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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:59

Forum Social Mondial : Un autre mensonge est possible

“You can fool some people sometimes, but you can’t fool all the people all the time.”
— Bob Marley

L’édition tunisienne du FSM vient de se clôturer le 30 mars dernier. C’était une expérience unique pour des associations, organisations et citoyens du monde entier de se retrouver et d’établir les réseaux nécessaires pour alimenter leurs engagements respectifs. Dans ce texte, je m’intéresse au lien entre la situation actuelle en Tunisie et la tenue du FSM à Tunis.

Sans aucun doute, des personnes et des militants du monde entier sont venus à Tunis pour ‘essayer’ d’avoir une idée sur la ‘révolution’ en Tunisie et ses suites. Il n’est pas certain que la majorité d’entre eux aient pu entrer en contact avec les acteurs des premières lignes de la révolution, notamment les Tunisiens des quartiers défavorisés de Tunis ainsi que ceux des régions éloignées qui ont activement participé à la révolte populaire.

L’exclusion des mouvements sociaux de base et de ceux qui sont à la marge a toujours été un thème récurrent dans les forums sociaux mondiaux et le FSM 2013 n’a pas fait l’exception. S’il est clair que la participation au forum de Tunis a été massive, une grande majorité de Tunisiens n’ont pas pu y participer et encore moins y proposer des activités, ce qui est assez ironique vu que la conjoncture historique devrait favoriser les échanges de savoirs et de pratiques à partir de ceux qui ont mené les révoltes populaires.

Au lieu de cela, nous avons vu un déferlement de milliers d’associations et ONG, qui pour la plupart sont venues exposer leurs activités dans leur secteur bien défini, et ont été incapables de sortir de leur domaine d’activité spécifique, souvent dicté par les failles du système capitalise (droits de l’homme, droits des femmes, développement, éducation, dette, migration, etc.). Si la pertinence et l’efficacité de ces ONG sont discutables, l’impossibilité de dépasser cette approche sectorielle et de lutter pour le concept flou de ‘la justice sociale’ pose encore plus de problèmes.

Pour comprendre cette situation, des pistes de réflexion se retrouvent essentiellement dans le décalage existant entre ONG locales et internationales et les mouvements sociaux en processus révolutionnaire. Pour le premier groupe, il s’agit de réformer, d’encadrer, d’améliorer, de représenter, de démocratiser, de financer, etc. Alors que pour le deuxième, cela consiste plutôt à confronter, réclamer, s’approprier, révolutionner, étaler les scandales, se battre, lutter, bloquer l’économie, etc. Il ne s’agit pas seulement de capitalisme et mondialisation, mais aussi du rapport à l’État.

Comme l’histoire nous le rappelle avec amertume, le 14 janvier 2011 a marqué le début de la ‘transition démocratique’ ; Ben Ali est parti, mais son système est resté en place : le système policier, les différents ministères, les détenteurs cachés du pouvoir, etc. Très vite, un agenda de transition démocratique a été imposé au processus révolutionnaire en cours, créant une contestation populaire d’envergure (Kasbah) qui s’est estompée au bout de quelques mois.

Clairement, beaucoup de Tunisiens voulaient continuer à en découdre avec le monstre qu’est devenu l’État tunisien : le système de répression, la corruption endémique, l’impérialisme économique subi, les politiques de sous-développement, etc. étaient discutés, analysés, déconstruits partout et par tous les Tunisiens dans la rue et ailleurs, et ceci, juste après la ‘révolution’.

Force est de constater que pendant le FSM, l’État tunisien a été présent à travers ses différents ministères. Certains ont vu que le secteur touristique se réinventer en créant un nouveau type de tourisme : le tourisme militant, produit parfait pour relancer un tourisme low cost, profitant aux élites et exportant une image d’une Tunisie paisible et prête aux investisseurs étrangers, car la révolution est finie n’est-ce pas ? La Tunisie du jasmin, ça ne vous rappelle rien ?

La présence massive des ministères de l’État a permis de vivre pendant une semaine dans un ‘Disney Land’, loin de la pauvreté, des marginaux, de la violence, etc. Un chauffeur de taxi m’a confié que la semaine du FSM lui rappelait le temps de Ben Ali quand le tourisme roulait bien.

Mais quand il allait être presque arrêté par la police ce soir-là, il a rappelé que la présence policière pendant le FSM lui rappelait aussi le temps de Ben Ali… Sans commentaires… Un autre ami m’a confié que la présence massive des forces de sécurité dans un forum ‘social’ est un affront et fait revivre des traumatismes à ceux qui ont été victimes de répression de la part des ‘forces de l’ordre’ pendant la révolution et après…

Pour beaucoup, le processus de démocratisation post-14 janvier 2011 a été contre-révolutionnaire. On pourrait en dire de même concernant le FSM 2013 à Tunis en ce qui concerne la ‘société civile’. Si le FSM a été peuplé d’ONG locales et internationales, cela veut aussi dire que les mouvements sociaux de base ont perdu une occasion historique de se connaître, de s’unifier et de reconnaître leur ennemi commun : le capitalisme (et non pas seulement le néolibéralisme), l’État impuissant, ainsi que la colonisation économique, culturelle, celle de l’imaginaire ainsi que celle du rouleau compresseur de la modernité et du progrès made in Occident. La ‘NGOisiation’ de la ‘société civile’ est une facette du phénomène de ‘société civile’, car les ONG peuvent être vues comme des émissaires du Capital et de l’État alors les mouvements sociaux ont par contre besoin de confronter le Capital et l’État.

On peut voir se dessiner un schéma de colonisation basé sur un certain modèle de ‘société civile’ à l’occidentale qui institutionnalise les luttes, prétend les ‘représenter’ les marginaux, monopolise la parole et la présence médiatique et surtout suit un agenda conforme aux besoins des bailleurs de fonds internationaux, déresponsabilisant la ‘société civile’ locale face à ses priorités et ses choix pour suivre des politiques imposées. C’est une économie politique des luttes sociales qu’il faut absolument déconstruire, car cette ‘NGOisation’ va s’intensifier dans le futur et surtout être un frein certain vers l’auto-détermination des peuples.

La colonisation se retrouve même dans les bases conceptuelles et historiques qui se réclament de l’humanisme, de l’universalisme, de la laïcité, du déterminisme, du racisme, de la science et du rationalisme essentiellement à la modernité européenne. Ceci équivaut généralement à renforcer l’idée que l’Occident a le monopole de la modernité, alors qu’il existe différentes modernités, éparpillées dans le temps, dans les espaces de différentes civilisations. Dans le cas tunisien, la manière de voir et penser la politique ne pourra pas s’ancrer dans la réalité si la modernité arabo-musulmane n’est pas prise en compte dans toute sa diversité et complexité historiques et ontologiques. Cette autre modernité permettra la recherche d’autres alternatives dans la compréhension du capitalisme et sa déconstruction.

La spécificité du FSM 2013 est sa tenue dans un pays en processus révolutionnaire ; et c’était une occasion ratée de poser des actions concrètes face à des problématiques urgentes afin de compléter les discours et ateliers du FSM. Il y a le dossier des réfugiés de Choucha, le prêt récent du FMI, le dossier de l’impunité de la police, etc. C’était une occasion rêvée de soutenir des mouvements sociaux en lutte et pourtant rien ne s’est passé.

Maintenant, décider si le forum est révolutionnaire ou réformiste parait futile après tout cela. Voici une proposition concrète : annuler la charte de Porto Alegre du FSM et lui donner un nouveau nom : Forum des Professionnels du Social, forum des ONG et de l’État, forum de l’État hôte (ajouter votre proposition dans cette page collaborative, n’hésitez pas à y contribuer : pad.tn/p/FroumName).

De cette manière, on pourra arrêter de créer de nouvelles frustrations à chaque édition du forum et laisser de la place à un nouvel imaginaire qui permettra de réellement renforcer les mouvements sociaux de base et d’entamer sérieusement un projet révolutionnaire,projet qui a déjà commencé en Tunisie en 2011.

La grosse voiture polluante, basée sur de vieilles technologies, pseudoscientifique, encombrante et couteuse qui dit au monde entier qu’elle s’appelle vélo, reprendra alors son nom de voiture. Ce qui permet à ceux qui en ont besoin de bâtir un vélo léger, efficace, rapprochant les gens entre eux et luttant contre le capitalisme avec des moyens simples, locaux et ancrés dans la réalité ; au lieu d’utiliser les méthodes des maitres actuels du monde comme lors du sommet de Davos : un groupe restreint d’hommes blancs décide pour l’avenir de l’humanité dans un espace militarisé où tout est fait pour que ce soit un minimum ‘démocratique’. Le FSM utilise les méthodes de Davos… À bon entendeur.

Un point de départ serait, par exemple, en Tunisie les communautés de base qui restent pour la plupart des citoyens : le café, le hammam, la mosquée, le bar, le stade de football, le quartier, la famille petite et élargie, etc. Autant d’endroits que les gestionnaires et ingénieurs des ‘transformations sociales’ ignorent. L’obsession destructrice de distinguer le public du privé ne fait que perpétuer les schémas de colonisation…

Le mensonge de la révolution tunisienne en a amené un nouveau, celui du FSM, qui rappelle au peuple tunisien et à tous les peuples en lutte qu’un autre mensonge est possible.

Marwen Tlili
Ingénieur en informatique et titulaire d’une maîtrise en relations internationales. A participé au processus du Forum Social Mondial dans le projet de mobilisation avec la caravane à vélo qui a parcouru la Tunisie l’automne dernier. Il milite pour le droit des mouvements sociaux de base pour s’approprier l’espace et moyens nécessaires pour faire grandir leurs luttes et les rendre autonomes.

Marwen Tlili – Nawaat, 24 avril 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:58

Une Histoire ordinaire dans un petit tribunal ordinaire…
Toute ressemblance avec des faits réels n’est que pure coïncidence.

Il y a quelques temps de ça, une personne, appelons-la Karim, sort un soir, dans un petite ville de France. Karim, il a la peau mate. La ville, elle est plutôt d’extrême-droite.
Karim se fait contrôler : la police relève une petite infraction du code de la route, de celles qui ne portent pas à grande conséquence. Mais assez vite le ton monte…
Karim s’en sort mal : omoplate fracturée, épaule luxée, arcade éclatée, poignet abîmé. 21 jours d’arrêt reconduits plusieurs fois. Il atteint 3 mois d’ITT, et beaucoup plus tard il a encore des séquelles.
Les agents qui l’ont arrêtés auraient eu du mal à le maîtriser. L’un se plaint du doigt je crois, l’autre de la jambe, un médecin bienveillant leur accordera 1 et 3 jours d’ITT. Ils s’empressent de porter plainte.
Jusque là, rien de plus banal qu’une énième affaire de violences policières, pas plus surprenante que beaucoup d’autres. On pourrait aussi s’attarder sur les insultes racistes d’un policier, sur l’abandon en cellule de Karim gravement blessé pendant toute une nuit avant d’être conduit à l’hôpital, sur les différents arrangements proposés par quelques OPJ soucieux de protéger leurs collègues, sur les PV de garde-à-vue signés sous contrainte, sur les pressions de la police sur les témoins de la scène…

Mais, là où l’affaire dévie du cours habituel des violences policières et des petits procès discrets qui rapportent quelques centaines d’euros à deux ou trois flics, c’est que le procureur n’a pas osé faire passer Karim en comparution immédiate : il n’était même pas présentable à la justice. Et là où l’affaire s’éloigne totalement du fait divers quotidien, c’est que Karim décide de porter plainte contre la police, qu’il alerte une organisation de défense des droits de l’Homme, et que quelques articles sortent dans la presse locale.

Karim ne comptait pas en rester là, et il a décidé de mettre de l’énergie pour faire payer ceux qui l’ont tabassé.

Mal lui en a pris, et dure a été la vengeance de l’État :
Rapidement, le procureur classe la plainte contre la police. Mais il ne s’arrête pas là, et pour que Karim apprenne à bien fermer sa gueule, il porte plainte contre lui pour dénonciation de violences imaginaires, susceptibles de provoquer des sanctions à l’encontre des flics.
Quelques temps après s’être fait gravement blesser, Karim doit donc faire face à deux procès : Dans le premier, il est accusé d’avoir porté des coups aux deux policiers qui l’ont massacré. Dans le second, il est accusé d’avoir dénoncé les violences policières.

Le premier procès est long, il dure quelques heures, et aboutit à une lourde peine, pour une première condamnation : 6 mois avec sursis et 2500 euros de dommages et intérêts aux flics.

Le second procès est plus court, et aboutit à une seconde peine : 4 mois avec sursis et 3500 euros de dommages et intérêts à payer aux condés.

Maintenant, laissez-moi vous dire quelques mots de ce second procès :
On entend d’abord la version des flics, à trembler de rage : Ils n’ont jamais tenu de propos racistes à l’encontre de Karim et des témoins, et Karim les a agressé tout seul – cela, même les témoins sous pression ne l’ont jamais mentionné. Karim, ensuite, se démet l’épaule et se brise l’omoplate tout seul, en se débattant au moment où les condés lui passaient les menottes. Sur l’arcade, il n’y a jamais eu de coups de poings : Karim, menotté, s’est jeté de lui-même contre le capot de la voiture.
Rappelons qu’à cette audience, c’est bien Karim qui est accusé de mensonges !

La version de l’accusé est bien différente : Sorti de force de la voiture, il se prend un coup de poing direct ; les coups pleuvent, il sent la douleur à son épaule. Il parvient à s’échapper de quelques mètres, s’arrête sous la douleur, et les coups pleuvent à nouveau. Il perdra connaissance pendant la nuit dans sa cellule.

L’avocat des flics prend alors la parole, pour déverser ses insanités habituelles :
« Lorsque le procureur doit poursuivre des fonctionnaires de police, il le fait. » (?!?)
« L’accusé a alerté les associations, la presse » : c’est bien ce qui lui est reproché ici : avoir tenté de publiciser les violences policières ! Élément à charge, dorénavant.
« Mon client a pleuré dans mon cabinet » (en face, ça fait des mois que Karim n’arrive plus à
dormir, d’abord à cause de la douleur, puis du traumatisme).

On atteint des summums avec la prise de parole de la procureure :
« Karim a des talents pour écrire des scripts de sitcoms, mais il va falloir un peu plus s’intégrer
avant de dire n’importe quoi. »
Le racisme à l’audience, il n’est pas frontal – mais toutes ces petites touches sont révélatrices. Et si on s’attarde un peu sur le sous-entendu, on comprend qu’un⋅e souchien⋅ne peut mentir, mais pas un⋅e migrant⋅e.
« L’issue du procès sera aussi relayée dans la presse. »
Sous-entendu encore une fois, la justice devrait se tenir à huis-clos : juges et flics seraient encore plus tranquilles pour tabasser et faire payer leurs victimes.

D’ailleurs, même l’avocate de Karim le plombera sur sa démarche : « Il va saisir toutes les associations, de défense des droits, des droits de l’Homme, j’en passe et des meilleures, la presse aussi ». Elle demandera à ce que la Cour aie la décence de l’excuser, arguant que Karim n’est pas un spécialiste du droit.

En effet, un⋅e spécialiste du droit français n’oserait jamais conseiller à quiconque de porter plainte contre la police.
Un⋅e spécialiste du droit français découragerait toute tentative de dénoncer publiquement des violences policières.
Un⋅e spécialiste du droit français conseillerait à toutes les associations de défense des droits de l’Homme de fermer boutique.

Karim n’avait pas compris ça.

En tout, il aura donc 9000 euros à payer, frais d’avocat⋅e⋅s inclus (il en a changé en cours de
procédure), plus 10 mois de prison avec sursis.

Ce soir-là, Karim avait peur de se faire assassiner par les flics. Aujourd’hui, Karim a peur de cet article.

Karim a donc compris la leçon : ceci n’est pas son histoire.

C’est l’histoire d’un militant anarchiste, inventée de toutes pièces, au hasard d’un tribunal ordinaire d’une petite ville de France.

Mailing Résistons Ensemble, 25 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:53

Bonjour à toutes et à tous,

Samedi 11 mai prochain aura lieu à Grasse une commémoration en l’honneur d’Abdelhakim Ajimi, mort le 9 mai 2008 entre les mains de la police. Les trois agents de police jugés coupables à deux reprises de la mort de ce jeune homme sont toujours en poste au sein du commissariat de Grasse. La famille Ajimi et le comité exigent la révocation de ces policiers et l’interdiction de la technique d’immobilisation enseignée et pratiquée par la police qui consiste à effectuer une “clé d’étranglement”, compte tenu des risques reconnus qu’elle comporte.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/083.jpg

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Deux personnes du Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi sont convoquées au tribunal de Grasse le 22 mai pour répondre de propos qu’il et elle ont tenus sur la place publique dans le cadre de notre engagement auprès de la famille Ajimi.

Nous vous attendons le samedi 11 mai 2013 à Grasse :

• 17h : Marche au départ du haut du boulevard Victor Hugo en direction du commissariat principal.

• 19h : Repas.

• 21h : Projection de Souvenir de Grasse, en présence du réalisateur Jean-Jacques Béryl-Lissac et de Mogniss H. Abdallah (agence IM’média). Ce documentaire n’a jamais été projeté à Grasse. Il ya été tourné en 1973 par Yann Le Masson, Antoine Bonfanti et Jean-Jacques Béryl-Lissac, suite à la répression d’une manifestation de travailleurs sans-papiers luttant sous le mot d’ordre « Liberté, papiers, égalité ».

Pour les personnes venant de loin, un hébergement sur place est possible, merci de nous prévenir au plus tôt.

Bien à toutes et à tous,

Ivora et Elise pour le Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi

Mailing Résistons Ensemble, 25 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:52

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/048.jpg

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:51

La Saulce sans bleu…

Vendredi 19 avril 2013, les gendarmes mobiles se sont retirés du carrefour dit de la Saulce et de celui des Ardillères.

Le carrefour dit de la Saulce (entre la D81 et la route des Fosses Noires/Chemin de Suez) était occupé en permanence depuis 146 jours. Cette occupation militaire se traduisait dans les faits par une guerre psychologique et un harcèlement permanent des utilisateur.ice.s de cette route. En effet, sous couvert d’un arrêté préfectoral interdisant le transport de matériaux de construction et de produits inflammables, les contrôles et fouilles des véhicules et piétons conduisaient à des arrestations arbitraires, entraînant parfois des affrontements. La traversée du carrefour à pied était presque systématiquement refusée par les gendarmes mobiles qui obligeaient les habitants à passer par les champs, endommageant ainsi les pâturages.

Si le préfet explique le départ des gendarmes mobiles par une volonté d’apaisement, nous y voyons les marques d’un épuisement moral et financier [D’autres aussi y voient des motivations plus financières qu’un "geste d’apaisement"] face à notre résistance déterminée, ainsi que les besoins de l’État en forces armées sur d’autres lieux en lutte et/ou en résistance (occupations de terres, plan Vigipirate, contrôle des banlieues, expulsions de squats, de camps de Roms, etc.).

Lundi 15 avril, des actions décentralisées ont eu lieu dans une trentaine de villes (occupations de routes et de carrefours) pour protester contre l’occupation militaire de la ZAD. Cette mobilisation montre une fois de plus la solidarité massive envers cette lutte, établissant un rapport de force flagrant.

Nous défendons la zone en l’habitant et en la faisant vivre ; la gestion des routes fait partie intégrante de cette défense. Suite au départ des gendarmes mobiles, nous nous sommes réuni.e.s en assemblée générale et avons décidé de façon consensuelle que la D81 resterait circulante au trafic, à l’exception de celui des forces de répression dont ne nous reconnaissons pas la légitimité. Cependant, nous restons mobilisé.e.s et prêt.e.s à bloquer les axes routiers en cas d’attaque policière ou toute autre manœuvre visant à faire avancer le projet d’aéroport.

Dorénavant, le carrefour de la Saulce sera aussi un lieu d’accueil, d’information et d’échanges. Une guérite y est mise en place, ainsi qu’une buvette et un infokiosque.

Nous continuons à défendre cette zone comme nos camarades du monde entier en défendent d’autres ailleurs ! Cette lutte s’inscrit dans la construction d’un monde basé sur la vie, la liberté, la diversité, le respect. Si nos modes de vie sont discutables, ils ne sont pas négociables !

ZAD, 23 avril 2013

Déplastifions l’insurrection !
Brêve (auto)critique de notre occupation de la ZAD

Avec le retrait des gendarmes de la Zone à Défendre a ré-émergé la question relative aux modalités d’occupation des routes et chemins qui traversent la zone. Une certaine lassitude a gagné les habitants de longue date face à une forme d’occupation de l’espace qu’ils avaient accueilli avec joie lorsqu’il s’agissait d’investir leur lutte contre l’aéroport, mais qu’ils regardent désormais avec une certaine circonspection, tant il leur semble que les nouveaux occupants les ont dépossédé de leur combat et utilisent des modes de lutte souvent excessifs.

À moins de trois semaines de l’événement hyper-symbolique (médiatique et coûteux) du 11 mai, où les opposants « traditionnels » attendent des milliers de personnes pour une immense chaîne humaine qui entourerait la ZAD, on a la sensation que certains voudraient bien que les squatteurs se fassent discrets et ne gâchent pas leur flashmob citoyenne.

De fait, après les événements organisés selon des modalités propres aux squatteurs, il est tout à fait légitime que l’ACIPA puisse organiser son événement sans avoir à craindre des perturbations (ça ne ferait pas bonne impression sur la photo prise de l’hélicoptère). La collaboration des anciens et des nouveaux doit bien souffrir quelques compromis.

Du coup, après le départ des casques bleus des carrefours de la Saulce et des Ardillières, une assemblée s’est tenue pour discuter de la manière dont on reprendrait le « contrôle » sur les routes qui traversent la ZAD. Tout le monde s’est accordé pour dire qu’il ne fallait plus bloquer les routes (exigence du préfet certes, mais également des habitants et paysans) et trouver des moyens alternatifs, compromis entre la barricade et la libération totale des voies. Il est donc question de se donner les moyens de tenir la route avec un accueil, plutôt que des écueils. On verra bien ce que ça donne.

En tout état de cause, les barricades sont jetées aux oubliettes. Pourtant symboliques d’une lutte qui a fait beaucoup parler d’elle ailleurs, la décision apparaît comme un premier renoncement à la lutte. Qu’elles soient efficaces ou non, les barricades symbolisaient néanmoins le combat mené par les occupants de la zone pour ne pas céder du terrain à la préfecture et aux bétonneurs du Grand-Ouest. Et puis il faut l’admettre, ça avait de la gueule ! Tout une iconographie de la ZAD est née de ces défenses de bric et de broc, inventives et insolentes, qui défiaient le pouvoir par leur message de défi à l’égard de ceux qui voudraient nous voir plier. Aujourd’hui, il y a si peu à montrer aux journalistes qu’on est contraints de faire un concours de la plus longue chaîne humaine pour intéresser l’œil aguerri des chasseurs de scoop de la presse parisienne.

Comme le dirait si bien le préfet : c’est un retour à la normale. Désormais, les forces de l’ordre agiront au coup par coup, et aucune barricade ne sera plus là pour leur compliquer la tâche. Les fourgons bleus de l’occupant n’auront qu’à contourner les chicanes et tout fossé creusé dans le bitume sera prétexte au retour des moblos. À défaut de subir les contrôles et les spots éblouissants des plantons de la gendarmerie, leur hélicoptère pourra informer à tout moment le préfet de la moindre tentative visant à reprendre vraiment les routes.

Question : que se passera-t-il après le 11 mai ? Qui ira négocier avec le préfet pour empêcher ses troupes d’aller dégager les insupportables squatteurs anarchistes ?

Dans la continuité de cette décision visant à montrer patte blanche, il a été décidé de nettoyer le chemin de Suez, ce qui aurait dû être fait il y a belle lurette. Encore une fois, l’autogestion montre ses limites lorsqu’il s’agit de ne plus dépendre des services d’enlèvement des déchets.

Là, il faut bien l’admettre, on a loupé tout un aspect de la guerre de l’information. Nous savons produire des brochures, ça oui. Des textes aussi. Mais lorsqu’il s’agit de faire la preuve qu’on est respectueux de notre environnement, y compris en situation de conflit, ça on a encore du mal.

Qu’on dise du mal de nous, peu importe. Tant que les anarchistes seront mal vus, cela signifiera qu’ils sont subversifs et non consensuels. Mais ce ne serait pas un mal qu’un jour on cesse de nous décrire avant tout comme « sales et bordéliques ». Est-il utile de rappeler que « l’anarchie, c’est l’ordre moins le pouvoir » ?

En regardant ce qu’il reste des barricades, on ne peut s’empêcher de soupirer. Non entretenues depuis leur construction, transformées en immenses dépotoirs, affaissées et délaissées de tout leur potentiel subversif et créatif, elles feraient mieux de disparaître plutôt que de laisser une si triste image de notre lutte. Il faut se dire ce qui est : en les regardant, elles ne donnent plus l’espoir, mais invitent à la nostalgie.

Et puis franchement, comment expliquer qu’elles soient polluées par autant de plastique ? La lutte a-t-elle vocation à laisser derrière elle un tel étalage de polymères et de merdes pétrolifères, alors qu’elle prétend combattre (en partie) une catastrophe écologique ? À y réfléchir, rien ne justifie la présence d’une telle quantité de plastiques sur les barricades. Toute émeute peut se passer de plastique : bouteilles de verre et tissu pour les cocktails molotov, ficelle, métal et cailloux pour les frondes et les lance-pierres, bois et papier pour le feu… et tout le reste peut bien être collé dans son sac plutôt que d’être balancé dans le bocage qu’on prétend défendre !

Ce serait cool si, étant éclairés comme nous le sommes, nous évitions tout simplement de répandre autant de merde sur les barricades et aux abords des routes. On était quelques-uns ces derniers jours à ramasser toutes sortes de déchets en décomposition dans les chemins de la ZAD, ce qui n’arriverait pas si chacun prenait soin de ne pas y venir dans une attitude consumériste. Après l’émeute, la zone a vocation à survivre. Si tout y est détruit, autant y construire un aéroport…

Quoi qu’on pense de « l’opinion publique » (si elle existe vraiment), l’adhésion des autres à nos modes de pensée et de lutte passe par certains changements concrets dans notre manière d’habiter le monde, qui est aussi leur monde. Ce serait bien qu’un beau jour, les gens qui nous voient arriver le matin ne souhaitent pas nous voir repartir le soir.

Morale : anciens ou nouveaux, on a tous des efforts considérables à faire pour pouvoir agir ensemble sur le long terme.

Indymedia Nantes, 23 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:49

Effondrement d’un immeuble au Bangladesh : le bilan dépasse les 200 morts

Les secours au Bangladesh luttaient toujours jeudi pour extraire des survivants piégés sous les décombres d’un immeuble, un effondrement qui a fait au moins 200 morts et relance la polémique sur la sécurité dans l’industrie textile fournissant des marques occidentales.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/0212.jpg

Cet immeuble de huit étages, Rana Plaza, abritait cinq ateliers de confection et il s’est effondré comme un château de cartes à 09H00 mercredi, à Savar, une ville à la périphérie de Dacca. Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle de ce pays défavorisé d’Asie du sud.

Des plaintes et des appels à l’aide de victimes englouties par des tonnes de gravats et d’acier tordu guidaient l’épuisant travail des secours au milieu d’un site évoquant les conséquences d’un puissant séisme. Des centaines de personnes attendaient, rongées par l’angoisse, en brandissant des photos de leurs proches.

Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s’étaient publiquement inquiété la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d’embaucher normalement le jour suivant.

Des dizaines de milliers d’ouvriers du textile ont manifesté dans une zone industrielle proche, provoquant la fermeture de centaines d’usines.

“Le bilan est désormais de 200 morts”, a dit à l’AFP A.B.M. Masud Hossain, précisant que des milliers de personnes, certaines brandissant des photos de proches, étaient massées sur les lieux du drame dans l’attente de nouvelles des personnes toujours portées disparues.

Le précédent bilan faisait état de 175 morts.

Quelque 1.000 personnes étaient par ailleurs soignées à l’hôpital, selon Hiralal Roy, un médecin urgentiste de l’hôpital Enam, proche du lieu du drame.

Les drapeaux étaient en berne jeudi, déclaré jour de deuil national en hommage aux victimes.

Les autorités disaient ignorer combien de personnes étaient encore prisonnières des décombres tandis que les pompiers entendaient encore des appels à l’aide provenant de différents endroits.

“Je viens juste d’entendre quelqu’un dire : “S’il vous plaît, sauvez-moi”, a rapporté Mamun Mahmud, un responsable des pompiers, ajoutant qu’environ 1.500 personnes avaient été jusqu’à présent secourues.

Mahbubur Rahman, le chef des opérations de la brigade des pompiers, a précisé que les secours n’utilisaient plus d’équipement lourd pour déblayer le site afin d’éviter de mettre en danger les survivants.

Les corps des victimes reposaient dans une école proche et des milliers de personnes défilaient pour tenter d’identifier les disparus.

“J’ai vu tous les corps. Ma sœur n’est pas parmi eux. Elle n’est pas non plus à l’hôpital”, a confié Mukta Begum, en tenant une photo de sa sœur cadette, Suryaban, une ouvrière du textile.

Ce drame relance la polémique sur les conditions de sécurité et de travail dans le secteur textile au Bangladesh, le deuxième plus important au monde, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix.

En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment la chaîne américaine Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu’il ne s’agissait que d’un exercice d’alerte incendie.

Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile basée à Amsterdam, cet accident est “symptomatique” des problèmes dans ce secteur au Bangladesh.

“Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas”, a-t-elle dénoncé mercredi auprès de l’AFP.

Selon l’Association des fabricants et exportateurs de textile au Bangladesh (BGMEA), les ateliers de confection situés dans l’immeuble employaient plus de 2.600 ouvriers.

La chaîne britannique de vêtements à bas prix, Primark, a indiqué que l’un de ses fournisseurs était basé au Rana Plaza. “Le groupe est choqué et profondément attristé par cet accident épouvantable à Savar et exprime ses condoléances à toutes les personnes concernées”, selon un communiqué.

Le groupe Walmart a de son côté dit enquêter sur des accusations de militants pour les droits des ouvriers selon lesquelles il avait des fournisseurs basés au Rana Plaza. L’espagnol Mango a admis des liens avec un fabricant de l’immeuble.

L’italien Benetton a en revanche démenti tout lien mais des documents fournis par des organisations de défense des ouvriers montrent des commandes placées par la marque en septembre dernier.

Un responsable de la police, Monir Hossain, a précisé qu’une enquête avait été ouverte à l’encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.

Mustafizur Rahman, le responsable d’une unité de police chargée du secteur industriel, a par ailleurs affirmé que les propriétaires des ateliers situés dans l’immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe.

“Après avoir constaté les fissures mardi, nous leur avons dit de fermer les ateliers. Ils n’en ont pas tenu compte”, a-t-il conclu.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 24-25 avril 2013)

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:47

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/0120.jpg

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:46

Un policier a été sérieusement blessé hier soir à Vigneux-sur-Seine (Essonne), après avoir reçu un pavé en pleine tête, mais ses jours ne sont pas en danger, selon des sources policières.

Vers 22H30, de jeunes habitants du quartier sensible de la Croix-Blanche à Vigneux-sur-Seine ont perturbé la voie publique et les parties communes des immeubles, avant de menacer d’incendier des poubelles. Une vingtaine de ces jeunes gens a alors tenté de frapper des riverains qui étaient sortis, alors que la police arrivait sur les lieux, et les a repoussés avec des gaz lacrymogènes.

Ils ont ensuite jeté des pavés sur l’équipage de la brigade anti-criminalité (BAC)départementale. Un policier de cet équipage, âgé de 30 ans, a reçu un pavé en pleine tête, ont précisé ces sources. Il a été hospitalisé, mais ses jours ne sont pas en danger, selon ces mêmes sources. Il n’y a pas eu d’interpellation. La sûreté départementale de l’Essonne est chargée de l’enquête.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 25 avril 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS LUTTES FACHO HORS DE NOS VIES!
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:43

Depuis 2008, sous prétexte de la crise économique, la troïka (FMI, Banque Centrale et Commission européenne) en collaboration avec le gouvernement grec ont transformé un peuple en troupeau de pauvres, chômeurs et travailleurs sans droit. Une partie de la population se révolte contre cette misère économique et sociale en créant des cellules de lutte et de solidarité. L’État pour mieux contrôler et opprimer ces mouvements, a utilisé, comme ses deux dispositifs les plus performants : le fascisme et le pouvoir répressif. Cette violence étatique et para-étatique attaque les collectifs qui continuent à résister tout autant que « les maillons faibles » : immigrés, toxicomanes et sans papiers.

La crise n’est plus exclusivement économique, à travers la désagrégation des tissus sociaux, elle est devenue en fin de compte une crise sociale.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/061.jpeg

Banderolle accrochée à Grenoble le vendredi le 12 avril 2013 sur le pont de l’Estacade

Le 20 décembre 2012, sous prétexte d’une plainte anonyme, les CRS évacuent le squat de Villa Amalias et arrêtent les huit camarades se trouvant dedans. Se joint à cela une médiatisation massive qu’enfin l’État nettoie le centre d’Athènes des noyaux de l’anomie (comme il l’a déjà commencé avec les pogroms contre les immigrants, les prostituées et les toxicomanes). Quelques jours après, les CRS, en utilisant le même prétexte, entrent à l’ASSOE (université au centre d’Athènes) et vident le local autogéré des étudiants, tout en confisquant le matériel de 98FM (une radio libre anarchiste). Le 9 janvier, le squat de Skaramanga est attaqué et les huit camarades présents sont arrêtés. Le bâtiment est expulsé pendant que des camarades reprennent Villa Amalias. Mais ce dernier est réexpulsé le jour même et les 93 camarades sont arrêtés et confrontés, cette fois, à des accusations criminelles. Le 15 janvier, encore sous le même prétexte, la police évacue Lelas Karagiannis, le squat le plus ancien d’Athènes, et arrête les 14 camarades alors sur les lieux.

Partout, pendant cette période, les lieux autogérés et squats en Grèce subissent des attaques fascistes et para-étatiques. Ces attaques ont toujours existé mais sont  en augmentation (cinq dans une période de trois mois).

Des manifestations sont organisées en réponse à ces attaques, ainsi que des interventions de contre-information, des occupations de bureaux politiques, etc. Des mouvements de solidarité aux squats et aux lieux autogérés sont mis en place au niveau national comme international.

L’objectif du pouvoir est simple : les squats, comme lieux servant de tremplin à l’anarchisme et à l’autogestion, représentent une menace et doivent être supprimés. Les squats attaqués ont en commun d’être au centre d’Athènes et plus spécifiquement dans des quartiers où l’Aube Dorée a une forte implantation. Ces squats tentent de proposer des relations qui ne sont pas caractérisées par le sexisme, l’oppression et le consumérisme et mènent des luttes antifascistes, antiracistes et anticapitalistes. De surcroît, ils pratiquent la solidarité et la lutte anti-systémique contre le cannibalisme social issu de la crise.

L’État entend, par la répression, consolider sa domination et montrer que toute velléité de subversion est impossible ou fatalement punie. Par la force ou la crise économique, la contestation populaire est étouffée tout autant qu’écrasée par les forces répressives.

Parce que nous sommes ici, ailleurs, où en Grèce les ”petits” de ce monde, que partout les mêmes intérêts capitalistes de domination enserrent nos vies. La paix n’est là que pour rendre encore plus criante la guerre sociale en cours, alternant avec l’oppression policière quand le besoin s’en fait sentir.

Les États et les classes aisées sont partout solidaires afin de maintenir leurs privilèges, nous n’auront d’autres objectifs que de lutter contre le pouvoir et toutes ses extensions, parce que nous n’aurons que ce que nous leurs arracherons…

Solidarité avec les lieux autogérés et les squats de Grèce et d’ailleurs.
Solidarité avec les anarchistes mis en cause judiciairement.

Quelques anarchistes grenoblois

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 09:32

Un salarié de Renault s'est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi sur son lieu de travail à l'usine de Cléon, en Seine-Maritime. Il a laissé une lettre dans laquelle il explique subir "pression" et "chantage" de la part du groupe depuis qu’il s’est mobilisé contre les accords dits de compétitivité-emploi cet hiver.

Agé de 35 ans et père de deux enfants, ce technicien qui travaillait de nuit, a été retrouvé pendu lundi au petit matin sur le site, son lieu de travail, où il était employé depuis 2000. Pascal Le Manach, délégué syndical CGT a expliqué à l’AFP qu’"il a laissé sur place deux lettres, l'une pour sa famille et l'autre à l'attention de la direction, dans laquelle il dénonce les pressions".

Dans ce second courrier, l'ouvrier a écrit : "Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n'existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l'incertitude de l'avenir sont de bonne guerre, paraît-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos", allusion à Carlos Ghosn, le PDG du groupe.

Le salarié, "excellent ouvrier" et "non-syndiqué", "faisait l'objet de pressions de la direction depuis qu'il avait pris activement part aux grèves contre le projet d'accord compétitivité-emploi cet hiver", a précisé M. Le Manach. "La direction l'avait notamment menacé de le faire redescendre en équipe (de jour), avec une perte financière très importante à la clé", estimée à au moins 400 euros par mois. La CGT a demandé la tenue lundi d'un Comité d'hygiène et de sécurité exceptionnel "pour montrer la responsabilité de Renault dans ce décès".

Le parquet de Rouen, qui a confirmé la découverte de deux lettres, a de son côté précisé à l'AFP avoir ouvert une enquête en "recherche des causes de la mort" à la suite de ce suicide survenu "sur le lieu de travail et pendant les heures de travail".
Le site de Renault-Cléon, spécialisé dans la fabrication de moteurs et de boîtes de vitesse, emploie environ 4.000 salariés dans une ambiance qualifiée par la CGT de "plus en plus difficile", notamment depuis la mise en place de l'accord compétitivité-emploi par M. Ghosn.

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