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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:56

Le copain touché par une grenade assourdissante dimanche soir [15 décembre] est encore à l’hôpital.Contrairement à ce  que nous avions annoncé il n’a pas, pour l’instant, été amputé du gros orteil. Cependant les nouvelles ne sont pas bonnes pour autant : les chirurgiens lui ont posé une broche dans le tibia et le métatarse est cassé. Les chirurgiens ne sont toujours pas sûrs de pouvoir rétablir correctement l’irrigation du pied, c’est donc possible que cela soit plus grave et qu’une amputation soit finalement nécessaire.

Les gendarmes sont passés dans sa chambre d’hopital hier, prétendant en avoir le droit et en lui cachant qu’il avait le droit de refuser. Apparamment ils cherchent à enterrer l’histoire, en effet comment justifier l’utilisation de grenades assourdissantes, dites de désencerclement, alors que les manifestantEs ne tenaient que deux des quatre axes du carrefour ? Alors qu’aucune procédure n’a été entamée, ils ont mis ses vêtements sous scellés et sont partis avec. Nous dénonçons fermement cette forme minable de harcèlement, l’intrusion dans sa chambre à peine 24h après sa blessure. Cela ne nous étonne cependant pas de la part des gendarmes.

Nous adressons toute notre solidarité au copain, de nombreux mails nous sont parvenusdemandant de ses nouvelles et pour lui envoyer du soutien.

Vu sur le flash info des camarades de la ZAD, le 18 décembre 2012

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:55

On les appelle les “glaneurs”. Ils font les poubelles des supermarchés pour se nourrir. Un phénomène qui traduit une aggravation de la pauvreté en ville.

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Scène ordinaire à la sortie des poubelles devant une supérette du centre-ville à Châtellerault.

Un vendredi soir devant une supérette en plein centre-ville. Huit personnes, des femmes, des hommes et un enfant, patientent depuis une vingtaine de minutes dans le froid.

Les uns sont venus en voiture ; d’autres, des jeunes, en scooter. Deux sont visiblement des SDF. Tous sont là pour « glaner », un euphémisme pour désigner pudiquement une triste réalité. Faire les poubelles pour trouver de quoi se nourrir.

Vingt heures. Les employées du magasin sortent un container. Le groupe se rue dessus. Les gens fouillent sans ménagement dans les détritus. La récolte est maigre, quelques légumes, du thon en boite, une canette. Triste pitance. La scène n’a duré que quelques minutes.

“Là, ils n’ont pas mis de salade ni de poireaux”

Impossible de nouer le contact avec les glaneurs.

— « Bonsoir, je suis journaliste… »

— « Oh, la, la, laissez-moi tranquille, je suis une maman », répond en se retournant une femme d’une cinquantaine d’années. La dernière à tenter de récupérer quelques miettes dans le container est une retraitée. « Là, ils n’ont pas mis de salade ni de poireaux. Pendant un temps, ils en jetaient beaucoup plus mais comme les gens leur faisaient des saletés… », regrette la vieille femme. Manteau élimé, elle dit avoir 85 ans, vivre seule et avoue « faire ça depuis longtemps ». Mais pas pour elle, affirme-t-elle, sans qu’on la croie vraiment. « J’aide certaines personnes avec un handicapé, des gens que je connais […] Moi, je me débrouille avec ce que j’ai. J’ai été habituée », assure l’octogénaire en extrayant des ordures une bouteille de jus d’orange à moitié pleine qu’elle range soigneusement dans son sac. Elle rentrera chez elle à pied.

Le « glanage » n’est pas nouveau mais tend à se développer. C’est un marqueur de la crise et de la pauvreté. Le gérant du magasin concerné, Jean-Charles Roy, voit ça toutes les semaines. En tout cas depuis qu’il est arrivé, il y a deux ans et demi. « Ce n’est pas récent, confirme-t-il. Nous, on suit la procédure. On met de la javel sur les produits périmés. Mais, ça ne les arrête pas ! »

La misère, c’est ici et maintenant.

(…)

Les supermarchés face au “glanage”

Tendance en pleine explosion ou épiphénomène ? À en croire les gérants de supermarchés que nous avons interrogés, le « glanage » dérange en tout cas suffisamment pour que des mesures, parfois radicales, soient prises. Le débat est de savoir s’il faut ou pas laisser faire.

« Moi, ça fait dix-huit mois que je suis là : c’était épisodique, c’est devenu systématique, assure sous couvert d’anonymat un gérant de supérette à la Plaine d’Ozon. Tous les deux jours, à sept heures et demie, quand je sors le container à poubelles, il peut y avoir jusqu’à six personnes qui attendent derrière la porte. Ils trient. Ils ne prennent pas n’importe quoi. Ils disent que c’est pour les animaux. »

“ Une fois sur deux, je mets de l’eau de javel ”

Le commerçant en question applique la politique maison : « Je sais qu’il en va de ma responsabilité s’il se passe quoi que ce soit. Une fois sur deux, je mets de l’eau de javel. Il y a un affichage dans le magasin. Les gens sont prévenus mais prennent quand même. »

Chez Super U, dans la rue du Paradis, le constat sur le phénomène est peu ou prou le même : « Avant, les gens attendaient parfois pendant trois heures le matin qu’on sorte les poubelles, commente l’enseigne. Non, du chlore on n’en mettait pas. Le problème pour nous, c’est qu’ils en mettaient partout et on était obligé de nettoyer derrière. » Mais ça, c’était avant : « Depuis 4-5 mois, on attend que les rippeurs sonnent pour sortir les containers. »

Auchan indique pour sa part ne pas être concerné par le problème. « Pour la bonne raison que tout ce qui est recyclage de déchets n’est pas accessible au client », comme le précise François Pulido, directeur de l’hypermarché.

Le même vante au passage l’action de son enseigne contre le gaspillage alimentaire : « Quotidiennement, on fait don de nos surplus alimentaires à l’épicerie sociale de Châtellerault. Quelqu’un passe tous les jours chez nous pour récupérer des produits conditionnés dans les règles pour qu’il n’y ait pas d’accident alimentaire. » Auchan affirme ainsi fournir l’équivalent de 11.000 repas par an à l’épicerie sociale.

Leur presse (Franck Bastard, lanouvellerepublique.fr, 18 décembre 2012)

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:54

STOP G8 UK 8-15 Juin 2013 En 2013 le Royaume-Uni va héberger un sommet des nations du G8. Comme lors de sommets précédents, ce gang de leaders d’États va plannifier l’agenda mondial pour l’économie, environnement et les politiques de sécurité pour l’année à venir. Les gouvernements hébergeant le G8 ont été forcés de faire ces meetings dans des zones rurales excentrées ce afin d’éviter les confrontations. En 2005 par exemple, la dernière fois que le G8 s’est réuni au Royaume-Uni, le sommet s’est tenu à Gleneagles en Irlande rurale. Cela n’a pas dissuadé les dizaines de milliers de personnes qui ont réussi à protester, bloquer et perturber la réunion du sommet. Soucieux d’éviter un match revanche contre une population dissidente croissante, les autorités du Royaumes-Uni ont refusé de divulguer quelconque information concernant la date ou la venue du sommet du G8 en 2013. Par ailleurs, l’agence de presse Reuters reporte que le sommet prendra place le 13 et 14 juin. Ce refus sans précédent du gouvernement nous propose un challenge intéressant. Nous avons besoin d’une structure sur place qui nous permette la flexibilité de mobiliser rapidement et efficacement, où et quand que puisse se tenir le G8. Sur ces bases, une serie de réunions sur l’agenda du G8 nous a mené à un consensus sur ce qui suit : Une semaine d’action contre le G8 se tiendra au Royaume-Uni en juin 2013. Ayant travaillé sur l’hypothèse que l’information de Reuters (sommet du G8 les 13 et 14 juin) est correcte, des actions sont prevues du 8 au 15 juin 2013. En plus de cela, où que se tienne le sommet, il y aura une convergence et un point d’accueil à Londres. Au dela du G8, nous travaillerons sur rajeunir et alimenter le mouvement global anti-capitaliste. Nous vous invitons à nous rejoindre en s’opposant au G8 et les abus de pouvoir globaux que ce groupe représente. Vous pouvez le faire en organisant des actions locales ou en s’impliquant à notre mobilisation de masse ici en Angleterre. À cette fin, il est de notre intention d’assurer que l’infrastructure nécessaire soit sur place pour atteindre nos objectifs. Cela comprendra donc d’assurer des lieux de logement et de convergence, cuisines, support juridique, médical et autres choses essentielles à la sécurité, le bien-être et le succès d’une large mobilisation. Nous tendons la main de l’amitié et de la solidarité et envoyons une invitation ouverte aux activistes internationaux pour participer à cette mobilisation et son planning. De plus amples détails seront annoncés au fur et à mesure de leur disponibilités. Notre résistance doit être transnationale tout comme le capitalisme global. Solidarité. Stop G8 Dissent! France Info Newsletter, 18 décembre 2012

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:07

« Donne des choses gratuitement » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

« A Rule Is To Break » (« Une règle est faite pour être enfreinte ») est un livre pour enfants pas très conventionnel. Ecrit par deux Américains, Jana Christy-Seven et John Seven, il raconte l’histoire d’une petite fille aux cheveux bleus, Wild Child (« enfant sauvage »), qui apprend à être elle-même et à ne pas systématiquement suivre les règles.

Parmi les conseils prodigués par l’ouvrage – dont le sous-titre est « A Child’s Book To Anarchy » (« Livre pour enfants montrant le chemin vers l’anarchie ») :

  • « Pense par toi-même ! » ;
  • « Ne ressemble pas à tout le monde ! Sois toi » ;
  • « Donne des choses gratuitement » ;
  • « Fais ce que tu veux... ou ne fais rien, si tu préfères » :
  • « Peins des trucs sur la télé » ;
  • « Quand quelqu’un dit : “Travaille !”, tu réponds : “Pourquoi ?” ».

« Fabrique-le. Ne l’achète pas » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

Le livre – publié indépendamment en juin 2011 puis réédité en novembre 2012 par Manic D Press, maison d’édition spécialisée dans les publications anarchistes – prône donc l’autodétermination, la différence et la débrouille. Forcément, ça ne plaît pas trop au Tea Party.

Sur LibertyNewsNetwork, site affilié au mouvement ultraconservateur, Eric Odom, membre du Tea Party de la première heure, juge l’ouvrage « affreux » et sa publication « purement choquante ». Pire : le livre est encensé par Bill Ayers, théoricien de l’éducation proche de Barack Obama, et surtout ancien membre des Weathermen, organisation opposée à la guerre du Vietnam et auteure d’attentats dans les années 60 et 70.

Eric Odom écrit :

« Bill Ayers, un gauchiste radical, terroriste et ami d’Obama, ne se contente pas de défendre [le livre] sur son compte Twitter ; ses commentaires de soutien sont listés sur la page Amazon. Si l’on juge une personne par les gens dont elle s’entoure, qu’est-ce que ça dit d’Obama ? »

Livre antimoralisateur


La couverture de « A Rule Is To Break »(John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

Selon Jennifer Joseph, de la maison d’édition Manic D Press, « le Tea Party n’aime pas “A Rule Is To Break” parce que c’est anticapitaliste ».

Le livre est davantage un contrepied aux ouvrages pour enfants moralisateurs qu’une apologie de l’anarchie. Dans une interview au site Rocker Magazine, l’illustratrice du livre Jana Christy-Seven explique :

« Je préfère avoir un monde rempli d’enfants qui se demandent pourquoi ils ont besoin de faire telle ou telle chose plutôt que d’enfants qui obéissent aveuglément à chaque ordre que l’école ou leurs parents leur donnent. »

Les ventes, « plutôt bonnes » selon la maison d’édition, devraient être dopées par le coup de pub involontaire des conservateurs américains.


« Quand quelqu’un dit : “Travaille !”, tu réponds : “Pourquoi ?” » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

 

Lucile Sourdès | Journaliste Rue89

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 10:59

Paris : un policier se suicide avec son arme de service

FAITS DIVERS – Un policier âgé de 39 ans se serait donné la mort mardi après-midi dans le parking du commissariat du 14e arrondissement. Il aurait utilisé son arme de service.

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Un policier s’est donné la mort mardi après-midi avec son arme de service dans le parking du commissariat central du 14e arrondissement de Paris situé 114, avenue du Maine, a-t-on appris de sources policières.

Le fonctionnaire se serait tiré une balle dans la tête après être descendu au niveau -1. C’est un de ses collègues qui l’a retrouvé inanimé. Malgré l’intervention des secours, son décès a été déclaré à 15h25.

Le policier né en 1973 était affecté à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris.

Une enquête interne va être diligentée pour déterminer les raisons de son geste. L’IGS a été saisie.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 18 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS
19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 10:57

L’affaire remonte à juin 2006. Un jeune homme avait été frappé en marge du Festival des fanfares, à Montpellier, avant d’être mené au commissariat puis aux urgences.

Une fracture du nez, des dents brisées, de multiples ecchymoses et hématomes… Cette nuit de juin 2006, en marge du Festival des fanfares, il a d’abord reçu un coup de tonfa, de dos. Il s’apprêtait à entrer dans le hall de l’immeuble d’un ami où il était logé avec un copain qui l’avait accompagné durant cette soirée. La fin de la manifestation avait tourné au vinaigre, donnant à celle-ci “un climat insurrectionnel”.

Puis, tout est allé très vite : le jeune homme a été interpellé, menotté et enfin jeté à terre sans ménagement, tombant lourdement au sol. Une fois sur le macadam, il va alors recevoir un coup de pied en pleine tête. Avant d’être amené au commissariat. Là, voyant son état, une policière alerte le parquet qui décide la levée de la garde à vue. Le jeune homme est alors conduit aux urgences de la clinique du Millénaire, abandonné à son sort.

“Rien ne justifiait cette arrestation”

“Le problème, c’est que cela a dérapé et que l’un d’entre vous est allé au-delà de ce qui était autorisé. Mais ce n’est pas le travail de la police qui est remis en cause”, rappelle la présidente Laporte. Insistant sur le travail mené alors par le magistrat-instructeur : “Il a été tenace, son instruction précise. Il a fait un travail exceptionnel. C’est mon avis personnel, je tiens à le dire.”

Six ans plus tard, un policier de la compagnie départementale d’intervention (CDI) est là, planté devant la barre, faisant face aux magistrats de la correctionnelle. Un fonctionnaire mis en cause après l’ouverture d’une information judiciaire, d’une enquête de la police des polices et des confidences recueillies, longtemps après il est vrai, de deux policiers municipaux présents le soir des faits. Soit des violences “qui ne relèvent pas d’une simple interpellation, même musclée. Rien ne justifiait cette arrestation”, note la magistrate.

“Vous voyez souvent des gens cassés comme il l’a été ?”

Six ans plus tard, le policier devenu prévenu l’assure : “J’ai toujours raconté la même histoire, je dis la vérité.” Soit qu’il est étranger à ces violences. “Vous voyez souvent des gens cassés comme il l’a été ?”, l’interroge la présidente. “Moi, je peux me regarder dans une glace”, rétorque le policier. D’autant que la victime, présente aussi à l’audience, l’assure : elle n’a jamais pu reconnaître son agresseur, celui-ci étant alors casqué.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-François Codomié, MidiLibre.fr, 17 décembre 2012)

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 10:54

Sommet franco-italien : retour sur les dispositifs policiers du lundi 3 décembre

Lors de la rencontre entre les chefs d’États français et italien, le pouvoir a mis en place un dispositif policier spectaculaire largement relayé par les médias dominants, sur le thème « grâce à nos formidables policiers, la magnifique ville de Lyon a été protégée des affreux opposants au projet grandiose de ligne à très grande vitesse reliant la France à l’Italie ».

• Voir l’arti­cle du suivi de la jour­née : Sommet franco-ita­lien : la police étouffe et réprime mas­si­ve­ment l’oppo­si­tion au Lyon-Turin  Lire aussi Lutte no-TAV : la PJ lyon­naise à la manœu­vre  Tous les arti­cles en rap­port avec le No Tav : Dossier no-tav

Si la police a effec­ti­ve­ment beau­coup tra­vaillé durant ces quel­ques jours, elle n’a en défi­ni­tive rien trouvé de sérieux à mettre sous la dent des juges. La machine a certes tourné, mais à vide puis­que les No-Tav n’étaient pas assez bêtes pour se jeter sous les che­nilles du rou­leau répres­sif.

C’est tout de même l’occa­sion d’obser­ver les roua­ges du main­tien de l’ordre en situa­tion excep­tion­nelle.

Suspension de l’espace Schengen

Une cho­ré­gra­phie de gestes poli­ciers se déploie avant même le jour du sommet et le moment de la mani­fes­ta­tion et créé une ten­sion par­ti­cu­lière.

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Le 3 décembre à Lyon

Avant toute chose, l’État fran­çais reprend le pou­voir de choi­sir qui entre ou non sur son ter­ri­toire. En l’occur­rence, les per­son­nes avec un casier ou « connues des ser­vi­ces de police » dans le cadre de la lutte NO-TAV ne sont pas les bien­ve­nues.

Dès le samedi, soit deux jours avant le sommet et la manif, un mini-bus d’Italiens venus par­ti­ci­per à des débats gen­ti­ment citoyens, et qui avaient prévu de repar­tir le soir même est retenu à la fron­tière à Modane, par les ser­vi­ces fran­çais, côté fran­çais. Trois per­son­nes sont iden­ti­fiées grâce à des photos comme ayant déjà par­ti­cipé à des mani­fes­ta­tion NO-TAV. Cela prouve que les poli­ces euro­péen­nes col­la­bo­rent concrè­te­ment et avec une réelle effi­ca­cité.

Les ser­vi­ces ita­liens ont en effet fourni les bonnes photos aux ser­vi­ces fran­çais qui les ont bien uti­li­sées. Il faut savoir qu’en Italie une vague de procès avec des dos­siers cons­ti­tués en bonne partie par des photos (de tatoua­ges, de signes dis­tinc­tifs ves­ti­men­tai­res…) a déferlé ces der­niers mois.

Les trois per­son­nes iden­ti­fiées, dont le chauf­feur du mini-bus ont inter­dic­tion de péné­trer le ter­ri­toire fran­çais, ce qui revient à ren­voyer tout le monde. Fin de cette liberté de cir­cu­ler si chère aux Européens. Dans la foulée, le préfet du Rhône fait savoir qu’il en sera de même pour les bus ayant prévu de venir lundi, ce qui ne sera pas exac­te­ment le cas.

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Le 3 décembre à la frontière franco-italienne

Les 11 bus ita­liens ont bien été inter­cep­tés par la police fran­çaise, du côté fran­çais de la fron­tière, mais les auto­ri­tés met­tent en œuvre une stra­té­gie qui permet de ne pas déclen­cher un scan­dale poli­ti­que avec 500 Ita­liens prêts à tout blo­quer si on les empê­chait de passer. En effet les flics se conten­tent d’un contrôle poin­tilleux de toutes les per­son­nes à bord des bus, ce qui jus­ti­fie une perte de temps de 5h. Ce retard inter­mi­na­ble sème le doute et retarde la ren­contre tant atten­due entre cama­ra­des fran­çais et ita­liens.

Surveillance et filature

Plusieurs lieux col­lec­tifs ont été mis sous sur­veillance durant les deux jours avant le sommet : autour de tel squat, une BMW tourne pour en obser­ver les sor­ties, la police muni­ci­pale tape à la porte d’un autre pour obte­nir offi­ciel­le­ment un « simple recen­se­ment » des per­son­nes sur place (une dis­cus­sion enten­due entre deux poli­ciers évoque une note de ser­vice en lien avec le sommet franco-ita­lien), devant tel autre lieu des flics sont vus en train de pren­dre des photos.

En plus de cette sur­veillance fixe, plu­sieurs per­son­nes ont capté qu’elles étaient sui­vies, notam­ment en voi­ture. Ce qui nous invite à faire un point sur la ques­tion des fila­tu­res en véhi­cule :

• Comment savoir si on est filé ?

Le sen­ti­ment de para­noïa étant fré­quent, il vaut mieux s’assu­rer que l’on est effec­ti­ve­ment suivi. Pour cela, quel­ques tac­ti­ques : faire des tra­jets impro­ba­bles et inco­hé­rents, des tours de ronds-points, des retours en arrière, pren­dre des rues déser­tes, accé­lé­rer ou ralen­tir exa­gé­ré­ment, faire mine de cher­cher à se garer, éviter de mettre les cli­gno­tants pour annon­cer où on tourne, pren­dre une sortie au der­nier moment en tra­ver­sant le zébra, s’arrê­ter sur la bande d’arrêt d’urgence avec les war­nings, etc. Il faut avoir en tête que les flics uti­li­sent sou­vent plu­sieurs véhi­cu­les, pour rem­pla­cer une voi­ture qu’ils esti­ment « grillée ». Idem pour les chauf­feurs : un pas­sa­ger se fait dis­cret à l’arrière ce qui leur permet de chan­ger de conduc­teur.

Les flics ont uti­lisé cette fois des modè­les de voi­ture variés : les clas­si­ques, type BAC : Citroën C4 ; Peugeot 207, 307, 407 ; Renault Mégane, Clio ; Ford Mondeo mais aussi des gros­ses cylin­drées : BMW, Mercedes Class A, Passat der­nier cri, ce qui laisse à penser que des ser­vi­ces natio­naux ont été mobi­li­sés (DCRI, SDAT…).

Côté cou­leur, on n’a pas relevé d’extra­va­gance par­ti­cu­lière : noir, blanc ou gris métal­lisé.

• Que faire quand on est filé ?

L’impé­ra­tif pre­mier est de ne pas griller d’autres per­son­nes, par exem­ple ne sur­tout pas se pré­ci­pi­ter vers des lieux amis pour trou­ver de l’aide. Au lieu de pani­quer, le plus simple est de s’arrê­ter boire une bière dans un bis­trot. S’il faut vrai­ment se rendre quel­que part et lar­guer la fila­ture, on peut pren­dre les trans­ports en commun (des­cen­dre du métro juste avant que les portes se fer­ment, chan­ger de bus, etc).

Cette fois, les fila­tu­res ont été gros­siè­res (par exem­ple sur le périph’, la voi­ture filée prend une sortie au der­nier moment, la voi­ture de flics s’arrête et fait marche arrière pour pren­dre la même sortie et conti­nuer à suivre). On peut donc ima­gi­ner que le but n’était pas tant de faire du ren­sei­gne­ment que de mettre la pres­sion pour que rien ne se passe.

La peur pro­vo­que une désor­ga­ni­sa­tion des per­son­nes inti­mi­dées qui sont ainsi auto-neu­tra­li­sées. Il s’agis­sait donc ici d’une sur­veillance ponc­tuelle, par­ti­cu­lière, à dis­tin­guer des sur­veillan­ces de fond, plus fines qui visent à accu­mu­ler dis­crè­te­ment de l’infor­ma­tion pour cons­truire des dos­siers.

Arrestations préventives

Autour d’un squat, la veille au soir, la police natio­nale passe, on ne sait pas trop pour­quoi : ils éclairent juste la porte avec leurs lampes tor­ches, deman­dent à entrer. Évidemment les gens font les sourds et ne les lais­sent pas ren­trer. Et on en reste là.

Le len­de­main matin, jour du ras­sem­ble­ment, le dis­po­si­tif est activé : le civil qui plan­que sur la place proche de ce lieu, et qui avait déjà lancé la veille au soir une fila­ture sur des per­son­nes qui sor­taient du squat, observe tou­jours les entrées et sor­ties. Quand le matin il cons­tate que « ça bouge », deux four­gons (sans doute prêts) arri­vent rapi­de­ment sur place et inter­pel­lent une grosse ving­taine de per­son­nes aux abords de leurs véhi­cu­les. Des ren­forts sont appe­lés, en cinq minu­tes, dix véhi­cu­les de police en tout genre (bana­li­sés et séri­gra­phiés) bou­clent le péri­mè­tre, avec appui de l’héli­co­ptère qui fait à ce moment sa pre­mière sortie.

Fouille rapide des per­son­nes et de leurs affai­res, mais aussi des véhi­cu­les. Suite au refus de donner les clefs, un véhi­cule est même frac­turé par la police pour être fouillé. (Et plus tard on retrou­vera ce véhi­cule avec un pneu crevé…).

Tout ce petit monde est embar­qué dans un bus de police prévu à cet effet. Les arres­ta­tions se font sur des pré­tex­tes foi­reux, tels que « port d’arme » pour une paire de ciseaux médi­caux.

L’objec­tif est bien d’empê­cher des gens de par­ti­ci­per au ras­sem­ble­ment.

Un groupe de per­son­nes se fait aussi arrê­ter par le GIPN dans leur véhi­cule en arri­vant sur Lyon, accu­sés de déten­tion d’explo­sifs tout sim­ple­ment parce qu’ils ont un bidon de gasoil dans leur voi­ture. Il s’agit d’un motif d’arres­ta­tion vrai­ment bidon car, sachez-le, on ne fait pas d’explo­sif avec du gasoil…

Toujours dans la mati­née, cinq per­son­nes sont arrê­tés par … le RAID ! En tenue civile, le RAID pour­rait res­sem­bler à la Bac, cagoule trois trous et écusson RAID en prime. Encore un fois, ces agents qui por­taient l’écusson de ce ser­vice spé­cial n’étaient pas là par hasard. En tout cas, cela amène le nombre de per­son­nes arrê­tées à 34 avant midi.

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Montluc

Elles sont dépo­sées à l’hôtel de police de MontLuc (l’espèce de châ­teau fort) où elles décou­vrent qu’un gym­nase des poli­ciers a été amé­nagé pour la jour­née en vue d’arres­ta­tions mas­si­ves. Dans ce QG de l’iden­ti­fi­ca­tion, des tables ont été ins­tal­lées der­rière les­quel­les des poli­ciers en civil s’agi­tent, dres­sent des listes, rem­plis­sent des tableaux.

Aucune paroi ne sépare les per­son­nes arrê­tées, ce qui leur permet de com­mu­ni­quer et même par­fois d’enten­dre les audi­tions des cama­ra­des, avant d’être dis­pat­chées dans les dif­fé­rents com­mis­sa­riats de ville et dans un local de police à Maisons Neuves trans­formé en cel­lule de gardav pour l’occa­sion.

Ces moments de com­mu­ni­ca­tion entre per­son­nes arrê­tées ont sou­vent lieu au tout début de l’inter­pel­la­tion et sont très impor­tants. Il faut pro­fi­ter de ces quel­ques minu­tes ou secondes pour se donner des infos clefs, mettre au point une ver­sion ou se rap­pe­ler qu’on se tait com­plè­te­ment.

Cette fois, ce sont ces com­mu­ni­ca­tions qui ont permis à la Caisse de soli­da­rité de faire le point sur les arres­ta­tions. En effet, les flics ont opposé aux avo­cats un silence total : on ne savait donc pas qui était arrêté, pour­quoi, etc. Chaque per­sonne libé­rée au compte-goutte nous don­nait des infor­ma­tions fraî­ches et sérieu­ses sur ceux qui étaient encore à l’inté­rieur, et dans quels com­mis­sa­riats ils avaient été envoyés.

Déploiement sur la métropole

Le préfet de région, Jean-François Carenco annonce la cou­leur : « C’est un sym­bole de ras­sem­ble­ment et un grand exer­cice de cohé­sion. » En effet.

Globalement il faut rete­nir trois axes de col­la­bo­ra­tion poli­cière : police/gen­dar­me­rie ; ser­vi­ces locaux/natio­naux ; ser­vi­ces fran­çais/ita­liens.

À Lyon, plu­sieurs ser­vi­ces fran­çais se sont retrou­vés à coo­pé­rer.

Le Centre Opérationnel Zonal (COZ), dirigé par Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, a super­visé les ini­tia­ti­ves.

Un centre de coor­di­na­tion de tous les ser­vi­ces de police a été mis en place en centre-ville (rue Rabelais) : le SDIS. Il a super­visé la grande parade poli­cière sur Lyon Métropole.

Tous les plus beaux véhi­cu­les sont de sortie, tout le monde est sur le pont pour le grand bal sécu­ri­taire. La presqu’île est entiè­re­ment qua­drillée, avec contrô­les d’iden­tité en rafale et fouilles des sacs (dès le ven­dredi, mais accen­tués le lundi). Les contrô­les aux points d’entrée de la métro­pole sont ren­for­cés : péages, mais aussi gares, dont notam­ment la Part-Dieu, satu­rée de poli­ciers. Sur tous les ponts et pas­se­rel­les du péri­phé­ri­que et de la rocade, la police natio­nale est osten­si­ble­ment pré­sente. Y a pas à dire, ils ont mis le paquet. Jusqu’à l’aéro­port St-Exupéry, des four­gons de police patrouillent.

Dispositif sur la place des Brotteaux

D’abord, il y a le choix du ter­rain : les poli­ciers ont pro­posé cette place car ils savent en contrô­ler les accès sans trop per­tur­ber la métro­pole et sans offrir trop de visi­bi­lité aux mani­fes­tants. Personne ne pou­vait igno­rer que le sec­teur allait être bouclé puis­que les auto­ri­tés avaient annoncé que la sta­tion de métro Brotteaux serait fermée.

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Les barrières des flics le 3 décembre à Lyon

Dès la fin de mati­née des cen­tai­nes d’hommes sont mobi­li­sés sur le quar­tier des Brotteaux, des dizai­nes de véhi­cu­les sont à la manœu­vre et pren­nent posi­tion. Des camions équipés de grilles anti-émeutes sont postés aux abords de chaque issue de la place, prêts à la fermer. Toutes les rues adja­cen­tes sont rem­plies de véhi­cu­les en tout genre : les voi­tu­res de BAC, des Jeep de police, les véhi­cu­les plutôt réser­vés à la tech­ni­que, un camion équipé d’un mât por­tant une caméra 360°, un camion équipé d’une énorme pelle pour virer les bar­ri­ca­des, deux camions avec canons à eau, etc. Bref tout le matos de guerre, pour quel­ques cen­tai­nes de per­son­nes qui boi­vent du thé et dis­cu­tent des luttes contre les nou­vel­les infra­struc­tu­res du capi­ta­lisme. À noter que le dis­po­si­tif était tourné vers la place mais aussi en partie vers l’exté­rieur. Contrairement à la situa­tion de la prison Bellecour où il y avait « juste » un cordon de CRS avec leur véhi­cule, on a cette fois des grilles en avant et en plus des CRS, des BAC cas­qués prêts à inter­ve­nir sur la place, et encore en arrière, des civils coa­gu­lés diri­gés vers l’exté­rieur de la place, qui contrô­lent tout ce qui est louche ou s’appro­che. Pour obser­ver le tout d’un œil atten­tif (photos) et poser une ambiance sonore de type guer­rière, l’héli­co­ptère de la gen­dar­me­rie a tour­noyé toute la jour­née, allu­mant son pro­jec­teur dès la nuit tombée.

Sur la place, devant les mani­fes­tants étaient pré­sents les « RG » habi­tuels. Ce sont en fait les hommes ET femmes avec tal­kies-wal­kies qui gèrent la cir­cu­la­tion des manifs. Il y avait aussi des bour­geois gradés peu cou­tu­miers du ter­rain mais des­cen­dus pour l’occa­sion, et quel­ques gros bras de la BAC avec sac à dos (sans doute plutôt en escorte des civils expo­sés qu’en inter­pel­la­tion).

En tout cas tout ce petit monde était dans l’entre-deux : pas de bras­sard, mais clai­re­ment iden­ti­fia­bles. Faut aussi comp­ter sur la place un ou deux pho­to­gra­phes qui bos­sent pour la police (à dis­tin­guer des poli­ciers visi­bles qui pren­nent des photos) et sans doute aussi des vrais « RG », invi­si­bles, qui lais­sent traî­ner leurs oreilles au sein des oppo­sant.e.s.

Dans le quar­tier de la Préfecture, lieu de la ren­contre diplo­ma­ti­que, un autre dis­po­si­tif est mis en place, avec GIPN, RAID et com­pa­gnie.

Le coup de la nasse

Peu de temps après l’arri­vée tant atten­due des bus ita­liens sur la place, cha­leu­reu­se­ment accueillis par les cris et un beau feu d’arti­fice, le dis­po­si­tif s’est refermé sur les mani­fes­tants. Ainsi de 15h à 19h on ne pou­vait plus entrer et sortir libre­ment de cette place. Le ras­sem­ble­ment, auto­risé, a lieu, mais il est cir­cons­crit de façon étanche : aucun mou­ve­ment n’est pos­si­ble, aucun début de mani­fes­ta­tion.

Immédiatement, le spec­tre de Bellecour res­sur­git. Mais les auto­ri­tés ne créent pas un nou­veau scan­dale : dans une posi­tion ambi­guë, ils n’annon­cent pas que les gens peu­vent quit­ter les lieux sans contrôle, mais c’est ce qui se pas­sera dans la soirée.

L’objec­tif des flics est de faire déga­ger les Italiens. Sauf que les Italiens ne veu­lent pas aban­don­ner les Français dans ce filet, et les Français ne veu­lent pas lais­ser partir ces bus sans savoir com­ment eux aussi ils vont sortir de ce mer­dier. Plusieurs char­ges de police ont donc lieu pour dis­so­cier les bus ita­liens des No Tav fran­çais restés sur la place.

Des tirs de lacry­mo­gène ont lieu. À noter que ces tirs étaient étrangement dis­crets : pas de gaz appa­rents ni de lan­ceurs visi­bles, et pour­tant ça piquait. Deux per­son­nes sont sau­va­ge­ment cap­tu­rées par la BAC qui bondit sur le côté, comme d’hab. L’une de ces deux per­son­nes est sévè­re­ment passée à tabac, c’est d’ailleurs la seule per­sonne qui risque des pour­sui­tes judi­ciai­res.

On reconnaît là le style des BAC loca­les avides de coups et d’outra­ges et rébel­lion pour arron­dir les fins de mois. À l’inverse ce sont les GM (Gardes Mobiles, gen­dar­me­rie) qui sont uti­li­sés pour pous­ser les mani­fes­tants et ainsi les écarter des bus. C’est leur pro­fes­sion­na­lisme de mili­tai­res imper­tur­ba­bles qui a été pri­vi­lé­gié sur la sau­va­ge­rie des poli­ciers, sans doute pour limi­ter les dégâts (pas de bles­sés sérieux).

Des Italiens vont tenter de des­cen­dre des bus pour rejoin­dre les Français : ils sont vio­lem­ment blo­qués dans les bus. Des flics mon­tent à bord pour contrain­dre les chauf­feurs à avan­cer. L’un refuse, il paraî­trait que c’est alors un keuf qui se met à conduire le bus ! La menace ita­lienne est donc ex-fil­trée sous haute sur­veillance, avec une escorte serrée sur l’auto­route : des dizai­nes de motards et four­gons, un Land Rover 4×4 Defender siglé Police, jusqu’à l’Isle d’Abeau.

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Manifestants et camion à eau le 3 décembre à Lyon

Finalement, sans que les flics ne l’annon­cent, les oppo­sants au TAV pour­ront pro­gres­si­ve­ment sortir de la nasse, tra­ver­ser les lignes de police par 1, 2 ou 3, avec un petit sen­ti­ment très désa­gréa­ble, mais sans contrôle. Un véhi­cule aux vitres tein­tées posté près d’une sortie laisse sup­po­ser qu’une caméra fil­mait des visa­ges qui sor­taient. À la toute fin du ras­sem­ble­ment, une ving­taine de per­son­nes a été arrê­tée, mais elles ont été relâ­chées dans la soirée.

Suites judiciaires ?

Aussi ruti­lante soit-elle, l’omni­pré­sence poli­cière ne peut rien contre la déter­mi­na­tion col­lec­tive.

Par exem­ple, la ving­taine de per­son­nes arrê­tée avant le ras­sem­ble­ment a réussi à tenir col­lec­ti­ve­ment, et ce, pen­dant des dizai­nes d’heures (jusqu’à mer­credi matin pour cer­tain.e.s !), le refus de donner son iden­tité. C’est donc une ribam­belle de « X », refu­sant tout fichage (emprein­tes, photo, ADN) qui a usé la patience des dif­fé­rents OPJ et com­mis­sai­res en for­ma­tion. Et qui a fini par sortir sans être iden­ti­fiée !

Toutes les dif­fé­ren­tes arres­ta­tions ne débou­chent (à notre connais­sance) que sur une convo­ca­tion en février, pour vio­len­ces sur agent. Et pour cause : per­sonne n’a rien fait.

Finalement le but de la police était plus de neu­tra­li­ser et de dis­sua­der que de porter une atta­que jusqu’au bout. En effet, le len­de­main tout ce dis­po­si­tif s’est évaporé comme par enchan­te­ment, fin du spec­ta­cle, on rem­balle. Pour autant, il ne fau­drait pas oublier que la police mène aussi un tra­vail de fond contre les oppo­sants au Tav et les milieux poli­ti­ques, qui passe notam­ment par des ten­ta­ti­ves de recru­ter des indics et de la sur­veillance dif­fuse.

Du point de vue de la visi­bi­lité publi­que, cette his­toire a plutôt tourné au défilé de flics que de No-Tav. Comme si la France vou­lait impres­sion­ner l’Italie qui de son côté a beau­coup de mal à cana­li­ser la rébel­lion contre le TAV. Mais Hollande fait moins le fier du côté de la cam­pa­gne nan­taise. Ils ont neu­tra­lisé du vide ce lundi-là, car tout se jouait dans l’inti­mité des retrou­vailles entre com­bat­tant.e.s de dif­fé­ren­tes lignes (Italie, Lyon, Nantes), et la pro­messe de gagner dans les situa­tions pro­pi­ces, à Notre Dame des Landes par exem­ple.

Lire Du TAV au TOP : contes­ta­tion contre bul­do­zer autour des dif­fé­ren­tes luttes contre les Grands Projets Inutiles.

Rebellyon, 14 décembre 2012

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 14:36

Texte de Yamina Mahdi, mère de Youcef Mahdi:

 

Voici l’histoire malheureuse et tragique de la mort de mon fils, Mahdi Youcef. Ce jour du 5 juin 2012, mon fils cadet m’appelle sur mon téléphone pour me dire ‘Maman j’ai pas pu le sauver!’

 

À ce moment-là, choquée et paniquée, je suis sortie en courant pour trouvez une personne qui pourrait m’accompagner au bord de Seine.

 

Tout a commencé par un simple contrôle de police qui a dérivé, la police a menacé mon fils de garde-à-vue. Celui-ci a totalement paniqué et a pris la fuite de peur que la police applique ces menaces, toujours très insistantes sur sa personne en particulier.

 

De là, il a sauté dans la Seine par défaut d’autre chemin. Youcef pensait réussir à traverser la Seine sans problème car c’est un bon nageur. Il a commencé à nager, mais très vite, il s’est fatigué, avant même d’arriver au milieu de la Seine. Youcef a appelé à l’aide en criant très fort ‘Aidez moi !!!!’ et tout de suite après, sans hésiter, son petit frère de 19 ans a sauté pour le secourir, mais sans succès.

 

Les policiers qui étaient présents pendant les faits n’ont pas réagi. Pendant que mon fils se noyait, les policiers lui ont dit : ‘Tu fais plus le malin maintenant !!!’ Alors que Youcef demandait de l’aide, les policiers s’en réjouissaient.

 

De plus, ils n’ont pas immédiatement appelé les secours, ils ont attendu plus d’une heure avant de réagir et enfin appeler le Samu. Malheureusement, il était trop tard, Youcef était resté plus d’une heure dans l’eau.

 

Alors dites-moi, où est la justice qui doit nous protéger quand on est en danger ?

 

Mon fils n’avait que 23 ans, il venait juste d’avoir un petit bébé. Nos enfants ne sont pas en sécurité avec cette justice ! Moi et mes enfants, nous sommes brisés à jamais !

 

 

A faire tourner Publié sur Vérité & Justice pour Youcef Mahdi, 28 novembre 2012

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 13:55

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 13:46

par Adriano Brigantele 18 décembre 2012

Les téléspectateurs de France 2 ont peut-être été saisis d’un sentiment de déjà-vu, lors du 20h du 12 décembre 2012. Ce jour-là, des salariés de PSA Aulnay ont pénétré dans un bâtiment administratif du constructeur automobile à Poissy et causé quelques dégâts matériels, comme à l’époque où la colère et le désespoir avaient conduit des salariés de Continental à détruire quelques ordinateurs bon marché à la sous-préfecture de Compiègne – une « violence » à l’égard de matériels de bureau que ne s’étaient pas privés de condamner de nombreux médias commenous l’avions relevé. Et, comme à l’époque, le traitement de cet épisode par le 20h de David Pujadas fut à sens unique.

Signe de l’importance et de la gravité de l’évènement, c’est en ouverture du journal, immédiatement après l’annonce du sommaire, que David Pujadas annonce : « Avant de développer ces titres, ces débordements à Poissy, en marge de manifestations syndicales à Peugeot PSA ». Ainsi se trouve introduit un reportage que le présentateur replace fugitivement (mais alors, très fugitivement !) dans son contexte : « 1 500 suppressions de postes supplémentaires venaient d’être annoncées. ». Annoncées par qui ? Pourquoi ? On ne sait. Et on ne le saura pas. Juxtaposée à la précédente, la phrase qui suit va à l’essentiel selon Pujadas. « Plusieurs dizaines de salariés sont entrés dans les bureaux, ils ont détruit du matériel. Tiphaine de Tricornot. »

Avant de savourer patiemment et en détails le reportage, on regarde et on écoute :

Les pots de fleurs de PSA

Oublions David Pujadas et suivons mot à mot et plan par plan le reportage.

« Au départ, c’était une simple manifestation des salariés PSA d’Aulnay » À l’écran, un nuage de fumée noire dont on ne voit pas la source, et un bâtiment à l’arrière-plan, avec un bandeau en surimpression où l’on peut lire « PSA : Violences à Aulnay ». Le téléspectateur peut s’attendre au pire. Quelle est donc l’ampleur de ces « débordements » annoncés par David Pujadas ? Poissy brûle-t-il ? Après un mouvement de caméra, on devine que la fumée provient en fait de quelques pneus qui brûlent. « Mais »

« Mais très vite, la situation dégénère  ». À défaut de nous apprendre immédiatement quelle est l’origine de cette situation – l’annonce de 1500 suppressions d’emplois supplémentaires – le reportage prétend distinguer la norme et la « dégénérescence », que voici :

« Plusieurs dizaines de sympathisants CGT pénètrentviolemment dans le bâtiment. » Comment l’auteure du reportage a-t-elle reconnu qu’ils étaient tous « sympathisants de la CGT » ? On ne sait. Mais la violence ? Certes, la caméra est un peu chahutée (ce qui est bien normal, puisque le cameraman est au milieu des manifestants qui se bousculent pour entrer dans le bâtiment). Mais, on ne voit aucune image de violence physique (comme un vigile agressé pour forcer l’entrée, par exemple).

« En une dizaine de minutes, ils renversent tout sur leur passage. Les dégâts matériels sont importants. » Comme à Compiègne, où l’action des salariés nous avait valu ce commentaire : « Ils passent d’un bureau à l’autre de la sous-préfecture et saccagent tout sur leur passage. » À Poissy, les dégâts matériels que l’on voit à l’écran sont en effet cataclysmiques : trois présentoirs jetés par terre, un petit écran plat arraché du mur et brisé au sol, ainsi que trois plantes en pot renversées. Manifestement, la déco a beaucoup souffert ! À n’en point douter, si des dégâts plus graves étaient à recenser, France 2 n’aurait pas manqué de les filmer ou de les mentionner. Et si on nous assène que « les dégâts matériels sont importants », il faut croire la journaliste sur parole, car les images ne montrent rien de tel et le commentaire ne fournit pas plus de précisions. On enchaîne :

« Les dégâts matériels sont importants, mais le leader de la CGTrefuse de condamner ces agissements. » Comme s’il existait une quelconque obligation, fût-elle morale, de désavouer les manifestants et d’admettre que leur action est totalement illégitime.

- Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA Citroën, dispose alors de huit secondes pour s’expliquer : « Moi, je ne condamne pas ce qui s’est passé aujourd’hui. [...] Oui, le rapport de force, ça, moi je... je... je suis convaincu qu’il y a que ça qui peut faire reculer la direction d’Aulnay, aujourd’hui. » Même si l’on n’entend pas les questions de la journaliste, on constate que les propos de Jean-Pierre Mercier ont été grossièrement coupés. Pourquoi ? Il bafouillait ? C’était trop long ? En tout cas, on ne saura pas de sa bouche ce qui motivait l’action des salariés, ni les raisons de son refus d’obtempérer à une demande de condamnation. En vérité, les deux phrases retenues permettent surtout de le montrer sous un jour arbitrairement belliqueux.

Mais sans doute n’est-il pas à plaindre, puisqu’on lui a donné la parole. On se souvient de David Pujadas sommant Xavier Matthieu, délégué syndical de Continental, de regretter la violence alléguée des salariés, et expliquant par la suite sur France Info qu’une« exposition de 2 minutes 30 en ouverture du journal » était une aubaine inespérée pour lui : bassesse du procédé et pathétique justification que nous avions commenté à l’époque. France 2 a donc manifestement renoué avec les bonnes vieilles habitudes, et s’est même surpassée, en n’accordant cette fois-ci que huit misérables secondes en fin de reportage à Jean-Pierre Mercier. Manifestement David Pujadas a fait des émules au sein de la rédaction de France 2 !

Vient ensuite (enfin !) la seule phrase du reportage qui énonce la cause des événements qui nous ont été montrés, mais sans la présenter comme telle : « La veille, le groupe PSA avait annoncé le non-remplacement de 1 500 départs à la retraite. » En tout et pour tout, cinq secondes d’explications masquées, sur un reportage qui en fait 57. Cinq secondes qui ne disent rien de la violence, bien réelle celle-ci, des suppressions d’emplois et de l’insécurité économique de milliers de familles. Au contraire, on enfonce le clou en désignant les « vraies » victimes, qui peuvent compter sur la justice pour entendre leurs doléances : « La direction a porté plainte, cet après-midi. »Preuve supplémentaire de l’ignoble injustice de ces dégâts matériels ? « Les autres organisations syndicales ont, quant à elles, dénoncé ces agissements. » Si même les autres syndicats réprouvent... Fin du reportage [1].

Une fois le reportage terminé, David Pujadas enchaîne : « Et face au chômage, le gouvernement a donc adopté, en conseil des ministres , sa nouvelle arme. C’était la proposition numéro 33 du candidat François Hollande : le contrat de génération. » Ainsi se trouve immédiatement rétabli « l’équilibre », en montrant une réaction calme, concertée et rassurante des institutions « face au chômage ». Le même procédé, qui permet en quelque sorte de scénariser le fil des événements et d’attribuer les rôles, avait déjà été utilisé par David Pujadas à la fin de l’interview de Xavier Mathieu :« Merci M. Mathieu, d’avoir été en direct avec nous. Un mot encore. Il y a dix minutes tout juste, Luc Chatel, secrétaire d’État à l’industrie, proposait ces discussions tripartites après les événements donc de cet après-midi. Merci, M. Mathieu. »

***

Comme lors de l’incident de la sous-préfecture de Compiègne, tout a été fait ici pour rendre injustifiables quelques dégâts matériels sans commune mesure avec la violence des décisions de suppressions de postes de travail et de leurs conséquences catastrophiques sur des milliers de vies humaines. Il faut dire aussi qu’une bousculade, du terreau répandu sur le sol et des ouvriers en tenue de travail scandant des slogans dans un immeuble de bureaux offrent des images si spectaculaires que ce serait une faute professionnelle de ne pas les exploiter et de leur consacrer l’ouverture du JT ! À l’inverse, la plongée subite dans la précarité de centaines de familles ne fournit guère d’images exploitables, et la détresse de salariés privés de leur moyen de subsistance n’est pas très télégénique, surtout à l’approche des agapes de fin d’année. …

Ainsi, les acteurs du mouvement social et les contestataires sont régulièrement conviés dans les médias pour faire amende honorable lorsqu’une action ou de simples propos dépassent les formes convenues de la négociation (comme ce fut le cas par exemple pour Olivier Besancenot, questionné sur sa violence, quand bien même n’était-elle que verbale, ainsi que nous le montrions ici-même). Mais on attend encore de voir un grand patron licencieur enjoint de présenter des excuses en direct à 20 heures pour ce qu’il fait subir à ses employés. Le reportage consacré à la défense des pot-de-fleurs de PSA est une illustration de la pensée de David Pujadas. Selon ce dernier, comme nous l’avions relevé ici-même, le journalisme« souffre d’abord de conformisme et de mimétisme. » Un conformisme que notre journaliste, rebelle dans l’âme, diagnostique ainsi : « L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. » On l’aura bien compris, l’anti-conformisme à la sauce Pujadas consiste à trouver que la violence du plus fort est beaucoup moins contestable que la violence du plus faible... . Adriano Brigante (avec Ricar pour la vidéo)

Notes

[1] On notera que contrairement à l’épisode de la sous-préfecture de Compiègne, jamais il n’est ici fait mention explicitement (du moins verbalement) de« violences » (à un adverbe près), mais d’« agissements » et de « débordements ». Ce n’est certes pas un progrès fulgurant, mais sans doute faut-il se féliciter qu’au parti pris et au déséquilibre de l’information ne s’ajoute pas des assertions mensongères...

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