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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:15

Nouvelles d’Égypte

Chers camarades,

À Alexandrie, vendredi [21 décembre], les cortèges de salafistes en soutien à Hazem Abou Ismail se sont faites disperser par les jeunes révoltés, leurs bus ont été brûlés. Cette ville jusqu’ici fief des islamistes, est de plus en plus le théâtre d’affrontements violents. La jeunesse alexandrine se tient à nouveau debout.

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Le vice président Ammad Mekki vient de démissionner ; dans la lettre qu’il a adressée au président de la république il rappelle qu’il avait précédemment présenté sa démission le 7 novembre (pour protester contre sa marginalisation) mais l’avait retirée pour des raisons d’État. Cette démission ne témoigne nullement d’une prise de conscience des dérives de la politique du gouvernement et du chaos dans lequel les Ikhwans ont plongé le pays, il s’agit plutôt d’une nouvelle manœuvre qui ouvre la voie à la nomination de l’homme fort des Ikhwans, El Chater à ce poste pour succéder à Morsi à la tête de l’État au cas où il serait incapable d’exercer le pouvoir pour des raisons de santé. En effet, le président Morsi qui a été opéré à deux reprises d’une tumeur bénigne au cerveau, souffrirait de l’existence d’une nouvelle tumeur et devrait être opéré incessamment sous peu en Allemagne. Ce qui renforce ces rumeurs, ce sont le silence du président et ses très rares apparitions contrairement à ses habitudes.

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Ci-joint un youtube de la victoire des jeunes révoltés alexandrins sur les milices de Abou Ismail au cours des affrontements qui ont eu lieu le vendredi 21 décembre. [VOIR LA VIDÉO]

NO PASARAN

Galila El Kadi le 22 décembre 2012 (mailing)

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:14

Affaire Ziri : le combat continue

« Comment peut-on traiter un vieil homme de 69 ans comme un animal dans le pays des droits de l’Homme ? Mohand Ziri ne décolère pas. Mon père a travaillé en France pendant presque 50 ans, il n’a jamais fait de problèmes. Les responsables de sa mort doivent passer devant la justice. »

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Ali Ziri (archives familiales)

Le 15 octobre dernier, le tribunal de grande instance de Pontoise (banlieue de Paris) a ordonné un non-lieu dans l’affaire Ali Ziri. Ce retraité algérien de 69 ans, le père de Mohand et de trois autres enfants, est mort en juin 2009 à Argenteuil alors qu’il était en garde à vue pour outrage, donc détenu par la police française. Une enquête judiciaire avait été ouverte en juillet 2009 pour « homicide involontaire », puis en septembre 2009 pour « violences volontaires ayant entraîné[es] la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».

L’ordonnance de non-lieu conclue que l’enquête « n’a établi aucun acte de violence volontaire qui aurait été la cause directe ou indirecte du décès de monsieur Ali Ziri, ni aucune faute directe ou indirecte imputable à quiconque qui aurait involontairement causé sa mort. » Ni la police, ni l’hôpital ne sont responsables du décès, selon les conclusions du Tribunal.

L’avocat de la famille Ziri a fait appel de la décision et compte bien épuiser tous les  recours « si la cour d’appel de Versailles ne lui donne pas raison ». Voici sa réaction :

Une explication plausible, voici ce qui fait défaut pour le moment. Le 9 juin 2009 vers 20 heures 30, Ali Ziri et son ami Arezki Kerfali sont arrêtés par une patrouille de Police à Argenteuil. Quelques heures plus tard, soit le 11 juin 2009 à 10 heures du matin, le premier est déclaré mort par un médecin de l’hôpital d’Argenteuil. Que s’est-il passé durant les dernières heures de la vie d’Ali Ziri ? Son interpellation et son décès sont-ils liés ? Pour la veuve et les enfants restent le gout amer d’une instruction bâclée qui ne répond pas à deux simples questions : Comment est-il mort ? Et pourquoi ?

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Ali Ziri, debout, est entouré de ses cousins dans son village de la commune d’Ouled Rached ( wilaya de Bouira).

Ce 9 juin 2009, Arezki Kerfali raccompagne Ali Ziri en voiture jusqu’au foyer de travailleurs qui se trouve près de la gare d’Argenteuil. Ce dernier est de passage à Paris pour effectuer quelques achats en prévision du mariage de son fils. Les deux amis ont passés l’après-midi dans un bar de la commune. Quand les policiers les arrêtent, ils sont ivres. Selon les agents, les insultes pleuvent rapidement. Les deux Algériens sont conduits au commissariat pour conduite en état d’ivresse et pour outrage.

Le trajet du lieu d’interpellation au poste de police se passe mal. Selon le témoignage des policiers, Arezki Kerfali crache sur le conducteur et son ami tente de porter un coup de tête à l’agent assis près de lui à l’arrière de la voiture. Mais la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) s’interroge « sur la vraisemblance de la tentative de coup de tête porté par monsieur Ali Ziri, alors qu’il était menotté dans le dos, corpulent et de petite taille (83kg pour 1,67m) et que son ami monsieur Arezki Kerfali était assis entre le fonctionnaire de police et lui ».

La CNDS a été saisie par la sénatrice de Paris, Alima Boumediene-Thiery, dès le 22 juin 2009. Aujourd’hui remplacée par le défenseur des droits, elle était constituée de parlementaires, de magistrats, de médecins légistes, de membres des institutions policières et pénitentiaires. Difficile de la soupçonner d’un quelconque parti-pris. Après avoir  auditionné Arezki Kerfali et les trois policiers, écouté les enregistrements de la radio du véhicule de police et visionné la caméra de surveillance du commissariat, la CNDS a rendu en mai 2010 un rapport très critique envers les forces de l’ordre.

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TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT

C’est  donc pendant le trajet vers le commissariat que la situation a dégénéré, explique  maître Maugendre. « La policière assise devant Ali Ziri pratique la technique du pliage pour le maîtriser. Cela consiste à ramener la tête d’une personne sur ses genoux pour l’immobiliser ». Cette technique est interdite depuis 2003 en raison des risques d’asphyxie, révélés par un précédent dramatique. Selon les calculs de l’avocat, le vieil homme est resté dans cette position entre 2 minutes 30 et 5 minutes.

Arrivée au commissariat, le transfert de la voiture de police à la salle de garde est vue est musclé. La CNDS écrit : « Avec l’assistance de nombreux collègues, monsieur Ali Ziri a été littéralement expulsé du véhicule : on voit sur l’enregistrement effectué par la caméra de surveillance qu’il est dans un premier temps jeté au sol, puis saisi par les quatre membres, la tête pendante, sans réaction apparente, et emmené dans cette position à l’intérieur du commissariat. »

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Dans l’ordonnance de non-lieu, le document que rédige le juge pour justifier sa décision, le même épisode est décrit ainsi : le visionnage de la vidéo-surveillance montre trois gardiens « qui sortaient Ali Ziri du véhicule et qui chutait à terre, touchant le sol de la tête à 20h46, avant d’être relevé et porté à l’intérieur du commissariat ». Une vidéo, deux descriptions radicalement différentes.

Menottés dans le dos, le visage dans leur vomi

L’ordonnance du juge fait aussi l’impasse sur le temps passé au commissariat par les deux hommes. Pire : il indique que « la dizaine de personnes en garde à vue ce soir-là au commissariat, n’avait rien remarqué ou entendu de particulier », passant sous silence le témoignage d’un homme gardé à vue le même soir. Dans une enquête très fouillée de novembre 2011 (payant), le site d’information en ligne Mediapart révèle les détails de ce témoignage : « L’un des policiers est venu vers cet homme (Arezki Kerfali – ndlr) et il a posé son pied sur la tête du Monsieur et lui a dit une phrase du genre “Tu vas essuyer”, et il a fait bouger la tête en appuyant avec son pied comme on pourrait le faire avec une serpillère, explique-t-il, entendu par l’IGPN le 11 décembre 2009. C’est comme s’il voulait lui faire essuyer son vomi avec sa tête. »

La CNDS estime que « Ali Ziri et Arezki Kerfali sont restés au sol, visage contre terre, dans leur vomi, menotté dans le dos [pendant une durée] comprise entre 30 minutes et 1 heure et 15 minutes ». Et de préciser : « Il ressort de l’ensemble des témoignages des fonctionnaires entendus par la commission que les deux hommes sont restés dans cette position pendant toute la durée de leur présence au commissariat : aucun fonctionnaire n’a essayé de les faire s’asseoir. Plusieurs fonctionnaires ont constaté soit que les deux hommes vomissaient à plusieurs reprises, soit la présence de vomi au sol au niveau de leur visage, sans plus se préoccuper de leur état de santé car selon les fonctionnaires, les deux hommes étaient ivres et insultants. »

Le chef du poste de police demande à 21 heures 15 que Ali Ziri et Arezki Kerfali soit conduit à l’hôpital. Le fourgon ne quitte le poste qu’à 21 heures 55 et arrive aux urgences d’Argenteuil vers 22 heures 05. Selon ses déclarations, l’infirmière du service est « seule pour assurer l’accueil et définir les priorités ». Une dizaine de patients se présentent, amenés par le SAMU, les pompiers … elle n’a pas le temps de prendre la pression artérielle d’Ali Ziri. À 21 heures 45, un médecin constate qu’il est en arrêt respiratoire. Il est emmené en salle de réanimation mais meurt le 11 juin à 10 heures du matin.

« Mon père était en bonne santé »

Ce 11 juin au matin, dans le village d’Ouled Rached en Kabylie, Mohand Ziri s’apprête à partir travailler. Il reçoit un appel de France, sur son portable. Un proche de la famille au bout du fil : « Ton père a fait un arrêt cardiaque. Il est mort. » Passés le premier choc et la douleur, il contacte un cousin vivant à Argenteuil pour avoir des précisions. On lui rapporte les conclusions de l’autopsie : mort due à des problèmes cardiaques et à l’alcoolisme.

« Mon père buvait de l’alcool, c’est vrai, mais il n’abusait pas, déclare Mohand Ziri. Et il était en bonne santé. » Pourtant, le parquet de Pontoise classe rapidement l’affaire, concluant à une « fragilité cardiaque » et à une « forte alcoolémie ». Il écarte « tout lien entre l’interpellation et le décès ». La famille Ziri est perplexe. L’empressement du commissariat  pour organiser le rapatriement du défunt et surtout les nombreux hématomes sur son corps alertent un peu plus les proches de la victime.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0620.jpgManifestation du 24 juin 2009 à Argenteuil (France)

Décidés à faire la lumière sur ce drame, plusieurs militants et simples citoyens créent lecollectif Vérité et Justice pour Ali Ziri dès le 16 juin. Parmi eux, il y a Arezki Semache, originaire d’Ouled Rached (wilaya de Bouira) comme Ali Ziri. « Nous avons organisé une première manifestation le 24 juin 2009 ». Symboliquement, elle part du foyer Sonacotra où résidait Ali Ziri, à quelques centaines de mètres du commissariat et s’achèvera devant la mairie. Très rapidement aussi, plusieurs journaux français relaient les doutes sur le décès accidentel.

Manifestations, médiatisation, ténacité de la famille contribuent à ce que le Procureur ouvre finalement une information judiciaire pour homicide involontaire le 8 juillet. Mais la justice cherche d’abord des fautifs du côté du personnel médical, appuyée par le rapport d’un expert estimant que le délai de « prise en charge a contribué au décès d’Ali Ziri ». Ce serait donc l’état d’ivresse et les 40 à 45 minutes d’attente aux Urgences qui seraient en cause. Pas les conditions de l’interpellation, ni le retour musclé au commissariat. Dégouté, Mohand Ziri commente : « Ils ont essayé de salir mon père, de détourner l’attention en parlant d’autre chose. »

Mais une nouvelle autopsie est pratiquée par une sommité de la médecine légale, le professeur Lecomte. Son rapport, rendu le 20 juillet, contredit les précédentes conclusions. Elle ne constate pas de trace d’alcoolisme, ni de fragilité cardiaque. En revanche, elle confirme la présence de nombreux hématomes, plus d’une quinzaine, sur tout le corps. La cause de la mort est «  un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique par suffocation multifactorielle (appui postérieur dorsal, de la face et vomissements) ». En clair, le vieil homme est mort d’un arrêt cardiaque causé en partie par les appuis prolongés sur sa face et son dos.

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Schéma des hématomes relevés sur le corps d’Ali Ziri lors de la seconde autopsie.

Suite à ce nouveau rapport, le parquet de Pontoise ouvre finalement une information judiciaire contre X pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », en septembre 2009. L’enquête vise donc directement les policiers, « personnes dépositaire de l’autorité publique ». Mais ils ne sont pas mis en examen, y compris lorsqu’un troisième rapport viendra confirmer que les manœuvres d’immobilisation ont joué un rôle dans le décès. Et ils sont interrogés par leurs collègues de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

La fonctionnaire qui immobilise Ali Ziri dans le véhicule de police le soir de l’interpellation explique à l’IGPN : « Face à l’agitation de monsieur Ziri, je me suis retournée, dos à la route, (…) j’ai fait pression en le maintenant sa tête plaquée sur les genoux. » Elle « avait caché l’utilisation de cette technique lors de sa première audition immédiatement après les faits », relève maître Maugendre. Et pour cause : cette technique d’immobilisation est interdite depuis 2003.

Comment se fait-il qu’aucun des trois juges d’instruction qui se sont succédés sur ce dossier en trois en demi n’ait pris la peine de questionner directement les policiers sur l’utilisation d’une technique d’immobilisation interdite car potentiellement mortelle ? Et comment l’ordonnance de non-lieu peut-elle évacuer ce moment-clé par la simple formule : L’agent  « s’était placée de manière à ce qu’[Ali Ziri] ne puisse plus s’attaquer au chauffeur » ?

Un « traitement inhumain et dégradant »

Quelques mois plus tard, en mai 2010, le rapport de la CNDS est venu confirmer les doutes de la famille. La commission conclue que Ali Ziri et Arezki Kerfali ont fait l’objet d’un « traitement inhumain et dégradant » et recommande « l’engagement de poursuites disciplinaires à l’encontre des fonctionnaires de police ».

Interrogée par téléphone, la direction générale de la police nationale a refusé d’indiquer si la fonctionnaire en question avait fait l’objet de sanctions. Se retranchant derrière la présomption d’innocence, elle ne souhaite pas faire de commentaires sur une affaire en cours. Son directeur déclarait toutefois en juillet 2010 dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur que « certains manquements sont soulignés » par le travail de la CNDS, même s’il considérait que celui-ci ne mettait « pas en évidence de violences volontaires ayant pu provoquer le décès de monsieur Ziri ».

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TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT

L’organisation Amnesty International aussi s’est saisit de cette affaire. En novembre 2011, un rapport intitulé « 5 décès dus à la police » revient sur le cas Ziri et reprend les conclusions de la CNDS. Avant de noter : « À la connaissance d’Amnesty International, toutefois, aucune procédure disciplinaire n’avait été entamé en novembre 2011 contre ces policiers, qui étaient toujours en poste ». L’organisation de défense des droits de l’homme croit savoir qu’en octobre 2008, « l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a adressé aux directions de la police une note relative à l’usage de la force. Elle comprend un paragraphe  précisant que lorsqu’il est nécessaire d’immobiliser quelqu’un, les pressions, en particulier sur la poitrine et l’abdomen, doivent être aussi brèves que possibles, et l’immobilisation en position ventrale doit être limitée au maximum. »

L’instruction est close en septembre 2011. Le procureur du parquet de Pontoise a requis un non-lieu, estimant qu’« aucune faute directe ou involontaire n’est imputable à quiconque ».  Dans un communiqué, « Amnesty International s’inquiète du manque de crédit accordé aux avis et recommandations de [la CNDS] et attend du juge d’instruction une enquête véritablement exhaustive et impartiale basée notamment sur l’audition de témoins et une reconstitution des faits. » Le 15 octobre dernier, le juge du Tribunal de grande instance de Pontoise a décidé de s’aligner sur l’avis du procureur, en prononçant un non-lieu.

En revanche, Arezki Kerfali a été condamné quelques jours plus tard à 400€ d’amende et six mois de retrait de permis pour conduite en état d’ivresse. Il ne contestait pas les faits et attend le jugement pour outrage qui est renvoyé après le procès de l’affaire Ziri.

« Nous voulons la vérité »

La crainte d’un non-lieu s’est donc concrétisée. Cela marque une étape et pas une fin de l’engagement pour le collectif de soutien. Pendant les longs mois de l’instruction, la mobilisation s’est  poursuivie aussi dans la rue. « Nous organisons régulièrement des manifestations et une marche à chaque date anniversaire de la tragédie », explique Arezki Semache. En janvier 2012, une plaque commémorative est installée par monseigneur Gaillot, un prêtre français atypique par sa liberté de parole et son engagement dans les luttes sociales. La plaque sera retirée quinze jours plus tard sous la pression des syndicats de police. Selon eux, elle ne respectait pas la présomption d’innocence. Arezki Semache revient sur la mobilisation et dresse le portrait d’un chibani ayant passé sa vie à travailler en France, loin de sa famille.

Mohand Ziri parle volontiers de ce père qu’il ne voyait que quelques semaines par an. « Il ne nous a pas vu grandir. Ce n’est que depuis sa retraite que nous nous sommes rapprochés. Il voulait profiter de sa famille et mieux s’occuper de mon frère qui est handicapé. » À présent Mohand est le chef de famille. De son village, il suit de près la procédure judiciaire concernant la mort de son père, lit et se fait expliquer les documents que lui envoie l’avocat, est à l’affût du moindre article publié. Pour faire le lien entre là-bas et ici, le collectif Vérité et justice est d’un grand secours.

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En revanche, les autorités algériennes brillent par leur absence. Le rapatriement du corps a été organisé grâce au soutien financier des amis et de la famille. Ce sont en tout 5000€ qu’il a fallu débourser, incluant les frais d’hôpitaux ! Le consulat d’Algérie s’est porté partie civile dans l’affaire mais leur avocat n’a eu aucun contact avec la famille. Celle-ci n’a reçu à ce jour aucun message de soutien de la part des autorités algériennes et attend toujours une réponse à la lettre adressée au Président de la République.

Contacté par El Watan, Chafia Mentalecheta, l’une des deux représentants des Algériens de France à l’APN, a indiqué avoir suivi l’affaire et s’être rendue à l’un des rassemblement de soutien, « en tant que citoyenne » (C’était avant son élection). Concernant le non-lieu, elle dit : « J’ai trouvé cela scandaleux. » À l’heure où nous publions cet article, elle devait contacter le collectif de soutien pour un rendez-vous qui ne s’est pas encore concrétisé. Djamel Bouras, l’autre député de la circonscription de France, n’a pas retourné nos appels.

Quelques jours après nos sollicitations, le consulat de Pontoise a pris contact avec Arezki Semache pour organiser une rencontre avec le collectif Verité et justice pour Ali Ziri.

Leur presse (Sophia Aït Kaci, El Watan, 16 décembre 2012) via le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:13

La Slovénie est secouée par la première révolte massive de ces deux dernières décennies, et la première qui est principalement orientée contre l’establishment politique, contre les mesures d’austérité et qui, dans  certaines villes, prend un caractère anticapitaliste.

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En moins de trois semaines, il y a eu 35 manifestations dans 18 villes, où plus de 70.000 personnes ont participé au total. Les protestations se transforment souvent en affrontements avec la police qui tente de disperser brutalement les manifestations. 284 personnes ont été arrêtées certaines libérées, d’autres non. Beaucoup de gens ont été blessés.

Tout a commencé au milieu du mois de novembre avec des gens qui protestaient contre le maire corrompu de la deuxième ville de Slovénie, Maribor (il a déjà démissionné).

Ils sont venus avec des slogans du genre « Il est fini » (« Gotof je ») qui a été repris par la suite pour désigner plus ou moins tous les hommes politiques du pays. Les protestations se sont répandues dans tout le pays en seulement quelques jours. Elles sont de plus en plus la voie choisie par le peuple afin d’exprimer la colère sur les conditions générales de la société : ne pas avoir d’emplois, de sécurité, de droits futurs.

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Les protestations sont décentralisées, anti-autoritaires et non-hiérarchiques. Les gens qui ne sont jamais descendu les rues avant y participent. Elles se produisent dans les villes et villages qui n’ont jamais vu la moindre protestation avant. Les gens créent de nouvelles alliances, devenant camarades dans la lutte, et sont déterminés à poursuivre aussi longtemps qu’il le faudra. Nous ne savons pas combien de temps nous arriverons à rester dans la rue. Mais une chose est sûre. Les gens ont connu un processus d’émancipation et ont repris la parole qui leur a été violemment volé dans le passé. Et c’est quelque chose que personne ne pourra leur enlever.

Solidarité internationale !

FAO (Fédération anarchiste slovène, membre de l’Internationale des Fédérations anarchistes – IFA)


Chronologie des événements :

• 21 novembre, Maribor, 1.500 personnes

• 6 novembre, Maribor, 210.000 personnes, 31 arrestations (relâchés)

• 27 novembre, Ljubljana, 1.000 personnes

• 28 novembre, Jesenice, 200 personnes

• 29 novembre, Kranj, 1.000 personnes, 2 arrestations

• 30 novembre, Ljubljana, 10.000 personnes, 33 arrestations, 17 blessés / Koper, 300 personnes / Nova Gorica, 800 personnes / Novo mesto, 300 personnes / Velenje, 500 personnes / Ajdovščina, 200 personnes / Trbovlje, 300 personnes

• 1er décembre, Krško, 300 personnes

• 3 décembre, Maribor, 20.000 personnes, 160 arrestations, 38 blessés / Ljubljana, 6.000 personnes / Celje, 3.000 personnes, 15 arrestations / Ptuj, 600 personnes / Ravne na Koroškem, 500 personnes / Trbovlje, Monday, 400 personnes

• 4 décembre, Jesenice, 300 personnes, 41 arrestations / Brežice, 250 personnes

• 5 décembre, Ljubljana, manifestation étudiante devant la Faculté des Arts, 500 personnes

• 6 décembre, Ljubljana, manifestation étudiante devant le Parlement, 4.000 personnes / Koper, 1.000 personnes, 2 arrestations / Kranj, 500 personnes / Izola, 50 personnes

• 7 décembre, Murska Sobota, 3.000 personnes / Bohinjska Bistrica, 50 personnes / Ajdovščina, 150 personnes / Ljubljana, Friday, 3.000 personnes

• 8 décembre, Nova Gorica, 300 personnes

• 9 décembre, Brežice, Sunday, 200 personnes

• 10 décembre, Ljubljana, 100 personnes / Maribor, 200 personnes (manifestation de solidarité avec les personnes arrêtées) / Ptuj, 200 personnes

Manifestations annoncées : • 13 décembre, Ljubljana • 14 décembre, Maribor • 21 décembre, Slovénie (dans toutes les villes)

Informations du 11 décembre, traduction par Fédération Anarchiste via A-Infos

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:48

« Ce dimanche 16 décembre, en sortant de mon domicile vers 7 heures du matin, j’ai remarqué deux personnes sur le trottoir d’en face mais, je n’avais aucune raison d’y prêter attention. [...] Courage camarades, ne baissez jamais les bras ! »

Je suis un réfu­gié poli­ti­que ita­lien, non-extradé par François Mitterrand. Comme d’autres cama­ra­des ita­liens dans les années 1970-80, nous avons trouvé asile poli­ti­que en France, ce qui ne nous a jamais empê­ché de conti­nuer la lutte avec les autres réfu­giés poli­ti­ques. En ce qui me concerne, je n’ai jamais cessé d’expri­mer mes convic­tions poli­ti­ques malgré mon arres­ta­tion en vue d’une éventuelle extra­di­tion vers l’Italie en 1986.

Je n’ai jamais aban­donné mes idées, ni dénoncé mes cama­ra­des, et ne me suis encore moins repenti de mes acti­vi­tés poli­ti­ques, y com­pris lors­que les gen­dar­mes du géné­ral Della Chiesa m’ont tor­turé en Italie.

Depuis mon arri­vée en France, j’ai conti­nué à vivre mon enga­ge­ment au quo­ti­dien avec les cama­ra­des fran­çais, même lors­que j’ai été arrêté à Paris, en 1984, avec ma cama­rade Gabriella Bergamaschini. Incarcéré à la prison de Fresnes entre 1984 et 1986, j’y ai mené, avec d’autres cama­ra­des pro­lé­tai­res empri­son­nés, des luttes contre la prison en géné­ral, et pour l’abo­li­tion des régi­mes spé­ciaux, comme les quar­tiers de haute sécu­rité à l’inté­rieur des établissement péni­ten­ciers fran­çais et ita­liens, ainsi que des luttes pour la défense des autres pri­son­niers poli­ti­ques et de droits com­muns.

En Italie, j’ai milité pen­dant de lon­gues années au sein d’orga­ni­sa­tions révo­lu­tion­nai­res, ce qui m’a poussé à vivre dans la clan­des­ti­nité pen­dant 10 ans, dont 2 ans en France, avant mon arres­ta­tion. Je ne sou­haite pas entrer ici dans les détails concer­nant les actions aux­quel­les j’ai par­ti­cipé en Italie, et notam­ment les opé­ra­tions poli­tico-mili­tai­res afin de pro­té­ger ceux de mes cama­ra­des tou­jours en liberté... Je peux néan­moins rap­pe­ler que, pen­dant les années 1970 – ces fameu­ses années pas­sées à l’his­toire comme étant celles où, d’un côté s’est déve­lop­pée « la stra­té­gie de la ten­sion » et de l’autre la renais­sance des mou­ve­ments révo­lu­tion­nai­res –, j’ai par­ti­cipé, entre autres, à des actions d’expro­pria­tion révo­lu­tion­naire dont le but était de finan­cer le mou­ve­ment.

Depuis tou­jours, en tant que mili­tant révo­lu­tion­naire avec mes cama­ra­des, j’ai par­ti­cipé acti­ve­ment à la lutte anti­fas­ciste : à Turin, en 1972, à la fer­me­ture défi­ni­tive du parti fas­ciste (MSI) de Giorgio Almirante ; et tou­jours à Turin, en 1973, à la « jam­bi­sa­tion » des mili­tants de Ordino nuovo, Ambrosini et Cibin. Ces deux nazis c’étaient rendus cou­pa­bles de graves actes de vio­lence à l’encontre de cama­ra­des mili­tants révo­lu­tion­naire tra­vaillant à la Fiat et d’autres usines en lutte. Ces mêmes per­son­na­ges, au début des années 1970, avaient été impli­qués dans la ten­ta­tive de coup d’État orga­nisé par Valerio Borghese et l’orga­ni­sa­tion secrète neo-fas­ciste dénom­mée « Loge P 2 [1] ».

Depuis que je vis en France, j’ai conti­nué en pre­mière ligne à lutter contre le fas­cisme.

Mes chers cama­ra­des, suite à l’agres­sion du diman­che 16 décem­bre, je ne me sens pas une vic­time, et je ne veux pas pleu­rer sur mon sort. J’étais et je reste un mili­tant révo­lu­tion­naire com­bat­tant contre le fas­cisme et l’oppres­sion capi­ta­liste.

Certes, les tor­tu­res que j’ai subies en Italie ont laissé de graves séquel­les (lésion vési­cale, lésions à la colonne ver­té­brale, abla­tion de la pros­tate…). À cela il faut ajou­ter les dom­ma­ges pro­cu­rés par le contact avec l’amiante dans mon acti­vité pro­fes­sion­nelle, ce qui fait qu’actuel­le­ment je suis han­di­capé à 80 %. De plus, seu­le­ment trois jours avant cette agres­sion, je sor­tais de l’hôpi­tal de la Croix-Rousse suite à un nouvel AVC qui a laissé des séquel­les au niveau de ma jambe et de mon bras gau­ches, ce qui fait que je dois désor­mais me dépla­cer avec une béquille.

Mon état de santé n’a pour­tant pas dimi­nué ma volonté de com­bat­tre le fas­cisme, le capi­ta­lisme et toutes les injus­ti­ces socia­les. Il y a quel­ques jours, j’ai par­ti­cipé à la jour­née no-TAV, et je sou­tiens toutes les ini­tia­ti­ves mili­tan­tes et révo­lu­tion­nai­res pré­sen­tes ici à Lyon.

D’ailleurs, depuis mon arri­vée à Lyon, et à la Croix-Rousse en par­ti­cu­lier, j’ai tou­jours par­ti­cipé aux nom­breu­ses acti­vi­tés et actions qu’y se sont déve­lop­pées et qui conti­nuent à main­te­nir vivant les mou­ve­ments squats, anti­ca­pi­ta­lis­tes, anti­fas­cis­tes, liber­tai­res et alter­na­tifs.

Ce diman­che 16 décem­bre, en sor­tant de mon domi­cile vers 7 heures du matin, j’ai remar­qué deux per­son­nes sur le trot­toir d’en face mais, je n’avais aucune raison d’y prêter atten­tion. Mais, quel­ques secondes plus tard, alors que je conti­nuais tran­quille­ment mon chemin, ces indi­vi­dus se sont appro­chés et, après m’avoir demandé s’ils pou­vaient me parler, l’un d’entre eux a sorti une batte de base-ball de son blou­son et m’a frappé à la tête. Le deuxième m’a dérobé la béquille avec laquelle il m’a aussi frappé, suite à quoi je suis tombé par terre. Sur ça, une troi­sième per­sonne que je n’avais pas encore vu, est arrivé et à son tour m’a donné des coups de pieds dans les jambes et au ventre... Enfin, j’ai entendu ce troi­sième indi­vidu s’excla­mer : « On l’a bien cassé, on peut y aller ! »

Sachez chers cama­ra­des que ce n’est pas cette agres­sion qui me fera me désis­ter de mon enga­ge­ment contre le fas­cisme. Sachez que, malgré ma condi­tion phy­si­que pré­caire, ils ne me rédui­ront pas au silence. Sachez enfin que jusqu’à mon der­nier souf­fle, j’appor­te­rais mon sou­tien et ma soli­da­rité aux cama­ra­des révo­lu­tion­nai­res et anti­fas­cis­tes avec force et dignité.

Les étoiles sont à nous et nous appar­tien­nent.

La lutte contre le fas­cisme et le capi­ta­lisme conti­nue.

Courage cama­ra­des, ne bais­sez jamais les bras !

Salvatore Cirincione, 21 décem­bre 2012

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 16:43
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 15:48

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 13:02

 

Manifestations dans les grandes villes de Slovénie, organisées par des associations de citoyens sur Facebook, pour dénoncer la « corruption de la classe politique » dans le pays.

Première victoire de la rue : le maire de la deuxième ville du pays, Maribor, a annoncé il y a quelques jours sa démission après plusieurs manifestations, parfois violentes.

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Un manifestant tient une pancarte à l’effigie de Franc Kangler, maire démissionnaire de Maribor et de Milan Kucan, ancien président slovène, lors d’une manifestation à Maribor, le 3 decembre 2012.

Franc Kangler, soupçonné de corruption et de clientélisme, était sous pression depuis plusieurs semaines. Des groupes civils ont régulièrement, sous couvert de l’anonymat, appelé à la mobilisation via les réseaux sociaux et rassemblé des milliers de mécontents dans les rues de cette ville de montagne d’ordinaire paisible, qui fait surtout parler d’elle pendant la saison des sports d’hiver.

« L’affaire de corruption autour du maire n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », estime Jernej Demsar, journaliste au quotidien de la ville, Vecer. La colère montait « depuis un moment déjà, alimentée par le chômage élevé, les faillites d’entreprises et l’absence de mesures contre des responsables politiques accusés de corruption » , indique-t-il à l’AFP.

Leur presse (RFI.fr, 21 décembre 2012) via Solidarité ouvrière


Slovénie : au cœur de la révolte citoyenne

Que se passe-t-il en Slovénie ? Des milliers de personnes ont défilé vendredi [21 décembre] à Ljubljana et dans d’autres villes du pays, alors que les syndicats et les partis d’opposition n’avaient pas appelé à ces rassemblements. La mobilisation s’organise par les réseaux sociaux, comme Facebook, et dans la crainte permanente des provocations de la police. Les manifestants brandissaient des drapeaux slovènes et ceux de l’ancienne Yougoslavie socialiste. Reportage à Ljubljana.

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Ils sont des milliers dans le centre de Ljubljana, venus de tout le pays, même si d’autres rassemblements ont lieu à Maribor, Ptuj ou Nova Gorica. Les manifestations de ce vendredi doit couronner le mois de mobilisation entamé à la fin novembre à Maribor, la ville devenue le symbole de la faillite du modèle libéral en Slovénie.

Sur la place en face du Parlement, la foule est tenue à distance par une centaine de policiers anti-émeute qui ont construit un grand cercle de protection autour de l’édifice. On s’attend au pire. La violence, au cours des dernières semaines, a évolué d’une façon préoccupante, selon Nika, une jeune fille qui travaille comme documentariste et n’a pas raté une seule manifestation depuis la fin novembre : « au début », explique-t-elle, « les policiers n’étaient pas armés. Ensuite, ils ont commencé à utiliser les gaz lacrymogènes, pour la première fois dans l’histoire de la Slovénie moderne. Désormais, ils nous chargent à cheval »…

La décision de la Cour Constitutionnelle de rejeter la demande de référendum contre la banque poubelle et les privatisations, a exaspéré la tension entre les contestataires et le gouvernement. Tout le monde redoute des provocations.

La hantise des provocations

Jeudi, dans le centre Metelkova, refuge de nombreux groupes militants, des inconnus sont arrivés avec des sacs rempli des produits nécessaires à la fabrication de bouteilles Molotov. « Ils avaient appelé les journaux en avance, bien évidemment, car il y avait déjà des photographes sur place », explique Anita, une des coordinateurs de l’Université des Punks et des Ouvriers : « ils sont restés ici juste le temps nécessaire pour poser devant les appareils photos, et puis ils sont partis, ni vus ni connus ». Elle se dit convaincue que cela fait partie d’une stratégie pour discréditer les manifestants. La crainte de possibles infiltrations est tellement répandue que certains manifestants confient à mi-voix : « on nous a dit que le gouvernement payerait les ultras du Dinamo Zagreb pour provoquer des accidents ».

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La tension est très forte chez tous les manifestants. Beaucoup ne veulent pas être photographiés, certains refusent même de donner leur nom. Tout le monde a peur de la police. Il y a quelques semaines, un policier avait écrit une lettre ouverte à ses collègues, pour les exhorter à joindre le mouvement de protestation. L’État, pour éviter le risque d’une coalition entre la police et les manifestants, a décidé d’augmenter le salaire des agents déployés face aux manifestants, ce qui coûtera 600.000 euros aux caisses de l’État, théoriquement vides.

Parmi les quelques 10.000 personnes qui se retrouvent Place de la République, la grande majorité sont des jeunes étudiants comme Miha, qui a 24 ans. « J’espère que les institutions entendront enfin notre voix », affirme-t-il. Il y a beaucoup de drapeaux, des drapeaux de la Slovénie en majorité, mais aussi ceux de l’ancienne Yougoslavie socialiste. « Bien sûr, beaucoup de Slovènes regardent leur passé yougoslave avec nostalgie ». Primoz est né en 1979 à Ljubljana. Aujourd’hui, il est sociologue. Il n’a pas vécu longtemps sous le communisme mais cela ne l’empêche pas de faire l’éloge de la Slovénie socialiste : « après la guerre, ce pays était totalement détruit, mais il a connu un développement incroyable sous le régime communiste, surtout dans les années 1960 et 1970. Tout le monde travaillait, la sécurité sociale et les retraites étaient assurées. Maintenant, c’est fini ».

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Le réveil de la conscience politique slovène ?

La difficile situation économique a poussé les Slovènes dans les rues. Les manifestants sont fondamentalement autonomes, les groupes politiques organisés sont peu nombreux. Les syndicats avaient donné leur soutien à cette journée, mais ils ont finalement décidé de ne pas appeler à la manifestation : la grève générale, qui devait marquer l’union de tous les travailleurs contre les réformes, a été repoussée à janvier 2013. Les partis politiques sont absents. La révolte, aujourd’hui, se développe on-line. Un seul événement partagé sur Facebook peu convaincre de milliers de personnes de participer. « Tu ne dois pas venir ici et demander qui organise cette manifestation », répète-t-on partout : « cette manifestation est à tous, et tout le monde est fier d’être là ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0430.jpgMême si les manifestations, jusqu’à présent, n’ont eu que des résultats tangibles limités — essentiellement la démission de Franc Kangler, le maire de Maribor accusé de corruption — elles ont provoqué un véritable tsunami dans l’histoire de l’engagement politique en Slovénie.

« La dernière fois que j’ai assisté à une manifestation comme celle d’aujourd’hui, c’était à la fin des années 1980, juste avant la déclaration d’indépendance », explique Boris, 58 ans. Vlado Kreslin, un des plus importants artistes slovènes contemporains, se souvient bien de ces jours qui furent les derniers de la Yougoslavie fédérale : « nous étions ici, assez ironiquement, pour démontrer notre soutien à Janez Janša. Il avait été injustement accusé d’avoir divulgué des secrets militaires, mais il s’agissait d’une maladroite tentative pour étrangler l’opposition au communisme en Slovénie. Du moins, à cette époque, les autorités yougoslaves nous avaient permis de manifester juste devant le Parlement. Maintenant, tu vois, ce même Janša que nous soutenions alors nous tient à distance ».

Tout au long du mois qui vient de s’écouler, les citoyens de Slovénie ont retrouvé le chemin de la rue et des mnaifestations, après deux décennies. Il est peut-être trop tôt pour savoir si cette renaissance de l’engagement politique aura des conséquences durables ; pour l’instant, toutefois, les manifestants semblent comprendre qu’il faudrait se donner une organisation plus définie. La désorganisation peut facilement emmener à l’exacerbation des divisions qui existent entre les myriades des groupes et d’individus qui composent l’univers de la contestation à Ljubljana. « Parler seulement en notre nom n’est pas suffisant », reconnaît une jeune militante d’un groupe antifasciste qui préfère rester anonyme : « après ces contestations, il faudra donner une alternative institutionnelle au changement… Sinon, nous n’aurons pas la possibilité de représenter une véritable alternative face aux partis politiques ».

Leur presse (Rodolfo Toè à Ljubljana, Le Courrier des Balkans, 22 décembre 2012)

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 13:01

Des associations de malades financées par les labos

La Haute Autorité de santé s’est penchée sur le financement des associations de malades. Pour certaines d’entre elles, les dons des firmes pharmaceutiques représentent des sommes importantes. De quoi susciter, à tort ou à raison, des doutes sur leur indépendance.

Les associations de malades sont-elles vraiment neutres et indépendantes, notamment vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique qui les finance en partie ? Pour en avoir le cœur net, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est penchée sur les dons qu’elles reçoivent et qu’elles ont l’obligation de déclarer, ainsi que leur provenance, depuis la loi Bachelot de 2009. Le Parisien a livré ce vendredi matin [12 octobre] les principales données recueillies par la HAS pour la seule année 2011 et qui doivent être consignées dans un rapport à paraître prochainement.

Il en ressort que les laboratoires se montrent particulièrement généreux envers le tissu associatif. C’est notamment le cas de Johnson & Johnson qui a versé 638.500 euros, l’an passé. Soit le double d’Abbott (329.430 €) et GSK (299.155 €), suivis assez loin derrière par Bayer (148.400€). Ces « cadeaux » substantiels, qui ne seraient que la partie émergée de l’iceberg — les dons indirects (prise en charge de salaires notamment) n’ont pas été pris en compte — sont-ils vraiment désintéressés ? Pourquoi les associations de malades les acceptent-elles au risque de brouiller leur image ?

Se financer, un problème ancien

Elles « ont besoin de vivre et ce n’est pas avec les seules cotisations de leurs membres qu’elles peuvent s’en sortir, explique au Parisien le président de la HAS, Jean-Luc Harousseau. Quant au financement public de ce secteur, il reste beaucoup trop faible. Les associations sont donc obligées de s’en remettre — parfois en grande partie — au secteur privé. »

Le problème ne date pas d’aujourd’hui : l’insuffisance des aides d’État avait été l’une des principales motivations de la création du Téléthon par l’Association française contre les myopathies (AFM) en 1987. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir reçu, l’an passé, 142.538 € provenant de divers laboratoires pharmaceutiques.

Selon les chiffres de la HAS, les cinq principales bénéficiaires des largesses de l’industrie du médicament étaient, en 2011, l’Association française des diabétiques (521.922 €), l’Association pour la lutte contre le psoriasis (369.836€), Asthme & Allergies (315.116 €), l’Association française des hémophiles (309.879 €) et la Fédération Aides (220.000 €).

« Gare à la manipulation »

Généralement, les laboratoires soutiennent les associations lorsqu’ils produisent un ou plusieurs médicaments destinés aux malades qu’elles représentent. Même si les associations gardent leur indépendance, notamment dans le contenu de leurs publications et le choix de leurs actions, il est clair que la communication faite autour de certaines pathologies ne peut qu’avoir un effet positif sur les ventes. Ce qui n’est pas sans créer un certain malaise.

En plaidant pour un « rééquilibrage du financement » des associations « entre le public et le privé », Jean-Luc Harousseau se défend de vouloir jeter le discrédit sur ce secteur. « Les représentants des malades font un travail formidable, avec des militants dévoués. Mais il faut veiller à ce qu’ils ne soient pas manipulés », conclut-il.

Presse pathologique (Marc Mennessier, LeFigaro.fr, 12 octobre 2012)

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 12:59

Bariloche] Le vrai visage du miracle argentin
11 ans après 2001, le retour des pillages dans les supermarchés

Au moment même où se déroulait la grande manifestation à Buenos Aires célébrant les 11 ans du 19 et 20 décembre, dates des protestations massives contre les politiques néo-libérales qui avaient entraîné la grave crise économique amenant le pays au défaut de paiement, des centaines de personnes ont dévasté des magasins et ont participé à de violents affrontements avec la police dans le sud de l’Argentine.

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“Feliz Navidad, lleve todo pague nada” (Joyeux Noël, prenez tout payez rien)

Depuis de nombreuses semaines, la province de Bariloche est en ébullition suite aux coupes dans les plans sociaux décidés par le gouvernement provincial. Depuis quelques jours courrait le bruit que quelque chose de semblable aurait pu se passer : deux mois auparavant il y avait eu des affrontements entre les habitants des bidonvilles et la police locale, cette dernière étant bien connue pour son comportement extrêmement violent. Déjà la tension était vraiment élevée dans la région depuis 2010, depuis que lors d’une manifestation à Alto de Bariloche trois jeunes avaient été tués sous les balles tirées par la police anti-émeute. De plus la répression policière et judiciaire fut permanente ces deux dernières années à l’encontre des activistes qui n’ont jamais cessé de réclamer justice suite à ces événements.

Ce ne sont pas les coupes dans les budgets sociaux de la part du gouvernement qui risquaient de calmer les esprits : déjà depuis quelques jours, Omar Goye, le maire de la bourgade, avait demandé aux propriétaires de supermarchés de donner à quiconque en ferait la demande un paquet-cadeau contenant des aliments de base, certains de ces colis avaient commencé à être distribués pour calmer les choses.

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Ce matin [jeudi 20 décembre], peu après 9h30, un groupe d’une centaine de personnes provenant des favelas adjacentes à la zone des centres commerciaux a affronté les forces de l’ordre après avoir pénétré dans un supermarché. En bref, la situation a dégénérée en une véritable révolte qui s’est déchaînée dans les rues de la ville obligeant la police à s’enfuir de la zone métropolitaine. Officiellement on ne compte aucun blessé, mais les supermarchés, les boucheries et les dépôts de marchandises pillés se comptent par dizaines. Bien que la propagande médiatique ait attribué les violences et les pillages à des bandes d’adolescents et à la criminalité organisée,  la composition sociale des prétendus “révoltés” se voit clairement à travers les images télévisées : il s’agit de familles entières, des femmes avec des enfants en bas âge serrant dans leurs bras des biens de première nécessité comme des pâtes et des paquets de gâteaux.

Voilà le vrai visage du miracle argentin.

Traduit de l’italien (dionisiaco&apollineo) par des camarades


Deux morts en Argentine après de violents pillages

VIDÉO – Le pays est en proie, depuis jeudi, à une série de violences visant les supermarchés. À Bariloche, près de la frontière avec le Chili, 400 gendarmes ont été envoyés en renfort.

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VOIR LA VIDÉO

Des pillages de supermarchés ont éclaté jeudi à Bariloche, dans l’ouest du pays, Resistencia (nord-est), Rosario (centre-est) ainsi qu’à Campana et Zarate, deux villes situées dans la province de Buenos Aires. Matias Drivet, un responsable de la sécurité de la ville de Rosario, a annoncé ce vendredi la mort de deux personnes lors de ces attaques. L’une tuée par balles, l’autre à l’arme blanche.

À Bariloche, une ville de 50.000 habitants située près de la frontière avec le Chili, le gouvernement a envoyé quelque 400 gendarmes pour protéger un magasin de la marque Chango Mas.

Ces événements interviennent alors que les syndicats opposés au gouvernement ont manifesté mercredi pour la deuxième fois en un mois. Et le gouvernement n’a pas tardé à les accuser d’avoir organisé ces pillages.

« Des gouverneurs disent qu’il s’agit de groupes liés au syndicat des camionneurs », a lancé le chef du gouvernement, Juan Manuel Abal Medina, visant le responsable de la CGT dissidente, Hugo Moyano, un ancien allié passé à l’opposition.

Hugo Moyano a déclaré, lui, que « la population est dans le besoin », démentant que ces pillages puissent avoir été organisés. Plusieurs responsables ont toutefois relevé que les pilleurs prenaient rarement de la nourriture. « Ils prenaient des (télévisions) plasmas et des boissons et non de la nourriture », a affirmé Abal Medina. « Quelqu’un qui emporte un plasma n’est pas quelqu’un qui a faim », a renchéri le gouverneur de la province de Buenos Aires, Daniel Scioli.

Leur presse (Renaud Toffier, LeFigaro.fr, 21 décembre 2012)


Argentina looting spreads to Buenos Aires province

Argentine police have clashed with hundreds of people trying to loot a supermarket near Buenos Aires.

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Police and looters clash in San Fernando Police fired tear gas and rubber bullets at looters in San Fernando

The incident took place in broad day light outside a Carrefour supermarket in San Fernando, in the outskirts of the capital.

Riot police used tear gas and managed to stop the attack. But in other parts of the country, supermarkets and shops have been looted.

The government says trade unions linked to the opposition are to blame.

“This has been orchestrated. Someone has started all this to create an atmosphere of fear,” said San Fernando mayor Luis Andreotti.

Argentine television showed images of people — many of them with their faces covered — throwing stones at the police and trying to break into shops and supermarkets.

The first looting incidents happened on Thursday in the southern resort city of Bariloche.

At least three supermarkets were looted there by more than 100 people, who left with electronics, toys, clothes and food.

Following a request from the provincial governor, the central government sent some 400 federal troops to Bariloche, in Santa Fe province.

Other attacks were registered overnight in the industrial cities of Campana and Zarate, in Buenos Aires province; Resistencia, in the north; and in Argentina’s third city, Rosario.

Two people were killed in Rosario as security guards tried to stop the looting.

At least 117 people were detained in Buenos Aires province and 128 in Santa Fe province, the authorities say. (…)

Leur presse (BBC.co.uk, 21 décembre 2012)

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 12:19
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