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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:43

fringues

Feu de Prairie prend de l’avance et vous présente ses conseils mode pour se préparer à un été très chaud!

Plus sérieusement, il est nécessaire de s’intéresser aux différentes façons de s’habiller lors d’actions politiques pour assurer sa sécurité et sa protection tout en permettant une mobilité maximale. Cela fait partie des questions plus globales entourant les tactiques de manifestation et de résistance à la répression, que nous abordons régulièrement sur ce site. Nous avions déjà parlé par exemple des modes de communication que les militants emploient pour l’agitation et la propagande; il pourra être question une prochaine fois des différentes tactiques employées dans les manifestations anticapitalistes radicales.

Comme d’habitude notre but n’est pas d’être exhaustif mais de donner quelques conseils aux gens nous lisant et s’interrogeant sur des photos de manifs qu’ils ont pu voir, ou se préparant à participer. Et au vu de l’embrasement de l’Europe, des révoltes spontanées qui agitent les classes populaires ici et ailleurs, il nous semble important de nous préparer collectivement au mieux… Alors, quelques idées d’habillement pour les militant(e)s d’aujourd’hui.

Se protéger en manifestation: les bases. Tout d’abord, cela peut sembler important mais il est primordial de réfléchir cinq minutes à sa tenue avant de sortir de chez soi. Est ce que je prends un sac? Si oui, que mettre dedans? Je viens en tong ou en rangers? Bien sûr, cela dépend des évènements: une manifestation anti-G8 partant pour l’affrontement ne se déroule pas comme une démonstration syndicale plan-plan bercée par la Rue Kétanou (ou autre musique « revendicative »), un piquet de grève n’est pas un black bloc, etc. Éviter le folklore, ne pas se faire repérer à trois kilomètres est évident, et c’est une bonne habitude à prendre. Dans le cadre d’une manifestation visant à se faire entendre et non d’une action de confrontation, il est aussi important de réfléchir à son apparence pour ne pas se couper radicalement des gens voyant passer le cortège. Les habits doivent être aussi sobres que possible pour limiter les possibilités d’interpellation par la maréchaussée. Porter un chapeau rose est peut être très divertissant mais vous êtes une cible de choix. Un jean et un sweet casual sont bien plus difficiles à décrire. Pensez y. Ensuite: porter une écharpe et, si possible, prendre du sérum physiologique. L’écharpe permet de se masquer ou de limiter l’effet des lacrymogènes.

La tête. Des lunettes de soleil cheap couplées à une casquette et/ou à une capuche peuvent également rendre l’identification difficile mais n’assurent pas un anonymat total (notamment par reconnaissance biométrique). Les lunettes plastiques noire seront préférées (elles résistent mieux aux chocs éventuels), voire les lunettes de piscine en cas de répression probable (elles protègent les yeux des gaz). Des casquettes renforcées sont trouvables dans le commerce. La question des casques se pose aussi: très présents dans les manifestations d’Europe du sud (Italie, Grèce…) ils ont une symbolique forte et donnent un aspect agressif. Ils sont souvent visés par la police tout comme les autres types de protection, car symbolisant une certaine volonté d’en découdre. A garder pour les actions particulièrement tendues, la défense d’un lieu, un piquet de grève risqué ou la protection collective d’une manifestation/ un service d’ordre. Les casques de chantier ou de scooter laissent une bonne visibilité, couplés à une écharpe ils permettent d’être protégé et relativement anonyme. Dans le cadre d’une attitude plus défensive, les casques de moto sont mieux adaptés, finalement assez proches de ceux des CRS…

Le haut. Tous les gouts sont dans la nature. Toute veste assez solide pour amortir les coups est tout de même préférable. De même, ayez à l’esprit qu’un col ou n’importe quoi peut permettre à quelqu’un de vous agripper. Les lacrymos peuvent pourrir les fringues, inutile de sortir vos plus beaux atours… La plupart des habits existants sont déclinés en simili-cuir ou en synthétique, ce qui est intéressant pour ceux/celles qui sont vegans parmi nous.

Le bas. Tout le monde porte des jeans, non? Des chaussures fermées et assez serrées sont conseillées.

Les autres protections. Les boucliers: apparus avec les premières manifestations étudiantes violentes des années ’60 et largement employés par la mouvance autonome, ils reviennent à la mode. Ils ne sont utiles que si leur usage est décidé collectivement et nécessitent une certaine cohésion de groupe pour être employés efficacement. Les book blocs renouvellent cela en transformant les livres en protection: c’est incontestablement très fort symboliquement, et cela peut être mis en place assez simplement. Mais un bête morceau de plexi avec une poignée fait aussi l’affaire. A noter que l’extrême droite emploie parfois des boucliers pour protéger ses cortèges des projectiles (Suède, Grèce, USA…) lancés par les manifestants. Cela marque une différence claire avec les manifestations révolutionnaires cherchant à se protéger de la police: les néofascistes fonctionnant comme des auxiliaires officieux des flics, ils n’ont pas besoin de réfléchir à cela… Les drapeaux: un bon manche de bois d’un mètre à un mètre cinquante donne un outil de dissuasion redoutable. Plus petit encore, le morceau de tissu n’est qu’un prétexte pour avoir un gourdin. Pourtant, ça marche, donc pourquoi s’en priver? Et puis, ça nous change agréablement des hampes syndicales en plastique. Des gants ont aussi leur utilité pour limiter les traces et les blessures mais réduisent l’habilité manuelle. Toutes ces protections doivent être pensées dans un cadre mixte, elles ne doivent pas devenir l’apanage d’une minorité « combattante » projetant une image de guerrier viril: tout le monde peut les employer.

Le sac. Carte d’identité (même si il est plutôt conseillé de l’avoir directement sur soi), eau, pansements, vêtements de rechange éventuels, et rien de fragile bien sûr. Un petit sac à dos est moins encombrant.

Les choses à éviter. L’alcool et la drogue – aucune exception à ce sujet. C’est un suicide politique, et un excellent prétexte à la répression. Les lances pierres et autres armes de jets non-improvisées (c’est une arme d’un point de vue légal). A part pour une action bien précise, c’est également à éviter car difficilement défendable en cas d’arrestation. Les protections trop importantes (type protections de genoux et d’avant-bras pour sport de glisse): risquées aussi, il convient de faire attention. Les cagoules: donnant un aspect « terroriste » et tombant sous le coup de la loi (le port d’un masque étant interdit), mieux vaut les éviter pour les manifestations en France. En Allemagne ou dans les pays d’Europe du nord plus généralement, la question se pose différemment.

C’est intéressant tout ça, mais si on n’est pas équipé? On peut trouver des solutions économiques comme les marchés Emmaüs ou le Secours populaire. Les friperies, les sites d’enchère en ligne, et les vides-grenier permettent aussi de trouver des objets sympas et utiles à des prix très raisonnables. Inutile de se ruiner pour se protéger, donc… Mais n’oublions jamais que la meilleure protection reste la cohésion de groupe, la confiance que l’on peut avoir dans ceux/celles qui marchent à nos côtés, et la solidarité face à la répression.

Cette liste n’est pas exhaustive et sera surement complétée, modifiée, corrigée ou précisée suivant les retours que l’on recevra. Bonne lecture et bon shopping!

D.

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:41

Universal Music et Sony Music ont-ils triché pour gagner un maximum de vidéos vues sur YouTube, et ainsi tenter d'empocher abusivement des revenus indus ? La filiale de Google semble le penser, puisqu'elle a retiré plus de 2 milliards de vues aux grandes maisons de disques, pour sanctionner l'usage de robots et autres outils interdits par ses conditions générales d'utilisation. 

Joyeux Noël aux majors de l'industrie musicale ! Selon des données de Socialblade, rapportées dans un article de DailyDot, YouTube a procédé la semaine dernière à un grand ménage de printemps dans les compteurs de nombre de vues des vidéos qu'il héberge, et Universal Music Group et Sony Music figurent comme les grands perdants. Ensemble, les chaînes des deux maisons de disques ont perdu environ 2 milliards de vues de leurs vidéos, Google ayant apparemment estimé que les chiffres très séducteurs avaient été gonflés artificiellement en utilisant des techniques proscrites par YouTube. 

Universal Music Group est ainsi passé d'un total cumulé de près de 7 milliards de vidéos vues à 5,9 milliards, en une seule journée. Il perd l'équivalent d'un Gangnam Style. Sony Music, de son côté, a chuté de 850 millions de vidéos vues, et affiche désormais 120 millions au compteur. Selon les estimations de SocialBlade, Universal Music et Sony Music aurait chacun perdu entre 500 000 et 5,5 millions d'euros de revenus potentiels générés par les publicités affichées sur les vidéos.

Si l'on en juge par le contenu désormais quasiment vide des chaînes officielles des deux maisons de disques, la raison matérielle d'un tel recul au compteur paraît encore plus radicale qu'une rectification manuelle : YouTube semble avoir supprimé toutes les vidéos pour lesquelles il avait détecté un taux important de vues frauduleuses. La semaine dernière, YouTube avait prévenu qu'il le ferait, en envoyant un préavis à de nombreux uploaders.

Ainsi ce matin, la chaîne Universal Music Group ne compte plus que 5 vidéos, et celle de Sony Music, seulement trois vidéos (dont aucune chanson). Plus étrange, lorsque l'on ajoute le total des vues de chaque vidéo, on obtient seulement environ 30 000 vues, mais le compteur affiche toujours 120 millions :

Beaucoup d'autres chaînes ont été impactées par les rectifications de YouTube, dont celles de Britney Spears, Michael Jackson, Beyonce, RCA Records, Shakira, ou Hollywood Records. 

Interrogé par Daiy Dot, Universal Music a minimisé l'impact de la mesure, en affirmant que sa chaîne YouTube était largement en sommeil et qu'il avait déménagé ses vidéos vers son propre service Vevo.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 21:13

LETTRE OUVERTE AUX JOURNALISTES EN GÉNÉRAL ET À RAPHAËL STAINVILLE (FIGARO) EN PARTICULIER

 

Le Figaro a publié le 7 décembre dernier un nouveau crachat de Raphaël Stainville intitulé “Les insurgés de Notre Dame des Landes”. Ce postillon permet à lui seul d’expliquer notre défiance à l’égard de la presse. Et il permettra à tous les journalistes qui s’offusquent encore de se voir “rejetéEs” de comprendre la raison de notre animosité : il y a dans votre profession bien trop de types dans le genre de Stainville !

 

 

Photo de Raphaël Stainville

 

Parachuté pour trois jours, Stainville, muni de son baggage d’antigauchisme primaire (forcément, à trop fréquenter les Le Pen…), est venu faire un tour sur la zad. Arborant sa frange de droitiste effronté (pas très différente de celle du frontiste) et muni de ses préjugés les plus crasses, il est allé “à la rencontre” des opposantEs au projet d’aéroport. TouTEs ceLLEux qui ont accepté de lui parler et de lui livrer un peu d’eux-mêmes, il les balance, il les jette en patûre aux lecteurICEs de son torchon. Mieux, à partir de quelques bribes d’information, il dresse d’eLLEux un portrait odieux et condescendant : pour lui on est tous des jeunes en perdition qui viennent à la zad se “donner des frissons”. Au long de son article, il enchaîne les clichés : impubères, boutonneux/ses, paranoïaques, sales, “black-blocs”, fumeurEUSEs de hashich, oisifs/ves… En brave petit soldat de Dassault, il remplit sa mission : discréditer les opposantEs à l’aéroport en véhiculant les images les plus mensongères ou les plus débiles. Oui, car au delà de sa nullité littéraire, Stainville nous montre aussi le visage de la presse d’aujourd’hui : une presse médiocre et inféodée à la droite la plus réactionnaire, dont les journalistes, produits formatés par les grandes écoles de journalisme, sont tout juste bons à revomir les infos en kit de leurs “sources policières”, à défaut de savoir comment parler la même langue que la population.

 

Stainville le grand reporter, comme tous les idéologues de la chasse aux sorcières, aime utiliser un vocabulaire qui suscite le dégoût et qui nous fait passer pour des rats : on apparaît comme une multitude qui grouille dans la boue, ignorante, affamée et brutale. Son “article” nous fait passer pour des pauméEs, des brutes ou des voyouTEs qui vont de ville en ville pour accomplir des mauvais coups. On apparaît comme un magma chaotique, fait de punks, de hippies et de black-blocs, venus s’entasser à la zad pour se castagner ou régler leurs comptes avec l’existant. Et les agriculteurs, décris à la va-vite (pas assez croustillant pour les lecteurs anti-jeunes du Figaro), ne sont pas en reste : ce qu’on retient d’eux après avoir lu Stainville, c’est qu’ils sont vieux et butés. Les résistantEs de Notre Dame des Landes ne sont décidément que des hommes des cavernes, tout juste bon à être “délogés”, résidus du passé…

 

Raphaël, si on t’es apparuEs si misérables, c’est sans aucun doute parce que nous ne sommes pas du même monde et que tu as bien trop de dédain pour les humainEs qui t’entourrent, pour la vraie vie, pour la manière dont les gens échangent et vivent loin de ceLLEux de ta caste. C’est sûr que dans ton enfance dorée versaillaise, tu n’as pas eu à porter de bottes et à marcher dans la boue. C’est sûr que pour travailler à la solde d’un vendeur d’armes, tu ne dois pas avoir beaucoup d’égards pour la vie, si ce n’est la tienne. Faire carrière en écrivant des livres sur la famille Le Pen et des articles terroristes qui décrivent tout ce qui t’es étranger comme dangereux, nous te félicitons : tes crachats journalistiques en mode “rien ne va plus, c’est plus comme avant, tout va pêter” doivent pimenter le quotidien des (é)lectrices octogénaires du Front National !

 

Tant que des has-been comme toi, avec leur  “belle gueule”, leur  “jean trop bien taillé, [leur] peau sans bouton d’acné [et leur] raie sur le côté”, viendront railler notre authenticité, nous seront effectivement là pour leur coller une “raclée”. Ceux qui comme toi vendent leur soupe empoisonnée pour flatter ceLLEux qui nous pourrissent la vie (les lecteurICEs du Figaro : patronEs bétonneurEUSEs et vendeurEUSEs d’armes, retraitéEs nostalgiques, commerçantEs proches de leurs sous, traderEUSEs et cadres frénétiques, catho intégristes, médecins de bonne famille…) ne seront jamais du même côté de la barricade que nous. Belles gueules ou pas, vous êtes le parti de la mort, nous sommes celui de la vie. Et bien que nous te parraissons préhistoriques, c’est bien les gens comme toi qui font partie du passé.

 

Et je termine mon texte en m’adressant aux journalistes de bonne foi, pigistes, vidéastes et photographes qui galèrent, intermittentEs de la presse qui voudraient faire connaître notre lutte avec un regard ami : Dans les luttes qui nous opposent aux détenteurICEs du pouvoir et de l’argent, face à ceLLEux qui déploient des stratégies policières pour nous coller en taule et nous faire taire, à Interpol et aux polices nationales qui nous désignent comme terroristes parce que nous jettons des pétards et des cannettes de verre et nous infiltrent pour mieux nous cueillir, la moindre indulgence à l’égard des preneurEUSEs d’images et des grapilleurEUSEs d’informations permettant de nous identifier ou de comprendre nos modes d’organisation constitue un danger. Il est impossible pour nous de savoir qui de vous est de bonne foi ou qui est indic. Notre seule défense, c’est l’intransigeance.

 

À vous de lutter dans votre corps de métier pour en chasser les journaflics, ceLLEux qui mâchent le travail de la flicaille et nous jettent dans les bras de l’ennemi. Les logiques contre lesquelles nous nous opposons sont trop puissantes pour qu’on se permette d’être conciliantEs. On a bien trop à perdre ! Et on n’a qu’une vie…

 

Nos pensées vont aux prisonnierEs politiques, à Cyril et aux autres opposantEs à l’aéroport tombéEs dans les mailles de leurs filets.

 

Guerre à Vinci et à son monde !

 

Un parasite ultra-gauchiste, chômeur boueux et puant, casseur décérébré et délinquant congénital

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 20:17

Hélène Bidard, présidente de la SEMIDEP (Société d’économie mixte immobilière interdépartementale de la région parisienne), est également présidente de la société immobilière Rochechouart, propriétaire du 149 rue du Château, société écran du Parti Communiste Français. La SEMIDEP avait déjà expulsée les mal-logés acharnés du 141 rue de Charonne.
Son mari est Igor Zamichiei, secrétaire fédéral du PCF75.

———-

Quand le parti communiste expulse // publié sur le blog “un  militant”

L’édition du jour du Parisien nous apprend que le Parti communiste a demandé (et obtenu !) l’expulsion de squatteurs d’un immeuble au 149, rue du château dans le 14ème arrondissement.

Au-delà du changement de posture entre le parti qui prône la mise en commun des richesses dans le préambule de ses statuts et le parti propriétaire qui a visiblement beaucoup de mal à mettre en application ses principes, cette expulsion, sans décisions de justice et en plein hiver, pose de nombreuses questions juridiques.

En effet, les forces de l’ordre seraient intervenues en “flagrance”, suite à une plainte du Parti Communiste, et les squatteurs doivent être poursuivis prochainement pour « dégradations de biens prives en réunion. »

On espère pour lui que le Parti dispose de quelques preuves de ce qu’il avance, car les témoignages disponibles font plutôt état de personnes installées dans les lieux depuis plusieurs jours, donc bien au-delà du délai de flagrance. Les photos des affaires embarquées dans un camion montrent d’ailleurs bien la réalité du domicile des occupants. On attendra également quelques preuves de dégradations lourdes susceptibles d’être considérées comme un délit. J’avoue que j’ai des doutes.

Les explications du secrétaire de la fédération de Paris ressemblent à toutes celles des propriétaires pris la main dans la vacance : qu’on se le dise, pour le propriétaire, un squat est toujours dangereux, quand bien même il viendrait d’être inaugurer ! Au vu du nombre de sociétés immobilières détenues par le parti communiste, (ma préférée étant la SCI Leninvest…) ils doivent savoir également que le péril fait l’objet de dispositions légales permettant une évacuation immédiate quelque soit la période de l’année. Les architectes de sécurité de la préfecture de Police de Paris, seuls habilités à déterminer le péril, ont des astreintes régulières pour être en capacité de faire des constats à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit en cas d’urgence. La procédure est purement administrative, le statut et la durée de l’occupation importent peu. Encore faut-il qu’il y ait péril !

Si les communistes ont choisi la voie pénale, c’est bien parce qu’ils savaient ne pas pouvoir obtenir une expulsion pour péril.

Dénoncer un squat politique mené par des militants anarchistes est bien beau, mais même dans le cas où ce serait vrai (et on peut avoir quelques doutes en l’espèce, vu l’absence de revendication et la tentative de négociation préalable) ça n’autorise pas pour autant à expulser. Il convient de rappeler que la politique n’est pas exorbitante du droit commun.

Pourtant, Hélène BIDARD, Présidente-Directrice-Générale de la Société Immobilière propriétaire de l’immeuble, donc celle qui porte la plainte a de fort beaux mots au Conseil de Paris pour parler de la crise du logement, qu’elle connaît bien en tant que présidente d’un bailleur social (SEMIDEP) :

Par un vœu, notre groupe demande que la Ville mette à disposition tous les bâtiments vacants en sa possession, susceptibles d’être mis à disposition de l’hébergement d’urgence. Si nous parlons d’urgence, c’est que la situation ne peut pas attendre. Lorsque la vie de femmes et d’hommes est en jeu, il est de notre devoir d’agir avec conséquence, et de le faire vite.

Les enjeux du logement sont cruciaux, ils répondent à un besoin absolument prioritaire pour les Parisiennes et les Parisiens. A nous d’investir pour se montrer à la hauteur de leurs attentes, et faire de Paris une ville pour tous.

Visiblement, le Parti Communiste a plusieurs manière de comprendre le verbe “investir”.

 

LE PC EXPULSE DES SQUATTEURS

Des squatteurs expulsés sur ordre du Parti communiste, une opération de police rondement menée, les matelas sortis sur le trottoir dans l’obscurité, deux jeunes interpellés et ramenés au commissariat, les autres à la rue…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0142.jpg

Mercredi soir, vers 20h30, une vingtaine de policiers ont expulsé une petite dizaine de squatteurs d’une maison au 149, rue du Château (XIVe), propriété du Parti communiste.

Et hier, Sergio, un commerçant voisin, commentait l’opération : « C’est quand même fort de voir les cocos expulser des SDF. » « Étonnant et décevant de la part des communistes, s’agace Celia Blauel, élue (EELV) du XIVe, venue sur place. On note une différence entre les paroles et les actes. »

Une plainte pour dégradation

Hier matin, un maçon était déjà à l’œuvre pour « sceller les portes ». Cette petite maison de ville, ancien local de la section du XIVe, dont les pièces était jadis tapissées de la faucille et du marteau et d’affiches de la Fête de l’Huma, était vide depuis plus de trois ans. Depuis dix jours, des squatteurs, de 25 à 45 ans, s’y étaient installés. « On avait repéré la maison vide, reconnaît Thomas, l’un de ses occupants. On a tous des problèmes de logement. On a ouvert un compteur EDF. »

Au PC, on reconnaît « avoir eu recours aux forces publiques ». Mais on avance « des raisons d’insalubrité de la maison ». Igor Zamichiei, secrétaire de la fédération du PC à Paris, dénonce dans ce squat une « opération politique ». Selon lui, les squatteurs seraient « des groupes de la tendance anarchiste ». Thomas rigole : « On ne savait même pas que la maison appartenait aux communistes. Il n’y avait pas de nom sur la boîte aux lettres. » Reste que les squatteurs du 149, rue du Château, seront poursuivis par le parquet de Paris, à la suite de la plainte déposée, pour « dégradations de biens privés en réunion ».

Des élus murmurent que la maison devait être retapée pour être vendue. Les squatteurs auraient pu contrarier leur belle opération immobilière.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Céline Carez, LeParisien.fr, 21 décembre 

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:39

Mixtape "Insurrection" du groupe DERNIER REMPART, prévue début 2013 avec WEST SECTION/FANTOMATIK/L'ALERTE ROUGE/M.AT.

Et ça c'est juste un petit aperçu !!!
Respect à ceux qui font tourner.


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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:32

http://feudeprairie.files.wordpress.com/2012/12/blog-anticamera.png?w=640&h=597

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:29

 

Le squat Villa Amalias à Athènes vient de se faire expulsé, la nuit de mercredi à jeudi, suite à une perquisition pour trafic de drogue. Huit personnes, dont deux citoyens allemands, ont été placés en GAV, puis passés devant le procureur vendredi matin pour possession d'armes et confection de trucs explosibles, après la découverte, par la police spécialisée, des bouteilles vides, du liquide inflammable, couteaux, bouquins, ordis e.t.c., et "une petite quantité de haschich". Par la suite, l'enquête a continué vendredi matin sans la présence des habitants, et des photos du squat, partie habitation et donc intimité y compris,  ont été largement diffusées.

 

Les habitants et habitués de Villa Amalias ne se sont pas vus accusés à tort pour la première fois: plusieurs tentatives d'inculpation dans le passé ont majestueusement échoué. Ces tentatives d'évacuation seraient justifiés récemment par une perte de 4-5000 euros par mois à la sécurité sociale, à qui appartient ce bâtiment. La dernière décision du tribunal "reconnaît" le bâtiment comme "habitation temporaire et centre d'activités culturelles, bénéfiques pour le bâtiment et le quartier". Selon le journal Kathimerini- presse  de droite- jusqu'à l'évacuation de l'occupation "Delta" à Thessalonique en septembre 2011, "l'état, n'osant pas les interventions dans les squats et occupations, qualifiaient cet affaire[les occupations] de politique.Calculant les réactions, ils évitaient de toucher la 'patate brûlante'." L'expulsion de Villa Amalias a eu lieu quelques heures avant le conseil municipal ou le cas du marché de Kypseli serait discuté. Ce conseil a été reporté pour le soir du même jour, et finalement aura lieu en janvier. 

 

Le marché de Kypseli, abandonné depuis très longtemps a été classé "protégé" en 2005 puis investi par des habitants du quartier, autogéré et utilisé pour héberger des spectacles de théâtre, des projections, des présentations de livres tous les mardis, l'école autogéré des immigrés du quartier, le marché des cultivateurs bio et depuis mai 21012 une cuisine collective. Le marché a été fermé par le maire d'Athènes, après des pressions des collectifs d'habitants et commerçants du quartier, influencés par l'extrême droite, et dernièrement directement soutenus par le contre pouvoir qui adopte une politique laiciste. Entre autres, la mairie a reçu une demande de requête sur les détails des activités qui se tenaient au sein du marché. Le 18 août 2012 les CRS ont fermé le marché et depuis le lieu reste inutilisé, et surveillé par la police. 

 

L'initiative au sujet du marché de Kypseli, convergeant plusieurs représentants des collectifs du quartier qui soutiennent les activités pour une civilisation participative, une politique émancipatrice, la solidarité et une vie sociale affirmée, a récemment eu recours aux instances légales pour fermeture anti-constitutionnel du lieu: un lieu "protégée" est protégé en tant que réceptacle mais aussi en tant que lieu d'activités précises, c'est à dire qu'un lieu destiné par les habitants du quartier à une fonction, ne peut pas être utilisé autrement.

 

Villa Amalias est autogéré depuis 23 ans, ayant hebergé plusieurs concerts, réunions, luttes et discussions, et tenant une position determiné face au traffic de drogues et les violences de groupes fascistes organisés, nottament de l'Aube Dorée, dans le quartier regroupant plusieurs habitants immigrés. Le Réseau pour les Droits Politiques et Sociaux, la Jeunesse de la Coalition de Gauche et ANTARSYA (partie politique) ont déjà communiqué leur soutien, alors que des manifestations de solidarité locales sont en train de se tenir dans plusieurs villes de la Grèce.

 

 

 

 

Communiqué du squat Villa Amalias

 

 

 

Sources:

 

Initiative des habitants du 6ème arrondissement

athens.indymedia.org

I epohi- 22 décembre 2012 "Perquisition et arrestations à Villa Amalias: Exercices de panique moral", par S.K.

Kathimerini- 21 décembre 2012 "Evacuation de 'Villa Amalias' avec des gardes à vues", par K.O.

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:28

Nouveaux affrontements, deux morts et l’ombre persistante de l’impuissance gouvernementale

On a coutume de dire, en Argentine, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu au champ, et c’est probablement vrai. Pendant que j’écris, des images d’affrontements avec la police et de saccages de supermarchés envahissent les écrans de télévision, les journaux et les nouveaux médias obligeant l’opinion publique à revenir à l’état d’esprit de 2001. Et pourtant tout ne revient pas en arrière, tout n’est pas si clair et limpide, de sorte que la frontière entre le vrai et le faux tend à être occultée et incorporée dans le débat politique.

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Mais revenons aux faits. D’une part, nous voyons que les pillages se répandent comme une traînée de poudre à travers toute l’Argentine, s’approchent de la capitale, enflamment sa périphérie et se transforment rapidement en affrontements violents avec les forces de l’ordre : on compte de nombreux blessés, deux morts et des centaines de personnes sous les verrous. D’autre part nous constatons que certaines organisations politiques liées à l’opposition et aux syndicats de la droite péroniste, ont non seulement pris la tête et détourné les protestations mais en ont souvent été les organisateurs.

Le chef de l’État a aussitôt déclaré que le gouvernement national de Cristina Fernandez condamne vigoureusement les attaques de supermarchés qui ont eu lieu dans les provinces de Buenos Aires, Santa Fé et Neuquèn, il a en outre précisément  accusé le syndicat des camionneurs lié à la CGT de Moyano. À son tour le syndicat de Moyano a déclaré que « les événements en question sont le résultat de la gestion politique gouvernementale » et qu’il ne tolère aucune accusation de qui que ce soit. Des secteurs de la droite argentine et certains médias accusent par contre les anarchistes et la gauche indépendante ou même, avec des accents racistes, la population d’origine indigène prise de « furie indigéniste ».

Entre-temps, la situation s’est aggravée à Rosario avec 2 morts et 50 blessés, et à San Fernando où, durant les affrontements entre plus de 300 manifestants et les forces anti-émeutes,  les cocktails molotov et les pierres répondaient aux projectiles et aux gaz des policiers, affrontements provoquant la fermeture de l’autoroute panaméricaine et l’arrestation de 20 personnes. Ce qui apparaît avec le plus de clarté dans ces événements, c’est cette ombre persistante de 2001 qui plane sur l’Argentine, ombre dont les contours sont marqués du spectre de l’impuissance gouvernementale et de la profonde instabilité faite de précarité et de rapports clientélistes.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/083.jpeg

Une idée exacte de ce qui se passe est très difficile à acquérir, car il s’agit d’une situation dans laquelle la propagande, le crime organisé, l’appareil répressif et les pouvoirs politiques, qu’il s’agisse des partis politiques ou des syndicats, naviguant de concert, partagent la même soif de pouvoir et de contrôle.

L’impression que nous tirons, pour l’instant, c’est que, si à Bariloche la protestation est le fruit du désespoir économique, dans de nombreux autres cas, les manifestations ont surgi à la suite d’initiatives venant d’en haut pour souligner les rapports de force qui sous-tendent la gestion directe du pouvoir.

Bien sûr, dans le contexte social de l’Argentine ainsi que celui des périphéries de ses grandes villes, il n’est pas difficile de catalyser les besoins et les attentes des populations les plus pauvres pour transformer la rage et la frustration en révolte qui risquent de déstabiliser les rapports  de force en question.

Cela fait partie d’un jeu de massacre pervers, orchestré avec un art consommé, dont la victime prend le regard de l’enfant cherchant sa pitance dans un monceau de détritus. Comme une allégorie de sa propre vie. Il faut comprendre à qui profite cette situation dont, jusqu’à présent, l’unique certitude que l’on retire, c’est que c’est la partie la plus humble de ce pays qui est instrumentalisée, faite de personnes obligées de vivre dans des banlieues-dortoirs sordides, sans aucuns droits et sans possibilité d’imaginer un futur un tant soit peu différent du présent. Mais quand on joue avec la rage, la nécessité et la frustration, on joue avec le feu, et il n’est pas dit que seront toujours les mêmes qui en sortiront vainqueurs.

Traduit de l’italien (dionisiaco&apollineo, 22 décembre 2012) par un camarade


Argentine : deuxième jour de pillages et d’émeutes, de Bariloche à Rosario et Buenos Aires

Selon la presse argentine d’aujourd’hui (22/12), les pillages qui ont commencé jeudi à Bariloche (en Patagonie) se sont étendus jeudi dans la nuit puis vendredi à Viedma et Cipoletti (provinces de Río Negro, comme Bariloche), mais aussi à Rosario (3e ville du pays, province de Santa Fe) et dans une moindre mesure aux provinces de Entre Ríos et du Chaco. Mais vendredi toute la journée, les pillages ont surtout touché la province de Buenos Aires (à Campana — camions bloqués sur l’autoroute Panamericana puis pillés + nombreux commerces et l’hypermarché —, à San Fernando à 30 km du centre-ville — hypermarché Carrefour pillé en deux vagues — à Malvinas Argentinas, à Mercado Central et à Pablo Nogués). Dans le cas des hypermarchés de San Fernando et Campana, ce sont des foules de 600 à 800 personnes (selon les keufs) qui ont attaqué puis mis à sac la structure.

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San Fernando

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/155.jpgSupermarché à Rosario

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Station service Esso, San Fernando

Des affrontements avec la police se sont aussi produits dans la proche banlieue de Buenos Aires-ville (comme à Malvinas Argentinas, Virreyes, Beccar y José C Paz), tandis que plusieurs quartiers à l’intérieur de la capitale fédérale (San Martín, Escobar, Pilar, Luján, Caseros, Palomar, Tres de Febrero, Lanús, Avellaneda et Lomas de Zamora) sont tous sous occupation policière pour empêcher les pillages de se diffuser encore plus, provoquant ici ou là de nouveaux affrontements.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/185.jpgCampana, pillage de camions sur la Route n° 9

Hier, dans la seule province de Buenos Aires, ce sont pas moins de 378 personnes qui ont été arrêtées, et 523 en moins de 48 heures à l’échelle de tout le pays (selon le ministère). Il y a des centaines de blessés (et plein de flics aussi), tandis que Bariloche est désormais en état de siège avec 400 flics en plus. Tous les flics en permission et tous les procureurs en congé pré-Noël ont été rappelés par l’État pour être en service.

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Campana, la police arrive après le pillage de l’hypermarché Yaguar

Selon des chiffres officiels, au 4e trimestre 2011 ceux sous le seuil de pauvreté étaient 21,9% de la population, et les “indigents” 7,8% … tandis que l’inflation était à 24%.

Brèves du désordre, 22 décembre 2012

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:26

La carte collaborative des caméras de surveillance s’invite à Paris

Une carte répertoriant l’ensemble des caméras publiques et privées dans Paris, avec leur marque, leur orientation… Des militants anti-caméras s’y sont attelés et ont sorti fin novembre la déclinaison parisienne du site sous-surveillance.net, une cartographique collaborative des moyens de surveillance de la rue.

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Capture d’écran du site Paris Sous-surveillance

D’abord fondée sur des données publiques, elle est destinée à s’étendre avec les remontées des utilisateurs, qui peuvent en signaler de nouvelles ou améliorer la fiche des existantes. Mercredi 19 décembre, les initiateurs du projet parisien ont d’ailleurs organisé une série d’ateliers de réflexion autour du site et de la vidéosurveillance.

Cette carte est une initiative du collectif d’extrême-gauche lyonnais Rebellyon [LOL - NdJL], qui a d’abord déployé une version locale, avant de porter le concept à d’autres villes. “La contestation doit être locale avant d’être nationale. La mobilisation à partir d’un site local est une idée très prégnante à Rebellyon, qui fait que nous nous adressons à un public plus large que les militants”, explique Arthur, membre de Rebellyon qui a collaboré à l’élaboration de la version parisienne de sous-surveillance.net. Depuis le lancement du site lyonnais cet été, vingt-cinq projets de déclinaisons ont été lancés, notamment à Bruxelles et à Genève à partir d’initiatives existantes.

UN OUTIL “PÉDAGOGIQUE”

Ses initiateurs veulent inscrire l’outil dans une démarche plus pédagogique, avec une présentation simple des caméras et un flux national d’information sur la vidéosurveillance.Une application pour les smarpthones Android, pour l’instant non-disponible sur le magasin officiel de Google, est d’ailleurs téléchargeable pour connaître les caméras autour de soi.

Le site se veut également une collaboration directe entre militants et hackers (bidouilleurs), qui auraient habituellement des difficultés à se rencontrer. “Il n’y a pas de projets communs entre hackers et militants. La vision des hackers, qui veulent délivrer un produit fonctionnel, peut être enrichie par celle des militants, qui pensent plus à la prise de conscience”, poursuit Arthur.

Le développeur de l’application Android s’est ainsi associé au projet il y a deux mois, après avoir débuté son premier outil. Montpelliérain, il avait ainsi conçu une application qui fait vibrer le portable à proximité d’une des caméras listées dans les données publiques de la ville. Quelques semaines plus tard, il sortait la première version de l’application de sous-surveillance.net, dont l’objectif est de permettre d’enregistrer aisément les caméras sur le site en utilisant notamment le GPS intégré.

MULTIPLIER LES SITES, SIMPLEMENT

Comme tout projet censé s’étendre, la simplicité technique est au cœur des préoccupations des développeurs. Le site est fondé sur le système de gestion de contenus Spip, utilisé en premier lieu par Rebellyon. Pour afficher la carte, les développeurs ont conçu une extension dédiée à la gestion des caméras, Spip Camera. Les données cartographiques sont tirées du projet libre OpenStreetMap et les vues satellites de Google Maps. À terme, l’équipe prépare une bascule complète sur OpenStreetMap, qui contient en lui-même une base de données de caméras à remplir. Les développeurs souhaiteraient ainsi disposer de deux bases, l’une sur sous-surveillance.net et une autre disponible plus largement par OpenStreetMap.

“Nous voulons fournir un outil fonctionnel pour fédérer. Le but est de créer des dynamiques autour du site et dans la rue”, explique encore Arthur. Ce souhait d’une base technique stable n’est pas limité à sous-surveillance.net, le collectif souhaitant capitaliser sur cet outil, notamment en mettant en place des sites “d’information alternative” similaires à Rebellyon dans d’autres villes. Le site de cartographie de la surveillance serait ainsi une étape, vouée à être maintenue activement “un ou deux ans”, pour “créer le débat”.

“Mobiliser est plus difficile à Paris. Peut-être que nous aurions dû procéder par arrondissement plutôt que pour la ville entière, par exemple”, reconnaît enfin le militant.

Leur presse (Guénaël Pépin, LeMonde.fr, 21 décembre 2012)

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:19

Les insurgés de Notre-Dame-des-Landes

REPORTAGE – Punks, anarchistes, hippies sont plus nombreux que les écologistes radicaux à s’opposer au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voulu par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Voyage au cœur de cette nouvelle cour des Miracles anticapitaliste.

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Raphaël Stainville est né le 17 mai 1977 à Versailles en France. Il est journaliste au Figaro Magazine, ancien journaliste du Figaro Hors Série. Écrivain, il est l’auteur de J’irai prier sur ta tombe (François Xavier de Guibert, 2002), où il raconte son voyage de Paris à Jerusalem à pied. Il écrit après plusieurs années d’enquête le livrePages de sang (Presses de la Renaissance, 2007) ; ce livre raconte le génocide arménien à travers les écrits d’un Français. Il a participé au livre Mission Le Pen : Le Garde du corps parle de Thierry Légier, garde du corps de Jean-Marie Le Pen. [Wikipedia]

Il a mis des lunettes de plongée. Enfilé encore un masque à gaz. Caché le reste de son visage sous une capuche. Emmitouflé dans une écharpe sa barbe de barde. Rabattu les manches de son sweat sur ses poignées pour cacher ses bracelets qui pourraient permettre de l’identifier avant de consentir à monter sur sa barricade pour répondre à quelques questions et prendre la pose. Plusieurs précautions valent mieux qu’une.

Depuis deux jours, il tient Girafe, l’une des nombreuses constructions érigées dans les bois pour tenter de contenir un éventuel assaut des gendarmes mobiles qui cherchent à déloger les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Douve, pieux, pont-levis, rien ne manque à l’édifice. Une pancarte donne le ton pour ceux qui voudraient s’aventurer au-delà de cette palissade : « C’est pas les paysans et les squatteurs qu’il faut virer. C’est le capitalisme qu’il faut éliminer. »

Ni nom ni maître. Impossible d’en savoir plus sur ce jeune homme. Seulement qu’il a quitté son squat dans le Morbihan deux jours plus tôt « pour venir en aide aux camarades assiégés ». Et qu’il a fait, il y a quelques années, un petit tour par la case prison. Un frère et une sœur, débarqués de Rennes pour le week-end, montent le guet avec lui et se relaient avec d’autres pour tenir cette position avancée 24 heures sur 24. Entre deux morceaux de musique punk, ils écoutent sur radio Zodiac, la radio pirate de Notre-Dame-des-Landes qui émet sur le 107.7, les derniers bulletins des insurgés. C’est leur Radio Londres à eux. Ils ont l’impression de résister, se donnent des frissons. Au talkie, Juliette 6 annonce un atelier bombe, à proximité de Zèbre, une autre barricade. « On a besoin d’essence et de peinture acrylique. Faites passer ! » Plus loin, c’est un groupe de six étudiants de Seine-et-Marne qui creusent une tranchée à coups de pioches et de pelles et tirent du barbelé en travers du chemin.

La ZAD est un bourbier, au propre, comme au figuré

Derrière la barricade, les journalistes ne sont pas les bienvenus. Au mieux, ils sont des valets du capitalisme qui tardent à s’affranchir de leurs chaînes. Au pire, des indics pour les « condés » (flics). Après l’arrestation le 26 novembre de plusieurs opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par cinq gendarmes en civil infiltrés derrière la barricade du Sabo, la paranoïa a gagné tous les occupants de la zone d’aménagement différée de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la fameuse ZAD.

Dans les sous-bois, on dévisage plutôt deux fois qu’une les nouveaux arrivants. Un jean trop bien taillé, une peau sans bouton d’acné, une raie sur le côté. On n’est jamais très loin du délit de belle gueule et de la raclée. Les journalistes ne sont plus tolérés qu’une demi-heure par jour. Photos proscrites. Nous sommes parvenus à nous installer trois jours au milieu de la ZAD, circulant au milieu des pétards et des cadavres de bouteilles d’alcool sur ce site de 2000 hectares de forêt et de bocage. Un vrai bourbier. Au propre comme au figuré. Dix ans que ça dure. Dix ans que ce vieux projet d’aéroport a été ressorti des cartons par Jean-Marc Ayrault.

« La plus grande concentration d’altermondialistes d’Europe »

Mais depuis maintenant quelques semaines, alors que les travaux de construction devaient débuter au début de l’année 2013, l’opposition s’est radicalisée et organisée en petits bastions autonomes et autogérés. La ZAD a été rebaptisée « zone à défendre » ou « zone d’anarchie démentielle ». C’est selon. Ils sont plusieurs centaines à camper sur place, disséminés aux quatre vents. Des anars. Des anciens des Black Blocs qui ont fait le coup de poing à Gênes, Turin et sur tous les fronts de la lutte altermondialiste. Des hippies aussi qui naviguent de communauté en communauté. Pour peu qu’il y ait un peu d’herbe à fumer. Des écolos radicaux.

De source policière, Notre-Dame-des-Landes serait devenue en quelques semaines, « la plus grande concentration d’altermondialistes d’Europe ». À No Name, on parle anglais et espagnol pour se faire comprendre. Idem encore à La Gare. Tout ce beau monde dort dans des « sleepings » (dortoirs, NDLR) improvisés dans la forêt. Des baraques en bois, des plates-formes dans les arbres accessibles uniquement avec des baudriers et du matériel d’escalade. Ils s’entassent parfois à une trentaine dans des cabanes de 20 mètres carrés au milieu des chiens qui ronflent et des grolles boueuses.

« Les tracteurs sont enchaînés, les paysans sont déchaînés »

Au Far-Ouest, un message griffonné sur une planche annonce fièrement que 1263 ADN différents ont déjà été recensés dans cette baraque en bois. Il y a les piliers qui ont leur surnom de bataille, Gismo, une petite vingtaine d’années à peine, et Doyo, venu s’installer ici pour vivre ses rêves de décroissance après trois ans dans l’armée. Loïc, un jeune agriculteur parti s’installer sur la ZAD pour s’offrir les terres qu’il ne pouvait pas se payer ailleurs. Et tous les camarades de lutte. Leur nombre ne cesse de grossir. Comme Laurent, arrivé après trente heures de stop depuis Munich. Ou Benjamin, qui promène son spleen et ses deux chiens de bled en bled autour du monde avec ses faux airs de John Krakauer, le héros de Into the Wild. Malgré le froid, la boue, l’humidité, l’hiver qui guette et mord déjà les pieds. Sans eau potable ni électricité. Benjamin kiffe ce mode de vie. Logé, nourri. Pas tout à fait blanchi.

Les cabanes en bois de la forêt du Rosier ont été détruites et le matériel de construction saisi par les gendarmes mobiles il y a trois semaines. D’autres cabanes en kit ont été assemblées trois jours plus tard au lieu-dit de La Châtaigneraie. Protégées cette fois-ci par une soixantaine de tracteurs enchaînés les uns aux autres. Un coup de la Confédération paysanne.

Jean-Louis fait partie des agriculteurs mutins. Il possède une exploitation bovine à la lisière du futur aéroport. Pour lui, pas question de discuter. La commission de conciliation voulue par le gouvernement pour tenter de trouver une issue à cette situation explosive n’est qu’un leurre pour casser l’unité de ce mouvement d’opposition. Pour lui, si « les tracteurs sont enchaînés, les paysans sont déchaînés ». Prêts à en découdre avec les autorités s’il le faut.

Des centaines de « mules »

En attendant, il fait partie de ceux qui approvisionnent les assiégés. Tous les jours, c’est un chapelet de voitures qui franchissent les différentes chicanes d’une route défoncée à la pioche pour approvisionner les « zadistes ». Les gendarmes sont impuissants à contrôler tout ce qui circule sur la ZAD. Leurs points de contrôle sont systématiquement contournés par les champs, les bois. Malgré l’interdiction de la préfecture, les jerricans d’essence continuent d’arriver sur la ZAD. Des centaines de « mules » viennent de tout l’arrière-pays nantais pour apporter aux insurgés eau potable, fruits, légumes. C’est un embouteillage de vieilles bagnoles polluantes qui s’agglutinent aux abords de La Vache Rit, un hangar prêté par un agriculteur pour stocker nourriture et vêtements.

Des retraités préparent la popote pour cent bouches affamées. Une soupe de potiron, de courges et de pommes de terre. Ici, on mange la plupart du temps végétarien. Il faut aller sur les barricades pour trouver un morceau de viande ou une boîte de cassoulet. Ailleurs, c’est un autre qui dépose au petit matin un groupe électrogène flambant neuf et une yourte à monter. « Les camarades de luttes se sont cotisés », glisse Hubert. Au Far-Ouest, les zadistes l’ont surnommé le Père Noël. Il arrive régulièrement avec du matériel.

« L’État capitulera au premier mort »

Notre-Dame-des-Landes est devenue le point de convergence de toutes les luttes. Les insurgés de l’aéroport de Nantes accueillent les opposants à la nouvelle gare de Stuttgart, aux lignes à grande vitesse Lyon-Turin, Bordeaux-Bilbao ou Londres-Birmingham, aux nouveaux projets d’autoroutes ou de complexes touristiques en Espagne, en Italie et ailleurs. On tient des AG à La Châtaigneraie. Les pieds dans la boue, Régis, qui arrive de Grenoble, lit à voix haute un petit ouvrage : « Le train est inutile. Il transforme l’homme qui est un voyageur en paquet vivant. » Ils ne sont pas seulement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais contre tous les projets d’aéroports. En France et ailleurs. Certains abandonnent deux ou trois jours la ZAD pour aller manifester à Lyon, avant de revenir dans le bocage nantais. Difficile d’imaginer que ces opposants puissent capituler à la première grenade assourdissante. Ils ont pour beaucoup déjà fait leurs armes sur d’autres champs de bataille.

« Nos parents sont parvenus à venir à bout du projet de centrale nucléaire à Plogoff. C’est à nous de faire notre œuvre », expliquent Bubuche et Flibuste, deux punks qui débarquent chaque week-end depuis leur squat de Lannion. « On reconstruit plus vite que les gendarmes ne détruisent », jubile Doyo, qui pense déjà à l’après et à l’autogestion des terres. Samedi 1er décembre, les zadistes célébraient à coups de calva et de joints l’inauguration d’une cabane sur un lac. « Si dans un an elle est toujours debout, c’est qu’on aura gagné le combat », assure Hervé Morvan. Pour tous ces irréductibles, « l’État capitulera au premier mort ». Il y a longtemps qu’ils ne croient plus à la politique. Encore moins à la démocratie. Pour eux, Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, « est en carton ». Certainement pas un interlocuteur. Aussi se préparent-ils à la résistance et au combat.

journafaf (Raphaël Stainville, LeFigaro.fr, 7 décembre 2012)

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