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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 11:58
QUAND LE MILITANTISME FAIT LE CHOIX DES ARMES : LES FEMMES D’ACTION DIRECTE ET LES MÉDIAS

Ce texte se penche sur les représentations des femmes ayant commis des actes politiques violents en France au cours de la décennie 80, à travers le cas du groupe Action directe (1979-1987). Dans une perspective d’analyse du discours médiatique, il s’agit d’interroger la réception de l’engagement et de la violence politiques de ces femmes, en soulignant les résistances à l’oeuvre, à travers un double processus de relativisation et de stigmatisation. Interrogé sous l’angle du genre, cet engagement dans la lutte armée s’inscrit à rebours des stéréotypes sexués et contribue à la mise en lumière des dynamiques de régulation mobilisées pour répondre à la crainte du désordre et de l’anormalité.

Publié à l’origine en mai 2009 sur le site de la revue internationale Sens public.

 
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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:56

L’organisation qui vient !

Ecrit par le Comité Inaudible – Agent rigolo du Syndicat Réel
Sous quelque angle qu’on le prenne, l’idéalisme est sans issue.
Chez tous ceux qui ne veulent qu’espérer, il entretient cette illusion que leurs idées et désirs particuliers occupent une centralité déterminante dans la transformation sociale.
Ceux qui prétendent détenir des solutions n’en finissent plus de s’aveugler sur le démenti cuisant que leur offre l’image du pourrissement groupusculaire qui résume, à peu près à lui seul, l’histoire du gauchisme.
La seule « culture militante » qui se transmet encore est celle des diverses scissions qui ont traversés l’histoire de tel ou tel courant, entrecoupés de divers action d’éclat mythifié de tel ou tel leader charismatique qu’on évoque avec respect et nostalgie.
C’est une chose simple mais pourtant inaudible que les idées ont toujours été, historiquement, un facteur de division, et les luttes réelles les seules révélatrices efficaces des penchants et des aspirations réels de chacun.
« Groupusculaire sera le genre humain » est l’imbécilité d’un militantisme idéaliste qui en est arrivé, sous des airs d’apparente « rénovation », à faire du surplace depuis presque plus d’un siècle.
L’illusion de l’innovation n’en finit pas de se recycler.
Des anarchistes aux léninistes, c’est toujours le même sectarisme qui prend des poses de cadors ou des airs de vierges, les mêmes gourous qui ne font qu’échanger des étiquettes pour mieux camper sur leurs positions et s’agripper à leurs petits leaderships miteux.
Ceux qui font encore dans le commerce juteux de la théorie radicale donnent l’impression de n’avoir plus d’autre intention que de continuer, ad vitam eternam, de se branler dans leurs écrits, qu’ils se tendent comme des miroirs complaisants.
On commence pourtant à se rendre compte un peu partout qu’il serait grand temps d’arrêter de se branler.
Rien de ce qui se présente n’est, de loin, à la hauteur de la situation.
Dans son absence de représentation même, le prolétariat reste encore une réalité plus tangible que toutes les élucubrations des guignols qui se chamaillent pour annoncer sa disparition.
Rien ne manque au triomphe de la bourgeoisie. Ni la karchërisation médiatique de toute représentation du prolétariat par le monopole de l’apparence qu’elle s’octroie.
Ni la spectacularisation outrancière et forcenée du nihilisme frustrée d’une « classe-moyenne » imbécile et désœuvrée, dont la mauvaise conscience de classe squat le box-office de la contestation admise depuis déjà trop longtemps.
La misère de la critique bourgeoise n’en finit plus de croître, elle est même déjà partout.
Mais elle peut encore se propager d’avantage.
Devant l’évidence de leur embourgeoisement, il y a ceux qui s’aveuglent et ceux qui assument, ceux qui cherchent la théorie adéquate pour leur servir d’alibi et ceux qui transforment leur pratique, ceux qui pondent une énième revue d’ultra-gauche chiante à mourir et ceux qui s’organisent.
Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent.
CECI EST UN APPEL !
C’est-à-dire qu’il s’adresse à tous. Nous devrons prendre la peine de démontrer, d’argumenter, de convaincre. Nous irons à l’évidence parce que, pour le prolétariat, l’urgence d’une transformation sociale est une évidence sensible qu’il tire de sa situation d’exploitation économique et de soumission politique.
Mais ce qui frappe pour l’heure, ce ne sont pas les arrogances de la bourgeoisie, c’est plutôt la faiblesse de la contre-attaque.
Comme une colossale paralysie. Une paralysie de masse du prolétariat qui se laisse tantôt convaincre qu’il n’existe plus, tantôt qui se laisse dire « quoi faire » et « comment le faire ».
Dans la dernière décennie nous avons vu le léninisme et l’anarchisme reprendre le monologue ennuyeux de leur arrogance sectaires dans des bouches encore lycéennes.
Il n’a pas fallu cinq ans aux flics, aux bourgeois, aux diverses petits-chefs et à la drogue pour avoir raison du bref « mouvement autonome » qu’on jurait avoir vu réapparaître après le « mouvement anti- CPE ».
A l’heure qu’il est, du Front de gauche à l’ultra-gauche-au-front-dégarni, la bourgeoisie et sa fausse critique décrivent le même horizon absent. La même perspective d’imposer sa vision de classe et de gérer la contestation.
Ceux qui s’opposent aux partis politiques formels ne sont en définitive qu’un autre parti politique, informel ou « imaginaire », où ce sont encore et toujours les fractions intellectuelles contestatrices de la petite-bourgeoisie défroquée qui tiennent les bureaucraties, fussent elles « invisibles ».
Partout c‘est la même vieille idée du « parti », les mêmes jeux de pouvoirs, les mêmes vieilles âneries affinitaires, les mêmes chantages affectifs et les mêmes histoires de cul.
C’est à force de voir la bourgeoisie comme un sujet qui nous fait face, au lieu de l’éprouver comme un rapport social qui nous tient, que l’on reproduit les classes dans la lutte de classe. Que l’on reproduit, sous couvert d’alternative, un entre-soi de jeunes blancs intellos de la petite-bourgeoisie. Et qu’on se borne à y vivre une petite expérience romantico-affinitaire post- estudiantine avant d’aller se reclasser.
S’organiser cela veut dire : partir de sa situation, et non la récuser. Y tisser les solidarités nécessaires, matérielles, politiques qui ne se résument pas à de l’affinitaire, à une réduction binaire « je t’aime / je t’aime pas ».
C’est ce que fait n’importe quelle grève. C’est ce que fait n’importe quel collectif ! N’importe quel syndicat de métier ou union locale.
Lorsqu’ils nous voient nous désintéresser des pénibles théories radicales universitaires — spectacle, biopouvoir, empire, « zone d’autonomie temporaire » et autres élucubrations — les intellectuels bourgeois nous regardent d’un œil hautain. « Les pauvres, semblent ils dire, ils ressassent toujours les mêmes choses, ils se ferment à tout élargissement théorique. Ils sont archaïques ».
Mais nous croyons exactement le contraire : ce sont eux qui répètent toujours les mêmes choses, en parlant le langage de la fausse nouveauté, dont l’innovation apparente ne réside que dans le choix du vocabulaire ampoulé qu’ils s’acharnent à élaborer pour décrire une situation à laquelle ils sont étrangers.
Personne n’est dupe du mépris voilé avec lequel ils parlent de la « disparition des classes » sans jamais se mettre en jeu.
Leur volonté de dépasser la « vieille lutte de classe » n’est qu’une façon de rester entre- eux et de fuir ceux qui sont déjà là et avec qui, par-dessus tout, ils redouteraient de vivre.
Et finalement ce sont eux qui répugnent à admettre la signification politique de la lutte de classe, qui se servent de leurs privilèges et de leur capital culturel pour cacher la misère de leur expérience sensible, la vacuité de leur vécu absent, évaporé dans l’ennui feutré de leur confort bourgeois ; pour cacher cette indigence derrière de pitoyables effets de styles romantiques et une phraséologie guerrière qui ne trompe personne.
NOUS AVONS CONNU, nous connaissons encore, la tentation du romantisme.
Les groupes affinitaires, les petites émeutes, les road- trip, les squats de potes qui ne servent à rien d’autre qu’à organiser des concerts pour des caisses de soutiens, les manifs sauvages, les textes de charabias qu’on se fait circuler entre nous ; la succession de tout cela.
Courir partout en quête d’intensité.
N’éprouver au coup par coup sa puissance qu’au prix de retourner à chaque fois à une impuissance de fond. Payer chaque campagne au prix fort. La laisser consommer toute l’énergie dont nous disposons. Puis aborder la suivante, chaque fois plus essoufflés, plus épuisés, plus désolés.
Et peu à peu, à force de sectarisme, de marginalisation et d’élucubrations théoriques, devenir incapables de simplement percevoir ce qui est pourtant supposé être à l’origine de notre engagement.
Le romantisme révolutionnaire, l’organisation affinitaire et partisane, est notre premier réflexe de classe. La réponse conforme à notre situation matérielle et sa forme de conscience. Se regrouper sur des bases d’idées et d’affinités communes, donc au final de classe sociale, est ce à quoi nous a habitué le système capitaliste.
L’idéaliste se regroupe contre la société de classe. Mais il ne fait que la prolonger. Son autoritarisme et son dogmatisme hautain viennent vite faire fuir le peu de prolétaires qui s’y étaient un instant trompés.
L’idéaliste veut être au centre de tout. Partout, il apporte sa grille de lecture, l’optimisme de ses certitudes apprises.
Incontestablement, l’idéaliste se démène. Mais jamais il ne se donne les moyens de faire ce qu’il pense. Comment faire pour dépasser concrètement son impuissance, pour commencer à établir sans attendre une contre-société communiste.
Rien de ce qui se propose dans l’inflation illimitée des idéologies philosophico- politiques n’est à même de nous mener au delà du désastre.
Aussi bien nous commençons par nous déclarer autonomes vis-à-vis d’elles.
Nous ne théorisons rien, nous nous constituons en force matérielle autonome au sein de la lutte de classe.
Nous situons le point de renversement, la sortie du désert, la fin du Capitalisme dans l’intensité des liens de solidarité et de lutte que nous serons capables de développer entre prolétaires.
Contre les tenants du libéralisme, nous refusons d’envisager nos problèmes comme une addition de problèmes individuels.
Au contraire, nous partons de la certitude que ces problèmes sont en lien avec une construction du monde, et que leur dépassement viendra d’une mise en commun de moyens effectifs de construire une contre- société.
A toute préoccupation idéologique, à tout souci de pureté théorique, nous substituons l’élaboration collective d’une stratégie.
N’est mauvais que ce qui nuit à l’accroissement de notre puissance.
La perspective de former un collectif ne nous effraie pas ; celle de passer pour un syndicat nous réjouit plutôt.
Signé :
La B.I.C.R.A.V.E :
Branche Internationale du Communisme Réel et de l’Autonomie Véritablement Emancipatrice

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:03

 

Témoignage d’un policier des Renseignements généraux infiltrés dans les groupes autonomes de la région parisienne dans les années 1970.

MERCI:http://goubligoubla.wordpress.com/

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:37

[Le Cri Du Dodo vous propose plusieurs lectures critiques du marxisme.
Nous voudrions revenir à ce propos sur une ambigüité : c'est précisément parce que nous sommes anarchistes ET communistes que nous voyons comme urgente la critique des marxistes (et de tout les autoritaires) et de leurs idéologies (léninisme, stalinisme, maoisme, guévarisme, etc...) qui en s'appropriant le terme de "communisme" l'ont galvodé plus terriblement que toutes les critiques qui ont pu lui être adressées. Par ce type de contributions, nous nous démarquons absolument de tout ceux ou celles qui continuent d'entretenir le mythe de ce "socialisme de caserne" en rappelant pour nous l'importance de l'autonomie individuelle ET collective, de la nécessaire critique des institutions bourgeoises (de toutes les institutions) et de l'Etat, de la reproduction des hiérarchies et de tout les schémas d'oppression au sein même des mouvements révolutionnaires, etc... Les lectures qui ne sont pas téléchargeables gratuitement sont auto-réductibles dans les points de vente habituels.]

"L'idéologie froide : essai sur le dépérissement du marxisme",
de Kostas Papaïoannou, réédité par l'Encyclopédie Des Nuisances, aux éditions Ivréa.

Deux citations :

" Si la pensée est "fileuse de mémoire", comme Platon nous l'a enseigné, ce travail est plus que justifié en ce temps guetté par l'amnésie. Si par surcroît la jeune génération y trouve quelques raisons supplémentaires d'accueillir avec des ricanements redoublés la vaine rhétorique des mystificateurs à peine démystifiés, et d'oser se chercher elle-même à l'extrême pointe de son nécessaire et salutaire scepticisme, il aura accompli tous mes voeux et je ne saurais rien lui souhaiter de meilleur. "

[...]

"L'homme total dont rêvait Marx, l'homme épanoui dans "tous" les domaines, était censé loger à l'intérieur du Parti omniscient et infaillible qui se réservait le monopole de l'éducation du peuple : le Parti serait la personnification de la perfection de "l'espèce humaine". En fait, il était la réalisation de ce type idéal de censeur prussien que le jeune Marx avait couvert de ses sarcasmes : «Vous nous demandez de pratiquer la modestie, mais vous avez l'outrecuidance de transformer certains serviteurs de l'Etat en espions du coeur, en gens omniscients, en philosophes, théologiens, politiques, en oracles de Delphes... La véritable outrecuidance consiste à attribuer à certains individus la perfection de l'espèce. Vous croyez que vos institutions d'Etat sont assez puissantes pour changer un faible mortel, un fonctionnaire, en saint, et lui rendre possible l'impossible.»"

"Le problème du changement social dans la société technologique",
d'Herbert Marcuse. Aux éditions Homnisphères.

Même si son auteur est historiquement rattaché au marxisme, il inaugure à l'époque une critique radicale du marxisme d'un point de vue communiste hétérodoxe en convocant notamment (dans cet ouvrage) certaines théories anarchistes, et en critiquant la société industrielle que le marxisme appliqué n'a fait que consacrer.

En abordant de manière radicale de nouveaux thèmes comme celui de l'écologie ou de la surveillance généralisée dans une société dominée par la technologie, il ouvre ainsi une double analyse critique du capitalisme occidental et du "capitalisme d'Etat" (notamment dans ses ouvrages "Marxisme soviétique" et "L'homme Unidimensionnel" ) dans une perspective qui rejoint sous beaucoup d'aspects la critique anti-autoritaire.





"Ecoute Camarade!", de Murray Bookchin.
En format brochure aux éditions Tatanka (librement téléchargeable ici)

En 1969, Bookchin livre dans ce texte une critique en règle du marxisme et du communisme autoritaire notamment adressée aux étudiant-e-s de l'époque mais toujours d'actualité. En vrac y sont démontés : le mythe du prolétariat (en tant que fétiche théorique et classe industrielle au rôle mythifié), le mythe du Parti (comme organisation autoritaire aux aspects religieux), l'éthique du travail (comme idéologie bourgeoise de la soumission au travail) et la société industrielle (dite "théorie post-pénurielle" qui amène aussi la question de l'écologie dans une perspective radicale à une époque où la question est absente). Un an plus tard, Bookchin publie, en 1970, en réponse à ses détracteurs marxistes à propos de ce même texte "Commentaires à propos de -Ecoute, Camarade!- " (titre original"Discussion on -Listen Marxist!") qui l'accusent notamment d'avoir une approche "a-historique" et sans "analyse de classe".

Extrait :

« Cette recherche de la sécurité dans le passé, ces efforts pour trouver refuge dans un dogme figé une fois pour toutes et dans une hiérarchie organisationnelle installée, tous ces substituts à une pensée et à une pratique créatrices, démontrent amèrement combien les révolutionnaires sont peu capables de « transformer eux-mêmes et la nature », et encore moins de transformer la société tout entière. Le profond conservatisme des « révolutionnaires » [...] est d’une évidence douloureuse : le parti autoritaire remplace la famille autoritaire ; le leader et la hiérarchie autoritaires remplacent le patriarche et la bureaucratie universitaire ; la discipline exigée par le mouvement remplace celle de la société bourgeoise ; le code autoritaire d’obéissance politique remplace l’État ; le credo de la « moralité prolétarienne » remplace les mœurs du puritanisme et l’éthique du travail. L’ancienne substance de la société d’exploitation reparaît sous une apparence nouvelle, drapée dans le drapeau rouge, décorée du portrait de Mao (ou de Castro ou de Che) et dans le petit livre rouge et autres litanies sacrées. »

- "Le marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie", par Paul Mattick,
aux éditions Entremondes.

Essai traduit de l’anglais (États-Unis) par Daniel Saint-James

Œuvre posthume de Paul Mattick (1904-1981),Marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie ? fut la dernière expression de toute une vie de réflexion sur la société capitaliste et l’opposition révolutionnaire. Connu surtout comme théoricien des crises économiques et partisan des conseils ouvriers, Paul Mattick fut aussi un acteur engagé dans les événements révolutionnaires qui secouèrent l’Europe et les organisations du mouvement ouvrier au cours de la première moitié du XXe siècle. À l’âge de 14 ans, il adhéra à l’organisation de jeunesse du mouvement spartakiste. Élu au conseil ouvrier des apprentis chez Siemens, Paul Mattick participa à la Révolution allemande. Arrêté à plusieurs reprises, il manque d’être exécuté deux fois. Installé à Cologne à partir de 1923, il se lie avec les dadaïstes. En 1926 il décide d’émigrer aux États-Unis. L’ouvrage présent est organisé autour de deux grands thèmes. Poursuivant son travail de critique de l’économie capitaliste contemporaine (Marx et Keynes, les limites de l’économie mixte, Gallimard, rééd. 2011), Paul Mattick revient sur les contradictions inhérentes au mode de production capitaliste. S’ensuit un réquisitoire contre l’intégration du mouvement ouvrier qui, en adoptant les principes de la politique bourgeoise, a abandonné définitivement toute possibilité de dépassement du capitalisme. Un texte éclairant pour une période où la crise dévoile la nature instable et socialement dangereuse du capitalisme.
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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:43
L’incendie millénariste

Réédition du livre publié en 1987, par deux membres du groupe Os Cangaceiros. Il est disponible à la bibliothèque du Malandrin à prix libre.

Extrait de l’introduction :

La fuite éperdue du monde sur les chemins de Compostelle, le refuge de la prière, l’asile de l’Église, le havre de grâce de la vie monacale n’ont pas été, fort heureusement, les seuls élans des hommes du Moyen-Âge vers le salut de la vie éternelle. Un autre courant, tout aussi puissant, a entraîné beaucoup d’entre eux vers un autre désir : la réalisation sur terre du Paradis, le retour à l’Âge d’Or. Ce courant est celui du millénarisme, le rêve d’un Millénium, mille ans de bonheur, autant dire l’éternité, instauré, ou plutôt restauré, sur terre.

À l’encontre de leurs contemporains, les millénaristes n’ont pas pris leurs rêves pour la réalité, ils ont voulu réaliser leurs rêves, ce qui est bien différent et autrement spirituel : jouir enfin de la richesse infinie de l’Esprit. À l’abandon vil, ils ont opposé le refus, l’insurrection, la révolution.

La croyance millénariste se développe sur fond d’apocalypse. L’apocalypse est l’affirmation d’une rénovation décisive : la Jérusalem céleste descendra sur terre. Le mythe se charge de rêves révolutionnaires ou mieux, les rêves révolutionnaires portent en eux le mythe millénariste. Le mythe millénariste est la conscience de soi de ces mouvements, ils y trouvent leur projet, ils y puisent leur langage commun, ils en reçoivent leur raison et plus encore, leur fondement.

Comme la critique de l’État a pu trop souvent rester sur le terrain de la politique, la critique du monde de la religion a pu être, elle aussi, religieuse. C’est le cas pour bien des mouvements millénaristes qui ont tenté de réaliser la religion sans la supprimer 1 si bien que réalisation comme suppression sont restées du domaine de l’imaginaire. Cela a permis à bien des historiens, dont Le Goff, de régler leur compte, vite fait bien fait, à ces mouvements avec toute la satisfaction de la bonne conscience bourgeoise ou stalinienne :
« Le désir lancinant que le millénarisme révèle d’aller “ au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ” n’arrive pas à imaginer un monde vraiment neuf. L’Âge d’Or des hommes du Moyen-Âge n’est qu’un retour des origines. Leur avenir était derrière eux. Ils marchaient en tournant la tête en arrière ».

Les rejeter ainsi dans une sorte d’archaïsme religieux, c’est chercher à mettre ces mouvements en dessous de toute critique, nous commençons à deviner pourquoi. Nous pensons, au contraire, qu’ils furent un, sinon le, moment essentiel de la critique du monde. Pour nous, la critique des mouvements millénaristes se trouve de fait au cœur de la pensée critique moderne.

Des éléments radicaux, les Frères du Libre Esprit, les Révolutionnaires londoniens, les Picards de Bohème, les Anabaptistes de Münster, sont apparus à l’intérieur de ces mouvements qui ont tenté de construire une pratique (et une pensée) qui a mis en péril l’ordre du monde. Leurs limites furent leurs défaites, non dans la pensée, mais dans la mort.
Parler des mouvements millénaristes revient donc à reconnaître cette radicalité dont ils étaient porteurs tout en s’interrogeant sur le pouvoir des représentations religieuses qui, dans la majorité des cas, n’ont pu être dépassées et supprimées.

L’intérêt révolutionnaire des mouvements millénaristes, par opposition aux hérésies et autres dissidences religieuses, se situe dans le fait que ces mouvements s’en prennent au monde de la religion et non simplement comme ce fut le cas pour les Vaudois, les Cathares, les Calixtins et plus tard pour les Luthériens, à l’Église catholique, à ses dogmes et pratiques, c’est-à-dire à la religion en tant que partie de la société.
Bien qu’elle dût, dans la plupart des cas, rester religieuse, la critique que représentaient les mouvements millénaristes dépassait le cadre restreint et institutionnalisé de la théologie. Ils ne proposaient ni une réforme de l’Église, ni l’institution d’un nouveau dogmatisme, bien que cela ait pu constituer le point de départ de certains mouvements comme dans le cas des hussites par exemple, mais la transformation radicale d’un monde où la religion « se présentait à la fois comme la société même, comme partie de la société, et comme instrument d’unification » (G. Debord, La société du spectacle).

En résumé nous pouvons dire que leur opposition n’était pas « formelle » mais religieuse dans la mesure où il s’agissait pour eux de réaliser la religion, que cette opposition est restée religieuse parce que cette critique amorcée de la religion a été défaite par les armes. Ce qui les concernait ce n’était pas la forme de la religion mais son essence, ce n’était pas la forme que peut prendre l’aliénation mais sa vérité (cf. Feuerbach, L’Essence du Christianisme).

Le livre est disponible en PDF sur le site de Basse Intensité. Plusieurs autres documents (textes antérieurs, brochures…) y sont présents.

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:14
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:02
Le militantisme, stade suprême de l’aliénation
« Ce que nous disons des militants est dur et sans appel. Nous ne sommes prêts effectivement à aucun compromis avec eux, ce ne sont pas des révolutionnaires qui se trompent ou des semi révolutionnaires, mais des gens qui restent en deçà de la révolution. Mais cela ne veut nullement dire que 1° nous nous mettons en dehors de cette critique, si nous tenons à être clairs et nets, c’est d’abord à l’égard de nous-mêmes, et que 2° nous condamnons le militant en tant qu’individu et faisons de cette condamnation une affaire morale. Il ne s’agit pas de retomber dans la séparation des bons et des méchants. Nous ne sous estimons pas la tentation du : "plus je gueule contre les militants, plus je prouve que je n’en suis pas et plus je me mets à l’abri de la critique !" »

Ce texte est un classique de la critique du militantisme gauchiste. Quarante ans plus tard, il reste toujours d’actualité.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 14:11
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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES
15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 14:34

Les Tottenham Chronicles, c’est un recueil de textes qui viennent, pour la plupart d’entre eux, d’Angleterre. S’y trouvent aussi bien des témoignages à chaud que des analyses présentées avec un peu plus de recul.

Au sommaire :

Analyse critique d’une révolte 
– Les yeux grands ouverts à Londres (Occupied London collective) 
– Londres brûle – causes et conséquences des émeutes, une perspective anarchiste (Workers Solidarity Movement)

“On cible les richesses...” 
– Émeutes à Londres : combats sur Mare Street (Libcom) 
– Quand le silence s’ébruite (Restructuration-sans-fin) 
– Criminalité et récompenses (Max von Sudo) 
– Cinq postes de police attaqués à Nottingham (Joseph K)

Traque & répression 
– Vengeance de classe (Federico Campagna) 
– Pas de panique, ne parle pas (anonyme) 
– Camouflage digital (Le Réveil) 
– Remplir les comicos, remplir les tribunaux, remplir les prisons (Zanzara athée) 
– Nouvelles technologies + police + citoyenneté = répression 2.0 (Zanzara athée)

tiré de http://www.infokiosques.net

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 16:12

Parce que y en a marre!Les plus vieux ne sont pas les plus sages!

 

http://www.infokiosques.net/spip.php?article837

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A L’assaut Du Ciel!

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