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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:03

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 08:59
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Published by coutoentrelesdents - dans GENRE
13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 13:41

 

kurdistan

Voici le communiqué publié par une cellule de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste. Nous le publions car il apporte des éléments intéressants pour comprendre ce qui se passe et rappelle des faits qui ne doivent jamais être oubliés. Les révolutionnaires de France ont pour mission d’être solidaires de leurs camarades turcs et kurdes, ici et ailleurs, dans toutes leurs légitimes luttes. D’autant plus que le moment est crucial, avec une intensification de la répression contre le peuple kurde, qui a des répercussions en Europe (on n’oublie pas tous ceux qui ont été arrêtés par les polices du continent et livrés à l’état Turc pour y être emprisonnés, torturésou exécutés!). D’autre part le vieil état français est actuellement entrainé dans une fuite en avant; il est en pleine décadence, incapable de se sortir de la crise qui l’affecte à tous les niveaux. Et cela entraine une explosion de la barbarie, avec le racisme bien sûr – et toutes les autres façons de diviser le peuple, mais aussi avec les offensives impérialistes au Mali et dans d’autres pays considérés comme une « zone d’influence ». Le combat pour la libération totale n’a pas de frontières. Il est aujourd’hui urgent de s’informer, de s’organiser sur des bases de classe, pour être capables de frapper fort.

Trois militantes kurdes ont été froidement exécutées mercredi après-midi alors qu’elles se trouvaient dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK). Il s’agit de Sakine CANSIZ, une des co-fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ; Fidan DOGAN, présidente du CIK ; Leyla SOYLEMEZ.

Pour nous, les slogans lancés par les centaines de Kurdes venus protester cet acte terroriste se suffisent (« Turquie assassin ; Hollande complice ! ») En effet, les circonstances qui entourent cet assassinat nécessitent une attention particulière.

En ce début d’année 2013, les autorités turques poursuivent pas-à-pas les pourparlers engagés fin décembre avec Abdullah ÖCALAN, chef du PKK emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999. Le dialogue entre le leader kurde et les services de renseignements turcs, est présenté comme intégrant « un processus de paix » devant mettre fin aux affrontements armés. Ce processus de paix a été initié suite à la grève de la faim de 10 000 prisonniers politiques en Turquie qui dénonçaient les conditions d’incarcération d’Abdhullah ÖCALAN. L’accord de principe étant le désarmement du PKK en échange de droits accordés à la minorité kurde par une refonte de l’Etat (nouvelle constitution). Or ni les Kurdes ni les forces progressistes et communistes de Turquie ne sont dupes : chacun est conscient des manœuvres de l’Etat turc en vue d’éradiquer une bonne fois pour toute le mouvement kurde de libération nationale que nous soutenons. C’est pourquoi la vigilance est de mise côté kurde sachant que 14 guérilleros ont encore péri dans des opérations menées par l’armée turque ce lundi.

L’entrée en pourparlers ne signifie pas l’arrêt de la répression de la part de la bourgeoisie, comme nous l’apprend l’exemple basque. Nous rappelons que des militants basques continuent d’être arrêtés et incarcérés en France et en Espagne via une étroite collaboration des services de polices des deux pays. D’ailleurs, le Premier ministre turc, Recep Tayyip ERDOGAN, exclue toute hypothèse de libération du leader kurde de même qu’une amnistie générale au profit des prisonniers politiques kurdes.

L’assassinat des trois militantes kurdes en plein Paris soulève toutefois des questions cruciales. A l’heure actuel, tout l’appareil d’Etat turc pointe du doigt un supposé règlement de compte au sein du PKK, entre partisans des négociations – à l’issue incertaine – et une branche radicale qui viendrait « saboter » ledit processus de paix. Pour nous, cet acte terroriste vise la communauté kurde. Les exécutions sommaires de militants communistes turcs ou kurdes d’une balle dans la tête ont déjà maintes fois eu lieu par le passé et rappellent de près les attentats revendiqués par l’extrême droite turque. Il est fort probable que ce soit là un moyen de faire pression sur le PKK pour qu’il cesse la lutte armée sans engagements politiques conséquents de la part du gouvernement.

Nous savons aussi que la France s’est rapprochée de la Turquie aussi bien sur le plan des échanges économiques et industriels que sur le plan de la répression. Un accord de coopération policière entre les deux pays a vu le jour le 7 octobre 2011 sous la présidence Sarkozy et continue de sévir à l’encontre des opposants turcs et kurdes en France (cf. l’augmentation des procès de militants passés sous silence ainsi que les perquisitions de locaux appartenant à des associations kurdes). Plusieurs militants du DHKP-C ont été condamnés le 20 décembre à entre 7 et 5 ans de prison. Le fait que la France réprime pour le compte de la Turquie peut laisser penser que fascistes et services secrets turcs peuvent agir en toute impunité sur le territoire.

Nous demandons à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat et affirmons une fois de plus notre soutien au peuple kurde. Nous appelons toutes les forces communistes et progressistes à se joindre aux initiatives qui ont lieu depuis ce matin afin de protester cet acte barbare. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. A bas les crimes fascistes ! Vive le mouvement kurde de libération nationale !

JCML 69

 

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 18:35

Il y a quarante ans naissait en France un Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) qui associait bouleversement des mœurs et transformation sociale. Si les liens avec les partis politiques traditionnels peinèrent à se nouer, cette création libéra la parole, témoignant de l’irruption des luttes minoritaires au sein de l’extrême gauche.

par Benoît Bréville, août 2011

Dans la nuit du 27 juin 1969, des policiers font irruption au Stonewall Inn, un bar gay de New York fréquenté par des travestis afro-américains et portoricains. Bousculades, empoignades, arrestations : le contrôle dégénère. S’ensuivent trois nuits d’émeute qui radicalisent le mouvement homosexuel et aboutissent à la création du Gay Liberation Front (GLF).

Dans son Gay Manifesto, ouvrage-phare du radicalisme homosexuel américain publié en 1970, Carl Wittman trace le chemin à suivre : unir les luttes des opprimés, associer engagement révolutionnaire et émancipation homosexuelle. « Les hétérosexuels (mais aussi les Blancs, les anglophones, les hommes, les capitalistes) perçoivent les choses en termes d’ordre et de comparaison, écrit-il. A est avant B, B est après A ; un est inférieur à deux, qui est inférieur à trois ; il n’y a pas de place pour l’égalité. Cette idée s’étend à l’opposition homme/femme, en haut/ en bas, marié/célibataire, hétérosexuel/homosexuel, patron/salarié, Blanc/Noir, riche/pauvre. Nos institutions sociales engendrent et reflètent cette hiérarchie (1). »

L’analyse séduit le Black Panther Party (BPP), si bien que des liens se tissent. Le slogan du GLF, « Gay is good », répond ainsi à la devise du BPP, « Black is beautiful ». En 1970, des militants homosexuels participent à la Revolutionary People’s Constitutional Convention organisée par le BPP à Philadelphie. « Nous devons essayer de nous unir avec [les femmes et les homosexuels] dans une perspective révolutionnaire (…). Personne ne reconnaît aux homosexuels le droit à être libre. Ils sont peut-être la couche la plus opprimée de la société (2) », déclare Huey Newton, l’un des fondateurs des Panthers, lors de son discours inaugural.

Dans le sillage du GLF, d’autres groupes radicaux essaiment à travers le monde : en Belgique, le Mouvement homosexuel d’action révolutionnaire ; en Italie, le Fuori (3) ; au Québec, le Groupe homosexuel d’action politique (GHAP), etc. Après la rencontre d’Aarhus (Danemark) en 1972, seize groupes, représentant dix pays, s’associent pour former une Internationale homosexuelle révolutionnaire (IHR).

En France, le mouvement se fait connaître lors du sabotage d’une émission de la radio RTL. Le 10 mars 1971, Ménie Grégoire, animatrice vedette de la station, organise un « débat » en direct de la salle Pleyel à Paris, consacré à « l’homosexualité, ce douloureux problème ».Douloureux, il le sera surtout pour les experts conviés à son examen (un curé, un psychanalyste, les Frères Jacques…) quand des militantes lesbiennes, proches du Mouvement de libération des femmes (MLF), prennent d’assaut la tribune et contraignent la régie à interrompre l’émission. Quelques jours plus tard naît le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR). Son ambition sera double : proposer une révolution sociale aux homosexuels et une révolution sexuelle aux travailleurs.

« La révolution totale, ce n’est pas seulement séquestrer un patron qui vous fait chier : c’est accepter le bouleversement des mœurs, sans restriction. »

Les militants du FHAR s’organisent en groupes de travail thématiques et en comités de quartier, distribuent des tracts devant les boîtes de nuit, animent des réunions d’information à l’Ecole des beaux-arts. Certains membres plaident pour une plus grande politisation du Front. A une époque où l’Eglise catholique joue encore un rôle central, quoique déclinant, un rapprochement avec la droite est impensable. Celle-ci rejette l’homosexualité dans le camp du vice et de la perversion. Au Parti socialiste (PS), la prudence est de mise : selon lui, les préférences sexuelles appartiennent à la vie privée et ne méritent pas de prises de position politiques. Le Parti socialiste unifié (PSU), plus à gauche, se montre davantage ouvert aux homosexuels, mais il ne partage pas le projet révolutionnaire du FHAR. Les regards se tournent donc naturellement vers l’extrême gauche.

« Faisons une série de textes pour raconter ce que nous avons vécu,suggère l’écrivain Guy Hocquenghem, également engagé au sein de l’organisation maoïste Vive la révolution (VLR). Je travaille dans un journal gauchiste qui s’appelle Tout !, ce sont des types assez ouverts, je les connais bien, je pense qu’ils accepteraient de les publier (4). »

En avril 1971, Tout !, alors dirigé par Jean-Paul Sartre, consacre sa douzième livraison à « La libre disposition de notre corps ». Des membres du FHAR en rédigent les quatre pages centrales. Aux travailleurs, ils expliquent que « la révolution totale, ce n’est pas seulement réussir une grève sauvage, séquestrer un patron qui vous fait chier : c’est aussi accepter le bouleversement des mœurs, sans restriction. Plus ça vous paraîtra dur, moins vous comprendrez, plus vous pourrez dire que vous êtes sur le bon chemin ». Aux homosexuels, ils recommandent de sortir du « ghetto marchand » dans lequel la société bourgeoise les a parqués : « Une boîte, c’est le royaume du fric, on y danse entre hommes, on s’y apprécie mutuellement en tant que marchandise : la société hétéro-flic nous y récupère. » A côté des textes politiques, d’autres articles jouent davantage sur la provocation et affirment, sur le modèle du GLF américain, la fierté gay (gay pride). « Nous sommes plus de 343 salopes, nous nous sommes fait enculer par des Arabes. Nous en sommes fiers et nous recommencerons (5) »,proclame l’un d’eux.

Le 1er mai 1971, le FHAR poursuit sa tentative de rapprochement avec le mouvement ouvrier. Des homosexuels radicaux, accompagnés de membres du MLF, défilent aux côtés des syndicats sous une vaste banderole appelant à mettre « A bas la dictature des “normaux” ! ». Habillés en travestis et avec leur maquillage criard, certains d’entre eux bousculent les codes des mobilisations politiques et dérangent les services d’ordre.

Car tout le monde ne partage pas ce goût pour la provocation. Une information judiciaire est ouverte contre Tout ! pour outrage aux bonnes mœurs ; un membre du FHAR qui vend le journal à la criée est arrêté à Grenoble. A la fin du mois de mai, la police saisit les dix mille exemplaires disponibles dans les kiosques.

Mais les attaques contre le FHAR viennent aussi de la gauche révolutionnaire. Au sein de VLR, l’aile ouvriériste refuse de distribuer le numéro de Tout ! incriminé devant les usines ; il est également hors de question, pour la librairie gauchiste Norman-Bethune, d’afficher une telle publication sur ses étalages. Dans un courrier adressé à Tout !, un lecteur explique ses appréhensions : « Le problème ne se pose pas en termes de normaux et d’anormaux, mais en termes de riches et de pauvres, et leur lutte n’est donc pas en tant que pédés, mais en tant qu’exploités, analyse-t-il. Par conséquent, consacrer la moitié d’un journal à la publication de problèmes qui n’en sont pas et qui ne sont solubles que par une société socialiste bien conçue, relève de la trahison, alors que la nécessité de soutenir les ouvriers de Renault (qu’ils soient pédés ou non) devrait passer au premier plan (6). »

Ce n’est pas l’analyse politique — la question homosexuelle est-elle contingente par rapport à la lutte des classes, ou lui est-elle inhérente ? — mais les méthodes d’action du FHAR qui troublent la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). « Nous n’avons aucune hostilité de principe contre la lutte que mènent les homosexuels contre l’ostracisme dont les entoure la société bourgeoise, nous n’en trouvons que plus lamentables les grotesques exhibitions du FHAR, lors des dernières manifestations (…). En se comportant comme des ‘’grandes folles’’, les homosexuels du FHAR révèlent à quel point ils sont victimes de l’oppression sexuelle bourgeoise », explique l’organisation trotskiste dans son périodique Rouge en mai 1972.

Du côté du Parti communiste français (PCF), l’accueil est plus hostile. Interviewé en mai 1972 par Le Nouvel Observateur, Pierre Juquin résume la position officielle : « La couverture de l’homosexualité ou de la drogue n’a jamais rien eu à voir avec le mouvement ouvrier. L’une et l’autre représentent même le contraire du mouvement ouvrier (7). »Lors d’un meeting à la Mutualité, Jacques Duclos se montre plus virulent encore lorsqu’un militant du FHAR lui demande si le PCF « a révisé sa position sur les prétendues perversions sexuelles ». Agrippant le micro, l’ex-candidat communiste à l’élection présidentielle s’écrie :« Comment vous, pédérastes, avez-vous le culot de venir nous poser des questions ? Allez-vous faire soigner. Les femmes françaises sont saines ; le PCF est sain ; les hommes sont faits pour aimer les femmes (8). » Pour Lutte ouvrière enfin, les textes du FHAR s’élèvent« à la hauteur des graffitis de pissotière » et reflètent l’« individualisme petit-bourgeois (9) ».

« On nous a emprisonnés dans le jeu de la honte, que nous avons transformé en jeu de la fierté. Ce n’est jamais que dorer les barreaux de notre cage. »

Rejeté par l’extrême gauche, le FHAR se fissure. Les Gouines rouges, qui reprochent aux membres masculins leur mainmise sur le groupe, font scission. Au risque de se couper du mouvement ouvrier, les Gazolines grimées en « folles » et en travestis accentuent la stratégie de la provocation. Leurs slogans — « Prolétaires de tous les pays, caressez-vous ! », « Nationalisons les usines de paillettes ! » — revendiquent la fierté homosexuelle. Hocquenghem, qui prône un militantisme politique plus traditionnel, se détourne de ces « pédérastes incompréhensibles » en juillet 1972 : « On nous a emprisonnés dans le jeu de la honte, que nous avons transformé en jeu de la fierté. Ce n’est jamais que dorer les barreaux de notre cage (10) », écrit-il alors dans la revue Partisans.

Le Groupe 5 du FHAR se réclame quant à lui de l’Internationale situationniste ; il crée le journal Le Fléau social en mai 1972 et finit par abandonner le champ de la lutte politique. Le Groupe 11, qui publieL’Antinorm, prend le chemin inverse et persiste dans la voie du rapprochement avec les partis d’extrême gauche.

Victime de ses dissensions internes, le FHAR disparaît en février 1974. Son existence éphémère a ouvert une brèche : trois ans plus tard, le PCF crée une commission homosexualité au sein du Comité d’études et de recherches marxistes (CERM), et la LCR met en place une Commission nationale de l’homosexualité (CNH). Mais ces initiatives, surtout symboliques, n’effacent pas les rigidités sur les questions de mœurs.

L’affaire Marc Croissant met à nouveau le PCF au centre des critiques du mouvement homosexuel. En janvier 1979, ce membre de la commission homosexualité du CERM et employé de la mairie communiste d’Ivry s’inquiète auprès de Roland Leroy du traitement parL’Humanité d’un fait divers impliquant un homosexuel mineur. Le directeur du journal lui répond vertement ; M.Croissant est écarté de sa cellule et licencié de son travail.

La même année, trois membres de la CNH quittent la LCR, arguant que le parti néglige les problèmes des homosexuels : aucun texte portant sur l’oppression et le travail des homosexuels n’a été discuté au cours de son IIIe Congrès. « Ce n’est pas là un problème conjoncturel, lié aux conditions du Congrès, écrivent-ils dans Rouge. Jamais le mouvement ouvrier, à l’exception de la social-démocratie de Karl Liebknecht, n’a accepté de lutter aux côtés des homosexuels. Au sein même du mouvement trotskiste, notre situation n’est pas nouvelle (11). »L’intégration politique des militants homosexuels se heurte aux traditions de l’extrême gauche, qui valorise une identité ouvrière à la fois masculine, productiviste et hétérosexuelle.

Aux Etats-Unis, à l’aube des années 1980, une autre forme d’intégration, commerciale cette fois, guette le mouvement gay. Le journaliste Andrew Kopkind, un « radical » de la cause, déplore ainsi l’abandon du terrain politique par les homosexuels, au profit d’un consumérisme festif, d’un hédonisme incarné par la vague disco. « A New York, écrit-il en 1979, les gays peuvent vivre dans des quartiers majoritairement gays, avec une infrastructure sociale et économique imprégnée d’aspects de la culture gay (…). Les gays peuvent travailler dans le commerce gay, pour satisfaire une clientèle gay (…). [Ils peuvent] manger dans des restaurants gays, faire leurs courses sur des avenues gays, dans des boutiques gays, danser dans des bars gays(…), lire des magazines et des romans gays, avaler des pizzas et des burgers gays (…). En un sens, une forme d’oppression remplace l’autre (12). »

Benoît Bréville

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 18:13

Mardi 8 janvier, en fin d’après midi plusieurs dizaines de policiers font une descente dans un des plus grands squats de roms de l’agglomération lyonnaise à Saint-Fons. Tout y est: tenues anti-émeute, casques, boucliers, flash-ball, grenades lacrymogène, taser, chiens d’attaque. Pendant une heure, ils vont gazer les habitants et saccager le bidonville pour se venger.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, selon certains roms, des enfants auraient jeté des cailloux sur une voiture de police qui s’était introduite sur le parking du terrain privé qu’ils occupent. Voici donc nos braves policiers en tenue de guerre bien décidés à en découdre avec les enfants.

Les policiers commencent par se retrouver au beau milieu d’un anniversaire. Une petite fille fête ses 3 ans et de nombreux enfants sont autour d’une table et d’un grand gâteau. Ils dansent au son de la musique tzigane, vêtus de leurs plus beaux habits. Estimant probablement qu’il s’agit là d’un rituel rom dangereux et inconnu, les policiers donnent des coups de pied dans la table et balayent tout ce qui se trouve dessus : bouteilles de soda, gâteau, tout y passe. L’anniversaire, c’est comme le changement, ce n’est pas pour maintenant.

Les policiers ordonnent ensuite à toutes les personnes présentes de rentrer dans leurs cabanes et commencent à y pénétrer une à une. Il s’ensuit de véritables scènes de guerre. « Même dans les films, on n’a jamais vu ça», souligne un habitant.

Marinella est couchée avec ses enfants lorsque deux policiers casqués rentrent dans sa maison. L’un d’entre eux tient dans sa main un bouclier et dans l’autre une bouteille de gaz lacrymogène qu’il vide en aspergeant l’ensemble de la pièce. La maman va se précipiter sur un linge pour couvrir ses enfants. Elle suffoque, ses enfants, eux, étouffent, impossible de respirer et de rester là. Elle se précipite dehors avec eux. Les policiers sont déjà passés à la cabane suivante.

Roberto, 12 ans, raconte: « un policier est arrivé avec un fusil et une lumière sur le fusil. Il a dit : on va revenir vous casser les couilles tous les soirs. En partant, un autre a mis du gaz avec une bouteille blanche. Ca piquait beaucoup la gorge et les yeux, avec mes frères et sœurs on est tous partis dehors, il y avait plein de policiers en noir avec des casques et des boucliers et aussi des chiens.»

Claudia a 18 ans. Elle tient son bébé de 18 mois dans les bras quand un policier arrive vers elle et l’apostrophe violemment : « Il est où celui qui a jeté des pierres sur la voiture ? » Comme tous les habitants, Claudia n’est absolument pas au courant de ce qui s’est passé quelques heures auparavant. Elle jure qu’elle n’en sait rien. La suite est incroyable: « le policier a pris un bidon remplit d’eau et il l’a jeté sur moi et mon bébé en m'insultant. J’étais toute mouillée ».

Le comportement de la police rappelle ensuite des moments biens sombres de notre histoire. Sandu, est seul dans sa cabane. « J’étais en train de ma laver. Un policer est rentré, quand il m’a vu, il a lancé du gaz lacrymogène à hauteur de mon visage et il a refermé la porte. Quand j’ai voulu sortir, je n’ai pas pu. Il bloquait la porte et m’empêchait de sortir. J’ai cru que j’allais mourir. »

Le terrain de Saint Fons est vaste. Après avoir passé en revue toutes les cabanes, réveillant les personnes qui dorment déjà, insultant celles qui ne dorment pas et gazant une bonne partie d’entre elles, les policiers attaquent l’autre partie du terrain avec une sauvagerie incroyable.

Ils se mettent à casser les vitres de toutes les cabanes, méthodiquement, une à une.

Quand ils arrivent à hauteur d’une voiture, ils cassent la lunette arrière. Sacha, 10 ans raconte : « il y avait un gros projecteur qui éclairait tout. Il y avait du bruit et j’ai regardé par la fenêtre. J’ai vu un policier tout en noir qui cassait la voiture avec son bâton. Ensuite, des policiers ont regardé par la fenêtre avec une lampe. Je me suis vite caché sous les couvertures avec ma maman, j’avais peur. Un policier qui avait un casque a mis du gaz par la fenêtre. On ne pouvait plus respirer. Ma maman voulait sortir, mais j’avais trop peur. On a attendu qu’ils partent. »

Les vengeurs casqués continuent à remonter les cabanes. Des portes sont arrachées, des bâches déchirées. Dans un cabane, le repas du soir qui cuit dans un grosse marmite est violemment jeté par terre par un policier. Dans une autre, un homme qui dort est réveillé par le bruit de la porte qu’un policier vient de fracasser : « j’ai ouvert les yeux et un policier avec un casque m’a mis du gaz sur la figure »

 

Bilan de l’opération : plusieurs dizaines de personnes gazées dont des enfants traumatisés, une femme aspergée d’eau, (qu’est ce qu’on rigole dans la police…), des vitres de cabanes cassées et des portes arrachées. Avant de partir, les policiers ne peuvent s’empêcher de s’exciter sur les voitures garées sur le parking et cassent les rétroviseurs de plusieurs d’entre elles.

 

Contactée par des journalistes le lendemain de l’opération punitive, la police donne bien évidemment une version toute différente. Selon un communiqué sorti dans la précipitation, « un équipage de police a été victime de jets de projectiles dont un a brisé la lunette arrière du véhicule et atteint le chauffeur. » Soucieux de couvrir immédiatement ses hommes, le commissaire en personne montre à la télévision un véhicule de police dont la vitre arrière est brisée… à deux endroits… Ouaou… Ils sont forts ces roumains. Un projectile, deux impacts. Ils ont inventé le caillou à fragmentation qui se divise en plusieurs parties lors du jet. A moins que ce ne soit un caillou à tête chercheuse qui est rentré dans le véhicule avant d’en ressortir.

Mais les contradictions de la police ne s’arrêtent pas là. Dans une interview donnée à la télévision, le commissaire affirme que suite à l’agression du caillou à fragmentation et à tête chercheuse, des policiers, confrontés à une « vingtaine, voire une trentaine d’individus hostiles », ont fait usage, « à une reprise du gaz lacrymogène » et « dans la foulée, les équipages se sont repliés et ont terminé leur mission. »

Sauf que le communiqué de presse, lui, dit exactement le contraire : « ils ont été dans l’obligation de faire usage du gaz lacrymogène pour les repousser et poursuivre l’opération. » Alors, après le gazage, partis, pas partis les rambos ? Il faudrait que la police accorde ses violons.

Enfin, le communiqué affirme : « une opération de police a été montée de 18.30 à 19.30 afin d’identifier et d’interpeller les auteurs ». Est-ce que quelqu’un a déjà vu une opération de police sans contrôle d’identité ? Surtout quand il s’agit « d’identifier » des individus. Et bien ce soir là, pas une seule personne sur les 200 que compte le campement n’a été contrôlée. Pas une. Pas une seule interpellation non plus. Mais ce n’était visiblement pas le but.

Selon une source policière qui souhaite rester anonyme, il s’agissait de retrouver un lance-missile, pardon un lance-cailloux, un objet qui aurait pu servir à lancer un projectile… En réalité, il s’agissait surtout d’une expédition punitive pour montrer de quel bois se chauffe notre valeureuse police en cette période hivernale.

Ce n’est pas la première fois que la police gaze des enfants roms à Lyon. En novembre 2010, déjà, des policiers avaient utilisé des gaz lacrymogènes contre un squat, envoyant plusieurs personnes à l’hôpital. Les policiers avaient nié les faits et expliqué qu’ils avaient gazé un chien. Cette fois-ci, le commissaire, la Direction Départementale de la Sûreté Urbaine et le préfet en personne sont montés au créneau pour couvrir les policiers qui se font justice eux-mêmes. Tous ont répétés le même message: la police n’a fait que son travail.

Non, messieurs, le travail de la police n’est pas de se venger d’un jet de caillou contre une voiture en gazant à bout portant plusieurs dizaines de personnes dont des enfants.

Non, messieurs, le travail de la police n’est pas de punir des innocents en saccageant des habitats précaires plongeant ainsi dans un misère encore plus grande des dizaines de personnes dont le seul crime est de vivre sur un terrain vague.

Non messieurs, les roms ne sont pas des chiens, que l’on gaze et que l’on chasse à coups de matraque. Ce sont des êtres humains qui ont le droit de vivre dans la dignité comme vous et moi.

Les dirigeants socialistes et Manuel Valls en particulier portent une très lourde responsabilité dans les dérapages successifs contre la minorité rom. Depuis l’élection de François Hollande, on assiste à des comportements pire encore que sous Nicolas Sarkozy : des traques jour et nuit (1), des enfants humiliés et violentés par la police (2), des bébés en garde à vue (3). La liste est longue. En continuant à stigmatiser les roms, en jetant cette population à la vindicte populaire et en couvrant de tels agissements de la part de policiers qui sont censés faire respecter la loi et non la violer, le gouvernement ouvre la porte à des actes beaucoup plus graves. Un vague de racisme sans précédent se développe actuellement en France contre les roms. On se rend compte à travers ce dérapage révoltant qu’elle touche également très largement la police.

Valls, qui rêve d’effectuer le même parcours que Sarkozy emprunte les mêmes chemins nauséabonds et racistes qui ne le mèneront nulle part.

Les roms ont toujours été les boucs-émissaires idéaux pour détourner l’attention des peuples et leur faire oublier l’impuissance de ceux qui nous gouvernent à juguler les crises économiques. En Allemagne, dans les années 1940, déjà, on les gazait. C'était dans les chambre à gaz des camps de concentration.

 

(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/110812/enfants-roms-lautre-tweet-de-valerie

(2) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/061012/des-enfants-pourchasses-violentes-et-humilies-par-la-police

(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/050113/un-bebe-en-garde-vue-accuse-d-avoir-mendie

 

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS
12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:07

Quelques nouvelles depuis la maison d’arrêt de Chambéry

Depuis le 7 janvier, je purge une peine de 4 moissuite à la fabrication d’un engin explosif en 2009 ayant entrainé une explosion accidentelle dans laquelle ma compagnonne Zoé décéda et où je fus grièvement blessé.

Je ne veux pas que vous vous apitoyez sur mon sort. Je ne suis pas une victime innocente face à une justice disproportionnée mais un individu parmi d’autres qui n’a pas voulu entrer dans la triste réalité que la société lui réserve et que l’État enferme pour accroître son contrôle et tenter de maintenir son autorité.

Je ne suis pas une avant-garde révolutionnaire montrant l’exemple à suivre et qui cherche à souffrir pour attiser la révolte des camarades, je ne suis qu’un individu qui cherche une émancipation collective par une destruction des structures sociales et des normes profitant à l’État et au capital.

Tout en ayant des désirs révolutionnaires, je refuse la séparation entre prisonniers.ères « sociaux » et « politiques » et me considère « prisonnier politique » au même titre que toutes les personnes enfermées.

Je ne suis qu’un être humain ayant soif de liberté et qui essaie de vivre et de lutter selon son éthique anti-autoritaire dans une société construite sur l’oppression et la domination et qui subit logiquement les conséquences de ses choix.

Si ma situation provoque de la colère, libre à chacun.e de la cultiver et de lui donner la forme qu’il ou elle désire.

Pour que la rage ne s’efface pas sous la peur, que vivent les révoltes !!! Crève la taule et ce monde bétonné de merde, liberté pour toutes et tous !!!

mike

P.-S. Durant ces quelques mois d’enfermement, voici mon contact où il est possible de m’écrire :

Michaël Dupanloup,
numéro d’écrou 23 007
M.A de Chambéry,
151 rue Belledonne,
73011 Chambéry (France).

Pour celles et ceux qui ne savent jamais quoi écrire à des personnes enfermées, vous pouvez également participer au grand concours de cartes postales qui ne craint même pas le ridicule…

C’est déjà tout de suite, 10 janvier 2013

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:04
Un groupe extremiste veut steriliser les femmes Roms

Cette initiative a créé une onde de choc en Roumanie. Sur son site internet, le groupuscule nationaliste et extrémiste NAT88 de Timisoara propose « une récompense de 300 lei (68 euros) à chaque femme tzigane (terme péjoratif, NDLR) de la région de Banat qui présente un acte médical prouvant qu’elle s’est soumise volontairement à une opération de stérilisation en 2013 ». Leur objectif ? S’attaquer à la communauté rom dont les membres sont, selon eux, trop souvent à l’origine d’ « attaques violentes ».

La Slovaquie déjà condamnée

L’Institut Elie Wiesel pour la recherche sur l’Holocauste en Roumanie, l’association de défense des Roms, Romani CRISS, et le Centre pour le combat contre l’antisémitisme sont montés au créneau pour dénoncer cet appel. « La stérilisation des femmes appartenant à un groupe ethnique représente une atteinte grave au groupe en cause et à la société dans son ensemble, quelle que soit la manière de promouvoir cette démarche », ont-ils conjointement dénoncé dans un communiqué de presse. « Nous condamnons la recrudescence du phénomène extrémiste » et de ceux qui souhaitent « résoudre rapidement le problème tsigane », ont-ils ajouté.

La pratique n’est pas inédite. En 2011 et 2012, la Slovaquie avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir stérilisé illégalement des femmes Roms.

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Published by coutoentrelesdents - dans FACHO HORS DE NOS VIES!
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:53
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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:39

http://feudeprairie.files.wordpress.com/2013/01/gulag.png?w=640&h=420

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:38

Ben Guerdane – Les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre d’après le MI

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale (ministère de l’Intérieur), Mohamed Ali Aroui, a assuré ce vendredi 11 janvier que les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre dans la délégation de Ben Guerdane (gouvernorat de Médenine), au lendemain de leur retrait.

Mohamed Ali Aroui a renchéri en disant que les forces de sûreté sont épaulées par les unités de la garde nationale et de l’armée devant le siège du secteur de police de Ben Guerdane. Des patrouilles sont également présentes sur le terrain pour protéger les personnes et les biens.

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale a expliqué que le retrait opéré hier soir par les unités sécuritaires après les affrontements avec un groupe de citoyens a été décidé pour éviter que des dégâts soient commis.

Mohamed Ali Aroui a insisté sur le fait que l’institution sécuritaire n’est en aucun cas responsable des évènements survenus à Ben Guerdane ou de la fermeture du point de passage de Ras Jdir.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 11 janvier 2013 – 8h06)

 

L’armée nationale prend place à Ben Guerdane après le retrait des forces de sécurité

Suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants de Ben Guerdane, l’incendie du district et celui du local d’Ennahdha, l’armée nationale s’est positionnée dans la délégation après le retrait des forces de sécurité.

Les incidents de ce jeudi 10 janvier se sont soldés par le vol de 6 voitures saisies par la douane dans un local à proximité du district de sécurité, le vol d’une arme et de munitions et l’incendie d’un entrepôt.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 23h03)

 

Ben Guerdane : Le bureau d’Ennahdha incendié

Le bureau d’Ennahdha dans la délégation de Ben Guerdane du gouvernorat de médenine a été incendié dans la soirée de ce jeudi 10 janvier.

Selon le secrétaire général du mouvement Mohamed Jendoul, les agresseurs ont saccagé le local avant d’y mettre le feu.

Des renforts sécuritaires ont été envoyés à Ben Guerdane à cause des tensions qui se sont accentués.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 22h20)

 

Le district de Ben Guerdane incendié par les manifestants

En début de soirée du 10 janvier, les affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre se sont intensifiés à Ben Guerdane. L’utilisation du gaz lacrymogène a été constatée et même le recours à des tirs à balles réelles a été réclamé ; toutefois, le ministère de l’Intérieur a refusé ce recours.

Ce témoignage a été apporté par Ammar Mhamdi, secrétaire général de l’Union Régionale du Travail de Ben Guerdane sur les ondes de radio Mosaïque FM, qui déclare, en outre, que des manifestants ont pris d’assaut le district de Ben Guerdane et l’ont incendié.

M. Mhamdi ajoute que les forces de sécurité se sont retirées laissant place à l’armée qui devait intervenir. D’autres sources dont un reportage sur Ettounissiya TV évoque d’autres incendies des locaux du poste de police et de la douane, ainsi que le vol des véhicules de ces organismes ainsi que les actes de saccage touchant le siège du parti d’Ennahdha dans la même localité frontalière.

Presse contre-révolutionnaire (BusinessNews.com.tn, 10 janvier 2013 – 21h52)

 

Journée de colère et de troubles à Ben Guerdane

Plusieurs protestataires ont fait irruption dans le siège de la sécurité de Ben Guerdane ce jeudi 10 janvier et y ont mis le feu.

Les forces de sécurité ayant déserté la ville en raison du manque de munitions et de gaz lacrymogènes pour faire face aux manifestants.

Les affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité ont fait 3 blessés qui ont été transportés à l’hôpital régional de Ben Guerdane.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 10 janvier 2013 – 21h21)

 

À quelques jours de l’anniversaire de la révolution
Ben Guerdane pleure lacrymogène

La grève générale à Ben Guerdane finit en … larmes : bombes lacrymogènes, pierres et matraques ont mis fin à la grève générale organisée aujourd’hui par l’Union générale des travailleurs tunisiens.

Un journaliste sur place nous raconte que « vers 14h, alors que tout paraissait calme, tous les commerces étaient fermés. Après la manifestation officielle organisée par l’UGTT le matin, les rues étaient pratiquement vides.

Et puis, des jeunes sont apparus. On sentait que l’atmosphère devenait lourde et la première bombe lacrymogène a surgi.

On nous dit que c’est ainsi depuis quelques jours. Notre témoin sur place nous fait valoir, à ce propos, une certaine tension qui persiste à Ben Guerdane malgré l’ouverture ce matin même du point de passage avec la frontière libyenne. « Le malaise est plus profond de ce qu’on dit. Il ne s’agit pas seulement de la fermeture du point de passage. C’est vrai que pratiquement tout le monde ici vit grâce au commerce avec la Libye, mais ce qu’on sent ici, c’est une sorte  de révolte contre la marginalisation de la région. Les habitants de Ben Guerdane réclament leur droit à l’emploi et au développement. De manière plus subtile encore, on sent aussi une certaine révolte contre les Libyens qui deviennent, paradoxalement, indésirables ici ». Rappelons que ce sont les camionneurs libyens qui bloquent, depuis hier, le passage frontalier.

L’UGTT dépassée par les événements

Comment se fait-il que la grève générale annoncée pacifique par l’Ugtt dégénère surtout qu’on entend  parler de blessés aujourd’hui ? Omar Mhamdi, secrétaire général du bureau régional de l’UGTT à Ben Guerdane, clarifie les  choses : « Nous avons voulu cette grève générale pour, précisément, calmer les esprits. Cela fait deux jours que les forces de sécurité réagissent avec violence aux manifestations des jeunes dans la région. À travers la grève générale nous avons voulu alerter les autorités quant à la gravité de la situation. Mais hélas personne ne nous a entendus et les conséquences on les constate aujourd’hui sur le terrain »,  affirme-t-il.

Mais indépendamment de ce que disent les uns et les autres, le résultat est le même. Au final, on a une situation qui dégénère, des tensions qui s’amplifient, une  ville entière en ébullition. À faire la liaison avec ce qui se passe parallèlement au Kef,  on peut légitimement s’interroger sur  l’issue des troubles actuels. Une deuxième révolution est-elle en train de se préparer, à quelques jours de l’anniversaire de la première ?

Presse contre-révolutionnaire (LEconomisteMaghrebin, 10 janvier 2013)

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