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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 15:53

 

Mounir, le lendemain de son agression
Mounir, le lendemain de son agression

Lundi 10 décembre, 1h du matin. Un banal contrôle policier dérape non loin de l’Arc de Triomphe, Mounir* se retrouve inconscient sur un trottoir. Une enquête de la police des polices a été ouverte.

Ils revenaient d’un petit tour en haut de la grande roue de la Concorde. Dans la voiture : Mounir*, sa copine et un autre couple. Après avoir remonté les Champs Elysées, vers 1h du matin, ils font l’objet d’un contrôle policier qui tourne mal. Une dizaine de minutes plus tard, Mounir est retrouvé inconscient par les pompiers sur le trottoir, des contusions sur le corps et les yeux brûlés à la bombe lacrymogène. Le jour même, lundi 10 décembre, l’Inspection générale des services (IGS) – la “police des polices”, a ouvert une enquête.

“Ils nous parlaient comme à des chiens”

Nuit du dimanche 9 au lundi 10 décembre, peu avant une heure du matin. La 307 de la petite amie de Mounir contourne l’arc de Triomphe, puis descend l’avenue de la Grande armée. Derrière eux, une voiture de police allume son gyrophare. Ils s’arrêtent. Le pote de Mounir qui conduit semble faire l’objet d’une annulation de permis. Les policiers l’emmènent au commissariat du XVIIe arrondissement pour des vérifications. Les trois autres restent sur place. Une seconde patrouille débarque en citroën Berlingo.

D’après le récit de Mounir, un grand policier sorti du véhicule l’aurait alors bousculé. Le ton serait rapidement monté, “ils nous parlaient comme à des chiens“, explique-t-il, le visage encore tuméfié.

L’agent lui lance : “Tu as de la chance, si Hollande n’était pas passé, on t’aurait massacré“. Mounir demande un peu de respect, précise qu’il a un travail de gérant de magasin. Ses deux amies tentent en vain de s’interposer. L’agent s’approche, gaze Mounir dans les yeux avec sa bombe lacrymogène. Une fois à terre, Mounir aurait reçu un coup à la tête et dans les côtes. La seconde brigade décampe.

A lire aussi : “La violence policière n’a rien d’accidentel”

Appelés par les filles, les pompiers arrivent et réaniment Mounir. En entendant la mésaventure, les soldats du feu appellent une troisième brigade de policiers. Ces derniers ne semblent pas étonnés et rassurent Mounir : “Ne vous inquiétez pas, ils ont été filmés“. Les pompiers le conseillent également: “Rappelez-vous, c‘est au minimum non assistance à personne en danger de vous avoir laissé là“. Les fonctionnaires de police donnent à Mounir le contact d’un commandant de l’IGS. Une plainte sera déposée le jour même.

Enquête en cours

Les quatre certificats médicaux réalisés montrent que Mounir n’avait ni bu ni consommé de stupéfiants. Selon les hôpitaux, de quatre à dix jours d’ITT (Incapacité totale de travail) lui ont été donnés. Contacté, le commissaire responsable du XVIIe arrondissement précise : “même si potentiellement, il peut s’agir de mes équipes, je ne suis pas habilité à vous parler“.

Côté communication, la préfecture de police de Paris refuse de s’exprimer sur une enquête en cours. Même sirène du côté de la brigade de pompiers du centre de secours de Champerret intervenus sur place.

Geoffrey Le Guilcher

*Le prénom a été modifié

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 15:22

« J’ai des doutes sur les attentats du 11 Septembre. »Qui n’a déjà entendu cela ? Les théories du complot n’ont cessé de se développer depuis dix ans, et cela n’a rien de réjouissant. Car, après les superstitions et les religions, elles constituent de nouvelles œillères, une nouvelle entrave à la révolte, en obscurcissant la compréhension du capitalisme et de l’impérialisme.

« La vérité est ailleurs ». Au début des années 1990, la célèbre série télévisée X-Files mettait aux prises deux agents du FBI affectés au « département des affaires paranormales »avec un monde inquiétant régi par des forces occultes. Fox Mulder et Dana Scully – c’est leur nom – affrontaient au fil des épisodes un double complot : l’un gouvernemental fomenté par des élites malfaisantes, l’autre par des extraterrestres conquérants dont les élites voulaient précisément cacher l’existence. Atmosphère paranormale, thèmes ufologiques (ufologie = étude des objets volants non identifiés), cynisme et dissimulation des puissants « qui savent », décryptage accessible aux seuls initiés : la série se taillait un vrai succès en jouant sur tous les ressorts de l’imaginaire conspirationniste. Depuis, la veine a été largement exploitée, le Da Vinci Code de Dan Brown n’étant que l’exemple le plus connu. Or, si avec le mystère et le complot on peut faire de la bonne télévision et un cinéma distrayant, on ne peut faire que de la mauvaise politique. Et c’est tout le problème que pose le « conspirationnisme », cette sorte d’aliénation de la pensée qui imagine qu’à l’origine de tout événement historique, il y a la conspiration d’un groupe occulte suffisamment puissant pour tirer d’innombrables ficelles, tout en restant bien entendu hors de la vue du commun des mortels.

À l’explication visible – soit officielle, soit communément admise – comme à l’inexpliqué temporaire, le conspirationnisme oppose une explication cachée, accessible uniquement à ceux et celles qui sauront en décrypter sans fin les indices alimentant une grille de lecture globale. Dans l’imaginaire conspirationniste, aucune place n’est laissée à l’imprévu, au non-intentionnel, au hasard, à l’erreur. Toute coïncidence est révélatrice. L’enchaînement des évènements relève obligatoirement d’une causalité parfaite et maîtrisée par ses protagonistes secrets.

Dénonçant des manipulations, la théorie du complot fonctionne elle-même en boucle, sur un mode manipulatoire, en ce sens que sa grille de lecture est préétablie. La conspiration et ses bénéficiaires préexistent aux indices qui sont censés leur donner corps.

Pensée policière de l’histoire

Pensée policière de l’histoire, elle n’est jamais très loin de la véritable critique sociale et politique, et la parasite plus qu’elle ne la concurrence. Ainsi, quand on s’interroge par exemple sur les conditions dans lesquelles les multinationales pharmaceutiques vont profiter de l’épidémie de grippe A, on est dans le politique. Quand on les désigne, sans preuve, comme étant à l’origine de l’épidémie « parce que cela leur rapporte », il y a glissement, on est passé dans le conspirationnisme.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont dopé le conspirationnisme. À cette occasion, il a, de façon désolante, accédé au statut de « pensée » subversive, non conforme. Paradoxalement, c’est aux États-Unis que la version officielle du 11 Septembre est la plus mise en doute. Il faut dire que la méfiance instinctive à l’égard du gouvernement fédéral y est culturellement telle que toutes les théories du complot y prolifèrent. Dans ce cas précis, un réflexe patriotique et raciste semble avoir joué. Que des Arabes avec des cutters puissent avoir porté un tel coup à la superpuissance mondiale est du domaine de l’impensable pour beaucoup de citoyennes et de citoyens des États-Unis. Le scénario ne peut donc être qu’autre, la Maison-Blanche et la CIA sont nécessairement impliquées.

De Bigard à Rockin’Squat

On mesure l’expansion du conspirationnisme quand des personnalités prennent le risque de faire état publiquement de leur proximité avec ces thèses. C’est le cas de l’humoriste Bigard, de l’actrice Marion Cotillard, du cinéaste Mathieu Kassovitz, des rappeurs Rockin’Squat et Keny Arkana… ainsi que de Jean-Marie Le Pen et même de l’ex-ministre Christine Boutin.

Signe des temps, comme à chaque poussée de conspirationnite aiguë, les Illuminatis (voir le best-of ci-contre) sont de retour. Ou plus exactement leur mythe. Le Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI), groupe d’extrême droite de Kemi Seba, les place au cœur de son combat contre les « puissances occultes ». Le Libre-Penseur, un dentiste marseillais qui, entre deux plombages, est devenu l’un des conférenciers vedette d’Égalité et Réconciliation, autre groupe d’extrême droite piloté par Alain Soral, en fait une obsession.

Quête de sens

Pour Jean-Bruno Renard, sociologue à l’université Montpellier-III, la déstructuration sociale et culturelle des sociétés modernes constitue le terreau de développement des théories du complot. Les causes en sont pour lui le « relativisme cognitif », la « fragmentation en sous-cultures », la dévalorisation des « canaux officiels de communication » (politiques et médias), ou la confusion accrue entre l’image et le réel. Pierre-André Taguieff, dans La Foire aux illuminés (Fayard, 2005), évoque lui la fin des grandes religions politiques ou institutionnelles et la quête de sens qui en découle. « Tout se passe comme si le Complot était en passe de chasser le Progrès comme sens de l’histoire », écrit-il.

Le conspirationnisme, en inventant des causes fantaisistes à des événements bien réels, obscurcit en fait les véritables mécanismes du marché, du capitalisme et de la globalisation, qui, pour révoltants qu’ils soient, sont tout ce qu’il y a de plus logique. Comme si les conspirationnistes ne pouvaient pas admettre que le capitalisme est en soi un système pervers, et qu’ils avaient besoin d’en faire porter la responsabilité à des groupes occultes. Un exemple ? Le groupe Bilderberg. Celui-ci existe réellement. C’est un séminaire qui rassemble une fois par an la crème des classes dirigeantes occidentales pour des conférences et des pourparlers divers. C’est typiquement une institution qui, par sa seule existence, nous en apprend sur le caractère de classe et non démocratique du système capitaliste. Mais sa confidentialité suscite la curiosité. Les conspirationnistes lui attribuent du coup des pouvoirs démesurés et maléfiques. Le sommet de Davos est de même nature : c’est un lieu où un grand patron se doit d’être vu pour prouver qu’il compte ; idem pour un politicien. D’ailleurs, il n’est nullement besoin de Bilderberg ou de Davos pour que les milieux des affaires, politique et médiatique se fréquentent. Les réseaux de sociabilité et de reproduction de la bourgeoisie suffisent amplement. Tout cela ne relève pas du complot, mais d’une connivence de classe établie. Des sociologues l’étudient. Il suffit même de lirePoint de vue pour le constater : capitaines d’industrie, politiciens, aristocrates et stars de la télévision se fréquentent et marient leurs enfants ensemble. Vous voulez un groupe plus influent en France que les francs-maçons et les illuminatis réunis, sans complot ni société secrète ? Ça s’appelle le Medef, l’UMP et le PS…

Un nouveau « socialisme des imbéciles »

Pour l’extrême gauche, le conspirationnisme pose problème, comme l’antisémitisme a posé problème au socialisme du XIXe siècle. L’aversion populaire pour l’image du « banquier juif » avait bénéficié d’une certaine complaisance chez les socialistes et les anarchistes, qui, bien que n’en étant pas dupes, pensaient que l’antisémitisme populaire pouvait alimenter l’anticapitalisme. L’Affaire Dreyfus leur montra qu’il alimentait en fait surtout l’extrême droite. Ils s’en mordirent les doigts et déclarèrent que l’antisémitisme était en fait « le socialisme des imbéciles ». Aujourd’hui, le conspirationnisme est le nouveau « socialisme des imbéciles », qui sous couvert de subversion, simplifie le monde, instille de l’irrationnel dans la pensée, discrédite la critique sociale radicale, et au bout du compte décourage toute action collective – à quoi bon agir en effet puisque « tout est joué d’avance » par les « maîtres occultes » ? Comme les diverses religions et superstitions, le conspirationnisme est un ennemi, et il est temps de le dire.

Emma Klotz


Mieux vaut en rire

Quelques sites web répertorient ces théories, les dissèquent, les démasquent… ou les tournent en dérision. 
- http://www.snopes.com/ 
- http://www.hoaxbuster.com/ 
- http://charlatans.info 
- http://www.traulever.net 
- http://www.conspiracywatch.info

de http://www.alternativelibertaire.org/

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 15:11

Faire tâche d’huile…

À Roanne, début décembre, une camionette Eiffage (constructeur de taules) est partie en fumée.

Quelques jours après, des litres d’huile pour moteur ont été déversées au travers de la seule route qui mène au centre de détention, avant l’heure de la première relève des matons… De l’huile en quantité sur la chaussée doit être nettoyée et bloque la circulation pendant la durée des opérations. On suppose que ceux qui rentraient chez eux n’ont pas pu le faire comme à leur habitude, et que ceux qui se rendaient à leur boulot de merde ont été retardés.

Solidarités avec toutes celles et ceux qui ne se résignent pas.

Ce monde est une prison. Qu’il crève.

Indymedia Nantes, 13 décembre 2012

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:18
(ARF #5 - LP "MORT AU PUNK")

 

 

Il y déjà bien des années, CRASS chantaient « Punk is dead », le punk est mort. Aujourd'hui, on a envie de leur répondre que si ils constataient l'agonie d'un mouvement voué à une récupération certaine, il serait peut être temps qu'il finisse par crever réellement, il serait peut être temps de l'achever, une bonne fois pour toutes. Pour recommencer à avancer, inventer et à proposer de nouvelles aventures excitantes.

Mort au punk !

Que sommes-nous donc devenus ? De l'article du magazine de la Fnac aux multiples références dans les médias, des tournées d'Offspring à Punk Rawk Sound, division d'une grande maison d'édition publiant à chaque caste juvénile son support glacé, de Métal machin spécial Black à Groove Bidule, pour en arriver à Rock sound et ses petits frères, le spécial Punk, le spécial Fille… Tout le monde a son CD promo et chaque groupe peut avoir sa page inepte où se mélangent photos sans intérêts et pseudos interviews forcément creuses. Qu'est ce que tu fais ? Du punk rock ou du hardcore ? un groupe de fille ou tu chantes en anglais ?

 

EXTRAIT D'EPOK

LE "MAGAZINE" "CULTUREL" DE LA FNAC

Choisis ton créneau et exploite le, rentre dans le circuit de la consommation. Le groupe de cave cherche a faire la première partie du groupe HXC à la mode dans sa région, qui lui rêve d'avoir un label et de contempler ses galettes à la Fnac pour pouvoir goûter à ce que vivent ceux qui en font leur bizness, qui eux mêmes cherchent tous à être les Offspring de l'année. Les motivations sont le plaisir et la fête au début, puis il faut rentabiliser l'affaire, faire tourner la baraque et réussir. Réussir quoi ? D'avoir assez de fond pour pouvoir acheter le plus d'espace dans la presse spécialisée, qui permettra de lancer les ventes et d'être crédible face aux distributeurs et à la Fnac. Au fait, le punk il dénonçait quoi ? Non il dénonçait rien du tout, c'est pour le fun ! Désolé, le fun à ce prix là, c'est pas pour nous. Les premiers punks ont créé une réaction face à la sclérose du rock'n'roll, elle aura pas mit vingt ans à le rejoindre. Depuis longtemps le punk fut soumit à des attaques en règle du système, exploitation d'une certaine image (chaos, bitures, bastons et crêtes multicolores) dans des dizaines de films, de publicités, phagocytant ce qu'ils véhiculaient alors (non tous les punks ne sont pas à l'image d'Exploited). Le punk est réduit à un cliché : la crête, la canette de bière et le blouson à clou, toujours dans le fond de l'image pour rendre crédible une scène urbaine. Ou alors souvenez vous des pubs Vogica (« Adapté à vot'look ») Duracel (le punk condamné à écouter de la musique classique) où le punk apparaît tel qu'on veut qu'il apparaisse, grossier, méchant, stupide, s'exprimant avec difficulté et voulant faire peur (à noter une petite évolution, aujourd'hui il ferait plutôt rire -cf pub RTL où on voit une photo d'un punk dans un musé – c'est la caillera de banlieue qui impose dorénavant la terreur). Souvenez vous de « Class 84 », voilà l'image que la société a voulu imposer du punk. Par contre, l'image du punk militant ou artiste, ayant un discours soutenu (comme les tableaux collages de Gee de Crass, les textes et la philosophie de Conflict, l'engagement de Oi Polloi, ou la verve politique de Jello Biafra…) est évidemment occulté. Alors, aussi sûrement que les flics arrivent à noyauter toutes organisations syndicales, ce que représente le punk et l'Anarchie aussi, ça n'appartient plus à ceux qui font le mouvement, il en résulte une assimilation avec des notions de violence, de chaos, de défonce… Pour vendre on est toujours prêt à montrer un punk à clichés, qui devient une icône moderne, un mythe aux multiples interprétations. Alors tous ceux qui veulent exister et représenter une menace pour leur entourage savent qu'il suffit d'endosser le costume, pour eux comme pour le quidam son apparence représentera le message calibré et reconnu qu'il veut faire passer, aussi facilement qu'avant-hier on a construit les skinheads racistes avec les unes de l'Evénement du jeudi, ou hier avec les cailleras pitbullées mises à l'honneur dans tous les médias français… Depuis longtemps beaucoup se battent pour que ceux qui font la scène soient plus conscients, alors que le simple fait de rentrer dans cette scène et de partager les idéaux qui sont les nôtres, devrait être motivé par une conscience latente qui fait que l'on refuse les compromis avec cette société qui n'offre que le point de vue capitaliste. Si le punk n'est pas un étendard « contre » qui permet de développer une philosophie « pour », alors qu'est ce qu'on fout ? Nous, on se sent plus proche de Noam Chomsky que des Casualties, plus proche de ce que raconte Huey Newton que de ce que raconte Wattie…

Mort au punk !

Si l'on ne souhaitait que la mort du punk commercial, du punk de carte postal, du cliché punk qui nous colle au cul, dès que on y est assimilé, ce serait stupide et ce serait refuser de voir certains échecs du mouvement. On peut retrouver dans le livre de Profane Existence (« Making punk a threat again »), un article intitulé « Abolish the white punk » où l'auteur s'interroge sur le profil moyen du punk de base : à savoir un garçon « blanc » d'une vingtaine d'année. Le manque de présence dans les communautés étrangères (le punk est il la musique des « jeunes blancs révoltés » comme le reggae serait la musique des « jeunes noirs révoltés »  comme on peut parfois tristement l'entendre, einh?), le fait que les « filles » doivent encore aujourd'hui prouver leurs capacités par rapport aux « garçons », qu'un groupe composée de filles doit se justifier (de quoi ? D'être des filles, vous savez les gens bizarres qui ont pas de bite) l'homophobie latente toujours présente… Tout ceci représente des échecs, ou plutôt des lacunes. Tout le monde s'échine à copier ce qu'on fait les autres, tellement de monde nous a qualifié de sous-béru et pourquoi pas, mais si on accepte l'influence, elle est quand même un peu limitative (j'ai toujours cru qu'on faisait du sous-ludwig), et combien font du sous-Ramones, du sous-Mötörhead, du sous-Exploited… ? Les groupes tendent, chacun dans leur style, à se ressembler énormément… Alors qu'il ne devraient y avoir que des groupes avec des identités propres et que les styles punkrock, grind, crust, hxc, émo, straight, altérnatif… devraient être détruits, on pourrait peut être s'éclater un peu plus les uns les autres… plutôt que de se morfondre chacun dans sa grotte. Est ce que notre mouvement n'est devenu qu'un catalogue de la musique hardcore où chacun viendrait faire ses courses et se fidéliserait à sa caste comme on préfère Flunch à McDo ? Allez, les crusties chez les crusties et les punkrockeurs chez les punkrockeurs ! Quelle bel exemple et quelle belle illustration des textes de nos chansons…

Mort au punk !

Dans 10 ans, les vieux punx seront aussi pathétiques que les vieux rockeurs qui vont voir Johnny, le punk d'aujourd'hui n'est il pas devenu le rock d'hier, le rock à Papa ? Dans 10 ans, à la place d'Offspring c'est Extreme Noise Terror qui passera en bande d'ambiance à Auchan. Dans dix ans, le punk sera une vieille histoire.

Mort au punk !

Et pour ceux qui penseraient qu'on est parti en croisade pour sauver le punk, ils se trompent, on se sent pas le talent ou l'énergie de le faire. Juste on donne notre avis et vous attendez pas à ce qu'on collabore sans rien dire. On a rien inventé, beaucoup en on déjà parlé et l'on déjà chanté et Crass les premiers il y a maintenant plus de 20 ans ! On pourrait évoquer le groupe graphique Bazooka qui maniait la provocation et le terrorisme artistique… (on a pu voir une interview lors du « spécial destroy » de L'œil du Cyclone) On aurait pu citer les Dead Kennedys (ancienne version bien sûr !) et leur morceau « Chickenshit conformist » (« Bedtime for Democracy » 1986), on aurait encore pu citer le morceau « Rip Off » de Defiance (contre Rancid et Epitaph, sur leur LP « No Future no hope »)… Vous pouvez jeter un œil à une excellente interview croisée entre Boycot et Epitaph dans le Profane Existence #35 (Avril 98)… Je pourrais surtout tirer mon chapeau à Active Minds (surtout leur EP « Dis is getting pathetic », avec entre autres une chanson très critique sur le phénomène Disclône) pour leur démarche et ce qu'elle nous inspire, dans le fond et dans la forme. Car même si notre optimisme anarchiste nous pousse à toujours tout voir en noir, si on a eu envie de faire ce projet et de faire ce zine, c'est grâce à eux et à elles. Aujourd'hui NoFx est au top, demain, lorsque le vent aura tourné et que les kids écouteront autre chose, nous, on sera toujours devant nos amplis et derrière nos ordinateurs. Détruisons ce qui nous enferme et essayons de voir plus loin…

Mort au punk !

Après dix ans de vie commune avec le punk (rock, as fuck…), je m'interroge toujours, au début, c'était une certaine démarche s'affirmant au travers d'un style particulier qui, en rupture totale avec ce que je pouvais connaître, m'a séduit. Chemin faisant, j'ai affiné mes convictions politiques ou artistiques en rencontrant de nombreuses personnes, différentes, qui par l'intermédiaire d'un zine, d'un concert ou d'un groupe m'ont permis de façonner ma propre culture militante et de me diriger vers d'autres gens ou luttes qui ne s'étaient pas forcément intégrés au punk mais que le punk avait souvent intégré (Chiapas, Black Panthers…). Après dix ans, qu'ais-je retenu ? Ou que faut il retenir ? Des crêtes mémorables, des dépouilles fantastiques, des gerbes en concert à se pisser dessus, des looks impossibles, des ambiances hallucinées ? Tout ça fait partie de mes meilleurs souvenirs, d'amitiés ou d'autres mais fondamentalement, tout ceci n'est que folklore et bon temps… C'est déjà beaucoup mais c'est insuffisant. Non, ce que j'ai appris, c'est comment et surtout pourquoi militer. Pourquoi arrêter de manger de la viande, pourquoi faire des disques à prix quasi coûtants, pourquoi et comment faire un groupe punk et surtout comment arriver à vivre dans ce monde hostile, le punk m'a offert des armes pour me défendre. On a choisit la voie d'une certaine ghettoïsation tout en restant ouvert et attentif à tout ce qu'on rencontre. On a pas de réponse globale toute faite à la merde qu'il y a en face de nous, mais on a pas de scrupules et on ne se sent pas coupable, on rejette la tradition judéo-chrétienne et on a pas l' « esprit de clan ». On revendique simplement le droit d'ouvrir notre gueule, on en sait pas forcément plus que tout le monde mais on aime ça. Notre message, il évoluera mais il changera pas, quelques soient les provocations par lesquelles il doit passer ! Et si y'en a que nos provocations choquent, on voudrait rappeler que c'est une de nos armes, comme l'autodérision, et que la provocation doit être assumée, quand on dit « Mort aux punx » on écrit un texte dessus qui essaie d'expliquer sincèrement notre message, après, quand on chantait « Mort aux flics », c'est (paradoxalement) beaucoup moins évident de se justifier concrètement. Une petite anecdote, pour la pochette précédente, j'avais eu une idée : dessiner un camp de concentration avec des flics comme victimes et des punx comme gardiens, le camp devait rappeler totalement ceux des nazis. C'était un grand dessin bien provo que j'ai pas fait. Pourtant se mettre en face de ce qu'une phrase comme « Mort aux flics » entraîne est peut être pas inutile… pour se rendre bien compte de ce qu'on dit. Méfions nous des idées simples et des slogans… A ce propos, le slogan « Mort au punk »… Doit il être pris au même niveau que « Mort aux flics » ? Je pense que si vous nous avez lu jusqu'ici vous avez saisi not'propos… et pour ceux ou celles qui penseraient réellement qu'on souhaite la mort violente de tou(te)s les punx du monde, le soir, quand vous vous endormirez veillez à ce qu'un croque mitaine cagoulé ne cherche pas à vous égorger !

Mort au punk !

Pensez à un groupe comme Rage against the machine, pur produit commercial, mais avec un discours contestataire militant, qu'on ne peut pas remettre en cause… Avez vous vu Zach prendre la parole aux conférences de soutien pour Mumia Abu Jamal ? Le vieux mythe du « changement de l'intérieur » : se révolter ou pratiquer la contestation dans le système, au sein de celui ci n'aboutit qu'a une seule chose : l'assimilation de l'idée même de « révolte » par le système. Celui ci préfère créer son propre ennemi, ses propres épouvantails pour pouvoir fédérer, assimiler, contrôler et donc diriger (j'ai dit « digérer » ?) ses ennemis, leur faire bénéficier d'un statut social preuve que le Révolté ne représente plus une menace contre le système mais une excroissance monstrueuse de celui ci. Ainsi ceux qui seraient tenté de vouloir remettre en cause seraient happé par une contestation elle même créée pour canaliser et faire vivre un semblant de révolte, soupape de sécurité, fusible du système qui lui permet de contrôler les séditieux. Dans « 1984 » d'Orwell on voit bien commnt Big Brother créé lui même un réseau de résistance pour que personne n'échappe à son contrôle, même ceux qui le fuit. Le système se croit omnipotent, il croit que rien n'existe à part lui, qu'en dehors de lui point de salut… Le fait alors d'exister en dehors du système, l'existence même de cette possibilité représente la plus sûre des menaces, la preuve que sa prétendue omnipotence n'est qu'un mythe. Les Révoltés de tous bords n'ont qu'une mission, être incontrôlables, non assimilables. La philosophie punk ne devrait pas oublier les buts qu'elle s'est créée, car aujourd'hui elle tend sérieusement vers la bouffonnerie pure. De son héritage situationniste, le punk a oublié la notion de « refus total »…

Mort au punk…

Le système créé ses étiquettes pour tout assimiler comme un monstre énorme qui engloutirait tout sur son passage, refuser les étiquettes doit donc être prit comme une action révolutionnaire, critiquer ce que nous ne remettons jamais en question doit être prit aussi comme une action révolutionnaire, pas comme un blasphème, le punk rock n'est pas une religion.

Mort au punk, mort au système.

Pekatralatak - 2001

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:01

PEKATRALATAK

Vous pouvez nous faire un point sur la formation actuelle et les prods du groupe ?

MELVIN : ben la formation actuelle du groupe s'est resserrée autour de Yanik et oim. On est plus que deux, depuis que Oui oui a arrêté la basse. Il continue à nous suivre et on a des projets communs, mais il sera plus sur scène. Au niveau des productions, le split LP avec Urban Blight "Mort au punk" est toujours dispo… Une nouvelle production vient juste d'arriver, il s'agit d'un split EP picture disc avec les grindcoreux tout foufous de Tekken. C'est Weewee et Vendetta qui sortent ça. Et pi sinon y'aura d'autres trucs mais pour l'instant ça sert à rien d'en parler...

Vous avez été qualifiés pas mal d'extrémistes ? Qu'est ce que vous en pensez ? Votre état d'esprit a-t-il changé depuis vos débuts ?

YANIK : Faire des concerts de soutien est-ce que c'est extrémiste, vouloir que le punk redevienne une menace et ne soit plus un produit de consommation courante, penser que libération animale et lutte d'émancipation humaine sont deux choses liées (on ne peut pas être pour le respect de la dignité humaine et dans le même temps accepter de voir des animaux battus ou massacrés pour le plaisir du jeu ou de la bouffe), penser que le changement ne se fera jamais dans les urnes mais par des actions concrètes légales ou illégales (tout dépend du crédit que l'on accorde aux lois votées et appliquées par un état aux service du patronat et du sécuritaire à tout prix). Tout ça est-ce que c'est extrémiste ? il y a beaucoup d'autres exemples, je pense que sans débat et sans autocritique le mouvement punk ne peut pas avancer. L'état d'esprit n'a pas vraiment changé, juste on ne fait plus les choses de la même manière. En plus être deux ou trois nous permet de se déplacer plus facilement que lorsque nous étions 6 ou 7.

MELVIN : Extrémistes ? Il faudrait arrêter une bonne fois pour toute de dire qu'on est un groupe surpolitisé et blablabli et blablabla ! Lisez nos textes, et après vous comparez avec Crass, Conflict, Fœtus Party, Kochise, Phase Terminale et après dites nous en quoi on est extrémistes… Les positions et les choses qu'on a défendues n'ont rien d'extrémistes ! On donne notre avis et oui on est solidaire de la lutte basque, extrémiste ? et oui on est végétarien, extrémiste ? et oui on est contre la commercialisation du punk, extrémiste ? Beaucoup de gens pensent que Combat Rock c'est de la merde, pourtant ça ne le fait pas de le dire, hypocrisie généralisée dans la scène qui veut que ce que tu racontes devant le comptoir avec une bière est acceptable, mais ça devient extrémiste quand tu as l'honnêteté de dire ce que tu penses dans ton zine, surtout si c'est pas consensuel ! Beaucoup de gens chient sur Rock Sound, pourtant j'en ai vu tellement dans leurs pages… bande d'hypocrites ! Beaucoup de gens sont contre le capitalisme mais gèrent leur groupe comme une micro entreprise et certaines impriment même des tee-shirt anarchistes parce qu'ils savent qu'il y aura toujours des couillons pour acheter ce genre de merde à 20 euros ! Extrémiste de faire un dessin « mort aux punks qui mangent de l'E472 » ? Vous pensez qu'on est une secte mormon, ou savez vous ce qu'est le second degré ? L'humour ? « Punkrocker de merde » ça nous a foutu un beau paquet d'embrouilles, ah ça ! Pour chier sur la société qu'est pas cool, pour niquer tous ces « enculés de flics », pour foutre au feu tous ces « enculés de nazis » ou pour détruire tous ces « enculés d'homophobes » là, y'a du monde ! Mais alors pour critiquer notre propre mouvement, ils sont où ? Les punks veulent détruire la société et y mettre l'anarchie à la place alors que la plupart sont même pas capables de se tenir en concert ! Regardez le notre mouvement, et dites moi où vous la voyez la crédibilité ? Qu'est ce qui empêche les gens qui sont en dehors du mouvement punk de prendre notre belle scène pour un ramassis d'abrutis ? Vous avez pas honte quand vous voyez à quoi ça ressemble les concerts punks ? Sérieusement ? Vous croyez qu'on ira loin comme ça ? Le punk en fait ce serait pas juste un défouloir pour quelques années, entre le moment où on est encore chez papa maman et le moment où on trouve un appart et qu'on va trimer?

Vous pouvez nous parler de votre grande tournée dans les pays de l'est ? Vous seriez prets à repartir à l'aventure ? Si oui, où ?

YANIK : On est parti deux mois dans une dizaine de pays de l'est avec une priorité pour l'ex-Yougoslavie. Nous voulions rester un maximum de temps en Croatie, en Bosnie, en Serbie et au Monténégro. On y a rencontré des gens vraiment excellents qui essaient, malgré toutes les difficultés, d'organiser des trucs (manifs, concerts, no border camp, food not bomb...), ils ont l'énergie qui manque de plus en plus en France. En Serbie nous avons rencontré des gens qui nous ont expliqué leur situation que l'on peut résumer ainsi : la Serbie est une énorme prison, personne ne peut sortir du pays sans un dossier énorme et même lorsque tout est complet, l'Europe ne donne pas systématiquement un visa (putain d'espace schengen). Bien sûr que l'on veut y retourner soutenir nos amis serbes, croates, bosniaques, roumains... On a encore pleins de choses à apprendre de peuples qui, après plusieurs années de dictature communiste, ne veulent pas d'un empire libéral européen (un vieux rêve d'Hitler, je crois ! )

MELVIN : Ben, on a fait trois tournées là bas, de l'ex-Yougoslavie jusqu'en Pologne en passant par la Roumanie , la Slovakie , la Tchekie et la Bulgarie. Que dire si ce n'est que les conditions sont délicates, pas faciles et que c'est pour ça qu'on se doit de les soutenir. Quand on sait combien de groupes d'Europe de l'Ouest vont jouer là bas (je parle des pays tout niqués comme la Roumanie , la Macédoine par exemple) on est écoeuré ! On parle d'une soit disante solidarité et pi on se rend bien compte que la scène punk marche comme tout ce qu'on peut critiquer… Pour nous c'est un devoir d'aller soutenir ces gens là, c'est beaucoup plus important que d'aller se faire plaisir à tourner en Allemagne ! Comme Yanik disait, nos potes serbes peuvent pas sortir de leur pays, si nous, les groupes punks, on va pas là bas les soutenir, pour eux pas moyen de voir des groupes, de rencontrer d'autres gens. Si on est des punks et pas des souris c'est ces gens là qu'il faut soutenir en priorité ! Même si les conditions, les routes, les concerts sont parfois un peu durs, qu'il y a pas forcément grand monde, qu'on rencontre pas obligatoirement un gratin punk au courant des dernières tendances, même si c'est défrayé avec pas grand-chose, quand y'a défraiement… On est punk ou pas ? On cherche quoi, on le fait pour quoi ?

Ca peut paraitre con comme question, mais qu'est ce qui vous motive à faire de l'anarcho-punk ?

YANIK : Pourquoi faire de l'anarcho-punk ? bonne question. Peut-être parce que c'est plus difficile, peut-être parce qu'en tout temps les minorités ont plus fait bougé les choses, parce que c'est ridicule d'imaginer que l'on peut changer le système de l'intérieur, le DIY est la seule alternative au business de la musique, la musique je ne peux l'imaginer que politique, j'aime le punk pour l'énergie qu'il dégage et en plus on m'a toujours dit que les punks c'étaient des anarchistes, alors je fais de l'anarcho-punk.

MELVIN : Ben qu'est ce qui te motive à garder ton cerveau ? Personnellement je suis arrivé au punk par l'anarchisme. Je veux dire que je me sentais anarchiste, jeune je lisais des bouquins anars, sans savoir qu'il y avait une F.A. ou des groupes punx qui chantaient dans le même sens… Quand j'ai entendu les Bérus (eh oui, comme tout le monde) j'ai été très surpris, j'ai découvert qu'il y avait des groupes qui utilisaient la musique pour véhiculer des idées !

Et bien c'est pareil pour nous d'une certaine manière, je n'ai rien à dire sur la musique, je n'y connais pas grand chose en rock'n'roll, j'utilise juste ce medium comme j'utilise le dessin ou l'écriture. On pense que le punk est un outil très intéressant pour découvrir d'autres gens qui vivent d'autres choses, brasser tout ça, et au final espérer être moins con. C'est comme ça que le punk fonctionne pour nous, on a choisi ce mouvement parce que c'est la continuité du mouvement hippie de la fin des sixties (eh oui, ouvrez vos livres d'histoire), c'est un des enfants du situationnisme, c'est un des héritiers du mouvement dada, pour tout ça, pour toute cette philosophie, nous nous sentons rattachés au punk…

On nous reproche souvent de prêcher à des convaincus, si c'était vrai on aurait moins d'embrouilles mais quant bien même… Ce qui m'intéresse c'est d'aider à construire une réelle scène « alternative », dans le sens premier du mot. Développer un espace dans lequel les gens qui veulent sortir du système puisse venir, et puis qu'on puisse montrer aux gens d'en face que c'est POSSIBLE. Montrer que vivre, vivre nos vies, appliquer nos textes, mener à bien nos projets, nos passions c'est pas de l'utopie. Travailler dans un taf de merde pour militer tous les soirs pour améliorer la société et essayer de reformer nos institutions, très peu pour moi. Je veux pas qu'on se goure sur ce que je dis, je m'oppose pas à ces gens là, c'est juste que moi, ma vie, je la prend en main maintenant, j'attend pas. Attendre le grand soir, attendre le paradis, attendre l'avènement du furher, attendre la retraite, tous les gens attendent quelque chose, moi j'attend que ma pizza soit cuite et c'est tout. On construit pour le vivre maintenant. On apprend les recettes de cuisine pour se faire à manger en suivant ! Alors dans ce contexte l'anarchopunk c'est un mode de vie. Donc on en fait pas plus de prosélytisme que ça, on vit entre nous, et on prépare le terrain pour ceux et celles qui veulent nous rejoindre.

Etes vous engagés dans d'autres actions que la musique , dans la vie de tous les jours ? Quel est votre rapport avec la politique ?

YANIK : J'ai milité un peu avec les demos, un groupe d'actions directes non-violentes qui prône la désobéissance civile, mais j'ai arrêté car le truc est noyauté par un parti politique abertzale (abertzaleen batasuna), qui, selon moi, utilise les demos dans un but uniquement électoral, bien sûr qu'ils sont sincères dans les actions (bilinguisme dans les lieux publiques, création d'une université en langue basque...), le problème est que ceux qui vont en garde à vue ne sont pas forcément ceux qui ont décidé des actions. Au niveau de la politique c'est un truc qui m'intéresse car depuis que les classes populaires ont délaissés la politique pour les matchs de foot, les gouvernements de droite comme de gauche ont pillés les acquis sociaux, détruits les lieux de concerts, imposés des arrêtes anti-mendicité, imposés des maximas sonores qui font que bientôt il sera plus agréable d'écouter de la musique chez soi plutôt que dans des bars, des salles à petit prix, voire prix libre. Depuis 20 ans, les gouvernements ont imposés des peurs (peur du chômage, peur des immigrés, peur de la prison, peur de son voisin parce qu'il rentre pas à une heure a laquelle les hônnêtes citoyens sont au lit... C'est parce que le peuple a abandonné la politique, que la politique a abandonné le peuple. Et qu'on me parle pas de sursaut après le 21 avril, c'est juste la bête blessée à mort qui pousse ses derniers cris.

MELVIN : Ben je suis super engagé quoi, je pose des bombes pour l'ETA, je plastique des boucheries, je m'introduit en douce la nuit à la Fnac pour rayer les disques combat rock, je pars en vacance en Colombie dans les camps d'été des Farcs, je cuisine du tofu toute la journée, jamais je ne manque une émission d'Arlette Chabot, je suis attentivement les débats entre Apatride-Vendetta contre Barricata-BFM, je milite dans divers Black Blocs de province, je suis pote avec Greg Future Noir, je participe à des forums punks sur le net (ah non ça c'est trop hardcore !)… Bref comme beaucoup de gens commencent à le savoir je suis un extrémiste qui déteste les punks habillés en punk, les punk non politisés, les politisés non punks, les non politisés habillés en rien… En fait, j'ai de plus en plus honte de répondre aux interviews parce que ce que je fais ne regarde que moi et mes proches. Je suis juste dans un groupe, au milieu de milliers d'autres, on raconte quelque chose, y'a du fond (sérieux) et de la forme (pas toujours sérieuse, c'est une démarche artistique)… Et non on ne distribue pas de mode d'emploi, ceux et celles qui captent rien, tant pi, qu'ils repartent à la case départ ! C'est pas parce qu'on dit que manger de la viande c'est pas bien, que la politique centrafricaine française est responsable de génocide ou que je verrai bien Avril Lavigne chez Dialektik qu'on est forcément des militants acharnés. Comme je disais dans la réponse au dessus, notre principal combat c'est de vivre au quotidien au plus près de nos idées pour prouver que c'est possible et parce que chanter la révolution c'est bien, mais ça sert à rien si tu sais pas cuisiner un choux !

Que pensez vous des groupes engagés politiquement, rattachés à un parti ?

YANIK : A part jean Ferrat qui était proche du P.C.F., je ne connais pas de groupes rattachés à un parti. Nous avons joué deux fois à la fête de l'huma, mais je pense pas que ça fasse de nous des encartés P.C.

MELVIN : Et Yanik t'oublis aussi qu'on a joué 2 fois pour la CNT alors qu'on rejette la notion de travail, une fois pour la F.A. alors qu'on aime pas Leo Ferré et qu'on est végétarien (il faut le faire), plusieurs fois pour No Pasaran alors qu'on est nationalistes basques (pouf pouf)…

Les groupes engagés politiquement ça veut pas dire grand-chose, tu parles de trucs comme la Brigada et la CNT , Zebda et Motivés, Legion 88 et le PNFE, les Bérus et SOS Racisme (ih ih ih)… Personne ne sait trop ce que ça veut dire « engagés politiquement », certains groupes braillent des slogans antifas à tour de bras et sont loin d'avoir une démarche ou un discours intéressants ! D'autres chantent les petites fleurs mais dans la façon qu'ils ont de le faire, ça a un sens, ça veut dire quelque chose… C'est toute la différence qu'il y a entre Independance Day et Starship Troopers ! Personnellement je me retrouve dans les œuvres (disques, films, livres) qui utilisent la fiction pour raconter une histoire et qui développent une réflection politique par la façon qu'ils ont eu de nous la raconter. Plongez vous dans les textes de Crass par exemple, c'est loin d'être des textes à la Conflict ou à la Sin Dios … Pourtant leur démarche est bien plus intéressante (même si je respecte totalement l'engagement de Sin Dios faut pas déconner einh ?!)

Vous parlez très souvent de l'APF (fédération anarcho punk), est ce que vous pourriez nous présenter un peu la chose, et ce qui vous plait la dedans...

MELVIN : La fédération anarchopunk est une tentative de se structurer pour pouvoir agir plus efficacement. Un fanzine se fait, difficilement mais il se fait (Contre culture) et quelques projets sont à l'étude. Il s'agit juste d'établir un réseau d'orgas et de personnes, il n'y a pas vraiment de ligne claire juste la volonté de ne pas rester seulE dans son coin... Par rapport à d'autres pays, on est vraiment à la ramasse... Défauts structurels ? Manque de moyens ? de personnes ? C'est un peu tout ça à la fois... Ne nous leurons pas, la démarche anticapitaliste qui doit déboucher sur le DIY, le refus du punk commercial qui doit nous pousser à l'autocritique de notre propre mouvement, de nos propres pratiques ne sont pas des idées vraiment fédératrices. La sape, la bière, la musique sont des sujets beaucoup plus dans l'air du temps...!

Les groupes que vous écoutez au quotidien ?

YANIK : Ben, assez régulièrement j'écoute les Bérus, Dezerter, les Frères misère...

MELVIN : Euh… Citons pour ses derniers temps en vrac Biala Goraczka (un excellent groupe polonais que je vous invite à dénicher chez maloka d'ici quelques temps) Behind enemy lines, et sinon je me lasserai jamais de Boney M, Lucrate Milk, Aus Rotten… J'attends de choper le dernier Fœtus Party aussi ! A part ça j'écoute en ce moment pas mal de BO de films genre Zombi 2 (Frizzi), Nosferatu et Aguirre (Popol Vuh) et puis Yanik et moi passons quand même le plus clair de notre temps à écouter Gilles Servat ou France Intox.

Musicalement, depuis quelques temps, vous faites des compos assez grind. Comment expliquez vous cette évolution ? Que pensez vous de cette scène pas toujours connue du public punk ?

MELVIN : Assez "grind" ?! Euh... faut quand même rester serieux ! C'est pas passke on a une reprise de Tekken et que ça braille un peu plus qu'il y a 5 ou 6 ans qu'on a quelque chose à voir avec le grind voyons ! Nos morceaux font entre 45 secondes et 3 minutes, on ne met que 3 morceaux sur une face de EP... C'est pas très grindcore ça ! J'ai même arrêté d'acheter des disques d'Agathocles et Yanik c'est pas le garçon le plus "grind" que j'ai rencontré (d'ailleurs quand je l'ai rencontré la chanson la plus grind qu'il avait du écouter ça devait être "Vengeur masqué" des LV88 ih ih ih) Non non non, on a rien à voir avec le grind... Après je pense que ça commence à être de plus en plus connu. Je me souviens y'a une bonne dizaine d'années les concerts crust/grind étaient séparés des concerts de punkrock... Aujourd'hui tu peux trouver facilement des concerts mixtes, les oreilles des rockers punks se sont peu à peu habituées aux groupes de grind et à tous les styles approchants (power violence, fastcore, crust...) Après ce que j'en pense c'est qu'à la base la poignée de groupes qui ont défendus ce style étaient de très bons groupes véhiculant des idées très intéressantes (Napalm Death, Electrohippies, Carcass et leur discours sur le végétarisme, Sore Throat contre le business dans le métal...) Je parle de cette fournée qui s'ébrouait dans le metal (provenant souvant des débuts d'Earache avant que ceux ci ne partent en vrille consumériste). Depuis ça a changé, le grind n'est plus la musique extrème qu'elle était avant... Ca a perdu de sa signification, il ne reste qu'une enveloppe vide dans laquelle on peut y mettre ce qu'on veut, comme le punk, le hardcore (tous ces styles qui ne veulent plus dire grand chose en soi) J'suis pas très clair, non ? ben tant pi... Et si vous voulez vous intéresser à ce style particulier, je ne peux que vous conseiller de vous procurer le dernier split EP de Tekken dispo chez Vendetta !

Une vidéo du groupe est en préparation. Vous pouvez nous expliquer son contenu, et comment vous est venue l'idée de faire ce projet ? Elle sera dispo quand ?

MELVIN : Alors cette video sera un peu plus que juste une video sur le groupe avec des lives pourris et des clips miteux (ou mytho)… Ca sera en fait une splitvideo entre les Pekatres et mon zine. Mais je peux pas trop expliquer son contenu pour l'instant, vous verrez. Tout ce que je peux dire, pour revenir un peu sur ta question 3, c'est qu'on a une quinzaine d'heures de rush de notre tournée dans l'Est de l'an dernier et une dizaine de cette année avec quelques interview. On y retrouvera aussi Crass (documentaire d'une heure), des clips de groupes divers et variés mais avec ki on est copain-copain, des interviews et bien plus mais chhhuuuut.

L'idée est là depuis des années mais j'ai mis très longtemps à rassembler le matériel nécessaire à la production de ce genre de projet (bécane, caméra, scanner) à cause d'un manque flagrant de moyens financiers. Ca sera dispo main à la main en DVD, et téléchargeable sur le net… Pour j'espère Janvier 2005 si je bosse bien (c'est-à-dire que ceux et celles qui nous connaissent rectifient déjà d'eux-mêmes cette date à Mars 2008 !)

Melvin tu fais beaucoup d'illustrations pour les prods du groupe, tu as dejà fait des fanzines, BD, etc... ?

MELVIN : J'ai fait une split BD en 1994 qui s'appelait « Pulsions Terroristes », ensuite un fanzine qui s'appelait « Bouh dans ta face », trois numéros entre 94 et 96… Quelques collaborations avec divers projets collectifs comme les zines Boum dans ton G'nou (organe de combat de la Fraction Art Mais Rouge) Coma Lucide, My Way et bien d'autres. Je réfléchis à une extension de notre site où l'on pourra trouver un peu tout ce que j'ai fait ces 10 dernières années. Ca se fera mais pas encore tout de suite. Avant il faut que je finisse le site des Pekatres, c'est la priorité.

Quels sont vos autres projets pour le futur ?

MELVIN : Tourner, aller dans des pays qu'on connaît pas, aller jouer à Moscou, faire venir nos amiEs, retourner chez eux/elles… Aller en Amérique du Sud et apprendre l'espagnol… Aller au Japon et apprendre à faire des sushis (non je rigole ! enfin quand même on devrait pas trop rigoler avec ça ! Koike, une interview sans questions sur la viande et l'ETA moi je sais plus quoi raconter !) Et pi sinon sortir d'autres disques… enfin arriver à en faire un avec les vieux potos de Phase Terminale… Continuer ce qu'on fait en fait. Nos projets immédiat c'est déjà de finir ce sur quoi on est en train de taffer!

Mot de la fin , un truc que vous voudriez rajouter ?

YANIK : Bonne chance à joelle aubron mais la lutte continue pour les autres

MELVIN : Passez nous voir sur notre site ou écrivez nous avec du vrai papier vous aurez des vrais réponses ! Merci à toi c'est cool de t'intéresser à ce qu'on fait…

 

 


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Published by coutoentrelesdents
16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 13:13

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Published by coutoentrelesdents - dans IMAGES
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 18:55
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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:35

Voilà, l'album tournait version cd dans les squats et il était vendu prix libre pour renflouer des caisses de soutien aux prisonniers. Enedeka Maska le propose aujourd'hui en libre télèchargement pour donner du courage et de la rage à tout les révoltéEs! 

cliquez l'image, et n'hésitez pas à aller voir sur http://enedeka.e-monsite.com/blog.html

x.jpg

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES
14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:17
http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0316.jpg

« Tu peux détruire toute la ville on s’en fiche parce qu’on va la reconstruire » – VOIR LA VIDÉO

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0418.jpg

#Zabadani (Damas) : URGENT – Défection massive de plusieurs bataillons (numéros 13, 14, 18 et 69) de l’armée régulière. Ceux-ci rejoignent directement l’ASL en faisant allégeance au nouveau conseil militaire suprême. – VOIR LA VIDÉO

Publié sur Facebook par l’association Pour une Syrie libre

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:06

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Published by coutoentrelesdents - dans MUSIQUES

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