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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:57
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Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 23 février 2013

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:55

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CQFD n° 108, février 2013

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:52

Le Tableau Noir est toujours là… Ni les volontés politiciennes ni les pressions policières n’auront raison de notre envie de continuer à créer et résister. Alors cette semaine encore, en attendant des nouvelles de la préfecture, venez participer (et bien sur proposer…) aux ateliers, aux projections, prendre le café, manger, apporter votre soutien d’une manière ou d’une autre… Samedi prochain se tiendra peut-être le dernier concert du lieu alors venez nombreux et nombreuses y’a de la place pour vous accueillir…

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RESTONS SAUVAGES

C.S.A LE TABLEAU NOIR
60-64 RUE ST SAVOUNIN MARSEILLE 13001
tableaunoir[AT]squat.net

Marseille sur Squat!net
Marseille sur Radar

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 00:02

blog greve generale espagne

Pompiers et serruriers ont rejoint cette semaine le mouvement social contre les expulsions de propriétaires surendettés en Espagne, une question très sensible dans l’opinion publique notamment après le suicide de plusieurs personnes qui ne pouvaient faire face à leurs dettes. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, 350.000 ordres d’expulsions ont été lancés par les banques dont environ la moitié ont été exécutés. Ces derniers jours, les pompiers de plusieurs régions, ainsi que l’Union des serruriers, ont refusé de répondre à des ordres de la justice qui leur demandaient d’ouvrir les portes de logements pour en expulser les occupants.

“On ruinait la vie des familles et on nous transformait en bourreaux. Cela nous mettait très mal à l’aise et nous avons décidé de ne plus participer à cela”, a expliqué le président de l’Union des serruriers. Mardi passé, dans la ville de La Corogne en Galice, face au refus d’un serrurier, la police a fait appel aux pompiers pour ouvrir la porte de l’appartement d’une femme de 85 ans qui n’avait pas payé son loyer. Mais les pompiers, arrivés sur les lieux accompagnés de dizaines de militants anti-expulsions, ont à leur tour refusé d’ouvrir la porte et quelques-uns se sont mêlés aux manifestants.

Secours Rouge – APAPC

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:18

Révolutionnaires nous aspirons à une société garantissant l’épanouissement de toutes et tous. La satisfaction de nos besoins fondamentaux étant indispensable à cet objectif nous nous devons d’évaluer ce qu’il en est en l’état de la société capitaliste, ainsi que les luttes à porter pour augmenter le rapport de force en notre faveur et favoriser l’émergence du communisme libertaire.

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On a faim !

Les médias bourgeois s’émerveillent régulièrement des progrès toujours plus grands que nous offre à voir la société capitaliste. Pourtant, l’économie capitaliste, soit-disant source de progrès par le développement des forces productives qu’elle engendre, laisse encore aujourd’hui 870 millions de personnes en situation de sous-alimentation chronique soit 12 % de la population mondiale.

Bien que nous n’ayons plus connu de situation de sous-alimentation de masse depuis la seconde guerre mondiale dans les pays occidentaux, l’alimentation reste une préoccupation majeure pour beaucoup d’entre nous. Pour 78 % des Français·e·s, le prix reste le premier critère d’achat [Sondage TNS Soffres pour l'Ania 2008] d’un produit alimentaire malgré des préoccupations fortes sur la qualité sanitaire des produits notamment avec les crises sanitaires régulières. L’alimentation représente le premier poste de dépense, soit plus de 20 % du budget des familles des classes populaires. Ce n’est pas pour s’acheter du caviar puisque 80 % de notre budget alimentaire est utilisé pour acheter des produits de base [Insee, 2006].

En France, pays comprenant de nombreux·euses riches, plus de la moitié des pauvres — c’est-à-dire vivant avec moins de 900 euros par mois — ont une alimentation gravement déséquilibrée [Programme National Nutrition Santé : la situation nutritionnelle en France en 2007]. En effet une calorie de chips coûte 5 fois moins cher qu’une calorie de fruit (pourtant bas de gamme). Quand le budget est serré, le choix est vite fait.

On produit ce qu’il faut !

Aujourd’hui, nous sommes 7 milliards de personnes à vivre ce qui correspond à un besoin alimentaire global de 12 × 10 exposant 15 calories [Calculé avec un besoin calorique journalier de 2703 cal pour un homme et de 2010 cal pour une femme, source]. Or lorsque l’on agglomère la production mondiale des 20 produits agricoles principaux, on voit que les travailleur·euse·s de la terre produisent annuellement 14 × 10 exposant 15 calories [Chiffre obtenu avec les volumes de production mondiale donné par la FAO pour l'année 2010 et la valeur calorique des aliments donné par le site les-calories.com]. Lorsque l’on détaille avec les besoins en protéines, lipides, glucides et vitamines, on arrive à la même conclusion : les travailleur·euse·s du monde produisent en quantité et en diversité de quoi satisfaire les besoins de l’humanité.

A contrario des propagandistes du Capital, nous affirmons que loin d’assurer le progrès, l’économie capitaliste conduit à un état de fait absurde, nous produisons un surplus alimentaire et plus de 10 % de la population mondiale a faim !

Le pain, une spéculation refuge pour le Capital

Si du côté des travailleur·euse·s de la terre, la vie n’est pas rose [Lire IAL n° 90, La condition misérable de l'agriculture], il n’en va pas de même pour les magnats de l’agroalimentaire et les latifundaires.

Jusqu’en 2008, les secteurs économiques privilégiés pour la spéculation étaient le BTP (bâtiment-travaux publics) et les nouvelles technologies. L’éclatement de la bulle financière en 2008 a réorienté une partie des investissements capitalistes vers des secteurs dits refuges comme la production agricole. En effet, l’alimentation correspond à un besoin fondamental que nous sommes prêts à acheter à n’importe quel prix. Quels que soient les aléas économiques, la demande va rester à peu près stable assurant des bénéfices tout aussi stables au boursicoteur ou à la boursicotrice qui achète du blé.

Témoin symbolique de l’accentuation de la pression du capital sur le secteur alimentaire, on a vu apparaître des entreprises d’investissement en vaches laitières avec des garanties de dividendes à 5 % du capital et une relation avec les éleveurs de type métayage puisque ce sont les investisseurs qui décident du devenir des veaux de « leurs » vaches. Plus connu, l’État chinois réalise de vastes achats de terres agricoles comme ressource majeure [L’État chinois et les capitalistes chinois achète principalement en Asie du sud-est et sur le continent africain] dans l’échiquier politico-économique mondial à l’instar du pétrole.

Comme la demande est stable, une faible variation de l’offre engendre une forte variation des prix. Comme pour les logements locatifs [2 millions de logements seraient vides pour maintenir un prix élevé des loyers, voir les nombreux articles dans les IAL précédents à ce sujet], une situation de  pénurie chronique entretient des prix élevés à la consommation faisant le bonheur des capitalistes et le malheur des travailleur·euse·s.

Pour ce qui est des produits transformés, il faut ajouter à la captation de plus-value par la spéculation sur les matières premières, celle réalisée par les actionnaires des usines de transformation. Nestlé réalise 5,1 milliards d’euros de bénéfice net en 2002Danone 911 millions d’euros en 2012, Lactalis 1 milliard d’euros…

Une économie agricole volatile, source de famine

Cet accroissement de la pression du capital sur l’économie agricole est une des sources majeures de la volatilité des prix, source de famines.

En effet, la mise en concurrence de toutes les structures productives agricoles a eu pour effet de spécialiser les secteurs d’export des différents pays ou sous-régions. On retrouve pour finir quelques pays dont la production représente une part importante des volumes échangés. Par exemple sur le marché du lait en poudre, la Nouvelle-Zélande (4,3 millions d’habitant·e·s et une superficie de la moitié de la France) assure près de 40 % des exportations mondiales [Pour les céréales c'est essentiellement les USA et l'Australie. Pour la viande de poulet, le marché est dominé par le Brésil…].

Donc il suffit d’un aléa climatique, une épidémie, bref, d’un incident qui fasse chuter la production dans un des pays très exportateurs pour que le prix mondial varie fortement, compte tenu de l’élasticité des marchés agricoles. Comme les boursicoteur·trice·s connaissent les caractéristiques de ce type de marché à court terme, il·elle·s vont spéculer rapidement à la hausse en cas de chute prévisionnelle de la production d’un pays exportateur majeur. Cette spéculation à un effet levier qui amplifie rapidement la hausse des cours liée à un accident de production sur des marchés structurellement volatiles.

Pour être clair, les capitalistes maximisent leurs gains lors d’une petite situation de pénurie (très relative car le volume de céréales stockées représente le quart de la production annuelle) en profitant du besoin inconditionnel de la population à s’alimenter.

Vers de nouvelles émeutes de la faim ?

Les émeutes de la faim de 2008 ont eu lieu avec un prix du blé qui avait doublé en un an et les autres céréales de base qui avaient largement augmenté. À l’origine de cette flambée des prix, il y a une sécheresse en Australie (récolte 40 % inférieure à la moyenne) et des inondations aux USA en 2007. On a eu deux pays « faiseurs de prix » sur le marché du blé qui ont des exportations faibles, avec une démultiplication de l’incidence sur les prix par un forte spéculation à la hausse.

Cette année la récolte de blé a été bonne en France et en Amérique du Nord mais elle a été catastrophique en Ukraine et en Australie, victime une nouvelle fois de la sécheresse. On a assisté à un phénomène spéculatif à l’automne qui s’est un peu estompé entraînant une augmentation de 30 % des cours du blé. On peut craindre que pour le printemps prochain les prix flambent de nouveau si la campagne 2013 se passe mal avec le retour d’émeutes massives dans les pays où nos camarades sont très pauvres.

À plus long terme, la tendance des prix agricoles à la consommation est largement à la hausse pour la décennie à venir, entre 15 % et 40 % en valeur réelle (pondérée par l’inflation) pour 2019 [Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2010-2019, p. 16]. Le réchauffement climatique engendre une augmentation des accidents climatiques, sécheresse ou inondation. Le contexte de concurrence mondialisée entraîne encore une spécialisation toujours plus grande des zones de production et l’abandon des surfaces de maigre potentiel productif. La demande alimentaire va augmenter de pair avec l’augmentation de la démographie.

Sur la décennie à venir, on voit que les éléments structurels d’une forte volatilité des prix ainsi que leur maintien à des niveaux de plus en plus hauts vont s’accentuer. On peut craindre que nos camarades africain·e·s et asiatiques ne doivent encore se battre pour échapper aux famines auxquelles les condamne l’économie capitaliste.

Au regard des perspectives pour la décennie, il est peu probable que la famine refasse surface en Europe de l’Ouest. Néanmoins, la situation économique de beaucoup d’entre nous va se durcir si les prix alimentaires augmentent de 20 % d’autant que les plans de rigueur que l’on nous impose ont sacrement tendance à nous vider le portefeuille. Les Restos du cœur ne risquent pas de désemplir avec de telles perspectives !

Se battre contre les accapareur·e·s de grains

Si l’alimentation reste une préoccupation importante malgré l’état d’abondance effective dans lequel nous sommes, c’est parce qu’il est dans l’intérêt de la classe capitaliste qu’il en soit ainsi pour maximiser ses profits.

Si notre situation alimentaire se dégrade, c’est parce que notre force collective s’est affaiblie. Les capitalistes pompent le Travail sur deux tableaux : sur la production, principalement par le biais des fermages et des institutions bancaires, et sur la consommation, par la spéculation sur les matières premières et les dividendes des entreprises agroalimentaires et de distribution.

L’enjeu pour le camp du travail est de développer des luttes revendicatives pour obtenir rapidement un allègement de la pression du capital sur la production et la distribution des produits alimentaires. Obtenir un accès inaliénable pour toutes et tous à une alimentation diversifiée, encadrer les prix à l’achat et à la vente des produits alimentaires, socialiser les stocks de grains… sont des pistes de revendications immédiates que nous pouvons porter dans nos luttes contre le poids du capital sur nos vies.

Parallèlement, nous allons avoir besoin de construire des solidarités immédiates dans nos quartiers et nos villages pour que les plus fragiles d’entre nous ne se retrouvent pas dans une trop grande précarité. Le développement de cantines populaires régulières est une piste possible pour éviter le désœuvrement des camarades pauvres et en situation d’isolement.

Socialisons la terre et les produits qui en sont issus !

Pour l’alimentation comme pour le reste de nos vies, le capitalisme structure des situations sociales dramatiques. Puisque les intérêts de la classe capitaliste sont structurellement divergents de ceux de la grande majorité, nous pensons qu’il faut détruire le capitalisme et construire une économie collectiviste dont le fondement serait la satisfaction des besoins.

La révolution espagnole en 1936, a montré qu’une production agricole et une distribution des produits collectivisée était non seulement juste mais très efficace. Bien que le contexte productif soit largement différent notamment par le niveau d’industrialisation de l’agriculture, le communisme libertaire reste pour nous la seule option pour organiser l’agriculture comme le reste de la société.

Nous produisons un volume alimentaire suffisant pour nourrir l’humanité, mais les dégradations des terres par une intensification, par les engrais, par un travail mécanique excessif… sont très importantes et en train de s’accentuer. Le communisme libertaire permettrait d’abord de remettre en culture des territoires en déprise, car moyennement productifs, et aussi de diminuer la pression sur les grandes plaines céréalières. La collectivisation de la production maximiserait les intégrations entre les différentes productions limitant le besoin en intrants…, permettrait de s’organiser collectivement face aux dégradations écologiques qui nous menacent dans un avenir relativement proche.

Organisé·e·s collectivement et sans propriété, nous pourrions choisir des assolements plus rationnels, des intégrations entre cultures et élevages plus justes, une meilleure mutualisation des outils, assurer correctement les pics de travail saisonnier par une solidarité structurelle entre travailleur·euse·s [Je livre ici un témoignage personnel. Ouvrier agricole, j'ai vu de nombreux hectares productifs laissés à l'abandon, vécu des galères que l'on aurait évitées facilement à plusieurs ou avec un outil plus adapté, des outils coûteux sous-utilisés alors que des voisin·e·s en auraient besoin… Pour qui veut y prêter attention, le cloisonnement par la propriété privée entraîne un gâchis monumental sans pour autant que les hommes et les femmes qui travaillent la terre soient de mauvaise intention.].

Si la révolution sociale est l’espoir d’un monde meilleur, elle devient chaque jour plus urgente pour les travailleur·euse·s de la terre comme pour celles et ceux qui consomment les produits agricoles.

Johann, liaison Jura

Infos et analyses libertaires n° 94, février-mars-avril 2013 – trimestriel de la Coordination des groupes anarchistes

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:07

Le scandale alimentaire qui s’annonce

Que se passe-t-il vraiment dans l’univers de la viande industrielle ? Et que nous fait-on manger, de gré ou de force ? Avant d’essayer de répondre, il est bon d’avoir en tête deux études récentes.

La première, publiée en 2011, montre la présence dans le lait — de vache, de chèvre ou d’humain — d’anti-inflammatoires, de bêtabloquants, d’hormones et bien sûr d’antibiotiques. Le lait de vache contient le plus grand nombre de molécules.

La seconde, qui date de 2012, est encore plus saisissante. Une équipe de chercheurs a mis au point une technique de détection des résidus dans l’alimentation, en s’appuyant sur la chromatographie et la spectrométrie de masse.

Analysant des petits pots pour bébés contenant de la viande, ils y ont découvert des antibiotiques destinés aux animaux, comme la tilmicosine ou la spiramycine, mais aussi des antiparasitaires, comme le levamisole, ou encore des fongicides.

Certes à des doses très faibles — en général —, mais, comme on le verra, la question se pose aujourd’hui dans des termes neufs.

On remarquera que, dans le scandale en cours, un mot a presque disparu : phénylbutazone. Cet anti-inflammatoire, on le sait, a été retrouvé dans des carcasses de chevaux exportés vers la France.

UNE FRAUDE ISOLÉE ?

Or la phénylbutazone est un produit dangereux, interdit dans toute viande destinée à la consommation humaine. S’agit-il d’une fraude isolée ? Ou bien, comme certains éléments permettent de l’envisager, d’une pratique tolérée par les autorités de contrôle ?

Nul besoin d’une vaste enquête pour avoir une idée de l’incroyable pharmacopée destinée aux animaux d’élevage. La liste des produits autorisés contient de nombreux douvicides (contre des vers parasites), anticoccidiens (parasites de l’intestin), anthelminthiques (vermifuges), hormones, vaccins, neuroleptiques et antibiotiques.

Sait-on comment l’oxytétracycline se mélange avec la gonadolibérine chez un poulet ? Comment le flubendazole se marie avec l’azapérone et les prostaglandines PGF2 dans la chair d’un porc ? Le thiabendazole avec le diazinon ou le décoquinate dans le sang d’une bonne vache charolaise ?

Aucune étude sur les effets de synergie de ces produits n’est menée. Il n’est pas dit qu’elles seraient possibles.

Lorsque c’est le cas, on découvre en tout cas un nouveau monde. Le 3 août 2012, la revuePloS One publiait un travail sur les effets combinés de trois fongicides très employés dans l’agriculture. Leur association provoque des effets inattendus sur les cellules de notre système nerveux central.

Commentaire de l’un des auteurs, Claude Reiss : “Des substances réputées sans effet pour la reproduction humaine, non neurotoxiques et non cancérigènes ont, en combinaison, des effets insoupçonnés.”

Effets insoupçonnés, éventuellement cancérigènes, ouvrant la voie — peut-être — à des maladies neurodégénératives comme Parkinson, la sclérose en plaques ou Alzheimer.

Cette découverte est cohérente avec les grands changements en cours dans la toxicologie, qui étudie les substances toxiques.

“LA DOSE FAIT LE POISON”

Aujourd’hui encore, le principe de base de cette discipline est le Noael (No observed adverse effect level), ou dose sans effet toxique observable. Longtemps avant Noael, son précurseur Paracelse — un magnifique alchimiste du XVIe siècle — résumait à sa façon le paradigme actuel de la toxicologie : “Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison.”

Phrase-clé que des générations de toxicologues ont résumée dans cette formule : “La dose fait le poison.”

Mais la connaissance bouscule les idées en apparence les plus solides. Le lourd dossier des perturbateurs endocriniens vient rebattre les cartes de manière spectaculaire.

En deux mots, ces substances chimiques imitent les hormones naturelles et désorientent des fonctions essentielles du corps humain, comme la reproduction ou la différenciation sexuelle.

Or les perturbateurs agissent à des doses si faibles que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a pu conclure, dans un rapport de 2011, que les effets de l’un d’eux, le bisphénol A, étaient avérés à “des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires”.

Il est certain que ce seul propos marque un tournant. Car du même coup, la dose journalière admissible (DJA) du bisphénol A — sa limite légale — pourrait être divisée par … 2 millions, selon le toxicologue André Cicolella.

Le bisphénol A pourrait même “avoir des effets plus importants à très faible niveau d’exposition qu’à haut niveau”, ce qui mettrait à bas tout l’édifice.

Quel rapport avec cette fraude géante appelée désormais “horsegate” ? C’est on ne peut plus limpide : nul ne sait ce que contient réellement la viande industrielle. Et nul ne veut savoir. Dans la lutte contre l’orgie d’antibiotiques donnés au bétail, le ministère de l’agriculture apparaît comme un Janus biface.

D’un côté, des promesses, et, de l’autre, l’inaction. Il lance fin 2011 un plan de réduction “de 25 % en cinq ans de la consommation des antibiotiques destinés aux animaux”, mais que n’a-t-il œuvré auparavant ? Entre 1999 et 2009, l’exposition du bétail à ces médicaments a augmenté de 12,5 %.

Certes, le volume global a baissé entre ces deux dates, mais les nouveaux produits sont actifs à des doses plus faibles. La situation s’aggrave, alors que l’antibiorésistance a été repérée dès avant la seconde guerre mondiale.

De quoi s’agit-il ? Après un temps court, les bactéries combattues par un antibiotique mutent. Ainsi des sulfamides, introduits en 1936, confrontés dès 1940 à des souches résistantes de bactéries.

LES INFECTIONS NOSOCOMIALES

Ainsi de la molécule de tétracycline, ainsi du tristement célèbre staphylocoque doré, dont plusieurs souches résistantes ont donné diverses lignées SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline).

Le SARM joue un rôle fondamental dans les infections nosocomiales, celles qui surviennent dans les hôpitaux. Bien que des chiffres indiscutables n’existent pas, on pense que les trois quarts des 7000 à 10’000 décès annuels de ce type en France sont le fait de bactéries résistantes aux antibiotiques, au tout premier rang desquelles le SARM.

Des chiffres officiels américains font état de 19’000 morts dans ce pays en 2005, soit davantage que le sida. L’enjeu de santé publique est donc considérable.

Et il n’est pas exagéré de parler d’une maladie émergente, dont l’évolution demeure imprévisible. Tout récemment, le professeur David Coleman, spécialiste de la question, a identifié une souche si différente des autres qu’elle ne peut être détectée par les tests existants. Bien qu’elle touche les humains, elle se développe tout d’abord chez des animaux d’élevage, surtout les bovins.

Ce n’est guère étonnant, car une autre souche — le CC398 — prolifère depuis des années dans les élevages industriels.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu, en 2010, un avis indiquant que le réservoir du CC398 se trouve chez les bovins, la volaille, mais surtout chez les porcs.

Fait inquiétant, le SARM animal est de plus en plus présent dans les infections humaines, et une étude néerlandaise (Voss et al., 2005) établit que les producteurs de porcs sont 760 fois plus touchés que la population générale.

Un exemple frappe l’imagination : celui d’un vétérinaire (Nienhoff et al., 2009) qui transmet à son propre chien un SARM animal acquis au contact d’un porc.

C’est dans ce contexte de grande inquiétude que l’EFSA lance en 2008 une enquête européenne. Disons franchement qu’elle étonne. Laissons de côté le mystère britannique, qui ne reconnaît aucun cas de SARM animal.

L’Espagne, en revanche, a retrouvé la souche CC398 dans 46 % des élevages porcins, l’Italie dans 14 % d’entre eux, l’Allemagne dans 43,5 % et la Belgique dans 40 %. Autrement exprimé, tous nos voisins sont fortement touchés. Mais pas nous.

Nos services ne rapportent que 1,9 % d’élevages porcins frappés par le SARM animal, dont tout le monde sait qu’il tue en France un nombre inconnu, mais en toute hypothèse élevé, de malades.

Ce pourcentage est peut-être exact, mais il fait penser, mutatis mutandis, à ce nuage de Tchernobyl qui aurait par miracle épargné la France.

Il est peut-être exact, mais l’Europe elle-même, par le biais de l’EFSA, a diplomatiquement fait état de sa grande surprise au vu des résultats. Citation du rapport de 2009 : “L’EFSA recommande en outre que de nouvelles études soient réalisées afin d’identifier les raisons justifiant les différences observées au niveau de la prévalence du SARM dans les différents États membres.”

Oui, pourvu que ce pourcentage soit exact, ce qui serait mieux que de jouer avec le feu bactérien. Car laisser flamber le SARM dans les élevages serait autrement plus grave que le tour de passe-passe autour de la viande de cheval.

Aucune équipe gouvernementale, depuis cinquante ans, n’a osé ouvrir le dossier infernal de l’élevage industriel et de la folie des antibiotiques. Le moment est peut-être venu.

Fabrice Nicolino

 

La communication de crise entre en scène

Il n’est pas injurieux de parler de mise en scène. Après tout, chacun évoque depuis longtemps la “scène médiatique”, et c’est bien là que se joue en partie la crise actuelle de la viande industrielle. Parmi les nombreux acteurs de la pièce, l’agence de communication reste obstinément dans l’ombre, ce qui empêche de saisir certains des ressorts de l’intrigue. Mais voyons de plus près.

Le 11 février, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, déclare : “Je découvre la complexité des circuits et de ce système de jeux de trading entre grossistes à l’échelle européenne.” Est-ce crédible de la part d’un petit-fils d’agriculteur, titulaire d’un BTS agricole, longtemps professeur d’économie dans un lycée agricole ? Mais n’était-ce pas le début d’une stratégie de communication, destinée à éteindre l’incendie ? Il faut comprendre que M. Le Foll s’appuie sur des règles de communication.

Un, il s’agit de désigner un responsable unique, portant un nom et si possible un visage. La recherche d’un bouc émissaire appartient à l’histoire ancienne des sociétés humaines, elle peut paraître élémentaire, mais c’est précisément sa force. La communauté a besoin de se ressouder au détriment d’un coupable.

FEUILLE DE ROUTE

Preuve s’il en était besoin de ce scénario, on a commencé par accuser la Roumanie, pays lointain, mais, la tentative ayant échoué, on essaya d’incriminer un trader néerlandais, avant que le ministre de la consommation, Benoît Hamon, ne charge la société française Spanghero.

Premier mouvement de communication : la désignation. Suivie d’une puissante affirmation de la puissance publique, annonçant fièrement qu’elle allait multiplier contrôles et analyses. Pour enfin imposer une loi nationale à une industrie désormais mondialisée et financiarisée. Ne raillons pas, car nos ministres ne font que suivre une feuille de route, qui est celle d’agences spécialisées. On ne trahira pas un secret en écrivant que d’excellents professionnels sont chargés d’offrir services et conseils en cas de crise alimentaire. L’une des principales agences parisiennes est conduite par un ancien responsable de l’association de consommateurs UFC-Que choisir. Ce qui permet sans doute de répondre à la crise avec bien plus d’à-propos.

Ces agences sont évidemment intervenues dans les dossiers les plus chauds de ces vingt dernières années : vache folle, poulet à la dioxine, farines animales, grippe aviaire, grippe porcine. Un exemple moins connu, mais éclairant, concerne l’affaire des dioxines contenues dans le saumon d’élevage européen, révélée par une étude scientifique parue dans Scienceen janvier 2004. L’agence de communication embauchée par les industriels français du saumon lance aussitôt une contre-offensive qui se révélera payante. On ne peut la raconter en détail, mais elle passera par une authentique désinformation visant à discréditer l’article de Science. Illégal ? Non : discutable.

Fabrice Nicolino

Né en 1955 à Paris, Fabrice Nicolino a travaillé comme enquêteur, chroniqueur ou reporter pour un grand nombre de journaux français, parmi lesquels GéoLe Canard enchaînéPolitisTéléramaTerre sauvageLa Croix. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages, dont des livres pour enfants — dernier en date : Ma tata Thérèse(Sarbacane, 2012)  et des essais comme Pesticides, révélations sur un scandale français (Fayard, 2011) et Bidoche : l’industrie de la viande menace le monde (Actes Sud, 2010).

Presse avariée (LeMonde.fr, 25 février 2013)

 

Minerai de viande : « Avant, on n’osait pas en faire de la bouffe pour chat »

La « viande » de nos plats préparés porte le nom de minerai, « des bouts de machin, de gras notamment, catégoriquement de la merde. Il y a 40 ans, cette matière allait à l’équarrissage pour être brûlée », nous dit un expert.

Ma mère n’a jamais cuisiné. J’ai passé mon enfance à manger des petites quiches vertes toutes molles et des lasagnes à la bolognaise surgelées.

Le scandale de la viande de cheval 100% pur bœuf a éclaté la semaine dernière, et aucune surprise pour moi : je me doutais bien que ce qu’il y avait dans ma moussaka micro-ondée n’était pas de la vraie viande, saillante et fraîche.

Ces petits bouts de trucs marrons étaient denses sous la dent et je crois que cela me suffisait. La sauce rouge (je n’ose plus affirmer que c’était de la tomate) faisait passer le tout. Cela ne m’a jamais empêché de dormir.

Je ne pensais pas qu’on me mettrait un jour face à la triste et dégoûtante réalité : j’ai mangé des centaines de kilos de « minerai de viande » donc de déchets.

C’est un article publié sur Rue89 par Colette Roos qui m’a appris l’existence de ce mot. Certains de mes proches l’avaient découvert en écoutant France Inter ce week-end et ils sont restés bloqués sur des images de terrils, de sidérurgie.

En cliquant sur le mot « minerai » – une page Wikipédia a aussi été créée le mardi 12 février – je suis tombée sur cette définition :

« Un mélange de déchets à base de muscles, d’os et de collagène. »

C’est le mot « collagène » qui m’ennuie le plus.

« Celui qui a haché le minerai a arnaqué »

Colette renvoie aussi vers le blog de Fabrice Nicolino, sur lequel est posté un document officiel [PDF] : la spécification technique n°B1-12-03 du 28 janvier 2003 applicable aux viandes hachées et aux préparations de viandes hachées.

À sa lecture, cela se confirme. On peut donc mettre du « minerai » dans la viande hachée, « qui provient des muscles striés et des affranchis » (y compris les tissus graisseux).

Donc : après avoir découpé les morceaux « nobles » (entrecôte, faux-filet…) du bœuf, l’abattoir récupère les chutes non commercialisables, un bloc de 5 ou 10 kg vendu aux industriels pour la fabrication des plats préparés : boulettes de viande, raviolis, lasagnes, hachis parmentier.

Cela représente 10% à 15% de la masse de l’animal.

« De l’âne et du mulet, personne ne s’en rendra compte »

L’affaire des lasagnes Findus devient plus compréhensible.

Il est impossible de confondre un steak de viande bovine et un steak de cheval, c’est facile de faire la différence même pour moi et les types de Comigel – fournisseur de Findus et de Picard – ne s’y seraient pas laissé prendre. Même en petits morceaux, les deux matières ne se ressemblent pas : la viande bovine est plus rouge, plus grasse, elle n’a pas la même tenue.

Mais, à l’inverse, on peut prendre du minerai de porc ou de cheval (haché) pour un minerai de bœuf, très facilement. Constantin Sollogoub, ancien inspecteur des abattoirs à la retraite, m’explique :

« Quand le minerai est haché il devient un magma prêt à entrer dans les plats préparés. On ne peut plus savoir ce que c’est qu’avec des tests poussés. La mixture peut également contenir de l’âne et du mulet, personne ne s’en rendra compte. Celui qui a haché le minerai et qui a réalisé le mélange entre le bœuf et le cheval est celui qui a arnaqué. Les autres se sont fait avoir. »

Il note qu’il est aussi possible de retrouver des parcelles de viande de porc dans des produits halal : c’est déjà arrivé et c’est bien plus grave.

« Même pas bon pour les chats »

Constantin Sollogoub est un ancien vétérinaire libéral, sympa, enrôlé par l’État pour faire des inspections dans sa région (Nevers). Il nous dit qu’il connaît bien la Roumanie, pour y être allé dans le cadre de son association « Coopération et Échanges vétérinaires » . Selon lui, « au passage », on y trouve surtout des vaches à lait et la viande qui en est issue est de mauvaise qualité.

Constantin Sollogoub se doutait qu’un scandale allait éclater un jour. À propos du minerai, il dit en se marrant :

« Ce sont des bouts de machin, de gras notamment. En fait, c’est catégoriquement de la merde. Il y a 40 ans, cette matière allait à l’équarrissage pour être brûlée. Les industriels n’osaient même pas en faire de la bouffe pour chat.

Là-dessus, nos grandes maisons auréolées de luxe et de qualité, comme Picard, ont décidé que c’était du gâchis… Avec les progrès de la chimie additionnelle, c’est devenu possible d’en faire quelque chose. C’est presque bon à manger, ça a bonne allure. Ces morceaux sont donc ramassés, mis en bloc et congelés et ils se baladent à droite et à gauche. »

Une solution : redevenir parano

Constantin Sollogoub pense que la solution est de redevenir parano et de ne consommer que le steak haché que l’on voit passer dans la machine du boucher. Celui qui est dans les rayons d’hypermarchés est moins sûr. Une dizaines d’acteurs ont probablement spéculé sur la matière, la qualité en a forcément pris un coup.

De son côté, Colette Roos conseille de se remettre à cuisiner avec des bons produits. Les lasagnes bolognaises, c’est 45 minutes de préparation. Et il faut avoir des feuilles de laurier sous la main.

« Il fallait garder 40% de la viande avariée »
Témoignage d’un Intérimaire viande

Sous le papier Minerai de viande : « Avant on n’osait pas en faire de la bouffe pour chat », un intérimaire a témoigné sous le pseudo de Kelval. Ses commentaires sous l’article ont été effacés, parce qu’il y donnait trop d’information et la société qu’il dénonçait pouvait être reconnue. Mais son expérience est si intéressante que nous avons décidé de la publier nettoyée des infos permettant de reconnaître l’employeur.

J’ai travaillé dans une usine de « transformation de viande », et je suis dégoûté définitivement de toutes les viandes hachées surgelées et des plats préparés.

C’était tellement « fou » pour des gens normaux que ma famille m’a conseillé de l’écrire quelque part, ce que je n’ai jamais eu le courage de faire. Rue89 me donne l’occasion de témoigner, donc voici quelques souvenirs.

Dans ces usines, on transforme effectivement des bas morceaux tout à fait corrects en merde. La recette était simple : on recevait des palettes de bas morceaux de marques de boucheries industrielles connues comme Bigard, qu’on décongelait dans des barattes (des sortes de monstrueuses bétonnières de deux mètres de diamètre dans lesquelles on envoie de l’eau bouillante sous pression pour décongeler tout ça en vitesse), et on y ajoutait au cours de trois malaxages successifs entre 30 et 40% du poids en graisse, plèvre, cartilages et autres collagènes.

On obtenait des quantités phénoménales de purée de viande qu’on mettait dans des bacs de 10 kg et qu’on tassait à coups de poings, puis qu’on renvoyait au surgélateur par palettes de 70 caisses. Oui, car on l’ignore souvent, mais on peut surgeler de la viande plusieurs fois de suite, au contraire de la congélation classique.

Azote liquide pour agglomérer la viande

Il y avait aussi la ligne des « cubes de viande ». Vous êtes vous déjà demandé comment ils font pour vous servir des cubes de viande si magnifiquement cubiques ?

Voilà la recette : en sortie de baratte, les ouvriers au nombre de deux ou trois piochent à la main d’énormes brassées de viande sanguinolente, qui sont transférées dans une sorte d’énorme presse avec de nombreuses « étagères ».

On fait descendre les mâchoires qui compressent cette viande, et pour mieux l’agglomérer, on fait circuler entre les plaques (mais, je suppose, pas en contact direct avec la viande, enfin je l’espère) de l’azote liquide.

Quand cette machine était en route ça puait tellement la chimie qu’on avait l’impression d’être près des raffineries de l’Étang de Berre… L’azote étant un des composés de l’air, je suppose qu’il s’évaporait au sortir de la presse s’il y avait eu contact avec la viande. Mais quand même

Des petites quantités de viande dans la boucle depuis plusieurs mois

Après ce traitement, qui je suppose servait à « saisir » la viande pour l’agglomérer, les plaques allaient au congélateur. Le lendemain, ces plaques étaient sorties et on les passait dans un énorme emporte-pièce hydraulique qui découpait les plaques congelées en cubes de 3 cm de côté.

Ces cubes se déversaient alors sur un tapis roulant, et 2 ou 3 ouvriers dont je faisais partie éliminaient tous les ratés, les formes bizarres, les morceaux trop petits ou trop gros. Ça demandait une grosse concentration, et la cadence était très soutenue. Les cubes passaient dans un autre surgélateur à l’azote, avant de se déverser dans des sacs d’environ 20 kg.

Les « non conformes » étaient conservés, passaient dans la baratte suivante, puis sur les plaques suivantes, etc. Virtuellement, il est tout à fait possible que des petites quantités de viande faisaient la boucle baratte – plaque – surgélation – cubes – non conforme – baratte – plaque, etc. depuis des mois

Vous pouvez vous en douter, les cadences étaient très dures à suivre, les heures supplémentaires fréquentes et le travail éreintant. Les conditions « humaines » me semblaient particulièrement inhumaines, justement.

Cette viande a été mélangée à de la viande saine

Les conditions d’hygiène n’étaient guère meilleures. Je passe sur l’odeur de viande écœurante. Le matin quand on arrivait, c’était propre ; mais très rapidement, vu nos activités, on pataugeait dans une boue grasse et sanglante qui recouvrait le sol.

Celle-ci était particulièrement glissante, donc très dangereuse. Pour ne pas avoir à la nettoyer, et donc ralentir la cadence, on aspergeait régulièrement le sol de sel, ce qui augmentait la quantité de boue au fil des heures. Malgré ce sel, je suis tombé plusieurs fois.

Lorsqu’on mettait la viande destinée aux cubes de viande sur les plaques, on avait très rapidement du sang sur tout le haut du corps et jusqu’aux épaules, malgré nos gants qui remontaient jusqu’aux coudes. Ambiance, ambiance

Enfin, il y a eu cette fois, lors un arrivage manifestement avarié (la viande était violette, verte, jaune, et puait, bien que surgelée), où le patron nous a imposé de trier et d’en garder impérativement 40%. Qu’on se débrouille ! Cette viande a été mélangée à de la viande saine. Et hop ! Ni vu, ni connu, je t’embrouille.

Une main dans le hachoir

Nous manions des feuilles de boucher sans avoir été formés, nous étions en contact permanent avec des hachoirs, des machines rotatives Stress, fatigue, objets dangereux ; avec ce cocktail, vous devinez sans doute où je veux en venir. J’ai assisté à plusieurs accidents du travail, plus ou moins graves.

Lors du dernier en date, et celui qui m’a décidé à partir, un de mes collègues (en CDI, moi j’étais intérimaire) a passé la main dans un des monstrueux hachoirs à viande hachée. Il poussait régulièrement la viande à la main quand elle se bloquait. Bien sûr, à chaque remarque, il objectait qu’il « faisait gaffe ».

Cette fois ci, c’était celle de trop. Doigts tout juste reliés à la main par des restes de peau, tendons arrachés et j’en passe. Une catastrophe et des promesses de handicap à vie

Alors qu’il montait dans le fourgon des pompiers, le patron est venu le voir, et lui a dit « qu’il aurait dû lui dire s’il voulait des congés, c’était pas la peine de faire ça ». Quel connard ! J’en ai encore la gorge nouée à y repenser. C’était un des ouvriers les plus productifs de l’usine, et il avait la trentaine, donc encore bien trente ans de boulot devant lui

Je ne mange que la viande du boucher

Inutile d’en rajouter je crois, j’ai déjà fait bien assez long. Inutile aussi de vous dire que je suis dégoûté à vie de la viande hachée industrielle. Le seul hachis que je mange, c’est celui que le boucher du coin de la rue sort de sa machine devant mes yeux. J’ai toujours évité les plats préparés et préféré la bonne cuisine et le partage. Cette expérience n’a fait que me conforter dans mes opinions.

Je n’ai jamais su qui étaient les clients de « notre » viande, et sous quelle marque elle était commercialisée. Les conditionnements sous lesquels elle sortait (10, 20 kg ou plus) me font penser qu’elle était destinée à l’industrie agro-alimentaire (plats préparés), et certainement pas aux commerces ou supermarchés.

Je ne suis pas resté suffisamment longtemps pour en savoir plus non plus. Dès que j’ai pu, j’ai sauté sur la première mission d’intérim qui me permettait de sortir de là, en me promettant de ne jamais y retourner.

Presse avariée (Nolwenn Le Blevennec, Rue89, 14 février 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans ECOLOGIE
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 12:32

blog black panthers snow

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 12:31

Quatre adolescents ont été interpellés, hier, peu après l’attaque d’un véhicule de police à coups de cocktails molotovs dans un quartier sensible de Mulhouse (Haut-Rhin). La voiture patrouillait dans un quartier sensible lorsque des jeunes ont surgi pour lancer deux cocktails molotovs, à courte distance.

L’un des projectiles a cassé le pare-brise avant de la voiture. Une quinzaine de minutes plus tard, quatre jeunes étaient interpellés par la police. Tous mineurs, âgés de 12 à 15 ans, ils ont été placés en garde à vue. Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après la mise en examen de quatre autres jeunes dans le cadre de l’attaque, début janvier, d’un tramway mulhousien, également à l’aide de cocktails molotovs. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois dans les quartiers sensibles visant notamment pompiers ou policiers.

En réaction aux violences du réveillon du Nouvel An, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’était déplacé le 11 janvier à Mulhouse. Une semaine plus tôt, une centaine de CRS avaient été dépêchés en renfort sur place, initialement pour une durée de deux mois. Mais vendredi, le nouveau préfet du Haut-Rhin Vincent Bouvier, a annoncé qu’ils resteraient au-delà du 28 février.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Republicain-Lorrain.fr, 25 février 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 12:30

Un goûter est prévu lundi 25 février à 16h sur plan Cabane, ramenez de quoi manger, partager, faire de la musique, jongler (…)

Une assemblée générale du collectif du LEP aura ensuite lieu à 18h au Kalaj, 11 rue Desmazes.

 

Communiqué suite à l’expulsion du local d’expression populaire

Le 22 février à 18 heures, s’est déroulée dans le quartier Figuerolles sur le Plan Cabane l’ouverture d’un Local d’Expression Populaire. Une soixantaine de personnes a rejoint une dizaine de militants qui occupaient depuis une semaine un bâtiment désaffecté et inutilisé appartenant à la SERM (Société d’Équipement de la Région Montpelliéraine).

L’objectif est  de créer un lieu convivial afin de permettre un accès gratuit et non institutionnel à la culture et plus largement à des activités ludiques et sportives. Celui-ci est tourné vers les habitants de tous âges du quartier. Lancer un cinéma gratuit est un des objectifs. Sont aussi prévus des cours de sport et de français, des ateliers de danse, de théâtre, ainsi que des contes et des goûters pour les touts petits.

Malheureusement, cet évènement a rapidement été troublé par une intervention musclée des forces de l’« ordre » qui ont refusé toute discussion. Elles n’ont pas respecté la législation qui nécessite un passage par les tribunaux avant d’ordonner une expulsion. Ce fut une intervention brutale avec des moyens disproportionnés. Plus de 40 policiers anti émeutes ainsi qu’une vingtaine de membres de la BAC, sans compter d’autres corps de police ont investi sans ménagement les lieux. Ils ont frappé violemment plusieurs personnes en s’acharnant sur l’un d’entre eux qui tentait de filmer l’intervention, sans oublier de casser meubles et portes sans raison.

Face à ce déploiement délirant de forces de l’ordre, plusieurs résistants  se sont réfugiés sur les toits, soutenus par un peu moins d’une centaine de personnes dans la rue. Allant plus loin dans la folie, la préfecture a fait intervenir  le GIPN, pourtant réservé d’ordinaire aux « terroristes » et « forcenés ». Rappelons qu’une intervention du GIPN coûte plus de 30’000 euros, ce qui, ajouté au déploiement policier porte le cout d’une telle intervention à entre 70’000 et 140’000 euros selon diverses estimations, quasiment le prix d’une maison.

Heureusement le GIPN n’a pas rempli ses objectifs, n’arrêtant qu’une personne. Les autres personnes sur le toit ont pu s’évaporer grâce à la solidarité des habitants du quartier.

Une telle intervention est un gaspillage pur et simple de l’argent du contribuable, pour défendre des intérêts privés. Cette répression ridicule et disproportionnée n’empêchera pas l’ouverture d’un Local d’expression populaire libre et gratuit dans les quartiers où ces besoins ne sont pas satisfaits.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/0412.jpg

Montpellier ! squat, 25 février 2013

 

Montpellier : des squatteurs délogés avec l’appui du GIPN

Vers 22h30 vendredi soir, les forces de police ont été réquisitionnées par le préfet pour déloger une soixantaine de squatteurs. Ils avaient décidé d’investir un immeuble vide appartenant à la Serm (Société d’équipement de la région de Montpellier), situé rue du Faubourg du Courreau. Les individus sont parvenus sans difficulté à entrer dans l’immeuble.

Intervention du GIPN

Au moment où les forces de l’ordre les ont sommés de partir, trois squatteurs se sont réfugiés sur le toit de l’immeuble. Il a fallu faire venir le GIPN de Marseille, arrivé peu après minuit. Deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Elles devraient être remises en liberté dans le courant de la journée avec une convocation ultérieure devant le tribunal.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Yannick Povillon, MidiLibre.fr, 23 février 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 12:29

La société finlandaise agroalimentaire Pouttu a annoncé aujourd’hui qu’elle allait redistribuer aux pauvres ses plats de kebab contenant de la viande de cheval, après avoir obtenu le feu vert des autorités sanitaires.

Selon la société, plus d’une dizaine d’associations se seraient manifestées pour distribuer ces plats, retirés de la vente jeudi.

“C’est bien si nous pouvons aider les gens qui en ont le plus besoin”, a dit un porte-parole de Pouttu, Esko Virta.

Un total de 1,7 tonne de plats est concerné, quantité correspondant au lot de produits stockés dans les congélateurs de Pouttu, en attente de la décision des autorités.

Evira, l’agence de sécurité alimentaire, n’a pas autorisé le don des plats qui ont été livrés aux supermarchés et mis en rayons avant la découverte de traces de viande chevaline jeudi car la chaîne de froid ne sera pas garantie. Pour l’agence, il importe avant tout que les consommateurs soient avertis de la vraie nature du produit, à savoir qu’il contient du cheval.

Pouttu a assuré qu’il n’y avait aucun doute sur l’origine de la viande de cheval, qui provient du Brésil ou du Canada, et que seulement l’étiquetage avait été erroné. Avant de pouvoir transporter les plats, les associations et Pouttu doivent trouver des camions frigorifiques afin de garantir la chaîne de froid.

Les plats devront être distribués rapidement, car leurs dates de péremption est début mars.

Presse cannibale (Agence Faut Payer, 25 février 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans ECONOMIE

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