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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:29

Asymétrie #01 (PDF - 6 Mo) 
Numéro 01 de juin 2004


Asymétrie #02 (PDF - 5.4 Mo) 
Bulletin d’un réseau de l’antimonde #2 de juillet 2006


Asymétrie #03 (PDF - 9.7 Mo) 
Numéro de octobre 2006


Asymétrie #04 (PDF - 9.8 Mo) 
Numéro de juin 2007


Asymétrie #05 (PDF - 4.1 Mo) 
Numéro 5 de décembre 2007


Asymétrie #06 (PDF - 4 Mo) 
Numéro de mars 2008
CHECK http://basseintensite.internetdown.org
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:23

Texte paru dans Matin d’un Blues, n°1, (Fin 1978 ?), p. 23.

Il est beaucoup question des gau­chistes dans les remuantes A.G., les dé­risoires coordinations et les manifestations symboliques du mouvement pari­sien des groupes autonomes. Aux idéolo­gies gauchistes de ce siècle se substitue une idéologie anti-gauchiste ; car ce dis­cours n’est bien souvent dans sa négation toute théorique, que le retour du même, du discours et de la pratique gauchiste.
Il y a pourtant du nouveau dans l’autonomie : refus posé de toute idéolo­gie, refus d’une vision figée de l’histoire (fut-elle marxienne), abandon du my­thique sujet révolutionnaire, irruption du désir et du ludique, critique en acte de la marchandise, etc. Mais ce qu’il manque au mouvement, c’est la découverte de l’utilisation de nouvelles formes auto­nomes de rassemblements et de luttes. Car il est maintenant clair que les “auto­nomes” n’ont absolument rien à faire, ni à voir, avec l’expression traditionnelle du politique (meeting, manifestation gau­chiste ou ouvrière).
Notre pratique ne peut et ne doit se situer qu’en dehors du champ codé du politique. Et la réponse à cette vitale recherche ne viendra certainement pas de la tentative de récupération du mouve­ment par les professionnels de la poli­tique :
- les névrosés de l’organisation léniniste qui bouffent depuis peu au râtelier Ba­kou.
- ces “camarades” que nous ne vou­drions pas pour amis.
- ces “organisateurs” qui ne sont ni communistes, ni libertaires*.
La réponse ne viendra pas non plus des tracts-critiques pro-situs qui fleu­rissent à chaque A.G…. Depuis le temps qu’il y a des si tus, et qu’ils vendent des livres peu sont venus pour en tirer profit. Et il ne reste en tout état de cause que des pro-situs.
“Spectateurs” du mouvement, tiraillés entre le désir d’en revendiquer la nouveauté et d’en ruminer les limites, ils ne peuvent que se situer hors champs, dans le décor-critique. Et si le mouve­ment est “spectacle” (ce qu’il peut de- venir), ils en sont bien le décor qui se change entre actes.
Ils trouvent dans un premier temps un dérivatif à la misère de leur vie en cau­tionnant, c’est-à-dire récupérant, les “cas­seurs”. Clin d’œil au spectacle de la violence. Nécessité vitale pour eux, car on sait maintenant qu’au-delà de leur bibliothèque, les pro-situs ne cassent rien, ni les vitrines comme les briques. Les derniers à croire que la dialectique n’est pas une idéologie appartiennent au monde pensant et ne peuvent comprendre que si la misère du mouve­ment autonome est parfois réelle, sa réalité n’est pas toute misérable. A tout choisir, les “veuves-mao” ont fait quel­que part un bond qualitatif en voulant s’inscrire dans la non-idéoiofje. Les “orphelins-Debord”, quant à eux, rabâchent sempiternellement les mêmes slogans éculés.
Leur AUSTÉRITÉ révolutionnaire les fait comparables à ces vieux jansénistes de Port-Royal, Champ-libre de l’époque, qui affirmaient que la volonté individuelle de changement n’est rien comparée aux exigences divines. Comme Hegei derrière sa chaire dialectique, ils n’ont fait que remplacer dieu par l’histoire, sans jamais l’avoir rencontré.
Heureusement qui n y a pas que les tracts situs pour tuer l’idéologie, et leurs petites marchandises littéraires ne dé­truisent en rien le règne de la marchandise. Plus que la décomposition de l’idéologie gauchiste, ils nous montrent le spec­tacle de la décomposition du cadavre de l’IS… ça commence à puer drôlement

***

* Il est tout à fait dérisoire et néanmoins nécessaire de rappeler ici l’existence de l’innommable huit pages : l’officiel de l’autonomie qui mérite bien son nom puisqu’il est à la fois l’officiel du spectacle de l’autonomie et le Pariscope de la bêtise. Notons toutefois qu’il est une mayonnaise ratée des deux “sous-groupes” autonomes auxquels il est fait rapidement allusion.

***

J.Luc Jamois

PS. -Les rédacteurs de “Matin d’un Blues” tiennent à préciser que l’opinion de Jean-Luc n’engage que lui à propos du jugement qu’il fait sut l’OCL que nous considérons, nous, comme des camarades très sûrs et politiquement plus que corrects

publié sur l'excellent blog: https://archivesautonomies.wordpress.com/

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:20

A celleux qui se poseraient encore la question…                                                

burning computerComment on en arrive à cesser le travail dans une PME de l’informatique.

Un matin, un regard, le même feu…

A s’entendre promettre une carotte qui ne vient jamais.

A se faire rouler dans la farine à chaque entretien.

A écouter pendant des heures un en-cravaté raconter ses salades et expliquer comment à la dernière ligne droite qui se termine se succède désormais une autre dernière ligne droite qui nous requiert plus que jamais, a quel point les mois qui viennent sont importants pour “la société” et pourquoi il va falloir accepter de passer des semaines à 800km de chez soi à faire acte de présence 14h par jour pour 15€ par nuit. A s’entendre expliquer que tout ce temps sera récupéré, plus tard…

A s’entendre dire qu’il n’y a pas de sous et admirer avec dégoût l’excellence que peut atteindre l’être humain dans le mensonge et la manipulation.

A voir ses congés annulés la veille pour le lendemain et s’y attendre avec banalité.

A se lever tous les matins et ravaler ses envies, pour qui, pour quoi ?

A savoir qu’on est les dindons d’une farce qui n’a rien de drôle.

Toutes les heures détournées à surfer sur internet n’y changent rien.

Il est un moment où partager sa haine à chaque pause-clope ne suffit plus. Où une dernière goutte d’eau ne fait pas déborder un vase, mais allume un brasier.

sabotageQu’est-ce qu’il nous reste ? Le coulage quotidien, le sabotage discret, le chapardage, le détournement des ressources de l’entreprise et surtout la rupture d’un contrat soit-disant libre: la cessation du travail. Histoire de rappeler que le patron n’est rien si personne ne lui obéit. Et qu’on ne lui appartient pas.

La décision vient sur un coup de tête. C’en est trop, et s’il suffit d’être 2, alors nous serons 2. Nous n’irons pas bosser ce matin. On trouve des revendications pour se couvrir, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est la voix chevrotante du patron qui flippe sur nos répondeurs. S’en suit une alternance bigarrée de flatterie, de supplications, de menaces, et de fausse négociation. Rien n’y fait. Une brèche est ouverte, une inspiration pour nos collègues qui après-coup auraient aimé participer, une possibilité abstraite qui se concrétise, une force qui se transmet.

S’il y a évidemment une dimension stratégique et tactique dans tout conflit, relever la tête ne saurait se perdre dans l’attente d’un “moment opportun” qui ne vient jamais, d’une consigne ou encore moins d’une autorisation.

Et si nous avons cessé de mobiliser nos corps et de mettre à disposition nos esprits pour une cause qui n’est pas la notre, ce n’est pas tant pour obtenir de meilleures conditions d’exploitation, que pour sortir, au moins pour un temps, de l’aliénation quotidienne et recouvrer un peu de notre autonomie, de notre liberté et de notre dignité.

Certain-e-s diront que nous avons perdu car nos revendications ont été ignorées, nous disons que cela nous importe peu, que cela nous était nécessaire et que ce n’est qu’un début, qu’il faudra bien d’autres grèves pour que nous ne soyons plus acculés à la grève, pour en finir avec le salariat et toutes les formes de domination et d’aliénation. Pour renverser la table et contempler l’éruption du commencement.

Un soir, des regards, et l’odeur

du souffre…

Source : texte reçu par mail pour publication par https://lecridudodo.noblogs.org/

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:14

le 11 mars 2013

La mort d’Hugo Chavez a suscité, en France, une tempête médiatique d’informations et de commentaires approximatifs, biaisés, voire mensongers qui les apparentent à de la pure propagande. Que le rôle du président du Venezuela et la politique qu’il a conduite fassent l’objet de controverses, rien de plus normal. Pour peu qu’elles reposent sur des informations exactes et des enquêtes effectives, et non sur une surenchère de raccourcis et de slogans. Nous y reviendrons... 

… Après nous être tournés vers les médias états-uniens qui ont donné la pleine mesure de ce que des médias dominants peuvent accomplir. C’est pourquoi nous publions ci-dessous un article disponible sur le site de FAIR – « Fairness and Accuracy in Reporting » [1] –, un observatoire dédié à la critique des pratiques médiatiques aux États-Unis. “In Death as in Life, Chávez Target of Media Scorn” – c’est le titre de cet article date du 6 mars 2013 – est publié sous licence Créative Commons. En voici la traduction. (Acrimed)

Le président populiste de gauche du Venezuela [2], Hugo Chavez, est mort mardi 5 mars après avoir lutté pendant deux ans contre le cancer. Si les dirigeants du monde devaient être jugés sur les doses de vitriol médiatique et de désinformation dont leur action politique ont fait l’objet, Chavez serait dans une catégorie à part.

Juste après sa première élection en 1998, le gouvernement américain le dénonçait comme une menace contre les intérêts américains – une image que les médias états-uniens ont largement caricaturée. Lorsqu’un coup d’État préparé par les milieux du privé et les élites médiatiques réussit à évincer Chavez du pouvoir, de nombreux titres de presse états-uniens applaudirent (Extra !6/02). Le New York Times (4/13/02), annonça une « démission », expliquant : « la démocratie vénézuélienne n’est plus menacée par un dictateur en puissance ». Le Chicago Tribune (4/14/02) applaudit lui aussi le départ d’un dirigeant qui aurait « fait les louanges d’Ousama Ben Laden » – une allégation bien entendue complètement fausse.

Ces allusions sans fondement eurent cependant des répercussions médiatiques. Sept ans plus tard, CNN (1/15/09) organisait une discussion sur Chavez avec le stratège démocrate Doug Schoen. Alors que le présentateur lui demandait si Chavez était pire ou non qu’Ousama Ben Laden, Schoen affirma que Chavez « avait donné une invitation à Al Qaida et au Hamas de venir à Caracas ».

Ce genre de polémique médiatique sur Chavez ne connaît, semble-t-il, pas de limite. Dans un article de presse, Newsweek (11/2/09) parvint même à le comparer à Mussolini, Hitler et Staline. (Chavez s’était alors construit un studio de tournage, ce qu’apparemment font tous les dictateurs). Pour ABC (World News10/7/12) c’est un« ennemi farouche des États-Unis », pour le Washington Post(10/16/06) un « démagogue autocrate »Fox News (12/5/05) annonça que le gouvernement était « authentiquement communiste » malgré le fait que Chavez ait été régulièrement réélu lors d’élections certifiées par des observateurs internationaux (Extra !, 11-12/06), élections qualifiées de « meilleures du monde »par Jimmy Carter (Guardian, 10/3/12).

Outre les accusations de terrorisme et la dénonciation d’une menace militaire croissante que le Venezuela ferait peser sur la région (FAIR Blog4/1/07), les médias ont souvent essayé de faire passer le message selon lequel Chavez était nuisible pour les Vénézuéliens, invoquant une prétendue ruine économique du pays. L’éditorial duWashington Post (1/5/13) se lamente sur les « souffrances économiques causées par M. Chavez », l’homme qui a « détruit leur pays jadis prospère ». Un article récent du New York Times(12/13/12) décrivait les difficultés de la vie quotidienne au Venezuela en expliquant que ces soucis sont typiques, pour les pauvres comme pour les riches, et comment le président Hugo Chavez s’était maintenu en poste 14 ans, restant populaire dans la majorité de la population grâce à sa personnalité hors du commun, les largesses de ses dépenses publiques et sa capacité à convaincre les Vénézuéliens que la révolution socialiste qu’il promouvait améliorerait un jour leur vie.

Il n’est pourtant pas si fou de penser que Chavez a d’ores et déjà amélioré le quotidien des Vénézuéliens (FAIR Blog12/13/12), avec un niveau de pauvreté divisé par deux, la mise à disposition de nourriture et de soins, l’amélioration du système d’enseignement public et un effort pour construire des institutions démocratiques depuis la base (pour plus d’information, lire l’article de Greg Grandin dans Nation3/5/13).

Cet aspect-là n’est certes pas toujours entièrement omis par les médias états-uniens. Mais ces politiques sociales, qui reflètent de nouvelles priorités dans la redistribution de la richesse pétrolière du pays, sont présentées comme un plan préparé par Chavez pour s’attirer les faveurs des pauvres. C’est ce que sous-entend à peine leWashington Post (2/24/13), indiquant que Chavez a gagné le « soutien inconditionnel des masses frappées par la pauvreté » en « distribuant des postes à ses soutiens et en faisant crouler les pauvres sous les cadeaux ». Pour l’émission « All Things Considered » de NPR – National Public Radio – (3/5/13), des« millions de Vénézuéliens l’aimaient parce qu’il multipliait à outrance les programmes sociaux pour les pauvres. »

Acheter le soutien de ses propres citoyens est une chose ; faire état de sentiments hostiles à l’égard des États-Unis en est une autre. Ainsi comme le JT CBS Evening News (1/18/13) l’expliquait récemment, « Chavez a fait carrière en s’attaquant aux États-Unis ». Mais personne ne s’interroge sur la manière dont un dirigeant américain se comporterait à l’égard d’un pays qui aurait soutenu un coup d’État contre lui.

Bien que le soutien des États-Unis au coup d’État de 2002 ait été clairement établi, ce simple fait est souvent considéré comme une des théories de la conspiration véhiculées par Chavez ainsi que l’explique le Washington Post (1/10/13) : « Un des piliers idéologique du pouvoir de Chavez pendant 14 années a consisté à s’opposer aux administrations républicaines et démocrates, qu’il accusait de vouloir déstabiliser son gouvernement.  »

Des documents du département d’État (FAIR Blog1/11/13) montrent pourtant que plusieurs agences états-uniennes ont « apporté entraînement, formation au gouvernement et soutien aux personnes et organisations activement impliquées dans la brève éviction du gouvernement Chavez ». L’administration Bush avait d’ailleurs déclaré son soutien au régime d’un jour issu du coup d’État en expliquant que Chavez « était responsable de son destin » (Guardian4/21/09).

Bien entendu, comme pour n’importe quel autre pays, il y a des aspects du régime de Chavez qui prêtent à critique. Néanmoins, il est vraisemblable que l’attention toute particulière que les médias états-uniens ont porté sur les points faibles du Venezuela n’était pas sans lien avec l’agenda de Washington ; une étude de FAIR (Extra !,2/09) sur les éditoriaux sur les droits humains montre que le Venezuela faisait l’objet de critiques beaucoup plus virulentes que la Colombie, alliée des États-Unis, malgré la violente répression de l’opposition dans ce pays.

La couverture médiatique de la mort de Chavez n’y change rien. « Le tyran du Venezuela Chavez est mort  » rapporte la Une du New York Post (3/6/13) ; « Mort d’un démagogue » peut-on lire sur l’écran d’accueil du Time (3/6/13). Le présentateur de CNN Anderson Cooper (3/5/13) a déclaré que c’était « la mort d’un dirigeant qui faisait l’Amérique voir rouge, rouge comme Fidel Castro, le président socialiste du Venezuela Hugo Chavez. »

« Les mots “homme fort du Venezuela” ont souvent précédé son nom, et ce pour une bonne raison » déclarait le présentateur deNBC Nightly News Brian Williams (3/5/13) ; pour ABC World News(3/5/12), « de nombreux américains le voyaient comme un dictateur ». C’est en effet probablement le cas s’ils étaient à l’écoute des grands groupes de médias.

Le fait que les intérêts des élites américaines soient l’un des principaux enjeux des relations entre les États-Unis et le Venezuela n’est pas toujours passé sous silence. De nombreux reportages sur la mort de Chavez ont noté la richesse pétrolière immense du pays. Williams expliquait sur NBC, « tout cela est très important pour les États-Unis, car le Venezuela est assis sur un tas de pétrole, et c’est là que ça devient intéressant pour les États-Unis ». Ce qui est confirmé par Rachel Maddow sur MSNBC (3/5/13) [3] : « Vous comprenez, le Venezuela est un pays qui compte sur la scène mondiale. Il est assis sur les réserves les plus importantes de pétrole de la planète ».

Et Barbara Starr (3/5/13) d’expliquer sur CNN : « Désormais de nombreuses entreprises états-uniennes vont suivre de très près la transition au Venezuela. Ils vont vouloir s’assurer que les investissements sont sûrs, et que le pays est suffisamment stable pour investir ». Et parmi ces entreprises, comptons les grands groupes de média.

Traduction de Frédéric Lemaire

Notes

[1] Que l’on peut traduire ainsi : « Pour des médias impartiaux et rigoureux ».

[2] « Populiste » n’a pas, aux États-Unis, les connotations purement péjoratives qu’il a en France (note d’Acrimed).

[3] MSNBC est une chaîne d’information en continu du câble diffusée aux États-Unis et au Canada.

lu surhttp://www.acrimed.org

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:10

par Henri Malerle 14 mars 2013

Suite de la série dédiée aux journalistes de maintien de l’ordre. Après la défense des plantes vertes de PSA par le JT de France 2 (12 décembre 2012) après l’interrogatoire de trous syndicalistes par Jean-Pierre Elkabbach (France Inter,12 février 2013), ce dernier a bénéficié de la sollicitude de Marc-Olivier Fogiel, sur RTL, le jeudi 7 mars 2013.

Ce jour-là, à la suite des affrontements entre les forces de l’ordre et des salariés de Goodyear, une seule question se posait pour Marc-Olivier Fogiel, et notre journaliste aux abois ne posa qu’elle seule, sous plusieurs formes : « Est-ce que vous condamnez les violences de salariés ? »

On écoute…

MP3 - 4.8 Mo

… et on savoure.

(1) Et d’abord, avec élégance, en s’adressant personnellement à Michaël Wamen, comme s’il était personnellement impliqué dans des affrontements auxquels il n’a pas pris part :

- Marc-Olivier Fogiel : « Vous étiez tout à l’heure avec plusieurs centaines de salariés au siège de Rueil-Malmaison à l’occasion du comité central d’entreprise sur la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord et le rassemblement a dégénéré, il a tourné à l’affrontement, dix policiers blessés, cinq hospitalisés, heu... Vous aviez envie de casser du CRS aujourd’hui ?  »

- Michaël Wamen : « Non, non, ce n’était pas du tout l’état d’esprit dans lequel on était venu. Je rappellerais quand même que nous avons depuis maintenant six ans une direction archaïque qui ne pense qu’a vouloir faire fermer notre usine alors que la justice ne cesse de lui dire qu’elle n’a pas le droit de le faire, et on n’était pas du tout dans cet esprit-là... Par contre, ce que moi j’ai eu comme information et ce que j’ai pu vérifier : il y a eu effectivement des CRS qui sont venus provoquer les salariés de chez Goodyear, ce qui est quand même inadmissible, on n’était pas du tout dans cet esprit-là, mais faut quand même pas oublier qu’il y a [?] collègues qui sont en arrêt de travail, dont deux très sérieusement blessés.  »

(2) La deuxième question qui ne tient aucun compte de la réponse sur la provocation que constituerait la présence policière coule de source :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais est-ce que vous condamnez les violences ce soir, Michaël Wamen ?  » 
- Michaël Wamen : «  Moi je condamne les violences de la part des forces de l’ordre et je condamne surtout l’attitude du gouvernement qui apporte comme seule réponse à des salariés qui se battent contre la fermeture d’une usine, d’envoyer des forces de l’ordre.  » (Michaël Wamen poursuit en mettant en cause des membres du gouvernement.)

(3) S’attarder sur les mises en cause précises des forces de l’ordre et du gouvernement lancées par Michaël Wamen ? C’est pour plus tard… C’est-à-dire jamais. En revanche, la violence des salariés :

- Marc-Olivier Fogiel : « On va y venir... Mais les images qu’on a vues sont extrêmement violentes. Certains salariés ont jeté des pneus enflammés sur les forces de l’ordre et sont allés au contact des policiers, on voit bien qu’ils veulent faire tomber leurs boucliers et frapper au visage... Ça c’est ce qu’on a vu concrètement (les reporters de RTL étaient là), ça vous ne condamnez pas ?  » 
- Michaël Wamen : «  Écoutez, moi je n’ai pas à condamner ce que mes collègues ont fait [...] Ça fait des années et des années qu’on subit du harcèlement, et que la seule réponse du gouvernement c’est d’envoyer des centaines et des centaines de CRS qui veulent en découdre avec des salariés, faut pas s’étonner de la tournure que ça peut prendre. Alors maintenant condamner... Moi, je ne condamne jamais les salariés, moi je condamne la direction de Goodyear. [...] Et c’est avec nos impôts qu’on nous envoie des forces de l’ordre pour nous taper sur la gueule, alors... Merci le gouvernement. Bravo !  »

(4) Vite, passons à autre chose, c’est–à-dire à la même chose, mais en interrogeant non sur une explication, mais sur une prétendue justification :

- Marc-Olivier Fogiel : « Vous dites que la détresse justifie les débordements en fait ?  » 
- Michaël Wamen : «  Mais c’est plus que de la détresse... Il y a des gens chez nous qui ont voulu se suicider, pas plus tard qu’il y a un mois, il y a un salarié qui a tenté de mettre fin à ses jours tellement qu’il supportait plus la pression qui lui est mise tous les jours au quotidien dans cet établissement. C’est une usine qui a tourné pendant des années du feu de dieu et aujourd’hui parce qu’on veut délocaliser et faire des produits et des pneumatiques dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre pour faire encore plus de bénéfices, on voudrait nous faire perdre notre boulot. Je rappellerais quand même qu’il y a les Conti à Clairoix qui avaient fait des efforts, qui avaient tout accepté et l’entreprise a été fermée...  »

(5) Sur cette violence-là, Marc-Olivier Fogiel n’a aucune question à poser : « Mais », mais », « mais », objecte-t-il… sans y parvenir :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mmh... Mmh  » 
- Michaël Wamen : «  ... Et des exemples comme cela, y en a énormément...  » 
- Marc-Olivier Fogiel : « Mais... » 
- Michaël Wamen : « Aujourd’hui le vrai problème est, je pense, la réalité que la violence elle n’est pas du côté des salariés la violence elle est du côté des patrons [Marc-Olivier Fogiel tente d’intervenir], vous savez c’est violent d’apprendre qu’on risque de perdre son emploi... » 
- Marc-Olivier Fogiel : «  Je comprends bien…  » 
- Michaël Wamen : «  ... dans un bassin où il n’y a plus d’emplois justement.  » 
- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais, Michaël Wamen, tout à l’heure on a entendu sur RTL beaucoup de salariés qui étaient devant le siège de Rueil-Malmaison qui se désolidarisaient des casseurs et de la CGT, on sent quand même une forme de scission, vous n’avez pas l’impression que, finalement, cette façon d’exprimer votre détresse vous dessert ?  » 
- Michaël Wamen : «  Vous ne trouverez jamais dans un de nos tracts un appel à la violence ou quoi que ce soit... Bien au contraire tous les tracts que nous avons fait appellent justement à la situation de calme, ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu de passer pour des syndicalistes et des salariés archaïques. Mais la violence, vous savez, elle n’est pas dans les rangs des salariés. Quand vous êtes provoqués comme les salariés ont été provoqués aujourd’hui par les forces de l’ordre, et d’ailleurs j’aimerais qu’une enquête soit menée parce que j’ai moi-même été victime ce soir en repartant du siège, de forces de l’ordre qui disaient : “On va en découdre bientôt”... Donc c’est quand même attristant de voir ça.  »

(6) Et c’est très subtil de se placer du côté des forces de l’ordre mobilisées par le gouvernement pour… protéger l’usine :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais quel intérêt auraient les forces de l’ordre à venir vous provoquer ? Ils sont juste là pour protéger l’usine, mais quel intérêt les forces de l’ordre auraient à vous provoquer ?  » 
- Michaël Wamen : « C’est de démontrer à toute la France à travers les médias que les salariés de chez Goodyear sont des salariés qui sont prêts à en découdre puisque prêts à en découdre sur leur boulot. C’est toutes les caméras qui étaient présentes qui n’attendaient que ça. [...] Moi j’ai vu les propos d’Emmanuel Valls le 12 février : “Il faut éviter les dérives”, faut éviter les machins, faut éviter ceci, faut éviter cela, et, en tout état de cause, la première chose qu’on voit quand on arrive, c’est des centaines et des centaines de CRS, il y a des centaines de cars de CRS qui sont devant. Et si c’est ça aujourd’hui le dialogue social que prône le gouvernement, je pense qu’il se trompe de combat.  »

(7) Il restait à interroger Michaël Wamen sur une « crainte »… qui est surtout celle de Marc-Olivier Fogiel :

- Marc-Olivier Fogiel : « Ce que vous nous dites ce soir c’est que ce qui s’est passé ce matin à Goodyear, finalement, c’est peut-être le symbole de tout ce qui peut se passer aujourd’hui en France. Vous craignez un embrasement social en France ?  » 
- Michaël Wamen : « Le gouvernement doit arrêter de faire des promesses et fermer les yeux sur ce qui se passe. Les vrais voyous aujourd’hui ce ne sont pas les salariés qui viennent dire : “on veut garder notre boulot”... Il faut aussi se mettre à la place des salariés qui subissent au quotidien ces pressions avec la peur au ventre de ne plus pouvoir nourrir leurs gamins et de plus pouvoir payer leur maison. »

(8) C’est un appel à la compassion obligatoire qui clôt l’entretien… par son commencement :

- Marc-Olivier Fogiel : « Pour terminer, quel message vous adressez aux dix policiers blessés et aux cinq hospitalisés ? » 
- Michaël Wamen : « Ecoutez, on ne peut que regretter qu’à moment donné il se passe un certain nombre de choses... Moi, dans les rangs des salariés de chez Goodyear j’ai six salariés blessés. Je ne peux que regretter la situation mais à moment donné, effectivement, une provocation en rend une autre. Je n’ai pas à regretter quoi que ce soit. Je dis simplement aujourd’hui ce que je regrette, c’est que si il y a eu un affrontement entre les Goodyear et les forces de l’ordre françaises, le seul et unique responsable c’est d’abord l’employeur Goodyear qui veut fermer notre usine et puis ensuite un gouvernement qui se dit de gauche et en réalité qui ferait certainement plus une politique de droite qu’il avait été prévu de faire. Voilà. »

Henri Maler grâce à la transcription réalisée par Benjamin Accardo

vu sur http://www.acrimed.org

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:53

Brésil : des doigts siliconés pour frauder

Plusieurs médecins d’un hôpital de Sao Paulo sont parvenus, pour certains pendant plusieurs années, à dissimuler leurs absences grâce à des copies de leurs doigts en silicone que des collègues complices passaient dans les contrôleurs biométriques de l’établissement, a rapporté la presse locale.

La chaîne de télévision brésilienne Globo a diffusé les images accablantes d’un médecin enregistrant son entrée, puis celle de deux autres médecins avec des répliques de leurs doigts en silicone, dans un hôpital de Vasconcelos, dans la région métropolitaine de Sao Paulo.

Confondue par la police, cette femme médecin a été arrêtée et a révélé que onze autres médecins et vingt infirmiers et infirmières de l’hôpital étaient impliqués dans ce stratagème. “Elle a assuré être innocente car les autres médecins lui ont dit que sa complicité était une des conditions pour qu’elle garde son emploi”, a indiqué à la presse son avocat, Celestino Gomes Antunes. Selon la chaîne de télévision Band, c’est le responsable du Service des urgences mobiles, Jorge Luiz Cury, qui contrôlait ce système. Selon cette source, sa fille percevait un salaire depuis trois ans sans y travailler.

L’enquête de la police, ouverte il y a deux semaines, a déjà conduit à la mise à pied de cinq médecins.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 13 mars 2013)

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:52

Audincourt. Blessés par Flash-Ball : Pierre, Joachim, Ayoub et les autres

Joachim Gatti et Pierre Douillard ont perdu un œil après avoir reçu un tir de Flash-Ball. Comme Ayoub Bouthara à Audincourt. Les similitudes vont plus loin…

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0115.jpg

Joachim et Pierre (de dos), qui ont vécu le même drame que le jeune Ayoub à Audincourt, sont venus témoigner.

« Jour J + 2 ans et… RAS. La justice n’avance pas ». Odile Banet, membre du comité « Justice pour Ayoub », constate et déplore les faits. Le 7 février 2011, le jeune lycéen était atteint d’un tir de Flash-Ball qui touchait son globe oculaire alors qu’il se trouvait en marge d’une rixe à Audincourt. Deux ans après, la victime, qui a du mal à se reconstruire, attend toujours que le policier qui se trouvait derrière l’arme réponde de son geste devant le tribunal.

C’est une arme utilisée pour casser du manifestant, pour terroriser

Joachim Gatti et Pierre Douillard ont connu pareil sort. Le premier lors d’une manifestation à Montreuil, le 8 juillet 2009, le second à Nantes, le 27 novembre 2007. Eux aussi ont perdu un œil dans l’histoire et eux aussi attendent que la justice apporte des réponses et sanctionne les responsables de leurs infirmités permanentes.

Hier, ces deux victimes étaient présentes à Montbéliard pour témoigner de leur vécu. « Mon affaire a été très médiatisée au départ. Dans un premier temps, trois policiers ont été mis en examen, mais depuis un an et demi l’instruction n’avance plus », déplore Joachim, s’interrogeant sur des délais étrangement longs.

Pour Pierre, le parcours a été différent. « Nous avons dû constituer un groupe de travail qui a mené une enquête indépendante en collectant des vidéos, des photos, etc. Grâce à cette enquête, on est parvenu à identifier le policier qui m’avait tiré dessus et il a finalement été mis en examen. Mais au procès, il a été relaxé au prétexte qu’il avait obéi à un ordre ».

Le jeune Nantais fait part de son sentiment « d’impunité policière dans ce pays ». « Et il faut arrêter de parler de bavure. Une bavure, c’est un cas isolé. Or ces cas se multiplient… »

Joachim abonde, citant ce chiffre : « En 2011, 2787 tirs de Flash-Ball ont été recensés. La législation dit que les tirs doivent être effectués au niveau du buste. Ni au-dessus, ni dans le triangle génital. Nos exemples et d’autres démontrent que ce n’est pas le cas ».

Des accidents récurrents qui conduisent le comité à vouloir « mettre sur la table le débat sur l’utilisation du Flash-Ball », poursuit Odile Banet. Utopique ? « Il faut être clair, c’est une arme utilisée pour casser du manifestant. Pour terroriser ! », s’emporte Gérard Deneux, des Amis de l’émancipation sociale.

Les membres du comité entendent poursuivre la médiatisation pour que l’affaire ne tombe ni dans l’oubli ni dans les oubliettes de la justice. Joachim Gatti, Pierre Douillard ne sont guère optimistes, mais ils continuent à se battre. Et militent pour que les victimes s’organisent afin que leurs voix groupées aient plus de chance de porter que des actions isolées. Une union face à un immobilisme qui semble être un dénominateur commun à ces mutilants tirs de Flash-Ball.

Leur presse (Sam Bonjean, LePays.fr, 10 mars 2013)

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:51

Sécurité – Le premier plan de vidéoprotection voulu par la Ville
Les caméras arrivent

Elles avaient été annoncées pour la fin de l’année 2012 mais on les attend toujours. Les 24 caméras de vidéoprotection, dont le principe a été voté par le conseil municipal il y a un an, vont néanmoins bientôt être une réalité. Au plus tôt en mai prochain, au plus tard en juillet. Il s’agira du premier vrai plan de vidéoprotection de la municipalité qui a longtemps rechigné à poser ses yeux électroniques dans ses rues.

Les 24 caméras seront placées dans des lieux sensibles de la ville. Sept seront dans la Boucle, sept à Battant, cinq à Planoise et cinq à La Grette. Une modification par rapport au plan originel qui prévoyait seulement cinq caméras respectivement à Planoise et La Grette.

Le coût du projet est d’un million d’euros environ.

Un centre de supervision

« Ces lieux ont été choisis à partir d’un seuil de vingt faits délictueux dans l’année. Des faits qui peuvent être combattus par la présence de caméras. Ces 24 lieux devraient être confirmés vendredi prochain par la préfecture », précisait hier Franck Desgeorges, le patron de la police municipale bisontine.

Après ce passage devant la commission départementale de vidéoprotection présidée par un magistrat, il sera temps de lancer les appels d’offres pour choisir l’entreprise qui prendra en charge le marché de l’installation et de la connexion des caméras.

Au fait, à quoi vont-elles être connectées ces caméras et surtout, qui va les regarder ? « À l’origine, nous avions prévu d’installer le centre de supervision urbaine au niveau du parking beaux-arts mais il sera finalement dans le bâtiment des services municipaux, avenue Clemenceau », précise Frédéric Allemann, conseiller municipal chargé de la tranquillité publique.

Quatre postes vont être créés pour l’occasion. Quatre salariés dont le métier sera de regarder les petits écrans mais aussi de gérer les demandes de la police en cas de problèmes sur la voie publique. Le chef d’équipe sera issu de la police municipale, mais pas les trois autres employés.

Avec ces effectifs, pas question d’imaginer une supervision 24 heures sur 24 et en direct. « Ils travailleront aux horaires de jour. Mais tout sera, bien sûr, enregistré et utilisé sur réquisition », souligne Frank Desgeorges. « Les caméras privées, qui filment des lieux privés comme des commerces ou des banques, ont l’obligation de ne pas englober la voie publique. Ici, c’est le contraire, on filme la voie publique mais des logiciels feront en sorte qu’on ne voit pas les parties privées. »

Alors qu’elles ne sont même pas installées, certains se demandent si les 24 caméras sont suffisantes. « Il n’y a pas de règle, note Frédéric Allemann. Nous avons déjà des demandes pour en installer ailleurs. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Philippe Sauter, EstRepublicain.fr, 13 mars 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:45
Refuse la servitude, n'attends rien du pouvoir,
Ne te contente pas de survivre, à toi de concevoir
Ton propre futur, enfin sortir du rang,
Détruire la hiérarchie, la fin des oppresseurs.

Le systeme nous maintient en ordre de classe
En nous donnant l'illusion d'un jour meilleur
Mais tout est fictif chacun reste à sa place,
Le pouvoir passe de main en main.. l'élite est supérieure.

Armée des médias, nous sommes désinformé,
Cachant les vrais problèmes, voilant les solutions,
Le système à l'agonie nous prie d'aller voter,
Chimère démocratique, mensonge des élections.

Refuse de choisir ton maitre, à toi de décider,
Si la vie que tu as choisi répond à tes envies,
Ne soit pas effrayé par le colosse oppressant,
Qui régit ta vie te rendant obéissant.

Tu te plains de la police, de l'armée, de la justice,
Des administrations, des lois, du gouvernement, des patrons.
Tu te plains mais tu veux le maintien du système où tu végètes,
Tu te révoltes parfois mais pour recommencer toujours.
Pourquoi te courbes-tu ? Obéis-tu ?
Pourquoi sers-tu ? Te résignes-tu ?
Parce que tu es l'électeur, celui qui accepte ce qui est.
Tu es le larbin, le serviteur dévoué,
L'ouvrier résigné de ton propre esclavage.
De quoi te plains-tu ? Tu es toi même ton bourreau !!!
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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:47

Mieux vaut être au RSA que travailler, selon un tableau posté sur Facebook et partagé 100 000 fois en deux jours. Sauf que le tableau est truffé d’erreurs.

L’auteur du tableau, « Reynald Pais », précise qu’il l’a réalisé « à partir d’infos brutes trouvées sur le site du gouvernement ».


Le tableau comparatif

Il compare la situation financière d’une famille de cinq personnes gagnant un très petit salaire à une autre famille de même taille vivant du RSA. Sa conclusion : la seconde famille, celle qui vit du RSA, s’en tire mieux, avec 500 euros par mois de plus.

Une connerie pour faire rire les copains

Le tableau a été fait sans réfléchir, il est donc complètement faux, comme on va le voir plus loin. Mais apparemment tout le monde s’en fiche : les idées reçues sur le RSA se sont offertes une belle pub grâce à « une connerie destinée à faire sourire quelques amis Facebook », selon l’auteur de cette campagne de désinformation, premier surpris de son succès.

L’idée qu’on peut mieux s’en sortir « sans travailler » n’est pas nouvelle. Il y a deux ans déjà, Laurent Wauquiez déclarait sur BFM :

« Aujourd’hui, un couple qui ne travaille pas, qui est au RSA, en cumulant les différents système des minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel une personne gagne un smic. Ce n’est pas logique, c’est la société française qui tourne à l’envers. »

LAURENT WAUQUIEZ SUR BFM

Et ça énerve Martin Hirsch, le père du RSA, auquel nous avons soumis le tableau :

« Ce sont toujours les mêmes conneries. Ça marche parce que les gens ont envie d’entendre ce genre de choses. Ça arme leur aigreur. »

Ça ne pas fait rire non plus Jean-Christophe Sarrot, de l’association ATD Quart-Monde. Il estime que l’on « tape sur les pauvres », leur infligeant ainsi une « double peine » :

« Ça fait souffrir beaucoup de gens. Ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts à partir du 15 du mois et on leur dit qu’ils gagnent plus que les gens qui travaillent. »

Jean-Christophe Sarrot prévient : il n’est pas facile de calculer le montant du RSA. C’est d’ailleurs un problème pour les familles. Mais il a essayé quand même, et nous aussi. Et sans surprise, les résultats ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été partagés sur des dizaines de milliers de pages Facebook.

1

Les revenus

 

  • L’oubli du RSA activité

Première ligne, première erreur. Et elle est de taille : avec un salaire de 1 200 euros par mois pour un ménage de cinq personnes, la famille est en droit de toucher le RSA activité. Un revenu créé justement « pour que dans tous les cas, on ait un intérêt à travailler », explique Jean-Christophe.

La famille gagnerait donc 18 132 euros par an au lieu de 14 400.

  • Le RSA prend en compte les allocations familiales et logement

Les allocations, dans l’esprit de l’auteur, ce seraient donc le RSA + les allocations familiales. A noter aussi que l’allocation au logement entraîne une réduction de 143 euros du RSA.

La famille touchera donc 1 065 euros par mois de RSA , soit 12 780 par an au lieu de 14 496.

  • La prime de Noël est plus élevée que prévue

Il faut croire que la famille de « fainéants » a été sage, puisque ce n’est pas 154 euros qu’elle touchera à Noël mais 380 euros...

  • Allocations logement : un peu plus pour les uns, un peu moins pour les autres

L’allocation logement est relativement difficile à calculer, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une famille hypothétique dont on ne connaît ni le lieu d’habitation, ni la superficie du logement. Jean-Christophe Sarrot a quand même fait son estimation sur le site de la CAF, avec un logement en province au loyer de 500 euros (comme dans le tableau Facebook).

Pour la famille au RSA, ce serait donc 450 euros d’allocations logement (au lieu de 500 euros) et pour les salariés, 350 euros (au lieu de 200).

  • Au total, les revenus annuels de la famille salariée seront de 25 812 euros (au lieu de 20 280) et ceux de la famille au RSA de 18 560 euros (au lieu de 20 650).
2

Les dépenses

 

  • Loyer : 500 euros chacun. Pour cette donnée arbitraire, pas d’erreur.
  • La complémentaire universelle pour tous

Selon l’auteur du tableau, la famille de salariés payerait 50 euros par mois pour leur mutuelle santé. Pour la seconde famille, on leur offre la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), et donc, c’est gratuit.

Mais là encore, il n’a pas bien fait ses devoirs : la famille de salariés est en droit de demander la CMU-C puisqu’elle se trouve en dessous du plafond de 19 835 euros pour un foyer de 5 personnes (tous les revenus n’étant pas pris en compte).

C’est donc 0 euro pour les deux familles pour l’assurance complémentaire.

  • Impôts locaux et redevance télé

La famille qui touche un smic plus le RSA activité peut être exonérée de ces frais, puisqu’elle se situe en dessous du plafond de revenus.

0 euro encore, pour les deux familles.

  • Cantine des enfants et transports

Pas de frais de cantine, ni de frais de transport (« pas de boulot ! », précise l’auteur), pour la famille au RSA.

Là encore, les données sont arbitraires, et pas forcément justes. L’exonération des frais de cantine dépend non pas de l’attribution du RSA mais de la volonté d’une commission académique. Les deux familles sont donc susceptibles ou non de bénéficier d’un tarif. Pour notre exemple, nous avons donc gardé l’hypothèse d’une exonération totale de cantine pour les deux familles.

Quant au transport, même sans travail, il faut se déplacer : pour chercher du travail, pour accompagner ses enfants à l’école, pour faire ses courses... Nous avons donc rétabli une dépense transport pour la famille RSA.

 

  • Electricité, eau, gaz

Les tarifs sociaux pour l’énergie sont calés sur l’éligibilité à la CMU-C. Les deux familles en bénéficient de la même façon.

3

Conclusion

 

La famille vivant du smic et du RSA activité gagne 25 812 euros et ses dépenses contraintes (en considérant qu’elle ne paye pas la cantine) sont de 8940 euros environ par an. Il lui reste donc, après paiement des factures, 16 872 euros par an (1406 euros par mois) pour se nourrir, se vêtir et de divertir.

Pour celle vivant uniquement du RSA, le revenu annuel est de 18 560 euros pour les mêmes dépenses contraintes. Il lui reste donc 9620 euros (soit 801 euros par mois) pour les autres dépenses.


O/20 !

PS : Martin Hirsch a de son côté refait les calculs, à notre demande. Il arrive au résultat suivant, très proche de celui d’ATD Quart-Monde dans son versant « revenus » :

Famille Salariés :

  • 26 256 de revenus ;
  • 12910 de dépenses contraintes ;
  • 13346 de dépenses autres ;

Famille RSA :

  • 18 810 de revenus ;
  • 7300 de dépenses contraintes ;
  • 11310 de dépenses autres.

Voir le tableau détaillé ci-dessous. Son commentaire :

VOIR LE DOCUMENT

(Fichier PDF)

« Le calcul est complètement faux :

  • La famille “ salarié ” a le droit à 300 euros par mois de RSA activité ;
  • le RSA de la famille “ RSA ” a été surévalué (oubli de la déduction du forfait logement) ;
  • l’allocation logement de la famille “ salarié ” est largement sous-évalué (j’ai vérifié en faisant des simulations sur le site de la CAF) ;
  • la comparaison part du principe que la famille “ salarié ” n’a droit à aucun droit connexe ; hors étant donné son bas niveau de ressources, elle ne paye surement pas la cantine à taux plein par exemple. »

Elsa Ferreira | Rue89

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