernement Hollande, à la gauche en général. Les ténors de l’UMP étaient encore plus nombreux à défiler qu’à la manif précédente: autour de Jean-François Copé, Christian Jacob, le patron des députés UMP , les ex-ministres Claude Guéant, Laurent Wauquiez, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui est carrément monté à la tribune, les députés Hervé Mariton (qui a porté le combat contre le mariage pour tous à l’Assemblée), Éric Ciotti, Lionel Tardy, Sébastien Huyghe, la déléguée générale adjointe de l’UMP Valérie Debord, l’ex-FN Jacques Bompard.

Et surtout : alors qu’en novembre, il y avait eu 3  cortèges séparés, cette fois-ci les groupes ultras de l’extrême-droite, le Front National, la quarantaine d’associations et l’UMP regroupées derrière le blond panache de Frigide Barjot ,  ont fait organisation et manif commune.

 

  • La volonté de prendre les Champs Elysées

Ces droites caressent un rêve, et ont essayé à toutes forces de le réaliser : faire une démonstration de force sur les Champs Elysées. Pour les uns, la référence est la manif pour le maintien de De Gaulle à l’issue de Mai 68, pour d’autres c’est plutôt la tentative de coup de force des ligues fascistes de février 1934. Et pour tous, c’est sans doute un mélange des deux souvenirs.

Les organisateurs savaient pertinemment que toute demande de manifestation revendicative en ces lieux hautement symboliques et stratégiques, à proximité de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale,  est systématiquement refusée, que ce soit la droite ou la gauche qui soit au pouvoir. Un refus encore plus évident en période de plan Vigipirate. Refus justifié aussi par la présence de groupes radicaux d’extrême-droite se déguisant à peine  parmi les organisateurs.

De plus, en appelant  dès la fin-février sans la moindre concertation avec les responsables de l’ordre public ses troupes à une manifestation sur les Champs Elysées, « Frigide Barjot » et les mouvements qui gravitent autour d’elle ont bien montré leur  tentative de mettre la Préfecture de Police devant le fait accompli.  

Le Monde, dans son article Comment une partie de la « Manif pour tous » a voulu occuper les Champs-Elysées  fait l’historique :

[.......]  A partir du 22 février, la « Manif pour tous » communique sur la prochaine manifestation, qu’elle annonce déjà comme prévue sur les Champs-Elysées. Mais l’annonce est quelque peu prématurée : au même moment, les organisateurs se heurtent en effet au refus de la préfecture de police de Paris, qui ne veut pas de manifestation sur l’avenue.

Comme l’a relaté le préfet de police au Conseil de Paris le 25 mars, « c’est le 20 février dernier que les représentants de l’association ‘La manif pour tous’ ont fait connaître leur intention d’appeler à se rassembler le 24 mars sur l’avenue des Champs-Elysées et la place de la Concorde ». Or, « dès le 22 février, soit 48 heures après, j’ai personnellement écrit aux organisateurs pour les informer de l’impossibilité, pour des raisons impérieuses d’ordre public, de se rassembler sur ce secteur ».

La préfecture évoque la proximité de l’Elysée, le plan Vigipirate renforcé et la fréquentation touristique de l’avenue, et rappelle qu’il n’y a quasiment pas de précédents de manifestations sur les Champs-Elysées. Mais les organisateurs font la sourde oreille, et ne répondent pas au préfet. Une réunion le 8 mars débouche sur un nouveau désaccord, la « Manif pour tous » ne voulant pas envisager d’autre solution. Le 12 mars, le préfet rend public le désaccord persistant, dans un communiqué envoyé aux médias, et finit par prononcer une interdiction formelle. [.........]

Et les organisateurs accentuent la pression, font état de leurs intentions, préparent  leur occupation des Champs Elysées, en prenant la dénomination de « Printemps français.  Nombreux sont ceux qui comprennent de quoi il s’agit : en référence aux printemps arabes, faire dégager Hollande, tout comme les peuples sont entrés en insurrection pour se débarrasser de dictateurs comme Ben Ali ou  Moubarak.

Certains ne masquent aucunement leur objectif , « faire tomber le gouvernement« . Ainsi ce twitt de Michel Janva, le principal animateur, selon Le Monde,  du « Salon Beige »

Ce gouvernement méprisant n’a pas encore compris que la #manifpourtous c’est le printemps français. S’il continue, il va tomber.

Sur certains blogs, on parle de  ce « printemps français » comme annonce d’une prochaine guerre civile. Tel celui-là, ci-contre, lepéniste, que les Debunkers ont déjà épinglé à plusieurs reprises, ainsi ce texte qui y est publié, un appel  aux militaires à préparer un Coup d’Etat (en bas de notre article sur les intox visant J.L.  Mélenchon)

Pendant ce temps,  voir encore ce même article Le Monde, se concrétise l’idée de déborder la police, d’occuper les Champs Elysées, d’y installer des tentes. On se prépare activement, de tous côtés…  Le Monde nous révèle encore un  message très explicite émanant d’une  mailing-liste d’une  paroisse, là aussi on appelle à occuper les Champs Elysées, à forcer les barrages de la police.

Pendant ce temps encore , « Nouvelles de France » un site de la droite catholique fait référence au Général Boulanger,qui au 19ème siècle avait renoncé au dernier moment à  faire un Coup d’Etat, et invite manifestants et organisateurs à ne pas faire marche arrière cette fois, à aller jusqu’au bout dans leur projet de coup de force et d’occupation des Champs Elysées….

 

Christine Boutin, pourtant ex-Ministre de la République, s’associe à ce mouvement fort douteux, mêle sa voix à celle à  de groupes fascistes descendants des ligues factieuses qui avaient tenté le coup du  6 février 1934 comme par ex,   ici l’Action Française . C’est ainsi qu’on trouve sur le sur le  site de Ch. Boutin , la dirigeante  Parti chrétien-démocrate,  cet  appel : « Afin d’amplifier ce mouvement de protestation du grand printemps français, je vous invite à venir avec une tente si vous en possédez une. Nous vous ferons parvenir des informations complémentaires dans les heures à venir. »

Et le jour de la manif, Christine Boutin  a trouvé « rigolo »  de tenter de forcer les barrages policiers, à la suite des militants d’extrême-droite… ! 

Et les députés UMP en rajoutent une louche dans la collusion avec les radicaux, demandent à présent une commission d’enquête sur le comportement de la police, faisant mine de s’étonner de l’interdiction de manifester sur les Champs Elysées,  cherchant donc à justifier l’action de tous ces groupes d’extrême-droite / droites extrêmes.

Et notre inénarrable Boutin (ou son entourage immédiat)  de persister encore plus fort dans le bidonnage et  ses incitations à l’insurrection,  comme le révèle RUE89 le 27 mars :

Les « escadrons de la mort » de Valls : Boutin renie « son » discours

Le texte a été posté mardi soir sur Le Salon beige, blog de référence dans les cercles catholiques ultra. Il est présenté comme un « discours de Christine Boutin, lu en son absence, à la grande marche pro-famille à Washington, au nom de la France ».

Intitulé « La résistance s’est dressée contre la folie de certains hommes », ce discours compare le comportement des forces de l’ordre lors de la manif du 24 mars à celui des « escadrons de la mort » :

« J’ai moi-même été victime de cette violence inadmissible et monstrueuse des forces de l’ordre, envoyées comme des escadrons de la mort par le gouvernement français contre les familles françaises, contre le peuple français. Forces de l’ordre qui n’ont pas hésité sur ordre du ministre de l’Intérieur, monsieur Manuel Valls, à gazer des enfants jusque dans leurs poussettes ! »

Quelques lignes plus loin, on lit que la France est « entre les mains de véritables dictateurs, qui n’hésitent plus à gazer les enfants comme dans les pires régimes de l’Histoire ».  [.............]

  •  Et « Frigide Barjot » ?
 Elle affirme avoir été débordée, la pauvre. Alors que les journalistes, (les Debunkers aussi),  ont relevé ses appels, ou ceux de la « Manif pour tous »,   à investir les Champs Elysées. Alors qu’elle appelle à une autre manifestation anti-Hollande pour jeudi 28, devant les locaux de France2, où F. Hollande doit se rendre pour son interview. Alors qu’elle sait pertinemment la volonté de « débordements » de ses troupes…. Nous en resterons-là.
http://planete-en-danger.net/debunkers/a-la-manif-anti-mariage-pour-tous-la-police-gaze-les-enfants-ecrase-une-femme-nombreux-bobards-mais-vraie-tentative-de-coup-de-force/
Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:14


Nous vivons une drôle d'époque, où est instruit en permanence le procès du passé. La France est un pays devenu incapable d'appréhender son histoire sans aussitôt déclencher, d'un même élan, le procès médiatique qui va avec. 

Tantôt c'est à charge : on se penche sur une période, sur la vie d'un homme, et on le juge et on le condamne sans attendre. Ces dernières semaines, François Mitterrand fut (encore !) soumis à ce traitement de faveur lors de la sortie du livre consacré à son action durant la Guerre d'Algérie. Un livre d'Histoire fut aussitôt transformé en réquisitoire par quelques unes de ces nouvelles plaies de la télévision que sont les "chroniqueurs" qui ont un avis sur tout et surtout un avis (comme le disait Coluche, je crois). 

Tantôt, c'est un procès en béatification. France 3 nous a ainsi offert hier trois heures consacrées au général de Gaulle, sa vie, sa gloire, sa vision, son génie, sa rebellion, son non de 1940 et bla bla. On a même vu Rama Yade et Manuel Valls venir nous expliquer qu'eux aussi, étaient des enfants de "mon général".

Cette  sempiternelle béatification médiatique de Charles de Gaulle est aussi réductrice que la permanente excommunication médiatique  de François Mitterrand. 

Par exemple, l'émission d'hier, notamment le débat animé par Poivre d'Arvor, ne permettait pas de mettre en relief le fait que le général de Gaulle était aussi un homme de son temps, né en 1890, dans une famille réactionnaire, et que de ce point de vue, certaines prises de position, choix cruciaux, grandes orientations de politique étrangère montraient qu'il ne s'était pas départi d'une certaine culture familiale. La preuve en trois citations :

"Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais -qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à chan­ger en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles." (Conférence de presse du 27 novembre 1967 / voir la vidéo sur le site de l'Ina) –


"Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture greque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de Musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain qua rante ? Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’ins taller en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! " (Cité par B. Stora, Le transfert d’une mémoire, Ed. La découverte, 1999) – 

"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites invi ter à déj euner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt."(Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. cité dans ses Mémoires, tome 2). 

Ca le fait un peu moins, hein ? Question béatification...

Que l'on ne se méprenne pas. Ce rappel n'a pas pour objet de se livrer à l'un de ces procès médiatiques comme on les aime aujourd'hui. Il s'agit simplement de souligner que toute approche historique nécessite que toutes les facettes d'un homme, d'une période soient exposées. Qui pourra nier que la vision que de Gaulle avait des Juifs l'a conduit à adopter à l'égard d'Israël une politique peu favorable ? Qui osera prétendre qu'il envoya à la mort quelques dizaines de condamnés (parfois illustres) sans que cela ne lui pose le moindre problème de principe ? Ca n'est pas en le repeignant uniquement en Saint visionnaire du monde des années 60 et de la France éternelle que l'on y parviendra. 

De Gaulle n'était pas, du point de vue historique, un bloc sans défauts ni aspérités. Hélas, cette façon distanciée de faire de l'Histoire semble se perdre dans notre univers politico-médiatique dominé par un émollient unanimisme... 

De Gaulle ne mérite pas la béatification médiatique dégoulinante que l'on nous sert depuis deux jours. Mieux encore, cela l'aurait beaucoup agacé de voir des "zozos" comme il le disait, se réclamer de son héritage alors qu'ils sont loin, loin, loin, si loin de lui.

PS : A voir et revoir, "Français, si vous saviez", de Harris et Sédouy.
Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:44

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:25

Gafsa : Des jeunes chômeurs en colère saccagent un bureau d’Ennahdha

La nuit du mercredi 27 mars a été très chaude à Mdhilla, cité minière du gouvernorat de Gafsa. En effet, des affrontements auraient opposé des jeunes chômeurs de la région et des forces de l’ordre, ces dernières ayant fait usage des bombes lacrymogènes pour calmer les jeunes en furie.

Selon nos informations, les jeunes ont attaqué le siège du parti Ennahdha, saccageant au passage mobilier et détruisant des documents.

Ces affrontements ont commencé lorsque des jeunes sans travail ont barré la route menant au site minier pour empêcher les travailleurs de s’y rendre. On dénombre des blessés et quelques arrestations du côté des manifestants.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Farouk, Directinfo, 28 mars 2013)

Posted in L'insurrection tunisienne et ses suites | Tagged EnnahdhaGafsaMdhilla | Leave a comment

[Révolution égyptienne] Sit-ins du 29 mars au Caire, Alexandrie, Mahalla, Zagazig, Nasr City

Égypte : des heurts au Caire et à Alexandrie entre pro et anti-Morsi

Des heurts ont éclaté vendredi 29 mars au Caire et dans la deuxième ville d’Égypte, Alexandrie, entre opposants et sympathisants du président islamiste Mohamed Morsi, faisant dix blessés, a indiqué l’agence officielle Mena.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/235.jpg

Des manifestants anti-Morsi au Caire, le 29 mars.

Les heurts les plus violents ont eu lieu à Alexandrie où neuf personnes ont été blessées et hospitalisées à la suite d’affrontements dans le quartier de Sidi Gaber près des bureaux des Frères musulmans, le mouvement dont le président est issu, a précisé Mena citant un responsable du ministère de la santé, Khaled al-Khatib. Des forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les protagonistes, selon l’agence, ajoutant qu’opposants et sympathisants de M. Morsi ont échangé des jets de pierres et des cocktails Molotov.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/261.jpeg

#Alexandria protestors head to FJP HQ w/ Resign Murderer signs. MB youth guard HQ, awaiting attack v Albadaiah news

30 LOCAUX DES FRÈRES MUSULMANS ATTAQUÉS CES DERNIÈRES SEMAINES

Au Caire, une personne a été blessée au cours d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant la Haute cour de justice, où les protestataires réclamaient la démission du procureur général Talaat Abdallah nommé en décembre par M. Morsi. Le 22 novembre, le président islamiste Mohamed Morsi avait limogé l’ancien procureur général Abdel Meguid Mahmoud, nommé sous le président déchu Hosni Moubarak, et l’avait remplacé par M. Abdallah après s’être attribué des pouvoirs exceptionnels par décret.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/241.jpeg

At High Court. Protest of hundreds. Chanting against mourshid. Kefaya flags. #egypt

Cette décision avait provoqué une fronde au sein du pouvoir judiciaire qui avait dénoncé une atteinte à son indépendance. Mais mercredi, la cour d’appel du Caire a ordonné l’annulation du limogeage d’Abdel Meguid Mahmoud et le retour de ce dernier à son poste.

À Mahalla, une ville du centre du pays, des manifestants qui n’étaient pas parvenus à pénétrer dans des bureaux du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, ont mis le feu à une voiture proche du bâtiment, selon Mena. Plus de 30 locaux des Frères musulmans ont été attaqués dans le pays au cours des dernières semaines lors de manifestations contre le président.

Les Frères musulmans et les salafistes dominaient l’Assemblée élue à l’hiver 2011/2012 et dissoute en juin 2012, après une décision de la plus haute juridiction d’Égypte jugeant la loi électorale anticonstitutionnelle. En décembre, des violences entre pro et anti-Morsi avaient fait 11 morts dans des affrontements devant le palais présidentiel.

Publié par le savoir-faire français (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 29 mars 2013)

 

(…) Protesters and riot police also clashed in the Nile Delta city of Zagazig,after demonstrators tried to torch a Muslim Brotherhood office. (…)

Presse contre-révolutionnaire (AP & Ahram Online, 29 mars 2013)

 

Police vehicles torched during anti-Morsi rallies in Egypt’s Mahalla

Muslim Brotherhood members in Mahalla protect their office in fear of any attack.

Tens of protesters in Egypt’s industrial city of Mahalla torched a police vehicle on Friday, during demonstrations against president Mohamed Morsi.

The march was part of a nationwide call to protests the recent summoning of several activists by the prosecutor-general.

Members of the Muslim Brotherhood in Mahalla for their part have formed human chain around the building where the headquarter is located in, for fear of any potential assaults.

Last Friday’s the Brotherhood’s Freedom and Justice Party office was attacked with Molotov cocktails that set the building alight.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 29 mars 2013)

 

April 6 protesters clash with police Friday

Four arrested and dozens injured as hundreds of April 6 Youth Movement members taunt interior ministry at a protest in Nasr City, Cairo

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/245.jpg

April 6 protesters taunt police be holding up underwear

Clashes broke out between hundreds of protesters and police in the early hours of Friday in front of the residence of Egypt’s interior minister in Cairo’s Nasr City district, Ahram’s Arabic-language news website reported.

Around 400 members of the April 6 Youth Movement staged a protest at dawn on Friday against what they describe as heavy-handed tactics employed by Egypt’s interior ministry. They also demanded the release of fellow activists who were arrested during a recent attack by security forces on Tahrir Square.

Police forces fired teargas to disperse the crowd who were chanting against Egypt’s interior minister, Mohamed Ibrahim, and his crackdown on protesters and political activists.

Dozens suffered from asphyxiation due to the dense volleys of teargas fired. The group claimed at least two of its members were injured by birdshot pellets.

Four were arrested after some protesters deployed derogatory chants against the ministry, describing it as a “prostitute” while holding aloft underwear.

In a statement issued early on Friday, the April 6 Youth Movement’s Democratic Front condemned the brutality and repressive measures used by the interior ministry.

“Such violence and abuse from police will never pass unnoticed,” read the statement. “Any bloodshed [of our members] will lead to an outrage that neither the interior ministry nor the regime has seen before.”

On Wednesday, 53 activists were arrested when security forces raided Tahrir Square and removed barriers erected by protesters which were obstructing traffic. Activists returned shortly afterwards and again closed the square off to traffic.

Anti-government activists have held an intermittent sit-in in Tahrir Square since 22 November, when President Mohamed Morsi issued a highly controversial presidential decree that temporarily shielded his decisions from judicial oversight.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 29 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:21

Ci-après, notre communiqué suite à l’action d’aujourd’hui (29 mars 2013 à 17h) contre les bureaux de l’architecte Jacques Ferrier, qui a été choisi pour faire le design et les plans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Jacques a dit « Sabote le hall de Ferrier ! »

Le site de Vinci Airports présente Jacques Ferrier comme « l’un des architectes les plus engagés en matière de développement durable ». Alors nous qui nous préoccupons de nature et d’espaces vierges à Notre-Dame-des-Landes, on a décidé de venir le voir à Paris pour lui rappeler qu’un aéroport, par nature, ça n’est pas très « développement durable ».

Car Jacques Ferrier a choisi, après avoir fait le design d’un premier aéroport à Toulouse, de collaborer avec Vinci pour les plans du futur aéroport Grand Ouest. C’est ça le capitalisme vert. Grand bien lui fasse, le fric n’a pas d’odeur. Pour autant, il nous tardait de lui faire part de notre mécontentement et voilà qui est fait.

Bien fait !

Il se cachait bien Jacques, au 77 de la rue Pascal, pensant que nous n’avions pas capté son jeu. Et bien non, on vous avait prévenu : la ZAD est partout ! Nous sommes donc venus repeindre son hall d’architecte avec des extincteurs remplis de peintures verte et marron. À force de concevoir des colosses de béton et de verre, il fallait bien que Jacques se mette un peu au vert…

Mais que Jacques se rassure, des architectes comme lui, il y en a beaucoup. Et nous ne nous priverons plus désormais de leur rendre visite.

Merde aux bétonneurs et aux promoteurs de l’immonde ! Merde à Vinci et à son monde !

Quelques peintres en bâtiment solidaires

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:56

Guy Debord à la BNF : ni dogme, ni maître

La Bibliothèque nationale de France, qui possède l’intégralité du fonds Guy Debord,consacre une exposition au fondateur de l’Internationale Situationniste. Pas évident, quand on a pris soin de dynamiter le spectacle, la marchandisation… et prôné le détournement.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/013.jpeg

Guy Debord à la BNF : l’intéressé aurait sûrement pourfendu cette intronisation.

Enragé, théoricien et stratège. Ce sont les seules étiquettes que Guy Debord tolérait le concernant. Lui qui réfutait les titres, les dogmes, les partis, lui qui refusait de faire école et n’eut pas d’héritiers, bien que beaucoup se réclament de lui aujourd’hui. Alors, quand la BNF a acquis ses archives et que celles-ci ont été classées “trésor national” en 2009, ça l’aurait bien fait rire. Lesdites archives ont été défrichées par les deux jeunes commissaires de l’exposition, Laurence Le Bars et Emmanuel Guy. Ils présentent avec passion une pensée déroutante, parfois ardue, riche d’échos contemporains.

Un univers visuel fort

Belle idée que d’accueillir le visiteur par une forêt de fiches de lecture. 1400 feuillets inédits, couverts d’une écriture serrée, enfermés dans des murs de verre. “Pour savoir écrire, il faut avoir lu”, disait Debord, “et pour savoir lire, il faut savoir vivre.” Laurence Le Bars précise que “Debord n’était pas le froid stratège qu’on imagine. Nous avons voulu redonner chair à toute cette époque, avec des portraits, des archives de l’INA, des entretiens filmés par Olivier Assayas…” Sans oublier l’univers pictural : les tableaux d’Asger Jorn, les cartes de Paris, la revue de l’Internationale Situationniste.

L’art du slogan

“À bas la société spectaculaire-marchande”, “Fin de l’université”, “Abolition de la société de classe”… Les slogans situationnistes s’affichent en grandes lettres noires. Mai 68 marque le point culminant de ce combat contre le “vieux monde”, précise Emmanuel Guy, “quand les situationnistes tirent à boulets rouges sur les gauchistes”. Mais la trace écrite la plus connue de Debord reste son livre La Société du spectacle, bréviaire situ rédigé sur trois cahiers à spirale “désespérément propres selon le département des manuscrits”, s’amuse le commissaire.

Les grands détournements

“On oublie que Debord avait un rapport permanent entre le ludique et le sérieux”, rappelle Emmanuel Guy. Les autres situationnistes aussi, vu les drôles de vidéos de René Viénet. Le cinéaste a détourné des films de propagande maoïste pour dénoncer le régime chinois dans les années 70 (La dialectique peut-elle casser des briques ?, hilarant). En 1993, Michel Hazanavicius réalise Le grand détournement : on comprend pourquoi il l’a dédié à Guy Debord.

Presse confusionniste (Jennifer Lesieur, Metrofrance.com, 27 mars 2013)

 

Guy Debord, un regard radical sur notre société

Expo | Guy Debord dénonçait les dérives de notre société marchande dès les années 50. Retour sur l’œuvre d’un insurgé, à qui la BnF (Paris) consacre une expo à partir du mercredi 27 mars 2013.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0222.jpg

Guy Debord, en septembre 1969.

On connaît – du moins l’a-t-on cru et dit longtemps – peu de photographies de Guy Debord (1931-1994). Ce qui n’empêche pas qu’existent de lui de multiples images. Fragments d’une vie et d’une légende. L’image d’un jeune homme de 22 ans, inscrivant, un jour de 1953, sur un mur de la rue de Seine, le slogan devenu fameux : « Ne travaillez jamais », sorte de tract inaugural tracé à la craie, premier acte symbolique d’une révolte politique et esthétique contre l’ordre établi et le mol confort de la France des Trente Glorieuses. L’image du chef de bande, un rien voyou, vaguement clandestin, presque gourou, fondant en 1957 l’Internationale situationniste et dirigeant sa petite troupe d’activistes avec l’autorité et la stratégie d’un chef de guerre.

L’image du théoricien politique radical, fuyant farouchement les médias, méditant sa lecture de Marx pour écrire et publier, quelques mois avant l’embrasement de Mai 68, un essai dont le titre a connu une rare et équivoque fortune : La Société du spectacle (1967). Celle du cinéaste héroïque, livrant à l’incompréhension du plus grand nombre une poignée de films qu’il revendiquait sans « aucune concession pour le public ». Celle, enfin, de l’ermite de Haute-Loire, l’autobiographe de Panégyrique (1989), sorte de Méphisto panaroïaque et bizarre pour les uns, épicurien sensible et généreux pour les autres ; quoi qu’il en soit, vivant retiré du monde, lisant, écrivant et buvant beaucoup – au point d’en tomber gravement malade. Ultimement tiré de l’oubli où il s’était laissé glisser par l’annonce de son suicide, le 30 novembre 1994.

Le spectacle, c’est la mort

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0322.jpg

1967. Comics détournés pour l’annonce de la parution de La Société du spectacle chez Buchet-Chastel.

La « société du spectacle » est incontestablement le concept, et l’ouvrage, qui a fait et fait encore la postérité de Guy Debord. Devenu, dans le langage courant, une sorte de dénonciation de l’emprise excessive des médias, La Société du spectacle, essai plutôt difficile d’accès, est en fait bien plus que cela : un pamphlet anticapitaliste virulent et argumenté. La cible de l’auteur, et il le redira en 1988 dans ses Commentaires sur la société du spectacle, c’est « l’accomplissement sans frein des volontés de la raison marchande », « le règne autocratique de l’économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne ».

Pour la première fois dans l’histoire des hommes, ajoute Debord, « les mêmes ont été les maîtres de tout ce que l’on fait et de tout ce que l’on en dit ». C’est la concentration de tous les pouvoirs dans les mains de quelques-uns, le totalitarisme de la marchandise, l’aliénation de l’individu dont l’existence est au service de ladite marchandise. « Quand l’économie toute-puissante est devenue folle […] les temps spectaculaires ne sont rien d’autres », conclut Guy Debord.

La vie d’abord

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0416.jpg

Internationale lettriste, tract, décembre 1955.

« On veut plaisanter en disant que je m’emploie “depuis trente ans à défaire le système général d’illusion qui englue l’Est comme l’Ouest”. Je me suis employé d’abord et presque uniquement à vivre comme il me convenait le mieux », note Guy Debord, dans Cette mauvaise réputation (1993). Né à Paris en 1931 dans une famille de la moyenne bourgeoisie, orphelin de père à 4 ans, Guy Debord a grandi à Nice, avant de revenir dans la capitale à la fin de l’adolescence. À 19 ans, il est membre du mouvement lettriste, une avant-garde artistique, sorte d’héritière du surréalisme et du dadaïsme. En 1952, il fait dissidence pour fonder l’Internationale lettriste, puis cinq ans plus tard, en 1957, l’Internationale situationniste. « Le mouvement situationniste se définit comme une sorte de réalisation de la poésie dans la vie, explique Patrick Marcolini, philosophe et spécialiste de l’histoire du mouvement [Le Mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle, éd. L'Échappée, 338 p., 22 €]. Il prône un retour au sensible, au réel, à la vie quotidienne. »

Une avant-garde politique et artistique

« L’Internationale situationniste (IS) n’est pas une association, mais un mouvement complètement informel, qu’on intègre par un processus d’adoubement », expliquent Laurence Le Bras et Emmanuel Guy, commissaires de l’exposition de la BnF « Guy Debord. Un art de la guerre ». Et que l’on quitte souvent parce qu’on en est exclu… De 1957 à 1972, année de sa dissolution, l’IS aura compté, en tout et pour tout, et dans tous les pays où elle est présente (essentiellement la France, la Scandinavie, l’Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis), de soixante-dix à quatre-vingts membres, « et jamais plus de dix personnes à la fois ». Les plus célèbres : Michèle Bernstein (née en 1932, et qui fut la première épouse de Guy Debord), le peintre danois Asger Jorn (1914-1973), l’essayiste belge Raoul Vaneigem (né en 1934, auteur en 1967 d’un célèbre Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations), l’Italien Gianfranco Sanguinetti… Aux membres, s’ajoutant des sympathisants, des amis, sortes de compagnons de route.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0515.jpg

Les cibles représentaient des portraits des dirigeants des deux blocs, Est et Ouest. En arrière-plan, les directives nos 1 et 2 de Guy Debord. Internationale situationniste, exposition. Destruktion af RSG-6. Galerie EXI, Odense (Danemark) Juin 1963.

L’objectif du mouvement : « la contestation révolutionnaire radicale », résument Laurence Le Bras et Emmanuel Guy. Être des acteurs de l’Histoire et non des spectateurs. Dans une livraison de leur revue, en 1963, on trouve ce développement : « Nous prenons volontiers l’habitude de regarder l’histoire et l’évolution comme des forces qui vont implacablement, tout à fait en dehors de notre contrôle […]. Nous, les gens créatifs dans tous les domaines, devons nous défaire de cette attitude paralysante, et prendre le contrôle de l’évolution humaine. » La particularité de l’IS, au sein d’une époque d’intense activisme politique : « le nouage entre le politique et l’artistique ».

Avant-garde artistique à l’origine, l’IS n’oublie pas cet héritage lorsque, au début des années 60, elle investit de plus en plus le champ politique. « Il s’est agi alors, pour Guy Debord, de faire concorder la critique de la société qu’ont développée les sciences humaines dont il s’est nourri (la philosophie, la sociologie, etc.) avec la critique portée à leur façon par les avant-gardes artistiques, telles que le surréalisme, le dadaïsme, précise Patrick Marcolini. L’idée est d’englober tous les aspects du savoir et de la culture. »

« De cet héritage artistique, les situationnistes ont acquis une sorte de savoir-faire, poursuit Laurence Le Bras. Cela se manifeste notamment par leur revue, leurs tracts, dont le niveau graphique est très sophistiqué. Le souci esthétique est constant, rien n’est laissé au hasard : le graphisme, la mise en pages, le choix du papier, la qualité d’impression. Pour eux, être efficace, c’est lier la forme et le contenu. »

Le maître de guerre

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0615.jpg

Guy Debord, Cannes, villa Meteko, avant 1950.

« Les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers ; ses habitants sont divisés en deux partis, dont l’un veut qu’elle disparaisse… » Le ton de la préface qu’a donnée Guy Debord à l’édition italienne de La Société du spectacle est sans ambiguïté : contre le « spectacle », c’est une guerre qu’il convient de mener. Guy Debord est un lecteur assidu de Clausewitz, des Mémoires de Jean-François Paul de Gondi, alias le cardinal de Retz, de L’Art de la guerre, le classique chinois du Ve siècle avant J.-C… « Nous voulons que les idées redeviennent dangereuses », prône de son côté la revue Internationale situationniste, en 1967.

Parmi les quelque 1400 fiches de lecture rédigées par Debord tout au long de sa vie et mises au jour au moment du rachat de ses archives par la BnF, « un tiers a trait à l’art de la guerre et à la stratégie », notent les commissaires de l’exposition. Les armes de Guy Debord et des « situs » dans la guerre qu’ils ont engagée : des textes théoriques, des tracts en prise avec l’actualité, mais aussi le détournement humoristique des images fabriquées par le « spectacle » – les publicités, surtout. Et du bruit, du scandale, quand l’occasion s’en présente…

Des moteurs de Mai 68

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0714.jpg

Guy Debord, Directive n°1 : « Dépassement de l’Art ». Huile sur toile, 17 juin 1963.

« Durant les années 50 et au début des années 60, l’influence des idées situationnistes est marginale, observe Patrick Marcolini. Le mouvement est d’ailleurs tenu à l’écart de la vie intellectuelle française par tous ceux auxquels il s’attaque, c’est-à-dire à peu près tout le monde. Notamment Sartre, et avec lui tous les intellectuels de gauche engagés auprès de l’URSS ou de la Chine de Mao, dénoncés par les situs comme complices des régimes totalitaires – qui, pour Debord, sont de simples variantes du capitalisme, dans lesquelles le parti et sa bureaucratie exercent la fonction que la bourgeoisie exerce en Occident. » Il faut attendre le milieu des années 60 pour que les publications situationnistes commencent à être lues, en particulier dans les milieux étudiants. « En 1968, cela explose, poursuit Patrick Marcolini. Les situs sont alors identifiés par les médias comme des acteurs à part entière de la révolte étudiante, et même un de ses moteurs. »

Debord déborde

Après la dissolution de l’IS par Debord, et le retrait de celui-ci, à l’étranger d’abord puis dans sa maison de Haute-Loire, c’est la contre-culture qui s’est chargée de véhiculer, de façon souvent aseptisée, vidés de leur contenu, les concepts situationnistes. Le décès de Debord, en 1994, viendra renverser la tendance et lui donner une nouvelle visibilité. Patrick Marcolini : « Aujourd’hui, dans le grand public, les idées “situ” se sont diffusées et éparpillées, avec toutes les dénaturations que cela suppose. C’est devenu un label de rébellion, de radicalité. Debord et les situs connaissent cependant une postérité plus féconde dans la mouvance de l’ultragauche : les altermondialistes, les anarchistes, les autonomes, les partisans de l’auto-organisation et des conseils ouvriers… »

Mais on lit et on cite aussi Debord aujourd’hui dans les cercles dirigeants : les milieux de la communication, les médias, la politique, même les écoles de guerre. Paradoxal ? Pas si sûr, estime Patrick Marcolini, « les tenants de l’ordre pouvant trouver, dans un traité commeLa Société du spectacle, écrit pour servir un travail révolutionnaire, des pistes pour maintenir le pouvoir en place ». Preuve ultime, peut-être, de la vitalité préservée de la pensée de Guy Debord.

Presse confusionniste (Nathalie Crom, Télérama n° 3297, 23 mars 2013)

 

Le cinéma sans cinéma ou l’œuvre fantomatique de Guy Debord

Cinéma | Au grand écran qui abrutit le spectateur, Debord répond par des anti-films détournant les images. Sa filmographie est projetée en continu et en libre accès durant l’expo de la BnF.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1016.jpg

Photographie de tournage de Critique de la séparation, 1960. De dos : Guy Debord ; derrière la caméra : André Mrugalski, chef opérateur.

« Il n’y a pas de film. Le cinéma est mort. Il ne peut plus y avoir de film. Passons, si vous voulez, au débat. » Rien à voir, mais tout à dire, semblent crier ces mots, échappés deHurlements en faveur de Sade. Nous sommes en 1952 : curieuse entrée en matière pour un premier film ; d’emblée, la voix prime sur l’image, absente. C’est sur ce mode nihiliste que Guy Debord, chantre d’un « terrorisme cinématographique », fait ses armes à l’écran. Son film ne contient aucune image : une bombe les a détruites, laissant, en guise de décombres, une alternance d’écrans blancs doublés d’une bande-son, et d’écrans noirs muets, menaçants. Une table rase tout avant-gardiste, pendant du Carré blanc sur fond blanc, de Malevitch, ou des assourdissants silences de John Cage.

Mais Debord n’en reste pas là : ses courts métrages suivants, Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (1959) et Critique de la séparation(1961), expérimentent la technique du détournement, pointe acérée de la critique situationniste. Toute son œuvre cinématographique détournera ainsi des images existantes (publicités, actualités, extraits de films, etc.), en les accompagnant de ses mots à lui. Voir, ici, c’est lire ou écouter – le panache des titres le dit assez. Les scripts des trois premiers films composent un livre bien nommé, Contre le cinéma (1964). Le cinéma, qui repose sur la passivité du spectateur, est l’antre de la société du spectacle. Anéantir le cinéma et renverser la société ne forment qu’un seul projet, esthétique et politique.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1114.jpg

Publicité pour des maillots de bain, La Société du spectacle, 1973. Debord y a apposé des calques avec des indications de recadrage pour son film.

Galvanisé par sa rencontre avec le producteur Gérard Lebovici, Guy Debord adapte en 1973 La Société du spectacle (1967), et fait la nique à Eisenstein qui, lui, avait échoué à porter à l’écran Le Capital, de Marx… Le commentaire du film est entièrement composé d’extraits de l’ouvrage, déclamés sur fond d’images d’archives : le fétichisme de la marchandise s’incarne ainsi dans des photos de filles en bikini. Unique théoricien cinéaste, le stratège se veut aussi critique en chef, quand il verrouille la réception de son film dansRéfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film « La Société du spectacle » (1975) !

Cette guerre connaît un coup fatal : suite à l’assassinat de Lebovici en 1984, Debord interdit toute projection de ses films, redoublant la mise au tombeau qu’ils constituaient déjà. De longues années de purgatoire s’ensuivent. « Le cinéma de Debord est en partie constitué par l’aura de son invisibilité », note le cinéaste Olivier Assayas, qui joua un rôle majeur dans la redécouverte des films de l’insurgé, projetés à Venise en 2001, et réunis en 2005 dans un coffret DVD.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1211.jpg

In girum imus nocte et consumimur igni, de Guy Debord, 1978.

Noire et blanche, l’œuvre fantomatique de Debord est un mélange inouï de proférations sentencieuses, assassines, et d’émotion lyrique, proprement élégiaque. De cet écrin, le film ultime In girum imus nocte et consumimur igni (1978) se révèle le secret joyau. Ce titre palindrome – à lire dans les deux sens – signifie en latin « nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu ».

Le long métrage réaffirme une radicalité souveraine – « Je ne ferai, dans ce film, aucune concession au public » – en dessinant une perfection circulaire, retour autobiographique sur son parcours de révolutionnaire et lettre d’amour au Paris perdu de sa jeunesse. Constellée par les motifs de l’eau et du feu, par de longs extraits des Enfants du paradis, des Visiteurs du soir et de La Charge de la brigade légère, par des travellings originaux de la lagune de Venise, la révolution opérée par ce film est « à reprendre depuis le début ». Aucun bonus n’est donc possible, sinon une diabolique bande-annonce : « Au moment de créer le monde, j’ai su que l’on y ferait un jour quelque chose d’aussi révoltant que le film de Guy Debord intitulé IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI ; de sorte que j’ai préféré ne pas créer le monde. » Signé : Dieu.

Presse confusionniste (Juliette Cerf, Télérama n° 3297, 23 mars 2013)

 

Philippe Sollers : “Debord est une bibliothèque ambulante”

Entretien | À l’occasion de l’ouverture de l’expo sur Guy Debord à la BnF, nous avons rencontré l’écrivain Philippe Sollers, qui le considère avant tout comme un métaphysicien.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0813.jpg

Guy Debord, Aubervilliers. Au fond, les Grands Moulins de Pantin [1952].

Il existe, entre Guy Debord et vous, des points de rencontre : l’importance des lectures, une clandestinité revendiquée, l’intérêt pour la stratégie militaire…

Le point de rencontre, s’il y en a un, c’est la question du style. Non pas dans l’écriture, mais dans la façon de vivre. La phrase de Debord que je préfère et que je réemploie volontiers, c’est : « Pour savoir écrire, il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre. » Guy Debord a fait de son existence tout entière, avec un acharnement remarquable, jusqu’à la suppression de soi, une épreuve de liberté constante.

En n’adhérant jamais à rien, et en restant toujours dans une position de clandestinité, autrement dit de guerre. Ce qui est impressionnant, chez lui, c’est cette fermeté, cette tenue. Ses façons de procéder sont absolument différentes des miennes – je n’ai pas choisi, comme lui, la position du retrait, plutôt celle de l’utilisation à haute dose de la technique médiatique, mais le but est le même.

Comment définiriez-vous la guerre de Debord, quel est l’ennemi ?

L’ennemi, c’est le formatage des cerveaux, l’ignorance, l’analphabétisme virulent. « En poésie, c’est toujours la guerre », disait déjà Mandelstam.

L’importance des citations, dans l’élaboration de vos textes, vous est aussi commune. Citer un auteur, un poète, cela prouve, écrivez-vous, « une certaine continuité secrète et claire de l’Histoire et du temps » [Lire La Guerre du goût, Discours parfait…]

Debord est une bibliothèque ambulante. Sa culture est considérable, son art des citations le prouve. C’est aussi un grand poète. L’écriture de Debord, c’est de la grande prose, venue des maîtres du genre qu’il connaît par cœur : Saint-Simon, Retz, Bossuet… La poésie pense davantage que la philosophie, je le crois vraiment. La vision du monde et de l’Histoire de Guy Debord passe par la littérature, la pensée poétique. Ont compté pour lui Dante, Shakespeare, Cervantès, les historiens grecs, les poètes chinois. Et, du côté des écrivains français, Villon, Montaigne, évidemment Lautréamont…

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0913.jpg

Quel est, selon vous, le grand malentendu sur Guy Debord ?

On en fait un sociologue, ou un idéologue politique, alors qu’il est un grand écrivain métaphysique, voilà le grand malentendu. C’est un métaphysicien, et ce qui l’intéresse, donc, c’est la question du temps. Et celle de l’espace. Le corps de l’individu dans le temps et dans l’espace.

La faculté de la poésie à inventer une façon singulière d’être dans le temps, à proposer une autre vision de l’Histoire, où les morts peuvent être plus vivants que les vivants. Tout cela est sévèrement réprimé par l’ignorance contemporaine. On a accusé Debord d’être complotiste, paranoïaque. Mais, bien sûr, il y a complot ! De la marchandise, contre l’intelligence. Debord évoque à ce sujet le diable, « l’adversaire » – c’est en cela qu’il est métaphysicien.

Presse confusionniste (propos recueillis par Nathalie Crom, Telerama.fr, 26 mars 2013)

 

Guy Debord, pensée classée

Critique Fonds. À la BNF François-Mitterrand débute aujourd’hui une exposition des archives de l’écrivain gourou situationniste. Une première.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/131.jpeg

Un photomontage de 1958 issu de l’ensemble des Chutes de phrases (après Mémoires).

Nota bene : tout a commencé par un arrêté paru au Journal officiel en date du 29 janvier 2009, qui a classé les archives de Guy Debord (1931-1994) « trésor national ». La manœuvre d’État visait à éviter la fuite du beau lot vers l’université américaine Yale, qui le guignait. La Bibliothèque nationale de France (BNF) a acquis le fonds, via le mécénat, de la veuve du situationniste, Alice Debord. Le paradoxe reste entier : un ennemi de la société, des distinctions et des promotions, bien au chaud dans une institution « spectaculaire ». Chacun peut y aller de ses arguments, pour ou contre. Mais quatre ans après les faits, une exposition dévoile le legs debordien. On peut gloser : l’étendue du désastre ou de la découverte est là, de visu et in situ.

Slogans. C’est une première « rétrospective » de l’écrivain, poète, cinéaste, de l’inclassable figure qu’était Guy Debord, après une poignée d’expositions sur le mouvement situationniste. Dans le catalogue [« Guy Debord, un art de la guerre », dir. par Emmanuel Guy et Laurence Le Bras, Gallimard, 224 pp., 39 €], Fanny Schulmann raconte l’inauguration ratée ou réussie, toujours selon l’angle d’attaque, de celle au centre Pompidou, en février 1989. Le soir même du vernissage, les employés de l’établissement en grève distribuaient un tract reprenant les slogans et l’imagerie situationniste pour dénoncer leurs conditions de travail. « L’événement résonne avec force pour qui comprend la tension inhérente à tout projet d’exposition au sein d’une institution patrimoniale d’un mouvement tel que l’IS [l’Internationale situationniste, ndlr] », écrit-elle. Détourneurs détournés…

Exposer Debord, c’est dépasser l’antithèse contenue dans l’association des deux mots, oui mais comment ? L’auteur de la Société du spectacle (1967) y a finalement lui-même contribué. Premier archiviste de son œuvre, il a compilé, rangé, classé pour une postérité. « Il y a une continuité dans les avant-gardes au XXe siècle dans la volonté de conserver sa propre archive, de faire sa propre histoire au sens matériel », estime le philosophe Patrick Marcolini, auteur d’une histoire intellectuelle du situationnisme [« Le Mouvement situationniste, une histoire intellectuelle », L’Échappée, 338 pp., 22 €]. Ainsi Debord racontait-il en octobre 1994 à son ami Ricardo Paseyro : « Nous avons fait le tri, brûlé une masse de papiers inutiles et gardé ici à la disposition de mes lecteurs tout ce qui importe. » Le 30 novembre, Guy Debord atteint de polynévrite alcoolique, se suicidait dans sa maison de Champot (Haute-Loire).

Premier challenge auquel se sont confrontés les commissaires de l’exposition : briser l’image du révolutionnaire aux cheveux hirsutes et misanthrope. « Rendre aimable quelqu’un qui n’a rien fait pour l’être », résume Emmanuel Guy. Donner de la chair, sans trop en faire, à un théoricien froid et fuyant. Éviter le fétichisme de mauvais aloi et donc exit la table de travail, celle sur laquelle fut rédigée la S de S, la veste en tweed, les lunettes et la machine à écrire. Pour incarner l’homme, un prologue montre le contexte désœuvré de sa jeunesse, les lieux de déambulation parisienne de cet adepte de la psychogéographie et les images en noir et blanc d’un Saint-Germain-des-Prés du début des années 50, où sévissait alors l’Internationale lettriste et l’écho du « Ne travaillez jamais ». Tout au plus, en fait d’objets personnels, y découvre-t-on ce fascinant plateau du Jeu de la guerre, matérialité de la double hélice interne de son inventeur, le stratège et le joueur (lire ci-contre). Le cœur, le centre en fusion de l’œuvre, tient dans la masse de fiches de lectures cartonnées, près de 1400 au total, compilées depuis 1954 jusqu’à la fin de sa vie.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/141.jpeg

Fiche de lecture de Debord.

Réservoir. Un ensemble inédit, mis en scène sur de longues colonnes de Plexiglas, dans un ovale au centre de l’exposition de la BNF. Une bibliothèque portative et intérieure, à côté de l’autre, la matérielle qui a été écrémée, modifiée au cours de ses nombreux déménagements. Debord avait organisé thématiquement ces fiches dans des chemises vertes cartonnées. Ce grand lecteur de Clausewitz, Hegel ou encore Machiavel n’annotait jamais ses livres et reportait sur ces petits rectangles de bristol citations et commentaires qui constituaient ensuite la matière première de ses écrits. Un tiers concerne la stratégie et l’histoire militaire, mais il y a aussi un dossier, « Poésie etc. » Un aperçu émouvant de la sensibilité de l’écrivain. « C’est comme si on se penchait sur l’épaule de Debord, commente la commissaire de l’exposition Laurence Le Bras. L’histoire de la pensée défile sous nos yeux, avec toutes ses références, y compris celles non réutilisées. » Un réservoir d’où tout émane, et vers lequel il revient tout au long de sa vie. « En 1988, renchérit Patrick Marcolini, il commente une fiche rédigée en 1954 : “En 1954, j’étais bien optimiste.” »

Support de mémoire et aussi source de détournement, l’une des pratiques d’écriture « situ » par excellence. Debord prélève dans des textes des phrases qui feront sens mises bout à bout, ou modifiées d’un terme. Parfois, il griffonne même en marge un enthousiaste « dét ! » pour détournement. Sa façon à lui de prendre au spectacle ce que le spectacle a pris.

La Société du spectacle est ainsi un ouvrage théorique mais aussi un collage littéraire avec du Lautréamont, du Marx, etc., dialoguant sous la surface. Dans l’inventaire des fiches présentées, on perçoit parfois des élans romantiques, loin de l’image du Debord froid. « Nous étions couchés ici dans les ténèbres bruissantes, nous cherchions l’entrée du monde », pioche-t-il dans les Réprouvés, d’Ernst von Salomon.

Distance. L’exposition peut paraître parfois ardue au néophyte, mais le visiteur y trouve, en parallèle à une histoire intellectuelle et aussi collective, celle d’une vision inflexible, sérieuse et ludique de la société et de ses kystes. Elle instaure une distance historique avec un personnage connu pour avoir suscité une postérité mimétique et intransigeante. Debord copiait aussi Don Quichotte. « Ami Sancho, lui dit-il, apprends que ciel m’a fait naître pour ramener l’âge d’or en ce maudit siècle de fer ; c’est pour moi que sont réservées les grandes actions et les périlleuses aventures. »

Tactiques sur un plateau

Le « Jeu de la guerre », conçu en 1956 par l’auteur, friand de stratégies, est l’emblème du parcours de la BNF.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/15.jpeg

Alice et Guy Debord jouant au Jeu de la guerre, en août 1987.

C’est le « clou », comme on le dit d’un spectacle… Un ensemble indéniablement prenant de l’exposition, dans lequel semblent se côtoyer l’enfance et la rouerie, la stratégie et le jeu, la révolution et la théorie. Au centre de la salle, aux côtés de soldats de plomb, l’un des cinq exemplaires — fait maison, en 1978 — du Jeu de la guerre, avec ses 34 pièces. Dans une note inédite et non datée, Debord reconnaît : « J’ai un côté tout à fait puéril, et je m’en réjouis : les cartes, les kriegspiel, les soldats de plomb. J’ai aimé aussi des jeux plus grands : l’art, les villes, le bouleversement d’une société. »

Pions stylisés. L’un des enseignements des archives Debord tient dans la découverte de l’ampleur que prenait chez lui le goût de la stratégie militaire. Un tiers des fiches de lecture sont regroupées sur ce thème, comme un tiers de sa bibliothèque. Et dès 1956, il imagine ce jeu de stratégie, plutôt de guerre de mouvement, avec un plateau de cuivre et des pions stylisés. Les deux adversaires doivent placer leurs pions en début de partie sans connaître le plan de l’ennemi, contrairement aux échecs [« Le Jeu de la guerre, relevé des positions successives de toutes les forces au cours d’une partie », avec Alice Becker-Ho, éditions Gérard Lebovici, 1987.]. Son principe : « Le but de chaque camp est la destruction du potentiel militaire de l’autre. Ce résultat peut être obtenu soit par la destruction de toutes les unités combattantes, soit par la prise des deux arsenaux de l’ennemi. »

Les 500 cases du plateau sont structurées par des lignes de communication qui rayonnent à partir de certaines pièces. Une tactique alternative, détaille Emmanuel Guy, dans un article du catalogue de l’exposition, « consiste à paralyser l’armée ennemie en rompant ses lignes de communication ». Un pion s’en écarte et il devient inutilisable. Les exclus du mouvement situationniste sont comparables à ces pièces, jugés inaptes à poursuivre le combat lorsqu’ils s’éloignaient du projet défini collectivement.

Métaphore. En 1965, Guy Debord dépose les règles de son jeu à la Spadem (Société de la propriété artistique des dessins et modèles) en ajoutant une mention particulière : « Ce jeu est destiné d’abord au courant situationniste international, pour qu’il s’y exerce à la dialectique, à toutes fins utiles. »

Comme quoi le passe-temps servait de métaphore à la contestation. En 1978, une version plus légère du Jeu de la guerre, avec un plateau en tissu et pions de bois, a été brièvement commercialisée par la Société des jeux stratégiques et historiques créée pour l’occasion par Gérard Lebovici.

Presse confusionniste (Frédérique Roussel, Liberation.fr, 26-27 mars 2013)

 

La BNF ne change pas Debord

Il l’avait prévu, la BNF l’a fait : l’exposition consacrée à Guy Debord, fondateur du mouvement situationniste, marque l’arrivée au sein de la culture officielle du plus inspiré de ses détracteurs. Malentendu ou réconciliation ?

« Paris, 2013, sur les quais de Seine, Guy Debord, classé Trésor National, entre pour de bon dans le spectacle (…). Mais avec lui, pour le combattre encore, l’art de la guerre ».  C’est dit ! Dans la manière dont ils présentent leur exposition, les commissaires Laurence Le Bras, conservateure au département des Manuscrits, et Emmanuel Guy, chargé des recherches documentaires, savent qu’ils foncent tête baissée dans un paradoxe. L’auteur de La Société du Spectacle, mort en 1994, n’aurait pas accepté sans rire que ses archives soient classées « Trésor National », comme ce fut le cas en janvier 2009. Aurait-il vu d’un meilleur œil leur achat par la BNF en 2011 ? Sans doute. Car Guy Debord était non seulement un révolutionnaire, mais également un écrivain, un cinéaste et un penseur. Et il faut bien qu’une œuvre soit quelque part, pour qu’on puisse l’étudier ou la découvrir.

Quelle guerre fait-on ?

On connaît la première thèse que soutient son livre fondateur, publié en 1967 chez Buchet et Chastel : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. » C’est contre cette dérive, qui nous conduit à regarder nos vies défiler selon des schémas esthétiques imposés, que Guy Debord a mené sa guerre – une guerre, donc, perdue d’avance, vouée à l’échec, terminée avant même d’avoir commencé. À quoi bon une lutte déjà perdue ? « Il ne faut pas admettre les choses », remarque-t-il dans les myriades de notes qui pleuvent dès l’entrée de l’exposition. L’enjeu est d’imaginer une forme de vie plus satisfaisante, plus active, au-delà du spectacle. Adolescent, Debord ne présentait-il pas sa réussite au bac comme une défaite ? « Le divin Met et Guy-Ernest Debord ont la douleur de vous faire part de leur brillant succès aux épreuves du baccalauréat 2e partie. Fleurs fraîches seulement. »

La promenade

S’il naissait aujourd’hui, Guy Debord serait peut-être le théoricien d’un « art de l’échec » ; né en 1931, il trouva plutôt dans la lecture de Marx, prolongée par ses rencontres au sein de l’Internationale Lettriste, l’espoir d’un avenir autre – déjouant le Spectacle. Mais de tracts en œuvres expérimentales (il fut l’ami du peintre  Asger Jorn et réalisa plusieurs films), ce que ressent le visiteur d’aujourd’hui est surtout un équilibre ténu entre l’humour et l’érudition, la légèreté et l’ambition, que l’on n’avait pas vu depuis Dada et les Surréalistes. Réparti entre Debord et ses compagnons de route, l’art du détournement ne connaît pas de limites : par la magie des sous-titres, René Viénet transforme des films pornographiques (Les filles de Kamaré) ou de propagande (Chinois, encore un effort si vous voulez être révolutionnaires) en manifestes philosophiques. Plus tard, il détournera les comics en leçon de dialectique. Dialogue entre deux cowboys dans un roman-photo d’André Bertrand : « De quoi tu t’occupes exactement ? – De la réification. » Plus bas, une autre bulle : « Non, je me promène. Principalement, je me promène. »

Le jeu

Dans ce contexte, la guerre et la révolution deviennent peu à peu des notions théoriques dont l’application politique (la participation aux mouvements de mai 1968) ne convainc que ses « acteurs ». Ainsi, le conflit s’évapore en un « Jeu de la guerre », conçu dès 1956 comme une variante étrange au jeu d’échecs, et qu’on ne saurait réellement prendre pour un appareil d’entraînement à la stratégie. Le sérieux de l’œuvre de Debord et de ses compagnons est ailleurs. Sa proposition contient son propre repli et sa propre issue : le sujet sentant, lisant, pensant, écrivant. Car une fois les rêves révolutionnaires mis en sommeil, apparaît l’extraordinaire fécondité des rêveurs. Ce sont leurs créations, commentées entre autres par  Olivier Assayas, que l’on approfondit dans le catalogue ; ce sont leurs conditions de vie que l’on découvre dans le roman où Michèle Bernstein, première épouse de Debord et co-fondatrice de l’Internationale Situationniste, qui décrit leur quotidien en parodiant le Nouveau Roman. Mais Guy Debord l’a annoncé : « Pour savoir écrire, il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre ».

Presse confusionniste (Maxime Rovere, Evene.fr, 27 mars 2013)

 

Guy Debord à la Bibliothèque nationale de France

L’exposition « Guy Debord, un art de la guerre » ouvre ses portes à la Bibliothèque nationale de France à Paris, site François Mitterrand, à partir du 27 mars. Elle présente les archives de ce fondateur des mouvements d’avant-garde : l’Internationale lettriste (1952-1957), et l’Internationale situationniste (1957-1972).

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/1213.jpg

Un Trésor national. La Bibliothèque nationale de France expose les archives de Guy Debord, du 27 mars au 13 juillet 2013. Classées Trésor national en 2009, ces archives sont entrées dans les collections du département des manuscrits de la BnF en 2011.

L’exposition présente une sélection de 600 fiches de lecture rédigées par Guy Debord, et 400 documents, tels que des manuscrits, photographies, affiches, oeuvres et extraits sonores.

Penseur révolutionnaire, poète, artiste, directeur de revue et cinéaste, Guy Debord (1931-1994) a forgé, à travers ses oeuvres, une critique sans concession de la société moderne. Initiateur des mouvements Internationale lettriste et Internationale situationniste, il dénonce les faux-semblants de notre société et du capitalisme dans son livre La société du spectacle (1967).

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/videos_debord.jpg

VOIR LA VIDÉO

L’exposition met en avant, outre l’ensemble inédit des fiches de lecture de Guy Debord : des photographies d’Ed van der Elsken, une galerie de portraits de 40 situationnistes, des extraits audiovisuels issus des collections de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), les découpes de magazine préparées par Guy Debord constituant une vaste fresque du consumérisme des années 70, ainsi qu’une œuvre moins connue de ce penseur : le Jeu de la guerre.

Presse confusionniste (Culture.fr)

 

Guy Debord, la vie d’abord

Un paradoxe apparent, mais l’occasion de revoir cette pensée révolutionnaire qui revient à la mode.

Quel paradoxe ! Guy Debord exposé à la Bibliothèque nationale de France à Paris ! Lui, le fondateur de l’Internationale situationniste (IS), l’auteur du livre culte La société du spectacle (paru en 1967), le grand gourou de mai 68, le pourfendeur des institutions culturelles, le voilà fêté par l’une d’elles ! Sa vie et son œuvre devenant un spectacle ! Il en aurait déduit que, décidément, la société du spectacle et de la marchandisation de tout est capable de récupérer même ses pires ennemis.

Et pourtant, l’initiative est heureuse. La BNF se devait de montrer toutes ces archives de Debord (1931-1994) — documents, lettres, films, photos — qu’elle a achetées à prix d’or à sa veuve pour empêcher qu’elles ne partent à l’université de Yale. Pour ce faire, l’État français a dû qualifier de “Trésor national” l’œuvre d’un homme qui n’a eu d’autre objectif toute sa vie que de nuire à l’ordre établi ou, du moins, de ne rien lui concéder.

Revoir, relire Debord, est essentiel aussi car les contestations qui se lèvent aujourd’hui un peu partout sous le nom des Indignés, d’Occupy Wall Street ou, dans la foulée du livreL’insurrection qui vient, se réclament toutes de Debord. Même si ces jeunes n’ont pas tous lu Debord, difficile d’accès, ils en connaissent l’essence : la société a été mangée par le spectacle, tout est devenu marchandise, nous empêchant de mener notre propre vie. La culture, la politique se sont éloignées de notre expérience directe, nous sommes aliénés. Et la société des loisirs et de la consommation ne nous offre pas de libertés supplémentaires, mais, au contraire, rien que des besoins factices qui nous éloignent encore plus du monde et tue toutes les utopies collectives (lire notre encadré).

On ne peut pas nier que la grille debordienne reste indispensable pour analyser, par exemple, le succès phénoménal et si long d’un Berlusconi ou les dérives de certains médias.

L’art de la guerre

L’exposition est chronologique et se termine sur un étonnant “Jeu de la guerre” inventé par Debord, car l’écrivain et philosophe était un fou de stratégie militaire. Il avait lu Clausewitz et Machiavel. L’exposition s’intitule “Un art de la guerre” car, pour lui, la révolution se mène comme une guerre.

Bien sûr, exposer un penseur est rarement “peps”, même si lire ses pamphlets, voir ses films et interviews, peut être jouissif car Debord et son clan (il était un chef de meute), maniaient l’ironie, l’humour, comme Dada et les surréalistes quand ils étaient révolutionnaires. Il y a une fraîcheur et une insolence réjouissantes dans cette époque et l’expo permet de la voir comme si on était derrière l’épaule de Debord.

Détournement

Guy Debord est né en 1931, à Paris. En 1953, à 22 ans, il écrit en lettres capitales sur un mur : “Ne travaillez jamais !”, son premier geste d’opposition à une société qu’il juge aliénante et répressive par essence. Vite, on découvre au centre de l’expo 600 petites fiches de lecture placées sur des murs de plexiglas, écrites en pattes de mouche (choisies parmi 1400 fiches retrouvées). Guy Debord a énormément lu et, chaque fois, il annotait non pas les livres mêmes, mais des fiches. Il disait : “Pour savoir écrire, il faut avoir lu. Et pour savoir lire, il faut savoir vivre.” Toutes ses théories renvoient chacune à la vie, à la jouissance de sa propre vie.

Il fonda deux mouvements d’avant-garde : d’abord, l’Internationale lettriste (1952-1957) et, ensuite, l’Internationale situationniste (1957-1972). Au départ, il s’attaque à l’art et au cinéma qu’il estime morts. Un de ses premiers films montre des écrans noirs et un texte off. L’art est trop coupé des situations vécues. Il prône le détournement de l’art et des images (à la fin de l’expo, on voit deux films formidables de René Vienet, des années 70, avec des images de propagande chinoise dont les dialogues ont été détournés de manière hilarante).

De la contestation de l’art, Debord passera à la contestation de la société. Sur un mur, on découvre les noms les plus importants de l’histoire de l’Internationale situationniste comme Michèle Bernstein, la première épouse de Debord, Asger Jorn et Constant, venus de Cobra, le peintre belge Maurice Wyckaert et, bien sûr, Raoul Vaneigem, celui qui fut avec Debord le grand gourou de mai 68 avec son livre culte, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations et qui continue encore aujourd’hui le combat d’idées (lire notre interview en janvier dernier dans La Libre Belgique). Vaneigem démissionna en 1970 de l’IS.

Général et situationniste

On note aussi la présence d’un homme étonnant, Piet de Groof, alias Walter Korun, proche de Cobra, situationniste et pourtant général de l’armée de l’air belge ! Il connut son moment de gloire à l’Expo 58 de Bruxelles quand il organisa, avec Debord, un “attentat”. Ils imaginèrent d’abord un labyrinthe géant dans le parc royal pour que les visiteurs s’y perdent. Ils choisirent finalement de rédiger un tract vengeur à lâcher contre un colloque international consacré à la critique d’art et organisé pour l’Expo 58. “Disparaissez, critiques d’art, imbéciles partiels, incohérents et divisés ! Vous avez à faire l’étalage, dans ce marché, (de) votre bavardage confus et vide sur une culture décomposée. Vous êtes dépréciés par l’Histoire. Même vos audaces appartiennent à un passé dont plus rien ne sortira.” Signé Debord, Jorn et Korun. Ils lancèrent ce brûlot en pleins débats, le dispersèrent dans les airs à Bruxelles et le collèrent (!) en plein sur les tableaux d’une exposition organisée pour ce colloque.

Malgré ce fait d’armes, en 59, Guy Debord exclut Piet de Groof quand il apprit qu’il était aussi militaire. Debord n’avait rien à envier à Breton en matière d’exclusions.

Il n’y eut en tout qu’une poignée (quelques dizaines) de personnes à être membres de l’IS et à participer à leurs conférences, dont celle d’Anvers en 1962. Mais leur revue soignée, leurs idées, leur sens du “marketing”, les livres de Debord et Vaneigem, ont eu une influence bien plus importante. On rappelle à l’expo le rôle du livre De la misère en milieu étudiant (y compris la misère sexuelle) qui fut distribué en 1966 à l’Université de Strasbourg : “L’étudiant se croit libre, révolté, bohème, alors qu’il ne fait qu’apprendre à se conformer au système pour ensuite y prendre part.” Ce fut le galop d’essai qui donnera ensuite les Enragés de Nanterre, mai 68 et ses slogans sur les murs. Mais les Enragés situationnistes furent vite évincés par les trostkystes et autres groupes d’extrême gauche.

En 1972, Debord mettait fin à l’IS. Il ne cessa pas cependant de combattre jusqu’à son suicide en 1994, pour échapper aux souffrances d’une polynévrite alcoolique.

Presse confusionniste (Guy Duplat, LaLibre.be, 29 mars 2013)

 

GUY DEBORD (1931 – 1994), Bibliothèque Nationale de France, du 27 mars au 13 juillet 2013

Un hommage à Guy Debord débute dans les jours qui viennent à la Bibliothèque Nationale de France et j’en découvre l’existence grâce aux articles publiés dans la presse. En lisant ceux-ci j’ai l’impression d’entendre parler d’une exposition consacrée aux fossiles du mésozoïque, probablement parce que les auteurs de ces comptes rendus sont jeunes ou en tout cas beaucoup plus jeunes que moi et que le nom « Guy Debord » leur semble enfoui dans la nuit des temps.

Ce n’est pas le cas en ce qui me concerne : plus âgé que moi sans doute Debord n’en était cependant pas moins à mes yeux, mon contemporain, à preuve que j’achetais les cahiers de l’Internationale situationniste au moment de leur parution, et non chez un bouquiniste bien des années plus tard. Je ne veux pas dire pour autant qu’il était aisé de se les procurer. Propos d’ancien combattant : seule une boutique d’art avant-gardiste dans la rue des Éperonniers les recevait à ma connaissance à Bruxelles et les volumes aux couvertures métallisées se retrouvaient dans mon sac en compagnie un jour de Julian Beck et de Jean-Jacques Lebel, un autre des Bâtisseurs d’Empire, pièce écrite par un illustre joueur de trompinette.

On nous explique aujourd’hui que Debord était ceci ou cela « par rapport à Marx ». La référence aurait paru incongrue à l’époque où il écrivait, tant il était clair que Debord était 100% hégélien. Hégélien de gauche comme Marx aussi sans doute, mais comme une branche divergente au sein de l’hégélianisme de gauche, ce qui interdit que l’un soit le disciple de l’autre, même si pour Marx par rapport à Debord, la question ne se pose pas bien entendu.

On ne sait plus rien aujourd’hui du XIXe siècle, sinon qu’on se souvient précisément de Marx et aussi de Darwin. Et ils ont du coup censément tout inventé à l’époque : on attribue ainsi à Marx en économie politique la totalité de ce qu’il a trouvé chez Adam Smith et Ricardo, et en philosophie tout ce que Hegel lui avait transmis. Les hommes sont bien avares de leur mémoire.

Quand nous ouvrons la bouche aujourd’hui, nous répétons du Debord, du Marcuse, de l’Adorno ou du Horkheimer, tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Aussi, à ceux qui parlent d’un de vous quatre comme d’un iguanodon de Bernissart, je vous le dis bien haut : « Vous êtes vivant ! »

Presse confusionniste (PaulJorion.com, 25 mars 2013)

 

Debord inédit

« Là où M. Debord a sans doute quelques qualités, ce sont justement des qualités qui l’empêchent de vivre avec son siècle ; qu’il n’a pas voulu suivre : il écrit avec force et précision, il écrit bien, il pense toujours à l’histoire, il COMPARE… ce qui est tout simplement réactionnaire. Cet ennemi du progrès qui se flatte de ne pas parler l’anglais, de ne pas conduire une automobile, qui méprise tout à fait comme non pensée rustique l’informatique, qui ne consent à manger que de la nourriture obtenue sans chimie, et cuisinée à l’ancienne, qui s’est déclaré l’ennemi de toute modernisation en architecture ou en moyens de transport, qui accepte l’avion mais déteste les aéroports, qui hait la télévision et pour finir conclut que le cinéma est devenu méprisable, s’est clairement déclaré un ennemi de son siècle. En matière de pensée et d’art, il a tenu pour néant tous les plus grands penseurs du siècle, de Sartre à Foucault, de Barthes à Lacan, et ses artistes, de Robbe-Grillet à Godard et il fait ses délices des seuls jeunes extravagants de l’Encyclopédie des Nuisances… »

(Guy Debord, manuscrit inédit « Les Erreurs et les échecs de M. Guy Debord par un Suisse impartial », reproduit in Catalogue Guy Debord, Un art de la guerre, p. 212, BNF/Gallimard).

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/166.jpg

Presse confusionniste (JournaldeJane.wordpress.com, 21 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans RECUPERATION SPECTACULAIRE MARCHANDE
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:52

Dimanche dernier s’est tenu un énième rassemblement des opposants au projet de loi auquel ont participé diverses associations, responsables politiques et mouvements idéologiques. Je ne reviendrai pas sur les débordements et l’irresponsabilité des parents d’emmener leurs enfants à une manifestation surtout lorsqu’il s’agit de s’en servir comme bouclier humain face aux forces de l’ordre, mais plutôt sur un point de fond qui est contesté y compris du côté des partisans du mariage pour tous et cela reste à mon sens assez problématique.

Que cela plaise ou non, OUI, ceux qui ont participé à ce rassemblement sont homophobes. Et il serait bien utile de rappeler pourquoi.

[Edit : la vidéo d'origine ayant été supprimée, je me suis permis d'ajouter une nouvelle vidéo dans le même ton]

L’homophobie n’est pas toujours là où on le pense. Certains dans cette vidéo se dédouanent de toute homophobie : après tout ils ne sont « QUE » contre le projet de loi. En aucun cas contre les homosexuels eux-mêmes. Certains vous diront même qu’ils ont des amis homosexuels, sorte de caution intellectuelle qui permettrait de justifier que l’on décide pour eux puisqu’ils acceptent notre compagnie et notre amitié; on retrouve ici la même rhétorique que le célèbre « je ne suis pas raciste, j’ai des amis noirs ». On voit tout de suite une condescendance et une espèce de paternalisme pas forcément conscient mais qui EST de l’homophobie. Non, l’homophobie ne se résume pas à « casser du pédé » à la sortie des bars, traiter ces mêmes personnes de sodomites ou les considérer comme des malades. L’homophobie c’est aussi considérer l’homosexualité comme d’une nature autre que l’hétérosexualité, faisant de cette dernière une norme sociale et universelle. C’est penser l’homosexualité comme une pratique et non comme une part de l’identité. On ne choisit pas d’être homosexuel. La question du choix de l’homosexualité est d’ailleurs un argument récurrent chez les homophobes les plus virulents, comme si aimer une personne du même sexe était quelque chose à la mode. Je ne pense pas que les chiffres alarmants de suicides de jeunes homos ou l’explosion du nombre de jeunes sans abris expulsés de chez eux par leur famille en raison de leur orientation sexuelle fassent de l’homosexualité quelque chose de « swag ».

L’homophobie c’est en outre véhiculer la notion du mariage – et par conséquent le modèle familial qui va avec – basé sur un homme et une femme comme « normal », « naturel » ou « dans l’ordre des choses » par rapport aux couples de même sexe. Il s’agit là d’une hiérarchisation des modèles familiaux parce que cela signifierait qu’il y a des modèles supérieurs et inférieurs à d’autres et que cette hiérarchisation est fondée dans le cas présent sur l’idée que les homosexuels seraient moins aptes à élever des enfants que les couples de sexes différents. C’est un jugement de valeur, quelle que soit la raison derrière, et on tombe exactement dans l’homophobie.

Manif pour tous du 24 mars 2013

Il me semble important de préciser que cette homophobie n’est pas innée. C’est un cheminement de pensée et de réflexions inscrit dans une évolution dans un cadre donné qui va conditionner ce positionnement intellectuel. On peut être homophobe sans en être conscient, au même titre que l’on peut vouloir être féministe et avoir un comportement sexiste ou abhorrer le racisme en appliquant une posture raciste. Ainsi, beaucoup adopteront des propos homophobes en croyant réellement à l’égalité entre homos et hétéros, certains seront même partisans du projet de loi ou eux-mêmes homosexuels tout en étant inconsciemment homophobes dans certains de leurs propos ou réflexions ! Le problème posé par l’homophobie est que l’embarras  d’une telle position étant difficile à reconnaître et à assumer, on préfèrera se convaincre soi-même en cherchant une médiation. Dans le cas de ces contestataires, on se retrouve rarement face à une opposition cynique et froide contre l’idée de l’adoption par les couples homos, pour la simple raison que cette recherche de médiation leur impose des prétextes pour ne pas reconnaître leurs propres contradictions. Par conséquent la plupart du temps certains se réfugieront derrière la nécessité d’une socialisation normalisée et unique : un père et une mère, pour quelques-uns se posera la question de la « traçabilité » de l’enfant, enfin l’idée d’ouvrir la voie à des « dérives » comme la PMA, la GPA ou l’eugénisme sera pour d’autres une raison valable à l’opposition au projet de loi. Ils préfèreront imposer à d’autres un modèle sociétal (en grande partie parce qu’ils ne connaissent que celui-là) et maintenir la privation de droits d’une partie des citoyens plutôt que d’accepter le fait qu’ils sont homophobes ou verbalisent des pensées discriminatoires.

Au-delà de ce processus sociologique, c’est un rejet de l’homophobie parce qu’ils refusent de se remettre en question, de remettre en cause des valeurs qu’ils ont toujours connu et érigé en modèle supérieur, ces mêmes valeurs qui les placent donc dans le camp du « bien » et pas dans celui des oppresseurs. Ils ne se reconnaissent pas dans la définition qu’ils ont de l’homophobie parce qu’à leurs yeux ce mot est un épouvantail que l’on dresse mais qui n’atteint finalement que « les autres ».

Parce que l’enfer c’est toujours les autres.

————————————————

Pour aller plus loin :

→ Le mariage pour tous par Silver 

tiré de http://communismefashion.wordpress.com/

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:46

Poutine fait renaître l’ordre de héros du travail

MOSCOU – Le président russe Vladimir Poutine a signé vendredi un décret qui fait renaître la décoration de héros du travail [comme promis en décembre dernier - NdJL], qui existait à l’époque de l’URSS, a indiqué à l’AFP son porte-parole, Dmitri Peskov.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/17.gifLa décoration sera remise pour des résultats exceptionnels dans les activités sociales et économiques visant à assurer la prospérité et l’épanouissement de la Russie, selon le texte du décret cité par l’agence Itar-Tass.

Chez nous, en Union soviétique, il existait le titre de “Héros du travail socialiste” et à mon avis c’était justifié, avait auparavant déclaré M. Poutine au cours d’une conférence de son mouvement, le Front populaire russe, à Rostov-sur-le-Don (sud).

L’idée de faire renaître cette décoration avait été avancée par un militant de ce mouvement créé en 2011 alors que le parti pro-Kremlin Russie Unie était en perte de vitesse.

Créée en 1921, la décoration destinée principalement aux meilleurs ouvriers, constructeurs de l’économie socialiste, a existé jusqu’à la chute de l’URSS en 1991.

Plus de 20.000 personnes ont été décorées à l’époque soviétique pour leurs succès dans l’industrie, l’agriculture, la science ou les innovations techniques.

Parmi eux, les créateurs de l’arme atomique Igor Kourtchatov et Andreï Sakharov, les constructeurs d’avions Sergueï Iliouchine et Andreï Tupolev, le créateur du célèbre fusil automatique Mikhaïl Kalachnikov, ainsi que les leaders soviétiques Joseph Staline, Nikita Khrouchtchev et Léonid Brejnev.

L’État récompensait également les travailleurs de choc aux résultats exceptionnels, sur le modèle du mineur de fond Alexeï Stakhanov.

Selon la chronique officielle soviétique, celui-ci avait extrait en six heures 102 tonnes de charbon en 1935, soit 14 fois plus que la norme. La véracité de cet exploit vanté par la propagande soviétique a été contestée par la suite.

Les personnes décorées recevaient une médaille en forme d’étoile ornée d’une faucille et d’un marteau, et des avantages sociaux.

Malgré la suppression de cette décoration en 1991, ces avantages, notamment les services communaux et les médicaments gratuits, ainsi que des allocations de retraite supplémentaires, sont restés en vigueur.

Andreï Sakharov, décoré de ce titre trois fois, avait été privé de ses décorations en 1980 pour activités antisoviétiques.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/185.jpg

Presse stalinienne (Agence Faut Payer, 29 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!

A L’Assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.