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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:36

Communiqué du groupe Nosotros suite à la manif’ du 5 Mars

Le mot d’ordre de la journée du 5 mars était de marquer son opposition à l’accord social traître (ANI, Accord National Interprofessionnel) conclu entre le patronat, la CFDT, la CFE-CGC, et la CFTCavec la bénédiction du gouvernement « socialiste ».

Mais l’intersyndicale (et/ou la CGT Comminges, on ne sait plus qui fait quoi là dedans) a décidé de placer en tête de la manifestation une prétendue délégation citoyenne qui s’oppose à la fermeture du commissariat de Saint-Gaudens.

Ne voulant pas être associés à la défense d’un commissariat, nous avons refusé de figurer dans un cortège mené par des flics en civil venus faire du corporatisme et des flics en uniforme en queue de manif. Nous avons donc décidé, collectivement, de prendre une rue perpendiculaire au parcours de cette manif pour diffuser nos tracts au reste du cortège et dans la ville hors manif et d’agrémenter cela en accompagnant de la voix nos amis-es de la chorale Rojinegra.

Apparemment, la fermeture d’un commissariat semble assimilée, dans l’esprit de certains bien pensants, à la fermeture d’une entreprise qui délocalise pour augmenter ses bénéfices et engraisser toujours plus actionnaires et spéculateurs. Mis à part quelques individu-es, l’ensemble des représentations ont défilé dans ce cortège (la CGT bien sûr, mais aussi FO, PC, Front de Gauche, SUD, ATTAC…, pardon à celles qu’on oublie).

Pour nous anarchistes, les flics ne sont pas des salariés comme les autres. Face aux mécontentements et aux révoltes qui s’expriment dans la rue, dans les occupations d’usines ou de squats, ils sont le bras armé de la clique politicienne (toutes tendances confondues) chargée de défendre les intérêts de la finance, de l’État libéral et d’assurer la pérennité d’une société profondément injuste et inégalitaire.

Notre solidarité ne s’exprime jamais au service d’un corporatisme, à plus forte raison s’il s’agit d’un corporatisme policier.

Nous sommes solidaires des militants ouvriers ayant perdu un œil (gréviste d’Arcelor récemment, étudiant-es de Toulouse et Nantes en 2008…) ou gardant de graves séquelles physiques provoquées par les violences policières, solidaires aussi des familles et de tous ceux qui ont perdu un proche, mort étouffé lors d’une interpellation policière musclée (Abou Bakari Tandia, Ali Ziri, Amine Bentounsi, entre autres), solidaires encore et toujours avec ceux qui subissent des contrôles au faciès, solidaires en un mot des victimes de toute répression décidée par l’État et orchestrée par ses zélés salariés.

VIVE L’ANARCHIE ET LA FERMETURE DES COMMISSARIATS !

Groupe anarchiste Nosotros (CGA), 11 mars 2013

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:35

Accord sur l’emploi : Les syndicats signataires sonnent la riposte

REPORTAGE – Une semaine après la manifestation organisée par la CGT et par FO pour protester contre l’accord sur l’emploi, les syndicats signataires ont distribué des tracts pour le défendre…

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L’intersyndicale CGT [sic - NdJL], UNSA, CFDT distribue des tracts sur le parvis de la Défense en vue du conseil europeen qui se tiendra le 14 mars à Bruxelles, le 13 mars 2013, à Paris.

Mercredi 13 mars, 11h30. Quartier d’affaires de la Défense, à deux pas de Paris. Une cinquantaine de syndicalistes se rassemblent à la sortie du métro, tout près des marches de la Grande Arche. Les pieds dans la neige, ils revêtent les vestes et les casquettes floquées aux couleurs de leurs organisations. Les drapeaux sont aussi de la partie. Et pour réchauffer l’ambiance engourdie par la température glaciale, les plaisanteries vont bon train.

« Nous sommes aussi nombreux qu’ils l’étaient le 5 mars dernier ! » lance un militant CFTC, suscitant les sourires narquois de ses camarades. Il fait référence à la manifestation organisée par la CGT et par FO pour lutter contre l’accord sur l’emploi, signé par certains partenaires sociaux en janvier. La « grande mobilisation » promise par les deux organisations a fait un flop. Et aujourd’hui, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa sonnent la riposte : ils ont décidé de distribuer des tracts pour défendre cet accord.

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France »

Sur l’esplanade enneigée de la Défense se croisent des hommes d’affaires les mains vissées sur leurs attachés-cases et des badauds quittant le centre commercial les bras chargés de paquets. Les réserves de la CGT et de FO sont-elles compréhensibles ? Cet accord n’est-il pas trop flexible ? Alain, 48 ans, militant CFDT, souffle : « C’est la crise, il y a des boîtes qui ferment, le chômage qui explose, il faut sortir de l’impasse et proposer des choses pour maintenir l’emploi. Nous avons signé un accord, et un accord, c’est forcément un compromis. »

« Madame, un petit tract pour découvrir vos nouveaux droits ? » lance une militante de l’Unsa à l’attention d’une belle quadra [sic - NdJL]. Celle-ci décline l’offre. Un peu plus loin, Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, a plus de chance. Il parvient à nouer le dialogue avec Vincent, salarié de la Société générale. Qui l’écoute l’air satisfait : « Moi, je suis pour que nous brisions le tabou en matière de flexibilité. Je veux que l’on se rapproche du modèle allemand, parce que l’entreprise, ce n’est pas notre ennemie. »

« La flexibilité existe depuis vingt ans en France, avec l’intérim, la sous-traitance, l’externalisation, l’annualisation du temps de travail, le temps partiel, etc. Et justement, vu la précarisation croissante d’un certain nombre de salariés, nous avons voulu recréer, avec cet accord, les conditions d’une meilleure sécurité pour l’ensemble des salariés », défend auprès de 20 Minutes Bernard Van Craeynest.

« Les relations sociales doivent-elles être régies par l’affrontement ? »

« Alors, c’est la guerre avec la CGT et FO ? » demande un journaliste à Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa. « Est-ce que l’on considère que les relations sociales doivent être régies par l’affrontement ou par la négociation ? C’est la question ! Je pense qu’aujourd’hui, les salariés recherchent des syndicats qui soient capables de les aider à atteindre des résultats concrets. »

Pas de guerre non plus d’après Laurent Berger, le nouveau patron de la CFDT, qui estime cependant « qu’il faut que l’on entende dans ce pays les organisations syndicales quand elles font des propositions, et pas seulement quand elles contestent. Aujourd’hui, nous voulons montrer aux salariés que cet accord que nous avons négocié, il est positif pour eux. »

Le nouveau droit dont il est le plus satisfait ? « La complémentaire santé payée par l’employeur à 50%. Quatre millions de salariés n’ont pas cette participation de leur entreprise et 400.000 n’ont tout simplement pas de complémentaire santé. Ce que nous avons obtenu est un vrai gain de pouvoir d’achat et de sécurisation. »

Cette journée de distribution de tracts est-elle un succès ? Peu importe. Car bien plus que le grand public, ce sont les parlementaires que les différents syndicats cherchent à convaincre. C’est là que se joue en ce moment la vraie bataille. Les députés commenceront à discuter du projet de loi issu de l’accord syndical en avril.

Presse esclavagiste (Céline Boff, 20minutes.fr, 13 mars 2013)

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:34

Birmanie : Aung San Suu Kyi chahutée par des manifestants

La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a été quelque peu chahutée jeudi par des villageois qui lui reprochaient de ne pas les soutenir dans leur combat contre une mine de cuivre, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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La députée s’est rendue pendant deux jours dans des villages situés autour de la mine de Leptadaung, à Monywa (nord), où une centaine de personnes avaient été blessées par les forces de l’ordre en novembre.

Elle souhaitait les convaincre d’accepter la reprise de la mine sous certaines conditions. Mais celle qui était jusqu’à présent leur idole a été plutôt mal reçue, selon des journalistes de l’AFP, qui ont vu des villageois crier et des femmes pleurer sur son passage.

“Nous avons cru en elle. Elle est venue (…) et a regardé les manifestants depuis sa voiture”, a expliqué à l’AFP Nandasarya, un moine bouddhiste.

“La relation entre les villageois et Aung San Suu Kyi est très tendue actuellement”, a-t-il ajouté. “Elle est venue ici comme une vraie responsable avec son service de sécurité. Ça nous rend mal à l’aise”.

Suu Kyi, réélue sans opposition le week-end dernier à la tête de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), représente pour beaucoup de Birmans la lutte contre l’oppression de la junte militaire, qui a cédé le pouvoir à un régime réformateur il y a deux ans.

Devenue députée, elle est de plus en plus poussée à faire des choix politiques qui ne font pas l’unanimité.

Elle a ainsi présidé une commission d’enquête parlementaire sur les violences de Monywa, dont les conclusions accablent les forces de sécurité, notamment pour l’usage de phosphore contre les manifestants. Mais sa volonté de voir la mine reprendre ne passe pas. “Nous nous attendions à une meilleure réponse que votre rapport”, l’a ainsi interpellée une femme.

“Je ne travaille pas pour protéger la montagne de Leptadaung mais pour protéger le pays”, a-t-elle de son côté relevé admettant qu’elle ne pouvait “apaiser tout le monde”.

La répression de novembre avait connu un retentissement exceptionnel au sein de l’opinion. La mine symbolise aussi la colère des Birmans face à une multitude de projets chinois accusés de ne pas profiter aux populations locales.

Elle est gérée par une société mixte formée par le groupe chinois Wanbao et une société appartenant à l’armée birmane. Les villageois dénoncent l’insuffisance des indemnisations des terres et les risques environnementaux du projet.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:34

Tunisie : les obsèques du vendeur ambulant tournent à la manifestation

Plusieurs centaines de personnes ont participé aux funérailles jeudi du vendeur à la sauvette qui s’est immolé cette semaine à Tunis, une procession qui s’est transformée en manifestation contre le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, selon une journaliste de l’AFP.

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Les obsèques d’Adel Khazri, 27 ans, ont eu lieu dans la petite localité déshéritée de Souk Jemaa, dans le nord-ouest de la Tunisie, le jour où le nouveau gouvernement de l’islamiste Ali Larayedh doit prendre ses fonctions et s’atteler à résoudre une crise politique, sociale et institutionnelle.

Le corps a été mis en terre à la mi-journée.

Les proches et voisins de la famille du défunt hurlaient leur colère d’abord devant la petite maison de la mère d’Adel Khazri puis lors de la procession.

“Avec notre âme et notre sang nous nous sacrifions pour notre martyr”, “Ennahda dégage” ont notamment scandé les habitants de ce village difficilement accessible et situé sur une colline au bout d’une piste boueuse.

Plusieurs dizaines de jeunes sont ensuite montés à bord de voitures dans le but d’aller manifester dans la capitale régionale, Jendouba, contre la misère et le chômage dans cette région très pauvre.

Adel Khazri, qui subvenait aux besoins de sa famille en vendant des cigarettes à la sauvette, s’est immolé par le feu mardi sur l’avenue Habib Bourguiba de Tunis, haut lieu de la révolution de janvier 2011, une révolte qui avait été déclenchée par l’immolation d’un autre marchand ambulant excédé par la misère.

Deux ans plus tard la pauvreté et le chômage continuent de faire des ravages en Tunisie. Dans ce contexte, les grèves, les manifestations et les conflits sociaux se sont multipliés ces derniers mois.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:33
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Jorge Bergoglio et Rafaele Videla

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Jorge Bergoglio pardonne au bourreau Videla

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Rafaele Videla, assassin, voleur d’enfants

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:32

15-23 mars 2013 : Semaine internationale dédiée aux victimes de crimes policiers

Samedi 23 mars 2013 : Journée de manifestation nationale

FACE AUX CRIMES POLICIERS : TOUS UNIS POUR QUE JUSTICE SOIT RENDUE AUX VICTIMES

Nous, familles victimes de crimes commis par des policiers, avons le devoir de dénoncer la tragédie d’avoir perdu un fils, un père, un frère, un mari, une mère, une épouse, une sœur, un grand-père, une grand-mère, une cousine ou un cousin.

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Des victimes qui viennent s’ajouter tristement à la longue liste de toutes les personnes grièvement blessées ou mortes lors d’interpellations policières, de course-poursuites ou en détention. Des victimes seules et non armées, qui sont entravées et frappées, « tasées » ou tuées par balle…

L’usage de techniques d’immobilisation (clé d’étranglement, pliage…) ou d’armes dites non létales (taser, flashball…) peut provoquer la mort. Lorsqu’elle fait l’objet d’une enquête judiciaire, les policiers impliqués se cachent derrière les méthodes enseignées dans les écoles de police ou prétendent être en « légitime défense ».

Ces trente dernières années, nous constatons que dès lors que des policiers sont impliqués, la justice se rend complice en accordant l’impunité aux meurtriers, lorsqu’ils agissent au nom de d’État.

Et les familles ne parviennent jamais à obtenir réparation.

Ces meurtriers disposent ainsi d’un droit de vie ou de mort sur l’ensemble de la population.

Une population jamais reconnue comme victime mais présentée par la majorité des journalistes et des responsables politiques comme étant systématiquement coupable, principalement du fait de ses origines ethniques, sa religion ou de son lieu de résidence.

La persistance de ces violences policières nous oblige à prendre position. Nous les familles meurtries dans notre chair, nous vous appelons à vous joindre à nous pour s’organiser et résister à la répression d’État et au déni de justice.

Du 15 au 23 mars 2013, créons partout en France des initiatives dans le cadre de la semaine internationale dédiée aux victimes de crimes policiers

Samedi 23 mars 2013 13h à Paris, unissons-nous dans une marche de la Place de l’Opéra à Stalingrad

TOUS UNIS CONTRE LES CRIMES POLICIERS
STOP À L’IMPUNITÉ !

Nous avons besoin de toute forme de soutien : prêt de matériel, aide logistique, financière, communication, flyers, photocopies, etc. pour mener à bien l’ensemble de ces actions.

Familles de victimes (contact) : Youcef MAHDI, Nabil MABTOUL, Wissam EL YAMNI, Amine BENTOUNSI, Mahamadou MAREGA, Hakim AJIMI, Ali ZIRI, Lakhamy SAMOURA et Moushin SEHHOULI…

État d’exception, 6 mars 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:32

 

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Un an et demi qu’on nous emmerde,
des nouvelles de l’affaire de Labège

Le 14 mars aura lieu le procès pour les refus d’ADN suite aux arrestations du 15 novembre 2011. C’est le moment pour nous de faire un petit point sur plus d’une année sous mains de justice. Plus d’une année d’écoute, de filature, de contrôle judiciaire… bref des mois d’emmerdes. Des emmerdes pour les personnes directement impliquées dans l’affaire mais aussi tou.te.s leurs proches, ami.e.s et connaissances.

Nous prenons la parole, nous qui aimerions nous occuper de bien d’autres choses que d’accusations fumeuses et de leurs conséquences.

Mais pourquoi tout ça au fait ?

Le 5 juillet 2011, en fin de matinée, un groupe d’individu.e.s s’est invité dans les locaux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Labège (31). Iles y sont resté le temps de signifier à cette institution, et à son personnel, le dégoût qu’elle leur inspire. En solidarité avec les jeunes mutin.e.s qui ont osé se révolter en mai de la même année dans l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, co-géré par l’Administration Pénitentiaire (AP) et … la PJJ.

Une enquête est immédiatement ouverte. Dès le 13 juillet, le procureur de la république Valet nomme Didier Suc, juge d’instruction pour cette affaire. Il s’agit d’une information suivie contre X, pour des faits de :

Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens à Labège le 5 juillet 2011 ; Violence commise en réunion sans incapacité à Labège le 5 juillet 2011 ; Dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion à Labège le 5 juillet 2011.

Lisons donc : tags, déversement de lisier et insultes. C’est dans ce jargon, une fois digérés par la justice, que sont retranscrits et donc criminalisables des moyens évidemment légitimes d’affirmer sa solidarité avec celles et ceux qui se révoltent.

Les quatre premiers mois de cette enquête sont soldés par une opération massive de gendarmerie à Toulouse, le 15 novembre 2011. Les flics ont perquisitionné sept lieux de vies, interpellé une quinzaine de personnes et embarqué un paquet d’affaires. Sept personnes sont mises en garde-à-vue, six sont présentées au juge d’instruction. Cinq d’entre elles sont mises en examen, quatre atterrissent directement à la Maison d’Arrêt de Toulouse-Seysses pour 2 à 3 mois de détention provisoire. La cinquième est dehors, sous contrôle judiciaire. La sixième reste « libre », avec un statut de témoin assisté. Et la septième est lavée de tout soupçons grâce à un alibi béton et vérifiable.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune avancée, aucune nouvelle, aucune convocation, rien, juste une menace diffuse pour les présumé.e.s coupables de retourner en prison, pour leurs proches d’être associé.e.s à cette affaire et pour tout le monde de voir les flics débarquer dans nos maisons. On sait aussi que cette instruction sert à venir piocher des infos sur tout un tas de personnes « affiliées » à la mouvance fantoche ultra gauchiste toulousaine, et qu’on a écopé d’une surveillance continue de tous les espaces et acteur/ices de luttes pour une durée indéterminée.

Crachez ici !

Aujourd’hui c’est le procès du refus d’ADN. C’est la punition pour avoir refusé le fichage systématique. Triste ironie quand on sait que ce refus a officiellement justifié les placements en détention provisoire alors que les ADNs ont quand même été pris sur les gobelets, fourchettes et mégots utilisés pendant les GAV. Viendront donc à la barre les cinq mises en examen, le témoin assisté et la personne mise hors de cause. Les raisons de ce refus sont connues mais nous pouvons les répéter encore.

Nous constatons que le prétexte de la preuve ADN sert une volonté de fichage généralisé de la population entière. Cette découverte scientifique qui consiste à attribuer un profil unique à chaque être vivant est tellement complexe qu’elle en est opaque. C’est évidemment plus simple de nous faire accepter des choses quand on y comprend rien. On nous a d’abord dit que c’était pour ficher les « vrai.e.s criminel.le.s », les « dangereux/dangeureuses », or ce sont près de 3 millions de personnes qui sont maintenant inscrites à vie dans le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques. Pas de présomption d’innocence pour ces gens, il y a les parfait.e.s et les autres, celles et ceux qui sont déjà passé.e.s par la case GAV.

Et ça ne s’arrête pas là, ou plutôt ça n’a pas vraiment commencé par là, les animaux non humains sont eux aussi fichés. Chaque être vivant peut donc être identifié, géré dans une base de données, intégré dans un calcul de statisticien, contrôlé et tracé. Un énorme marché presque intarissable car il y aura toujours de nouvelles personnes qui naissent et des nouveaux nés animaux. Concepteurs de logiciels de gestion, fabricants de matériel de prélèvement et matière grise de labo s’en frottent les mains.

Outre l’aspect économique, être fiché individuellement ne concerne pas que nous. Nos parents et enfants sont directement mis dans la case « de la famille d’un.e présumé.e coupable » grâce à certains marqueurs qui constituent notre profil génétique. Se dire qu’on peut passer entre les mailles du filet pour s’en sortir un peu moins pire devient presque impossible. On friserait presque la récidive si nos aïeul.le.s ont commis des broutilles hors du cadre légal. Au final, tout le monde est fiché, pas que les « coupables », pas que les « suspecté.e.s d’un jour », pas que les « témoins » comme la police et la justice tentent de le justifier.

Refuser que des mecs ou des nanas en bleu nous mettent un coton tige dans la bouche est assez facile, en assumer les conséquences fait un peu peur. On s’expose alors à des procédures judiciaires, autre espace opaque et inquiétant de l’arsenal répressif. On nous dit 15’000 euros d’amende et un an d’emprisonnement. En réalité les personnes qui ne sont pas relaxées pour ce délit, car ça arrive plus souvent qu’on ne le croie, écopent souvent d’une amende ou de peine avec sursis. Mais même si on encourt des peines légères, être reconnu.e coupable de ce délit veut dire risquer la récidive à chaque GAV. Quelle que soit la suspicion de délit pour lequel on y est amené. Et plus on sera nombreu.ses.x à refuser, plus ce sera difficile de nous poursuivre…

Parmi les épées de Damoclès qui planent au dessus de nous, il y a donc ce procès pour refus de prélèvement des empreintes génétiques, mais il y a aussi l’instruction et ses mesures coercitives, le contrôle judiciaire en est une.

Du contrôle, judiciaire, mais pas que…

Pendant que le Didier Suc cherche suffisamment d’éléments pour justifier 20 mois d’enquête, les cinq mis.e.s en examen sont sous contrôle judiciaire. Cela va de l’obligation de résider chez les parents, de pointer toutes les semaines au commissariat, à l’interdiction de se voir et de sortir du territoire. Ces mesures restrictives ne sont pas les mêmes pour tout le monde, une incohérence de plus qui prouve le caractère aléatoire et opportuniste  de cette justice. Évidemment, elle tente encore d’isoler, d’atomiser et d’éviter toute réaction collective face à des accusations. S’institue alors la temporalité de l’instruction, faite d’immobilisme et de longue attente où un des moyens pour mettre en place un rapport de force passe par le juridique. Des demandes d’aménagement et de main levée de contrôle judiciaire sont répétées, le juge d’instruction et le parquet maintiennent la pression. Une fois de plus on voit une procédure basée sur des intimes convictions de juges et de procureurs voulant absolument faire peur et faire réfléchir à deux fois avant de lutter. Prouver que des gens sont coupables ou innocents ne les intéresse que très peu. Susciter l’immobilisme et le formalisme, voire la résignation de tou.te.s les pauvres et les agité.e.s, en revanche leur tient à cœur. Rester solidaires et faire bloc ensemble est un autre moyen de lutter face à la machine judiciaire et ne pas trop se laisser écraser.

On vous tiendra au courant quant aux suites de ces démêlées judiciaires même si nous n’en n’attendons rien.

Nous ne sommes pas les seules dans cette situation, nous sommes bien conscien.te.s que nous avons les moyens de nous exprimer, dans certains réseaux et de demander de la solidarité. On aimerait juste que ces histoires judiciaires, concernant un certain milieu, ne nous fassent pas oublier la somme énorme de personnes qui se prennent la massue du code de procédure pénale dans la gueule.

Un gros big up à elles et eux.

« La justice nique sa maire, le dernier juge que j’ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue… » ou, On les emmerde

Des proches des inculpé.e.s de Labège, 14 mars 2013

 

Pour envoyer des sous (hé oui les baveux ça coûte cher, et les amendes risquent de pleuvoir) envoyer vos chèques à l’ordre du CAJ : CAJ c/o Canal Sud – 40 rue Alfred Duméril – 31400 TOULOUSE

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:29

À la tombée de la nuit, les petites mains du textile cambodgien sortent par milliers des usines de la banlieue de Phnom Penh, les traits tirés. Le royaume a attiré les grands marques mondiales, au prix de salaires désespérément bas et de cadences infernales.

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De plus en plus d’entreprises internationales délocalisent leur production de textile à la recherche, encore et toujours, de meilleurs coûts.

Mais des scènes d’évanouissements collectifs ont tiré la sonnette d’alarme. Et la colère monte, tandis que sous-traitants et grandes marques se renvoient la balle sur leurs responsabilités respectives.

Ou Nin, 25 ans, semble épuisée. Elle fabrique des vêtements pour une marque américaine pour à peine 4 euros par jour. “Ils impriment des T-shirts. L’odeur y est très désagréable, c’est insupportable”, confie-t-elle à l’AFP en attendant le camion qui la ramène chez elle.

Avec primes et heures supplémentaires, les ouvrières arrivent à gagner en moyenne 60 euros mensuels. Pour survivre, elles dépassent souvent la limite légale des soixante heures hebdomadaires, au risque de se mettre en danger.

“Il fait souvent chaud à l’intérieur de ces usines. Il arrive aussi qu’elles inhalent des substances toxiques”, explique Moeun Tola, responsable du programme ouvrier du Community Legal Education Centre, qui leur apporte un soutien légal.

Surmenage, sous-alimentation et mauvaise ventilation expliquent “les évanouissements de masse qui ont eu lieu dans les usines depuis 2010″, estime-t-il.

L’an dernier, elles seraient 1.100 ouvrières à avoir perdu connaissance dans les usines de confection.

Soey Eao, qui travaille depuis 5 ans dans le textile, n’arrive pas à s’en sortir. Elle habite derrière l’usine dans une cité dortoir, où des centaines d’ouvriers cohabitent dans des logements en béton sans eau ni électricité. Elle partage 6 mètres carrés avec trois autres collègues, pour 15 euros par mois.

“On travaille douze heures par jour, parfois 7 jours sur 7 pour gagner plus”, dit-elle. À 24 ans, elle reverse un tiers de son salaire à sa famille. “Je ne peux même pas bien manger car j’essaie de mettre de l’argent de côté, j’achète juste le minimum pour survivre”.

Avec les évanouissements, les grèves et manifestations se sont multipliées. Certaines ont même dégénéré comme en février 2012, lorsque trois ouvrières ont été blessées par un homme qui a ouvert le feu.

Certains des 650.000 ouvriers du textile — dont 400.000 pour des sociétés exportatrices — se sont regroupés dans des syndicats pour exiger une hausse du salaire minimum — au moins 75 euros par mois.

Mais beaucoup n’ont pas franchi le pas. Soey Eao regrette ainsi que “beaucoup d’ouvriers ne sachent même pas qu’ils ont des droits”.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui inspecte régulièrement les usines du pays, appelle à un nouvel accord de branche entre gouvernement, patrons d’usine et syndicats.

“À part le Bangladesh, le Cambodge est l’un des endroits les moins chers au monde pour produire des vêtements”, estime Jill Tucker, en charge d’un programme de l’OIT au Cambodge. “Il est évident que si l’on paye mieux les ouvriers, il y aura moins d’évanouissements”.

Mais usines et marques se renvoient la balle à l’infini.

“Ce sont les marques qui contrôlent combien nous gagnons (…). Nous n’avons aucun pouvoir de décision sur la marge que nous réalisons car nous sommes des sous-traitants”, assure Ken Loo, secrétaire général du Gmac, association des patrons d’usines du textile.

“Si nos salaires étaient équivalents à ceux des usines vietnamiennes, les investisseurs viendraient-ils dans notre pays ?”

Les grandes marques, quant à elles, se défendent de tirer les salaires vers le bas. Le groupe suédois H&M, accusé l’an passé dans un documentaire de chercher à maintenir des salaires de misère dans le pays, affirme ne pouvoir agir directement dans les usines.

“Ils fabriquent des vêtements pour différents clients, mais les employés sont payés le même montant quelle que soit la marque”, a indiqué Malin Bjorne, un porte-parole du groupe, dans un courriel à l’AFP.

Quant à l’Américain Levi Strauss and Co, il dit financer des initiatives locales pour prévenir les évanouissements. “Tout le monde a droit à un salaire décent”, a assuré un de ses représentants.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:29

Appel à une manifestation le 23 mars à Besançon suite aux récentes agressions racistes et néo-nazies ; plusieurs organisations étaient présentes lors de la réunion de préparation de cette manifestation comme la CNTle Collectif Anti-fasciste de Besançonl’Initiative Communiste-Ouvrière, l’AMEB et SOS Racisme :

En Franche-Comté, depuis plusieurs mois, des groupuscules néonazis commettent des agressions.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Présents depuis longtemps à Besançon et dans la région, ces groupes, qui véhiculent des idées nationalistes, identitaires et fascistes, sont aussi des adeptes de l’action violente : parades para-militaires et saluts nazis, gazage devant un bar pendant un concert, passages à tabac ciblés (couleur de peau, orientation sexuelle, engagement politique)…

Dans un contexte où racisme et homophobie sont banalisées et où les extrême-droites s’affirment en Europe, ces faits inacceptables, toujours impunis, nous poussent, nous Bisontin.e.s, à nous organiser pour stopper les agressions racistes et fascistes.

Si nous ne voulons pas du fascisme et ne voulons pas avoir peur de nous faire agresser, c’est entre autres par une mobilisation large que nous pourrons le prouver et montrer à ces groupuscules que leurs idées nauséabondes ne seront jamais les bienvenues à Besançon.

Pour participer à la résistance et aux luttes : Agissez individuellement et collectivement, soyez vigilants et informez-vous : lahorde.samizdat.net •fafwatchfc.noblogs.org  cabesancon.wordpress.com

MANIFESTATION ANTIRACISTE & ANTIFASCISTE
Samedi 23 Mars, 15h
Place de la Révolution, Besançon

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:27

Le jésuite Jorge Mario Bergoglio était le chef d’une Église argentine contestée

(…) l’Église d’Argentine, dont Bergoglio était le primat avant de devenir le nouveau pape, est une des plus contestées d’Amérique latine pour sa passivité, voire sa complicité, à l’égard de la dernière dictature militaire (1976-1983). Le national-catholicisme était l’idéologie dominante des forces armées, qui comptaient avec la bénédiction de la hiérarchie de l’Église.

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Contrairement aux Églises du Brésil et du Chili, qui ont joué un rôle capital dans la défense des victimes de la répression et dans la lutte pour les libertés, la hiérarchie argentine a montré une indifférence coupable face aux horreurs commises. Elle fermait la porte aux proches des victimes et refusait de s’impliquer dans des démarches humanitaires. Les religieux et religieuses solidaires des Mères de la place de Mai étaient des francs-tireurs, qui n’étaient pas soutenus par leurs supérieurs, et qui ont payé parfois avec leur vie leur compassion et leur fraternité. (…)

Presse à scandales (Paulo A. Paranagua, blog du Monde America latina (VO), 13 mars 2013)

 

Le pape François Ier succède à Benoît XVI
Quelle était la position du cardinal Bergoglio durant la dictature argentine ?

Des médias internationaux ont fait état de soupçons quant à l’attitude du cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu le pape François, durant les années de la dictature en Argentine (1976-1983).

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Le cardinal Bergoglio prononce une homélie à l’église San Cayetano, à Buenos Aires en 2009.

Le journal britannique The Guardian rapporte qu’un livre, Le silence, écrit en 2005 par le journaliste argentin Horacio Verbitsky, a mis en lumière un rôle qui pourrait être qualifié de trouble joué par le cardinal Bergoglio dans l’emprisonnement de deux prêtres qui œuvraient auprès des démunis dans les bidonvilles.

Le cardinal Bergoglio n’aurait pas protégé les deux hommes après qu’ils eurent refusé d’arrêter de travailler dans les bidonvilles.

L’auteur du livre s’est basé sur le témoignage de l’un des prêtres, Orlando Yoro, qui est décédé en 2000.

Par ailleurs, le livre avance que les autorités cléricales de Buenos Aires ont aidé la dictature à dissimuler les prisonniers politiques aux enquêteurs des droits de l’homme.

Le cardinal Bergoglio a démenti ces accusations et a affirmé qu’il avait aidé plusieurs opposants durant la dictature des militaires.

Les évêques argentins ont toutefois présenté leurs excuses l’année dernière pour avoir échoué à protéger la population contre la dictature.

Dans un jugement du 7 décembre dernier contre trois militaires, le tribunal de La Rioja, dans le nord-ouest de l’Argentine, a souligné « l’indifférence » et aussi « la complicité » de l’Église avec l’appareil répressif des généraux argentins.

Le tribunal a affirmé également que la hiérarchie catholique argentine faisait la sourde oreille aux rapports faisant état de persécution des membres du Mouvement des prêtres pour le tiers-monde, une des bêtes noires du régime.

Par ailleurs, le quotidien français La Croix a rapporté sur son site Internet qu’une juge française souhaiterait entendre le cardinal Bergoglio au sujet de l’assassinat du prêtre français Gabriel Longueville, survenu au début de la dictature.

La juge voudrait savoir s’il existe à l’archevêché de Buenos Aires ou au Vatican des archives sur le dossier.

Presse à scandales (Radio-Canada.ca, 13 mars 2013)

 

(…) même en Argentine, certains restent persuadé qu’il a joué un rôle trouble. « Bergoglio est un homme de pouvoir et il sait comment se positionner parmi les puissants. J’ai encore beaucoup de doutes sur son rôle concernant les jésuites qui ont disparu sous la dictature », a témoigné mercredi à une radio argentine Eduardo de la Serna, représentant d’un groupe de prêtres de gauche. L’agence de presse Reuters a rappelé des propos de Fortunato Mallimaci, l’ancien doyen des sciences sociales à l’Université de Buenos Aires, selon lequel « l’histoire le [Jorge Mario Bergoglio, ndlr] condamne ». « Il s’est opposé à toute innovation dans l’Église et, surtout, pendant la dictature, il s’est montré proche des militaires », a-t-il ajouté.

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Une photo de Jorge Bergoglio, le 3 mars 2013, avant qu’il ne devienne le pape François 1er.

En France, Christian Terasse, le rédacteur en chef de la revue Golias, hebdomadaire catholique progressiste, est revenu longuement sur France info sur le rôle qu’aurait tenu le nouveau pape durant la dictature de Videla. « Cet homme n’a pas eu les paroles, les attitudes qui convenaient pour protéger certains de ses confrères engagés contre la dictature militaire de Videla. (…) J’ai un document qui montre que l’Église d’Argentine [dont le nouveau pape était l’un des responsables, ndlr] se réunissait avec la dictature pour consigner un certain nombre de dispositions par rapport à des opposants catholiques jugés marxistes parce que subversifs par rapport à l’ordre chrétien qui soutenait le général Videla ». Pour ce spécialiste, cela ne fait aucun doute, « la soutane blanche de Bergoglio est entachée symboliquement : à la fois au niveau de son positionnement personnel qui n’a pas été très courageux parce qu’il n’a pas protégé certains de ses confrères mais aussi de ce qu’il représente du rôle politique qu’a joué l’église d’Argentine dans sa complicité avec la dictature ». (…)

Presse à scandales (20minutes.fr, 14 mars 2013)

 

En Argentine, un tribunal affirme la complicité de l’Église sous la dictature

Pour la première fois un tribunal argentin a accusé l’Église catholique de complicité avec la dictature militaire argentine de 1976 à 1983. Dans son édition du mercredi 13 février 2013, le quotidien Pagina 12 publie un article intitulé « Une complicité qui se maintient au fil des ans ».

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L’auteur cite une partie de l’arrêt du 7 décembre dernier du tribunal federal de La Rioja (nord-ouest de l’Argentine). Celui-ci, long de 417 pages et signé par quatres juges a condamné à la prison à vie trois responsables du 3e corps de l’Armée : son chef Luciano Benjamin Menendez, le lieutenant-colonel Luis Fernando Estrella et l’ancien commissaire Domingo Benito Vera.

« Les juges ont souligné “l’indifférence”, mais aussi la complicité de la hiérarchie avec l’appareil répressif, et même dans l’attaque menée contre des membres du Mouvement des prêtres pour le Tiers-Monde », souligne l’article. « Ils rappellent que les rapports de Mgr Enrique Angelelli, évêque de La Rioja, concernant la persécution de plusieurs membres de son équipe pastorale, aux autorités de l’Église ont été ignorés à l’époque. » Selon les juges, aujourd’hui encore, une certaine « réticence des autorités ecclésiastiques et même du clergé pour résoudre les crimes » perdure.

Une hiérarchie indifférente voire complice

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Le tribunal de la Rioja jugeait l’assassinat en 1976 de deux prêtres : l’Argentin Carlos de Dios Murias et le Français Gabriel Longueville. Le P. Longueville et son vicaire le P. Murias avaient été enlevés le 18 juillet 1976 dans la paroisse d’El Salvador d’El Chamical. Leurs corps criblés de balles avaient été retrouvés, les yeux bandés, dans un terrain vague de la ville. Le P. Longueville — l’un des 18 Français assassinés ou disparus durant la dictature — faisait partie du Mouvement des prêtres pour le Tiers monde, une des bêtes noires du régime. Un procès pour la béatification des deux prêtres a été ouvert par le diocèse en 2010.

Quelques jours plus tard, l’évêque de La Rioja, Mgr Enrique Angelelli, fut tué dans un accident de voiture provoqué. Il venait de constituer un dossier sur l’assassinat des deux prêtres. Le procès a permis de démontrer que Mgr Angelelli, ainsi que d’autres prêtres, avaient bien informé la Conférence des évêques sur la situation dans la région.

Selon les organisations des droits de l’homme, un évêque, au moins dix prêtres, deux séminaristes et cinq agents pastoraux ont été tués pendant la dictature. Dix autres prêtres, sept séminaristes et 45 agents pastoraux sont considérés comme disparus. Environ 30’000 personnes ont disparu pendant la dictature argentine entre 1977 et 1983.

Presse à scandales (La-Croix.com avec Apic, 14 février 2013)

 

L’Église argentine face aux fantômes de la dictature

L’Église argentine se défend dans la tourmente. Elle répond à ceux qui lui reprochent sa prétendue complicité avec les horreurs la dictature, dans les années 70, niant avec fermeté les accusations de collaboration lancées contre des évêques de l’époque. La polémique a ressurgi il y a quelques mois lors de la publication d’une interview de l’ex-dictateur Jorge Videla. Condamné pour crimes contre l’humanité, ce dernier a affirmé que la hiérarchie catholique de l’époque était au courant des assassinats de disparus.

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Jorge Rafael Videla

La réponse de l’épiscopat à cette nouvelle affaire embarrassante est contenue dans une lettre publiée au terme de leur récente Assemblée plénière. L’Église revient sur le contexte sociopolitique de l’époque ; elle rappelle ses nombreuses interventions en faveur des disparus, des victimes de la torture, des personnes incarcérées sans jugement, des enfants nés en captivité et arrachés à leurs mères, victimes du terrorisme d’État. Elle évoque son mea culpa à l’occasion du Jubilé de l’An 2000, dans lequel elle regrettait de s’être montrée indulgente à l’égard de certaines dérives totalitaires et de ne pas avoir fait assez pour défendre la démocratie.

Des accusations qui ne correspondent pas à la vérité

Aujourd’hui, elle comprend la douleur et le scepticisme face à une justice incomplète. En revanche, elle rejette catégoriquement les récentes affirmations de l’ex-chef de la junte Videla accusant quelques évêques de l’époque d’avoir été informés de la méthode de disparition des opposants politiques appliquée par son régime. Certes, l’Église connaissait la réalité de la répression et elle a payé son tribut. Des prêtres catholiques qui critiquaient le régime ont été eux aussi victimes des escadrons de la mort. Un évêque auxiliaire a été assassiné en 1976. Un an plus tard, des religieuses françaises ont été enlevées et assassinées par des militaires argentins.

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La liste est longue. Mais les évêques reconnaissent que si les années passent, des interrogations demeurent quant à la responsabilité des personnes et des institutions. Une tâche sombre qui pèse sur leur crédibilité. Ils se disent disposés à engager une enquête approfondie : cette recherche de la vérité, longue et douloureuse — écrivent-ils — nous rendra libres. (…)

Presse à scandales (Radio Vatican via News.va, 12 novembre 2012)

 

EXCLUSIVO DIALOGO SECRETO DE LA IGLESIA CON VIDELA SOBRE EL ASESINATO DE LOS DETENIDOS-DESAPARECIDOS
Preguntas sin respuesta

Videla le confesó a la Iglesia Católica en 1978 lo que recién hizo público 34 años después: que los detenidos-desaparecidos habían sido asesinados. La Comisión Ejecutiva le transmitió el pedido de Massera de informar sobre el tema. Videla respondió que era imposible, por las inevitables preguntas sobre cada asesinato, el responsable y el destino de los restos. Un diálogo sobrecogedor, contenido en una minuta para el Vaticano que se conserva en el archivo secreto del Episcopado.

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El documento de 1978 que el Episcopado aún mantiene en secreto. Videla admite ante la Iglesia que los detenidos-desaparecidos han sido asesinados.

La política de desaparición forzada de personas que el ex dictador Jorge Videla acaba de admitir en varios reportajes y ante la justicia fue reconocida en 1978 ante la Comisión Ejecutiva de la Iglesia Católica. Videla dijo que le gustaría brindar la información pero que en cuanto se comunicara que los detenidos-de-saparecidos habían sido asesinados comenzarían las preguntas acerca de quién mató a cada uno, cuándo, dónde y en qué circunstancias y qué destino se dio a sus restos. La respuesta a esas preguntas sigue pendiente 34 años después. En el diálogo con el periodista Ceferino Reato, quien anuncia que no importa “tomar partido a favor o en contra del entrevistado”, Videla dice que la desaparición de personas no se debió a excesos o errores sino a una decisión de la pirámide castrense que culminaba en él. Pero también da a entender que la imposibilidad de informar sobre los desaparecidos obedece a que la información nunca estuvo centralizada, que cada jefe de zona sólo sabía lo sucedido en su jurisdicción y que muchos han muerto. “Los listados eran la puerta a un debate que conducía a la pregunta final: ¿Dónde están los restos de cada uno?, y no teníamos respuestas para ese interrogante, con lo que el problema, al dilatarse, se agravaba día a día y aún persiste.” Pero en su reunión con la Iglesia Católica Videla habló con mayor franqueza, como se hace ente amigos: dijo que “el gobierno no puede responder sinceramente, por las consecuencias sobre personas”, un eufemismo para referirse a quienes realizaron la tarea sucia de matar a quienes habían sido secuestrados y torturados y se encargaron de que de-saparecieran sus restos. Al elegir esa política que Videla calificó de cómoda, porque eludía las explicaciones, la Junta Militar puso bajo sospecha a la totalidad de los cuadros de las Fuerzas Armadas y de Seguridad, algo que recién comenzó a disiparse con la reapertura de los juicios, donde con las garantías del debido proceso se establecen las responsabilidades que la Junta ocultó. Hasta hoy se han pronunciado 253 condenas y veinte absoluciones, lo cual muestra que en democracia nadie está condenado de antemano y que puede ejercer su derecho a defensa. En el documento secreto sobre este diálogo, que el Episcopado conserva en su archivo, la afirmación de Videla sobre la protección a quienes cumplieron sus órdenes criminales está agregada a mano por el cardenal Raúl Primatesta, que presidía la Conferencia Episcopal y que fue acompañado en la reunión por sus dos vicepresidentes, Vicente Zazpe y Juan Aramburu. En abril de este año la jueza Martina Forns, titular del juzgado federal Nº 2 en lo Civil y Comercial y Contencioso Administrativo de San Martín interrogó a Videla en forma exhaustiva, a solicitud del abogado Pablo Llonto, quien representa a Blanca Santucho, hermana del jefe del ERP abatido en julio de 1976 por un pelotón del Ejército, y cuyos restos nunca fueron entregados a la familia. Un paso previsible en la investigación es solicitar a la Iglesia Católica acceso a los documentos que atesora sobre el tema. El que contiene las explicaciones de Videla lleva el número 10.949, lo que da una idea del volumen de la información que el Episcopado sigue manteniendo en secreto. Está guardado en la carpeta 24-II del Archivo de la Conferencia Episcopal. La Iglesia Católica eligió silenciar el contenido de la conversación en la que Videla les reveló que todos los desaparecidos habían sido asesinados. A continuación, la historia de ese encuentro público pero de contenido secreto.

Carta al cardenal

El 10 de abril de 1978, el diario Clarín tituló su página 3 “El presidente de la Nación almorzará hoy con la cúpula del Episcopado”. Emilio Fermín Mignone, cuya hija Mónica Candelaria había sido secuestrada en mayo de 1976, redactó sin pausa tres densas carillas a un solo espacio y las envió con un mensajero a la sede de la Conferencia Episcopal. También esa carta se conserva en el archivo secreto que el Episcopado guarda en su sede de la calle Suipacha, en la carpeta titulada “Personas detenidas y de-saparecidas, 1976-1983”. Mignone escribió que a dos años y medio del golpe, era indudable que la desaparición forzada de personas constituía “un sistema y no excesos aislados”. El fundador del CELS describió ese sistema: el secuestro, el robo, la tortura y el asesinato, “agravado con la negativa a entregar los cadáveres a los deudos, su eliminación por medio de la cremación o arrojándolos al mar o a los ríos o su sepultura anónima en fosas comunes”. Y se realizaba en nombre de “la salvación de la ‘civilización cristiana’, la salvaguardia de la Iglesia Católica”, colocando “como valor supremo la denominada ‘seguridad colectiva’ sobre cualquier otro principio o valor, incluso los más sagrados”. Añadió que “sobre la mentira nada perdurable puede fundarse”. Mignone insistió en la necesidad de que el gobierno informara “cuál ha sido la suerte de cada ‘desaparecido’, la inmensa mayoría de los cuales, todos lo sabemos y también los obispos, han sido arrestados por organismos de las Fuerzas Armadas o de Seguridad. Y esto, monseñor, es lo que le pedimos que ruegue, exija, obtenga del Presidente de la República esta mañana”.

La desesperación y el odio

Mignone decía que la desesperación y el odio iban ganando muchos corazones y que las exigencias de justicia impedirían cualquier intento de evolución democrática pese a que muchos dirigentes políticos, ansiosos por subirse al barco oficial, querrían echar un manto de olvido sobre lo ocurrido. También le informó a Primatesta que en marzo Emilio Massera le había dicho que la Armada exigía que se diera a conocer la suerte de cada desaparecido y preso no declarados, pero que el Ejército se oponía. “Nos pidió que solicitáramos a usted, al señor nuncio, a monseñor Tortolo, que insistieran ante el Presidente y comandante en Jefe del Ejército en el mismo sentido.” Mignone no ignoraba las tensiones internas en la Junta Militar y no experimentaba la menor simpatía por ninguno de sus integrantes. Pero trataba de explotar esas contradicciones para abrir una brecha en el muro de silencio sobre el destino de su hija y de miles como ella. También advirtió a Primatesta que la táctica del silencio, de la que el Episcopado participaba por sus propias razones, no era admisible. “El Pueblo de Dios necesita participar y ser informado. Necesitamos conocer lo que el Episcopado expresa al gobierno en sus comunicaciones. De lo contrario de nada sirven.”

Un diálogo franco

Al día siguiente, Zazpe le informó a Mignone que la Comisión Ejecutiva le había transmitido a Videla “todo lo que dice su carta”. Dijo que habían sido “tremendamente sinceros y no recurrimos a un lenguaje aproximativo” pero le advirtió, como si se tratara de una accesoria cuestión técnica, que había una “divergencia con su carta” acerca de la publicidad o reserva de esta entrevista. “En esta ocasión volvió a recurrirse a la reserva.” Primatesta informó luego a la Asamblea Plenaria que los obispos le plantearon a Videla los casos señalados en su carta por Mignone, de presos que en apariencia recuperaban su libertad pero en realidad eran asesinados; que se interesaron por sacerdotes desaparecidos, como Pablo Gazzarri, Carlos Bustos y Mauricio Silva, y por otros detenidos de los que pidieron la libertad y/o el envío al exterior. Pero el desarrollo completo de la reunión sólo está contenido en una minuta preparada por la propia conducción episcopal para informar al Vaticano y que nunca fue publicada. Primatesta, Zazpe y Aramburu la redactaron en la sede de la Conferencia Episcopal al terminar el almuerzo antes de que los detalles se desvanecieran en su memoria. El gobierno negaba que hubiera presos políticos porque todos los detenidos eran “delincuentes subversivos y económicos”, incluso los sacerdotes arrestados. Las desapariciones de personas eran obra del terrorismo para desprestigiar al gobierno, que compartía las inquietudes de los obispos. Los tres agradecieron a Videla por haber reconocido la existencia de excesos en la represión pero dijeron que no conocían que se hubiera castigado a los responsables, que era otra de las reflexiones de Mignone. En un clima que Aramburu describió como cordial, Primatesta lamentó que Videla no pudiera tomar “todas las medidas que quisiera”, con lo cual lo exculpaba de los hechos por los que le reclamaban. En un tono lastimero, Videla dijo que no era fácil admitir que los de-saparecidos estaban muertos, porque eso daría lugar a preguntas sobre dónde estaban y quién los había matado. Primatesta hizo referencia a las últimas desapariciones producidas durante la Pascua, en San Justo, “en un procedimiento muy similar al utilizado cuando secuestraron a las dos religiosas francesas”. La minuta redactada al concluir el almuerzo reconstruye la réplica textual de Videla ante la solicitud: “El presidente respondió que aparentemente parecía que sería lo más obvio decir que éstos ya están muertos, se trataría de pasar una línea divisoria y éstos han desaparecido y no están. Pero aunque eso parezca lo más claro sin embargo da pie a una serie de preguntas sobre dónde están sepultados: ¿en una fosa común? En ese caso, ¿quién los puso en esa fosa? Una serie de preguntas que la autoridad del gobierno no puede responder sinceramente por las consecuencias sobre personas”, es decir los secuestradores y asesinos. Primatesta insistió en la necesidad de encontrar alguna solución, porque preveía que el método de la desaparición de personas produciría a la larga “malos efectos”, dada “la amargura que deja en muchas familias”. Videla asintió. También él lo advertía, pero no encontraba la solución. Este diálogo de extraordinaria franqueza muestra el conocimiento compartido sobre los hechos y la confianza con que se analizaban tácticas de respuesta a las denuncias que ambas partes sentían como una amenaza. Primatesta también habló “sobre la actitud de alguna Fuerza Armada que urgía la publicación de las listas de presos, v.g. el almirante Massera”. En realidad, Mignone le había escrito que la lista de presos no tenía valor alguno, porque los familiares la conocían, y lo que Massera reclamó fue una lista de detenidos-desaparecidos. Videla se alzó de hombros. Aunque presidía la Junta y el gobierno, no tenía todo el poder y había fuerzas que no controlaba, dijo. Las actitudes de los eclesiásticos tenían sutiles matices. Zazpe preguntó: “¿Qué le contestamos a la gente, porque en el fondo hay una verdad?”. Según el entonces arzobispo de Santa Fe, Videla “lo admitió”. Aramburu explicó que “el problema es qué contestar para que la gente no siga arguyendo”, lo cual parece una fiel interpretación del propósito de Massera. Los jefes del Ejército y de la Armada descargaban su responsabilidad, cada uno en el otro, y la Iglesia les seguía el juego. Según Aramburu, cuando Videla repitió que “no encontraba solución, una respuesta satisfactoria, le sugerí que, por lo menos, dijeran que no estaban en condiciones de informar, que dijeran que estaban de-saparecidos, fuera de los nombres que han dado a publicidad”. Primatesta explicó que “la Iglesia quiere comprender, cooperar, que es consciente del estado caótico en que estaba el país” y que medía cada palabra porque conocía muy bien “el daño que se le puede hacer al gobierno con referencia al bien común si no se guarda la debida altura”. Tal como le dijo Videla al primer periodista que lo entrevistó, el español Ricardo Angoso, “mi relación con la Iglesia Católica fue excelente, muy cordial, sincera y abierta”, porque “fue prudente”, no creó problemas ni siguió la “tendencia izquierdista y tercermundista”. Condenaba “algunos excesos”, pero “sin romper relaciones”. Con Primatesta, hasta “llegamos a ser amigos”. Sobre el conflicto interno, que Videla llama guerra, “también tuvimos grandes coincidencias”. Zazpe murió en 1984, Aramburu en 2004 y Primatesta en 2006. Pero los documentos sobre ese diálogo entre amigos siguen hasta hoy en el archivo secreto del Episcopado.

Presse à scandales (Horacio Verbitsky, Pagina12.com.ar, 6 mai 2012)

 

Bébés enlevés sous la dictature argentine : des victimes demandent l’audition du cardinal Bergoglio

L’avocat argentin Martin Niklison et l’association des Grands-mères de la Place de Mai ont demandé à ce que le cardinal Jorge Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, soit entendu comme témoin dans le procès pour vol de bébés durant la dictature argentine.

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Le cardinal Bergoglio, le 14 septembre 2008 à Buenos Aires

Deux anciens dictateurs, Jorge Videla, 85 ans et Reynaldo Bignone, 83 ans, ainsi que six officiers, comparaissent depuis le 28 février pour le vol de plus de 500 bébés enlevés à leurs mères détenues dans plusieurs prisons clandestines de la dictature militaire.

Au cours des débats, Estela de la Cuadra, fille d’Alicia de la Cuadra, une des fondatrices des Grands-mères de la Place de Mai, morte en 2008 à 93 ans, a raconté comment elle avait demandé l’aide du P. Bergoglio, alors provincial des jésuites, pour l’aider à retrouver la trace du bébé de sa sœur Elena, emprisonnée alors qu’elle était enceinte.

Il revient aux juges de déterminer les suites à donner à cette demande d’audition.

Entendu dans une autre affaire en 2010

Le cardinal Bergoglio avait déjà été entendu en novembre 2010 dans le procès de la sinistre École de mécanique navale (Esma). Le tribunal s’était alors rendu à l’archevêché de Buenos Aires pour entendre ses explications sur la disparition en 1976 de deux jésuites internés à l’Esma une semaine après qu’il leur a retiré la permission de prêcher.

Aucune charge n’avait été retenue contre lui.

Le 21 avril dernier, une juge d’instruction du tribunal de grande instance de Paris a annoncé qu’elle souhaitait entendre le cardinal Bergoglio sur le meurtre du prêtre français Gabriel Longueville survenu au début de la dictature.

Presse à scandales (La-Croix.com, 3 mai 2011)

 

Retour sur la dictature : l’Église catholique, responsable ou coupable ?

Entre 1976 et 1983, la dictature militaire menée par le général Videla a entraîné 30’000 disparus et 1,5 millions d’exilés. Encore aujourd’hui, l’Église catholique est montrée du doigt pour ses agissements. Soutien délibéré aux militaires ou silence coupable, en tout cas, elle n’a jamais fait son mea culpa.

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La prison à perpétuité. C’est la peine qu’a reçu en octobre 2007 Christian Von Wernich, l’ex-aumônier de la police de Buenos Aires, pour sa participation aux enlèvements et aux meurtres commis pendant les « années de plomb ». Ce verdict a relancé les débats sur le rôle de l’Église, et les demandes d’excuses officielles sont de plus en plus pressantes. La Confédération épiscopale argentine, dans un communiqué suivant le procès, a affirmé que le curé a agi « selon sa volonté personnelle ». Elle se dédouane ainsi de toute responsabilité.

Les prêtres bénissaient les tortionnaires

Pourtant, l’Église argentine aurait bien été complice de la répression. Selon Horacio Verbitsky, du Centre d’études légales et sociales de l’Argentine, l’Église et l’armée, avec des discours d’ordre et de hiérarchie, étaient les deux piliers de la dictature. D’après les témoignages des Mères de la Place de Mai, les prêtres bénissaient les tortionnaires des camps de détention pour les décharger de toute culpabilité.

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Adolfo Scilingo, un officier de marine repenti  jugé coupable de crimes contre l’humanité en 2005, a rappelé lors de son procès les « vols de la mort » : des prisonniers étaient jetés encore vivants dans l’océan. Les pilotes, à leur retour, recevaient la bénédiction des chapelains. Ils leur assuraient que leur mission était de lutter contre le communisme, et qu’ils avaient donné « une mort chrétienne pour le bien de la Patrie ».

« L’Église ne se mêle pas de politique »

Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la Paix 1980, est partagé. Lors d’une conférence au Sénat français en mars 2008, il déclare qu’il n’est « pas possible de parler de l’épiscopat argentin comme si tous les évêques avaient eu alors une seule façon de penser. » Parmi les coupables de soutien réel, il cite des noms précis. Il dénonce ensuite la masse innombrable de religieux qui a fermé les yeux sous prétexte que « l’Église ne se mêle pas de politique ».

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Son entretien avec le Nonce apostolique en Argentine, auquel il demande à l’époque de réagir, le laisse perplexe.  « Que voulez-vous que je fasse ?, aurait-il répondu. Je ne peux pas faire ce que les évêques argentins ne veulent pas faire. » Au plus haut niveau, c’est avec le Pape qu’Adolfo Perez Esquivel s’entretient en 1981. Il lui remet un dossier avec 84 photos d’enfants disparus. « Vous devriez aussi vous préoccuper des enfants des pays communistes », aurait rétorqué Jean-Paul II. Mais la semaine suivante, le Pape évoquait dans un discours au Vatican le sort de ces enfants.

Certains religieux ont résisté

Le Prix Nobel nuance son accusation, en citant des religieux qui ont résisté, et parfois payé de leur vie leur engagement pour une Église « engagée auprès du peuple ». Des prêtres comme Enrique Angelelli ou Horacio Ponce de Leon sont morts dans de mystérieux accidents de voiture en 1976 et 1977. Les membres du Mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde ont été systématiquement torturés ou contraints à l’exil. Le théologien Ruben Dri a dû se défroquer en 1974 pour échapper à l’armée.

À l’issue du procès Von Wernich, l’Église argentine a appelé le pays à « s’éloigner autant de l’impunité que de la haine ou de la rancœur » et a demandé « la réconciliation ». Elle a manqué, encore une fois, une occasion d’améliorer son image, selon les associations de victimes qui ne comptent pas abandonner leur combat.

Leur presse (Yona Helaoua, L’Argentine sans messie, La 32e promo de l’IPJ va à rebours de l’actualité, 17 novembre 2010)

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