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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 14:54

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 14:02

Mathias Cardet compare la superstar Booba à la kikou lol Amandine du 38. Mérité ? (COLLOT/SIPA/CAPTURE))

Mathias Cardet compare la superstar Booba à la kikou lol Amandine du 38. Mérité ? (COLLOT/SIPA/CAPTURE)

 

"Faire l’autruche, la meilleure position pour se faire enfiler."

 

Dès l’introduction (c’est le cas de le dire), on sait cash qu’on a ici à faire à un pamphlet tout en finesse. Mais c’est la loi du genre : le rap, utopie urbaine devenu marché de masse aux États-Unis puis en France, est loin d’être à l’abri des critiques. Les passions qu’il suscite sont d’une intensité à la hauteur de ses prétentions révolutionnaires, lyriques et commerciales. Alors 180 pages pour démonter une "effroyable imposture", au-delà de ce titre pute en bas résilles et rouge à lèvres gras, pourquoi pas.

 

On poussera même la mansuétude jusqu’à ne pas considérer comme éliminatoire la proximité idéologique d’Alain Soral, fondateur de la maison d’édition publiant ce livre, cabri politique slalomant du PC au front national qui fustige le communautarisme et se revendique "nationaliste de gauche".

 

Sa technique : tordre les faits

 

Mathias Cardet, 38 ans, l’auteur, n’est pas un total inconnu. Il a écrit un premier essai, "Hooliblack", récit de sa vie de supporter du PSG dans lequel il se décrit comme "noir, patriote, adepte d’ultra violence et supporter du PSG". Ce SDF du hooliganisme a une maison :

 

"Le Parc, c’est chez moi. Ce stade, c’est comme le miroir d’une société aux relents nauséabonds, le reflet d’un communautarisme grandissant, le laboratoire de la banlieue".

 

Changement de banlieue avec cette "Effroyable Imposture" où il se positionne en "repenti", tel un communiste qui a découvert le goulag et effectue son mea culpa. Car Cardet est un "mec de banlieue", il tire sa légitimité d’une longue passion pour cette musique. C’est un "baisé du rap", dont il assimile l’écoute à la prise de drogues dures conduisant au même type d’addiction. On attend avec impatience "L’Effroyable imposture de la country" (cette musique qui vous pousse à mettre des chapeaux bizarres et à manger des burgers) et "L’Effroyable imposture des lasagnes au cheval".

 

Règles d’or du pamphlet : multiplier les locutions compliquées ("contenant black-panthéro-marcusien" en mot compte triple) et tordre les faits pour qu’ils penchent du côté de votre thèse.

 

Un exemple ? Avec plaisir. Évoquant le présence de trois femmes ayant joué un grand rôle dans la diffusion du rap, Cardet trouve le moyen de leur donner le mauvais rôle au prix d’une assimilation bien crapuleuse avec la pauvre Marie Trintignant, dont on se demande ce qu’elle vient faire dans cette galère. Ce qui donne :

 

"Cette sur-virilisation est en fait née d’une situation sociale castratrice engendrée par l’idéologie de la classe à laquelle ces femmes appartiennent. Qui est non sexuelle. Car, évidemment, celles qui s’en prendront plein la gueule seront celles des classes inférieures (à une Marie Trintignant près)".

 

Vous avez une heure pour trouver le rapport entre le rap et la victime de Bertrand Cantat, on ramasse les copies après.

 

La donnée éliminatoire : les erreurs grossières

 

Autres gimmicks efficaces : un mot-clé répété comme un mantra (ici "Tartufferie", employé cinq fois), du name dropping élégant (le philosophe Herbert Marcuse, appelé à la rescousse à dix reprises) et une bonne dose de théorie du complot (les liens entre rap et mafia, J. Edgar Hoover en grand ordonnateur de la normalisation révolutionnaire des Noirs américains).

 

Sans oublier, bien sûr, une mise au même niveau d’artistes qui n’ont rien à voir entre eux, comme la superstar Booba et la kikou lol Amandine Du 38. Pour mieux comprendre, imaginez une "Effroyable imposture du cinéma" qui comparerait "Autant en emporte le vent" avec "Mon curé chez les nudistes", et vous y êtes.

 

Reste l’élément éliminatoire, surtout pour quelqu’un qui prétend venir de la matrice : les erreurs qui tuent. Comme appeler le second album du groupe Wu-Tang Clan "Wu-Chronicles" au lieu de "Forever", et nommer le label historique du gangsta rap "Ruffhouse Records" au lieu de Ruthless Records (trois fois). Allez, la faute d’orthographe à Snoop Dogg (avec un seul G au lieu de deux), c’est cadeau.

 

180 pages ineptes

 

Bref, on l’aura compris, le livre intelligent pour fustiger les travers du rap reste à écrire. On aura au moins appris que les rappeurs ne sont pas de gauche, qu’ils sont en fait des sales capitalistes et veulent se faire de l’argent. Et que le marketing est au cœur du show business. Il fallait bien 180 pages pour en arriver là.

 

La presse qui roule ne s’y est pas trompé : "Le Figaro" a consacré une longue interview à ce pourfendeur de sauvageons incultes assoiffés d’euros. On y comprend vite pourquoi Cardet est promis à un grand avenir promotionnel pour son opus à la haine molle. Hélas, le courageux Terminator refuse de se montrer en photo et passe à la télé de dos ou dans le noir, comme les délinquants sexuels dans les magazines d’actualité.

 

Exemple de questions du "Figaro" : "Partez-vous du principe qu’il n’y a pas de bon rappeur ?" ou "Pensez-vous que le rap a un effet néfaste sur la société ?". Ceux qui devinent les réponses gagnent un abonnement à l’UMP.

 

La conclusion de l’interview vaut tous les sketches de Dieudonné :

 

"Un conseil pour les jeunes : tournez-vous vers David Guetta. C’est du divertissement et au moins, vous ne danserez pas sur la révolution."

 

Cardet ne doute de rien. C’est même à ça qu’on le reconnaît.

 

 

"L’Effroyable Imposture Du Rap" de Mathias Cardet, Éditions Blanche/Kontre-Kulture (Le 21 février)

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:33

es protagonistes : l’ancien régime, les islamistes et Hamadi Jebali

L’ANCIEN RÉGIME
Zied El Heni, journaliste et membre du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens a été entendu aujourd’hui par le juge d’instruction du 13e bureau au tribunal de première instance de Tunis Rappelons que sur la chaîne Nessma TV, le vendredi 8 février 2013, Zied El Heni avait déclaré avoir été contacté par une source sécuritaire qui lui aurait révélé l’implication du ministère de l’Intérieur dans l’assassinat de Chokri Belaid. Selon Zieh El Heni, le responsable de l’assassinat serait le directeur général des services spéciaux Mehrez Zouari, décrit comme l’homme fort d’Ennahdha au sein du ministère de l’Intérieur. (…)

Winston Smith, Nawaat

 

LES ISLAMISTES
Jaziri ministre du #TnGov pose la question “Qui a les épées ?” Vous avez le MI et la justice ya sillakhra!!! #9pm
[Traduction : Lors de l’émission politique « 9pm » sur la chaîne Attounisiya, Jaziri, ministre islamiste du gouvernement tunisien, pose la question : « Qui a les épées ? Vous avez le ministère de l’intérieur et la justice, espèce de merdeux !!! »]

@MorsiChaari, sur Twitter

 

HAMADI JEBALI
— En Tunisie comme en Égypte, le pouvoir islamiste est à l’épreuve. Comment l’analysez-vous ?
Ce n’est pas propre aux islamistes. Comment concilier la révolution, l’État et ses réalités ? La plupart du temps, cela échoue parce que l’État dévore la révolution. (…)

Propos recueillis par la journaflic Isabelle Mandraud, envoyée spéciale à Tunis (Le Monde)

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Les Amis de l’Internationale,
publié par Le Jura Libertaire, 12 février 2013

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:32

Affaire Ajimi : les policiers condamnés en appel

JUSTICE – Ce lundi, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé les peines infligées aux policiers condamnés il y a un an à Grasse, pour la mort de Hakim Ajimi.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi répond aux questions des journalistes ce lundi à Aix-en-Provence, après la confirmation par la cour d’appel de la condamnation de trois policiers à 6, 18 et 24 mois de prison avec sursis.

Un an après le procès de Grasse, les condamnations des deux policiers de la Brigade anti criminalité et du policier municipal de la commune qui avaient participé à l’interpellation fatale à Hakim Ajimi ont été confirmées ce lundi à Aix-en-Provence. La cour d’appel a reconnu coupables d’homicide involontaire les deux fonctionnaires de police et les a condamnés à respectivement 18 et 24 mois de prison avec sursis, suivant exactement les réquisitions du parquet.

Pourvoi en cassation

“Mes clients ne s’y attendaient pas du tout, ils espéraient une relaxe, ils sont très surpris” a indiqué à Metro leur avocat niçois, Me Joël Blumenkranz. “Nous allons déposer un pourvoi en cassation, au moins à titre conservatoire, le temps de prendre connaissance des motifs car la cour à indique qu’ils n’avaient pas été condamnés pour les mêmes motifs qu’en première instance à Grasse”.

La cour a également retenu le délit de non-assistance à personne en danger à l’encontre du policier municipal de Grasse, qui voit sa peine de 6 mois de prison avec sursis confirmée.

“La famille Ajimi est enfin satisfaite, elle espère que s’en est terminé après tant d’années de procédure” a confié l’avocat de la partie civile, Me Franck de Vita.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Michel Bernouin à Nice, Metrofrance.com, 11 février 2013)

 

(…) La cour d’appel a toutefois assorti ces condamnations d’une “substitution des motifs”, qui n’ont pas encore été énoncées. En première instance, les policiers avaient été condamnés pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Par ailleurs, la cour a élargi le nombre de personnes pouvant bénéficier de dommages-intérêts aux oncles et tantes du jeune homme décédé. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 11 février 2013)

 

(…) Pour la famille du jeune homme de 22 ans, mort asphyxié parce que les policiers avaient pratiqué une clé d’étranglement trop fort et trop longtemps au cours de son interpellation, l’émotion était forte à la sortie de l’audience : « On est soulagés. Au moins, on sait qu’ils sont coupables, même si ce sont des coupables protégés », a déclaré à la sortie de l’audience Boubaker Ajimi, le père du jeune homme décédé en 2008, qui avait dénoncé une justice à deux vitesses lorsque le tribunal avait condamné les trois hommes à des peines de prison avec sursis le 18 janvier dernier. (…)

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Une mobilisation de soutien et en mémoire d’Hakim Ajimi à Grasse (Alpes-Maritimes), le 12 janvier 2013.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 11 février 2013)

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:31

D’une prison à l’autre

Le 16 décembre 2012, cinq personnes tentent de s’évader du centre de rétention de Palaiseau. Quatre vont y parvenir mais la cinquième personne, Ibrahim, va rester dans les mains de la police qui le passera à tabac. Il est placé en garde-à-vue puis déféré devant un juge deux jours plus tard accusé d’avoir ceinturé un flic pour lui voler un badge magnétique qui a permis aux autres de se faire la belle. Il est ensuite incarcéré en préventive à Fleury-Mérogis jusqu’au 18 janvier 2013, jour du jugement où il est condamné à deux ans de prison ferme et à verser 1200 euros à deux flics qui se plaignent de violence. En centre de rétention, l’évasion n’étant pas un délit, les flics et les juges cherchent donc à charger sur d’autres chefs d’inculpation.

Ibrahim se trouve maintenant incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis. Il n’a pas fait appel de la condamnation. Quand on est isolé, étranger et qu’on ne parle pas français, sans avocat, il est quasiment impossible de comprendre qu’on a dix jours pour faire appel. La justice écrase d’autant plus que l’on est pauvre et sans papiers.

D’une taule à une autre, de la prison pour étrangers à la maison d’arrêt, le chemin est tout tracé, et dans les deux sens. Le pouvoir profitera toujours des révoltes, des tentatives d’évasions, des refus d’embarquement, pour enfermer toujours plus les récalcitrants. Et inversement, quand on sort de prison et qu’on est sans papiers, ce qui nous attend c’est dans la plupart des cas, le centre de rétention et l’expulsion.

Quand on est enfermé dans un centre de rétention, quand tous les recours juridiques sont épuisés et quand s’annonce l’expulsion, la seule alternative c’est l’évasion et la révolte. C’est pourquoi ces histoires se répètent : quelques jours avant l’évasion de Palaiseau, sept personnes se sont échappées du centre de rétention de Vincennes, on espère qu’ils courent toujours. À Marseille, en mars 2011, des retenus ont mis le feu à la prison pour étranger du Canet. Depuis, deux personnes sont sous contrôle judiciaire après être passées par la case prison, dans l’attente d’un procès.

Pour Ibrahim comme pour ceux de Marseille, il est important d’être solidaire avec celles et ceux qui se révoltent pour leur liberté, qu’ils soient innocents ou coupables. Car tant qu’il restera des prisons, des papiers et des frontières, la liberté ne restera qu’un rêve.

Feu à toutes les prisons !
Liberté pour toutes et tous !

Pour ne pas laisser Ibrahim isolé face à la prison et à la justice, il est possible de lui écrire :

Ibrahim El Louar
écrou n°399815
Bâtiment D4 – MAH de Fleury-Mérogis
7 avenue des Peupliers
91705 Sainte-Geneviève-des-Bois

Des mandats lui sont envoyés. Si vous voulez y contribuer vous pouvez envoyer de l’argent à Kaliméro, caisse de solidarité avec les inculpés de la guerre sociale en cours. Le n° de compte pour faire un virement : 102780613700020471901 Clé 07.

Si vous voulez envoyer des vêtements ou des colis, ou pour tout contact, il est possible d’envoyer un mail.

Mailing RESF, 11 février 2013

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:21

Au-delà du cheval : des produits d’équarrissage dans les plats cuisinés ?

Comment produire une viande de qualité pour des produits industriels vendus 1,60 euro la barquette ? Le docteur Chevallier tire la sonnette d’alarme.

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Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll a affirmé que tout cela n’était pas acceptable : “Il faut faire respecter une chose simple, ce qu’on inscrit sur une étiquette doit être conforme à ce qu’il y a dans le produit. (…) Il doit y avoir correspondance entre le contenant et le contenu.”

Les Anglais ont été trompés sur la marchandise avec l’affaire des lasagnes à la viande de cheval étiquetée comme étant du bœuf. Soit. La viande de cheval, si elle peut être parasitée par la trichinose, est moins grasse et plus saine que la viande de bœuf, d’autant que la qualité d’une viande est fortement dépendante de ce que consomment les animaux. Dans ce domaine, les chevaux sont plutôt mieux nourris que les bovins et les porcs des élevages intensifs industriels. Donc, même si l’hippophagie n’est pas prisée outre-Manche, nos amis anglais ne risquent rien a priori, sauf si…

Car on s’aperçoit tout simplement que les contrôles qualité de l’entreprise (de nombreuses autres doivent être dans le même cas) et des organismes officiels ont été plus que défaillants en étant incapables de détecter la différence entre la viande de cheval et celle de bœuf, à moins qu’il n’y ait tout simplement pas de contrôle ! Depuis combien de temps ces pratiques existent-elles ? Ces dysfonctionnements n’ouvrent-ils donc pas la voie à bien d’autres interrogations ? Analysons par exemple le coût d’une boîte de raviolis (fourchette haute) de 1,60 euro pour 400 grammes de composé “pur bœuf”.

Sur quoi fait-on des économies ?

Comment arriver à ce prix qui comprend la fabrication de la boîte, l’impression des étiquettes, la confection du plat composé à base de pâtes, de bœuf (attention, la mention “à base de bœuf” indique qu’il y a bien d’autres composés), de sauce tomate, de condiments, d’additifs ?… Puis, n’oublions pas le transport des boîtes, la marge du vendeur. Au-delà des frais fixes, sur quelle partie peut-on faire des économies ? Sur la qualité du contenu ! Ainsi a-t-on dans cette boîte une viande pour un coût forcément inférieur à 0,40 euro les 100 grammes.

L’exemple donné peut être étendu à de nombreux plats confectionnés : poulet basquaise, hachis parmentier, à la fois en conserve ou surgelé… Cette viande est issue de pays à bas coût de main-d’œuvre : est-il simplement possible économiquement de produire en conservant un minimum de qualité ? Il y a tout de même des limites en dessous desquelles il n’est plus possible de fournir, sauf peut-être en ajoutant, au-delà des plus bas morceaux (tendons…), des produits d’équarrissage.

Les rendre “comestibles” est fort simple, la cuisson, l’adjonction de divers composés chimiques peuvent les rendre plus “sains”, et la simple irradiation (largement pratiquée dans certains pays) détruit les micro-organismes. La viande ainsi traitée devient “consommable” sans risque sur le plan bactériologique. Il faudrait que les organismes privés et publics disent clairement comment sont effectués leurs contrôles, notamment vis-à-vis des pratiques possibles d’irradiation non déclarées.

L’Union préconise… l’autocontrôle des industriels !

Le scandale ne fait que commencer et il faut souligner le fait que l’Europe accepte un laisser-faire surprenant dans la mesure où elle n’a pas réussi à imposer une vraie traçabilité des produits alimentaires dans les plats composés. La mention de l’origine du pays des divers ingrédients n’est même pas obligatoire grâce, entre autres, au lobby intense des industriels, alors même que l’alimentation industrielle tend vers une industrie d’assemblage. Quant à la Commission européenne, elle est favorable à plus d’autocontrôle de la part des industriels ! Avec certainement parmi les arguments, peut-être soufflés par les lobbyistes, qu’il faut soulager les autorités sur le plan financier. Or, c’est bien par le contrôle des autorités luxembourgeoises puis anglaises que la supercherie a été détectée concernant l’étiquetage trompeur.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll a affirmé que tout cela n’était pas acceptable : “Il faut faire respecter une chose simple, ce qu’on inscrit sur une étiquette doit être conforme à ce qu’il y a dans le produit. (…) Il doit y avoir correspondance entre le contenant et le contenu.” Le contenant, c’est la boîte, et le contenu, ce qu’il y a dedans. Or, M. Le Foll n’est pas sans savoir que l’on ignore la composition d’un grand nombre de produits alimentaires consommés par des millions de gens au nom du “secret” industriel, certains revendiquant même cet aspect sur le plan marketing.

Le soupçon concernant la présence de viandes issues de l’équarrissage existe, reste aux organismes de contrôle nationaux et européens à infirmer ou confirmer cette hypothèse. Si le ministre de l’Agriculture veut réellement passer aux actes, nous l’y aiderons.

Presse empoisonneuse (Dr Laurent Chevallier, LePoint.fr, 10-11 février 2013)

 

Scandale alimentaire
Viandes et carcasses de chevaux recyclés en hamburgers et en lasagnes

Nouveau scandale alimentaire : des lasagnes et plats de spaghettis vendus sous la marque Findus au Royaume-Uni contenaient entre 60 et 100 % de viande de cheval, au lieu de bœuf.

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L’agence sanitaire – l’Agence des standards alimentaires (Food Standards Agency, FSA) – estime qu’il s’agit « très probablement » d’une fraude délibérée ou d’un acte criminel, et non d’une « erreur d’étiquetage » accidentelle comme l’annonce l’entreprise agroalimentaire. « Nous n’avons pas de preuve qui laisserait penser que cette nourriture présente des risques pour la santé », précise la FSA. Des tests sont en cours pour identifier la présence éventuelle de phenylbutazone, un médicament vétérinaire anti-inflammatoire utilisé dans l’élevage équin, interdit à la consommation du fait de risques pour la santé humaine.

L’agence de sécurité alimentaire a demandé aux entreprises britanniques de tester dans les prochains jours tous leurs produits à base de bœuf. Car les scandales se succèdent : mi-janvier, des traces d’ADN de cheval sont retrouvées dans des hamburgers britanniques et irlandais. Qui contenaient jusqu’à un tiers de viande équine. Fin janvier, c’est au tour de l’enseigne Burger King d’admettre que certains de ses hamburgers contiennent des traces d’ADN de cheval. Plus inquiétant encore : l’ADN de cheval découvert dans les hamburgers vendus par les supermarchés Tesco provient, selon The Guardian, de poudres de concentrés de protéines, issues de carcasses de chevaux et ajoutées à la viande, en provenance notamment d’Espagne ou des Pays-Bas.

Cette fois, les produits Findus incriminés sont fournis par l’entreprise française Comigel, qui a lancé l’alerte à cause d’un doute sur la « conformité » (sic) de ses produits. L’entreprise Comigel, basée en Lorraine, est notamment fournisseur de Picard, Auchan et Cora. Un quart de sa production est destinée aux écoles, hôpitaux ou maisons de retraite. Le groupe Findus, numéro un français des produits surgelés salés, s’est quant à lui récemment lancé dans une opération de relocalisation de sa production en France. L’ex-actionnaire majoritaire de Findus, Lion Capital, a cédé le contrôle du groupe à des « prêteurs secondaires », la banque JP Morgan et le fonds d’investissement High Bridge, qui lui ont permis d’effacer une dette de 522 millions d’euros. Pas sûr que l’implication de ces acteurs financiers dans les produits surgelés permettra d’éviter de futurs scandales sanitaires…

Agnès Rousseaux, Basta !, 8 février 2013

 

Findus : soupçons d’une fraude à plus grande échelle

INFOGRAPHIE – Retraits de surgelés dans les rayons, réunions de crise et plaintes croisées : les lasagnes à la viande de cheval provoquent un scandale européen.

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Les enseignes de la grande distribution ont indiqué avoir fait retirer de leurs rayons (ici un magasin à Wittelsheim, en Alsace) les produits concernés par l’affaire de la viande de cheval.

Le « horsegate », arrivé par la Grande-Bretagne, prend de l’ampleur. Le scandale des lasagnes à la viande de cheval censées contenir du bœuf gagne du terrain. Depuis dimanche, la liste des plats surgelés suspects s’est allongée. Tout comme le nombre d’enseignes de la grande distribution qui ont annoncé le retrait de produits de leurs rayons. Dans un climat de psychose naissante, chaque protagoniste se défausse de toute responsabilité. Tromperie ou fraude organisée à grande échelle, l’affaire alerte sur les difficultés de la traçabilité des produits qui atterrissent dans nos assiettes.

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Frères très chers, / Je vous ai convoqués à ce consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. (…)

• Une longue liste de produits

En France, des lasagnes, cannellonis, spaghettis bolognaise, moussakas ou hachis parmentier ont été retirés de la vente dans six grandes enseignes. Ce retrait, annoncé dimanche, concernerait des produits Findus et, à environ 90 %, d’autres marques de distributeurs (Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, Picard). Les produits ont été enlevés « du fait d’une non-conformité d’étiquetage quant à la nature de la viande », a précisé la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Les groupes Leclerc et Intermarché ont sorti les produits Findus concernés dès vendredi. L’extension du phénomène était prévisible, car l’entreprise française Comigel, qui préparait les plats cuisinés en cause, commercialise ses produits dans seize pays européens. Les produits Findus réintégreront les rayons en début de semaine après des tests ADN.

• Un circuit propice à la fraude

Les plats surgelés comme ceux de Findus sont préparés par l’entreprise Comigel, qui se fournit en viande auprès de la société française Spanghero. Cette dernière est accusée par Findus de ne pas s’être assurée de la qualité du produit. Spanghero et sa maison mère Pujol sont passés par l’intermédiaire d’un trader chypriote qui avait lui-même sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas.

Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, a dénoncé une architecture qui « relève avant tout d’une logique financière qui aurait rapporté plus de 300.000 euros ». Une première estimation. Dans son entourage, on évoquait hier soir « un faisceau d’indices permettant de présager une fraude intentionnelle, liée à un système de vente et de revente ». Au début de la chaîne, l’abattoir roumain : il est défendu par l’association de patrons roumains de l’alimentaire, Romalimenta, qui rejette la faute sur l’importateur.

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(…) Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’évêque de Rome, successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. (…)

• Une tournure judiciaire

Des enquêtes ont été ouvertes en Roumanie et en France où la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a été saisie. À elle de déterminer à quel stade de la filière le cheval s’est transformé en bœuf, plus cher sur le marché, et s’il s’agit d’une fraude manifeste ou d’une série de négligences [sic - NdJL]. Dès vendredi, des échantillons de viande ont été prélevés en vue d’analyses. « Nous verrons mercredi les premiers résultats. Et notamment si Spanghero savait qu’elle achetait du cheval ou si elle a été trompée », a indiqué Benoît Hamon.

Parallèlement, la répression des fraudes travaille sur les bases de données de douanes afin de déterminer si les importations déclarées de viande de cheval dans l’Hexagone correspondent aux chiffres de vente. Les investigations du Service national d’enquêtes devront aussi établir si d’autres circuits d’approvisionnement peuvent être suspectés. L’estimation du tonnage de viande trafiquée devrait être quant à elle connue dès mercredi.

En France, le groupe Findus, distributeur des plats impliqués, a annoncé le dépôt d’une plainte contre X ce lundi. Findus Nordic va également porter plainte contre la société française Comigel et ses fournisseurs pour fraude et non-respect des dispositions contractuelles. Cogimel estime avoir été « berné » et va « demander réparation ». Depuis Londres enfin, Findus a jugé que cette fraude pourrait remonter à août 2012 et qu’il était peu probable qu’elle soit « accidentelle ». La société française Spanghero, qui a fourni la viande, indique qu’elle se retournera contre son propre fournisseur roumain, « s’il s’agit bien de viande de cheval ».

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(…) Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères cardinaux dans l’élection du Souverain pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière. / Du Vatican, 10 février 2013 / BENEDICTUS PP XVI (Benoît XVI)

• Coups de gueule et gestion de crise

De l’abattoir au rayon des surgelés, ce scandale révèle la fragilité de traçabilité des produits. « C’est un laisser-aller blâmable de la législation communautaire », a déploré Alain Bazot, président d’UFC-Que choisir. L’ex-ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire,a estimé que l’amélioration de l’étiquetage des produits alimentaires était « une nécessité ». Les résultats de l’enquête permettront de « savoir si aujourd’hui il y a matière ou non à modifier la réglementation européenne », a commenté le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, défendant la « très grande qualité » du contrôle vétérinaire.

Lundi, Benoît Hamon convoque toute la filière, des producteurs à la grande distribution en passant par les industriels. Objectif : faire le point sur la traçabilité, qui fait l’objet de contrôles renforcés depuis lundi, et s’assurer du retrait de tous les plats suspects. Le ministre recevra aussi des associations de consommateurs en plein émoi. « Il n’y a pas d’alerte sanitaire », martèle-t-on chez Benoît Hamon.

Presse empoisonneuse (Agnès Leclair & Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 10-11 février 2013)

 

« L’agroalimentaire n’est pas une industrie vertueuse »

INTERVIEW – Jean-Michel Cohen est médecin nutritionniste. Suite au dernier scandale alimentaire des lasagnes au cheval, il critique une industrie qui cherche à réduire les coûts au maximum.

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Est-il normal d’utiliser de la peau de poulet pour fabriquer des nuggets de poulet ? Aujourd’hui, qui est capable de lire une étiquette agroalimentaire ? Qui sait dire ce que signifie « préparation à base de viande bovine » ? Personne à part quelques spécialistes. L’expression « viande bovine » ne dit pas d’où provient le morceau. Ce peut être du cou, du museau, du pied, de l’anus de bœuf.

Le Figaro – Dans l’affaire des lasagnes au cheval, qu’est-ce qui vous choque le plus ?

Jean-Michel Cohen - L’étiquettage au nom d’une marque. Vous achetez des produits sous une marque, ici des lasagnes de bœuf Findus et puis vous découvrez que le produit n’a rien à voir avec la marque. C’est un peu la même chose avec les viennoiseries. Vous mangez des pains au chocolat et des croissants dans un Palace cinq étoiles alors qu’en réalité, il s’agit de viennoiseries surgelées fabriquées par des grands groupes industriels, pas du tout dans les cuisine de l’hôtel.

Selon vous, on a brisé le lien entre le consommateur et le producteur ?

Oui, car le trafic ne concerne pas que la viande. Aujourd’hui, si tout un stock de coca n’est pas vendu en République tchèque, il va se retrouver dans un autre pays, sans contrôle sur la qualité après le transport. Cette rupture entre le consommateur et le producteur ne va que s’amplifier et alimenter les peurs dans le futur. Les gens vont vouloir encore plus de proximité.

Ce qui me frappe dans l’histoire des lasagnes, c’est que personne n’est responsable alors qu’en réalité, tout le monde est coupable.

Cette histoire ne pose pas de problèmes en termes sanitaires mais on peut imaginer un autre scénario dans lequel la santé des consommateurs serait en danger ?

Bien sûr, le problème se posera un jour dans le cadre d’une intoxication à grande échelle. Car la vraie question est : est-il normal de fabriquer de la nourriture en baissant à ce point les coûts ? Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de « préparations fromagères ». Il ne s’agit pas de fromage mais de mélanges de poudre de lait écrémé, d’eau et de matières grasses végétales. Ces trois ingrédients vont être manipulés, mélangés dans des cuves et retravaillés, autant d’opérations qui multiplient les risques alors qu’en réalité il faudrait tripler les contrôles.

Les contrôles ne sont pas suffisants ?

Il n’y a pas d’organisme de contrôle suffisamment performant pour étudier les étiquettes et dire qu’elles sont mensongères. On s’est rendu compte que la gélatine était en réalité bien souvent de la gélatine de porc, que les entreprises agroalimentaires écrivent « huile végétale » pour ne pas dire « huile de palme ».

Ce n’est pas un industrie vertueuse. De la même façon, est-il normal d’utiliser de la peau de poulet pour fabriquer des nuggets de poulet ? Aujourd’hui, qui est capable de lire une étiquette agroalimentaire ? Qui sait dire ce que signifie « préparation à base de viande bovine » ? Personne à part quelques spécialistes. L’expression « viande bovine » ne dit pas d’où provient le morceau. Ce peut être du cou, du museau, du pied, de l’anus de bœuf. L’étiquettage est très limité et les industriels jouent des failles pour ne remplir que leurs obligations légales et ne pas trop en faire pour ne pas gêner la vente.

Presse empoisonneuse (Anne Jouan, LeFigaro.fr, 11 février 2013)

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 19:08
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:51

Quand?
Samedi 23 février de 20h à minuit


Qui?
- Louis Lingg and the Bomb (Punk/Anarcho-Pop)
- Les Bécasses (Power Pop)

Où?
Au transfo, 57 avenue de la république à Bagnolet (93)

Le rémouleur est un local auto-organisé de lutte et de critique sociale, 106 rue Victor Hugo à Bagnolet – contact et programme : https://infokiosques.net/le_remouleur

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 13:42

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 13:03

BagnardWau.jpgEinstein affirmait qu’il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé. Malgré la difficulté, quelques chercheurs se sont attaqués à celui selon lequel, dans ce pays, les « assistés » se gavent d’aides sociales. Résultat : quasiment un pauvre sur deux ne réclame rien à l’État ! 

 


« La politique de lutte contre la fraude [sociale] est portée par un feu roulant de propos stigmatisants. Sans chercher à polémiquer sur leur forme, il faut néanmoins comprendre que ces discours ont pour effet de culpabiliser les ayants droit, entraînant ainsi des non-recours et donc des non-dépenses. » Voilà le constat que l’on trouve dès les premières pages du bouquin L’Envers de la fraude sociale, paru ces jours-ci [1].

Aux commandes de l’ouvrage : un certain Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), fondé en 2003 par le politologue Philippe Warin et la sociologue Catherine Chauvaud. Après un quinquennat sarkozyste délirant de surenchère sur ces assistés siphonnant le jus clairet de nos finances publiques, après les « RSA-canapés » du Figaro et le « cancer de la société » de Wauquiez [2], les analyses de l’Odenore tombent à pic pour dévoiler les dommages collatéraux de cette guerre contre les pauvres. Dans la mire des chercheurs, la notion de « non-recours », définie la situation d’une personne éligible à certains droits sociaux, mais qui, pour certaines raisons, n’en bénéficie pas.

« Ce qu’il faut savoir, c’est que tout le monde est en situation de non-recours potentiel, à partir du moment où l’offre publique existe, explique le sociologue Pierre Mazet, membre de l’Odenore. Nous avons décidé de nous intéresser aux populations précaires, car elles sont mécaniquement les plus exposées au non-recours, étant donné que la majorité des droits sociaux sont liés à des conditions de ressources. L’idée à saisir, c’est que plus les conditions de vie, voire de survie, sont difficiles, plus il devient compliqué de demander ses droits. » Les chiffres donnent le tournis : une personne sur deux en droit de toucher le RSA ne le perçoit pas. 1,4 millions de foyers éligibles à la CMU s’assoient sur leur couverture maladie. par Flow {PNG}Alors que le droit au logement opposable table sur une population de 650 000 ménages à couvrir, 280 000 ménages à peine essayent de bénéficier du dispositif. Et les chiffres sont à l’avenant concernant les allocs chômage, les tarifs sociaux de l’énergie, etc.

Conséquences : des économies faramineuses sur les fonds publics. 700 millions d’euros ont ainsi été économisés sur le râble des assurés sociaux au titre de la CMUC ; 5,7 milliards d’euros sur celui des RSAstes [3]. Aux origines d’un tel naufrage des politiques sociales, plusieurs raisons sont invoquées : des dispositifs méconnus du grand public ou des acteurs sociaux – les tarifs sociaux des transports publics, par exemple –, des allocs jugées trop faiblardes, des procédures trop complexes. « Concernant les tarifs de premières nécessité (TPN), EDF passait jusqu’à peu par une boîte privée, Xerox Global Service, qui envoyait un formulaire aux assurés éligibles. Le formulaire est très compliqué, j’ai compté 57 cases à remplir ! », cite en exemple Pierre Mazet.

Il y a une raison beaucoup plus insidieuse qui pousse les gens à bouder leurs prestations sociales : le coût psychologique. « Tout est fait pour que les personnes éligibles à des droits se sentent coupables. à partir du moment où on oblige les gens à demander, on produit un phénomène de honte, de perte de l’estime de soi. On se considère comme pauvre. » Une issue pourrait se dessiner dans l’instauration d’une certaine automatisation des droits ; on pourrait imaginer sans mal qu’un bénéficiaire du RSA ait droit dans la foulée à la CMUC, aux tarifs sociaux de l’énergie, etc., sans qu’aucune démarche de sa part ne soit nécessaire. Si techniquement de tels circuits sont dans l’ordre de la faisabilité, politiquement la musique est toute autre.

« L’automatisation des droits ne fait pas débat en France, explique Pierre Mazet. Pourtant elle aboutirait à une plus grande distribution des droits et permettrait de faire des économies de gestion importantes. Il faudrait pour cela une remise à plat de tout le système social. Ceux qui y sont opposés parlent d’un risque Big Brother, car effectivement il faudrait imaginer de larges croisements de bases de données. Mais Big Brother, on y est déjà un peu en ce moment : les services de la CAF se connectent bien avec les impôts pour vérifier la véracité des déclarations de ressources. Je veux dire : on croise les fichiers pour les contrôles, on pourrait tout à fait les croiser pour l’acquisition de droits. Donc, la vraie raison est ailleurs. En France il y a ce tabou disant que les bénéficiaires doivent être responsabilisés. Et cette responsabilisation passe par la démarche de demander son droit. » Les fameux « droits et devoirs » cités à l’envi par les thuriféraires d’un toujours moins d’État social.

Bannie de la sphère publique, l’automatisation des droits est cependant admise, quand les fonds sont privés. Un décret paru en mars 2012 prévoit l’attribution du TPN à tout bénéficiaire de la CMUC. « Ce que peu de gens savent, précise Pierre Mazet, c’est que le TPN est financé par l’ensemble des clients EDF qui abondent un fond, dont EDF fait à peu près ce qu’il veut d’ailleurs, et qui sert à payer le TPN. Ça ne coûte rien à l’État. C’est une mutualisation des coûts sociaux. En gros : les pauvres paient par le biais de leurs factures pour des précaires dont 65 % ne bénéficient même pas du TPN. » On ne pourrait mieux résumer le paradigme d’une époque.

 

Repris sur CQFD

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