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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:56

 

tiré de http://coeurnoirteterouge.wordpress.com

J’ai la super rage les copains. Je viens de voir la façon dont le gouvernement a fait passer en forcecette saloperie d’ANI, profitant du barouf que font les cathos bargeots autour de la loi sur le mariage pour tous qui traîne depuis des mois pour laisser tout le monde (rires jaunes) s’exprimer librement (bis) sur le sujet. C’est marrant, mais du peu que j’ai suvi sur les médias traditionnels, je n’ai vu et entendu qu’une seule et même parole, et ce n’est absolument pas celle des premiers concernés. Sûr qu’une perchée qui surjoue la victimisation en direct sur un plateau télé c’est plus media-sexy que, par exemple, une famille homoparentale qui explique que tout va bien pour elle (enfin, allait bien jusqu’au déchaînement de haine apparu avec la Manif Pour Tous…). Des hordes de jeunes bien coiffés et imberbes malmenés par les CRS c’est du jamais vu, et ça passe mieux à l’image que des tronches de pédés passés à tabac.

On est tous dans la même merde, et on assiste à nouveau à l’application du fameux « diviser pour mieux régner ». Après les chômeurs-profiteurs, les roms-magouilleurs et les musulmans-islamistes, arrivent les homos-bourgeois, nouveaux boucs émissaires sur lesquels on devrait cracher notre mal-être. Elus et médias remettent en cause, sans que cela ne semble choquer personne, la légitimité de certaines catégories de personnes à vivre comme ils l’ont choisi, ou tout simplement tels qu’ils sont. Il suffit de désigner ce que j’appellerais une sous-classe, et de la montrer du doigt. Nous, les pauvres, le prolétariat, travailleurs ou non, ceux d’en bas quoi, sommes multiples. Nous sommes tous différents, et il est triste que nos exploiteurs arrivent à nous convaincre que nos frères ou soeurs de misère sont des ennemis, nos ennemis. Le chômeur ne « profite » pas, il bénéficie de cotisations salariales qui lui reviennent de droit. Le rom a une grosse voiture ? Dis-toi bien que ce n’est pas parce qu’il est plus riche que toi ; simplement qu’en tant que nomade, le fric qu’il ne met pas dans une habitation en dur, il le met dans une bonne voiture. Et le musulman, il a autant envie d’imposer barbe ou voile à tout le pays que moi de voir tout le monde porter la moustache ; quand il se contente de croire à ce qu’il a envie de croire, sans me casser les baloches avec ça, je vois pas où est le problème. Mais on préfère focaliser sur une minorité, la seule montrée par les médias, pour généraliser à toute une catégorie.

Comme partir dans ce délire des homos qui seraient bourgeois de fait… C’est quoi la logique du truc ? C’est l’homo qui fait le bourgeois, ou le bourgeois qui fait l’homo ? Avec des raisonnements comme ça on va aller loin tiens… Restreindre la « communauté » homosexuelle – et par extension LGBT – à un quartier parisien fait preuve de l’ignorance de beaucoup ; ignorance renforcée comme toujours par ce que donne à voir les médias de cette « communauté ». Comment ça ? Il y en aurait aussi en province ? Des pauvres en plus ? On peut donc être homo et précaire ? Misère, que dieu me suce…

convergence

Tout ça pour en venir où ? Je ne sais plus trop en fait, noyé sous une colère qui brouille ma réflexion, si ce n’est que toutes ces divisions, toutes ces bastons entre nous, ça me fout en l’air. J’ai les tripes en vrac et le poing serré de nous voir si nombreux à tomber dans le panneau, parce que pour tout vous dire, je sais pas si vous avez suivi, mais ce fameux ANI dont les journaux parlent peu, il vient d’être voté en force pendant que les projecteurs étaient braqués sur des gens qui se battent contre la liberté et l’égalité, surtout celles des autres. Cet accord national interprofessionnel passé en douce, les copains, il va TOUS nous tuer : peu importeront alors nos différences. Vieux, jeunes, hétéros, homos, blancs, noirs ou que sais-je encore, on va tous y passer. Parce que les signataires de cette saloperie sont moins cons que nous, ils font fi de nos différences et nous considèrent comme ce que nous sommes dans notre ensemble : des exploités ou des exploitables.

Et on est là, comme des débiles, à pointer ce qui nous différencie les uns des autres, plutôt que de passer outre, de se rassembler sur ce qui nous unit et de leur foutre au cul ! Et ces autres débiles en bleu et rose, je peux vous assurer qu’ils ne vont pas piper à propos de l’ANI, parce qu’ils ne font pas partie des exploités. Ils ne sont pas avec nous, mais contre nous.

S’indigner des actions de ces culs-bénis sur les réseaux sociaux, c’est bien joli, mais il faudrait peut-être passer nous aussi à l’acte et songer à aller défendre nos droits et nos vies ailleurs que sur la toile. Divisés comme on est, et tout esprit de solidarité et de lutte ayant été exterminé avec le mouvement des retraites tué dans l’œuf, la seule façon de voir les gens descendre dans la rue pour se défendre est – et ça me fait mal au popotin de l’admettre – que les confédérations syndicales, les partis et autres organisations qui « pèsent dans la balance », lancent un appel digne de ce nom. Un appel à la grève, la vraie, la générale, pour bloquer le pays et l’économie. Les attaquer là où ça fait mal. Faut passer de la lutte à la guerre de classe ! Sinon, j’ai bien peur qu’on bascule à notre tour dans le cauchemar que vit la Grèce actuellement où jamais les suicides et les meurtres n’ont été aussi nombreux…

De mon côté, si cette solidarité de classe – employons les gros mots – ne se met pas en place rapidement, je ne sais pas si je tiendrai encore longtemps le coup avec ma petite gueule et mes longs bras maigres comme seules armes. Et je sais qu’on est nombreux dans ce cas.

Est-ce qu’on va tous se laisser crever ?…

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:54

par Louis-Georges Tin 
20 avril 2013

En guise d’appel au rassemblement du 21 avril contre l’homophobie, à 15H00 Place de la Bastille à Paris, nous republions ces réflexions de Louis-Georges Tin, extraites de l’indispensableDictionnaire de l’homophobie qu’il a coordonné en 2003. Elles constituent une très utile synthèse sur un discours qui, loin d’avoir disparu, ne cesse de se reconstruire à mesure qu’il est déconstruit, réfuté et délégitimé – un discours en fait qui, comme le discours raciste, devient de plus en plus bavard et teigneux, dans la mesure justement où ses préceptes ne vont plus sans dire...

Autrefois, la rhétorique homophobe était relativement pauvre. Certes, elle disposait d’un lexique assez riche : sodomite, inverti, pédale, tante, lopette, tapette, tribade, brouteuse, gouine, gousse, etc. Mais elle se contentait d’une syntaxe très rudimentaire, réduite à quelques injures (« sale pédé ! »), anathèmes ( « Que leur sang retombe sur eux ! » ) et maximes ( « les lesbiennes sont des mal-baisées » ). Elle n’excédait guère les limites de la phrase, car une phrase suffisait : tout était dit, et tout le monde semblait d’accord. Évidemment, la pauvreté relative de ce discours n’enlevait rien à sa puissance et à son efficacité, au contraire. Simplement, il n’était pas besoin d’en dire davantage.

Un « bon sens » en crise

Or, depuis un siècle, et notamment dans ces dernières années, la rhétorique homophobe a dû se perfectionner. Non pas qu’elle soit plus violente ou plus virulente que jadis, mais incontestablement, elle est aujourd’hui plus sophistiquée qu’hier : sa syntaxe s’est étoffée, les concepts se sont affinés. Surtout, fait nouveau, elle est devenue consciente d’elle-même, ce qui témoigne d’une nouvelle donne dans l’espace rhétorique. Jusqu’alors, le discours homophobe se croyait unanime, ou à peu près : il était donc vérité, évidence et transparence à soi. Or, depuis peu, l’évidence partagée est devenue opinion discutable, et discutée.

Cette double expérience de l’adversité et de la réflexivité a suscité dans le discours homophobe un certain malaise, et pour tout dire une crise profonde. Il est entré, non pas en récession, mais en mutation : il a dû ajuster ses outils linguistiques à la situation nouvelle, pour à la fois justifier ses présupposés idéologiques, remodeler son image sociale et combattre ses adversaires politiques. Sans renoncer pour autant au pathos,au fantasme, à l’irrationnel et à l’émotion, qui furent longtemps ses ressorts et moyens ordinaires, il a dû élaborer une rhétorique du logos apparemment plus rationnelle, et du moins plus argumentée : la rhétorique homophobe a désormais des habits neufs.

Mais qu’est-ce donc que ce discours homophobe ? À vrai dire, c’est un objet étrange et difficile à circonscrire. En effet, il ne constitue pas un corpus linguistique stable que parlerait un groupe social plus ou moins identifié, comme le sont par exemple le discours chrétien, le discours marxiste ou le discours psychanalytique, qui ont leur rhétorique propre, leur doctrine officielle, leurs textes de référence et leurs porte-parole patentés. Il est plutôt un ensemble de bribes éparses, de phrases et de formules tout à fait hétérogènes, prononcées ici et là, dans tous les milieux, par-delà tous les clivages, par tout le monde en général et personne en particulier, et parfois même, sans y penser, par des personnes qui, au fond, ne sont pas homophobes, ou ne pensent pas l’être.

Bref : ce discours omniprésent est en même temps tout à fait évanescent, mais il peut du moins être objectivé et ramené aux quelques lieux ordinaires où il puise l’essentiel de ses arguments. Ces lieux, pour reprendre le vocabulaire de l’analyse rhétorique, sont en quelque sorte des réservoirs où chacun peut trouver la matière nécessaire pour étayer ses thèses.

Versions savantes

Les lieux pseudo-théoriques constituent l’armature « savante » du discours homophobe. Leur importance relative dans le dispositif argumentatif n’a cessé d’augmenter dans les dernières années. Ils sont de plus en plus sollicités, pour euphémiser et durcir à la fois les prises de position les plus conservatrices. Ainsi instrumentalisées, ces théories permettent à ceux qui les invoquent de donner à leur discours une apparence de neutralité qui puisse être perçue comme objective, scientifique et, par conséquent, véridique. De la sorte, les positions partisanes les plus violentes réussissent à se faire passer pour des discours d’expertise.

Toutefois, les sciences ou disciplines les plus utilisées ne sont plus aujourd’hui les mêmes qu’autrefois :

- jadis, le discours homophobe recourait surtout aux lieux théologiques, moraux ou médicaux (péché, débauche, nature et contre nature, maladie ou tare, tels étaient les éléments récurrents de la commune phraséologie) ;

- depuis quelques décennies, les disciplines volontiers invoquées sont plutôt la psychanalyse, la sociologie et l’anthropologie (narcissisme, perversion, altérité, ordre symbolique, différence des sexes, tels sont donc les concepts désormais à l’honneur).

Signe des temps : lorsque périodiquement, les autorités catholiques entendent renouveler la condamnation séculaire de l’homosexualité, elles évitent judicieusement ces violentes images, si fréquentes autrefois, Sodome et Gomorrhe consumées par les flammes, et recourent de préférence à la psychanalyse, dont elles maudissaient naguère les discours jugés obscènes et permissifs.

Versions profanes

Mais la rhétorique homophobe emprunte aussi à certains discours moins savants, les lieux communs au sens technique, qui relèvent plus de l’opinion générale que de la science officielle.

Le premier est sans doute le lieu de l’hétérosexisme. C’est en quelque sorte la croyance profonde en une téléologie hétérosexuelle du désir, qui finalise a priori l’individu : sauf accident ou influence maligne, tout enfant est et sera hétérosexuel, l’homme est fait pour la femme, et surtout, la femme est faite pour l’homme.

Ces certitudes implicites se fondent sur une sorte d’anthropologie populaire que relaient largement la théologie, la biologie et la psychanalyse. C’est l’image d’une improbable psychodicée de l’hétérosexualité, et cet hétérosexisme de bon aloi exclut implicitement tout désir homosexuel :

- au mieux, l’homosexualité ne peut être qu’une étape, un passage avant un plein accomplissement hétérosexuel ;

- au pire, un accident fatal en cours de route.

De là l’homophobie stricto sensu, qui est au fond le sentiment inquiet que l’homosexualité met en danger cette finalité hétérosexuelle du désir, et ce, à tous les niveaux : le fléau rampant menace l’individu, le couple, la famille, la nation, et même l’espèce humaine qui, frappée de stérilité par cette contagion homosexuelle, pourrait bien disparaître de la surface de la Terre.

De ce fait, plus encore qu’un marginal, l’homosexuel, homme ou femme, est perçu comme un traître, puisqu’il s’oppose au groupe, et constitue même le péril des périls. S’organisant avec ses congénères, car ils sont partout, il ourdit et complote, il forme des lobbies, il fait du prosélytisme, et représente pour ainsi dire une menace universelle...

Or, cette rhétorique du discours homophobe se fonde bien souvent sur une misogynie foncière, dont elle est largement solidaire. Dans cette perspective, puisque rien n’est si avilissant pour un homme que de ressembler à une femme, l’image de l’homme homosexuel est évidemment celle de l’efféminé, qui inspire mépris et quolibets ; à l’inverse, si la femme homosexuelle semble plus masculine, c’est là une orgueilleuse et scandaleuse imposture puisqu’elle refuse de rester à la juste place que lui assignait sa condition première.

Fondements sexistes

Or, les images de la rhétorique homophobe sont singulièrement réversibles et malléables :

- on reprochera à l’homme homosexuel d’être peu viril ;

- mais on pourra aussi lui reprocher de l’être trop, et son goût pour le sport ou la musculation est jugé artificiel, inauthentique ;

- quant à la femme homosexuelle, si elle est féminine, justement, elle l’est trop pour être honnête, et ses charmes ont quelque chose de vénéneux et de diabolique ;

- l’homme doit être viril, ni trop ni trop peu, et la femme doit être féminine, ni trop ni trop peu, mais si d’aventure les personnes homosexuelles se cantonnent à un présumé juste milieu de virilité ou de féminité, c’est encore pire car elles sont soupçonnées de vouloir se fondre dans la masse pour mieux tromper le monde (et finalement, on se surprend à préférer la folle, plus reconnaissable, et en ce sens plus rassurante).

Bref, aucune mesure ne saurait convenir.

Tendances xénophobes

La rhétorique homophobe s’appuie fréquemment aussi sur les discours xénophobes : vice italien au seizième siècle, vice anglais aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, vice allemand au début du vingtième, l’homosexualité a été diversement perçue par les Français. Bien entendu, elle est toujours le fait de l’étranger, de l’autre, mais pas de n’importe quel autre. Elle est en général le fait de la nation rivale et dominante du moment. Ces discours permettent de formuler vis-à-vis du pays concurrent ainsi stigmatisé l’hostilité et la haine qui ne demandent qu’à s’exprimer. Ils constituent une sorte de compensation symbolique qui rabaisse sexuellement une puissance à tous égards angoissante.

Cette convergence des discours homophobes et xénophobes est-elle chose révolue ? Sans doute pas :

- en Afrique noire, l’homosexualité est bien souvent présentée comme un vice lié aux Blancs, opinion dont les effets furent parfois très sensibles dans la (non-)prise en charge du sida, ressenti comme une affaire d’homosexuels, et donc de Blancs (en l’occurrence, la haine du Blanc et le mépris pour l’homosexuel se confortent mutuellement) ;

- de même, en France, l’américanisation vraie ou supposée des milieux homosexuels est bien souvent un argument à charge (l’homosexualité, n’est certes pas présentée comme vice américain, mais le mode de vie gai et lesbien, rapporté au communautarisme anglo-saxon, est perçu comme une influence américaine terrible mettant en péril la France et son modèle républicain) ;

- à l’inverse, outre-Atlantique, les études gaies et lesbiennes, dans la mesure où elles s’inspirent des travaux de Foucault, Derrida ou Cixous, par exemple, sont souvent présentées comme des recherches sous influence française, l’argument ayant pour but de disqualifier par avance leur légitimité intellectuelle.

Homophobie et haine sociale

Enfin, la rhétorique homophobe s’accorde parfois aux discours de haine sociale : vice bourgeois pour les prolétaires du dix-neuvième siècle, l’homosexualité était pour le bourgeois d’alors le fait des classes laborieuses, toujours immorales, ou de l’aristocratie, forcément décadente.

Ces représentations sociales aujourd’hui atténuées trouvent cependant une forme de résurgence, par exemple dans le discours de certains jeunes de banlieues qui veulent voir dans la culture gaie et lesbienne une sorte de désinvolture bourgeoise, un goût de luxe et de luxure spécifique aux classes aisées, un mode de distinction sociale, bien entendu infâme, ce dont témoignent certaines figures historiques du ragga, du rap ou du reggae, pour lesquelles les discours homophobes constituent une stratégie récurrente permettant l’affirmation d’une masculinité « naturelle », populaire et survirilisée.

De même, dans les années 1980, l’émergence du sida a réactivé les discours de haine et de peur à l’égard des homosexuels, ces « populations à risque » trouvant là un juste châtiment. « Aids cures fags », scandent régulièrement les slogans de la droite religieuse aux États-Unis, c’est-à-dire, le sida guérit les pédés... par la mort, bien sûr. Dans le monde entier, nombreux furent ceux qui préconisèrent des pratiques obligatoires, le dépistage ou le tatouage, le « sidatorium » ou la quarantaine. Dans ces conditions, le sida permit de manière opportune de justifier et de renforcer les discours d’exclusion à l’égard des homosexuels.

Dans un autre genre, les débats sur le Pacs ont également suscité des arguments de haine sociale aux accents néo-poujadistes, mettant en cause les homosexuels, leur aisance financière supposée [1] leurs exigences fiscales évidemment démesurées, et cela, bien entendu, au détriment du contribuable. Le slogan plusieurs a été maintes fois entendu :

« Allons-nous payer pour les pédés ? »

Cette logique économique, dont le modèle a été quelque peu oublié, remonte au moins au siècle précédent. Mais aux États-Unis, ces discours ne faiblissent pas : à l’instar des juifs, les homosexuels sont souvent présentés comme une minorité surpuissante dominant Hollywood, les médias, l’économie, la politique. Dans ces conditions, les revendications concernant l’égalité des droits (par l’abrogation des lois anti-sodomie, par exemple, ou par la reconnaissance du mariage gai et lesbien) apparaissent comme un privilège exorbitant qu’il faut bien sûr leur refuser, leur puissance hégémonique étant déjà trop établie.

Étiquetage et injonctions

Tous ces lieux divers constituent la matière de l’argumentation homophobe. Mais ils doivent encore être mis en forme selon des stratégies diverses qui sont autant de pièges rhétoriques.

Tout d’abord, les stratégies de définition. Dans ces discours, l’homosexualité est bien souvent définie de manière autoritaire, quoique subtile : au nom de l’étymologie, elle est dite amour du même, narcissisme, repli sur soi ; elle est donc refus de l’altérité, fermeture et ghetto, etc. Ainsi mise en œuvre, cette stratégie permet de dérouler toutes les conséquences voulues à partir d’une simple définition, elle enferme les êtres dans leur essence présumée, et s’avère d’autant plus payante qu’elle semble anodine et strictement fondée en raison.

Une fois posée, ou plutôt imposée, explicitement (in praesentia) ou implicitement (in absentia), la définition peut devenir une arme redoutable, une structure mentale absolue, principe de vision et de division du monde social. De façon habile, elle est subrepticement étendue à d’autres réalités tout à fait différentes et hétérogènes : c’est l’amalgame. L’homosexualité devient ainsi synonyme de pédérastie, de pédophilie, de perversion, de débauche, de drogue, de sida, ou de stérilité... – la confusion trahissant moins la faiblesse que la force cynique d’une rhétorique volontairement impertinente.

Ensuite, l’injonction simple. Par rapport aux stratégies de définition, elle consiste à définir non pas ce qu’est l’homosexualité, mais ce qu’elle devrait être. C’est l’injonction à la virilité, à la féminité, à la discrétion, à la chasteté, à la sublimation du désir sexuel, etc., car évidemment, le discours homophobe est un discours normatif. Intériorisées dès l’enfance, les règles qu’il édicte ont un pouvoir de coercition mentale considérable.

Plus subtile, mais non moins efficace, est la double injonction, ou verrouillage alternatif. Cette stratégie rhétorique consiste à proférer successivement des injonctions contradictoires selon les nécessités du temps. Ainsi :

- l’injonction à la normalité fut longtemps un motif privilégié du discours homophobe ;

- mais lorsque d’aventure, certaines associations s’avisèrent de demander la reconnaissance légale du couple homosexuel, cette revendication qui, apparemment, allait dans le sens souhaité fut alors critiquée dans la mesure où elle risquait, disait-on, de mettre en péril la norme sociale.

De la sorte, ceux-là même qui avaient exhorté les homosexuel(le)s à la normalité, leur reprochaient désormais leur volonté d’intégration sociale, les exhortant au contraire à être plus subversifs.

Le débat sur la parentalité fit apparaître un fonctionnement analogue :

- les homosexuels furent souvent accusés d’être des individus « égoïstes », refusant de participer à la reproduction de l’espèce ;

- mais lorsque certaines lesbiennes réclamèrent le droit à l’insémination artificielle, lorsque les couples homosexuels réclamèrent le droit à l’adoption, ce désir fut également jugé « égoïste », et on leur demanda de « faire le deuil de leur désir d’enfant ».

Bref : qu’ils veuillent des enfants, ou qu’ils n’en veuillent pas, les homosexuels n’en demeurent pas moins égoïstes . Qu’ils obtempèrent ou non aux injonctions, ils se trouvent nécessairement en défaut :

- s’ils vivent au grand jour, on leur demande d’être discrets ;

- mais s’ils sont discrets, c’est qu’il y a là quelque chose de honteux, d’innommable, etc.

La dialectique du débat est toujours verrouillée de tous côtés.

Culpabilisation

Autre stratégie, la culpabilisation. En effet, le discours homophobe peut compter en bonne partie sur les effets rhétoriques de la honte qu’il suscite et entretient : de peur d’être stigmatisées comme telles, de nombreuses personnes homosexuelles sont prêtes à entendre sans rien dire les formules les plus violentes ou les plus insultantes du discours social.

Et même lorsque, après un long travail sur soi, elles croient s’être débarrassées de ce sentiment de honte, il subsiste néanmoins sous une forme atténuée qui les rend particulièrement accessibles à la mauvaise conscience, à l’autocensure, à l’argument de l’effet pervers, si caractéristique du discours réactionnaire, ou à celui du sacrifice. Ainsi, elles renonceront à certaines libertés individuelles fondamentales, pour ne pas gêner, pour ne pas choquer, pour ne pas mettre en péril cet ordre symbolique ou moral qu’on leur oppose fort aisément. Elles accepteront les renversements sophistiqués les plus extravagants :

- exclues du groupe, victimes de l’intolérance, elles se laisseront accuser d’intolérance et d’exclusion ;

- acculées à la clandestinité, elles accepteront le reproche de dissimulation ;

- luttant contre l’homophobie, elles se verront accuser de l’attiser davantage.

Le bénéfice tactique de ces stratégies rhétoriques n’est que trop évident puisqu’elles conduisent ces personnes à s’exclure d’elles-mêmes du champ des revendications et discours légitimes.

Dénégations

La dernière stratégie du discours homophobe consiste à se nier soi-même en tant que tel. Cette dénégation, bien connue sous sa forme la plus grossière, « je ne suis pas homophobe, mais... », connaît plusieurs degrés d’expression.

La plus radicale est le négationnisme, par exemple celui des nombreuses associations d’anciens combattants qui, longtemps, ont refusé le fait de la déportation homosexuelle, et tout autant, en bonne logique, le caractère homophobe de ce refus.

Moins extrêmes, mais bien plus courantes sont les tentatives de minoration. Elles n’ignorent pas vraiment les pratiques homophobes, mais savent les relativiser, de manière aimable et souriante : les brimades des cours de récréation ne sont que jeux d’enfants, les discriminations existent, certes, mais il y a tant de problèmes plus importants, etc.

Dans cette logique, une certaine forme d’optimisme, ou d’ignorance, conduit certaines personnes, parfois même de bonne foi, à se faire les apôtres de la démobilisation, en avançant des formulations aux relents équivoques : selon elles, l’homophobie est le fait de pays lointains, plus ou moins arriérés, ou d’époques révolues. Si elle existe encore, ce ne peut être que de façon résiduelle, et elle sera bientôt résorbée par le progrès moral, bien entendu continu et irréversible, ce qui rend dérisoires, déplacées, voire déplaisantes les incessantes revendications des associations homosexuelles...

Quelques mots pour conclure sur la situation du discours homophobe aujourd’hui. Confronté aux revendications gaies et lesbiennes, il a dû modifier ses procédures, euphémiser parfois ses discours tout en les durcissant par le recours aux sciences humaines. Pour le reste, dans ce processus de modernisation si l’on peut dire, il conserve ses affinités historiques et structurales avec l’hétérosexisme, la misogynie, la xénophobie et tous les discours de haine sociale en général, selon des stratégies rhétoriques maintes fois éprouvées. Pour autant, il demeure un objet diffus, difficile, délicat, car au fond, il est moins un discours qu’un climat linguistique dont les effets ordinaires se ressentent même en l’absence de prise de parole effective.

Effets sociaux

C’est là un point capital, sans doute difficile à comprendre pour ceux qui n’en ont jamais fait l’expérience, mais de fait, l’homophobie sociale crée les conditions symboliques d’une insécurité morale permanente, dont l’injure ou l’anathème ne sont jamais que l’épiphénomène.

Au-delà des propos divers tenus ici et là, sans parler même des violences physiques bien souvent perpétrées, la rhétorique homophobe réside moins dans les discours posés que dans les discours possibles, qui obligent celles et ceux qui en sont la cible potentielle à les redouter constamment, pour mieux les éviter, les anticiper, les repousser, ou les intérioriser – quotidienne rigueur dont le coût moral ne saurait être sous-estimé.

Toutefois, le discours homophobe commence à trouver ses limites : au bout du compte, en l’absence de toute rationalité, il ne peut plus guère que recourir à la redondance tautologique (« mais voyons, un homme, c’est un homme ! »), ou à la transcendance ésotérique (Dieu, l’ordre moral, naturel ou symbolique...). Quoi qu’il en soit, il se sent désormais obligé de se justifier, ce qui est déjà, pour lui, une petite défaite...

p.-s.

Ce texte est extrait du Dictionnaire de l’homophobie, paru sous la direction de Louis-Georges Tin aux Presses Universitaires de France en 2003. Nous le publions avec l’amicale autorisation de son auteur. Le titre et les intertitres sont rajoutés par le collectif Les mots sont importants.

Éléments bibliographiques sur la rhétorique, l’homophobie et la rhétorique homophobe :

Angenot Marc, La Parole pamphlétaire, Paris, Payot, 1982.

Delor François, Homosexualité, ordre symbolique, injure et discrimination : Impasses et destins des expériences érotiques minoritaires dans l’espace social et politique, Bruxelles, Labor, 2003.

Éribon Didier, Réflexions sur la question gay, Paris, Fayard, 1999.

Goffman Erving, Stigmate, Paris, Minuit, 1975.

Grahn Judy, Another Mother Tongue, Gay Words, Gay Worlds, Boston, Beacon Press, 1990.

Hirschman Albert O., Deux Siècles de rhétorique réactionnaire, Paris, Fayard, 1991.

Larguèche Évelyne, Injure et sexualité, Paris, PUF, 1997.

MacKinnon Catharine, Only Words, Cambridge, Londres, Harvard Univ. Press, 1996.

Reboul Olivier, Langage et idéologie, Paris, PUF, 1980 ; La Rhétorique, Paris, puf, 1983.

notes

[1] Sur ce fantasme, et son absence de fondement, cf. notamment Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, « Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France », et Luc Peillon, « Salaires : être homosexuel se paye »

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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:50

Le Monde.fr avec AFP | 20.04.2013 à 22h21 • Mis à jour le 21.04.2013 à 11h34

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Le Sénat a adopté, dans la nuit de samedi à dimanche, le projet de loi sur l'emploi, au terme d'un débat agité. Le gouvernement avait en effet décidé d'utiliser un vote bloqué pour faire accélérer les débats ce qui a déclenché la fureur des sénateurs communistes qui ont retiré tous leurs amendements et quitté l'hémicycle.

Le texte a été voté par 172 voix contre 24 à l'issue d'un débat houleux. Le PS, le RDSE et les centristes ont voté pour. L'UMP et les écologistes se sont abstenus. Seuls les communistes ont voté contre ainsi que Marie-Noëlle Lienemann (PS).

"Ce texte représente un tournant avec la flexi-sécurité à la française" a déclaré Jean-Marc Vanderenberghe (UDI-UC). "Le texte est équilibré" a assuré Françoise Laborde (RDSE). "Nous avons la conviction que ce texte marque une avancée pour les salariés" a assuré Christiane Demontès (PS). "C'est un moment de progrès, ce sont des opportunités nouvelles dans le dialogue social qui s'ouvrent" a déclaré le ministre du travail, Michel Sapin.

"LES RECULS SONT TROP IMPORTANTS"

"Vous avez bradé le code du travail et les droits des salariés", a, a contrario, lancé Dominique Watrin (CRC, communistes). "Les efforts demandés au patronat sont flous tandis que ceux demandés aux salariés sont sonnants et trébuchants" a renchéri Mme Lienemann, de l'aile gauche du PS. "Si des progrès existent, les reculs étaient trop importants (mobilité contrainte, licenciements massifs facilités, changement des clauses du contrat imposé au salarié) pour emporter" notre "adhésion", a indiqué un communiqué du Groupe écologiste.

Alors que le groupe CRC défendait pied à pied et très longuement les plus de 400 amendements qu'ils avaient déposé, le gouvernement a décidé samedi matin de demander"un vote bloqué" procédure qui empêche le vote sur chaque amendement au profit d'un vote global en fin de débat. Cette procédure rarement utilisée et encore moins contre un membre de sa propre majorité a provoqué la fureur des communistes qui ont quitté l'hémicycle. Jean Désessard (EELV) a protesté regrettant de n'avoir pu débattre des amendements ainsi que Marie-Noëlle Lienemann (PS) qui a retiré aussi ses amendements.

"Il s'agit d'un coup de force pas seulement contre la démocratie parlementaire, mais aussi contre le monde du travail", s'est indignée la présidente du CRC, Eliane Assassi. Il "ne restera pas sans conséquences", a-t-elle averti. L'intention des sénateurs communistes "est d'empêcher que le vote intervienne dans les temps prévus", ce "que nous ne pouvons accepter" avait dit précédemment à l'AFP, Michel Sapin.

"UN NOUVEAU COUAC"

Le patron des sénateurs PS, François Rebsamen, a accusé le CRC par des demandes répétées de scrutin public (qui ralentissent la discussion) de "manœuvres de retardement""La mobilisation générale pour l'emploi décrétée par le président de la République et le premier ministre ne peut pas attendre", a-t-il dit. Le RDSE comme les centristes de l'UDI-UC ont aussi reproché au CRC de "pratiquer l'obstruction". Pour l'UMP, il s'agit d'"un nouveau couac qui met en évidence les fortes tensions au sein de la majorité sénatoriale". Christian Cambon l'a qualifié de "coup de force".

La gauche ne dispose que de six voix d'avance au Sénat et le gouvernement a besoin de toutes ses composantes pour faire passer ses textes. Le groupe CRC, fort de 20 membres, a déjà fait échouer l'examen de plusieurs projets de loi au Sénat, comme les textes budgétaires pour 2013 ou la réforme des scrutins locaux. Ce débat aura accru spectaculairement la fracture entre les communistes et la majorité gouvernementale.

AMENDEMENT SÉNATORIAL

Le projet de loi de "sécurisation de l'emploi" transpose l'accord du 11 janvier (ANI) signé par le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) mais refusé par FO et la CGT. Il accorde plus de flexibilité aux entreprises (accord de maintien dans l'emploi, mobilité interne, refonte des procédures de licenciements...) tout en créant de nouveaux droits pour les salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...).

Principale modification, le Sénat a supprimé la "clause de désignation" permettant aux partenaires sociaux de désigner l'organisme assureur qui prendra en charge la généralisation de la complémentaire santé prévue par le texte. Les autres amendements adoptés sont mineurs.
Inscrit en procédure accélérée (une lecture par assemblée) et déjà adopté par l'Assemblée nationale, il va maintenant être soumis à une CMP (commission mixte paritaire, 7 sénateurs, 7 députés) dont les conclusions seront soumise à une nouvelle lecture des deux chambres.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:47
Les anti Mariage pour tous sont représentatifs d'une France effrayée et méfiante, écrit la presse internationale, qui s'inquiète des récentes agressions homophobes à Paris.
Dessin de Kroll, Belgique.Dessin de Kroll, Belgique.
La tension monte en France au moment où le projet de loi pour le mariage pour tous revient en seconde lecture à l’Assemblée nationale,écrit le Daily Telegraph. Le quotidien rapporte le florilège de propos lancés par les anti : "Hollande veut du sang, il en aura", de la "blonde peroxydée" Frigide Barjot ou encore "le coup d’Etat législatif" de l'orateur du groupe UMP sur le projet Taubira Hervé Mariton. Sans oublier bien sûr, "vous êtes en train d’assassiner des enfants"lancé par le députéUMP Philippe Cochet à l’Assemblée nationale le 18 avril. Autant de propos révélateurs d’un climat on ne peut plus tendu entre les pro et anti Mariage pour tous. 

Le correspondant d’El Pais dresse de son côté un rapide portrait des anti, représentatifs de cette France "bigote et inquiète, provinciale et parisienne à 50% et blanche à 99% (...) Une mobilisation qui s’est habilement camouflée par une mise en scène de type Disney, des habits et des pancartes couleur pastel. Qui, au nom de la pluralité et du respect, s’est autoproclamée Manif pour tous." 

Le journaliste espagnol écrit : "la France, la nation qui a inventé les droits de l’homme est aujourd’hui un pays effrayé et méfiant où prolifèrent les phobies. L’islamophobie a envahi la campagne électorale. Le racisme et la xénophobie […] font partie du langage courant. Et l’homophobie a commencé à montrer son visage le plus violent depuis que François Hollande a décidé de lancer la nouvelle loi sur le mariage homosexuel". 

Miguel Mora fait référence aux agressions homophobes qui se sont récemment produites en France. 

Celle perpétrée le 7 avril à Paris contre Wilfred de Bruijn et son compagnon, ont fait réagir la journaliste américaine Janine di Giovanni,dans The Daily Beast : "Je ne peux pas m’empêcher de penser à la montée du fascisme en Europe dans les années 30 et à la façon choquante dont les personnes les plus civilisées perdent soudain la tête face à ce qu’elles estiment différent. Les êtres humains font de la résistance au changement. A l’époque c’était le socialisme ou le communisme qui ont entrainé des bandes de voyous dans la rue. Aujourd’hui, ce sont les droits des homosexuels". 

Reporter de guerre, la journaliste écrit que cet acte homophobe est intervenu au moment où l’on célébrait l’anniversaire du génocide rwandais: "Je ne fais pas de comparaison, mais en triant de vieilles photos d’il y a 19 ans, et en me souvenant des morts entassés, de l’odeur de la mort dans ce lieu torturé, il est difficile de tolérer ce que les humains peuvent se faire les uns aux autres. J’ai eu cette même impression écœurante quand j’ai regardé le visage brutalisé de Bruijn."

Au Québec (où le mariage homosexuel est légal depuis 2004), une blogueuse écrit sur montrealgazette.com : "Je n'irai pas en vacances à Paris parce qu'on ne sait jamais. Peut être qu'en descendant un boulevard avec une amie, je serais frappée ou tuée parce que je suis lesbienne. Je reste donc dans la Nouvelle-France, mon magnifique Québec, qui est bien plus évolué et tolérant que ce pays que nombre de mes ancêtres ont quitté".
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:13

blog algérie française

Voici un très bon texte publié sur le site « Non au musée fasciste à Montpellier », qui s’oppose à la création d’un « musée de l’Histoire de la France en Algérie » (rien que ça…) destiné à donner une vision bourgeoise favorable à la barbarie coloniale. Au delà du combat contre la culture des élites visant à maquiller la réalité et à s’auto-justifier, ce texte parle du problème du racisme qu’elle produit, pour diviser le peuple.

Vu le climat actuel, il est important de revenir à quelques bases.

Premièrement, le racisme est un instrument des classes dirigeantes.

Le racisme est introduit et entretenu pour diviser le peuple, le rendre plus faible, détourner sa colère et ainsi pouvoir continuer à l’exploiter.

Malheureusement, ça marche souvent, y compris au sein même du peuple.

A part ceux qui le diffusent volontairement dans les rangs du peuple, personne ne choisit d’être raciste ou pas. Ce qui signifie aussi que personne ne peut décréter qu’il n’est pas raciste.

Etre raciste ce n’est pas seulement tenir des propos racistes ou attaquer physiquement les immigrés. Il existe de nombreux racistes qui se disent progressistes voire révolutionnaires et qui parlent comme il faut.

On peut être raciste par intérêt, par bêtise ou par ignorance.

L’intérêt, c’est par exemple de vouloir écarter des concurrents et penser ainsi pouvoir trouver du boulot plus facilement. C’est aussi de faire répéter aux profs que la bataille de Poitiers est importante et surtout que c’est une « victoire » alors que c’est faux! En effet, les Arabes auraient notamment énormément apporté à la France en terme de découvertes scientifiques et technologiques. L’intérêt, c’est également penser que c’est normal que l’Etat français organise le pillage de l’Afrique et que « ce serait le KO autrement », que c’est normal de payer aussi peu chère l’électricité produite grâce à l’uranium du Niger…

La bêtise, c’est de croire aux arguments des racistes sur une pseudo supériorité raciale, sur le fait que certains seraient de « grands enfants incapables de prendre leur destin en main », de penser lorsqu’ils croisent un Noir qu’il est balayeur et pas médecin, de penser que les émigrés viennent en France parce qu’ils l’ont choisi…

Enfin, l’ignorance, c’est ne pas connaître l’autre, ne jamais avoir habité dans les mêmes quartiers, ne pas travailler comme ouvrier…

Alors, bien sûr, personne n’est raciste à 100%. Ni à 0% d’ailleurs. Mais de 0 à 100%, il y a beaucoup de  possibilités. Il y a aussi une dynamique: celle de ceux qui veulent guérir et avancer vers une plus grande unité du peuple ou celles des beaufs qui ne se posent pas de question, se vautrent dans leur nullité et polluent leur environnement. Par exemple, c’est le cas de ceux qui se disent de gauche mais qui sont obsédés par les musulmans comme d’autres le sont par la haine des juifs.

Malheureusement, une fois touché, un raciste se transforme en propagandiste. Il est donc doublement dangereux. C’est pour cette raison qu’il faut le convaincre et l’empêcher de nuire si la première solution est sans objet ou ne fonctionne pas. Il faut s’opposer et ne pas laisser dire ou laisser faire!

C’est exactement la même chose avec les institutions comme les musées, la police, l’armée ou l’école qui sont en plus financés par notre argent.

Avec cet autoproclamé « musée de la présence française en Algérie » qui devrait ouvrir à Montpellier, il n’est pas question de convaincre les frêchistes, que nous connaissons trop bien.

Nous devons donc nous opposer à ce projet de musée qui dirait peut-être quelques mots sur les tortures les plus difficiles à cacher mais ce mémorial pour colonialistes aigris, globalement, n’en serait pas moins un outil pour propager la haine contre les peuples d’Algérie et originaires d’Algérie.

Cela est inacceptable!

Afin que ce projet ne devienne pas une réalité, pour lutter ensemble contre le racisme: rejoins-nous!

tiré de http://feudeprairie.wordpress.com/

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 12:22

Avatar de Marie Bové

Par 
Conseillère régionale EELV

LE PLUS. Le fondateur des "Cannabis Social Clubs" en France, Dominique Broc, a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour détention et usage de cannabis, et refus de prélèvement ADN. Marie Bové, conseillère régionale EELV en Aquitaine, nous donne son avis sur cette condamnation et sur la législation française concernant le cannabis.

 

En évoquant son opinion sur la dépénalisation du cannabis, Vincent Peillon réactive un vieux débat (N.DENETTE/SIPA)

 La France est le pays où la consommation de cannabis est la plus élevée en Europe (DENETTE/SIPA)

 

Jeudi 18 avril au tribunal de Tours, Dominique Broc, porte parole des "Cannabis social clubs"français a été condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis et 2.500 euros d’amende pour détention de cannabis et refus du prélèvement ADN : stupéfiant pour un procès sur les... stupéfiants.

 

En effet, Dominique Broc revendique sa qualité de "jardinier responsable"… de cannabis. La preuve : le cultivateur compte 118 pieds de cannabis dans son jardin pour 23 kgs de production annuelle.

 

Mais détournant le regard, la justice esquive le débat et le condamne en correctionnelle pour détention illicite de quelques grammes de marijuana… exit la cour d’Assises pour production organisée.

 

Pas content, le jardinier projette de faire appel de la décision du tribunal en cassation, voire même devant la cour européenne des Droits de l'Homme. Bizarre ? Et bien non.

 

La prohibition à la française est contraire à la directive européenne de 2004

 

Dominique Broc a déposé ouvertement les statuts associatifs du "Cannabis social club" en préfecture : une forme de coopérative en circuit court sans but lucratif du producteur au consommateur majeur et averti.

 

Pour cela, il s’est appuyé sur l’expérience espagnole de 2006 suite à un rappel à l’ordre européen concernant l’application de la directive de 2004 excluant de toute poursuite pénale les personnes qui "s'y livrent (à la culture de cannabis) à des fins de consommation personnelle".

 

Ainsi, nous assistons en direct au gag bien connu de l’arroseur arrosé : une justice française prise au piège d’une prohibition obsolète, en infraction avec le droit européen.

 

En connaissance de cause sur la prohibition du cannabis en France, Dominique Broc s’est ainsi lancé dans un combat politique devant l’hypocrisie des législateurs et des pouvoirs publics.

 

 

 

Son action illégale au regard de la loi française de 1970 a pourtant clairement pour objectif :

 

- de soustraire les consommateurs de cannabis à l’économie parallèle des gangs de la drogue,

- de contrôler la qualité du produit et de garantir une traçabilité sur la provenance et le mode de culture,

- de sensibiliser et de prévenir les consommateurs sur l’usage des drogues,

- d’informer sur la reconnaissance de l’usage médical du cannabis pour les personnes souffrant de maladies graves (sida, cancers, glaucomes…) ou de handicaps lourds.

 

Législation plus stricte, consommation plus forte : cherchez l'erreur !

 

Aujourd’hui, la France est le pays européen où la loi sur la prohibition est une des plus strictes… mais c’est aussi le pays où le nombre de consommateurs est un des plus élevés : 23% des 15-64 ans, consommation occasionnelle ou régulière.

 

Le Portugal s’est débarrassé de ce fléau à partir de 2001 en libéralisant l’usage du cannabis pour atteindre le seuil européen le plus bas : 8% de la population des 15-64 ans.

 

Timidement, Daniel Vaillant a franchi un premier pas sur l’usage médical du cannabis (groupe PS de l’Assemblée nationale). Dès à présent, les parlementaires français doivent relever ce défi de la légalisation du cannabis : la prohibition est la pire des attitudes laxistes. Elle n’offre aucune protection pour les consommateurs, aucune prévention, aucune fiscalisation (contrairement à l’alcool et au tabac) et aucune application médicale.

 

Moi, Marié Bové, élue de la République française

 

J’appelle les parlementaires à ouvrir le débat public sur la prohibition du cannabis avec la société civile et à créer un groupe de travail afin d’élaborer un projet de loi pour la légalisation. D’ores et déjà, j’invite chacun d’entre vous à déclarer vos motivations qui permettent d’enclencher une discussion responsable :

 

Moi, Marie Bové, élue de la République française et responsable politique, déclare que l’abandon de notre jeunesse aux gangs de la drogue du cannabis (1ère drogue consommée en France) est un crime de non assistance à personnes en danger.

 

Moi, Marie Bové, élue de la République française et responsable politique, déclare que la tranquillité publique est menacée par la loi qui favorise l’école de la délinquance. La paix sociale ne s’achète pas en alimentant le rêve de l’argent facile pour sortir de la pauvreté ou pour aider sa famille.

 

Moi, Marie Bové, élue de la République française et responsable politique, déclare qu’au lendemain de l’affaire Cahuzac, il est intolérable de fermer les yeux sur la financiarisation occulte du cannabis : évasion fiscale et blanchiment de l’argent sale dans l’économie réelle de proximité (logement, restaurants, taxis, services…)

 

La loi de prohibition de 1970 a été votée avec neuf députés en séance… une minorité pour un piège à cons ! Changeons la donne.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:59

 

 

Les violences homophobes se multiplient, la coordination des mouvances

fascistes se renforce, les manifestations de masse réactionnaires approuvent et

appellent à la guerre civile. A cela une seule réponse possible : stoppons l'ennemi

fasciste !

Depuis l'automne 2010, le mouvement social ne se relève pas en France,

subissant les compromis des centrales syndicales avec le PS au pouvoir, et la

répression médiatique et policière instantanée au moindre soubresaut populaire.

Remplissant sa fonction historique comme cela est le cas en Italie, au Portugal, en

Espagne et en Grèce, le PS collabore avec le Capital pour nous imposer leur crise par

de violentes offensives patronales. Ceux de PSA, de Goodyear et de ArcelorMittal en

sont parmi les premières victimes, se défendent de manière dispersée et isolée, face à

l'austérité à grande échelle qui menace. Crève, ou crève : voilà leur message pour

notre avenir proche et à terme. Tandis que des ministres crapules cachent des

comptes secrets en Suisse et ailleurs de plusieurs dizaines de millions d'euros !

Qui plus est, la seule dynamique sociale qui s'anime en ce printemps 2013

est une dynamique fasciste. Depuis des décennies, nous n'avions pas connu une telle

connivence et coordination, politique et de terrain, entre toutes les forces d'extrêmedroite existantes, qui parviennent aujourd'hui à créer un mouvement social-fasciste

commun et ascendant. Du prétexte réactionnaire de départ contre l'égalité des droits

et le mariage homosexuel, les forces fascistes et identitaires se sont rassemblées pour

prendre l'avantage et mener actions et manifestations de masse. Ils parviennent

actuellement à élargir leur champ d'action en posant la question du chômage et de la

crise, pouvant permettre d'ouvrir les portes au fascisme. De Lyon à Paris, de Nancy

à Marseille, nous subissons toujours davantage les coups répétés des groupes

nazis à l'encontre de camarades antifas, des roms, d'homosexuels et des

personnes d'origine immigrée. Les groupes fascistes multiplient actions de

ratonnade et menaces permanentes en une terreur de rue contre tous ceux qui

n'appartiennent pas à leur monde consanguin. Comme il y a toujours eu, mais cette

fois soutenus et appuyés par un mouvement de masse de défense de la

bourgeoisie. Car le fascisme est aussi un mouvement de masse, de la masse

ennemie.

Ils en appellent maintenant au sang et à la guerre civile. Qu'ils sachent que

la guerre civile, nous y sommes déjà et que nous répondrons au sang par le sang.

L'heure est à la riposte. Empêchons les fascistes d'occuper la rue, harcelons leurs

modes d'implantation, ne les laissons pas faire loi. Nous sommes la vie, nous sommes

légion, nous sommes partout. Si nous faisons l'erreur de sous-estimer la menace

fasciste aujourd'hui, nous subirons rapidement un écrasement équivalent à celui quesubissent nos amis de Grèce. 

Nous gardons en tête que l'ennemi fasciste demeure l'allié privilégié de

l'Etat et du Capital, qu'il n'y a à traiter avec eux que par une ligne de front. Nous

devons rester déterminés, organiser des Comités d'autodéfense sociale et antifasciste

dans chaque ville et dans chaque quartier. Ne leur laisser aucune marge d'action ni

aucun répit. Car derrière le combat contre le fascisme se tient toujours le combat

frontal contre le capitalisme et ses structures d'exploitation, de domination et de

répression. 

Bloquons les convois de militants fascistes partant en bus des provinces pour se

rendre à Paris lors des manifestations réactionnaires de masse. Reprenons la rue, non

plus pour l'égalité des droits, mais contre l'avènement en force du fascisme. Ils nous

déclarent la guerre : la solidarité sera notre arme, la détermination notre force.

 

 

-Réseaux Communistes Libertaires Autonomes/ groupes Nancy-Paris-LyonStrasbourg.

 

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:55

Le PS voit rouge contre la CGT au Havre

Politique. Au Havre, la section du Parti socialiste a décidé de porter plainte contre l’union locale du syndicat, dénonçant une radicalisation des méthodes employées par certains militants.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/0310.jpg

La permanence du PS au Havre, recouverte d’affiches de la CGT

« Oui aux débats, non aux agressions. » La section havraise du Parti socialiste a annoncé par communiqué, hier, son intention de porter plainte contre l’union locale CGT, « au vu de la gravité des faits et de la récurrence des actions de nuisance ». Si, depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes, la CGT havraise a prit en effet l’habitude d’interpeller à sa manière leurs relais locaux, les limites du tolérable ont été franchies le 11 avril dernier, selon le jeune secrétaire de la section PS havraise, Matthieu Brasse.

« Une menace de mort publique »

Ce jour-là, il accompagnait le membre du bureau national du Parti socialiste Gérard Filoche, invité par la CGT à une réunion publique en tant que contradicteur de l’ANI (l’Accord national interprofessionnel, dit de sécurisation de l’emploi). À la sortie, un militant syndical l’aurait interpellé « sur un ton haineux », écartant son pouce et son index devant ses yeux : « Tu vois ça ? C’est une balle de 9 millimètres ! C’est ce que je vais te mettre dans la tête ! »

« Une menace de mort publique, c’est un acte que l’on ne peut pas laisser passer », confie Matthieu Brasse. Mais le plus grave, à ses yeux, « c’est que certaines personnalités politiques et syndicales ne sont non seulement pas intervenues, mais ont ri en cautionnant de facto ce comportement ». Ainsi, la section havraise du Parti socialiste demande « vivement » aux responsables CGT de se désolidariser publiquement des propos ainsi rapportés par son secrétaire. « S’ils ont été réellement tenus, nous les condamnons fermement, c’est évident, et je passerai le message dans nos réunions ! », s’exclame Reynald Kubecki, l’un des deux secrétaires de l’union locale.

Mais la requête (et la plainte) du PS vaut également pour l’affichage sauvage qui a recouvert la façade de son local de section, samedi dernier, prenant toujours pour thème le refus de l’ANI et signé de la CGT. Ces murs abritent également la permanence parlementaire de Catherine Troallic, députée socialiste de la 8e circonscription ayant voté en faveur de l’ANI à l’Assemblée (cette dernière s’est associée à la plainte de son parti).

Si ce type de démonstration s’est déjà produit à plusieurs reprises par le passé, « c’était toujours dans le cadre de manifestations », note Matthieu Brasse. « Samedi dernier, c’était un acte purement gratuit. » ['Manquerait plus que ça soit payant ! - NdJL] Mais cette fois, la CGT assume totalement. « La loi sur l’ANI n’est toujours pas votée, nous avons toujours dit que nous la contesterons par tous les moyens, confirme Reynald Kubecki. Que le PS dénonce comme une radicalisation un simple collage d’affiches, c’est lamentable. Ils n’ont pas fini… »

« Pire que Sarkozy ! »

Dans un climat social explosif, cet épisode illustre à nouveau le fossé qui se creuse entre les socialistes et une partie de leur gauche radicale. L’annulation de dernière minute des vœux de Didier Marie au Havre, en début d’année, en fut un autre exemple mémorable : le président PS du conseil général avait préféré faire marche arrière face à un cortège de manifestants rangés sous les drapeaux de la CGT, qu’il jugeait hostiles. Depuis, l’élu a menacé d’annuler la subvention départementale annuelle versée au syndicat. ['Manquerait plus que ça soit payant ! - NdJL]

« Ce n’est pas une question de personnes, mais les militants sont exaspérés, justifie pour sa part Reynald Kubecki. Aujourd’hui, cette loi de sécurisation de l’emploi, c’est encore pire que la réforme des retraites de Sarkozy ! » Au siège du Parti communiste havrais, où les liens restent étroits avec la CGT, on ne commente pas la plainte du PS, tout en invitant à « ne pas faire dériver le débat, au moment du vote de l’ANI et du drame Petroplus ».

Leur presse (Thomas Dubois, Paris-Normandie.com, 17 avril 2013)

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 14:21

100 flics et CRS, l’équipe des RG, les barrières anti-émeutes, 4 camions de déménagement, l’accès au quartier bloqué, le téléphone d’urgence bloqué, des contrôles d’identité pour les passants, des insultes racistes… Tout ça pour expulser deux personnes de la maison du 159 Chemin Lapujade. Ce lundi 15 avril à 7h30, ils se sont vanté d’être payés «2700 balles pour travailler deux heures». Grâce à la vigilance et l’entraide des membres de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion, les habitants ont pu être prévenu avant l’arrivée de la police. Les familles étaient déjà parties par crainte de la violence de l’ expulsion.
Et ça n’est que l’aboutissement d’un processus lancé par le propriétaire, Jérôme Ducros, gérant de JD Promotion, dès la réquisition : hommes de mains envoyés pour mettre la pression et expulser illégalement les habitants en s’introduisant de force, coups de pression de la BAC et de la police municipale, procès sans réelle possibilité de défense, dans lequel aucun des arguments soutenus par les  habitants n’a été entendus par la juge.
La trêve hivernale terminée, ce sont plusieurs squats qui se sont déjà fait expulser ces dernières semaines (12 rue Frédéric Petit, 12 boulevard Matabiau), et d’autres squats sont expulsables de manière imminente. Le Tribunal ne fait plus de concession et ne laisse plus aucun délai. L’Etat expulse et le chiffre des personnes à la rue gonfle : 16 familles qui ont appelé le 115 hier soir, les 20 familles du foyer hivernal de Muret à l’hôtel jusqu’à mercredi, sans compter ceux qui n’appellent plus de 115 par lassitude des refus à répétition.
Malgré la pression et la violence constante de l’Etat, nous continuerons de lutter pour vivre dignement.

La Campagne de Réquisition d’Entraide d’Autogestion

http://creatoulouse.squat.net

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 14:20

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