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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 12:04
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 12:01
http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/2012-10_Bagnolet_nddl.jpg

Bagnolet, octobre 2012

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Bagnolet, métro Gallieni, novembre 2012

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Bagnolet, novembre 2012

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Montreuil, métro Robespierre, novembre 2012

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Ibidem

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/2012-11_Montreuil_nddl_MetroRobespierre-h.jpg

Ibidem

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/2012-11_Montreuil_nddl_MetroRobespierre-i.jpg

Ibidem

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/2012-11_Paris_XXe_MetroPereLachaise-nddl2.jpg

Paris 20e, métro Père Lachaise, novembre 2012

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:36
Grève dans l’éducation en Côte d’Ivoire

Abidjan.net, 22 mars 2013 :

« A situation exceptionnelle, grève exceptionnelle ». Cette phrase lâchée un jour par Pr Koudou Kessié, alors secrétaire général du Synares, pour justifier un arrêt de travail brusque et inattendu dans les universités, reflète bien la situation qui prévaut depuis hier, dans les lycées et collèges publics de Côte d’Ivoire. Ces établissements où justement les enseignants de façon spontanée, marquent un arrêt de travail. Pour protester contre les ponctions faites sur leur salaire du mois de mars pour fait de grève.

« Aujourd’hui, les conseils de classe au lycée Pierre Gadié de Yopougon ont été arrêtés. Les examens sont suspendus. Au Lycée classique d’Abidjan, les enseignants se sont déjà mis en congé de Pâques, au lieu d’attendre le 28 mars prochain. C’est pareil dans les collèges modernes Harris d’Adjamé, de Cocody. A l’intérieur du pays, la situation est la même », explique un enseignant exerçant au Lycée classique d’Abidjan, interrogé hier, en début d’après-midi par téléphone. Comme cet enseignant des lettres modernes, bien d’autres professeurs de ce même établissement interrogés ont confirmé l’information, tout en se disant être outrés par la mesure gouvernementale.

 

 

Mais de quoi s’agit-il exactement ? « Les premiers bulletins que nous avons tirés indiquent que pour fait de grève en février dernier, des ponctions sont faites sur nos salaires. Les enseignants (instituteurs) en B3, sont victimes d’une ponction salariale de 45 mille FCFA. S’agissant des enseignants en A4, les ponctions qui les frappent varient entre 60 mille FCFA et 120 mille FCFA. C’est illégal, illégitime et scandaleux. C’est inacceptable. Nous sommes outrés », dénoncent avec véhémence plusieurs enseignants joints par téléphone.

L’intersyndicale de l’enseignement comme on pouvait s’y attendre, a déjà dans une déclaration prompte, condamné avec fermeté la mesure Kandia Camara. Dont l’objectif avoué vise à décourager les syndicats à recourir à la grève, dans les temps à venir.

En février dernier, les enseignants, tous les secteurs confondus, à l’appel de leurs structures syndicales, avaient observé 5 jours de grève, pour un mouvement initialement prévu pour 10 jours. Mais ils avaient suspendu leur grève après 5 jours, conséquence des négociations avec le gouvernement, la Primature plus exactement.

La grève en question visait à amener le gouvernement à payer la totalité des effets financiers du reclassement indiciaire et la bonification indiciaire des instituteurs. Le régime Gbagbo ayant payé 50% en son temps, il appartenait au nouveau pouvoir de parachever le paiement, en s’acquittant des 50% restants. Seulement, voilà. Le nouveau pouvoir s’est dit incapable de payer ces 50% à cause des problèmes de trésorerie de l’Etat. Par conséquent, les enseignants doivent se contenter de 25%, soit la moitié de leur dû. Et c’est ce point d’achoppement qui avait conduit à la grève.

Grève « illimitée » des travailleurs d’une mine d’uranium chinoise au Niger

A7, 22/03/2013

Plus de 600 travailleurs nigériens de la mine d’uranium d’Azelik (nord du Niger), exploitée par la compagnie chinoise CNNC, ont entamé jeudi une « grève illimitée » pour exiger de meilleures conditions de travail, a-t-on appris auprès des grévistes.

greve_niger_mineurs

 

« Après une grève d’avertissement de 72 heures, nous entamons à compter de ce jeudi une grève illimitée pour exiger de meilleures conditions de vie et de travail », a indiqué à l’AFP Alassane Idrissa, un dirigeant syndical du site d’Azelik. Les grévistes réclament notamment le paiement de plusieurs indemnités dont bénéficient les travailleurs des mines d’uranium exploitées par le groupe nucléaire français Areva dans le nord du Niger.

« En dépit de plusieurs accords », la China National Nuclear Corporation (CNNC) « joue depuis quatre ans sur le temps et rien de concret jusqu’ici », a accusé M. Idrissa. Selon lui, ces indemnités, « pourtant prévues par la législation nigérienne », placeraient les salariés nigériens sur un pied d’égalité avec les Chinois travaillant sur le site. « C’est pour ça qu’ils refusent de nous les accorder », a-t-il affirmé.

Les grévistes accusent également la CNNC de « n’avoir aucun respect » pour l’environnement et la santé de ses travailleurs « exposés à la radioactivité ». La CNNC a démarré l’exploitation en 2011 et a extrait 200 tonnes d’uranium à Azelik en 2012. La mine d’Azelik est située à 200 km de la cité minière d’Arlit (nord), où Areva, deuxième producteur mondial d’uranium en 2011, extrait l’uranium depuis plus de 40 ans. Outre l’uranium, les Chinois exploitent et raffinent depuis 2011 le pétrole dans l’est du Niger, près du Tchad.

 

Appel à la grève à la BBC le 28 mars contre les licenciements

AFP, 21 mars 2013 :

Les journalistes et les techniciens de la BBC sont appelés à observer une grève le 28 mars pour protester contre les licenciements, la surcharge de travail et des cas présumés de harcèlement, ont annoncé jeudi deux syndicats.

Les programmes de la BBC avaient déjà été perturbés par un mouvement social le 18 février contre les suppressions de postes.

La BBC, plus grand groupe audiovisuel public du monde, est soumise à une cure d’austérité qui l’oblige à faire 20% d’économie d’ici 2017 et se traduit par la perte de 2.000 emplois d’ici cette date.

 

La BBC « doit écouter son personnel et résoudre les problèmes créés par un plan de coupes mal pensé et mal exécuté », a déclaré jeudi Michelle Stanistreet, secrétaire générale du NUJ, principal syndicat des journalistes qui a appelé à la grève avec le Bectu, autre syndicat de la BBC.

« Des personnes sont licenciées, alors que dans le même temps des postes sont affichés à l’extérieur: il ne s’agit pas seulement de mauvaise gestion, c’est un gâchis de la redevance audiovisuelle », a-t-elle ajouté.

« La BBC insiste sur le fait que les coupes n’ont pas d’impact sur la qualité (des programmes). Les membres du NUJ savent qu’il s’agit d’inepties », a-t-elle affirmé.

La grève vise aussi à dénoncer « la charge de travail » et les cas présumés de harcèlement. « Tout responsable qui essaie de nier ces inquiétudes est déconnecté de la réalité », a estimé Michelle Stanistreet, faisant référence notamment à l’enquête lancée l’an dernier à la BBC sur des cas de « harcèlement » passés et actuels dans le groupe audiovisuel.

 

Tunisie : Les employés de Téléperformance annoncent une grève de trois jours
Tunisie : Les employés de Téléperformance annoncent une grève de trois jours

Tunisie Haut Débit, 21 mars 2013 :

Les employés du call center Téléperformance ont annoncé 3 jours de grève pour les 1er, 2 et 3 avril 2013. D’après le syndicat, cette décision vient suite à une «dégradation» des conditions sociales au sein de l’entreprise, surtout après la non-application d’anciens accords conclus entre l’administration de l’entreprise et le bureau syndical.

 

Les employés du siège principal de Tunis, ainsi que les agences d’Ariana, Ben Arous et Sousse ont décidé de rejoindre cette grève.

Les raisons évoquées : annulation des décisions du conseil de discipline du 26 février 2013, garantir le droit syndical, le retour des employés révoqués, la classification professionnelle, l’augmentation des salaires de 2013, l’annulation du projet d’assainissement, l’annulation du double pointage, les points qui subsistent de la missive de la grève du 15 février 2013, ainsi que l’amélioration des conditions de travail, de santé et de sécurité professionnelle.

 

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:35

Kapitalis, 19 mars 2013 :

Adel Almi, président d’Al-Jamia al-Wassatia Li-Tawia Wal-Islah (Association centriste de sensibilisation et de réforme), a appelé à donner 80 à 100 coups de fouet à Amina, la jeune fille qui a posé nue sur les réseaux sociaux. Voire à la lapider jusqu’à ce que mort s’en suive.

Selon ce prédicateur salafiste wahhabite, cité par »AssabahNews » la jeune dame doit être punie, selon la charia, avec 80 à 100 coups de fouet, mais pour la gravité de l’acte qu’elle a commis, elle mérite d’être lapidée jusqu’à la mort.

Adel Almi ajoute que «la jeune fille, par son acte, pourrait porter malheur au en y provoquant des épidémies et des catastrophes» (sic !). Pire encore : «Son acte pourrait être contagieux et donner des idées à d’autres femmes. Il faut donc l’isoler. Je lui souhaite en tout cas la guérison», a dit Adel Almi.

 

Selon des avocats, Amina, membre de Femen Tunisie, est passible de 6 mois à 2 ans de prison et d’une amende de 100 à 1000 dinars, en vertu de l’article 226 de la loi pénale.

  • Une pétition a été lancée demandant aux autorités tunisiennes d’assurer la sécurité d’Amina. 

Elle peut être signée à cette adresse :
http://www.change.org/petitions/petitioning-tunisian-government-amina-must-be-safe (en anglais et en espagnol)

vu sur http://communismeouvrier.wordpress.com/

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:30
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

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Comment gagner encore du temps pour ne pas perdre la face ? C’est le dilemme de Jean-Marc Ayrault, grand promoteur du projet d’aéroport du Grand-Ouest à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Dans les couloirs de Matignon et du Parlement, il se murmure que les travaux ne pourront pas commencer avant les municipales. Soit dans plus d’un an. Alors qu’ils doivent officiellement démarrer au printemps.

Depuis ce mercredi, le dossier est devenu européen. La commission des pétitions du parlement européen (une procédure pré-contentieuse ouverte aux citoyens) a demandé à l’Etat français de lui donner, d’ici le 15 avril, des éclaircissements sur la façon dont il entend se conformer à la directive européenne sur l’eau et la protection des espèces. La direction générale de la concurrence s’est également saisie du sujet en raison des subventions publiques dont bénéficierait l’aéroport.

Ce mercredi ont été auditionnés à Bruxelles les opposants et promoteurs du projet. La commission a décidé que la « pétition » (la doléance) restait ouverte, ce qui fait dire à Sandrine Bélier, eurodéputée EELV présente à l’audition, que :

« L’Europe est saisie officiellement, ce n’est plus un dossier franco-français. Elle est à l’écoute et attend la réponse de l’Etat français, qui n’avait pas envoyé de représentant. Il est possible que la commission décide ensuite de se déplacer sur place pour constater si la France respecte le droit européen. »

Envoyer l’armée ?


Manifestation contre le projet d’aéroport à NDDL, le 20 mars 2013 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)

Une étape importante a donc été franchie pour les opposants au dossier, même si la guerre de l’opinion fait rage, plus que jamais. L’Association citoyenne pour la réalisation d’un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes (Acipran) a dénoncé ce jeudi une « agressivité inadmissible » contre l’Etat français de la part des députés européens. Et son président d’ajouter :

« Affirmer que l’Etat français ait tenté de créer sur le terrain une situation irréversible avec le recours à la forcé armée en est même une caricature. »

Pourtant, le recours à l’armée a bien été évoqué indirectement par Jacques Auxiette, président de Région et du syndicat mixte aéroportuaire, qui a déclaréà Ouest-France :

« Ce n’est pas plus compliqué qu’au Mali ! Assumer quand on expulsera. C’est ça l’Etat de droit. Le rôle de l’Etat n’est pas d’être complice. »

Une sortie très mal prise par les écologistes. Jean-Philippe Magnen, porte-parole d’EELV et vice-président de la Région :

« n’imagine pas comment Matignon, qui a témoigné d’une volonté d’apaisement, pourrait ordonner les expulsions et le démarrage des travaux comme prévu en avril ».

« On ne pourra plus construire d’infrastructure en France »

Début avril justement, le Premier ministre se verra remettre les conclusions de la « commission du dialogue » installée en décembre. Son président, Claude Chéreau, a confié au Monde ses doutes sur la pertinence des arguments des pro-aéroports.

La commission est partagée et « pourrait suggérer au gouvernement des compléments d’enquête », qui ferait prendre du retard au projet. Les écologistes ne s’attendent pas pour autant à ce que la commission plaide pour un moratoire, souhaité par eux.

Commentaire de Françoise Verchère, conseillère générale Front de gauche opposée au projet reçue par la commission du dialogue :

« Ils nous ont dit qu’ils étaient embêtés, car si on ne fait pas cet aéroport, ça veut dire qu’on ne peut plus construire d’infrastructures en France. Nous, on attend qu’ils nous justifient factuellement en quoi le bruit et les prévisions de trafic rendent nécessaire un nouvel aéroport. Les problème, c’est qu’ils n’arrivent pas à remettre en cause un choix fait il y a quarante ans, ils n’arrivent pas à changer de logiciel. »

Le lancement d’une étude sur l’optimisation de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique serait une voie de sortie honorable. Pendant que les commissions dialoguent et pétitionnent, l’occupation du terrain s’amplifie. La zone est défendue par bien plus de gens qu’en octobre, au moment des premières interventions policières.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:29

Un texte par des anarchistes chypriotes sur les récents événements intervenus sur l’île
“Ni les coupes, ni le coiffeur” – Notes sur la conjoncture actuelle

Les coupes dans l’épargne bancaire et les autres mesures du mémorandum à venir ne peuvent pas être expliquées à travers le prisme d’une bonne ou d’une mauvaise gestion de l’économie. Après tout, il y a une semaine, le gouvernement de ce pays était entre les mains du parti de gauche AKEL qui a accepté et fait passer des lois sans même avoir approuvé la version finale du mémorandum ; et bien sûr, sans jamais avoir reçu le moindre argent du prêt tant vanté. La très grande déception de la population devant le délabrement de la situation financière s’est exprimée lors des dernières élections avec l’arrivée au pouvoir du Rassemblement démocratique DISY.

La socialisation des pertes au détriment des petits épargnants ne doit pas nous surprendre. La logique néolibérale exige l’annulation des acquis sociaux [obtenus par des luttes sociales], la privatisation de la richesse publique et la possibilité qu’à tout moment les compensations pour les pertes du capital soient payées par les travailleurs.

Il a été très vite démontré qu’Anastasiades [le président chypriote] était incapable de tenir ses promesses pré-électorales et de convaincre ses « amis néo-libéraux » en Europe de soutenir les politiques qu’il avait lui-même annoncé. Le soutien [extérieur] qu’Anastasiades avait espéré en faveur des élites locales s’est fracassé contre des intérêts plus puissants, ceux des élites supranationales qui visent à s’approprier la richesse intérieure. Les coupes dans toutes les épargnes étaient une tentative désespérée du gouvernement pour limiter les pertes de capital local dont il représente les intérêts.

Dans la période à venir, l’État aura recours à un certain nombre de stratégies pour tenter d’amortir le choc social : il va mettre en gage les intérêts nationaux et la prospection du gaz naturel ; et pour ceux qui n’achèteront ni l’un ni l’autre, il déploiera une répression brutale au nom de la défense de la loi et de l’ordre.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0613.jpg

« Ne pas partager la pauvreté
Partageons les richesses »
(Banderole d’un groupe d’étudiants)

Comme le montrent les premiers rassemblements contre la projet de loi de couper dans les épargnes bancaires, les réactions proviennent de l’ensemble du spectre politique. En tant de composante d’un espace anti-autoritaire plus large, nous ne pensons pas qu’une autorité politique quelconque soit capable d’administrer nos vies. Nous ne nous identifions pas avec n’importe quel discours anti-mémorandum et nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir de solution socialement juste sous le système capitaliste existant.

La crise systémique actuelle est pour nous un champ d’action supplémentaire pour le développement d’un mouvement social visant à son renversement. C’est ainsi que nous allons travailler avec tous ceux qui partagent cette perspective.

Coalition d’irréguliers
Des camarades de l’espace anarchiste/anti-autoritaire

Nicosie, 19 mars 2013

Texte distribué à Nicosie pendant le rassemblement de protestation devant le parlement chypriote.

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets) par l’OCL

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:13

Au squat-cantine des Pyrénées, menu à 5 euros et police au dessert

Parfois, c’est l’actualité qui vient à Rue89, et pas l’inverse. En 2009, la pépinière d’entreprises où nous étions installés rue des Haies, dans le bas du XXe arrondissement de Paris, avait été occupée par les mal-logés en colère.

Voilà La Cantine des Pyrénées, un squat organisé en « cantoche qui veut changer le monde » comme l’écrit Guillemette Faure dans Le Monde magazine, prise pour cible d’un impressionnant dispositif policier.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0218.jpg

Intervention policière à La Cantine des Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris, 19 mars 2013

Cela se passe toujours sous nos fenêtres, mais cette fois rue des Pyrénées, où la rédaction a déménagé en mars 2010. Même arrondissement, autre quartier populaire du nord-est parisien.

Monroe et Chaplin, reliques du Bar des amis

Le principe du lieu est simple : le plat est à 3 euros, le menu complet à 5 euros et « le reste est gratuit » : les cours de français, le ciné-club, les ateliers d’écriture… On y croise donc une population variée, du clochard au retraité, en passant par le journaliste ou le retoucheur.

Du Bar des amis, le commerce auquel le squat a succédé après plusieurs mois de vacance, sont restés les photos de Marilyn Monroe et de Charlie Chaplin accrochés aux murs vieux rose.

Les chaises ont été remplacées par des bancs, et de grandes nappes en toile cirée sont venues recouvrir les grandes tables. Chacun prend son assiette sur la pile, ses couverts sur la table, coupe son pain et remplit son auge à la marmite.

Le (maigre) stock d’alcool photographié

Mardi, il est un peu plus de midi quand deux douzaines de fonctionnaires – des policiers en uniforme et en civil, des agents de l’Urssaf et d’autres des Douanes – débarquent sous nos fenêtres.

Le commissaire du XXe arrondissement semble diriger l’opération, dont l’objectif n’est pas très clair. Il m’indique d’emblée qu’il ne communiquera aucune information « ni maintenant, ni plus tard ».

Après avoir photographié le stock d’alcool (une vieille bouteille de rhum vide et trois cubis à moitié pleins) et contrôlé les papiers d’identité, ils embarquent trois membres de l’association au commissariat.

« Ils cherchent un moyen de nous faire chier »

Une heure plus tard, de retour de l’interrogatoire, les membres de La Cantine me livreront leur récit. Blasés, les jeunes gens ont « fait les têtes de mule » face aux fonctionnaires :

« Ils cherchaient des travailleurs clandestins, mais tout le monde est bénévole.

Ils pensaient trouver des stocks de boisson, et ils ont été déçus.

Ils voulaient savoir combien coûtaient les repas, si on vendait des boissons, où on se fournissait…

Ça n’avait rien à voir avec le bail, ils savent qu’on est un squat [La Société civile immobilière propriétaire du fonds de commerce a lancé le 10 janvier la procédure en vue de l’expulsion, et une audience a été fixée au 24 mai devant le tribunal de grande instance], mais ils cherchent un moyen de nous faire chier. »

Des coups de marteau sur la vitrine

La Cantine des Pyrénées est née un jour de fin décembre, après une courtoise visite au même commissariat du XXe. « On est venus dire : “Bonjour, on est là depuis plus de quarante-huit heures” » [Lorsque des squatteurs investissent un lieu, la police peut les expulser sans délai dans les 48 premières heures. Au-delà, il faut que le propriétaire lance une procédure judiciaire.], raconte un des membres de l’association Kulture Zéphémère.

Les tenanciers du Bar des amis avaient été expulsés voilà plusieurs mois, et une trentaine de jeunes militants du quartier avaient décidé d’ouvrir une cantine. Ils avaient noué des liens autour du squat du 260, rue des Pyrénées ou sur Indymedia Paris, site communautaire de convergence entre les luttes sociales.

En choisissant de squatter illégalement un local commercial, ils savaient que leur lieu serait condamné à une existence brève. Mais grâce aux lourdeurs de la justice, ils espèrent durer au-delà de la trêve hivernale, qui prend fin le 1er avril.

En trois mois, ils ont déjà eu la visite : des policiers du quartier, venus constater l’occupation du lieu ; du propriétaire, ou plutôt de son homme de main qui, armé d’un marteau a tenté début janvier de défoncer la vitrine, debout sur une échelle – alertée par les squatteurs, la police l’a convaincu d’arrêter et l’épisode s’est terminé par une simple main courante ; des services de l’hygiène, qui ont vérifié l’installation et n’ont rien eu à redire.

Ne manquait plus que l’Urssaf, donc. Les agents de contrôle agissaient sur réquisition du procureur, probablement averti par la mairie, des voisins ou la police.

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Le squat-resto La Cantine des Pyrénées

Tombés d’accord sur un seul court texte

« Je ne me fais aucune illusion sur cette police qui est là pour défendre l’ordre établi par la “bourgeoisie”… enfin, je ne sais pas quel autre mot employer », lâche l’un des responsables, dans une éprouvante tentative d’autodéfinition.

Le seul texte sur lequel ils ont réussi à se mettre d’accord est ce court document de présentation signé de « chômeurs, travailleurs, précaires, sans-papiers, habitants du quartier ou pas ».

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0513.jpg

Ils y estiment qu’« à plusieurs, on est plus forts pour affronter nos galères, nos problèmes d’argent et nos difficultés face aux institutions et aux patrons ».

Internet et la presse ne sont pas les bienvenus. Ici on lit « Paris20, Infos et lutte de classe », et on peut consulter le livret de la Caisse d’autodéfense juridique collective à Paris, où on apprend comment s’organiser face à la répression policière.

« Il en faudrait un dans chaque quartier »

Mettre une étiquette sur La Cantine est la dernière des choses à faire. Seule certitude, celle d’innover : selon ses initiateurs, c’est le premier squat-resto de Paris, et ce n’est pas rien.

Quand l’un commence à revendiquer une filiation « avec des initiatives qu’on a vues en Argentine ou en Grèce », l’autre le renie estimant qu’il n’y a « aucun corpus idéologique commun, seulement la rencontre d’initiatives concrètes ». Puis, cet avertissement :

« Attention à ne pas dire “vous” : l’idée d’un groupe à l’identité définie est un fantasme. Moi, je viens cuisiner ici le jeudi et je ne suis pas sûre de partager beaucoup plus que La Cantine. »

Chez les clients, le sentiment d’appartenance à une expérience collective particulière s’enracine doucement. Beaucoup prennent des nouvelles de la procédure judiciaire en cours. « On sera encore là en juin », le rassure un membre.

« Il en faudrait un dans chaque quartier », dit un habitué. S’attabler tout seul ici lui permet de discuter plus facilement avec des voisins qui n’étaient jusque-là que des visages. « Ce n’est pas un lieu de rencontres mais un lieu où l’on fait des rencontres »…

Leur presse (Sophie Caillat, Rue89, 21 mars 2013)

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:11

Au squat-cantine des Pyrénées, menu à 5 euros et police au dessert

Parfois, c’est l’actualité qui vient à Rue89, et pas l’inverse. En 2009, la pépinière d’entreprises où nous étions installés rue des Haies, dans le bas du XXe arrondissement de Paris, avait été occupée par les mal-logés en colère.

Voilà La Cantine des Pyrénées, un squat organisé en « cantoche qui veut changer le monde » comme l’écrit Guillemette Faure dans Le Monde magazine, prise pour cible d’un impressionnant dispositif policier.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0218.jpg

Intervention policière à La Cantine des Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris, 19 mars 2013

Cela se passe toujours sous nos fenêtres, mais cette fois rue des Pyrénées, où la rédaction a déménagé en mars 2010. Même arrondissement, autre quartier populaire du nord-est parisien.

Monroe et Chaplin, reliques du Bar des amis

Le principe du lieu est simple : le plat est à 3 euros, le menu complet à 5 euros et « le reste est gratuit » : les cours de français, le ciné-club, les ateliers d’écriture… On y croise donc une population variée, du clochard au retraité, en passant par le journaliste ou le retoucheur.

Du Bar des amis, le commerce auquel le squat a succédé après plusieurs mois de vacance, sont restés les photos de Marilyn Monroe et de Charlie Chaplin accrochés aux murs vieux rose.

Les chaises ont été remplacées par des bancs, et de grandes nappes en toile cirée sont venues recouvrir les grandes tables. Chacun prend son assiette sur la pile, ses couverts sur la table, coupe son pain et remplit son auge à la marmite.

Le (maigre) stock d’alcool photographié

Mardi, il est un peu plus de midi quand deux douzaines de fonctionnaires – des policiers en uniforme et en civil, des agents de l’Urssaf et d’autres des Douanes – débarquent sous nos fenêtres.

Le commissaire du XXe arrondissement semble diriger l’opération, dont l’objectif n’est pas très clair. Il m’indique d’emblée qu’il ne communiquera aucune information « ni maintenant, ni plus tard ».

Après avoir photographié le stock d’alcool (une vieille bouteille de rhum vide et trois cubis à moitié pleins) et contrôlé les papiers d’identité, ils embarquent trois membres de l’association au commissariat.

« Ils cherchent un moyen de nous faire chier »

Une heure plus tard, de retour de l’interrogatoire, les membres de La Cantine me livreront leur récit. Blasés, les jeunes gens ont « fait les têtes de mule » face aux fonctionnaires :

« Ils cherchaient des travailleurs clandestins, mais tout le monde est bénévole.

Ils pensaient trouver des stocks de boisson, et ils ont été déçus.

Ils voulaient savoir combien coûtaient les repas, si on vendait des boissons, où on se fournissait…

Ça n’avait rien à voir avec le bail, ils savent qu’on est un squat [La Société civile immobilière propriétaire du fonds de commerce a lancé le 10 janvier la procédure en vue de l’expulsion, et une audience a été fixée au 24 mai devant le tribunal de grande instance], mais ils cherchent un moyen de nous faire chier. »

Des coups de marteau sur la vitrine

La Cantine des Pyrénées est née un jour de fin décembre, après une courtoise visite au même commissariat du XXe. « On est venus dire : “Bonjour, on est là depuis plus de quarante-huit heures” » [Lorsque des squatteurs investissent un lieu, la police peut les expulser sans délai dans les 48 premières heures. Au-delà, il faut que le propriétaire lance une procédure judiciaire.], raconte un des membres de l’association Kulture Zéphémère.

Les tenanciers du Bar des amis avaient été expulsés voilà plusieurs mois, et une trentaine de jeunes militants du quartier avaient décidé d’ouvrir une cantine. Ils avaient noué des liens autour du squat du 260, rue des Pyrénées ou sur Indymedia Paris, site communautaire de convergence entre les luttes sociales.

En choisissant de squatter illégalement un local commercial, ils savaient que leur lieu serait condamné à une existence brève. Mais grâce aux lourdeurs de la justice, ils espèrent durer au-delà de la trêve hivernale, qui prend fin le 1er avril.

En trois mois, ils ont déjà eu la visite : des policiers du quartier, venus constater l’occupation du lieu ; du propriétaire, ou plutôt de son homme de main qui, armé d’un marteau a tenté début janvier de défoncer la vitrine, debout sur une échelle – alertée par les squatteurs, la police l’a convaincu d’arrêter et l’épisode s’est terminé par une simple main courante ; des services de l’hygiène, qui ont vérifié l’installation et n’ont rien eu à redire.

Ne manquait plus que l’Urssaf, donc. Les agents de contrôle agissaient sur réquisition du procureur, probablement averti par la mairie, des voisins ou la police.

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Le squat-resto La Cantine des Pyrénées

Tombés d’accord sur un seul court texte

« Je ne me fais aucune illusion sur cette police qui est là pour défendre l’ordre établi par la “bourgeoisie”… enfin, je ne sais pas quel autre mot employer », lâche l’un des responsables, dans une éprouvante tentative d’autodéfinition.

Le seul texte sur lequel ils ont réussi à se mettre d’accord est ce court document de présentation signé de « chômeurs, travailleurs, précaires, sans-papiers, habitants du quartier ou pas ».

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Ils y estiment qu’« à plusieurs, on est plus forts pour affronter nos galères, nos problèmes d’argent et nos difficultés face aux institutions et aux patrons ».

Internet et la presse ne sont pas les bienvenus. Ici on lit « Paris20, Infos et lutte de classe », et on peut consulter le livret de la Caisse d’autodéfense juridique collective à Paris, où on apprend comment s’organiser face à la répression policière.

« Il en faudrait un dans chaque quartier »

Mettre une étiquette sur La Cantine est la dernière des choses à faire. Seule certitude, celle d’innover : selon ses initiateurs, c’est le premier squat-resto de Paris, et ce n’est pas rien.

Quand l’un commence à revendiquer une filiation « avec des initiatives qu’on a vues en Argentine ou en Grèce », l’autre le renie estimant qu’il n’y a « aucun corpus idéologique commun, seulement la rencontre d’initiatives concrètes ». Puis, cet avertissement :

« Attention à ne pas dire “vous” : l’idée d’un groupe à l’identité définie est un fantasme. Moi, je viens cuisiner ici le jeudi et je ne suis pas sûre de partager beaucoup plus que La Cantine. »

Chez les clients, le sentiment d’appartenance à une expérience collective particulière s’enracine doucement. Beaucoup prennent des nouvelles de la procédure judiciaire en cours. « On sera encore là en juin », le rassure un membre.

« Il en faudrait un dans chaque quartier », dit un habitué. S’attabler tout seul ici lui permet de discuter plus facilement avec des voisins qui n’étaient jusque-là que des visages. « Ce n’est pas un lieu de rencontres mais un lieu où l’on fait des rencontres »…

Leur presse (Sophie Caillat, Rue89, 21 mars 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:09
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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:09

Des repas gratuits dans les écoles primaires en raison de la malnutrition des enfants

Le ministre de l’Éducation a annoncé qu’un repas gratuit sera donné à 250.000 enfants de l’école primaire tous les jours à partir de la fin de février 2013, en admettant qu’il s’agit d’une solution à l’augmentation des cas de malnutrition relevés parmi les élèves.

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets, 16 janvier 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME

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