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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:40

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:39

La famille d’un jeune homme de 19 ans originaire de Montataire (Oise), tué en novembre 2008 à un barrage de gendarmes, s’est inquiétée d’un possible non-lieu et ses avocats en ont appelé à la ministre de la Justice, lors d’une conférence de presse mardi.

Le Parquet de Senlis, en faveur d’un non-lieu, vient de faire appel de l’ordonnance de renvoi des juges d’instruction. Ces derniers ont requis la charge d’homicide involontaire contre le gendarme auteur présumé d’un tir qui a touché mortellement la victime, a expliqué Me Hubert Delarue, l’un des avocats des parties civiles.

Cette charge renvoyait ainsi le gendarme devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises, une décision que la famille avait dans un premier temps eu du mal à accepter. “Avec mes confrères nous avons su convaincre que cette décision des juges d’instruction était juridiquement fondée et qu’il convenait de l’accepter”, a indiqué Me Delarue, avant d’ajouter que l’appel du parquet, qui estime que le gendarme n’a pas commis d’erreur, avait provoqué une deuxième vague de stupeur, y compris cette fois chez les avocats.”Nous avons été à la fois surpris et peinés”, a-t-il déclaré.

Selon lui, la Chancellerie a forcément influé sur cette décision. “J’ai l’intention de demander audience au Garde des Sceaux de façon à ce qu’on nous explique, à ce que la famille puisse comprendre, pourquoi le choix a été fait de contester une décision parfaitement motivée”. De son côté, Me Damien Legrand, également conseil de la famille, a exprimé son sentiment d’une “volonté” du parquet et du ministère “de ne pas porter le débat sur la place publique”. Le parquet de Senlis n’était pas joignable dans l’immédiat.

Dans leur ordonnance de renvoi, les juges établissent que sur les six tirs du gendarme, les deux derniers n’étaient pas justifiés dans la tentative de stopper le véhicule dans lequel se trouvait la victime, qui s’éloignait à plus de 20 mètres, a rapporté Me Delarue. Ce véhicule venait de forcer un barrage de gendarmes après avoir été pris en chasse à la suite de deux vols dans l’Oise. Deux autres occupants du véhicule, le conducteur et son passager, sont soupçonnés d’avoir laissé la victime, assise à l’arrière et atteinte par une balle dans le dos qui a provoqué une lésion cardiaque, devant la caserne des pompiers de Montataire, qui n’ont pu la sauver.

Jugés lors d’un procès séparé en septembre dernier, les deux hommes ont été condamnés à de la prison ferme mais l’accusation de non-assistance à personne en danger n’a pas été retenue. Ils ont toujours nié s’être trouvés dans la voiture avec la victime.

Leur presse (LEssor.org, “le premier journal indépendant de la Gendarmerie”, 12 février 2013)

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:38

Bahreïn : les protestations s’intensifient à l’anniversaire du soulèvement

MANAMA — L’opposition à Bahreïn se prépare à intensifier ses protestations à l’occasion du deuxième anniversaire du soulèvement maté dans cette monarchie du Golfe, même si le gouvernement a tenté d’appaiser les tensions en lançant un dialogue national.

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Des manifestants à Sanabis au Bahreïn, le 12 février 2013

La police bahreïnie a dispersé mardi soir des centaines de manifestants qui ont tenté de s’approcher de la Place de la perle, symbole du soulèvement maté il y a deux ans à Manama, selon des témoins. Les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes pour faire reculer les manifestants, dont des femmes, qui brandissaient des drapeaux bahreïnis.

Le “Collectif du 14 février”, un groupe clandestin radical qui orchestre la mobilisation via les réseaux sociaux, a appelé à des manifestations devant culminer vendredi par une tentative de revenir sur la “Place de la perle”, symbole du soulèvement du 14 février 2011.

Les opposants, en majorité chiites, avaient campé pendant un mois sur cette place de Manama pour réclamer des réformes politiques. À la mi-mars, ils en avaient été délogés lors d’un sanglant assaut des forces de sécurité. Les autorités avaient par la suite rasé le monument central de la place et continuent d’en bloquer tous les accès.

Le “Collectif du 14 février” a également appelé sur sa page Facebook à une “grève générale de la dignité” jeudi, jour anniversaire du soulèvement.

Pour sa part, l’opposition traditionnelle dirigée par la puissante formation chiite Al-Wefaq, qui organise des protestations quotidiennes dans le calme depuis une semaine pour commémorer le soulèvement, a appelé à une importante manifestation vendredi dans les localités chiites des environs de Manama.

“Malheureusement, nous nous attendons à une escalade”, affirme la ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Samira Rajab. “Il y a une tentative délibérée de provoquer des victimes, afin de faire pression sur le dialogue”, assure la ministre à l’AFP. Le gouvernement avait lancé dimanche une nouvelle session du dialogue national regroupant l’opposition, les groupes sunnites pro-gouvernementaux et le pouvoir, pour tenter de débloquer la situation. (…)

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Des femmes participent à une manifestation anti-gouvernementale le 12 février 2013 à Sanabis, près de la capital Manama

Deux ans après le soulèvement (…) l’opposition traditionnelle est soumise à la pression de la rue qui se radicalise, des affrontements opposant régulièrement de jeunes manifestants dans les villages chiites aux forces de sécurité.

Interrogé sur cette radicalisation, cheikh Salmane reconnaît que “beaucoup de gens pensent que le régime n’est pas sérieux dans son appel à relancer le dialogue, et nous estimons qu’ils ont en partie raison”. “Ils sont frustrés par ce dialogue et par l’attitude du gouvernement, et par conséquent certains réclament la chute du régime”, ajoute-t-il. “Le pouvoir n’a fait aucun geste de bonne volonté, au contraire les arrestations, les procès, les restrictions des libertés continuent”, souligne l’opposant, selon lequel 1.800 personnes demeurent en détention pour participation aux troubles, un chiffre jugé “exagéré” par Mme Rajab. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Wissam Keyrouz, Agence Faut Payer, 13 février 2013)

 

Bahreïn : la révolte oubliée des printemps arabes

Lors de manifestations marquant le deuxième anniversaire de la révolte des chiites, majoritaires dans ce petit royaume pétrolier régi par une monarchie sunnite, un policier et un manifestant de 16 ans ont été tués.

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Un groupe de manifestants antigouvernementaux, cocktails Molotov à la main.

Hussein al-Jaziri, 16 ans, est mort jeudi, touché par des tirs de chevrotine à la poitrine dans le village de Daih. Il faisait partie des centaines de manifestants descendus dans la rue de plusieurs villages chiites. Ils répondaient à l’appel, lancé sur les réseaux sociaux, du Collectif du 14 février, un groupe clandestin radical. Le but était de commémorer le deuxième anniversaire de la révolte, qui a déjà fait plus de 80 morts selon les ONG de défense des droits de l’homme. Dans la nuit, c’est un policier qui est mort après avoir été touché par un projectile incendiaire lancé par des manifestants dans le village chiite d’al-Sahla, près de Manama.

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Sur le foulard de cette femme est inscrit : « Prête à mourir pour le Bahreïn ».

C’est la révolte oubliée des printemps arabes. Elle a pourtant commencé un mois avant celle des Syriens, et trois jours avant celle des Libyens. Mais aujourd’hui, nul n’appelle le roi du Bahreïn à démissionner, ni ne reçoit les opposants bahreïniens. Au contraire, l’intervention, dès le début de la contestation, de l’Arabie saoudite voisine, est discrètement validée par les Européens et les Américains. Le 14 mars, 4000 soldats, principalement saoudiens, avec un soutien des Émirats arabes unis, sont venus prêter main-forte au roi Hamad Ben Issa al-Khalifa. Ils ont mis fin brutalement à l’occupation d’une place de la capitale, Manama, inspirée par la place Tahrir du Caire.

La menace iranienne au premier plan

Les armées étrangères ont été présentées comme une force destinée à protéger le Bahreïn contre la menace iranienne. L’Europe et les États-Unis ont avalisé cette vision, privilégiant leurs intérêts stratégiques. Seul pays du Golfe à être touché par le printemps arabe, le Bahreïn abrite l’état-major de la cinquième flotte américaine. Il joue un rôle important dans l’endiguement de l’Iran, situé juste en face. Le roi présente la révolte populaire comme une insurrection confessionnelle dangereuse pour l’équilibre de la région. Près de 80 % de ses 1.340.000 habitants sont chiites comme en Iran. S’il était renversé, assure le monarque, c’est un État allié de l’Iran qui s’installerait au cœur du golfe Arabo-Persique.

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Sur les affiches de celles-ci, à Manama, la capitale, on peut lire : « Cessez de verser noter sang ».

Les Saoudiens, principaux alliés des États-Unis dans la région, ont renchéri. Ils ne sauraient tolérer un État chiite si près de leur territoire. Ils craignent l’influence sur leur propre population chiite, elle aussi contestataire, dans les régions pétrolières proches du Bahreïn.

Les opposants bahreïniens se défendent de toute alliance avec l’Iran. Ils soulignent que même la commission « indépendante » désignée par le roi a conclu à l’absence d’influence iranienne sur les manifestants. L’opposition affirme que la mobilisation saoudienne est surtout due à la crainte de Riyad de voir émerger une véritable démocratie sur son palier. Les opposants assurent que leur révolte est surtout sociale, tout en retournant l’argument confessionnel contre le roi. Pour eux, c’est la monarchie qui discrimine les chiites majoritaires, accaparant pour elle-même et pour ses amis le pouvoir politique et économique.

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Au cours des affrontements, dans la ville de Sanabis, un homme s’apprête à lancer son cocktail Molotov.

Un embryon de système démocratique

Il existe bien un embryon de système démocratique. Le principal parti d’opposition, al-Wifaq, a même remporté largement les élections législatives de 2010 avec 64 % des voix. Mais à cause d’un découpage défavorable, il n’a obtenu que 16 sièges sur les 40 soumis au suffrage universel. La réalité du pouvoir reste entre les mains de la famille royale, qui truste les portefeuilles ministériels. Les partis légaux demandent la fin de la discrimination et une véritable monarchie constitutionnelle. Ils pourraient cependant se voir déborder par une opposition plus radicale, clandestine, qui réclame une république. Jeudi, dans les villages chiites, des manifestants ont repris le slogan des révolutions arabes : « Le peuple veut la chute du régime. »

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Face aux manifestants, les forces de l’ordre.

Le gouvernement, inquiet de voir la contestation perdurer, vient de reprendre un « dialogue national » avec l’opposition légale, des membres de la société civile et les partis sunnites favorables au pouvoir. Mais l’état d’urgence est toujours en vigueur, et des dizaines de prisonniers politiques restent enfermés, dont 13 militants condamnés à des peines allant de cinq ans à la perpétuité. Amnesty International, qui a pu enquêter sur place, a conclu, dans un rapport publié jeudi, qu’aucun de ces détenus n’avait « encouragé ou utilisé la violence » et « qu’aucune preuve convaincante ne justifie leur incarcération. » L’ONG demande leur libération immédiate. Une manifestation en leur faveur a eu lieu jeudi à Paris.

Presse contre-révolutionnaire (Pierre Prier, LeFigaro.fr, 15 février 2013)

 

Bahreïn : nouvelle manifestation au lendemain de heurts ayant fait 2 morts

L’opposition à Bahreïn organise vendredi une nouvelle manifestation près de Manama, au lendemain d’affrontements ayant fait deux morts lors des commémorations du 2e anniversaire du soulèvement animé par la majorité chiite qui réclame des réformes démocratiques.

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La manifestation, prévue en milieu d’après-midi sur Boudaya, une route reliant plusieurs villages chiites, survient sur fond de vive tension dans ce petit pays du Golfe dirigé par une dynastie sunnite et confronté depuis deux ans à une crise politique.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé la mort dans la nuit d’un policier, touché par un projectile incendiaire lancé par des manifestants lors d’affrontements à Al-Sahla, un village chiite près de Manama.

En outre, a ajouté le ministère, une unité de la lutte anti-terroriste a désamorcé jeudi soir une bombe de près de deux kilogrammes, placée sur le pont-digue du roi Fahd, sans donner plus de détails. Ce pont relie depuis 1986 Bahreïn à la province Orientale d’Arabie saoudite où se concentre la minorité chiite de ce royaume à majorité sunnite.

“Le policier Mohamed Atef, touché par un projectile incendiaire tiré à distance et qui l’a grièvement blessé, a succombé avant son arrivée à l’hôpital”, a déclaré le chef de la police, le général Tarek al-Hassan. “Des groupes terroristes” ont lancé des cocktails Molotov, des barres de fer et des pierres en direction des policiers qui sécurisaient des routes et protégeaient des biens publics et privés à Al-Sahla, a-t-il ajouté.

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Sa mort est intervenue au terme d’une journée d’affrontements dans plusieurs villages chiites, au cours desquels un jeune protestataire a été tué. Hussein al-Jaziri, 16 ans, est mort après avoir été grièvement blessé, notamment à la poitrine, par des tirs à la chevrotine, lors d’affrontements avec les forces anti-émeutes dans le village de Daih, selon la principale formation de l’opposition chiite, Al-Wefaq. Le parquet, cité par l’agence de presse officielle BNA, a annoncé qu’il interrogeait deux policiers soupçonnés d’implication dans la mort du protestataire. “Hussein al-Jaziri a été tué de sang froid”, a accusé l’opposition, déplorant “des dizaines de blessés et plusieurs arrestations illégales”.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/332.jpg“Le peuple est déterminé à obtenir ses droits légitimes pacifiquement (…) pour une transition démocratique”, a ajouté dans un communiqué l’opposition, qui réclame notamment une monarchie constitutionnelle, un gouvernement issu d’élections et la fin de la discrimination confessionnelle.

Des centaines de personnes étaient descendues dans la rue jeudi dans plusieurs villages chiites, aux cris de : “Le peuple veut la chute du régime” ou “À bas Hamad”, le roi de Bahreïn.

Les forces anti-émeutes, déployées en force, ont fait usage de gaz lacrymogène et tiré à la chevrotine contre les manifestants, qui leur lançaient des pierres et des cocktails Molotov.

Les protestataires ont bloqué les accès des villages avec des pneus en feu, des troncs d’arbres ou des bennes à ordures, selon des témoins.

Les heurts se sont poursuivis par intermittence jusqu’aux premières heures de vendredi dans certains villages où des protestataires ont fait exploser des bonbonnes de gaz, ont indiqué des habitants contactés par téléphone.

Les manifestants répondaient à un appel à la grève générale et à la désobéissance civile jeudi, lancé par le Collectif du 14-Février, un groupe clandestin radical qui orchestre la mobilisation via les réseaux sociaux.

La contestation, déclenchée en 2011, s’est soldée par 80 morts selon la Fédération internationale des droits de l’Homme. Plusieurs dirigeants de l’opposition sont emprisonnés depuis.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 15 février 2013)

 

Bahreïn : le savoir-faire français au service de la répression

Paris a envoyé grenades lacrymogènes et CRS pour former les forces antiémeute du royaume du Golfe. Or elles tuent les manifestants depuis deux ans.

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Des manifestants bahreïnis submergés de gaz lacrymogène tiré par les forces de sécurité du royaume, lors d’un rassemblement dans un village chiite, près de Manama, le 23 avril 2012.

Le fâcheux précédent tunisien, au cours duquel Michelle Alliot-Marie, alors chef de la diplomatie française, avait proposé au régime de Ben Ali le “savoir-faire” français en matière de sécurité pour mieux maîtriser les manifestants, semble se répéter dans un autre pays touché par le Printemps arabe : le royaume de Bahreïn. C’est en tout cas ce que révèle Jean-Marc Manach sur son blog Bug Brother du Monde.fr. D’après ce journaliste, des agents antiémeute toxiques français permettraient aux forces de sécurité bahreïnies de réprimer les manifestants chiites de ce minuscule royaume du Golfe.

Lassée par une sous-représentation à la tête du pays, la majorité chiite (à 70 %) de cet État de 1’230’000 habitants (dont 550’000 nationaux) manifeste au quotidien depuis deux ans jour pour jour contre le pouvoir sunnite dont il exige des élections libres et la fin des discriminations à son encontre. Mais Manama a décidé d’employer la manière forte pour étouffer toute velléité démocratique. Sur les 87 morts recensés depuis février 2011, 43 seraient ainsi décédés des suites de leur exposition au gaz lacrymogène, dont deux — un jeune garçon de huit ans et un vieillard de 87 ans — encore récemment.

Des grenades lacrymogènes dans les maisons

“Des grenades lacrymogènes ont été directement tirées sur les contestataires, et jusqu’à l’intérieur de leur domicile”, explique au Point.fr Reda al-Fardan, militant bahreïni du sitebahrainwatch.org, qui a publié les photos de ces grenades. “Outre les projectiles américains et britanniques, nombre de cartouches grises et reconnaissables à leur tête rouge appartiennent à la même marque : le français Alsetex”, ajoute-t-il. “Un grand nombre de grenades lacrymogènes françaises retrouvées place de la Perle (place centrale de Manama)”, confirme au Point.fr Aymeric Elluin, responsable de la campagne “Armes et Impunité” chez Amnesty International. “Le problème est qu’elles sont mal utilisées par les forces de sécurité bahreïnies [sic - NdJL], de sorte qu’elles tuent autant que des armes à feu.”

Contactée par Le Point.fr, la marque française Alsetex, spécialiste de la “gestion démocratique des foules” et qui a depuis pris le soin de supprimer de son site internet les modèles incriminés, affirme être soumise à une obligation de confidentialité tout en précisant que toute exportation à l’étranger est soumise à une autorisation du gouvernement français. Du côté gouvernemental, on assure que, “suite à l’affaire tunisienne, l’exportation de l’ensemble des produits pour le maintien de l’ordre vers Bahreïn a cessé le 17 février 2011″, tout en rappelant que la France a été parmi les premiers pays à prendre cette mesure unilatérale.

L’aide de l’Arabie saoudite

Pourtant, d’après le militant bahreïni Reda al-Fardan, “des gaz lacrymogènes de marque Alsetex ont bel et bien été observés dans le pays jusqu’à mars 2012″. “Si de telles cartouches françaises ont été retrouvées dans le royaume, il s’agit peut-être de stocks”, indique-t-on à Paris. D’après le chercheur Jean-Paul Burdy [auteur du blog Questions d'Orient], professeur d’histoire à l’Institut d’études politiques de Grenoble, ces cartouches françaises pourraient provenir de pays tiers comme l’Arabie saoudite ou le Qatar, membres avec Manama du Conseil de coopération du Golfe.

Personne n’a oublié qu’en plein cœur du Printemps de la Perle le royaume avait fait appel à 1000 soldats saoudiens et 500 émiratis pour lui venir en aide. “Nos exportations de matériel de maintien de l’ordre contiennent des clauses de non-réexportation, tout ne peut pas être contrôlé”, admet-on de source gouvernementale. Mais la mouture 2012 du rapport annuel du Parlement français sur les exportations d’armes françaises relance la suspicion autour de nouvelles ventes françaises de gaz lacrymogène à Bahreïn après le 17 février 2011.

Exportations de matériel de guerre

D’après ce document, la France a obtenu en 2011 neuf autorisations d’exportation de matériel de guerre (AEMG) vers Bahreïn pour un montant d’environ 17 millions d’euros, dont 421’000 euros concernent des agents chimiques toxiques “antiémeute” de catégorie ML7. Pour Amnesty International, cette dernière classification peut correspondre à du gaz lacrymogène. Du côté gouvernemental, on assure au contraire qu’il s’agit “uniquement de matériel d’alerte biologique et de détection chimique”.

Le rapport 2012 fait également état de 16 millions d’euros d’AEMG de type ML4 (missiles, roquettes, bombes) et de 500’000 euros d’AEMG de classe ML5 (radar). “Il est problématique de vendre des armes à des régimes dictatoriaux dont on sait qu’ils répriment leurs manifestants”, estime le député français Pouria Amirshahi, secrétaire de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. À Paris, on rappelle qu’aucun embargo sur les ventes d’armes de guerre ne vise Bahreïn et que chaque matériel passe au préalable en “commission interministérielle des exportations des matériels de guerre”. “Le royaume n’est pas du tout dans le même registre qu’un pays comme la Syrie, souligne-t-on. On parle ici de maintien de l’ordre, pas de guerre civile.”

Guerre de faible intensité

“Bahreïn connaît depuis deux ans un état de guerre de faible intensité”, estime pourtant le chercheur Jean-Paul Burdy. “Les jeunes tiennent les quartiers chiites de la conurbation de Manama, et la police ne peut y pénétrer que par des coups de force.” À en croire ce spécialiste du royaume, qui se rend régulièrement à Bahreïn, les forces de l’ordre agiraient par pure vengeance en ciblant délibérément l’intérieur des domiciles et voitures des opposants, faute de pouvoir contenir les manifestations quotidiennes qui se poursuivent.

Si l’ambassadeur de France pour les droits de l’homme, François Zimeray s’est déplacé en décembre dans la monarchie du Golfe pour lui rappeler qu’il ne faut pas incarcérer des militants pour des propos tenus sur Twitter, ni des médecins parce qu’ils avaient soigné des manifestants, l’ambassadeur de France en poste à Bahreïn, Christian Testot, a par la suite assuré le royaume que la coopération entre les deux alliés n’était pas remise en cause. Il ne faut pas oublier que le roi du Bahreïn a été reçu en catimini par François Hollande à l’Élysée en août dernier pour évoquer un renforcement de cette même coopération.

Trouble jeu de la France

“On ne comprend pas les signaux divergents successivement envoyés à Bahreïn par le gouvernement français, s’insurge le militant Reda al-Fardan. Ce qui est sûr, c’est que Manama n’a aucune raison de mettre fin à la répression lorsque le roi obtient du président français une telle légitimité internationale.” En août dernier, l’agence de presse officielle BNA annonçait que les domaines futurs de coopération entre les deux pays toucheraient la presse, la politique, l’éducation, la culture, la technologie et la défense.

“Défense ne veut pas dire maintien de l’ordre”, insiste-t-on à l’Élysée. De son côté, le Quai d’Orsay indique qu’un haut comité de coordination s’est récemment réuni en séance de travail pour identifier les futurs domaines de collaboration. Le ministère des Affaires étrangères rappelle également qu’un accord de coopération militaire lie déjà les deux pays depuis 2009 dans le cadre des opérations de piraterie dans l’océan Indien, mais également de la formation de la garde royale bahreïnie. Celle-ci ne serait pourtant pas le seul corps armé qui bénéficie du “savoir-faire” français.

Un régime répressif depuis 2005

Comme Le Point.fr le révélait en février 2011, les forces antiémeute de Bahreïn, en action depuis le début du Printemps de la Perle, ont été formées par des policiers français issus des compagnies républicaines de sécurité (CRS), en vertu d’un accord de coopération en matière de sécurité intérieure signé en novembre 2007 à Paris. À la Direction générale de la police nationale, on assure que la dernière opération de gestion démocratique des foules à Barheïn date de 2008.

“C’est une opération intéressante, car elle privilégie l’emploi d’armes non létales, ce qui est un plus dans ces pays-là”, indique une autre source proche du dossier. “Le royaume de Bahreïn est connu pour faire un usage excessif de la force depuis 2005″, rappelle pour sa part Aymeric Elluin, d’Amnesty International. “Et cela concerne à chaque fois l’usage de grenades lacrymogènes.”

Presse contre-révolutionnaire (Armin Arefi, LePoint.fr, 14 février 2013)

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:38

Ils filment des surveillants de prison

Trois surveillants du centre de détention de Val-de-Reuil (Eure) ont été filmés à leur insu, avec un smartphone, par des détenus qui ont diffusé ces images sur Facebook, a-t-on affirmé aujourd’hui de source syndicale.

Les faits se seraient produits au début du mois de février dans ce centre de détention qui compte près de 800 détenus. “Dans ces vidéos, les détenus qui avaient, semble-t-il, consommé de l’alcool et du cannabis, critiquaient les personnels travaillant et l’institution”, a assuré Sébastien Ménard, délégué de l’Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap).

Selon ce syndicaliste, la direction a mené des investigations, découvert le propriétaire du smartphone et récupéré les vidéos. “Nous souhaitons maintenant des poursuites disciplinaires mais aussi devant les tribunaux”, a indiqué Sébastien Ménard.

Ce syndicaliste estime qu’il s’agit d’une affaire “grave” qui ne doit pas être banalisée. “Il y va de l’intégrité physique et morale des personnels”, a-t-il ajouté.

Presse carcérale (Agence Faut Payer, 14 février 2013)

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:32

 

Par 
"L’Effroyable imposture du rap"

LE PLUS. "L"Effroyable imposture du rap". C'est le titre du livre de Mathias Cardet, à paraître le 21 février prochain. Un livre dont Olivier Cachin, spécialiste rap et hip-hop, a publié la critique sur Le Plus. Face aux attaques, l'auteur du livre s'explique et répond aux interrogations sur le contenu de son ouvrage. 

Édité par Sébastien Billard 

Mathias Cardet compare la superstar Booba à la kikou lol Amandine du 38. Mérité ? (COLLOT/SIPA/CAPTURE))

 Selon Olivier Cachin, Mathias Cardet compare Booba à Amandine du 38 dans son livre (COLLOT/SIPA/CAPTURE).

 

Cachin,

 

Je m'étonne que tu n'abordes jamais le fond de mon livre, critiquable ou pas, préférant t'attarder sur la forme, ma personne ou des coquilles d'éditeur. Éditeur, parlons-en tiens.

 

Premièrement, je n'ai pas signé avec "Kontre Kulture" mais avec les éditions Blanche de Franck Spengler, personnage éminemment respectable. Après, les tambouilles d'éditeurs et de coéditeurs, ce n'est pas mon problème. Ce qui compte, c'est ce qui est dans le bouquin, le reste...

 

Je n'ai pas de leçons à recevoir de toi

 

Cela dit, en effet, je connais Alain Soral. Et alors, j'ai envie de dire ? J'ai passé l'âge d'avoir des maîtres à penser, et je vais même te faire une confidence, je connais même des juifs, des arabes, des noirs, des blancs, des gens du PS, de l'UMP... Mais une nouvelle fois, et alors, j'ai envie de te dire ?

 

Si c'est pour sous-entendre l'accusation facile d'antisémitisme, je vais te détendre Cachin, je ne le suis pas. Et non, le rap n'est pas issu d'un complot judéo-maçonnique. Par contre, avant de me donner des leçons sur mes supposées proximités idéologiques, quid de la tienne avec ton meilleur ami Doc Gyneco, et de ses amitiés avec Sarkozy père et fils (le compositeur DJ Mosey) ?

 

Tu vois où ça mène les raccourcis à la con ? Pour ma part, je suis ouvertement anti Front national (entre autres) et, tandis que toi, tu arpentais les plateaux télé avec ton titre autoproclamé de spécialiste rap, moi et d'autres faisions concrètement le coup de poing. Aussi, je n'ai surtout pas de leçons à recevoir de toi. Ni de personne d'ailleurs, hormis celles, peut-être, de mon grand-frère Jo Dalton des "Blacks Dragons".

 

Et d'ailleurs Cachin, qui t'a élu ? D'où parles-tu ? Pendant combien de temps va-t-on devoir supporter les mecs comme toi qui prétendent parler au nom des mecs des quartiers populaires ?

 

Mensonges, mensonges...

 

De plus, tu mens ouvertement dès le titre : "Il compare Booba à Amandine du 38." Je prends à témoin tous les futurs lecteurs du livre, voici ce que j'ai dit sur Amandine du 38 (p. 168) :

 

"Avec l'explosion technologique et la popularisation des tablettes Black B, iPhone et cie, le rap voit son réseau s'étendre de manière exponentielle et sa vitesse de transmission se démultiplier ; un téléphone arabe puissance mille pouvant rendre célèbre n'importe quelle Amandine du 38, une minute après qu'elle a posté sur Youtube. Le rap est désormais liquide."

 

Mensonges, Cachin. Mensonges.

 

Par ailleurs, tu me traites de "complotiste" parce que j'évoque le rôle obscur de J. Edgar Hoover sur la déstabilisation de la contestation noire. Tu es sérieux Cachin ? Un fait avéré que même Hollywood reconnaît ? Il y a même un film qui traite de l'histoire de ce triste personnage et qui est sorti en 2011. À moins que Di Caprio ne soit un infâme soralien... Sais-tu au moins que les fichiers du FBI de cette époque ont été déclassifiés et rendus publics ?

 

Je ne cache pas mes idées

 

Pour finir, tu ironises sur le fait que j'apparaisse toujours flouté. Alors mettons les pieds dans le plat : c'est en effet dû à un passé judiciaire chargé et à une affaire qui était en cours jusqu'à très récemment.

 

Par contre, je préfère mille fois paraître de dos et avancer clairement mes idées, en essayant (modestement) d'appliquer sur le rap les outils fournis par la pensée clouscardienne, plutôt que masquer comme toi le véritable logiciel de l'idéologie de ton milieu et du Rap Game que tu chéris tant (car c'est ton gagne-pain). Soit un hédonisme libéral qui se drape sous un discours faussement subversif et totalement compatible dans une société d'hyperconsommation.

 

Les principales victimes étant évidemment les mecs de quartier. Que tu nieras évidemment en nous vantant l'effet émancipateur du Rap Game, toi qui y vis, sans doute, dans les quartiers.

 

Mais peut-être qu'après tout, ce livre que tu décris comme inintelligent a le mérite de démasquer les gens comme toi. Cela dit, je te reconnais au moins une chose : de la cohérence dans ton parcours. Pigiste chez "Picsou magazine" dans les années 1990, défenseur du rap consumériste en 2013. Logique.

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:58
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L’Épine Noire, contre-information sur Poitiers et ses alentours

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:57

Dans un premier ce chômeur n’avait pas de nom, comme pour le Malien tué par la police et la personne qui a été tuée dans une explosion dans une usine nucléaire, il a fallu chercher pour connaître l’identité de ces personnes. À Nantes il s’appelait Djamal Chab.

Si « tout a été fait avec humanité » cela veut dire que ce sont les règles qui sont inhumaines.

Pour essayer de comprendre, il faut se replacer du point de vue du contrôle social : C’était un « fraudeur ! »

Il n’avait pas déclaré une période de travail en intérim et avait continué à percevoir ses indemnités chômage. Pôle Emploi lui a demandé de rembourser ce trop perçu. Sa période de travail non déclarée ne pouvait pas être prise en compte dans ses droits, pourtant comme tout salarié du privé il avait cotisé pour cela.

La somme en jeu était de 600 euros. Au même moment on apprend que Carlos Ghosn gagne 36’000 euros par jour et qu’il propose de reporter une partie de ses gains pendant 3 ans et qu’il ne gagnerait que 26’000 euros par jour si les ouvrie-ères acceptent son chantage à la « compétitivité ».

La France socialiste pue et refuse de se regarder dans le miroir, le capitalisme continue sa ronde infernale.

Philippe Coutant – Nantes, le 15 février 2013 / Infozone, liste d’information pour la France sauvage

 

Nantes : Premier rassemblement pour que Djamal Chaab, chômeur immolé ne soit pas mort pour rien

Quelques dizaines de personnes ont tenté de se rassembler devant le Pôle Emploi où Djamal Chaab, chômeur en fin de droits d’indemnisation s’est immolé la veille.

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Les lieux étaient bouclés par la police, une dizaine de fourgon CRS selon les personnes sur place et des fouilles systématiques. Plusieurs dizaines de journalistes étaient aussi présents. Une participante témoigne.

Il devait y avoir une quarantaine de militants, le même nombre de CRS formant un périmètre protégé autour du Pôle Emploi (fermé) et beaucoup de journalistes désœuvrés (imaginez une quarantaine de militants dans une zone indus à plus de trente mètres du lieu visé). L’ambiance était un peu morose, une indignation froide, heurtée par le déni d’expression des forces de l’ordre. Un dégoût. Franchement, l’agglutinement des journalistes faisant peine à voir.

Beaucoup de ceux qui n’ont pu participer dénoncent la précarité et souhaitent que le geste désespéré de Djamal n’est pas servi à rien. Un nouveau rassemblement est ainsi organisé à Nantes ce samedi 17 février à 15h Place Royale. Une journée nationale de rassemblement devant tous les Pôles Emploi pourrait ensuite suivre le mardi 20 février. (…)

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Le Pôle Emploi de Nantes Est sous surveillance à l’annonce du rassemblement

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Raphaël Rezvanpour, ActuaLutte.com, 14 février 2013

 

Clermont-Ferrand : le Pôle Emploi occupé après le suicide d’un chômeur à Nantes

(…) Le suicide par immolation d’un chômeur hier à Nantes a suscité une onde de choc dans le pays en pleine période de crise.

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Dans la capitale auvergnate, une quinzaine de militants associatifs (Chomactif et Mouvement National des Chômeurs et Précaires) a décidé d’occuper la direction du Pôle Emploi, avenue Michelin à Clermont-Ferrand, pendant deux heures, pour alerter sur la gravité de la situation. Ils sont parvenus à rencontrer le directeur pour lui faire connaître leurs revendications : augmenter les moyens pour « améliorer l’accueil du Pôle Emploi » et instaurer un revenu minimum pour tous. (…)

Presse esclavagiste (LaMontagne.fr avec l’Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

Nantes. 170’000 € grugés à Pôle emploi depuis la prison

Six hommes et une femme ont comparu, ce jeudi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Nantes, soupçonnés d’avoir escroqué 170 000 € à Pôle emploi. L’un d’eux agissait depuis la prison.

Faux documents

Particularité de ce dossier : les faux documents permettant de toucher les allocations ont été édités depuis un ordinateur du centre de détention par un escroc qui y purge une peine.

Les « bénéficiaires » de ces documents, jugés pour escroquerie, parlent de « kits Pôle emploi ». Ils contenaient des faux bulletins de paye et des lettres de licenciement bidon. À leur sortie de prison, ils présentaient ces documents à Pôle Emploi. L’un d’eux a ainsi perçu 40 000 € sans avoir travaillé.

De lourdes peines requises

Au lendemain du suicide d’un homme désespéré s’immolant devant Pôle Emploi, à Nantes, le procureur, Yann Richard, s’est appuyé sur la dramatique actualité pour ouvrir son réquisitoire.

« L’actualité démontre que beaucoup de Français qui ont bel et bien travaillé se retrouvent dans des situations dramatiques. Des gens commettent des actes irréparables faute de sous pour se nourrir… Je ne trouve pas ça drôle du tout de prendre indûment près de 200’000 € à Pôle Emploi. »

Il a requis de lourdes peines, jusqu’à 3 ans ferme, selon les casiers judiciaires des sept prévenus. Délibéré le 28 mars.

Presse carcérale (Franck Dubray, Ouest-France.fr, 14 février 2013)

 

Chômeur immolé à Nantes : la famille dit son incompréhension

Une infinie tristesse et une profonde incompréhension. Attablés dans leur cuisine, les beaux-parents de Djamal C., ce travailleur précaire en fin de droits de 41 ans qui s’est immolé par le feu mercredi après-midi devant son agence Pôle Emploi de Nantes (Loire-Atlantique), ressassent leur désarroi face à ce geste tragique. « J’avais beaucoup d’estime pour lui. Il nous a flingués », souffle son beau-père très affecté par la disparition de ce gendre « honnête, droit, poli et intelligent ».

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« On l’a aimé et il nous aimait aussi », renchérit son épouse, au bord des larmes. Il y a cinq ans, leur fille Nicole avait rencontré Djamal en Algérie. À l’époque, ce fils d’un tailleur réputé de Sidi Bel Abbès travaillait dans le monde du théâtre, à la confection des décors. Le couple s’était ensuite marié en France avant de s’installer dans un quartier tranquille de l’est de Nantes. Il avait noué de nombreuses amitiés. « Djamal s’était beaucoup impliqué auprès de la famille de l’un des otages enlevés au Niger. Il les aidait à faire des traductions en arabe », insiste la mère de son épouse.

Éplorés, les beaux-parents de Djamal tiennent avant tout à restaurer son honneur. « On a entendu certains dire qu’il travaillait au noir, c’est totalement faux, s’étranglent-ils. Il enchaînait les missions d’interim à chaque fois qu’il le pouvait. C’était un gros bosseur, très apprécié par ses employeurs. » Depuis plusieurs mois, cet homme qui avait suivi une formation en chaudronnerie œuvrait de nuit pour une entreprise de transports. « Il faisait de la manutention. Il avait travaillé tout le mois de décembre mais c’était plus calme en janvier. Il ne rechignait jamais à la tâche », ajoutent-ils.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce salarié à temps très partiel aurait en fait omis de déclarer certaines heures à Pôle Emploi. Et c’est en voulant obtenir ses droits à l’assurance chômage que sa situation aurait basculé. « On lui a demandé de rembourser le trop perçu mais il a surtout été victime de la double peine puisque, dans ces cas-là, l’ouverture des droits à indemnisation est retardée », raille Julien Chaillou de la CGT Pôle Emploi.

Écœuré, Djamal avait alors annoncé son terrible geste à la presse locale et à Pôle Emploi et, malgré les précautions prises, ce ceinture noir de judo est allé au bout de sa logique suicidaire. Mais autour de lui, personne n’avait perçu un tel désespoir. « C’est quelqu’un qui a toujours été très calme. Lors de son dernier passage, lundi, à l’agence, il n’a pas fait d’esclandre. Il a réclamé une copie des textes, il voulait comprendre ce qui lui arrivait. Sa colère était froide mais personne ne s’attendait à une telle issue », confie une employée de Pôle Emploi qui lui a parlé à ce moment-là. (…)

« Je sais qu’il était fatigué, notamment à cause du travail de nuit. Il avait consulté un médecin il y a environ un mois. Je lui avais dit de ne pas se laisser abattre. On était loin d’imaginer ce qui allait se passer », reprend la belle-mère de Djamal. « Je sais que ça le destabilisait beaucoup de ne pas avoir d’emploi fixe. Et puis ça rime à quoi cette histoire de remboursement d’allocations ? », enrage son beau-père. Effondré, le retraité se remémore les derniers jours. « Djamal nous a rendu visite la semaine dernière, ça faisait longtemps, se souvient-il avec émotion. Rétrospectivement, je me dis qu’il était venu nous dire au revoir. »

Presse esclavagiste (Timothée Boutry, envoyé spécial à Nantes, LeParisien.fr, 14-15 février 2013)

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:56

Samedi 9 février après le marché, pour terminer en beauté une semaine de cantine où tous et toutes étaient convié-e-s, nous avons fait un barbecue sur la Plaine.

Sous prétexte que les grillades en ville sont dangereuses car il y a des enfants, la police a rapidement mis fin à ce joyeux banquet à grands coups de lacrymogène.

Leur réaction, ne prenant en compte en aucune façon la présence d’humains autour, fut violente et disproportionnée : tentative de renverser le barbecue brûlant, utilisation de gazeuse à bout portant, coups et blessures.

La fumée du tofu doré et les quelques braises qui rougeoyaient, furent décrétées plus dangereuses qu’un nuage de gaz toxique.

Citation de la police : « C’est un espace public vous n’avez pas le droit d’être là sans autorisation. »

Aujourd’hui la rue n’a pas vocation à être partagée au-delà de normes imposées.

Qu’est-ce que l’espace public ?
Qui peut y concrétiser ses envies ?
Comment se réapproprier notre ville ?

Nous vous convions donc au repas populaire de La Plaine samedi 16 février avec vos recettes préférées.

Nous avons encore Faim. Pas de gaz mais de harissa et de mets délicats.

Marseille Infos Autonomes, 13 février 2013

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:48

 

Centre Ascaso-Durruti, 6 rue Henri René, 34000 Montpellier
Le SCALP / No Pasaran 34 vous invite à une soirée débat autour de Léon de Mattis, auteur du livre « Crises », samedi 16 février 2013 à 20h30 au centre Ascaso-Durruti, 6 rue Henri René à Montpellier.

Avec la participation du site d’analyse révolutionnaire en période de crisewww.tantquil.net

[Rendez-vous à 19h30 pour le « Fallait-pas » : Chacun apporte un petit truc à manger ou boire à partager ensemble]

-> http:// scalp34.wordpress.com/2013/01/14/16022013-conference-debat-tant-quil-y-aura-de-largent-yen-aura-pas-pour-tout-le-monde/

Contact : www.scalp34.wordpress.com - scalp.mtp@live.fr
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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:48

Appel de Lyon

Contre l’accord sur la “compétitivité et la sécurisation de l’emploi” et pour le retrait du projet de loi : APPEL À LA MOBILISATION

Nous, le Comité de lutte de Lyon, considérons l’accord gouvernement/MEDEF/CFDT sur la “compétitivité et la sécurisation de l’emploi”, récemment converti en un projet de loi scélérate, comme une déclaration de guerre au monde du travail.

Il prévoit notamment :

• Que les plans sociaux deviennent désormais une simple formalité, et que les recours deviennent, eux, presque impossibles ;

• Que les salarié-e-s perdent toute possibilité efficace de recours individuel face aux licenciements, particulièrement aux Prud’hommes, réduits à l’impuissance ;

• Que des “accords” signés le couteau sous la gorge, entreprise par entreprise, puissent désormais se substituer au contrat de travail, aux conventions collectives, au droit du travail lui-même. Les patron-ne-s auront désormais toute latitude pour baisser les salaires et durcir les conditions de travail, dans des conditions bien pires que celles prévues par les dispositifs Sarkozy / Fillon mis en place ces dernières années.

• De nombreuses dispositions amplifiant la précarité : mise au chômage partiel facilitée, “mobilité volontaire sécurisée”, “Contrat Intermittent”, etc.

• Des attaques contre la sécurité sociale et l’assurance chômage, avec à la clé une individualisation des droits, creusant les inégalités, ainsi qu’un pactole de plusieurs milliards pour les sociétés d’assurance privées (“complémentaires santé”).

Il faut donc enclencher la lutte.

Nous saluons à ce titre le travail des syndicalistes dans d’innombrables entreprises afin d’informer et de mobiliser sur cette question. Leur combat est le nôtre.

Nous saluons également le combat de tou-te-s les travailleuses et travailleurs qui luttent contre les licenciements et les baisses de salaire, un combat qui va dans le même sens que notre lutte contre l’accord qui est destiné à les aggraver.

Aucun effort ne doit être épargné pour répondre coup pour coup à cette attaque d’une violence inouïe. C’est pourquoi nous appelons, sur tout le territoire, à la constitution de Comités de lutte ouverts à toutes et à tous, syndiqué-e-s comme non-syndiqué-e-s :

• Pour exiger le retrait immédiat et sans conditions de ce projet de loi et de toute autre clause issue de l’accord ;

• Pour combattre tout plan de suppression d’emplois ;

• Pour organiser et renforcer partout le rapport de force avec le gouvernement, avec le pouvoir capitaliste.

Travailleur/euse-s, ouvrier-e-s, employé-e-s, précaires et privé-e-s d’emploi, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, apprenti-e-s,

Organisons-nous et Mobilisons-nous !

Comité de lutte 69 contre les accords sur l’emploi

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