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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:31

LA CUISINE EST BONNE. LA CAUSE EST JUSTE. Mais il y a un problème avec la musique. On peut avoir de l'empathie pour les manifestants rassemblés devant le siège de Goodyear à Rueil-Malmaison sans forcément vouloir les mettreen fond sonore au resto. "Vous pouvez être fiers de ce que vous faites, camarades !" hurle une voix retransmise sur la radio Paris Fréquence Plurielle pendant qu'on se demande si c'est de la badiane qui parfume les poires au sirop. « Sanofi ! Un milliard de bénéfices après impôts, et il y a une restructuration !"tempêtait la radio un peu plus tôt lorsque nous en étions au couscous. Le couscous, c'est le menu de ce vendredi. Salade, couscous, poires au sirop. Menu à 5 euros. Verre de vin à 1 euro. "Vous avez mangé chez Tarnac ?" blaguent des copains de Rue89 sur le trottoir d'en face.

En réalité, l'endroit s'appelle La Cantine des Pyrénées : c'est indiqué sur la bâche qui recouvre l'enseigne originale du Bar des amis, situé rue des Pyrénées, à Paris. De l'ancienne enseigne, l'ardoise avec les prix des plats du jour, les sandwichs au "camomber" et à l'"emantale" a disparu. Les petites tables ont été remplacées par trois longues tables couvertes d'une toile cirée. Les couverts sont rangés au milieu, dans des pots placés entre les carafes d'eau et les tubes de harissa. Pour les assiettes, allez les chercher, c'est "semi-self". "Servir, c'est contraire aux relations humaines" : tel est le credo de la jeune équipe. Des paquets de pâtes, des sacs de lentilles et un gros pot de Nutella sont serrés sur une étagère. Sur le comptoir, un plan de la salle à manger avec un tableau portant en abscisse les numéros des différentes tables et en ordonnée ce qui a été consommé. Une croix signale que la note a été réglée. "Nous avons besoin de couverts, cafetière, micro-onde, grands saladiers", est-il écrit sur un grand panneau. Sur un autre sont indiquées les règles à suivre pour revendre en barquettes les restes de son déjeuner, à 50 centimes d'euro. Pas de gâchis. Des "moustachus parce que c'est la mode", des "moustachus qui ont traversé toutes les modes", des "tout seuls", des "en bande de copains", une qui sort le tract anticolonialiste de la semaine et un lecteur du Parisien, on voit beaucoup de monde sur les bancs, sauf le serrurier d'à côté. A 5 euros, il préfère un sandwich-frites. Pourquoi venir déjeuner ici alors que le resto aura disparu d'ici la fin mars ? C'est le scénario qui lui semble le plus probable car il a vu passer, il ne sait plus dans quel ordre, le propriétaire, un avocat, le propriétaire, des coups de marteau aux fenêtres, le propriétaire, lapolice.

"Les squatteurs", pour reprendre les mots des commerçants de la boutique voisine, ont ouvert la cantine il y a presque deux mois. Comment ont-ils eu accès au restaurant ? Ils connaissaient les anciens locataires de l'appartement à l'étage. On n'en saura pas plus. "Vous êtes la presse nationale ? C'est pas notre priorité. Pour le moment, on essaie d'exister dans le quartier." Des affichettes ont ainsi fleuri sur les réverbères, les meubles urbains et dans les associations du quartier."La cantine est pas chère, le reste est gratuit", promet le flyer. A l'intérieur, un grand panneau récapitule les activités de la semaine. Ecrivain public le jeudi, atelier réparation le mercredi et ciné-club le dimanche - "parce qu'il y a du pop-corn et que la boxe, l'amour et la lutte des classes au ciné, c'est mieux qu'à la télé".

A un bout du zinc, un bol bleu délivre un message aux plus fortunés : "Si vous voulez, pouvez, donnez plus." Au milieu du zinc, un tronc pour soutenir les ouvriers de PSA en grève. A l'autre bout, un carnet pour s'inscrire afin de donnerdes cours de français. Le mouvement Occupy Wall Street voulait changer le monde : après plusieurs jours de campement, une cantine avait été organisée. Ici, on part d'une cantine pour changer le monde.

Guillemette Faure

 

 

 

 

 

de leur monde.fr

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:15

Dans quelques jours, les trois prisonniers basques de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône seront tous transférés dans d’autres prisons en France. Au grand soulagement de la direction et des surveillants qui ont subi un mouvement sans précédent impulsé par ces mêmes prisonniers, membres présumés de l’ETA.

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La maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône compte actuellement environ 690 détenus pour 636 places. Crédit : Laurent Burlet / Rue89Lyon

L’une des plus « dures » prisons de France serait-elle en train de changer ? En tout état de cause, les prisonniers basques ont réussi là où le Contrôleur des lieux de privations de liberté avait échoué.

En 2008, la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône avait été l’une des premières prisons à être visitées par les équipes du Contrôleur. Dans sonrapport, Jean-Marie Delarue avait préconisé une série de changements pour améliorer les conditions de détention des prisonniers.

Rien ne semble avoir fondamentalement bougé.

Courriers, manifestations, pétition… Pendant plusieurs mois de l’année 2012, les trois prisonniers basques ont mené une mobilisation unique par son ampleur et par l’énergie mise par ces militants politiques, rompus à l’exercice de la mobilisation revendicative et de l’organisation clandestine, au sein de l’ETA.

 

 

1. L’ETA arrête les actions armées, les prisonniers basques mènent la révolte

Ce n’est pas une première mais il est très rare de voir des détenus basques se battre pour les conditions de détention de ceux qu’ils nomment « les prisonniers de droit commun ». Généralement, ils se mobilisent sur des questions spécifiques, qui leur sont propres : le rapprochement dans prisons du Pays Basque proches de leur famille, ou, a minima, leur regroupement dans certains établissements pénitentiaires.

En octobre 2011, l’ETA annonçait l’ »l’arrêt définitif de l’activité armée ».
Dans cette période de transition, les indépendantistes veulent-ils élargir leurs soutiens en faisant leur la lutte anti-carcérale ?
Les Basques interrogés refusent de parler de « stratégie ».

En février 2012, quelques mois après cette annonce, Ibon Goieaskoetxea (ou Gogeascoechea -en Espagnol) Arronategui, et deux autres Basques sont transférés de la prison de Villepinte à celle de Villefranche-sur-Saône.
La réputation d’Ibon Goieaskoetxea, 43 ans, le précède. Il est considéré par la police française et espagnole comme le chef présumé de l’appareil militaire de l’ETA au moment de son arrestation en 2010. Ce qu’il nie. Il assume toutefois avoir été membre de l’ETA et continue, selon ses termes, à être un « militant révolutionnaire basque ».

Et quelques semaines après son arrivée, il enclenche avec ses deux camarades, la plus importante mobilisation pour les droits de tous les détenus, tout en continuant leur lutte spécifique comme celle demandant la libération conditionnelle de l’un de leurs camarades gravement malade.

Pour Gabriel Moesca, coordinateur de l’association Harrera, qui oeuvre pour la réintégration des prisonniers basques, cette mobilisation inédite viendrait du profil politique des prisonniers :

« A Villefranche, ce sont des militants révolutionnaires. Ils considèrent toutes atteintes aux personnes inacceptables. D’autres militants dans le passé ont fait de l’activisme intra-muros. Ce qui est remarquable, c’est la méthode qui a été utilisée ».

 

2. Un « savoir-faire » politique

Les trois prisonniers basques de Villefranche se sont clairement positionnés sur le terrain de l’application de la loi, comme d’autres associations de défense des détenus avant eux.

Après quelques semaines pour prendre leurs marques, ils ont commencé par envoyer des courriers à l’administration et aux surveillants de la prison, avec copie au Contrôleur des lieux de privation de liberté et à l’Observatoire International des Prisons (OIP).

Textes de loi à l’appui, ils y ont dénoncé toutes les irrégularités qui font le quotidien de Villefranche :

  • Des familles qui se font refouler aux parloirs après avoir fait sonner les portiques ultra sensibles, sans avoir la possibilité de passer au détecteur manuel (inexistant).
  • Pour les prisonnier, des fouilles à nu systématiques à la sortie de ces mêmes parloirs.
  • Des fouilles par palpation à chaque sortie dans la cour de promenade.
  • Pour certains prisonniers : trois rondes de nuit qui obligent le prisonnier à se réveiller
  • Des restrictions pour accéder aux téléphones quand le juge l’a autorisé.
  • L’interdiction des plaques électriques pour cuisiner.
  • L’interdiction des balles, ballons et autres matériels pour faire du sport en promenade.

Dans ce catalogue, les Basques ont mis en avant le traitement réservé aux familles. Ce qui est généralement le plus sensible chez les détenus.

A leur arrivée à la maison d’arrêt de Villefranche en février 2012, les deux puis trois prisonniers avaient clairement indiqué à l’administration pénitentiaire qu’ils mettraient « une ligne rouge » (selon leur expression) si leurs familles étaient mal traitées. Cette « ligne » a donc pour eux été franchie.

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En 2009, scène de « yoyo » à la prison de Villefranche. Crédit : Inediz

3. Mitard puis première victoire : l’arrivée du détecteur manuel

Fin juin 2012, par deux fois, des familles basques ont été refoulées au parloir après avoir sonné trois fois aux portiques. C’est ce qui a déclenché une action plus déterminée. Après le premier refoulement, ils ont refusé de quitter le hall qui accède au parloir, bloquant momentanément les allées et venues.

Le lendemain du deuxième refoulement, les Basques ont franchi un cap. Jusque là, ils étaient dans la revendication « bon enfant ». Ils sont passés à une forme d’illégalité puisqu’ils ont refusé de regagner leur cellule après la fin de la promenade, ce qui conduit directement à l’isolement, autrement dit le mitard.

Et avant d’y être conduits, les Basques disent s’être faits copieusement tabasser par les surveillants. Le représentant de l’UFAP (principal syndicat des surveillants) dément mais le procureur de la République a ouvert une enquête.

Au Pays Basque, cette action des trois détenus a été relayée par toute la presse locale, via les associations de soutiens aux prisonniers politiques.

Une manifestation est même organisée le 13 juillet 2012 devant la porte de la maison d’arrêt (voir la vidéo).

Les Basques ont eu en partie gain de cause. En août 2012, une note de service a introduit l’utilisation du détecteur manuel. Mais ça ne règle pas le problème des refoulements car, finalement, cette « poêle à frire » est tout aussi sensible que le portique. Les femmes qui portent des soutiens gorge à armature métallique sont toujours refoulées.

 

4. Des « icônes » de la prison

Tous les intervenants de la prison : associations qui accueillent les familles de détenus jusqu’aux surveillants en conviennent : c’est grâce (ou à cause) des Basques qu’il y a eu l’introduction du détecteur manuel. Comme à son habitude, l’administration pénitentiaire a refusé de répondre à nos questions sur le sujet.

A l’intérieur de la prison, c’est la détermination des prisonniers basques qui a marqué les esprits.

Après ce refus de regagner leur cellule, les détenus ont regardé d’un autre œil les Basques, comme en témoigne un ancien prisonnier de Villefranche :

« Au début de leurs actions, personne ne leur parlait. Mais après leur passage au mitard, ils sont devenus des icônes. Tout le monde s’est mis à poser des questions et à se dire qu’il y avait quelque chose à faire ».

Une fois appréciés pour leur détermination, ils ont discuté avec les détenus.

Les surveillants racontent même qu’ils allaient voir les « gros bonnets », ceux qui ont de l’influence sur chaque communauté.

 

5. Une pétition : « on était au courant mais on ne l’a pas vue »

Durant l’été, la prison de Villefranche a connu une grande tension. Plusieurs témoignages font état de blocages individuels ou d’agressions physiques sur les fonctionnaires. Lesquels ont d’ailleurs manifesté pour dénoncer ces agressions.

Ibon Goieaskoetxea nous a écrit pour expliquer leur mobilisation. Il raconte cette période :

« Quand ils n’en pouvaient plus, il y avait des agressions. Pour justifier une sanction et se faire transférer ailleurs… N’importe où ailleurs étant mieux que Villefranche ».

Pendant l’été, les choses s’organisent :

« C’est là que d’autres détenus nous ont approchés afin d’articuler une réponse. Au début l’intention était un blocage et l’affrontement brutal avec les ERIS (unité anti-émeute qui intervient uniquement dans les prisons, ndlr) et la mutinerie. Pour ne pas alimenter la dynamique de « fermeté » du syndicat UFAP et la massive répression qui s’en suivrait nous pensions plutôt à une autre stratégie de demande ».

L’idée d’une pétition a émergé. Même si les Basques disent ne pas en être à l’origine. C’est eux qui ont « agglutiné les énergies ».
Un texte reprenant les principales revendications portées initialement par les Basques a été envoyé au Contrôleur des lieux de privation de liberté. Selon eux, il a été signé par 200 détenus. Ce qui serait colossal.

Parallèlement, à la mi-septembre, une nouvelle manifestation a été organisée devant la porte de la maison d’arrêt pour soutenir les prisonniers. Elle a réuni plusieurs dizaines de Basques venus en car.

Journal-Pays-Basque-Manif-22sept12-Villefranche

La presse basque a largement relayé la mobilisation.

Rappelons qu’être à l’initiative d’une pétition ou la signer est strictement interdit en prison. Tous ces signataires s’exposaient donc à des sanctions. La pétition a donc circulé avec la plus grande discrétion, à la barbe des surveillants, comme le concède le représentant de l’UFAP, Dominique Verrière :

« On était au courant mais on ne l’a pas vue ».

Cette pétition a bien été reçue par le contrôleur des prisons. Elle n’est pas pour rien dans la nouvelle visite de ses équipes, quatre ans après la première, au début du mois de novembre 2012.

 

6. « Refus de plateau » planifiés et massifs

A court terme, Ibon Goieaskoetxea raconte que cette pétition n’a pas eu d’effet :

« Ça sentait la défaite. (…) A l’intérieur, la pression était forte (fouilles, harcèlement de tout ordre) et nous pensions qu’il fallait « donner issue » à cette énergie (avant que ça ne pète !). C’est là qu’un détenu lâcha la proposition du refus de plateau ».

Le refus de plateau est une forme classique de protestation en prison. Pour chaque détenu refusant sa nourriture, les surveillants doivent faire un rapport. Les prisonniers en profitent alors pour faire noter leurs revendications.
Il y a eu deux refus de plateau planifiés : 17 septembre 2012 et surtout le 1er octobre 2012 qui correspondait à l’arrivée du nouveau directeur de la prison.
Selon un ancien détenu que nous avons rencontré, ce « refus de plateau » a été très suivi car, la veille, un blocage de détenus, qui n’était pas à l’initiative des Basques a conduit à l’intervention musclée des ERIS et le transfert de détenus vers la maison d’arrêt de Lyon-Corbas.

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Dans un couloir de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône en 2009. Crédit : Inediz

7. Les surveillants s’opposent aux améliorations de la vie en prison

L’arrivée du nouveau directeur, André Fostier, correspond aussi à une série de changements progressifs dans l’organisation de la prison.

  • Des portiques détecteurs de métaux ont été installés à la sortie des ateliers ou à l’entrée de la cour de promenade. Pour éviter les fouilles par palpation systématiques, interdites dans cette situation.
  • Des portiques ont également été installés à la sortie des parloirs pour éviter les fouilles intégrales (à nu) systématiques, également interdites par la loi pénitentiaire.

Pour l’instant, rien n’est opérationnel. La nouvelle direction semble marcher sur des oeufs puisque le principal (et puissant) syndicat de surveillants, l’UFAP, est vent debout contre tous ces changements. Selon Dominique Verrière, il en va surtout de la sécurité de l’établissement :

« Nous sommes pour le retrait de ces articles de la loi pénitentiaire. Les détecteurs de métaux ne détectent, par définition, que des métaux. Le shit et les téléphones ne sont pas détectés. Avec les fouilles intégrales, on limite ces trafics ».

La Maison d’arrêt vient également d’acquérir des plaques chauffantes pour les prisonniers. Ils devraient pouvoir les acheter prochainement. Ils ne seront donc plus obligés d’utiliser des bains d’huile ou des pastilles reconnues comme cancérigènes et pourtant distribuées.

Toujours selon Dominique Verrière de l’UFAP, ceci est également inacceptable :

« Les prisonniers vont faire « tourner toute la journée ces plaques pour se chauffer. Cela va représenter un coût gigantesque pour le contribuable ».

 

8. « Nous n’avons pas de leçon de morale à recevoir de ces terroristes »

Pour l’UFAP, ces changements n’ont rien à voir avec les Basques. Mais quand nous lui faisons remarquer que les Basques demandaient essentiellement l’application de la réglementation, la réponse est cinglante :

« Nous n’avons pas de leçon de morale à recevoir de ces terroristes. Surtout qu’ils ont un traitement particulier puisqu’on les regroupe par étage ».

Il reconnaît que, du point de vue des détenus, c’est peut-être pire qu’ailleurs car la « culture » d’établissement est fondée sur la mise en avant des règles de sécurité :

« On est fier de mettre plus de limites que dans les autres établissements. Ce qui n’est pas incompatible avec l’intérêt des détenus. Certains violentent d’autres détenus et des surveillants se font souvent agressés ».

 

9. « Les prisonniers de droit commun n’ont aucune expérience de lutte, nous, c’est le contraire »

Les soutiens basques sont formels : les détenus sont en passe d’avoir gain de cause sur la majorité des revendications. Ce qui serait assez exceptionnel dans l’univers carcéral.

Pour le frère d’Ibon Goieaskoetxea, Zigor, comme pour Gabriel Moesca, cela pourra servir d’exemple pour de futures mobilisations dans des prisons françaises.

Ibon Goieaskoetxea met en avant une « logique carcérale incroyablement individualiste » pour expliquer qu’une mobilisation de la sorte soit si rare. Inversement, il est lucide sur leur savoir-faire politique :

« Même si les prisonniers de droit commun avaient une conscience de lutte ferme (réfléchie, engagée), ils n’ont pas de soutien extérieur et très peu voire aucune expérience de lutte. Vous comprendrez que pour nous, c’est exactement le contraire ».

Avec 14 ans de vie en clandestinité, Ibon Goieaskoetxea a effectivement l’habitude de la lutte politique illégale.
Celine Reimeringer, coordinatrice pour Rhône-Alpes de l’OIP estime que ce mouvement caladois met en lumière la nécessité de mettre en place des instances de dialogue dans les prisons françaises.

« Aujourd’hui en prison, il n’y a pas d’espace pour que les détenus soient écoutés et entendus. Pour faire valoir leur point de vue, ils sont obligés d’employer des moyens illégaux (pétition, refus de regagner sa cellule) et qui peuvent mener à des sanctions ».

Ibon Goieaskoetxea n’a pas été sanctionné. Peut-être parce qu’en pleinerésolution de la question basque, il aurait été mal venu de le sanctionner.

Maintenant que le mouvement est retombé, les transferts ont lieu. Il y a trois semaines, un premier basque a été transféré à Toulouse.
Ibon Goieaskoetxea devrait être transféré dans les prochains jours. Il fera partie des sept membres présumés de l’ETA jugés par la cour d’assises de Parisdébut avril pour la participation à l’assassinat de deux gardes civils espagnols à Cap Breton en décembre 2007. Une action pour laquelle il nie toute responsabilité.

Selon son frère, les nouvelles normes de sécurité de la prison de Villefranche seront mises en place après son départ. « Pour ne pas en faire un héros ».

A propos de l'auteur
Laurent Burlet
Laurent Burlet

Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:53

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:52

Ce titre pourrait être une blague mais il reflète malheureusement un cas bien réel. Il s’appelle Malik [Foucquart - NdJL], et pourtant il vient d’être condamné pour incitation à la haine raciale. Et non à cause de la fameuse forme fantasmée d’un mépris antiblanc qui se matérialiserait soudainement, car ce jeune de presque vingt ans, dont le cas politique en devient typique en ruralité, se bat bien pour la suprématie aryenne. Une énième histoire de néonazisme en région Franche-Comté, qui en deviendrait presque lassante tant la poignée d’énergumènes qui s’en réclament s’adonnent inlassablement à ce genre d’actions pour exister.

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Malik (à droite) exhibant un de ses tatouages.

Il va avoir vingt ans dans quelques jours mais est déjà bien connu dans le département du Jura. Habitant dans un petit village à deux pas du charmant secteur de Poligny, Malik n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne ses positions politiques. Un cas à la Serge Ayoub qui ne peut que poser question, car ce jeune issu de la diversité est bel et bien engagé dans une extrême droite pour le moins radicale. Sa mère fait partie d’une famille originaire de Khenchela éminente dans la région, alors que son père est un Jurassien pur jus. Un conflit familial les séparant et un terreau rural fertile aux mouvances nationalistes passant par là, le jeune subit un complexe identitaire qui le décide à rompre avec la culture de sa mère au point d’en devenir profondément raciste. Seul ou avec ses copains, Malik débute alors un périple politique qui le mène tout droit dans une pente dangereuse. Il pourrait d’abord avoir participé à l’inscription de nombreux graffitis xénophobes et néonazis dans les rues de Poligny et alentours à partir de 2010 et même avant.

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Le président de l’association gérant la mosquée de Champagnole devant les dégradations.http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0210.jpg

La dégradation de plusieurs bâtiments de la ville avait d’ailleurs ému la population, de même que l’attaque d’une mosquée le 18 mai 2011 à Champagnole avec des inscriptions du type « la France aux Français » ou encore « à mort les Arabes » signées de croix gammées. Mais malgré de forts soupçons de la plupart des habitants du secteur, il ne sera pas inquiété [« Reconnus coupables de dégradations et de tags nazis sur la salle de prière de Champagnole et à Foncine-le-Haut et de provocation à la haine raciale, au printemps dernier, un agriculteur de 39 ans et un mécanicien de 18 ans ont été condamnés hier à un an de prison avec sursis. » (Delphine Givord, Le Progrès, 11 janvier 2012) - NdJL]. Il fut cependant condamné pour des faits similaires en tant que mineur, après avoir tagué des symboles et slogans néonazis. Parallèlement les traditionnels collages et autres actions moindres deviennent le train-train quotidien, généralement pour le compte du Front national et des mouvances radicales émergentes telles que le Front comtois. De nombreuses soirées alcoolisées sont aussi à l’ordre du jour, tout à fait normales surtout en milieu rural, mais avec un thème bien sûr axé sur le glauque pour lui et les siens : la haine des étrangers et de l’islam.

Un article du site « Voix du Jura » indique d’ailleurs que la mouvance ultranationaliste notamment de Poligny apprécie particulièrement intégrer les petites fêtes, pour y faire de la propagande et parfois se battre contre les participants dont les origines ou les idées ne sont pas tolérées. Ce fut le cas d’un jeune d’origine malgache dans la nuit du 3 au 4 juillet 2011, au bal du village limitrophe de Grozon, malmené pour sa couleur sous les termes de « sale négro » et dont la petite-amie blanche sera sermonnée plusieurs heures sur les « risques de maladie des noirs » avec la sommation de le quitter. Un ami tentera de le défendre et sera frappé pour avoir « désapprouvé l’idéologie racialiste ». Lui et le tuteur du discriminé porteront plainte, malgré les menaces ultérieures par téléphone. Aucune condamnation pour le moment. Malik ne semble pas exempt de ces actes, exposant régulièrement sur son second profil Facebook (son premier ayant été cloturé début août 2010 pour de multiples injures raciales) des photos de lui en soirée. Il y exhibe parfois ses tatouages, une croix celtique au torse et une croix nazie à l’avant-bras droit comportant un W.P. (pour « white power », suprématisme blanc) et « wer will der kann » (vouloir c’est pouvoir).

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Le tatouage au bras et l’inscription Frakass (Malik est au milieu).

Une autre fois il se marque sur le front et d’autres parties du corps le nom de ses groupes de musique préférés, telle que la formation R.A.C. (rock anticommuniste) « Frakass » en stylisant la fin du nom de manière à rappeler le sigle des Schutzstaffel (S.S.). En continuant d’arpenter son profil, plusieurs autres publications inquiétantes apparaissent. Des liens comme celui sur un site anti-musulman, puis des photographies où il prend la pose avec une barre en fer sur le point de frapper un chariot, d’autres de graffitis d’une croix celtique et d’un W.P. sur une vieille voiture et par la suite incendiée avec des copains, ou encore une où il apparait avec un tee-shirt comportement le logo des S.S. On y trouve aussi une amitié avec Quentin B. et de nombreuses conversations avec cet individu, sur lequel je reviendrais dans quelques lignes.

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Malik sur une de ses motos.

Passionné des scooters et des motos, il s’investit beaucoup dans la confection et la réparation de véhicules, étant même apprenti à Besançon et dans plusieurs entreprises dès 2009 [Il travaille actuellement en fromagerie à Poligny - NdJL]. Malheureusement, malgré cette volonté sincère de s’intégrer enfin dans un cadre sain, cela ne suffira pas. On le retrouve à soutenir les auteurs d’une agression raciste à Poligny survenue le 14 juillet 2010 place des Déportés. Smahine, un militaire de 36 ans et d’origine maghrébine, est soudainement pris à partie par deux hommes munis d’un poing américain et d’une matraque télescopique qui le frappe au visage. Il aura la mâchoire fracturée et perdra connaissance. Cette affaire eut un large retentissement et les auteurs seront identifiés par des témoins, dont un certain Quentin B. [Quentin Boisson - NdJL] connu pour être le leader des néonazis polinois, et qui fut sur la liste des régionales de 2010 du Front national.

Pas étonnant alors de retrouver Malik au tribunal de Dole soutenir son ami, qui sera condamné à deux ans de prison dont dix mois avec sursis. Mais comme de nombreux ultranationalistes, il décide un temps de rompre au moins en apparence avec cet environnement violent et s’engage enfin au Front national. Cette adhésion fera d’ailleurs l’objet d’un article sur la Gazette de Besançon le 15 février 2011 où Malik explique et assume son choix « lepeniste. » Les élections passées ses vieux démons refont surface. C’est le journal Le Progrès [PuiL'Est républicain du 5 mars 2013 - NdJL] qui nous apprend sa participation à un fait divers minable le 14 juillet 2012 au bal des pompiers deVoiteur. Ils étaient une quinzaine en fin de soirée vers 2h30, à demander au D.J. de passer la Marseillaise, ce qu’il fera. Au moment des premières paroles, les gaillards entonnent des chants néonazis et autres « Sieg Heil » le bras tendu devant une centaine d’autres personnes médusées devant la scène. Les pompiers séparent alors les provocateurs du reste de la foule. L’affaire fait grand bruit et la machine judiciaire se met en place, mais au final seulement deux personnes seront identifiées : Malik, et un jeune mineur.

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Exemple de ses amis Seb et Manon, avec Bruno Gollnisch – et Yvan Benedetti en fond – (en haut), Jean-Marie Le Pen (au milieu à gauche), une soirée avec une pancarte de Marine Le Pen (au milieu à droite) et un culte au Front national (en bas).

Ce dernier fut jugé en tant que tel, alors que le majeur passe pour incitation à la haine raciale ce mardi [La présidente l'interroge sur ses motivations : « La France devient n'importe quoi. Il faut faire quelque chose. » Elle lui demande d'expliquer son comportement : « Il n'y a rien à expliquer. » Pourquoi les chants et salut nazis sont interdits ? « J'en sais rien. » Qu'est-ce que le nazisme ? « Une grosse guerre, six millions de morts pour exterminer une race. Ça n'a plus le même sens, c'est plus le même mouvement, on n'est pas extrémistes à ce point-là. » Après qui il en a : « Ceux qui détruisent la France, les phénomènes de cité. » Comment en est-il arrivé là ? « Des gens qui m'ont entraîné. Des bagarres, des choses qui ne regardent que moi. » C'est encore vos idées aujourd'hui ? « Non, penser ce qu'on veut et rien dire. » Si il connaissait ses acolytes : « Oui et non. » - NdJL]. Seul au tribunal [Il n'avait pas d'avocat - NdJL], il vient d’être condamné à quatre mois de prison ferme et un travail citoyen [Un « stage de citoyenneté » - NdJL]. C’est au moins le troisième délit qu’il commet et pour lequel il est reconnu : dégradation simple étant mineur pour des graffitis, un autre statué le 9 février 2012 pour conduite en état d’ivresse où il s’était retourné avec son scooter en tapant de la roue, occasionnant des blessures et une peine de 5500 euros d’amende et la suspension de son permis durant six mois [Lors de l'audience, la présidente du tribunal a évoqué cinq condamnations (amende, travail d'intérêt général, prison avec sursis, obligation de soin…) inscrites à son casier judiciaire de septembre 2011 (juge des enfants) à septembre 2012 : port d'arme (deux fois), conduite sans permis/défaut d'assurance, rébellion/outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. - NdJL], et celui-ci. Pas sûr que cette peine fasse plaisir au Front national, mouvement qui tente de se forger une bonne image auprès des Français et dont au moins deux militants locaux sont mouillés dans des travers peu glorieux. Malik a-t-il été exclu préalablement ou le sera-t-il sous peu ? Pas d’informations de ce côté [Au Front national, on en parle en ces termes : « Un chanteur néonazi au tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier / Lors du bal des pompiers du 14 juillet dernier à Voiteur une dizaine de jeunes gens ont envahis la piste de danse et ont entonné des chants néonazis en tendant le bras… Deux d'entre-eux seront inquiétés pour cet acte extrêmement dangereux pour notre société. L'un, majeur sera jugé par le tribunal correctionnel de Lons pour provocation à la haine raciale le 12 mars tandis que l'autre, mineur, aura un traitement adapté à son âge d'après le procureur de la République. / C'est bien sûr un acte complètement idiot et irréfléchis commis ce soir de fête nationale alors qu'une centaine de personnes étaient présentes à Voiteur. La personne majeure démontre là une irresponsabilité politique, morale et sociale qui frôle le zéro, mais… / Dans le même temps, on ne peut pas ne pas penser que d'autres jeunes gens — qui manifestement sont proches eux aussi du zéro —, n'hésitent pas vraiment à cracher sur notre pays, son peuple — par l'intermédiaire d'enregistrements musicaux de rap en accès totalement libre — sans se voir inquiétés d'aucune façon. » (Guillaume Schirer, sur Le blogue de Yann Redekker, blogue de soutien au FN et au Rassemblement Bleu Marine, le 4 mars 2013) - NdJL]. Mais le profil Facebook indique toujours une adhésion. Et nombreux sont ses petits copains potentiellement présents au bal qui prennent la pose avec Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, ou qui ont comme papier-peint Marine Le Pen.

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Pour autant malgré la sentence, la réjouissance n’envahit pas le cœur des antifascistes. Nombre d’exactions, graffitis néonazis et tabassages en tête, restent encore mystérieusement impunis. La rumeur court que plusieurs personnes proches du milieu de la gendarmerie [À commencer par des fils de gendarmes - NdJL] pourraient être impliquées d’où un cruel manque de volonté d’interpeller les individus notoires qui y seraient mêlés [Il est à noter que si les néonazis avaient renoncé à leur manifestationprojetée à l'Oppidum de Champagnole en réponse à celle du 25 septembre 2010 à Poligny, c'est que les gendarmes avaient alors appelé les parents un par un ; et que d'autre part on n'a pas permis à SOS Racisme de se porter partie civile dans l'affaire Quentin Boisson - NdJL]. Cette histoire nous enseigne cependant deux choses : la haine n’a pas de visage et peut frapper n’importe qui, y compris un jeune d’ascendance maghrébine tombant dans ces délires aryens [« Ils ont pris l'Arabe de service, Malik Bouffon ! » - NdJL]. Et, ensuite, que la vigilance est encore une fois de mise à la vue de cette énième affaire de néonazis en Franche-Comté. Ces sinistres individus sont marginaux et tentent d’obtenir une existence médiatique et populaire par ces faits graves, mais ceci ne doit pas être un prétexte pour les passer sous silence et sont bien au contraire une raison supplémentaire de prendre conscience et de s’insurger face à ces cloportes qui souhaitent gangréner par leurs idées nauséabondes nos rues et nos villages.

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« Le radar de la déviation de Champagnole situé sur la RN5 a été victime de dégradations empêchant le fonctionnement de l’appareil. Ce radar aurait été bombé de peinture noire durant le week-end [des 22 & 23 septembre 2012 - NdJL]. Ce n’est que lundi que la brigade de gendarmerie de Champagnole a constaté le délit. Le radar a été couvert de croix gammées noires (…) La brigade de Champagnole n’a pu détecter d’empreintes, ni retrouver les bombes de peinture à proximité. » (LeProgres.fr, 27 septembre 2012)

Toufik de Planoise, 12 mars 2013

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:50

Deux Tunisiens en prison pour une chanson

Deux jeunes Tunisiens, un homme et une femme, ont été placés en détention pour injures et menaces envers les forces de l’ordre après la diffusion sur internet d’un clip vidéo de rap s’attaquant à la police, a annoncé aujourd’hui le ministère de l’Intérieur. Le ministère précise dans un communiqué que « le clip de rap diffusé sur youtube et intitulé “les policiers sont des chiens” contient des expressions et gestes contraires à la morale, injurieux et menaçants envers les agents de la sécurité et les magistrats ».

« Une enquête policière a permis d’identifier les participants à la préparation et à la diffusion du clip, leur nombre est de huit. Dimanche 10 mars, deux d’entre eux, un jeune homme et une jeune fille, ont été arrêtés et placés en détention », poursuit la même source. Selon des médias tunisiens, les deux personnes sont le cadreur et une actrice du clip. Le rappeur tunisien Weld El 15 est recherché. Dans ce clip le chanteur dit notamment : « Policiers, magistrats je suis venu pour vous dire une seule chose, vous êtes des chiens », « Je vais égorger un policier à la place du mouton » et encore « Donne-moi un revolver, je vais tirer sur eux ».

Le communiqué du ministère de l’Intérieur ne précise pas la nature exacte des accusations visant ces jeunes, mais le code pénal tunisien prévoit des peines de un à deux ans de prison en cas de « paroles, gestes ou menaces » contre des fonctionnaires. Des artistes tunisiens dénoncent régulièrement des pressions policières et accusent le gouvernement, dominé par les islamistes d’Ennahda, de vouloir juguler la liberté d’expression en invoquant des « atteintes à la morale » ou « au sacré ».

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 12 mars 2013)

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:49

L’ambassadeur français persona non grata à la faculté des sciences de Jarzouna

L’ambassadeur de France à Tunis a été chahuté hier lors de sa visite à la faculté des sciences de Jarzouna (gouvernorat de Bizerte).

Plusieurs étudiants relevant de l’Union Générale des Étudiants Tunisiens (UGET) se sont rassemblés dans l’enceinte de l’établissement et ont scandé « dégage, dégage » à François Gouyette.

L’ambassadeur a été évacué, dans la la foulée par les agents de sécurité qui l’accompagnaient.

Destinés à rassurer la Tunisie de son soutien au processus de la transition démocratique, les visites et les déclarations des dirigeants français ne sont pas vues d’un très bon œil et sont assimilés à de l’ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 12 mars 2013)

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:48

Un homme s’immole à Tunis

Un homme a été grièvement brûlé en s’immolant par le feu ce matin sur l’avenue Habib Bourguiba dans le centre de Tunis, selon une collaboratrice de l’AFP témoin de ce geste de désespoir. “Voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage”, a crié ce jeune homme, un vendeur de cigarettes à la sauvette, avant de s’immoler.

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Adel Khedri, 27 ans, originaire de Jendouba

Grièvement brûlé, il était néanmoins conscient lorsque les secours l’ont transféré à l’hôpital.

“Ses jours ne sont pas en danger [Mon cul ! - NdJL], mais il a des brûlures du troisième degré à la tête et au dos. Il est sous surveillance médicale continue”, a indiqué le porte-parole de la protection civile, Mongi Khadhi.

Plusieurs cas d’immolation par le feu ont eu lieu en Tunisie pendant et après la révolution de janvier 2011 qui avait été déclenchée le 17 décembre 2010 lorsque le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’était immolé à Sidi-Bouzid (centre), excédé par le chômage et la misère.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 12 mars 2013)

 

(…) Des passants se sont précipités sur le jeune homme d’une vingtaine d’années pour éteindre le feu, mais l’ensemble de sa peau était calcinée, selon une collaboratrice de l’AFP témoin des faits. Il était conscient mais incapable de bouger lorsque les secours l’ont transféré à l’hôpital pour grands brûlés de Ben Arous, dans la banlieue de Tunis.

“Son état est critique, il commence à ressentir les douleurs. On va l’anesthésier, seuls ses pieds sont indemnes”, a indiqué une source hospitalière, refusant cependant de dévoiler l’identité du jeune homme. Selon cette dernière, la victime a indiqué être malade mais ne pas pouvoir se soigner. Le porte-parole de la protection civile tunisienne, Mongi Khadhi, cité par l’agence officielle TAP, a indiqué que la victime s’appelle Adel Khadri.

(…) Selon l’agence TAP, qui cite des témoins, le jeune homme était un vendeur ambulant du quartier de Moncef Bey, non loin du centre ville, et aurait été empêché d’exercer son gagne-pain par les policiers. (…)

Publié par le savoir-faire français (LExpress.fr avec l’Agence Faut Payer, 12 mars 2013)

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:44

Marché des Biffin.e.s, organisé par l’association A.M.E.L.I.O.R.
Le samedi 16 mars 2013 de 9h à 18h sous la halle du marché Croix de Chavaux à Montreuil. Toute la journée, vous pourrez venir chiner dans cet espace public de 2220 m2, où les 150 biffins de l’association proposeront à la vente au déballage des produits issus de la récupération, du recyclage ou de leurs biens personnels : vêtements, bibelots, électro, livres, ustensiles … Objets de tous les jours et raretés vous attendent !
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du soutien au droit de travailler librement l’activité de récupérateur revendeur en ville – le droit à la biffe. Elle vise à l’amélioration des conditions de vie et de travail des biffin.e.s, dans un cadre associatif, en concertation avec les services de la ville.
L’association AMELIOR a pour but de fédérer biffin.e.s et acheteurs afin de lutter contre l’exclusion, favoriser l’insertion professionnelle, créer du lien social et réduire le gaspillage, grâce à ce mode d’échange direct, solidaire, et humain. 
Si vous souhaitez nous rejoindre, nous soutenir ou avoir plus de renseignements, contactez-nous à assoamelior@gmail.com 
FB : Asso Amelior

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:36
"Pour la plupart d'entre nous qui ont lutté, au sein de la communauté LGBT, ceci est pour vous. Pour ceLLEux qui ont triomphées de l'idée de se conformer à cette société fasciste haineuse, ceci est pour vous. Mais plus important encore, ceci s'adresse à l'ensemble de nos êtres chèrEs qui ont été victimes de crimes motivés par la haine et la violence domestique, au sein de la communauté LGBT, des hommes et femmes trans en particulier, qui sont isoléEs et ont le pourcentage le plus élevé de victimes de crimes haineux et de violence domestique. Mon amour et mes voeux vont aux familles et aux proches de ceLLEux qui ont perduEs unE amiE, un frère ou une sœur, une mère ou un père, une tante, un oncle ou unE cousinE, ou unE conjointE à cause de cette épidémie. Pour tous ces malheureux/euses, ceci est pour vous. A la mémoire de ceLLEux que nous avons perduEs, il est de notre devoir de faire un effort pour provoquer le changement. Nous ne devrions pas rester assiSEs dans la crainte pour nos propres vies et notre bien-être, ou pour la vie et le bien-être de ceLLEux que nous aimons et qui comptent pour nous à cause de la haine qui existe et menace notre sécurité. Nous ne devrions pas faire le deuil de la vie des gens que nous aimons et que nous avons perduEs à cause de la haine et d'actes négligents. Nous devons nous défendre contre celles et ceux qui nous rabaissent et essayent de nous opprimer. Nous devons éclairer les "néophobiques" de ce monde et les aider à prendre conscience du monde vaste et diversifié dans lequel nous vivons, car tant que nous vivons dans la peur, nous vivons dans l'ignorance." Cece Mcdonald "Honee bea", dans sa lettre depuis la prison "Tant que nous vivons dans la peur, nous vivons dans l'ignorance". Cece est une femme transgenre ("MtF") noire, otage du complexe pénitentiaire industriel des états unis d'amérique. Elle est détenue dans la prison pour hommes du conté de Hennepin où elle purge une peine pour "meurtre au deuxieme degrès" pour avoir poignardé à mort son agresseur, en l'occurence un nazi qui l'avait insultée de manière raciste et transphobe puis violemment agressée elle et ses amiEs. Soutenez Cece !!!
‎"Pour la plupart d'entre nous qui ont lutté, au sein de la communauté LGBT, ceci est pour vous. Pour ceLLEux qui ont triomphées de l'idée de se conformer à cette société fasciste haineuse, ceci est pour vous. Mais plus important encore, ceci s'adresse à l'ensemble de nos êtres chèrEs qui ont été victimes de crimes motivés par la haine et la violence domestique, au sein de la communauté LGBT, des hommes et femmes trans en particulier, qui sont isoléEs et ont le pourcentage le plus élevé de victimes de crimes haineux et de violence domestique. Mon amour et mes voeux vont aux familles et aux proches de ceLLEux qui ont perduEs unE amiE, un frère ou une sœur, une mère ou un père, une tante, un oncle ou unE cousinE, ou unE conjointE à cause de cette épidémie. Pour tous ces malheureux/euses, ceci est pour vous.

A la mémoire de ceLLEux que nous avons perduEs, il est de notre devoir de faire un effort pour provoquer le changement. Nous ne devrions pas rester assiSEs dans la crainte pour nos propres vies et notre bien-être, ou pour la vie et le bien-être de ceLLEux que nous aimons et qui comptent pour nous à cause de la haine qui existe et menace notre sécurité. Nous ne devrions pas faire le deuil de la vie des gens que nous aimons et que nous avons perduEs à cause de la haine et d'actes négligents. Nous devons nous défendre contre celles et ceux qui nous rabaissent et essayent de nous opprimer. Nous devons éclairer les "néophobiques" de ce monde et les aider à prendre conscience du monde vaste et diversifié dans lequel nous vivons, car tant que nous vivons dans la peur, nous vivons dans l'ignorance." 

Cece Mcdonald "Honee bea",
dans sa lettre depuis la prison "Tant que nous vivons dans la peur, nous vivons dans l'ignorance". 

Cece est une femme transgenre ("MtF") noire, otage du complexe pénitentiaire industriel des états unis d'amérique. Elle est détenue dans la prison pour hommes du conté de Hennepin où elle purge une peine pour "meurtre au deuxieme degrès" pour avoir poignardé à mort son agresseur, en l'occurence un nazi qui l'avait insultée de manière raciste et transphobe puis violemment agressée elle et ses amiEs. 

Soutenez Cece !!!
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 09:56

Why do women wear high heels?  Because men did.

Men were the first sex to don the shoe. They were adopted by the European aristocracy of the 1600s as a signal of status.  The logic was: only someone who didn’t have to work could possibly go around in such impractical footwear.  (Interestingly, this was the same logic that encouraged footbinding in China.)

Women started wearing heels as a way of trying to appropriate masculine power.  In theBBC article on the topic, Elizabeth Semmelhack, who curates a shoe museum, explains:

In the 1630s you had women cutting their hair, adding epaulettes to their outfits…

They would smoke pipes, they would wear hats that were very masculine. And this is why women adopted the heel — it was in an effort to masculinise their outfits.

The lower classes also began to wear high heels, as fashions typically filter down from elite.

How did the elite respond to imitation from “lesser” people: women and workers?  First, the heels worn by the elite became increasingly high in order to maintain upper class distinction.  And, second, heels were differentiated into two types: fat and skinny. Fat heels were for men, skinny for women.

This is a beautiful illustration of Pierre Bourdieu’s theory of class distinction.  Bourdieu argued that aesthetic choices function as markers of class difference.  Accordingly, the elite will take action to present themselves differently than non-elites, choosing different clothing, food, decor, etc.  Expensive prices help keep certain things the province of elites, allowing them to signify their power; but imitation is inevitable.  Once something no longer effectively differentiates the rich from the rest, the rich will drop it.  This, I argue elsewhere, is why some people care about counterfeit purses (because it’s not about the quality, it’s about the distinction).

Eventually men quit wearing heels because their association with women tainted their power as a status symbol for men.  (This, by the way, is exactly what happened withcheerleading, originally exclusively for men).  With the Enlightenment, which emphasized rationality (i.e., practical footwear), everyone quit wearing high heels.

What brought heels back for women? Pornography.  Mid-nineteenth century pornographers began posing female nudes in high heels, and the rest is history.

Lisa Wade is a professor of sociology at Occidental College. You can follow her on Twitter andFacebook.
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