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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:42

Ni deuil, ni célébration !
L’heure de l’autonomie des luttes sociales est arrivée !

Quand s’additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés à des décisions politiques et un malade halluciné de pouvoir, on ne pouvait qu’attendre que ce dénouement : le caudillo est mort et un changement important dans la scène politique vénézuélienne est en marche.

En un instant, ce qui était la plus grande force du régime est devenu sa plus grande faiblesse : Chavez était tout et, en disparaissant, il ne reste qu’a conjurer la fidélité absolue à son souvenir, avec l’obéissance à ses dispositions pour sa succession. Ce qui met en évidence la fragilité d’un gouvernement qui voulut renfoncer son supposé caractère “socialiste et populaire” avec la pratique  d’un culte grotesque de la personnalité, maintenant réduit à une ridicule invocation aux âmes du purgatoire. Le disparu a été lui-même l’auteur principal de cette fin. Le secrétisme qu’entoura sa maladie était motivé par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir. Ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses suiveurs s’affrontant entre eux-mêmes pour l’héritage du commandement, avec une claire avantage pour les hauts bureaucrates (rojo-rojitos) et la caste militaire, en pleines manœuvres de négociation pour assurer l’impunité de leurs corruptions.

En ce qui concerne aux oppositions, la de droite et la social-démocrate, la nouvelle situation les prend sans avoir supère ses déroutes aux Présidentielles du 7-O et aux régionales du 16-D. Élections où elles s’avaient compromises avec des illusions exagérées et avec l’offre d’un “chavisme sifrino” (chavisme de riches), promettant aux électeurs de maintenir et d’être efficaces dans l’emploi des instruments du clientélisme qui avaient tant servi à Chavez.  Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu’une fortuite métastase a enfin mis à sa portée l’accès à ce pouvoir politique duquel ses ambitions, erreurs, paresse et incompétence l’a éloignée pendant de longues années. Un pouvoir qu’elle exercerait avec une sottise et une ardeur prédatrice similaires à ceux pratiqués par la « bolibourgeoisie » chaviste.

Face à ces calculs mesquins et opportunistes, qui égale au Grand Pôle Patriotique (“Gran Polo Patriótico”) et à l’opposition de la Table d’Unité Démocratique (“Mesa de Unidad Democrática”), nous nous trouvons devant la grave situation où se trouve ce pays : inflation emballée, chômage grandissant et précarité dans le travail, dévaluation monétaire, effrayante insécurité personnelle, grave crise dans les services d’eau et électricité, éducation et santé, manque de logement, travaux publics obsolètes ou en exécution brouillonne, attention démagogique des besoins extrêmes des plus nécessiteux, et un etcetera qui même lointain n’en est pas moins néfaste.

Mais ces problèmes ne sont pas la principale préoccupation des deux groupes en lutte pour la “Silla de Miraflores” (le fauteuil présidentiel) et le butin pétrolier. C’est pourquoi notre réponse collective doit mépriser leur permanent chantage de nous demander un appui électoral en échange de solutions qui n’arrivent jamais ou sont ridiculement incomplètes. C’est l’heure de déborder ces oligarchies politiques pourries et de construire, depuis le bas, une vraie démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Il faut accroître l’indignation généralisée devant la situation que nous pâtissons et la convertir en luttes sociales autonomes, larges et autogestionnaires, et dire aux politiques du pouvoir que nous ne les nécessitons pas comme intermédiaires ou comme gracieux donateurs de ce que d’en bas et unis nous pouvons obtenir, sans “mains blanches” ou “bérets rouges”.

Collectif éditeur d’EL LIBERTARIO

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:41
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Avec Bachar El-Assad

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Avec Mouammar Kadhafi

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Avec Benoît XVI

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Avec Raúl Castro

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:38

Le suicide d’un activiste électrise la Bulgarie

Ce décès menace de ranimer la contestation qui a entraîné la chute du premier ministre.

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Manifestation à Sofia, dimanche 3 mars, contre la pauvreté et la corruption.

L’annonce de la mort de Plamen Goranov a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux : brûlé à plus de 80 %, ce jeune homme qui s’était immolé il y a deux semaines pour demander la démission du maire de Varna (Est) a succombé à ses blessures. Les « prières » quotidiennes de ses sympathisants n’auront pas suffi. « On espère seulement que son sacrifice n’aura pas été vain ! » disent-ils désormais. Cet alpiniste du bâtiment est ainsi en passe de devenir le symbole de cette grogne populaire née contre la hausse du prix de l’électricité et qui a provoqué contre toute attente la démission du gouvernement, le 20 février dernier. D’autant plus qu’il n’est pas le seul : en quelques jours à peine, trois cas d’immolations — et plusieurs tentatives — ont été recensés par les autorités. « Il s’agit clairement d’une série. Et même si les motivations semblent différentes, elles sont là pour nous signifier que les gens sont à bout et prêts à tout », témoigne le docteur Hristo Khinkov, patron du service de psychiatrie au Centre national de santé publique de Sofia.

Manifestants encagoulés

Tour à tour comparées à celles des martyrs tchèques, tibétains et tunisiens, les histoires de ces désespérés ne manqueront pas de donner un nouveau souffle aux manifestations, désormais quotidiennes en Bulgarie. À deux reprises, le 24 février et le 3 mars, jour de la fête nationale, les manifestants sont sortis en force dans les rues des grandes villes pour signifier qu’ils ne se satisfaisaient nullement de la démission du gouvernement. Mais leurs revendications, pour le moins confuses, ont jeté un froid au sein de l’intelligentsia bulgare. « Leur modèle social semble osciller entre la Libye de Kadhafi et la Biélorussie », s’énerve Konstantin Pavlov, auteur d’un blog politique très lu dans le pays. Lundi, la contestation a pris des airs de désobéissance civile, avec l’installation d’un « camp de tentes » devant le siège de la présidence à Sofia. Et on ne compte plus les accrochages avec la police à la suite des blocages de carrefours et autres axes routiers par des manifestants encagoulés. « Certains jours, on a l’impression qu’il suffit d’une étincelle pour que le pays bascule dans l’anarchie », estime un diplomate occidental. L’hospitalisation à deux reprises, pour hypertension, du premier ministre démissionnaire, l’ancien judoka Boïko Borissov, incarnant à lui tout seul la « stabilité » du pays, a certainement contribué à ce sentiment d’insécurité.

À Varna, la ville où Plamen Goranov s’est immolé, c’est le maire de la ville, Kiril Yordanov, accusé de collusion avec la mafia, qui est la cible de la colère populaire. Les manifestants demandent sa démission et protestent contre l’emprise sur la ville d’un groupe écono­mique à la réputation sulfureuse, TIM, fondé dans les années 1990 par d’anciens commandos de marine. « TIM est la principale cause de nos malheurs », s’est époumoné Plamen lors d’un meeting, à quelques jours de son geste fatal, comme l’atteste une vidéo postée sur la Toile par ses amis.

Presse contre-révolutionnaire (Alexandre Lévy, LeFigaro.fr, 4-5 mars 2013)

 

Bulgarie : le suicide par le feu d’un homme provoque colère et espoir

Une centaine de bougies allumées et des monceaux de fleurs barrent l’entrée de la mairie de Varna, dans l’est de la Bulgarie, à la mémoire de Plamen Goranov, 36 ans, dont la mort à la suite d’une immolation par le feu en a fait le symbole des protestations contre la corruption des élites politiques.

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Autour du portrait de Plamen, cheveux longs, sourire serein, alpiniste et artiste dont le prénom signifie « flamme », des inscriptions au feutre sur les dalles du trottoir : « Tu as embrasé notre courage et l’amour de la liberté » ; « Ton sacrifice nous mène à la victoire » ; « La mafia détruit la Bulgarie ».

Ou encore : « Tu es notre Jan Palach », l’étudiant tchèque qui s’immola par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique après la répression du « Printemps de Prague ».

Plamen Goranov, mort dimanche, avait tenté de s’immoler par le feu le 20 février devant la mairie de Varna. Il réclamait la démission du maire conservateur, Kiril Yordanov, en place depuis 14 ans, qu’il accusait de corruption. Le jour même, le Premier ministre conservateur, Boïko Borissov, avait remis la démission du gouvernement.

« Que le gouvernement ait démissionné ne change rien. Il faut que la société civile puisse tout contrôler : les monopoles, les élections, les partis, les institutions », dit Ilarion Ananiev, 25 ans, un des animateurs informels du mouvement contestataire.

« Plamen était un grand, il frayait ce chemin », soupire Radostina Petrova, une amie du défunt, assise par terre, les yeux rivés sur les bougies.

« Plamen s’est éteint, mais sa flamme reste vive », titrait mardi le journal d’opposition de Varna, Narodno delo.

« Plamen Goranov est devenu un symbole national révélant que la démocratie en Bulgarie, contrôlée par une oligarchie post-communiste, est réduite aux apparences », a déclaré à l’AFP Ognian Mintchev, directeur de l’Institut d’études régionales et internationales à Sofia.

Alors que le maire serait sur le point de démissionner, Ognian Mintchev a souligné l’importance d’une mobilisation civile « pour empêcher la mise en place à nouveau d’hommes de paille à la tête de la ville ».

Principal port bulgare sur la Mer Noire, Varna est l’agglomération d’où les manifestations massives contre la corruption et la pauvreté avaient commencé il y a plus de trois semaines et où elles sont les plus importantes. Depuis le geste de Plamen Goranov, les manifestants portent un autocollant représentant une flamme.

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Plamen Goranov

« C’était un homme excentrique, mais le premier à avoir montré du doigt ceux qui dissuadent toute tentative d’activité économique indépendante à Varna », déclare Radoslav Radev, un informaticien de 25 ans.

Une société holding, désignée informellement par le sigle TIM, fondée à Varna dans les années 1990 par d’anciens militaires d’élite de la marine, compte parmi les plus puissantes de Bulgarie, selon un rapport de l’ambassade des États-Unis de 2005 paru sur Wikileaks, qui évoque des activités criminelles à l’origine de cette richesse. Elle a des intérêts pêle-mêle dans l’industrie pétrolière et chimique, le transport aérien et maritime, les finances et les assurances, les médias, le commerce et le tourisme.

« Tel un octopode, TIM étouffe l’économie, détruit la nature et criminalise la vie politique », résume Ognian Mintchev, originaire de Varna. Et même un député de Varna membre du parti conservateur au pouvoir GERB, Pavel Dimitrov, l’admet : « Rien à Varna n’arrive sans TIM ».

« Le maire ne fait qu’exécuter les ordres de TIM. Et ses réélections sont obtenues par la fraude », affirme Ilarion Ananiev.

Malgré la longévité politique du maire de Varna, les rues sont truffées de nids-de-poule et la ville manque pratiquement de chauffage central : « Je ne mets le chauffage en route que quelques heures par jour, mais ma facture d’électricité se monte à 160 leva (80 euros), alors que ma pension est de 300 leva » (150 euros), se plaint Yanka Petrova, une retraitée.

Pendant que des habitants de Varna rendaient hommage à Plamen Goranov, deux hommes ont sauté d’un pont, se noyant dans la mer, en l’espace de trois jours. Et, depuis le début des manifestations, deux autres Bulgares désespérés par la pauvreté se sont immolés par le feu les 18 et 26 février : le premier, âgé de 26 ans, est mort, tandis que le deuxième, 53 ans, père de cinq enfants, est dans un état grave.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

 

Bulgarie : les mineurs manifestent pour protéger leurs emplois

SOFIA – Plus de 1.500 mineurs bulgares ont manifesté mardi à Sofia, pour défendre leurs emplois, alors que les centrales au charbon du pays pourraient être temporairement arrêtées pour compenser la faible consommation d’électricité et les exportations en recul.

La manifestation, organisée par les deux principaux syndicats de mineurs du pays, KNSB et Podkrepa, vient s’ajouter à des protestations générales contre des factures d’électricité très élevées en janvier, contre la pauvreté et la corruption en Bulgarie, qui ont amené à la démission le 20 février du gouvernement conservateur du Premier ministre bulgare, Boïko Borissov.

Nous sommes ici pour défendre nos emplois. Nous voulons du travail ! Nous voulons du pain pour nos enfants !, a clamé au cours du défilé le dirigeant du syndicat Podkrepa, Vladimir Topalov.

Les mineurs portaient des drapeaux bleus et pourpres des syndicats et ont scandé des slogans hostiles sous les fenêtres de l’Autorité de régulation de l’énergie DKEVR. Ils ont vidé plusieurs sacs de charbon devant le bâtiment.

La DKEVR devrait entériner dans la journée une baisse immédiate des prix de l’énergie de 7%, pour tenter d’apaiser les manifestations parfois violentes qui ont fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de Bulgares ces trois dernières semaines.

Plusieurs centrales au charbon du pays ont dû réduire leur production, voire arrêter temporairement leur activité, en raison d’une faible consommation intérieure et des exportations d’électricité en baisse.

Les mineurs ont précisé qu’ils n’étaient pas opposés aux baisses des prix de l’électricité. Ils ont toutefois critiqué une proposition du ministre de l’Économie et de l’Énergie, Delyan Dobrev, de ne pas livrer l’électricité chère de trois centrales pour la consommation intérieure. Il y a d’autres solutions pour une électricité à moindre coût. Ceux qui ne les trouvent pas devraient s’en aller, a expliqué le dirigeant de KNSB, Plamen Dimitrov.

Selon les experts, près de 5.000 emplois de mineurs bulgares sont menacés avec l’arrêt temporaire des centrales thermiques du pays.

Près de 1.500 travailleurs de la société publique de chemin de fer seraient également touchés. S’il n’y a pas de charbon, il ne pourra pas y avoir de trains. C’est pourquoi, nous sommes solidaires des mineurs, a précisé le dirigeant du syndicat des cheminots bulgares, Petar Bunev, alors que plusieurs centaines d’entre eux s’étaient joints au cortège.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:51

Armes à feu artisanales en Syrie

EN IMAGES – L’Armée syrienne libre (ASL) manque d’armes pour affronter une armée régulière munie de tanks, d’avions et d’hélicoptères. Ainsi, face à l’ennemi, les rebelles fabriquent désormais leurs propres armes avec les moyens du bord.

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Un rebelle syrien tire une bombe artisanale à l’aide d’un mécanisme archaïque se rapprochant du « lance-pierres », le tout fait maison, dans la ville d’Alep. En Syrie, avant le début de la révolte, les armes n’étaient pas en libre circulation et rares étaient les personnes qui avaient le droit d’en posséder.

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Le manque d’armes et de munitions de l’ASL est son principal point faible face à l’armée régulière. D’où cette initiative de fabriquer leurs propres armements. Ici, des combattants fabriquent des munitions clandestinement dans une cave, à l’abri des milices qui rôdent à l’extérieur.

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Ce sont des artisans, forgerons et menuisiers qui ont transformé leurs ateliers en véritables fabriques d’armes. Comme celui-ci, situé au centre ville d’Alep où les rebelles sont contraints à la bricole pour pouvoir combattre.

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Missiles, lances-roquettes et projectiles de différentes portées, le tout est produit localement avec les moyens du bord.

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Les rebelles assemblent aussi des tanks avec des matériaux qu’ils ont sous la main. Cette carcasse était à l’origine une voiture diesel dont il ne reste que le châssis et le moteur, désormais recyclée, il s’agit d’un véritable char d’assaut.

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De loin, ce tank ressemble plutôt à une grande boîte métallique rouillée mais en s’en rapprochant on s’aperçoit vite des prouesses techniques dont font preuve ces combattants pour parvenir à leur liberté. L’engin est piloté grâce à des caméras affichées sur un écran de télévision embarqué.

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Autre assemblage, ce blindé appelé « Cham » est inspiré par l’ancien nom que portait la Syrie (Bilad el-Cham), signifiant la « Grande Syrie ».

Presse contre-révolutionnaire (Judith Wesch, LeFigaro.fr, 22-26 février 2013)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:31

Pourquoi pas ?

« Se fier à vous ? Plutôt vous pendre ! À chaque minute vous changez d’idée : vous trouvez noble celui que vous haïssiez tout à l’heure, infâme celui que vous couronniez. Qu’y a-t-il ? Pourquoi, dans les rues de la cité, criez-vous contre ce vil sénat ? »

Toujours des manifs sans lendemains, des grèves sans suites et des mouvements qui n’ont d’autres buts que de calmer tes désirs ardents d’un monde de liberté illimitée. Tu préfères la routine des révoltes qui n’en sont pas et des luttes perdues d’avance, le maintien de cet ordre qui t’opprime contre la joie de la rébellion.

Les partis, les syndicats, de gauche comme de droite te baladent allègrement au gré des réformes que les nécessités du capitalisme, poussent l’État à imposer. Chaque fois c’est la même mascarade, on sort le temps de dépoussiérer les drapeaux et puis chacun retourne aussi sec à la normalité produire ce monde qui te détruit à petit feu. À quoi bon défendre les quelques miettes que l’État et les patrons daignent te lâcher quand demain tu retourneras quémander la tête basse le droit de travailler pour eux.

La crise qui justifie la précarité et toutes les soumissions même les plus viles, pour le bien-être d’une économie qui te détruit et ne profite qu’à une minorité d’exploiteurs ; est le mode de gestion normal d’un ordre qui cherche à faire de ce monde un vaste supermarché. La restructuration du monde du travail de ces dernières décennies dont les politiques actuelles ne sont que la continuation, sont en train d’achever de faire de l’entreprise un espace organisé de manière à ce que toute révolte soit impossible. Que ce soit la mise en concurrence des salariés entre eux à l’intérieur d’une même entreprise, par le biais de la sous traitance ou à l’international, la présence accrue de petit-chefs pour tout surveiller, ou l’impression de liberté dans l’organisation du travail qui masque mal l’intériorisation de la contrainte. Ceux qui refusent de se soumettre à cela sont rejetés dans l’isolement, la précarité et enfermés quand ils décident d’explorer d’autres voies pour subvenir à leurs besoins.

Nous sommes de ceux qui ne supportent plus cet état de fait, de ceux qui gardent l’espoir de bâtir une société libre et horizontale, nous ne voulons plus attendre pour agir. Nous pensons qu’il est temps de déserter le jeu de la contestation organisée, et des défouloirs militants pour pouvoir enfin attaquer le pouvoir et ses structures. Ce ne sont pas les masses qui délèguent leur pouvoir à quelque intelligentsia politique ou syndicale chargées de les représenter qui peuvent espérer changer quelque-chose, mais des individus révoltés et agissant par eux-mêmes sans aucune médiation, avec pour contraintes les limites de leur imagination et la nécessité de ne pas agir selon des moyens incompatibles avec leur désir d’une liberté démesurée.

Nous proposons sur trois thèmes des points de vues qui nous semblent propices à alimenter le feu de la révolte, sans pour autant les porter comme un programme ou un ensemble de vérités univoques et indiscutable. Ils n’ont de valeur et d’intérêt qu’en tant que points de départ possibles pour l’action.

La précarité :

Nul ne le contestera, la restructuration continue du capitalisme a un effet direct sur les conditions de vie de chacun. La précarité se développe, les acquis sociaux, ces miettes arrachées au patronat en échange de la soumission te sont petit à petit retirées ; et les conditions de travail du fait de la mise en concurrence mondiale des salariés organisée par les capitalistes, sont de plus en plus rudes et incertaines. Face à cette situation qui dans un pays « développé » comme la fRance laisse entrevoir pour beaucoup les affres du déclassement deux issues sont possibles.

Ou se battre pour conserver ses privilèges (l’illusion d’abondance et d’une vie de loisir bâtie sur l’exploitation des ressources et de la force du travail du tiers monde), c’est-à-dire ceux de sa catégorie sociale, de sa profession ou de son entreprise. Le faire contre ceux qui n’en bénéficient pas et rentrer ainsi dans une logique d’exclusion qui contient en puissance toutes les dérives fascistes. On monte ainsi les salariés contre les chômeurs, les Français contre les étrangers… Il y a toujours un plus pauvre à écraser pour avoir une plus grosse part des miettes. Lutter contre le déclassement c’est rentrer dans une logique de cannibalisme social et faire le jeu de ceux nous exploitent.

Ou alors constater l’uniformisation de la condition des exclus du capitalisme, tant sur le plan économique que sur celui du contrôle. Le sans papier traqué et obligé de vivre clandestinement, les jeunes issus de l’immigration contrôlés en permanence au nom de la lutte contre le terrorisme, le chômeur en fin de droit expulsé de son logement car il ne peut plus en payer le loyer… En partant de cela on peut alors envisager la possibilité d’une révolte commune contre les hiérarchies et les séparations qui organisent la misère, et envisager d’en finir avec cette dernière.

L’environnement :

La colonisation marchande du monde par le capitalisme aspire, à faire de chaque parcelle de cette planète, de chaque chose, une marchandise. Tout ce qui n’a pas de prix n’existe pas.

Il apparaît pourtant de plus en plus évident que les conséquences de cette colonisation, se font sentir chaque jour un peu plus pour chacun, à travers la pollution, la marchandisation de l’espace, la dégradation de la qualité de l’alimentation et l’urbanisme sécuritaire. La ville laisse transparaître l’hypertrophie d’un système qui pour accroître ses profits va jusqu’à hiérarchiser et normaliser la nature pour en faire une machine sans vie où plus rien d’imprévu ne peut arriver. Pour nous c’est la certitude d’une vie sans aventure passée à produire ce qui nous empêche de vivre.

Cette mort à petit feu, à laquelle nous sommes condamnés par la dégradation et l’organisation marchande de notre environnement sont aussi produite par chacun d’entre nous, par tout ceux qui se lèvent tous les jours pour aller travailler, pour faire leurs courses ou payer leurs impôts. Il faudrait peut-être s’arrêter un instant, reconsidérer ce que chacun contribue par ses actes à produire tant comme marchandise, que comme contrainte. Cesser de défendre à tout prix son emploi quand il implique de produire des nuisances, des services débiles et aliénants, l’aménagement et le contrôle de nos espaces de vie ; et s’en aller faire autre chose de réellement enrichissant pour soi-même et non de nuisible pour tous.

Opposer la qualité de vie au chantage salarié de la survie, et agir avant que les écosystèmes aient atteint du fait de l’activité humaine un point de non-retour fatal à l’espèce tout entière et surtout à chacun d’entre nous.

La sécurité :

La sécurité se présente comme un problème majeur dans la bouche de ceux qui nous gouvernent. Pas un jour sans son lot de faits-divers sanglants qui rappellent à chacun combien la police, la justice et les prisons sont nécessaires pour assurer le bien être de tous. Et que car il a peur, l’État veille au grain et lutte contre l’insécurité. La sécurité serait le premier des droits de l’homme, elle vaudrait bien qu’on lui sacrifie toutes les libertés. Fichage, surveillance des communications, occupation policière et militaire des lieux publics, vidéosurveillance, contrôles dans les transports, dans la rue, au supermarché ou au volant ; les manifestations de l’ordre sécuritaire s’imposent quotidiennement dans la vie de chacun, et plus particulièrement aux plus pauvres à tous ceux qui du fait de leurs conditions de vies seraient tentés d’enfreindre la loi pour subvenir à leurs besoins ou pour lutter.

« Je n’ai rien à me reprocher, cela ne me concerne pas » dit le brave citoyen, oubliant que derrière ce contrôle qui ne s’applique qu’aux « Autres » aujourd’hui, c’est l’outil de la répression qu’il subira demain qui se construit. Il a oublié qu’un type moins con que lui disait en son temps, « ce n’est pas du bruit des bottes que nous devrions avoir peur mais du silence des pantoufles », souffrant de voir ses contemporains se soumettre sans broncher à ce contrôle « pour leur bien » quand lui, lucide voyait s’évaporer sa liberté et les possibilités de révolte.

L’industrie sécuritaire, en outre d’être un business fructueux qui se paye sur tes impôts ; est aussi une logique qui tend à l’infantilisation de chacun devant l’autorité de l’État. Au nom de la sécurité et pour un monde réglé comme une horloge où plus rien d’imprévu ne doit advenir, tu dois renoncer à toute forme d’autonomie, réprimer toi-même ton individualité et accepter l’ordre en place ou alors tu seras traqué, enfermé, soumis, rééduqué, exclu et annihilé.

« Misérable ! Qu’a besoin le peuple de ces chauves tribuns ? C’est dans une rébellion, où la nécessité, et non l’équité, fit loi, qu’ils ont été élus. À une heure plus propice, déclarons nécessaire ce qui est équitable, et renversons leur pouvoir dans la poussière. »

Parce que ce monde est devenu une prison à ciel ouvert, et si ta soif de liberté est démesurée. Il ne te reste qu’une option possible : la révolte. Face à une tâche d’une telle ampleur et d’une non moindre importance, se pose la question « que faire ? »

Il n’y a pas de réponse toute faite dictée par une doctrine qui s’impose. Il est possible pour chacun de trouver dans sa vie quotidienne, des besoins, des désirs qui valent le coup de se mettre en lutte. Et de penser les moyens, de cette révolte en fonction de sa situation particulière tout en gardant à l’esprit la nécessité d’avancer sans reproduire la domination et les structures hiérarchisées de ce monde.

Il ne suffit pas de de se grouper ou d’agir ponctuellement pour en finir avec l’ordre. Si on aspire à faire s’effondrer ce monde, encore faut-il se transformer soi-même et cesser d’être un rouage de ce monde.

Il convient à chacun d’imaginer ses propres moyens de lutte et de les réaliser individuellement ou collectivement. Du sabotage à la grève sauvage, du squat à la propagande écrite ou l’émeute… Ce que craignent ceux qui nous gouvernent c’est d’être débordés. Ce qui compte ce n’est pas tant l’unité des révoltés que la diffusion des actes de résistances, et l’autonomie de chacun qui nous rendront ingouvernables.

Relève la tête cesse d’être un esclave.
Dresse-toi contre l’autorité la rage aux bras, la joie au cœur.
Peut-être alors pourrons-nous enfin nous reposer parmi les ruines de ce monde.

Quelques ami-e-s de l’anarchie

Indymedia Nantes, 5 mars 2013

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:31

Égypte : à Port-Saïd, les heurts entre police et manifestants se poursuivent

Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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Des heurts se sont à nouveau produits entre policiers et manifestants mardi à Port-Saïd, ville du nord-est de l’Égypte où six personnes dont trois policiers ont trouvé la mort dans la nuit de dimanche à lundi. La tension était particulièrement vive aux abords d’un bâtiment des services de sécurité, incendié la veille. Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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“Nous haïssons la police, nous ne voulons plus de sa présence”, affirmait Chaaban, un manifestant de 25 ans armé d’un cocktail molotov. Des slogans hostiles à la police étaient peints sur les murs du quartier. De nombreux véhicules blindés étaient déployés dans le reste de la ville, en particulier autour des bâtiments publics et des locaux d’entreprises. (…)

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Dimanche 3 mars, à Port-Saïd, des manifestants jettent des cocktails Molotov sur un poste de police pour protester contre la décision de déplacer des personnes en attente de procès incarcérées après les violences ayant fait 74 morts lors d’un match de football en février 2012.

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Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 5 mars 2013 – 16h46)

 

(…) Des informations et des rumeurs ont circulé dans la journée selon lesquelles des soldats se seraient affrontés avec des policiers, et faisant état d’un possible retrait de la police pour que la ville soit prise en mains par l’armée.

La présidence égyptienne a toutefois apporté un démenti, affirmant dans une déclaration que « la police fait son travail, et l’armée la soutient en pleine coordination ».

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Des manifestants brûlent un véhicule de police au Caire, le 4 mars 2013

(…) Au Caire, des heurts ont également repris aux abords de la place Tahrir, dans le centre-ville, entre la police et des manifestants venus participer aux funérailles d’un militant tué en janvier lors de précédentes manifestations. La dépouille avait mis plusieurs semaines à être identifiée et autopsiée. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013 – 18h06)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:30

Des nouvelles d’Égypte

En provenance du site Global Uprising, en anglais seulement !

« Chers Amis et Partisans :

Nous venons d’achever  un nouveau documentaire sur la situation au Caire.

Deux ans après que la révolution en Égypte a commencé, l’agitation continue à travers le pays à mesure que la situation politique et économique empire. Face au gouvernement actuel qui consolide son pouvoir, les revendications de la révolution semblent s’en éloigner plus que jamais. La révolution a cependant ouvert de nouveaux espaces pour l’action politique, stimulant le débat public sur des questions qui sont en partie non reconnues et ont été non résolues depuis trop longtemps.

Ce court documentaire couvre les motivations des révolutionnaires pour continuer à prendre les rues, les obstacles auxquels ils font face et la tactique qu’ils utilisent. Il éclaire les problèmes économiques et les politiques actuelles que les Égyptiens affrontent, la croissance du mouvement syndical indépendant, les tactiques de Black Blocks et les réponses aux violences contre les femmes. »

Commentaire reçu d’Égypte, dans le contexte de ce reportage :

« Les groupes anti-viol sont auto-organisés (incluant souvent des victimes), et portent des t-shirts rouges et blancs et ils ont une hotline pour signaler ces événements. Ils sont armés pour arracher les femmes des mains des hommes et les exfiltrer ensuite par un système de navettes automobiles. Ils ont des médicaments et des habitations sécurisées prêtes à les recevoir. C’est très impressionnant et il semble que cela fonctionne : par exemple, Le 11 février, lors de la manifestation à la Place Tahrir, il n’y eut aucun viol grâce à ces groupes anti-viol – il ont patrouillé l’ensemble de la zone et ont été largement soutenus. Comme un Égyptien l’a dit, “c’est Tahrir à son meilleur”. Il semblerait que les organisateurs des groupes d’anti-viol sont surtout issus de la gauche radicale. »

Des nouvelles du front, 5 mars 2013

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:29

Depuis quelques jours les citoyens français se prennent en pleine tronche la réalité des mystérieux circuits de l’alimentation alors qu’ils sont encore nombreux à se gargariser avec le passé et la réputation du repas à la française transformée en patrimoine immatériel de l’Unesco. Comme s’il était possible (d’être contraints) d’acheter chez Carrefour, Auchan, Intermarché, Findus, Picard ou tous les autres et de manger sain, bon et honnête. Alors, plus la gastronomie est faisandée par la mondialisation et l’industrialisation de l’agriculture comme de l’alimentation, plus les politiques et les personnalités se gargarisent avec cette gastronomie transformée en drapeau identitaire bien déchiré. Mais cette fois, le choc est rude. Et heureusement sanitairement probablement inoffensif.

En septembre 2011, toujours à la recherche d’une idée démagogiquement franchouillarde, Frédéric Lefebvre, alors secrétaire d’État au Commerce et à l’Artisanat, inventa la Fête de la gastronomie. Elle sera à nouveau célébrée en septembre 2013 puisque cette escroquerie morale qui donne la parole à quelques grands chefs médiatiques et aux industriels de la bouffe, a été reprise par Sylvia Pinel, également ministre au Commerce, à l’Artisanat et au tourisme. Mieux, la bonne parole de la malbouffe durera désormais trois jours à la fin septembre. Elle est patronnée et financée par des organismes aussi désintéressés que le Centre d’Études et de Documentation du Sucre dont l’objectif est d’en faire mettre le plus possible dans les desserts industriels, l’Association Nationale des Industries alimentaires dont l’un des membres éminents n’est autre que le Syndicat national des Fabricants de produits surgelés présidé… par le directeur général de Findus. Un mauvais cheval par les temps qui courent…

Autre partenaire de cette grande « fête » de l’esbroufe, le Syndicat national de la Restauration publique dont l’affection pour les nouilles, les frites, le poisson pané et le hachis Parmentier est de notoriété publique. Il faudrait aussi mentionner le Syndicat national de l’Alimentation et de la restauration rapide dont les molles pizzas, les burgers et le sandwiches à la mayonnaise industrielle et aux salades fatiguées sont célèbres dans toute la France. Sans oublier Lesieur et ses huiles incertaines ou Elle et Vire, spécialiste des beurres moulés à la même louche industrielle que ses fromages. De sacrés parrains !

Tous sont actuellement en train de grimper aux créneaux médiatiques pour que, surtout, la bouffe industrielle sous toutes ses formes, ne sorte pas trop dévaluée aux yeux des consommateurs qui avaient encore des illusions. La grande distribution qui retire discrètement de ses bacs un grand nombre de plats préparés aux origines inconnues éprouve les mêmes craintes. Y compris l’angoisse née d’une dernière rumeur qui affole les services de communication : des raviolis, en boites et surgelés, auraient été fourrés avec de la viande de porc sans que le consommateur puisse le savoir sur les étiquettes. Tout simplement parce la viande broyée de cochon est encore moins chère (pour le fabricant) que celle de bœuf ou de cheval. Tout est fait pour ce scandale là n’éclate pas. Alors que nous venons d’apprendre que des saumons d’élevage seront désormais nourris avec de la farine de viande de porcs.

Pour que la sauce médiatique de l’illusion gastronomique prenne tous les jours de l’année, il suffit de pimenter en permanence avec de la poudre de « Grands Chefs » autoproclamés. Ces escrocs qui, loin de leurs restaurants étoilés hors de prix, mitonnent des plats industriels, souvent surgelés, assaisonnés d’un faux savoir-faire qu’ils vendent des fortunes. Ne reste plus ensuite qu’à corser le tout avec la marque France lancée le 30 dernier janvier par Sylvia Pinel pour faire passer la pilule. La malbouffe a donc désormais trouvé son ultime déguisement, elle doit être fran-çai-se !

Voici donc la réalité de cette France gastronomique que l’on nous sert à toutes les sauces de la communication dans les gazettes, la radio et à la télévision et qui vient d’être brutalement ramenée à sa réalité. Histoire de faire oublier les saloperies vendues dans les grandes surfaces avec des noms chatoyant appuyés sur des labels mensongers, des références au « terroir » qui n’est qu’industriel ou patronnés en image avec des religieux ou de « pères Mathieu » folkloriques. La banalisation des étiquettes dissimulant les mensonges permet, quatre exemples entre mille, de vendre du cassoulet avec 15% de viande, du hachis Parmentier surgelé avec 80 % de purée industrielle, du saumon aux pâtes avec 15 % de saumon et des yaourts « aux fruits » qui en contiennent entre 4 et 6% tout en étant aromatisé aux copeaux de bois. Comme certains vins.

La viande roumaine introduite comme un cheval de Troie dans des tonnes de lasagnes, de merguez ou de chili con carne ne nous empoisonnera certainement pas, elle est simplement révélatrice d’une législation française et européenne laxiste et des voies extraordinaires empruntée par la bouffe afin de faire gagner plus d’argent à leurs fabricants. Comme pour les chips, y compris celles que leurs fabricants prétendent faites « à l’ancienne » : les pommes de terre sont récoltées dans le nord de la France ou en Belgique, puis elles partent au Maroc pour se faire éplucher, gagnent ensuite la Turquie pour être finement tranchées avant de revenir en France pour être salées et mises en sachets. Voilà donc une chips française qui peut éventuellement être ensuite vendue au Maroc ou en Turquie une fois emballée. Pour les petits pois, on peut vous raconter le même parcours.

Pour faire du jambon garanti de Bayonne, il suffit de faire venir des carcasses de porcs élevés en batterie en Bretagne ou en Irlande et de les saler dans la région du bassin de l’Adour. Geste ultime qui permet l’utilisation de l’Indication Géographique Protégée. Mais il est évident que le cochon industriel, breton ou autre, sert à aussi à fabriquer de la salaison garantie savoyarde ou auvergnate ; et 80 % de la charcuterie corse est également d’origine industrielle. L’astuce : que le fabricant qui a mis un peu de sel ou de poivre puisse écrire sur l’étiquette « élaboré à » ou « élaboré en », sans autre mention d’origine. Regardez bien les étiquettes : c’est européen, c’est légal. Cela marche pour la plupart des recettes industrielles d’alimentation. Et également avec une partie des fromages produits dans une zone d’appellation protégée ou contrôlée avec des laits venus de loin ; et parfois en poudre. Quand au véritable Camembert de Normandie méritant l’appellation, il ne représente que 5 % du tonnage vendu chaque année. Pour les autres, les industriels jouent sur la forme ou sur l’ambigüité des étiquettes. Comme pour d’autres appellations célèbres arrivées directement d’usines qui, par exemple, ne sont même pas dans les Pyrénées.

Il existe une autre réalité à laquelle les consommateurs sont quotidiennement confrontés dans les gargotes et restaurants qui leur proposent des « produits maisons » alors qu’ils ne servent, dans 80 % des cas, que ce qu’il est convenu d’appeler de la cuisine d’assemblage. Laquelle consiste à mélanger, avant passage au micro-onde, des sachets de viandes, de légumes et de sauces vendus congelés par l’industrie alimentaire. Il faut savoir que la législation permet ce genre d’escroquerie qui fait passer des vessies pour des lanternes et de la bouffe industrielle pour du mitonnage de chef. En effet, il suffit que le chef (disons l’assembleur) ajoute lui-même le sel, un peu de persil ou d’aromates pour que la « chose » devienne par miracle un plat maison. C’est la loi. Ainsi, la célèbre « crème brûlée maison » qui hante les cartes de restaurateurs n’est rien d’autre qu’une crème industrielle aux ingrédients inconnus que le restaurateur aura lui-même saupoudré de sucre pour organiser le brûlage en une minute de gril de four à micro-ondes…

Bon appétit en dégustant vos propres plats et surtout pas les « plats faits comme à la maison » proposés par les industriels de l’alimentation tentant de jouer sur une mode qui commence à éloigner la clientèle qu’ils croyaient captive.

Presse avariée (Claude-Marie Vadrot, Politis.fr, 15 février 2013)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:28

Le géant suédois de l’ameublement Ikea a annoncé mardi qu’il retirait de ses cafétérias dans 23 pays des tartes sur lesquelles les autorités sanitaires chinoises ont trouvé des bactéries généralement témoins d’une contamination fécale.

Ikea a indiqué à l’AFP avoir pris cette décision après la destruction par les douanes chinoises de 1.800 gâteaux appelés “chokladkrokant” (“croquants au chocolat”, une tarte aux amandes avec du chocolat, de la crème au beurre et du caramel) interceptés dans le port de Shanghai en novembre. D’après le quotidien anglophone Shanghai Daily, des tests avaient permis de déterminer qu’ils contenaient “un niveau excessif de bactéries coliformes”.

Ces bactéries, normalement peu dangereuses pour les consommateurs, sont généralement “une indication de contamination fécale, même si ce n’est pas toujours le cas”, a expliqué à l’AFP un microbiologiste de l’autorité de sécurité alimentaire suédoise, Mats Lindblad. Les tartes retirées ont été fabriquées par un fournisseur suédois, Almondy.

Une porte-parole d’Ikea, Ylva Magnusson, a souligné que le niveau de concentration de ces bactéries ne posait pas de danger grave pour la santé publique. “Il y a des indications selon lesquelles les niveaux de bactéries découverts sont bas mais nous devons évidemment connaître le chiffre exact, et savoir ce qui s’est passé”, a-t-elle déclaré.

Fin février et début mars, Ikea avait retiré de la vente dans 25 pays des boulettes de viande, après la découverte de viande de cheval qui n’était pas mentionnée sur l’étiquette. L’alimentation a représenté lors de l’exercice 2011-2012 (achevé fin août) 4,7% du chiffre d’affaires d’Ikea, avec des ventes de 1,3 milliard d’euros.

Presse coprophage (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:28

Samedi 23 mars 2013,

dans le cadre de la journée nationale contre les violences policières, le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi organise un rassemblement en mémoire d’Abdelhakim, en vue d’obtenir la révocation des trois policiers reconnus coupables de sa mort, pour militer contre la pratique de la clé d’étranglement comme méthode d’interpellation enseignée dans les écoles de police française.

RDV à 15h sur le Cours, à Grasse.

Café et thé prévus sur place, en vente à prix libre.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi

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