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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 13:06

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Published by coutoentrelesdents - dans HOMMAGE
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:43

 « A la manif anti-mariage pour tous, la police gaze les enfants, écrase  une femme » : nombreux bobards mais  vraie tentative  de coup de force.

Après les incidents de la manif anti-mariage  homos du dimanche  24 mars à Paris,  quasiment toutes les droites, cataloguées « classiques » ou « extrêmes », entonnent le même refrain: la police aurait fait preuve d’une brutalité terrible ! (voir par ex cette pétition  « Le gouvernement bafoue les libertés et la dignité des Français » ).   Ce serait donc la dictature de l’Etat PS, avec ses hordes de CRS et gendarmes.  Et de demander pas moins que  la démission du Préfet de Police, de Manuel Valls, du Premier Ministre, de F. Hollande, comme ici sur Twitter :

Présidente du Parti Chrétien-Démocrate (Compte officiel) Ancien ministre

Usage des gaz lacrymogènes sur des familles , d’enfants (Lancelot 14ans) d’élus,de moi même,démissions préfet police et M VALLS obligatoires

A l’appui de cette campagne, outre « l’évanouissement » de Christine Boutin qui fait la risée du Web,  des « témoignages » colportés  sur la facho/droito-sphère, toujours aussi anonymes et invérifiables, souvent bidonnés de façon flagrante. Exemples :

GUD 3GUD 4

 

Bizarre : alors qu’on nous parle de « sauvagerie policière »,  il ne circule aucune photo de manifestant ensanglanté, aucune photo d’ambulance, … comme cela arrive parfois lors de manifestations de gens d’un bord très différent.

Mais alors que  de nombreux bobards sont diffusés, il est un fait  évident :  parmi les droites qui manifestaient non loin de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale, on rêvait beaucoup à une réédition -modernisée – du « 6 février 1934″, au cours duquel les partis fascistes avaient tenté de prendre de force l’Assemblée et l’Elysée…

 

Mercredi 27 mars, 21 h 30 : cet article des Debunkers,  déjà fort copieux, pourrait bien recevoir de nouveaux compléments…

___________________________

Bobard 1 :  « une femme sciemment renversée par un véhicule de la police »

Il s’agit d’une vidéo postée sur Youtube , amplement  « twittée » par la fachosphère. On y voit de nombreux fourgons de police dans le haut des Champs Elysées, des gens qui circulent, plus  ou moins énervés, des secouristes de la Croix-Rouge qui s’affairent autour d’une jeune femme allongée sur la chaussée.    La plaque d’un fourgon de la police est filmée en gros plan, sur fond de cris « Relevez le numéro! ».

 Un manifestant s’écrie devant la caméra, tenue selon toute probabilité par un autre manifestant :  » Ils l’ont sciemment écrasée !  Nous l’avons vu ! ».  Il ne dit  pas « Je l’ai vu ! » : est-ce l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… ?

La caméra s’approche ensuite  de la « femme écrasée« . On ne voit pas la moindre blessure, pas la moindre trace de sang, pas de vêtement abîmé. La jeune femme est tout à fait  consciente, un secouriste lui masse la cheville qui paraît douloureuse.

Un internaute , Raymond Courbet, commente sur Youtube :  C’est un concours de circonstances.. J’y étais… La nana a couru et s’est faite une entorse. Les pompiers ont voulu l’emmener faire des radios, et c’est à ce moment là qu’elle s’est relevée et est repartie avec deux de ses copines.

Alors,  simple petite entorse ou non ? Banale chute ?  En tout cas, on peut être certain qu’au cas où cette jeune femme aurait été volontairement renversée par un véhicule de la police, les organisateurs de la manif – très doués pour faire du ramdam médiatique – n’auraient pas manqué de pousser encore plus fort le buzz.

Autre commentaire sous cette vidéo,  qui donne un aperçu de l’esprit de certains participants à cette manif,  signéTheOnikobushi :    « La police est aux ordre des juifs,comme la majorité de la population,eliminez ces 1% et le reste (gay,africains,meteques,moutons du système) sera rendu beaucoup plus facile »

 

Bobard 2 :  « Un policier gaze une poussette, il est suspendu. Enquête de l’IGPN en cours »

GUD 8 policier suspenduLà, c’est un site très connu de  la réac-sphère, « Le Salon Beige » qui fait la « révélation ».

Sauf que … on lit en petit la source : « D’un lecteur ».   Sauf que…  pas la moindre ligne au sujet de ce « policier suspendu » dans des médias comme Le Figaro. Et  même remarque que précédemment :  s’il y avait un quelconque début  de réalité à cette histoire, on serait déjà submergé de réactions indignées des organisateurs et de l’UMP.

 

Bobard 3 :  « Les images de la manif prises par l’hélicoptère de la police  confisquées »

 C’est encore le « Salon Beige » qui fournit le « scoop »:  « D’après les informations recueillies depuis hier soir, via différentes sources, après son atterrissage, les forces de l’ordre ont confisqué les images recueillies. A partir de ces images, la police a estimé la participation réelle du rassemblement à 1,8 millions de personnes. »

Ainsi, la police (qui estime officiellement les manifestants au nombre  de 300 000)  se censurerait elle-même ?  Une fois de plus, « les sources » sont parfaitement invérifiables.    Sauf que… le JT du soir de France3, lundi 25 mars, diffuse ces images -soit disant confisquées-  prises par l’hélicoptère de la police !  (à partir de 3’50 »).

Et France3 de se livrer à cette démonstration implacable : le parcours de la manifestation s’étirait sur 3,5kilomètres,  sur une chaussée de 50 mètres de largeur, occupant donc un espace total de 175 000 mètres carrés.  Le premier chiffre annoncé par les organisateurs, (1,4 million de manifestants) est tout bonnement impossible : cela signifierait 6 personnes entassées  par mètre carré ! De plus, les images prises par hélicoptère montrent  des rangs distendus dans la manif…

Un journaliste du Monde, Samuel Laurent,  a fait un autre calcul, plus favorable aux manifestants, car  estimant la largeur de la chaussée à 70 mètres. En tenant compte de ces mêmes 1,4 million manifestants revendiquées par Frigide Barjot et Cie, on aboutit alors à 4 personnes par mètre-carré. Un chiffre tout aussi impossible.

Banale querelle de chiffres, comme après toutes les manifestations ? Pas vraiment. Car les droites voudraient faire passer l’idée d’un vaste mouvement représentatif de tout le pays, alors que tous les sondages indiquent une très ample approbation du droit au  mariage pour tous, alors que la loi Taubira a obtenu un un premier vote très majoritaire à l’Assemblée. Car les droites voudraient faire croire à une opposition de toute la population et à la légitimité de leur tentative de coup de force sur les Champs Elysées, voir les suites de notre article.

 

Bobard 4 : « Nous étions 1, 8 million. La preuve : cette  photo secrète de la police »

Puisque le « Salon Beige » et d’autres voudraient nous faire avaler ce bobard d’images de la police confisquées… par la police et poussent l’inflation de 1,4 million à 1,8 million de personnes, il faut bien qu’ils nous trouvent une preuve.

Plus exactement, il faut bien qu’ils fabriquent une « preuve ». Sur Facebook, une page assez lue, « Non au PS », nous la fournit :  c’est une « photo secrète  confisquée par la police » .

Sauf que…  il s’agit d’une très grossière substitution de photo (rapidement débusquée par les Debunkers et de nombreux internautes) : les soit-disant 1,8 million de manifestants de 2013 sont en fait les supporters de foot de la Coupe du Monde de 1998 !

Mise à jour 28 mars, 8hoo . Voici les « photos secrètes de la police confisquées par la police ». Publiées sur le site de … la Préfecture de Police de Paris.

 

 L’extrême-droite à la manoeuvre …..

Bobard 5 : « Des enfants gazés »…  en réalité, l’extrême-droite qui cherche la baston

Des enfants bien étranges, en réalité ! Des types de 25 ans, cheveux bien courts, qui font des saluts nazis, et qui cherchent la baston avec les CRS…

fascist-salute

protester-kicks-police2

Ci-dessus, un homme porte un tissu jaune dans le dos : c’est le drapeau du Bloc Identitaire, extrême-droite

http://americablog.com/wp-content/uploads/2013/03/white-supremacist-flag.jpg

Ces photos sont issues d’une vidéo réalisée par des journalistes états-uniens. Elles ont été publiées sur un site des USA, qui titre son article : En France, à l’occasion du mariage gay, des émeutiers de droite et intégristes font des saluts fascistes, puis s’en prennent à la police.

Ces images, comme toutes les autres qu’on peut voir ailleurs, témoignent des mêmes faits : des réactions policières très mesurées.  Aucun tir de grenades lacrymogènes ni de flash-ball (autrement plus violents et dangereux, que la police emploie parfois quand il s’agit d’ouvriers en grève ou d’opposant à un aéroport à Nantes) mais des sprays,  d’un  produit dont nous ne connaissons pas la composition,  contre ceux qui s’obstinent à aller au contact,  …, pas d’acharnement ni de tabassage contre des manifestants, des coups de matraque qui ne semblent pas si appuyés contre les plus excités ….

Certes, il circule aussi des photos d’enfants ou de femmes aux yeux rougis, aux abords de ces affrontements provoqués volontairement par les groupes d’extrême-droite. Le Nouvel Obs indique une autre vidéo, où un homme lance tout bonnement aux autres manifestants : « On va mettre les enfants devant ».

 

  •  Des groupes d’extrême-droite revendiquent être à l’origine des incidents

Les sites de la presse ont publié des messages de revendication diffusés via Twitter ou Facebook,  envoyés par des groupes d’extrême-droite à la violence bien connue, plus ou moins à la  marge du Front National. Des messages indiquant clairement leur volonté de provoquer des troubles sur les Champs Elysées.  Chez les Debunkers aussi,  nous avons fait des captures d’écran… :

exclusif-le-gud-a-poils

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le GUD, « Groupe Union Droit », essentiellement implanté à Paris et à Lyon, voir ci-contre  comment ils posent pour faire leur publicité sur l’internet.

Devant les micros, Le Pen (fille) nie toute relation avec le GUD. Pourtant ses leaders ont  bel et bien été accueillis à la « Convention présidentielle Marine Le Pen » en février 2012 à Lille (voir ici Le Monde) .  Et plus récemment, cet automne,  lors de la soirée du FN pour célébrer les 40 ans du parti,  le GUD était de nouveau de la fête (voir le site REFLEXes).

 

Le GUD entretient aussi des relations très étroites, quand ce n’est pas un pur et simple changement d’étiquetage de ses membres,  avec les « Jeunesses Nationalistes ». Interviewé par BFM-TV, Alexandre Gabriac le leader des Jeuness Nationalistes revendique sa participation dans le déclenchement des incidents. : « Ce n’était pas à Valls, à Taubira ou au préfet de décider si nous pouvions manifester ou non, et où nous pouvions manifester. Nous, nous voulions imposer l’adage qui veut que nous soyons maîtres chez nous. Par conséquent nous avons tenté de passer ».

Les Jeunesses Nationalistes, filiale de l’Oeuvre Française, se disent ouvertement inspirées par le fascisme et par Pétain, ne cachent  ni leur antisémitisme, ni leur haine anti-arabe, ou contre tout ce qui leur semblent non-conforme. Ce groupe, comme d’autres, rêve d’importer en France les méthodes ultra-violentes des néonazis grecs d’Aube Dorée.

Le Front National avait été contraint de se séparer d’ Alexandre Gabriac et de quelques uns de ses amis, en raison de leur habitude  de faire des saluts fascistes trop visibles. Un exemple parmi d’autres, avec la photo ci-contre, Gabriac en pleine action en 2012, lors d’un rassemblement en hommage à Mussolini en Italie.    (voir aussi raslfront-isere ici et ici )

 

Ci-dessus, capture d’écran du reportage de BFM : de gauche à droite, autocollant des Jeunesses Nationalistes, blouson  « Lonsdale » ( marque prisée par les néofascistes car elle rappelle les initiales du parti d’Hitler- LonNSDAPle), et à droite autocollant du GUD.


Image
Militant de Génération Identitaire (càd. le Bloc Identitaire)  faisant le malin devant les forces de l’ordre…

Que les autres mouvances d’extrême-droite présentes lors de cette manif du 24 mars nous pardonnent de ne pas les citer en détail, la place nous manque. Renouveau Français, Bloc Identitaire, Ligue du Midi, Ligue du Sud, etc….,  sans oublier le Front National bien sûr. Liste à laquelle il faudrait ajouter une kyrielle de groupes catho-intégristes, qui ne cachent pas leurs amitiés avec les précédents.

Nous rendrons juste un hommage à Samuel Lafont, délégué national UMP, ancien dirigeant de l’UNI, « syndicat » étudiant très très à droite et courroie de transmission de l’UMP.   Samuel Lafont que les Debunkers avaient déjà pris en flagrant délit de trucage : Montage photo anti-mariage pour tous : encore 1 de chopé !   Voici l’un des ses « twitts » du 24 mars , publié par Le Monde :

Le barrage des forces de l’ordre ne tiendra pas longtemps ! #TousAuxChamps #24Mars #RetraitLoiTaubirapic.twitter.com/gXMQ3FdVWe
 Pour finir cette  revue sommaire des agissements des ultras de  l’extrême-droite lors de ce 24 mars, voici une vidéo: Charge du GUD sur les Champs-Elysées . C’est le GUD lui-même qui l’a publiée et titrée ainsi  (révélation du Nouvel Obs)

 

 

…. et la droite se met à la remorque de l’extrême-droite

  • Un mouvement où les droites se radicalisent

Mediapart dans un article (payant)  titré Dans la «manif pour tous», le «peuple de droite» et l’extrême droite analyse le contexte de cette manif du 24 mars. Il est évident que cette nouvelle manifestation a été marquée par une radicalisation, des organisateurs comme des manifestants. .

On a vu  moins de pancartes s’inquiétant du sort des petits nenfants, « Un papa, une maman, … » etc, mais sont apparus beaucoup plus nombreux des slogans s’en prenant au gouvernement Hollande, à la gauche en général. Les ténors de l’UMP étaient encore plus nombreux à défiler qu’à la manif précédente: autour de Jean-François Copé, Christian Jacob, le patron des députés UMP , les ex-ministres Claude Guéant, Laurent Wauquiez, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui est carrément monté à la tribune, les députés Hervé Mariton (qui a porté le combat contre le mariage pour tous à l’Assemblée), Éric Ciotti, Lionel Tardy, Sébastien Huyghe, la déléguée générale adjointe de l’UMP Valérie Debord, l’ex-FN Jacques Bompard.

Et surtout : alors qu’en novembre, il y avait eu 3  cortèges séparés, cette fois-ci les groupes ultras de l’extrême-droite, le Front National, la soixantaine d’associations regroupées derrière le blond panache de Frigide Barjot, l’UMP,  ont fait organisation et manif commune.

 

  • La volonté de prendre les Champs Elysées

Ces droites caressent un rêve, et ont essayé à toutes forces de le réaliser : faire une démonstration de force sur les Champs Elysées. Pour les uns, la référence est la manif pour le maintien de De Gaulle à l’issue de Mai 68, pour d’autres c’est plutôt la tentative de coup de force des ligues fascistes de février 1934. Et pour tous, c’est sans doute un mélange des deux souvenirs.

Les organisateurs savaient pertinemment que toute demande de manifestation revendicative en ces lieux hautement symboliques et stratégiques, à proximité de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale,  est systématiquement refusée, que ce soit la droite ou la gauche qui soit au pouvoir. Un refus encore plus évident en période de plan Vigipirate. Refus justifié aussi par la présence de groupes radicaux d’extrême-droite se déguisant à peine  parmi les organisateurs.

De plus, en appelant  dès la fin-février sans la moindre concertation avec les responsables de l’ordre public ses troupes à une manifestation sur les Champs Elysées, « Frigide Barjot » et les mouvements qui gravitent autour d’elle ont bien montré leur  tentative de mettre la Préfecture de Police devant le fait accompli.  

Le Monde, dans son article Comment une partie de la « Manif pour tous » a voulu occuper les Champs-Elysées  fait l’historique :

 [.......]  A partir du 22 février, la « Manif pour tous » communique sur la prochaine manifestation, qu’elle annonce déjà comme prévue sur les Champs-Elysées. Mais l’annonce est quelque peu prématurée : au même moment, les organisateurs se heurtent en effet au refus de la préfecture de police de Paris, qui ne veut pas de manifestation sur l’avenue.

Comme l’a relaté le préfet de police au Conseil de Paris le 25 mars, « c’est le 20 février dernier que les représentants de l’association ‘La manif pour tous’ ont fait connaître leur intention d’appeler à se rassembler le 24 mars sur l’avenue des Champs-Elysées et la place de la Concorde ». Or, « dès le 22 février, soit 48 heures après, j’ai personnellement écrit aux organisateurs pour les informer de l’impossibilité, pour des raisons impérieuses d’ordre public, de se rassembler sur ce secteur ».

La préfecture évoque la proximité de l’Elysée, le plan Vigipirate renforcé et la fréquentation touristique de l’avenue, et rappelle qu’il n’y a quasiment pas de précédents de manifestations sur les Champs-Elysées. Mais les organisateurs font la sourde oreille, et ne répondent pas au préfet. Une réunion le 8 mars débouche sur un nouveau désaccord, la « Manif pour tous » ne voulant pas envisager d’autre solution. Le 12 mars, le préfet rend public le désaccord persistant, dans un communiqué envoyé aux médias, et finit par prononcer une interdiction formelle. [.........]

Et les organisateurs accentuent la pression, font état de leurs intentions, préparent  leur occupation des Champs Elysées, en prenant la dénomination de « Printemps français.  Nombreux sont ceux qui comprennent de quoi il s’agit : en référence aux printemps arabes, faire dégager Hollande, tout comme les peuples se sont soulevés pour se débarasser de dictateurs comme des Ben Ali ou des Moubarak.

Certains ne masquent aucunement leur objectif , « faire tomber le gouvernement« . Ainsi ce twitt de Michel Janva, le principal animateur, selon Le Monde,  du « Salon Beige »

Ce gouvernement méprisant n’a pas encore compris que la #manifpourtous c’est le printemps français. S’il continue, il va tomber.

Sur certains blogs, on parle de  ce « printemps français » comme annonce d’une prochaine guerre civile. Tel celui-là, ci-contre, lepéniste, que les Debunkers ont déjà épinglé à plusieurs reprises, ainsi ce texte qui y est publié, un appel  aux militaires à préparer un Coup d’Etat (en bas de notre article sur les intox visant J.L.  Mélenchon)

Pendant ce temps,  voir encore ce même article Le Monde, se concrétise l’idée de déborder la police, d’occuper les Champs Elysées, d’y installer des tentes. On se prépare activement, de tous côtés…  Le Monde nous révèle encore un  message très explicite émanant d’une  mailing-liste d’une  paroisse, là aussi on appelle à occuper les Champs Elysées, à forcer les barrages de la police.

Pendant ce temps encore , « Nouvelles de France » un site de la droite catholique fait référence au Général Boulanger,qui au 19ème siècle avait renoncé au dernier moment à  faire un Coup d’Etat, et invite manifestants et organisateurs à ne pas faire marche arrière cette fois, à aller jusqu’au bout dans leur projet de coup de force et d’occupation des Champs Elysées….

 

Christine Boutin, pourtant ex-Ministre de la République, s’associe à ce mouvement fort douteux, mêle sa voix à celle à  de groupes fascistes descendants des ligues factieuses qui avaient tenté le coup du  6 février 1934 comme par ex,   ici l’Action Française . C’est ainsi qu’on trouve sur le sur le  site de Ch. Boutin , la dirigeante  Parti chrétien-démocrate,  cet  appel : « Afin d’amplifier ce mouvement de protestation du grand printemps français, je vous invite à venir avec une tente si vous en possédez une. Nous vous ferons parvenir des informations complémentaires dans les heures àvenir. »

Et le jour de la manif, Christine Boutin  a trouvé « rigolo »  de tenter de forcer les barrages policiers, à la suite des militants d’extrême-droite… ! 

Et les députés UMP en rajoutent une louche dans la collusion avec les radicaux, demandent à présent une commission d’enquête sur le comportement de la police, faisant mine de s’étonner de l’interdiction de manifester sur les Champs Elysées,  cherchant donc à justifier l’action de tous ces groupes d’extrême-droite / droites extrêmes.

Et notre inénarrable Boutin (ou son entourage immédiat)  de persister encore plus fort dans le bidonnage et  ses incitations à l’insurrection,  comme le révèle RUE89 le 27 mars :

Les « escadrons de la mort » de Valls : Boutin renie « son » discours

Le texte a été posté mardi soir sur Le Salon beige, blog de référence dans les cercles catholiques ultra. Il est présenté comme un « discours de Christine Boutin, lu en son absence, à la grande marche pro-famille à Washington, au nom de la France ».

Intitulé « La résistance s’est dressée contre la folie de certains hommes », ce discours compare le comportement des forces de l’ordre lors de la manif du 24 mars à celui des « escadrons de la mort » :

« J’ai moi-même été victime de cette violence inadmissible et monstrueuse des forces de l’ordre, envoyées comme des escadrons de la mort par le gouvernement français contre les familles françaises, contre le peuple français. Forces de l’ordre qui n’ont pas hésité sur ordre du ministre de l’Intérieur, monsieur Manuel Valls, à gazer des enfants jusque dans leurs poussettes ! »

Quelques lignes plus loin, on lit que la France est « entre les mains de véritables dictateurs, qui n’hésitent plus à gazer les enfants comme dans les pires régimes de l’Histoire ».  [.............]

 

  •  Et « Frigide Barjot » ?
 Elle affirme avoir été débordée, la pauvre. Alors que les journalistes, (les Debunkers aussi),  ont relevé ses appels, ou ceux de la « Manif pour tous »,   à investir les Champs Elysées. Alors qu’elle appelle à une autre manifestation anti-Hollande pour jeudi 28, devant les locaux de France2, où F. Hollande doit se rendre pour son interview. Alors qu’elle sait pertinemment la volonté de « débordements » de ses troupes…. Nous en resterons-là.
Mais si vous souhaitez en savoir plus ses fréquentations  politiques, voir ce blog : Mariage pour tous vs Manif Pour Tous : Frigide Barjot cheval de Troie de l’extrême-droite
VU SUR http://planete-en-danger.net/
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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:37
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

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La scierie géante, ce sera plus de mille emplois, promettent les élus. Mais dans ce coin sinistré de Bourgogne, on refuse de « laisser les politiciens décider ».

Dans l’hôtel particulier où il a installé son bureau, Pascal Jacob nous reçoit dans une vaste pièce Empire, nous priant de bien vouloir noter quelques « éléments de langage » griffonnés sur une feuille A4 :

« Ce que nous allons faire, c’est un concept global que la filière bois française attend depuis longtemps, et que tous les rapports réclament. Si on ne coupe pas les arbres, ils vont mourir. Et un arbre qui meurt c’est un arbre qui rejette du CO2 ».

Puis, il jette :

« On est une entreprise privée, on n’a de comptes à rendre qu’à nos actionnaires... et à l’Etat pour ce qui est du respect de la réglementation. »

Et tant pis pour les citoyens.

ERSCIA : DU 3 EN 1
Erscia est un pôle industriel comprenant : une scierie géante, attenante à une centrale de cogénération et un centre de fabrication de pellets, du combustible issu de la biomasse, en granules.

Cet homme d’affaires, naviguant entre Paris et Nevers, a été choisi par une holding belgo-luxembourgeoise pour monter Energies renouvelables et sciages (Erscia), un pôle industriel de 100 hectares, qui mobilise contre lui un petit bout de cette campagne perdue. Sa « Wood Valley » serait en réalité un concentré de« greenwashing » (écoblanchiment) moderne à la sauce morvandelle.

Qui sont-ils ces autochtones qui ne croient plus aux promesses ? Des « anarchistes, babas cool proches d’Europe écologie - Les Verts ou du Front de Gauche, des groupuscules qui ne comprennent pas qu’il faut exploiter la forêt », selon Pascal Jacob.

Un éleveur d’escargots ? « Pas légitime »

Prenez Jérôme Bognard, le plus bruyant d’entre eux. Il est éleveur d’escargots, un « interlocuteur pas légitime », pour l’homme d’affaires habitué à traiter avec des ingénieurs spécialistes de l’énergie.

Un jour de 2011, il a découvert que l’enquête publique sur l’installation de ce projet géant dans le bois près de chez lui venait de se terminer. Il n’avait pas pris le temps de compulser les cinq tomes, épais comme des dictionnaires, disponibles en mairie.

Depuis, les réglementations d’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), les taux de rejet de dioxine, les mégawatts de la cogénération et toutes les subtilités d’un projet particulièrement complexe n’ont plus de secret pour lui. « La principale activité d’Erscia, son Kbis et sa raison d’être, c’est de produire de l’électricité à partir du bois », répète-t-il. En effet, EDF rachète, à un tarif près de trois fois supérieur au prix réglementé, l’électricité issue d’un cogénérateur de biomasse, car il tourne avec une énergie renouvelable, le bois.

Une hérésie dénoncée par nombre d’écologistes et de spécialistes de la filière, comme Philippe Canal, secrétaire départemental du syndicat majoritaire de l’Office national des forêts, le Snupfen :

« Le problème est que pour faire tourner cet énorme cogénérateur, ils vont prélever plus de bois qu’il ne faudrait. Le projet ne part pas de la ressource en bois disponible mais de la nécessité de brûler de la biomasse pour obtenir les subventions. »

Bienvenue à « Notre-Dame-des-Bois »

Le 4 février dernier, quand les bûcherons accompagnés de 80 gendarmes ont débarqué dans le bois de Tronçay pour couper les arbres, Jérôme et sa bande ont compris que les événements basculaient.

Voilà un an et demi que les opposants au projet n’obtenaient que le mépris des politiques et quelques victoires judiciaires. Là, l’emploi de la force leur a rendu un gros service : depuis, l’association Adret Morvan croule sous les dons (200 euros par jour), les adhésions (dix par jour)… et la pétition a déjà reçu plus de 60 000 signatures... alors que le canton de Corbigny compte moins de 5 000 âmes.

Ce dimanche, Jérôme, Muriel, Antonio et les autres le passent sur la ZAD, la « zone à défendre » qu’ils ont créée sur le modèle de celle de Notre-Dame-des-Landes, en bordure du bois de Tronçay, à Sardy-lès-Epiry. Autour d’une tisane bio et d’un far breton, dans cette cabane bien chauffée par un poêle à bois, ils refont le monde et la filière bois en Bourgogne, tout en organisant le grand concert de soutien du 6 avril prochain.

Comme à Notre-Dame-des-Landes, les résistants à un grand projet jugé inutile occupent le terrain physiquement, et sont prêts à s’enchaîner aux arbres le jour où les gendarmes reviendront les couper.

Contrairement à Notre-Dame-des-Landes, ils ne squattent pas un terrain d’où ils risquent d’être expulsés, et ne viennent pas de toute la France, seulement de toute la région.

« Le projet ne pourra pas se faire ici »

Dans les virages incessants de la Nièvre, au volant de sa petite voiture, le président de la communauté de communes du Pays corbigeois, le docteur Jean-Paul Magnon, revient sur l’incident du 4 février.

Reportage de France 3 Bourgogne

 

PAS UN PROJET D’INTÉRÊT PUBLIC MAJEUR
Défricher le bois du Tronçay, habitat d’espèces protégées, nécessite une autorisation de destruction exceptionnelle et de prendre des mesures compensatoires. Le code de l’environnement dit que cela ne peut se faire que si l’on justifie d’un projet d’intérêt public majeur. Le juge a estimé que ce n’était pas le cas.

Il explique que les services de l’Etat ont préféré « agir vite » face aux opposants : dès que l’arrêté préfectoral autorisant la création d’unezone humide de substitution dans le bois de Tronçay a été publié, il en a décidé l’exécution immédiate.

D’où les gendarmes accompagnant les bûcherons... Et le déclenchement d’une guérilla champêtre simplement parce qu’il fallait créer une mare où seraient déplacées les espèces protégées, que l’usine Erscia va déranger. La justice doit encore se prononcer sur le fond du dossier, mais Jean-Paul Magnon s’avoue « inquiet ». D’autant qu’en face, maître Blanchecotte, l’avocat de l’association Loire vivante, qui a réussi à faire annuler trois arrêtés de suite devant le tribunal administratif de Dijon, l’affirme :

« Le projet ne pourra pas se faire ici, selon moi. On ne comprend pas le forcing des élus pour que le projet n’aille pas ailleurs dans la Nièvre. »

Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, Christian Paul, figure du PS local, ancien ministre (de l’Outre-mer) et père de la Wood Valley, s’emporte quand on lui demande pourquoi le projet n’est pas déplacé puisqu’il pose un problème légal de protection de la nature :

« Nier le potentiel de création d’emplois de ce projet c’est vivre hors sol.

Il faut se demander si les installations industrielles doivent exclusivement être positionnées aux abords des grandes agglomérations, ou a-t-on une chance d’en avoir dans les territoires ruraux ? Moi je dis que la réindustrialisation de ce département est d’un intérêt national majeur. »

Les héritiers de Mitterrand tremblent

Cette histoire est en train de prendre des proportions d’« affaire Dreyfus », estime Régis, graphiste à Paris la semaine, Morvandiau le reste du temps. Lui ne met plus les pieds chez les commerçants qui soutiennent le projet Erscia, et ne parle plus à une partie de ses voisins.

Mobilisé contre un projet qu’il juge « symptomatique du mensonge des élus », Régis est écœuré de les voir promettre avec démagogie que l’immobilier va prendre de la valeur, que les classes et des maternités vont rouvrir… pendant que lui se fait traiter de « défenseur des grenouilles ». Il assure que pas mal de gens « sont contre le projet mais n’osent pas le dire », tandis que le maire de Corbigny, Jean-Paul Magnon, jure qu’« une grande majorité est pour ». Pour en convaincre le passant, il a d’ailleurs affiché sur la porte d’entrée de l’hôtel de ville : « Des emplois, vite Erscia. » Car, rappelle-t-il au volant de sa voiture :

« Ce coin de la Nièvre est, en terme de revenu par habitant, plus pauvre que la moyenne de la Bourgogne, elle-même plus pauvre que la moyenne française. »

Daniel, informaticien néorural, s’étonne encore de voir des bleds comme Lormesdotés d’autant de services publics. Ici, les socialistes ont été biberonnés aux méthodes mitterrandiennes, « et dans la galaxie PS, ou au Parc naturel régional du Morvan, ceux qui sont réservés ne le disent pas ».

Pourtant, les potentats locaux commencent à trembler et si la région est acquise à la gauche, il est arrivé, lors de la dernière législative, « ce qui n’arrive jamais : Christian Paul a eu besoin d’un deuxième tour pour être élu ».

Daniel est entré en opposition contre cette classe politique pour laquelle il ne votera plus et estime qu’en rejoignant le combat d’Adret Morvan, il dit :

« Il n’est plus possible de laisser les politiciens décider pour nous. »

Elements de langage, face A et face B

Alors que le soir tombe sur la ZAD, qu’on entend au fond du pré la cabane « boîte de nuit » faire vibrer ses enceintes, Jérôme l’éleveur d’escargots, sort lui aussi ses éléments de langage. Sur une feuille, il fait une colonne « déclare » et une autre « écrit », et commence à pointer les « mensonges » des autorités et des entreprises, mises dans le même sac :

  • « Le rapport d’enquête publique dit que 27 camions passent chaque jour en provenance de la carrière d’à côté, en fait c’est entre 75 et 100. Ils veulent en ajouter 200 de plus chaque jour, ça fera un toutes les trois minutes. »
  • « L’incinérateur est autorisé à brûler 75% de bois “non assimilable à la biomasse”, soit des bois contenant des colles, vernis, peintures, donc des déchets ménagers. »
  • « Quand ils sont venus couper les arbres le 4 février, la préfecture a déclaré qu’ils n’en avait coupés que huit, en fait ils ne comptaient que les gros, mais 80 à 100 sont par terre. »
  • « Erscia dit qu’elle prendra des arbres à 300 km alentour, mais c’est juste pour nous calmer car il aura tout intérêt à se servir dans le Morvan. »
  • « Jacob annonce 5% de subventions mais avec les financements européens, il pourrait aller jusqu’à 15%. »
  • « Les scieries industrielles alentour seront menacées à terme parce que la ressource manquera, ce sera donc autant d’emplois détruits. »
  • « Le cogénérateur n’alimentera pas 24 500 foyers mais 14 000 maximum. »

De son côté, l’industriel estime que les arguments des opposants témoignent qu’ils « vivent dans une bulle », et Pascal Jacob jure :

  • « que la centrale ne brûlera pas de déchets, toxiques, mais des résidus forestiers et des bois en fin de vie collectés en déchetterie, qu’il ne faut pas appeler déchets ;
  • que les filtres à particules existeront à la sortie de l’incinérateur et que la réglementation sera respectée ;
  • qu’il utilisera le train à 30% ;
  • qu’il créera 617 emplois directs et 1 050 au total ;
  • que la ressource en bois est largement disponible et qu’il ne prélèvera que 60 000 m3 par an en Morvan, alors que les trois principales scieries y prélèvent déjà 660 000 m3 ;
  • que l’actionnaire ayant déjà dépensé près de 3 millions d’euros, il ne compte pas se retirer même s’il en reste 113 à trouver auprès des banques (37 étant apportés par les actionnaires et 5 acquis en subventions). »

Du « mieux », plutôt que du « toujours plus »

Dans cette atmosphère technique et délétère, il faut revenir au sujet principal, le bois du Morvan. Et comprendre de quoi est composée cette forêt :

  • une moitié de feuillus, surtout du chêne, du hêtre qui met plus de temps à pousser. On en fait du bois de chauffage et des palettes ;
  • une moitié de résineux, épicéa, douglas, pins sylvestre et maritime.

Cette dernière catégorie est issue de plantations réalisées entre l’après-guerre et les années 70. Ce sont les sapins, qui commencent à arriver à maturité, mais peuvent vivre jusqu’à 100 ans et qu’il n’est donc pas urgent de couper. C’est ce que demande le marché, et ils sont taillés de plus en plus jeunes, pour le satisfaire.

Or, explique Philippe Canal, l’employé de l’Office national des forêts (ONF), à l’heure où les forêts françaises sont en train d’être vues comme des usines dotées d’un combustible, on ne va pas pouvoir tout demander à la forêt.

« Les services rendus par la forêt sont aussi l’eau, la fertilité des sols, la biodiversité, tout cela n’est pas compatible avec une vision industrielle de la forêt. Un douglas puise dans le sol pendant 60 ans, puis l’enrichit, si on coupe à 45 ans, il l’aura appauvri. »

Il fait valoir que 600 hectares (l’équivalent de six terrains de foot) sont coupés par an en Bourgogne, et que si Erscia se fait, il lui en faudra 2 500 à 3 000... « On aura donc un problème dans dix ans. »

Pascal, éleveur de vaches charolaises (en bio) se demande si les élus ne veulent pas « une ruralité sans nous, avec seulement des agrimanagers, comme ils ont fait avec l’agriculture ».

Finalement, se dit Philippe Canal, derrière la défense affective de la forêt et des paysages du Morvan, il y a peut-être aussi « les idées de la décroissance qui gagnent les esprits : les gens ne veulent pas de toujours plus, mais du mieux 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:26

Interview d’un militant syndicaliste de l’usine Titan de Bryan, 
en Ohio (Etats-Unis) réalisée par laCGT Goodyear Amiens le 27 mars 2013.

Il y a un mois, le pdg de Titan international, insultait les salariés de Gooyear Amiens nord, « de soi-disant ouvriers » menés par des « barjots du syndicat communiste ». Le président du syndicat United Steelworkers of America (USWA), John Vanover, se démarque des élucubrations du PDG de Titan sur les salariés d’Amiens. Dans l’Ohio, les métallos ont écrit « Vive la France » sur leurs casques.

Qu’avez-vous pensé de l’échange de courriers qui a eu lieu entre Maurice Taylor et Arnaud Montebourg ?

John Vanover. On a beaucoup rigolé quand on a vu les lettres de Maurice « Morry » Taylor au gouvernement français. Nous qui travaillons pour lui, nous savons que la réalité est légèrement différente de ce que disent les journaux. Il y a des gars dans l’usine qui ont collé du sparadrap sur leurs casques et ont écrit dessus, au marqueur: «On aime les Français.» Des gars veulent aller acheter des tee-shirts où il y a écrit « Vive la France ». Morry Taylor est le genre de mec à dépenser 200 000 dollars pour vous en voler 10, l’argent n’est pas un problème pour lui. Il dit toujours: «Je ne fais pas de l’humanitaire, je fournis des emplois.» Et il fournit des emplois, en effet, mais parfois il faut se battre pour obtenir un semblant de dignité avec lui. Que ce soit avec General Tire ou Continental ou Titan, on entend ces menaces de produire ailleurs à chaque fois qu’on négocie : « On va vous fermer. Vous n’êtes pas rentables. Je peux produire la même chose pour moins cher au Mexique ou en Chine ! » Ça fait juste partie des lois du marché mondialisé…

 

Pouvez-vous nous décrire la situation sociale dans l’usine Titan de Bryan, 
en Ohio ?

John Vanover. Il y a deux ans, juste avant Noël 2010, Morry Taylor a imposé un lock-out aux 235 salariés pendant une semaine. Il avait même embauché une société de vigiles pour nous sortir de l’usine. Nous refusions les termes de l’accord qu’il proposait et il ne voulait plus négocier avec nous. Il voulait nous enlever deux semaines de congés payés sans compensation, refusait toute augmentation, voulait nous forcer à faire des heures supplémentaires pour effectuer jusqu’à douze heures de travail par jour avec seulement 40 minutes de pause, trois fois par semaine, et nous forcer à travailler le samedi. Ce qui nous aurait amenés à faire des semaines de 60 heures. On n’était pas prêts à accepter tous ces reculs et on voulait négocier. Mais il a préféré organiser un lock-out, et, au bout d’une semaine, décréter que la négociation avait abouti à une impasse, pour nous faire retourner au travail. On aurait pu se mettre en grève, mais à l’époque la situation économique était terrible : dans notre comté, le taux de chômage atteignait 19 %, soit 9 % de plus que la moyenne nationale.

Un an plus tard, le PDG est revenu avec une nouvelle proposition d’accord, mais les salariés ont voté contre. Nous avons porté le cas devant le National Labor Relations Board (agence indépendante du gouvernement fédéral américain chargée de conduire les élections syndicales et d’enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail – NDLR) de la région et nous avons gagné l’année dernière: ils ont annulé l’accord et ordonné qu’un nouveau texte soit négocié, et que, en attendant, nous devions travailler sous le régime de l’accord précédent. Morry Taylor a fait appel, on attend la décision. Depuis octobre, nous sommes en négociation avec le PDG. Nous avons obtenu des avancées mais à la condition d’abandonner notre plainte. La pilule est un peu dure à avaler mais si l’accord est accepté par les salariés, nous abandonnerons la plainte. Certains points ne sont pas aussi bons qu’on l’espérait, mais il y a suffisamment d’améliorations sur les salaires et la protection sociale pour qu’on le soumette au vote des salariés et qu’ils l’acceptent majoritairement, le 15 mars dernier. Le boulot est bien payé, alors on apprend à prendre les mauvais côtés – des heures supplémentaires de dingues – avec les bons – le salaire. Même si, avant l’arrivée de Taylor, les salaires allaient de 21 à 25 dollars de l’heure et si, aujourd’hui, ils commencent à 15 dollars…

En tant que syndicaliste, quelle a été votre expérience chez Titan ?

John Vanover. L’usine m’a viré il y a environ seize mois. Je suis un militant actif du syndicat. Je ne faisais pas partie de la délégation qui négociait l’accord, mais j’étais du genre à convaincre tous les gars de ne pas rentrer dans l’usine, à hisser le drapeau américain et à scander: «Qu’est-ce qu’on veut? Un accord juste! Quand? Maintenant!» Je suis une grande gueule, qui relève la tête et qui se bat. Ils pensaient qu’en se débarrassant d’une figure, ils pourraient faire peur aux autres travailleurs, mais ça n’a pas marché. Ils ont pensé pouvoir se débarrasser de moi comme ça, mais j’ai été élu président local du syndicat, donc ils ont toujours affaire à moi. J’ai été en « arbitrage » pour essayer de récupérer mon boulot. J’espère le retrouver d’ici quelques mois. Morry Taylor est allé se répandre dans les médias pour dire que Bryan était un canard boiteux, que le problème était le syndicat, à Bryan comme à Freeport. Ce n’est jamais de sa faute ou de celle du management, c’est toujours de la faute du syndicat. Wall Street l’a surnommé le Grizzly, pour la manière dont il traite les syndicats. La plus longue grève (trois ans – NDLR) de l’histoire du caoutchouc a eu lieu dans une usine Titan à Des Moines, Iowa. Un autre syndicaliste dans une usine de Morry Taylor a été viré.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:24

L’Economiste Maghrébin, 28 mars 2013 :

La production de plus de 50 mille barils de pétrole par jour pourra être interrompue, dans le Sahara du gouvernorat de Tataouine, à partir du vendredi 29 mars 2013 et jusqu’au 31 du même mois, « s’il n’y a pas une solution pouvant satisfaire tous les travailleurs des différents champs de pétrole ».

Le secrétaire général de l’Union régionale du travail (URT) de Tataouine a précisé que l’organisation syndicale avait reporté à maintes reprises cette grève qui, reconnaît-il, « portera un coup dur à l’économie tunisienne ».

 

Le responsable syndical a, en outre, critiqué « les tergiversations du gouvernement pour la création d’une société du sud pour les services qui aurait dû, en principe, être lancées à la fin du mois de juin 2012″, ainsi que « les tentatives de quelques sociétés de mettre fin aux contrats de travailleurs et de syndicalistes ».

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:15

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:01

Une réponse de plus au texte « y en a marre de la non-mixité », publié il y a quelques jours sur indymedia nantes.

… Dur dur d’être un militant anti sexiste quand on est un mec. Oui hein, on a beau faire des efforts, ces grincheuses de féministes sont toujours là pour jouer les troubles fêtes et imposer proposer des pratiques de non mixité !

Un peu de paternalisme…

Parce que les auteurs sont sympas, ils ne font pas que critiquer, ils nous donnent des conseils pour nous améliorer, chouette ! En début de texte, ils prennent quand même la peine de nous dire qu’il y a aussi des filles qui exercent des rapports de domination, et ce même au sein des réunions non-mixtes. Sans blague ?!? Mes illusions volent en éclat : toutes les nanas ne sont donc pas des gentilles filles bienveillantes les unes avec les autres ? Les nanas classistes/lesbophobes/transphobes/racistes… ça existe ? J’aurais pas cru tiens.

Mais le mieux c’est quand même vers la fin, quand ils reconnaissent, grands seigneurs, que la « non-mixité a des effets bénéfiques pour [nous] ». Comme ils ont bien réfléchi, ils savent qu’il y a des sujets plus faciles à aborder entre meufs, et dans cette perspective là, ils nous accordent le droit de nous réunir en non-mixité. « Mais pour le reste, non !La Non-Mixité n’est pas la réponse à tous [nos] problèmes. » Comme ils ne précisent pas dans quelle mesure les réunions non mixtes sont légitimes ou non, je dirais simplement que ces messieurs sont quand même culottés de prétendre nous expliquer comment nous devons lutter, quand nous avons le droit de nous auto organiser et quand ça n’est pas pertinent. Mais ça doit être pour notre bien, puisque le texte se termine sur une note positive, les auteurs nous donnent plein de pistes pour déjouer les logiques patriarcales du militantisme :

« Alors qu’est ce que vous attendez ? » Oui, c’est vrai ça, qu’est-ce qu’on attend ?

« Forcez la main ! Imposez des discussions et des réflexions sur les rapports de genre entre nous ! Prenez la parole ! » C’est tellement facile quand il faut crier plus fort que tout le monde pour être écoutée !

« Faites taire ces mecs qui parlent trop et ne laissent pas de place aux autres ! » Mais alors pourquoi tu ne te tais pas ?

« Envoyez chier ces connards qui vous paternalisent ou vous poussent au virilisme sur les chantiers ou autres activités ! » Le sexisme vient moins du fait qu’on nous pousserait au virilisme que de la tendance de certains militants à nous voir avant tout comme des meufs, et du coup à nous infantiliser, nous couper la parole, nous déconseiller les travaux de force ou les actions dangereuses…

« Rendez visible, ceux qui par leur comportement vous ont heurter, agresser !Et là je vous assure, vous en serez peut-être surprises, mais vous trouverez des gens qui vous soutiendront… des MECS ET DES FILLES ! » Eh bien, c’est marrant, mais la dernière fois qu’une camaradE (je dis une camaradE mais en fait je pense à plein de camaradEs) a rendu visible celui qui l’avait agressée, elle n’a pas trouvé tant de soutien que ça…

Les féministes, ces pleurnicheuses misandres…

Les auteurs de ce texte ne doivent pas parler souvent avec des féministes, ou alors ils ne les écoutent que d’une oreille peu attentive. D’abord, dire que les « adeptes de la non mixité » défendent « l’idée qu’une fille est dans tous les cas une dominée tandis qu’un mec est dans tous les cas un dominant », c’est extrêmement réducteur. Oui, dans les rapports de genre, un homme sera toujours en position de domination. Ce qui ne veut pas dire qu’il profite de cette position, mais qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou pas, par rapport à sa camaradE il est en position de domination. La plupart des féministes n’accusent pas leurs camarades d’être en position de domination, mais de profiter de cette position, ou de ne pas vouloir y réfléchir. C’est quand même une nuance de taille : mais ça, les auteurs n’ont pas l’air de l’avoir compris car ils sont fatigués de voir que les féministes renvoient tous les mecs « à la même image, la même représentation, les mêmes attitudes dégueulasses de ce « mâle alpha » » dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Merci les gars de contribuer à la propagation du mythe de la féministe misandre qu’on essaie de combattre !

Au milieu du texte, les auteurs écrivent que « ce [qu'ils trouvent] tout aussi choquant, c’est que vous, chères adeptes de la non-mixité, semblez vous complaire dans ce statuts de dominées. Ce repli qu’on peut voir en ce moment dans tous les lieux collectifs en lutte (ZAD, Grange de Montabot, Rennes, Nantes, Brest…) vers la non-mixité en est la preuve. » Donc, si des espaces de non mixité au sein de milieux militants se multiplient, c’est parce que les femmes se complaisent dans leur malheur, et pas parce que le sexisme ambiant de ces milieux rend nécessaires des espaces de non mixité, justement pour s’émanciper collectivement de ce statut de dominées ? La non-mixité est complètement dépolitisée, à lire ce texte on a l’impression que les réunions non-mixtes sont de simples exutoires, on imagine déjà des groupes de nanas en train de soupirer sur leur dure condition de femmes au milieu de tous ces méchants hommes (bon d’accord j’exagère, mais pas vraiment en fait). C’est assez révélateur du sexisme ambiant dans les milieux militants-plus-radical-que-moi-tu-meurs, où on voudrait nous faire croire que des meufs qui se réunissent, ça ne peut pas être politique et ça ne peut pas être un outil de lutte intéressant.

L’hégémonie de la non-mixité et la culpabilisation des féministes

La non mixité apparaît comme totalitaire et incompatible avec d’autres actions en mixité. Vers la fin du texte, les auteurs écrivent que les questions de genre « méritent des combats, des luttes, de tous les jours… Mais pas comme ça, pas en non-mixité ! ». Peut-être que vous préférez la mixité. Soit dit en passant, c’est le cas de beaucoup de nanas. Les réunions non mixtes n’entravent en rien la possibilité d’organiser des actions en mixité ; ces deux modes d’organisation peuvent se compléter, selon les envies et les besoins de chacun-e. D’ailleurs, sur Nantes, il existe un super collectif anti sexiste qui est mixte, et il y a des projections féministes ouvertes à tous-tes régulièrement.

La non-mixité est un outil, qu’on a tout à fait le droit et raison d’utiliser. D’ailleurs, c’est pour certaines meufs la seule possibilité de se sentir à l’aise dans des espaces politiques. Rien que pour ça, on doit pouvoir discuter, lutter et mener des combats, comme ça, en non-mixité, tous les jours.

Mais dans la tête des auteurs, la non-mixité ne semble pas être une possibilité d’action parmi d’autres. En lisant leur texte on a l’impression que les réunions non mixtes prennent tout l’espace, que les meufs l’imposeraient à tous-tes, tout le temps et sans laisser d’autres possibilités d’actions. Il [leur] apparaît intolérable que vous [les adeptes de la non-mixité] rameniez partout vos pratiques, sans d’abord discuter de leur pourquoi, de leur nécessité et de leur utilité avec TOUS-TES celleux qui vivent dans ces lieux. ». Un peu plus haut, ils parlent de « la domination de la non-mixité dans le féminisme ». On ne doit pas vivre sur la même planète, parce que ces pratiques ne sont pas du tout majoritaires, elles sont très souvent contestées (par des mecs ET des meufs ; d’ailleurs la dernière fois qu’on a voulu organiser une réu en non mixité à B17 ça a fait quelques grosses vagues) et surtout, elles ne s’imposent à personne. Les meufs qui organisent des réunions non mixtes n’obligent personne à y venir, n’obligent pas les mecs à faire des réunions non mixtes de mecs et ne punissent pas les nanas qui n’y prennent pas part.

Et puis, cet amalgame entre non-mixité et ségrégation, franchement c’est foireux. Je cite : « Ce qui nous chagrine le plus, c’est que vous, camarades de lutte la plupart du temps, récréez exactement les mêmes logiques de ségrégations que le pouvoir et les classes dirigeantes vis-à-vis des pauvres, des immigrés et autres indésirables dont nous faisons également partie (parfois d’ailleurs dans plusieurs catégories). ». Pour information, la ségrégation dont tu parles c’est le fait de reléguer certaines catégories de la population (les immigréEs, les indésirablEs) dans des espaces d’habitation, de travail, de loisirs, assignés par les classes dominantes et dont ces populations ont du mal à sortir (parce qu’on leur interdit l’accès aux espaces occupés par les classes dominantes). Le fait qu’il y ait des espaces de non-mixité dans des lieux militants n’empêche personne d’aller et venir à sa guise dans ce lieu, à l’exception du lieu réservé à la non-mixité pour, dans la grande majorité des cas, un temps limité. Contrairement aux personnes ségréguées par l’état, les mecs qui ne peuvent pas aller dans des réunions non mixtes ne subissent pas d’atteinte à leurs droits, ni de discrimination dans tout le reste du milieu militant.

On en est déjà là à un stade assez élevé de la culpabilisation des féministes, mais ça empire à la fin du texte. On y lit que « Il y a pourtant pire que tout cela dans la non-mixité érigée en dogme. En créant cette division, vous vous coupez de nous, vous introduisez des fractures dans nos communautés de lutte, vous donnez à notre ennemi commun, le pouvoir, un biais pour nous diviser, mais surtout vous ôtez toutes perspectives de dialogue et de discussions pour faire avancer les choses. ». Reprenons : non, on ne se « coupe pas » de vous, on crée un entre-soi, pour un temps limité. Et, comme je l’ai déjà écrit plus haut, on n’enlève aucune perspective de dialogue puisque la non-mixité à un moment et à un endroit n’empêche aucunement la mixité à d’autres moments et à d’autres endroits.
On n’introduit pas plus de fractures dans les « communautés de lutte », on essaie juste de se donner des armes pour combattre le sexisme, dans nos milieux militants et ailleurs. Mais peut-être que les auteurs sous entendent qu’en s’auto organisant contre le patriarcat, on met de côté la seule lutte légitime en ce bas monde, à savoir la *lutte des classes* (à prononcer solennellement et la main sur le cœur). Ou alors, les auteurs pensent qu’ils ne faut surtout pas questionner nos attitudes et celles de nos camarades de lutte, parce que la division, c’est la mort… Si le militantisme va mal, c’est bien à cause de ces chieuses de féministes qui veulent (parfois) s’organiser de leur côté.

Et puis, tout au long du texte, on peut lire des reproches adressées aux féministes qui reconnaissent pas à leur juste valeur les efforts que font les mecs anti sexistes : « On entend très peu dans vos discours la description du camarade, du copain, de l’ami, de celui qui lutte avec nous, de celui qui sait rendre service, prendre sur lui parfois, qui tente de partager ses savoirs et de les apprendre de vous, de celui qui, comme vous, à encore tant à apprendre, tant à réfléchir, tant à remettre en cause, tant à changer. ». Je rêve ou ils veulent des cookies pour ne pas être des gros cons sexistes ?? Un peu plus loin, quand ils accusent les féministes de mettre tous les militants dans le même panier, nos gentils auteurs nous mettent en garde : « Ne vous étonnez pas donc que certains se mettent à cultiver des rancœurs à vos égards… ». Est-ce que c’est une menace ? C’est vraiment chiant, cette manie de dire que si les gens sont sexistes, c’est parce qu’il y a des féministes qui ne sont pas assez gentilles avec les machos et qui veulent s’organiser sans eux. Ça me rappelle les fois où je me suis faite doublement insulter par un mec à qui je n’ai pas répondu gentiment quand il m’a dit qu’il me trouvait bonne et qu’il me baiserait bien.

Bref, tout ça pour dire que y en a marre des mecs qui se découvrent anti sexistes quand ils ne peuvent pas aller à une réunion parce qu’elle est non mixte. Y en a marre de voir la légitimité du féminisme tout le temps remise en question, alors que l’attitude machiste de certains militants n’est elle presque jamais questionnée. Y en a marre que les mecs passent leur temps à nous dire comment on devrait lutter contre notre oppression. S’il n’y avait qu’un slogan féministe à retenir ce serait celui-là : Patriarcat, ne me libère pas, je m’en charge !

———————

Et pour toutes celles qui ont envie de continuer de discuter, de lutter mais aussi de s’amuser, il y a une semaine sur la ZAD, à la chatte-teigne proposée par un collectif non-mixte meufs gouines trans (MGT) le programme est ici

VU SUR http://combiendefois4ans.wordpress.com

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:47

A lire absolument : "La haine de la religion. Comment l’athéisme est devenu l’opium du peuple de gauche", de Pierre Tevanian
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_haine_de_la_religion-9782707175908.html

http://widget.editis.com/Books/ladecouverte/9782707175908/gf/70717590_000_CV_1_000.png#image

« Le NPA devrait relire Marx : la religion, c’est l’opium du peuple. » C’est ce qu’ont répété sur toutes les antennes de grands révolutionnaires tels que Michel Onfray, Aurélie Filipetti, Laurent Fabius ou Nadine Morano lorsque, en 2010, le Nouveau parti anticapitaliste a eu le front de présenter aux élections régionales une candidate qui portait un foulard : Ilham Moussaïd (une affaire qui a été ravageuse en interne).

Dans ce livre, Pierre Tevanian a décidé de les prendre au mot : il a relu ce que disent de la religion Marx, mais aussi Engels ou Trotski. Et le résultat est… édifiant.

En résumé : « Marx [dans « La Question juive », notamment] refuse l’inversion qui fait de l’arrachement à la religion la condition préalable de l’émancipation politique. A ses yeux, c’est au contraire l’émancipation politique qui constitue un préalable, trouvant son nécessaire prolongement dans une transformation socio-économique au terme de laquelle la religion est censée dépérir d’elle-même. L’émancipation politique ne saurait de ce fait être conditionnée par quoi que ce soit, et notamment pas par des gages de bonne conduite de la part de la minorité reléguée. »

Sur Engels :

« Engels ironisera à son tour, pour les mêmes raisons, sur l’idéalisme de ceux qu’il nomme les “extrémistes” de l’irréligion, qui entendent “abroger Dieu par décret” et “transformer les gens en athées par ordre du Grand Mufti”, alors que les occasions ne manquent pas d’apprendre (…) “que les persécutions sont le meilleur moyen de donner de la force à des convictions impopulaires”. Pour reprendre les termes de Marx, puisque la croyance religieuse durera aussi longtemps que durera la “situation” de misère et le “besoin” de croire qu’elle produit, il ne reste aux prêcheurs d’athéisme qu’un seul moyen de convertir sans délais : la force. »

Tevanian remarque que, certes, la religion peut être vécue soit comme un moyen d’émancipation, soit, de façon moins sympathique, comme « une stratégie de distinction [c’est moi qui détiens la vérité] et un instrument de domination ». Mais que l’athéisme aussi…

Chez Maxime Rodinson, il trouve ces lignes formidables : « Dans une société non socialiste, mettre au premier plan la lutte anti-religieuse serait une erreur idéaliste et petite-bourgeoise capitale. La lutte sociale doit être menée sur le terrain des clivages de classe de l’infrastructure, sur le terrain des camps qui délimitent les classes économiques et leurs options politiques et sociales, non sur le terrain fantasmagorique de l’idéologie qui établit de faux clivages mystifiés. »

Commentaire de l’auteur : « Spéciale dédicace à Michel Onfray – et à toute l’équipe de “Charlie Hebdo”. »

Il pose cette question des plus pertinentes : « Qui est le plus mal barré, entre un athée idéaliste de type Michel Onfray, qui croit en la puissance des maximes d’Epicure pour libérer l’humanité de ses souffrances – dans le cadre d’une économie de marché jamais remise en cause – et qui pense qu’il suffit de renier saint Paul pour se débarrasser de l’oppression patriarcale, et des théologiens chrétiens ou musulmans qui mobilisent activement les instruments méthodologiques de Marx ou d’Ibn Khaldoun pour analyser les structures sociales ? »

Au passage, au moment où le verdict sur l’affaire de la crèche Baby Loup, en plus de susciter des commentaires aux relents bien dégueulasses
(https://twitter.com/Zepapou/status/314079131757322240),
relance le « catéchisme anti-voile » et les discours sur le foulard forcément symbole-de-soumission, Tevanian rappelle ce témoignage de Hanane dans « Les filles voilées parlent » : « Je porte le voile par soumission à un Dieu – et cette soumission-là, je l’assume totalement – mais cela veut dire aussi que je ne suis soumise à personne d’autre. Même pas à mes parents : je les respecte, mais je ne leur suis pas soumise. Elle est là, ma force : je me donne à un Dieu, et ce Dieu me promet de me protéger et me défendre. Alors ceux qui veulent me dicter ma conduite, je les emmerde. »

(Sur ce livre, voir : http://www.peripheries.net/article318.html)

Tout ça est imparable, mais le plus déprimant, c’est que ça ne servira probablement à rien. De l’extrême gauche à l’extrême droite, dans un contexte de crise économique mondiale, de découragement et de renoncement politique, c’est la logique du bouc émissaire qui est à l’œuvre. Il FAUT construire le musulman comme l’ennemi numéro un, et cette nécessité balaie tout sur son passage, à commencer par la raison – comme le montre l’ardeur à changer la loi quand elle empêche d’exclure et de stigmatiser, y compris en allant contre toutes les conventions européennes et internationales (lire le billet d’Alain Gresh, « Sus à l’islam ! Ils ne se fatiguent jamais... », sur son blog Nouvelles d’Orient :
http://blog.mondediplo.net/2013-03-24-Sus-a-l-islam-Ils-ne-se-fatiguent-jamais).
A partir de là, tenter de parler à la raison est probablement inutile. Que ces gens
(http://www.marianne.net/Signataires-de-l-appel-pour-une-loi-sur-les-signes-religieux_a227577.html)
ne voient pas ce qu’ils sont en train de faire est stupéfiant, mais démontre qu’on n’a pas réellement tiré les leçons historiques de ce genre d’engrenages. On tente de réfuter leurs discours parce qu’on ne peut pas faire autrement, et parce que les « faux clivages mystifiés » font des victimes bien réelles, mais… sans trop d’illusions.

Voir l’intro du livre sur Les mots sont importants :
http://lmsi.net/La-haine-de-la-religion

#religion #islamophobie #politique

vu sur http://seenthis.net/messages/124666

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:39

panorama

La France semble atteinte d’un étrange syndrome, qui fait que ses frontières semblent la protéger de tous les maux. Il en a été ainsi du nuage radioactif de Tchernobyl, qui a survolé tous les pays voisins, mais qui a eu le bon goût de contourner l’hexagone. De même la crise qui touche nos amis grecs, italiens, espagnols, anglais… nous épargne étrangement, malgré quelques remous ici et là – mais on sait que nos chômeurs sont des fainéants, nos ouvriers de mauvais coucheurs, nos amis étrangers et roms des égoïstes qui n‘ont aucune reconnaissance pour les gouvernants, et nos taulards des gens de mauvaise fois.
Ainsi, d’après ce qu’on nous dit, pendant les « années de plomb », si des mouvements révolutionnaires armés se sont propagés en Allemagne, en Italie et un peu partout en Europe, il n’y aurait rien eu de particulier en France. Enfin rien de réellement notable. Même pas de quoi en écrire l’histoire. Dixit les July, Glucksmann, Castro, BHL, et tant d’autres, aujourd’hui occupant des postes de pouvoir dans la presse, la culture, la politique que l’économie…
Toutes les politiques institutionnelles de ce pays semblent fonctionner désormais avec, comme base affirmée, la négation du mouvement armé. Une des tâches de l’antiterrorisme est d’ailleurs de fabriquer de l’unanimité autour de la dépolitisation et de la criminalisation des résistances du mouvement révolutionnaire.
Et force est de constater qu’en France, l’extrême gauche, pour l’essentiel, a participé à ce large consensus.
Alors quoi, renégats, repentis ou simplement amnésiques ?
Pourtant, si nous nous bornons à comparer le nombre d’attentats entre 1968 et 1976 en Italie et en Allemagne – désignés pour être le creuset de la lutte armée européenne – avec ceux perpétrés pendant la même période en France, nous sommes en droit de remettre en question cette négation : on constate en effet que, durant ces huit années, trois fois plus d’actions politiques violentes sont commises sur ce territoire que dans les deux autres pays réunis… Alors qu’en est-il vraiment ?
Ce livre propose une chronologie commentée des mouvements révolutionnaires armés français de 1968 à 2000 et retrace une histoire qui, de la Gauche Prolétarienne à Action Directe en passant par les Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste, les Brigades Internationales, les Noyaux Armés pour l’Autonomie Populaire et la guérilla diffuse du mouvement autonome, est lisible et a sa logique.
Ce panorama du mouvement armé en France, loin de vouloir clore le débat, cherche au contraire à l’ouvrir en rompant avec les vulgates et les critiques préfabriquées de la psalmodie anti-terroriste, qu’elles soient prononcées par les historiens, les journalistes ou certains militants eux-mêmes.

Résumé:

Aux lendemains de mai 1968, et dans la suite de la lutte anti-franquiste, en France, comme un peu partout en Europe et ailleurs, des militants d’extrême gauche décident de se séparer radicalement de la politique des syndicats et des partis pour développer l’idée d’une alternative anti-capitaliste et anti-étatique, en défendant le projet d’une autonomie prolétarienne, qui fonctionnerait sous la forme d’une fédération de comités d’ouvriers et d’assemblées populaires.
Parmi ces militants, qui se comptaient dans les milieux se revendiquant de l’anarchisme et du marxisme, certains pensent que seul le passage à l’acte peut permettre l’établissement de cette séquence politique et sociale salutaire, et décident de répondre à la guerre civile par la lutte armée. Parmi les principaux groupes français qui firent le choix des armes, il y a eu les NAPAP, les Brigades Internationales, le Collectif communiste révolutionnaire, Gdansk-Bakounine, BlackWar, les FTP… et, bien entendu, l’historique Action Direct.
Cet ouvrage propose une recension commentée de ces différents groupes, une analyse de la situations politique française et internationale dans laquelle ces différents groupes sont nés, mais également des documents (tracts, photographies …) et des entretiens (dont beaucoup sont inédits) avec les principaux acteurs de ces groupes armés. Ce livre revient sur une histoire récente qui fut en grande partie occultée par les médias et par l’édition.
Et alors qu’actuellement, un peu partout dans le monde, les peuples se soulèvent et prennent conscience de l’importance à réinventer la pensée et l’action politique, un tel ouvrage se pose comme un indispensable outil de réflexion.

Hazem el Moukkadem, Panorama des groupes révolutionnaires français – 2012

tiré de http://feudeprairie.wordpress.com

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:36

Guy Debord, info ou intox ?

L’exposition que lui consacre la Bibliothèque nationale de France donne toutes les bonnes raisons d’aimer ou détester l’auteur de La Société du spectacle.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0014.jpg

Guy Debord, en 1954, treize ans avant la publication de La Société du spectacle.

Il y a un mystère Guy Debord. Depuis ses premières œuvres cinématographiques, qui ont fait scandale au cœur des années 1950, cet aventurier d’un genre un peu particulier a eu le don de couper l’opinion en deux. Ensuite, il y a eu une belle suite de livres qui n’ont rien arrangé… Et l’insurrection situationniste… Que de campements, que de belles marches, que de hardiesse, que de précautions, que de périls, que de ressources ! Debord a souvent raconté que c’est à cause de lui et de quelques compagnons qu’ont été déclenchés les événements de Mai 68…

Ceux qui ont suivi cette affaire dès l’origine et ceux qui la découvrent aujourd’hui sont forcément intrigués par la tenue d’une exposition « Guy Debord, un art de la guerre », inaugurée demain mercredi 27 mars à la Bibliothèque nationale de France. Une question se pose, que nous permettons de formuler avec les mots des « médiatiques », comme dirait le Maître : Guy Debord, info ou intox ? Pas un de ceux qui visitera l’exposition de la BnF jusqu’au 13 juillet, pas un de ceux qui en sortira avec l’envie de lire ou de relire La Société du spectacleCommentaires sur la société du spectacle ou Panégyrique, ne pourra éviter de se la poser à son tour.

Cette exposition est géniale en ce sens qu’elle permet de comprendre ce qui fait aimer ou haïr Debord. Car, depuis longtemps, nous sommes habitués à tous les arguments pro et contra le concernant. Pro : Olivier Assayas, Cécile Guilbert, Anselm Jappe, Jean-Claude Michéa, Philippe Sollers, Arnaud Viviant. Contra : Régis Debray, Gérard Guégan, Frédéric Schiffter, Pierre-André Taguieff…

Les arguments biographiques contre Guy Debord de Gérard Guégan, qui l’a bien connu, sont évidemment convaincants : dans son genre, il savait être ignoble — la lecture de sa correspondance en huit volumes parue chez Fayard permettant de le confirmer. Et alors ? Qu’est-ce que ça peut nous faire de savoir qu’Homère était désagréable avec ses domestiques ? Les arguments intellectuels de Régis Debray sont d’une autre nature. Dès l’origine, il a flairé le pastiche, le canular d’étudiant. À l’époque, il avait assez de lettres pour reconnaître les citations sans guillemets de Hegel ou de Marx dans La Société du spectacle — il l’a bien raconté dans Croire, voir, faire. Mais où Debray sans doute se trompe, c’est de refuser de voir que nous sommes tous des pasticheurs, tous des nains juchés sur des épaules de géants, tous des écrivains qui enlèvent les guillemets aux citations de leurs prédécesseurs. Plus haut, qui n’a pas reconnu dans cet article un développement volé à Bossuet ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/libe.jpeg

Lecteur du cardinal de Retz, de Saint-Simon et des moralistes classiques, Debord a quand même eu le don de perpétuer la littérature française de grand style. Il était marxiste, vous allez me dire. Et alors ? Marx lui-même n’a-t-il pas emprunté une partie de ses arguments contre le capitalisme à Balzac, ce héraut du Trône et de l’Autel, deux flambeaux à la lueur desquels il a écrit laComédie humaine ?

Aristocratique et libertaire

Il faut le dire ici de manière simple et définitive. Debord avait tout prévu : la médiatisation systématique des rapports entre les personnes, la domination du secret et le secret de la domination dans les métamorphoses de l’économie marchande, les catastrophes écologiques, la disparition de la figure du monde. Il avait même prévu la récupération/neutralisation dont il serait l’objet à travers une surexposition posthume le réduisant pour les uns à un critique de la télévision et pour les autres à beau moment d’histoire littéraire.

Debord, il faut le lire, le lire et s’en régaler. Qu’importe s’il n’a pas été très charitable avec ses contemporains… C’est vrai qu’il y a un petit côté farceur chez lui — sur ce point, Régis Debray n’a pas tout à fait tort. Mais cet orgueil, cette ironie, cette insolence, c’est quand même la France !… Il incarne ce qui peut exister de meilleur chez nous : la fusion entre l’esprit aristocratique et l’esprit libertaire.

Depuis les lointaines heures de notre jeunesse, nous en savons des pages par cœur. Revisiter Hegel et Marx en écrivant comme le cardinal de Retz avec le pessimisme de l’Ecclésiaste est quand même unique. Tout cela est bien mis en scène dans l’exposition de la BnF. Depuis les dérives psychogéogra­phiques dans le Quartier latin des années 1950 à la longue errance subversive des années 1960 et 1970, Debord a toujours su, et toujours répété, qu’il n’y avait ni retour, ni récon­ciliation possible avec l’état présent du monde.

Presse confusionniste (Sébastien Lapaque, LeFigaro.fr, 26 mars 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans RECUPERATION SPECTACULAIRE MARCHANDE

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