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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 22:39

FACE A L’EXTRÊME DROITE ET SON IDÉOLOGIE, LA CONTRE OFFENSIVE UNITAIRE EST UNE URGENCE !

L’extrême droite s’est durablement enracinée dans le paysage politique français et européen. Ses thèmes de prédilection n’ont pas changé : la préférence nationale, la stigmatisation des immigrés, la xénophobie, l’antisémitisme, l’homophobie, la défense de l’ordre moral au détriment des droits et de la place des femmes, l’État autoritaire, le nationalisme exacerbé… Ces thèmes s’accompagnent aujourd’hui d’inflexions nouvelles avec la stigmatisation des musulmans, une soi disant défense du peuple et des travailleurs Français, ainsi qu’une dénonciation des institutions financières et politiques internationales. Le Front National, principal représentant de l’extrême droite, réalise des scores électoraux sans précédent, y compris dans les couches populaires désorientées et frappées par les politiques d’austérité. Par ailleurs, nous assistons au développement de groupuscules radicaux et violents qui représentent une menace pour nos libertés. L’idéologie nauséabonde de l’extrême droite a trouvé des échos, voire des convergences, dans une partie de la Droite qui reprend sans complexe des pans entiers des thèmes du FN, pensant ainsi séduire son électorat. Par ailleurs, certains à gauche, sur la question des droits des immigrés (dans et hors Schengen, avec ou sans papiers, les Roms), abondent dans le même sens, au mépris des engagements pris par leur candidat maintenant Président. La diffusion de cette idéologie est facilitée par la stratégie de « dédiabolisation » de Marine Le Pen que certains intellectuels et médias ont accompagnée. Le FN, même derrière son paravent bleu marine, n’a en fait pas changé et les groupuscules fascistes font de la surenchère pour se démarquer. Le danger que représente l’extrême droite s’en trouve ainsi renforcé. Cette situation lourde de menaces n’est pas spécifique à la France. Partout en Europe, sous les coups de boutoir des politiques d’austérité, les courants fascistes, voire néo-nazis comme en Grèce, relèvent la tête. Des mouvements populistes apparus plus récemment leur emboîtent le pas. Tous ces courants prétendent apporter leurs solutions démagogiques à la crise du système capitaliste. Mais comme dans les années 1930, cette crise économique et financière pourrait conduire à de nouvelles catastrophes sociales et politiques ! Pour éviter cela, les mobilisations contre les politiques anti-sociales sont donc nécessaires, mais il nous faut aussi créer les conditions d’un large front antifasciste unitaire qui soit un bouclier efficace face à la résurgence de toute forme de fascisme ! C’est à cette tâche que, nous, associations nationales, régionales et locales, nous sommes attelés. Afin de démultiplier notre combat tout en respectant les particularités de chacun, nous décidons maintenant de mettre nos efforts en commun en créant une :

Coordination Nationale contre l’extrême droite : CONEX

Nous appelons tous les collectifs, réseaux, associations et syndicats qui partagent cette inquiétude et qui ont à cœur de participer à cette bataille à nous rejoindre. Nous encourageons aussi la création de structures unitaires antifascistes dans toutes les régions. Notre unité dans l’action sur des objectifs communs est une nécessité vitale pour ce combat décisif !

Les 14 premiers signataires : Les collectifs RL’F de Rouen, Grenoble, Voiron, Grésivaudan, Justice & Libertés de Strasbourg, le Collectif de Vigilance Lyon / 69, Les Collectifs de Lutte antifascistes de Rennes et de Reims, les Collectifs Antifascistesd’Avignon et de Paris-Banlieue, Le collectif de St Denis / 93 contre le FN et l’extrême droite, La Horde, Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes-VISA, Mémorial 98.

16 février 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 22:38

Soixante huit ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et la défaite du fascisme et du nazisme on assiste presque partout en Europe à la montée de l’extrême droite. Mais, phénomène encore plus inquiétant, on voit se développer à la droite de cette extrême droite  des forces carrément néo-nazies qui, dans certains cas (Grèce, Hongrie,…) s’enracinent dans la société formant des vraies mouvements populaires de masse, radicaux, racistes, ultra-violents et pogromistes dont l’objectif déclaré est la destruction de toute organisation syndicale, politique et culturelle des travailleurs, l’écrasement de toute résistance citoyenne, la négation du droit à la différence et l’ extermination – même physique – des « différents » et des plus faibles.

Comme dans les années ’20 et ’30, la cause génératrice de cette menace néo-fasciste et d’extrême droite est la profonde crise économique, sociale, politique et aussi éthique et écologique  du capitalisme lequel, prenant prétexte de la crise de la dette, est en train de mener une offensive sans précédent contre le niveau de vie, les libertés et les droits des travailleurs, contre tous ceux d’en bas ! Profitant de la peur des nantis face aux risques d’explosion sociale, ainsi que de la radicalisation des classes moyennes laminées par la crise et les politiques d’austérité draconienne, et du désespoir des chômeurs marginalisés et paupérisés,  l’extrême droite et les forces néo-nazies et néo-fascistes se développent dans toute l’Europe ; ils  acquièrent une influence de masse dans les couches déshéritées  qu’elles tournent systématiquement contre des boucs émissaires traditionnels et nouveaux (les immigrés, les musulmans, les Juifs, les homosexuels, les handicapés,…) ainsi que contre les mouvements sociaux, les organisations de gauche et les syndicats ouvriers.

L’influence et la radicalité de cette extrême droite ne sont pas les mêmes partout en Europe.  Cependant, la généralisation des politiques d’austérité draconienne a comme conséquence que la montée de l’extrême droite soit déjà un phénomène presque général. La conclusion est évidente : Le fait que la montée impétueuse de l’extrême droite et l’émergence d’un néofascisme ultra-violent de masse ne soit plus l’exception à la règle européenne, oblige les antifascistes de ce continent à affronter ce problème à sa juste dimension, c’est-à-dire en tant que problème européen !

Mais, dire ca ne suffit pas, il faut ajouter que la lutte contre l’extrême droite et le néonazisme est d’une  urgence absolue. En effet, dans plusieurs pays européens la menace néofasciste est déjà si directe et immédiate qu’elle transforme la lutte antifasciste en combat de toute première priorité,  dont l’enjeu est la vie ou la mort de la gauche, des organisations ouvrières, des libertés et des droits démocratiques, des valeurs de solidarité et de tolérance, du droit à la différence. Dire qu’on est engagé dans une course de vitesse contre la barbarie raciste et néofasciste correspond désormais à une réalité vérifiée chaque jour dans les rues de nos villes européennes…

Vue la profondeur de la crise, les dimensions des dégâts sociaux qu’elle provoque, l’intensité de la polarisation politique, la détermination et l’agressivité des classes dirigeantes, l’importance des enjeux historiques de l’affrontement en cours et l’ampleur de la montée des forces d’extrême droite il est évident que le combat antifasciste constitue un choix stratégique exigeant un sérieux organisationnel et un investissement politique et militant à long terme. En conséquence, la lutte antifasciste doit être étroitement liée au combat quotidien contre les politiques d’austérité et le système qui les génère.

Pour être efficace et répondre aux attentes de la population, la lutte antifasciste doit être organisée de manière unitaire et démocratique et être le fait des masses populaires elles-mêmes. Pour ce faire, les citoyens et les citoyennes doivent organiser leur lutte antifasciste et leur auto-défense eux-mêmes. En même temps, pour être efficace cette lutte doit être globale, s’opposant à l’extrême droite et au néofascisme sur tous les terrains où se manifeste le poison du racisme et de la de l’homophobie, du chauvinisme et du militarisme, du culte de la violence aveugle et de l’apologie des chambres à gaz et d’Auschwitz. En somme, pour être efficace à long terme, le combat antifasciste doit proposer une autre vision de la société, diamétralement opposée à celle proposée par l’extrême droite : C’est-à-dire, une société fondée sur la solidarité, la tolérance et la fraternité, le refus du machisme, le rejet de l’oppression des femmes et le respect du droit à la différence, l’internationalisme et la protection scrupuleuse de  la nature, la défense des valeurs humanistes et démocratiques.

Ce mouvement antifasciste européen doit être l’héritier des grandes traditions antifascistes de ce continent ! Pour ce faire, il devrait poser les bases d’un mouvement social doté des structures, ayant une activité quotidienne, pénétrant toute la société, organisant les citoyens antifascistes en réseaux selon leurs professions, leurs habitations et leurs sensibilités, menant combat sur tous les fronts des activités humaines et assumant pleinement la tache de la protection même physique des plus vulnérables de nos concitoyens, des immigrés, des Roma, des minorités nationales, des musulmans, des Juifs ou des homosexuels, de tous ceux et celles qui sont systématiquement victimes du racisme d’État et de la pègre fasciste.

C’est donc parce que le besoin de la mobilisation antifasciste à l’échelle européenne se fait chaque jour plus pressant que nous qui signons ce manifeste, nous appelons à la constitution d’un Mouvement Antifasciste Européen unitaire, démocratique et de masse, capable d’affronter et de vaincre la peste brune qui relève la tète sur notre continent. Nous ferons tout pour que le congrès constitutif de ce Mouvement Antifasciste Européen dont on a tant besoin, se tienne à Athènes au printemps 2013 et soit couplé d’une grande manifestation antifasciste européenne dans les rues de la capitale grecque.

Cette fois, l’histoire ne doit pas se répéter !
NO PASARAN !

Les organisations et les groupes qui veulent signer, s’il vous plaît envoyez un courriel. Merci.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:45

Un point sur les pseudo-sciences qui minent les bases théoriques de la gauche contemporaine

On retiendra peut-être de ce début de XXIè siècle qu’il connaît une prolifération de pseudo-sciences, mysticismes en tout genre et « syncrétismes » tous plus grandiloquents les uns que les autres. Outre l’intérêt anthropologique d’étudier cette capacité qu’a l’être humain d’imaginer des constructions « scientifico-religieuses » plus impressionnantes les unes que les autres, et ce depuis la nuit des temps, il nous a paru nécessaire d’établir quelques distinctions en vue de préserver la gauche politique de maux intellectuels qui la rongent de l’intérieur. Les distinctions sont toujours trop rigides, trop arbitraires, on peut les accuser d’être trop limitatives. C’est un risque assumé, puisqu’à mon avis notre époque souffre d’un « confusionnisme » radical : elle a tendance à tout mélanger, à célébrer des noces plus fantaisistes les unes que les autres. Il convient donc de faire des séparations strictes, quitte à les réformer plus tard. Je me propose ainsi de faire quelques remarques sur des mythologies politiques contemporaines.

La « cosmologie » de Mao

Les premières noces que nous allons critiquer sont celles de la poésie et de la physique. Combien de fois avons-nous entendu parler d’un « tao de la physique », d’une théorie « héraclitéenne » de l’énergie dans la relativité générale, d’une « force vitale de la terre qui produit des changements géologiques », sans parler des étoiles et des extra-terrestres… Cet usage métaphorique de la science est une formidable machine à créer des pseudo-sciences, des nouvelles théories « révolutionnaires » censées réconcilier l’ancien et le nouveau, les poèmes antiques et les théories contemporaines, les mythes ancestraux et les explications modernes, les « sciences » occultes et les disciplines universitaires. Comme si l’humanité, à travers différents moyens d’expression, n’avait toujours eu qu’un seul but, qu’une seule quête : celle de la compréhension du mystère de l’Univers. De là des formules telles que « la cosmologie de Mao ». Faut-il rappeler que Mao n’était pas un physicien mais un homme politique, et que les comparaisons qu’il utilise comme celle des femmes et du ciel ne sont que des métaphores poétiques et non des énoncés littéraux qui pourraient être déduits ou testés ? L’usage des métaphores et des analogies a un sens lorsqu’il s’agit de produire des émotions chez le lecteur et l’auditeur, un plaisir esthétique ; en revanche, il devient mystificateur lorsqu’il s’agit de révéler des « vérités » sur l’univers et les choses. Parler de la terre comme d’un organisme vivant (« théories » de la biosphère, de la noosphère, hypothèse Gaïa, New Age…) n’est rien d’autre qu’une métaphore : on a sélectionné et associé arbitrairement certains traits de l’organisme et de la planète, comme lorsque l’on dit « la planète respire », « la planète souffre »… En réalité, la planète étant littéralement dépourvue de système respiratoire ou de système nerveux central, il est malhonnête de vouloir faire passer de tels énoncés pour de la science, et qui plus est en agrémentant ce discours par des « ton esprit est fermé à la beauté de la nature », « tu as une vision trop restrictive des choses », comme si l’ouverture d’esprit consistait à unifier toutes les théories au moyen d’un usage frauduleux des métaphores et de stigmatiser tous ceux qui sont sceptiques par rapport à ce type de procédé.

Prochain épisode : la psychohistoire de Hari Seldon.

F. T.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:54

Je vais vous raconter une histoire que vous connaissez déjà. Comme vous la connaissez déjà, pour la rendre un peu plus intéressante, et aussi parce que j’ai faim, les protagoniste auront des noms de fruits.

Il était une fois un garçon qui s’appelait Poire.

Poire fréquentait des filles. On lui avait appris qu’il fallait être gentil avec les filles, et Poire était de toutes façons quelqu’un de gentil. Il n’y avait pas besoin de le lui dire deux fois. Il était donc gentil.

Le voisin de Poire s’appelait Melon. Melon n’était pas gentil du tout, lui. Il faisait pleurer les filles et elles allaient se faire consoler par Poire. Celui-ci, bien sur, désapprouvait fort sa conduite. Lui, Poire, c’était un mec bien. Il respectait les filles, il les écoutait, il blaguait avec elles, bref, c’était leur ami.

Et pourtant, Poire enviait un peu Melon. Il ne comprenait pas. Il avait beau être gentil, serviable, agréable et tout, il restait désespérément célibataire.

Melon, lui, avait plein de copines, alors qu’il ne faisait rien comme il fallait. Il s’occupait avant tout de lui-même. Prenons Cerise, par exemple. Cerise, c’était l’ex de Melon. Quand ils étaient ensemble, elle l’appelait tard dans la nuit, et Melon l’envoyait chier, parce que c’était pas des heures pour appeler. Après, elle l’appelait dans la journée, et il l’envoyait chier encore, parce qu’il était occupé, soi-disant. Il ne voulait même pas lui dire ce qu’il faisait. Ensuite, il rentrait tard et oubliait de lui téléphoner parce qu’il préférait être avec ses amis plutôt qu’avec elle. Puis, un jour, il l’avait trompée avec Pastèque, et Cerise avait eu le coeur brisé. Elle avait foncé chez Poire. Poire l’avait écoutée, l’avait consolée. Il lui avait dit ce qu’il pensait de Melon. Mais il faut croire que les filles aiment les salauds: Deux semaines plus tard, Cerise retournait se jeter dans les bras de Melon, et Poire restait seul. Seul et triste.

Poire ne comprenait pas pourquoi les filles aiment les salauds. Lui, c’était un mec bien, jamais il n’aurait trompé Cerise. Elle ne se rendaient pas compte de qui il était vraiment, ou peut-être aimaient-elles souffrir? N’importe comment, Poire était toujours seul, et devenait de plus en plus aigri au fil du temps. Allaient-elles enfin le remarquer? Allaient-elles enfin voir l’évidence, comprendre qu’il était un mec bien, qu’il avait tout à leur apporter? Tomberaient-elles enfin dans ses bras, émues par tant de gentillesse et d’attention?

Non, toujours pas. Poire finit par se dire que les filles aiment les salauds. Lui, il est trop gentil, c’est clair. Il se fait avoir, encore et encore. Tant de gentillesse, et elles en profitent, les garces… Mais pourtant, il continue d’être gentil. Il est comme ça, Poire, il a du coeur, il est toujours là pour les autres, et il continue d’espérer qu’un jour, sa gentillesse légendaire portera ses fruits.

Toutes des salopes,

Ou le mythe du mec trop gentil

Je vous laisse deviner la suite de l’histoire. Est-ce que Cerise est venue vivre une jolie vie fruitée à deux avec Poire? Probablement pas.

Alors, est-ce que les mecs sont trop gentils? Les filles aiment-elles les salauds? Sont-elles masochistes? Poire n’a-t-il simplement pas assez confiance en lui? Sa gentillesse est-elle une forme de soumission?

Question métaphysique numéro un: peut-on être trop gentil?

Mais au fait, qu’est-ce la gentillesse? Est-ce que la gentillesse n’est pas un comportement désintéressé?

Cette histoire, vous la connaissez surement. C’est un grand classique de la vraie vie; Des mecs comme Poire, il y en a plein, à croire que ça pousse aussi sur les arbres, et en toute saison. Y en a plein la vraie vie, et surtout, y en a plein Internet. Et ils se plaignent, continuellement. Ils se plaignent d’être trop gentils et de n’avoir aucune reconnaissance. Leur gentillesse, au final, ne leur rapporte rien.

Mais est-ce que la gentillesse, c’est fait pour rapporter quelque chose? Etre gentil, c’est donner, et non pas échanger. Echanger, c’est du commerce. Bien sur, quand on est gentil, on s’attend à une reconnaissance, quelque part, c’est normal. Mais ce n’est pas pour ça qu’on est gentil. On est gentil parce qu’on aime faire plaisir aux autres. Si Poire aime faire plaisir aux autres, pourquoi l’entend-on sans arrêt se plaindre que ça ne lui rapporte rien?

Poire se vante d’aimer les filles, de les respecter, mais il passe son temps à se plaindre d’elles, et se voit comme une éternelle victime de la gente féminine. Y aurait pas comme un paradoxe?

Poire est-il vraiment gentil, ou agit-il dans un but? Et quel but?

Question métaphysique numéro deux: Pourquoi Poire est-il gentil?

Que veut Poire? Veut-il seulement consoler la pauvre Cerise, malheureuse amoureuse éconduite par Melon? Qu’espère-t-il?

Ce n’est un secret pour personne, Poire espère plus ou moins se farcir Cerise. Ou alors, être heureux avec elle et avoir beaucoup d’enfants. Il ne le lui dit pas, il aurait bien trop peur de se prendre un râteau. Il fait donc tout ce qui est nécessaire pour la garder près de lui, et espère qu’elle viendra de lui-même vers lui quand il aura suffisamment donné de sa personne.

Mais alors, pourquoi ça ne marche pas?

La question serait plutôt: comment peut-il espérer que cela marche?

En ce moment, je suis chez un Couchsurfeur. Il est vraiment très gentil: d’abord, il me laisse pioncer chez lui. Il m’offre du café, il me fait visiter sa ville, et il est même passé me chercher en voiture quand je suis arrivée (en stop). Est-ce que vous pensez que je vais coucher avec lui pour le remercier de tant de gentillesse? Hé bien non, cela ne fait pas partie du programme. Ce que je compte faire c’est le remercier en lui disant merci et éventuellement en lui laissant une appréciation sympathique sur Couchsurfing.org, voire lui envoyer une carte postale depuis ma prochaine destination.

Ce qui est amusant, c’est que certains mecs sont persuadés que Poire est un pur produit du féminisme: toujours gentil avec les filles, ne les blesse jamais… En réalité, Poire est un pur produit du patriarcat. Il ne comprend pas pourquoi il n’obtient pas sa récompense alors qu’il fait tout comme il faut, pense-t-il. Il finit par déduire que les filles n’aiment pas la gentillesse, puisqu’il est gentil et qu’elles ne couchent pas avec lui pour autant.

Les filles aiment la gentillesse, puisqu’une fois le coeur brisé, elles viennent se faire consoler par le pauvre Poire. Elles le fréquentent parce qu’il est serviable et gentil. Par contre, elles ne couchent pas avec lui. Tout simplement parce que trouver quelqu’un gentil n’est pas une raison valable de coucher avec.

Poire est un pur produit du patriarcat parce qu’il s’imagine que les filles couchent pour remercier, pour faire plaisir, en échange de quelque chose. Ca ne lui vient pas à l’esprit que les filles ont des relations sexuelles tout simplement quand elles sont attirées sexuellement par quelqu’un. Il s’imagine, d’une certaine façon, qu’une récompenser sexuelle et/ou affective lui est due en échange de tous ses bons et loyaux services.

Poire ne voit pas les filles comme des personnes qui ont leurs préférences, leurs choix, leur libido, leur libre-arbitre. Poire pense que les filles couchent avec toi de façon automatique quand tu remplis un certain nombre de conditions. Tu butes le dragon, hop, tu te tapes la princesse. C’est comme dans les jeux vidéos.

Le mythe du mec trop gentil, c’est aussi le mythe du héros pourfendeur de dragons, du sauveur, du prince qui à la fin se tape la princesse.

Mais au fait, elles couchent bien avec Melon, les filles, et pourtant c’est un salaud! Alors?

Melon est-il vraiment un salaud? Peut-être.

N’empêche que, quand on sort avec quelqu’un, on court toujours le risque de le décevoir, de le blesser, de le faire pleurer. Poire ne brise le cœur de personne, et ne s’imagine pas en train de le faire. Mais peut-être qu’il briserait des cœurs si toutes les filles lui couraient après. Surement, même.

Poire se donne le bon rôle, celui du gentil. C’est donc Melon le méchant, il ne respecte pas les filles, il les fait pleurer. Bien sur, le monde est plein de Melons, et certains sont un peu, voire carrément machos, et ce ne sont pas tous des anges. Certains sont peut-être effectivement des salauds. Mais qui est le plus macho? Pour Poire, le simple fait de sortir avec une fille, c’est déjà être un salaud, puisque quand on s’investit dans une relation affective, on court le risque de faire souffrir l’autre personne. D’ailleurs, Poire ne remet jamais en question le comportement de ses amies, il ne se dit jamais qu’elles aussi font parfois souffrir des mecs, ou qu’elles ont tendance à s’investir dans des relations qui les font souffrir sans savoir ou oser mettre les limites. Sans vouloir dire que tout est de leur faute, une relation ça se fait à deux. Tout ce qu’il voit, Poire, ce sont de pauvres victimes, et un vilain méchant. Ne peut-on pas y voir son aveuglement par rapport au libre-arbitre des femmes? Ne considère-t-il pas les femmes comme des objets passifs qui subissent tristement leur sort, et qui donc n’y sont jamais pour rien dans ce qui leur arrive? La seule personne impliquée dans les brisages de cœur, c’est Melon, puisque c’est un homme.

Il y a aussi son manque d’expérience. Son idée des relations homme-femme, c’est un mélange de projection, d’idéalisation, et de tout ce qui lui a été transmis par d’autres (surtout par la culture: cinéma, livres, jeux vidéos, etc). C’est donc une idée fausse, totalement fantasmée, des relations amoureuses. Il les idéalise, en pensant qu’être à deux c’est forcément mieux que d’être seul. Il ignore lamentablement qu’il serait peut-être amené à se comporter exactement comme le vilain Melon sans cœur s’il était dans la même situation, avec plusieurs filles qui le considèrent comme un partenaire sexuel potentiel, avec une vie qui ne tourne pas forcément autour d’elles. Il s’imagine qu’il serait un petit copain et un époux parfait, sans avoir suffisamment expérimenté les rapports amoureux pour savoir que ce n’est pas si simple que ça, la vie à deux. Surtout, il a une telle distance par rapport aux filles, qui, dans son regard, ne sont pas des êtres humains comme lui mais avant tout des filles, qu’il n’arrive pas à avoir des rapports humains normaux avec elles. Certains Poire poussent l’angélisme machiste jusqu’à ne pas oser le moindre geste sexuel parce que, dans leur esprit, coucher avec une fille c’est lui manquer de respect, la salir.

« Si c’est comme ça, moi aussi je vais devenir un Salaud ! »

Un jour, Poire pourrait décider de devenir un salaud lui aussi. Il s’inscrirait sur FrenchTouchSeduction ou un autre forum à la con dans lequel des mecs comme lui remettent en question suffisamment de choses pour avoir l’illusion de créer une différence, mais pas assez en réalité pour sortir de l’impasse. Les players n’ont aucun doute sur le fait que, pour obtenir une fille, il faut faire comme-ci et comme-ça, comme dans les jeux vidéos en somme: la fille, c’est la récompense, si tu fais bien tout comme il faut, tu coucheras avec elle. Sur internet, tu trouves des manuels de drague écrits par des mecs dont je n’aimerais pas être le psy, et qui t’expliquent par a+b et avec des théories compliquées comment chopper de la gonzesse, si être gentil ne marche pas.

Les players ne voient toujours pas les filles comme des humains normaux dotés d’un libre-arbitre et d’une personnalité. Pas plus que Poire. Le seul désaccord, c’est sur la marche à suivre pour obtenir le bisou-récompense (ou plus). Le player est une sorte de Poire en pire: il fait exactement tout comme avant, mais au lieu d’être « gentil », il balance des piques, ou utilise la PNL (moyen pratique d’arriver plus ou moins à un résultat sans cesser de considérer les femmes comme des sortes de marionnettes). Il n’y a pas une grande différence, puisque sa prétendue gentillesse n’était en fait qu’un moyen pour obtenir quelque chose. La PNL en est un autre, ainsi que tous les manuels de drague qu’on trouve à droite et à gauche.

En apparence, le Player est plus misogyne que le Poire de base. En apparence seulement. Le mépris des femmes est plus ou moins assumé chez l’un, dissimulé chez l’autre derrière une constante victimisation. Les deux se victimisent de toutes façons: tandis que Poire se voit comme une perpétuelle victime de l’inconstance féminine, Player justifie son mépris et sa méchanceté pour les femmes par une sorte de vengeance à leur encontre pour tout le mal qu’elles lui ont fait. Evidemment, ça ne l’aide pas à avoir des relations harmonieuses et épanouies avec les femmes, mais il y a quelques autres idées que le patriarcat a bien enfoncées dans la tête du player: par exemple, celle que pour être heureux, un homme doit coucher avec un maximum de femmes. Il se persuade donc que s’il n’est pas heureux, c’est parce que son tableau de chasse n’est pas assez pourvu, et que le bonheur viendra avec le nombre ou la qualité de ses partenaires sexuelles.

Il est extrêmement difficile de remettre en question les normes de genres qui sont martelées dès l’enfance. Pour tout le monde, mais en particulier pour ceux qui se piquent de faire partie du genre dominant.

Le plus triste? Poire ignore la vraie gentillesse. Celle qui se donne sans compter, celle qu’on ne regrette pas sous prétexte de n’avoir rien obtenu en échange. La misère sexuelle, c’est triste, la misère humaine, encore plus. Pauvre Poire.

 

LIRE AUSSI:
L’avocat des Poires
Cerise et melon: lâchez-leur la grappe
Poire le Nice-guy, portrait-robot

sur http://lesquestionscomposent.fr

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:36
J'aurais voulu lire King Kong Théorie quand j'avais entre 14 et 16 ans, mais je l'ai lu qu'à 36 piges. Dommage pour moi, je crois que ça aurait pu changer complètement ma vie. Je ne regrette rien, hin, mais j'ai l'impression parfois de me réveiller tardivement, et d'avoir raté quelques trucs importants.
Je suis devenue féministe sur le tard. Je l'étais déjà, mais je refusais de me désigner comme telle. Sans arriver à dire pourquoi. C'est quelque chose que j'ai fini par formuler y'a peu, et j'ai retrouvé ça chez Despentes, qui le dit, elle, très bien dans KKT : je ne me considérais pas comme une femme, donc le féminisme ne me concernait pas. Je ne me considérais pas comme une femme, parce que je rejette tous les attributs féminins, la coquetterie, la soumission, l'apparence, les cheveux longs, la docilité, la gentillesse, le sourire. Mais je n'avais pas compris que ces attributs ne sont pas typiquement féminins, mais qu'on considère que toutes celles qui ne possèdent pas ces choses sont des ratées de la féminité. J'ai toujours joué avec mon apparence, j'adorais les fringues loufoques, les cheveux colorés, les grosses godasses, quand j'étais aux beaux arts j'ai pu laisser libre court, libérée de la contrainte sociale, à mes envies les plus extravagantes, j'étais dans un espace safe, je faisais les beaux arts et après tout c'était bien normal. Merde je sais plus où je venais en venir, là.
Ha oui. Et une fois sortie de l'école, je me suis frottée à la "vraie société". J'en avais eu des aperçus, hin, mais le vivre 24h/24 et 365j/an, c'est autre chose, radicalement différente : t'es plus dans un espace protégé, t'es lâchée comme ça dans un monde que tu n'as pas encore bien saisi mais que tu trouves déjà profondément dégueulasse, et déjà la question du travail se pose. Et avec le travail, la question de ton image. Je savais bien sûr qu'il fallait tricher, pour trouver un appart, déjà : se couvrir les  bras si t'es tatouée, avoir des vrais cheveux naturels pas colorés, et long ou pas rasés du moins, mettre une jupe et des chaussures "normales", jouer à la bonne fille le temps de signer le bail :  sourire, jouer de son charme, sourire, être enjouée, sourire, être discrète, sourire, sentir bon et sourire. Dans ces cas là je change jusqu'à ma voix et ma façon de parler. La grande mascarade de la normalité, quoi.
C'est à ce moment là aussi que j'ai décidé de faire du dessin ma vie, mon gagne-pain. J'avais fait quelques tentatives molles de recherche d'emploi, j'ai du appeler un seul employeur, mais la façon absolument dégueulasse qu'on avait d'exiger une bagnole (EN VILLE) de ses futurs employés -alors que je me déplaçais tout le temps à pied ou en transports en commun- me débectait. Le ton, surtout, méprisant, hautain, j'étais fière et le suis encore, j'ai envoyé chier mon interlocuteur, et ça a été ma dernière -ou presque- tentative de normalisation. Je cherchais pas vraiment un boulot, j'étais bien au RMI, mais bon, je m'étais rentré dans le crâne qu'il faut bien travailler. Je rechignais beaucoup beaucoup. Le travail a toujours été quelque chose de choquant à mes yeux. La soumission dans toute sa splendeur. Déjà aux beaux arts, je travaillais sur la paresse, la procrastination, j'avais même abordé la question de la prostitution (et m'étais faite engueulée comme une merde par un des profs), pour moi, l'art comme le travail, était une forme de prostitution (et dans un sens, je le crois toujours), sauf que tu n'as même pas le loisir d'être libre, macquée à un patron, à un galeriste, à ta cote, à toujours un putain de supérieur hiérarchique. Je refusais de chacune de mes cellules l'idée d'avoir quelqu'un à qui rendre des comptes, pourtant je n'ai jamais fait que ça, rendre des comptes. Mais j'y reviendrais, peut être.
Et toute cette révolte, je me suis vite rendue compte qu'elle était pas perçue comme féminine. Alors j'ai choisi un pseudonyme neutre. Du coup on me prenait toujours pour un mec, et je crois vraiment que ça m'a aidée. C'est ce que dit Despentes : je m'en suis sortie parce que j'étais virile, je me comportais comme un mec, du moins c'était perçu comme tel. Despentes a choisi la prostitution à un moment, et pour les mêmes raisons j'ai choisi le dessin : pas de comptes à rendre, à personne, la liberté (cf aussi libérez de féminismede Morgane Merteuil).
Mon pseudo neutre au début m'a permis, je pense, de gueuler où il fallait gueuler sans me faire trop rabrouer. Sauf que le dessin, la BD, l'illustration, est un petit milieu, et le fait que j'étais une femme a vite fait le tour, et j'ai perçu un changement de comportement, presque imperceptiblement. Ça n'a évidemment fait qu'appuyer mon intuition que mon comportement ne "cadrait" pas avec mon sexe, et les raisons de mon choix de pseudo. D'un coup, quand je gueulais pour un truc qui me semblait anormal dans mon boulot (et ça arrive tous les jours), je devenais hystérique, ou un truc dans le genre, là où on aurait dit d'un mec qu'il "en a", et qu'il sait défendre son travail. Vite, j'ai eu une réputation de chieuse. J'ai découvert, à mes premières publications, ce que décrit Despentes quandBaise moi est sorti : on ne peut parler d'une femme sans parler de son physique, de son comportement, de comment-ça-cadre-pas. J'étais punk dans l'âme, sans pour autant en avoir le look, mais je refusais qu'on me le rappelle à longueur d'article, allant jusqu'à dire que je puais et que j'étais pas fréquentable (de la part de gratte papier qui ne m'avait jamais rencontrée). Je refusais qu'on me le rappelle non pas parce que c'était faux, puisque ça l'était pas, mais parce que on le disait uniquement à cause de ma "non-féminité", sans piger complètement pourquoi ça me mettait tellement en colère. À un moindre niveau, évidemment  je n'étais ni passée par le viol, je ne m'étais pas prostituée et mes publications n'étaient pas "sulfureuses", j'imagine donc comment Despentes a du recevoir tout ça, la colère qu'elle a du ressentir : ce que j'ai ressenti, puissance 100000.
Mais mon travail n'avait rien de féminin, tout comme moi, et c'est ce qui apparemment posait des tas de questions aux lecteurs, aux magazines qui parlaient de mon travail, à partir du moment où on a su que j'étais de ce sexe, CE sexe. Le travail lui même devenait secondaire, et c'est ce que j'avais cherché à éviter en prenant mon pseudo : qu'on ne lise pas mon boulot comme un boulot de femme, mais comme un boulot tout court, j'avais lu des tas de chroniques affreuses sur le travail de Julie Doucet, comme d'autres auteures, qui résumaient ses BD au fait qu'elle parle de ses règles. La forme, le choix de  cadrage, le dessin, le fait que l'autobiographie est un choix aussi, tout ça était passé à la trappe : c'était une femme, et il fallait la lire comme ça : débarrassée du choix, de la réflexion, de la recherche.
À ce moment là, je refusais toujours de me considérer comme féministe. Je croyais que je n'étais pas représentative de mon sexe et qu'à aucun moment je ne pouvais parler en tant que femme, puisque je répugnais à m'identifier à cette chose rose, frivole, gentille et douce. Jusqu'à y'a assez peu de temps en fait. 
Je pensais qu'il n'y avait qu'un féminisme, et j'imaginais des vieilles pas fun, je ne m'y reconnaissais pas, je croyais qu'il n'y avait plus de combats à mener puisque moi je m'en sortais et que les femmes dociles et opprimées n'avaient qu'à faire pareil (haha). Je n'avais pas relié mes difficultés dans mon boulot au sexisme, je refusais d'y voir du sexisme. Et puis en voyant des mecs qui l'ouvraient autant que moi se faire traiter avec respect, j'ai commencé à me poser des questions. Je ne me considérais pas comme une femme, mais j'en étais une malgré tout, et on cherchait à me renvoyer à mon rôle de femelle docile. Punk ou pas, ça ne changeait pas du tout cette donnée, on me traitait juste un peu plus familièrement (et c'était très déplacé) qu'une femme "conforme".
Depuis que j'ai commencé le dessin, et quand ça s'est su que j'en étais, de ce sexe,  j'ai eu pléthore de propositions d'expos, de zines, de tout et n'importe quoi "spécial femmes" ou non-mixtes, que ce soit militant ou au contraire très sexiste et ça me rendait dingue de n'être contactée que parce que j'avais un vagin et des nichons. J'ai accepté un ou deux trucs non-mixtes au début et j'ai envoyé chier tous les autres, je voulais pas qu'on me cantonne à un ghetto, même avec de bonnes raisons (et je trouvais ça débile de réclamer l'égalité en nous regroupant entre nous).
J'ai illustré pendant deux ans les chroniques de Mademoiselle dans CQFD. Au début, quand CQFD m'a dit ça, j'ai râlé : "ha naaan putain je suis sûre qu'ils me demandent ça parce que je suis une meuf, bordel de merde".  Mais j'ai accepté, déjà parce que je voulais absolument travailler pour ce journal, et parce que les premiers textes de Mademoiselle qu'on m'a envoyés me parlaient. Et là j'ai commencé à réfléchir, ENFIN, concrètement, à ce que c'était le féminisme. Sans plus m'y pencher non plus au début, je lisais les textes de mademoiselle, mais je voyais bien qu'elle faisait référence à d'autres textes, d'autres femmes, d'autres combats. Que le féminisme n'était pas une seule masse, uniforme, mais qu'il y avait autant de féminismes que de femmes. Les chroniques Mademoiselle me parlaient, parce que ses textes sont bruts, je sentais sa colère, je la reconnaissais, elle ne faisait pas de périphrase, ne parlait pas théorie, mais parlait avec ses putains de tripes.
J'ai rencontré virtuellement mon alter ego, Clarisse Clirstrim, sur ma fanpage FB. Tout ce qu'elle disait, je le trouvais très juste, et sa façon de le dire c'était mon langage. Et on est devenues amies on a discuté de boulot, de ressentis, et je prenais conscience que bah oui quoi, je suis féministe, pourquoi donc le nier comme ça... Parce que je me sentais pas femme ?
J'ai été une effroyable misogyne, je méprisais les femmes qui adoptaient les attributs féminins avec docilité, qui se maquillaient, qui prenaient soin d'elles, je ne les voyais que comme des carpettes, je ne les voyais qu'avec des yeux de mâle. Je préférais la compagnie des hommes à celle des femmes, partageant avec eux des blagues sexistes et affreuses, riant et buvant comme eux, partageant avec eux la complicité virile, partageant quelques fois leur lit, dans le dos de leur régulière.
J'étais un bon pote avec qui on couche des fois. Plus d'une fois, je suis tombée amoureuse comme ça, à croire que cette complicité était le meilleur socle pour une vraie histoire, et plus d'une fois on m'a fait remarquer qu'on ne tombait pas amoureux d'un copain, même si on avait couché avec. En plus du fait d'avoir été considérée comme un garage à bite à défaut de vraie femme (*), de s'être sentie utilisée, une chose m'a frappée : on me disait qu'on ne pouvait pas tomber amoureux de quelqu'un qu'on considère comme son égal. La douche froide.
Sauf qu'à bien y penser, je n'étais pas pour autant leur égal. Si je partageais avec eux bien des trucs, j'étais assez gênante quand ils se mettaient en chasse et je devais disparaitre, ou si j'étais là, on me désignait comme "le bon pote, t'inquiètes pas pour ça". Ni un homme, ni une femme, quoi. L'humiliation d'être traitée comme un truc neutre m'a fait souvent mal sur le coup, je comprenais pas qu'on me rejette pour ce que j'étais, mais je m'en remettais vite. Et à force j'ai compris qu'être perçue comme un égal parce que je jouais le jeu de la domination, que je riais aux blagues sexistes, que je trouvais normal de faire du slut-shaming avec des copains, que je trouvais même normal d'être traitée comme de la merde quand j'éprouvais quelque chose pour eux parce que c'était une trahison, tout ça, c'était jouer contre moi. 
Forcément à me comporter comme ça, une fois qu'on a su que j'étais une femme dans ce milieu, je pouvais être que lesbienne. Ça aussi, ça a aidé à ma réflexion. J'étais en colère à chaque fois qu'on me soupçonnait d'être goudou. Non pas qu'on croit que je puisse être lesbienne me posait le moindre souci, mais les raisons pour lesquelles on le croyait me rendaient dingue. Encore une fois, c'était vouloir me remettre à ma place, une vraie femme, une femme hétéro ne peut pas se teindre les cheveux, ne peut jurer comme un charretier, ne peut boire de pintes de bière, ne peut décider de se passer de chef. Me soupçonner "d'en être" est de loin le plus sexiste qu'on m'ait jamais dit, et c'est aussi comme ça que j'ai pris conscience de l'homophobie, et de la lesbophobie plus particulièrement, de ce qu'elle est, concrètement. Toute inégalité me rend folle de rage, et tout ce qu'on m'a renvoyé me faisait comprendre ma place. En dessous, servile.
Je crois aussi que m'intéresser à l'anarchisme de plus près, d'avoir mis le mot sur ce que je ressentais depuis longtemps de façon confuse, m'a naturellement conduite à réfléchir à tout ça. On ne peut penser une domination (dans le travail, en ce qui me concerne) en l'isolant des autres : le patriarcat sert le capitalisme, au même titre que le racisme, ou n'importe quel autre rapport de domination. Réfléchir au capitalisme sans considérer le sexisme ou le racisme, ou n'importe quoi d'autre, était vain. C'était le rapport de domination lui même qu'il fallait détruire. C'est ça, l'anarchisme.
Depuis, j'ai foutu les pieds sur twitter, j'ai commencé à suivre des nanas qui parlaient ce langage, qui mettait de mots sur des trucs que je ressentais confusément, j'ai lu des blogs qui parlent de genre, de féminismes, j'ai suivi des femmes qui se posaient les mêmes questions que moi, des femmes aussi en colère que Clarisse, Mademoiselle ou moi (mais aussi des hommes, comme par ex Denis Colombi, hin). J'étais pas toujours d'accord, mais ça me faisait réfléchir à pourquoi j'étais pas d'accord. J'ai compris que le rôle qu'on veut m'assigner c'est mon sexe qui le dicte, mais que je peux très bien être une femme à part entière sans adopter la panoplie. Je suis ce que je décide d'être.
Ça a été une révélation, de savoir que j'avais le droit de m'habiller, me coiffer, parler comme je le faisais,  travailler comme je le veux sans pour autant renier mon sexe, j'ai le droit d'être ce que je suis et de l'être en tant que femme si ça me chante. C'est pour ça que j'aurais voulu lire King Kong Théorie quand j'étais encore adolescente.
NB : et depuis, la relecture de ma vie, que je croyais exempte de tout sexisme, m'apprend beaucoup sur la sournoiserie de celui ci. Je me rends compte que mes actes, que je croyais dictés par mon unique volonté,  se sont avérés être pour beaucoup en réaction au sexisme, ou dictés par celui ci, la crainte, la peur, choses que je refiusais d'admettre me croyant beaucoup plus forte que ça. Mais ça touche des domaines plus intimes, je ne me sens pas encore d'en parler, n'ayant pas encore complètement fait le tour.

(*) je n'ai absolument rien contre les relations uniquement sexuelles consenties entre deux personnes qui savent de quoi il retourne précisément, là je parle de relation sexuelle ET amicale, de complicité,  qui pouvait laisser croire qu'il s'agissait d'autre chose. Le "friendzonage" (je ne reconnais pas cette appellation : je ne range pas les gens que je rencontre dans des cases en fonction de leur "baisabilité") chez les femmes n'est pas exactement le même que chez les hommes qui ne comprennent pas pourquoi ils niquent pas, ils sont pourtant gentils (voir cette note très claire à ce propos). 
TANXXX
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:23

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:20

INTERVIEW. Il lui est interdit d'évoquer les faits pour lesquels il fut condamné à perpétuité. Rouillan, ex-Action Directe, parle de sa visite havraise controversée.

Jean-Marc Rouillan bénéficie d'un régime de liberté conditionnelle depuis le mois de mai 2012

Jean-Marc Rouillan bénéficie d'un régime de liberté conditionnelle depuis le mois de mai 2012

 

Vous ne pouvez vous exprimer sur les faits qui ont entraîné votre condamnation. Quel sera donc le sens de votre intervention au Havre, le 5 mars prochain ?
« J'ai été invité pour témoigner de l'époque qui a vu une partie de la jeunesse choisir les armes. Si je n'ai personnellement pas connu Mara Cagol, l'héroïne de la pièce d'Angela Dematté présentée au Volcan, j'ai lutté avec ses camarades et porté le même espoir de transformation sociale. De nombreux bien-pensants croient qu'il aurait été plus judicieux de faire venir un universitaire ou un sociologue bien propret pour évoquer ces luttes. Et, bien sûr, pour mieux les condamner du haut de leur notoriété académique. Les responsables du Volcan ont pensé que le temps de l'usurpation de la parole devait cesser. Et on constate qu'ils ont eu du courage. Car l'Institution défend becs et ongles l'histoire officielle. Cette histoire montée dans les officines de la contre-propagande et dans les bureaux des juges d'instruction. Ils veulent imposer le mensonge et le silence. Notre histoire appartient pourtant à celle des luttes sociales et politiques du continent européen. Et pour moi, témoigner, c'est rester fidèle à cette mémoire collective et à l'utopie. Je le ferai au Havre comme je le fais dans mes livres. »

Votre venue suscite le débat. Que vous inspire le rejet des autorités locales ?
« J'arrive de Barcelone et je découvre cette polémique. A l'époque de Franco, j'ai été condamné à mort pour mes activités de résistance : j'ai pourtant pu m'exprimer dans le prestigieux centre culturel contemporain de la ville appartenant au gouvernement catalan, sans que des nostalgiques de la dictature ne protestent. Il y a peu, je suis intervenu dans des théâtres à Bordeaux et à Saint-Etienne, ainsi qu'à la Cave Poésie de Toulouse sans qu'aucune controverse ne vienne troubler ces soirées… Difficile alors de comprendre quelle mouche a piqué le maire et le sous-préfet du Havre*. A moins que, voyant poindre les foudres d'une nouvelle révolte, la panique gagne l'Institution. Ils ne veulent pas tourner la page des « années de plomb », comme ils disent. Ça tombe bien, car nous non plus. L'espérance demeure dans chaque lutte des plus exploités et des opprimés. »

Vous avez retrouvé une partie de votre liberté. Outre votre activité d'écrivain, quel est le quotidien de Jean-Marc Rouillan ?
« Je vis non loin de Marseille avec ma compagne Marie-Claire Cordat, une artiste actionniste et peintre. Avec elle, nous tentons de lier le plus étroitement possible culture et politique. Nous sommes convaincus qu'elles sont indissociables mais surtout qu'elles se régénèrent dans leurs contradictions. La politique révolutionnaire peut sauver la culture de son apathie réactionnaire. Et la culture est capable de débrider les carcans idéologiques des modèles, du plus radical au plus réformiste. Si je ne peux avoir la même pratique que par le passé, je demeure un militant anticapitaliste. Je distribue des tracts devant des usines, sur les marchés. Je colle des affiches, je participe aux rassemblements. Le plus souvent possible, car la littérature est une maîtresse exigeante, elle me tient enchaînée à mon bureau. »

L'aggravation de la crise économique, et notamment celle du capitalisme, a-t-elle renforcé votre détermination ?
« La société a besoin d'une véritable révolution. Les exploités et les opprimés étouffent dans les usines et les quartiers populaires, la précarité gagne du terrain. La réaction, le fascisme et le racisme ont pignon sur rue. Le néolibéralisme est l'expression du rapport de force dictatorial en faveur des patrons, et plus généralement de la bourgeoisie. Les opprimés commencent à en avoir marre. Leur refus est le véritable moteur de l'histoire. En fait, tout dépend d'eux. Soit ils acceptent leur exploitation, soit ils se posent dans les luttes la question concrète de la transformation sociale.

La crise économique et financière du système entraîne une crise idéologique des rapports de pouvoir. Des questionnements ressurgissent. La classe prolétarienne du travail et du non-travail, cette classe qu'hier il était à la mode de nier, jusqu'à son existence, avance vers le devant de la scène… Et il est clair que je ne peux que m'en réjouir, mais aussi m'inquiéter du manque de préparation de l'extrême gauche. »

* Le sous-préfet du Havre Pierre Ory a déploré une initiative non débattue au sein du Volcan, où l'Etat siège au conseil d'administration. En raison du passé terroriste de Jean-Marc Rouillan, « l'Etat ne saurait ni cautionner, ni financer sa venue », indique Pierre Ory. Le député-maire du Havre Edouard Philippe a exprimé quant à lui tout son « mépris » à l'égard de l'ancien membre d'Action Directe, « un assassin, un terroriste qui a tué de sang-froid deux serviteurs de l'Etat ».

 

propos recueillis par thomas dubois

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:09


http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/Omar-Aziz.jpgMort en détention de Omar Aziz, père des comités locaux de la révolution syrienne

Omar Aziz, célèbre activiste pacifiste syrien de 64 ans, est mort en détention le 16 février 2013, a-t-on appris quelques jours plus tard par l’intermédiaire de sa famille.

Il est décédé à l’hôpital militaire de Harasta, dans la banlieue de Damas, des suites d’une longue captivité au centre de détention des services de renseignement de l’armée de l’air, à Mazzé, où il était détenu depuis son arrestation le 20 novembre 2012 dans une cellule de 16 mètres carrés avec 85 autres personnes.

Omar Aziz souffrait d’hypertension et avait perdu, selon ses proches, plus de 15 kilos. Peu avant sa mort, il a été transféré à la prison centrale d’Adra. Sa famille n’a jamais été informée de son état, ni même de son décès. Ce sont d’autres détenus qui lui ont fait parvenir la nouvelle.

Économiste de formation (à l’université de Grenoble) et versé dans les nouvelles technologies, Omar Aziz avait quitté l’Arabie saoudite, où il vivait, peu après le début de la révolution syrienne, en mars 2011. Il est l’un des architectes des comités locaux de coordination, qui ont grandement contribué à entretenir la révolte, lui donner des mots d’ordre et ont veillé le plus longtemps possible à ce que la lutte reste pacifique et non-confessionnelle.

“MIEUX QUE LA COMMUNE DE PARIS”

Il a fondé le premier comité local dans le quartier de Barzeh, une forme d’organisation “par le bas” qui a essaimé par la suite dans tout le pays. Il s’était inspiré des idées de Rosa Luxemburg sur “l’auto-gouvernement des masses”. Il avait formalisé sa vision humaniste et presque anarchiste dans un long article. “Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours”, avait-il déclaré peu avant son arrestation.

Peu connu hors de Syrie, il avait gagné le surnom affectueux d’Abou Kamel. Malgré les destructions et les combats, il parcourait inlassablement les quartiers dévastés pour y amener de l’aide humanitaire aux familles déplacées et à celles comptant un mort, un blessé ou un disparu.

Il était issu d’une grande famille de la bourgeoisie intellectuelle damascène. Sa mère, Bourane Tarazi, a été la première femme avocate en Syrie. Elle avait écrit un livre, Damas dans la tourmente, publié en 1998 à Beyrouth, sur ses années de lutte pour l’émancipation sous le mandat français puis après l’indépendance.

Omar Aziz était le genre d’hommes dont la Syrie aura absolument besoin pour se reconstruire après le conflit en cours.

Publié par un parasite qui ne se gêne pas pour piller le travail des autres sans le sourcer (Christophe Ayad, Le Monde, 26 février 2013, voir ci-dessous)

 

Omar Aziz: Rest in Power

On 17 February 2013, the Local Coordination Committees of the Syrian revolution reported that Omar Aziz, prominent Syrian intellectual, economist, and long-time anarchist dissident, died of a heart attack in the central Adra prison. Held incommunicado by the air force intelligence since 20 November 2012, the big and warm – albeit ailing – heart of Omar Aziz could not stand almost three months of detention inside the infamous dungeons of the Assad regime. The reports of his passing emerged on the second anniversary of the Hariqa market protest, when 1,500 Syrians vowed for the first time not to be humiliated in the heart of Old Damascus. Aziz leaves behind a rich, significant legacy of ground-breaking intellectual, social and political contributions as well as an unfinished revolution and a country in desperate need for people like him.

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“Freedom for Omar Aziz” in a demonstration for Palestinian prisoner Samer Issawi on Feb. 6th in Jerusalem

Omar Aziz did not wear a Vendetta mask, nor did he form black blocs. He was not obsessed with giving interviews to the press, nor did he make the headlines of mainstream media upon his arrest. He was not a son of the Facebook generation, but at the age of 63, his enthusiasm, ambition, and swashbuckling energy were matched by none of the twenty-somethings on the scene.

At a time when many activists were forced to flee, he chose to relinquish his safety in the United States and return to Syria to participate in the popular uprising that has swept through the country.

At a time when most anti-imperialists were wailing over the collapse of the Syrian state and the  “hijacking” of a revolution they never supported in the first place, Aziz and his comrades were tirelessly striving for unconditional freedom from all forms of despotism and state hegemony.

While most secular and modernist intellectuals sat on the fence and even denounced protesters for marching from mosques, Aziz and his comrades created the first local council in Barzeh, Damascus. The local councils, an idea proposed and crystallised by Aziz at the end of 2011, are voluntary, horizontal associations inspired by the writings of Rosa Luxemburg. This idea was later adopted in most liberated areas in Syria.

While most leftist Arab and Western intellectuals robotically lecture the “masses” about Foucault, Marx and Sartre atop their ivory towers in a pretentious and complex language, Aziz and his comrades in Douma, Zabadani and Harasta gave life to the dead texts and tried to practice them on the ground amidst the crackdown.

Born into a bourgeois Damascene family in al-Amara neighbourhood on 18 February 1949, Omar Aziz majored in economics at Grenoble University in France. He went on to craft a successful career in information technology in Saudi Arabia and form a stable family life. Shortly after the eruption of the popular uprising in Syria, however, he returned to Damascus and  joined the uprising as an intellectual, political and relief-work activist, adding the role of community organiser as well.

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“Abu Kamel,” as his friends liked to call him, refused to remain confined to his home and books despite his troublesome health conditions. He wrote and worked on issues concerning free local self-governance and the transition to democracy. In addition, he constantly visited battle-torn areas in the Damascus countryside, distributed aid to displaced families, documented their needs, and made sure that aid distribution was managed properly. As Syrian filmmaker and ex-political prisoner Orwa Nyrabia put it: “Abu Kamel worked like a man in his twenties.”

In Assad’s Syria, where humanity and free thinking are treated like terrorism charges, it was expected that Omar Aziz would ultimately be arrested. He was kidnapped from his home in Western Mazzeh on 20 November 2012 at 4 p.m. Reports of his death circulated a day before his 64th birthday.

There is something tragically fitting about the way Omar Aziz bowed out of this world. For a man who always chose to work behind the scenes and who never vied for credit and personal glory, his death resembled his life. It was silent and far away from the glamour, but it came early – too early.

Omar Aziz avoided using the term “The people” and instead referred to people as “humans.” His comrade Mohammad Sami al-Kayal writes: “He did not believe in ‘The people,’ that jargon coined by authority to maintain its power. He saw human beings who live, thrive, and spout their potential.” He could envision the continuation and embodiment of Espinoza, the structures of Marx, and the craziness of Foucault in the fists of Douma’s residents, the dances of Barzeh’s youth, and the gun barrels of the fighters in Harasta.  He once said: “We are no less than Paris Commune workers: they resisted for 70 days and we are still going on for a year and a half.”

Omar Aziz wrote about the importance of establishing non-hierarchal grassroots local councils that are independent from state control, and he did so long before there were liberated areas in Syria. When Aziz prepared the outline for the local councils, the uprising was still overwhelmingly peaceful, and most of the country was under the military control of the regime. At the time, he was mocked and ignored by the very people who would later adopt his idea and take credit for it.

Omar Aziz’s vision of the local council was founded on the premise that revolutions are exceptional events in which human beings live in two parallel time zones: the time of authority and the time of revolution. For the revolution to emerge victorious, it must break free from the domination of the authorities and become involved in every aspect of people’s lives, not just in demonstrations and political activism.

Aziz hoped that local councils would become an alternative for the state, but he knew that forming them in areas under tight security strongholds would be tougher. He also predicted that it would take time and effort to convince people that they can govern themselves and manage their affairs independently from the state and its bureaucracy. Aziz believed that the councils should work to provide people with a space for collective expression, where each individual can be politically involved in decision-making. For that to work, a network of solidarity and mutual aid among local councils in different areas must be formed. In addition, providing logistical, material and psychological support for displaced persons and prisoners’ families should be the responsibility of the local councils with the financial support of Syria’s political opposition in exile.

Omar Aziz’s paper about local councils constitutes the cornerstone for independent self-governance in most areas that achieved liberation from regime control.

Omar Aziz told his friends: “If the revolution fails, my life and that of my whole generation would be devoid of meaning… all that we have dreamt of and believed in would have been mere illusion.” He passed away before seeing the triumph of the revolution and reaping the fruits of his majestic work. Syrians who are still alive owe Omar Aziz and the tens of thousands of Syrian martyrs a massive debt. It is a debt that cannot be paid with tears and moving tributes. Nothing less than fighting like hell for a free Syria would suffice.

Hassan Budour, 20 février 2013 (sur le blog Random Shelling, dont la devise est : “We are sorry for the inconvenience, but this is a revolution”)

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:07

En 2011 le réseau Résistons Ensemble lançait un appel à contribution pour réaliserdes affiches contre les crimes policiers. L’idée étant de rappeler l’histoire d’une personne « tuée entre les mains de la police », pour que ces crimes ne tombent pas dans l’oubli, pour démasquer ce système qui tue.

Voici trois nouvelles affiches en mémoire de Abou Bakari Tandia, Ali Ziri et Amine Bentounsi.

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Résistons Ensemble, 26 février 2013

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:00
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