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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:04

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0611.jpg

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:03

Le mercredi 20 mars 2013 a eu lieu le procès en appel d’Ibrahim El Louar, condamné à deux ans d’emprisonnement par le TGI d’Évry le 18 janvierpour “vol et violence en réunion sur agent dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité de travail de moins de 10 jours” et “soustraction à une mesure d’éloignement”. Il a également été condamné à verser des dommages et intérêts de 1000 et 600 euros à deux flics.

Le 16 décembre 2012, quatre prisonniers du centre de rétention de Palaiseau avaient réussi à s’évader après avoir subtilisé à un flic le badge magnétique ouvrant les portes. Suite à cela, un cinquième retenu, Ibrahim, a été arrêté et placé en garde-à-vue, accusé d’avoir participé à l’évasion. Frantz Pièce, maton au centre, l’a accusé de l’avoir ceinturé et maîtrisé pendant que les autres lui dérobaient son badge et prenaient la fuite. Sa collègue, Coralie Bouton, arrivée en renfort l’accusait elle de l’avoir fait tomber au sol et d’avoir essayé de lui prendre ses menottes et son badge.

Après une courte instruction d’un mois, il a été jugé par le tribunal d’Évry, sans bénéficier de l’assistance d’un avocat bien qu’il en ait demandé un. Lors de l’audience les faits ont été requalifiés (de “tentative de soustraction à une mesure d’éloignement et violence ayant entraîné moins de dix jours d’ITT” en “vol et violence en réunion sur agent dépositaire de l’autorité publique ayant  entraîné une ITT de moins de 10 jours” et “soustraction à une mesure d’éloignement”) de façon à pouvoir appliquer la récidive (sur une précédente condamnation pour vol) et donc faire passer la peine encourue de trois à quatorze ans.

Ce jour-là, des vidéos des caméras de surveillance du centre ont été visionnées. Comme l’a fait remarquer la défense, le tribunal devait être en possession de “lunettes spéciales qui altéraient sa capacité de vision”. En effet, sur les images que nous vu lors de l’audience d’appel, on voit que rien ne s’est déroulé comme l’on déclaré Pièce et Bouton. Déjà, on ne voit rien (les retenus qui ont dérobé le badge avaient pris le soin d’éteindre la lumière), ou presque : des ombres qui ceinturent un policier (reconnaissable à son uniforme) puis deux policiers qui tabassent quelqu’un dans un couloir. Ibrahim, qui nie depuis le début avoir participé à l’évasion, s’est par contre toujours reconnu dans la personne tabassée. Un PV établi en garde-à-vue constate d’ailleurs qu’il porte de nombreuses traces de coup. Lors de cette garde-à-vue, Ibrahim a essayé de se mutiler avec une lame de rasoir qu’il avait sur lui, ce à quoi les flics ont répondu en le gazant et en l’entravant aux pieds et aux mains jusqu’à ce qu’il soit déféré.

Lors de l’audience d’appel à laquelle une trentaine de personnes étaient présentes en solidarité, l’avocate a plaidé le fait qu’il n’avait pas pu se défendre en première instance et qu’elle-même n’avait pas pu préparer la défense comme elle l’aurait souhaité (pas eu accès aux vidéos, pas pu bénéficier d’un interprète pour s’entretenir avec son client les jours avant l’audience…). Ibrahim n’a pas varié dans ses déclarations. Il a continué à réfuter les accusations des flics et son avocate a pu mettre en avant les nombreuses incohérences existant entre les déclarations policières et les images vidéo. D’ailleurs, lors de l’exposé des faits on remarque que les déclarations des flics ont changé au cours de leurs auditions.

Le procureur a demandé confirmation des chefs d’inculpation et de la peine. L’avocate a plaidé la relaxe. Le jugement sera rendu le 2 avril à 13h, sans qu’Ibrahim ne soit extrait.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !
Ni prison, ni rétention !

Évasion Palaiseau, ce 20 mars 2013

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:02

Appel de soutien à Amal Bentounsi !

Amal Bentounsi a été convoquée le mercredi 20 février 2013 devant la police pour « diffamation envers une institution représentant l’autorité publique ». Une plainte déposée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls lui reproche certains contenus de son blog : urgence-notre-police-assassine.fr

Son frère Amine Bentounsi a été tué  le 21 Avril 2012 d’une balle dans le dos par un policier depuis mis en examen pour homicide volontaire. Gyrophares allumés, une centaine de voitures de police avait alors bloqué les Champs Élysées le 26 avril 2012 pour défendre leur collègue.

Quant à Nicolas Sarkozy, il avait préconisé, en leur répondant, la nouvelle notion de « présomption de légitime défense ». Souvenons-nous que Sarkozy s’était déjà attaqué à Hamé du groupe de rap La Rumeur qui avait écrit que « (…) les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété ». Au bout de 8 ans de procédure l’État a été débouté de son action.

En s’attaquant au combat d’Amal Bentounsi  pour rendre la vérité et justice à son frère assassiné, Manuel Valls ne change pas de politique par rapport à ses prédécesseurs sarkozystes.

Nous, soussigné(e)s, dénonçons cette nouvelle tentative de mettre en cause la liberté d’expression. Nous, nous déclarons solidaires d’Amal Bentounsi, exigeons le retrait de la plainte de Manuel Valls et l’abandon de toutes poursuites judiciaires éventuelles contre Amal
Bentounsi.

Le 5 mars 2013

Premières signatures : Janos BOROVI ; Élise LANGUIN, militante d’Amnesty International ; Ivan CLAVIER ; Maurice RAJSFUS, historien ; Catherine GRUPPER, militante MRAP ; Claude GUILLON, écrivain ; Alima BOUMEDIENE, juriste internationale ; Mathieu RIGOUSTE ; Saimir MILE, président de La voix des Rroms ; Dominique GRANGE, chanteuse engagée ; TARDI, dessinateur ; Éliane BENARROSH, militante droit solidarité ; Omar SLAOUTI ; Martin ZERNER, professeur d’Université, retraité ; Jean-François FONTANA, enseignant – syndicaliste à Paris ; Natacha LE GRAND, professeur des écoles (92) ; Gaëtan LE PORHO, professeur des écoles spécialisé (92)…

Contact, signatures, soutiens à renvoyer à cette adresse

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:01

Il frappe son patron avec une hache

Deux hommes étaient aujourd’hui entre la vie et la mort après qu’un ouvrier a porté deux coups de hache à la tête de son employeur avant de tenter de se suicider, à Villejuif (Val-de-Marne), a-t-on appris de source policière.

Vers 13h, sur son lieu de travail, l’ouvrier a porté deux coups de hache sur le crâne de son employeur, un grossiste en matériels de chauffage, à la suite d’un différend dont l’origine est encore inconnue. Il a ensuite tenté de se suicider en se portant un coup de cutter au niveau de la gorge, a précisé une source policière.

Les deux hommes, dont le pronostic vital est engagé, ont été conduit dans deux hôpitaux, la Pitié-Salpêtrière à Paris pour l’employeur, Henri-Mondor à Créteil pour l’ouvrier.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 20 mars 2013)

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:01

Bouira. Les familles des jeunes détenus de Takerboust se mobilisent
Sit-in devant le tribunal

Cela va faire trois mois que dix jeunes du village Takerboust, dans la commune d’Aghbalou, ont été placés sous mandat de dépôt pour avoir manifesté le jour des élections. En effet, le 29 novembre dernier, date des élections locales, avait été une journée particulièrement animée où « plus de 400 personnes » avaient pris part à des manifestations suivies de heurts avec les forces de l’ordre dépêchées sur les lieux. C’est toutefois ce qu’affirme Boubekeur, enseignant de son état, dont le fils a été incarcéré à la Maison d’arrêt de Bouira. « Depuis l’emprisonnement de ces jeunes, nous n’avons eu de cesse d’interpeller toutes les instances afin soit de les libérer, soit les inculper. De plus, s’il faut qu’ils soient inculpés, alors tous les autres manifestants doivent également l’être… nous n’accepterons pas que seuls 10 personnes payent les pots cassés ». Selon notre interlocuteur, sur les bandes vidéos ayant servi à identifier les manifestants, il n’y aurait pas uniquement quelques visages reconnaissables. « Beaucoup de familles influentes ont réussi à soustraire leurs enfants de cette affaire, nous autres familles modestes, n’ayant personne sur qui compter, nous subissons les conséquences de cette injustice… », ajoutera-t-il. « Jugez tout le monde ou libérez les prisonniers », s’égosillaient les familles et amis des détenus à l’extérieur. Après quelques pourparlers, les protestataires ont dégagé une délégation qui s’est rendue dans le bureau du procureur. Ce dernier leur aurait demandé un délai de 10 jours pour se prononcer sur cette affaire. Apparemment soulagés, les manifestants se sont dispersés dans le calme, en promettant de revenir à la charge, en nombre plus conséquent, cette fois-ci, si rien n’est entamé, soit pour les libérer, soit pour les condamner. À noter que les protestataires exigent toujours une commission d’enquête sur la gestion de la commune par l’ancien exécutif municipal.

Leur presse (Hafidh B., depechedekabylie.com, 20 mars 2013)

 

Bouira : Des villageois de Takerboust manifestent devant le tribunal

De nombreux citoyens, pour la plupart des jeunes de la localité de Takerboust relevant de la commune d’Aghbalou, à 60 km au nord-est de Bouira, ont tenu ce mardi 19 mars, un sit-in de protestation devant le siège du tribunal de Bouira pour exiger la libération des dix détenus depuis trois mois, a-t-on constaté sur place.

La manifestation visait également à protester contre la lenteur des procédures judiciaires sachant qu’aucun procès n’a eu lieu pour le jugement de ces détenus. Ces derniers avaient été interpellés par les services de sécurité et conduits au juge d’instruction qui les a placés sous mandat de dépôt. Ils avaient empêché pour rappel la tenue de l’opération de vote du dernier scrutin local du 28 novembre de l’année écoulée.

Les dix jeunes incarcérés dont des étudiants séjournent à la prison de Bouira, sans pour autant les faire bénéficier d’un procès, alors que la loi stipule que la durée d’un détenu placé sous mandat de dépôt ne pouvait pas passer les 45 jours.

Le sit in est organisé par le comité du village qui ne cesse également d’exiger une commission d’enquête sur la gestion précédente des affaires de leur commune.

Les manifestants ont brandi des pancartes et autres banderoles sur lesquelles on peut lire : « libérez les innocents. Jugez les vampires de notre APC ».

Demouche Nacer, membre du comité de soutien aux détenus dira : « nous exigeons la libération sans condition de nos enfants. Ils ont rien fait. Cela fait presque trois mois qu’ils sont en prison sans qu’un procès soit programmé ».

Leur presse (Amar Fedjkhi, ElWatan.com, 19 mars 2013)

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:00

À Saint-Affrique, les enfants sauvages ont envahi la ville samedi dernier

Après avoir chanté et dansé, les enfants sauvages ont brûlé leur personnage géant, le caramantran en bord de Sorgue.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/110.jpg

L’ambiance était festive samedi après-midi, à l’occasion du carnaval des enfants sauvages. Adultes, jeunes et enfants, soit un peu moins de 300 participants se sont rassemblés sur le pont vieux avant de déambuler sur les boulevards en dansant, avec en tête de cortège un grand caramantran. Plusieurs musiciens accompagnaient le joyeux cortège, certains venants du Larzac avec des cuivres.

Enfants sauvages en peaux, buis, terre et branchages

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Les “alter-carnavaliers” ont fait une longue pause devant la mairie. Tous ont été rapidement recouverts de farine blanche, tout comme le sol de la place. Certains arboraient des peaux ou des capes, étaient recouverts de terre, de buis, de laurier ou de branches de sapins. Le but étant de ressembler à un enfant sauvage. Quelques-uns portaient de beaux masques colorés. Un crocodile en papier s’est même invité à la fête.

Grand feu en bordure de rivière

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À l’issue du défilé, les participants se sont retrouvés sur les bords de la Sorgue, en face l’église.

À l’occasion du jugement du caramatran, l’un des carnavaliers, muni d’un mégaphone, a notamment critiqué le maire qui souhaite installer des caméras de vidéo surveillance en centre-ville. Puis le feu a été mis au caramantran. Les participants ont alors dansé autour de lui. Certains, n’hésitant pas à sauter par-dessus les flammes.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/46.jpg

VOIR LES PREMIÈRES PHOTOS

Leur presse (Jean-Marc Cognot, MidiLibre.fr, 19 mars 2013)

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 11:57

Stéphanoises, Stéphanois,

Alors que le racisme et les idées fascistes se banalisent, le Front National cherche à s’implanter durablement dans notre département à l’approche des élections municipales. Le samedi 23 mars, le « président d’honneur » du Front National, Jean-Marie Le Pen vient séjourner dans la Loire. Son objectif « encourager le développement du Front National dans la région stéphanoise ». Ces deux derniers mois, à plusieurs reprises des événements de ce type-là ont été organisés dans la Loire. Se servant de ce contexte, certains groupuscules néo-fascistes n’hésitent pas à s’afficher publiquement à Saint-Étienne.

Nous ne voulons pas voir ça !

Stop aux agressions – Stop aux discours haineux

Saint-Étienne est une ville fière de son histoire, de son passé résistant, fière de son multiculturalisme, de sa diversité et de son vivre ensemble. Répondez présent à l’appel unitaire pour la manifestation du 23 mars ! Le FN ramène ses poids lourds de Paris pour essayer d’attirer quelques adhérents… Montrons-leur qu’ils auraient dû s’en abstenir !

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/021.jpeg

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:43

 

        

Téléchargez le ’zine ici : http://www.fichier-pdf.fr/2013/03/1...

Et rejoignez nous sur notre forum ici :http://aqni.forumactif.org/

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:30

la commune graff

Un texte très intéressant de nos camarades occitans du blog Sheisau Sorelh (sixième soleil) qui présente le point de vue communiste-révolutionnaire sur cette question, en étudiant une expérience historique d’une importance majeure pour notre mouvement. L’article intégrale est disponible en cliquant sur l’image (bravo à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue pour celle ci). Tous les membres de notre collectif ne partagent pas nécessairement ces positions car le débat reste vif, bien sûr!

Ces quelques réflexions sont dédiées aux milliers de Communards massacrés par l’ignoble République.

 »Ont-ils jamais vu une révolution, ces messieurs ? Une révolution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit; c’est l’acte par lequel une partie de la population impose sa volonté à l’autre au moyen de fusils, de baïonnettes et de canons, moyens autoritaires s’il en est; et le parti victorieux, s’il ne veut pas avoir combattu en vain, doit maintenir son pouvoir par la peur que ses armes inspirent aux réactionnaires. La Commune de Paris aurait-elle duré un seul jour, si elle ne s’était pas servie de cette autorité du peuple armé face aux bourgeois ? Ne peut-on, au contraire, lui reprocher de ne pas s’en être servi assez largement ? Donc, de deux choses l’une : ou les antiautoritaires ne savent pas ce qu’ils disent, et, dans ce cas, ils ne sèment que la confusion; ou bien, ils le savent et, dans ce cas, ils trahissent le mouvement du prolétariat. Dans un cas comme dans l’autre, ils servent la réaction. » F.Engels.

Aujourd’hui 18 mars 2013 nous fêtons les 142 ans de la déclaration de la Commune de Paris, fait majeur dans l’histoire révolutionnaire : c’est en effet la première tentative de gouvernement ouvrier de l’histoire. Cette tentative sera impitoyablement réprimée par la toute jeune IIIe République bourgeoise : plus de 20.000 morts, le prolétariat Parisien sera décimé. D’autres Communes voient le jour notamment à Marseille, où l’ignoble Thiers « s’exercera » sur le prolétariat marseillais avant d’écraser ses frère parisiens. Comme témoignage, nous avons la célèbre chanson en occitan « O libertat », que nous vous mettons en lien. Cet hymne du poète plébéien marseillais Victor Gélu sera chanté les ultimes instants de la résistance dans la préfecture de Marseille aux mains des Communards. Jules Ferry le ‘grand homme de gauche’ sera du côté des Versaillais, nom donné aux gouvernement de la réaction. Nous ne décrirons pas ici l’histoire des glorieux 100 jours de la Commune, vous trouverez ces jours-ci des articles historiques complets sur le web. Nous désirons nous arrêter sur la question qu’elle a soulevé et que, 142 ans après, le mouvement révolutionnaire n’a toujours pas élucidé, celle de la question du pouvoir et de l’État.

Durant la Commune, Karl Marx s’aperçoit en pratique des limites de l’action des révolutionnaires. Nous citerons ici Lénine, citant lui-même K. Marx dans un classique du léninisme,  »L’État et la révolution ».

  »La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres étaient naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. »

« Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration. Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour des salaires d’ouvriers. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes… Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le « pouvoir des prêtres »… Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de leur feinte indépendance… ils devaient être électifs, responsables et révocables. »

Ainsi, la Commune semblait avoir remplacé la machine d’État brisée en instituant une démocratie « simplement » plus complète : suppression de l’armée permanente, électivité et révocabilité de tous les fonctionnaires sans exception. Or, en réalité, ce « simplement » représente une œuvre gigantesque : le remplacement d’institutions par d’autres foncièrement différentes. C’est là justement un cas de « transformation de la quantité en qualité » : réalisée de cette façon, aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne; d’État (=pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un État.

Mater la bourgeoisie et briser sa résistance n’en reste pas moins une nécessité. Cette nécessité s’imposait particulièrement à la Commune, et l’une des causes de sa défaite est qu’elle ne l’a pas fait avec assez de résolution. Mais ici, l’organisme de répression est la majorité de la population et non plus la minorité, ainsi qu’avait toujours été le cas au temps de l’esclavage comme au temps du servage et de l’esclavage salarié. Or, du moment que c’est la majorité du peuple qui mate elle-même ses oppresseurs, il n’est plus besoin d’un « pouvoir spécial » de répression ! C’est en ce sens que l’État commence à s’éteindre. Au lieu d’institutions spéciales d’une minorité privilégiée (fonctionnaires privilégiés, chefs de l’armée permanente), la majorité elle-même peut s’acquitter directement de ces tâches; et plus les fonctions du pouvoir d’État sont exercées par l’ensemble du peuple, moins ce pouvoir devient nécessaire. »

Sheisau Sorelh – La suite en lien…

 

tiré de http://feudeprairie.wordpress.com/

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:28

20 mars 2013 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.

A Steubenville, une jeune fille a été violée. Plus exactement, après qu’elle soit en plein coma éthylique, elle a été transportée de lieu en lieu par deux adolescents rigolards, violée et filmée, sous le regard d’autres personnes.  Des photos et videos ont été publiées sur les réseaux sociaux dont certaines plaisantant sur ce viol. Certains ont même twitté la scène en direct avec le hashtag #rape.
Viol, films et rigolade.
Le 18 mars l’un a été condamné à un an de prison, l’autre à deux ans. Le même jour deux adolescentes étaient arrêtées pour avoir menacé de mort la victime sur Twitter.
Laurie Penny déclare que « Steubenville is rape culture’s Abu Ghraib moment. It’s the moment when America and the world are being forced, despite ourselves, to confront the real human horror of the rapes and sexual assaults that take place in their thousands every day in our communities. »

Alors c’est quoi la rape culture ? Comme le demande Henry Rollins « What made these young people think that that what they did was ok? What was in their upbringing, the information and morals instilled in them that allowed them to do what they did, minute after minute, laughing, joking, documenting it and then calling it a night and going home? »

Ce fait-divers nous montre, dans toute son horreur, ce qu’est la culture du viol, ce qu’est une société où non seulement l’on viole, mais où l’on encourage, entraîne, pousse à trouver le viol normal, inévitable, naturel et au fond drôle.

Il serait simple – et c’est ce qui est en général fait – de se dire qu’on est face à des gens ivres, qui ont perdu conscience de ce qu’ils faisaient, ou des fous, ou des malades. Notre société est alors bien malade pour produire autant de gens ivres, autant de gens inconscients, autant de fous, autant de malades.

Il a toujours été plus facile de faire du viol un problème individuel qu’un problème collectif.

Quel bon dieu de société est capable de produire des gens qui se filment en train de violer une femme ?

La même société qui mélange la vie privée de DSK – qui ne regarde personne – et les actes délictueux qu’il a commis.

Nous vivons dans des sociétés qui excusent, banalisent, normalisent, tolèrent le viol.

Les violeurs de Steubenville sourient tout comme les violeurs de Créteil osaient insulter et interpeller leur victime parce qu’ils n’ont aucune conscience que violer est grave.

Dans nos sociétés on envisage que cette jeune fille violée n’aurait pas du boire. On envisage que la touriste suisse n’avait qu’à ne pas aller en Inde. On envisage qu’on n’avait qu’à pas s’habiller ainsi. On envisage qu’on n’avait qu’à sortir moins tard. On envisage qu’on n’avait qu’à être accompagnée. On envisage qu’on peut instaurer des couvre-feux pour les femmes.

On n’envisage pas que les hommes n’ont qu’à ne pas boire. On n’envisage pas que les hommes n’ont pas à violer. On n’envisage pas que les hommes peuvent ne pas sortir dans la rue le soir.

Le viol est le crime où la victime est accusée de mentir, accusée d’avoir encouragé, accusée d’avoir aimé, accusée d’avoir cherché, accusée de ne pas être assez défigurée, accusée d’avoir bu.

Dans les journaux féminins américains, c’est très à la mode de faire des articles pour dire aux femmes de ne pas boire car elles pourraient être violées ensuite. Je n’ai jamais lu un article dans un magazine masculin conseillant aux hommes de ne pas boire car ils pourraient violer. Jamais lu qu’un homme ne doit pas violer. Jamais lu que non c’est non. Apparemment le viol est commis par des extra-terrestres puisque, si son évocation est omniprésente dans la vie des femmes, elle est absente de celle des hommes.

On apprend aux femmes à se protéger (en restant chez elles) apparemment il n’y a rien à apprendre aux hommes.

Ces temps ci les images de viol filmées au smartphone explosent nous dit Laurie Penny. Des hommes, en toute tranquillité, visage découvert, violent des femmes et se filment. Les jeunes violeurs de Steubenville ont déclaré qu’ils n’avaient pas conscience que ce qu’ils faisaient étaient mal. Lors des procès pour viol chez les mineurs, beaucoup déclarent la même chose. Et je pense que c’est vrai. Je pense que beaucoup de gens – hommes comme femmes – ne savent pas vraiment qu’un viol c’est mal. Que beaucoup de gens ne voient au fond pas grand mal à violer. J’exagère ? 50 000 viols par an en France. Parce qu’il y a toujours de bonnes raisons à dire que cela n’était pas vraiment un viol.

Sauf que la société dans laquelle nous évoluons, nous en sommes tous responsables, hommes comme femmes. Quand nous avons dit « celle là faudra pas s’étonner », quand nous nous sommes branlés sur un porno où la fille après avoir braillé non a fini par dire oui, quand nous avons dit non en espérant qu’il continue quand même, quand nous avons harcelé jusqu’à ce qu’elles disent oui, quand nous avons dit à une féministe qu’elle méritait un bon coup de bite, quand nous avons dit à une copine qu’elle n’avait pas qu’à autant boire et puis que ce mec il est sympa, quand nous avons condamné à une peine légère un violeur car il a depuis refait sa vie, quand nous avons filmé des images de viol, quand nous avons parlé de troussage de domestique, quand nous avons commenté le physique d’une supposée victime, quand nous avons dit que c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver, quand nous avons souhaité le viol d’une adversaire politique, quand une journaliste de CNN pleure sur la vie détruite de deux adolescents, quand une journaliste française pleure sur le sort d’un accusé célèbre, quand on explique qu’une gamine de 13 ans faisait plus vieux, quand des flics violent des prostituées en toute impunité, quand Lara Logan est accusée d’avoir traîné dans des lieux où elle n’avait pas à être, quand une femme dit qu’un chanteur connu venait coucher avec elle alors qu’elle avait 14 ans, quand une tentative de viol dans un jeu video est jugée excitante, quand nous avons tu notre viol parce que le dire était le meilleur moyen de voir notre vie foutue en l’air.

La culture du viol naturalise le viol ; elle explique qu’il existera toujours et qu’il faut faire avec. Elle valide les mythes autour du viol comme de dire que le viol est commis en majorité par des étrangers alors que la plupart des viols sont commis par des hommes connus par la victime. Elle sexualise le viol en disant que le viol a quelque chose à voir avec la sexualité ; et qui irait se plaindre de la sexualité, c’est bon la sexualité non ?

09:25. Les propos disant que « je ne comprends rien à l’humour » ou que « decidément je ne suis pas cinéphile » me font déjà censurer ce texte. Je ne pensais pas avoir encore des exemples de rape culture. Et bien la rape culture c’est cela. Parler du viol et devoir se censurer quand on évoque des exemples touchy – l’humour par exemple – car seuls ces exemples seront commentés pendant des lignes et des lignes.

tiré de http://www.crepegeorgette.com

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A L’Assaut Du Ciel!

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