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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:03

Coup de filet contre le trafic d’otages érythréens en Égypte

Deux hommes et une femme ont été incarcérés en Suède, dans une affaire de chantage au meurtre visant un réfugié érythréen retenu en otage en Égypte. C’est une première dans le monde depuis l’apparition des prises d’otages collectives d’Érythréens dans le désert du Sinaï il y a quelques années. Et le début d’une enquête qui pourrait remonter jusqu’à la hiérarchie militaire érythréenne.

Disons que le garçon s’appelait Yonas. Sa véritable identité ne doit pas être révélée, sa famille ignorant ce qui est advenu de lui. Il avait dix-neuf ans et comme des milliers de jeunes Érythréens, chaque année depuis dix ans, il avait fui son pays à pied début 2012, espérant échapper à la dictature du président Issayas Afeworki.

Kidnappé dès son arrivée au Soudan, il avait été livré avec neuf autres otages à « Abou Sultan », le chef de l’une des familles mafieuses qui sévissent dans le désert du Sinaï, en Égypte. Détenu pendant près d’un an, il est mort fin janvier après deux jours de crucifixion — la punition ultime infligée à leurs prisonniers par les gangsters bédouins qui règnent en maîtres sur la région. Jamais il n’est parvenu à réunir les 33’000 dollars exigés par ses kidnappeurs pour sa libération.

« On l’a décroché et il a expiré. Un réfugié qui était incarcéré avec lui me l’a annoncé il y a deux semaines. Lui était le seul survivant du groupe de dix », raconte à RFI la journaliste érythréenne Meron Estefanos, qui était en contact téléphonique avec lui, depuis la Suède où elle vit.

Trois arrestations en Suède

Depuis cinq ans qu’elle est en contact quotidien avec les fugitifs de son pays natal, Meron Estefanos avait fini par croire que « tout le monde se fiche des Érythréens et de ce qu’ils endurent ». Cette fois, après le martyre de Yonas, c’est différent. Deux hommes et une femme ont été arrêtés le 20 février à Solna, une banlieue de Stockholm. Ils étaient les intermédiaires à qui Meron, que Yonas avait fait passer pour sa cousine, devait remettre l’argent de la rançon. Selon le procureur en chef Krister Petersson, ils ont été inculpés « d’extorsion » et de « conspiration en vue de commettre un assassinat ».

L’enquête de la police suédoise a duré plusieurs semaines, comptant sur la discrétion de Meron Estefanos. « Les complices des kidnappeurs m’envoyaient des textos plusieurs fois par jour, raconte-t-elle à RFI. Ils se faisaient de plus en plus menaçants. J’ai eu beau insister auprès d’eux, à partir du 24 janvier, je n’ai plus eu de contact avec Yonas. Je savais que la police écoutait, mais que quelque chose de terrible lui était arrivé. » Épuisé par les sévices, il avait fait croire que sa « cousine » avait collecté la rançon, pour gagner du temps.

Un réseau haut placé

Le procureur a affirmé que de nombreux cas similaires ont été signalés en Suède ces dernières années. Pourtant, au sein de la diaspora, étroitement surveillée par les puissantes ambassades d’Érythrée et leurs réseaux de mouchards, il est rare que les familles se plaignent. Incarcérations, expulsions, enrôlements de force dans l’armée, menaces : les représailles contre les parents restés au pays sont systématiques.

D’autant que la complicité de hauts gradés de l’armée érythréenne dans ce trafic sont probables. Dans son dernier rapport, en juillet 2012, le Monitoring Group de l’ONU sur la Somalie a d’ailleurs désigné le général Tekle Kiflai « Manjus », commandant des gardes-frontière, comme l’un des bénéficiaires de ce business lucratif. L’agence de presse suédoise TT cite même le cas de sept familles résidant en Suède, ayant dû payer 7000 dollars à « un officier supérieur de l’armée érythréenne » l’année dernière. Le militaire menaçait de vendre ses otages à des trafiquants au Soudan si les rançons n’étaient pas payées dans les 24 heures.

En effet, l’histoire de Yonas n’est pas unique. Sur les 1000 à 3000 Érythréens qui parviennent à passer clandestinement la frontière chaque mois, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), nombreux sont ceux qui sont capturés par des soldats soudanais avant d’avoir pu atteindre le camp de Shegerab, près de Kassala. Les évadés sont alors vendus à des bandes criminelles issues de la communauté Rachaïda, qui les revendent à leur tour à leurs « cousins » bédouins du Sinaï. La livraison des otages est assurée jusqu’en Égypte dans des camions transportant également toutes sortes de contrebande, notamment des armes à destination de la bande de Gaza.

Chambres de torture

Une fois incarcérés dans les villas du Sinaï, les otages sont torturés pendant qu’ils appellent leurs familles et les supplient de réunir l’argent exigé. « Chaque gang a sa méthode, explique Meron Estefanos. On coule du plastique fondu sur leur dos, puis on les oblige à rester debout contre un mur pour que leurs plaies s’infectent. Ou bien on les électrocute, on les viole ou on les force à se violer entre eux. » Selon les témoignages qu’elle a collecté, les villas où sont détenus les Érythréens ont d’ailleurs été construites dans le seul but de servir de camp de torture. Des anneaux pour accrocher les chaînes et des arceaux pour pendre les détenus sont moulés à même le béton des chambres d’incarcération.

Chaque clan a son réseau de « collecteurs » de rançons. L’argent est versé soit en liquide, soit par Western Union. Les numéros de téléphone des intermédiaires sont suisses, suédois, britanniques, israéliens, égyptiens, ou proviennent de la bande de Gaza et même d’Érythrée. Il faut alors livrer un sac plein d’argent, en plein jour, à Asmara, au cœur de la capitale d’un régime contrôlant pourtant tous les aspects de la vie des citoyens qui ne l’ont pas encore fui.

Presse esclavagiste (Léonard Vincent, RFI, 27 février 2013)

Plus d’informations sur l’Érythrée, en français, sur le blog d’information de Léonard Vincent

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:02

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(…) ce mercredi 27 février (…) le débat à l’Assemblée sur la reconstruction et le développement du Mali. (…) Les uns après les autres, les représentants des différents groupes parlementaires se sont succédés à la tribune pour célébrer le professionnalisme de l’armée française et assurer le gouvernement de leur soutien. (…)

Publié par des professionnels du débat (Sarah Halifa-Legrand, Nouvelobs.com, 27 février 2013 – illustration : LCP.fr)

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:01

Meurtre d’un Mozambicain en Afrique du Sud : huit policiers arrêtés

Les policiers coupables d’avoir traîné derrière leur véhicule un Mozambicain décédé ensuite au commissariat ont été arrêtés vendredi en Afrique du Sud, où la police est sous le feu des critiques pour sa violence et son manque de respect des droits fondamentaux.

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Des proches de Mido Macia, traîné à mort par la police, rassemblés à Daveyton, à l’est de Johannesbourg, le 1er mars 2013

« Les huit policiers ont été arrêtés dans les locaux du commissariat de Benoni », dans la banlieue est de Johannesburg, a indiqué dans l’après-midi à l’AFP un porte-parole de la police des polices, Moses Dlamini (IPID). Il seront présentés lundi à un juge.

Le chef du commissariat a, pour sa part, été relevé de ses fonctions et muté pour ne pas compromettre l’enquête.

L’affaire, survenue dans une township proche de Johannesburg, aurait-elle eu cette résonance si les médias locaux n’avaient pas diffusé la vidéo amateur montrant l’incident ? Difficile à dire. Mais le scandale provoqué par ces images de policiers menottant le chauffeur de taxi mozambicain mal garé, puis le traînant au sol derrière leur véhicule devant une foule médusée, a obligé les autorités à réagir vite.

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VOIR LA VIDÉO

« C’est une affaire absolument terrifiante », a déclaré à Genève le porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, Rupert Colville, « il faut une enquête très rapide ».

La police des polices a ouvert une enquête pour meurtre, et la dirigeante de la police nationale, Riah Phiyega, a affronté la presse vendredi matin, en direct devant les caméras de télévision.

Les questions témoignaient d’une exaspération certaine, l’un des journalistes demandant notamment si « le nombre de morts dans les commissariats était plus ou moins élevé aujourd’hui que sous l’apartheid », le régime raciste qui réprimait par la violence les volontés d’émancipation des Noirs, avant l’instauration de la démocratie en 1994.

« Chaque mort est une mort de trop », a répondu Mme Phiyega.

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Le chauffeur de taxi Mido Macia, 27 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule deux heures environ après l’incident. L’autopsie a révélé qu’il avait succombé à un traumatisme crânien et une hémorragie interne. Le jeune homme, qui avait émigré en Afrique du Sud à l’âge de dix ans, « n’avait jamais posé de problème dans la population et était toujours prêt à rendre service », a témoigné une voisine sur un média local.

En 2010-11, près de 800 personnes sont mortes en garde à vue ou du fait de la police, selon l’autorité de contrôle de l’institution, et en 2011, la mort en direct d’un manifestant torse nu et non armé, Andries Tatane, frappé à mort, avait déjà mis le pays en émoi.

« Le cœur de notre action, c’est la lutte contre le crime. Que ce soit dans les rangs de la police ou à l’extérieur, nous devons nous y attaquer », a martelé vendredi la patronne de la police, qui n’avait pas brillé par sa compassion pour les victimes lors du dernier scandale impliquant ses services, lorsque les policiers avaient abattu 34 mineurs grévistes à Marikana en août 2012.

Interrogée par l’AFP en marge de la conférence de presse, Mme Phiyega a cependant semblé trouver normal que la police, un corps de 200.000 hommes, soit contaminée par la violence de la société sud-africaine : « La police est une énorme institution, alors ce type d’incidents (…) ça arrivera toujours. Et parce que ça arrivera toujours, la grande question est : comment y remédier ? ».

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« Tirez les premiers »

« Que la police ait fait cela en public, alors que des gens filmaient avec leur portable, ça donne la mesure de l’impunité », a commenté vendredi pour l’AFP Frans Cronje, chercheur à l’Institut pour les Relations entre les Races.

Les criminologues expliquent les comportements violents des policiers par leur niveau de stress, dans un pays où des agents en service sont régulièrement abattus par des malfaiteurs. « Lorsque vous voyez un criminel pointer une arme vers vous, ne souriez pas. Le canon n’est pas une caméra. Tirez les premiers pour protéger votre vie », avait préconisé en 2011 un ancien chef de la police lors de funérailles de policiers.

« Depuis des années, explique M. Cronje, les policiers ont appris qu’ils peuvent avoir les comportements les plus brutaux. Quand ça arrive aux oreilles des médias, la seule chose qu’ils risquent, c’est une tape sur les doigts, ou alors on étouffe l’affaire discrètement (…) je crois que ce à quoi nous assistons là est une conséquence à long terme » de cette culture de violence impunie, ajoute le sociologue.

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 1er mars 2013)

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 14:53

Un commissariat de Port Saïd incendié

Des manifestants ont mis le feu à un commissariat à Port Saïd samedi, alors que le secrétaire d’État américain John Kerry arrivait au Caire pour discuter avec responsables et opposants de la transition politique dans le pays en proie à la crise. Quelque 500 manifestants de cette ville du nord-est de l’Égypte ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur le commissariat, provoquant un incendie, et bloqué l’accès aux pompiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

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Les manifestants s’étaient rassemblés devant le commissariat après des affrontements au cours desquels deux hommes avaient été blessés quand un camion de police a heurté des personnes manifestant un peu plus tôt, a indiqué le ministère. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 2 mars 2013)

 

Fire at a police building in Port Said amid increasing unrest

Unrest increases in Port Said, activists call for disobedience in all canal cities.

A police building in Salah Salem Street in Port Said was set on fire on Saturday morning. Residents suspect a police officer hiding in the building started the fire.

“It’s not confirmed yet whether it was the protesters or the police officer who started the fire to be able to run away,” said Mahmoud Qandil, a Port Said resident and one of the protesters.

The Ministry of Interior released a statement on Saturday saying that 500 protesters gathered in front of the police building and threw Molotov cocktails at it, causing the fire.

Tension between Port Said residents and security forces began on Saturday morning when a police car allegedly hit some protesters. Five were reportedly injured and one is in a critical condition.

“A march was going through Mohamed Ali Street chanting against the police and the interior ministry when a police car ran into them, injuring at least four,” said another protester, Tarek Al-Kotty.

The Ministry of Interior said in the statement that the protesters obstructed police cars transporting convicts to court. It added that they pelted the cars with stones, injuring four policemen and damaging two cars.

“The people chased the car after it hit the protesters, pelting it with stones; they caught two officers while the other two hid at the police building,” Qandil said.

He added that the people handed the two officers they caught to the armed forces, which were deployed in Port Said to protect vital installations. The army and the military police controlled the fire and removed the police officer from danger.

On Friday, writers from Cairo arrived in Port Said and marched with the protesters in support of the civil disobedience that started on 17 February.

“People from Alexandria and Domietta had arrived to join the marches in Port Said too,” Qandil said.

Revolutionary groups in Domietta had announced earlier they would join the civil disobedience in solidarity with Port Said. “Several revolutionary groups and party representatives in Domietta are holding a meeting on Saturday night to discuss disobedience plans,” said Ahmed Abo Omar, a Dostour party member in Domietta.

Calls for civil disobedience in the canal cities of Port Said, Ismailia, and Suez have been circulating for some weeks. Several political groups announced that total disobedience in the three cities will start on Sunday 3 March.

“People in Suez and Ismailia are unlikely to respond to such calls,” said Hassan Ghoneima, DNE correspondent in Suez.  He said the majority of people in these cities worked for the public sector and feared losing their jobs if they participated in civil disobedience.

Marches swept Port Said on 17 February when Ultras Green Eagles, fans of Al-Masry football club, called for civil disobedience along with other groups over the “injustices” endured by residents in the governorate.

The marches called for justice for protesters killed during clashes on 26 January. More than 30 people died in the clashes after Port Said Criminal Court sentenced 21 people to death for killing 74 football fans in February 2012; the remaining defendants will be tried on 9 March.

Presse contre-révolutionnaire (Nouran El-Behairy, DailyNewsEgypt.com, 2 mars 2013)

 

Heurts nocturnes en Égypte

Une personne a été tuée et une trentaine ont été blessées dans des accrochages nocturnes entre policiers et manifestants dans la ville de Mansoura au nord du Caire.

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Manifestation le 25 janvier 2013 à Mansoura

La police a tiré des gaz lacrymogènes vendredi soir sur les protestataires qui tentaient de prendre d’assaut le QG du gouvernorat à Mansoura, dans le Delta du Nil, où les manifestations anti-gouvernementales avaient commencé il y a une semaine. Selon des médias locaux, le manifestant est mort après s’être fait écraser par une fourgonnette de la police.

L’Égypte, en proie à une grave crise politique, est le théâtre depuis des mois de manifestations hostiles à la politique du président islamiste Mohamed Morsi, accusé d’accaparer le pouvoir et d’avoir échoué à régler les problèmes sociaux et économiques.Mansoura est la dernière en date des provinces du pays à lancer une campagne de désobéissance civile, après celles de Port Saïd, Ismaïliya et Suez.

L’opposition accuse M. Morsi d’avoir failli à la révolution de 2011 qui a renversé le président Hosni Moubarak et amené au pouvoir le premier président islamiste d’Égypte en juin 2012. Les violences depuis le début janvier en Égypte ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Presse contre-révolutionnaire (LeFigaro.fr, 2 mars 2013)

 

L’autogestion de Port-Saïd et les luttes ouvrières

Le mouvement de protestation dans la ville de Port Saïd se poursuit sans interruption. Depuis le dimanche 17 février, il a pris une nouvelle tournure avec le blocage des routes, des accès aux entreprises, des administrations publiques et des écoles puis une grève des travailleurs de la zone portuaire touchant une trentaine d’entreprises.

Derrière l’appel à la désobéissance civile, c’est un début de prise en main de la ville par ses habitants qui semble se mettre en place.

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Une réalité sans précédent se déroule dans la ville de Port-Saïd : une autogestion complète, un rejet de tout ce qui représente l’autorité. Une réalité que les protagonistes de la lutte égyptienne en ce moment – les travailleurs – cherchent à reproduire dans d’autres villes.

Port-Saïd est devenu un lieu entièrement entre les mains du peuple. À l’entrée de la ville, si dans le passé, il y avait de nombreux barrages de police, on trouve maintenant un check-point formé par des habitants, surtout des travailleurs en grève, auto-proclamés « police populaire ». Il en va de même pour la circulation : plus de police, mais des jeunes, des étudiants et des travailleurs qui autogèrent la circulation urbaine.

Désobéissance civile : ce qui caractérise maintenant la ville est un rejet complet du gouvernement de Morsi sous toutes ses formes, d’où l’expulsion de la police, le refus du travail et du système scolaire gouvernemental.

En ce qui concerne l’aspect « sécurité », avec l’autogestion les rues sont devenues maintenant plus sûres que jamais. La semaine dernière, la police – à la suite des protestations de rue, de la colère populaire consécutive des 21 condamnations à mort liées au massacre de Port-Saïd et des 40 victimes des affrontements ultérieurs – a été contrainte d’accepter de laisser la ville dans les mains du peuple.

Le gouvernement de Morsi a accepté de rappeler la police, à la fois à cause des preuves vidéo irréfutables montrant des policiers du régime tirer et tuer les manifestants de sang-froid, mais aussi parce qu’il était convaincu qu’une ville toute seule ne pouvait pas s’autogérer et que Port Saïd aurait demandé l’intervention du gouvernement pour réprimer les probables révoltes. Mais la réalité est très différente et montre qu’une ville sans « forces de l’ordre » est plus sûre et vit mieux.

Ensuite, il y a un accord tacite qui permet à l’armée (majoritairement respectée par les gens car traditionnellement moins liée au régime que la police, cette dernière étant une émanation du pouvoir et des services secrets) de surveiller les points névralgiques de la ville, mais sans pouvoir intervenir.

Donc, la réalité est la suivante : les militaires non armés gardent des endroits tels que le tribunal et le port très important (actuellement en grève) et la « police populaire » s’occupe de la sécurité dans la ville.

Le refus de tout ce qui représente l’autorité se manifeste dans la pratique de ne pas payer les taxes gouvernementales et les factures, en refusant même toute communication avec le gouvernement qu’il soit central ou local.

La fermeture de l’administration centrale et l’auto-organisation des moyens et des modes de production, font de l’expérience de Port-Saïd une réalité sans précédent et l’expérimentation d’un nouveau mode de vivre, de produire, d’exister.

Les usines sont fermées, le trafic maritime est bloqué, il ne se produit que ce qui est utile et ne restent ouverts uniquement que les services nécessaires.

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Le pain est fabriqué (dans la photo ci-dessus, un magasin qui vend du pain à des prix populaires, les écriteaux indiquant les raisons de la protestation), les magasins d’alimentation, les hôpitaux et les pharmacies restent ouverts. Dans chaque usine, ce sont les travailleurs qui ont eu à décider de poursuivre ou non la production et la réponse générale est désormais NON. D’abord la justice, d’abord l’achèvement de la révolution et ensuite, au besoin, la production repartira.

Une nouvelle forme d’auto-organisation est en train d’être expérimentée dans les écoles. Celles-ci restent ouvertes, mais les familles de Port-Saïd elles-mêmes refusent d’envoyer leurs enfants dans les écoles du gouvernement. En ce moment même, des enseignants et des comités populaires essaient d’organiser des écoles populaires dans la place centrale, rebaptisée place Tahrir de Port-Saïd, où, en plus des matières scolaires, il y a la volonté d’enseigner la justice sociale et les valeurs de la révolution égyptienne.

Une réalité qui peut sembler impossible. Même dans les pages de ce portail, nous avons raconté dans le passé l’expérience de Port-Saïd avec d’autres yeux. Mais après la mort des 21 accusés pour le massacre du stade, une nouvelle conscience populaire a surgi dans cette ville, probablement très traditionaliste dans le passé. En fait, les 21 à être condamnés sont des jeunes, étudiants pour la plupart, alors que la responsabilité de ce massacre doit être recherchée dans la sphère politique ; la sentence semble avoir été une satisfaction accordée à ceux qui cherchent la justice. Aucun des accusés ne sont issus des rangs de la police ou de l’État et de ses services secrets. Port-Saïd l’a bien compris et dès que les condamnations à mort ont été prononcées, des manifestations importantes ont éclaté et ont conduit à la mort d’une quarantaine de manifestants, certains d’entre eux, même lors de l’enterrement des victimes des émeutes. De là a commencé la grève, la désobéissance civile.

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Une réalité que nous-mêmes, avant de la voir de nos propres yeux, n’aurions jamais imaginé.

Une colère, d’abord né d’un désir de justice pour la peine de mort et pour les 40 victimes consécutives, mais qui a grandi et est devenu politique. Le fort protagonisme ouvrier, la croissante prise de conscience de la population de Port-Saïd ont fait de cette contestation une lutte sans précédent qui fait trembler sérieusement le régime de Morsi. Une lutte qui, si elle s’étendait dans d’autres villes, pourrait vraiment mettre le régime à genoux.

Maintenant, les gens ne demandent plus, comme c’était encore le cas il y a une semaine, de ne pas punir les citoyens de Port-Saïd pour des crimes qui ont été commis par le régime. Maintenant, ce qui est demandé, c’est la justice pour toutes les victimes de la révolution ; maintenant, ce qui est demandé à haute voix c’est la chute du régime.

Dans la journée de lundi [25 février], une grande manifestation a eu lieu dans les rues de Port-Saïd : le syndicat indépendant des travailleurs, les étudiants, le mouvement révolutionnaire, ils sont nombreux à être descendus dans les rues, nombreux à être venus du Caire pour exprimer leur solidarité aux travailleurs et à la ville en lutte. Un grand cortège a envahi les rues de la ville, en appelant à une grève générale dans tout le pays.

Pendant ce temps, au cours des dernières semaines, d’autres villes égyptiennes ont connu de grandes grèves : à Mahalla, à Mansoura, à Suez, les travailleurs dans de nombreuses usines se sont croisés les bras pendant des semaines. De même, par centaines ils sont descendus dans les rues pour appeler à une grève générale dans tout le pays, de nombreuses écoles et universités ont annoncé une prochaine grève générale. Beaucoup de travailleurs et de secteurs sociaux qui sont en grève n’ont pas réussi – pour l’instant – à généraliser la grève et la lutte, comme cela s’est produit à Port-Saïd.

On ne sait pas comment cette expérience, appelée « la Commune de Paris égyptienne » va pouvoir se poursuivre. Il est certainement difficile de poursuivre une lutte de ce genre dans un moment où le gouvernement central pourrait couper l’eau et l’électricité ; pour le moment, s’il ne le fait pas, c’est seulement parce qu’il craint des explosions de rage majeures. En outre, la poursuite ou non de la grève des travailleurs est fortement liée à la possibilité qu’elle se généralise et se reproduise dans d’autres villes.

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Initialement, les habitants de Port-Saïd avaient annoncé leur intention de poursuivre la grève jusqu’au 9 mars prochain, date où seront confirmées les 21 condamnations à mort. Maintenant, avec l’entrée en mouvement des travailleurs, l’avenir est incertain, mais certainement riche de potentialité.

Les difficultés du moment peuvent sembler nombreuses, mais la prise de conscience de toutes les personnes (et pas seulement les travailleurs), la pratique du refus du régime, l’auto-organisation, sont autant d’éléments qui semblent donner des perspectives positives à ces luttes.

Le correspondant d’Infoaut dans l’aire moyen-orientale, 27 février 2013 – traduit de l’italien pour l’OCL

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:54

Interview – Résoudre la question alimentaire à l’échelle planétaire, en se passant de l’agriculture conventionnelle ? Ça ressemble à une utopie, mais c’est la réalité de demain, selon certains. Parmi eux, l’agronome Jacques Caplat. Entretien.

 

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Jacques Caplat est agronome et géographe.

L’idée que les rendements en bio sont plus faibles qu’en conventionnel est récurrente…

Si l’on considère que l’agriculture bio, c’est faire la même chose qu’en conventionnel moins la chimie, alors oui, c’est certain. Mais ça n’est pas ça du tout !

Que faut-il comparer, alors ?

Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

Que disent les études scientifiques sur cette question ?

L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79 % plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5 % à 10 %. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

Cette transition est-elle possible ?

Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

Qu’attendre de la réforme de la PAC, la politique agricole commune, en 2013 ?

Elle ne va pas changer la donne. Mais sur la plan national, on peut expliquer aux paysans que l’agriculture bio, c’est l’avenir. Pour 90 % d’entre eux, c’est ringard. Alors que techniquement, c’est très moderne. Beaucoup de progrès récents en sont issus. On peut ensuite faire de l’accompagnement. Et une réforme fiscale. L’agriculture bio réclame plus de main-d’œuvre. Or, aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une machine que d’embaucher.

Que pensez-vous de la politique du gouvernement actuel ?

Je suis sceptique et déçu. L’objectif du Grenelle d’atteindre 20 % de bio en 2020 n’était pas mauvais. Signé par tous les partis, il permettait de faire basculer les choses. Mais à la Conférence environnementale de septembre dernier, l’objectif a été fixé à 7 % en 2017. Il n’y a aucune ambition politique. Il faudrait dès aujourd’hui consacrer 20 % de la recherche et des moyens d’accompagnement à l’agriculture bio. Or, à l’Inra, seuls 2 % à 3 % des chercheurs sont dessus. Et il s’agit de volontés individuelles !

Et au niveau international ?

C’est très complexe. Prenez la région d’Atakora, au Bénin. Des associations se sont montrées capables de nourrir l’ensemble du pays avec des méthodes d’agroécologie. Mais les paysans ne peuvent pas vendre leur mil à Cotonou, la capitale, car le blé, français ou américain, y est vendu moins cher. Un mécanisme de compensation, prenant en compte les coûts environnementaux (pollution des nappes, conséquences sur la santé) rendrait la concurrence plus juste. —

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:47
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:31

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:20

Aulnay : nouvel incident chez PSA

De nouveaux incidents ont éclaté aujourd’hui à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), paralysée depuis la mi-janvier par un mouvement de grève qui voit des tensions régulières entre grévistes et cadres de l’entreprise, a-t-on appris de sources concordantes. Ces incidents sont intervenus quelques heures après une visite dans l’usine du futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, venu rencontrer des salariés de l’usine pendant deux heures aujourd’hui.

Selon la direction du site, “des munitions en métal ont été projetées et deux personnes en ont reçu, l’une dans le genou, l’autre dans le ventre”. “Ces munitions ont été accrochées à des pétards”, a précisé une porte-parole de la direction, qui a également fait état de jets de “bouteilles de verre”.

Contactés par l’AFP, deux salariés ont confirmé ces incidents sous le couvert de l’anonymat. “Il y a eu des jets de pétards, deux personnes ont été touchées”, a dit l’un de ces salariés, parlant d’une “ambiance très tendue”. “Les tensions, elles viennent des cadres et des agents de maîtrise”, a répliqué Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, syndicat à l’origine du mouvement de grève, niant les faits reprochés aux grévistes. “Il n’y a pas eu de bouteilles jetées”, a-t-il assuré.

L’usine d’Aulnay, qui emploie 2800 personnes et doit fermer en 2014, est touchée par une grève depuis mi-janvier. Le mouvement a été émaillé par plusieurs incidents.

Presse esclavagiste (LeFigaro.fr, 1er mars 2013)

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 11:27

Rino della negra

Un très bel hommage à Rino Della Negra a été organisé le 23 février par le Collectif Red Star du stade Bauer.  Rappelons brièvement qui est cet homme. Il naît en 1923 dans la région industrielle du Pas-de-Calais au milieu d’une famille d’immigrés italiens, et entre à l’usine dès ses 14 ans. Il y développe une conscience politique communiste ainsi que ses capacités de footballeur pendant ses temps libres, et intègre l’équipe du Red Star Olympique.

Rino est toujours ouvrier quand la Seconde Guerre mondiale débute. En 1942, réfractaire au STO, il s’engage dans les Francs Tireurs et Partisans – Main d’Oeuvre Immigrée sous le commandement d’un autre résistant très connu, Missak Manouchian. Il participe à de nombreuses actions de lutte armée antifasciste et figure sur l’Affiche Rouge.

Il est finalement arrêté par la Gestapo et fusillé le 21 février 1944 au mont Valérien. Rino Della Negra reste présent dans l’histoire populaire à travers sa vie et ses actes, en tant que fils du peuple, sportif, militant internationaliste et résistant antifasciste.

D.

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Published by coutoentrelesdents - dans HOMMAGE
28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 22:40

 Le scénario est invariablement le même. À partir d’une simple information pêchée sur le net, un non-événement monté en épingle déborde sur l’espace public jusqu’à produire l’effet contraire de celui escompté. Ainsi, la réunion à Boulogne-sur-Mer de quelques jeunes fascistes, pour la plupart membres de la petite bourgeoisie locale occasionne depuis quelques jours une agitation stupide prêtant à une officine sans ancrage une importance qu’elle n’a pas mais qu’elle réclame. À tel point que l’on est en droit de se demander qui, à ce petit jeu, sert les intérêts de qui ?

Misère de l’anti-fascisme

Il nʼest pas dans notre intention de nier la résurgence d’une extrême-droite dans de nombreux pays européens ni de sous-estimer le danger et le piège qu’elle représente pour les exploités à mesure que la crise s’aggrave. Il nous importe plutôt de comprendre dans le jeu politicien actuel en rapport à l’activité du capital, quels intérêts parfois divergents elle peut être conduite à servir.

Dans le cas présent, nous assistons tout bonnement à l’instrumentalisation par la gauche locale et ses satellites d’un soit disant danger, pire semble-t-il à leurs yeux, que ce qu’endurent au quotidien les travailleurs et les chômeurs soumis à la politique de leurs amis du gouvernement. Là est la manœuvre de la social-démocratie, usée jusqu’à la trame depuis Mitterrand.

Rappelons une fois encore que, jamais, la social-démocratie n’a constituée un rempart devant la montée du fascisme, bien au contraire ! C’est sur le cadavre de la révolution allemande, écrasée avec la collaboration des sociaux-démocrates de l’époque, que les nazis accéderont à la tête de l’État. Un État aujourd’hui prétendument démocratique qui n’a cessé au fil de ces dernières décennies d’accroître son contrôle et sa domination sur les populations les plus fragilisées au gré de politiques toujours plus anti-sociales et répressives. La gauche qui, d’un côté, hurle aux loups poursuit de l’autre la politique de ses prédécesseurs, eux-mêmes transfuges pour certains d’organisations fascistes dénoncées par les premiers. Et la ronde de continuer…

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Pour les prolétaires, l’urgente nécessité du combat contre le capitalisme !

S’il nous faut garder un œil sur les groupes fascistes comme celui des “identitaires”, c’est d’abord pour ce qu’ils peuvent nous instruire du basculement des classes moyennes dans les affrontements sociaux des temps à venir. Les classes moyennes, en ascension dans l’entre deux guerre, constituèrent à l’époque l’essentiel de la base sociale du fascisme en Allemagne. Aujourd’hui, à leur tour frappées par le ralentissement de l’activité du capital et en proie au déclassement, elles pourraient être tentées par une nouvelle aventure qui leur offrirait le “salut” en échange de leur soumission politique. Ce groupe est d’autant plus convoité qu’il constitue une frange non négligeable de l’électorat du Parti Socialiste en France. Voyez comme on se retrouve…

Mais pendant ce temps, ce même Parti Socialiste, ne recule devant aucune des exigences des patrons. Il s’apprête à présenter au parlement un projet de loi salué par le Medef qui dépouillera davantage les travailleurs et les chômeurs à l’heure où les licenciements fauchent des milliers d’entre nous. Fort heureusement, dans de nombreux secteurs et en particulier dans l’automobile, les travailleurs résistent et ne comptent que sur leurs propres forces pour s’organiser et combattre. Pour eux, comme à PSA Aulnay par exemple, le “fascisme”, a déjà un visage, celui de ces petits chefs, de ces flics des sociétés privées que la famille Peugeot engage pour casser la lutte et harceler les grévistes.

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Que les choses soient claires, il n’y a pas de “sortie de crise” à attendre. Le capitalisme, actuellement confronté aux limites de sa propre reproduction tentera par tous les moyens, notamment les plus violents, de nous imposer sa logique destructrice. L’urgence pour nous les prolétaires : travailleurs, chômeurs, jeunes, retraités, immigrés, n’est pas de se laisser abuser par l’agitation de misérables groupuscules nazillons mais d’œuvrer à renforcer les luttes actuelles, de les populariser, de les soutenir, et à notre tour de nous y plonger.

Groupe Communiste Anarchiste de Boulogne-sur-Mer
La Mouette Enragée, le 23 février 2013

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