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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:09

Soirée discussion autour de la punition et l’enfermement

Vendredi 15 mars – 19h30 – Entrée et adhésion à prix libre
Espace autogéré la Gueule noire – 16, rue du Mont, 42000 Saint-Étienne

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« Pourquoi faudrait-il punir? »

Lorsqu’un individu contrevient aux codes, lois et règlements d’une société, il paraît aujourd’hui évident de le sanctionner. Le Code Pénal dresse la liste des comportements interdits ainsi que l’échelle des peines pour les infractions, délits et crimes commis, en fonction de leur nature et gravité. Dans la famille ou à l’école, punitions, sanctions et châtiments servent pour éduquer l’enfant à devenir adulte. « Pourquoi faudrait-il punir ? » La question paraît hors de propos voire même provocatrice.

Pourtant, malgré les virages récents vers le tout sécuritaire des gouvernements de toute la planète, les méfaits, violences, crimes et délits continuent de se perpétrer. Il apparaît aujourd’hui que nos sociétés contemporaines sont happées par des spirales sécuritaires vertigineuses qui viennent entraver et triturer nos réalités quotidiennes. On peut donc s’interroger, au fond, punitions et châtiments permettent-ils d’enrayer les cycles d’infractions, délits et crimes ?

En osant questionner l’évidence de la punition, Catherine Baker ouvre des portes pour nous éclairer sur les fondements même de nos sociétés et nous pousse à réfléchir intimement à d’autres types de comportements pour oser fonder des sociétés libérées.

Le collectif Manuela Rodriguez qui lutte contre tous les enfermements et plus particulièrement contre le système carcéral, propose une soirée de discussion sur le thème de la punition en compagnie de Catherine Baker qui réfléchit depuis des années sur la sanction et son application.

Catherine Baker est l’auteure de nombreux ouvrages dont Insoumission à l’école obligatoire (Tahin Party, 2006), L’abolition de la prison (Ravin bleu, 1995), Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal (Tahin Party, 2004).

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:08
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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:07

Grève générale à Hansha

Les habitants de la « Hansha » (gouvernorat de Sfax) sont entrés ce jeudi en grève générale. Cette grève intervient en guise de protestation contre le laxisme des autorités de la marine à retrouver les corps des pêcheurs disparus au large.

Les protestataires ont entamé mardi dernier un sit-in et ont procédé au blocage des routes.

Les tensions sont montées crescendo depuis la semaine dernière et ont franchi un nouveau seuil ce jeudi. Selon notre correspondant dans la région, la vie économique était quasiment paralysée ce matin, seuls les hôpitaux et les boulangeries étaient en service ; même les lycéens qui passent en ce moment leurs examens du deuxième trimestre n’ont pas pu gagner leurs écoles.

Les familles des disparus réclament coûte que coûte le repêchage des victimes, a ajouté notre correspondant.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 mars 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:07

Le groupe chimique tunisien à l’arrêt

Les activités des unités  du groupe chimique tunisien à Tunis, Sfax, Gafsa et Gabès sont à l’arrêt ce jeudi 07 mars en marge d’un sit-in entamé depuis hier par les employés du groupe.

Protestant contre la non-application des accords conclus avec le ministère de l’industrie, le secrétaire général de la fédération tunisienne du pétrole et des produits chimiques, Faouzi Chibani a précisé que ce sit-in intervient suite au refus du ministère de l’industrie de signer l’accord qui a été passé entre les instances syndicales et l’administration sur l’augmentation des salaires des employés pour l’année 2012.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 mars 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:06

Goodyear : des policiers blessés et un manifestant interpellé

Le rassemblement de plusieurs centaines de salariés de Goodyear, à l’occasion du comité central d’entreprise (CCE) sur la fermeture de l’usine d’Amiens nord, a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Dix-neuf policiers ont été blessés, jeudi 7 mars, lors d’échauffourées entre les forces de l’ordre et plusieurs centaines de salariés de Goodyear devant le siège de l’entreprise à Rueil-Malmaison, et une personne a été interpellée.

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Au milieu d’un énorme panache de fumée noire, des salariés ont commencé à jeter divers projectiles, notamment des pneus enflammés, sur les CRS qui bloquaient l’accès au site des Hauts-de-Seine avec des véhicules antiémeutes et qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. La personne interpellée l’a été “pour jets de projectiles sur des forces de l’ordre et participation à un attroupement armé”, a précisé une source policière.

Un CCE sur le projet de fermeture de l’usine Amiens-Nord s’est ouvert jeudi matin au siège de Goodyear, sur le projet de fermeture de l’usine d’Amiens nord, six ans après les premières annonces concernant la restructuration du site. Un second CCE, extraordinaire celui-là, est prévu dans l’après-midi. Le CCE ordinaire doit détailler “la présentation du rapport de l’expert Secafi mandaté par le CCE, les mesures d’accompagnement social et l’analyse économique autour du projet de restructuration”, selon la direction. Le rapport Secafi envisage des mesures alternatives, alors que la direction a annoncé fin janvier la fermeture de l’usine d’Amiens nord, menaçant 1173 emplois.

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“RAPPORT CATASTROPHIQUE”

Mickaël Wamen, secrétaire général CGT à Amiens nord et élu au CCE, a évoqué “un rapport catastrophique”. Il a affirmé qu’il allait “voter des délibérations pour que le plan social soit annulé le plus vite possible”. “Il y a six ans jour pour jour, on nous a annoncé la fermeture du site et il n’y a pas eu un seul licenciement”, a-t-il insisté. La CFDT défend de son côté “des propositions alternatives à l’appui du rapport de l’expert”, notamment “la piste éventuelle d’un repreneur” et d’”un plan de départs volontaires qui pourrait concerner environ 400 personnes jusqu’à 56 ans”, a indiqué Didier Raynaud, élu CFDT au CCE.

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Mickaël Wamen

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Presse esclavagiste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 7 mars 2013 – 14h44)

 

Goodyear : six salariés blessés

En plus des dix-neuf policiers blessés dans les échauffourées entre forces de l’ordre et salariés de Goodyear, la FNIC-CGT fait état de six salariés blessés, dont deux avec arrêt de travail de 14 jours, victimes d’un « déchaînement de violences policières ».

« Non seulement la violence patronale jette des centaines de familles dans le désarroi, mais aujourd’hui le gouvernement a choisi son camp, celui du capital contre celui des travailleurs », écrit le syndicat dans un communiqué.

Goodyear juge pour sa part « inadmissibles » les actes de violence qui se sont déroulés en marge du CCE. « Nous tenons à souligner que seul le dialogue social permettra des discussions constructives et la création des meilleures conditions pour trouver des solutions adaptées pour les salariés d’Amiens Nord », écrit Henry Dumortier [sic - NdJL], directeur général de Goodyear Dunlop Tires France.

Presse esclavagiste (LeFigaro.fr avec Reuters, 7 mars 2013)

 

Goodyear Amiens-Nord : la CGT veut créer une Scop

Le syndicat a annoncé, par la voix de son avocat, son intention de reprendre l’usine par le biais d’une société coopérative et participative.

La CGT, syndicat majoritaire à l’usine Goodyear, d’Amiens-Nord a annoncé, mardi 26 février, par la voix de son avocat, son intention de créer une Scop (société coopérative et participative) pour reprendre l’usine en lieu et place de l’américain Titan International.

“On a travaillé à la possibilité de créer une Scop pour réaliser exactement le même projet que celui qui devait être mis en oeuvre par Titan”, a annoncé l’avocat Fiodor Rilov aux salariés rassemblés sur le parking de l’usine avant de manifester.

Le groupe américain Titan International, un temps pressenti pour reprendre l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, avait finalement renoncé à ce projet. “Ce projet ne pourra se mettre en place que si une immense majorité des salariés de cette usine décide de s’en emparer”, a ajouté l’avocat. Pour lui, “le projet de Titan avait un seul défaut : il était porté par Titan (…) qui refusait de signer un engagement sur la production”.

“Cette usine existera tant qu’on y croira”

Ce rassemblement des salariés de Goodyear à l’appel de la CGT n’est que le début d’une “journée de lutte” pour protester contre le projet de fermeture du site d’Amiens-Nord, qui emploie actuellement 1.173 salariés. Une réunion doit se tenir “la semaine prochaine ou dans quinze jours” pour évoquer le projet de Scop, a indiqué le représentant de la CGT, Mickaël Wamen.

“L’activité de pneus agraires est parmi les plus rentables pour Goodyear, qui fait des profits colossaux”, a estimé Me Rilov. “Il y a une possibilité économique de poursuivre cette activité dans le cadre d’une Scop: il n’y a pas de contestation possible”, a estimé l’avocat, à une condition toutefois : “Goodyear doit accepter de donner à une éventuelle Scop (…) tout ce qu’il était prêt à livrer gratuitement à Titan”

“S’ils nous disent non, il va falloir qu’ils expliquent au juge pourquoi ils préfèrent licencier 1.200 personnes”, a poursuivi le conseil de la CGT, devant quelque 300 salariés de Goodyear. “Cette usine existera tant qu’on y croira”, a estimé Mickaël Wamen.

Presse esclavagiste (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 26 février 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:05

Le régime de Chavez semble méconnu. La révolution bolivarienne s’apparente moins à un socialisme du XXIe siècle qu’à une bureaucratie spectaculaire marchande.

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Rafael Uzcategui, Venezuela: révolution ou spectacle ? Une critique anarchiste du gouvernement bolivarien, Spartacus, 2011

La mort de Chavez fournit une occasion pour se pencher sur la mascarade de la révolution bolivarienne. Le Venezuela de Chavez déclenche les foudres de la bourgeoisie mais aussi l’engouement d’une fraction de la gauche antilibérale et altermondialiste. Chavez, en bon bureaucrate, maintien l’illusion d’une opposition au libéralisme alors qu’il incarne, non pas un « socialisme du XXIe siècle », mais une nouvelle version du capitalisme d’État. Contre les délires véhiculés par Mélenchon, Noam Chomsky ou Le Monde Diplomatique, Rafael Uzcategui restitue la réalité historique et développe une analyse libertaire du régime de Chavez. Son livre informé, avec de précieuses mises en perspectives historiques, est publié aux éditions Spartacus dont le catalogue comprend de nombreux ouvrages consacrées à la critique de l’URSS d’un point de vue marxiste et révolutionnaire. Rafael Uzcategui se rattache au mouvement anarchiste, mais son livre contribue également à démolir l’imposture du Venezuela de Chavez comme « socialisme du XXIe siècle ».

Un néolibéralisme bureaucratique

La description de la vie quotidienne au Venezuela révèle une violence particulièrement dure. La délinquance, la police corrompue, le système judiciaire et carcéral provoquent de nombreux morts.

La situation sociale semble également difficile au Venezuela. Le gouvernement maquille les chiffres du chômage avec l’emploi public et l’importance de l’économie informelle. De plus, l’inflation demeure forte et affaiblit le niveau de vie de l’ensemble de la population.

Chavez, malgré des syndicats peu combatifs, crée une nouvelle structure, l’Union nationale des travailleurs (UNT), qui défend davantage le gouvernement que les intérêts des salariés. Pour le régime, qui tente de contrôler le mouvement ouvrier, les syndicats doivent être inféodés au parti du pouvoir. Les conditions de travail restent particulièrement difficiles et le gouvernement s’attache à briser les grèves et à réprimer toute forme de lutte.

Les politiques sociales de Chavez s’inscrivent dans la tradition populiste, clientéliste et paternaliste du Venezuela. Depuis les années 1950, l’accés à l’éducation, à la santé et au logement s’améliorent. Mais les inégalités sociales ne cessent de croître. Chavez engage des « missions » en 2002, pour gagner en popularité. Si il améliore les conditions d’éducation, sa politique en matière de logement et de santé sapent les services publics déjà existants.

Du Figaro au Monde Diplomatique, de Chomsky à Bernard-Henri Lévy, tous répandent les mêmes mensonges déconcertants : le Venezuela de Chavez serait anticapitaliste et socialiste. En réalité, l’économie du Venezuela demeure évidemment capitalisme. Mieux, la politique de Chavez consiste surtout à intégrer violemment le Venezuela dans la mondialisation néolibérale.

L’économie du Venezuela repose sur sa rente pétrolière. Mais ses ressources naturelles sont gérées par des entreprises mixtes, avec la participation du capital privé aux côtés de l’État. Malgré sa logorrhée anticapitaliste la politique économique de Chavez, qui repose sur le pétrole, se conforme à l’idéologie néolibérale. Les désaccords du caudillo avec son rival colombien Uribe disparaissent pour favoriser l’implantation de la multinationale Chevron au Venezuela. La bureaucratie bolivarienne impose un modèle de développement économique capitaliste fondée sur la croissance, au détriment de l’environnement et de la qualité de vie. Pour Rafael Uzcategui, Chavez, avec son folklore altermondialiste semble le mieux placé pour imposer sans opposition au Venezuela des réformes de structures néolibérales pour adapter ce pays à la mondialisation.

L’encadrement des mouvements sociaux

La contestation des politiques libérales en Amérique latine passe par des mouvements spontanés des masses qui descendent dans la rue, mais aussi par un « virage à gauche » de l’électorat. Parmi les nouveaux gouvernements de gauche, les sociaux-démocrates se distinguent des populistes. Les sociaux démocrates proviennent de partis issus du mouvement ouvrier et semblent respectueux de la démocratie parlementaire. Les populistes développent une phraséologie plus révolutionnaire pour tenter de lier les mouvements sociaux à l’État. Le populisme, auquel se rattache le régime de Chavez, s’appuie sur une forte personnalité, nie les antagonismes de classes, développe un discours anti-élite et des politiques sociales clientélistes. Le populisme bolivarien s’inscrit dans une tradition historique, incarnée par le régime dirigé par le parti Action Démocratique (AD) de 1945 à 1948. Ce populisme tente de construire une identité nationale et s’appuie sur l’anti-impérialisme supposé de Simon Bolivar. Les forces armées doivent garantir la stabilité des institutions, l’ordre et la discipline. Le régime de Chavez cultive le folklore et la symbolique militaire. L’exercice du pouvoir devient alors le seul mode de transformation sociale.

Mais, au contraire, la révolution ne peut provenir que des luttes et des mouvements sociaux. Le but suprême de l’État demeure sa propre perpétuation. L’individu doit se soumettre à un supposé intérêt général, ou « bonheur public », qui s’attache à sauvegarder les intérêts des classes dominantes. Les partis politiques privilégient la lutte pour prendre le pouvoir, y compris en allant à l’encontre de leurs principes affichés. L’autonomie des mouvements sociaux détermine leur combativité et leur capacité à créer leurs propres règles. L’autonomie « signifie que les gens décident de la manière la plus démocratique possible de tous les aspects de leur vie quotidienne, que ce soit le travail, l’utilisation du temps libre, la façon de se nourrir, etc » souligne Rafael Uzcategui. Les partis et les organisations, hiérarchisés et centralisés, ne sont plus nécessaire pour mener la révolution selon les partisans de l’autonomie des luttes. « L’autonomie sociale ne peut être séparée de l’autonomie individuelle. Une révolution se met en route quand la population forme ses propres organisations autonomes, quand elle décide de ses propres règles et de ses propres formes d’organisation. Et la révolution prend fin quand ses organisations autonomes sont domestiquées, asservies ou réduites à un rôle décoratif » précise Rafael Uzcategui qui se réfère à la réflexion de Raul Zibechi.

Dans les années 1970, après la période de la lutte armée, les mouvements sociaux demeurent encadrés par les partis et les syndicats. Surtout, les gouvernements peuvent satisfaire rapidement les revendications en raison de la prospérité économique et de la manne pétrolière. À partir des années 1980, les luttes sociales se radicalisent jusqu’en 1989, avec le mouvement de base du Caracazo. Pourtant, malgré la diffusion d’une contre-culture, la réflexion sur les expériences historiques et sur un projet de société demeurent absentes. Les revendications des mouvements sociaux semblent également peu connues. Des partis tentent donc de récupérer ses luttes pour remporter des élections.

Lorsque Chavez arrive au pouvoir, il tente de canaliser l’influence des mouvements de contestation. Dès 1999, il organise des élections constituantes pour légitimer et consolider son nouveau pouvoir. Le régime tente de récupérer les mouvements sociaux, désigne ses bureaucrates pour les intégrer à l’État. Les mouvements de lutte ne sont plus simplement coordonnés mais entièrement soumis à la tutelle du nouveau régime, avec leurs revendications mollassonnes avalisées par le pouvoir.

Des structures sont créées pour encadrer la population. Les cercles bolivariens permettent de canaliser les revendications sociales et d’intégrer la contestation à l’État. Les conseils communaux incitent la population à collaborer avec le parti du régime et avec la police pour combattre la criminalité et la subversion, pour garantir l’ordre et la sécurité.

Le développement des coopératives renforce l’exploitation par le travail pour favoriser la précarité et saper les avantages du salariat comme la protection sociale. Les quelques  coopératives qui fonctionnent et qui demeurent réellement indépendantes par rapport à l’État ont été créées avant l’arrivée de Chavez au pouvoir.

Guy Debord, proche des communistes conseillistes, développe la notion de spectacle notamment pour décrire le régime bolchevique en URSS qui revêt les attributs pseudo-révolutionnaires. La révolution bolivarienne s’apparente également à spectacle qui suscite l’enthousiasme des altermondialistes davantage préoccupés par les grands discours idéologiques que par la vie quotidienne. « La séparation entre la classe dominante et les dirigés, l’accumulation progressive du pouvoir par une seule personne se consolident derrière un langage spectaculaire, le geste « irrévérencieux » prémédité et capté par les caméras, le bon mot, lors un sommet présidentiel, immortalisé sur YouTube » décrit Rafael Uzcategui.

Mais les gouvernements de gauche permettent surtout de rendre invisibles puis de réprimer les luttes sociales. En Amérique latine, les gauches au pouvoir permettent d’imposer les politiques libérales avec moins de remous.

Zones subversives, 7 mars 2013

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:04

Assad : la mort de Chavez est une grande perte pour moi et les Syriens

Le chef de l’État syrien Bachar Al-Assad a salué mercredi la mémoire du président vénézuélien Hugo Chavez et affirmé que sa mort était « une grande perte » pour lui et pour le peuple syrien.

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« Le président Assad présente ses condoléances au peuple vénézuélien et au vice-président Maduro. La disparition de ce dirigeant unique est une grande perte pour moi personnellement et pour le peuple syrien, au même titre qu’elle est une perte pour le peuple du Venezuela », a-t-il affirmé dans une lettre envoyée à Nicolas Maduro.

« Le peuple syrien et moi sommes fiers des progrès dans les relations entre nos deux pays (…), ce grand disparu était un ami fidèle qui s’est opposé à la guerre menée contre la Syrie », a ajouté M. Assad, dont les propos ont été rapportés par l’agence officielle Sana.

Le président vénézuélien a été un allié indéfectible du régime syrien, qui fait face depuis mars 2011 à une contestation populaire devenue rébellion armée.

« Chavez a su préserver la souveraineté de son pays et a présenté une résistance historique face aux tentatives des États-Unis d’imposer leur domination sur les États. Il a garanti la souveraineté du Venezuela et soutenu la liberté des peuples », a ajouté le dirigeant syrien.

Leur presse (Mediarabe.info, 6 mars 2013)

 

Turkey: Assad sought asylum in Venezuela

According to report, Venezuela’s Foreign Ministry informed Turkish diplomats in Caracas that Syrian president asked Chavez for protection

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Turkey has confirmed that Syria’s beleaguered president Bashar Assad has asked Venezuela for asylum for his family as opposition forces continue to make military gains on the ground, Turkish daily Zaman reported Wednesday.

According to the report, Venezuela’s Foreign Ministry informed Turkish diplomats that claims that Assad sent a letter requesting asylum to the leader of the Latin American country, Hugo Chavez, are true.

Turkey’s Akşam daily reported Wednesday that Turkish officials in Caracas visited the Foreign Ministry and inquired about the letter. The Venezuelan officials confirmed the letter but declined to give details on its content.

Earlier this month, Syria’s Deputy Foreign Minister, Faisal Al-Mokdad visited several Latin American countries, including Venezuela. According to Zaman, he received mostly “symbolic backing” for his government’s 21-month battle against the armed opposition.

According to the report, Chavez has gone even further than his neighbors to support Assad, sending at least three shipments of diesel oil to the Syrian government, which is straining under economic embargos imposed by the United States and the European Union.

Two months ago Chavez said he would continue to support the “legitimate government” in Damascus. The Venezuelan leader added: “How can I not support the government of President Bashar Assad if it is the legitimate government of Syria? Who should I support? Terrorists who want a transitional government and kill people on all sides?”

Chavez blamed the United States for the war that has raged on for nearly 19 months. “The government of the United States is one of the parties most to blame for this disaster” in Syria, he added. “Now, Mr Obama, if you are re-elected, sit back and reflect, and the governments of Europe should do the same.”

More than 45,000 people have been killed in Syria since the outbreak in March 2011 of an anti-regime revolt that became a bloody insurgency after a brutal crackdown on dissent, activists said Wednesday.

“In all, we have documented the deaths of 45,048 people,” Rami Abdel Rahman, head of the Syrian Observatory for Human Rights said, adding that more than 1,000 people were killed in the last week itself.

Leur presse (Israel News via Ynetnews.com, 26 décembre 2012)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:02

Pour Mélenchon, « ce qu’est Chávez ne meurt jamais »

Reportage – Devant les journalistes mercredi matin, le coprésident du Parti de gauche s’est présenté ému et a défendu le président vénézuélien, un homme qui « a fait progresser d’une manière considérable la démocratie ».

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Le président vénézuélien Hugo Chavez avec Jean-Luc Mélenchon, à Caracas, le 6 juillet 2012.

Il s’est présenté à la presse en cravate noire. La rouge rangée au placard le temps du « deuil ». Derrière lui, un drapeau tricolore a été installé. Signe du caractère officiel de cette déclaration : « Nous nous sentons liés de cœur plutôt qu’aux commentaires haineux, vulgaires, que nous voyons se multiplier dans les médias européens ». Ému, le visage imprégné de tristesse, Jean-Luc Mélenchon parle d’une voix grave, les yeux rougis.

Sur la petite scène rouge de l’Usine, siège éternellement temporaire du Parti de gauche (PG), il poursuit, d’un ton calme : « Uni de cœur au peuple argentin qui respectera un deuil national de trois jours, uni de cœur au peuple de Cuba qui respecte un deuil national de trois jours, uni de cœur au peuple de l’Équateur (…) à la Bolivie, qui respectera un deuil national de sept jours ». Dehors, sur la façade du bâtiment, le drapeau vénézuélien a été hissé, entouré de deux bannières du Parti de gauche. À l’intérieur, des photos d’Hugo Chávez et l’étendard du Venezuela, plié et marqué d’un ruban noir, accompagnent trois bougies sur une table nappée de rouge.

Révolution par les urnes

« Ce qu’est Chavez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution, reprend Mélenchon, le poing serré sur le pupitre, tremblant. Les Européens si prétentieux, arrogants, méprisants, l’infecte social-démocratie qui depuis 24 heures se répand en injures contre les figures progressistes d’Amérique latine feraient bien de se souvenir qu’au Venezuela contrairement à la France (…) on a fait reculer la pauvreté de manière spectaculaire, éradiqué ce qui est classé comme extrême pauvreté (…) Voilà le bilan que nous portons fièrement à l’heure où l’image de Hugo Chávez va se retirer. »

Le coprésident du Parti de gauche se montre profondément marqué par la mort d’Hugo Chávez. Pas seulement parce qu’il le connaissait personnellement. Surtout parce que le modèle vénézuélien de l’« assemblée constituante » et d’une « révolution par les urnes » est une de ses inspirations : « Chávez a été la pointe avancée d’un processus large dans l’Amérique latine, qui a ouvert un nouveau cycle pour notre siècle, celui de la victoire des révolutions citoyennes ». Formule qu’il a importée d’Amérique du Sud pour la présidentielle de 2012.

« Autocrates de notre pays »

Mélenchon n’était pas un intime de Chávez. S’il a commencé à s’intéresser à l’expérience vénézuelienne en 2001 — trois ans après la première élection du « Commandante », lors d’un voyage comme ministre de Lionel Jospin au Forum social de Porto Alegre —, ses rencontres avec lui se comptent sur les doigts d’une main. Deux « voyages d’études » à Caracas en 2006, où il met « les doigts dans la prise », et un plus récent, l’été dernier, où il reste une dizaine de jours et participe à la campagne électorale du président sortant, l’accompagnant dans ses rassemblements populaires.

Pour le coprésident du PG, Chávez « n’a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, il a fait progresser d’une manière considérable la démocratie, assume-t-il devant les journalistes. C’est sans doute sa contribution majeure à la lutte socialiste de notre siècle. » Déplorant que certains médias parlent de « dictateur » ou d’« autocrate », Mélenchon rappelle que « Chávez a mené toutes ses batailles sur le plan électoral ». « Et quand il a perdu un référendum, poursuit-il, lui, il a respecté la décision au contraire des autocrates de notre pays et du reste de l’Europe ». Référence au « non » des Français en 2005, lors du référendum sur le projet de constitution européenne, et « jamais respecté ».

Et même si Chávez a usé dans son pays des pleins pouvoirs, « la démocratie a progressé au Venezuela », défend le député européen. « La constitution a été écrite et voulue par le peuple, rappelle-t-il. Je suggèrerais aux donneurs de leçons » de créer « des référendums révocatoires permettant de faire partir un député, un gouverneur (…) voire même le président de la République. »

« Pas de pacte avec les fascistes »

Quant aux poignées de main entre Chávez et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad — qui a évoqué la mort d’un « martyr » — ou le syrien Bachar Al-Assad, pas un mot non plus. « Jean-Luc a toujours été clair là-dessus. Il leur a dit plusieurs fois », le défend Raquel Garrido, responsable du secteur international du PG et spécialiste de l’Amérique du Sud. « On ne fait pas de pacte avec les fascistes », leur a-t-il répété.

Répondant aux « commentaires » d’un « niveau lamentable » de la « propagande », Mélenchon, face à la presse, se met à interpeler son auditoire : « Comment pouvez-vous être aussi infâmes et aussi bas ? Comment pouvez-vous être devenus à ce point aussi insensibles à ce que représente le progressisme latino-américain dans ces moments de l’histoire pour avoir pour tout commentaires des insultes ? » Sa voix se fait plus incisive : « Les cendres de Chávez sont chaudes, sont brûlantes, et nous avons au cœur non seulement l’idée que nous continuons ce combat, mais la haine intacte que nous avons contre les puissants et les puissances qui même à l’heure de la mort sont incapables du respect qu’ils manifestent pour tant d’autres qui le méritent moins ».

Mélenchon n’aura « pas le temps » de sauter dans un avion pour être présent aux obsèques de vendredi à Caracas. « Il est tout entier comme une légende qui entre dans l’imaginaire collectif des peuples de l’Amérique latine, a l’instar du Che Guevara qui n’a été célébré que quand tout le monde a été bien sûr qu’il était mort ». Pour ses proches, aucun doute : « L’impulsion de Chávez survit en France en Jean-Luc Mélenchon ».

Leur presse (Lilian Alemagna, Liberation.fr, 6 mars 2013)

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 10:48

dont rape

Le viol est en Inde une réalité pour beaucoup de femmes, en particulier parmi les castes les plus basses et les classes les plus opprimées de la population du sous-continent. Des voix progressistes s’élèvent contre cette barbarie. Voici un article très intéressant d’une organisation étudiante communiste, la Democratic Student’s Union, qui analyse les racines de ce problème et la ligne politique à lui opposer. Nous pensons qu’il est important d’évoquer cela un 8 mars pour participer à la diffusion d’un féminisme de classe, international et combatif. La traduction a été faite par l’OCML Voie Prolétarienne. Comme d’habitude l’article intégral est disponible en lien.

Les femmes sont la moitié du ciel ! ni la peine de mort, ni la police, ni une session parlementaire extraordinaire ne viendront à bout du patriarcat : seule la transformation révolutionnaire de la société le renversera !

Il y a environ un mois qu’à New Delhi s’est produit le viol collectif d’une jeune femme de 23 ans dans un bus. Cet évènement, qui constitue une offense sans précédent, a spontanément révolté et mobilisé la population qui a marché jusqu’au Jantar Mantar pour exiger la punition des coupables. La colère contre le gouvernement a pris des proportions inédites si bien que l’État a dû fermer tous les métros menant à India Gate, détourner la circulation et déployer des milliers de policiers pour contrôler les manifestations populaires.
Même si les manifestants sont régulièrement soumis à la répression à coup de matraques, canons à eau etc., cette répression a échoué à les stopper dans l’expression de leur désaccord.
Cette agression a aussi ouvert le débat sur la sécurité pour les femmes et sur les lois contre la violence. Elle est bien sûr abominable et doit être condamnée, mais les faits nous amènent à poser plusieurs questions : est ce que le viol est le produit d’une culture de western ainsi que la droite le prétend ? Est-ce que la punition des violeurs par peine de mort va dissuader tous les violeurs d’agir ? Est-ce que les femmes seront davantage en sécurité dans une société sous haute surveillance, accroissement de la police et lois rigoureuses ? Ou bien encore, s’agit-il, comme les médias et le gouvernement voudraient nous le faire croire, d’un cas exceptionnel de viol brutal ?

Le viol de ND n’est pas une exception : deux mois plus tôt, en octobre 2012 , il y a eu des manifestations à Haryana parce que la moyenne de viols atteignait 60 par mois, donnant l’impression d’une subite détérioration de la situation des femmes. Quel choc et quelle consternation lorsque les leaders sont venus en masse de Sonia à Brinda et Haryana lorsque les incidents de Hissar et Jind ont été connus. Les medias ont aussi amplifié cela durant une semaine. Mais une observation plus rigoureuse des faits nous prouve que la situation n’a jamais été réellement meilleure. L’impact du viol de Haryana n’a rien d’exceptionnel et Haryana ne peut être brandi comme exceptionnel. Depuis 2006, à l’exception d’une année, la moyenne des viols à Haryana dépasse 50 par mois. Alors que à Haryana la moyenne des viols est de 6.11 elle est de 9.7 Madyah Pradesh et de 7.6 à Delhi ; ainsi Haryana arrive en 10ème position, MP en 4ème et D en 7ème.
Les États atteignant les plus hauts scores sont Mizoram, Tripura et Assam. Mais ces chiffres témoignent avant tout d’un meilleur recensement des cas de violence. Plus la société est patriarcale, plus grande est la stigmatisation des femmes violées, et moins les femmes oseront porter plainte. Ainsi, la plupart des viols ne sont-ils jamais déclarés et les États qui en déclarent un faible nombre doivent-ils être considérés à la lumière de cette réalité.

D’un autre côté, les classes dirigeantes exploitent ces faits pour s’armer davantage.
En effet on nous dit que nos lois ne sont pas suffisamment répressives et que c’est parce que la peine de mort n’est pas appliquée aux violeurs, que le viol atteint de telles proportions. Mais au-delà des réactions fortes et rhétoriques, si l’on y regarde de plus près, la peine de mort n’a eu d’incidence effective sur le taux de criminalité nulle part au monde. La peine capitale est une forme barbare de condamnation qui a été abolie dans nombre de pays et qui n’est maintenue que par les régimes les plus répressifs. Elle donne aux États la légitimité de tuer et est invariablement utilisée comme une tactique répressive pour réprimer les soulèvements populaires. Cette forme inhumaine de sanction n’a jamais réduit la criminalité dans aucun pays, mais au contraire a fortifié la violence et accru le pouvoir répressif des classes dominantes. En Inde également il existe des mobilisations de courants progressistes démocratiques pour abolir la peine de mort, mais la droite et les classes dominantes défendent son application.
Ainsi Sushma Swarai peut-il défendre la candidature de Modi- responsable et organisateur de centaines de viols de femmes musulmanes à Gujarat, au poste de Premier Ministre, et d’une même voix demander une session extraordinaire du Parlement pour la condamnation à mort des violeurs. Les brigades des fascistes qui accomplissent impunément des carnages, massacres, pogroms, viols, attentats, sont les meilleurs avocats de la peine de mort. Ils défendent la peine de mort, de la castration des violeurs, de leur lapidation publique, de toutes formes de punitions féodales qui rendent la société plus répressive et fortifient le patriarcat.

Un autre argument qui a été défendu non seulement par la droite mais aussi par des forces qui se disent progressistes, consiste à demander un accroissement des forces de police et de sécurité afin de diminuer le nombre de viols. La question de la sécurité des femmes est en soi un problème, mais l’assurer ne signifie pas s’affronter au patriarcat. De plus, l’argument d’assurer la sécurité des femmes en accroissant les forces de police et de sécurité s’écroule lorsque l’on constate la forte participation de ces dernières aux viols, crimes, actes de violence sexuelle dans le pays. Les milliers de viols au Cashemire, Nord-Est, et plus récemment dans les Etats de Jharkhand, Chhattisgat, Odisha Bengal Maharashtra, nous démontrent amplement que le viol est utilisé comme arme de guerre par l’État indien. Les acteurs en sont des soldats de ce régime oppressif, et augmenter leur nombre ne contribuera en rien à la sécurité des femmes.
Les classes dominantes et le pouvoir blâment les victimes elles-mêmes, et s’efforcent de limiter la liberté et la mobilité des femmes sous prétexte de réduire le nombre de viols.

Democratic Student’s Union – Traduction de l’OCML VP

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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 20:04

Félix Boggio Ewanjé-Epée, Stella Magliani-Belkacem et leur petit livre vert

Voilà bientôt un mois qu’un article, initialement paru sur StreetPress puis relayé par Rue89, suscite l’indignation et sème le doute à propos de notre ouvrage « Les Féministes blanches et l’empire ». L’auteur du sinistre papier, Robin d’Angelo, y prétend que nous « apportons de l’eau au moulin » à une « surprenante théorie » selon laquelle « l’identité homosexuelle » ne serait pas « adaptée au monde arabe et africain ».

Il faut avouer que nous avons été tout aussi « surpris » que le journaliste par ce qui a été retenu de l’argument du livre et de nos propos rapportés, tant nos intentions sont à l’extrême opposé de celles que son papier calomnieux voudrait nous prêter – comme l’indiquait une mise au point de Zineb Dryef mettant à disposition de tous et toutes le chapitre qui traite précisément de la question au sein du livre incriminé.

Un livre et son contexte


« Les Féministes blanches et l’empire »

Sous la plume de Robin d’Angelo, les thèses du livre sont mises en rapport avec un contexte qui n’a à voir ni avec son contexte d’écriture, ni avec sa parution (octobre 2012), ni avec son argumentation.

D’Angelo, en précisant dans son papier que « toute la France débat du mariage homo », alimente le point de vue selon lequel nous aurions voulu expliquer pourquoi « le “mariage pour tous” n’a pas la cote dans les “quartiers populaires” ».

Or nous n’évoquons pas un seul instant cette question dans l’ouvrage et nous soutenons, pour notre part, sans réserve (mais sans illusion) la revendication du mariage pour tous.

Soutien sans réserve parce qu’il s’agit d’une question d’égalité élémentaire entre les couples hétérosexuels et les autres. Soutien sans illusion, car l’institution du mariage produit elle-même de l’inégalité en hiérarchisant les couples monogames et les autres modes de vie (célibataires, en relation libre…) sur le plan de l’héritage et de la fiscalité. L’adoption du « mariage pour tous » n’est donc qu’une étape, aussi importante qu’elle soit, dans la lutte contre les oppressions sexuelles.

Amalgames

En quoi a donc consisté la manœuvre du journaliste malveillant de StreetPress ? Ce dernier a d’abord mis au rancard la plus élémentaire déontologie journalistique, en associant nos propos tronqués et grossièrement résumés à la prose tout aussi caricaturée de Houria Bouteldja. Il évoque notre « notoriété certaine dans les milieux anti-impérialistes » – emphase pour le moins étonnante puisqu’elle porte sur les auteurs d’un ouvrage au tirage modeste.

Dans la mise au point de d’Angelo, celui-ci en rajoute une couche en évoquant des « propos qui craignent comme une blague antisioniste de Dieudonné » et un « titre [“Les Féministes blanches et l’empire‘] très soralien ’.

Qu’est-ce qui permet à d’Angelo d’associer le funeste Alain Soral à notre travail ? En cherchant un peu, on découvre qu’Alain Soral a écrit un ouvrage intitulé ‘Comprendre l’Empire’. Pour ajouter l’injure à l’offense, c’est sans doute la présence du mot ‘ empire ’ dans les deux titres qui nous vaut d’être si facilement mis dans la mauvaise compagnie de Soral.

A partir de cet honteux amalgame, on peut se demander si le philosophe communiste Toni Negri doit lui aussi se considérer d’extrême droite pour avoir utilisé le terme Empire comme titre de son magnum opus… Sans aucun rapport avec Negri – et sans aucun lien concevable avec Alain Soral – notre ouvrage entend apporter un éclairage historique sur le mouvement féministe à partir de la catégorie d’impérialisme.

Cette odieuse confusion entre nos thèses et celles de Dieudonné ou Soral n’a qu’un seul but : échafauder aux yeux d’une large audience un ennemi imaginaire composite qui permettrait de salir ‘ une partie de l’extrême gauche ’ et ‘ les milieux anti-impérialistes ’ et qui, en substance, cautionnerait une homophobie culturaliste.

A l’instar du journaliste de StreetPress, on peut souligner que son article paraît alors que ‘ la France débat du mariage pour tous ’. Il n’est pas anodin que celui-ci alimente le fantasme d’une homophobie émanant des ‘ milieux anti-impérialistes ’ alors que la fronde contre le mariage pour tous est massivement menée par les groupes catholiques intégristes et par la droite dure. Comment ne pas voir que cette basse manœuvre brouille d’autant plus les coordonnées du combat politique, et dessert celui pour l’égalité des droits ?

Un débat légitime

Si l’on prend la peine de lire le chapitre incriminé de notre livre, on se rendra compte sans peine que nos intentions étaient transparentes et diamétralement opposées à toute homophobie :

‘Il est nécessaire de saisir la complexité des sexualités dans le monde au-delà de la binarité homo/hétérosexualité tout en prenant en compte l’émergence de communautés lesbiennes, gays ou transgenres dans les pays du Sud et la répression des Etats à l’encontre des pratiques homoérotiques.’

Les objectifs de notre livre peuvent se résumer ainsi : comprendre comment les pouvoirs réactionnaires occidentaux ont pu réinvestir des mots d’ordre que nous jugeons profondément émancipateurs. La réponse que nous avons cherché à formuler, c’est que les forces émancipatrices (féministes, mouvements LGBT) ont fait des choix stratégiques contestables à travers leur histoire, qui permettent aujourd’hui à un large spectre politique de reprendre à leurs comptes les ‘ droits des femmes et des homosexuels ’ pour stigmatiser les quartiers populaires, les pays musulmans et africains.

Dans ce cadre, nous avons critiqué l’action de solidarité internationale menée par les groupes LGBT hégémoniques. Ces opérations de solidarité constituent en effet un pan essentiel de l’activité de ces groupes, comités, associations LGBT en Occident. Il est à cet égard bien malhonnête de prétendre que selon nous, ‘ l’identité homosexuelle ne serait pas adaptée aux pays musulmans ’. Nous ne somme pas anthropologues ou historiens du Maghreb, du Liban ou des Philippines. Il est avant tout question pour nous de l’action du mouvement LGBT européen (et plus particulièrement en France).

Notre essai ne se prononce pas sur la situation précise de ces pays ni ne prétend décrire les identités sexuelles (ou l’absence d’identités) dans différentes aires culturelles mondiales. Le chapitre de notre livre reprend une idée qui est aujourd’hui largement admise par les anthropologues et dans les débats des mouvements LGBT et queer à l’échelle internationale.

Identités

L’identité homosexuelle – comme l’identité hétérosexuelle – n’est pas donnée en tous temps et en tous lieux. Elle n’a pas partout les mêmes formes d’expression ni ne suscite les mêmes jugements, les mêmes préventions ou la même répression. Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe ne sont, pour de nombreuses sociétés, pas même considérées comme relevant d’une identité (lesbienne, gay ou bi), un mode de vie, un militantisme.

Pour complexifier encore le tableau, une même société peut contenir plusieurs visions concurrentes des pratiques et identités sexuelles, réparties selon les groupes sociaux, les classes sociales, les courants intellectuels, les instances de pouvoir, etc. Dans ce cadre, chaque région du monde, chaque pays, chaque aire culturelle, relèvent de situations particulières. La solidarité avec les victimes de la répression des sexualités mérite donc des analyses et des réponses politiques adaptées.

Ce que nous dénonçons, c’est la manière dont la solidarité internationale est envisagée uniquement à partir de l’action des associations, ONG, instances internationales de droits humains, financés par les puissances économiques mondiales, de grandes entreprises et de riches fondations. Nous dénonçons le fait que ces instances et organisations (de l’ILGA à Human Rights Watch) définissent leur solidarité sous le seul prisme des ‘ identités sexuelles ’ – et de certaines identités bien précises, celles dans lesquelles se reconnaît le mouvement gay (et en partie lesbien) d’Europe et des Etats-Unis.

De ce point de vue, nous ne sommes ni coupables de ‘ relativisme culturel ’, ni d’‘essentialisme’ et encore moins d’homophobie. Le relativisme culturel, c’est précisément ce dont se montrent coupables celles et ceux qui s’obstinent à envisager la solidarité internationale contre la répression des ‘ sexualités ’ comme une solidarité qui se jouerait exclusivement avec des personnes adoptant une ‘ identité sexuelle ’ et plus précisément, des identités qui ont des aspects similaires aux communautés gays et lesbiennes d’Europe de l’Ouest et des Etats-Unis.

Quelle solidarité internationale ?

C’est justement parce que la solidarité internationale compte pour nous que nous considérons qu’elle ne peut pas se faire au nom d’une population réprimée qui n’en choisirait pas les termes. Par exemple, une population qui ne se considérerait pas nécessairement comme gay, lesbienne ou bisexuelle, qui n’aurait pas appelé les organisations internationales des droits humains des gays et lesbiennes à leur secours, qui ne leur auraient pas demandé de constituer et de financer des groupes de solidarité à leur place.

Comment mener la solidarité internationale sans imposer des identités et des grilles d’analyse inappropriées aux contextes locaux ? C’est une question qui reste ouverte. Encore faut-il bien vouloir la poser.

Depuis la parution du papier de StreetPress, on ne compte plus celles et ceux qui s’inquiètent du sort des ‘ LGBT arabes ’. En revanche, quand nous avons participé à organiser l’une des rares venues à Paris de militant(e)s queer palestinien(ne)s afin qu’ils et elles parlent pour eux et elles-mêmes, la soirée n’a réuni au plus que 70 personnes au premier étage d’un café de Belleville. Où étaient tou(te)s ceux et celles qui aujourd’hui s’enquièrent tant des queer arabes et veulent nous clouer au pilori ?

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