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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:42
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TÉLÉCHARGER LE PROGRAMME

Pot’Co’Le • Jardin des Maraîchers • Brassicanigra

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:40

Salut, c’est bientôt le printemps et le camp de Décines est toujours debout et ce jusqu’au 30 avril prochain (sentence après jugement au TGI de Lyon).

Pour celles et ceux qui souhaitent venir avant l’expulsion du lieu, c’est le moment.

Pour rappel, ce campement a été installé le 10 avril 2012, afin de s’opposer au projet de futur stade de foot de Lyon (avec ses 750 millions d’euros), à 15 bornes à l’est, sur la ville de Décines.

Avant l’hiver, une maison commune d’environ une centaine de mètres carré a été batie sur une butte en friche. D’autres cabanes sous terre, sur terre et au-dessus de la terre : dans les arbres ont été montées. Des jardins en permaculture, des récup’ d’aliments diverses, des outils pour travailler les sols et la construction…

Un bel endroit où passer quelques jours, une semaines ou plusieurs mois.

La vie n’a pas été facile, comme dans tous ce genre d’endroit où lorsqu’il faut partir de zéro, et ben ! ça prend du temps, de l’énergie et beaucoup de sueur. Mais qu’est-ce que c’est bon ! Cet hiver, sont restés les plus tenaces, celles et ceux qui passent et font vivre ce lieu d’affranchis que nous sommes aussi… Là haut, le chauffage se fait au bois. Bon ! il arrive qu’il soit un peu vert, mais il y a un poêle, donc la fumée, elle reste dedans.

Ensuite, l’an passé, nous avons acceuilli la fête des AMAPS du Rhône sur les terres du Grand Lyon, non loin du campement.

Ainsi, d’autres terres restent inutilisées, en friche, sauvage. Il y a des arbres en pagaille, des fermiers sympa, et des voisins qui jamais ne pourraient vivre cette expérience décrite comme trop “roots” mais qui supportent de leurs dons et de leurs cœurs l’installation de ce mini hameau.

Ce sont ces gens-là, qui étaient à la base de la contestation du projet et qui en 2007 ont su repousser le projet de stade de 4 années. Nous pouvons leur tirer notre chapeau, les remercier de nous avoir fait partager leur expérience et leur bon vivre. Ils sont retraités, mère de famille, travailleurs, jeunes des quartiers, sans emploi, membres d’associations en oppositions au projet des plus riches qui veulent toujours plus, ce sont aussi des parents, des humains conscients de leur place dans la société. Cette société que nous critiquons beaucoup mais que nous sommes comme des centaines de centaines de milliers. Ce qui fait la richesse des relations humaines de ce camp ce sont nos différences, car nous appartenons tous à un choix de vie différent mais qui peut s’accorder dans la confiance, la militance, la défiance de ceux qui ont le pouvoir sur nos vies, ce qui choisissent grâce aux billets et aux influences de leur grande famille.

Par ailleurs, nous aurons peut-être perdu une bataille, mais nous aurons aussi gagné en amitié, en expérience humaine et en choix de vie contestataire. Bien qu’il n’y ait pas que “la protestation” qui compte dans la vie, c’est aussi une manière de proposer autre chose, au monde dont nous faisons partie. C’est la continuité de ce que nous vivons jour après jour.

Voyez, comme la plupart d’entre nous vivent de rsa, d’assédic ou… de peu, de rien, de dons, de trouvailles… Mais au fond de chacun, il y a une richesse innestimable, infatiguable, innouïe, entre les dieux et les diables. Le sort de tous est le choix de chacun. Parfois, on s’trouve sa chacune, alors que le monde tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, la vie continue et le rêve d’un changement est du plus en plus perceptible. Le changement ? Il n’arrive jamais, car il est toujours présent, il tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, comme un oiseau qui s’élève, tournoyant dans les courants, chauds et ascendants du ciel.

Cependant, leur projet prend forme, s’émancipe, s’intensifie. Car malgré les procès intentés au Grand Lyon et à l’Olympique lyonnais, pourtant jugés coupables par la justice, ceux-là mêmes, continuent impunément leurs travaux de construction de “grand” stade.

C’est 80% d’argent public qui partiront ces prochaines années dans leurs poches.

Et puis, c’est un projet parmis tant d’autres qui réunis en tout et pour tout, plusieurs milliards d’euros sur 20 ans, car ce sont aussi : les Confluences (entre Rhône et Saône) ainsi que toute la presqu’île ; le quartier de la Part-Dieu ; le Carré de Soie ; les routes qui vont se multiplier ; le quartier de la “Guill’” (Guillotière) ; c’est en effet ce que l’on appelle la “GENTRIFICATION”.

Bien qu’au niveau juridique tout ait été produit, resterait-il une chance pour que d’autres campements, d’autres actions soient mises en place ? Stopper la décadence ? Devrions-nous croire en la possibilité d’un mouvement de masse ? D’actions de sabotage ? De clownerie, de singeries, de vilipendesques artistes prêts à se manifester ?

Nombre d’entre nous sommes persuadés que parfois rien ne sert de se battre avec des arcs et des flèches, lorsque l’ennemi, lui, use de moyens bien supérieurs aux nôtres !!!

Par conséquent, ils vous reste deux mois pour venir vous exprimer, profiter, vous marrer, faire des roulés-boulés sur l’herbe fraîche en cette fin d’hiver et ce début de printemps. Venir prendre l’air au bord d’une ville qui s’étale, et qui s’étale et qui s’arrête de s’étaler, car le caaaammmmmppppeeemmmeeenntt de Décines y est !!!! YEAH ! YEAH ! YEAH !

Et puis, même si le camp devait se retirer, nous serons toujours près de nos idées.

Plus d’infos sur : rebellyon.info • decinestaresistance.weebly.com • carton-rouge.com • lesgonespourgerland.com

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 4 mars 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:35

Tract fait par des Bras-Cassés, à l’occasion d’un concert de Casey

Ou la tragédie d’une trajectoire qui va se perdre dans l’industrie culturelle

Alors comme ça ton rap n’est pas à vendre? À part à la Fnac, à Virgin … et à l’Antirouille, 13 eu le cercon c’est ça? Ne pas lécher le cul des Majors ne te rend en aucun cas indépendante du marché de la culture. Ton rap se vend de la même manière que l’on achète une place au cinoche du coin, une salade ou une pute… Casey c’est une marchandise parmi les autres, destinée à nous divertir de l’horreur que nous subissons, à maintenir le désir de la marchandise, et à intégrer toutes les dimensions de la vie dans cette dictature de la consommation. Même les plus enragées. Casey, c’est un peu comme un T-shirt Anarchie. De l’attitude rebelle qui se consomme. Nous allons tous écouter pendant deux heures des paroles véner et sortir en se flattant d’être aussi critiques, puristes et hardcores tout en replongeant dans la triste banalité du quotidien. Quand tu montes sur scène tu es cette bête de foire que l’on dompte. Le loisir, le divertissement jouent un rôle primordial dans le maintien et la reproduction de la société capitaliste. Tu y participes en tant qu’agent vedette du spectacle. Nous y participons en tant que spectateurs. Tes textes pourtant si explicitement critiques de ce règne des choses, ton flow pourtant si hargneux, tes instrus pourtant si violentes sont happés par l’industrie culturelle dés l’instant où tu te contente d’apparaître. Mais ne te rends tu pas compte qu’il y a un truc qui ne va pas quand tu proclames que ton rap n’est pas à vendre? Qu’il y a un antagonisme entre ta musique et ce que tu en fais ?

Et le rap actuel lui même n’est que le fantôme du Zombie qu’il était déjà à sa base. Il n’y a rien à y défendre, aucun purisme à avoir. Le rap fait partie de ce monde de morts. Même ses penchants énervés et révoltés se rangent au fil du temps au grand musée des boites de conserve. Il n’y a pas de rap révolutionnaire, mais il peut y avoir une utilisation révolutionnaire du rap. Et c’est aussi pour ça que nous aimons malgré tout le gros rap bien crade qui ne mâche pas ses mots. Mais nous le préférons gratuit.

Bien sur nous savons bien que tu n’es pas uniquement une marchandise, il y a bien évidemment contradiction entre ce que tu penses,vis,crées, et le cadre dans lequel cela se retrouve enfermé. Mais la puissance de l’industrie culturelle (elle même n’étant qu’une des surfaces d’un iceberg polymorphe) annihile presque totalement cette contradiction.

T’as perdu d’avance mais on t’aime bien quand même (entre loosers il faut s’organiser).

Les personnes qui ont distribué ce tract lors du concert de Casey (il y a 1an environ, je ne sais plus) se sont heurtés dès le départ aux agents de sécurité. En effet, quand elles ont voulu rentrer elles se sont vus refuser l’accès, alors qu’elles avaient payés leurs places, parce qu’elles avaient des bières dans le sac. Elles avaient pourtant déclaré les bières au premier vigile, parce qu’elles savaient bien qu’elles allaient se faire emmerder, et il leur avait dit de rentrer. Mais le second n’a rien voulu savoir, ce qui a bien entendu énervé nos chers bras-cassés, et une des personnes a laissé échapper un « niques ta mère », ce qui a bien entendu foutu en rogne notre cher viriliste de vigile. S’en suivit une bagarre avec le vigile, au cours de laquelle deux mecs qui ont voulu les soutenir se sont pris quelques coups par les vigiles eux aussi, puis les personnes se sont retrouvés devant la porte à tracter, dégoutés de s’être fait extorquer leurs 13euros pour rien. Quand les vigiles sont partis, deux trois chansons avant la fin du concert, une des personnes est montée dans la salle avec le reste des tracts. Juste au moment où elle entre elle entend Casey arrêter la musique pour « placer un gros « niques ta mère » à tous les flics, contrôleurs, vigiles… » … !!!

Elle a balancé les tracts sur scène et s’est barré.

vu sur:http://dialectikmusik.wordpress.com/

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:07

Le sociologue Karim Hammou propose une histoire du rap français. Associée aux quartiers populaires, cette contre-culture semble tiraillée entre la logique commerciale et la passion artistique.

 

Le rap semble aujourd’hui calibré, formaté, marchandisé, standardisé. La radio commerciale Skyrock ne cesse de vomir son rap médiocre et consensuel. Rapper n’est plus un plaisir et une passion, mais un simple métier avec ses ficelles et sa routine professionnelle. 

Karim Hammou, un jeune sociologue, propose Une histoire du rap en France. Ce chercheur observe l’évolution dans la manière de faire du rap depuis son émergence. Le rap français apparaît comme un produit de la société. Pourtant, ses acteurs « ont construit en France un espace d’autonomie culturelle relative, un lieu propre instillant dans la société dont-ils font partie un ensemble de formes esthétiques et de voix nouvelles », estime Karim Hammou. 

 

 

                  

 
 

Les débuts du rap en France

 

Entre la parole et le chant, l’interprétation rappée émerge par tâtonnements dans les années 1980. La musique afro-américaine, comme le jazz, inspire la variété française. Mais les musiques soul et funk sont diffusées tardivement en France. Les discothèques permettent de diffuser la musique rap. Ce circuit parallèle à l’industrie du disque permet aux groupes à faible notoriété d’attirer une clientèle. « Chacun fait c’qui lui plaît » devient le premier grand succès avec une interprétation rappée. Les paroles de cette chanson s’apparentent à un polar musical. Le milieu de la nuit croise le thème de la séduction. En 1984, l’émission H.I.P. H.O.P. évoque une culture plus vaste que la musique avec photographes, danseurs, graffiti-artistes. Le hip hop apparaît comme un mouvement artistique pluridisciplinaire. Mais cette émission décrit également le hip hop comme un phénomène exotique. 

Au cours des années 1980, le rap s’impose progressivement au sein du paysage de la variété française. Même Annie Cordy surfe sur l’air du temps dans la chanson « Et je smurfe ». Surtout, les radio libres comme Carbone 14 diffusent du rap, en marge des grands circuits commerciaux. Phil Barney ou le DJ Dee Nasty, issus des radios libres, produisent des disques de rap. Pourtant, Annie Cordy et Dee Nasty font du rap à côté d’autres activités. Ils participent à l’industrie musicale, même en étant à sa marge. Aucun n’apparaît comme un « rappeur », comme un artiste qui se consacre exclusivement au rap. C’est en dehors du milieu du disque, du côté des amateurs, que la figure du rappeur émerge.

 

Le rap se popularise à travers les clips télévisés, les radios libres et les discothèques. Mais cette musique semble surtout diffusée dans la région parisienne au début des années 1980. A Marseille, Philippe, adolescent de classe moyenne, découvre la culture hip hop et voyage aux Etats-Unis. Il décide ensuite d’intervenir dans une émission sur une radio libre. Il construit son réseau à travers la radio pour devenir le rappeur Akhenaton, rencontrer DJ Khéops et former le groupe IAM. 

Les DJ ne se contentent plus de sélectionner les morceaux pour les juxtaposer. Ils contribuent à l’innovation musicale à travers la recomposition d’extraits sonores. Ses DJ inventent un nouvel art, le « son hip hop ». Cette musique devient le support pour les chanteurs de rap. Contre le conformisme musical, le rap invente un nouveau son. Les rappeurs apparaissent comme des francs-tireurs selon la catégorie définie par le sociologue Howard Becker. Ses artistes « apportent des innovations que le monde de l’art ne peut accepter parce qu’elles sortent du cadre sa production habituelle », décrit Howard Becker. Mais les rappeurs n’appartiennent même pas à l’industrie du disque et ne se définissent pas comme musiciens, contrairement aux francs-tireurs. Mais ils inscrivent leur démarche dans un horizon artistique.

L’importance des discothèques dans la diffusion du rap doit être relativisée. Les musiques afro-américaines y sont diffusées, mais le rap français y reste peu admis. Surtout, l’entrée des discothèques est réservée aux blancs bien habillés, donc à un milieu social privilégié. La musique des discothèques correspond au public désiré. Le rap est alors peu diffusé pour ne pas attirer un public racisé. Mais des lieux de danse alternatifs s’organisent sur des terrains vagues. L’ambiance se révèle plutôt virile et peu de femmes y participent. Le réseau du magazine Actuel permet également la diffusion du rap underground. Créé par Jean-François Bizot, Actuel semble proche de du mouvement hippie, et de la contre-culture, pour participer à la presse underground des années 1970. Le magazine Actuel est également lié à Radio Nova et au label Celluloïd. Dans les années 1980, ce réseau s’intéresse aux nouvelles formes musicales, comme le funk. Malgré une faible audience, ses médias deviennent un point de convergence pour de nombreux artistes marginaux qui privilégient une interprétation rappée.  

 

                         


 
 

Une musique associée à une culture minoritaire et populaire

 

A partir des années 1990, le rap sort de la confidentialité et de la marginalité artistique des radios libres. Mais les médias de masse n’associent pas le rap et l’esthétique hip hop à une nouvelle pratique artistique. Le rap incarne désormais lapopulation des banlieues et les problèmes qui lui sont associés. 

La culture hip hop incarne la délinquance et l’illégalisme à travers le tag. Dans les émissions télévisées le tag et le rap sont censés exprimer la mal-être de la jeunesse populaire. L’expérience esthétique disparaît et « le rap devient un symptôme de problèmes publics », décrit Karim Hammou. Les médias évoquent les affrontements entre bandes rivales. Ensuite, les émeutes de Vaux-en-Velin sont déclenchées par l’assassinat de Thomas Claudio par la police. Les habitants s’opposent à la police. Un centre commercial est pillé et incendié. D’autres émeutes se développent avec incendies de voitures, commerces mis à sac et affrontements avec la police. Le thème de la « crise des banlieues » se banalise dans les médias. Le rap est associé à ses problèmes publics. Les rappeurs, lorsqu’ils sont invités dans des émissions, doivent se prononcer sur ses problèmes publics. 

Les médias associent le rap à l’altérité et à l’exotisme. Le rap, c’est les autres. Les reportages télévisés insistent sur la mise à distance. Les rappeurs sont invités dans les émissions pour délivrer un discours moraliste. Sinon, le rap est tourné en dérisions avec des parodies ou des images qui montrent un singe avec un micro. 

Le rap est perçu comme une culture minoritaire. Musique afro-américaine diffusée dans les banlieues par des populations issues de l’immigration, le rap est considéré comme étranger à la France. Cette culture renvoie à une altérité d’âge, de classe, de race. Les médias « laissent peu d’espace à la conception que les rappeurs se font de leur pratique », souligne Karim Hammou. Le décalage entre les artistes et les journalistes semble important. Pour trouver un espace de discussion commune, le rappeur doit jouer le rôle de celui qui représente les jeunes de banlieue. Les rappeurs endossent alors la responsabilité minoritaire et tentent de contester les représentations dominantes sur la banlieue véhiculées par les médias. 

 

Durant les années 1990, le rap devient très médiatisé. L’industrie du disque peut alors s’en emparer. Le rappeur Benny B doit faire des compromis, se conformer à la logique marchande et accepter le carcan imposé par les maisons de disque. En 1989 les négociations débouchent sur le titre « Vous êtes fous ! », qui incarne un rap commercial. « Le cas de Benny B permet de préciser à la fois les modalités de coopération auxquelles tiennent les francs-tireurs du goût et les attentes des producteurs indépendants ou des maisons de disques les plus orientées vers un marché grand public », décrit Karim Hammou. Mais, avec la médiatisation du rap à partir de 1990, le rapport de force devient plus favorable aux artistes francs-tireurs. 

L’investissement des maisons de disques repose sur un pari. Il faut alors trouver la future star qui sera diffusée dans les radios et pour vendre des disques. Le marché du rap apparaît encore mystérieux et peu connu. Avec Lionel D, les maisons de disques tentent de fabriquer un produit formaté. Lionel D doit adopter le look marketté du rap américain contestataire et du jeune de banlieue français. Mais l’album débouche vers un échec commercial car même les amateurs de rap ne se reconnaissent pas dans un produit aussi formaté. En revanche, le groupe NTM parvient à imposer son point de vue face à sa maison de disque. Les rappeurs contrôlent leur album mais aussi sa promotion. Ils dirigent la réalisation de leur pochette d’album et choisissent les émissions auxquels ils participent. Cet exemple montre une inversion du rapport de force entre artistes et maison de disques. 

Les radios commerciales refusent de diffuser du rap. Cette musique est associée à la banlieue, à la délinquance, aux classes populaires et à une pratique minoritaire. Mais l’émission de radio Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet, s’intéresse au rap dès 1990. Cette émission semble proche de la gauche. Le rap est valorisé pour les mêmes raisons. Cette poésie de banlieue est censée exprimer la voix des plus défavorisés. Le rap, qui ne débouche pas toujours vers un succès commercial, semble délaissé par les maisons de disques au début des années 1990.

 

L’État s’empare également du rap. Cette musique devient un loisir qui doit permettre la prévention de la délinquance. Ensuite Jack Lang et le ministère de la Culture s’attachent à valoriser le rap dès 1990. Cette démarche doit surtout permettre d’afficher un soutien aux populations des quartiers populaires auxquels le rap est associé. Mais cette culture hip hop reste perçue comme exotique. 

Une jeunesse masculine précarisée s’identifie au rap. La culture hip hop, avec le tag et la danse, permet une appropriation de l’espace public urbain. A partir des années 1990, la précarité se généralise. Les classes populaires ne sont plus des ouvriers mais des travailleurs précaires et des chômeurs. La rage contre la société devient plus forte. Ensuite, la répression et l’encadrement policier s’intensifie. Le funk joyeux et festif laisse la place à un rap plus énervé. « Ces transformations s’inscrivent ensuite, à un niveau plus collectif, dans le processus d’appropriation du rap par une jeunesse masculine précarisée », décrit Karim Hammou. Le quartier, avec sa routine et ses problèmes, devient le sujet central du rap français. Cette musique évolue avec la société et décrit « la vie quotidienne des quartiers populaires, dans une veine détaillée et réaliste peu présente dans les premiers albums de rap français », souligne Karim Hammou. 

 

 

                  

 

Le développement d'une industrie du rap

 

A partir de 1993, les maisons de disques délaissent le rap. Une nouvelle génération d’artistes émerge à partir de 1994 et conteste la manière dont ses aînés pratiquaient le rap.

Des labels indépendants, précaires mais innovants, permettent une auto-production des artistes. « Le développement de ses labels indépendants apparaît comme une alternative à la coopération asymétrique qui les rapports aux majors et commen un effort pour promouvoir une expertise en matière de rap », explique Karim Hammou. Ses labels sont alors liés au développement du rap comme genre musical. Les mixtapes permettent également la diffusion souterraine du rap. Ses sélections de plusieurs morceaux se diffusent illégalement mais assurent la promotion des groupes de rap. Des associations permettent également de financer la musique grâce aux subventions et permettent d’animer un local. 

Une nouvelle génération d’artistes se développe. Dans les albums produits entre 1994 et 1997, le rôle des DJ s’affaiblit fortement. La figure du rappeur devient plus valorisante et médiatisée que celle du DJ ou du MC. Cette nouvelle génération s’appuie également sur la radio. En 1994, une loi oblige les stations de radio à diffuser un quota de chansons francophones. Mais seul un certain rap est sélectionné. Les chansons doivent être musicales, dansantes, festives et commerciales. Mais les rappeurs à succès sont vite dénigrés par les artistes moins connu. NTM attaque MC Solaar sur le plan musical et esthétique, mais aussi sur le contenu de ses chansons. « Ça dit rien », tranche NTM. Le style musical, mais aussi les paroles, sont raillés. Au contraire les médias valorisent le rap cool de MC Solaar contre le rap hardcore de NTM. La chanson festive de Menelik, intitulée « Tout baigne », est également tournée en dérision. « Mais yeux ont vu le pire et je vous jure / qu’il est indécent de crier que tout baigne / alors qu’autour de nous y a tant de gens qui saignent », chante le groupe NTM. La critique thématique s’ajoute à la critique musicale et esthétique. 

 

Le rap devient plus professionnalisé et exposé. Une scène rap francophone se construit comme un réseau. Des collectifs d’artistes entretiennent des liens de collaboration durable et produisent des chansons communes. Le featuring permet d’inviter un artiste extérieur dans sa chanson. Ses invitations permettent de montrer les liens qui unissent les différents rappeurs entre eux. Mais, à partir de 1995, cette pratique devient une technique commerciale. Toutefois, à travers le partage de ressources, le rap français devient un monde social commun. 

A la fin des années 1990, une nouvelle forme d’accréditation et de sélection des rappeurs se développe. La radio Skyrock diffuse des produits musicaux marckettés pour les circuits commerciaux. En 1996 Skyrock privilégie le rap pour se démarquer de la concurrence de NRJ et Fun radio. L’émission Planète rap est entièrement consacrée à ce genre musical. En 1997, la programmation de rap décolle. A partir de 1998, Syrock devient la principale radio à diffuser ce genre musical. « Premier sur le rap » devient son slogan commercial. Certains rappeurs vedettes, comme Stomy Bugsy ou JoeyStarr, disposent de leur propre émission. 

 

 

A partir de la fin des années 1990, le rap s’institutionnalise. Pour se développer, ce genre musical cultive son association avec la rue et les quartiers populaires. Un véritable « marketing de la marge » se construit.

La radio Skyrock subit de l’image de la radio des banlieues auprès des annonceurs publicitaires. Mais le rap devient la radio de toute la jeunesse. Skyrock peut se repositionner comme la radio des moins de 25 ans. La presse magazine spécialisée dans le rap devient plus critique et adopte le mandat de responsabilité minoritaire dévolu à certains rappeurs. Les grosses majors du disque se rapprochent des labels indépendants pour vendre des disques de rap. Ce genre musical devient alors commercial et institutionnalisé. « Les modalités de coopération plus favorables dont bénéficient un nombre croissant de rappeurs sont conditionnées à la profitabilité commerciale du genre », résume Karim Hammou. 

Le parcours des jeunes artistes est toujours difficile. Ils doivent se faire un nom auprès des médias pour pouvoir sortir un disque. Mais, pour avoir un relais médiatique, ils doivent déjà avoir sorti un disque. Ensuite, la crédibilité et l’image de l’artiste entrent en contradiction avec le formatage commercial imposé par les maisons de disques. 

 

 

 

                 
 

Le plaisir du rap face à la logique marchande

 

La rue produit ses propres règles qui s’opposent aux normes du rap commercial. La rue s’oppose à ce monde dans lequel les intérêts économiques dominent. La passion doit primer sur la logique marchande, « une passion que manifesterait au contraire la disposition à entretenir des relations de familiarité avec ceux qui la partage, indépendamment de leurs statuts ou de l’intérêt économique que l’on peut trouver à coopérer avec eux » précise Karim Hammou. Cette démarche se rapproche de la contre-culture des années 1960 et cultive à la fois « marginalité artistique et sociale vis-à-vis de formes musicales ou d’une société dominantes, légitimité des formes de déviance, opposition entre comportement calculateur et passion pour le rap » décrit Karim Hammou. La « faim » s’oppose au fait d’être « gavé ». Ce clivage renvoie à une opposition de classe entre rappeurs riches qui ont réussit et rappeurs pauvres qui débutent et qui font vivre un désir de rap.  De même, « être en chien » s’oppose à « être installé ». Les fanzines underground, qui partagent « l’esprit hip hop », refusent toute forme de sélection et de hiérarchie musicale. La solidarité, la gratuité, le plaisir et la passion priment sur la logique financière. Même les groupes peu connus, mais attirés par l’argent ou le succès, doivent être vivement critiqués. Le milieu underground s’attache au rap comme esthétique musicale, et non comme tremplin vers la réussite. 

La rue renvoie aux classes populaires, opposées à la bourgeoisie, et à une logique de classe. Le « biz », avec les maisons de disques et le rap commercial, repose sur la concurrence au détriment du plaisir artistique. 

 

Dans les années 2000, le groove et le R n’ B remplacent le rap dans les stations de radio. Ce style musical privilégie les refrains chantés et se veut plus dansant. Mais la musique afro-américaine demeure la source comme du rap et du groove. De plus, le rap n’est plus un genre cloisonné et s’associe avec d’autres styles musicaux. 

A partir de 2002, avec Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur, le rap est vivement dénoncé par les plus hautes institutions de l’État. Au milieu des années 1990, des syndicats de policiers portent plainte contre NTM. Mais les politiciens semblent surtout indifférents à cette affaire. Certains ministres de droite défendent même la liberté d’expression des artistes. Mais, en 2002, le groupe de rap La Rumeur est attaqué par le ministère de l’Intérieur. Un article qui accompagne leur nouvel album est alors incriminé, notamment le passage: « Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun assassin n’ait été inquiété ». La Rumeur est assigné à un marathon judiciaire qui ne s’achève qu’en 2010. Un député porte plainte contre Sniper, un groupe à succès, accusé d’avoir écrit une chanson qui critique la France. En 2005, avec les émeutes dans les quartiers populaires, les députés UMP organisent une croisade nationaliste contre le rap. Ce ne sont plus quelques paroles de chanson qui sont dénoncées, mais le rap en tant que style musical qui incite à la violence et à la haine de la police. Cette musique est censée menacer l’État et le peuple français. Le rap est attaqué car il bénéficie désormais d’une large audience. Il est associé à la parole des classes populaires. Selon Karim Hammou, « les rappeurs ont converti l’assignation de leur pratique aux banlieues en un moyen d’existence publique relayant des expériences, des sentiments, des points de vue qui n’avaient guère ou pas droit de cité auparavant ». 

 

Les intellectuels gauchistes distinguent le « rap conscient » du rap plus consensuel. Mais le clivage ne se situe pas sur ce terrain. Des artistes politisés, comme la figure du rap hardore Casey, acceptent une musique marchande et une pratique d'artiste professionnel, avec sa routine et son ennui. En revanche, tous les amateurs de rap anonymes écrivent, chantent, écoutent du hip hop uniquement pour le plaisir. Ils ne recherchent pas l’argent, la reconnaissance ou un quelconque succès. Ils participent à une contre-culture et à une esthétique singulière pour la simple joie et le plaisir de créer. Le rap permet alors de briser la routine du quotidien pour exprimer sa créativité, sa rage et ses désirs.  

 

Source: Karim Hammou, Une histoire du rap en France, La Découverte, 2012

 

Articles liés:

Le punk, une contre-culture dans le capitalisme

La vie quotidienne dans un quartier populaire

La presse underground des années soixante-dix

 

Pour aller plus loin:

Blog "Sur un son rap", de Karim Hammou

Cyril Vattorato, "Qu'est-ce que le rap français ?", publié sur le site La vie des idées le 14 février 2013

Recension de Louise Dorignon, publiée sur le site Liens socio le 24 janvier 2013

Karim Hammou sur France Culture

Interview de Karim Hammou, journal Ventilo n°311, publié le 23 janvier 2013

Entretien avec Karim Hammou, publié sur le blog Samarra le 26 janvier 2013

Jean Birnbaum, "Quand le rap se la joue fiction", Le Monde des livres, le 6 décembre 2012

Sophian Fanen, Damin Dole, "Un clivage entre rappeurs cool et hardcore", publié dans Libération Next le 23 décembre 2012

 

Rap et contestation politique:

Site web de Dialectik Musik

Jacques Denis, "Rap domestiqué, rap révolté", Le Monde diploomatique, septembre 2008

Emission Tracks, Arte, "Emeute et rap"

Film "Rap Attack"

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:12

blog casapoundCes 24 et 25 février ont eu lieu des élections générales en Italie offrant un panorama politique intéressant qu’il est urgent d’analyser pour comprendre la situation de la péninsule. Plusieurs sites ont fait en partie ce travail avant nous et il nous semble donc important de commencer par préciser notre point de vue sur la question: nous abordons ici rapidement les grands enjeux du moment pour lancer des pistes de réflexion, sans prétendre tout expliquer ni tout évoquer.

En français, le grand quotidien Le Monde a publié un article pour une fois assez intéressant sur la question intitulé « Tristes Comiques ». Le site ami Servir le Peuple est revenu sur la question de l’Histoire italienne dans un excellent article d’analyse, éclairant celle ci d’un point de vue maoïste. Ce texte très pertinent peut intéresser tout révolutionnaire sincère au delà des étiquettes politiques. Il faut également noter un article du site Voie Lactée sur la question de Casapound, assez désastreux, ratant complètement son analyse du groupe néofasciste et négligeant même de parler du succès du « Mouvement cinq étoiles ». Quant aux italophones ils trouveront évidemment bien plus de contenu; on se contentera ici de leur suggérer la lecture des textes de nos camarades du collectif Militant et de la fondation Wu Ming, dont les analyses se recoupent d’ailleurs sur de nombreux points.

Les élections italienne posent plusieurs questions intéressantes. Tout d’abord, l’abstention a été assez forte (25%), révélant un désintérêt compréhensible pour le parlementarisme bourgeois: de plus en plus d’italiens et d’italiennes préfèrent rester chez eux plutôt que choisir quels professionnels de la politique, à des centaines de kilomètres de là, les dirigeront pendant les prochaines années. C’est évidemment un point positif. Pour autant il faut également regarder en détail les résultats du vote. Le centriste Monti, que les médias présentaient comme l’homme ayant redressé l’Italie, a tenté de s’accrocher au pouvoir en se présentant indépendamment des autres partis, et en jouant sur sa stature d’homme providentiel. L’héritage de la démocratie chrétienne n’a pas payé: avec 10% des voix, c’est une humiliation. Les suffrages se partagent donc très largement (à presque 60%) entre un centre-gauche lamentable, en décalage complet avec les impératifs de l’époque, et un centre-droit mené par Berlusconi ayant déjà réussi à faire oublier ses saloperies en promettant des cadeaux fiscaux irréalisables à tout va. Ces résultats étaient finalement attendus (sauf peut être le très bon score du Cavaliere qui est assez révélateur de la profondeur de la crise et d’une certaine culture du chef encore vivace chez les conservateurs, près à faire confiance à une frange pourtant aventuriste de la bourgeoisie).

La vraie surprise vient donc du Mouvement 5 étoiles de l’ex-comique Beppe Grillo qui fait une percée avec 25% des suffrages à la chambre des députés. C’est bien sûr là que se situe le principal enjeux des élections et toute analyse sérieuse doit tenter de comprendre ce qu’il représente – et quelle position les révolutionnaires doivent adopter le concernant. Résumer la nature du M5S n’est pas évident, car il se ne se revendique d’aucun parti ou idéologie précise, même si il reprend des éléments à droite et à gauche. Ses positions dépendent en fait quasi-intégralement de l’avis du leader maximo Beppe Grillo. Il entend incarner le dégoût inspiré à bon nombre d’italien-ne-s par la « classe politique », promouvoir l’écologie et les nouvelles technologies, libéraliser l’économie et s’imposer contre la « corruption du système » et les « élites ». On a donc un discours séduisant très largement les déçus de la gauche sur des thématiques ultra-populistes. Mais il ne faut pas pour autant tenter de le comparer à une organisation française, comme le Front de gauche: le M5S s’écarte de la social-démocratie en plusieurs points, économiquement bien sûr, mais aussi par son rejet de l’immigration (Grillo a tenu de nombreux propos ambigus à ce sujet). Une partie de la gauche traditionnelle a un peu vite oublié ces « écarts » en se focalisant sur un discours simpliste prétendant virer les technocrates pour « rendre la parole au peuple », « faire exploser le parlement », etc. Son opposition au projet de LGV (train à grande vitesse Lyon-Turin) lui a aussi attiré de nombreuses sympathies: et si un candidat, pour une fois, incarnait le « mouvement social »? Besancenot, si tu nous lis, ne désespère pas…

Ensuite, une partie de l’extrême gauche a fait le pari de l’ingouvernabilité. Si des « grillini » étaient élus députés (ce qui est désormais le cas pour un paquet d’entre eux, 162 inconnus exactement qui bénéficieront soudainement des avantages du mode de vie parlementaire – et vous croyez vraiment qu’ils vont représenter le peuple?) une majorité stable serait impossible à obtenir et cette crise politique offrirait des perspectives révolutionnaires. Voici la théorie opportuniste, ultra-subjectiviste, défendue par exemple par le Parti des CARC (les comités d’appui à la résistance – pour le communisme). Si ces camarades italiens se sont fait remarquer dans le passé par leurs analyses très pointues de la société italienne et de ses contradictions, ils ont fait l’erreur de croire que le parlementarisme représente un « front démocratique » dans lequel les révolutionnaires doivent s’investir. Ces positions sont largement critiquables et ont amenées à leur appel au vote pour le M5S. Elles reviennent à faire le calcul de l’instabilité, qui devrait mécaniquement renforcer les organisations révolutionnaires et poser les bases d’un pouvoir populaire. C’est une sous-estimation très grave de la force de la réaction, et des liens qui unissent encore dans la péninsule la haute bourgeoisie, les organes de l’État profond et l’extrême droite. Un mouvement révolutionnaire fort, de classe, peut profiter d’un système en crise – Pas un mouvement interclassiste, libéral-réformiste, sans programme ni analyse autre que le « tous pourris » (…sauf Beppe)!

L’appel du parti des CARC à voter pour le M5S est donc symptomatique d’un opportunisme qui frappe encore une fois l’extrême gauche refusant de prendre clairement le chemin de l’antiparlementarisme et de la construction autonome (on vous rassure: de nombreux groupes et structures ont fait ce choix en Italie et se renforcent actuellement). Il est encore plus soutenable de présenter un candidat pour avoir une « tribune » médiatique, comme l’a fait le PCL (trotskiste), que de se mettre à la remorque d’un mouvement finalement assez ambigu et qui peut par son culte du chef et son populisme paver la voie au fascisme. Et pourtant, espérer faire entendre la voix des oublié-e-es en se présentant à une élection, c’est déjà assez pathétique!

Mais qu’en est alors il de l’extrême droite? Rappelons que Beppe Grillo avait défendu publiquement les militants néofascistes de Casapound lors d’une de leurs habituelles pleurnicherie médiatique (les « rebelles à papa » finissent toujours par se retrouver). Et qu’il avait dit que son mouvement leur ouvrait grand ses portes. Nous ne reviendrons pas ici sur la nature et les buts de Casapound, déjà analysés sur ce blog et ailleurs. Rappelons simplement que cette organisation s’attendait grâce à son style novateur et à son discours « anticonformiste » à faire un bon résultat, voir à créer l’évènement en remportant 20% des voix. Ils ont fait finalement… 0,1%. La journée de la claque en somme. Leur slogan visait les professionnels de la politique: « faites les pleurer » (« …en votant Casapound »). Finalement, les électeurs ont plutôt décidé de faire pleurer Gianluca Iannone et sa clique. Nos camarades de Militant proposaient dans cette optique de renommer le groupe phare de Casapound, ZetaZeroAlfa, en « ZetaZero-Virgule-UnAlfa ». Les déclarations des leaders d’extrême droite tentant de justifier ou de relativiser l’échec ont été également un grand moment de spectacle. Mais comment expliquer le score désastreux des « fascistes du troisième millénaire » et de leurs consorts (l’ensemble des mouvements d’extrême droite s’étant présenté indépendamment rassemblant péniblement 400 000 votes, soit 1% des suffrages)? Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre qu’une grosse partie de leur électorat a voté pour Grillo ou pour Berlusconi. Au jeu de l’opportunisme politique, on trouve toujours plus fort que soit. Quant à l’extrême gauche parlementaire, ses résultats sont à peu près équivalents – donc, très mauvais. La morale de cette histoire, c’est que le fascisme « authentique » est encore marginal, voire temporairement affaibli; pourtant, ses propositions politiques, son existence comme pôle de concentration du mouvement réactionnaire est réel, et aura tout lieu de s’exprimer parmi des grillini bien peu fermés à ces idées durant les prochaines années. La sainte alliance de la bourgeoisie face au mouvement populaire se profile: vote populiste, vote fasciste, vote conservateur, au final, les programmes convergeront rapidement en cas de mobilisation de masse menaçant des intérêts bien défendus. Les révolutionnaires d’Italie ont obtenu un répit, pas une victoire.

D.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:08

Un policier tué lors d’affrontements à Port-Saïd

Le secrétaire d’État américain John Kerry a demandé au Caire de redoubler ses efforts pour rétablir la stabilité politique, alors que 253 personnes ont été blessés pendant ces nouveaux heurts.

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Un policier a été tué et un officier supérieur de l’armée a été blessé dimanche 3 mars à Port-Saïd, dans le nord-est de l’Égypte, où des affrontements ont opposé les habitants à la police, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Le policier et l’officier militaire, blessé à une jambe, ont tous deux été touchés par des coups de feu tirés par des inconnus devant le siège du gouvernorat de Port-Saïd, selon un communiqué de l’armée. Pendant la journée, des affrontements à Port-Saïd entre des habitants et la police ont fait 253 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé, après la décision du ministère de l’Intérieur de déplacer 39 prisonniers attendant un jugement.

Le verdict, qui doit être prononcé samedi, concerne la deuxième partie des accusés dans le procès des violences qui ont fait 74 morts après un match de football dans la ville de Port-Saïd en février 2012. En janvier, 21 personnes, en majorité des supporteurs de football de Port-Saïd, avaient été condamnées à la peine capitale dans un premier volet de cette affaire, ce qui avait provoqué des affrontements dans lesquels au moins 40 personnes avaient été tuées.

Dimanche, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov contre un poste de police de Port-Saïd, une ville longeant le canal de Suez où une grève générale est entrée dans sa troisième semaine. La police a répondu par des tirs de gaz lacrymogène, selon un responsable de la sécurité. Le ministère de l’Intérieur avait annoncé plus tôt dans un communiqué avoir décidé de déplacer des prisonniers à l’extérieur de Port-Saïd, à commencer par les 39 accusés dans l’affaire du match de football, afin d’éviter de nouvelles violences.

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VOIR LA VIDÉO

Samedi, des manifestants avaient mis le feu à un poste de police dans la ville et empêché les pompiers de l’éteindre. Les habitants de Port-Saïd et d’autres cités sur le canal de Suez se plaignent depuis longtemps d’être marginalisés. (…)

Presse contre-révolutionnaire (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 4 mars 2013)

 

Égypte : deux policiers tués et des centaines de blessés à Port-Saïd

En Égypte, deux policiers ont été tués et plus de 400 personnes blessées dans des accrochages entre policiers et manifestants à Port-Saïd. Parmi les blessés figure un officier supérieur de l’armée. Des violences dues notamment au déplacement dimanche 3 mars à l’aube d’une quarantaine de prisonniers de la prison de Port-Saïd vers Le Caire. Des détenus accusés du meurtre, lors d’un match de football il y a un an, de 74 supporters du club cairote d’Al-Ahly.

Les habitants de Port-Saïd ont très mal pris ce qu’ils ont perçu comme une « déportation ». Depuis le 26 janvier et la condamnation à mort de 21 de ses habitants, Port-Saïd est dans un état quasi insurrectionnel. Ce jour-là, deux policiers avaient été tués dans la prison de Port-Saïd assiégée par les habitants. Au cours des deux jours suivants, 43 habitants de Port-Saïd avaient été tués par balles et un millier d’autres blessés. Même si l’enquête n’a toujours pas commencé, les habitants de Port-Saïd sont convaincus qu’ils ont été victimes de la vengeance de la police.

Seul l’envoi de l’armée avait permis de restaurer le calme dans la ville. Mais celle-ci a décrété la désobéissance civile depuis une quinzaine de jours. Une désobéissance qui affecte les administrations, les usines, les commerces et les écoles. Des habitants ont même décrété « l’indépendance » de Port-Saïd qu’ils ont doté d’un nouveau drapeau.

Tout se passait sans violence jusqu’à samedi quand un véhicule de la police a foncé sur des manifestants faisant cinq blessés.

Un accrochage entre l’armée et la police

Deux policiers ont donc été tués et plus de 400 personnes blessées, dimanche, à Port-Saïd, dont un officier supérieur de l’armée. Selon un communiqué de l’armée, l’officier a été blessé par balle après que des coups de feu ont été tirés par des personnes non identifiées contre les militaires. Mais selon plusieurs témoins à Port-Saïd, il s’agirait d’un accrochage entre l’armée et la police. Les militaires ont tenté de s’interposer entre la police et les manifestants, dont 18 ont été blessés par cartouches. Le ton est monté, une balle a touché l’officier à la jambe, les militaires ont riposté.

Les relations entre les militaires et la police sont tendues depuis le 28 janvier 2011, quand l’ex-président Hosni Moubarak avait demandé à l’armée de prendre en main le maintien de l’ordre. Une tension qui avait même poussé le ministre de la Défense et celui de l’Intérieur à tenir une réunion de réconciliation au terme de laquelle ils avaient posé, main dans la main, devant les caméras.

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Depuis une semaine, et notamment à Port-Saïd, des milliers de personnes ont rédigé des procurations accordant au général Abdel Fattah el-Sissi la direction du pays. Le chef d’une armée que l’on dit ne pas être dans les meilleurs termes avec les Frères musulmans.

Et des accrochages ont eu lieu dimanche 3 mars, place Tahrir, après une attaque de la police contre les manifestants qui y campent depuis des mois. Les violences se sont aussi poursuivies à Mansoura dans le Delta du Nil.

Presse contre-révolutionnaire (Alexandre Buccianti, correspondant de RFI.fr au Caire, 4 mars 2013)

 

Désobéissance civile en Égypte : Unis contre un État qui ne les écoute pas

Le mouvement s’intensifie à Port-Saïd, sacrifiée sur l’autel de la paix sociale. Les promesses de prospérité ne suffisent pas à calmer les esprits. Reportage.

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Samedi [23 février], la ville de Port-Saïd était paralysée par sa septième journée consécutive de désobéissance civile. Depuis la condamnation à mort de 21 supporters de son club local de football, le club Masri, le 26 janvier dernier pour un massacre qui remonte à l’an dernier, les habitants de la ville se sentent victimes de la justice. Cette même justice qui n’a pas vengé leurs propres martyrs, au nombre de 43, tués par la police dans la foulée de ce verdict.

La journée, qui se finira par un large rassemblement sur la fraîchement nommée « Place des martyrs », a débuté par le blocage de la principale voie d’accès à la ville. Camions, autobus et voitures privées piaffent face au barrage. Certains passagers se décident à traverser à pied. Jusqu’à ce que, au terme d’une négociation d’une heure, l’armée obtienne que les manifestants réouvrent la route.

La ville semble sur le pied de guerre. Les rues sont vides, les taxis sont vides et les magasins clos. Le déploiement des tanks est impressionnant et quadrille toute la ville, en particulier devant les bâtiments officiels et les sociétés gouvernementales, comme celles de l’électricité et de l’eau, où les soldats sont en faction derrière des barricades de sacs de sable.

La police est, en revanche, absente, et les commissariats sont fermés, comme les administrations. Des chansons de la guerre de 1956 filtrent de temps à autre des rares voitures ou des appartements. L’école internationale a couvert son portail de bannières noires en signe de deuil. La cour primaire a suspendu ses travaux.

Les jeunes supporters Ultras du club Masri patrouillent pour vérifier l’état des actions de désobéissance civile et motiver le plus grand nombre de personnes à rejoindre le mouvement. La porte du bâtiment des douanes portuaires a été bloquée ainsi que les postes de douane d’Al-Nasr et d’Al-Rouswa.

Vers midi, les employés du Canal de Suez forment une marche, hérissée des drapeaux bleus du Canal, qui sillonne la ville en clamant sa solidarité avec les revendications des habitants. « Nous ne laisserons pas sacrifier le sang de nos enfants. L’injustice est temporaire, la justice doit parler », entend-on. Ces employés ont déjà prévenu qu’ils intensifieraient leur action si le gouvernement persiste à faire la sourde oreille.

Pourtant, la présidence vient de promettre de consacrer 400 millions de L.E. des revenus du Canal au développement des villes du Canal de Suez, et de refaire de Port-Saïd une zone franche. Mais cela ne suffit pas aux Port-Saïdis.

La zone industrielle entre deux eaux

Au sud de la ville, la zone industrielle est en activité sous condition : les usines privées ont passé un accord avec les manifestants pour se joindre ponctuellement aux grèves, comme elles l’ont fait mardi 19 février.

Témoignant des problèmes rencontrés par sa génération, Mohamad Negm, 30 ans, ouvrier, explique : « Pour se faire embaucher sur le port de l’est ou par la Société du Canal, il faut payer 20’000 L.E. Comment voulez-vous trouver une somme pareille ? » D’ailleurs, « les employés des sociétés de gaz et du pétrole sont recrutés dans d’autres gouvernorats », précise-t-il.

Mohamad doit continuer de travailler, mais il voulait d’abord avoir l’assentiment des familles des martyrs, parce qu’il est totalement d’accord avec l’appel à la désobéissance civile. « Nous sommes tous d’accord, affirme-t-il, ça fait plus d’un mois que plus de 40 personnes ont été tuées dans des violences, et il n’y a eu ni excuse du président Morsi, ni commission d’enquête ouverte ».

Selon Ahmad, 35 ans, ouvrier, « la vie est déjà tellement difficile. Presque tout le monde est au chômage ici. Ce n’est pas la désobéissance civile qui perturbe la vie des citoyens, c’est l’économie qui s’écroule ».

Le centre assiégé

Sur la rue Mohamad Ali, les manifestants tiennent un sit-in devant le commissariat sous le slogan « Le peuple est au service du peuple ». Ils rédigent et collectent, le plus sérieusement du monde, des procès-verbaux des citoyens contre le président et les Frères musulmans.

« Nous ne sommes pas des voyous comme le dit le régime. Nous sommes des héros de l’histoire de l’Égypte. Nous voulons les droits de nos enfants et les excuses publiques de la présidence, pour restaurer la dignité de Port-Saïd », dit Magdi Al-Khayat, 50 ans, propriétaire de boutique. Arabi, 28 ans, renchérit : « Essam Al-Eriane et sa clique mentent effrontément en déclarant que notre grève est organisée par des voyous payés 100 L.E. par jour ».

Au marché central, quelques propriétaires de magasin rompent la grève, dans un effort désespéré pour gagner quelques livres. Mais vers 3h, des Ultras du club Masri viennent les forcer à la désobéissance civile. Quitte à jeter à terre le contenu du magasin d’un propriétaire récalcitrant. Les dissidents baissent finalement leur rideau sans un mot.

Entre-temps, les marches ont convergé vers la place du gouvernorat de Port-Saïd, re-nommée « Place des martyrs » par les désobéissants. Ils sont quelques centaines en cette fin d’après-midi. Un sit-in est maintenu jour et nuit sur cette place, avec une dizaine de tentes plantées dans le petit jardin du bâtiment du gouvernorat et deux galeries de photos : une pour les morts et une pour les 21 condamnés à mort.

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Les femmes sont, pour la première fois depuis le début de la grève, remarquablement nombreuses. Ce sont elles qui lancent sans relâche les slogans hostiles au régime. « La voix des femmes est une révolution », scandent-elles, convaincues que les Frères n’ont aucun respect pour les femmes.

Nadia, 17 ans, montrant la photo d’un condamné à mort qui a tout juste 18 ans, s’insurge : « Nous, nous respectons la justice. S’il y a un seul coupable dans ces condamnés, nous le tuerons de nos propres mains. Mais ce verdict ne cherchait qu’à acheter les Ultras ahlawis ».

La même foule qui a ignoré l’état d’urgence et le couvre-feu instaurés par le président Morsi le mois dernier, semble aujourd’hui d’accord pour continuer sa lutte « quitte à mourir de faim ». Convaincus que le régime ne s’intéressera ni à punir les criminels, ni à rétablir les droits des martyrs, les habitants ont déjà assuré qu’ils boycotteront les législatives.

Presse contre-révolutionnaire (Ola Hamdi, Port-Saïd, Hebdo.Ahram.org.eg, 27 février 2013)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:07

INFORMATION RTL – Cinq policiers et un surveillant de l’administration pénitentiaire comparaissent ce lundi en citation directe devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Ils sont accusés d’avoir violemment agressé un détenu le 25 janvier dernier dans cette même enceinte.

Le déclic aurait été un simple échange de regard entre le prisonnier et les prévenus Les prévenus doivent répondre à des accusations de “violences volontaires dans l’exercice de leurs fonctions”. Ces six hommes sont accusés d’avoir violemment frappé le 25 janvier un détenu menotté à la sortie du cabinet d’un juge, dans les couloirs du palais de justice de Pontoise puis dans une cellule du sous-sol. Les policiers ont pour leur part porté plainte pour “rébellion et d’outrages”…

Le prisonnier a eu un tympan crevé, un œil blessé et porte de nombreuses contusions au coude et au poignet. Les policiers encourent jusqu’à trois ans de prison et 45’000 euros d’amende.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Alphonse Richard, RTL.fr, 4 mars 2013)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:06

R. Ghannouchi chahuté et dégagé de Thala

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, le ministre des affaires religieuses, Nourredine Khademi ainsi que le député  de l’ANC, Walid Bannani ont été accueillis sur les chapeaux de roues ce dimanche à Thala (gouvernorat de Kasserine).

Protestant contre la présence des représentants d’Ennahdha à l’inhumation du militant Ahmed Rahmouni, plusieurs citoyens se sont rassemblés et ont scandé « dégage, dégage » au visage de Rached Ghannouchi et ont saccagé sa voiture si bien qu’il a dû être évacué sous très haute surveillance, rapporte Mosaique Fm.

Presse contre-révolutionnaire (TunisieNumerique.com, 3 mars 2013)

 

(…) Selon Zoubeir Echhoudi, directeur du cabinet de Rached Ghannouchi, quelques jeunes ont jeté des pierres sur le cortège des membres d’Ennhada, qui venaient assister à la ré-inhumation d’un militant tunisien exécuté en 1963 sous le régime du premier président tunisien, Habib Bourguiba. À la demande de la famille, la dépouille d’Ahmed Rahmouni avait été exhumée pour subir une autopsie afin de déterminer les vraies causes du décès.

Depuis un an, plusieurs figures politiques ont été agressées par des citoyens tunisiens mécontents du rendement du gouvernement.

Presse contre-révolutionnaire (AtlasInfo.fr, 3 mars 2013)

 

(…) Selon Shems Fm, les membres du Front Populaire qui voulaient prononcer une élégie en hommage au militant Ahmed Rahmouni, ont également été chassés des lieux par les présents.

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 3 mars 2013)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:05

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(…) y aura aussi écoute collective de témoignages sur le quotidien à l’intérieur des CRA (…)

Lutte de CRAs

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:02

Ali Ziri 69 ans chibani et le mépris de la République

Cette semaine l’expression “Indignez vous” était en vogue suite à la mort de Stéphane Hessel. Et le verdict de la cour d’Appel de Versailles, concernant la mort d’Ali Ziri, résonne comme une insulte à sa mémoire et à celles de tous ceux qui ont subi la violence sans limites des fonctionnaires des forces de l’ordre. Selon les conclusions de la Justice, il n’y a pas de lien établi entre le décès et l’interpellation. Les 27 hématomes et les multiples ecchymoses ne peuvent en rien démontrer que l’interpellation n’a pas tourné au lynchage, alors comment expliquer les anomalies dans l’instruction ou des déclarations contradictoires ?

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Cette technique du “pliage” exercée entre 3 et 5 minutes sur un viel homme agé de 69 ans et qu’on a laissé pendant plus d’une heure allongé face contre terre dans son vomi est cautionnée par les institutions et on notera que cela a permis de blanchir de nombreux fonctionnaires incriminés pour les mêmes raisons. En 2009, n’était-il pas possible de procéder à une interpellation basique sans faire subir une pluie de coups à cet homme ? On trouve toujours les mêmes conclusions pour couvrir les exactions des forces de l’Ordre : Ceux qui ne survivent pas à la rencontre des forces républicaines, souffrent toujours de pathologies anciennes.

Il va falloir que les choses changent et que l’État prenne ses responsabilités, la liste des victimes ne cesse de s’allonger et les verdicts iniques souillent la mémoire des morts et la peine des familles est d’autant plus grande face à ce mépris. Les procédures interminables et le déni de responsabilité sont autant de facteurs aggravants et j’ai peine à croire que tout cela ne soit pas le fruit d’une synergie gouvernementale. Il n’y aura pas de respect de la Justice sans procès équitables et la mort de M. Ziri est une offense à tous les “chibanis” qui ont sué sang et eau pour ce pays qui accorde l’immunité aux assassin de l’un d’entre eux.

Le Ministre de l’intérieur si prompt à rassurer ses troupes et à compatir avec les familles de policiers ne va pas remettre en cause la probité de ses hommes bien au contraire et il faut maintenant attendre la cour de Cassation pour une énième décision qui selon toute vraisemblance ne changera rien à cette injustice. On dit qu’on juge une société selon le respect qu’elle a pour ses anciens, en 2013 tout est dit.

Sam Deghout – collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, 1er mars 2013

 

Affaire Ali Ziri : cap sur la Cassation

La cour d’Appel de Versailles a confirmé le non-lieu prononcé contre les policiers impliqués dans la mort de Ali Ziri. La famille de ce retraité algérien, décédé en 2009 à Argenteuil lors d’une interpellation de la police, a décidé de se pourvoir en cassation.

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Le comité Ali Ziri participant à la marche de la “Commémoration Nationale des Victimes de la Police”

Ils s’étaient préparés à ce jugement depuis longtemps. C’est dire si leur confiance en la justice est entachée. « Le combat continue », lâche aussitôt Areski Semache, membre du Comité “Vérité et Justice pour Ali Ziri”. Hier jeudi (28-02), la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a confirmé le non-lieu rendu en octobre. En 2009, Ali Ziri meurt lors d’une interpellation policière à Argenteuil, en région parisienne. Sur la route qui le mène au commissariat, il est maintenu la tête contre le siège avant. C’est la technique dite du « pliage ». Une autopsie conclut qu’il est mort des suites d’un arrêt cardiaque après suffocation.

Enquête bâclée

Le 15 octobre dernier, une ordonnance de non-lieu est rendue. Le juge a établi qu’« aucun acte de violence volontaire n’a été la cause directe ou indirecte du décès ». Un non-lieu incompréhensible pour la famille de la victime qui dénonce une enquête bâclée. La famille a vu défiler trois juges d’instruction en trois ans. Trois juges et aucune reconstitution. Et les policiers mis en cause n’ont accessoirement jamais été entendus par les juges d’instruction.

Inconcevable de ne pas se pourvoir en cassation

Pas de temps à perdre. La famille d’Ali Ziri décide de se pourvoir en cassation. « Il est inconcevable qu’un homme de 69 ans décède alors qu’il est entre les mains de la police française et que cela ne fasse pas l’objet d’une instruction judiciaire comme toutes les autres affaires. Ce d’autant plus qu’il s’agit de la police », martèle maître Stéphane Maugendre, l’avocat de la famille.

Procédure très coûteuse

« Le pourvoir en cassation risque d’être très coûteux », précise Areski Semache, « c’est pour cela que nous avons lancé une souscription sur notre blog, pour inciter les gens à nous aider financièrement ». Vu que l’État ne le fait pas. Dans cette affaire, la famille aurait déjà déboursé 6000 euros pour les frais judiciaires et 5000 pour garder le corps en chambre froide pour l’autopsie.

Future condamnation de la Cour Européenne des Droits de l’Homme ?

Plus que la Cour de Cassation, c’est la Cour européenne des droits de l’homme que vise la famille de Ali Ziri. « La cour européenne a déjà condamné la France pour un cas similaire. Ce sera la deuxième fois avec le dossier Ali Ziri », promet maître Maugendre. En 2007, la France a effectivement déjà été épinglée par cette même cour pour une affaire qui s’était produite à Toulon, il y a 15 ans : la mort de Mohamed Saoud.

Leur presse (Chloé Juhel, lecourrierdelatlas.com, 1er mars 2013)

 

Argenteuil : les policiers blanchis dans l’affaire Ali Ziri

Le dossier Ali Ziri est pratiquement refermé. La cour d’appel de Versailles a confirmé jeudi le non-lieu prononcé par le juge d’instruction le 15 octobre dernier. Le magistrat instructeur avait estimé qu’aucune charge ne pouvait être retenue à l’encontre des policiers d’Argenteuil mis en cause par les proches du retraité, décédé le 11 juin 2009 à sa sortie de garde à vue.

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Argenteuil (Val d’Oise), le 10 juin 2012. Le collectif justice et verite avait organisé, comme chaque année, une manifestation en mémoire d’Ali Ziri, trois ans jour pour jour après l’arrestation qui avait conduit à sa mort.

Ali Ziri avait été interpellé deux jours plus tôt, vers 20h30, avec un ami boulevard Jeanne-d’Arc, dans le centre d’Argenteuil. Ivres, les deux hommes sont invités à descendre par les trois policiers qui les contrôlent. Les deux occupants s’énervent : il y a des insultes, des coups portés contre les forces de l’ordre, selon les témoins. Les deux hommes sont ensuite amenés au commissariat. Pendant le trajet, Ali Ziri, qui, selon les termes de l’ordonnance de non-lieu, tente de porter des coups au conducteur du véhicule de police est maintenu la tête contre le siège avant, « pour éviter de nouveaux coups et un accident ». C’est la technique du « pliage » que dénonce les proches du retraité décédé.

Ali Ziri, qui présente une alcoolémie de 2,42 g, est emmené à l’hôpital d’Argenteuil à 22 heures. Il est pris en charge par le personnel soignant quarante à quarante-cinq minutes plus tard, dans un contexte de surcharge des urgences. Dix à douze personnes étaient arrivées en même temps. Il est décédé le 11 juin à 10 heures. Selon le juge d’instruction, « l’information n’a établi aucun acte de violence volontaire qui aurait été la cause directe ou indirecte du décès de M. Ali Ziri ni aucune faute directe ou indirecte imputable à quiconque qui aurait involontairement causé sa mort ». Il a ordonné un non-lieu aussitôt frappé d’appel.

Le proches du retraité décédé vont saisir la cour de cassation

Au cours de l’audience de la chambre de l’instruction, qui s’est déroulé à huis-clos le 17 janvier, l’avocat général avait requis la confirmation du non-lieu. Il avait alors estimé que les techniques policières employées n’étaient pas normales, que la prise en charge d’Ali Ziri dans le commissariat puis à l’hôpital posait des difficultés et que le juge d’instruction aurait dû procéder aux interrogatoires. Mais il a aussi expliqué qu’il y avait des rapports d’expertises mettant en cause la prise en charge d’Ali Ziri, et d’autres non et que selon lui, une instruction ne pourrait permettre d’aller plus loin, qu’il y aurait toujours un doute.

Me Stéphane Maugendre, l’avocat des familles, qui avait demandé un supplément d’information, indique ce vendredi matin avoir d’ores et déjà été mandaté « pour introduire un pourvoi en cassation contre l’arrêt confirmatif du non-lieu ». « Dans ce dossier, le juge d’instruction n’a entendu personnellement aucun des protagonistes, ni les policiers, ni les témoins, alors que la commission nationale de déontologie de la sécurité a entendu tout le monde et a taclé les services de police sur la manière dont a été traitée Ali Ziri et son ami Arezki Kerfali au moment de l’interpellation et dans le commissariat », critique l’avocat, qui regrette également que sa demande de reconstitution n’ait pas été acceptée. Si la cour de cassation ne les suit pas, « ce qui est très probable », présume Stéphane Maugendre, « la cour européenne des droits de l’homme, elle, pourrait aller dans notre sens ». Du côté du collectif Vérité et justice pour Ali Ziri, créé après le décès du retraité algérien, on se dit « outré ». « Cette décision de justice est scandaleuse. Nous sommes résolus à poursuivre le combat », martèle Arezki Sémache, un de ses membres.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Frédéric Naizot et Maïram Guissé, LeParisien.fr, 1er mars 2013)

 

Ouverture d’une souscription pour couvrir les frais de justice

Au titre de votre organisation, de votre association ou à titre individuel vous avez  participé au combat pour que  vérité  et justice adviennent dans « l’affaire Ali Ziri ».

Le 17/01/2013, Maître Maugendre a fait appel du non-lieu prononcé le 03/01/2012 dans la mort d’Ali Ziri, devant la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Versailles. Quelques mois auparavant comparaissait Monsieur Kerfali, interpellé en même temps que Monsieur Ziri, dans un procès pour outrage à agents. L’avocat ayant obtenu la jonction avec l’affaire Ziri, un nouveau procès est à venir, et nous attendons à la fin du mois le résultat du délibéré du jugement d’appel du non-lieu sur la mort d’Ali Ziri.

C’est pourquoi nous vous sollicitons pour  aider les familles à couvrir les frais de justice passés  et à venir.

L’argent est collecté sur un compte spécial sous la responsabilité de l’ATMF. Libellez vos chèques à l’ordre de : ATMF Solidarité Ali Ziri

Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri c/o ATMF
26 boulevard du Général Leclerc – 95100 Argenteuil
Tél. : 01 39 82 81 48

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS

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