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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 22:11
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Résistons Ensemble

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:44

Le vendredi 15 février, un détenu de 19 ans est mort à la maison d’arrêt de la santé. Alors qu’il demandait des soins, les matons l’ont laisser agoniser toute la nuit seul dans sa cellule. Encore une personne tuée par la taule, c’est au moins le dixième depuis le début de l’année. Des témoignages sortis de l’intérieur mettent en évidence la responsabilité de l’Administration pénitentiaire.
« On était en promenade tout simplement. Il a eu un malaise. Au moment du malaise, il avait les deux mains dans les poches. C’est à dire qu’il est tombé directement à la renverse. D’une intensité tellement forte que tout le monde s’est retourné au moment du choc entre son crâne et le sol. De là il y a une partie de la promenade qui s’est mise à taper à la porte pour appeler les secours. Il y a une autre partie de la promenade qui s’est occupée de lui et l’ont mis en position latérale de sécurité. Le temps que les secours arrivent il s’est passé un petit quart d’heure. Pendant ce quart d’heure je vais vous dire ce qu’il s’est passé. Il y a le chef de la division qui est venu avec le directeur donc ils ont dit aux détenus de le porter jusqu’à la porte. Certains détenus ont dit au directeur « Mais attendez monsieur le directeur vous voyez bien qu’il est très mal le jeune homme. Il est gris, il est vraiment gris, on peut pas le déplacer, on attend les secours dans la promenade. » Donc le directeur il dit « non non il y a personne qui rentre dans la promenade ramassez moi ça ». Déjà on était choqué, mais on obéit pour le bien du jeune homme. On le transporte à 3, et on l’amène jusqu’à devant la porte de la promenade. Entre la promenade et le bâtiment, il y a un couloir. Donc on le dépose dans le couloir. De là on pensait qu’il allait être pris en charge. Mais en fait il est resté dans le couloir. Il y a d’autres gens qui venaient du parloir et qui ont vu la scène. Le médecin est venu et l’a ausculté sur place. Donc il est jamais parti à l’infirmerie. C’est vraiment super grave, car je voudrais préciser qu’il avait un hématome de la taille d’un œuf. Donc le médecin, il voit si il est inconscient. Il était inconscient… Quelques minutes plus tard il reprend un peu ses esprits. Donc le médecin, qui s’appelle docteur Isidore, mais nous à la santé on l’appelle docteur Strauss en référence à la série H, car ce médecin c’est vraiment un boucher. Il lui donne 2 dolipranes, et lui dit« écoute, monte en cellule, mange bien, tu as juste fait une petite perte de connaissance.

De là il retrouve un peu ces esprits, mais il s’est vomi dessus. Donc il remonte seul, sans accompagnement en cellule, arrivé en cellule, il demande à un surveillant tout gentiment : « Est ce que je peux aller prendre une douche ? » ce qui est refusé. Là on est vers 18-19H, il commence à se plaindre de maux de tête. Tous les soirs vers 20h il y a la première ronde. La ronde passe s’aperçoit qu’il n’est pas bien, ouvre la porte, mais sans plus « tu dois avoir une migraine, attend demain matin. », lui dit « non je vais vraiment mal ». Face à ça d’autres détenus qui sont au courant de ce qui s’est passé en promenade ils disent « écoutez ce jeune homme il ne fait pas de cinéma. Il est vraiment malade. Il est tombé, si il vomit c’est vraiment grave donc ça vous coûte rien d’appeler le 18. Au moins vous vous déchargez de ce qui se passe et puis pour son bien ça coûte rien du tout.
Donc à partir de là les surveillants ils refusent d’appeler, le chef des surveillants il dit « non j’appelle rien c’est juste une migraine ».
Deuxième ronde ils voient que c’est un peu plus sérieux. Qu’est ce qu’ils font ? Il est 22h – 23H du soir, entre temps le jeune il n’arrêtait pas de se plaindre. Il criait le pauvre, de ma cellule je l’entendais, « j’en peux plus, ma tête elle va exploser, j’ai mal ! » Donc en fait il agonisait au pied de sa porte, ils ne le prennaient toujours pas au sérieux.
Et donc si je me rappelle bien il y a une troisième ronde, ils lui ont dit « on va repasser », mais en fait ils ne sont jamais repassés. Donc il agonisait dans sa cellule jusqu’à 3h30 ; de ma cellule je l’entendais pleurer.
Normalement il y a une ronde vers 5h, ce jour là bizarrement il n’y a pas eu de ronde.
Ce qui se passe après c’est que le premier problème c’est que le médecin ne l’a pas ausculté donc il n’y a pas eu de suivi. Le deuxième chose les surveillants ce soir là ils ne voulaient pas se prendre la tête ce soir ils s’amusaient, on les entendait rire dans le couloir entre eux.
Et pour finir à 7h du matin, comme tous les matins, on nous ouvre la porte pour nous annoncer si c’était le premier tour ou le deuxième tour. En fait lui il s’est retrouvé allongé devant sa porte, il n’était pas dans son lit. Et normalement à 5h du matin dès qu’ils passent, ils allument la lumière ils regardent juste si on est sur notre lit ou pas. Donc ce matin là à 5h ils ne sont pas passé donc ils n’ont pas pu donner l’alerte.
Donc à 7h du matin, il est allongé devant la porte. La surveillante ouvre la porte, appelle l’intervention pour que d’autres surveillants viennent, et au lieu de rester près de lui et de s’occuper de lui. Elle déclenche l’alarme et madame continue à faire sa ronde comme si de rien n’était.
[...]On est seul en cellule, car on est en division, à la une.
Nous on en a parlé un peu avec tout le monde et on est vraiment choqués. Depuis samedi le soir, ils passent vraiment et sont vraiment à cheval sur la surveillance.

Nous ce qu’on a fait, on a bloqué une heure symbolique pour dire « ça doit pas arriver ».

Au lieu de remonter à 5h en promenade on est remonter vers 6-6h30. Mais bon le mal est fait, donc il y a pas grand chose à faire d’intelligent donc on est remonté.
Il y a une enquête qui est en cours, les policiers sont venus et ils ont interrogé plusieurs personnes ici, des témoins. Ils ont interrogés ceux qui étaient près de lui à la promenade avec les caméras. »
Je voudrais revenir sur ce qui s’est passé à la promenade, quand le chef et le directeur ils ont dit « ramassez moi ça ! », mot pour mot « ramassez moi ça ! » Vous voyez un peu la connotation de ce qu’on est pour eux. « ramassez moi ça ! ».

Ça nous a tous choqué même à l’heure d’aujourd’hui tout le monde en parle. « ramassez moi ça ! », donc on n’est même plus des êtres humains… on n’est même pas des numéros d’écrous on n’est rien quoi. 
Il était en détention provisoire, mais maintenant en France la présomption d’innocence elle existe pas du tout. On n’est pas là pour juger, mais nous en tant que détenus nous ce qu’on a ressenti, c’est que c’était quelqu’un de respectueux, qui prend la tête à personne, qui rigole, un grand sportif, donc qu’il meurt dans cette circonstance c’est vraiment désastreux, c’est grave.
Après il faut imaginer la famille… quand il meurt en prison comme un chien ! Car c’est comme un chien. C’est grave.

Nous ce qui nous a choqué c’est que les majors, ils ont dit qu’il s’était battu en promenade, pour camoufler l’affaire. Pour faire croire que c’était pas leur faute. Mais il est vraiment tombé seul.  On essaye de se mobiliser pour que ça arrive pas aux autres. On essaye de faire bouger les choses à notre niveau. »

Face aux journaux qui ne font que justifier la prison en revenant sur le profil du détenu.
Face aux mensonges de l’administration pénitentiaire qui prétend une bagarre et occulte sa responsabilité.
Face à la justice qui a ouvert une instruction, dont nous savons par avance qu’il n’y a rien à en attendre.
Il est nécessaire que des témoignages comme celui-ci circulent. * 
Mobilisons-nous pour briser le silence et l’isolement ! Luttons contre l’enfermement.

* Par le biais de l’envolée par exemple :
43 rue de stalingrad 93100 Montreuil ou envoleeradio@yahoo.fr

vous pouvez aussi nous écrire à contrelenfermement@riseup.net

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:15

Rendez-vous Vendredi 8 mars 19h00 devant le Vinci

Frigide au congélo ! Libérez les enfants Courjault !

Ce qui nous file envie de gerber c’est de voir tout ces réac’s et ces fachos, se cacher derrière une pintade pailletée pour dégoiser leur haine des pédés, des gouines ou des trans, sans passer pour des homophobes. Pendant ce temps on entend toujours le même discours sexiste, patriarcal et hétéronormatif dans la rue, au bistrot, au boulot.

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La dépossession de leurs conditions d’existence, pousse les personnes opprimées à se faire flics ou moralisateurs plutôt qu’à se révolter contre l’ordre qui les écrase. Le spectacle, vainqueur magnanime autoriserait aujourd’hui chacun à consommer le mode de vie qui lui convient. En démocratie par ailleurs, on aurait aujourd’hui le droit d’être homosexuel… ce qui est sûr c’est qu’on a le droit d’être homophobe ou transphobe.

Les « anti mariage pour tous » parlent des « droits de l’enfant », et sont les premiers à foutre leurs mômes à la rue quand ils sortent du placard.

Ils et elles manifestent en famille le dimanche pour protéger le fondement de notre civilisation que constituent la famille et le mariage, mais ne seraient pas pour autant homophobes : ils et elles ont des copains pédés, des copines gouines. Et comme ils et elles sont pour la liberté d’expression, ils et elles ont autant d’amis homo que d’amis fachos qui cassent du pédé le samedi soir.

Ils crachent sur les couples homosexuels aux mœurs décadentes, sur la sauvagerie de leur sexualité et trouvent plus civilisée et plus à même d’élever des enfants, la famille chrétienne ou traditionnelle, qui soumet les femmes à la domination patriarcale et qui enferme tout le monde dans la prison du genre.

Et quand la démocraSSie dégoulinante du PS, pour donner l’impression d’un changement à peu de frais, autorise les homosexuelles à se marier, on devrait défendre ce projet de loi sous peine de passer pour des personnes à l’esprit étriqué ?

Nous on pense que le mariage est avant tout une institution réactionnaire que ceux et celles qui se marient soient hétéros ou homosexuelles. Il reste la reconnaissance et l’encadrement d’une union entre deux individus par une puissance supérieure — l’État ou la religion — ou  n’importe quelle autre instance devant laquelle les gens aiment parfois se prosterner.

Le mariage enferme ceux qui se marient dans le couple, fonde la famille « nucléaire » qui est le lieu de la reproduction et de l’intégration des mécanismes de domination dès l’enfance. Chacun des membres de la famille s’y retrouve soumis aux desiderata de celui (en général le patriarche) qui tient les cordons de la bourse. La représentation de la famille sanctuaire, ne fait que masquer la violence des drames qui s’y jouent.

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Le mariage on s’en fout on veut plus de réacs du tout :

Le mariage, pour les extraterrestres, les hétéros ou les homosexuelles, ça regarde ceux et celles qui se marient et la relation qu’ils désirent avoir entre eux. Quant à l’autorité qui est chargée de sacrer l’union, ça peut être les mânes de Marianne, le cul de Jésus, Obiwankenobi ou Sigismund Freud ça change pas grand chose ils sont tous du côté obscur de la force.

Toute forme de domination est notre ennemie et on ne tolère pas l’homophobie ou le sexisme même avec deux doigts d’humour. Il est du ressort de chacun d’explorer ses désirs et de s’approprier son corps comme il l’entend, sans aucune répression morale. Les catégories du pouvoir et les identités de genre que l’on veut nous imposer puent la mort aussi bien quand on est petit que quand on est grand. À chacun la possibilité de choisir son genre, son orientation sexuelle ou de ne rien choisir du tout.

La famille, le mariage, en tant que structures et symboles de la domination hétéro-patriarcale, dans la mesure où ils contribuent à maintenir cette société hiérarchisée en place et à reproduire les conditions de notre aliénation, peuvent crever, on ne s’en portera que mieux.

Laissez vos débats loin de nos ébats…

Des terroristes du genre
Collectif Titanic son père

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:14

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#PortSaid, 7 mars 2013 – vers 19h30

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7 mars – vers minuit

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8 mars – vers 4 heures

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8 mars – vers 7 heures

 

Security source: More than 30 police stations closed in past few hours

Police officers closed more than 30 police stations in the past few hours to protest the way Interior Minister Mohamed Ibrahim is running the ministry, a senior security source at the Interior Ministry said Thursday, state news agency MENA reported.

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Hundreds of low-ranking police officers protest outside headquarters of Alexandria Security Directory, 12 February 2013. Low-ranking police personnel in 10 governorates are staging a sit-in and shutting down security departments to express their rejection of new legislation organizing demonstrations.

The source said in a press statement that police stations in Cairo, Giza, Ismailia, Port Said, Minya, Sohag, Daqahlia, Gharbiya, Sharqiya and Alexandria closed their doors, and many Central Security Forces departments went on strike nationwide.

Security leaders are reviewing the officers’ demands and trying to convince them to return to work, the source said, according to MENA.

Six police stations closed Thursday in Cairo and Giza in solidarity with the strikes in other governorates, according to Al-Masry Al-Youm. The Qasr al-Nil, Old Cairo, Matareya, Nasr City, Shorouk and Dokki police stations all shut their doors.

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Port-Saïd, jeudi 7 mars

Police officers said they would continue to protest until the minister decides they are properly armed to face riots. Officers also demanded Interior Minister Mohamed Ibrahim’s dismissal.

Many policemen have died in clashes with protesters, and they say they were not armed to defend themselves.

Police in Alexandria shut down the security directorate’s gate and held banners that read “Leave, Brotherhood minister” and “The police is in the service of the people, not killers.”

In Media Production City in 6th of October, dozens of police officers demanded a law to protect them from repeated attacks by anti-government protests, and called for equal wages for police officers of all ranks.

Central Security Forces in the Suez Canal and Delta cities, which account for one-fifth of the CSF’s overall forces, have continued their sit-ins and refused to carry out any of their normal activities.

The first of the CSF sit-ins began in the Delta city of Mansoura Tuesday and spread to Suez Canal cities Wednesday, when CSF officers rejected orders to deploy to Port Said to provide backup for security forces that began clashing with anti-government protesters Sunday.

Members of the CSF and other security forces participating in the sit-ins say that they do not want to be involved in handling security incidents in Tahrir Square. The police force in charge of securing the president’s home in Sharqiya also refused to carry out its work Thursday.

Presse contre-révolutionnaire (Edited translation from Al-Masry Al-Youm, EgyptIndependant.com, 7 mars 2013 – 21 heures)

 

Port-Saïd : le chef de la sécurité limogé

Le chef de la sécurité de Port-Saïd, ville du nord-est de l’Égypte agitée par des violences depuis plusieurs semaines, a été limogé, ont indiqué des responsables de la sécurité aujourd’hui. Mohsen Radi a été relevé de ses fonctions à Port-Saïd et transféré à la direction des prisons au Caire “en réponse aux demandes des habitants de Port-Saïd et pour calmer la situation”, a dit l’un de ces responsables.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 6 mars 2013 – 16h30)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:13

Prosecution orders arrest of Black Bloc leaders, investigates sympathetic journalists

Prosecution received several reports from citizens regarding journalists and talkshow hosts

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Gika, center, says he doesn’t want to wait peacefully while the Muslim Brotherhood takes control over all of Egypt. He says the radical opposition Black Bloc was founded “to defend the revolution” and “to protect every revolutionary from attacks by the Muslim Brotherhood and other thugs.”

Prosecutor Hazem Salah ordered the arrest of five individuals suspected of being the founders and leaders of the Egyptian Black Bloc on Thursday morning.

The decision was based on reports received by the prosecution from public security and the intelligence and documentation sectors of the Ministry of Interior, Public Prosecution spokesperson Mostafa Deweidar said in a Thursday statement.

Deweidar added that the prosecution also received several reports and complaints from citizens, with CDs and newspapers attached as evidence, regarding journalists and talkshow hosts who “promote Black Bloc ideology” in their writings and television programs.

Several other Black Bloc members will be arrested soon, said Deweidar, who added that the information was gathered in a joint effort between several agencies, including the General Intelligence Service and the Homeland Security Agency.

A black bloc is a protest tactic adopted by anarchist groups and other protesters in Europe in the 1970s and to a lesser extent in the United States in the 1990s.

It is based on protection of other protesters through engaging the police or other riot squads and does not adhere to non-violent methods. Black Bloc groups have been known to damage property as a way to protest capitalism.

An Egyptian version of the Black Bloc emerged on the political scene earlier this year. Black Bloc members dress in black clothes and don black balaclavas in order to hide their identities.

The Muslim Brotherhood has accused them of attempting to overthrow the regime and of being Coptic Orthodox Christian Church militias.

Presse contre-révolutionnaire (Ahmed Aboul Enein, DailyNewsEgypt.com, 7 mars 2013)

 

(…) Eighteen suspects that are allegedly members of the group were arrested by authorities on 31 January.

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‘Eagles’ black bloc protesters near presidential palace

(…) On 29 January, Prosecutor General Talaat Abdallah ordered police and members of the Armed Forces to arrest anyone suspected of being involved in the group.

State-run news agency MENA reported that Hassan Yassin, a spokesman and head of the Public Prosecution’s technical office, claimed investigators have proof the Black Bloc is carrying out “terrorist activities.”

However, he did not reveal evidence of his claims.

Presse contre-révolutionnaire (Al-Masri Al-Youm via EgyptIndependant.com, 6 mars 2013)

 

Egypt’s Opposition Tactics: Black Bloc Violence vs. Canal City Strikes

From violence to civil disobedience, Egypt’s disparate opposition groups are deploying a variety of tactics in resisting the state.

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Members of the Black Bloc protest group marching in Cairo.

The past month has seen the emergence of two very different approaches to street protests emerge in Egypt.

On the one hand, the use of violence as a means of protest has gained renewed vigour. Port Said erupted into clashes at the end of January after death sentences were issued to 21 people for their role in the deadly football riots the year before. And a new, violent and mysterious protest group called the Black Bloc has emerged in the last few weeks whose predilection for street fighting and aggressive tactics has become well-known.

On the other hand, however, resistance to President Mohammed Morsi’s government is evolving in other ways. Recently in Port Said, although violence has continued, there has also been a marked shift towards organised strikes and civil disobedience.

Masks and Molotovs

On the afternoon of 31 January, a group of protesters wearing gas masks clashed with the police guarding the Semiramis Hotel in Cairo. While the riot police held their ground against the stone-throwing, they charged the demonstrators down when they started throwing Molotov cocktails, sending scores of youths fleeing in every direction.

A member of the group – calling himself ‘Kadir’ – explained their purpose. “We tried to take the hotel before, but we had to leave before we could set it ablaze. We have returned to finish the job and the police mercenaries cannot stop us for forever”, he told to Think Africa Press. He wore the trademark Black Bloc uniform of black clothing and a gas mask.

Kadir’s group walked back to their tent on the edge of the Omar Makram Mosque. But as they approached it, Kadir spotted three men watching them from one of the makeshift cafés scattered around Tahrir Square. Kadir abruptly left his comrades and demanded to see the ID card of a clean cut man with a nice leather jacket sitting at the café. The man in the remained calm as the youths accosted him. “I’m just sitting here having a tea after I finished at the Mogamma”, he explained, pointing at the Soviet-style administration building which dominates the square.

The man’s companions tried to calm Kadir down, but he became increasingly enraged. When he lit the Molotov cocktail he was holding, the man in the leather jacket quickly reached for his ID card. But Kadir threw the card back at him without even looking at it. “Forget the ID card, you look like a spy and here is what I do to the fascists who oppose the people”, Kadir exclaimed, abruptly smashing the Molotov cocktail on the ground a foot away.

Samer, a street vendor in Tahrir Square, who observed the scene commented: “This guy is one of the Black Bloc”. Samer sells surgical masks to protesters eager to ward off the effects of tear gas.

The rise of the Black Bloc

Though a loose franchise, the original Black Bloc had been organising for months on the internet before it finally made its appearance on January 25, the second anniversary of the start revolution which ousted Hosni Mubarak. Assembling down a side-street, the group dramatically appeared en mass into the busiest part of Tahrir. At one point members put their arms on each others’ shoulders to maintain cohesion, before taking their place at the front of clashes with the police on Qasr El-Ayni Street.

Members of the Black Bloc are instantly recognisable from their black masks and outfits but the group has another, less sartorial, trademark for which it has become equally notorious: This new organisation has openly embraced violent confrontation with the police. Struggling to contain the group, Egyptian authorities have tried to paint them as pro-Israeli saboteurs and have labelled them a terrorist organisation.

The Black Bloc was blamed for the original raid on the Semiramis Hotel on January 29. Groups of protesters simultaneously converged on the hotel from several streets, overrunning the hotel’s meagre security. Outside, other protesters meticulously smashed every window of the hotel within stone-throwing range. The hotel’s staff desperately took to the social networking site Twitter and tweeted for help. Scores of youths from Tahrir Square and ambulances arrived on the scene to aid them.

An unidentified member of the Black Bloc told Think Africa Press that its members were at the hotel during the attack, but that their role had been misinterpreted. “The Black Bloc did not participate in the attack on the Semiramis Hotel. Instead we contributed members of the Black Bloc in defence and coping with robbers, and have handed them over to the police and hotel management” [sic - NdJL], the individual said.

Elsewhere that same night, a police vehicle was torched near the US embassy in Cairo and a second vehicle was captured by rioters and driven into Tahrir Square and also torched. Youths in black masks posed for photos on the smoking hulk, threatening Think Africa Press for attempting to capture the scene on film. In the days following the attack on the Semiramis Hotel, Egyptian police announced the arrest of several Black Bloc members – but their aggressive tactics have continued.

Guns are also now increasingly common in confrontations between the police and rioters. In 2011, protesters around Tahrir Square refrained from using firearms – those attempting to were often accosted by their fellow protesters. Yet on January 25, 2013, many frontline protesters held improvised shotguns and crude grenades made from little more than tape and pyrotechnics.

Sabotage and incidences of arson have also increased to new levels. Early in the morning of January 25, an arson attack at the Egyptian Railways Authority gutted several floors of the government building. Witnesses reported they had seen men on motorcycles fleeing the scene. On the same night, another downtown arson attack set off a powerful explosion when a gas tank is believed to have ignited, rocking buildings several blocks away.

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A masked protester lights up a Molotov cocktail during clashes with security forces in Cairo on Jan. 30. At least 60 people have been killed in two weeks of clashes between opposition activists and police.

Calming the waters around Port Said

While violent tactics are increasing in Cairo, however, elsewhere in Egypt a new tactic of choice for confronting the state is emerging. Port Said has been synonymous with violence in recent months, with President Morsi even declaring a state of emergency in the region. In the last week or so, however, Port Said has also switched to a new strategy: civil disobedience.

Media reports suggest that 10,000 people participated in a general strike which ground factories to a close across the city. A number of city officials, teachers, and many of their pupils also joined in the industrial action. While operation of the Suez Canal remains unaffected, there have also been attempts to block access to the railway and Port Said’s harbour – one of the largest on the Mediterranean.

“The recent violence in Port Said is portrayed in the state media in a way that is critical of the people of Port Said”, Max, a pharmacist who has been active in the strikes, told Think Africa Press. “We are portrayed as terrorists who throw Molotov cocktails and stones at the police. Thus, we have changed our tactics to organise action in order to improve our image and attract attention to the fact that there has been no justice for the people of Port Said following the verdict in the stadium riot case.”

The April 6 Movement – arguably Egypt’s most organised opposition group – has been inspired by the example of Port Said and is active in the Canal cities, where it hopes to spread the civil disobedience further. On February 19, the bakeries division of the Ismailia Chamber of Commerce announced it would join the strikers in March.

However, it may be difficult for civil disobedience to broaden out across the country. “While I see messages of support online from Cairo, Alexandria and the other Canal cities, I know it will be difficult to spread civil disobedience there because the people here are primarily inspired by the recent verdict”, said Max.

Indeed, attempts to export these tactics have led to mixed results. Recent efforts by protesters to shut down Cairo’s Sadat metro station – which lies immediately under Tahrir Square – led to fistfights between youths and commuters. Other travellers simply peered down the empty metro tunnels in the direction they were headed, before stepping off the platform, following the tracks into the darkness.

Nevertheless, while Egyptians wait to see how President Morsi can come up with ways to calm the streets in both Cairo and the Canal cities, there is no doubt his opponents’ tactics will continue to evolve.

Presse contre-révolutionnaire (Joseph Hammond, Think Africa Press, 5 mars 2013)

 

Black Bloc and ‘Hooligans’ to head to Nile Delta city to ‘avenge’

Opposition groups Black Bloc and The Hooligans warn they will escalate their tactics; plan to travel to Mansoura to protect protesters and avenge those killed in police-protester clashes

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Black Bloc members in clashes with the police at Qasr El-Nil Bridge in Cairo on 28 January, 2013

Radical opposition groups ‘Black Bloc’ and The ‘Hooligans’ announce they will head to Mansoura city in the Nile Delta where clashes have intensified between protesters and Egyptian police.

Some of the Delta cities including Mansoura are into their sixth day of civil disobedience to protest against President Mohamed Morsi, which has escalated to clashes with police, leaving one dead and dozens injured in the early hours of Saturday morning.

A statement on several Facebook pages under the opposition groups’ names reads that they will go to Mansoura on Saturday “not [to participate] in a civil disobedience, but to protect [people's] blood and avenge the bodies that were dragged on the ground.

“We promise you that you will see a different [approach] from us… but you are the ones who forced us [into this].”

“You will see among us youth who will go to death, like you rush for life; for us martyrdom is sacred… Wait for [our anarchy] soon,” they warned.

The Black Bloc first appeared in January as a radical opposition group of young protesters on the second anniversary of the January 25 Revolution.

They participated in anti-government demonstrations and were known for blocking roadways and metro lines.

At one point, Prosecutor-General Talaat Abdallah ordered the arrest of members of the group as part of the investigations on “sabotage, rioting and intimidation of citizens.”

The clashes broke out in Mansoura after riot police reportedly fired tear gas at protesters at the Daqahliya governorate headquarters.

The calls for civil disobedience have led to protests and clashes in Egypt’s Suez Canal cities, Port Said, Ismailia and Suez and recently the Delta cities of Mahallah and Mansoura.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 2 mars 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:13

Égypte : Armée, sauve-nous ?!

Mahmoud Salem, un blogueur et activiste, se moque dans cet édito de ce fantasme de l’armée salvatrice.

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Le “groupe tiers” ou la “main de l’étranger” ou les “groupes de voyous indéterminés” sont extrêmement populaires et servent de boucs émissaires à toutes les erreurs du gouvernement, des forces de l’ordre, de l’armée, et ce de manière récurrente, et tous les médias locaux le reprennent — et la rhétorique n’a pas changé avec l’accession des Frères musulmans au pouvoir.”

L’armée est considérée par certains, ces derniers temps, comme un sauveur, un deus ex machina qui pourrait mettre fin aux crises politiques et économiques que traverse l’Égypte, en attrapant les Frères musulmans pour les remettre dans les prisons dont ils n’auraient jamais dû sortir, selon eux. Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains révolutionnaires soutiennent ce point de vue. À la décharge de ceux qui prônent une telle solution, il faut admettre qu’il y a de quoi perdre son son sang-froid devant l’impression de grand n’importe quoi que nous donne l’actualité égyptienne : Port-Saïd en ébullition avec des morts et des centaines de blessés, rumeurs de kidnapping par la police secrète, de police et d’armée qui se tirent dessus (ah non pardon, c’est le fameux « groupe armé non identifié » qui fait ça exprès pour les embêter), gouvernement qui frise l’incompétence, opposition qui refuse de discuter, économie en chute libre, pénurie de gaz, retard des salaires… on va s’arrêter là.

Jeudi dernier, sur les sites web des journaux, on pouvait admirer une photo de l’ambassadrice américaine en Égypte, Anne Patterson, qui fêtait an mangeant des fraises l’autorisation par les États-Unis des importations de fraises égyptiennes.

Le même jour, on pouvait admirer une photo souriante du secrétaire d’Etat à la Défense, Abdel Fattah Al-Sisi, qui fêtait avec d’autres généraux cette grande victoire militaire qu’est la ré-ouverture de la buanderie de l’académie militaire égyptienne.

Deux jours avant, c’était une photo du juge Tahany el Gebaly, exemple-chef de la Cour suprême constitutionnelle, en train de réclamer, aux côtés d’hommes politiques de l’opposition, l’intervention de l’armée pour ôter le pouvoir aux Frères musulmans.

Cinquante nuances de Grey fait pâle figure à côté des doses de masochisme qu’on s’inflige chaque matin en lisant les nouvelles dans ce pays.

L’idée du retour au pouvoir de l’armée par un coup d’État contre Morsi devient très populaire, particulièrement dans les cercles non politisés. À tout le moins, c’est un indicateur de la déception de l’Égyptien moyen vis-à-vis des Frères musulmans et de l’opposition.

Alors que l’on voit l’État disparaître et une apocalypse économique s’annoncer, certains idéalisent l’époque où le Conseil militaire était au pouvoir.

Que des révolutionnaires et des conservateurs soutiennent l’idée est hilarant. Parce que, attendez un instant, voyons à quoi ça rime.

Chère armée,

Pourrais-tu s’il te plaît renverser Morsi, au risque d’entamer une guerre civile avec les islamistes, mais surtout ne pas revenir au pouvoir après ? Et pendant que tu y es, ça serait sympa d’arrêter de faire passer les civils devant des tribunaux militaires. Ah, et aussi ça serait bien qu’on puisse examiner ton financement. Et si on pouvait aussi élire un civil pour te diriger ?

Ca sera tout, promis.

Bisous,
les révolutionnaires.

Quant aux conservateurs, ils s’imaginent que l’armée est une institution patriotique qui s’inquiète principalement de la sécurité du pays, laquelle est menacée par ces jihadistes islamistes en liberté dans le pays et la « frérisation » de l’armée. Ils croient donc, par des « sources militaires anonymes » que l’armée veut renverser Morsi – à compter qu’elle ait le soutien du peuple. Bref, après l’armée pourra arrêter (ou tuer, on n’est pas à ça près) les Frères musulmans et les salafistes, et mettre au pouvoir des civils.

C’est peut-être lorsque le Conseil militaire était au pouvoir que les jihadistes armés sont revenus en masse, mais tant pis. C’est lorsqu’il était au pouvoir qu’ils ont fait rentrer des armes en contrebande dans le pays. Et aussi l’armée ne s’est pas opposée à une Constitution qui fait disparaître l’article mentionnant l’interdiction des milices civiles.

Mais pourquoi l’armée ferait-elle ça ? Elle bénéficie de l’opacité de son financement et ses possessions et son approvisionnement par les États-Unis ne semble pas menacé.

Même si elle n’aime pas les Frères, il est plus judicieux pour elle de les laisser se débrouiller avec ces râleurs d’Égyptiens, les laisser se planter, et garder leur statut de sauveur.

Pour couronner le tout, la génération actuellement à la tête du Conseil militaire n’a jamais fait de vraie guerre, elle ne serait pas prête à lancer une guerre civile. Tantawi et Enan avaient participé à de vraies guerres, c’est peut-être pourquoi le massacre collatéral de manifestants ici et là ne leur faisait ni chaud ni froid.

La génération actuelle a grandi en même temps que l’empire économique de l’armée, et elle bénéficie d’une compagnie qui ne paie pas d’impôts, où les employés peuvent être mis en prison s’ils font mal leur boulot, et peuvent la défendre militairement, et qui est auto-suffisante. C’est ce dont tout patron rêverait. Pourquoi l’armée quitterait-elle ce boulot de rêve pour venir diriger cette société où les employés ne sont jamais contents, toujours en grève, passent leur temps à se disputer entre eux et refusent d’obéir ? Ça vous tenterait, vous ?!

Presse contre-révolutionnaire (traduit et adapté du texte de Mahmoud Salem publié sur DailyNewsEgypt le 4 mars 2013, Sophie Anmuth, blog.SlateAfrique.com)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:12

La tension monte d’un cran à Laghouat
Les chômeurs excédés par le harcèlement judiciaire

Pour avoir organisé un sit-in devant le bureau de main-d’œuvre local, 23 chômeurs de Laghouat sont accusés « d’attroupement illégal, d’incitation à attroupement et de destruction de biens d’autrui ». Les peines requises pour des faits, somme toute, mineurs vont d’une année à 5 ans de prison ferme.

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Les chômeurs du Sud ont battu le rappel des troupes. Ils sont venus de Ouargla, Oued Souf, Ghardaïa, El Bayadh, Oued Rhiou, Relizane et Touggourt pour apporter leur soutien à leurs camarades qui ont comparu, hier, devant le juge du tribunal de Laghouat. Ils ont dû racler leurs fonds de poche pour se payer un billet de bus et le seul sandwich de la journée, mais ils sont là à donner de la voix, de bon matin, en face d’un tribunal transformé en forteresse imprenable par des escouades de policiers au regard soupçonneux et scrutateur.

Pour le gîte, la solidarité s’est organisée à leur arrivée, la veille au soir. Chaque chômeur de Laghouat a pris en charge un ou deux camarades d’infortune.

La fameuse hospitalité des gens du Sud les a également poussés à cotiser pour offrir un délicieux couscous aux truffes et un thé avec des cacahuètes à leurs hôtes.

Massés sur le trottoir en face du tribunal, banderoles et emblème national déployés, ils crient leur rejet de l’exclusion et de l’injustice sous toutes ses formes. Ils revendiquent principalement leur droit inaliénable à un emploi, mais aussi l’arrêt des brutalités policières et des arrestations qu’ils n’arrêtent pas de subir. Hier matin, donc, ils tenaient un sit-in de soutien à l’heure où leurs camarades étaient appelés à la barre.

Diplômes brûlés

Les contrôles policiers à l’entrée du palais de justice sont stricts et rigoureux. La présence d’un journaliste d’El Watan est franchement indésirable. L’accès nous est refusé aux grilles du palais, une première fois, puis à l’entrée de la salle d’audience par des agents particulièrement zélés. Il a fallu parlementer longtemps et surtout se montrer ferme en demandant aux policiers d’assumer la responsabilité d’un refus injustifié pour qu’on daigne enfin nous accorder le fameux sésame.

À l’intérieur de la salle d’audience, ils sont 23 prévenus à s’entendre dire par le juge qu’ils sont accusés « d’attroupement, d’incitation à attroupement et de destruction de bien d’autrui ». En fait de destruction, il s’agit du démantèlement de la grille en fer forgé de l’Agence nationale pour l’emploi (ANEM).

La genèse de l’affaire remonte au 20 février denier lorsque des dizaines de chômeurs s’étaient rassemblés devant les locaux du bureau de main-d’œuvre local. La veille, un autre rassemblement avait eu lieu au même endroit. Des chômeurs, universitaires pour la plupart, avaient brûlé publiquement leurs diplômes. Hier, le rassemblement qui était pourtant pacifique, a fait l’objet d’un assaut de la part de policiers qui n’ont pas hésité à se jeter à bras raccourcis sur les protestataires. Sans sommation et sans leur intimer l’ordre de se disperser, comme auront à le souligner au cours de l’audience leurs avocats.

Les policiers, comme à leur habitude, oserions-nous dire, chargent les protestataires à coups de matraque, de coups de poing et de pied.

Les coups et les insultes ayant trait à l’honneur des mères et des sœurs n’ont cessé de pleuvoir dru sur les chômeurs.

On arrête également à tour de bras. Selon des témoignages que nous avons recueillis auprès des concernés, les brutalités se sont poursuivies au commissariat de la ville. Pis encore, aucun des citoyens brutalisés ne pourra se faire établir de certificat médical, même ceux qui seront conduits plus tard à l’hôpital. Pour aller jusqu’au bout de l’arbitraire, le médecin légiste, habilité à faire les constats de brutalités physiques et à fournir des certificats médicaux, est poussé à prendre un congé.

Pour le procureur de la République, aucun des prévenus n’a témoigné avoir subi des violences physiques. Les procès-verbaux qu’ils ont signés dans le commissariat de police ne mentionnent nullement les brutalités… policières. « Amn dhalem, sidi errais ! », « une police injuste Monsieur le président ! », criera l’un des prévenus à l’adresse du juge.

À l’issue de l’audience des prévenus, qui aura duré un peu plus de quatre heures, c’est le procureur qui crée la surprise en demandant des peines de cinq ans à une année de prison ferme.

Rendez-vous demain à … Hassi Messaoud

Les prévenus ont reçu le soutien du bureau local de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) qui a mis à leur disposition des avocats venus des quatre coins du pays. Présent à l’audience, Yacine Zaïd, figure emblématique des luttes syndicales et des droits de l’homme, n’a cessé de déployer des efforts depuis des jours et des semaines pour porter assistance aux prévenus.

Les avocats montent au front les uns après les autres pour démonter les accusations pièce par pièce. Les plaidoiries sont souvent brillantes et passionnées. « De statut de victimes de l’administration et de l’injustice sociale, ces hommes qui n’ont fait que réclamer un droit garanti par la Constitution se retrouvent au banc des accusés », dira l’un des avocats.

En fin d’après-midi, le juge met le verdict en délibéré jusqu’au 12 mars pour les prévenus, divisés en deux groupes distincts. À cause d’un couteau qu’on aurait, soi-disant, retrouvé sur eux, les accusés du premier groupe repartent menottés dans leurs cellules. Dehors, les autres chômeurs remballent leurs banderoles et leur mégaphone. Ils se donnent rendez-vous demain, à Hassi Messaoud.

Selon maître Ahmim Noureddine, avocat de la partie civile, ce procès comporte deux aberrations. Pour les deux groupes de prévenus, ceux qui sont toujours détenus et ceux qui comparaissaient librement, le procureur a requis des peines d’emprisonnement de cinq ans de prison ferme pour le premier groupe et d’une année de prison ferme pour le deuxième.

Et pourtant, il s’agit des mêmes chefs d’accusation à la virgule près. La deuxième aberration est que ces peines excèdent la limite prévue par la loi dans de tels cas et qui est de 6 mois à 3 ans de prison. « 5 ans de prison ferme c’est bien au-delà de ce qui est prévu par la loi », s’indigne l’avocat.

Aujourd’hui, un autre groupe de 19 chômeurs comparaît devant le juge à Hassi Messaoud. Ainsi donc, au moment où les scandales de corruption au sein de Sonatrach montrent comment des milliards de dollars partent en pots-de-vin, la justice accuse les chômeurs du Sud d’avoir réclamé du travail. Ironie du sort, eux qui ont vu toutes les portes se fermer devant eux se retrouvent accusés d’en avoir forcé une…

Leur presse (Djamel Alilat, envoyé spécial à Laghouat, ElWatan.com, 6 mars 2013)

 

Transfert et blanchiment d’argent
Des responsables algériens dans le collimateur

Les services de sécurité algériens enquêteraient sur d’importants transferts d’argent vers l’étranger par de hauts cadres de l’État entre 2008 et 2012, selon les révélations du journal arabophone El Khabar.

Les enquêteurs algériens auraient, grâce à l’aide des services concernés dans les pays européens, dont l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre, obtenu des informations « détaillées » sur les comptes bancaires et les biens immobiliers détenus par nombre de cadres algériens dans certaines capitales européennes, écrit le même journal dans son édition d’hier. SelonEl Khabar, l’Office central pour la lutte contre la corruption aurait été destinataire d’un dossier « explosif ». Ces cadres auraient « cédé leurs biens en Algérie sans déclarer leur valeur réelle auprès des services des impôts » puis, avec l’aide de médiateurs occidentaux, « transféré ces sommes d’argent sur des comptes en devises pour acheter des dizaines de biens immobiliers de luxe », rapporte El Khabar.

Le journal cite le cas du fils d’un responsable algérien qui aurait pu acquérir, à travers une société aux îles Caïman, un immeuble de trois étages, d’une valeur de 744 milliards de centimes, dans une tour située dans le fameux quartier de Hyde Park, à Londres (Angleterre), à quelques encablures de la demeure de cheikh Mohamed Bin Saoud Sultan Al Qasimi, membre de la famille régnante d’un des Émirats arabes unis. Les mêmes sources, rapporte encore le journal, évoquent les cas du propriétaire d’une entreprise de presse dans l’Ouest algérien et d’un ancien maire qui se seraient offert un hôtel à Paris et plusieurs appartements dans d’autres régions. Le journal révèle encore que les enquêtes toucheraient d’autres personnalités.

Celles-ci devraient être poursuivies par la justice après l’identification de la provenance de ces fonds, issus essentiellement de pots-de-vin, de transactions frauduleuses et d’activités de blanchiment. À rappeler que ces informations interviennent au moment où l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil, fait l’objet de plaintes déposées par deux associations à Paris, l’accusant de détournement et de blanchiment d’argent public en France.

Leur presse (Hocine Lamriben, ElWatan.com, 7 mars 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:11
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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:11

Une mutinerie a éclaté ce jeudi 21 février vers 09H00 du matin dans la Prison de Haute Sécurité Nélson Hungria à Contagem, en périphérie de Belo Horizonte. La rébellion aurait commencé par la prise en otage d’un agent pénitentiaire ainsi que d’une enseignante qui travaille dans la prison. Une centaine de détenus auraient participé à l’action.

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Le pénitencier a vite été encerclé par un important contingent de la police militaire suivie par le Groupement d’Action Tactiques Spéciales chargé des « négociations ».  Certains détenus ont investis le toit de la prison et arrachés une partie de la toiture tandis que des matelas étaient brûlés dans la cour. Dans la cour du Pavillon 1, où a eu lieu la révolte, les mots « oppression » et « système » ont été écrits sur le sol à l’aide de draps. Tandis que quelques détenus ont tentés de quitter le Pavillon par le toit à l’aide de cordes improvisées, la police a usé de « grenades à effet moral » afin de dissuader  la tentative d’évasion.

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Au travers du talkie-walkie du maton pris en otage, les mutins ont exprimés leurs revendications. Celles-ci concernaient surtout l’assouplissement du règlement encadrant les visites. Les mutins demandaient notamment la fin du passage obligatoire par les rayons X pour les visiteurs, qui empêchait l’entrée de femmes enceintes. Le départ du nouveau directeur de la prison figurait aussi parmi les principales revendications. « La première revendication c’est le départ de la direction de la prison, sans ça on va pas se calmer » aurait dit l’un deux. L’actuel directeur de la prison a adopté récemment un nouveau règlement qui réduit fortement les possibilités de visites.

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Dans la nuit du jeudi au vendredi, un bus a été brûlé après avoir été vidé de ses passagers près du quartier California, en soutien aux mutins.

La mutinerie a pris fin dans la journée du vendredi. Les mutins ont libérés les otages après avoir mis par écrit leurs revendications, en ajoutant parmi elles l’absence de représailles à l’égard des détenus ayant participé à la rébellion. Ils ont aussi demandé à ce qu’aucun d’entre eux ne soit transféré vers un autre pavillon. La direction du pénitencier aurait accepté d’assouplir les horaires de visites ainsi que de permettre aux femmes enceintes d’accéder au parloir sans passer par les rayons X. Elle a par contre refusé l’éloignement du nouveau directeur.

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Ce type de révolte est récurrent dans l’histoire du système carcéral brésilien, au début du mois une révolte similaire a eu lieu dans la prison de Arroio dos Ratos, près de Porto Alegre. En mai de l’année dernière, trois pénitenciers avaient été secoués simultanément par des révoltes dans la ville de Joao Pessoa.

Sources : em.com.br • g1.globo.com

Un correspondant du Jura Libertaire, le 23 février 2013

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:10

La mort d’un chef d’État bourgeois

Il n’est pas dans les habitudes de l’Initiative Communiste-Ouvrière de commenter les décès des “grands de ce monde”. Mais avec la mort d’Hugo Chavez, de nombreux groupes, partis et organisations de la gauche radicale ou même de l’extrême-gauche multiplient les communiqués pour saluer « le révolutionnaire », et au mieux, lorsque des critiques sont formulées comme son soutien aux dictatures de Libye, de Syrie ou d’Iran, elles sont faites comme si le président vénézuélien avait été « un camarade avec qui on avait des divergences ».

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Non, Hugo Chavez n’était pas de notre camp, celui des travailleurs. La base de son opposition aux États-Unis, qui plait tant à la gauche anti-impérialiste, était celle du nationalisme, c’est-à-dire une opposition verbale à des dirigeants de multinationales américaines pour mieux défendre les intérêts de la bourgeoisie nationale vénézuélienne. Au-delà des discours populistes et anti-impérialistes, l’État géré par Hugo Chavez a toujours su s’en prendre avec violences aux militants ouvriers et en particulier à ceux qui luttent pour des syndicats indépendants de l’appareil d’État et du patronat. Comme dans les autres pays du monde, l’appareil d’État au Venezuela, dirigé par Chavez, est toujours resté un instrument de la bourgeoisie tourné avant tout contre la classe ouvrière.

Pour nous, travailleuses et travailleurs, il n’y a pas de larmes à verser sur la mort d’un chef d’État bourgeois, que ce soit en Europe, en Amérique Latine ou ailleurs. Nous avons déjà bien assez de larmes à verser pour celles et ceux de notre classe qui meurent chaque jour sous les coups de la répression ou brisés par l’oppression quotidienne de l’exploitation capitaliste.

Initiative communiste-ouvrière, 7 mars 2013

 

L’assassinat de Sabino Romero

Dans la nuit du 3 mars 2013 sur la route de Chaktapa, a été assassiné dans la Montagne du Perijá (état de Zulia), le “cacique” (chef indien) yukpa Sabino Romero, connu pour sa défense des droits du peuple yukpa.

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Depuis le 13 novembre 2003, date à laquelle le président Hugo Chavez annonça dans El Menito, Lagunillas, la multiplication par trois de l’exploitation du charbon à 36 millions de tonnes annuelles dans les territoires habités par différentes ethnies aborigènes, Sabino Romero forma partie des communautés indigènes qui se mobilisèrent pour refuser les conséquences sur ses territoires de l’expansion de la mégaminerie dans la région. La lutte de Sabino avait pour objectif l’obtention de la démarcation et titulariat des territoires indigènes. Pour obtenir cela il réalisa différentes mobilisations, tant dans l’état de Zulia comme à Caracas, utilisant différentes méthodes de lutte, comme l’action directe et l’occupation de terres indigènes aux mains des éleveurs de bétail.

Les niveaux d’autonomie de Sabino Romero dans sa lutte motivèrent une stratégie partagée entre tous les facteurs de pouvoir régionaux et nationaux intéressés à continuer l’exploitation des terres indigènes. En 2009, deux communautés, l’une d’elles avec Sabino Romero, occupèrent une ferme en Chaktapa, Zulia, pour dénoncer le blocage du processus de démarcation. L’exécutif national mis en place une stratégie pour diviser les occupants, et dans un acte très obscur, trois indigènes furent assassinés. Cela fut l’excuse parfaite pour reprendre militairement la ferme et criminaliser Sabino Romero, qui resta 18 mois en prison accusé d’homicide pour ce fait… Pendant ce temps, les éleveurs de bétail l’accusaient d’être un voleur de bétail et les moyens d’information privés de la région intensifiaient la guerre sale contre la lutte indigène, avec l’appui de leurs alliés à Caracas : le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Tareck El Aissami, et la ministre des peuples indigènes, Nicia Maldonado. Et pendant que le chavisme autocratisé faisait distraction sur la lutte indigène avec délations, excuses et spectacles médiatiques chaque 12 octobre, d’autres secteurs du chavisme isolaient Sabino Romero et les yukpas de la solidarité d’autres mouvements sociaux et révolutionnaires indépendants du contrôle de Miraflores, le Palais Présidentiel. La stratégie, depuis tous ces fronts, était réalisée par tous et pour chacun des bénéficiaires de l’économie primaire exportatrice de minéraux et énergie dans le pays.

L’assassinat d’un militant yukpa est déguisé sous des versions officielles qui tentent de cacher les vrais responsables. Ces versions sont amplifiées par le journal officiel Panorama, connu pour ses généreux encarts publicitaires reçus par les corporations de l’État PDVSA, Corpozulia et Carbozulia, et avalisées par les organismes policiers et militaires, les mêmes qui ont harcelé les communautés indigènes de la Montagne du Perijá en complicité avec les éleveurs de bétail de la zone. Il est très significatif que le plan d’assassinat que Sabino avait dénoncé ait été perpétré maintenant que l’État de Zulia est sous le contrôle politique des bolivariens. Comme dans le cas d’autres militants sociaux assassinés, les scandales médiatiques officiels seront une carte blanche pour l’impunité.

La lutte de Sabino Romero affrontait, de fond, le modèle de développement basé sur l’extraction et commercialisation de ressources pétrolières, de gaz et de minéraux sur le marché mondial, rôle assigné au Venezuela par la globalisation économique. Le capitalisme pétrolier étatique laisse de côté les conséquences sur le milieu naturel, de même que sur les communautés paysannes et indigènes. La vraie cause de l’arrêt de la démarcation et dévolution des terres indigènes est que dans ces terres se trouvent les ressources minérales pour être exportées. C’est pour cela que la résistance de Sabino était une résistance au modèle extractif. C’est pour cela qu’il fallait le faire disparaître, de n’importe quelle manière. C’est pour cela qu’il y a déjà 13 yukpas morts, assassinats restés impunis jusqu’à aujourd’hui. Et comme le démontra le jugement contre les organisations qui apportaient leur appui à cette lutte (Homoetnatura et Provea), il fallait leur enlever tous les appuis possibles.

Depuis El Libertario, nous dénonçons l’assassinat de Sabino Romero et nous continuerons à diffuser les luttes indigènes et les luttes sociales avec des niveaux d’autonomie. Sabino forme partie maintenant de la liste de combattants assassinés pendant le gouvernement bolivarien pour défendre leurs droits, à coté de Mijaíl Martínez, Luis Hernández, Richard Gallardo et Carlos Requena.

L’unique polarisation sociale et politique que nous les anarchistes nous reconnaissons est celle qui existe entre ceux qui gouvernent et ceux qui obéissent, entre puissants et faibles, patrons et travailleurs, enfin, entre victimes et bourreaux. C’est pour cela que nous ne demanderons rien aux bourreaux. Nous n’attendons rien de leur parodie de Justice, ni des larmes de crocodile des bureaucrates qui ont conduit Sabino à la mort. Comme hier, aujourd’hui et demain, nous continuerons à être mobilisés avec tous ceux qui luttent dans le pays contre le pouvoir, jusqu’au jour où le sang des nôtres pourra être revendiqué publiquement.

Journal El Libertario, 4 mars 2013

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A L’assaut Du Ciel!

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